Les statues ptolémaïques du Sarapieion de Memphis

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Les statues ptolémaïques du Sarapieion de Memphis

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PUBLICATIONS

DE

L'INSTITUT D'ART ET D'ARCHÉOLOGIE DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS III

LES STATUES PTOLÉMAIQUES

DU

SARAPIEION DE MEMPHIS par

J. Ph. LAUER

PRESSES

et Ch.

UNIVERSITAIRES

PICARD

DE

FRANCE

LES STATUES PTOLÉMAÏQUES DU SARAPIEION DE MEMPHIS

PUBLICATIONS

INSTITUT

D'ART DE

ET TOME

L'

D'ARCHÉOLOGIE

L'UNIVERSITÉ

ÙÈ

DE DE

II

PARIS

-

LES STATUES. PTOLÉMAIQUES DU SARAPIEION DE MEMPHIS PAR

J.-Ph.

LAUER

et

Secrétaire général adjoint de l'Institut d'Égypte Architecte D. P. L. G. du Service des Antiquités d'Égvpte.

Ch.

PICARD

Membre de l'Institut Directeur de l'Institut d'art et d'archéologie de l'Unirersité de Paris,

*

PRESSES 108,

UNIVERSITAIRES

BourLEvARD

SAINT-GERMAIN 1955

DE —

FRANCE

PARIS

VIe

1τὸ édition

DÉPOT .. ... TOUS

| |

LÉGAL .. 3€ trimestre

19535

DROITS

detraduction, de reproduction et d'adaptation réservéa pour tous pays bv

Presses

COPYRIGHT Universitaires de

France,

1955

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To-bode

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Fn;

|,

L'Exédre

et

le Drums

du

Sarapicion,

à S£qqarah.

LE « DROMOS » DU SARAPIEION DE MEMPHIS, À SAQQARAI CHAPITRE

PREMIER

LES FOLILLES ET LA TOPOGRAPHIE En bien

la

155],

la mort

publication

de

surprit

Mariette

l'ouvrage

alors qu'il

d'ensemble

n'avait

concernant

pu ses

encore fouilles

mener du

à

Sara-

pieion, exéculées de 1850 à 1853. Son manuscrit revu, corrigé, et annoté par G. Maspero, fut publié par celui-ci (1) dès 1882, avec un atlas annexe, consacré aux dessins que Mariette avait fait exécuter d'après les curieuses œuvres de sculpture découvertes dans le Dromos (21. (1) G. Masrrno, Le Sérapéum de Memphis, par Auguste Marielle-Pacha, avec livraison d'un Atlas de cinq planches, La transformation latine du nom gréco-égvptien du Sarapieion - nom que nous avons adopté ici — ébail usuelle au xrx* siècle,

(2) A, ManirrrE écrit (LE, p. 25): « Nous avons appelé Dromos, avec Strabon, le chemin dalle qui s'étend en face du temple de Nec Lanebo et va rejoindre perpendiculairement Ia grande enceinte de l'Ouest», - - Les œuvres

sceulplurales

trouvées

par

Marietle

aux

enlours

du

Promos

ont

été.

ébudiées

par

Εἰς

Wirckrs,

CEA

LE

SARAPIEION

DE

MEMPIIIS

Cependant, certains plans dressés par Mariette n'avaient pu être retrouvés ; Maspero

dut

se contenter,

pour les monuments

extérieurs, d'un plan

d'ensemble

à partir du bord de la vallée) réduit à petite échelle (1), et de quelques croquis schématiques dans le texte, marquant la progession de la fouille au cours de la recherche de l'entrée des souterrains. Peu avant la guerre de 1939, mon pére, Philippe Lauer, alors conservateur du Département des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale, me communiqua une chemise contenant quelques feuilles manuscrites de Mariette, non inventoriées, et qu'il avait retrouvées parmi des papiers de rebut. Je remarquai aussitôt parmi ces feuilles un grand plan replié et soigneusement dressé des accès du Sarapieion, donnant la partie déblayée du temple de Nectanébo (2) avec l'Hémi-

evele des poétes et philosophes grecs, et surtout le Dromos jusqu'aux pylônes d'entrée de l'enceinte à claire-voie. Ce plan de détail n'ayant jamais été publié par Mariette, j'en pris un calque, et examinai le reste du dossier avec M. P, Lacau. Nous constatämes qu'il ne contenait, outre ce plan, que des notes disparales, avant servi à la préparation de divers ouvrages ou articles parus. Le plan du Dromos présentait un intérêt certain, accru du fait que le Service des Antiquités

venait précisément en

1938 d'effectuer là un déblaiement ;

on avait ainsi remis au Jour l'Hémicyle et les vestiges du Dromes, avec la plupart des curieuses piéces de sculpture signalées par Marielte. Je résolus donc de mettre au net ce plan, comptant

le publier dans un article en collaboration avec

H. Macramallah, qui avait été chargé du déblaiement au Sarapieion. La guerre interrompit ce projet, et le Service des Antiquités monuments

du

Dromos ; ceux-ci,

en

fort

mauvais

fit rapidement réensabler les état,

risquaient

en

elfet

de

disparaitre complètement, si on les laissait exposés aux intempéries et aux atteintes des soldats, des enfants des écoles,el d'autres visiteurs qui ne cessaient d'aflluer à la maison de Mariette située tout à côté, Durant la guerre, tandis que j'étais mobilisé en France, H. Macramallah avait été appelé hors de Saqqarah à d'autres fonctions, et peu après la cessation des hostilités, 1leut de graves soucis de santé, I] s'est, hélas! éteint au début de 1500, sans avoir pu préparer aucun Iravail sur le sujet. Arc. Jahrh. last, SI, P1947 iHerlinj, p. 14-203; To, F'rinnden der Plolemaerzeil, 1, p. 7-8, Wh; Du. Aes. und Vorderasiat. Mlerlhiumer, p. 132. Manicerie Iui-amneéme n'avait publie de ees statues «ue deux planches, représentant deux troupes eonsfibues chacun par un. enfant ehevauchant l'un. un Cerbere. et FVautre un Felin, dans un petit albuni intibule her de meotrtirienuls de dessins decitierls en eaecilex. pensa le deblaiement du Serapénm se. Memphis Paris, Rs n trouve Ἰὼ ecilement une vue dui Jrgnos en cours de deéeblaiement, et deux beunix dessins des ialeries souterraines des Apis; Sur Fulilisation eultuelle possible du Dromos, ef. la note de M. (hi Prcsnp, ter; arch; 188, I, p. dunt .1|Ὶ Arthur BiexE concerne les fouilles du

dans 1 Εἰ Sarapieiun,

ἃ peliles journées Paris, [8771 ouvraze à constller pour ee qui présentait ip. 715) à tres petite echelle be mene plam d'ensemble, avec

quelques modifications qui Iui avaient. été indiquées par. Marielle; Nous planche 75; A. Bhlioné donne,en Γ΄ | p. 224), une autre vue dir Frons

repriduisins ee plan sur notre reconstitué, phus complete que

celle

plo

de

l'album

de

Marielle z nous

les

repriduisone

bobos

dens

sur

nolre

17

(2) Ce Temple a ele aussi dénomme ΟἹ ρέῃ par Marielle dans certaines dé dons seno inventaire rquunuserib des ebjeets adecouveris dans Jes fouilles du Louvre,

en

o

et

d

ses notes, en partieulier arapieion, consereec il

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPHIE

3

Comme il apparaissait d'un intérét évident de juxtaposer — à ce plan détaillé. qui avait malencontreusement fait défaut à Maspero — d'une part, les passages du manuscrit de Mariette concernant spécialement la fouille du Dromos, et d'autre part les photographies récemment prises au cours de la fouille du Service des Antiquités, Mgr. É. Drioton, alors Directeur général, m'autorisa à reproduire ces documents. Le nouveau plan de Mariette (cf. notre pl. 26) porte, en effet, outre le tracé détaillé des monuments mémes, l'indication précise des points oü furent trouvées par lui les principales pièces de sculpture. Il nous est ainsi possible d'y situer, aussi bien les dilTérentes œuvres transférées au Louvre

par Mariette que celles, laissées

alors sur place et remises au jour en 1938, dont nous publions les photographies Cl-après. Cependant, ces photographies ne faisant pas toujours apparaitre tous les détails nécessaires à l'étude dont M. Ch. Picard a bien voulu se charger et qu'on lira ci-après, nous avons entrepris de désensabler pour la troisième fois les statues. Bien des vérifications et photographies complémentaires ont pu être ainsi faites au cours des hivers 1950-51 et 1951-52 ; les résultats cherchés d'un commun accord ont été communiqués au fur et à mesure, par mes soins à M. Ch. Picard. Ces dernières recherches nous ont permis en particulier de retrouver la base de la statue n° 3 (pl. 27), ornée de deux gros oiseaux (pl. 10), la jambe de la statue de Protagoras (pl. 11, a), qui manquait (pl. 12), ainsi que les troncs drapés de deux statues de dimensions plus petites que celles de l'Hémicycle

(fig. 62 et suiv.) ; l'une d'elles avait été remployée dans le blocage de consolidation entre les statues n°% 7 et 8 (voir pl. 11, a et b). Un peu plus tard fut recueillie la tête, hélas! si mutilée (pl. 9) que M. Ch. Picard a pu attribuer à la statue n? 2. en laquelle on a reconnu ici Démétrios de Phalère ; et en tout dernier lieu la téte d'Homére, aussi en bien triste état. Enfin, un relevé de l'Hémicycle méme. plus précis et complet que celui de Mariette a pu être effectué (voir pl. 27). A)

L'HÉMICYCLE

DES

POÈTES

ET PHILOSOPHES

GRECS,

Le plan retrouvé à la Bibliothéque Nationale ( pl. 26) nous montre l'extrémité

occidentale de l'Allée de sphinx signalée par Strabon (1). Cette allée était longue. d'après Mariette (2), de quelque 1.120 mètres (de l'Hémicycle jusqu'à la limite du plateau), et ne comportait pas moins de trois cent soixante-dix à trois cent quatre-vingts sphinx (cf. pl. 1, à droite, l'extrémité de cette allée, ainsi que fig. 9 et 13, les photographies de l'un de ces sphinx). Elle décrit en ce point vers le Sud

un arc de cercle de 909 env., pour aboutir parallèlement à la facade du temple de Nectanébo juste en face de l'Hémicycle des poëtes et des philosophes. Cette incurvation de l'allée de sphinx avait au cours de la fouille considérablement déroute. (1) Cf. G. MasrrRo, Le Serapeum de Memphis par Aug. Marielle, p. 5-6. (2) Ibid., p. 75.

4

LE

puis

intrigué

sensiblement

Mariette

qui, dans

sur un méme

SAHAPIEION

sa progression,

alignement,

comme

cherchait

il eût été

DE

MEMPHIS

les sphinx

normal.

La

toujours rencontre

du premier poete grec, Pindare [1]. ful. pour lui un nouveau et bien plus grand sujet d'étonnement : «... Autre mystère plus impénétrable encore », écrivait-il (2). « Ge n'est

plus un sphinx

que. cette fois, nous trouvons après les six mètres, mais

une statue de style grec... αν

» x EP GO

:

0

o4

w

personnage

esl

assis

sur son siège à dossier recouvert d'une peau de panthére cf. nos pl. 4 à 7 . Son bras gauche soutient

m

,

4

Le

un instrument queje crois une lwre. Sur la partie

:

antérieure du socle se croisent et se mêlent des gra*fili grecs sans nombre, au

milieu desquels on distingue

une

inscription

cipale, dont les premières lettres visibles le nom mot

en

semblent former de Pindare. Le

AIONTÈI

grandes

dossier

prin-

quatre encore

du

est

gravé

lettres sur le siège

(3).

Le

monument est d'ailleurs de mauvais style (4) el Laillé dans un bloc de calFic.

2.

Un

sphinx

de

caire qui s'effrile. La maLiere est égvplienne el

lAllée,

indubitablement

provient

du Mokaltam |»). La statue de Pindare n'a donc pas été apportée de Grèce pour concourir à la décoration du temple de Sérapis... » Marielte écrivait encore (LL, p. 16) :« La statue de Pindare n'était pas seule. Nous

avons

montées

trouvé

successivement

sur un socle commun

I) Cette découverte eut 2) L. L, p. 13. (3) IL ne reste plus que CI (4) Celle appréciation de (0) IL s'agit en réalité du Saqqarah, à 15 kilometres au bh!

(Ges déconmverles

dix

statues

qui affecte la forme

lieu Ie 26 décembre

eurent

autres

d'un

grecques

hémicycle

comme

(6). Toutes

Es,

bien visibles à droite de Ia cassure (srgma lunaire ; ef. ci-après), Marielle est fort injustiliee : ef. ei-ipres, calcaire des carrieres de Tourahli, situées dans la Chaine Arabique Sud du Mokattam, falaise qui, elle, domine Le Caire, lieu

du

?6

au

40

elle,

décembre

158»,

en face de

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPHIE

o

sont d'un style pitoyable (1), et la plupart des tétes manquent. Elles sont si mutilées que, pour les soutenir et les empécher de tomber, on a élevé anciennement une grossiére construction en pierre qui les relie l'une à l'autre. Peut-étre l'identification de ces statues n'est-elle pas aussi difficile qu'elle semble l'étre au premier

abord. Le nom de Pindare est encore lisible sur la première;

une autre donne

le nom de Platon (2), sur un troisième socle se déchiffrent les lettres IIPOTAT:: qui peuvent appartenir au nom de Protagoras (3). Une quatriéme enfin semble rappeler le type bien connu d'Homére (4). Si quatre des onze statues sont des poétes et des philosophes grecs, il n'y a pas de raison pour croire que les sept

autres n'appartiennent pas à la méme série des grands hommes de la Grèce... » Nous donnons sur nos pl. 1 et 2 des vues actuelles de cet Hémicycle,

où apparaissent

aussi l'aboutissement

vues

de la voie des sphinx et le départ du

Dromos vers l'Ouest. Sur la première de ces vues (pl. 1) on reconnait en haut et à droite la maison de Mariette. La première statue de l'Hémicyele à partir de la droite (Ouest) est celle de Pindare; de grandes photographies figurent sur nos planches 4 à 7, et nos fig. 23-25. La sixième statue du groupe (au centre) est celle d'Homére (cf. pl. 3 et 16, ainsi que fig. 58 et suiv.) ; la huitième celle de Protagoras (cf. pl. 11, a, à gauche et b, à droite, ainsi que 12 et 13); la onzième et dernière à gauche représente Platon (cf. pl. 3, b et 15). En bas de la photographie (pl. 1), l'aboutissement de la voie des sphinx, avec deux de ceux-ci, qui ne sont manifestement plus à leur place.

La seconde photographie (pl. 2, a) est une vue d'ensemble du déblaiement effectué par le Service des Antiquités en 1938 : à droite le débouché de l' Allée de sphinx ; au centre, les vestiges du Dromos bordé par ses deux banquettes latérales (maslabas de Mariette) et se dirigeant à l'Ouest vers l'entrée du Sarapieion ; à gauche l'Hémicycle, et au-dessus l'extrémité de la maison de Mariette. La troisième photographie (pl. 2, b) présente en premier plan l'Hémicycle. La quatriéme statue à partir de la droite est celle de Protagoras, vu de dos, le torse nu et assis sur son curieux siège à volute ionique et à pattes de lion (ef. aussi

pl. 11, 5, et 13). Remarquer (pl. 2, b) sur la banquette de droite ( Nord) du Dromos. le Cerbére. Les quatrième et cinquième photographies (pl. 3, a et b) donnent respective(1) Appréciation tout aussi injustifiée que pourla statue de Pindare. De médiocres, mais uliles dessins de ces onze statues, croquis dus à Mariette lui-même, ont été donnés par Masrero dans L'oflas du Sérapéum de Memphis de Marielle (Paris, 1882}, pl. 1 et 2.

(2) Mariette indique sur son inventaire (actuellement au Louvre) que l'inscription ITAATA est gravée sur le socle d'une statue dont la tête manque. 1] lui donne les n°* 125 et 178. Il s'agit, de la dernière statue vers l'Est (le ne 11 de notre plan de l'Hémicycle, pl. 27), où l'inscription — simple grafflte tardif — esl encore

tres visible (voir pl. 15 et fig. &1). (3) Cette statue est la huitième de I'Hémicycle, à partir de la droite ou de l'Ouest (n? 8 sur notre pl. ?7;. L'omicron

est donné

par Marietle.

[4) Il s'agit de la statue n° 6 (pl. 27) qui préside en somme

l'Assemldée, Elle a malheureusement

éte

gravement mutilée depuis le temps de MarietLe, où elle ful dessinée avec sa téle sur la pl. 2, a, de latins, Depuis peu, nous avons redécouvert la téte, mais elle est terriblement indistinele,

6

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

ment jusqu'à Homère inclus les moitiés Ouest el Est du groupe des poétes et philosophes vus de face. Heconslilulion probable de lHémicycle (cf. pl. 28). L'Hémicvele, tel qu'il apparut à Mariette et tel que le montrent les photouraphies prises au cours des récents déblaiements, a manifestement été restauré

:

pt

v TA

ne!

7

CE

"

Fu

d.

Fondations

de

54.

Hn

l'Hémieyele,

à une époque indéterminée, mais ancienne {1}. aprés qu'ileut été détruit, peut-être au tit siècle de notre ére, au cours des luttes entre le christianisme en plein essor el le paganisme sur le déclin. Les statues avant été jelées à Lerre, on exploita les blocs de calcaire fin constituant sans doute le parement du stylobale et sur lequel les œuvres devaient reposer ; en elTe, ce parement avait déjà disparu lorsqu'on décida de redresser à nouveau les statues, et on le fit Lant bien que mal directement sur le massif de brique erue de l'édicule, qui seul subsistait. encore partiellement. Les quelques bloes de calcaire fin qui se trouvaient à proximité furent remplovés sans morlier, mélés à des briques erues el à des déchets de pierre, soit (1) Peut-être sous l'influence des Néo-plaltoniciens du plus probablement seus Julien l'Apostat, mort en UE

début

du

iv* siecle (époque

de Jamblique),

ou

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPHIE

7

comme blocages de fortune entre les statues, soit comme bordure d'une plateforme ménagée à l'intérieur de l'Hémicycle méme (en À, fig. 3 et pl. 27). Nous avons constaté que le massif de l'Hémicycle — c.-à-d. la grande banquette semi-cireulaire B (fig. 3 et pl. 27), de 1 m. 65 de largeur et 11 m. 40 de diamètre pour son contour extérieur — était à l'origine entiérement constitué de briques crues; la façade en blocaille grossièrement liée à l'aide d'argile, qu'elle présente aujourd'hui, n'est due qu'à une réfection ultérieure. Cet édicule de brique crue reposait en majeure partie sur le sable, mais une fondation C faite de deux assises de pierres locales, qui le précède immédiatement et concentriquement sur une largeur moyenne de 0 m. 95, s'engage, en outre, d'une quarantaine de centimètres sous son massif. C'est sur celle fondation C qu'aurait reposé le parement P en calcaire fin de l'Hémicycle (voir pl. 28), tandis que la face postérieure de ce parement, laissée en brique crue, aurait été, au contraire, simplement protégée par un enduit de plâtre. Le calcaire

fin ayant été arraché et exploité, on se serait contenté, lors de la restauration ultérieure, de compléter la face du massif de brique crue ainsi dégradée et mise à nu, au moven d'une mince couche de blocaille, dont on élaya la base avec du sable contenu par deux rangées de brique crue curieusement disposées et complétées par une couche de terre argileuse (en D, fig. 3 et pl. 27). Cette

bordure

de

sable,

brique,

largeur de la fondation

et argile s'étend

saillant

sensiblement sur la moitié

hors du massif.

Il nous

parait douteux,

de la d'autre

part, que le parement de calcaire fin disparu ait pu occuper toute la largeur, soit Ὁ m. 95. Il est plus probable que ce parement n'a eu que 0 m. 50 + d'épaisseur; il aurail été précédé, soit d'une simple marche, soit plutôt d'un. gradin d'environ 0 m. 30 de hauteur et 0 m. 40 de largeur, qui aurait pu servir de banc, comme nous l'avons indiqué sur notre reconstitution (pl. 28); notre dessin accorde à l'ensemble, gradin et stylobate, une hauteur de 3 coudées rovales égyptiennes, soit 1 m. 57. B)

LE

TEMPLE

DE

NECTANÉBO.

Marielle, poursuivant le récit de son exploration, s'exprime ainsi (L À, p. 16-17) : « Arrivés à la derniére des onze statues de l'hémicycle, nous avons trouvé deux sphinx » (voir le plan pl. 26 en 3 et fig. 4 en a et b). « Ceux-ci sont de plus grande taille et d'un autre style que ceux de l'avenue de Strabon. Ils sont ornés des légendes de Nectanébo [er (1), avec des qualifications qui se rappor(1) Mariette et Maspero, comme beaucoup d'égyptologues, appelaient Nectanébo I*rle roi Nekhl-hor-heb. On a mainlenant généralement admis que ce roi sérail Nectanébo 1I, INekhl-nebef étant Nectanébo I** (ef. pour l'état de la question, DRioTON-VANDrER, L'Égyple, Collect. « Clio », p. 595). Il y a donc lieu dans le lexte de Mariette d'intervertir la numérotalion de ces deux rois, et de comprendre ici qu'il s'agit de Nectanébo II (Nekhl-hor-heh). - - Notons qu'il y a au Louvre (réserve Lefuel) un petit sphinx au nom de Vekhl-nebef ('Neclanébo 1*7), qui ne peut correspondre à l'un de ees sphinx, cur il esl trés nettement plus petit

que

ceux

de l'allée

de

Strabon,

alors

que

Marielte

les décrivait

expressément

comme

plus

grands,

1

semble, au contraire, trés probable que le socle pholographié par Ch. Boreux (Musee du Lounre, Anliquilés égypliennes, Galalogue-guide, pl. N XI] sousIu statue de l'un des lions du pylóne de Nectunélbo — exposes

à

LE

SARAPIEION

DE

MEMPIIIS

tent au culte d'Apis. Ils accompagnent une haute muraille dont les débris gisent cà et là tout autour... La porte aux deux gros sphinx précède une cour qui a une de

largeur et au

x s

i

"eaput,

A

M

4 LT HE

ju,

ili j L|

de laquelle

se trouve

un escalier.

(n

Fa

ira

LS

f

μ᾿ jr

n

ML

pers

= &

=

=

=

|

ni

7,

fond

*

trentaine de métres

Fi, U.

an Louvre Neetanebo sun

1.

- Griquis

WitckEex,

du

Arch

sile

Jahrb,

16] qu'il Herlin,

apparaiseail 33,

1917,

eto laquelle il appartenait pas - soit celui de lun pitt de Maurielte! à P Est de lHémieyele: Mariette

inventaire

des

objets

des

fouilles

du

5serapeum,

d'un

«sphinx

pe

en

1851.

V0,

Hier,

: 4

des sphinx de l'entrée du Fail, en etTel, mention, uu fort

mutilé

trouve

phe ἢ

temple: n" Bin

janvier

sal

ide ade et

lise B osa phare antique en avant de pére. Sur dle socle on fib Fa πα d'Xmvrtée ive des quali Heations en rapport avec Le eulte 4 Xpis (2 Or, Marielle dans ses premieres notes desiiail à tert Veil hur-heh

Nectanebo

[1

pur

Arles,

asant

de

plappeler,

esalement

par

erreur,

Nectaneli

[19

LES

FOUILLES

TOPOGRAPHIE

"

trouve dans cette cour une statue du dieu Bés

[1]. Quand elle a été trouvée, la

statue

est

ET

était

par

terre,

debout.

Ses

grosses

LA

précipitée

mains

bouche démesurément ouverte, grotesque. Ce dieu est lé,

au

bas de son socle encore

appuvées

sur

il a

ceinture

pour

les

intact

hanches,

la

un

serpent.

dieu

Bes

(2)... Le dieu

barbe ΠῚ est

frisée,

la

trapu

et

je ne sais pourquoi, au culte d'Apis (3). Les statuettes le montrent,

en

elTet, la tète

surmontée

d'un

édicule,

au

centre duquel apparail une figure du taureau divinisé de Memphis... » Celle. statue du dieu Bés [πὶ transportée au

Louvre (fig. 5); une excellente photographie en a élé

publiée

reux

par

Bo-

(4).

Mariette comme

du

Ch.

il suit

temple

(p. 18-19)

continue la description

de

Nectanébo

: « ... On trouve

quelques bas-reliefs encore en place, représentant. NecLanébo, dans la posture de l'adoration

devant

vinité

est

qui

une

di-

invariable-

1) s On nomme ainsi le dieu barbu qu'on appelait autrefois Tr phon, nom que Marielle emplova dans son manuscrit original +,

2) ment ment

pl.

Marietle

26),

statue



malheureuse-

omis d'indiquer de ce socle sur sor

oü du

il situe dieu

du

l'emplaceplan (notre

moins

Onouris

Fi.

ὦ,

SIatue

du

:

Musée

du

Louvre,

une

(portée

en

outre sur son inventaire comme avant été déposée dans les magasins de M. Husson, négociant au Caire, mais non parvenue à Paris), Quant à la statue de Hes, elle est au Louvre, bien qu'elle ne figure pas sur l'inventaire de Mariette parmi les objets expédiés. (3) Masrrno écril en note : « La filialion n'est

peut-étre

pas

aussi

obseure

qu'on

pourrait

le

croire,

Si Hes, le dieu antique du pays de Pount et des autres contrées de l'Orient (Dionysos), l'identité d'Apis el de Dionysos (Osiris) sulfil à expliquer les

est le prototype de Bacchus points de contact que nous

remarquons

inférieur,

entre

les

deux

divinités

: Hés

est,

comme

Osiris,

mais

à

un

étage

mal vaincu, de Ia résurrection, de la germination, de Ia joie, Dans les statuettes le glaive,

du

comme

Horus

chagrin, s 1) Musee du Louvre,

lu

pique.

ΠῚ est le vainqueur

Antiquiles egypltennes.

du

mal.

Hl est.

Catalugue-quide,

l'ennemi

I, pl.

XIX,

d'époque

le

dieu

de Ia douleur,

et p. 168,

du

bien,

du

moderne, il porte de Ia

tristesse,

LE

10

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

ment Apis (1). Apis est nommé, tantôt Apis tout court, tantôt Osiris-Apis, tantôt Apis-Osiris. Quand les murailles du temple de Nectanébo n'ont qu'une petite

épaisseur, c'est-à-dire quand elles ne dépassent pas 0 m. 60 ou 0 m. 70, elles sont construites en maconnerie pleine, formée de beaux blocs de calcaire soigneusement ajustés. Mais le système change quand les murailles atteignent leur plus grande largeur, qui est ici de prés de trois mètres (2 m. 95). La muraille se compose alors d'un noyau de grosses briques mélangées de détritus végétaux. A la surface apparait le revêtement de pierre. Des branches d'acacia épineux, aussi droites et aussi longues que possible, sont noyées cà et là dans le massif du noyau de briques où elles tiennent la place d'une assise. On remarque que quelques-unes de ces branches sont marquées de deux cartouches de Nectanébo soigneusement gravés... * Les parties Sud du temple sont mieux conservées. Quelques petites chambres de l'aile méridionale sont même à peu près intactes. Une d'elles posséde encore son plafond formé de troncs de dattiers coupés longitudinalement en deux. de branches de dattiers posées en travers sur les troncs, et enfin d'une couche de terre mélangée de paille et de cailloux légers étendue sur le tout. Les murs de la chambre sont, bien entendu, en briques crues. Les parois recouvertes d'un beau stuc blanc, n'ont recu aucun ornement. Dans un angle est une sorte de banc en pierre calcaire, trés poli aux endroits où l'on s'est assis le plus souvent. A la porte du couloir qui donne accès dans cette partie du temple, on a recueilli quatre lions

vrecs de mauvais style. Ils sont en marbre... » Ces quatre lions (situés en 2, pl. 26), expédiés par Mariette au Louvre. v avaient été exposés provisoirement dans la galerie d'Alger (2). Notons, enfin. que les diverses constructions de ce temple de Nectanébo n'ont pas été remises au jour par les fouilles du Service des Antiquités en 1938 et en 1951. C)

LE

«

DROMOS

» PROPREMENT

DIT.

Aprés le déblaiement de l'Hémicycle des poètes et philosophes et du temple de Nectanébo, Mariette porta ses elTorts sur le Dromos, en commencant par le pylône d'entrée de la première enceinte du Sarapieion : « Il est malheureusement mal conservé

», écrit-il (p. 27). « Les assises inférieures sont seules encore debout

et sans inscriptions. Quelques débris de la corniche ont été recueillis dans les décombres. On y lit le nom de Nectanébo II (3). Deux magnifiques lions de calcaire sont placés sur un socle antique à droite et à gauche du pylône. Ils sont couchés sur le flanc et regardent fièrement de côté, une des pattes de devant posée sur (1) Le seul fragment qui soil exposé au Louvre {Salle des sphinx? montre cependant Nekhi-hor-heh (INectanébo IT) devant Isis, Il semble que ce document, qui parle le n9? t3 corresponde à peu pres à [a des: criplion faite, dans l'inventaire de Mariette, d'un bloc (n9 227, trouvé Ie [2 janvier E521 dans l'Apienm et déposé ensuite dans le magasin de M. Husson au Caire ieolis A. M. 65, IL est à noter cependant que, d'apres cetle descriplion,

le

lui qu'Isis, i3) D'apres

une

dj

est-a-dire

roi se trouvaiten adoralion

note

de CG, Masreno

SXelht-neher

(Necbuneho

devant

Serap. {Ὁ 7

Osiris eb.

Mermphlis,

p.

[xis,

LA,

alors

que

nous

ne

vevotis

iei devant

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPHIE

11

l'autre (fig. 6). Ils rappellent les lions du Vatican dont les moulages en bronze décorent la facade du palais de l'Institut à Paris (1). Une stèle est encastrée dans l'un des socles. Nectanébo II, suivi d'un prêtre, est représenté en adoration devant

neuf

divinités...

» (73).

Ces deux lions (situés en 18, pl. 26) sont au Musée du Louvre. Ils ont été décrits par Ch. Boreux, avec une excellente photographie de l'un d'eux (3). Nous en reproduisons

une également

"iG,

ἢ,

Lien

ci-dessous | fig. 6.

en

calcaire

du

rotos

:

Musee

diu

Louvre.

Marielle | p. 28) poursuit ainsi :«... À droite et à gauchedu pylône, commencent à se montrer les gros piliers carrés surmontés d'architraves monolithes qui forment l'enceinte,

Sur

le

haut

de

cette

sorte

de

barrière

à claire-voie

sont

disposées,

évidemment depuis les Lemps antiques, de nombreuses tables. d'offrandes, souvenirs de visiteurs qui laissaient en quelque sorte leurs noms à la porte d'un lieu dans lequel ils n'avaient pas le droit de pénétrer... (4) » Et (1j aussi

plus

loin

Ces lions du dans

ils sont

ln

région

actuellement

(p.

Valican, «iu

78)

: « Sur

qui sont

Surapieion,

utilisés devant

en

nux

maison

2) Celle stéle est au Louvre, actuellement lement de ANekhl-nehej Mectaného [**). 4) 1)

Bontkvx, LL, p. 169 eb UL, Pausanias, I, LS.

pl.

XXT.

trois

cólés

basalte, proviennent

Quant

une

les

moulases,

Nord,

et

de fouillesde hasard enlevés

récemment

de Boulogne-sur-Séiné, dans

Est,

lu galerie

d'Alger,

files de

prés d'un sous

Sud,

Ia

la

grande

vraisemblablemenl facade

de

l'institut,

bassin.

le n* 6. 318.

Π s'agit

naturel-

17?

LE

SARAPIEION

DE

MEMPIIIS

enceinte a pour limite la muraille à claire-voie, dont nous avons parlé; aucun mur n'existe du côté Ouest, c'est-à-dire du côté du désert, et le temple n'est. défendu dans celle partie que par la colline rocheuse qui lui sert d'horizon... » Du côté Nord, Mariette signale | p. 36) sur le milieu de la muraille à clairevole, une interruption de celle-ci avec les restes d'un pylône : ... « Devant ce pylône, deux beaux socles encore debout, sièwes probables de deux sphinx ou de

Fui

7,

Les

stabues

debout

sur

le. Mastoba

Sud

[animaux

sacrés’,

deux lions regardant de côté (1), comme les lions du pylône de l'Est. C'est là évidemment une autre entrée du Sérapéum. Il ne parait pas qu'elle ail été précédée, comme la premiere, soit d'un. Dromos, soit d'une allée de sphinx. Le dallage a été enlevé à une époque inconnue... » Revenant au Dromos, Marielle le décrit ainsi | p. 28-20)

: «... Le Dromos a été

alLaqué à la fois par son extrémité Est, c'est-à-dire du côté de la statue de Pindare, el par son extrémité Ouest, c'est-à-dire du côté du pylône aux deux lions. Deux gros murs de pierre à hauteur d'appui bordent la voie dans boule sa longueur à droite et à gauche. Chacun de ces murs ἃ 1 m. 5» d'épaisseur, sur une hauteur qui ne (1 }

Ce

sonL

peut-etre

les

socleés

des

deux

lions

du

Vouliean.

LES

FOUILLES

dépasse

Dromos

pas

1 mètre,

LA

TOPOGRAPHIE

Ils affectent

ainsi

la forme

13 d'immenses

maslabas

a dans sa longueur totale 85 m. 9» (2). Il est dallé d'un bout

Des statues

Sud.

ET

de style grec, en calcaire du Mokattam,

Une lionne

y sont debout

(3) de proportions colossales montée

(1).

Le

à l'autre...

|sur le mastaba

par un génie sous forme

[ΠῚ Ce sont nos Arabes qui leur ont donné ee nom. Le mastaba est une espece de divan parfois construit en bois, plus souvent econstruiL en pierre, qu'on trouve à l'entrée des maisons égvptiennes et sur lequel on s'ussied 5 (2) Cette mesure s'entend depuis l'entrée du temple de Neclantbo (en 3, pl. 26) jusqu'aux deux pylónes en 18, pl. 26) de l'enceinte à claire-voie. En réalilé, le Promos se poursuivail encore au delà de ceux-ci, pro-

bablement jusqu'à l'entrée du second temple d'Apis. (3)

Cet animal assez hybride parall étre plus probablement la panthere du cortege dionysinque.

14

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

d'enfant occupe le milieu (fig. 7). À droite et à gauche, sont des paons, également de

proportions colossales et également tenus en bride par un enfant. On apercoil plus loin un épervier (1), les ailes ouvertes et coiffé du pschenl, un sphinx femelle assis sur ses jambes de derrière (2), un phénix orné d'une chevelure de femme (3). « On a commencé le 25 mars 1851 l'exploration du mastaba Nord. Ce mastaba esl coupé vers le milieu par deux constructions assez bien conservées. L'une est une chapelle de style grec; on y monte par quelques escaliers, et elle se compose d'une seule chambre précédée de quatre colonnes (4). L'autre est un édicule de sLvle égyptien, dans l'intérieur duquel nous avons trouvé une magnifique statue (fig.

8-0)

d'Apis,

encore

toute

brillante

de

ses

couleurs

sacrées

2)...

A

côté

de

l'édicule d'Apis, nous trouvons debout sur le dallage du Dromos el

évidemment

dérangé

de

place antique, un Cerbère (fig.

10)

(6);

la téte

du

sa

colossal

milieu

est

intacte, l'attache des deux autres à

la naissance du eou est parfaitement visible.

Un

génie

sous

forme

d'en-

fank est monté sur le dos de l'animal monstrueux.

Nous

trouvons encore

un beau lion de style égyptien,

la

Léte regardant à gauche, les pattes de devant pliées l'une au-dessus de l'autre, nébo

menl

comme (7

les

Nous

lions

de

Necta-

constatons

enfin

ΕἾ De style éeevptien,

il ne faisait évidem-

pas

dionysinque.

2|

partie Ge

du groupe

sphinx

esl

encore

en

place

[ἢ

on

il existait,

(3) H suit ici pl. 21 «). 41) que

les

Le

en

plan

de

dessins

Cet

Mariette

perspeectifs

n'indiquenl en cé encadrées par deux 5)

réalité d'une

Apis

6)

Fun

Lransporlé

par

un

il est présentement «db

est au

L'Apis,

enfant,

qu'il

question, Louvre

vu

siluera

el c'est

dans

de

Le

Gerbere.

LL,

étuil

en

(voir

de

méme

Harlwud

deus ou

pl.

17

colonnes

Louvre

a

été

p. ΤῸΝ el pl. XX. effet

un

animal

fumilier du Sarapis nlexamdrin (ef. ci-apres l'étude de M. Ch, Picard) ΠῚ est à noler que Marielle a commis dans son manuscrit une confusion entre les localisations respectives, dans le Promos, de ce Gerbere et l'un grand Hon également chevauché

ou.

(pl 26) de

point que pilustres,

publié par Ch. Bongrx,

Sirene

face.

sur

le

masala

inversement

le vestibule

le

Word.

C'est

be

[Dorn

(ui

si

trouve

à

l'emdroil

Gerbere que nous rencontrerons sur le mastaba

où se trouve

l'Apis

; J'ai alors

vainement

cherché

son

ion

Nord.

pendant.

Je ne l'ai trouvé qu'en 1858, alors que, par ordre de Said Pacha, je rassembluis les monuments qui ont été le novau de Ia belle collection d'antiquilés donnée par le viee-roi au Prinee Napoleon et vendue plus tard par ce dernier. Je dois ajouter qu'à ce moment le Musée de Boula n'était pas méme à l'état de projet,

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPHIF

lo

qu'en avant de l'édicule d'Apis devaient se trouver deux petits sphinx, tous deux de grés slaLuaire, el. portant tous deux les cartouches de Ménephlah. Les débris de l'un d'eux ont été recueillis au pied du socle qui le supportait ; l'autre, à part la téte, était intact (1)... »

Mariette ajoute ici en note que. des divers monuments du Dromos. ceux qui ne furent pas envoyés au Louvre,

d'une

« sont

si mal

conservés

pierre si friable, que

les vouer

à une

el

c'était

inévitable destruc-

Lion que d'essayer de les bouger ». Ils ont ainsi éLé laissés sur place : ce sont

eux

que

les

déblaiements

du

Service des Antiquités ont remis au jour en 1938, puis en 1951, et dont nous publions les photographies sur nos planches IS à 24. Nous donnons ci-dessous en deux colonnes : d'une part à gauche, les légendes de Mariette se rapporlant

aux

chiffres

devant les son plan du retrouvé el. actuel des

(1 à I8) marqués . lU.

Le

Gerbere.

différentes slalues sur Dromes que nous avons que nous reproduisons (pl. 26), el, d'autre part stalues correspondant à ces chiffres.

I. Statue du dieu Onouris en grés :

Perdue.

2. Oualre

Ont

lions en

marbre

été

au

seraient

Sphinx avec Léc :

les carbouches

Louvre Tuck!

par

Dionysos.

à droite. le repérage

(galerie

maintenant

(propriété

3.

chevauché

à

d'Alger),

La

el

Malmaison

?

«1 ΛΊΗΝΓLe

socle

probable

de

l'un.

de

ces

deux

sphinx est au Louvre ; il porte les carlouches

bo à

(1)

« HE est

également

au

Louvre

avec

fai sbatue

d "Aquis...

IE,

de

que

\mvwrlée,

Nekht-Hor-heb

Mariette

attribua

| Neckaneé-

d'abord

LE Onze

SARAPIEION

DE

MEMPITIS

sbtabues en calcaire representant

des poetes el des philosophes grecs : Groupe en caleaire représentant un enfant monté lossal :

sur

un

Cerbére

Demeurées

sur

place,

co-

Encore en place au n? 7 sur le maxtaba Nord, à l'endroit allribué à fort. au

lion par Mariette.

»- ἢ

Lion eb

en calcaire couché sur regardant à gauche :

le.

flanc Au

Groupe en calcaire représentant un enfant monté sur un lion colossal :

Groupe en calcaire représentant un enfant monté sur un paon colossal : Groupe enfant Groupe enfant

en calcaire représentant un monté sur une lionne : en calcaire représentant un monté sur un paon colossal :

Louvre.

Encore en place au n? 5 à l'endroit allribué à LorL au Cerbére par Mariette, Demeuré

sur place.

Demeuré

sur place.

Demeuré

sur place.

Statue du dieu Horus en calcaire sous

la forme d'un épervier colossal coiffé du

pschenl

Sphinx

femelle

Phénix

sous

orné

d'une

:

Laissée sur place, mais disparue. subsiste plus que Ia. base, Demeuré

la

forme

d'un

chevelure

du

sur

place.

oiseau

femme

Au Musée du Caire (Cal. gén,,

:

mais en misérable d'une Sirene,

I.

Slalue peinte en calcaire du dieu Apis sous la forme d'un Laureau :

Au

Sphinx

Le

en

[1 n'en

grès

ὁ αν

n9. 27417),

PH] παισί πὲ!



Louvre.

meilleur, sans Lôle, mais comportant les cartouches de Menephtah, est au Louvre

((ruide de Ch. Bongvx,

actuellement



a

Réserve

p. 1701:

Lefuel

UN. 443). 16.

Un grand

Un

sphinx

en caleaire :

lion de style négligé regardant en face

Détroit (voir ci-apres, p. 19, n. 25 [I figure sur le dessin perspeclif du Dromos par Barbol (cf. notre pl. 17, h..

accroupi

et Figure également sur le dessin de Barbot. HL a dû étre transféré, soil en face sur

le masbaba

Sud,

soit

plus

à FES

sur

le mastaba Nord, emplacements on se Irouvenb eneore deux lions. analogues, I5.

Deux

ions

regardant les

deux

couchés

de

sur

côté,

pylônes

Le

placés

d'entrée

ceinte du Sérapéum

:

lane.

et

devanl de

l'eniu

Louvre:

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPHIE

17

Voici d'autre part la liste des monuments de l'Hémicycle et du Dromos avec les numéros de renvoi au plan de Mariette nouvellement retrouvé (pl. 26) indiquant leur situation respective :

1? Toul l'Hémicycle des onze poétes et philosophes (en 4). 29 Sur le maslaba Sud, nous avons retrouvé aux places indiquées les n°5 8, 9, 10 et 12,

Le n°8, intitulé par Mariette «groupe en calcaire représentant un enfant monté

sur un paon colossal », est photographié sur plusieurs de nos planches (pl. 18 à 20, fig. 90 eL suiv.). Le paon subsiste sans la tête et les pattes ; il est chevauché par

l'enfant dont il ne reste que le busteet la cuisse gauche jusqu'au genou (cf. pl. 19, b). Le n? 9, « groupe en calcaire représentant un enfant monté sur une lionne colossale », est visible sur la planche 18, à l'arrière-plan, et surtout sur la planche 19, a et les figures 7, puis p. 189 sqq. Remarquer les embades thraces dont est chaussé l'enfant, ou plutót l'adolescent.

Le n° 10 correspond

à un second

paon décrit par A. Mariette comme

le

premier (fig. 98 et suiv.). Toute la partie supérieure de sa roue est au sol, détachée du reste. La téte de l'oiseau et le haut du buste de l'enfant ont disparu. La jambe gauche du petit cavalier cassée au-dessus du pied laisse apparaitre la chaussure thrace. Parmi les fragments qui maintiennent le groupe debout se remarquent les digitations du paon. Nous ne trouvons plus à l'emplacement du n? 11, « statue du dieu Horus en calcaire sous la forme d'un épervier colossal coiffé du pschent », que le socle avec l'extrémité de la queue de l'oiseau (voir pl. 18 au pt. marqué d'une fléche). Le n? 12, « sphinx femelle » subsiste sans sa téte (voir pl. 18 et 22 à droite de la tête du lion, ainsi que fig. 113-115). L'inventaire de Mariette indiquait déjà, sous les n98 3088-210, cette mutilalion. Quant au n? 12, « phénix, sous la forme

femme J.-Pil.

», il n'en esL plus trace. LAUEH

ET

cll.

PICABIY

d'un

oiseau orné d'une chevelure

IT s'agissail. certainement

de

là d'une Sirène. 2

LS

LE Notons

encore,

à une

dizaine

SARAPIEION

de métres

à l'Ouest

DE

MEMPHIS

du sphinx

sans

tête,

un

petit. lion (cf. fig. 11 et 12) de même type que celui du n? 17, découvert par Mariette en face sur le mastaba Nord et intitulé par lui « lion de style négligé, accroupi et regardant en face ». Ce félin fut peut-être transporté sur le mastaba Sud par Mariette, lorsqu'il effectua les sondages qui entrainérent. la destruction du

dallage

partie les

et

du

deux

par en

importante

Nord

chapelles

égvyptienne. 39 Sur subsiste

d'une

mastaba

la

avec

grecque

voie méme,

et

il ne

plus que le n° 5, désigné

Marielle calcaire.

fant. monté

comme

« groupe

représentant sur un

un

en-

Cerbére colos-

sal ». Il. y a eu là, nous l'avons déjà signalé à propos du rapport (reproduit p. 14), une confusion avec le n°7 situé sur le mastaba Nord, qui représente bien un Cerbére

alors

que

le n? 5

figure

un

lion (1). En

15 devaient

se trouver, à

hauteurde l'édicule d'Apis dont

(n9 1H),

la belle statue (fe. Β΄ ΘῈ Ὁ est

au Louvre, les deux petits sphinx en gres au nom de Ménephlah, Fic.

13.

Louvre, C'est

Le

nous en

lion

de

la

figure

l'avons IS,

11

actuel,

dans

le

texte

de

devant

les

deux

pylônes

vu

enfin,

dont un seul, relativement bien conservé sauf sa Léte manquante, ful également transporté au

: état

Marielle qui

οὐ ὁ ci-dessus marquaient.

(p.

15).

l'entrée.

de

l'enceinte à claire-voie du Sarapieion proprement dit, que furent trouvés deux beaux «lions couchés sur le flanc el regardant de côté », aujourd'hui

les au

Louvre, dont il a déjà été parlé (p. 11. voir fig. 6). 49 Sur le maslaba Nord, le n° 7, décrit à tort par Marielle comme « groupe en calcaire représentant un enfant monté sur un lion colossal ας comporte, au lieu du lion, un Cerbeére (voir fig. 10) (2); il est toujours à sa place. A l'emplacement approximatifdu πὸ 6 — « lion en ealeaire couché sur le flanc

{ΠῚ

du

Au

mastaba "y

Voir

contraire,

Nord

{sous

cislessus,

dans

«on

les n9»* p.

14,

inventaire

127-1 n.

ἢ,

zu

159), et et

p.

I6.

Louvre,

« lion

s eelui

Mariette

déemomme

«be IE voie

correctement

se Cerbére s Funimal

(suns bes nv» 31881TJ92142),

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPHIE

19

et regardant à gauche », qui fut transféré au Louvre par maintenant un autre lion (voir pl. 18), semblable à celui Ouest du mastaba Sud et correspondant comme lui à « Lion de style négligé accroupi et regardant en face »

Mariette (1) — se trouve qui est situé à l'extrémité la description du n° 17 : (voir fig. 11 et 12).

Un sphinx femelle assez rongé par le sable et auquel il manque une patte de devant, se trouve en outre actuellement à quelques métres à l'Ouest du lion (voir pl. 18 à droite, et 21, b et c) ; Mariette n'en avait pas fait état. Des deux « chapelles » — l'égyptienne (n? 14) contenant l'Apis transporté au Louvre, dont il a déjà été parlé, et la construction grecque, le Lychnaplion, vonsacrée à Dionysos-Sarapis, située immédiatement à l'Ouest de la précédente — il ne subsiste malheureusement rien (cf. les dessins de Barbot, pl. 17). Elles avaient été rasées par Mariette qui pensait qu'elles pouvaient dissimuler l'entrée du Sarapieion proprement dit ; elles recouvraient des constructions de briques. antérieures, qui sont visibles sur notre planche 2, a (en X). Ces travaux avaient entraîné,

en outre,

la destruction

d'une

importante

partie du

mastaba

Nord

et

l'enlèvement des deux pièces, n? 16, « un grand sphinx en calcaire » (2), et n? 17. * lion de style négligé, accroupi et regardant en face », qui fut transféré soit plus à l'Est sur le méme

mastaba,

soit en face sur le mastaba

Sud.

Ces

deux

statues

figurent sur le dessin de Barbot (pl. 17, b). Les déblaiements récents du Service des Antiquités ont mis en évidence l'état de délabrement dans lequel les fouilles de Mariette laissérent le Dromos. qui avait été trouvé encore entièrement dallé (voir pl. 17, b). Mariette, en elTet. recherchant alors l'entrée des sépultures des Apis, pensait que l'ouverture pouvait se cacher sous un dallage ou sous une construction : « Il n'est plus une pierre », écrit-il (p. 32), « que nous ne déplacions, plus un pan de mur que nous ne sondions. Depuis longtemps, tout le dallage du temple de Nectanébo a été remué ; c'est maintenant au dallage du Dromos que nous nous attaquons. Systématiquement, nous le défoncons et nous cherchons au-dessous, et à travers les couches de sable sur lesquelles il s'étend, si le rocher ne laissera pas voir l'ouverture carrée de quelque puits conduisant à des souterrains... »

Mariette fit alors une découverte tout autre que celle qu'il espérait : « En soulevant le dallage du Dromos,

nous nous sommes

aperçus

que le terrain

sur

lequel on l'a posé est parsemé de statuettes de bronze représentant des divinités. Tantót ces statuettes sont isolées ; plus souvent, on les trouve par tas énormes et confusément entassées les unes sur les autres. Un de ces tas nous en donne deux cent soixante, un autre plus de trois cents. Les Osiris, les Apis, les Phtah, les Isis,

les Horus

y abondent.

[ΠῚ Ce lion perte

les me

Leur grandeur varie de 0 m. 10 à 0 m. 40. Toutes n'ont 1226-1197

dans

l'inventaire

de

Mariette;

ΠῚ est exposé

su

Louvre

dans

le

vestibule de l'Apis. (2 L'inventaire de Marielle porte ee sphinx sous les n?* 3822-106] ΠῚ fut livré,

v est-il ajoute,

à 5.

A, puis

brisé entierement,

comme

brisé par le milieu du corps.

"uU

LE

SARAPIEION

DE

MEMPIIIS

pas également échappé à l'humidité du sol dans lequel elles ont été si longtemps enfoncées,

mais

on

en

sauvera

certainement

la moitié..

Les

bronzes

ont

été

distribués dans vingt-cinq couffes pour être dirigés vers les magasins de Saqqarah. Vingt-cinq enfants marchaient deux à deux, la tête chargée du précieux fardeau, chantant et battant des mains pour marquer la mesure. Je suivais le cortége à cheval... » D'autres bronzes furent encore trouvés les Jours suivants ; mais le bruit s'en répandit au Caire singulièrement amplifié : « Ce ne sont pas des statuettes de bronze que le dallage du Sérapéum nous a livrées, mais des statues d'or!... » On Lente alors d'interrompre les travaux de Marietle qui, malgré tout, réussit à les poursuivre encore quelques jours : « On découvre un nouveau dépót de bronzes et d'autres bronzes disséminés cà et là dans le sol. Je me méfie de la maison de Fernandez (1), et j'aime mieux garder prés de moi ce que je trouve. Les bronzes

sont donc laissés en place dans leur trou, que je fais boucher avec du sable (2)... » Provenant trés vraisemblablement de ces fouilles du Dromos au temps de Mariette, nous avons retrouvé au début de la campagne 1949-1950 à Sagqarah (3), en bordure de l'enceinte Ouest de la Pyramide à degrés et, à une vingtaine de mètres de son angle Nord-Ouest, un lot de statuettes de bronze et de débris de statues plus grandes également en bronze, enfouis en tas dans le sable à très faible profondeur. Ces statuettes auraient été dérobées à Mariette et cachées là dans le sable par quelqu'un qui eut le dessein de les y reprendre ensuite au moment opportun. Le voleur n'aura pas su retrouver sa cachette. Revenons au Dromos et aux recherches qui v furent entreprises par Mariette. Il écrit (p. 34) : « Les derniers elTorts tentés sur le Dromos ont été sans grands résultats. Des sondages ont été fails jusqu'au roc à travers le dallage de la chapelle et. de l'édicule d'Apis. Pas un bronze n'a été recueilli, ce qui prouve que la construction de la chapelle et celle de l'édicule n'est pas du méme temps que la construction du Dromos dont ces deux monuments bordent le côté Nord.

Dans les décombres de la chapelle, on a ramassé un fragment de poterie rouge vernissée, sur lequel est estampé soigneusement un monogramme du Christ. D'autres monogrammes peints avaient déjà été remarqués sur les sphinx de l'allée et la lionne du Dromos, mais gravés à la pointe et tout aussi négligemmenl que les innombrables graffiti dont ces monuments sont couverts. On y a également recueilli une petite médaille de piomb, qui porte d'un côté la figure d'un dieu barbu, assis, tenant une figurine d'Apis, de l'autre l'inscription OBOAOT B.... : Mariette écrit d'aulre part (p. 40) : « En général, ils Îles graffili grecs] sont 1 Négociant établi sui Caire, Fernandez possédait au villas de Saqqarahi une maison quil mit à La disposition de Marietle pour y entreproser des snliquités, (2) Marietle retrouva encore de nombreux. lironzes sitis les vestives eb aux abords du pylóne Nord dé

l'enceinte,

uinsi

que

sur le tracé

sinuesns

de

Fallece probable

qui

alunitizsait

Ei venant

du

worl-Est

(ef, p

TU.

D Celle Urouaille a été faite par Péuipie deuvriers chante de reeueillir les blocs bombiés de l'eneeinte ides monuments de Zoser et ape nous rempleens penr Ti reconstitulion des lésions de l'enkeee de cette eneeinte, ravi aecbieHenent en cours,

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPIIE

9]

extrémement difficiles à lire. L'écriture est mauvaise, les lettres à peine formées, et le plus souvent elles s'enchevétrent les unes dans les autres, de manière à produire à l'eeil une inextricable confusion. » Bien peu de ces graffiti sont. maintenant lisibles. Nous avons recueilli ceux qu'il nous a été encore

possible

de relever,

avec

l'aimable

concours

Schérer. Certains d'entre eux seront commentés plus loin. Voici enfin les conclusions de Mariette sur les différents

de M.

monuments

Jean

du

Dromos (p. 77-78) : « Que la présence dans le Sérapéum de quelques-uns de ces monuments dont le caractère funéraire est évident s'explique par les rapprochements qu'il n'est pas difficile de faire entre Sérapis et Dionysos, entre Dionysos

et Osiris, entre Osiris et le taureau dans lequel le dieu suprême de l'enfer égyptien s'incarnait, c'est ce qui ne laisse pas de prise au doute. Mais on s'expliquera moins aisément pourquoi un cénacle des grands poètes et des grands philosophes de la Grèce est introduit au milieu de monuments qui semblent être un résumé et comme une sorte de synthèse de toutes les idées dont Sérapis est la personnilication. Ce musée de monuments étranges n'est-il pas à sa vraie place ? Les monuments qui le composent ne proviennent-ils pas du Paslophorium (1) ou de quelque autre partie grecque du Sérapéum ? A quelle époque se serait opéré le transport ? Je me rappelle le temps oü, trés imprudemment, j'avais mis un certain amour-propre à faire déblayer le Dromos d'un bout à l'autre, c'est-à-dire

depuis le fond du temple de Nectanébo jusqu'au pylône qui précède le Sérapéum proprement dit. Les deux gros sphinx de Nectanébo étaient au premier plan, debout sur leurs socles antiques. On distinguait plus loin l'hémicyele des poètes et des philosophes et, plus loin encore, l'enfilade du Dromos et les deux mastabas surmontés des plus bizarres figures qu'un archéologue puisse voir. Tout au fond apparaissait, avec ses grandes lignes sévères, le pylône de Nectanébo précédé de beaux lions accroupis. 11] est certain que l'unité manquait à cet ensemble. Les monuments égyptiens n'allaient pas plus aux monuments grecs, que les monuments grecs n'allaient aux monuments égyptiens. Une violence a dü étre faite à quelque chose pour que les uns aient été juxtaposés aux autres. Évidemment, quand les statues de poétes, l'hémicycle et les animaux symboliques du Dromos ont été placés là oü je les ai retrouvés, le Sérapéum n'était déjà plus seulement la tombe d'Apis, et l'influence du Sérapis grec avait déjà passé par là ».

« Le Dromos, tel que nous le voyons aujourd'hui, est donc un hors-d'œuvre dans le Sérapéum. Il ne lui appartient pas comme époque ; il lui appartient encore moins comme idée. Les nouvelles fouilles auxquelles nous venons de soumettre

le Dromos nous ont fait trouver deux ou trois mauvais petits sphinx égypto-romain,

un lion de méme

époque

de style

regardant en face et monté sur un socle

(1) Quartier des paslophres ou desservants, renfermanl l'Amuibium ou logeaient les personnes qui venaient des provinces voisines pour sacrifier,

temple

d'Anubis,

dans

lequel

29

LE

SARAPIEION

DE

dont la partie antérieure est décorée d'une inscription démotique sous

la forme

d'une

femme

à queue

de

poisson

jouant

de

MEMPIITS (1), une sirène

la cithare

(2). | voir

pl. 21 et fig. 117]. Mais nous n'en savons pas plus pourquoi les poëtes el les philosophes de l'hémicycle sont mélés au culte d'Apis mort... » Mariette fut donc vivement frappé du manque d'unité du Dromos avec ses monuments, les uns de style entiérement grec et les aulres de pur style égyptien.

Ces juxtapositions — en effet un peu étranges au premier abord — ne motivent. cependant pas, comme il le propose, l'hypothèse d'un transfert de l'Iémicycele des poétes et des philosophes, déplacement qui aurait été elTectué depuis le Paslophortum (cf. pl. 25 en r) jusqu'au point où l'ensemble a été découvert (en ἢ de la méme pl. 2»). La présence de ce cénacle à l'entrée du Dromos dés le 111* siècle av. J.-C. s'explique notamment par le fait que Dionysos, intentionnellement. confondu avec Sarapis et Osiris-Apis a été, comme Apollon. patron de la ve intellectuelle à l'époque hellénistique (3). Les trés importantes découvertes

elTectuées depuis la fin du siécle dernier et, en particulier, celles qui concernent les Lagides et le culte de Sarapis à Alexandrie, ont. permis de confirmer certains faits déjà relatés dans l'antiquité, principalement par Tacite et par Plutarque. eL de mettre en évidence les efforts de syncrétisme gréco-égyptien tentés par les premiers Ptolémées pour arriver à constituer, sinon une véritable religion

universelle, du moins une religion qui

ralliät à la fois les suffrages du monde

grec et de l'Égypte. Dès 1914, E. Breccia pouvait écrire (4) : « Sarapis est une des créations politicoreligieuses les plus géniales des premiers PLolémées. Pour établir une certaine cohésion entre les Égypliens et les Grecs, Ptolémée Ier pensa qu'il était nécessaire de créer une divinité qu'ils puissent tous honorer du méme culte, et soit en transformant le dieu égyptien. Osor-Hapi en Sarapis. soit en introduisant en Égypte le Sarapis adoré à Sinope dans le Pont-Euxin (5), il créa un dieu du monde souterrain, moitié égyptien, moitié grec, dont le culte ne tarda pas à envahir le monde gréco-romain el manifesta une vitalité extraordinaire. Les Hellènes le considérérent toujours comme un Dionysos et les Égyptiens comme un Osiris. mais ces deux aspects se rejoignaient dans une essence dont l'énergie se trouvail ainsi doublée. I] était également considéré comme une divinité chtonienne. En (1) Probablement l'un des deux liens qui se. trouvent moiintenanb respeetivement sur Jes status et Sud, [2) Letle stalue de Sirene en eaulesire se trouve au musée di Caire (Cal qen., n9 27.0505, Marielle fail erreur en lui attribuant une queue de poisson; elle à bien, comme les sirenes zgreeques, une queue d'oisean. Nord

Marielle ajoute d'autre part (p. 34) qu'elle à été trouvée au pied du mastaba Sud. (3) M. Ch. Picard reprendra cette question ei-ipres p. 38 à (4)

Alerzandrea

Hergamo, tu

[Τὶ

ΒΥ

ΠΝ

nee

de.

da

ville

ure

étude

47.

ἀπε

eb

ialerne

el

di

musee

grecasremeain

1914), p. θεὰ, Voir

Isidore

de Sérapis ou Sarapis p.

aad

2 La

tradition

Lis

v

,Sarapis!,

ui,

dans

(Henne de Ühistoire des religions, relative

4

un

transfert

de

Sinope

analvtuque

VU. en

tres

fouillee

défend

Cf. Sr cmi, Sarapis,

Izsspte

est

ΜΠ ΡΠ

lui

l'origine

Berlin,

fury plienme

Weidinau,

rond Γααλ δος

FAT,

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPHIE

33

effet, Sarapis est identifié avec Hadès-Pluton. La statue d'Alexandrie, recouverte d'un enduit bleu-sombre, représentait bien le souverain du ténébreux royaume, ayant à cóté de lui Cerbére Tricéphale (1). Plusieurs bustes de nos collections, issus du méme type, sont sculptés dans une matière noirátre. Sarapis prit méme

place à cóté d'Esculape comme dieu de la médecine,

et ses miracles attirérent

dans ses sanctuaires, mais surtout à celui de Canope (Aboukir), des milliers de pèlerins. Comme Esculape, il a pour attribut le serpent. D'ailleurs Sarapis ἃ aussi tous les attributs de Zeus, maitre de l'empyrée... »

M. Ch. Picard, dans les pages qui suivent les nôtres, fera la critique de ces points de vue et mettra

au

point la question

du

svnerétisme

pratiqué

par les

dilTérentes

obser-

premiers Lagides.

L'étude des groupes de sculptures du Dromos jointe aux vations notées,

soit par

Mariette

lors de ses

fouilles, soit par nous

au cours des

nouveaux déblaiements entrepris depuis lors, permet de rétablir l'échelonnement de ces monuments ; ils se répartissent sur plus d'un millénaire, en trois périodes

principales : Nouvel Empire,

XX X* dynastie, première époque ptolémaique. a) Nouvel

Empire.

Outre quelques constructions de briques dégagées par Mariette aux abords du Dromos ou sous son dallage — et, dans ce cas par conséquent, antérieures à sa construction —, qui peuvent remonter à l'époque du Nouvel Empire (2), nous avons recueilli en 1938, en face de l'Hémicycle, plusieurs blocs de piliers ou de jambages de porte revétus des cartouches et serekh gravés de Ramsès II. Trois de ces blocs sont visibles sur nos planches 1 et 2, a. Leur découverte en ce point parait indiquer que, longtemps avant Nectanébo, un temple avait déjà été édifié dans les parages immédiats par Ramsès, à qui l'on doit en outre l'inauguration de la premiére galerie commune des Apis (3). D'autre part, les deux petits sphinx situés dans le Dromos, à l'alignement de la face Ouest de l'édicule d'Apis sont euxmêmes datés de la XIX* dynastie par les cartouches de Ménephtah, le sucesseur immédiat de Ramsés II, qu'ils portent gravés. La position de ces sphinx par il} lerbère ubovant dressant

« L'étre hybride qui flanque le Sarapis assis et que déjà Apion [chez Plutarque] décompose en et dragon, est singuliérerement composite : il a Lrois têtes, celle d'un lion au milieu, celle d'un chien à gauche el celle d'un loup aux dents menucantes à droite ; le serpent enlace le tout de ses replis, su Léte au-dessus de celle du lion (I. Lévy, LL). Le monstre qui accompagne Sarapis, sur les répliques

qui sont au Musée, est toujours représenté par un chien aboyant flanqué de deux autres Létes de chien : un serpent lui enlace lé corps. Un seul petit bronze représente un lion, sur la téte duquel se dresse un serpent surmonté du ealathos. »

(2) Les renseignements laissés par Mariette sont trop insuffisants pour que nous puissions

préciser.

Nous ne parlons pas, à dessein, de la grande stele de granit du prince Khamouas, fils de Ramsés II. dont Marietle découvrit le cercueil et la momie richement paree parmi les Combes des Apis (« petits souterrains ες var cetle stèle trouvée dans le sable prés de l'entrée des souterrains, où l'un peut encore la voir, ne fail pae à proprement parler partie du from. i3 Cf. G. MasPeRo, Sérap. de Memphis par Marielle, p. 60 et. 70-80.

24

LE

SARAPIEION

DE

MEMPIIIS

rapport à cet édicule pourrait laisser supposer que celui-ci fut érigé en même temps qu'eux (1) : sur cet emplacement qui aurail peut-être marqué, à l'époque, l'entrée de l'enceinte réservée aux Apis. En ce qui concerne la voie au tracé sinueux qui conduit jusqu'au Dromos, il est vraisemblable qu'elle ait existé dés le début du Nouvel Empire, mais les sphinx qui la bordent sont bien postérieurs. Nous ne pouvons dire si elle avait

ou non comporté alors des sphinx, auxquels auraient été substitués plus tard ceux découverts par Mariette.

Il est possible également que des rangées

de sphinx

— dont ceux au nom de Menephtah, auraient été les seuls spécimens laissés sur place —, aient été disposés simplement aux deux extrémités de la voie. distantes de plus d'un kilomètre. b)

XX X* dynaslie.

À part, peut-être, la voie méme du Dromos dans sa partie bordée par les deux banqueltes (mastabas) ainsi que les innombrables statuetles de divinités en bronze qu'elle recouvrait {2} et cela encore sous toutes réserves, nous ne voyons pas d'autres éléments

imputables

à la XXVI*

dynastie,

à laquelle

Mariette

voulut,

cependant, attribuer l'Allée des sphinx : « Les sphinx ont la finesse et la gräve des monuments vraisemblance,

de l'époque Saïtique », écrivait-il (3). ajoutant : « ... Selon toute c'est à la XXVI* dynastie qu'il faut faire honneur de là

construction de l'avenue monumentale

qui conduisait à la tombe des Apis... »

Nous avons déjà parlé de l'âge possible de l'allée méme ; quant aux sphinx, ils sont tout à fait de méme style que ceux récemment mis au jour par notre collègue Zakaria Goneim sur la voie reliant le temple de Louxor à Karnak, et qui sont au nom du roi Nekht-nebef ( Nectanébo I*r), fondateur de la XXX* dynastie. De plus, le visage de ces sphinx, qui est le portrait de ce roi, rappelle étrangement celui des nôtres (voir fig. 13 el 14). Il y a donc tout lieu de penser que Nectanébo (378-360 av. J.-C.) orna de ces sphinx la large allée sinueuse, qui venait du bord de la vallée. Le pylône et les deux beaux lions qui le précédaient semblent lui être également imputables, puisque son nom a été retrouvé sur des

débris de la corniche de ce pylône, ainsi que sur une stèle encastrée dans l'un des socles de ces lions (4). Enfin, bien que l'enceinte à claire-voie ait présenté à son angle Sud-Est un bloc orné d'un tableau gravé figurant le roi Nectanébo [I en {ΠῚ

Mariette note, nous

l'avons vu ci-dessus

ip. zh,

que Te dalle

de eet édicule ne recouvrait

pas de

petits bronzes comme celui du Bromos méme qui dale de Ei XXV Io oude lu X X X*à dynastie. L'édicule d'Apis serail donc probablement, soit antérieur, soil postérieurs le stxle du lauren parait étre de Eli XN X* dynastie, mais l'édieule méme pourrail dre plus ancien, Ila statue de l'Xpis avant été dans ee eas remplacée à cette époque, (2) Celle voie aurait alors été construite peult-étre par. Psaninietique. P7, qui inaugura «9 bes :sründs souterrains » du Sérapéum (ef. Masperkno, LL, p. 20. 13] A. ManrETTE, Serapernim épée el Serapenrm qrec, p. 2 both nationale, Dept Manuscrits, Nouv, Ac, frunc., n» 201725]. (1] de, Masrino, Serap. Memplis par Marielle, p. 27.

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPHIE

20

adoralion devant Apis sous sa forme humaine à Léte de Laureau (1), il est plausible qu'il s'agisse là d'une réfection due à ce roi, et que cette enceinte ait éLé construite, en méme temps que le pylône, par Nectanébo Ier, A Nectanébo II (359-341 av. JJ.-C.), au contraire, doivent être attribués les deux temples d'Apis, de l'Est et de l'Ouest, ainsi que le prolongement du Dromos au-delà du pylône jusqu'à ce temple de l'Ouest. Ce sont, en elTet, les cartouches de

Fi.

Nekht-Hor-heb grands

sphinx

| Nectanébo disposés de

ΠῚ part

que

14.

Marielle

et d'autre

de

Un

des

trouva la

porte

sphinx

sur du

les

de

Mectaneéebo

socles

temple

des

de

]*r



[iousor.

deux

l'Est,



des bas-reliefs figuraient également ce roi (2). Quant aux buttes situées au centre de l'enceinte de l'Ouest, Mariette écrivit aprés les avoir explorées (3) : « Qu'il v ait eu là autrefois un temple, ce ne peut faire l'objet d'un doute. À en juger par les nombreuses pierres sur lesquelles se lit le nom d'Osiris-Apis, ce temple

est

bien

certainement

(1)

Ibid., p. 36.

(2)

fbid., p. 18. Nous

avons

le Sérapéum...

vu (ci-dessus p. Li) que

Une

des branches

restitution

d'acacia

disposées

de brique crue étaient également marquées des deux cartouches de ce roi, Enfin, retrouvé, au cours du dernier désensablement de l'Héermicyele. des philosophes calcaire portant l'un des cartouches de Nectanébo I. (3)

Ibid.,

p.

38,

du

plan

dans

Ia

semble

maçonnerie

nous avons nous-même [1591]. un. fragment de

20

LE

SARAPIEION

DE

MEMPIHIS

impossible. Tout au plus peut-on marquer la place d'une enceinte, concentrique à la grande, au-devant de laquelle s'élevait un pylône, plus grand que le pylóne aux deux lions, et marqué, comme le temple de l'Est, des cartouches de Nectanébo [er (1)... » A l'époque des Nectanébo, le Dromos dallé qui reliait les deux temples d'Apis. comprenait ainsi simplement, outre les deux sphinx de l'entrée du temple de l'Est et le pylône de l'enceinte Ouest avec ses deux lions, les mur: bas (« mastabas Nord et Sud » de Mariette) qui le protégeaient latéralement de lensablement; l'édicule d'Apis, possiblement plus ancien, avec les deux pelits sphinx de Menephtah sur la voie méme ; des sphinx ou des lions avaient peut-étre été disposés, en outre, à intervalles réguliers sur les deux « mastabas ». c)

Époque

plolémaique

C'est alors seulement — dés Ptolémée I*r, selon M. Ch. Picard (2) — que le Dromos prit cet aspect étrange, par suite de la superposition au culte d'OsirisApis de celui de Sarapis, en qui les Grecs voyaient leur Dionysos (3). Le Cerbére,

le lion. la panthére

et les paons,

de style grec,

dont

furent

ornés

les deux

« mastabas » latéraux du Dromos (4), apparaissent parmi des pampres ou des urappes de raisin, accusant leur caractère dionysiaque. De plus, le jeune personnage

qui chevauche ces animaux et est chaussé, nous l'avons vu, d'embades thraces, représente essentiellement Bacchos ou Dionysos enfant, le grand dieu alexandrin. Quant aux poètes et philosophes grecs présidés par Homère et conduits par Pindare, leur présence en ce point, qui surprit si vivement Mariette et

d'autres, s'explique surtout, nous l'avons dit, par le culte qu'ils étaient censés entretenir autour de Dionysos « Musagéte » (5). Rappelons que la statue de Pindare (cf. pl. 4 et 5), l'une des moins mutilées, porte aussi les embades thraces. Cet aréopage de poétes et de philosophes devait donc présider aux cortèges dionwsiaques qui se déroulaient sans doute lors des fêtes d'Osiris et lors des funérailles d'Apis (6). Mais il est à noter que ces manifestations d'influence |;

C'est-à-dire

Nectanébo

II,

Marielle

avant

interverti l'ordre

des deux

rois.

o Voir (CHA, Pul, p. 71-81, et ei-apres p. 30 à 37 où le fail est clairement démontre. 3j H£nonork (1H, 124) écrivail déjà τ + Au dire des Égyptiens, ee sont Déméteret Dionysos qui reinent dans les enfers πὲ Dionont (1, 86) précisera : « ΠῚ n'y a que In différence des noms entre les fétes de Harehos et velles d'Osiris, entre les mystères d'Isis el ceux de Déméter » Enfin Pri rangvkg (Isis el Osiris, A3) ajoutera à sun tour: α Qu'Osiris soil le méme que Dionysos, qui pourrait, à (Iu, mieux que toi Ie savoir, puisque tui es |a premiere des Thyades

de Delphes,

I; La question du placement ni Ci-aprés, p. 42-47. de prètres

el que ton pere et ta mere

s"ra reprise

PrtrARQUE flic. eil.) écril encore égvpliens quand ils ensevelissent

diffère en rien de ce qui se puisse iux

ci-npres ; ef. p.

tont consacrée

iux

Mysleres

osirizupipes ?

19s.

: « Conlentens-nous d'allirmer que ee que font ouvertement Ies le biu Apis, quand ils Urimsportent son eorps sur un radeau, ne

feles de Bacchus,

thyrses, poussent des eris et s'agilent eoermme ceux

EfTectivemtent

«qui sont

ils

s atbaelient

poresedes par Dionysos

des

nébrides, portent

quand

des

ils célébrent ses

orgies «, Notons qu'au cours de ces orzies dionvsiaques avait lieu une Pression dur pfraffos, Or l'inventaire de Marielle porte diverses pieces uvant pu étre en relation aver ee rite, par exemple : le n9. 1»72-1 194, personnage aeceroupi, le ΠΣ releve pur-ibessus la bete, Ere cons De pores © be pn. Toi PA, ΠῚ appuxre sur une Léte humaine, γιατὰ dans be temple de Neetaunebo ; Ie nv Lom? otl, pales eolorie en Lerre rois: Le n? p[nsd-pPUs, figure iiv plialliquie. dans le temple de Neelaneboe ; ele,

LES

FOUILLES

ET

LA

TOPOGRAPIITE

2

étrangère restèrent strictement localisées dans les accès et les dépendances du Sarapieion,

et qu'elles

ne

pénétrérent

jamais

souterraines des Apis, où Mariette ne releva

à l'intérieur méme

aucun

graffite

des

galeries

ni élément

grec.

M. Ch. Picard, dans les pages qui suivent, après avoir repris l'étude des statues de l'Hémicycle, s'attache à prouver le caractère essentiellement dionysiaque des œuvres grecques du Dromos, y compris la curieuse Sirène maintenant au Musée du Caire, les paons, et les sphinx. Il vise à dater le petit édifice grec jadis juxtaposé à l'édicule d'Apis (de style égyptien) ; cette construction peut ètre assignée encore à l'époque de Ptolémée Ier, d'apres l'écriture de la dédicace d'un des Lychnaplai. texte déjà étudié par U. Wileken et d'autres, et conservé au Louvre.

Telles sont les diverses précisions complémentaires que nous ont permis d'apporter aux anciennes publications concernant les travaux de Mariette au Sarapieion, égaré

d'une

part,

lors de sa mort,

la découverte et, d'autre

part,

de son

plan

les récents

du

Dromos,

déblaiements

qui

avait été

du Service

des

Antiquités. Il est certain que, pour bien comprendre tout le complexe du Sarapieion, de nouvelles fouilles trés importantes seraient encore nécessaires. en particulier dans la région appelée par Mariette « le Sérapéum grec » en bordure

de la vallée ; mais

ceci

crédits actuellement accordés

demanderail

des

moyens

dépassant

à notre chantier de Saqqarah.

de

loin

les

28

LE

SARAPIEION

i mE

LI

.

DE

MEMPIIIS

A *

M.

/

à

/

oO m

N

X

-

Fi. d. Comment on se. repréesentail, à lépraque des fouilles de Marielte le Surapieion de Memphis et a vele des Sphins 2 de, Zeil,, I5al, p. 1 τὶ

CHAPITRE

IT

LES MONCMENTS ET LES SCULPTURES P. 200 eurité,

: « Cependant,

tunt

que

les

nous tàtonnerona

originaux



et mème

dans cea

l'obsgra/fuz

sans nombre, qui, pour dater le monument, peuvent cire ddeérisifs, n'uurunt pas ete remis à découvert, Ainsi, noua en revenons loujours aux memes eonclusiuns : le travail de À. Mariette doit étre refait. « Je tiens [este entreprise] pour une des taches lea plus importantes et les plus rich: de consequences, parmi celles qui s'uffrent aux etudes hellenistiques en Egypte. * Pour les arehéulogues, il agit de retrouver des œuvres d'art hellenistiques, auxquelles nous ne pouvons rien comparer, à mà éonnaisaunee, en Egypte, en iMprortance ni en qualité. Pour les historiens de Ja religion, il s'agit de résoudre des questions brulanteg.. » U. WiickEN,

Arch, Jahrbuch, 32, 1917, p. 200.

M. J.-Ph. Lauer a exposé savamment, ci-dessus, la belle découverte, due à son père et à lui-méme, d'un précieux levé inédit, exécuté par A. Mariette, pour le Sarapieion de Memphis, et ses accés. Il a fait connaitre, d'autre part, les heureuses — et malheureuses — circonstances qui ont déterminé le destin des grandes

statues

de

calcaire,

si

importantes,

retrouvées

en

1850-1851

lors

des

premières fouilles françaises. Laissées sur place par Mariette, sauf une des Sirénes, ces œuvres, plus d'une vingtaine en deux ensembles principaux, dépréciées fort injustement par leur inventeur (ci-dessus, p. 4-5). qualifiées encore par U. Wilcken (Arch. Jahrb.. 32, 1917, p. 150) de « documents hellénistiques étranges », peuvent être réétudiées aujourd'hui, et nous avons cessé d'avoir affaire, par nécessité, aux seuls croquis de Marielte, précieux, mais sommaires, dont la valeur — quoique sans doute un peu injustement—- avait élé vivement discutée. L'étude nouvelle, présentée ci-aprés, ne pouvait se borner à une description du lot double des sculptures dont nous disposons. La découverte de l'Exédre des philosophes et des sages, celle des groupes de Dionysos Jeune chevauchant les animaux sacrés, n'intéressent pas seulement les historiens de l'art, mais ceux de l'histoire religieuse, et l'histoire générale.

En

effet,

le dégage-

ment du Dromos du Sarapicion memphite, et la reconnaissance des bátiments qui

l'avoisinaient nous mettent en mesure de mieux

dater, mieux comprendre,

la

fondation d'un sanctuaire où le premier des souverains.Lagides, Ptolémée Sôter, avait hardiment tenté d'aménager un synerétisme d'intéréL politique el culturel

30

LE

à la fois, en unissant à la vieille

religion

SARAPIEION

DE

MEMPIIIS

indigéne d'Osor-Hapi

dionysiaque, chère aux diadoques macédoniens, compagnons d'Alexandre. C'est une ambiance mixte, gréco-égyptienne, qu'on perçoit Dromos du Sarapieion memphite. Les monuments et la sculpture Il est indispensable, en conséquence, de fixer d'abord ici les dates et le sens historique de la décoration retrouvée.

la pratique et successeurs

aux abords du le démontrent. de l'entreprise

* *

x

Ptolémée Ier Lagos, qui a gouverné comme roi l'Égypte à partir de 306, et fut promu à la dignité de Théos Sôter aprés sa mort en 285», a été l'instigateur en Égypte,

d'une

curieuse

rénovation,

sinon

d'une véritable

révolution

religieuse.

C'est à lui qu'on doit en effet, ainsi que l'écrivait le regretté P. Jouguet en 1949, V « hellénisation de Sérapis » (1). P. Jouguet avait repris ce sujet, mettant à profit déjà les découvertes faites au Sarapieion d'Alerandrie par la mission anglaise (2) ; elles nous ont donné là, comme on sait, la chronologie de l'enceinte et de l'un

des temples,

pour le sanctuaire de la « Colonne de

Pompée

» voisin du

cimetière arabe de la Nécropole de Kóm el-Chougafa (3). Les constructions faites à cette place ressortissent aux régnes de PLolémàe 111 et de Ptolémée IV seulement (4). L'antériorité du Sarapieion de Memphis es! donc aujourd'hui certaine, et il devient aussi de plus en plus vraisemblable que c'est à ce sanctuaire — alors dédié à l'Hapi memphite, et de caractère strictement égyptien (ci-dessus, p. 23 sqq.) — qu'Alexandre avait porté ses dévotions, lorsqu'il passa au Delta pour aller consulter Amon à l'Oasis de Siouah. Ainsi pourrait-on dire que Ptolémée fils de Lagos n'aurait fait que reprendre à son Lour, revenant aux mémes parages, un chemin déjà suivi par le conquérant. (1)

P.

JoucGvkT,

Les

premiers

Plolémées

et

l'hellénisation

de

Sérapis,

Lalomus,

IT: Hommage

εἰ

Joseph Bidez el Franz Cumont, 1949, p. 159-166, — Ce sont là les dernières pages publiées par l'éminent paperologue francais. — Il faut maintenant ne plus tenir compte, comme faisait P. Joucuer de la prétendue dédicace d'Halicarnusse [ἐς 16), qu'on crovail pouvoir rapporter qui eût été la plus ancienne consécration ptolémaique au dieu el à sa compagne ; ef. L. HEÉG., 63, 1950, p. 213, qui utilise là les remarques chronologiques de N. Guerre,

(cf. Latomus, p. πὶ à Sarapis et Isis, et μετ, Bull. épigr.. Philiugus, SD, 1U3U,

p. 129-174 : lu pierre est pustérieure à la mort d'Arsinoé Philadelphe. (2) CL. Alun Bowe, Pompey's Pillar, Hull. soc. royale archeol. Aleransrie, 45, NS, NT, II, 1942 (1913), p. 124-160. - - In., Discorverg of lhe famous lemple and enclosure of Serapis al Merandria, Supplément aux

Annales

du

Service

des Anl.

dd Egngple

(cité

ci-après

: Ann.

Sere.

Égypte),

V6,

2.

(3) P. JouauEer, Comples rendus Acad. IEnser., 19456, p. GBU-BRT, -- - Les dépôts de fondation, disposés en principe aux quatre angles de chacun des bâtiments, ou de l'enceinte icf. Ch. Picannp, Hee. arch, 147, HT. p. 71-72), comportaient une double série de Lablettes en matériaux divers : deux fois dix. Le dépôt de Fondation retrouvé à l'un des angles 15.- E.) du péribole de l'enceinte, donne le nom de Ptolémée ITI. Sur les dépôts de fondation de Tanis, en vénéral, et sur leur rôle, ef. p. ex, P. Moxarr, Les éuigrmies de Tanis. HE, p. E33 sqq. -- C'est dans le dépôt rituel placé à angle du petit temple d Harpoerate qu'on a trouve, à Alexandrie, le nom de Ptoléimee IV. La formule hierorIyphique au nom de Ptolémée L1 dil qu' κα il a [ail Ie temple eb l'enceinte sacrée pour Chusor lapi » (41 Celi prouve lantériorité «dii sarapieion remplie τ c'est Ἰὴ que BWBryasis, qui Erivaillait déjà uu Mausolée, a dû consuerer son Sarapis; Kies; P. W., RE. ΜΡ βρη de Memipliis pouvait enrezislrer ee résultat en ΤΉΝ, UE G. I pes Rand Nu Coran. d Peg, Mm,

ἔκ. pj, cal]. sS, E dt, p. NIFEN TA

ne

LES

MONUMENTS Avant

ET

LES

les découvertes

SCULPTURES

étudiées

ici, on

eût

3l

pu

arriver

à deviner

au

moins

l'importance du rôle de Ptolémée Ier à Memphis, en regardant de près les textes du livre 4 des Histoires de Tacite, où l'introduction du culte de Sarapis en Égypte est relatée en détail. Les chapitres 81 et suivants de ce livre 4 doivent tous étre relus désormais attentivement (1). Écrits, comme on l'a reconnu, d'aprés les sources grecques, ils contiennent l'important récit d'un songe de Ptolémée Ier, qui décida de l'intronisation du nouveau dieu en Égypte. Nous apprenons ainsi, au chapitre 83 déjà, où il y a tant d'intéressantes remarques sur l'origine de Sarapis d'apres les prêtres d'Égypte, que le dieu nouveau aurait été mandé à la suite d'un rêve prémonitoire, par Ptolémée I*r, qui, dit Tacite, « a donné à Alexandrie, des remparts, des temples, et des cultes ». Le prince lagide avait vu pendant son sommeil l'apparition d'un jeune homme, d'une beauté et d'une taille surnaturelles. Ce dieu — qui ne pouvait être qu'un Dionysos imberbe — lui prescrivit., paraît-il, d'envoyer des délégués dans le Pont pour ramener sa statue : ce serait là promesse de bonheur, assurait-il au prince, faite au royaume : « un gage de erandeur et de gloire pour la demeure qui l'accueillerait » (il s'agissait donc de faire placer une statue nouvelle dans un sanctuaire déjà installé). La fin du récit atteste clairement qu'il est bien question d'une épiphanie dionysiaque : Simul risum, eumdem juvenem in caelum igne plurimo allolli (2). Or c'est là le signe distinct des épiphanies de Dionysos-Bacchos, dieu à la colonne de feu, dans ses apparitions sacrées,

nocturnes

et diurnes,

de Macédoine

ou de Thrace,

comme

à

Alexandrie méme. Le juvenis n'avait pu être, en aucune facon, Sarapis, génie infernal, dieu barbu. Le songe de Ptolémée a été dicté par une inspiration hellénisante, issue des pays mêmes d'où était venue la dynastie conquérante de l'Égypte, après Alexandre lui-même et sur ses traces. Ce qui n'est pas inattendu.

(13 On peut se reporter à l'édition Budé (19:21), oü le traducteur CH, τ sullisunte information historique. - Sur les sources grecques de Tacite, Li, va

Der Glaube der Hellenen,

11. p. 340, n. 1, qui suppose l'emploi

Surapis : cela résulterail

de Ia mention

Prolrepl.,

H.

4,

48, 2

(el

nun

42

d'une

: Wilamowilz)

variunte : 2* éd.

Δ ΕΗ} n'a pu disposer d'une WiLAMOWITZ-MOLLENDORIF,

— probable - — d'un traité grec concernant

qui se Lrouve

uussi

Mondésert-Plassart,

dans CLÉMENT D'ALEXAXDRIE, 19149,

p.

HUM.

(21 Le Dionysus thraco-macédonien rénulisuit ses épiphanies nu Pangée par une colonne V. VarnLor, Full corresp, hellen., A5, 1921, p. 242 sqq. ; 55, 1931, p. 757 ; de méme au

[EvmirIDE,

Hacch.) ; H.

Léte de

thiase, quand

brandies Bucchos,

son

JEANMAIRE,

Diorgsus,

on apercevail,

des Bacchantes : ef. Evniring, élevant la flamme ardente d'une

1951,

dansant

p.

438

: on

sur la double

Baecchanles Lorehe ; de

croyail

cime

voir

le

dieu

parnassienne,

se

de feu : Parnasse

démener

la lueur des

à lu

torelies

: « Il est comme une fumée de l'encens svrien, le Ia férule, il bondil, laneunt vers le ciel son opulente

chevelure » (la torche des initiés, à Éleusis, s'appelait bacchos?. « C'est toi », chante d'autre part le choeur Lthébuin chez S ipnccrk, s'adressant à Dionysos, «c'est Loi que, sur le double rocher (du Parnasse) découvre l'éclair fumeux, là où errent, au Korykos, les nymphes bacchantes s. —- Le Dionysos d'Euripide appurail dans la cour du Palais de Penthée sous Ia forme d'un fantôme lumineux. Quand Auavé s'uppréte à tuer

Penthée, son fils, qu'elle ne reconnait plus en son délire buchique, « un feu sacré brûle et s'éleve de Ia Lerre aux Cieux », Autres altestations du feu dionysiaque v.

233;

Jon,

v. 711

el

1125 ; AnisrOPHANE,

firen.,

: SornmocLEk, v.

1212;

.Anlig., v. 1126;

Tite-Live,

13,

12

Evcniring, : confession

Phenirciennes, d'Hipsala

sur

les Harchanales du Lucus 5Stimulae : les malrones coslumées en Bacchantes couratent au Tibre avec des torelies enflammées, qu'elles plonzenient dans l'eau, mais retiriient allumeées (par artifice, dû à un melanze de

soufre

vierge

et

de chaux

vive]

: AI,

Fesrccière,

Mel.

Fe.

Home,

66,

104,

p.

79 sqq.

32

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

Après celte révélation, Tacite le relate, Ptolémée ler consulta des prêtres égyptiens, el aussi l'Eumolpide Timolhéos : quem ul anlislilem caeremoniarum Eleusine exciveral (1). Un « exégéte » éleusinien en mission à Alexandrie ne pouvait

être indifférent à des suggestions d'ordre dionysiaque. On peut, croire que Ptolémée avait mandé Timothéos en Égypte, au moins parce qu'il songeait à installer dans la zone du quartier Éleusis, au voisinage du lac d'Hadra, sinon un culte de « succursale (?) », du moins un dérivé de ceux du sanctuaire attique (?). Le Lagide ayant interrogé ses experts religieux pour apprendre quel pouvait être le culte qui lui avait été recommandé, et quel était aussi le dieu de son rêve nocturne,

Timothéos

aurait,

d'aprés Tacite, signalé

l'existence

à Sinope,

dans

le

Pont, d'un dieu célèbre, un « Jupiter Dis » (sic, Hist., l. l.), Zeus infernal associé à une déesse qu'on appelait communémenL£ « Proserpine » (Coré). — Ainsi renseigné, Ptolémée commenca par tarder, et parut perdre de vue l'avertissement du songe, jusqu'au moment où une deuxième apparition, plus menacanle, l'aurait obligé à dépêcher une ambassade vers Scydrothémis dans le Pont : les délégués avaient recu l'ordre de prendre, en partant vers le Nord, l'avis de l'oracle d'Apollon Pythien, à Delphes, oü, comme on sait, depuis l'époque pré-hellénistique. Dionysos associait de plus en plus ses pouvoirs à ceux du dieu de la mantique inspirée. La réponse d' Xpollon aurait prescrit de rapporter le Pater, le dieu, mais non la « Soror » (Coré). C'est, on le voit, l'oracle grec le plus officiel, celui de

la Pythie, qui allait intervenir en fin de compte, pour régler comme il semble, le transfert. Le fait est de grande

importance.

Toutefois, M. P. Montet a bien voulu

attirer mon attention sur l'analogie que présente l'historiette — évidemment surajoutée aprés coup. el de leinle égyplisante — avec le récit relatif à une statue de Chonsou, que le Pharaon aurait envoyée au pays de Bakhtan pour guérir la princesse Bentrech. La cure terminée, le roi du pays bénéficiaire n'aurait pas voulu se séparer de la statue, ce qui correspond, comme on va voir, aux hésitaLions mises au compte de Scydrothémis, à Sinope. Afin de décider le retour de l'image sacrée de Chonsou, il fallut que le dieu, quittant sa chapelle, apparût lui-même au roi, sous la forme d'un faucon prenant son vol vers l'Égypte. Le chapitre 84 de Tacite raconte l'ambassade à Sinope, les hésitations de Seydrothémis, à qui aussi une apparition inquiélante viendra faire abandonner, au

moment

voulu,

toute

tergiversation.

Finalement,

le dieu réclamé

en Égypte

serait allé s'embarquer lui-même sur les vaisseaux étrangers ancrés au rivage. Après trois jours de navigation, il serait arrivé à Alerandrie. Le texte ajoute: Templum pro magniludine urbis erlruclum, loco cui nomen. Rhacotis. — C'est ΕῚ

Le

Sur ce teste

Papyrus

Timothées

d'Antineopolis

mande

relatif

ix

simplement

moyskeres

«en sia qualité de prétre ides mysleres

z; Arademre

resale:

ΠΡ

τ μὰν

PEG.

classe

εἷς ef,

DIELATTE,

Fellres, ὧν πότος

LA, p. l'un] sip]. (over pustes priserves sue pe rôle co Tino hs, ΠΗ} ammudb ele sconsilere à tort comte enlbierement ehliariem de installation du eulte des Denxsdeesses a xlexamldre. [31 X. CALDERINI, clone ded ΜΗ qeoqegapei δ γα dell gl qreea-romana, D, T, pb, un sanetuaire απ ΤΠ ἈΤΟΝ M. A. Dhelatte ne conteste pas nail y oil eu a Elise p. H1, s. n "Exz26t5. plobénimque de type elensiniern,

LES

MONUMENTS

ET

LES

SCULPTURES

33

désigner le Sarapieion de la «Colonne de Pompée»(BRhakotis), el marquer, du méme coup, l'erreur de l'information dernière. Tacite, mal renseigné, a beau parler, pour

ce lieu, d'un « sanctuaire consacré de toute antiquité à Sérapis el [sis », l'archéo-

logie a répondu à point, en faisant retrouver avec leurs dates, les tablettes de fondation. Avant Ptolémée

IIT, il n'y a eu sur place,

à Rhakotis, aucune fondalion

archilecturale qui pût donner crédit à l'information de Tacile. On avait done confondu, dés l'antiquité, les sites. D'autres incertitudes, au vrai, transparaissent dans les indications des Histoires, touchant l'origine géographique du culte importé. Ici Tacite s'est borné à donner l'état de l'information grecque dont il avait disposé : Nec sum ignarus esse quosdam qui Seleucia urbe Syria accilum, reananle Plolemaeo quem lerlia aetas lulil, dit le chapitre 84. Il est possible que ce texte ait été corrompu par la chute

du nom de Bryaxis (qui | Bryavin| Seleucia urbe (?), etc.) ; mais aussi en ce cas, il faudrait corriger l'indication relative à Ptolémée III, ce que nous n'oserions proposer (1). Un autre passage doit être rappelé, celui où Tacite (chap. 81), répétant qu'il met en cause Ptolémée III, ajoute : Sedem er quà lransieril, Memphim perhibenl (alit). incelulam olim. el veleris «Ἐπ columem. Ce texte est capital en ce qu'il indique un transfert de Memphis, qui a bien pu étre réalisé par Ptolémée III ; celui-ci aurait ramené le culte dans Alexandrie, après fondation du sanctuaire urbain exploré et daté par la mission anglaise. La

mention du prestige de Memphis « cime (2), et appui de l'Égypte » est curieuse. Ainsi, avons-nous appris qu'au temps méme de Ptolémée Ier, un songe royal, inspiré par Dionysos sous le type juvénile, avait décidé l'intronisation en Égypte du dieu cher aux Lagides, dieu à l'épiphanie lumineuse. On était allé le mander au Nord (Sinope ?), sous la forme d'un génie funéraire, associé (comme à Éleusis) à Coré. Il avait fallu lui trouver place dans un sanctuaire égyptien déjà installé — donc à Memphis. Ce fut près de la nécropole des Apis. siège vénéré du dieu Osor-Api. Le culte fut plus tard ramené de là à Alexandrie 'Sarapieion de Ptolémée III) (3). !1) Une partie des confusions doit provenir du fail que c'est Bryuxis, créateur du Sarapis helléenistique

du

Delta, qui avait pu être mandé

Daphné, crue

pres

d'Anlioche ; il

« sinopeéenne

» [?] de

lui-même de Syrie, où 11 a travaillé aussi un jour pour l'Apollon de

avail

la slalue

bien du

pu

recevoir

Sarapicion,

ef.

des

commandes,

P. Jouever,

aussi,

Trois

à

Séleucie,

Sur

l'origine,

études sur lhellénisme,

Le

p. 123, n. 1 (bibliographie). (2) Et non : « colonne « (trad, H. Gaiczen, éd, Βα]. (3) On notera qu'il était assez traditionnel — peut-être en conséquence du songe de Ptolémée I**-.— Surapis lui-même [il connaitre par le moyen d'épiphanies nocturnes l'endroit où il voulait un temple.

taire,

1914,

que Nous

le constatons aussi, à Délos, plus tard, par la chronique du Sarapieion A, arétologie gravée à l'instigation du prelre

Apollonios,

sur

ordre

du

dieu

(cf.

le récit

versilié

qui

est inclus

dans

le texte

en cause,

de

Miuistas,

urételogue inconnu ailleurs] : P. RovssrL, Les eulles éqypliens à Delos, du E115 au Itrsiecle au. d.-0,, 19153-19106,

p. 72 sqq. : v. 43-46. Apollonios, venu de Memphis à Délos v apporle les tepx ; son

flls Démeélrios recoit,

la niil, l'autorisation de placer dans le temple de Sérapis la statue de bronze du dieu ; le méme recoit aussi,

la nuil,

apres

fv. 9M, v. 53). -— [n'est

lavoir

sollicitée,

l'indieation

pas question de donner

du lieu où

devra

s'installer le Sarapieion

ici la bibliographie, forl abondanke,

Dérmieltrios A de

Délus

de la legendedu

transfert opéré (?] de Sinope à Alexandrie (par quels movens et quelles votes?) depuis les premieres etudesde JPH.

LAUER

ET CH.

FIUAMD

B

34

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

Une autre version — à peu prés contemporaine, semble-t-il (1), du récit relatif à l'installation du culte de Sarapisen Égypte — nous a été fournie par Plutarque. De Iside el Osiride, chap. 28. Elle ne fait guère, d'ailleurs, que « doubler » la tradi-

tion des Hisloires, parfois maladroitement : « Plolémée Sóler vit en songe de Pluton qui était à Sinope... Dans cette vision, le dieu lui ordonna Lransporter au plus vite à Alexandrie cette gigantesque figure. Ptolémée, ot elle était dressée, restait embarrassé ; et comme il racontait à des amis il se trouva parmi eux un homme du nom de Sosibios qui avait beaucoup

le colosse de faire ignorant. sa vision, voyagé :

il déclara qu'il avait apercu dans Sinope un colosse pareil à celui que le roi avait vu dans son songe. Ptolémée envoya alors Sotélés el Dionysios ; ces deux hommes aprés beaucoup de temps et de peines, et non toutefois sans le secours d'une providence divine, parvinrent à enlever furtivement le colosse et à le ramener avec eux. Dés que cette figure transportée fut visible, Timothéos et Manéthon de Sébennytos conjecturérent, d'après le Cerbére et le serpent qu'elle avait pour symboles, que c'était une statue de Pluton, et ils persuadérent Ptolémée qu'elle ne représentait aucun autre dieu que Sarapis. Au lieu d'où elle venail en effel. elle ne porlail pas ce nom ; mais une fois transférée à Alexandrie, ce fut ainsi qu'on U. WirLckKEN fI. LJ, où de E. PETERSEN (Die *erapislegende, 1910) : cf. le résumé de Hónkn, P. W., HE, κι r., ^erapis, eol, 2403 sip. (avec bibliographie] ἢ KonxEMANN, Aus der Geburtsstunde eines Goltes, dans Mill. der "chles. (Gesellschaft f. Volkskunde, 27, 1926, p. 5 sqq. (sommaire de l'histoire (?) de Sarapis à

Memphis et Alexandrie] ; ScuMipr,

Kultübertrugungen, Heliginnsgesch.

Versuche u. Vorarbeilen, 8, 1904,

p. 47 sqq. - Boucug-Licrknco, Hisl. ces Lagides, 4, 1907, p. 303, s'en tenait sainement el sagement à admettre l'origine égyptienne, » bien qu'on ignore encore ας ajoutait-il, « pourquoi Ptolémée a choisi le dieu local de Memphis, de préférence à tout autre »; Isidore Lv v, Sarapis, 1913, a insisté à son tour sur le caractére fonciérement

égyptien

du

culte.

Uf.

encore,

ὦ,

WiisnEIcH,

Archiv. f. Hel. Wiss., 23, 1925, p. 74 ; P. HovsskL,

Neue

Nouveaux

Urkunden

zur

Sarapisreligion,

1913,

documents relatifs à Sérapis, Her. hist. el

lill. relig., 17, 1921, p. 32 sqq. {ΠῚ Nous ne savons au jusle ni les dates précises du 4* livre des Hisluires de Tacire, ni celles du traité de PLUTARQUE, De Fside, etc. Quel était, des deux récils, le plus ancien ? Celui de Tacile, semble-L-il, qui a

pu être composé peu après 8, tandis que pourle De fsíide, on a latitude de descendre jusque vers 120. — Sur la date du De fside, cf. J. ΤΑΝ πόαν, HCH., 70, 1946, p. 256, n. 5 : publiant la dédicace delphique de Flavia Clea, ἡ ἀρχηῖς, certainement la « cheflaine » méme des Thyiades à qui Plutarque a dédié le De Iside, 1, 35, et aussi le Lrailé Sur la verlu des femmes, M. J. Junnoray u fixé en dernier lieu l'étal de notre information, Le récent Plutarchus von Chaironeia, de Konrat ZizotEn, 1949 (cf. B. FLACELIÈRE, HE τες, 63, 1950, p. 200 sii.) n'apporte à ce sujet rien de nouveau (cf. col. 5, où est à nouveau réfutée l'opinion ancienne qui placait le De Iside apres 127, à cause du passage du chap. 72, 380 b, comparé à JUvExAL, 15. 27 sqq., col, 41; K. Ziegler a ignoré l'article de J. Jannoray | ; ef. ibid, col. 80, où K. Ziegler fait remarquer avec raison que Ie passage du De Iside, 68, 378 c: « Quand

une personne, ici, entre dans

le sanctuaire,

nous

lui

recommandons de &ctx ogovetv... », prouve que Pluturque était, dés lors, prétre d'Apollon Pythien, ee qu'il est devenu sans doute autour des années 05-100, — D'autre part, la dédicace delphique de Cléu, sous Antonin le Pieux, apres 138, invilerait à placer Iu composilion du De Iside plutôt vers 120, car pour devenir

ἀρχηΐς τῶν ἐν Δελφοῖς Θυιάδων (chap. 35), il fallait sans doute avoir atteint. l'âge « canonique pourtant n'est pas certain, certaines conditions mon

collègue,

l'antériorité propos

de

M.

B.

Flacelière,

des sources — Ia

Gauloise

des

Tacite

Empona

ou

informations

Plutarque

(Plularque)

s», ce qui

sociales avant puintervenir dans les désignations, Je remereie



quil

m'a

-— qui s'est Epponina

amiculement

posé

données

sur

Le

probléme

à lui aussi à propos de ΠΕΡ

Tacvre,

His,

4,

671

Les

deux

γος,

de

25

auteurs,



grec

el latin, doivent avoir été indépendants en racontant aussi cette histoire ; mais ils pouvaient puiser à une source commune, si Ia différence de nom de la celebre Gauloise peut être attribuée à une faute de copiste, 5i TAcrTE à composé ses Histoires peu apres ts, il parait probabile que Ie De {πίνε fut postérieur, et peut-etre au moins d'une dizaine d'années, M. H. Flaceliere m'éerit qu'il doute que Dua rABQUE ail en sous les veus, lurs de

la composition

differences

avoue

du

ton

TIui-méme,

et

«de

du

De

Iste;

l'inspiration

le texte ides deux

de

l'historien

récits.

Iilin.

D'ailleurs,

C'est

iussi

Putsreque

men

stat

sentiment, sis

mal

en De

raison.

latin,

ee

des qu'il

LES

MONUMENTS

ET

LES

SCULPTURES

3

la désigna : elle recut en fait des Égyptiens le nom de Sarapis, qui est celui sous lequel ils désignent Pluton ». Cette médiocre et naive relation, romanesque autant que vague, qui réduit un peu trop la cour des Lagides à l'aspect d'une loge de conciergerie bourgeoise, forçant le caractère plus ou moins fortuit et miraculeux de l'aventure, a. en tout cas, le mérite — non secondaire — de répéter l'attestation essentielle : celle du songe du premier Ptolémée, qui fut Sóter aprés sa mort. Non moins important est le fait que le dieu venu de Sinope ne s'appelait pas, dans le Pont, Sarapis : sans doute bien s'agissait-il là d'un Dionysos barbu, orientalisant. Plutarque connaissait le célébre fragment d'Héraclite sur l'assimilation de Dionysos et d'Hadès (1); il l'a cité sitôt aprés son historiette ; il n'ignorait

probablement pas l'identification en Égypte de Dionysos et de Sarapis, et il est possible de retenir qu'il fait intervenir un certain Dionysios, dans le transfert de la statue colossale, tout en minimisant l'aventure, localisée à Sinope par une

tradition populaire confuse. Un peu trop négligés jusqu'à ce jour, les textes de Tacite et de Plutarque ont l'intérét capital de remettre l'un et l'autre l'affaire de l'introduction du culte de Sarapis-Dionysos (2), en Égypte, dans l'ambiance historique la plus exacte, L'institution n'était pas tant destinée à unir Grecs et Égyptiens, qu'à procurer aux Grecs d'Égypte un culte africain acceptable pour eux : culte qui fût sulfisamment hellénisé pour ne pas les choquer. Le cas entre donc aussi parmi ceux, multiples, qu'a étudiés récemment

M. Martin

P. Nilsson, dans son livre : Culles,

mythes, oracles el polilique en Grèce ancienne (3). M. M. P. Nilsson a montré là (cf. p. 31 sqq.) que le transfert de dieux — avec ou sans intervention d'oracles

complaisants — était un expédient usuel et bien connu pour apaiser un district incorporé à la puissance d'une autre cité dirigeante, d'un État vainqueur. Or l'installation des Lagides en Égypte a correspondu à une hellénisation calculée, politique, religieuse, artistique. de la contrée. Dans le domaine religieux, deux (1) Fragment

15,

éd.

Diels

- Le

rapprochement

d'Osiris

et de

Dionysos.

détail

tussi

connu

d'HénoporE (II, 28, 42, 49, 144 et 156). W. Orro, Priesler und Tempel im hellenislischen “ÆEgyplen, 1905-1908, p. 268 et n. 2, a estimé que le syncrélisme gréco-égyptien aurait été intensiflé dés le lemps de

Ptolémée Ier à la cour des Lagides : avec l'appui littéraire et doctrinal d'Hécatée le Jeune (*j. (2) La

statue

méme de Memphis,

première du

Sarapis gréco-égyplien

n'a

pu étre évidemment

installée

qu'au

Sarapieion

puisque le Sarapieion d'Alexandrie n'existait pas encore aux temps de PLolémée

1*:

et de Bryaxis, le sculpteur de l'etfigie divine. Là aussi, la controverse peut paraltre désormais réglée, La stalue a dû être fuite sur place. Comment aurait-elle été transporlée - -de Sinope eu d'ailleurs —- au désert ?

C'était d'ailleurs la coutume des sculpteurs grecs de travailler in sil. On relève avec satisfaction que dés 1917, LL WirckEN, Arch, Jahrb, 32, 1917, p. 149-150, avait abandonné l'idée — défendue par lui encore en 1914 - selon laquelle Sarapis, au temps de Ptolémée 1er, aurait été importé en Egvpte de l'extérieur. U. Wilcken n'a pas manqué de rapporter que Champollion, d'ailleurs, avail déjà entrevu une transformation de l'Osiris-Apis de Memphis dans le Sarapis hellénistique (ef. sur ces problèmes, U. WitckKEN, Urkunden der Ptlolemaerzeil, 1927, 1, p. 11, p. 31-34, où sont publiés les papyrus dits du « Serapeum » qui datent de la première moitié du n° siecle av, 6 - - Sur les raisons générales de la politique de Plolémée 17°, cf. maintenant aussi M. P. Mtrssox, Gesch. d. (Griech, Religion, H1, 1950 (Die hellenislische u. rômische Zeil. p. 147 sqq.). (3) Skrifler ulgiena ar Svenska Instilulel à When, 1 1921 ; cf. aussi déjà ΒΟΉ ΜΗ, Rultülbertragungen,

Religionsgesch.

Versuche

i.

Vorarbeilen,

S,

V009,

p.

47 sqq.

3n

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

faits l'attestent dés le début de l'installation des Ptolémées : deux faits qui n'ont pu se produire qu'à cette date initiale, tant ils témoignent de la volonté concertée des nouveaux maîtres. C'est, d'une part, l'installation du culte de Dionysos-

Sarapis au Sarapieion de Memphis, puis à celui d'Alexandrie, lors de la fondation de Ptolémée III (1) ; il v aurait eu là une sorte de propagande indirecte auprés des Grecs hors d'Égypte : ceux-ci, au vrai, ont adopté trés vite Sarapis; il esl. déjà mentionné dans Ménandre, mort en 291. On retiendra d'autre part la créalion du quartier d'Éleusis, à Alexandrie méme, hors la ville, à l'Est, près du lac et de la Nécropole d'Hadra. — Cette grande fondation religieuse — le nom antique du lieu-saint est significatif! — fut décidée aussi au temps de Ptolémée I*r, comme on sall. pour des raisons à la fois religieuses, politiques, et économiques. EL c'est encore le nom de Timothéos d'Éleusis, conseiller royal pour les affaires ‘reliieuses, lui-même Eumolpide éleusinien, qui apparait, lors de l'organisation de ce culte importé, différent de celui de l'Attique, ainsi qu'on l'a montré (9, Il ne faudrait pas se méprendre sur les mobiles, assurément complexes, de la pensée de Ptolémée Ier, fils de Lagos, et le représenter comme ayant obéi uniquement, voire surtout, à des préoccupalions religieuses. Certes, il savail qu'il v avait avantage, pour lui et l'avenir de sa dynastie. à faciliter la fusion de ses nouveaux sujets et des Macédoniens vainqueurs — dont Dionysos avait été un des dieux favoris, surtout depuis le temps d'Alexandre. — ll était habile de grouper Grecs et Égyptiens dans une communauté de croyances, acceptables des

deux côtés, et, en quelque sorte, de les ranger ensemble sous la férule de dieux patronaux, mais ayant à la fois la garantie et l'estampille, associées, des deux races (3) : plus susceptibles ainsi de répondre pareillement aux aspirations reliuieuses

d'un

monde

nouveau.

1) Le Sarapieion d'Alexandrie lui-méme était, si l'on peut dire, peuple d'effluves dionysiiques z ee que preuve un passage de Ja traduction due au rhéteur. Arnruoxros, dont les f'rogngmnasmula, éd. Hur, p. 38 qu. efi selob, ed. Bang, ad J|) ont mentionné, dans le Sarapieion d'Alexandre, une frise de revétement

en bronze, représentant: τὰ Περσέως 30x7:x72z. Bien qu'on ne l'uit pas fail observer, cette frise, placée dans un sanctuaire de Sarapis, ne pouvait se rapporter qu'aux combats de Persée contre le thiase dionvsiaque, à Argus, Celle aventure mythique a été mise en «eure rarement. Toutefois, on la eonnait eà et 14 dans Ia peinLure des vases, et, comme, je l'ai établi, elle a été reprise sur les frises dionvsiuques en marbre trouvées aux parages du Lhéitre, à Orange : sur ces frises, d'époque augustéenne en partie, semble-t-il, la melee dris ebaib représentée deir fois. La frise d'Alexandrie, qui avait pu servir à Grange de prototype, a été siemalee, sans commentaire, par Th. Scuniiiks, Arch, ahrb,, 1, 1814, p. 78-001 icf. p. 82i; ef. aussi A, CALDEMINT, Diziunariv, L, 1, 10325, p. 140 sqq. (p. 143 : « l'aSs, idu Sarapieion d'Alexandrie: ha riechi ornamenti fra eui un quadro (sic!) che rapprensenta le lotte di Perseo os. ΠῚ s'agissait, non d'un simple « quadro », mais d'une longue frise continue, à Alexandrie, déja : Ch, Picasn, Aen; arch, 1946, TE p. DORE, n. 3 de Is p. Dl. r2) Ch, PrcagD, La patere d'Aquileii et l'éleusinisme à Home aux debuts de Pépoque imperiale : HL'antiquilé class, 20, I1, p. 3251-381 Σ el ci-dessus, p, 32, n. 1, i3) On eûl aimé que cela. füt mis en meilleure Iurniere dans Des recentes éetinles de M. JJ. Vosa, qui s'était consacré à l'étude de ces problemes ; ef. par exemple (Chron. d'Egypte, 25, Wh, p. 283 sq. ip. 283-255), Nolons seulement ici que l'inseriplion d'Adoulis, pres de Souakimn, consaeree à célébrer Li victoire

remportée

par

PlLolémeée

PTT

Éverséte

dans

la Eroisieme

serre

syrienne,

atteste

les

liens

établis

entre Dionysos (et Héracles] et la dynastie des ΤΠ σαν Ce texte dont nous avons une copie dans un manuserit ide Cosmas [Indicopleustes, dabant du vinim s, débute par expose de Ii ceenealoreie ruvale qu'il presente gus eelte forme : « Le grand roi Ptolémée, fils du roi Ptolemeée et de [a reine Arsinoc — c dienuxs-[reres, eux-nienies nés du roi Ptolémée el de la reine Bérénice, dieux-inveurs deseeidaut par son pere id'Héracles, fils de Zeus, el par sa mere de Dionysos, tils de Zeus, ete, a

LES

MONUMENTS

ET

LES

SCULPTURES

37

Les Ptolémées, en introduisant Dionysos aux côtés de Sarapis ou OsirisApis, en installant au faubourg Est d'Alexandrie des cultes imités notamment de ceux des Deux-déesses attiques (1), songeaient accessoirement à maintenir sous la protection

de dieux grecs favorables

à la fructification, à la fécondité, donc

à

la prospérité agraire, un pays en proie aux famines; il a été facile aux Romains, ensuite, de retenir les lecons apprises en Égypte, lorsque Auguste voulut intensifier en Italie l'esprit célébré dans les Géorgiques de Virgile. Pour deviner le

souci des premiers Lagides, il n'est pas inutile de recourir aux renseignements donnés encore plus tard dans le Prolreplique de Clément d'Alexandrie, par un intellectuel du pays, utilisant des sources grecques qui avaient. aussi, semble-t-il, été mises à profit par Tacite. Dans le Protreplique (2), on ne peut s'empécher de remarquer que, deux fois au moins, il est question des difficultés du ravitaillement en blé, à propos de l'introduction de Sarapis en Égypte. Clément d'Alexandrie a relaté en effet certaine tradition d'après laquelle la statue du Sarapis aurait été envoyée à Ptolémée « Philadelphe » (sic) par les Sinopéens,

parce

que

Sinope,

épuisée

par

la famine,

avail oblenu

du blé d'Égypte (4, 48, 2) ; un peu plus loin, le texte de Clément

de faire

venir

mentionne

la

légende selon la tradition d'Isidoros ; d'après cette source, le Sarapis d'Égypte serait venu de Séleucie prés d'Antioche: « parce que les habitants de celte ville. s'étant eux aussi trouvés atteints par la disette, avaient recu des vivres de Ptolémée ». L'insistance de ces rappels n'est-elle pas significative par elle même ? * *

+

La récente découverte du plan dressé par Mariette lors de ses fouilles. 1] v a plus d'un siécle, les travaux faits depuis lors, et dont M. J.-Ph. Lauer a expliqué le développement et les résultats, sont les faits nouveaux gräce auxquels peut être reprise l'étude des constructions et des sculptures avoisinant le Dromos du Sarapieion memphite. Les monuments se rapportent, comme on la vu, à deux ensembles a) l'Exédre des onze statues de poétes el philosophes ; b) le groupe des statues sacrées des mastabas, dans la périphérie de deux édifices parallèles, l'un et l'autre

aujourd'hui détruits, la chapelle d'Apis-Osiris et le local sacré de Dionysos, dit

Lychnaplion. Il faut d'abord

essaver de faire comprendre

ici la raison

d'étre

- en appa-

rence difficile à découvrir — de l'Exédre. M. J.-Ph. Lauer a relaté ci-dessus lVétonnement de Mariette, qui fut aussi celui de ses contemporains (3). Les traités i1; Cf. 'Humne

à Demelerde CALLIMAGCE,

eb les

monnaies

de IE: ville, pour

les

processions

dir (alatis

T'Alexandrie, à Éleusis pres d'Hadra don parlait des deux temples de Démeéter qui existaient dans Alexandrie méme: 12]

là-dessus, Ch, 4, 48, 1-6, 2"

Prcanp, FL'antiquile class, éd. MospEsknT-PLassater,

LE): eiuessus, p. 1600,

p.

6,

n.

d.

(3) P. 21, -— On eemparera : Archi, Zeit, 13231, p. E26- 28, Siemnalant Bi découverte, l'auteur de l'infor mation parue en Allemagne parlaib d'une statue à Léte de Saturne d'animaux chevauches par des « Amours

n

LE

SARAPIEION

DE

MEMPIITS

traditionnels sur la religion des Égyptiens nous aident peu jusqu'ici (1). A. Erman a eu raison (p. 439-440, éd. fse), décrivant sommairement le Sarapieion de Memphis,

de lui accorder

l'antériorité

sur celui

d'Alexandrie,

et d'insister aussi

sur le primat de sainteté qu'il avait obtenu et gardé. C'était le lieu de l'ensevelissement des taureaux sacrés. Le culte d'Osiris-Apis — Osorapi-Sarapis, était chez lui à cette place, et là se faisaient les pélerinages des fidèles d'un centre aussi

vénérable qu'actif, à l'époque hellénistique encore.

Il est donc possible que la

route conduisant au Sarapieion ait ressemblé un peu à un « marché » (2). Mais on s'étonne de la suite de la description et des remarques jointes (p. 441-442) : « Quand Osiris-A pis, écrit À. Erman, fut devenu le grand Sarapis, sa renommée se répandit

au loin dans le monde hellénique. L'influence grecque s'exerca ici également... Sur la route bordée de sphinx vinrent s'ajouter à ces étres fabuleux égyptiens, des créations du monde imaginaire grec, comme les zirénes...À un autre endroit se trouvaient méme des statues de Platon, Protagoras, et Pindare (U. Wilcken. Url. d. Plol. I, 11 sqq.). Dieu sait ce qu'ils allaient chercher dans la société panachée du lieu de sépulture des taureaux Apis ! » Il y a là bien des inexactitudes, par exemple pour les Sirènes. qui n'ont jamais été mélées à l'Allée des Sphinx, découverte par Mariette. — D'autre part. la surprise marquée peut paraitre aujourd'hui bien injustifiée. L'Exédre des onze poètes et philosophes était en elTet, au voisinage du temple de Nectanébo, de l'Allée des Sphinx et du Dromos, un monument sacré du culte de Dionysos : première empreinte que nous ayons à rencontrer, au Sarapieion memphite, de l'intromisation de l'esprit grec, civilisateur. et des réformes religieuses de Ptolémée

I*r. Il est fácheux

que,

depuis

les découvertes

de

Mariette,

le sens de

loute cette reconstruction n'ait pas été beaucoup mieux entrevu. L'EXEDRE

DES

POÉETEs

ET

PHILOSOPHES

Les pélerins qui se dirigeaient jadis en suivant l'Allée des Sphinx vers le "arapieion —- et que les vents de sable, selon Strabon, menacaient d'emporter, à cerlains jours, comme les sphinx eux-mêmes (3) —- découvraient en face d'eux 1j GE par exemple A, Paris, Puavoti. p. 430-142. peur Iu connaissance de la en jugera ici et ailleurs. — peur des prisonniers laïcs à upprendre

de (6. Larave,

Enuax, La religion «es Éguypliens, cilée ici d'apres la Uriduetion francaise de 11347 M. IJ. VaxpirEn, La religion equplienne, coll. Mana s», La hardiesse de penser que religion égyptienne à l'époque ptolémaique, Ie traité d'lrmin resle suffisant. Cni Surles erreurs de K. Sethe, qui prenait les éyzxcoyot, serviteurs du dieu Sarapis, détenus en punition, ef. LU, WinckEN, Arch, Jahrb. 32, 1917, p. 149. IH y a peu Hisl. du

culle des divinilés d'.Alerandrie,

Sérapis,

Isis, Harpocrale

et Anubis,

hors

de lE gnple, depuis les origines jusqu'à la naissance de l'école plalunicienne, V883 ; l'ouvrage de P; Rousses, Les cultes égvpliens à Délos, du 1117 au pere, uv. J.-. ον πα de l'Est, 20-30, publiées par la. Fac, de Nancy, 012} ID916], fournit quelques points de comparaison uliles : cf. aussi Fr. (rox, Les religions arientales dans le pasanisme romain, Vr, qui, d'ailleurs, n'étailie pas De Sarapieierr memphilte de facon sultisamment deélaillée, LA, Eneas, LL, po 111; W. Orr, Priesler ut Τα μος p. 38 eqq.

3i SrRAnoN, [7, 32, p. NOT €: ὁ Εἶστι 8E καὶ Maxpazuw ἐν dauert τόπῳ cuôsa, ὥσθ᾽ ὑπ᾿ ἀνέμων θῖνας ἄμηιεον amggozalixt. do ὧν xL σφίγγες. xi μὲν καὶ μέχρι AES LATE ἑωρῶντο ὅπ ἡμῶν κατεκεχεσ έναι, αἱ A τωιφανεῖς ' ἐξ ὧν εἰκάζειν παρῆν τῶν χίνδωνων. εἰ τῷ παδίχωντι πρὴς τῷ ἱερὼν XAaxtAxQ ἐπιπέσῳι. SIrabun, qui a noté eet ΤῊ

passihle

de lensalbilement,

ni rien dide

plus sii Sarapicien méme.

LES

MONUMENTS

ET

LES

SCULPTURES

89.

après avoir suivi le brusque tournant vers le Sud, un demi-cercle orné de onze zrandes statues de poëles et de philosophes. On a vu ci-dessus les arrangements reconstitulifs proposés par M. J. Ph. Lauer pour cet « Hémicycle » en partie détruit et bouleversé qu'il a fouillé après Mariette, étudié, et dans la mesure du possible, tenté de restiluer aux vues (1). U. Wilcken, O. Puchstein, jusqu'en 1917, ne reconnaissaient encore, en celle construction, qu'un hémicycle apprété pour le plaisir des promeneurs ou pèlerins, avec un banc de repos que l'on comparait à celui des exèdres de palestres (2). Il convient de penser au contraire, que la présentation architecturale de la

Fin,

16

— Le

rangement [ἢ des statues (Arch. Jahrh., 32, 1917, p.

de poeétes el de philosophes, selon 149 sqq. : Beilage à la p. 1495

LU. Wilcken

consécration due à Ptolémée 1e était par elle-même celle d'un monument essentiel du culle dionysiaque. Nous voudrions tout d'abord l'expliquer (3). L'attention

a été attirée, en

sI"ques que sont en Grèce i1)

Pour

les dimensions,

cf.

nos

1944, sur les édifices religieux

les slibadeia, connus seulement pl.

26

de cultes diony-

jusqu'ici

à l'époque

28.

(2) Cf. Arch. Jahrb., 32, 1917, p. 160 ; U. Wileken invoque là, n. 1, PLUTARQUE, Alcib. vifa, 17, et Murul.. p. 52 E, où il s'agit, soit d'aménagements de palestres, soit d'exédres de sunctuaires, pour le farniente et In conversalion. Hl cite €. PcusTErs qui ne pensait guère qu'à des comparaisons avec l'Exedre d'Attale de Pergame, Alert. von Pergamon, V, 2, p. 58 sqq. -— Cf aussi pourtant, O Prcusreirs (el K. Houwaxx), Reisen in Kleinasien u. Nordsyrien, p. 314, A* : dessin reproduit pur G. Masrkno, Le Serapeum de Menmp"is, p. 14. A propos de Ia ligne droite, qui divise là d'Est en Ouest le demi-cerele, et « qui ne pouvait pas être un hanc en ligne droile », U. Wileken avail pensé « à Ia ligne de démarcalion d'un podium κα. 1L suppaosait que quelques marches v conduisaient : au-dessus, se seraient Lrouvés, outre les statues, le banc en forme de demi-cerele (méme dispositif, observe-L-il, dans l'Exédre d'Attale à Pergame, avec cetle différence que les extrémiLés en forme de derni-cercle ne s'uvuncent pas Ià comme deux cornes, ee qui est le ens à Memphis). Le dessin architectonique de Marielle, ainsi que le remarquait U. Wileken, est peu fidèle : il à reproduit douze statues, alors que le rapport et l'atlas en mentionnent seulement onze (pour d'autres, relrouvées en 1950-1951, cf. ci-après, p. E14 squ.). Comptant parfois douze effigies, A. Marielle à fail trop avancer vers le Nord (ef, pl. 26), l'angle Ouest de l'hémieyele, afin de faire place à Ia statue-portrait qu'il imazinail en trop, n'ayant pas vu qu'un chiffre impair permeltail seul d'encadrer Homère de cinq poetes et de cinq philosophes : sur le nombre impair, dont se réjouissuient, purall-il, les dieux, cf. Gabriel Ginuaix, La m; slique

des

nombres

(3) U. WiLckEN

dans

l'épopee

homérique

el

ga

prehistoire,

15254.

n'y a pas songé, quoiqu'il ait douté parfois de l'ulililé d'un simple bane monumental

pour promeneurs fatigués : ef. Arch, Jahirb., 32, 1917, p. 171 : « Que le pélerin, aprés un long voyuze dans le désert ardent, puisse se reposer sur ee bane de pierre : voilà une raison qui n'ébail pour élever en ce lieu, sur le Drames,

Nous

discuterons

ci-aprés

les

L. Wileken cilait les opinions

une œuvre

rapprochements (monument

d'art

pareille, avec

eb les

funéraire

?).

peut-être pas suffisante

ses statues de poektes et de philosophes

interprétations

proposées

pur

O.

Puchstein,

s,

dont

40

LE

SARAPIEION

DE

MEMPITIS

hellénistique (1). Considérant alors le rôle d'un monument thasien de la fin du ive siècle ou du début du i11? siècle av. J.-C. — plus ou moins contemporain ainsi de l'Exédre des poétes el des philosophes, au Sarapieion memphite — j'ai montré

Fic,

17. —

Le 5Hbadeion

thasien,

temple dionysinmque

: plan el coupe

qu'il s'agissait plutôt d'un temple, et non d'un simple monument chorégique. comme on l'avait cru (2). L'édifice thasien, qui n'est pas un unicum — on a signalé d'autres chapelles dionysiaques, comparables, plus ou moins vastes, à Délos, du

[1j Cli. Picann, Comples rendus Acad; Iscr, ΠΑ, p. 1272127 z ef. pour Ie She io de Delus, at NE, sanctuaire d'Apollon, i, Hull. eorresp. hellen., &s-69, 10811-1040, p. 210-270. ffalges el er-mido du

SNlibadeion allienien siue du Ivpe des

de Delos) ; I. ΔΙ ρίας

Vattors,

Les

σα ΙΓ ΙΝ

[31 sur les circonelunces de[ἢ découverte, ef. 6. Divx, p.

234-227

(inscriptions.

Le

monument,

(qui

est

en

anti pes

PONS

miamvals

7, PO,

etat,

publication architecturale détaillées M, (6, aux a prepare, du reproduil CHR.37., 1344, p. 0, et iei, Vis 17: sur les senlplures, Js,

P504],

plus, d'un

p.

UTE

monument

nas

ΤῊ

question

ciiereriue,

devrait

eb [τὰ dale

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encore,

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xiv

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dions-

0,

malbieureusenient,

Fan, une

uin, un plan restauré, a pelibe echelle, cen derer lieu, P. ds μα, Mons, Pal,

dans

ides ΚΓ ἢ ΤΠ κ΄ nest

ede Ppelos,

Fensgemlle,

curd]

pas exactement

est

Herr.

encore

parle

Hit, sans

LES

MONUMENTS

à Pergame, autel

à Tinos,

ET

LES

SCULPTURES

el en Occident -—

de culte extérieur,

ce qui —

41

a l'avantage

joint au

d'être caractérisé

fait que la statue

par un

principale, dressce

sur l'exédre du fond de l'édifice, est celle d'un Dionysos — conf.rme le caractère public de la consécration. — Le Slibadeion thasien faisait d'ailleurs partie d'un hiéron fermé de Dionysos, distinct du Télestérion oü se faisaient, d'autre part les initiations (1). Au fond du temple, on a dégagé une « exédre » surélevée, au-dessus de laquelle posaient jadis neuf (?) statues ; certaines seulement à la gauche du dieu ont subsisté. Le caractère de ces statues — encadrant une effigie colossale de Dionysos, dont il ne nous reste que la tête (2) — est lui-même significatif. Il s'agissait, d'un côté, d'allégories représentant des genres litLéraires en rapport avec le culte dionysiaque. Sur la moitié des plaques de revêtement antérieur du

socle

de

l'exedre,

qui

n'est

conservée

qu'à

demi,

les

inscriptions

mentionnent en effet quatre « Genres » personniliés : la Tragédie, la Comédie. le Dithyrambe et le |"Nyclérinos (la « Sérénade » nocturne). Pour la Tragédie et

la

Comédie,

des

noms

d'acteurs

aussi sur la face antérieure Nuyclérinos,

on

avait

signalé

sont

associés ; ils avaient

de l'hémicyele. le nom

Aux

parages

des joueurs

de

flûte,

du

été

inscrits

Dithyrambe

exécutants

eux

et du

qualifiés.

Il y a done là les souvenirs de concours de poésie et de musique, mais le monument est un de ceux qui expliquent l'Exedre memphite des poétes el des sages, en méme temps qu'il donne peul-étre une indication révélatrice sur ve que pouvait être, d'autre part, l'arrangement extérieur du petit édifice dionysiaque grec du Dromos, dit Lychnaplion, jadis installé en bordure du passage, et qui a été détruit si malencontreusement aprés le: fouilles de Mariette. On pourrait vouloir objecter au rapprochement ici suggéré que ce sont des allégories de Genres littéraires. et non des sLaLues-portraits de poëleset philosophes, qui avaient été assemblées au Slibadeion thasien. Mais il ne faut pas perdre de vue que sur le relief signé d'Archélaos de Priène, actuellement au British Museum (3) — composition dont le sujet, au registre inférieur, est une fête de cour alexandrine en l'honneur d'Homére - - nous retrouvons les mêmes allégories littéraires. Ces personmifications assistent ès qualité à l'Apothéose du maitre (1) Ch. Picann et M. Lars (fh Le Salle lhppostile de Thasus, à paraitre. (2) Ch. Picanp, Le sculpl. antique, LE H5, p. 205, fig, 84; cf. P. Devammes, Mon. Pid, 1910, 1. 1. “Δ Époque hellénistique ; iuvant ὉΠ uv, J.-C, si les princes représentés sont bien Ptolémée IV en !thronaos alé el son épouse en Ojikouimerne as Terre habitée «|: dessus, KR. Βαμα, Bibinisse Dieter ele. p. 1 48119. Le

relief

à élé

EU. WarzixGkEB, Bruckmann's

trouvé

FHelief

rn

ITwnkmaeler,

à

Le

Fratoechie

Arehelaus n" 230 : Max.

van

ancienne

Bovilliiet.

Prisne

Cortos,

Gi

6f.

Herlin..

EI.

Sara,

del

H.

Mis;

Winckelnannspragr,,

Hisl. senlpl. grecque,

VI, p. 670,

die

ΠῚ]. 7, PO

VMS Ait:

from H..

ΠΝ καὶ

Milli ani Megara. Hiat, p- FH pl. Vy og. Pour Ia diseussion sur les Côtes de Ghranos et d'Oikoumeom: représentés par le roi et Ia reine, et qui ont Ie caractère de portrails , ef. FE. Hacskn, Gest. Juhres't,, 8, 1n, p. 85, fis. 28 qui voulait reconnaitre Le roi de Syrie Alexandre Er? Balas et sa femme, d'apres une monnaie di milieu du t" s, uv, J.-C.) Fr Sr'bxiczkA ai cantredil el rejeté eetbe idlentifleaulion, dans Sy pistons Plab,

TT, p. δῆ, n? d; cf. Ft, ΠῚ Ν καὶ Mehr amd. Aleqorg, tonton D, Pr26,

LEUR,

Seren,

represenlee en find idee Toile — - PF*arnasse en PHelieon p. Pen deb sussi A. {πὶ ook, Zens, 1, 1811, p. L9

Hilfnisse Dehler, p. UE A. Pr assum, up, pl. EE

fall.

PAST ΓΉΓΡΟΝ

Sur lu ἢ

EUT ER

:

42

LE

de l'épopée

SAHAPIEION

DE

MEMPIIIS

trónant entre l'/liade et l'Odyssée, ses « filles »; elles

font

face

à

l'effigie magnifiée, devant laquelle un adolescent. identifié au Mythe - eenochoé en main pour la libation — officie, tandis qu'une femme, représenLant l'histoire, répand l'encens sur le feu. Or, dans le cortége des présences allégoriques, on reconnait la Poésie, qui élève des deux mains des torches flambantes.

la Tragédie,

comme

au

Slibadeïon

de Thasos,

et

la

Comédie,

l'une

et

l'autre

levant le bras droit. ll y a en outre un groupe de cinq figures, une fillette c! quatre femmes, qui. d'après les inscriptions (1), s'appellent la Nature, la Vertu. la Mémoire,

la Bonne

foi fPislis),

et la Sagesse.

Nous

sommes

donc

avertis,

à

Thasos comme à Alexandrie, du goüt qu'a montré l'époque hellénistique pour les parades officielles en l'honneur des génies littéraires. Sur le relief d'Archélaos, la scène principale de l'Apothéose d'Homére se passe, ou dans un théâtre (| H. Vallois),

ou

peut-être

plus probablement

devant

un

portique

du Sarapieion

d'Alexandrie, aménagé avec un grand rideau, tendu de colonne en colonne, qui ne laisse plus voir en haut que les chapiteaux. — C'est comme un « prati-

cable » qui ferait. en outre, apparaitre au-dessus du plafond, dans les registres superposés,

la montagne

de Zeus et des Muses,

ses filles. Quoi qu'il en soit du

lieu de la mise en scéne, et méme de la date du relief —

pour lequel il ne faut pas

descendre au-dessous de 200 av. J.-C. (2), semble-t-il — un rapprochement des allégories présentes devant la statue d'Homére avec les Genres littéraires personnifiés autour de Dionysos à Thasos s'impose. Ici ou là, est attestée l'intensité nouvelle de la vie littéraire, des fêtes intellectuelles ; ici ou là, nous surprenons l'importance des honneurs accordés aux poètes par une société lettrée dont le vlassicisme grec avait modelé la civilisation. ll est intéressant de constater que, au moins dés le début du ni siècle av. J.-C., Dionysos, à Thasos, par exemple, assemblait autour de lui les allégories des Genres littéraires dans son lieu-saint : nous n'avons plus trace, sur l'exédre du Slibadeion, que d'une moitié de la figuration, la partie Nord de l'hémicycle ayant été détruite. Même si les Genres en rapport avec le théâtre avaient été figurés seuls sur l'exédre, ce qui n'est pas certain, nous voyons là que Dionysos, dieu du théâtre, était devenu en Grèce le promoteur et le patron divin de l'activi*^ littéraire, obtenant ainsi la parité avec Apollon, le « Musagéte » classique. En fail. à partir du iv* siécle av. J.-C., les attributions d'Apollon et celles de Dionysos. comme « Musageltes », avaient commencé à se confondre, ainsi qu'on l'a déjà Li Tous Ies personnages du reiislre inférieur sont désimeés par des nonis, Iererement sravées iuesdessuns de chacun des figurants. 2 M. Schede, souvent suivi en Allemagne ee Green rüm. Hepiblik. dont la proposition quant à la date esl inieceplable),

i sumere

de ramener

De document

à [22

4

av...

en se fondant,

comme

il l'explique, surIe caractere epiesrapliiuae des etl res graves ; eur forie correspondent celles id'insceripltiunprieniennes, datées du deluit du dernier quarbilu it s; Mais Ie raisonnement ainsi présenté est elianeelunt : Archélaos de Priene a créé sa composition à Alexandrie el pour Alexsiilrie | prisenee ides prince et priniesse, Lagides: représentation d'un biruf à bosse, eomm atimsl du saerifiee; ete. Des lors, le rapprochement des formes de Ieltres

à La méme

date,

ver vellesde Priene ne compte

suere : les pieces

variaient

Ieursdueclus d'un centre à l'autre,

LES

MONUMENTS

remarqué

(1). Quand

ET

LES

les Lagides

SCULPTURES voulurent

macédoniens et grecs, Dionysos se trouva

43

transporter

en

Égypte

les cultes

en mesure d'apporter au Sarapieion

le prestige d'un protecteur suzerain des inspirés, poétes et philosophes.

Nous verrons que tout le Dromos du Sarapieion, entre le temple de Nectanebo et l'entrée de la Nécropole proprement dite, a appartenu en majeure partie à ce dieu, aprés son association avec Osor-Apis. Dans l'Exédre, il exercait ses pouvoirs littéraires ; plus loin, les statues dionysiaques du mastaba Sud le montraient

sous ses nouveaux aspects, devenu

l'enfant-dieu de la religion hellénistique, et

chevauchant parfois les animaux sacrés. Il reste toutefois à faire comprendre

que les statues de philosophes,

celles

qui garnissaient une moitié de l'Exédre, aient pu normalement étre représentées au voisinage d'une nécropole : donc, comme à l'entrée du monde souterrain. On a déjà rappelé à ce sujet qu'on avait pu ériger des statues de poétes célébres — parmi lesquels Homére, précisément — sur des tombeaux : par exemple, sur celui de Théodecte de Phasélis (2), orateur et poéte issu de l'école d'Isocrate, vainqueur du concours littéraire pour l'oraison funébre de Mausole. On a relevé aussi qu'il y avait eu. sur le sépulere méme d'Isocrate, diverses statues de poètes et de professeurs

du mort (3). Mais il paraitrait, sans doute, excessif de vouloir trop strictement comparer ces statues ennoblissant des monuments funéraires privés, et l'Hémicycle du Sarapieion, lieu-saint où n'était enterré nul poète ou littérateur. Ce ne sont pas du tout des constructions du méme ordre, l'Exédre memphite étant

avant tout un monument

sacré dionysiaque, et non

une

galerie de portraits

d'hommes célébres. Ce n'est pas, comme le voulait U. Wilcken (4), parce que toute

l'allée des Sphinx était bordée de tombeaux de diverses époques que l'on pouvait avoir construit un Hémicycle indépendant, pour y grouper des poètes et philosophes. Aucun rapport, non plus, n'est à retenir avec le fait qu'on a trouvé « sur le Dromos, avec d'autres statues-portraits » (?), des représentations d'animaux grecs, un sphinx, une Siréne jouant de la lyre, un lion, donc des ouvrages de sculpture, tels que ceux avec lesquels les Grecs avaient coutume d'orner leurs tombeaux (5). Poussant l'erreur, à ce sujet, un peu trop loin, O. Puchstein était allé jusqu'à supposer, et à considérer comme « vraisemblable », que les statues de

poétes et de philosophes eussent appartenu

aussi « au tombeau

d'un

homme

distingué, de l'époque alexandrine environ ». U. Wilcken avait déjà réfuté en 1917 1) À propos de lu série des reliefs dits faussement de la + Visile chez Icarios », et qu'il faul considérer rumme représentant Dionysos et son Lhiase recus dans lu maison d'un poete dramatique : ef. notamment, Uh. Picanp, Amer. Journ. archaeol., 38, 19:34, p. 137-1252, pl. 15 (notamment, p. 151-152). Culte de Dionysos

eb des IS, du

Muses

dans

le léménos de l'Archilocheien parien de Mnésiépes : Nik. M. Koxrar£ox,

"Er.

ἄρχ.,

paru en 1924, p. 32 sqq. (ef. HT, I0, inscription de Ia p. 401. (2) Signalé par O. PvcusrEis, Heisen in Kleinasien u. Nord-Syrien, p. 344, A 2, à l'occasion du Monument

Nemroud-Dagh

; cf.

U.

WiLtckKEN,

Arch, Jahrb.,

LE,

p. 171. Sur Théodecle,

F. Sesivinur,

Die

des Theodektes, Rhein. Mus, 1899, p. 631 sqq. : ^. eb M. CnotsET, Hisl. Hill. qr, ITI, p. 400-4109. S3) Dp

Vila .X oralorum, p. 837 D-838 Arch, Jahrb. LL. p. 1710.

D,

D) OU. Wirnckks, ibid. ; 1a mention d'« autres stubues-porlraits «est une erreur.

Lebenszeil

41

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

cette hypothèse, en rappelant, d'après Mariette (1), qu'il n'y ἃ au voisinage de l'Exédre, ni par devant, ni à l'arrière, aucune trace de Lombeau, ni d'une maniere générale, au Sud du Dromos. L'allée ouverte des Sphinx était. bien bordée de chaque côté par des sépultures, mais non pas le passage délimité par les deux « mastabas

», et dont

l'usage

religieux

parait.

déterminé

par

les anciennes

courses rituelles du Pharaon prés de l'Apis (2). Mais cette explicalion écartée, il ne serait. pas suflisant d'invoquer, avec LU. Wilcken, le goût qu'avaient les Grecs pour orner leurs nécropoles, et les allées sacrées, avec des images d'hommes ou d'animaux, voire avec des édilices, Il

Fi,

est certes ou

un

18,

Bas-relief d'Hiéronvmos

légitime d'observer que

trésor grec,

eu des exèdres, « sentiment du oasis d'art grec pas tout à fait la figuration

au

aux beau dans exact

bord

le

du Dromos,

de

Hhodes,

Lychnaplion et que

entours de leurs voies et au besoin religieux le désert égyptien » (U. non plus, de continuer

sculpturale

du

Dromos

uvre

avait

du

sculpleur

était

les grands

báti

Damatrins.

comme

sanctuaires

un

temple

de Grèce

ont

sacrées, Ce n'est pas seulement au » que nous devons de trouver « cette Wilcken, f. L.. p. 171-172). H ne serait à croire, avec U. Wilcken, que toute été érigée

« en

l'honneur

du dieu

du

Sarapieion ». — Elle représentait au contraire, plus particuliérement, l'apport gréco-dionysiaque, qu'il s'agisse de l'Exédre ou des groupes de Dionysos jeune chevauchant

les animaux

sacrés, Ce ne sont

point

là en e Tet. de simples offrandes

U. Wilcken, p. 172) « servant à orner le chemin des processionis ». La faiblesse de ce genre d'interprétations, de type trop purement esthétique. n'a pas besoin d'être dénoncée à nouveau, el. spécialement, Mieux vaut faire intervenir la comparaison possible de l'Exédre des poëlesel des philosophes avec un document plus révélateur, daté de l'époque hellénistique (fig. IS: Le tombeau de Hiéronymos de Rhodes, philosophe et. professeur à Rhodes, était décoré d'un (b)

1. LL, p.

(2)

Ch,

152, p.

Picanp,

Her,

171. arch,

1353,

1,

p. 206-20,

et

ci-apres

LES

MONUMENTS

bandeau

ET

sculpté et signé

LES du

SCULPTURES

nom

d'un

do

Damatrios

{1}. On

y voit, à

gauche,

plusieurs philosophes assis en cercle et disputant avec animation ; un autre debout,

101 non visible, participait à leur cénacle, Or, cette assemblée, au sujet de laquelle on peut, avec L. Curtius, penser à la réunion des Sept Sages (2) était. séparée tout simplement par un pilier (?) de la représentation, toule voisine, du monde des morts. Il v là Hadés et diverses entités plus ou moins infernales, parmi lesquelles la déesse plérophore aux ailes de papillon, parfois dite Furie, qui reparait [2] sur une des peintures murales de la Villa des Mystères, à Pomp?i. armée du fouet (3) et sur un des tableaux de la mosaïque dionysiaque de CulculDjemila en Afrique (4). Qu'en conclure, sinon que les collèges philosophiques avoisinaient volonliers les nécropoles et les lieux-saints funéraires ? Nous le savions, au vrai, par l'Académie de Platon, installée des la première moitié du ανοὶ à Athènes, prés de la Butte de Colone, où survivait le souvenir d'(Edipe enseveli ; prés du Bois des Hossignols, tout entremélé, selon Sophocle, de pampres dionysiaques, auxquels on a prêté trop peu d'attention. La medilalio morlis n'était-elle

pas le thème initial, le point de départ essentiel de toute la recherche des sages ? C'est

donc,

encore

une

fois,

les

idées

directrices venues

de

Grèce

qui avaient

déterminé le placement de l'Exédre memphite, construction dédiée sous le premier des Ptolémées. Assemblés là comme en un slibadeion dionvsiaque. les cinq poètes, les cinq philosophes, présidés par Homère, n'étaient nullement inattendus ou déplacés. On a remarqué que les zvmnases helléniques prenaient volontiers des noms de poëles — celui d'Homére, par exemple (Homereia), mais qu'une intention religieuse, funéraire parfois spécialement, était. attachée aux (1) Sur le basrelief d'Hiéronyimos de Rhodes, ef. Hermes, 37, LOU, p. 121 spp. ; BRUNS-BRUCRMASS, Penkm., 57 ; Geslerr. Jahresh., 03. 1910, p. 56 squp. ; H6H., A6, 10102, p. 230-230 (cf. p. 246) el ci-après, n. 2. (2)

Rhodes

CE

L.

Currics,

est entré dans

Mill.

deulschen

archaeol,

Instituts, 4, 1951,

p. 20-32

: Redeut

narratio,

Le

I. L, p. 20, n. 1 : Ia derniére recherche sur lu place à donner dans l'histoire de l'art au document était l'article de

1.. Gurkius

relief

de

les collections d'Hiller von Gaertringen ; bibliographie dans l'étude de L. CURTIS, -- celle de τ,

HAxEMASNSN,

Jour. hell, Studies,

65,

1045,

p. 47 sequ.

— avant

- Là on l'on eroyail

voir aulrefuis Iu « lecon d'un maitre d'école » (Hiérenyinos entouré de ses élèves}, faut considérer que Les quatre hommes associés pour une discussion, assisou debout, ne forment plus qu'une réunion incomplete : la plaque conservée s'ajustaib jadis à une autre, sur sa gauche, et il y a précisément la le reste d'un autre participant. Done, aux trois ΠΡ ΓΞ rangées en demi-eerele eorrespotilaient du côté qui manque, plus

de deux personnages

sssis, La

ressemblance avec les mosuiques de Torre Annunziata

(Mus.

Naples), de

Sursina (Villa Albani, Home], dont nous aurons à reparler ci-ipreés, à ete ainsi justement évoquées, par L. Curtius, notamment. Les personnages font les mêmes estes 07. le personnage debout à droite, et celui de la mosaique de Naples, premiere irure de gauche, posant aussi «i main sur l'épaule du personnage assis devant lui). On pourrait méme pressentir la. présence de Thalés, opérant une démonstration à l'aide de son radius (0. πεν σεις Hm. Mill, 51, 1946, p. 1 sq : (ef. p. 3, fe 1). Toutefois, je n'arcorndernis pas à L. Curtius la part de sa démonstration, où — se servant des études, anciennes, QE. Route, Page, We cl. 275,n. 1 ; de NongnEs, fermes, 25, 1863, p. 20H ; Dànrr kB, Wien, Sud, 33, 1911, p. 208, ete. —ilincline à

voir les Sept

Sages

réunis,

sinon dans l'Hidés méme,

du moins dans l'au-delà. Hs en

par un mur de pierre bien visible, et le relief de Hhodes, à mon

sont, en fait, séparés

sens, ne prouve rien de plus que ce que

jindique ici : la. présence, possible, d'assembilées des Sept Sages pres les lieux-saints funéraires : il semble que les fails oliservés au Drames du Saruüpieion de Memphis comme à Académie d'Athènes, soient de nature à résoudre La question en ee sens, ἐπὶ Ch,

pdentifiealion

Pacanp,

[DI

CNIK.

ter,

NS

discutée:

areheol,,

1:924,

Rowrarkox,

LL

ef; HE

eneare 1,

p.

M,

P,

πα

Ν, PHurrard

Beesligieal rerienm,

Hier,

c ebdessis,

pe

44,

ns

11

c peo o0

sau.

46,

Ht,

p. 175-207

;

46

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

cultes qui se célébraient dans ces édifices. L'Égypte aimera, semble-t-il, imaginer leurs entretiens prés des Lombes. Les gobelets d'argent de Boscoreale (1). dits

modiolt, aux squelettes — qui sont, certes, antérieurs à l'époque latine et de style grec, étant œuvre de toreutique alexandrine, à dater encore du 111€ 5. avant notre ère —

prolongent

aussi la medilalio morlis, dans ce monde méme des Enfers

où Lucien de Samosate, au 11€ siècle de notre ère, instituera ses Dialogues des moris ; la réunion

se

fait sub

rosis



les roses

étaient

fleurs

funéraires



el

sous l'oeil des Parques, car une des petites statues représentées, dressée sur un pilier gréle, porte le nom inscrit de Clothó. Bien mieux, nous avons alfaire déjà à un « Dialogue des morts », car les philosophes et poétes qui ont l'air de continuer là outre-tombe leurs rivalités et leurs disputes, avaient été représentés, de facon réaliste, par des squelettes. Ce n'est pas seulement d'ailleurs, au Sarapieion de Memphis, le voisinage d'une nécropole des Apis qui a pu « attirer » en quelque sorte l'Exédre des sages el poètes, cette curieuse assemblée érudite et inspirée, dont l'image allait s'imposer si longtemps à la mémoire humaine. Dans un chapitre de ses excellentes études sur La révélation d'Hermés Trismégisle (2), le R. P. A.-J. Festugière a reconnu el démontré de facon lumineuse l'attrait grandissant exercé sur la pensée et l'ascése des philosophes par les temples funéraires, les sanctuaires à cryptes, surtout lorsqu'ils étaient établis en des lieux écartés, En ce sens, il faut encore reconnaitre l'influence

de

l'Académie

de

Platon,

qui

était

allée

chercher,

hors

les

murs

d'Athènes, les parages d'un sanctuaire chthonien, non loin de l'héróon d'(Edipe. C'est aussi à l'Académie qu'est né l'engouement pour « les prophètes de l'Orient ν, et ceux de l'Égypte notamment, réputés en possession d'une sagesse millénaire. donc profonde. Lorsque Hécatée d'Abdére, qui séjourna à Alexandrie sous Ftolémée Ier, eut mis à la mode la tradition de la sagesse exemplaire des prêtres du

Wil, on

leur accorda

une

priorité

admirative,

dont bénéficiérent

aussi

leurs

sanctuaires : ceux de Memphis. entre autres, dans la vieille cité réputée « columen Egypli:e ». La civilisation grecque en vint à être attribuée en son fonds à des

sources étrangères. Selon Diodore de Sicile, au 1er siècle av. notre ère, les prêtre égyptiens

avaient

recu

et

endoctriné

Orphée,

Musée,

Mélampous,

Dédale.

Homère, Lycurgue, Solon. Platon,

Pythagore, Eudoxe, Démocrite, (Enopide (3).

Les

élé

visites

divers.

La

ΠῚ ΤῊΝ

de

ces

sages

légende

à

provisoirement

auraient

circulé

Hines

be

à

consignées

travers

Viicérosse,

Mon.

sur

les

registres

les

iconographies

Pol,

5,

TRUE

p.

iN

de

temple:

hellénistiques

spp,

pl

7-8;

K,

ou

Soneronn,

Hildnisse Dichter, 913, p. 166-167, 216: l'étude est à reprendre, surtout à cause de Ia questiun des dates peur lesquelles on n'a pas utilise suflisimment l'éeribure des inseripliens gravées au pourbour des deus gobelets

; KK.

Scukronb,

LES

Um

ne pouvaient avoir élé mises en représentés ; ef, déjà Ià-dessus, On littéraire hellénistique des sky plioi

i21 T, p. ΤῊ sq. 3) Platon,

QE da lise Demeecrite,

iti

n,

Chr,

s {δἢν Les disputes

αν Τὺ lomrtemps. apres Pan, Mon. Prol, 44, d'areentile

de philosophes

qui

ont

servi

de

thèmes

Br mort. des personnases inserils] qu'on a 18, pe 03-82, pl. 2-8, à propos du (enaebe

Bernivy-Herblimniville

notamment

p.

78

sqq.

: Les prophetes de lOrient. Ju phus eeurtbe Inde,

de

Jamie,

de

ms,

|,

TJ,

on

ne

sont

comples

que

Pyelhiasore,

LES

MONUMENTS

ET

LES

SCULPTURES

17

postérieures. Pythagore aurait appris en Égypte la loi du silence et l'injonction de méditer dans des lemples soulerrains. On a parlé à ce sujet des syringes (1).

mais les cryptes du Sarapieion, aujourd'hui éclairées à la lumière électrique. gardent leurs droits.

Clément d'Alexandrie ne donnait-il pas pour maitre

à Pythagore

l'archi-

prophète Sónchis (2). Le R. P. Festugiére a traduit un texte de Cherémón, prêtre d'Égypte au temps de Néron (3), qui codifiait la prescription de séjourner en Égypte « auprés des autels des temples ». Les philosophes qui habitaient là, chacun portant ses symboles et les signes de son rang dans la hiérarchie, dit-il,

étaient honorés comme des sortes d'étres sacrés, et la sainteté du divin les protégeait. — Ne comprend-on pas bien ainsi la puissance d'attraction et le prestige de l'Assemblée éternelle des statues dressées au Sarapieion, sous Ptolémée Ier, et leur valeur édifiante ? Le mage Cyprien (4) se rendra à vingt ans dans les lemples soulerrains de Memphis, donc au Sarapieion, pour y apprendre, il le dit. sous l'ceil des sages et des poètes, les secrets des mystères et de la nature. (I)

FEsrUc1ERE,

2) Sirum.,

l. LE p. 24,

I, 15, 69,

n» 4.

1-3,

d) Hérél, H. Tr, I, p. 258-30. 1

Hevel.

H.

Tr.,

Y, p. 44,

de

Fic; 1. - Tranchée des fouilles de Marielle, Découverte du Pindare assis, et, prés de Dui du Démeltrios Phalere, son Voisin dans l'Hémicycle ; aulres groupes eultuels du Dromos iwpuarelle retrouvée par

M. J.-Ph.

Lauer, dans Ies papiers de

Marielle.

CHAPITRE

[Il

LE PINDARE DE. L'ENEDRE “Ἄρμενος ἦν ξείνοισιν ἀνὴρ ὅδε, καὶ φίλος ἀστοῖς

Iliv&xgoz. εὐφώνων

ΠΙΠερίδων πρόπολης. PrtaTow,

On

a

déjà

présenté,

E. Piol (1), quelques

dans

les

Monuments

observalions concernant

el mémoires

la statue-portrait

de

Anh,

la

palaf,, VII, 38.

Fondalion

de Pindare.

Elle

fut rencontrée la première par Marielle, au débouché de l'Allée des Sphinx qui l'avait mené vers l'exèdre. Au lémoignage du fouilleur, cilé par U. Wileken LL. p. 162), le nom de Pindare élait encore lisible : le graffilo a disparu aujourd'hui. La statue (assise) occupe encore le premier poste à l'extrémité. de

l'Hémicycle des onze statues, désensablées pour la premiere fois il y a un siecle, el que nous avons maintenant la bonne fortune de pouvoir enfin revoir directement au Jour. À. Marietle n'avait pu donner en son lemps |?) qu'un simple dessin au trait d'une œuvre dont il n'était pas en mesure de discerner le mérite. L'exac-

Litude générale de ses croquis avait élé injustement (1) 46, 1952, p. 5-24 et pl. 1-2. (2) Les croquis de Marielle, qu'il a dû exécuter lui-même, mais le mépris dont ils ont été aecablés

Hóm.

Mill,

51.

1936,

[par

p. 47, à mulmene

mitigé, qu'il laissait reconnaitre

un certain

U. Wileken,

aussi le dessin nombre

suspeclée ; certes il eût été

comperlent

assurément

des

nebamment,el d'uulres) est injustifié;

« misérable

inexactitudes ; t. RRESDEL,

» du Pindare, Lout en admettant, élogre

d'indicalions non suspertes.

LE

PINDARE

DE

L'EXEDRE

49

imprudent d'attendre qu'il pût fournir des indicalions justes sur le style des œuvres. Nous disposons heureusement aujourd'hui de l'original et d'excellentes photographies. On trouvera à nouveau ici les premières reproductions qui aient été publiées et commentées (1), et d'autres complétant le dossier. *

*

x

Comme les autres elfigries de poèles et de sages ornant l'Hémicyele, de Memphis a été taillé dans le calcaire de Tourah, stuqué, jadis, el Il s'agit donc, ce qui est notable, d'une œuvre exécutée sur place, par urec résidant en Égypte. Mariette avait déjà signalé que le travail à pied d'œuvre. Le rapport «de Marielle (4) donnait à la statue-portrait une hauteur

le Pindare peint (2). un artiste ful. mené de 1 m. 58».

el la mesure vaut encore pour aujourd'hui. Pindare. identifié par Mariette d'après un graflite du socle aujourd'hui disparu signalant le nom du poete (cf. ci-dessus. p. d). esl assis sur un siege à pieds incurvés et à dossier (xAweu6s) : dossier courbe, détaché, comme

on voit, et qui imilail, notons le, celui d'un meuble mélallique :

on remarquera, à l'arrière, les atlaches caractéristiques en « fers de lance » qui réunissent l'appuie-dos aux montants. Il y a d'autres traces cà et là — moulurations, rivels — qui attestent (pl. 6) un meuble forgé. On songera donc au passage de Pausanias décrivant, à Delphes,le siège en fer de Pindare,où il s'asseyail

quand il venait, prés de la Pythie, chanter ceux de ses hymnes qui sont enl'honneur d'Apollon (Peériégése, 10, 24, 4). Les sièges à forme courbe se sont répandus. semble-t-il, à la période hellénistique, avec ou sans dossiers. J'ai signalé que le Dionysos du Slibadeion délien, qu'il faut dater désormais du 1115 siecle, abandonnail nonchalamment son corps divin sur un siège-trône de forme arrondie, d'ailleurs différent (4). Ce qu'il y a de plus proche, ce sont les sièges donnés

dans le premier tiers du rie siècle, à certains personnages, du Vatican

(5), le philosophe

assis du

ΠῚ Le 260 février 1951, j'avais communiqué résultats de

mes

recherches

sur

l'ensemble

CA

A,

ManirrTE,

bd.

lu

Aus,

inv. 1563:

Fr.

Povrskx,

Fro

La

TOUS,

eta

grecques

Τὸ

his ; reprod.

1931,

du

Sarapieion

de Memphis,

Louer m'a indiqué sur cérlaines statues de l'Exedre

p. 210-270. Le

Hie (Colleelions,

à Berlin (6) assez

à l'Académie des Wiseripliotis eb Helles-Lellres les premiers

des statues

UN Uf. A. ManirrTE, Le Serapeum, p. 14. M. Ph, des traces encore conservées de couleur. est à Dom. 41 au-dessus du socle. (4) Ch. PicaRDp, OH, 68-600,

dont le Poseidippos

relief de l'Oliveraie,

p. 37.

Bo

Pet

d a. Le

sommet

du

Pindare « de Ia Glyplobllieque Fi. M

esb assis aussi

sur

un

i d'ailleurs certains caractères alexandrins, dont on peut mieux juger aujourd'hui mais il fail sür, au gré de M. Viugn Taser Poulsen, quil saucisse bien de Pindare méme, depuis parties restituées du visage, Le dos, qui m'est. pus aehevé, est. Erivaillé à la graine; manlesau ressemble à celui du Pluton de FHemiexele, i2) J. J. BEeRNoUCcULE Griech, Feinsqr, I, ἘΠῚ τ Vs Hannes, πρηνεῖς Vu iNslieam z Hi weibliche:

Gewandstaluen

:

tom.

Mill,

Zireiles.

Ergqenzunqsheit,

pl. 4304; P, XAnwr,.— Goriechr, us rom, Partrals, PATES Ι.. Lacnexars, Filralli qreci, 7. La stabue du Valiean est 6 Oh, Paca, er, ancho, pdt 1|, p. rel:

Festschrift 8.1.

P. BLAUEH

5ehmeilzer. ET

CH.

PIS

EU AMI

ps 86

mp,

dossier dü

3E;

KR, Βα liue ide Lm. Jh. PUdo.

Pri

ἈΠ

xy

siece

sieur

Carlsberz courbe.

1]

n'est. plus tout à Penleyement des le. traitement du Hons, Steliende

τα

BHiblinisse Potter, 17. PB. po ]254-DD6: P*

αν’ eb;

dhenhoni., p.

LIU;

Maxis&zZZISI,

plo dst 3

il

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

comparables au trône du Pindare memphite : le modèle est plus simple, mais on retrouve exactement le même dossier. On comparerait aussi certaines stalues de Ménandre (1). Poseidippos fut un des derniers auteurs qui aient prolongé la comédie atlique, avec Ménandre, et la coïncidence peut suggérer une date, Ce mobilier était à la mode au débul et dans la première moitié du πιὸ siecle:

Au

point

de

Fi. 20. départ à droite,

Les stalues de l'Exedre, rédégagees des sables. Pindare ; ou premier. plan, alssili-sement de ΓΑΙ

des

Splits,

c'est la période, précisément, des statues de l'Exedre du Sarapieion. Poseidippos n'étant pas apparu à la scène avant 283, sa statue peut difficilement être antérieure au second quart du 11* siècle, Mais il s'agit, pour le siège célèbre de Pindare, de l'évocation consciente d'un meuble métallique eélébre, dont la fabrication parait être, d'ailleurs, de date et d'invention alexandrine : les ateliers des Loreutes représentés sur les reliefs du Tombeau de Petosiris à Hermoupolis, nous montrent précisément des fabricants de tels meubles au travail (2, (1) Par exemple

: K. Scuirorn,

LE, p. ΠῚ.

(2) Gh. Pricanp, Les inTienees étrangeres BIPFAO, 30, P3930- 1031, p. 2018207,

iip

Lombean

de

Peltosiris

: Grece

og

Perse

?,

Mél

V,

Lorel.

LE

PINDARE

DE

L'EXEDRE

al

Il est évident que les sièges mélalliques appelaient une garniture pour la commodité. Poseidippos. d'autres, utilisent un gros coussin inlerposé. Le Pindare

de l'exédre a bénéficié d'un

double aménagement

confortable. Son siége

était adouci en effet, d'abord par des peaux de fauves transversalement ; la léte el les palles relombent aussi

Fio,

Placement

de

21.

Pindare

la slalue-portrail,

el

Lournée

ses

voisins

vers

de

repliées, el posées el apparaissent de

l'Exédre.

les autres

comme

pour

un

colloque,

chaque côté, à la droite et à la gauche. Les fourrures ont été traitées avec beaucoup

de

naluralisme,

car on

discerne

les

franges

velues

de

la peau

lannée,

les

griffes des palles félines | 1). Au-dessus, est posé encore le coussin. Sur le dossier courbe du siège, Marielle lul. encore une inscription, qu'il a transerite sur un de ses dessins (fig. 22), I est à noter que celle inscription parait. gravée en grandes lettres (2). IH ne s'agissait donc pas d'un

graflile. Mariette n'avait déjà lu que les lettres AIONYEL et d'ailleurs son dessin (1) (2)

Lionsou panthères ? H serait dilticile de décider. Ce que signale aussi Manette, EL, p. 13-D4, fig.

4 «t.

D

LE

SARAPIEION

DE

MEMPIIIS

ne fait plus apparaitre que AIOI (1). Ce qui reste, au témoignage de M. J. Sainte Fare Garnot qui a fait la vérification sur place, c'est seulement aujourd'hui CI (lettre de Memphis, 2? mars 1951). U. Wilcken a remarqué justement dés 1917 (2) que

d'aprés

la disposition

sur

le dossier,

l'inscription

devait

étre

relativement

courte. On s'accordera à penser avec lui qu'il n'y a pas à attendre à cette place une formule comme Διονύσιος ἀνέθηκα), qui ne serait guère usuelle (3), el impliquerait au surplus la consécration séparée, individuelle, de chacune des onze statues de l'exedre. Or, nous savons désormais que, nulle part ailleurs, quel que soit le mauvais état des autres effigies placées sur des sièges, une dédicace de cette espèce n'a pu être répétée. I] eàt été d'ailleurs étrange —- U. Wileken le constatait déjà -— que le groupe eût été élevé à la suite de consécralions isolées, particulières, el nous voyons clairement aujourd'hui qu'il n'en fut rien. Dès lors. il v aurait les meilleures raisons de penser à une signature d'artiste, comme faisait U. Wilcken, qui suggérail Atovoatlos ἐποίει « ou quelque chose d'analogue ». Il ne

faut

pas être trop

inquiélé

par la question

du

sigma

lunaire,

au début

du

nie siècle. Des exemples de signatures cursives gravées vers 350 av. J. C., avec celte forme de leltre, sont connus désormais (4). On sait aujourd'hui que le groupe des statues sacrées élablies à l'autre boul du Dromos. et en partie relrouvées, élait sans doute signé aussi, sur la plinthe en schiste disparue, qui devait s'inlerposer jadis entre les slatues en calcaire et le mur de soutien (mastaba). Quelques leltres seulement (5), mais significatives, d'une belle inscription, à réglage tracé avec soin, ont été récemment relrouvées tout prés du Cerbère (6), qu'il faut sans doute, avec U. Wilcken, placer à l'une des extrémités du groupe des animaux sacrés. De la sorte, on remarquera que les deux ensembles, les onze statuesportraits de l'Hémicyele, les neuf statues représentant Dionysos enfant avec les animaux-sacrés — œuvre collective de deux sculpteurs différents, semble-t-il. à moins qu'il ne s'agisse d'un méme Dionysiadés |?) — avaient été placées quasi s»vmétriquement, ici et là : au début ou à la fin des ensembles. On ne revoit méme plus aujourd'hui. de l'inseription lue et dessinée par Marielte, les lettres premieres. Une de nos photographies, prise exactement dans la position du dessin de droite de Mariette, montre que le dossier de calcaire a été gravement endommagé juste à celle place ; on note ailleurs (fig. 25» ΠῚ

La

barre gauche

di

est anormalement

inelinee,

eomime

on

peut

voir,

Ii. 22.

EP Anh. arbre, 32, P0907, p. 163 : « HE ne peut manquer ique quelques Lettres éerivait D, Wileken, SP Aucun exemple n'est à rapprocher autre part, lai mention de [i consecration -— pour tout le craque des statues, zronpe homazene— - ne se peut coneeveir eorie possible à une telle place; Elle eüt ὑπ placée

Ja ΠΗ

ailleurs

eb

plus

en

vu.

ΕἼ Par exemple pronr ἈΝ ΤΠ ναὸ artiste dunt Ta daube est bien fixee Def lio τα]; Moninel archie. qr., seilplure, VIT, Perie!e classique, PU siecle, V, p. 141, surtout p. 212, n. ἅς Rappelons d'ailleurs pour εἶ quint, Kérarmeopouthos ivi eru dechiirer deja un ΚΝ Dunaire dans Ja dedieuec premiere

nier

τὰ

ile



lis

FSnrise

:

....

de

v

Delphes ; ef;

1

Athen,

palrinymbipie

2;

Mill,

4,

cetbliniqur:

pnus,

z sz

ἔπ

p-

ΜΉ

iC

sip].

——Jüeuebase

haut

eb

has

des

lettres,

Ires bien gravées, qui ent Ue ade. hauteur cefoociespres, fis 1. Les formes sont celles qu'en attendait au début du 1115 sieeles Y XD ef Uinseriptien idu Lyehnaplion : eiesipres, pe 51 Q est plis petit : 0,0153. no

Eetlre de

M, PH

Laner,

ecrite ide muera,

be

[5T quin

dtr.

LE

PINDARE

DE

L'EXEDHE

ad

que presque rien n'existe plus de l'inscription à l'arrière, où les visiteurs modernes

ne se sont pas privés, hélas ! de Tracer à Ia pointe les tradilionnels nomina stullorum. 11 faut s'affliger de la mutilalion survenue, C'est peu de dire qu'en 1917 — nous élions alors en guerre avec l'Allemagne — U. Wilcken a manqué de bienveillance dans toute son appréciation. du travail de Mariette, On doit craindre qu'il v ait toujours des sceptiques, désormais, pour douter de l'inscrip-

For.

22,

Les A

droite,

deux sur

dessins Le

dossier,

de

Marielle. resles

de

pour

de

PMindare

linscription

alors

état

en

IS,

visibles,

Lion que le fouilleur francais avait vue el transerile (1): je crois pour ma part fermement à sa réalité, d'autant mieux qu'U. Wileken n'a élevé lui-même aucune contestation, Mais l'espoir d'une restitulion du texte esl. compromis. Le découverte de la signature du groupe de Dionysos enfant el des animaux sacrés est d'ailleurs un fait important, voire une confirmation décisive, Inutile d'insisler sur l'avantage possible d'une signature d'artiste pour un ensemble de slatues dont la date, on le verra, peul être pressenlie. Ce qui n'est pas sans intérêt pour le Pindare c'est l'endroit où l'inscriplion avait élé gravée : elle pouvait élre vue du Dromos méme, le poete étant un peu tourné comme on voit (fig, 20

vers ses éminents compagnons de l'Exédre, dont Homère, au centre, présidait la réunion. Il y a là un dispositif qui s'amorcait en 346, à Athènes, avec le relief de l'en-Léte du décret pris en l'honneur des Leuconides du Bosphore, et. qui n'a (1]

Assurément,

sans

assez

de

précision,

|

LE

pas

SARAPIEION

DE

MEMPITIS

été sans influencer longlemps les Assemblées de sages et. de poëles (1). On sera frappé de la majesté sereine de l'image créée pour Pindare. Autant

que de la bienveillance qui se dégage des traitsdu visage, malgré les mulilations (2).

En dépit de l'action néfaste du temps et des hommes, la majesté du poëte esl hupressionnante. Il ne faut pas parler ici de lourdeur, car l'effigie doil être vue dans l'ensemble de l'Exédre, où le sculpteur a eu l'habileté d'introduire le lien d'une

animation

convergente,

le charme

humain

d'une

sacre

conrersazione,

de

haute spiritualité « élvséenne », dirait-on. Comme sur la plaque sculptée du lombeau de Hiéronymos de Rhodes ‘fig. IS) (3). la réunion. des aédes et dex sawes

ne se fait-elle pas ΟἹ aux portes mêmes du monde des morts ? Du moins, on ne risque pas l'erreur en disant que, méme étudiée à part. l'eeuvre retrouvée aurail eu de quoi surprendre ; les théoriciens qui ont tant

parlé

d'un

d'amour

el

premier

(4),

de

art

scènes

alexandrin de

genre,

miévre,

ete,

réalisé ce que les esthéticiens aiment

alexandrin

en

et

calcaire,

qui

doit

monumental

avoir

été

amusé

constater

de

peliles

leri avec

histoires

quelle

aisance

appeler la monumenlalilé de la sculplure.

Un verra ci-après qu'un rapprochement

isolément

galant,

pourront

doit être proposé avec un groupe funéraire

aussi.

à peu

que

prés

nous

connaissions

contemporain

déjà

des

i»).

trop

ensembles

du

Sarapeion memphite. Lei et là, méme style robuste et réaliste (liz. t. Mais avant qu'on puisse revenir à ces constatations, la statue elle-même doil

étre considérée Le

en

Pindare

détail.

chevelu

qui

lrônait

à

lextrémilé

el

au

point

de

départ

de

l'Exédre, se montre à nous dans sa maturité robuste, à l'âge de la pleine maitrise el de la gloire. Le visage est

craindre

qu'il eût

été

malheureusement

martelé

trés mutilé à l'avant. On pourrail

intentionnellement

jadis,

par quelque néophyte

chrétien, alarmé à la vue des « idoles », car la statue n'a jamais été renversée, méme dans le sable qui l'eàl plus épargnée ; la destruction des traits de la [ace

napparait guère comme nalburelle.. virilité surhumaine qui l'apparentait

Intaet, le. Pindare devait exprimer une aux beaux dieux patens : d'où peut-etre,

ent-on pensé, son insigne disgrâce, Mais en fait, la comparaison avec Je dessin ide Marielle est révélalriee, ("esl entre [851 seulement et. 10308 ἀν que la mutiΠῚ CH)

Ene-dpépe du deeret

LOU LEDETES l'autre

part,

Tones Des 2 xssemblees

ades iH

Πα

εν

pneus

ide sus

: Ho de

apri ent

Dungenppas

Naples

Pes

Torre

ubeuti aux

ΠΝ

Grahbrelieis,

Anmnunziuta:et

groupes

ce

de masser

3

GE, Lies, étre

dnseribis

poualudirie, VIE, 208 sons

une

salue

Eae ur

pes V emprant

τ Ciber Tai

{πῇ en

sli premier

Tete vers,

di ef

VES],

Villi

de

ἀπ ὙΠ

4: τὰ, armor, de qriech, Hibheergerei, Di, plo tss i: eieidess us, ps (di Mémie récemment encore, et, par exemple, P. Vis anus, Mom. Pol, ibo Hu été publiés par Mas, Centers, Moon Psp d, ERST, pe {ΠΕ spp, Alezamlraea ad FEquplum, p. 413, imbliiquail qu'il devait scie d'un zrenpe

M;

τος

Πα

M

OA

ps

Hs,

Mio,

du eelebre

cordes à Vienne 212 ap... ; ef modamment, li2adessus, Feline récente illiu-trinm, dans : ἐλ : Festpihe jur Ernst HHssald, PO, p. FI idest

a

Codes vox

p. atr,

à

11. à

dit dde Dies-

Sais,

ds

fie. tone:

Imnsrines

l'énieramme coll;

ts

Baule,

LL

{1 Jos Fal. f pe 6 spp ef p. 68 , plo PU Pres [804.15 BncctA, moniriml ume prineesse Toile

Bye καὶ Fille zb serie quil te bien anbéerieur ati regie ide ΤΠ ἡ" Iy CHeéereniee en deuil se moines «qu'en me veille lente quie ΠῚ sculpture en ealeaire seb mainbenue prsqu'alburs dlne pj Dale des premieres plidesraphliies sque mime protons tntenant utili-er,

sa title 41, à Alexandrie,

LE

PINDARE

Fu.

DE

24,

L'EXEDHE

l'in.Jare

Iyricine;

Do

assis

: côté

gauche

eb

arriere

du

siège,

T

LE

SARAPIEION

lation irréparable de la face a été faite, Mariette avait

DE

dessiné,

MEMPIIIS

à lort, une barbe

carrée par le bas, à la mode francaise de son temps, là oü il y avail eu une barbe large, mais un peu plus en pointe, Le nez pouvait

endommagé

étre déjà

un

1851,

mais

dés

peu

les

deux veux existaient, levés vers le ciel, comme le prouve le croquis du fouilleur, el comme l'atteste aussi le reste actuel de l'œil droit,

Le

couronnement

formé

par la chevelure el la barbe avail une noblesse, jadis, dont il n'est pas interdit de juger encore ; car l'arrière de la chevelure est resté

intact, Sur le devant, on apereott, hélas ! à peine le reste du bandeau traditionnel des poëles | 1 dessiné exactement par Mariette:

il séparait la zone des ondulalions. fines divergeant de lépi, el celle des grosses boucles riches el Lumullueuses, formant des vagues sur les côlés, avec un curieux enroulement en rosace à

l'arrière sur la nuque.

]l n'y a,

nulle part ailleurs. plus d'aisance, el de prestige dans les arrangemenls des coiffures viriles, méme divines, el l'esprit se reporte naLurellement, non seulement vers le « Mausole » d'Halicarnasse, mais surtout vers les Zeus de

Myalasa,

d'Otricohi,

d'Aigeira,

vers la Tèle Blacas ; vers Fi

4,

Etat

actuel

de

la

statue

vue par la droite

du

Pindare

:

:

l'Asclé-

m.

'

pios de Milo aussi, ou encore vers

le Sarapis contemporain, statue de eulle du Sarapieion memphite, dont nous savons maintenant qu'elle fut l'œuvre de Bryaxis, appelé sur place dés le temps de Ptolémée Fer (2). [1]

oeuvre

Comparer

qui

dale

de

pur

la

exemple

premiere

le

Sepliele

moilie

du

de

rv*

Londres

: CG,

Lirrorb,

Die

griech.

Hilihauerei,

LEO,

p.

73,

ἢ,

siecle,

2j Ui-deseus, p. 29wsqu. On reviendra ei-ipres sur vetke question, a proposde l'hermes, style Bryaxis, qui a servi d'appul uu Deémeltrios de Phalere,

LE

PINDARE

DE

L'EXEDRE

τ

Précisément, pour la pose, le Pindare esl assez proche du Sarapis de Bryaxis, el il n'est guère douteux qu'il en ait subi l'influence. Il suffira de rappeler ici lel Sarapis d'Alexandrie (1), à peu prés de mêmes dimensions (1 m. 89). dont la pose est comparable : on sait qu'il fut transformé peut-être pour donner une image du Christ assis (2). Même majesté, méme pondération, et

surtout, méme

position des jambes : la droite un peu plus avancée sur l'esca-

beau (3), la gauche en retrait marqué : réfugiée, dirait-on, aussi, comme celle du Pindare, dans l'ombre de l'himalion. Ainsi se creusait un colpos, pour l'une et l'autre statue. Et le traitement des plis, de l'une à l'autre, ne diffère guère : facon large, particulièrement difficile pour l'outil, sur la statue du Pindare, car le calcaire de Tourah est dangereusement friable — on le voit trop aujourd'hui — : cependant

i|

a

été

taillé

avec

autant

de

vigueur,

pour

le

rendu

de

l'étolTe,

que de délicatesse légère et soyeuse, dans l'exécution des longues boucles de la vhevelure. Un autre arrangement prouverait, s'il en était. besoin, la virtuosilé du sculpteur : c'est le traitement des chaussures du poèle musicien. La jambe gauche était malheureusement trés endommagée, dès 1891, bien que le pied subsiste de ce οὐ : à droite, où le pied manque à partir de la cheville, on nole du moinsencore el surtout par cólé, de profil à droite, la botte montant jusqu'au milieu du

mollet : elle rappelle les embades dionysiaques, non au hasard, semble-t-il. Les poètes n'étaient-ils pas au service de ce Dionysos devenu des le 1v? siécle « Musavete », autant méme qu'Apollon ? Particuliérement au Sarapieion memphite, où les Ptolémées avaient réglé, avec leurs conseillers religieux, le partage amical des pouvoirs divins entre Sarapis et Dionysos, cette chaussure spéciale avait un intérêt sacré. On remarque le bourrelet supérieur, et en haut de la tige, la retombée d'ornements en cuir souple. Tout le détail, jadis, devait être ouvre précieusement. A la maniere des poëles, Pindare a été représenté demi-nu sous l'himalion : nudité

héroique.

Entourant

seulement

la partie

inférieure

du torse, au-dessous

du bas des pectoraux, l'étoffe du manteau couvrait au contraire jusqu'au col lout le dos de la statue ; là les plis bien conservés (fig. 25), témoignent parliculiérement encore de la finesse élégante et süre du drapé (1). Un pan revenait à l'avant sur l'épaule gauche, et relombait par là le long du corps, du côlé de la grande lyre de concert sur laquelle le poéle — représenté iei en chorodidaseale au repos — posait, d'en haut, sa main gauche. La pièce carrée ou rectanvulaire de l'himalion étail tendue à chaque extrémité par de pelits « glands ». (1) G.

Lirrorp, Die

griech. Hiblhauerei,

HW,

pl. 53 ;: W, Arti

xe,

Mer arch,

19833,

ET, p. 189 squq. ;

Ausonia, 48, p. 7-20 ; O. ΔΑ τ πὶ Die ant. skulpl. Ermiluge, n* M ; 5. Fini, Le arti, 4, p. 224. (2) Büm. Mill., 44, pl. 3. (3j Celui de In statue-porktrait du sur

les

pl.

4-5



Pindare

long et bas, où posaient (4)

Voir surtout

ext

vii

de

Pindare à été détruit, mais on distingue face

: eb celle

forme

etait Eres

proclie

de

encore

nettement

su forme,

celle de

leseabeau

nmunulurre,

les pieds du Sarapis d'Alexandrie,

Ies plis du

côté

siehe,

eb

partout,

le Lraitement

vivant

de

Fétotfe,

ON

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

dont deux sur quatreont été représentés, L'un est bien visible encore du cólé de la Ivre, à l'arrière;

l'autre, dont

la trace

seule

reste apparente,

relombait

jadis

à

gauche el à l'avant du siège, descendant. jusqu'à l'escabeau. Reste à décrire la grande Iv re cintrée favorile de Pindare,

à laquelle le seulpleur avail donné fous ses soins,en réaliste attentif,

C'élait

un

accessoire

magnifique, Iyre de concert el d'apparat : un prix de concours musical, peut-être. Elle ne peut. manquer de ramener

en

mémoire

[l'évoca-

Lion lyrique de la puissance de la musique

el des chanls, que

nous devons à Jfindare luiméme au début de la premiere

Puylhique (v. 1 sqq.) : « Lyre d'or, ὁ trésor en commun possédé d Apollonel des Muses aux tresses violeltes, loi qu'écoule le pas. rythme, ouvrant l'éclat dela fêle,cepen-

dant queleschantresobéissent à ! es signes, lorsque, des préludes quient rainent lesehieeurs.tu fais

vibrer l'allaque tournoyante... α Mais Lu sais aussi bien, à la pointe du foudre. assoupir la llamme intarissable : sur le

cceptre

Fr

2

Arriere

de

I statue, montent

de

be dossier idu sig:

-

et da: place de l'inseriplien brisee

. Sur

as répandu

pour fermoir de ses paupiéres.

Ge

prarssuge

a été

imilé

par

le

poete

déjà

laigle

Ξ

sa

fée

un

crochue,

sombre

Lu

nuage,

I dort et soulève son dos souple, Toul fasciné

par la magie de Les sons... » [1]. La lvre de Pindare, à l'Exédre, est décorée partout p:

Zeus,

s'endort, laissant des deux côtés pendre l'aile rapide ; l'aigle, roi des oiseaux...

uns,

eomme

Pons

su

Tres finement, notamment

LE

PINDARE

DE

L'EXEDRE

a

à la jonction de la table d'harmonie fragile motif de feuilles d'acanthe,

(1) et des montants ; il y a là un double el qui,

fort

heureusement,

à résisté à toutes

les

destructions. Il serail souhaitable — maintenant que la stalue est récupérée qu'on püt sans tarder mouler cel ornement, et, si possible, reproduire la lyre elleméme, Le poële-musicien, inspire, les yeux au ciel, la Lenail d'en haul au repos, elle aussi!

— geste

de

possession

imperieuse, el. gratitude d'arListe: la main gauche, en partie conservée,

nous

permel — de

reconnaitre encore l'intention psychologique. Sur la traverse du haut, on ne voit plus guère que les. attaches inférieures des cordes. Marielle en. avail compté

au moins

sept, ce dont

son dessin a fait foi. 11 semble done que le Pindare memphite ait eu en mains l'heplacorde classique, avant l'addition due à Simonide

déjà.

La lvre merveilleuse reposal.

vers

auche

le

du

bas,

‘dare

le

οὐ ὁ

siège,

*

αἰ γι!

sur

*

x

En 1917, LU. Wileken consiencore la stalue de Pindu

Sara

pieion

memphile

Fi.

745.

Pindare

ef. in

du

statue

de

el

l'aquarelle

Demetrius

de

son.

voisin

à

de

Un

19,

ti,

Phalere

étaib

FEsedre plus

:

complete

connue alors seulement par les dessins de Mariette comme la seule elligie du poete mentionnée par la tradition littéraire moderne 21 ibn'a d'ailleurs pas cherché à Fétudierdu point de vue iconographique, ni à la replacer à son rang dans l'histoire de l'art. Fr. Winter, au témoignage d'U. Wileken, avait prudemment posé la question de savoir si la L,

Est-ee

un renforcement

de Ii table d'harmenie

qu'on

voit

vers l'inberieur de Ia Iyre; en celle.

traverse

épaisse, parallele iu bord supérieur de la [yre elle-mérme fauit-elle partie du size ? Je laisse à d'autres, meilleurs connaisseurs des instruments ide la musique antique, la {ἀρ d'en décider. Sur les formes «de pa Iyre,

à partir de

l'ére hellénistique,

ef. J. QvasTEN,

Pom.

(Giarbalschrift,

Ve,

p.

1-102.

2) H cite : Fr, WixTEn, Orslerr, J'ahresh,, 4, p. 581 ; el d. 4. Benxoviakag, Griech, lFkonegr., 1, p. 2104 (appendice à Iu p. 86, X, o0. U'esb EL Reno tt, LE, pe 86, qui est responsable de l'alfiemalien d'apres licquelle Ia statue du 8a2ripieion ent ete un umienm,

n

LE

slalue

memphile

remonterait

à l'elfigie du

SARAPIEION

DE

Pindare en bronze.

MEMPIIIS

dont

Pausanias

nous dit qu'elle était, encore en son temps, en place à l'Agora d'Athènes (1) : devant la Sloa Dasileios, donc. vers l'angle N.-O. du quadrilatère de la place

publique. L'auteur des Lettres à Eschine avait vu aussi l'œuvre à Athènes ; il dil de cette εἰκὼν χαλκή xxi ἦν αὕτη xxi εἰς ἡμᾶς πρὸ τῆς Βασιλείου Στοᾶς, καθήμενος ἐνδύματι xxl λύρᾳ ὁ Πίνδαρος, διάδημα ἔχων καὶ ἐπὶ τῶν γονάτων ἀνειλέγμενον βιδλιών... On voit, d'emblée, ce qui s'écarle el ce qui se rapproche. I] y avait donc à Athènes, devant la Stoa Basileios, et ainsi prés du temple d'Arés, comme on sait aujourd'hui — un Pindare assis, en bronze, enveloppé d'un manteau, la Lêle diadémée, avec une lyre. Mais il tenait, à la différence

du

Pindare

memphite,

une

partition musicale posée sur ses genoux. Partition dépliée, ouverte : on imagine un volumen, avec les notations de gammes que nous trouvons sur les lextes musicaux urees : pierres inscriles des hymnes de Delphes, épitaphe de Seikilos, ete. (2). Grâce à la découverte de la statue memphite, nous sommes mieux en mesure, de répondre à la question posée par Fr. Winter. La comparaison de la description littéraire et du document du Sarapieion nous ôle d'un doute. Il ne peut pas s'agir, à Memphis, d'une réplique inspirée par la statue d'Athènes, que J.-J. Bernouilli croyait érigée peu de temps après la mort de Pindare (44? av. J.-C), et qui, en fait, comme l'avait vu déjà Fr. Winter, devait dater au plus de la seconde moitié du 1v? siècle : car Isocrate l'ignorait encore. U. Wilcken, en IUl7, hésitait pour sa part : « L'allitude du bras droit, écrivait-il (3), conviendrait à

l'hypothèse selon laquelle le rouleau aurait été posé sur les genoux de Pindare : celui-ci l'aurait Lenu de la main droite ». Mais il ajoutait : « Comme la main et les venoux (sic) manquent, on ne peut savoir avec certitude d'après le dessin ide Mariette, si cette descriplion convient peut-être à l'aide de l'original ».

ici, Cette

question

encore

se résoudra

IT est. vrai que nous avons l'original. qui règle la question. Mais déjà le dessin de Mariette, s'il eût été observé d'assez pres — U. Wilcken était épigraphiste.et non spécialiste de l'archéologie figurée — eût donné la réponse : l'extrémilé

des

doigts

de

la main

droite

était. conservée

en.

1851,

et l'est encore.

Elle

pose à droite sur le coussin, comme on voil. Ajoulons qu'il ne pouvait y avoir la moindre ambiguïté ou hésitation sur l'absence de tout rolumen. I reste assez des venoux, libres. pour en témoigner encore. — Autre indice : les yeux levés, et le port allier de la téte de la stalue memphlite. Ce Pindare ne lit. ni ne déchiffre. Cest un maître inspiré qui rêve dans la société des poétes de l'Exédre : qui reearde,

el

vers

eux,

el

aux

cieux

; il se peul

qu'il

enlende

une

harmonie,

ou

des

VOIX. jb:

€f.

Pavssxtas,

io

hs

Pres,

F, 5S, Bet

ΝΙΝ ἐς

Pari po- Fscnie,

Prirers.

Grenade

ΠῚ ΠΝ 7111 irecanie, en ieeneral, Ies bestes valent ἢ

7 adlivierses ebues pm tuiles ont paru ilequaie AP. gp6d-1n bre. uhrho, t2, HITS

,

Epist, es

po

LE 131

p. 06th sque.

pour

Fepilaplie

ete réunis nmoltanmmient par Thi. Haan, bars;

de

sSeikilas ; sur

Ia

fu nimsique grecque,

LE

PINDARE

DE

L'EXEDHRE

61

Ainsi, la conclusion est certaine. Le type du Pindare du Sarapieion est une œuvre originale des premiers temps alexandrins : il a été créé sur place, pour l'Exédre méme des onze slalues. Nous ne manquerons pas d'ailleurs d'une preuve complémentaire. qui ἃ son inlérét, Une œuvre conservée esl proche, par la pose de la staltue-portrail

d'Athènes : c'est le poete en marbre de la Glyptothèque Nv Carlsberg Τὺ, dont la téte nous est aussi connue par une meilleure réplique, conservée à Londres (2

fig. 27-298). M. Kk. Schefold | Bildnisse Dichler, ele.) hésitait encore, semble-t-il, sur l'identification, qu'il a accompagnée d'un point d'interrogalion. Même aujourd'hui,lesincerlitudesnesont pasexclues. Leu Pindare » de Copenhagueest d'ailleurs un musicien en aclion, bien différent, nolons-le. La statue-portrait de Copenhague n'est qu'une réplique, une F'mbildung. dirait-on

en

jourd'hui

Allemagne.

des

Débarrassée

restauralions,

elle

au-

décele

encore certains rapports avec l'œuvre

qui

consacrait à Athènes la gloire de Pindare. el

la

gratitude

des

Athéniens

envers

le

poële des dithyrambes, admiraleur sincère des

Cécropides

et de la cité lumineuse

de

Pallas. Hl] s'agit, à la. Glypltothéque Nx Carlshberg, peul-on croire, d'une copie, du début de l'époque impériale, d'après un qu.r original a

à perdu,

proposé

la

pour

date

"

dE lequel

de

M.

150-170

K.

-i(C[e Schi [old

av.

J.-C.

Fa, de

Si

7.

Le

la Glvplothéque

avec

s Pindare Ἀν

Carlsberzg

les anciennes

» n9

44

Copenhague

restaurations.

cette hypothèse est approuvée, on pensera qu'on avait fait, à l'époque du style d'imitation classique, une transposition de la statue de l'Agora d'Alhenes, Car, en postulant cette œuvre intermédiaire, nous pouvons mieux suivre les arrangements subis par le motif, Pres de la Stoa Basileios, I)

Glivplothéque

;Sdblende

Publie.

Digler:s!

ΟΝ.

Ἀν

Av

Curlsberz,

; [κ΄ Scire,

Carlsberz

,|

Copenhague, Hiblnisse

LOS,

d'Athènes; elle à été Erouvée ou méme répliques assemblées d'apres Ies Statues ἡ

|’ Aeropole

2!

p..

77-79,

4. 0... p.

pl,

430.

(Ng

οἷσι,

p.

46-30

Carlsherg 138-19;

pl, Vnum

: Archiloque®.

Anlike

PouLses,

La

1490, L, eb p. 11}.

*kulplurer, Les

portails

statue-portrait

lieu qu'un Anacreon. I&. Secngrorp, FL [FL p. athémiennes des grands Iyriues (Xnnereon

;

K. Scnkrorp,

n9

Dioider,

p, 409 qreex

provient

6» : il y avail là des figurait, d'autre part,

62

LE

le Pindare d'Athènes, a pu

oublier —

un rolumen

surveillait

chœur

visage,

avant

28,

ablalion

{chorodidascale) ; il tenait

DE

posé sur les genoux — « livret

l'exécution

Fi, Le

SARAPIEION

d'un

Pindare des

chant

» qu'un copiste

à titre

de

maitre

de

», Copenhague

restaurations

la Ivre

choral,

MEMPHIS

(et

haut

de

le plectre

la

Léle,

?).

nez,

elc.

Hl portait

le bandeau

de chevelure, un manteau qui l'enveloppait peut-être plus qu'à Memphis. II avail la lyre à la main gauche. On l'avait imaginé Eres allentif à instruire professionnellement

le chœur:

un exécutant

même,

maladroit.

énervé

par quelque

faute, 1] semblait

Pathélique, mouvement

prét

à morigéner

instantané, fougue, les copistes



PINDARE

DE

L'EXEDHRE

6)

ont essayé de traduire les mérites de l'original. On mesure en un cas la part de succès qu'ils ont pu atteindre, s'il s'agit bien à Copenhague, d'un Pindare encore. Il faut remarquer le siège à dos courbe et à pieds de lions de la statue Ny tarlsberg, l'étoile de l'himal'on plissée vers le bas, les chaussures à lanières de cuir, détails réalistes relativement tardifs. Il n'est pas exclu que le copiste néo-

attique de 180-170 ait entendu parler déjà de la statue du Sarapieion memphite. Le manteau du « Platon », à Memphis, imite lui aussi, indépendamment, une étofle un peu bourrue, indice alexandrin. Sur les pattes de lion du siege, les veinules animales ne sont pas conventionnellement marquées, comme il arrive pour certains sièges « animés » de l'Hémicyele memphite ; aussi, il est à croire que lexécutant n'a pas aimé Lous les raflinements techniques qui amusaient les Alexandrins. L'arrière de la statue n'est d'ailleurs pas achevé et montre partout les traces de la boucharde. L'essentiel, du moins, de l'évocalion remontait-il au prolotype de l'Agora d'Athènes? La consécration

faite surl' Agora aurait bénéficié de celle renommée des

statues de la capitale, dont M. K. Schefold a bien montré l'importance : véritable privilège accordé aux intellectuels dont la gloire, favorisée, avait porté les reflets directs ou indirects du zénie d'Alnéna!. Il n'est naturellement pas question d'oublier ici les raisons qui avaient pu amener Pindare à une place d'honneur dans l'Exèdre de Memphis. là où Homère avait la préséance. Dés 1917, U. Wilcken avait tenté d'éclairer la question à l'aide des documents dont il disposait alors. Il suffit de rappeler que Pindare (522-449 env.) — de la race des Égides, famille thébaine mais dont on relrouve des rameaux à Sparte, Théra, Cyrene — avait été un des premiers, parmi les écrivains grecs, non seulement à faire mention de Zeus Ammon, mais à lui

accorder l'hommage

personnel

de sa piété.

Il avait, d'autre

part, dédié

des

Épinicies à Arcésilas IV. vainqueur à Delphes (?). Il allait volontiers surveiller lui-même l'exécution de ses œuvres lyriques et musicales, et il esl. probable ainsi

qu'il était venu en Afrique (3). En tout cas,

à Memphis comme à Alexandrie.

aucun poéte, aucun érudit, avant méme la fondation de la célebre Bibliothèque. n'eût pu ignorer ou méconnailre sa gloire, devenue classique dés le lendemain de sa mort. Lors de la destruction brutale de Thèbes, Alexandre n'avail-1l pas ordonné qu'on respectät la maison du poète, seule exclue de la vindicte guerrière ? Les rapports de Pindare ne s'établissaient pas seulement avec Cyréne el avec le

{ΠῚ Mais M. Van Poulsen éroil maintenant à; un Archileque, edt osenblisne da. différence ides. rail ceux idu Pin are de Mermplis. i2) IV et Ve Pylliiques, - Sur Pindare à Cyrene et son rôle prisa &reesilas IX, cf. lr ΓΑ ΜΝ Cryrêne sens |a merarchie des Falliades, vt, notamment p. Diti. (3) Sie, FP. Gao x, Fo; inversement, une stalbue ide culte; due à Calumnis, à Thelus, dans un avec

sanctuaire

de

Zeus

Ammon,

avait

été,

dissib-on,

consacrée

par

Pindares

[e

quete

aurait

envexe

iux

Ammoniens de [ibye un hymne peur le dieu de Poste ide Sinunli, Pausini, quile vit iU, Τῆς, Pin fui savoir aussi que cel hymne eneare et inserit dans PXiimonion ide Theles DBeotie', sur une stelle Friuneulaire, prés de luutel: stele que Plolemre et, fils de Loges, avail hui-meéme eonsaerée ἢ AXnmen.

64

LE

sanctuaire

oraculaire

de

l'Oasis

de

Siouah.

SARAPIEION Ptolémée

I*r,

DE

MEMPIIIS

en Grèce,

visitant

la

Thèbes béotienne, y avait fait graver sur une stèle triangulaire l'hymne pindarique pour Ammon. — Celle raison expliquerail à elle seule la présence de Pindare Ensuite

dans l'Exèdre seulement, les

de Memphis, bibliothécaires

consécration due au méme Ptolémée. et savants alexandrins — sans doute

invités à celle tâche par les princes lagides — firent une édition usuelle, comme on sait, des œuvres du Béotien, répartissant alors ses dix-sept livres en neuf groupes (1). Il est plus que probable que les Lagides avaient encouragé, sinon dicté l'entreprise. Car la mémoire de Pindare bénéficiait d'une spéciale faveur chez les princes macédoniens. On n'oubliait pas qu'il était allé, au temps d'Alexandre Ier le Philhellène, honorer de sa présence une cour jugée alors par d'autres provinciale, voire assez barbare. C'est

peut-être,

d'ailleurs,

aussi de celle condescendance qu'Alexandre, lors du sac de ΤΉ l'ordre d'épargner la maison du célèbre poële-musicien.

en

mémoire

ρα, avait

donné

* *

c

Le Pindare de l'Exédre, au Sarapieion de Memphis. n'avail jamais pu être éludié assez directement jusqu'aujourd'hui, el les vieux dessins de Mariette, zi précieux qu'ils soient, se montrent bien, désormais, incapables d'en avoir pu faire méme deviner le style noble et viroureux. C'est une révélation que celle œuvre d'un sculpteur grec d'Égypte, travaillant la malière ingrate qu'est le calcaire avec une fermeté de ciseau propre à évoquer les techniques de l'archaisme (2). Du moins, la pose de la statue-portrait reste classique, et, dans son intention. le type du poële aussi. Sa grande lyre posée près de lui, Pindare n'a pas élé représenté en action musicale terrestre. Tourné vers ses compagnons de l'Exedre, il apparait, on l'a vu, en apothéose, génie du lyrisme choral, peu éloigné de faire penser par sa beauté inspirée, à l'image des dieux majeurs de la seconde moitié du εὐ Ὁ siècle, voire au célebre Sarapis qui fut la eréation, à peu près contemporaine. de Bryaxis, mandaté par le premier des Lagides. En 15925, M. G. Lippold doutait encore (3) que les statues retrouvées par Mariette pussent être datées du début de l'époque ptolémaïque, C'est là une certitude aujourd'hui, comme nous l'étaIE Sur [Ie sort fail à ΤΠ ΠΝ ΤΡ de Pindare à Pépeque ulexumdrine, etur bes Urin

ee sen teste alere ἢ

suscités — diese riemmeade Plholemeée r7, fondateur Mirsceed de a BiblietliqueslAlexzndrie:— Histedre du dlexle se Pitidare, Feet pe 1 spp Polemee 15 aehieba à Melee de Sepe, peu

Bibliotheque Aristote, eb

gu.

1Ἰ

Ironver

on

a

relevé

Ie voisin

liv res; Le

de

aehats

bli EIrinsporta Athenes, sins

de

Plone

à

furent

rüle

pue

dbxedre

en

ees

du

completes, en ee

275; Voir statues

netummnint

Fesisehrift

PP.

idi sarapieien

Le [rival

Are Dretivees

qo

le par

eb

sns par

murnaplienm

dans

«pii concerne

chasses par Zemwlete vere ἀϑάτ ας, ΠΡ" Vlecqunie, el Pindare. suns (que nire soyons CV

Jib appel

cirronelanees

Fa

Mariette,

[l'orzszanieution

Pirdare,

|.

de e

idle diversis

férié

pe

Pu "egnerei,

4, etd plo iUnd,

nme

fail

Tarots,

Pi d

ἐν ἰὸς ps 4} qui

allait

se

eollectian

cde

po

nonvelle

9 enrees

bibliothieeuire d Nlessinidrie, qui edita reneebenem en dell «ur ee Eravail JL.

ode bla eheyelire à Varriere, spp

Peripatetieiens: Dermelbrios

e6[ 1. Duros, apres 8T, [a

31-2325

nd

n da pe

P2, foie on

P Hbomere, b.

lu

dal,

sauf

erneur,

7. pus

des

LE

PINDARE

DE

L'EXEDHE

Go

blirons (1) ; nous voici maintenant mieux en mesure de répondre à la question posée — en 1938 seulement — par Fr. Poulsen : Gabes eine alerandrinische Kunsl? Nous avons des originaux sous les yeux. C'est l'étude de tous ces documents, nalurellement, qui pourra faire

apparailre,

au

mieux,

des

vues

d'ensemble. Quelques remarques sEvlistiques ou de technique seulement sont dicites, 101. d'abord, à propos méme du Pindare, qui esl

d'ailleurs

la.

moins

mulilée

des

slalues relrouvées.

Alexandrie n'avait pasde mar-

bre. et l'art ptolémaïque a débuté par des slalues en calcaire, slaluaire en marbre, œuvre tailleurs de

statuaire

La de

pierre grecs, comme

en

calcaire,

la

n'apparail

eueére dans Alexandrie qu'au débul

du me siècle (2), et elle a pu ainsi, sans qu'on veuille l'affirmer, être en

léger

retard

sur

n'avions jusqu'ici enages

isolés

l'autre.

que

de

la

des

Nous

Lémoi-

sculplure

en

‘alcaire, dont le groupe — mére el lille — d'Alexandrie (fig. 29) (3). Peut-être s'agit de princesses lagides,

l'avail

comme

Max.

Collignon

pressenli, mais la destina-

Lion funéraire n'est. nullement cerlaine, I] suflil de rapprocher du Pindare ce groupe — alexandrin haut. 1 m. So). pour reconnaitre les mêmes aspects: Ltechmique et :

st vle.

Le

!

traitement

de

la

le 09. — RME

draperie.,

princesse

ANA

au

Musée

Ide

et

ἘΠ᾿ CARRE mammantie,

d'Alexandrie

sa

fille;

:

hnuleur,

1

m.

δ,

(4) Le voisin de Pindare, dans l'Exedre, appe sur tn hermks de Sarapis, est certainement Démélrios de Phalére, qui devait à Sarapis d'avoir recouvre Ii vue, Or, de méme que Ie Pindare évoque la pose de Surapis, el les visages burbus el chevelus des dieux de la seconde moitié du 1v^s,1e Démétrios de Phalere est trés proche, on le verra, d'une des effigies D'iessaliennesde l'exsvolbo dé Davchos à Delphes (apres 3:7),

-Lalue elle-même appuvée sur un hermies, (2) Cf. les documents analyses par M. A, Apntyxr alessandrina, 1946, eb années suivantes (ET. en

dans ses éludes récentes, Documenti

i3) En outre, quelques Létes isolées, dont l'étude n'est pas faile, mail signalé cinq à la Bésidence idu Putriarehe d'Alexandrie,

LUS,

p. 24 disail ne connaitre

JdoPH.

LAUER

ET

CH.

ΕἼΤΑ ΜΙ»

que deux

Max. Corttixox, lk. Grenat eR, AA.

[etes en ealeaire qui fussent plus grandes

e ricerche d'arte

Mon. Prol, 4, 1516, MIN. 63 61, 10...5-

que nature, E

6n

LE

SARAPIEION

DE

MEMPIILS

les veux levés (1), sont comparables ; el l'on pourrait se demander si l'exécution n'est pas, 101 el là, due à un méme artiste; mais la question devra être reprise avec velle de la date

du

groupe

alexandrin

dit « funéraire

», à remonter

selon

moi.

En comparant le Pindare de l'Exèdre avec les documents plus proches (?; de la slalue-porlrait. d'Athènes, il est difficile de ne pas être frappé d'un peu d'emphase dans l'expression — si mutilée soit-elle — du visage du poele-musicien. L'intention de montrer un v inspiré » et un inspiré dionysiaque (2) a déterminé, sans nul doute, l'aeccenlualion qu'on remarque, notamment dans le rendu des yeux un peu exorbités. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'on a pu relever déjà la tendance à lexorbilalion sur un certain nombre d'œuvres d'Égvple el de Cyrénaique; et méme qu'elle a élé considérée comme un caractère spécifiquement africain (3). Nous étions encore mal renseignés sur la technique et le style de la sculpture plolémaïque en ronde bosse, à Alexandrie comme à Memphis — el ailleurs |4; — Les vingt

statues lrouvées

par Mariette,

laissées dans

l'oubli un siècle,

auraient

pu. si on avait été en mesure de les étudier el de les daler correctement, orienter mieux notre connaissance. On le verra ci-après. par l'ensemble des seulplbures monumentales en calcaire du Dromos. Ce qui peut dés maintenant étre pressenl? aussi, c'est que l'Assemblée des onze poëles el savants va reprendre, dans lhisloire de l'iconographie hellénislique, le rang capital qu'elle avait eu, et qu'elle mérite toujours. Il n'y a aucun ensemble de cette importance ailleurs, el si on a pu parler d'autre part d'un groupe d'intellectuels du Sarapieion d'Alexandrie, il n'y avait eu là que des imitations. Non seulement Memphis nous rend pour la premiere fois plusieurs « célebres inconnus », comme eûl écrit Fr. Poulsen : Démetrios de Phalère,

Protagoras,

précieuses

aubaines,

statues-portraits,

hélas ! acéphales ;

mais nous lui devons, touchant la représentation alexandrine des traits du vieux poete d'Asera, Hésiode, d'autres Iumiéres décisives, Ce ne sont là que les gains

[1

CE, Ta s Berenice

2|

Un

mele

Fopenhliueae A,

|

une

sidbuu

ebdessns,

Sur eet

Musee dq Alexamlrie, ndis

couronne

poo

de

Jierre

auteur

da

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Mon, Put, πὶ

d'une

des

copies.

ΠΟΤ dir

p. 103- Er.

fpe

dur

poele

de

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indice, efr.

Povpsps,

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pe 10

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Fer

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3108-32,

EE, poo spy. [ἡ propes di Borisns de sbeitla, p. ME n. 71. E: Dans son élue sur: Xxexanders Blais utied Alexamlerlypirs», MA. ME, 63-610, LES LUS, ps] sq. cs Iss Ge biauer peseedtbail qu'il nous 1 ure ebuie complete des sEibine ΤῊΝ ΠΑ ΠΡ “λας celles ide

erp.

marbre eb les intres ; mais ee sonl bles documents dont preinieres ΠΡ με ἐς,

ebusdes ΔΙ ΡΠ,

Lurement. ΠῚ

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4E. H0,

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Plolemie

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Egg qui

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de

(6

faire

Watan trop

prema-

Fe

ps 79,

Le livre

peel

rer ailans

letuile

ides centres de priiduelien plastique imbres qu^ Xlexarmdrie: id Hernimpolis à trenes ne donnent pus rain. elbhinse ide plus que Pernurmneratio d'um maleriel plus en meine ΠΗ ΤΠ, &K. (eher [ast grand cas des études

ade 1.

Romans

br,

able

Τῆς

HIS,

UN, nnb Hee,

sur Fa Leelinbipie idem mend plures ulexzmdrines,

Miis les resultulz sont limites, ef Des esnelusienms qme sent pus bouperirs sûres. ΠῚ est us9ez uU eediliummel encore «de repricher à Farb alexarmdrin » lirmdecision « dans bes contours, CÉFíocneore Eno ΤῊ sono, Des Bhellenistische Hil Πα,

p.

12.

LE

PINDARE

DE

L'EXEÉEDRE

^7

principaux, Lirés du monument même, Toutefois, on peut aussi, dés maintenant, indiquer ici quelle a été l'influence de l'Exédre du Sarapieion, sur les Réunions de Sages, qui, multipliées ensuite, adopteront presque en règle la forme hémicyclique : à la fois sur le monument funéraire d'Hiéronvmos de Rhodes, ou sur d'autres — sur les mosaïques paysagisles évidemment dérivées de tableaux alexandrins qu'on a retrouvés en Italie. celles de Naples et de la. Villa Albani — ; mais aussi sur les manuserils illustrésel cela jusqu'au temps du célebre Codex dit du « Dioscoride » de Vienne. L'influence sur l'art. médiéval pourra être suivie. J'ai déjà montré dans une élude anlérieure ( Mon. Piol, 46, 15952, LL)

qu'à un échelon intermédiaire, dans

le tracé

de celle

longue

évolution, il n'est pas peu signi-

licatif et important consblaler,

grace

de pouvoir aux

sarco-

phages orientalisants sculptés, dits du type de Sidamara, que du Levant méme à l'Occident, non seulement le souvenir de l'Exédre memphite a trés longtemps subsislé, mais aussi qu'il est resté inspiraleur d'aulres monuments d'art,inexplicables sans lui. Nous donnons iei en cul-de-lampe une vue du sarcophage conservé aux

boul,

vue

ha,

d'Ambar-Kalessi, Musées de Slarm-

prise

au

moment

méme

M.

du

Téte

du

ce Phdares

transport

de la.

de

Londres

lourde

Britisli

piece.

Museum,

est

à

peine besoin d'appeler l'allention sur les ressemblances qu'offre le majestueux personnage central un μού!οι ou un « sage » avec les stalues-portraits de l'Exédre

du

Sarapieion,

el

tout.

parliculiérement,

avec

le Pindare,

pieds de lions tournés à l'opposile, siege qui n'est pas exactement du

Pindare,

mais

qu'on

retrouve

plus ou

moins

pour

cerbains

Sur

un

siège à

prochede celui

de ses compagnons

de l'Hémieyele; el nolamment pour le Protagoras, on voit à Ambar-Kalessi, de profil, un noble figurant, assis, qui a la pose du Pindare — pied gauche en retrait,

ΠΝ

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

jambe droite détendue el avancée (1). Hl tient de la main gauche un volumen qu'il semble déplier et vouloir lire. Sa main droite louche le coussin du siège, comme

faisait. celle du Pindare de l'Exédre (2). Pour rendre l'allusion plus évidente, le personnage central de la cuve funéraire conservée aux Musées de Slamboul, dérivé d'une statue, évoque aussi le souvenirde l'Exédre célébre de Memphis. Car le socle sur lequel sa représentation esl posée a un profil courbe à l'avant, comme l'avait fait noter G. Mendel (3) : détail montrant à l'évidence l'imilalion. voulue, C'est à l'Exédre de Memphis. placée au

Sara ieion

dans

un sanctuaire

funéraire et à l'endroit

où les Pharaons

recevaient déjà l'investiture, qu'il faul désormais rechercher le point de départ des représentations, poëles

et

des

Le μουσικὸς

chères

à

l'arl

philosophes

avis

n'élail

romain,

comme

pas

un

qui

une

ont

évoqué

garantie

simple

lecteur

contre

la sagesse les

terreurs

Lerrestre ; mais

inspirée de

l'image

des

l'au-delà. immortelle

el bienveillante d'un de ceux mêmes qu'on lisait : ceux grâce auxquels antiquité avail bénéficié de celle consolation el espérance humaine la plus durable, la plus haute : la pensée, [1j

Mme

Mare.

Bistum,

Hom.

Mill., 12,

1917,

p.

136,

fle.

Hà, comparail

déjà

s

Pindarede Memphis

Ie

pliilosophie pxylLliazericien, assis, de Ii fubula athenienne qu'elle avail publiées Ff. FL. p. 130 sqq.) v voyant s Lort un marchand d'huile icf. pour l'exacbe interprétation, acceplée par Fr. €i uos, Gh. Ptcani, Her, areht., 19 0,

T, p.

(Mw A.

ΓΙ

Et

ΗΑ

ΠῚ

ΤῊ

et

bel,

1005,

n T des souvenirs ΝΗ,

take

MrxpEL,

Cul,

Hier. 6-06 zal un τ ΤΡ ΤΙ

TF, p.

151-125]

lvsippiques

(ee men,

1

Tafeln,

Constantinople,

propeiser 2m «iussi,

Fi.

: et

ci-dessus,

: on comparerail V,

p!

1912,

Do:

p. 958

mW env, z IL. T. Magnoc,

3.

"urcepliase

ll,

p.

A4

encore, p.

21

sqq,

πο

Mouetxôs

n.

6.

ii besoin,

le Xil de La Tazza

Farnese,

Money,

T,

sin.

112;

uvre,

dq'Ssmbar-Isalessi

Rufus

19007, n"

8hlanara

7.

Sardis

V,

p.

40

p. 8? sq. qui a parlé

CHAPITRE

IV

DÉMÉTRIOS DE PHALÈRE Les stalues-portraits réunies en demi-cercle à Memphis (fig. 32 el pl. D. dans l'Exédre d'où vient l'effigie de Pindare précédemment étudiée, formaient une assemblée idéale autour d'Homére, qui a présidé leur groupement. Assemblée littéraire, que l'on eüt pu vouloir déjà lointaine et « utopique » en quelque

sorte, lors de sa création. Elle devait fournir longtemps des modèles. Nous retrouvons encore, en fait, le principe de la célèbre Apothéose d'Homére, sur la wrande peinture d'Ingres, exécutée en 1827 pour un plafond; et l'on eût pu songer

déjà, d'ailleurs, à l'évocation sereine faite par Raphaël, dans son École d'Athènes. au Vatican, fresque exécutée sur une paroi des chambres papales en 1511. Ici et là.

pour exalter la Grèce antique dans sa création poétique et sa sagesse scientifique. on

n'avait guere fait comparaitre que des disparus illustres. Combien est-il intéressant, dés lors, de pouvoir marquer une différence essenlielle, à ce point de vue, avec l'Exédre memphite ! Un vivant y avait pris place, par la volonté, ou la condescendance de Ptolémée Ter Sóter, qui lui-même, quoique historien, n'y figura pas. Démétrios de Phalére peut être aujourd'hui reconnu sûrement près du Pindare (1). Il a d'ailleurs été trouvé avec lui, comme l'atteste l'aquarelle, du temps de Mariette, dont nous avons déjà marqué l'importance (2). Aujourd'hui où des raisons de plus en plus nombreuses certifient la présence dans l'hémicycle de l'ancien gouverneur d'Athènes — hymnographe inspiré et dévót de Sarapis, miraculeusement guéri, d'ailleurs, par le dieu d'Égypte de la menace de la cécité — un caractère intéressant de l'Exédre se dégage. Contem-

poraine du règne de Ptolémée

1er, l'assemblée memphite avait recu la marque

vivante d'un temps où les littérateurs devenaient

en vogue

(3). Or, on

le sail,

la

(1) CF. déjà Ch. Pricanp, Comples rendus Acad. Inser., H1. p. 71-80 C'est à tort que $. Hirxaci. Héperl. stat, D, 1653, p. 313, n* 3, avait donné fe Demetrius comme une statue inserile. (2) On aperçoit l'effigie mutilée de Démétrios vers la. gauche du Pindare ; ef. ci-dessus, Has, ΤῊ, Pour une premiére étude des restesde Bi sbilue, cf, Ch. Picann, Monum. Piot, A7, 1593, p. 77-87, et pl. s. [31 Preétre de Dionysos, le poete Philizeos marchera en eramd apparat, à son tour, en tete de l'étonnante procession solennelle organisée à travers les rues d'Alexandrie en 220-270 (278-275 : W. Tarn, ou, en tout eus,

entre

DS,

par

Ptolémée

IT,

selon.

Callixene

de

Foires,

cile

par

Atlas

récit

de

Masv

nidis,

d'après le. IVe Livre ide V Hisloire d'Aderamdrie : ruri, Hang. sophli,, V, p. LU u-203 ἢ FIG, pH. p. 5* sqq. ; ef, Peler M. Fraser Fill, eorresp, Melle τῆς Pd, p. 1. sqq. c qu S7, n. d eb nm s Cn suit si l'éclal de sa préseneeet Ies honneurs ainsi accordés, ne visent pas à fiire oublier le souvenir des faveurs consenties à Démétrios de Phalere, disgracié npees le regne du premier Lasgide ?

il

LE

SARAPIEION

Fic, 32. I.'Exedre de Memphis z étal actuel : place idu Démeélries — uo 7, en fau, vers Ia droite,

DE

MEMPIIIS

DÉMÉTRIOS

DE

PHALÈRE

71

rapide disgráce politique de Démétrios de Phalère en Égypte - — aventure qui devait entrainer pour lui l'exil et la mort — date des premières années déjà

du règne de Ptolémée II Philadelphe. Une indication précise el précieuse sur la date de l'Exédre

nous est donc fournie, en outre,

par cetle constatation

capitale.

"V

Parmi les renseignements qu'il a livrés lui-même sur le dispositif des statues de l'Exédre memphite (1j. Mariette avait consigné ce. qu'on lira. 1ci-apres « La statue de Pindare n'élait pas seule. Nous avons retrouvé. successivement dix autres stalues, grecques comme elle. montées sur un socle commun qui affecte la

forme

d'un

Hémicyele,

Toutes

sont

d'un

slyle pitoyable (2). el la plupart des léles manquenl. Les statues sont si mulilées que, pour les soutenir el les empécher de tomber, on ἃ élevé anciennement

une

grossière

construclion

en

pierre, qui les relie l'une à l'autre ». Dans ce texte. nous avons nous-même

souligné iei les observations les plus utiles aujourd'hui. Bien que U. Wilken ait contesté en 1917. l'interprétation du mur, qui est en pierres sèches (3). Marielle a eu raison, on le sait mieux désormais, en pensant que les statues élaient déjà mutilées dans l'Antiquilé, el. qu'il avait bien fallu les empêcherun jourde tomber. Le fait que la téte du Démétrios de Phalère à élé

récemment

relrouvée,

comme

on

le verra,

par

M.

Lauer.

cours

des

derniers

J.-Ph.

déblaiements

(4),

au

atteste

que

la consolidation

antique n'avait été qu'une mesure de forlune - où d'infortune - et que les stalues-portrails étaient déjà en partie brisées, lorsqu'on tenta de les consolider et. de les proféger. Outre la tete. divers fragments importants ont été aussi récupérés, du Démétrios. et l'efligie es! mainltenant

plus complète

rait sur



l'aquarelle

que

dans :

dalée

de

l'état οὐ elle appa»

la fouille

1 1 Le δόγμα, p. Τῇ, Le Pindare aide dej à Pprzerode Perreur 6 rh. Jul, 2 LUS, pe. ΠΗ ΤΣ,

b

Hull. Inst. Équipe. ἅς

Do

d-edesens o gis,

do,

VOD

"

ἦν

P

: état

ceopninise,

p. MT qup

exeusalile

ef. ps 2,

Vi, cnt ij

apres

vere

pw.

De

Dennis

de Phalere,

Le

ss

ernapus

Maple

pelo

iru

13

LE

SARAPIEION

DE

MEMPHIS

disgracié correspondant à celui que vil Mariette, et dont aussi témoignent son croquis et l'état connu en 1939 (fig. 33). Constatons que si Mariette avait tenté de dégager lui-même lors de la découverte les statues prises, en quelque sorte, dans

la gangue du mur, elles eussent risqué de subir encore, jusqu'à nous, bien plus de

dommages.

En

somme,

son

abstention,

qu'on

a

été

tenté

de

lui

reprocher.

n'a pas eu de trop mauvaises conséquences. Comme on voit, il ne s'est pas interrogé avec plus de précision sur la date des précautions prises avant lui : « anciennement », dit-il, de facon laconique et assez vague. — On pensera que ce pouvait être peu après le temps où les néophytes du christianisme avaient brisé les idoles des temples paiens (1). Mais pour le Démétrios de Phalére, qui fut proscril dés le régne de Ptolémée II, la date de mutilation n'est pas sûre,

On pourrait douter que le Pindare, et la statue voisine de lui, eussenl élé eux aussi engagés dans le mur de pierres séches, au moment de la découverte de Mariette ; l'aquarelle du chantier de fouilles les montre (fig. 19), l'une et l'autre. de facon indépendante. En tout cas, ces deux effigies ont été Lrouvées, lors des fouilles plus récentes, replacées librement dans la série de l'Exédre (ici, fig. 32. Le Pindare garde sa plinthe comme en 18250. La statue voisine était encore sur ses jambes, lors de son dégasement en 1338. Les jambes furent brisées avant le réensablement de 1940), L'œuvre ici étudiée a été reproduite apres la découverte de Mariette dans l'Allas,

1 b,

fig. 5. La

hauteur

de

la

partie

conservée,

au

temps

de

Mariette

élait de 1 m. 72. Mais, on l'a dit, depuis 1938, la statue-portrait s'est rompue en deux morceaux. Acluellement, la hauteur du troncon principal reste de 1 m. 40 environ ; pour la plinthe, il faut compter environ 0 m. ?8 ; ce qui donnerail un

chiffre total de 1 m. 68 environ. Le premier caractère distinctif de la statue est sa position debout. Installée certainement jadis auprès du Pindare assis, elle allesle ainsi une alternance qui a pu, semble-t-il, régir tout le groupe de l'Exèdre (2). Un autre élément important est l'appui pris par le personnage à gauche sur [1] ΓΟ ΘΕ. suns doute en juillet 495 que fut semble-t-il ainsi, les cérémonies palennes qui analogue intervint alors aussi à Memphis. Les ent ὑπ rassemblés : ef pa ex. A CanpEmn

fermé Ie Sarapieion d'Alexandrie, et que furent supprimées, se faisnient en ee sanctuaire, On peut croire qu'une mesure textes concernant la destruction du Surapieion d'Alexandrie pP, dHIienaurba deb nomi seaegrafie e dopoegrafiri dell Egith.

greco-ronmano,

Harscues,

T,

Thewlosius den

Fs

v.

(rossen,

Surapieten] ; Gr

p. 2801 908;

dealer

d.

christlichen.

In date exaele a cbe reetifiee par OÙ SEECK,

Kirche

Geseh,

unter

dem

Kaiser

des fFunlerqangs

der

antiken M elf, N. p. 1. - Pour Is desEruetion de lLidole ;ereuse, sur armature en bois), ef. W. Αι α΄ RU, Iter, arch, rt, D, p. 077 spp - Hepreduetion ieonvenbienunell] de aspect du temple, ivee Iu statue, A. Hav ΠΗ eb]. rper, Foenlseliriflen «f| Aud. d. Wissensch, i M'ien, Phil.-hisl, laser, 51, HL, FE

1. VI, p. E2204 i efe pon qu E avee Ta Jeunes 1 dd ueni Hà d'une chronique mondiale alexarmdrine, avec quelques miniabures: Papers ide Ei Co V Goleniselievo, Pour Vetablissementidu mur protecteur ἢ l'Exedre, il n'es

pas sür qu'il

Balle

penser

trop

précisement

iu

benipe

de dE rehabilitation

temporaire

du

prrsunisimne,

allieiellerent recommander par Julien lXpostit: on en suns doute alors Len à accorder, itis. personnes ie F'Exede,

une

p.c

da late

ns,

apres

Les 26

réparation

de

moitie

medioere

: ef

d.

Ph.

Fast

pus FE

eisdessns,

po

71.

nodo

réouverture des berges d'Esvples, orderinee Je 4 fevrier 02, sius ἢ

révoltes diiidizsenes, elle impurbinte iuestien

a ebe

abundee

par

M. Ph

Jost

nn

Fl.

Pust.

Equi,

qui

rappelle,

VXpistat,

[dq

DÉMETRIOS

DE

PHALÈRE

73

un hermeés-pilier rétréci vers le bas (le croquis de Mariette est à corriger d'après notre pl. 8), que couronne la tête barbue, coiffée d'un calathos, el dirait-on, à la chevelure laineuse — ainsi aisément reconnaissable d'un Sarapis égyptisant. L'hermes-pilier servant d'accoudoir à une statue était apparu dès le début du 1v* siècle en Grèce (| 1). On peut s'étonner que, reprenant l'étude des trouvailles

Fic.

A.

vues

Anciennes prises

en.

photographies

LOU,

: aj

à

quuehe,

faites de

sur

place

face ; b)

à

de

[ἢ statue-portrail

droile,

au

revers

de

avec

Démétrins l'hermes;.

de Mariette en 1917, à la fois comme archéologue — bien qu'il s'en défendit — et comme épigraphiste, U, Wilken ποὺ! pas remarqué dés alors l'indice d'influence à chercher du côté des compositions de certains maîtres du second classicisme, Céphisodote. l'Ancien, Praxitéle, Lysippe. C'est surtout. du côté de Lysippe, en fait, que la statue de l'Exédre nous invite à tourner maintenant nos regards el nos souvenirs : avec quelque insistance, car il v a à la fois, pour délerminer le rappel, la pose significative. du personnage et la présence de l'hermes. On se reporlera, dans l'ex-voto de Daochos à Delphes, à la statue hanchée (1)

ἀμ.

Fritz

MuruaANSN,

Heidelberger

Céphisodole

Aka,

l'Ancien,

LE, que l'on doi

pere

Sloluenslätsen

VO de

(19250),

Praxitéle,

rementer avant

i.

n'a dans

dekoralives

pas

tenu

l'invenbion

Heunerk

compte, de

ee

an

p genre

be btemps de Ii statue delphique

qriech,

16-17, de

de

πὶ.

In.

support,

dite Sisvplies

rémischen

part ΠῚ

due

Pourtant,

Hiliwerken,

sans

doute

n

il reconnait,

(es-voto de

Dochüs!,

1

LE

SARAPIEION

DE

MEMPITIS

dite maintenant de Sisvphos 11/10); le personnage es! appuyé du coude gauche sur un hermés archaïsant, non rétréei vers le bas. Le Pharsalien - un jeune homme -— portant son léger manteau à fibule en équilibre sur l'épaule gauche. lui-méme mollement appuyé sur lhermés-contrefort laisse érnaner autour de son effigie honorifique quelque impression de vanilé assez juvénile, et qui n'étail pas imprévue. Sisvphos TE au moment de la consécration delphique, était d'autant plus satisfait de lui-même, qu'il n'avait encore rien porlé à son actif, pour mériter la vloire : ce que le laconisme de l'inseriplion qui le concerne sugvère assez élocquemment. Peut-être lavait-on présenté, précisément, appuyeé sur un hiermes ancestral, archaisant., afin de signifier combien il dépendait de son génos, et qu'il avall encore à compler surloul sur l'exploil de sa race, La statue s'insere d'ailleurs à merveille

dans

hanchement

l'ensemble,

que dessine

parfaite, à l'Est Nous avons pour

la considere

comme

incurvé

derniere

donne

une

de l'Exédre memphite.

la

pose

générale

et

On

n'exagérera

le détail.

Du

du

groupe.

Le

strueture

berminale

mulalis

mulandis,

de la file des neuf personnages alignés 2. l'avantage de pouvoir comparer aujourd'hui,

la