Traité Des Poisons Tirés Des Règnes Minéral, Végétal Et Animal, Ou Toxicologie Générale, Considérée Sous Les Rapports de la Physiologie, de la Pathologie Et de la Médecine Légale

Chaque domaine scientifique peut se prévaloir d’un ou plusieurs fondateurs. Ainsi, le médecin et chimiste espagnol - nat

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Traité Des Poisons Tirés Des Règnes Minéral, Végétal Et Animal, Ou Toxicologie Générale, Considérée Sous Les Rapports de la Physiologie, de la Pathologie Et de la Médecine Légale

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19

vD sTLvn-vOtrM^

A

TRANSFERRED TO YALE MEDICAL LIBRARY

.,

Jl

h^r%

.

TRAITÉ

DES POISONS. TOME

l

DE L'IMPRIMERIE DE FEUGUERAY, RUE DU CLOÎTRE SAINT-BENOIT

,



{[.

,

,

TRAITÉ

DES POISONS TIRÉS DES RÈGNES MINÉRAL

,

VÉGÉTAL ET ANIMAL

OU

TOXICOLOGIE GÉNÉRALE, CONSIDÉRÉE SOUS LES RAPPORTS DE LA PHYSIOLOGIE, DE LA PATHOLOGIE ET DE LA MÉDECINE LÉGALE

ORFILA,

Par M.

Frnfesseurde Chimie médicale à la Faculté de Médecine de Paris à l'ancienne Faculté de la

quartier de S. l'Institut;

même

M. Membre ;

Membre de la

ville

titulaire

;

;

;

Professeurdc Médecine légale

Président des Jurys médicaux

;

Médecin ordinaire par

dt l'Académie royale de Médecine

;

Correspondant de

Société médicale d'Emulation, de Cbimie médicale, de l'Université

de Dublin, de Philadelphie, des Académies de Madrid , de Barcelone, de Murcie, deslleï Baléares, de Livourne, de Hanau, d'Amiens, d'Evreux , de Tours, etc.

TROISIÈME ÉDITION, c/Levuo

,

comaeo

auaiuenteo.

ei~

Unicum sigmim certum

dati veneni est notilîa.

inveoti veneni vegetabilis, et critérium

veneni mineralis. Plenck

%

Toxicologia.

PREMIER.

TOiAlE

PARIS. CHEZ GABON ET

Ce.

,

LIBRAIRES

rue de l'école de médecine, n° ioj

ET CHEZ CROCHARD Rï£ DI SORBOHWE, "° 3

,

,

LIBRAIRE -ÉDITEUR

ET CLOÎTBE tt-BÏHOÎT

,



16.

*

1826.

botanica

chemicum

dati

.1

\

A MONSIEUR

VAUQUELIN.

M En

ONS1EUR,

vous dédiant

cet

ouvrage 3 je n'entreprendrai

point défaire V éloge de vos talens ni de vos qualités sociales

:

les

uns vous ont rendu immortel chez tous

les peuples civilisés

,

les autres font

constamment

le

bonheur des personnes qui vous entourent. Il appartient

à une plume éloquente

d'être l'interprète

l'admiration que vous excitez ; quant

borne à vous exprimer

les

et

pour

les

à moi, je me

sentimens de la recon-

naissance la plus sincère pour

m'avez comblé,

de

les

bontés dont vous

lumières que vous m'avez

communiquées.

ORFILJ.

Digitized by the Internet Archive in

2012 with funding from

Open Knowledge Commons and

Yale University, Cushing/Whitney Médical Library

http://www.archive.org/details/traitdespoisonst01orfi

PRÉFACE De toutes les branches de la médecine

,

la

Toxico-

logie est, sans contredit, celle dont l'étude excite l'intérêt le plus général.

Liée par de nombreux rap-

ports avec presque toutes les sciences naturelles, elle

occupe

les savans jaloux

de contribuer aux pro-

Le

grès des connaissances humaines.

naturaliste,

placé au milieu d'une multitude de substances véné-

neuses, examine attentivement les formes variées qu'elles présentent, leurs caractères distinctifs

développement reconnaître.

Le

,

,

leur

et parvient facilement a les faire

du

physiologiste, animé

désir

de

dévoiler les mystères les plus cachés de notre organisation

,

cherche a expliquer le

des poisons énergiques

exercent qu'ils

,

et la cause

déterminent.

,

d'action

l'influence délétère qu'ils

immédiate de

Le

mode

la

mort prompte

praticien, instruit des effets

funestes et instantanés produits par les poisons des trois

règnes de la nature , dirige constamment son

attention vers la recherche des

d'anéantir

de

moyens

susceptibles

promptement leur action meurtrière ,

rétablir ,

dans leur ordre naturel,

et

les diverses

TRÉFÀCE.

VÎij

du crime

fonctions de l'économie animale. Révolté

odieux de l'homicide

,

le chimiste

perfectionne les

procédés propres a constater l'empoisonnement, afin

de mettre

le forfait

et d'é-

qui doit punir le coupable.

clairer le magistrat

L'homme du monde

dans tout son jour,

sensible aux malheurs de ses

,

semblables, aime à s'entretenir des propriétés funestes des substances vénéneuses et des

surprenans auxquels

de leurs

elles

donnent

effets destructeurs,

sort des victimes et compatit

de

la

il

phénomènes

lieu

consterné

:

déplore toujours

négligence ou de la méprise

au malheur des infortunés que

poir entraîne vers le suicide

des attentats

,

il

crable assassin;

le

;

le déses-

indigné du plus lâche

frémit d'horreur à l'idée de l'exéil

demande

à haute voix la punition

d'un monstre d'autant plus dangereux qu'il exerce toujours ses ravages dans le silence

,

et

souvent sur

de

cette belle

ses bienfaiteurs.

Livré depuis long-temps partie de l'histoire naturelle,

réunir dans

manque

même

plus

doivent

il

nous a semblé

un ouvrage peu volumineux

les plus saillans

vail

à l'étude

:

dont

elle se

compose.

de

les objets

Un pareil

tout-a-fait à la science;

tra-

nous dirons/

un très-grand nombre des

lui servir

utile

*

faits

qui

de base sont encore inconnus

ou mal étudiés.

Les Traites de Toxicologie de Plenck et de Franck,

1

PRÉFACE.

IX

y a déjà long-temps ne sont plus au courant des connaissances actuelles et ne peuvent être publiés

il

,

,

comme

considérés que

de cette science importante. Les Traités par-

faites

sur l'arsenic

ticuliers

plomb,

pium

des esquisses très-impar-

le

l'acide nitrique,

problêmes de toxicologie

sublimé l'acide

que

n'offrent

etc.

,

,

la et

,

,

le

cuivre

,

le

prussique, l'o-

solution de certains

on ne

doit les regarder

que comme des monographies propres

a fournir

d'exceilens matériaux pour la rédaction de quelques

d'un pareil ouvrage.

articles

Nous avouerons que nous avons couragé par

les

lacunes que nous avions a remplir,

nous aurions plusieurs

et

treprise

,

fois

Ce visé

elle serait traité

abandonné notre en-

nous n'avions pas été convaincu

si

est toujours utile d'essayer

même

été souvent dé-

,

qu'il

de frayer la route, quand

imparfaitement tracée.

composé de deux volumes in-8°,sera

di-

en deux sections précédées d'une introduction ,

dans laquelle on indiquera d'une manière succincte but de la Toxicologie

le

tres sciences

,

et les

,

ses rapports avec les

moyens

à

au-

employer pour per-

fectionner son étude; enfin, la division des poi-

sons en quatre classes principales, les corrosifs, les

narcotiques, les narcotico -acres et les

sep-

tiques.

La première

section renfermera l'histoire parti-

X

PRÉFACE.

J

culière des diverses substances vénéneuses tirées

des trois règnes de la nature, et envisagées sous les rapports de la chimie thologie et de la

La deuxième relatif à

,

de

la physiologie

médecine

section

,

de

la pa-

légale.

comprendra tout ce qui

est

l'empoisonnement considéré d'une manière

générale.

1,

TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME.

Page v

Dédicace. Préface.

vij

Introduction.

i

*

Considérations générales sur les moyens qui doivent être

mis en usage lorsqu'on se propose d'étudier avec succès

6

une substance vénéneuse. Premier problême.

Second problême. Troisième problême. Des Expériences faites sur

7

17

27 les

animaux vwans

,

dans

le

dessein d'éclairer l'histoire de V empoisonnement cliez

l'homme.

*Ve

3

la Ligature

de V œsophage.

36

Effets de laLigature de l'œsophage sur

SECTION

I

les chiens. Ibid.

re .

Des Poisons en particulier de leurs propriétés chimiques des symptômes auxquels ils donnent naissance , des lé,

sions

de

tissu qu'ils produisent

nomie animale qu'ils

CLASSE

,

de leur action sur

l'éco-

et

du traitement de l'empoisonnement

déterminent.

4^

,

re

I Des Poisons irritans. Symptômes généraux produits par les .

Ibid.

poisons irritans. 44 Lésions de tissu produites par les poisons irritans. ^5

Action générale des Poisons male.

irritans sur l'économie ani-

5o

1

TABLE DBS MATIÈRES.

Xlj

Traitement général de F empoisonnement par

CHAP. Art.

I

les

irri-

Page 5o

tons. I

er .

er

Des Poisons

Du

.

irritans

minéraux.

5

Phosphore.

1

Ibid,

Propriétés physiques et chimiques du phosphore.

5a

Action du Phosphore sur F économie animale.

53 58

Observation.

Symptômes

et

Lésions de tissu produits par le phos-

6o

phore.

Application de tout ce qui a été dit

poisonnement p ar

le

aux divers cas d'em63

phosphore.

Traitement de l'empoisonnement par

Art.

II.

De

le phosphore.

l'Iode.

Action de F Iode sur l'économie animale.

Art.

III.

Des Acides

De F Acide

concentrés.

64 65 66 7$

Ibid.

sulfurique.

yJction de l'Acide sulfurique sur l'économie animale. 7 7 ve

Observation

i

Observation

11

80

.

e

Observation rn e .

84 85

Observation iv e .

86

Observation v e

88

.

.

Lésions de tissu produites par l'acide sulfurique.

Application de tout ce qui a été dit

aux divers

poisonnement par l'acide sulfurique.

92

cas d'emIbid.

Traitement de F empoisonnement par Facide sulfurique.

De

94

l'Acide nitrique.

97

Action de F Acide nitrique sur F économie animale. 100 Observation i re 101 .

e

Observation

11

Observation

m

io3

.

e

Observation iv e

Observation y*.

.

.

io5

109 1 1

ÏÂBI.E

VT.S

M ATI h» ES.

Xllj

Symptômes de V empoisonnement par

l'acide nitrique.

Page

1

14 117 divers cas d'em-

Lésions de tissu produites par V acide nitrique.

application de tout ce quia été dit

aux

poisonnement par F acide nitrique.

Premier restes

cas.

du

it»o

L'individu est vivant; on peut agir sur

les

Ibid.

poison.

Second cas. L'individu est vivant ; tout le poison a été ava~ lé; on peut agir sur la matière des vomissemens. 121 Troisième

cas.

L'individu est vivant

,*

tout le poison

a

été avalé; on ne peut pas se procurer la matière des

vomissemens.

1%%

Quatrième cas. L'individu est mort. Ibid. Traitement de l'empoisonnement par l'acide nitrique. 1 a5 Observation.

De

1

V Acide hydro-chlorique.

26

i3o

Action de l'Acide hydro-chlorique sur l'économie animale.

i3î

Observation.

i33

Symptômes de l empoisonnement par l'acide hydro-chloi35

rique.

Lésions de tissu produites par l'acide hydro que.

-

chlori-

Ibid.

Application de tout ce qui a été dit aux divers cas d'em-

poisonnement par l'acide hydro-chlorique.

Ibid,

Traitement de l'empoisonnement par l'acide hydrochlorique.

Du

Chlore.

Action du Chlore sur T économie animale. De V Eau régale.

De VAcide phosphorique.

i36 i3j

139 i4^ Ibid.

Action de V Acide phosphorique sur l'économie animale.

De V Acide phosphatique.

i44 i45

TABLE DES MATIÈRES.

XIV

De V Acide

oxalique. Page ï 45 Action de V Acide oxalique sur V économie animale. 1 47 Symptômes de V empoisonnement par V acide oxalique concentré.

Lésions de

Ibid.

tissu

produites par T acide oxalique.

149 Traitement de V empoisonnement par V acide oxalique. i5i

De V Acide

i52

nitreux.

Action de V Acide nitreux sur Y économie animale. Ibid. Observation

Observation

i

re

11

Ibid.

.

e .

De quelques autres Acides minéraux et végétaux. De V Acide hydro-phthorique (fluorique).

DeV Acide sulfureux.

161

162 Ibid.

i63 (sel de tartre).

Ibid.

Action de la Potasse sur l'économie animale.

1

Symptômes de ïempoisonnement par

la potasse.

Lésions de tissu produites par la potasse.

Application de tout ce qui a été dit

aux divers

1

69

Ibid.

cas d'em-

poisonnement par la potasse.

1

Traitement de V empoisonnement par la potasse. vive.

64

166

Observations.

De la Soude. De la Chaux

5g

Ibid.

Ibid.

Art. IV. Des Alcalis caustiques ou carbonates.

'

54

160

De V Acide tartrique. De V Acide citrique.

De la Potasse. De la Pierre à cautère. Du Sous-carbonate de potasse

1

1

70

171

172 i^3

Action de la Chaux vive sur V économie animale. 1 74 Symptômes et Lésions de tissu développés par la chaux vive.

Application de tout ce qui a été dit

poisonnement par la chaux.

i^5

aux divers cas d'emIbid.

3 5 8

TABLE DES MATIÈRES.

XV

TraitementdeVempoisonnementparla chaux. Page 176 Ibid. Art. V. Du Foie de soufre. Action du Foie de soufre sur V économie animale. 177 rc *

Observation

i

Observation

11

Observation

111

18 r

e

i85

.

e

187

.

Traitement de V empoisonnement par

le foie

de sou-

'

191

fre.

Du

Nitrate de potasse.

192 Action du Nitrate dépotasse sur ï économie animale. Ibid. Observations.

196 204

Art. VI. Des Préparations de Baryte.

De

Du De

la Baryte.

Ibid.

Sous-carbonate de Baryte.

206

V Hydro- chlorate de Baryte.

Ibid.

Action des divers composés de Baryte sur l'économie animale.

207

Symptômes de V empoisonnement par

la baryte et ses

composés.

21

Observation.

Ibid.

Application de tout ce qui a été dit

aux

divers cas d'em-

poisonnement par la baryte et ses composés.

Traitement de T empoisonnement par la baryte composés.

i\t\ et ses

21

Des Sels de Strontiane. Art. VII. Des Composés ammoniacaux.

Ibid.

De V Ammoniaque

liquide {alcali volatil fluor).

Ibid.

Du Sous- carbonate

a" Ammoniaque.

21

220

Action de l'Ammoniaque sur l'économie animale. Ibid.

Symptômes

de

et Lésions

tissu produits

niaque liquide. Observations.

Ibid.

,

Application de tout ce qui a été dit

par l'ammo11$

aux

poisonnement par l'ammoniaque.

divers cas d'em-

227

1

TABLE DES MATIERES.

XVJ

Traitement de l'empoisonnement par V ammoniaque liquide.

Page 228

De ï Hydro-chlorate a" ammoniaque (sel ammoniac). Ibid. Action de VHydro- chlorate

a" ammoniaque sur V écono-

mie animale.

229 282 233 Action du sublimé corrosif sur l'économie animale. i5i Expériences de M. Brodie. Ibid.

Art. VIII. Des Poisons mercuriels. Du Sublimé corrosif.

M. havort. M. Campbell. Expériences de M. Smith. Expériences de

256

Expériences de

25 7 Ibid.

%5y 26 263

Expériences du docteur Gaspard.

Expériences qui nous sont propres. re

Observation

i

Observation

ue

Observation

111

Observation

iv

Observation

e

v

.

267

.

e .

269

.

Ibid.

c

.

Observation vi*. Observation

vn e

I

274

.

Observation vin*

,

par Pibrac.

Observation i\ e ,par Observation x c , par Observation xi e

270 272

le

le

279

même. même.

Ibid.

280 Ibid.

.

282

Autres observations.

Symptômes de V empoisonnement par

le

sublimé corro Ibid.

sif.

Lésions de tissa produites par le sublimé corrosif.

a été dit à la pai tie médico légale de V empoisonnement par le sublimé corrosif. 289 Premier cas. L'individu eH vivant ; on peut se procurer Ibid. les restes du poison.

Application de

tout,

ce qui

-

1

TABLE DES MATIÈRES. Second

V individu est

cas.

XVlj

vivant tout le poison a été avalé; on peut agir sur les matières des vomisscmçns et des selles. Page -,

'293

Troisième

cas.

L'individu est vivant; tout le poison a été avalé; on ne peut pas agir sur la matière des vo-

miss emens.

Qo

Quatrième cas. L'individu est mort. Traitement de l'empoisonnement par

299 le

sublimé cor-

rasif-

y

302 ;

Contre-poisons du sublimé corrosif proposés par JYavier.

o

examen

d'autres substances proposées

comme

poisons du sublimé corrosif.

Expériences de

M.

•>

33 de mercure). 33 de mercure sur l'économie ani2]

Ollivier d'Angers.

Observation. traitement j

T

'

mercure.

Des



le

4 cyanure de 2

,

^4*

n rrecipue d un rouge -

Ibid. a-?/

de r empoisonnement par

>

contre-

3 g

De r Albumine. Du Sulfure de mercure ( cinnabre). Du Cyanure de Mercure'{prussiate Action du Cyanure male.

•>

.

et

du Précipité per

se.

Ibid.

autres Sels mercuriels.

3/3 extrêmement divisé. 345 Art. IX. Des Poisons arsenicaux. 355 De l'Acide arsénieux. or f.fon de l acide arsénieux sur V économie animale. 36 7 Vapeurs mercurielles, et Mercure

Sériences de M. Jœger. Expériences de M. Brodie. Expériences du docteur Campbell.

Expériences de M. Smith. Expériences qui nous sont Observation 1.

re i

.

^

3^ $ll 3.3

p ropreSt

3 Q 20 080

TABLE DES MATIERES.

XVllj

Observation n e

Observalion

111

.

Observation iv e Observation v e

Page 384 38y 388

.

e

.

3go

.

c

Observation

vi

Observation

vn e

3g3 3g5

.

.

Symptômes de V empoisonnement par V acide arsénieux. 3g6 Jasions de tissuproduit.es par V acide arsénieux.

3g j

aux

divers cas d'em-

poisonnement par V acide arsénieux.

/\o5

application de tout ce qui a été dit

Premier

cas.

les restes

Second

L'individu est vivant

du poison.

cas. IJ individu est

avalé

;

on peut se procurer Ibid.

vivant; tout le poison a été

on peut agir sur la matière des vomisse-

;

mens,

4°8

Troisième

cas.

L'individu est vivant; tout le poison a été

avalé ; on ne peut pas agir sur la matière des vomisse-

mens.

4 ÏO

(Quatrième cas. L' individu

est

mort.

Ibid.

Traitement de V empoisonnement par V acide arsé-

Des

nieuop.

42°

Arsénites.

44

444

Observation.

De ï Acide Des Des

arsènique.

447

Arséniates. Sulfures d'arsenic jaune

449 et

/[5o

rouge.

De ï Oxyde noir d'arsenic. De la Poudre aux mouches. Des tapeurs

Du

4^5 4^6

arsenicales.

Caustique arsenical du frère Cosme

j

et

4^7 de la poudre

de Rousselût.

A

clionducaustique arsénicalsurV économie animale. Observations.

4^8 f\:)Ç)

4^°

TABLK

MATIÈRES.

UF.S

X1.K

Page 463

Art. X. Des Poisons antimoniaux.

Du

464

Tartre cinétique.

Action du Tartrale de potasse anlimonié sur l'économie animale.

4^8



re

Observation

i

n

Observation

47 2

.

c

4?4 47^

.

Observation ni

.

c

Observation

iv

Observation

v°.

477

;

Ibid.

Symptômes de V empoisonnement par tasse

et,

Lésions de

d'antimoine. tissu produites

par

le

Premier

cas.

les restes

par

L'individu

le tartre

est,

Tartrale de po-

47 f) Tartre émétique. Ibid.

Application de tout ce qui a été ci'empoisonnement

le

dû aux

différens cas

émétique.

l\'ix

vivant; on peut se procurer

du poison.

Ibid.

Second cas. L'individu est vivant, ; tout le poison a étéavalé; on peut se procurer la matière des vomissemens. 483 Troisième

cas. ïj'individu est

vivant

;

tout le poison

a

été avalé; on ne peut pas se procurer la matière des

vomissemens. Quatrième cas. L'individu est mort. Traitement de Vempoisonnement, par

lfi.\.

Ibid. le

tasse antimonié.

Tartrale dépo-

^S5

De l'Oxyde d'antimoine et du Verre d'antimoine. 487 Du Kermès minéral et du Soufre doré d'antimoine. 489

De

V Hydro- chlorate

et

du Sous-Hydro -chlorate d'anti-

moine.

Du

.

fin antimonié. re

Observation

i

Observation

11

.

e .

4q t

4

g6

Des autres Préparations antimoniales. Des Vapeurs antimonialesi

Ibid.

DeVÉniéline.

îbiJ,

4-97

31

TABLE DES MATIERES.

XX

Aux. XI. Des Poisons cuivreux.

Du Dcutoxyde

de cuivre

et

Page 499 du Sous-Deulo carbonate de

5o3

cuivre.

De

Vert-de-gris ou Verdet gris.

section

507

du Vert- de-gris sur V économie animale.

Expériences de M. Drouard.

5

re i

Observation

11

Observation

111

e

5i^

.

e

519

.

5i

.

Observation vi e

vn e

Observation

vm e

Observation ix e

522 523

.

.

Ibid.

.

5a4

.

Symptômes de ï empoisonnement par le Lésions de

tissu

1

Ibid.

.

Observation

Observation x e

5 18

.

Observation v e

1

5i5

.

Observation iv e

1

Ibid.

Expériences qui nous sont propres. Observation

5

vert-de-gris. 5 2 5

produites par le vert- de-gris.

5 26

application de tout ce qui a été dit aux dijjérens cas 1

d" empoisonnement

Premier

cas.

les restes

Second

cas.

par

L individu

5zj

le vert-de-gris.

est

vivant

;

on peut agir sur

du poison.

Ibid.

L'individu est vivant

;

tout le poison

a

été

avalé: on peut agir sur la matière des vomissemens. 5 3o

Troisième cas.

V individu

été avalé; on ne peut

est

vivant

,•

tout le poison

vomissemens. Quatrième cas. L'individu

est

mort.

Ibid.

Traitement de l'empoisonnement parle vert-de-gris. 5

De V Acétate de cuivre cristaux de Du Sulfate de cuivre. Du $ulfate de cuivre ammoniacal. Du Nitrate de cuivre. ,

-

a

pas se procurer la matière des 532

Vénus.

"53

543 541 5 j^

Ibid.

TABLE dis MATIÈRES.

>*j

De VIIy dro- chlorate de cuivra.

Du

Cuivre ammoniacal.

Du Fin du Vinaigre et des Savons cuivreux. Art. XII. Des Préparations d'étain. ,

De

l

'

Hy dro -chlorate

Page 549 55b 55 1

IWnl. 552

d'étain.

action de V hy dro- chlorate détain sur V économie ani555 male. Observation.

55g

Symptômes de V empoisonnement par V hydro-chlorate 56o

d'étain.

application de tout ce qui a été dit

aux divers cas d'em-

poisonnement par V hydro-chlorate d'étain. Lésions de

tissu

produites par

introduit dans

l

Ibid.

hydro-chlorate d'étain

56

estomac.

l

Traitement de l'empoisonnement par ïhy dro -chlorate

56^

d'étain.

Des Oxydes

565

d'étain.

Art. XIII. Des Préparations de

Du

Ibid.

zinc.

Sulfate de zinc.

ibid.

Action du Suifate de zinc sur V économie animale. 56g Observation i re 5^3 -

Observation Observation

11

e

111

5^4 5^5

.

e .

Symptômes de V empoisonnement par le

sulfate de zinc. Ibid.

5-6

Lésions de tissu produites par le sulfate de zinc.

Application de tout ce qui a été dit

aux divers

cas

poisonnement par le Suifate de zinc. Traitement de V empoisonnement, produit par fate de zinc.

De l'Oxyde

de zinc.

1

Ibid. le sul-

577 57

d argent.

5^8

Nitrate d'argent (cristaux de lune).

Ibid.

Akt. XIV. Des

Du De

d em-

Préparations

la Pierre injernale.

5b'o.

i

TABLE DES MAl'IÈnES.

XXlj

action du Nitrate d'argent sur V économie animale!

Page 58

585

Observation.

Symptômes de V empoisonnement par

le nitrate d'ar-

586

gent.

Lésions de

tissu

qui sont le

résultat,

de

l'ingestion

nitrate d'argent.

Application de tout ce qui a été dit

d'empoisonnement par

aux

divers cas

Te nitrate d'argent.

Traitement de V empoisonnement par

De

587

le nitrate d'ar-

588

gent. .A ni'.

du

Ibid.

XV. Des

Préparations

590

cï or.

V Hydro-chlorate d'or.

Ibid.

Action de V Hydro-chlorate d'or sur V économie ani~ mole.

Symptômes

592 et

Lésions de

tissu

produits par l'hydro-

chlorate d'or.

596

application de tout ce qui a été dit aux divers cas d'em-

poisonnement par V hydro-chlorate

Traitement

cle

d'or.

Ibid.

l'empoisonnement par l'hydro- chlorate

d'or.

De

597

l'Or fulminant.

Ibid.

Aux. XVI. Des Préparations de Bismuth. Nitrate de Bismuth.

598

Du

bijj

Action du Nitrate de Bismuth sur V économie animale. 60 1 Symptômes et Lésions de tissu produits par le nitrate de bismuth.

Application de tout ce qui a été

poisonnement par

le nitrate

6o5 dit aux divers cas d'emde bismuth.

6o^>

Traitement de l'empoisonnement par le nitrate et

608

nitrate de bismuth.

XVII. Des Préparations de Jer, Sulfate de fer du commerce (proto

Ai' t.

Du

perose verte).

le sous-

t.

Ibid.

sulfate de jer, couIbid.

.

TABLE mes MATIÈRES.

Xxiij

Action du Sulfate de fer sur V économie animale. Page 609

Aux. XVIII. Des Préparations de plomb.

611

Du Plomb. Ibid. De l'Acétate de plomb du commerce (sucre de salurne). 6 2 De l Oxyde rouge de plomb et de la Lilharge. 61 Du Sous- Carbonale de. plomb. 6 De £ Eau imprégnée de plomb. Ibid. ,

1

t

Des Alimens cuits dans des vases de plomb. 619 Des Sirops ci Eaux -de -vie clarifiés avec l acétate de plomb.

6 20

Action des divers composés de Plomb sur animale.

l 'économie,

^->

Causes des accidents produis par

Ibid.

émanations sa-

les

turnines.

Q'ii

Causes des accidens produits par V injection des préparutions saturnines dans les i>eincs.

63

Causes des accidens développés par l'acétate de plomb „

introduit

dans l'estomac.

635 638

Observations.

Symptômes de V empoisonnement parles préparations saturnines.

Lésions de

643

tissu

développées par les préparations satur-

646

nines.

Application de tout ce qui a été dit

poisonnement par

Premier

cas.

les

aux divers

cas d'em-

préparations saturnines.

L'individu est vivant

;

6z[8

on peut se procurer

du poison. Ibid. Second cas. Tout le poison a été avalé ; on peut agir sur la matière des vomissemens , et sur celle que Von les restes

trouve dans le canal digestif après la mort de dividu.

Traitement de V empoisonnement par plomb.

les

l'in-

65 composés de ,

653

1

XXIV

TABLh Dtà .MATIÈRES.

Art. XIX. Art.

De

XX. Des

V flydriodale de Potasse.

P.tge

d'Urane, de Cérium de Manganèse , Molybdate d'ammoniaque. Des Sels de Chrome. ,

etc.

Du

Des Des

Du

Ibid.

665

Sels de Cérium.

Ibid.

Titane.

Ibid. Ibid.

667 Ibid.

Des Sels de Platine. Des Sels d'Iridium. Des Sels de Rhodium. Des Sels de Palladium. De V Oxyde d'Osmium.

668 Ibid.

669 Ibid.

Ibid.

XXI. Du Verre et de V Email en

Faits qui tendent

poudre.

à prouver V innocuité du

Accidens occasionés par

le

II.

67

672

verre.

Verre introduit dans

nal digestif.

CHAP.

De

664 666

Sels d'Urane.

Des Sels de Manganèse. Des Sels de Nickel. Des Sels de Cobalt.

Art.

£63

Préparations de Chrome, de Molybdène,

le

ca -

67 5

Des Poisons

irritons

végétaux.

la Bryone.

678 Ibid.

Action de la racine de Bryone sur V économie animale.

680

Observations.

De

681

VElalérium.

Action de VElalérium sur l'économie animale.

Delà

Résine de Jalap.

682 683

De

la Coloquinte. 691 Action de la Coloquinte sur V économie animale. Ibid.

Observations.

De

la

Gommegulte.

Action de la

Gommegulte

695

698 sur l'économie animale.

6 99

XXV

1ABLK DES MATIÈRES.

Du

Garou.

action du Garou sur V économie animale.

Du

Page 702 ^o3

Ricin.

Action du fruit du Ricin sur V économie animale. De V Euphorbe. Action de V Euphorbe sur V économie animale.

Du

Pignon

a" Inde.

705 706 709 710

714

Action du Pignon d'Inde sur l'économie animale.

7

1

Du

Mancenillier. 718 Action du suc de Mancenillier sur l'économie ani-

male.

719 720 jïS

Observations.

De

la Sabine.

Action des Jcuilles de Sabine

sur Tèconomie ani-

male.

7 24

Du Rhus radicans

et

du Toxicodendron.

Action du Rhus radicans sur l'économie animale. Observations.

De V Anémone

pulsatille.

725 727

729 732

Action de t Anémone pulsatille sur l'économie animale. Observations.

De

la Chélidoine.

Action de la Chélidoine sur l'économie animale.

De

la Delphine.

Action de la Delphine.

De

la Staphysaigre.

Ibid.

734 736 j3j j5$ 7 3g

740

Action de la Staphysaigre sur l'économie animale. 74 r Narcisse des prés. nfô Action du Narcisse des prés sur l'économie animale. , ^44

Du

De

la Gratiole.

Action de la Gratiole sur l'économie animale. Observations.

nfô 747 n5o

TABLE DES MtATIERES.

XXV]

Du Sédum dcrc diction

De

(Joubarbe des

du Sédum

ticre

Page ^bi

toits).

sur V économie animale.

Ibid.

la Renoncule,

/Ici ion de. la

7

Renoncule des prés sur

l

male.

FIN DE LA TABLE DU

>

lM'.EMlEtt

53

économie ani-

VOLl'ME.

754

TOXICOLOGIE GÉNÉRALE. INTRODUCTION. i

.

le

Ajà science qui s'occupe de l'étude des poisons porte nom de Toxicologie mot dérivé du grec roçotôv, poi,

son

et ^070?

,

On

2.

,

discours.

donne

le

nom

de poison à toute substance qui

prise intérieurement à petite dose

,

que manière que ce soit sur un corps vivant santé ou anéantit entièrement la vie. 3. Il est impossible d'étudier

,

ou appliquée de queldétruit la

,

d'une manière complète

une substance vénéneuse sans considérer ses rapports avec ,

la cliimie

,

l'histoire naturelle

,

logie et l'anatomie pathologique.

la physiologie, la

patho-

En effet comment pour,

rait-on se flatter de distinguer les divers poisons tirés

du

règne minéral sans être instruit des propriétés chimiques sont dans leur état naturel,

qui

les caractérisent lorsqu'ils

ou

lorsqu'ils sont dénaturés par leur

mélange avec les Peut-on refuser à l'histoire naturelle le privilège de nous faire connaître l'immense série des poisons du règne organique dont la plupart échappent malheureusement aux recherches analytiques les plus rigoureuses ? L'action corrosive ou stupéalimens végétaux ou animaux

fiante

?

de certaines substances vénéneuses

les diverses fonctions

changé 1.

le

,

en dérangeant

de l'économie animale

rhythme des propriétés

vitales

,

,

après avoir

peut-elle s'exi

INTRODUCTION.

2

pliquer sans les lumières de la plus saine physiologie

?

du ressort de la pathologie de s'occuper soigneusement du traitement des maladies auxquelles les soit en faisant usage des moyens poisons donnent lieu N'est-il pas

,

connus

soit

,

en cherchant de nouvelles substances ca-

pables de détruire et d'anéantir leurs

effets

délétères ?

Enfin l'anatomie pathologique ne perfectionne-t-elle pas l'étude de ces substances naître

,

,

nous apprend

lorsqu'elle

par l'examen des divers organes

tipliées qui

peuvent être

con-

les lésions

mul-

de leur action

le résultat

douteux qu'il ne

n'est pas

,

à

? Il

recours à chacune

faille avoir

de ces sciences , les interroger d'abord séparément pour pouvoir mieux ensuite saisir leurs dépendances mutuelles , ,

et les secours qu'elles 4-

peuvent se prêter.

Des recherches chimiques

poisons minéraux

et

faites

avec soin sur les

sur quelques poisons végétaux

l'ob-

5

servation attentive des caractères fournis par les diverses

substances vénéneuses du règne organique riences sur les

animaux vivans

ter le trouble des fonctions

genre de mort aussi rapide

-,

,

,

dans

5

le dessein

et les

les

expé-

de consta-

causes variées d'un

des faits cliniques recueillis

avec exactitude et enrichis du résultat des ouvertures des cadavres fixer

5

moyens capables de

l'étal

animaux vivans pour

enfin des essais sur les

nos idées sur

les

contre-poisons

:

sont les seuls

tels

d'enrichir la Toxicologie

,

et

de

la tirer

d'imperfection où elle se trouve. L'ulililé de sui-

vre cette marche a été sentie par les bons esprits

:

aussi

depuis quelque temps avons-nous vu paraître successive-

ment

d'excellentes monographies sur

blimé, (

le cuivre

prussique)

,

reusement en

,

etc.

les acides nitrique,

Ces

très-petit

l'

arsenic

hydro

traites particuliers

nombre

,

-

,

le

su-

cyanique

sont malheu-

et les objets n'y sont pas

envisagés sous tous leurs rapports

;

la partie

chimique ou

médico-légale de l'empoisonnement est surtout négligée

;

INTRODUCTION.

on

[5

voit presque toujours leurs auteurs faire choix des pro-

moins

priétés les

saillantes

des substances vénéneuses

exposer souvent d'une manière erronée

les

par conséquent impossible très-difficile

par lui-même.

,

rendre

et

la

résolution d'un problême

En

vain le médecin requis par

recours à leurs écrits

le magistrat aurait-il

,

tout ce qu'il

,

pourrait y puiser serait vague et insuffisant. Onpeutjuger d'après cela combien il est important d'insister

d'une manière particulière sur cette partie de

cologie

,

afin de

caractères de

exposés

,

et

moyen de

peu de valeur,

Un

cultés, et par le ,

le

la toxi-

une foule de

rejeter

ceux qui sont mal

rectifier

leur en substituer d'autres exacts et faciles

constater (i).

embrasser

donner

à

pareil travail offre les plus grandes diffi-

nombre prodigieux

des poisons qu'il doit

par les diverses décompositions dont plu-

et

eux sont susceptibles.

sieurs d'entre

tirer un avantage réel pour l'étude de la d'une classification des divers poisons connus? toxicologie

Peut-on

5.

et

ne vaut-il pas mieux

que

?

Telle est

la

les décrire

par ordre alphabéti-

question que nous avons souvent en-

tendu agiter. Nous n'hésitons pas un instant à nous pro-

noncer en faveur de

la classification,

surtout lorsqu'elle

est basée sur des faits physiologiques incontestables

:

nul

doute qu'elle ne simplifie alors l'étude de celte science.

En

réunissant dans

(1)

un même groupe

M. Chaussier adonné une

les

poisons qui exer-

notice sur les

connaître le sublimé corrosif, dans laquelle

supérieur à tout ce qui avait paru avant

des vues dont nous avons

nous plaisons à

lui

tiré le

lui

,

son travail offre

plus grand parti

,

en rendre hommage. Cependant,

plusieurs des expériences indiquées par ce

pas exactes

:

moyens de res'est montré

il

et

nous

comme

médecin ne sont

nous nous permettrons quelques réflexions sur

certains procédés qu'il conseille

INTRODUCTION.

4

cent une action analogue sur l'économie animale

,

en dé-

crivant avec soin toutes les altérations qu'ils font subir à

nos organes

et par conséquent à nos fonctions , en généen un mot les symptômes auxquels ils donnent naissance on sent combien l'histoire particulière de cha-

ralisant

,

cun d'eux

doit être facilement saisie par le médecin. Ati

contraire, de quelle utilité peut être pour l'art

une description

faite

l'homme de ? La sé-

par ordre alphabétique

paration des substances qui devraient être réunies à raison

de leurs rapports intimes

dans

les détails

cette

marche peu

,

des répétitions fastidieuses

,

sont les inconvéniens attachés

tels

scientifique

,

et

à

dont tout esprit juste

sent l'insuffisance. 6.

Mais

,

il

quelque nombreuses que

faut l'avouer,

soient les expériences et les observations sur l'empoison-

nement

nous ne

,

une

établir

croyons pas encore suffisantes pour

les

classification à l'abri

de tout reproche; une

nous paraît tellement au - dessus de nos forces , que nous renonçons à la remplir pour le moment actuel. Nous nous bornerons à faire ressortir en peu pareille tâche

de mots

d'un pareil travail.

les difficultés

A. On ne

peut classer

poisons d'une manière con-

les

venable qu'autant que l'on connaît au juste l'organe sur lequel

minent

ils 5

agissent et le genre d'altération qu'ils

cette connaissance

l'étude approfondie des

ne peut

symptômes

être

y déteracquise que par

qu'ils développent et

or ces symptômes et ces dans un très-grand nombre de cas , suivant les doses donc , la même substance vénéneuse pourra des lésions qu'ils font naître

:

,

lésions varient :

être rangée dans plusieurs classes distinctes. Ainsi lorsqu'on introduit dans l'estomac une forte dose d'un poison irritant très-énergique

convulsifs eflrayans;

nutes

,

et

,

il

l'animal est agité de

mouvemens mi-

expire au bout de quelques

on ne découvre après

la

mort qu'une légère

INTRODUCTION. plilogose si la

du

5

viscère qui a reçu le poison.

Au

contraire

souvent réitérées, l'animal tombe dans un grand sensibilité

cèrent

5

etc.

,

sultat

;

mort

la

,

dans ce cas ;

n'a ordinairement lieu

,

elle est

évidemment

le ré-

de l'altération organique du canal digestif. Objec-

lera-t-on

par liasard que dans

nons de parler, cela était ainsi

,

même

manière, mais

faudrait admettre qu'une légère inflam-

il

,

produite par une forte dose de poi-

capable d'occasioner

quelques minutes

deux cas dont nous ve-

affections dont l'intensité varie ? Si

mation de l'estomac est

les

poison agit de la

le

qu'il détermine des

,

état d'in-

l'estomac et les intestins s'enflamment, s'ul-

qu'au bout de plusieurs jours

son

,

substance irritante a été administrée à petites doses

fait

,

la

mort dans l'espace de

qui nous paraît inadmissible.

B. Comment peut-on classer méthodiquement cette innombrable série de poisons qui agissent sur le système nerveux d'une manière si variée , et qui ne laissent après la mort aucune trace de leur action ? On peut à la vérité en former deux groupes naturels i°. ceux qui dé,

:

,

terminent l'excitation de

en

très-petit

ou sur

nombre

;

2

les autres parties

admettant cette division

la

moelle épinière

,

et

qui sont

ceux qui agissent sur le cerveau

.

,

du système nerveux. Mais, en combien le dernier groupe ne

comprendrait-il pas de substances disparates

!

L'idée de

partager ces groupes en deux classes qui renfermeraient l'une les poisons excitans et l'autre les poisons débilitans

du système nerveux ne nous semble pas plus lieureuse. D'ailleurs, que deviendraient alors les substances vénéneuses dont Faction sur ce système ne pourrait être comprise dans aucune de ces sections ? Nous croyons que les ,

altérations dont le système ses diverses parties

pour

qu'il soit

raisonnée.

,

nerveux

est susceptible,

dans

ne sont pas encore assez bien connues

permis de baser sur elles une classification

6

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. C.

Nous aurons

occasion de démontrer par la suite que,

dans certains cas , le même poison détruit la vie par des mécanismes différens, suivant qu'il est introduit dans l'estomac appliqué sur le tissu cellulaire ou injecté dans les veines. Quel parti prendra-t-on pour classer ces sortes de substances? Si l'on s'attache à leur action extérieure, on les rangera dans un cadre différent de celui où on les placera si on a égard à leur action sur les veines ou sur l'es,

tomac.

Ces objections la lecture

soirement

de ce

,

et

une multitude d'autres que suggérera nous engagent à adopter provi-

traité

,

la classification suivante

,

qui n'est qu'une

dification de celle qu'a proposée Vicat.

seront rangés en quatre classes irritans

,

,

Tous

et celle

mo-

poisons

savoir, celle des poisons

celle des poisons narcotiques

sons narcotico- acres ,

les

,

celle des poi-

des poisons septiques.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. Sur

moyens qui doivent

les

être

mis en usage

lors-

qu'on se propose d'étudier avec succès une substance vénéneuse.

La ne

question

la

plus compliquée sur l'empoisonnement

peut être éclaircie d'une

tant

que l'on

suivans

:

i°.

est

en

état

manière

de résoudre

satisfaisante qu'aules trois

problêmes

quelle est l'action que le poison exerce sur

médicamens pror 3°. comment peut-on constater sa nature avant et après la mort? Nous croyons pouvoir établir pour la résolution de chacun de ces problèmes , des préceptes généraux dont la

l'économie animale

?

près à combattre ses

effets

i°. quels sont les

ou à l'empêcher d'agir?

,

connaissance facilitera singulièrement l'histoire des poisons en particulier.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

PREMIER PROBLEME.

Déterminer quels sont les moyens

les

plus propres àfaire

connaître l'action des substances vénéneuses sur l'éco-

nomie animale. de réfléchir un instant pour être convaincu problème dont nous cherchons la solution doit être résolu à l'aide d'expériences et d'observations. Les premières ne peuvent être tentées que sur les animaux*, les autres peuvent à la fois avoir pour objet l'homme et les Il suffit

7.

que

le

divers êtres organisés.

que

Le chien

est

structure, ressemble le plus à

séquent

,

parmi

,

l'on peut se procurer facilement

,

animaux

les

celui qui

l'homme,

et

qui

par sa

,

par con-

,

fournit les résultats les plus applicables.

mettant ce

fait

,

qui est exact

incessamment dans un

,

article

comme nous ex professo

,

En

le ferons

on

est

ad-

voir

natu-

rellement conduit à choisir cet animal pour faire les re-

cherches dont nous parlons.

conque dans nale

On

Expériences.

8.

tissu cellulaire

on en introduit dans l'estomac

-,

les veines ,

etc.

5

,

dans

et

détruite

ment

les cavités

,

,

dans

le

rectum,

thoracique et abdomi-

on note soigneusement

qui se manifestent dent

applique sur diverses parties du

une dose déterminée d'un poison quel-

les divers

l'ordre suivant lequel

symptômes

ils

se succè-

l'époque de leur apparition. Lorsque la vie est ,

les

on ouvre

les cadavres

;

on examine

attentive-

organes contenus dans les diverses cavités

,

afin

de découvrir leurs altérations superficielles ou profondes;

on s'occupe des principaux bile

,

fluides

,

tels

que

le

sang

,

la

l'urine, de l'irritabilité des muscles, etc. Lorsque,

par ces moyens

on est parvenu à pouvoir comparer les symptômes que l'animal a éprouvés aux altérations de ses tissus ou de ses fluides on est en état de conclure ,

,

8

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

quel est

genre de lésions que

le

substance vénéneuse a

la

produite, et d'indiquer les organes qui ont été primitive-

ment ou secondairement

La recherche de

9.

abord

altérés.

ces conclusions qui,

paraît ne devoir présenter

,

aucune

au premier

difficulté

,

est

souvent Fécueil des plus grands physiologistes. Combien

de

fois

surtout lorsqu'il s'agit des poisons irritans

s

,

n'est-

on pas embarrassé pour déterminer s'ils ont été absorbés ou non si leur action meurtrière est locale ou bien l'ef,

fet

,

de leur transport dans la circulation

subséquente d'un viscère essentiel

!

,

et

de l'irritation

Mais admettons que

l'on soit parvenu à décider que l'absorption a eu lieu

si

5

l'on ne découvre aucune altération dans la texture des or-

ganes, ce qui n'est pas rare

mes

,

et

que d'ailleurs les symptô-

ne soient pas de nature à faire connaître l'organe lésé

quelle conséquence peut-on tirer

les lésions infinies

bornées

?

On est obligé d'accuser

Les connaissances que nous avons sur

le système nerveux.

dont ce système

est susceptible sont si

qu'il serait inutile de chercher à

,

lution satisfaisante des divers cas

.cependant

il est



il

donner une

so-

peut être affecté :

parfaitement démontré qu'une multitude

de causes peuvent

l'altérer

1,

et

développer des affections

qui n'ont entre elles que très-peu de ressemblance. Par-

courons

le cadre des aliénations

mentales

si

bien tracées

Pinel combien ne serons-nous pas frappés en examinant successivement un maniaque furibond et

par

le célèbre

un

idiot

!

et

,

quel rapport découvrirons-nous encore entre

ces affections et l'épilepsie

de névroses

,

sensibilité et

si

dans

les

dans

le

,

la paralysie et

une multitude

un dérangement dans

la

phénomènes qui en dépendent?...

de certains poisons nous parait dé-

10. L'absorption

montrée

,

ce n'est qu'il y a

quoiqu'ils n'aient pas encore été tous trquyés

sang ou dans

les liqueurs des sécrétions des indi-

vidus empoisonnés. Cette proposition

,

combattue par

les

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

9

physiologistes qui ne veulent admettre l'absorption des

substances vénéneuses qu'autant que l'on en démontrera la

présence dans l'organe sur lequel elles ont agi

,

est ap-

puyée sur les faits suivans i°. MM. Tiedemann etGmelin ont reconnu dans le sang des veines mésaraïques de :

de l'hydro-cyanate ferrure de potasse

plusieurs chiens (prussiatc)

,

du sulfate de potasse

qu'on leur avait

avaler; a

fait

,

de l'acétate de plomb sang de la veine splé-

le

,

nique des chiens qui avaient pris de l'hydro-cyanate ferrure de potasse ou de l'acétate de plomb

contenait évi^

,

déminent des traces de Tune ou del'autredeces substances. Le sang tiré de la même veine chez des chevaux à qui on avait fait prendre

du

sulfate de fer

,

du cyanure de mer-

cure ou de l'hydro-chlorate de baryte

ment

,

renfermait égale-

on trouva aussi dans le sang delà veine porte des préparations analogues que l'on avait administrées à des chiens et à des chevaux (i) 4°- M. Foderà introduisit dans la vessie d'un chien une sonde bouces substances

:

3°.

;

chée

;

le pénis fut lié

les parties latérales

pour empêcher l'urine de couler sur

de

la

sonde

;

il

injecta dans l'estomac

une solution de quelques grains d'bydro-cyanate ferrure de potasse et il déboucha fréquemment la sonde pour recevoir sur du papier Joseph l'urine qui en sortait il lit tomber sur ce papier une goutte d'une solution de sulfate de fer, et une autre d'acide hydro-chlorique pour faire ,

•,

ressortir la couleur.

Dans une expérience, l'hydro-cyanate

lut reconnu dans l'urine dix minutes après son injectiondans et dans une autre expérience cinq minutes Les animaux furent ouverts sur-le-champ , et on

l'estomac après.

,

,

Recherches sur la route que prennent diverses subpour passer de l'estomac et des intestins dans le

(i)

stances

sang

,

pal-

Tiedemann

Paris, 1821.

et

Gmelin

,

traduction de Heller.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

10

trouva l'hydro-cyanate dans le sérum du sang

portion tlioracique de droite et

cavités

tlioracique

,

articulations est évident

la

membrane muqueuse

que dans

,

de la

tiré ,

gauche du coeur, dans l'aorte,

ganglions mésentériques

les ,

veine cave inférieure

la

dans les le canal

les reins

que

l'acide arsénienx

de morphine

et l'acétate

,

sement dans

le

sang

,

,

(i).

le sublimé corrosif

,

poisons que l'on met au

de ceux qui sont absorbés

maux

les

celte expérience le sel avait été conduit

jusqu'à la vessie par les voies circulatoires ordinaires Il est vrai

,

des bronches. Il

nombre

ont été cherchés infructueu-

dans l'urine

qui en avaient avalé ; mais

il

et

est

dans

la bile

des ani-

probable que

les re-

cherches n'ont pas été faites en temps opportun. Toutporteà croire, en effet, le

sang

et

que ces substances vénéneuses existent dans dans quelques-uns desliquidesdes sécrétions à une

certaine époque de l'empoisonnement, tandis qu'elles ne s'y trouvent

plus à une autre époque

:

qu'en

c'est ainsi

examinant, l'urine d'un chien empoisonné par l'acétate de

morphine tandis

nous y avons reconnu des traces de ce sel que nous n'en avons pas découvert un atome dans

l'urine de

du même

,

deux autres chiens qui étaient sous l'influence poison.

Le

fait

de ce que nous avançons. tate

de morphine dans

grains

dans

la

la

suivant vient encore à l'appui

On

a injecté

36 grains d'acé-

veine crurale d'un chien

veine jugulaire d'un cheval.

Le

,

et

3o

sel n'a

point été retrouvé dans le sang retiré d'une saignée pratiquée sur le chien

de

la

jugulaire

,

non plus que dans

du cheval opposée

le

sang obtenu

à celle qui avait subi

l'injection. Cette dernière saignée avait été faite cinq quarts

dlieure après l'introduction du poison. Dans une expé, la saignée a été pratiquée dix minutes

rience analogue

(0 Journal de Physiologie expérimentale, par Magendie, tom.

in

,

p. 44-

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. après l'injection

II

alors l'acide nitrique a indiqué la pré-

:

morphine en occasionant dans l'extrait alcoolique du sang une belle couleur rouge (i). Cherchons maintenant à exposer les considérations qui nous font admettre ou rejeter Y absorption, A. Il est évident que si la substance vénéneuse appliquée sur le tissu cellulaire n'exerce qu'une légère action sence de

la

,

locale, et détermine

des vomissemens

,

,

peu de temps après son application,

des vertiges

,

des

mouvemens convul-

mort dans l'espace de quelques heures admettre quelle a été absorbée. sifs

,

B. se

et la

,

A plus

forte raison afïirmera-t-on

tromper, que

dans

la

sans craindre de

,

substance vénéneuse a été absorbée

où son application sur

le cas

on doit

,

le tisssu cellulaire a été

immédiatement ou presqu'immédiatement suivie de symptômes plus ou moins graves terminés par la mort , et ,

qu'à l'ouverture du cadavre on découvre des inflamma-

poumons

tions dans les

que

digestif , ainsi

dans

cela a lieu

l'acide arsénieux et le

certain

,

le

cœur ou dans

pour

le tartre

sublimé corrosif.

quelle a été absorbée

,

le

canal

émétique

Il parait

,

encore

mais d'une manière lente

,

lorsqu'étantpeusoluble dans l'eau, son application sur le tissu cellulaire

n'est suivie

d'aucun symptôme remar-

quable avant vingt-quatre ou trente-six heures

mort larde deux ou

trois

locale inflammatoire est être regardée

comme

jours à survenir,

peu énergique

cause de la mort.

,

et

et

,

que

que

la

l'action

ne peut pas

,

C. Nul doute que

le poison ne soit absorbé dans les où son application extérieure, et son introduction dans l'estomac le rectum les veines, les cavités thoracique et abdominale sont exactement suivies des mêmes sym-

cas

,

,

,

(i)

Journ. de

sai ftne.

Pharm.

,

avril 1824,

Mémoire de M. Las-

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

12

ptômes ,

et



mort a

la

parties avec lesquelles

il

lieu d'autant plus vite a été

mis en contact

que

,

le font

les

com-

muniquer plus promptement avec le sang ou bien contiennent un plus grand nombre de vaisseaux absorbans ,

lymphatiques

D.

Il est

et veineux.

encore très-facile de conclure que la sub-

stance 'vénéneuse

na

pas été absorbée lorsque son apsym-

plication sur le tissu cellulaire n'est suivie d'aucun

ptôme général

,

bornée à déterminer une

et qu'elle s'est

eschare étendue. Ainsi on peut cautériser prises

centré

,

,

à plusieurs re-

un membre d'un chien avec l'acide sulfurique la potasse caustique

,

le nitrate d'argent

,

,

con-

etc.

:

plusieurs jours s'écouleront sans que l'animal donne le

moindre signe d'un dérangement dans cutent les principaux organes

,

et

les fonctions

qu'exé-

ce n'est que lorsque la

nature suscitera une inflammation pour se débarrasser de toutes les parties qui sont devenues étrangères

que

,

l'ani-

mal pourra succomber à l'excès de la douleur. E. Mais pourra-t-on conclure que la substance vénéneuse a été absorbée dans les cas où elle développe une inflammation très-intense du tissu cellulaire avec lequel elle a été mise en contact que la mort a lieu du premier au deuxième jour que l'animal n'a point vomi que l'on ,

,

,

ne découvre aucune lésion des organes principaux après la mort et que cependant la substance est dissoute dans l'eau et placée près des vaisseaux lymphatiques et d'une ,

multitude de ramifications veineuses ? Telle est la question

que nous cherchons à

multitude de substances

phorbe

,

l'ialropha curcas

éclaircir

,

et

par exemple

,

,

etc.

qui embrasse une ,

le nitre

Nous pensons,

,

l'eu-

i°. qu'il

estinutile d'admettre l'absorption d'aucune de ces substan-

phénomènes

qu'elles produisent-,

ces

pour expliquer

a

qu'il est probable qu'elle n'a pas lieu.

,

les

La première

de ces propositions paraîtra évidente lorsqu'on se rappel-

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. lera

que

l'application

l3

ces substances détermine

fie

une

inllammation intense accompagnée de vives douleurs, qui

peut être comparée à une brûlure étendue or nous savons que dans les affections de celle nature , la lésion :

,

,

sympathique du système nerveux a souvent occasioné , sans qu'il y ait chez les animaux , une mort prompte ,

eu absorption.

Comment

le

système nerveux a-t-il été af-

Voici les données qui tendent à faire croire

fecté?

qu'aucune de ces substances ri est absorbée. A la rigueur, nous ne pouvons acquérir la certitude qu'un poison a été aborbé qu'autant qu'il a été trouvé dans une partie quel-

conque des organes

intérieurs

:

cependant on s'accorde à

admettre l'absorption lorsq;i'après une mort prompte on

découvre des phénomènes inflammatoires des eschares dans l'endroit où le poison n'a pas été appliqué , comme , ,

par exemple

,

dans le canal digestif

;

ou bien, lorsque

peu de temps après son application sur le tissu cellulaire, de vertiges , de les animaux sont pris de vociissemens or les poisons dont nous nous occuconvulsions etc. pons ne déterminent aucun le ces effets. D'ailleurs, la ,

,

:

,

plupart des substances vénéieuses qui sont

absorbées

agissent beaucoup plus rapidement lorsqu'on les applique

sur le tissu cellulaire de la eusse que lorsqu'on les introduit dans l'estomac

blanc

et

noir

,

pourprée > l'opium, rive

:

tels soit

l'upas tieuté etc.

,

les racines d'ellébores

la roix

vomique

,

la digitale

Ici, a\ contraire, la

constamment beaucoup plus ard lorsque f

mort arle

poison

a été injecté dans le tissu cellulaire, ce qui semble prou-

ver qu'elle dépend de l'irritation nerveuse

,

qui est beau-

coup plus intense dans l'estomac qu? dans les membres. On objectera peut-être que les sibstances vénéneuses dont nous nous occupons peuvent ère absorbées, et déterminer } indépendamment d'une yhe irritation locale des

effets

plus ou moins sensibles sur

la texture

,

des or-

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

l4

ganes intérieurs

:

dans ce cas,

la

mort reconnaîtrait plu-

sieurs causes. Cette objection peut être valable; mais elle

appuyée sur aucun

n'est 1

1

.

fait

Après avoir exposé

desquelles on peut décider été

d'anatomie pathologique.

données à

les principales

l'aide

une substance vénéneuse a absorbée, nous devons faire connaître un certain nom-

bre de résultats

si

relatifs à leur

absorption.

On

peut établir d'une manière générale que Y absorption d'une substance vénéneuse soluble dans l'eau ou i°.

dans un autre liquide

est

,

beaucoup plus rapide lorsqu'elle

employée dissoute que dars le cas où elle est solide. Ainsi la dissolution d'extrait aqueux d'opium déterminera des effets funestes peu de miaules après son application

est

sur le tissu cellulaire de la cuisse, tandis que le extrait solide et à la

même

même

dose agira beaucoup plus len-

tement.

On

2°.

se tromperait pourtant

si

on

niait l'absorption

nombre de poisoi s presqu'insolubles en effet, arsénieux (arsenic bknc du commerce) dont la so-

d'un certain l'acide

:

,

lubilité dans l'eau est si

plus grande rapidité quatre grains à

peu marquée

et

,

il

l'état solide,

sur

est

absorbé avec

le tissu cellulaire

chien assez fort, pour d-'lerminer trois

,

la

d'en appliquer trois ou

suffit

la

d'un

mort au bout de

ou quatre heures.

3°. L'absorption des prisons appliqués à l'extérieur est

en général plus considérable dans les parties qui contiennent un plus grand nonbre de vaisseaux absorbans lymphatiques et veineux. Cependant il est des cas dans lesquels le lieu sur lequ'l

ils

sont appliqués n'influe en au-

cune manière sur l'mergie de

cette fonction

mette quatre grains décide arsénieux sur

du dos ou de mort aura

la

parte interne de

la cuisse

lieu dans l'un et l'autre cas

quatre ou six heui?s

;

il

arrivera

même

:

que l'on

le tissu cellulaire

d'un chien

au bout de

que

le

,

la

trois

,

chien sur le

CONSIDÉRATIONS GÉNÉUA.LES.

l5

dos duquel le poison aura été appliqué périra plus vite, tout étant égal d'ailleurs

au contraire,

;

même

la

dose de

mort au bout de quinze à vingt-quatre heures si on l'a mis en contact avec le tissu cellulaire de la cuisse, tandis que l'animal vivra six ou

sublimé corrosif occasionera

sept jours

s'il a

la

été appliqué sur le dos.

4°. L'absorplion de certaines substances vénéneuses a

immédiatement en contact avec

lieu sans qu'elles soient

animaux. Ainsi

tissus des

le sel

d'ammoniaque), d'après

les

les

ammoniac (hydro-chlorate

expériences de

M. Smith,

est

absorbé lorsqu'on l'introduit daus un sachet de linge que l'on applique sur le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse

d'un chien.

5°. Il est des substances vénéneuses qui sont entièrement

absorbées

,

et

dont on ne trouve aucune trace lorsqu'après

mort on examine attentivement les parties sur lesquelles elles avaient été appliquées. Il en est au contraire un trèsgrand nombre dont l'absorption n'est que partielle et que

la

,

l'on retrouve

en grande partie sur

le lieu



elles avaient

que l'on applique sur le tissu cellulaire deux gros d'une poudre végétale vénéneuse, il pourra se

été posées. Ainsi

faire qu'après la

,

mort de l'animal

il

en reste encore

i

gros

4o 5o ou 60 grains il semble qu'il n'y ait eu d'absorbé que la partie active. Dans d'autres circonstances lorsqu'on et

:

,

,

applique

par exemple

,

sur

,

le tissu cellulaire la partie

éminemment vénéneuse d'une poudre que

n'est pas absorbée, parce

truite

6°.

,

et

que l'absorption cesse avec

On

végétale, la totalité

la vie est

promptement dé-

elle.

peut empêcher l'absorption de plusieurs sub-

stances vénéneuses

,

et

peut-être de toutes celles qui sont

appliquées à l'extérieur

eu employant une pompe aspi-

,

rante (sorte de ventouse)

,

que l'on

fait

agir sur toute la

surface de la plaie sur laquelle on a mis le poison.

teur Barrv

,

médecin anglais,

a lu à

Le doc-

l'Académie royale de

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

l6

Médecine, dans

le

maux soumis

un mémoire inque des ani-

courant d'août 1825,

téressant sur cet objet

dans lequel

,

il

établit

à l'influence de la strychnine et de l'acide

liydro-cyanique à des doses suffisantes pour les faire périr,

ne meurent pas,

ment

et se rétablissent

on applique

si

la

même

assez

prompte-

ventouse à temps et qu'on la laisse

moins pendant une demi-heure. Ces expériences , dont les résultats sont exacts, portent l'auteur à croire, nonagir au

seulement que

la

qui

est déjà

celle

en

,

pompe la partie du poison qui mais encore une portion de celui

ventouse

n'a pas été absorbée

,

dans les vaisseaux veineux

par exemple

,

de déterminer sur

substances vénéneuses vipère

les diverses

,

quelles

il est

lymphatiques

Quoi

qui avoisinerait la plaie.

de cette dernière opinion

soit

rait utile

et

,

et

,

un

,

qu'il,

nous pensons qu'il se-

nombre de

plus grand

notamment sur

venin de la

le

époques de l'empoisonnement aux-

encore possible d'empêcher l'absorption.

Le

traitement de la morsure des reptiles venimeux et des ani-

maux les

enragés peut être singulièrement perfectionné par

travaux ultérieurs du docteur Barry.

Observations. Indépendamment des moyens que les expériences fournissent aux physiologistes pour déterminer le

mode

d'action des substances vénéneuses

core tirer parti de Yobsejvation des duisent sur

l'homme qui

,

,

on peut en-

effets qu'elles

par une cause quelconque

soumis à leur influence. Mais

les secours tirés

pro,

est

de cette

source sont beaucoup plus limités qu'on ne le croirait d'a-

bord en effet, :

i°. les cas

d'empoisonnement chez l'homme

sont heureusement trop rares pour que l'on puisse observer

un assez grand nombre de

fois les

phénomènes déterminés

par l'immense série des poisons connus

Tàge

,

;

i°. l'influence

de

symptômes trop marquée

de la constitution et des passions sur les

développés par

les

substances vénéneuses est

pour que deux individus empoisonnes par

la

même matière

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

même

présentent exactement le l'étude des poisons

état

3°. la rapidité

5

,

et

17

soient propres à

avec laquelle certaines

substances vénéneuses sont vomies et expulsées par les selles, la nécessité

dans laquelle on

dus empoisonnés

de favoriser promp-

est

tement ces évacuations pour rétablir

la santé des indivi-

sont autant d'obstacles qui s'opposent à

,

ce que l'on apprécie tous les effets qu'aurait produits le

poison

si

l'individu eût été

abandonné

à

lui-même

;

4°-

ea "

que l'on puisse observer sur l'homme les symptômes développés par les poisons appliqués à l'extérieur introduits dans les veines, la plèvre ou le péritoine lin il est rare

,

or,

:

est

il

presqu'impossible de connaître au juste

tion des poisons

,

si

on

l'ac-

n'a pas observé les effets qu'ils dé-

terminent lorsqu'ils ont été mis en contact avec ces dif-

que

l'e-

lude physiologique des poisons doit avoir pour base

les

férens tissus. Il suit de ces diverses considérations

animaux et que les observations d'empoisonnement chez l'homme, lors même quelles sont bien expériences sur

laites,

les

,

sont loin d'être aussi utiles qu'on pourrait l'ima-

giner au premier abord.

SECOND PROBLEME.

Déterminer quels sont combattre

les effets

les

moyens généraux propres à

des poisons introduits dans le canal

digestif.

1

2. Il est

d'autant plus important de fixer l'attention du lec-

teursur le traitement de l'empoisonnement considéré d'une

manière générale, que

les

médecins ne sont pas d'accord

sur les avantages des diverses méthodes qui ont été propo-

Les uns pensent qu'il n'existe point de contre-poi-

sées.

sons

,

et

qu'en supposant

gereux de sont

les

employer.

même «

qu'il y en ait , il est danLes spécifiques , dit M. Portai

recommandés aujourd'hui par quelques chimistes ha-

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

l8

biles, et par des médecins dont la clinique n'est pas en-

core bien avancée, presque toujours d'après les seuls résul-

quelques expériences sur

tats de

comment

les

l'empoisonnement

traiter

du malade avant que

animaux

vivans. » Voici

purgatifs

il

prescrit les vomitifs et les lave-

pulser hors du corps le ture qu'il soit. Mais

médecin arrive auprès

signes d'inflammation abdomi-

le plus

,

« Si le

:

les

nale soient prononcés,

mens

les

parlisansdecettedoctrinecroient que l'on doit

promptement possible aGn d'exfoyer vénéneux de quelque na,

,

l'inflammation de l'estomac est

si

déjà caractérisée par des vomissemens violens leurs vives

de

laires

du bas-ventre

cette cavité

,

les

mouvemens

doumuscu-

des

,

tension des parois

la

,

convulsifs,

la fièvre

plus ou moins vive, par l'urine, qui est rouge, sanguinolente le

,

alors, de

médecin ne

quelque espèce que

prescrit ni

qu'il serait funeste

,

soit le

ne doit prescrire

poison avalé,

et qu'il ajouterait à la

cause du mal au

lieu de la détruire. Les boissons adoucissantes tes, légèrement anodines

,

:

ne peuvent jamais

bien

même

,

émollien-

sont les seules qui conviennent

abondamment

aussi doivent-elles être

alors elles

parce

le vomitif,

être nuisibles

elles faciliteraient

les

prescrites

:

en pareil cas, quand

vomissemens

,

parce

qu'elles n'opéreraient cet effet qu'en relâchant le tissu des parties et

Nature

non en

et le

l'irritant.

»

(PortAl, Mémoires sur la

Traitement de plusieurs maladies 4° année ,

1819, pag. 309 et 3io.) Il résulte évidemment de ce qui précède que M. Portai proscrit l'emploi des antidotes dans le traitement de l'em-

poisonnement ; ce qui prouve

aucun

une

Cependant on

qu'il

ne

dans cité,

assertion qu'il est difficile de concilier avec les

deux

lit,

passages que nous venons de transcrire dit

les croit utiles

page 3 12 de l'ouvrage

cas.

M.

Portai

,

:

« S'il n'existe pas,

des symptômes d'inflammation

lecasd'empoisonnenientparle

,

il

faut,

dans

tartre stibié, prescrire l'infu-

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

ig

sionde^u^umrt.MM.FourcroyetBertholletontcitéd'heureuxexemplesdeguérison d'inflammation abdominale causée par de fortes doses d'émétique, par la boisson d'infusion

de quinquina.

»

Le quinquina

agit-il

autrement qu'en dé-

composant l'émétique, et en le transformant en une substance qui est sans action délétère sur l'économie animale

mot,

quinquina

le

n'est-il pas le

Donc, pour

tique ?

être

?

en un

contre-poison de l'émé-

conséquent, M. Portai aurait dû

reconnaître l'avantage de l'emploi des substances qui sont les antidotes

des sels de mercure, decuivre, de

plomb,

etc.

au moins lorsqu'il n'existe pas de symptômes d'inflamma-

M. Portai ajoute, page 3 19: « A peine peut-on citer quelques exemples de leurs succès (eu parlant des anti-

tion.

une si grande quantité d'heureux traitemens par la méthode que je viens d'exposer, que nos livres en sont pleins, etc. » Le savant médecin dont nous

dotes); tandis qu'il y a

combattons

ici

l'opinion n'ignore point combien les cas

d'empoisonnementsont

rares

cherche à détruire

dont

il

pour

la

plupart, que dans

que beaucoup de praticiens de

les

connaître.

il

;

que

sait

le

courant de l'année 181 6, et

ont rcjelés,sans appel, avant

les

Néanmoins

contre-poisons

les

n'ont été proposés

l'efficacité

,

nous pouvons affirmer que

plusieurs médecins français et étrangers se sont empressés

de

vérifier

chez l'homme que

les résultats

de nos expé-

riences étaient exacts; loin de regarder les essais faits sur

animaux comme coup d'importance,

les

insignifîans

y ont attaché beauont été couronnés de

ils

,

et leurs efforts

succès. Parle-t-on sérieusement lorsque, résultats relatifs

sons

,

on

lement

?

aux expériences

dit qu'elles

Nous ne

le

duise de l'acétate de

faites

pour annuler des

sur les contre-poi-

ont été tentées sur des animaux seu-

pensons pas

:

en

effet

,

que l'on

intro-

plomb dans un verre, dans un pot,

dans l'estomac d'un chien ou d'un

homme; que

l'on verse

par-dessus du sulfate de soude (contre-poison du sel de

20

CONSlDÉttATIONS GÉNÉKÀLES.

plomb)

:

aussitôt quil

composé,

le

l'on en attendait. sels

y aura

contact, le poison sera dé-

contre-poison aura produit tout

que

l'effet

Que l'on substitue à l'acétate de plomb

de mercure , de cuivre,

mine, on obtiendra des

et

effets

les

au sulfate de soude de l'albu-

analogues. N'a-t-on pas lieu de

s'étonner maintenant lorsqu'on entend dire que la décomposition

du poison par le contre-poison

d'un chien, tandis qu'elle ne se

comme

on

fait

a lieu dans l'estomac

pas chez

l'homme

? c'est

par cela seul que le poison et le contre -poison sont mêlés dans V estomac de V homme ï action chimique de ïun sur Vautre cesse ; cette décomposi

disait

:

,

sition est indépendante du vase dans lequel elle s'opère pourvu que le contact ait eu lieu entre le poison et le contrepoison, peu importe la naturedu vase qui contenait le mélange. Notez que le même médecin qui tiendra ce langage n'hésitera pas à administrer de la magnésie calcinée lors5

qu'il tité

soupçonnera

présence d'une trop grande quan-

la

d'acide dans l'estomac; dans ce cas

,

il

admettra que

magnésie s'empare de l'acide dans l'estomac, le ferait

comme

la

elle

dans un vase inerte.

Les médecins qui ne partagent point l'opinon de M. Portai

deux époques dans

distinguent

poisonnement,

ainsi

mière édition de ce traité: poison a été avalé

;

le traitement

que nous l'avons il

i°. il

de l'em-

établi dans la pre-

n'y a pas long-temps que le

se trouve dans le canal digestif 5

il

que possible l'empêcher d'agir en le chassant, haut soit par le bas, ou en le combinant avec

faut autant soit par le

,

une substance qui neutralise ses propriétés vénéneuses cet objet étant rempli, on doit combattre les symptômes qui :

ont été déterminés par le poison varient suivant les cas. a

.

à l'aide

,

Le poison

de moyens qui

est avalé

depuis long-

temps; des vomissemens, des selles ont eu lieu, tout an-

nonce que la substance vénéneuse qui n'a point agi, a été entièrement expulsée on compromettrait la vie du ma,

:

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

21

on s'obstinait à vouloir décomposer le lade si, dans s'opposer aux progrès de la simplement poison il faut tout maladie par les moyens généraux appropriés. ce cas,

:

Première époque.

Il faut

débarrasser le malade de la sub-

stance vénéneuse qui n'aurait point encore agi

;

car

si

elle

continue d'exercer son action sur le canal digestif, les accidens seront singulièrement aggravés

et les

,

employés produiront à peine de bons

médicamens Or, il y a

effets.

deux moyens d'empêcher l'action des poisons sur le canal digestif: le premier consiste à les faire rejeter par haut ou par bas; le second a pour objet de les neutraliser de manière à ce qu'ils n'exercent plus aucune action délétère sur

nos

tissus.

Évacuons. Les médicamens que l'on emploie pour déterminer le vomissement dans l'empoisonnement sont de

deux

sortes: les

tartre stibié

que

,

uns sont vraiment émétiques de zinc,

le sulfate

etc.

:

on en

:

fait

tels

sont le

usage lors-

substance vénéneuse introduite dans l'estomac n'est

la

pointirritante; les autres sont aqueux, mucilagineux, adoucissans

et

,

ne font vomir qu'en distendant l'estomac

on

emploie dans

et

en

empoisonnemens par les poisons irritans, acres et corrosifs. On il serait dangereux voit évidemment que dans ces cas d'avoir recours à des vomitifs énergiques, qui augmenteraient l'irritation de l'estomac. Quels que soient les évacuans dont on croira devoir faire le forçant à se contracter

:

les

,

usage,

il

,

sera souvent avantageux de les introduire dans l'es-

tomac à

l'aide

neur de

la

d'un appareil dont on

s'est

disputé à tort l'hon-

découverte dans ces derniers temps (1), et qui est j

,

(i) Plusieurs

verte

les

journaux ont annonce, en

importante qui venait d'être

faite

1824,

décou-

la

en Angleterre

,

d'une

seringue métallique terminée par un tube placé à angle droit, qui permet d'introduire dans l'estomac des personnes empoi-

, »

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

23

disposé de manière à ce que l'on puisse retirer les liquides

contenus dans ce viscère. Voici

description de l'appareil

la

donnée dans le Bulletin de Pharmacie une seringue d'une grande capacité, à laquelle on adapte une canule en tissu élastique, pareille aux

telle qu'elle a été

«

On

:

se procure

sondes creuses de caoutchouc

,

qui aura six décimètres de

une entrée de deux centimètres de diamètre, c'està-dire assez grande pour recevoir le canon de la seringue;

long

et

ce diamètre

en diminuant jusqu'à ce qu'il

ira

six millimètres,

non compris

n'ait plus

que

l'épaisseur des parois, qui est

partout de deux millimètres. L'autre extrémité de la canule sera assez pointue

pour

faciliter l'introduction, et

dant assez arrondie pour ne pas léser vertures, au

les

cepen-

organes. Les ou-

nombre de deux, seront pratiquées latéralement

sonnées une quantité considérable de liquides, et de

Un

tirer après avoir dissous le poison.

l'opium

fut guéri

sur-le-champ à

Une dame qui danum fut rendue

tion.

,

On

l'aide

de l'appareil en ques-

du lau-

voulait se suicider et qui avait pris à la vie.

ne tarda pas à réclamer

faveur de

les re-

chien empoisonné par

M. Dupuylren. On

la priorité

rappela

la

de celte découverte en description de l'instru-

ment de ce professeur, donnée en février 1810 dans le Bulletin de Pharmacie : il eût été plus exact de dire que dès Tan x de la république,

MM.

Renault

et

Dupuylren avaient

des résultats semblables aux précédens [voyez

inaugurale de Renault

,

an x, n° 3),

et

qu'il fallait

employer un instrument analogue le

connaître

Dissertation

que déjà

Boerbaave

en juger par

fait

,

en

1

744

dans son article des Antidotes,

le célèbre

disait

la

,

çonvulsi sunt , ut nihil deglutiant metallicus flexilis, qui supra

,

comme on

peut

Quando vero homines

passage suivant: «

ila

débet prœslo esse canalis

,

linguam ad membranam

c/uce

vertebras anlerius succingit huic in ventriculum distendatur,

per eum mtdicamenta tom.

vi

,

inj'icere

p. 338. Goltingce

opportet.

, 1

744

,' •

» (

Prcelectiones

Acad.

23

CONSIDÉllATlOflS GÉJN ÉKALEâ.

à différente hauteur

On

la canule.

tiède et

;

;

mais l'inférieure toujours au bout de

tient prête

on introduit

même assez

une

assez grande quantité d'eau

canule dans

la

avant dans

la

bouche

,

l'œsophage,

ventricule; on évite la ren-

le

contre du larynx pour peu que l'on porte l'extrémité de la canule en arrière. Le sentiment de gêne qu'elle produit arrêter. Parfois

ne doit pas

étant fort vive est

un mal

quel

est

,

un peu

,

la contraction

d'effort

de

la part

de l'œsophage de l'opérateur

nécessaire et léger en comparaison de celui au-

exposé

nous l'avons

le

malade. La canule étant adaptée

dit plus

haut

,

l'on injecte

l'eau tiède contenue dans la seringue; puis,

ringue sera vidée, on aspirera

On

son dissous.

la

même eau

comme

dans l'estomac

quand

la

réitérera cette opération avec célérité

cela autant de fois qu'il sera nécessaire

se-

chargée de poi,

et

pour laver complè-

tement l'estomac. Plus l'introduction de l'eau dans l'œsophage et son impulsion seront abondantes et réitérées

promptement soulagé,

plus le malade sera suites de

l'empoisonnement seront graves.

On

et

moins

les

sait qu'il est

des substances vénéneuses solides, telles que l'opium, qui

ne peuvent

être sur-le-champ entraînées par l'eau intro-

duite dans l'estomac

;

mais cette eau peut dissoudre

lever d'abord ce qui était dissous, et

même

et

en-

\es matières

administrées en poudre fine dans des liquides. »

On devra lorsque

les

surtout avoir recours à l'appareil dont

émétiques ou

minent point

le

les boissons prescrites

vomissement, ou que

pas avaler, soit parce qu'il éprouve vulsif des mâchoires,

le

il

s'agit

ne déter-

malade ne peut

un resserrement con-

une constriction

à la gorge,

ou par

toute autre cause. Contre-poisons. On désigne sous le nom de contre-poison ou

d'antidote toutesubstance jouissant des propriétés suivantes i°.

:

Elle doit pouvoir être prise à grande dose sans au-

cun danger.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

24

2°. Elle doit agir sur le

poison

,

soit liquide

_,

soit so-

une température égale ou inférieure à celle de l'homme. 3°. Son action doit être prompte. 4°. Elle doit être susceptible de se combiner avec le poilide

son

à

,

,

au milieu des sucs gastrique

autres 5°.

,

muqueux,

que l'estomac peut contenir. Enfin, en agissant sur le poison,

bilieux et

elle doit le dépouil-

ler de toutes ses propriétés délétères.

M. Renault, dans une

dissertation sur les contre-poi-

sons de l'acide arsénieux, après avoir indiqué toutes ces qualités (i), insiste sur la nécessité d'essayer sur les ani-

maux

vivans les difïérens réactifs proposés

poisons

de

et

,

les forcer à

comme

contre-

séjourner dans l'estomac avec

que rien ne soit expulsé par on ne peut affirmer qu'une substance soit l'antidote d'un poison qu'autant que l'on a empêché le vomissement chez les animaux soumis aux expéla substance

vénéneuse

vomissement.

le

riences

,

En

,

afin

effet,

car le rétablissement de l'animal peut dépendre de

l'expulsion

du poison sur lequel

le réactif

chimique n'a

exercé aucune influence; ces sortes d'expériences ne sauraient

donc avoir de valeur que dans

le

cas où le vomisse-

na pas eu lieu. i3. On dira peut-être qu'il est aisé de s'assurer si une sub-

ment

...

-

(i)

__

.

Nouvelles expériences sur les contre-poisons de l'arse-

nic } dissertation soutenue à l'Ecole de Médecine

Nous avons omis à

M.

Renault

dit «

que

mention

fait

les

an io, p. 3. dessein de parler d'une condition dont ,

et qui

ne nous paraît pas exacte.

,

qui

;

or,

il

est évident

que

la

de l'aveu de tous les praticiens, est le meilleur

contre-poison des acides minéraux Feau.

Il

contre-poisons doivent être dissolubles dans l'eau

» et dans les liqueurs animales »':

magnésie

,

,

est

un corps insoluble dans

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. stance est l'antidote d'un poi son

de

,

25

en ayant égard

durée

a la

des animaux empoisonnés et auxquels on a admi-

la vie

nistré quelque contre-poison. JNous croyons cette assertion

plus propre à induire en erreur qu'à nous éclairer vitalité des

degré de

fet, le

animaux

en

:

ef-

varie trop pour qu'on

y puisse compter d'une mani ère absolue. Nous pouvons assurer, d'après un très-grandl nombre de faits a qu'un animal dont l'œsophage est lié , et auquel on n'a fait prendre aucune substance vénéneuse vit quelquefois deux jours moins qu'un autre de la même espèce et de la même taille auquel on a fait avaler uni poison et qui d'ailleurs est placé dans les mêmes circonstances b que la mort arrive souvent deux ou trois jours plus tard chez un animal qui a pris une substance vénéneuse à la même dose qu'un ,

,

,

5

même

autre animal de liés. Il est

goureuse

espèce, leurs œsophages ayant été

donc impossible de

si

l'on a

tirer

s'écoulent depuis le

moment où

ques-uns des poisons, gique

et

,

dont

Que

l'estomac d'un chien

daus 8 onces d'eau,

une

même

il

faut excepter quel-

comme le sublimé corrosif et les mode d'action est tellement éner-

le

constant, qu'ils déterminent toujours la mort en

quelques heures.

taille

ri-

l'animal a été empoisonné

jusqu'à celui de la mort. Toutefois,

acides concentrés

aucune conclusion

seulement égard au nombre de jours qui

l'on introduise, par

un

et

dans celui d'un autre chien de

pareille quantité de ce corps

liquide

exemple

,

dans

gros de sublimé corrosif dissous

même

mêlé avec 6onces du

dans lequel on aura préalablement délayé

,

l'albumine provenant de sept ou huit blancs d'œufs, qui,

comme nous blimé

,

le

l'avons prouvé, est le contre-poison

du

su-

premier périra constamment dans l'espace de

quelques heures

;

le

second vivra deux ou

œsophages de ces animaux ayant été i4» Lorsqu'il est avéré

l'inflammation

,

trois jours, les

liés.

qu'un poison corrosif détermine

l'ulcération

,

la scarification

d'une ou de

CONSIDÉRATION

20

du canal

plusieurs parties

connaître actif

comme

on doit sans hésiter

reré-

dres, quelle que soit 1

de produire tous ces désorl'époqvie à laquelle la mort survienne.

Le mot contre-poison

5.

GÉNÉRALES.

contre -poi .son de cette substance le

chimique qui l'empêch

deux acceptions

i

dit ;estif,

;

e

i,

différentes

parmi beaucoup de médecins, tantôt

:

ils

appellent ainsi une

substance capable de décom poser rapidement le poison dans l'estomac,

et

de former av ec lui une maiière insoluble

sans actiou sur l'économie; animale: tantôt

nom

à tout

médicament

o[ui

,

la

substance vénéneuse,

auxque ls elle a donné lieu calme les acmaladie et peut même les faire disparaître. Il

les effets

cidens de la

et

donnent ce

ne jouissant en aucune ma-

nière delà faculté de déc omposer

diminue

ils

,

est inutile défaire sentir c

ombien

poison convient peu à ce

s

la

dénomination de contre-

derniers médicàmens

ple , n'est-il pas inconvenant de dire que

les

:

par exem-

sangsues sont

le

contre-poison des substa nces corrosives, parce que souvent, appliquées sur l'abdomen

,

elles ont fait disparaître les

symptômes d'inflammation qui avaient suivi l'ingestion d'un poison corrosif quelconque ? Et combien d'autres exemples de ce genre ne pourrions-mous pas rapporter Deuxième époque. Si Je* médecin est appelé auprès du malade long-temps après l'introduction du poison dans le !

canal digestif, lorsque

ment expulsée avec selles

,

la

la.

substance vénéneuse a été entière-

matière des vomissemens ou des

loin de chercher à faire usage des antidotes

ou des

vomitifs, qui pourraient c:tre nuisibles dans beaucoup de cas,

il

doit

examiner attentivement

l'état

de l'individu, la

nature des symptômes qui se sont développés

,

les

organes

qui ont été primitivement ou secondairement affectés

genre de poison auquel 010 peut attribuer

les accidens

,

,

le et

ou telle indication à remplir. Nous nous garderons bien de donner à cet égard des préceptes généraux le mode de traitement

agir différemment suivant qu'il se présente telle

,

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

27

de suivre dans un cas pouvant être funeste

qu'il convient

dans une autre circonstance.

TROISIÈME PROBLÊME. Déterminer quels sont

les

moyens propres à faire connaître

la nature des poisons. ï6.

de

la

Ce problême un

des plus importans sous le rapport

,

médecine

légale

plus de difficultés

;

un de ceux qui

est aussi

,

sa résolution

offrent le

exige, outre les connais-

sances les plus étendues de l'histoire naturelle, des recher-

ches chimiques multipliées d'un caractère particulier, pour lesquelles

chimie née',

les

dans

on consulterait souvent sans fruit les traités de mieux rédigés en effet, on ne trouve aucune don:

les

ouvrages qui embrassent celte science d'une

manière générale, sur

réciproque des poisons, et

l'action

des principaux fluides et solides végétaux et animaux qui

nous servent d'aliment

et

avec lesquels on combine souvent

les substances vénéneuses.

ne doivent-ils pas varier certaines circonstances l'eau

,

Et combien

moyens d'analyse

les

lorsqu'il s'agit de découvrir

,

dans

un poison simplement dissous dans

ou mêlé avec une substance alimentaire

!

Les réactifs

propres à déceler des atomes d'une dissolution aqueuse de

sublimé corrosif, par exemple

pour reconnaître ce poison

,

ne sont d'aucune

lorsqu'il a été

l'albumine, du lait, du bouillon

,

même induire

de

en erreur.

Il

en

est

etc.

:

utilité

combiné avec de leur emploi peut

même pour la

plupart

des poisons qui ont été mêlés avec des liquides colorés faut alors,

pour

avoir recours

genre

(1)

(1).

On

On

les

à a

des

de

parvient

à

5

il

découvrir, décolorer les liqueurs ou

la

expériences chimiques d'un autre

peine à concevoir que

décolorer

les liquides

«haufter avec du charbon animal

,

soit

M. Fodéré

ait

en les faisant

préalablement débarrassé de

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

28

nié, dans l'article Toxicologie

médicales , que

du Dictionnaire des Sciences

plupart des poisons minéraux mêlés à

la

des liquides colorés fournissent, avec les réactifs

, des préd'une couleur différente de ceux qu'ils donnent lors-

cipités

qu'ils sont purs. « Je puis affirmer, dit-il, et c'est ce dont

auditeurs sont témoins tous les ans

que

dire

les réactifs

,

mes de

qu'il n'est pas exact

sont sans action sensible et identique

sur les liqueurs colorées, telles que le café, qui contiennent des poisons métalliques. »

(

Page 4o4-

)

en

S'il

est ainsi,

certains sels au

moyen de

filtrant à travers

une couche du

chlore liquide

celte dernière substance est plus efficace

:

l'autre: en effet, elle agit truit la

l'acide

on verse dans en

faut :

rante

,

charbon

les

;

du

et

,

beaucoup plus promptement

,

que

et dé-

couleur de certains liquides qu'il serait impossible de

décolorer par le charbon. Voici

ment

en

soit à l'aide

hydro-chlorique

même

pour le et

de chlore

comment

il

faut l'employer

:

coloré autant de chlore concentré qu'il

le liquide

décolorer, ou du moins pour le jaunir légère-

le

chlore s'empare de l'hydrogène de la matière colo-

donne ,

assez souvent

des débris de

la

un précipité jaunâtre composé

matière colorante

;

d'une sub-

et

stance végéto-animale qui pouvait faire partie du liquide coloré

:

on

queur

déposer

laisse

filtrée

par

chlore dont on

évaporer

par

s'est servi

la dissolution

les réactifs

$

le précipité,

les réactifs

on

était trop

pour

agirait

employé trop de chlore.

Il

on

filtre et

on

essaie la

propres à déceler le poison. Si

la

de

étendu d'eau

, il

le

dans

le cas



l'on aurait

importe dénoter que dans certaines :

c'est ainsi

proto-hydro-chlorale d'étain est transformé en deuto-

hydro-chlorate par une suffisante quantité de chlore j que cide arsénieux passe à

que ce

le

faudrait

concentrer avant de l'essayer

même

circonstances le chlore change la nature des poisons

que

li-

n'est plus le

qu'il faut

l'état

d'acide arsénique

etc.

;

l'a-

en sorte

poison qui avait été mêlé au liquide coloré

chercher après l'action du chlore

veau poison formé.

,

(

Voj.

,

mais bien

les histoires particulières.)

le

nou-

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

2Q

nous demanderons àM.Fodéré pourquoi il se rétracte, quelques pages plus loin, en établissant: i°. que l'eau de chaux 1

précipite en jaune orangé l'acide arsénieux mêlé au thé

au café, au sang si

(p.

l'acide n'a pa,s été

4o5)

,

tandis qu'elle précipite en blanc

mélangé

;

2°.

que

potasse

la

,

la

soude

,

l'ammoniaque, le prussiate de potasse et les sous-carbonates agissent autrement sur le sublimé corrosif mêlé de vin ( p.

,

de bouillon ou de café, que sur

4°6)

5

3°.

que l'ammoniaque

et

même

le

poison pur

l'hydrogène sulfuré ne

peuvent servir de liqueur d'épreuve pour reconnaître sels

,

qu'ils a

les

cuivreux qui ont été mêlés au café, au vin rouge parce

donnent des

trompeurs

résultats

p.

(

407

).

M. Fodéré

encore été induit en erreur en annonçant que nous avions

dit

que

les réactifs étaient sans action sensible

sur les

li-

queurs colorées tenant des poisons métalliques en dissolution. Il faut

donc, pour

les

recherches médico-judiciaires

in-

,

dépendamment des connaissances chimiques générales des

faits

,

particuliers sur l'action réciproque des poisons et

des diverses matières organiques. Il paraît étonnant qu'une pareille assertion n'ait jamais frappé les observateurs char-

gés de faire des rapports sur l'empoisonnement

diger des ouvrages de médecine légale pouillés d'une foule d'erreurs graves

seulement servir de guide dans

:

,

,

ou de

leurs écrits

,

ré-

dé-

pourraient alors

les cas judiciaires relatifs à

la toxicologie.

Pénétrés de cette vérité , nous croyons devoir subdiviser en plusieurs parties la résolution du problême qui fait le sujet

de

cet article.

Indiquer d'abord

les caractères exté-

rieurs et les réactifs propres à faire connaître les poisons

sans mélange d'aucune autre substance

moyens capables de

avec des liquides colorés

maux, et

qu'ils ont été

;

exposer ensuite

les déceler lorsqu'ils ,

les

ont été mêlés

des solides végétaux ou ani-

vomis 5 enfin décrire d'une manière

C0NS1DÉKATI0NS GÉNÉRALES.

?)0

convenable les procédés à

l'aide desquels

trer leur existence après la

mort

on peut démon-

même

lors

,

qu'ils ont

contracté une union intime avec les tissus organiques; telle

marche

est la

qu'il faut suivre irrévocablement si

nalyse chimique n'est

(i). Il est vrai

permettre d'opérer sur tous les poisons avec

de perfection; mais qu'importe faisant

on veut

que l'apas encore assez avancée pour nous

parvenir à des résultats satisfaisans

?

même

le

nous croyons

pour un certain nombre d'entre eux

utile,

degré

en

le

de donner

,

l'éveil et d'exciter les savans à faire des recherches

d'un

aussigrand intérêt pour l'humanité. 17.

Les

trois

la solution

problêmes dont nous venons d'envisager

d'une manière générale ne pourront être résolus

qu'à l'aide d'expériences sur les animaux vivaus

(1)

M. Worbe

est loin

il

;

est

de partager notre manière de voira

cet égard. Suivant lui, « les rapports fondés sur l'analyse chi-

mique des infinimcns en

justice. Si c'est

petits

obtiennent peu de considération

avec raison que

juges les repoussent en

les

ne doivent pas y attacher autant d'imporprincipe ; le médecin doit singulièrement se ga-

définitive, les experts

tance dans rantir

le

de toute illusion scientifique.

matière présumée du parcelles,

si

»



« Si

pour découvrir Ja

crime vous n'en recueillez

vous ne pouvez à Y œil nu

que quelques

reconnaître absolu-

la

ment et exclusivement à toute autre , si vous ne la trouvez que par des réactifs , méfiez-vous de la science et de vous-même, et tremblez de prononcer qu'il y a empoisonnement, parce que vous avez été affecté de

telle

altération à sa surface

et

odeur, que

mêlai aura subi

telle

précipité

:

ces expériences ne conduisant pas nécessairement à la vérité

,

,

et surtout à la vérité légale. » tré en Angleterre *

tel

que vous aurez obtenu

que

les

l'acide hydro-sulfurique

,



«

Ainsi,

il

tel

vient d'être

ognons digérés ou

piles

,

traités

Nous

par

donneront un précipité jaune dore

semblable à celui que fournil l'oxyde d'arsenic avec réactif. »

démon-

n'hésitons pas à le dire, l'opinion de

le

même

M. Worbe

CONSIDÉRATIONS

donc

utile

de disciuter

de recherches, et l'cesophagotomie,

si les

CKNltliALIÎS.

on peut

si

se dispenser

de pratiquer

de physiologistes se

rontre laquelle tant


$ xiv

.

:

puisse opérer sur ce

Essai sur l'empoison-

pag,

8"»..

DES POISONS IRIUTANS.

4$ velouté les

cadavres

:

intérieure subite

mac

5

mêmes

produit sur 1'épiderme des

effets qu'elle

ou

car les rugosités

de cette membrane

les plis

du ventricule ne permettent pas

et d'ailleurs

cette séparation

l'ouverture très-fréquente de l'esto-

,

des cadavres ne m'a jamais présenté de séparation

velouté produite par

putréfaction

la

lors

,

même que

putréfaction était très-avancée dans toutes ses parties.

observations

,

quoique

Ces

me paconsidérer ce signe comme

constatées par celles d'Hebenstreit

raissent autoriser des experts à le plus positif,

du

cette

d'ailleurs

,

on puisse concevoir que,

dans le reflux de certaines matières atrabilaires

,

ceux qui

sont attaqués depuis long-temps de la maladie noire soient

quelquefois dans le cas de présenter des Si ce cas très-rare avait lieu

de

,

on aurait

celte atrabile, soit par les vestiges

à

j

effets

qu'on trouverait dans

l'estomac, soit par les considérations prises

ment du

sujet et

de

ration

marquée est

5

du tempéra-

ses maladies antécédentes (i). »

3°. Assez souvent les

couleur

analogues.

ustifier l'existence

ils

poumons sont le siège d'une ou moins enflammés

sont plus

alté-

5

leur

rouge ou violette leur tissu , serré plus dense, 5

moins crépitant que dans

,

l'état

onde

certaine quantité de sang

ordinaire,

contient une

sérosité sanguinolente.

Ces

phénomènes peuvent tenir aux efforts répétés et infrucnous pensons cependant qu'ils tueux de vomissemens :

sont souvent le résultat d'une action spéciale de la substance vénéneuse sur les poumons. 4°. Les ventricules et les oreillettes

du cœur sont plus

ou moins distendus par du sang différemment coloré suivant l'époque à laquelle on ouvre les cadavres. Dans une ,

multitude de circonstances ce fluide se trouve coagulé une ,

ou deux heures après est

dans cet

(1)

Mahon

état

;

la

mort

,

et

presque constamment

il

au bout de quinze ou dix-huit heures. Ce

Médecine légale,

toro.

ii,pag. u8o.

GÉNÉRALITÉS.

49

faitd'anatomie pathologique, dont nous garantissons l'exactitude , est loin de confirmer l'opinion des auteurs qui ont

avancé que, dans l'empoisonnement par les substances végétales , le sang restait fluide pendant long-temps à la vé:

rité,

ont principalement voulu parler des substances

ils

narcotiques ces poisons

-,

,

mais nous verrons, en faisant l'histoire de

que leur assertion

est tout - à -fait

dénuée de

fondement.

Dans certaines circonstances, les ventricules du coeur, ou plutôt la membrane qui les revêt à l'intérieur, les colonnes charnues les oreillettes ou les pelotons graisseux contenus dans ces cavités sont plus ou moins enflammés ,

,

scarifiés

ou ulcérés

,

sublimé corrosif et l'acide arsénieux

le

:

déterminent principalement cette lésion. 5°.

Quelquefois

la

membrane

naire est injectée, enflammée etc. ,

lésion

interne de la vessie uri-

On n'observe

guère cette

que dans les cas d'empoisonnement par les cantharides.

6°.

Le cerveau

notable

:

et les

méninges n'offrent point de lésion

cependant on remarque quelquefois un engorge-

ment des vaisseaux veineux qui rampent à la surface externe de cet organe. "j°.

Quelquefois

s'étend sur

la

la

puissance corrosive de ces poisons

peau, qui se recouvre de taches noires,

gangreneuses. Morgagni parle d'une

avec de l'arsenic rieure

,

qui

après sa mort

otï'rit

du corps entièrement noire de

poumons

étaient gangrenés

,

comme

femme empoisonnée la tète

la face

posté-

aux pieds

l'estomac et le

;

les

duodénum

rongés (1).

Les caractères dont nous venons de

faire

mention man-

quent quelquefois dans l'empoisonnement par rosifs, et le cadavre

(1)

De

png. 34.

Causis

et

les

cor-

ne présente aucune altération. Lorsque Stdibus Morhar.

,

episl.

lïx, art.

ht,

DES POISONS IRRITANS.

5o nous

traiterons, dans la dernière section de cet ouvrage,

des devoirs du médecin qui a été consulté par

nous ferons connaître la conduite cas presque toujours épineux.

le magistrat,

qu'il doit tenir dans ces

Action générale des Poisons irritans sur V économie animale. Les détails dans lesquels nous entrerons en décriles symptômes produits par chacun des poisons de

vant

celte classe

mode

,

démontreront jusqu'à l'évidence combien leur

d'action est loin detre identique

:

en

effet, quel-

ques-unes de ces substances vénéneuses irritent jortement les tissus avec lesquels on les met en contact et paraissent dé,

terminer

la

mort sans avoir

dont l'absorption

est

été absorbées

extrêmement

produire une légère irritation,

et

;

facile,

il

en

est d'autres

qui se bornent à

qui ne déduisent

la vie

que

parce qu'elles ont été transportées dans le torrent delà circulation

s

enfin

un certain nombre

mort en

irritant fortement les

applique

,

éloignés fisent

,

et

d'entr'elles occasionentla

tissus sur lesquels

on

les

en agissant sur des organes plus ou moins

après avoir été absorbées. Ces considérations suf-

pour prouver

qu'il faut

chacun de ces poisons

si

l'on

examiner

le

mode

d'action

ne veut pas s'exposer

à

de

com-

mettre des erreurs graves.

Traitement général de V Empoisonnement par

les irritans.

Parmi les poisons de cette classe , il en est un certain nombre dont on doit chercher à combattre les effets par des antidotes que l'expérience a démontré être très-efficaces, en se conformant toutefois aux préceptes établis en parlant

du traitement de l'empoisonnement considéré d'une manière générale. {Voyez pag. 20 et les articles Acides et

DU PHOSPHORE.



Alcalis concentrés , Sublimé corrosif, Vert-de-gris, Tartre stibié , Sels d'argent

Si

d'étain

,

temps qui

le

,

de plomb

,

de baryte.

)

écoulé depuis l'empoisonne-

s'est

d'espérer des avantages marqués de

ment ne permet plus

ou que la substance vénéneuse avacelles dont on ne connaît pas encore le contre-poison il faudra recourir aux médicamens qui peuvent calmer, diminuer et même faire disparaître ainsi après avoir les symptômes de l'empoisonnement l'aide d'abondantes vomissement à favori-sé le boissons mu-

l'emploi des antidotes lée soit

,

du nombre de ,

,

,

:

cilagineuses tièdes

,

et

même

au moyen de l'eau froide, on

pratiquera des saignées générales

sangsues

,

etc.

On

évitera avec

ministrer des émétiques

,

du vinaigre

,

on appliquera des

beaucoup de soin d'adet toutes les autres

substances qui pourraient augmenter l'irritation des parties déjà affectées,

comme nous

titude d'expériences

faites

l'avons observé dans

sur ce sujet.

vomissemens seraient très-violens

,

on

ferait

ques goultes de laudanum de Sydenham. suite la nature des les

Dans

une muloù les

le cas

prendre quel-

On appréciera en-

phénomènes nerveux développés,

et

on

combattra par des moyens appropriés qui varient sui-

vant le genre de lésion.

CHAPITRE PREMIER. DES POISONS IRR1TANS MINÉRAUX.

ARTICLE PREMIER.

Du

Phosphore.

21. Plusieurs médecins le

recommandables ont administré

phosphore dans certaines maladies aiguës

et

chroniques

5

5a

DES POISONS IRRITANS.

quelques-uns d'entre eux lui ont

même

accordé des pro-

priétés qui semblaient devoir le rendre très-utile; d'autres,

témoins des effets nuisibles qu'il avait produits dans quelques affections nerveuses, n'ont point caché combien il pouvait être dangereux

,

même

lors

qu'on prenait

les

plus

grandes précautions dans son administration. Jaloux de voir la matière médicale établie sur des bases certaines

hommes quelles

ces

,

estimables ont publié des observations dans les-

ont vu

ils

peu de temps

phosphore déterminer

le

et dans

avons cru qu'il

douleurs

les

serait utile

la

mort en

plus atroces.

les

très-

Nous

de fixer l'attention des savans

sur une substance dont les propriétés peuvent souvent devenir funestes à l'économie animale.

Propriétés physiques et chimiques du Phosphore.

Le phosphore est un corps

22.

légèrement brillant, flexible

et

solide, demi-transparent,

mou; on

le

coupe

facile-

ment avec un couteau et il présente une cassure vitreuse il a une odeur d'ail trèset quelquefois un peu lamelleuse ,

;

sensible, et analogue à celle que répand l'acide arsénieux

mis sur les charbons ardens pur

;

il

est

;

il

paraît insipide lorsqu'il est

ordinairement transparent

santeur spécifique est de 1,770. Si on fiole

contenant de l'eau

qu'au 43 fusion

on

,

e

et

met au fond d'une la

température jus-

degré du thermomètre centigrade

et il est

transparent

le laisse refroidir très-

rence,

qu'on élève

incolore; sa pe-

et

le

et reste sans

fer dans de l'eau,

couleur

on

comme une

lentement

le fait

;

si,

,

il

,

il

entre eu

huile blanche

;

si

conserve sa transpa-

au lieu de

chauf-

le faire

fondre au contact de

l'air

,

il

absorbe l'oxygène, s'enflamme, dégage beaucoup de calorique et de lumière,

et

donne

naissance, à de l'acide

phorique solide, qui paraît sous

la

phos-

forme de vapeurs blan-

ches, épaisses, et à de l'oxyde rouge de phosphore

;

mis en

OU PHOSPHORE. contact avec

l'air à la

53

température ordinaire,

le

phosphore

s'entoure bientôt d'une vapeur ou fumée blanche, remar-

quable par rité

il

;

lumière verdàtre qu'elle offre dans l'obscu-

la

jaunit

,

passe ensuite au rouge, et

en

lui

commerce

par dispa-

en acide phosphatique. L'acide

raître en se transformant

nitrique du

finit

transforme en acide phosphorique

le

cédant une portion de l'oxygène qu'il contient. Les

huiles le dissolvent

pourvu qu'on élève un

tant soit

peu

la

température. La dissolution faite avec l'huile d'olives se trouble considérablement par

le

refroidissement, et acquiert

une couleur jaunâtre. L'alcool ment le dissoudre.

et l'éther

peuvent égale-

23. L'eau sucrée, l'infusion chargée de thé, l'infusion

alcoolique de noix de galle, l'albumine lait, la bile, etc.

ne dissolvent point

,

,

le

la

gélatine, le

phosphore à la

température ordinaire.

diction

il\.

dans

du Phosphore sur V économie animale.

Le phosphore, dissous dans l'huile d'olives et injecté produit la mort dans un espace de temps

les veines

très-court

:

,

introduit dans l'estomac

,

détermine des ac-

il

cidens extrêmement variables suivant la dose et division dans lequel

sionent toujours cette substance

Expérience

la

a été administré,

il

mort. Quel est

vénéneuse i

re

injecte de l'huile

.

le

l'état

de

mais qui occa-

mode

d'action

de

?

M. Magendie

a fait voir

phosphorée dans

la

que lorsqu'on

plèvre d'un chien,

au bout de quelques minutes l'animal exhale

à

chaque ex-

pirationune vapeur blanche assez abondante, dans laquelle

y a une très-grande quantité phénomène est beaucoup plus

il

celte préparation

dans

la

core terminé l'injection

,

d'acide phosphatique.

Le

sensible lorsqu'on injecte

on n'a point enque déjà l'animal rend par les na-

veine jugulaire

:

DES POISONS IBRITANS.

54

rines des flots d'acide phosphatique

,

et

il

ne tarde pas à

expirer (i).

Expérience phorée dans

la

11

e

Nous injectâmes un

.

gros d'huile phos-

veine jugulaire d'un chien très-fort

:

sur-

le-champ l'animal exhala par la bouche et les narines des vapeurs abondantes d'acide phosphatique 5 sa respiration devint haletante et excessivement difficile, et

dans cet

état

au bout de vingt minutes

,

il

mourut

après avoir rejeté

une très-grande quantité de sérosité sanguinolente. La mort ne fut précédée d'aucun symptôme nerveux remarquable. On l'ouvrit immédiatement après le sang contenu dans le ventricule gauche du coeur était fluide et noir comme :

celui qui remplissait le ventricule droit. Les fraient plusieurs plaques livides

dans

,

crépitant qu'il ne

l'est

leur étendue

étaient roses. L'estomac

cune

,

ils

l'état

poumons

d'un tissu serré naturel

:

dans

et

of-

moins

le reste

de

ne présentait au-

altération.

Expérience

phage d'un

111

e .

On

petit chien

a détaché et percé d'un trou l'oeso;

on a introduit dans son estomac

quatorze petits cylindres de phosphore dont

verture afin

le

poids

était

on a lié l'oesophage au-dessous de l'oud'empêcher le vomissement: l'animal n'avait

de i4o grains,

et

point mangé depuis trente heures. envie de vomir;

il

n'a poussé

Il n'a

aucun

éprouvé aucune

cri plaintif,

et

il

est

tombé dans un état d'abattement assez considérable il est mort vingt-une heures après l'opération. La membrane muqueuse de l'estomac était fortement enflammée et recouverte d'une matière filante et floconneuse, que l'on pouvait détacher avec la plus grande facilité; la tunique mus:

(1) Expériences pour servir à l'histoire delà transpiration pulmonaire; Mémoire lu à l'Institut de France, en 1 8 1 1

pi 19.

,

DU PHOSPHORE.

55

culeuse était d'urTrouge vif dans une partie de son étendue.

L'estomac contenait une petite quantité d'un fluide verdâtre

épais;

,

dénum,

le

la

membrane muqueuse

jéjunum

d'un rouge pourpre

comme

,

et

On

de l'encre.

qui tapisse le duo-

première moitié de

et la

l'iléon était

enduite d'un fluide très-épais, noir

ne voyait point de phosphore dans

parties du canal digestif dont nous venons de parler. La dernière moitié de l'iléon offrait dix nodosités placées à une distance variable les unes des autres ; ces nodosités les

étaient formées par dix cylindres de

(dont le poids d'humidité,

et

qu'on ouvrait

l'intesiin

qui

muqueuse correspondant était

,

les contenait.

à l'endroit

beaucoup moins rouge que

franchie.

lon

On

phosphore rougeàtre

de g4 grains), qui étaient recouverts répandaientune fumée assez abondante lorsétait

remarquait

,

vers

la



ils

La membrane étaient placés

celle qu'ils avaient déjà

dernière portion du co-

nodosités formées par trois petits cy-

trois autres

lindres de phosphore

du poids de 26 grains

,

et la

mem-

brane muqueuse de cet intestin

était encore moins rouge que celle qui tapisse la fin de l'iléon. Dans l'intérieur du rectum on voyait le quatorzième cylindre de phosphore en-

veloppé dans une petite quantité de matières fécales

et

ne pesant que 7 grains la tunique interne de cet intestin était dans l'état naturel. On voit donc qu'après la -,

mort de l'animal on ne retrouva que 127 grains de phosphore.

On fit avaler à un chien de moyenne un gros de phosphore coupé en huit petits morceaux l'animal avait très-bien mangé deux heures auparavant. Au bout de quatre heures il n'avait rien éprouvé de remarquable il n'avait point eu la moindre envie de vomir. Le lendemain il refusa des alimens ; il était un peu abattu. Il Expérience

taille

iv

e

.

:

;

,

mourut le troisième jour sans avoir été agité de mouvemens convulsifs. La membrane muqueuse de l'estomac

56

DES POISONS IKR1TAMS.

d'un rouge pourpre dans toute son étendue

était

duodénum

tapisse le

rouge ;

il

et le

jéjunum

n'y avait point d'altération

tres intestins.

On

remarquait dans

était

celle qui

5

également

marquée dans le

colon

volume moindre que

au-

rectum

et le

de phosphore colorés en rouge

les petits cylindres

très-

les

et

d'un

celui qu'ils avaient avant leur inges-

tion.

Expérience

v

A

e .

onze heures

et

demie

,

on a introduit

dans lv^stomac d'un chien fort, quoique de petite

taille,

24 grains de phosphore dissous dans 3 gros d'huile d'olives.

par

Au

les

bout d'une minute

narines une vapeur abondante ayant l'odeur de

cide phosphalique; tifs; il

s'est

bouche

a exhalé par la

il

il

a

poussé des

cris

et

l'a-

excessivement plain-

semblait être en proie aux plus vives douleurs*,

couché sur

le côlé



,

il

est resté

il

comme immobile

,

sans donner le moindre signe de convulsion. Trois quarts

d'heure après l'introduction de

la

substance vénéneuse,

vomi des matières jaunâtres, fumantes , ayant une odeur alliacée; il a continué à se plaindre, et il est mort

il

a

à quatre heures. Six minutes avant d'expirer

battu avec force

vemens convulsifs, L'estomac

était

et il faisait

vide

et

-,

dé-

mou-

des contorsions horribles.

percé de trois trous dans

correspondante au cardia

comme une

s'est

il

tous ses muscles étaient agités de

-,

deux de ces trous

la

moitié

étaient larges

pièce de vingt sous-, l'autre, plus grand et cir-

culaire, avait près de

1 1

lignes de diamètre.

muqueuse des portions de été trouées était réduite en

La membrane

l'estomac qui n'avaient point

une

bouillie-filante

5

la

tunique

musculeuseofïraitdelarges ulcérations. Les poumons étaient

rouges, gorgés de sang, nullemens crépitans.

Expérience vi e On a fait avaler à un jeune chien caniche un demi- grain de phosphore fondu dans une once .

d'eau à la température de 48°. tion

il

s'est

exhalé de

la

Au moment

de

dégluti-

la

gueule une forte odeur

d'ail. L'a-

DU PHOSPHORE. nimal a mangé

S"]

bu pendant deux jours,

et

et

troisième jour au milieu des convulsions.

mort

est

il

On

le

voyait au

cardia et au pylore quelques taches noires. L'encéphale

organes étaient sains.

et les autres

Expérience vn e On a fait prendre a un chien âgé de trois ans un grain et demi de phosphore fondu dans de l'eau à 48°. Sur-le-champ l'animal a exhalé une odeur fortement .

alliacée. Il était abattu, inquiet et triste

-,

mais

refusé la nourriture pendant quatre jours.

cinquième dans

il

y

n'a point

mort

avait plusieurs

:

ecchymoses dans

le tissu cellulaire grais-

seux qui avoisinela base des ventricules du coeur, face des oreillettes et de et aorte

le

mouvemens spasmodiques. On ses membres étaient très-roides ;

d'à (freux

ouvert sur-le-champ

l'a

il

Il est

contenue dans

la

la

sur-

portion des artères pulmonaire

le péricarde.

En

ouvrant l'estomac,

on sent une odeur d'ail les intestins exhalent une odeur analogue, mais moins pénétrante; la tunique muqueuse ;

du et

canal digestif, surtout celle de l'estomac, est contractée

comme

ph'ssée

;

elle se sépare facilement

quoiqu'épais-

un enduit muqueux fort adhérent. Les intestins grêles contiennent une grande quantité d'une matière noirâtre. La vessie, très-rouge à l'intérieur, contient environ, sie par

Le cerveau

quatre onces d'urine.

sont remplies d'un sang noir la

pie-mère

(1)

traites

est

ecchymosée

Ces deux expériences d'un

en i825 ; par

Mémoire le

les

;

ses veines

méninges sont injectées;

(1).

et l'observation

lu à la

docteur

;

est rénitent

suivante sont ex-

Société médicale d'Emulation

Worbe.

58

DES POISONS 1RRITANS.

OBSERVATION.

Ed. P.

,

âgé de vingt-huit ans, avale,

le

27 avril 1824,

un demi-grain de phosphore fondu dans de l'eau trèschaude. N'éprouvant aucun effet il en prend trois jours après, dans le même véhicule et en une seule dose, un grain ,

demi ou deux grains il déjeune immédiatement après, ne ressent rien d'extraordinaire mais vers les cinq heures du soir, étant à table, il éprouve des douleurs atroces dans l'abdomen aussitôt après avoir pris quelques et

:

et

;

alimens

5

il

vomissemens pénibles et continuels et des Le lendemain, le ventre ,

a des

déjections alvines abondantes.

au lieu d'être relâché,

était

dans un état de constriction

extrême; l'emploi d'injections éraollientes n'avait procuré

aucun soulagement ni produit d'excrétion. ( Quelques bouillons, eau sucrée ou rougie.) Le 2 mai, Ed. n'avait cessé de vaquer à ses affaires il parcourut ce jour-là, à pied, ;

Le docteur Worbe vit le malade heures du matin. L'abdomen était très-

l'espace de quatre lieues.

m

ai à sept 4 tendu, la région épigastrique excessivement douloureuse;

le

il

n'y avait aucune trace de priapisme.

le plus

grand abattement-,

le dos;

il

;

ils

Le malade était dans

ne pouvait se coucher que sur

n'articulait qu'avec peine et lenteur le récit

souffrances rité

il

;

de

les traits

une

avaient

la face

sorte de fixité qui donnait à la phy-

sionomie un air singulier de tristesse , de langueur d'égarement;

mal

;

la

langue

les lèvres et la

conjonctive

de ses

conservaient leur régula-

et la

peau

était assez

boucheétaient dans

offraient

une nuance

fortement colorée en jaune

et

comme

l'état

nor-

livide ;

les

;

la

yeux

mornes s'ouvraient difficilement et ne pouvaient supporter long-temps le contact de la lumière les pupilles peu sen,

;

sibles à l'action

de cet agent

,

,

n'étaient ni dilatées ni con-

tractées; la respiration et la circulation paraissaient dans l'état

naturel

:

toutefois le pouls était

un peu dur; l'urine

DU PHOSPHORE. n'offrait rien

5g

de remarquable: depuis

premier jour,

le

n'y avait plus de déjections alvines. (Sangsues

gastre

,

il

à Vépi-

bain général, fomentations cataplasmes et lave,

mens émolliens

,

eau de gomme.

appliquées qu'à midi.

A dix

naissait plus personne;

il

Les sangsues ne furent

)

heures du soir, Ed. ne recon-

convulsivement

s'agitait

ar-

il

;

rachait avec violence tout ce qu'on plaçait sur l'abdomen; il

portait

automatiquement

mains vers

les

la

région épigas-

trique; le ventre était contracté, et l'on excitait des cris plaintifs et des

mouvemens désordonnés

bouche

chait; la

lorsqu'on le tou-

fortement serrée; les paupières ne

était

s'ouvraient qu'avec peine; le malade poussait, par intervalle

Ed.

,

Le

des sanglots effrayans.

était

dans

la

5, à 7 heures

même situation. On

du matin,

appliqua , d'après

l'a-

du docteur Bézian i5 sangsues à chaque coude-pied, qui procurèrent une grande perte de sang. Le ventre était météorisé. Le docteur Flourens proposa d'appliquer encore vis

,

quelques sangsues autour de

pendant

l'état

ce qui fut exécuté

la tête,

du malade empirait

à

chaque

A

instant.

:

cel'é-

coulement involontaire de l'urine se joignaient d'abondantes évacuations alvines qui étaient immédiatement suivies d'une extrême flaccidité des parois de l'abdomen la respiration était lente et

étaient réguliers et profonds.

A

dix heures

n'était plus sensible à l'artère radiale

face

du corps, d'une couleur jaune

;

battemens du coeur

facile; les

:

du

soir, le

pouls

alors toute la sur-

assez intense, était cou-

verte d'une sueur glaciale qui était plus abondante au front; déjà les extrémités étaient froides

prochaine

,

et

en

effet

;

tout annonçait

Ed. succomba

le

6 mai

à

une mort 3 heures

du matin.

Le

sujet était

blond, de

pouces , bien musclé vait

et

la

taille

point altéré sa physionomie

point

la rigidité

de cinq pieds deux

d'un bel embonpoint. La mort n'a-

ordinaire;

la

;

les

peau

membres

était

jaune;

n'offraient les

veines

60

DES POISONS IRU1TANS.

sous-cutanées du ventre et de

partie supérieure de la cuisse

la

étaient saillantes et ramifiées; le

y

avait dans la poitrine

rosité noirâtre

;

les

une

scrotum

était bleuâtre. Il

assez grande quantité de sé-

poumons

étaient gorgés de sang

•,

le

mou , affaissé sur lui-même ne contenait que trèspeu de sang. La membrane muqueuse de l'estomac était la seule enflammée*, les autres tuniques, ainsi que le duodénum étaient pâles et flasques le tissu cellulaire sous-muqueux de ces viscères était distendu par des gaz; on voyait aux orifices cardiaque et pylorique des taches noires ou coeur,

,

;

,

plutôt ardoisées, qui étaient de véritables ecchymoses intestins étaient ballonnés et renfermaient à peine

de

fluide.

La

vessie, dans l'état naturel

,

;

les

un peu

contenait à-peu-

près quatre onces d'urine. Il fut impossible d'ouvrir le crâne.

Symptômes

et

Lésions de tissu produits par le Phosphore.

a5. Les symptômes et les lésions de tissu auxquels le phosphore donne naissance varient suivant l'état de divi-

sion dans lequel est solide

,

en

il

se trouve lorsqu'il est ingéré.

petits cylindres, et

que l'estomac

i°. S'il

rempli

soit

d'alimens, les symptômes ne se déclareront que quelques

heures après qu'il aura été avalé et ,

ils

seront en tout sem-

blables à ceux qui caractérisent l'inflammation de l'esto-

mac

et

des intestins. 2°. Si le phosphore a été auparavant

dissous dans l'huile ou dans l'éther

dans lequel se trouve l'estomac plus cruelles

,

les

,

vomissemens

,

quel que soit

l'état

bientôt les souffrances les les

plus opiniâtres et les

symptômes nerveux les plus alarmans, se manifesteront et annonceront une mort prochaine. Il est évident que les lésions de tissu seront beaucoup plus graves dans ce dere e et v nier cas que dans le premier. ( Voy. expér. p. 54') a5 bis. Il résulte des faits qui précèdent i°. Que le phos-i

m

,

,

DU PHOSPHORE. phore dissous dans l'huile

et injecté

Cil

dans

les veines, traverse

poumons, absorbe l'oxygène de l'air et passe à état d'acide phosphatique: probablement il se forme aussi de l'acide phosphorique. Le passage de ces acides à travers les les

1

vaisseaux délicats des

poumons détermine une inflamma-

tion presqu'instantanée de leur tissu, inflammation qui,

en s'opposant

à

donne bientôt

ce que les

poumons continuent leur action

lieu à l'asphyxie et à la mort. 2°. Qu'étant

introduit dans l'estomac

même

,

à la

dose d'un ou de deux

mort en déterminant une inflammation plus ou moins vive des diverses parties du canal di-

grains,

il

produit

la

gestif, qui, si elle est intense,

occasione sympathique-

ment une lésion du système nerveux. 3°. Qu'il ne développe ces accidens que parce qu'il se combine avec l'oxygène de l'air contenu dans le canal alimentaire, et qu'il donne naissance à de l'acide phosphatique, et probablement à de l'acide

phosphorique, de sorie que de ces acides 4°-

la

corrosion dépend de l'action

Que constamment

phosphore en cylindres,

il

se

lorsqu'on introduit le

,

forme de

l'acide

phospha-

tique qui corrode les portions des membranes avec lesquelles il

est

en contact

:

or,

comme

le

phosphore marche progres-

sivement de l'estomac au rectum, on conçoit que l'inflam-

mation doit être plus

formé

la

forte

dans

les

endroits où

il

s'est

plus grande quantité possible d'acide phospha-

tique, ceux chis (exp.

,

m

par exemple e j.

5°.

Que

,

la

que

le

phosphore

combustion

a

déjà fran-

est d'autant

plus

que l'estomac contient une plus grande quantité d'alimens , le phosphore se trouvant alors enveloppé et par lente

conséquent plus

à l'abri

même

du contact de

l'air

(exp. iv e ) (i).

assez souvent que le

phosphore n'a point de l'estomac plusieurs heures après son ingestion. Nous avons donné à un animal une très-grande quan(i) Il arrive

encore

tité

agi sur les tissus

d'alimçns; immédiatement après nous

lui

avons

fait

prendre

62

DES POISONS IRMTANS.

6°. Enfin

que la mort ne tarde pas à survenir lorsque le phosphore avalé a été préalablement fondu dans l'eau chaude

ou

divisé dans de l'huile

des plus rapides

et

,

vemens convulsifs le produit

de

M. Giulio travail

les

professeur de médecine à Turin

,

le

Que

le

bustion

,

dans

i°.

:

phosphore, a

dans un

,

tiré les

conclu-

phosphore introduit dans

l'es-

animaux y subit une comphénomènes propres à cette

les intestins des

y développe

et

est

mou-

plus horribles. Il est probable que

physiologique sur

et

combustion

la

combustion est de l'acide phosphorique.

cette

sions suivantes

tomac

dans ces cas

:

l'animal succombe au milieu des

combustion. 2

.

Que

les

l'irritation brûlante

causée par

le

ca-

lorique dégagé pendant cette combustion, ainsi que l'impression caustique des vapeurs phosphoreuses

une phlogose dans l'œsophage

et

dans

,

produit

intestins

les

pro-

portionnelle à la quantité de phosphore avalé, dissous, brûlé. 3°.

Que

l'inflammation de ces parties

pour expliquer pour

la

mort de l'animal

,

et

bles qui

,

dans ces expériences

nifestées dans les

n'est pas nécessaire

:

de

là les

,

se sont

animaux soumis

tremblemens du

convulsions effroya-

constamment ma-

à l'action

pris intérieurement à dose suffisante (1). 4°-

deuxgros dephosphore de huit heures,

les

,

et

suffit

des intestins peut suffire pour expliquer les

meurtriers du phosphore

corps, l'anéantissement de» forces, les

vert

qui

produire. L'impression cuisante faite sur les nerfs

de l'estomac effets

la

,

on

alimens

a :

il

coiipe's

du phosphore Q ue l a mort

en vingt petits cylindres

n'éprouvait aucune incommodité.

vu que

le tissu

le

phosphore

de l'estomac

se trouvait

n'offrait

pas

la

:

On

au bout l'a

ou-

enveloppé dans plus petite trace

d'altération. (1)

Nous avons

fait

manifestent que dans

degré de division.

voir le cas

que ces symptômes nerveux ne se où

le

phosphore

a subi

un grand

DU PHOSPHORE.

63

des grenouilles causée par la simple vapeur phosphoreuse, et

par

contact des parties intérieures de la bouche

le seul

phosphore que la prompte destruction de l'irritade leurs muscles présentent une preuve irrécusable que le phosphore, dans un certain état, jouit d'une force délétère, et détruit la vitalité en détruisant la force ner-

avec

le

;

bilité

Que

veuse. 5°.

l'eau, qui

ne dissout point

phosphore

le

,

produit des accidens légers, graves ou mortels, en raison

de sa quantité

et

de

la

quantité des parcelles de phosphore

qu'elle tient en suspension (i).

aux

Application de tout ce qui a été dit

d'empoisonnement par

Il

2.6.

divers cas

Phosphore.

le

impossible de confondre le phosphore pur

est

avec aucun autre corps de

la

nature

:

en

effet

,

son odeur

alliacée, ses autres propriétés physiques, la propriété qu'il a

de fumer à

l'air, sa

grande fusibilité

et sa

combustibilité

sont autant de caractères qui ne permettent point de

mettre à cet égard S'il était

la

moindre méprise (pag. 5a).

dissous dans l'alcool ou dans l'éther, ces li-

quides offriraient une

odeur alliacée

éihérée lorsqu'on les enflammerait; près la

,

com-

comme s'ils

étaient purs, et

combustion de

l'acide

il

ils

et

ou

alcoolique

brûleraient à-peu-

se formerait vers la fin

phosphorique qui pourrait

se

de

dé-

gager en partie sous forme de vapeurs blanches, mais qui se trouverait toujours

sule



l'on aurait fait l'expérience

l'eau de tournesol:

phosphore

(i)

en assez grande quantité dans

il

la

cap-

pour rougir fortement

pourrait arriver aussi, lorsque le

serait très-abondant et qu'il n'aurait pas été en-

Ces expériences ont été Alibeht,

des grenouilles.

(

nque,

tom.

3"édit..,

i,

faites

sur de jeunes coqs et sur

Nouveaux Elémens de Tnérapeu-

png.

1

74-)

D£ S POISONS IIHUÏÀNS.

64

fièrement converti en acide, qu'il y eût un résidu d'oxyde de phosphore rougeàtre. L'eau versée dans l'alcool ou dans l'éther

phosphores en précipite sur-le-champ une poudre

blanche. Si on met une petite quantité de ces liquides dans

un

verre rempli d'eau froide, et placé dans à la surface

on aperçoit

un lieu obscur, du mélange des ondes lumineuses

Lorsqu'on expose ces liquides

et brillantes.

à l'air

,

ils

ré-

pandent des vapeurs blanches, lumineuses dans l'obscurité; l'alcool, et surtout l'éther ne tardent pas à se vaporiser en entier, et il reste du phosphore pulvérulent. Le ,

nitrate d'argent est précipité en noir

Uhuile phosphorée conserve physiques de l'huile; mais

la

parées dissolutions.

plupart des propriétés

elle rougit

faiblement l'eau de

tournesol avec laquelle on l'agite, et précipite le nitrate d'argent en noir. 27, S'il

fallait

examinerait

rechercher le poison après

le canal

si

intestinal

morceaux de phosphore solide rait

et

la

mort

,

on

ne renferme point des

rougeàtre, que l'on pour-

reconnaître par les procédés que nous venons d'indi-

Dans

quer.

moindre

le cas

trace,



il

serait

on devrait

impossible d'en découvrir

solides qui tapissent l'estomac et les intestins

surer

si

elles

la

recueillir les matières fluides et ,

afin

de

s'as-

ne contiennent point des acides phosphatique

ou phosphorique produits par

la

combustion développée

dans l'estomac.

Traitement de V Empoisonnement par 28.

Lorsque

dication

la

le

phosphore a

le

été pris à l'état solide, l'in-

plus pressante est d'administrer 1 ou 3 grains

d'émélique (tartrate de potasse aniimonié) le

médecin parviendra facilement

avant qu'il n'ait n'ait

Phosphore.

eu

le

temps

d'agir,

:

parce moyen

à faire rejeter le

poison

ou du moins avant

produit aucune action marquée.

S'il a été

qu'il

ingéré dans

nu Phosphore.

un grand

de division,

état

il

65

n'est point

douteux

qu'il

ne

de faire prendre sur-le-champ au maboissons d'eau contenant de la magnésie lade d'abondantes soit très-avantageux

en suspension

car i°. ces boissons rempliront l'estomac

;

l'air atmosphérique et le phos, en chasseront phore ne pourra plus brûler avec la même rapidité 5 2°. elles favoriseront le vomissement en distendant considérable-

de liquide

ment

,

l'estomac, sans ajouter à l'irritation

vénéneuse aurait déjà pu produire; 3°.

que

acides phosphatiqueou phosphorique formés

cheront quels Si

,

par conséquent

substance

de corroder

et les

,

empê-

les tissus avec; les-

sont en contact.

ils

malgré tous

,

,

la

elles satureront les

les

secours que nous venons de conseil-

ler, l'inflammation des premières voies se manifestait,

que

le

rnans les

,

malade il

ou symptômes nerveux alarrecourir sans délai aux anti-phlogistiques

fût en proie à des

faudrait

plus puissans.

ARTICLE DEUXIÈME.

De

VIode.

29. L'iode est solide à la température ordinaire;

présente sous la forme de

petites

lames d'une

il

se

couleur

bleuâtre, d'un éclat métallique, d'une faible ténacité,

ayant l'aspect de

la

plombagine

(

carbure de fer),

nissant sur-le-champ le papier blanc sur lequel

son odeur

d'iode,

fer

il

très-belles.

le

et

jau-

place

;

analogue à celle du chlorure de soufre, sa

est

pesanteur spécifique

plaque de

on

,

et

est

de 4î94^* Si

^'

on

^ Hl1

chauffer

une

qu'on verse dessus une certaine quantité

se vaporise

en répandant des vapeurs violettes

Lorsqu'on recueille ces vapeurs dans une cloche

de verre, on remarque qu'elles se condensent pour former de nouveau

les

lames cristallines dont nous avons parlé.

L'iode communique à l'eau une légère teinte jaune d ambre, 1.

5

66

DES POISONS IRIUTANS.

ne

et fer

se dissout qu'en très-petite quantité. Si l'on fait chauf-

dans une

de l'eau mêlée avec ce corps

fiole

en répandant une fumée d'un beau violet. luble dans l'alcool

d'une odeur

la dissolution

:

à la fois

alcoolique

et

sée par l'eau qui en sépare l'iode

,

Expérience

iodurée, à

i

A

re .

trois

on

,

décompo-

moins qu'elle ne

soit

aqueuse d'amidon

un chien de immédiatement bouche pleine d'écume jaunâtre, ,

la

il

il

a

a fait avaler à

grains d'iode

/\8

mouvemens de

heures,

cinq heures,

midi

gros

taille 2

des

est

VIode sur V économie animale.

après, l'animal a eu et a fait

et

plus so-

violet.

section de

moyenne

,

d'un brun rougeâtre

,

très-étendue; elle précipite la dissolution

en bleu ou en

Il est

ne

il

,

tarde pas à se vaporiser en passant à travers le liquide

déglutition souvent répétés; à

n'avait encore eu

eu une

matières solides teintes

:

aucune évacuation

;

à

peu abondante, composée de en jaune, et d'une matière pâteuse selle

bleuâtre, dans laquelle on pouvait distinguer une portion

de

la

substance vénéneuse ingérée

deur de l'iode; desséchée elle a exhalé

une

:

cette matière avait l'o-

exposée à l'action du calorique,

et

belle vapeur violette, et a fourni à la su-

blimation un demi-gros de lames cristallines bleuâtres for-

mées par

une

29).

l'iode (§

très-petite quantité

A

six

vomi

heures, l'animal a

de matières molles

,

d'une cou-

leur jaune assez foncée; ces vomissemens se sont renouvelés dix minutes et il

après

ne poussait aucun

;

il

avait

cri plaintif.

a refusé les alimens et les

sur le ventre, et

mens

il

continué

à ,

Le lendemain

boissons

Le

être abattu; les battemens et il n'a

un peu

;

il

respirait sans difficulté;

étaient parfaitement libres.

fréquens

l'air

(2

abattu e

était

couché

ses

mouve-

troisième jour,

du

,

jour),

il

a

coeur étaient très-

pas voulu prendre de nourriture.

A six

DE h IODE. heures du soir

,

il

a

67

eu une nouvelle

selle

dans laquelle

a

il

de découvrir la moindre trace d'iode. Le quatrième jour, il a refusé de prendre du lait 5 il avait le

été impossible

hoquet de temps en temps et n'offrait d'autre symptôme remarquable que l'abattement. Dans la nuit du septième ,

jour,

il

après

,

a eu

une nouvelle

sans avoir présenté

convulsions

,

ni

il a expiré deux heures aucun signe de paralysie, ni de

selle, et

de vertige. L'estomac

vide et con-

était

tracté ; sa face interne était couverte d'un enduit muqueux,

épais, extrêmement tenace et de couleur jaune;

brane muqueuse présentait petits ulcères

,

la

vers le cardia, sept

mem-

ou huit

étendus en lignes qui formaient entre elles

des angles; ces ulcères, bordés d'une auréole jaune, dépendaient de l'action que l'iode avait exercée sur les bords bres des plis de la

membrane muqueuse

:

parties ulcérées à travers le jour, les endroits fraient

une transparence bien manifeste.

li-

en regardant ces

On

dénudés

of-

remarquait

vers le grand cul de-sac de l'estomac, quelques taches d'un

jaune clair, ces taches

pel

,

et d'autres

frottées

d'un jaune clair tirant sur

légèrement avec

s'enlevaient facilement;

,

en

il

le

le

brun

manche d'un

était

de

même

:

scal-

de

la

membrane muqueuse avec laquelle elles faisaient corps. Près du pylore, on voyait un très-grand nombre de plis dont

les

A

bords libres étaient fortement teints en jaune,

que leurs parties

tandis

latérales étaient

peine étendait-on ces plis, que

se déchirait

ment était

:

ce qui prouve qu'il

d'ulcération.

La portion

dans

l'état

naturel.

membrane muqueuse y avait un commence-

la

la

plus voisine du pylore

d'un vert foncé, sale. Lorsqu'on enlevait l'enduit co-

loré qui recouvrait les tuniques dans cet endroit,

on voyait enflammée dans toute son épaisseur. La tunique musculeuse correspondant à cette que

la

membrane muqueuse

était

partie était également phlogosée testins grêles était

•,

l'intérieur

de tous

enduit d'une mucosité jaune

,

les in-

mêlée de

DES POISONS IRTUTANS.

f)S

sang,

et

mêmes

,

étaient crépîtans.

raissaient être dans 11

petit carlin

nimal a

Le

foie

resserrés sur eux-

la rate et la vessie

,

pa-

l'état naturel.

A une heure on a fait prendre à jeun à un gros 12 grains d'iode sur-le-champ l'ades mouvemens de déglutition et il a vomi,

Expérience

un

poumons,

très-abondante. Les

fait

e

.

,

:

,

,

au bout de huit minutes, des matières molles teintes en jaune, dans lesquelles on a retrouvé une partie de l'iode ,

qu'il avait pris fois

dans

les

vomîssemensse sont renouvelés quatre

ces

:

dix-huit premières minutes qui ont suivi l'in-

troduction de la substance vénéneuse dans l'estomac.

heures

il

paraissait souffrir;

à faire des

il

avait le hoquet-,

il

A deux

continuait

mouvemens de déglutition et il était couché Le lendemain matin il a mangé avec, assez ,

sur le ventre. d'appétit.

Au

rétabli, et

il

,

bout de six jours,

paraissait parfaitement

il

dévorait les alimens qu'on lui donnait.

Il s'est

échappé dix jours après l'empoisonnement.

m

Expérience taille

On

e .

un gros d'iode

donné

a

des matières blanches

écumeuses

,

plusieurs endroits;

il

a fait des

Dix minutes après

,

il

albumineuses

mens heure

,

un chien de moyenne il a vomi

à

au bout de vingt minutes,

:

filantes

en jaune dans

teintes

mouvemens de

déglutition.

vomi de nouveau des matières

a ,

,

couleur de safran

:

ces vomisse-

deux fois dans l'espace d'une demil'animal était un peu abattu et refusait les alimens.

se sont renouvelés :

Le lendemain

,

a très-bien

il

mangé

,

et il paraissait

parfai-

tement rétabli au bout de quatre jours.

Expérience taille

un

iv

e .

On

a fait avaler à

gros 18 grains d'iode

nimal n'avait point vomi; la

un chien de moyenne

deux heures après

était agité et

veur

était

a

désagréable;

le ventre.

vomi une

il

avait le

hoquet

l'a-

,

remuait souvent

langue pour se débarrasser d'une substance dont

ché sur il

il

:

la

sa-

et se tenait cou-

Trois heures après l'ingestion du poison,

petite quantité

de matières brunâtres

,

en

DE L'iODE.

6g

consistance de pâle, dans lesquelles on n'a point retrouvé

Le lendemain il a refusé les alimens, et il est tombé dans l'abattement. Cet état ayant continué pendant cinq jours l'animal a expiré sans avoir donné le moindre d'iode.

,

,

signe de paralysie ni de convulsion.

tomac

offrait la teinte

jaune

tuniques musculeuse un peu enflammées par plaques il a

avons parlé dans l'expérience et

muqueuse

étaient

été impossible

aucune partie du canal phage d'un

On

.

i

les

;

5

de découvrir

Expérience v c

re

L'intérieur de l'es-

ulcérations dont nous

et les

la

plus petite trace d'iode dans

digestif.

a détaché et percé d'un trou l'oeso-

on

petit chien;

a introduit dans son estomac

un gros 4^

grains d'iode enveloppés dans

de papier

et

ture, afin

ques

,

on a

lié

d'empêcher

efforts

un

petit cornet

l'œsophage au-dessous de l'ouver-

vomissement. L'animal a

le

fait

quel-

pour vomir au bout de deux heures. Le len-

demain il était abattu sa respiration s'exerçait librement, et il n'était point paralysé. Il est mort le sixième jour au matin, dans un très -grand état d'abattement. ,

;

L'intérieur de l'estomac n'avait point l'aspect enflammé.

La membrane muqueuse où

offrait plusieurs

elle

membrane musculeuse

rongée près du cardia

était

ulcérations assez étendues

était

;

,

la

également ulcérée dans quel-

ques-uns des points correspondans aux parties détruites.

Ces ulcérations fait

la

le

sujet

même

lore,

,

plus prononcées que chez l'animal qui

de l'expérience

i

re ,

affectaient,

du

reste,

disposition longitudinale; on voyait, vers le py-

un enduit jaune muqueux

testinal n'offrait rien

assez épais.

Le

canal in-

de remarquable. Les poumons étaient

sains.

Expérience vi e et

.

A

sept heures

du matin, on

a détaché

percé d'un trou l'œsophage d'un petit chien; on a in-

troduit par l'ouverture 3 gros d'iode enveloppés dans deux petits cornets

de papier

;

on a

lié cet

organe afin d'empê-

DES POISONS IRRITANS.

^O

Au

cher le vomissement. fait

de

violens efforts

hoquet, soir,

pour vomir.

A

il

:

l'animal a

,

dix heures

il

,

avait le

un peu. A onze heures du

paraissait souffrir

il

poussait des cris plaintifs aigus

il

abattu

et

bout de six minutes

il

était très-

n'avait point évacué dans la journée.

Le lende-

et

,

main, l'abattement était excessif, le pouls battait cent quarante fois par minute, et l'animal était tourmenté par une soif ardente

:

peu abondante. sophage on

avait eu

il

pendant

mort

Il est

à

En

deux heures.

environ un gros

a retrouvé

,

selle solide

ouvrant l'œ-

demi d'iode que

et

l'on n'avait point poussé jusqu'à l'estomac sentait

une

nuit

la

-

,

organe pré-

cet

près du cardia et dans les environs du pylore

correspondant à

grande courbure de ce viscère

la

cérée dans quatre points

5

les ulcères

,

de dureté

;

et avaient

était ul-

Les parois de

acquis beaucoup

de résistance que

elles offraient autant

plu-

de forme ronde, n'in-

téressaient point la tunique musculeuse.

l'œsophage étaient très-jaunes

,

membrane muqueuse

sieurs taches d'un rouge pourpre; la

celles

de

la trachée-artère.

Ces expériences, répétées sur d'autres chiens, ont fourni des résultats analogues.

Expérience vn e chien de

moyenne

12 grains d'iode, points de suture

-,

On

.

la

;

on

et

une plaie sur

a fait

taille

on

l'a

a réuni les

peau

lambeaux par deux

a jauni lout-à-coup

,

ne paraissait point incommodé. Le lendemain

comme

plaie offrait et

moins

rouges

Trois jours après

à l'ordinaire.

et

,

la

une couche d'un blanc jaunâtre

sensible

que

les

dos d'un

le

saupoudrée avec un gros

,

et l'animal il

a

mangé

surface de la assez épaisse

portions sous-jacentes, quittaient

très-enflammées.

Au

bout de six jours

,

l'animal

se portait à merveille.

Désirant connaître les

en avons avalé 1 grains quelques nausées sont

effets

à

de l'iode sur l'homme, nous

jeun: une saveur horrible et

les seuls

accidens que nous ayons

DE L IODE. éprouvés de

part de

la

^1

cette substance vénéneuse.

Le len-

demain matin nous avons pris 4 grains dn même corps nous avons ressenti sur-le-champ une constriction et une chaleur à la gorge qui ont duré pendant un quart d'heure, :

,

et

nous n'avons point tardé à vomir des matières liquides on pouvait aisément reconnaître

jaunâtres, dans lesquelles l'iode ingéré.

Nous n'avons pu découvrir aucun changement

sensible dans la manière dont s'exerçaient nos fonctions

,

que nous avons éprouvé une légère oppression pendant le reste de la journée. Le surlendemain malin nous avons avalé à jeun 6 grains de cette substance vénési

ce n'est

neuse

aussitôt

:

après, chaleur, constriction à

de dix minutes

gorge,

la

nausées, éructations, salivation et épigastralgie

5

au bout

vomissemens bilieux assez aboudans, coune heure et qui ont

,

liques légères qui ont duré pendant

cédé à deux îavemensémolliens. Le pouls, qui ne donnait avant l'expérience que soixante- dix pulsations par mi-

nute

,

est

devenu plus fréquent,

et s'est élevé à

vingt-cinq ou quatre-vingt-dix pulsations plus développé.

La

il

grande résistance pour parvenir chaleur de

chimiques

à amplifier la poitrine

gomme

raître tous ces

et

5

la

forte qu'à

plus colorée, se comportait avec les

comme

que nous avions rendue

celle

Une abondante

avant l'introduction du poison. d'eau de

le

vaincre une

à

peau nous paraissait un peu plus

l'ordinaire; l'urine, réactifs

nous semblait, dans

de l'inspiration, que nous avions

la

était aussi

respiration s'exerçait assez librement:

de temps en temps cependant

moment

il

:

quatre-

des lavemens émollieus ont

symptômes. Le lendemain

boisson

fait

dispa-

nous n'éprou-

,

vions plus qu'une légère fatigue. Il

faut conclure de tous ces faits, i°.

duit dans l'estomac en

léger excitant et détermine le

dose d'un gros

il

fait

que

petite quantité

,

l'iode, intro-

agit

vomissement

constamment périr

,

;

comme un i°. qu'à la

en quatre ou

DES POISONS IRRITÂ3SS.

'jl

cinq jours,

chiens dont on a

les

lié

l'œsophage, en pro-

duisant lentement des ulcérations sur les points de la mem-

brane muqueuse avec lesquels la dose

de deux à

sophage

,

il

agit

de

trois gros

même

sieurs heures à vomir,

,

il

a été en contact

3°. qu'à

;

lorsqu'on n'a point

lié l'œ-

sur les animaux qui tardent plu-

quand même une

aurait été expulsée par les selles

;

partie

du poison

4°* qu'il produit rare-

ment la mort lorsqu'il a été administré à la dose d'un ou deux gros, et que les animaux le rejettent peu de temps après par des vomissemens réitérés

;

5°. qu'il

point la vie lorsqu'on l'applique à l'extérieur

même

paraît agir de la

chiens

;

6°. qu'il

manière sur l'homme que sur

r

;

ne détruit

j°. qu'il doit être

rangé parmi

les

les

poisons irri-

tans.

En

parlant de l'action de l'iode sur

animaux M. Magendie ,

un gros de

sans aucun effet apparent,

cament;

il

en a

fait

cette substance,

et sur les

dans

les veines,

teinture de ce médi-

avaler à quelques chiens qui ont

sans éprouver d'autres accidens

de

l'homme

dit avoir introduit

il

a avalé

;

enfin

,

vomi

voyant Y innocuité

lui-même une

cuillerée à café

de teinture qui n'a déterminé aucun symptôme fâcheux (Formulaire). Nous regrettons que M. Magendie n'ait pas lu

les

expériences que nous avons publiées sur l'iode plu-

voyez notre i re édition de Toxicologie générale) il est probable que s'il en avait eu connaissance il aurait émis une opinion différente sur

sieurs années avant les siennes ;

,

Je

mode

d'action de l'iode.

(

ACIDES CONCENTRÉS.

ARTICLE TROISIÈME. DES ACIDES CONCENTRÉS.

De

l'Acide sulfurique. au premier abord, que l'acide

3o. Il paraît difficile,

sulfurique puisse jamais être employé par les infortunés

qui veulent se suicider. La saveur horrible dont l'énergie avec laquelle

corrode

il

ganiques et inorganiques jeter par la classe

,

la

il

est

doué,

plupart des corps or-

sembleraient devoir le faire re-

nombreuse d'ouvriers auxquels ces proMalheureusement l'ex-

priétés sont parfaitement connues.

périence prouve que plus d'une fois on a eu recours à ce puissant caustique

dont on a cru modérer

,

l'introduisant par l'anus

:

la

mort

a

de près son ingestion. Combien de neste

inadvertance

pour

en

fois aussi

,

par une fu-

n'a-t-on pas vu cet acide produire

,

les accidens les plus terribles

rales suffisent

l'activité

presque toujours suivi

!...

faire sentir

Ces considérations géné-

combien il importe d'expo-

ser avec détail tout ce qui est relatif à ce genre d'empoi-

sonnement. Si. L'acide sulfurique pur est sous la forme d'un liquide

incolore et inodore, d'une consistance oléagineuse;

il

est

doué d'une saveur acide très-forte et d'une pesanteur spécifique plus grande que celle de l'eau le plus concentré ,

;

pèse environ l,85.

Il

rougit toutes les couleurs végétales

un seule goutte suffit pour coloune grande quantité d'i/ifusumde tournesol

qui en sont susceptibles rer en rouge il

:

;

noircit et réduit en bouillie toutes les substances végé-

tales et

(1)

animales

(1).

Lorsqu'on fait bouillir dans une

L'acide sulfurique du

commerce

petite

qui a été exposé a

l'air

DES POISONS 1UK1TANS.

^4

du charbon, finement pulvérisé , on ne tarde pas à remarquer qu'il se dégage une odeur piquante, analogue à celle du soufre qui brûle, et de l'acide sulfurique

fiole

qui caractérise

le

et

gaz acide sulfureux

;

il

se

que

le cuivre, etc.

,

une por-

l'on fait bouillir avec cet acide lui enlèvent

tion de son oxygène

s'oxydent

,

en dégagent du gaz acide sulfureux,

et s'unissent à

posée, avec laquelle

de cuivre,

etc.

même

forme en

temps du gaz acide carbonique. Le mercure

ils

portion d'acide non décom-

la

forment des sulfates de mercure,

Lorsqu'on môle parties égales d'acide sul-

furique concentré et d'eau,

la

température s'élève subite-

ment à 84° du thermomètre centigrade. Si on emploie une fois plus d'acide et la moitié moins d'eau, le calorique qui se dégage fait monter le thermomètre à io5°. La paille,

le

bois et toutes les substances végétales, mis à

froid dans l'acide sulfurique noircis, et

il

s'en sépare

sont désorganisés

,

,

ramollis^

une certaine quantité de charbon.

Versé dans de l'eau de baryte, l'acide sulfurique y occasione sur-le-champ un précipité blanc très-abondant , insoluble dans l'acide nitrique

fate de baryte',

le

,

connu sous

même phénomène

le

a lieu

nom

si

,

de sul-

au lieu de

baryte, on prend une solution d'hydro -chlorate ou de nitrate de cette base

bon et

lavé, desséché et calciné avec

du char-

ce précipité se irouve décomposé au bout d'uneheure,

y

il

;

fournit du sulfure de baryte facile à reconnaître à l'o-

deur d'oeufs pourris ou de gaz acide hydro-sulfurique qu'il exhale lorsqu'on

le

met dans

l'eau aiguisée d'une

quantité d'acide hydro-chlorique, et partie

est

:

précipitation d'une

du soufre qui se dépose en rendant

souvent coloré en jaune

noir

à la

;

quelquefois

petite

il

est

le

liquide lai-

brun,

et

même

ce changement de couleur est dû à ce que cet acide

désorganise

et

charbonne

les

matières végétales et animales qui

sont en suspension clans l'atmosphère.

ACIDES CONCENTRÉS.

^5

teux et d'une couleur blanche-jaunâtre

a en

y temps formation d'hydro-chlorate de baryte. Mêlé ou au nitrate de plomb

tate

champ un

,

cet acide

il

:

y

cide sulfurique et de protoxyde de plomb.

aucun changement dans

du

vin. L'infusion

à l'acé-

fait naître

précipité blanc très-considérable,

même sur-le-

composé Il

d'a-

n'occasione

l'eau sucrée. Il avive la couleur

chargée de thé

,

mise en contact avec

l'a-

cide sulfurique, ne perd point sa transparence, et ne change

point de couleur.

Uni au vinaigre en petite quantité, il ne le trouble il le rend beaucoup plus acide. On peut facilement démontrer la présence de l'acide sulfurique dans ce mélange en y mettant du carbonate de chaux en poudre 32.

point, et

(craie) jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'effervescence. Les

deux acides acétique et sulfurique se combinent avec la chaux et donnent naissance à de l'acélate très-soluble de ,

cette base et à

du

sulfate

peu soluble

;

de sorte qu'en dé-

cantant et en lavant légèrement le dépôt, on peut obtenir sur le

filtre

l'existence

on commencera,

cipité,

chaux formé dans l'expérience.

tout le sulfate de

Pour constater

de l'acide sulfurique dans ce pré-

i°.

par en faire dissoudre une por-

tion dans l'eau distillée bouillante et

;

la dissolution, filtrée

mise en contact avec l'eau de baryte,

et

avec l'hydro-ehlorate de cette base, fournira

de sulfate de baryte insoluble dans l'eau trique

;

2°.

deux heures

l'autre portion sera

mêlée

et

mieux encore un précipité

dans l'acide

et calcinée

ni-

pendant

une température élevée avec le quart de au bout de ce temps l'acide sulfurique se trouvera décomposé par ce corps et le produit de la calcination renfermera du sulfure de chaux, que l'on pourra reconnaître par les moyens ,

à

,

son poids de charbon finement pulvérisé

:

,

,

indiqués dans

(i)

On

le

§3

1

en parlant du sulfure de baryte

a dit qu'on pourrait déterminer la

(i).

présence de l'acide

DES POISONS IURITANS.

76

Le mercure ne

serait

d'aucune valeur pour démontrer la

présence d'une petite quantité d'acide sulfurique dans les vinaigres frelatés.

Nous avons

fait

bouillir

,

pendant long-

temps, un mélange de mercure, de vinaigre et d'un peu d'acide sulfurique

bouchon de

;

nous avons adapté un tube recourbé au

la fiole

,

nous n'avons point obtenu de gaz

et

acide sulfureux.

La

33.

dissolution de gélatine, loin d'être troublée par

l'acide sulfurique, acquiert plus est

abondamment

lait est caillé

de limpidité. L'albumine

précipitée en blanc par cet acide.

Le

sur-le-champ. Lorsqu'on verse une ou deux

gouttes d'acide sulfurique dans une assez grande quantité

de bile de l'homme

,

on obtient sur-le-champ un beau pré-

cipité jaune clair, qui n'est autre chose

male de

la bile,

désignée sous le

nom de

que

la

matière ani-

matièrejaune.TJne passer le mé-

plus grande quantité d'acide sulfurique

fait

lange au jaune orangé

au bout de quatre

ou cinq minutes

Nous

,

,

et

il

en dépose

,

quelques légers flocons d'un vert foncé.

tirerons parti de ces faits en exposant les lésions

de

tissu développées par ce puissant corrosif. L'acide sulfu-

rique

,

mêlé au sang fluide

,

concentré

le

si l'acide est

,

il

le

coagule

et le

décompose

:

brunit fortement et le char-

bonne.

sulfurique dans les vinaigres, en y ajoutant quelques gouttes d'une dissolution d'hydro-chlorale de baryte , et que le précipité blanc

,

une preuve est facile sait

insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique, serait qu'il

y

existe de l'acide sulfurique liquide libre.

de prouver que ce procédé

que presque tous

chaux

et

du

sulfate

les vinaigres

est tout-à-fait vicieux.

contiennent du sulfate de

de potasse en dissolution

:

or,

s'empare de l'acide sulfurique dans quelqu'élal qu'elle

On

doit

Il

Ou

la

baryte

le

trouve.

donc avoir toujours ce précipité quand on verse une

dissolution de baryte dans du vinaigre.

ACIDES CONCENTRÉS.

77

Action de V acide sulfurique sur V économie animale. 34.

petite quantité de ce puissant caustique suffit

Une

pour donner

lieu

aux accidcns

que toujours de la mort, soit

les

qu'on

soit

plus graves, suivis pres-

l'applique

surface externe

à la

mort

produit-il la

Expérience

i

re .

dans

l'injecte

qu'on l'introduise dans l'estomac,

soit

les veines,

enfin qu'on

du corps. Comment

cet acide

?

On a

injecté dans la veine jugulaire d'un

chien robuste et d'une grande taille 36 grains d'acide sul-

furique mêlés, une heure auparavant

A

l'instant

même,

sont devenues roides et

tement après. Le coeur ses parois offraient l'état

naturel

finité

de

il

est

était

mort.

avec 3o grains d'eau.

On

l'a

,

ses extrémités

ouvert immédia-

gonflé, très-volumineux, et

beaucoup plus de résistance que dans

deux ventricules

les

;

petits

,

l'animal s'est débattu

étaient remplis d'une in-

grumeaux noirs comme du charbon, formés

pardu sangeoagulé;

l'oreillette

gauche et l'aortecontenaient

des caillots gélatineux d'un rouge noirâtre

;

veine cave

la

abdominale, très-dilatée, ferme au toucher, renfermait des

grumeaux analogues à ceux qui distendaient les ventricules les poumons étaient couleur de cendre, d'un tissu dense, nullement crépitans, et complètement privés d'air: en les coupant on voyait toute leur surface parsemée de points noirs, qui n'étaient autre chose que du sang coagulé -,

5

plusieurs ramifications des vaisseaux qui les parcourent étaient injectées, dures, d'une couleur noire, d'uue

cylindrique

,

ressemblant

,

par leur aspect

et

par leur gros-

seur, à de petits cylindres de pierre infernale cisant

on voyait

qu'ils étaient

forme

:

en

les in-

également remplis de sang

coagulé.

Expérience viron 2 gros et

11

e .

On

demi

auparavant, avec

1

a fait avaler à

un chien robuste enune heure

d'acide sulfurique mêlé,

gros 36 grains d'eau

:

sur-le-champ

l'a-

DES POISONS IRIUTANS.

^8

nimal a éprouvé un grand malaise tion

;

sa respiration est

devenue

et

beaucoup

très-difficile

;

il

d'agita-

a poussé

des cris excessivement plaintifs,

souvent de position,

et il est

s'est débattu, a changé mort trente minutes après l'in-

du poison. On l'a ouvert dans le même instant. muqueuse de l'estomac était noire et se démembrane La gestion

tachait facilement frait

5

lamusculeuse, rouge par plaques,

aucune ulcération

duit jaune

,

,

duodénum

le

épais, floconneux, facile

sang contenu dans gélatineux

;

détacher

à

ventricules était coagulé,

les

comme ,

crépitans dans presque toute leur étendue

,

plaques noires, durcies, d'un tissu serré

et étaient

gés de sang noir coagulé

,

,

en tout semblable

en-

Le

(1).

d'un rouge noirâtre. Les poumons

et

n'of-

un

présentait

peu

offraient des

à celui

gor-

dont

nous avons parlé dans l'expérience précédente. L'état de

symptômes éprouvés par l'aniil avait succombé, nous firent soupçonner que dans les efforts de la déglutition, une partie de lacide était tombée dans la trachée ces derniers organes

mal

,

et la

,

les

promptitude avec laquelle ,

artère, et que, par conséquent, cette expérience ne pouvait éclairer en

aucune manière sur

rosif introduit

l'évidence

dans l'estomac. Le

que

Expérience

le

mode

fait

d'action de ce cor-

suivant prouve jusqu'à

celte conjecture était fondée. 111

e

A

.

midi cinq minutes

,

on a détaché

percé d'un trou l'oesophage d'un chien petit mais

on

a

introduit dans son estomac

rique concentré gros

d'eau

,

et

,

mêlé

on

a lié

,

1 gros d'acide sulfu-

une heure auparavant, avec un l'oesophage. Dix minutes après,

l'animal a éprouvé des souffrances horribles;

grands efforts pour vomir.

(x)

Nul doute que

jaune de

la bile.,

et

très -fort;

A une

heure

cet enduit ne fui

il

il

a fait de

poussait conti-

formé par

la

matière

mise à nu par une petite quantité d'acide sul-

furique qui avait franchi le pylore (§ 33).

ACIDES CONCENTRÉS.

nuellement des

cris plainlifs

,

il

faisait

fructueux efforts de vomissement

vies de vomir, et à

détacher le

qui

il

a

il

rendu une

très-

ne pa-

eu des en-

a

lié

son œsophage

comme

semblables, parleur aspect

,

:

et

,

sur-le-

grande quantité de matières

noires

de l'encre

et in-

tellement agité qu'il est parvenu

avec lequel on avait

fil

épais

,

après,

en partie brûlé par l'acide sulfurique

était

champ

était

il

sa respiration

;

Une demi-heure

raissait pas gênée.

JQ de nouveaux

de

la

consistance d'un liquide ,

de l'acide sulfurique

à

qui a séjourné pendant quelque temps sur de

la paille

ou

sur des allumettes. Les souffrances continuaient à être très-

couché sur

vives, et forçaient l'animal à se tenir Il

est

mort

à

heures

trois

trente -cinq

le ventre.

minutes. L'au-

un quart d'heure après. Le cœur contenait du sang non coagulé celui du ventriculegauche était rouge,

topsie a été faite

5

tirant

légèrement sur

naturelle ils

les

,

le

noir. Les

poumons

,

de couleur

renfermaient une assez grande quanlité d'air;

étaient crépitans et laissaient entendre

un

cri

lorsqu'on

coupait; les vaisseaux qui les traversent était vides

;

un peu plus compacte que La membrane muqueuse de l'estomac

leur tissu paraissait cependant

dans

l'état naturel.

était détruite

:

elle avait été

expulsée en partie par le vo-

missement. La tunique musculeuse était

recouverte

,

d'un rouge-cerise

dans quelques points

,

,

,

d'une espèce de

bouillie noirâtre, et offrait plusieurs petites ulcérations.

Le pylore

était revêtu d'une couche jaune-verdàtre. L'indu duodénum était tapissé d'un enduit jaune, floconneux formé par la matière jaune de la bile. Expérience iv e A midi trente-cinq minutes on a faitavaler à un chien de petite taille un gros et demi de bleu de com-

térieur

,

.

,

position (liqueur formée par l'acide sulfurique concentré et

par l'indigo). Aussitôt après l'animal

s'est

par terre avec force

pharynx brûlé par

caustique, dont

il

-,

il

a

paru avoir

le

débattu

et

roulé le

cherchait à calmer les effets en frottant

8o

DES POISONS irritAns.

son cou sur une planche de placé 5

il

ché sur

le

dos

tantôt sur le ventre

,

nuellement des a

sur laquelle

bois

a changé souvent de position

vomi une

Au

cris plaintifs.

:

tantôt

et il

,

il

il

était

était

cou-

poussait conti-

bout de dix minutes

il

,

petite quantité de matières filantes, fortement

colorées en bleu: ces vomissemens se sont renouvelés quatre fois

dans l'espace des trente premières minutes qui ont

suivi l'ingestion

vomi une lées

du poison.

A

heures

trois

de beaucoup de sang noir en partie

nuait de se plaindre

marcher.

demie

et

,

assez grande quantité de matières filantes

Il est

:

cependant

mort dans

delà bouche, de

la

il

la nuit.

langue

et

caillé

il

;

,

mê-

conti-

conservait la facilité de

La membrane muqueuse

de l'œsophage

était

d'un vert

foncé; le pharynx offrait une couleur rouge-cerise;

même

chose avait lieu pour

la face inférieure

de

la

a

il

la

membrane muqueuse de

l'épiglotte et

du

larynx.

La

face in-

terne de l'estomac était noire dans toute son étendue

excepté dans quelques points près du cardia frait

une

teinte verdàtre

musculeuse

ou jaunâtre

parsemée çà

était

et là

(i).

,



,

elle of-

La membrane

de taches d'un rouge

très-vif.

Expérience v e Les animaux auxquels on fait une plaie que Ton cautérise avec une grande quantité d'acide sulfu.

rique

,

meurent au bout d'un temps variable, sans que

les

organes intérieurs présentent aucune altération.

OBSERVATION

I

re .

la fin du mois de ou huit heures du matin, pré-

Joseph Parangue, soldat, avala sur janvier 1798

,

vers les sept

la

(1) La teinte jaune dépend de la présence d'une portion de madère jaune de la bile, mise à nu par l'acide sulfurique; et

la

teinte verte paraît être le résultat

jaune avec

la

de l'union de celte matière

parue colorante bleue de

l'indigo.

ACIDES cipitamnient

CONCENTRÉS.

8l

par erreur, pour de l'eau-devie, un plein

et

verre d'acide sulfurique( huile de vitriol) 5

régalade

de

sa

et tout

,

ce qui

même

le

avait

On

bu

à la

ne s'aperçut le transporte

de l'accident,

à l'hôpital -.prévenu

temps que

il

qu'il

fit

méprise qu'en reprenant haleine.

sur-le-champ

en

d'un

trait

j'y

arrive

malade. Des vomissemens excessifs

avaient déjà lieu, ainsi que des agitations convulsives dans les

muscles de

la face et

des lèvres

,

leurs très-vives dont se plaignait le

tendue des parties compromises.

premier effet des doumalade dans toute l'édes cram-

Il disait sentir

pes extrêmement douloureuses dans la poitrine

chaleur acre

et dans l'estomac.

son corps

-,

,

et

une

brûlante au gosier, le long de l'oesophage

et

Un

froid glacial s'était

je lui trouvai le

pouls petit

emparé de tout

concentré , irrégu-

,

plus, presque convulsif, tremulus, parfois

lier; je dirai

très-vite, et parfois tardif et suspendu. Sa respiration était

gênée

et tout

l'épigastre

plus particulièrement

du malade. il

se croyait

douloureux

mes regards

11 est difficile

mais ce qui

de rendre son

absolument sans ressources;

éteints et n'exécutait

que de

à l'instant d'un antidote sûr

manqué

jamais

-,

fut l'abattement

son effet;

faibles ,

état

fixa

extrême

de frayeur^

yeux mouvemens. Je parle il

avait les

d'un contre-poison qui n'a

je relève

son courage,

et je lui

un breuvage composé d'un demi-verre d'eau simdans lequel on avait délayé un gros et demi de carbo-

présente ple,

nate de magnésie. Ses yeux se raniment

pa-

et sa faiblesse

moindre l'idée d'une guérison réelle et prochaine suspend pour un moment l'appareil formidable des symptômes moraux, qui seuls auraient pu conduire le maraît

;

lade au tombeau.

encore

,

Un

mais moins

,

demi-quart d'heure après et

,

il

vomit

avec moins d'efforts et de fatigues.

donne un demi-gros de carbonate de magnésie et que des nausées; ses douleurs intérieures sont moins vives. Je continue le remède à la dose d'un scru1. 6 •Te

lui

il

n'a plus

,

DES POISONS 1UR1TANS.

82

pule toutes les demi-heures , et je fais prendre en même temps, et dans les intervalles, des verrées d'une solution

de

gomme arabique sucrée.

diminué

d'intensité

,

la

Avant midi

anxiétés précordiales presque cessées, et déchirante très-affaiblie*,

loppe

régulier

et devient

les accidens avaient

respiration était plus libre

;

la

,

les

sensation interne

pouls se relève, se déve-

le

une douce chaleur

se

répand

dans tout son corps. J'avais réussi à entraver les effets destructeurs et délé-

du

tères

fluide caustique

-,

mais

restait à

il

désordres que son contact immédiat casionés.

Une

après midi

forte saignée

au bras

,

remédier aux

à l'intérieur avait

oc-

pratiquée à une heure

des fomentations émollientes sur l'estomac et

;

sur tout le ventre pendant le reste

du

un liniment

jour, et

opiatique et camphré pendant la nuit ; une tisane de graine

de

avec

lin

bue

la

gomme

arabique et le sirop de guimauve

abondamment,

tiède et

ont prévenu

etc.,

les

ac-

un événement miellé un lavement simple donné le

cidens consécutifs que devait faire craindre

de cette nature

;

,

soir, a déterminé des évacuations bilieuses assez abon-

6 gros de sirop diacode ajoutés à un verre de ont procuré du calme dans la nuit le somme.il néanmoins a été léger et souvent interrompu par les douet plus partileurs que le malade endurait à l'estomac culièrement encore et d'une manière plus forte au gosier. Le lendemain, à ma visite du matin, j'examinai attentidantes,

et

,

la tisane,

:

,

vement cette dernière partie: presque toute la bouche était enflammée le voile du palais ses piliers- antérieurs et ;

même

,

les postérieurs, les

amygdales

et la luette

étaient

chargés d'eschares blanches et légères en apparence sur côtés

,

noires

,

les

croûteuses et plus profondes sur l'appen-

dice mollis palati

;

l'arrière-bouche en entier

me

parut

fortement brûlée. Heureusement que la déglutition n'était

point empêchée, elle n'était

même

ni pénible ni labo-

83

ACIDES CONGES TUÉS.

rieuse, en raison desaccidens concomitans. La tisane lénilive et

gommeuse, un loochblanc

rées

deux lavemens

,

pris

fréquemment par

cuille-

en vingt-quatre heures, les lotions

émollienles sur le ventre pendant le jour, le lénitif pen-

dant

nuit, furent continués

la

:

tout aliment était interdit.

Le 3° jour, le malade se plaint vivement de la gorge, et une nouvelle frayeur vient encore l'assaillir il se croit menacé d'une suffocation et le péril lui paraît instant. La ;

,

tuméfaction des parties brûlées

de

la

langue

était

cipait à cet état

5

une chaleur vive

sait toutes ces parties; la luette

accrue;

s'était

élevée et corrodée

la

racine

et l'épiglotte parti-

,

et

dévorante embras-

allongée et couverte d'es-

chares, les amygdales déjà atteintes de

pourriture dans

leurs limbes antérieurs, et des taches grisâtres ou aphtheuses

répandues çà

et là

dans i'arrière-bouche

présentaient l'as-

,

pect d'un mal de gorge gangreneux de

La voix

espèce.

Le 4 e

j° lir

)

la

plus mauvaise

avait subi une grande altération. un séquestre mou et charnu, qui

se dé-

en l'allongeant, tourmente

le

malade d'une manière fâcheuse dans la gorge, l'irrite, lui fait éprouver une toux fatigante et importune par

sa

tache en partie de

la luette

et

fréquence. La respiration en devient plus gênée, parfois

comme ment

,

entre coupée, et parfois

ractère

nom ou

accompagnée de

surtout lors de l'inspiration

propre

à

;

et sa

l'espèce d'esquinancie

de croup. Les tisanes mucilagineuses

voix prend

le

jaune d'oeuf

et le sirop

,

le

le

mal plusieurs

le

looeh blanc

d'amandes

d'althœa, servaient tout

à la fois de boisson, de gargarisme

touchai

le ca-

connue sous

celui fait avec le blanc de baleine, l'huile

douces,

siffle-

fois le jour

et

de nourriture. Je

avec des pinceaux de

charpie trempée dans un mélange de miel rosat et de teinture de myrrhe; j'y ajoutai ensuite

coupant alors

du collyre de Lan franc

du mélange avec parties égales de décoction d'aigremoine. Les applications anodines à l'exla totalité

DES POISONS IRRITANS.

84

térieur n'ont point été négligées

non plus que des

,

ca-

taplasmes de raie de pain cuite dans une décoction de

camomille

et

mesure que

les eschares

je

pouvais

saisir

détachées et flottantes, j'en

pour en débarrasser promptement

l'excision

faisais

A

de mélilot.

avec des pincettes

le

gosier.

Le tisane

5e ,

,

quelque sorte et

un jaune d'oeuf dans un verre de fois pour adoucir et vernir en

écraser

j'ai fait

qui a été pris à deux les parties

,

excoriées de l'arrière-bouche,

préparer à un peu de nourriture

continués d'ailleurs.

jaune d'oeuf matin et

gorge

était

les mêmes remèdes Le 6 e , traitement semblable, et le soir. Le gonflement extérieur de la

presque totalement dissipé

dedans aussi beaucoup diminuée, en grande partie,

mieux

danger a disparu; à

,

la

tuméfaction en

emportées

les eschares

et plusieurs ulcérations détergées.

être encore, et, à dater

diminué

:

le

nombre

proportion que

la

de

la fin

Le

e

7

,

de ce jour, tout

des remèdes et des soins a

nourriture a été rendue. J'ai

oublié de dire qu'une goutte d'acide sulfurique, tombée sur la lèvre supérieure

au

moment de

produit une eschare qui a long-temps

l'accident, avait

résisté.

long-temps encore, ce soldat a conservé de

Pendant plus la

rougeur, et

une sensibilité douloureuse au gosier, ainsi qu'un sentiment pénible à l'estomac, surtout lorsqu'il mangeait avec précipitation, et des alimens indigestes (1).

OBSERVATION

Un

II

e .

étudiant, qui voulait remédier à la carie d'une dent

d'une jeune

fille,

lui versa

dans

la

bouche une

si

grande

quantité d'huile de vitriol, que le gosier et l'estomac en

(1)

Recueil périodique de la Société de Médecine de Paris,

rédigé par Sédillot, tom. vi, pag. 3

,

an 7, par

M. Desgranges.

85

ACIDES CONCENTRÉS.

furent fortement atteints et rongés en bien des endroLs. Il

une douleur

s'ensuivit

et

une chaleur extrêmes

,

compa-

gnes inséparables de l'inflammation des membrane.» internes, lesquelles, malgré les saignées, les rafraîchissans

de toute espèce et les laxatifs, finirent par une éruption boutonneuse de vilaines croûtes cendrées sur toute l'habitude du corps, etc.

(i).

OBSERVATION

Un

commune

teinturier de la

minuit étant entièrement

III

e .

d'Arfeuille se couche à

ivre. Il se réveille bientôt

sentant tourmenté par la soif,

plusieurs bouteilles de quoi se désaltérer;

il

pas à s'apercevoir de sa méprise, cours.

M. Pingusson

se hâte

parmi

en prend une

qui contenait de l'acide sulfurique ou huile de avale quelques gouttes de celte liqueur

et se

,

se lève et cherche

il

vitriol

:

il

mais, ne tardant

;

réclame aussitôt des se-

il

de lui en donner

dans une certaine quantité d'eau, de

la

délaye

il

:

poudre d'yeux

,

d'é-

crevisse préparée, et lui en fait avaler quelques gorgées.

Celte dose

suffit

pour apaiser

ressentait dans toutes les parties

mais

lui fut impossible d'en

il

la

chaleur dévorante qu'il

que

l'acide avait corrodées

prendre une seconde

à

des progrès rapides que faisait l'enflure à l'intérieur

pharynx

et

de l'œsophage. Pendant

trois

semaines

il

;

cause

du

ne put

rien avaler, et l'on fut obligé de le soutenir à l'aide de la-

vemens, d'un bouillon fois par jour. lui

fit

prendre du

de temps

(1)

il

lait

,

,

donné

ou quatre on etc., et en peu

trois

put s'exécuter

des mucilagineux

,

,

fut parfaitement rétabli (2).

M. Desgranges

Médecine

très-fort

la déglutition

Observation tirée de

lée par

(2)

Lorsque

;

la

pratique de Tulpius

.

et

rappor-

Recueil périodique de la Société de

rédigé par Sédillot, tom. vi, pag. 22.

Journal de Médecine ,

avril,

1810. par M. Pingusson.

86

DES POISONS 1RKITANS.

OBSERVATION

IV

e .

Louise Delay, âgée de vingt-deux ans, prit,

minal an 8,

de composition (mélange d'acide sulfurique qu'elle avait acheté chez

On

sein de se suicider.

Voici quel

était

,

à

la

gorge

vomissemens répétés et

deslait»

le

poison.

offrant pourtant

une légère

plus foncée sur le bord libre des lèvres

douleur sourde

et

et

dans

et

la

région de l'estomac

;

très- copieux d'un liquide bleu

glaireux, qui causait à

d'amertume

d'indigo)

son état à son arrivée à l'Hôtel-Dieu

Physionomie peu altérée,

foncé

et

un épicier-droguiste, dans le lui fît boire de l'huile et du

quatre heures après qu'elle eut avalé

teinte bleue

le i3 ger-

onze heures du matin, une once de bleu

à

la

bouche une sensation

de stypticité insupportable ; sentiment con-

tinuel de froid à la peau, devenue très-sèche: horripilations de temps à autre, constipation, insomnie

tude mal déguisée petit-lait,

tion de

On avec

de

la

,

etc.

On

lui

fît

inquié-

boire en abondance du

décoction de graine de lin, de

gomme arabique, du lait

,

la

dissolu-

coupé avec de l'eau d'orge.

administra des lavemens purgatifs, un juîep huileux

manne, pour provoquer les évacuations

la

qui étaient suspendues,

naturelles,

qui se bornèrent à une selle

et

très-légère et à l'émission de quelques gouttes d'urine. Les

matières des vomissemens contenaient beaucoup de flo-

cons de substances lymphatiques d'une odeur fade,

les

uns

se précipitant au fond de l'eau, les autres surnageant; le

pouls

,

en apparence peu altéré d'abord, devint petit,

serré et très-nerveux

:

le froid

augmenta beaucoup aux

extrémités inférieures.

Au

bout de deux jours

une grande décomposée;

intensité

•,

,

tous les

symptômes acquirent

la face paraissait

le froid à l'extérieur

singulièrement

augmentait encore;

le

ACIDES CONCENTRÉS.

^7

pouls devenait insensible aux bras et aux carotides; l'haleine exhalait

une

fétidité

extrême; quelques gouttes d'u-

rine fortement colorée en rouge s'échappaient de temps

autre

à

;

l'inquiétude et l'agitation étaient extrêmes. Cette

malheureuse ne pouvait supporter aucune couverture; elle faisait sans cesse de pénibles efforts pour écarter ce qui la

touchait et l'environnait de plus près"; elle jetait ses bras

et sa tête hors de

son

sensibilité exquise

lit; la

région de l'estomac était d'une

au plus petit contact.

Le quatrième jour de l'empoisonnement, les angoisses étaient horribles

du corps La malade, incapable

portait l'empreinie de la souffrance.

de

rester

et sortait

un

même

seul instant dans la

de son

lit

;

témoignait

elle

position

le désir

portée dans un lieu

froid....

étaient hagards

lui semblait trouver

ment sait

il

;

à être débarrassée

Du

reste

,

les

se levait

les

yeux

quelque soulage-

de sa chemise :

,

pressant d'être

Le cinquième jour,

encore étant presque expirante

lier.

les anxiétés et

tout l'extérieur

;

qu'elle repous-

,

on

fut obligé

de

la

secours qu'on lui prodiguait infruc-

tueusement consistaient en boissons émollienles, mucilagineuses, en lavemens simples et lavemens purgatifs, en potions laxatives et juleps anti-spasmodiques sues furent aussi appliquées une

La physionomie

s'altéra à

un

ou deux degré

tel

;

les

sanç-

fois à la vulve. ,

qu'elle devint

entièrement méconnaissable. Les liens qui fixaient cette

malade ne l'empêchaient pas excessives

,

de se découvrir

la

,

tant ses agitations étaient

plus grande partie

du corps

:

ce qui semblait lui procurer quelque soulagement. Elle conservait toute sa connaissance lorsqu'elle expira, en par-

aux personnes qui l'entouraient

lant

,

le

cinquième jour de

son accident.

A tité

l'ouverture de l'abdomen

de gaz très-fétide;

néralement œdémateux

,

il

les viscères ;

une grande quanabdominaux étaient gé-

s'éleva

toutes les parties voisines

du duo-

88

DES

dénum

POISONS

IUIUTANS.

paraissaient singulièrement altérées

cet intestin étaient

;

les parois

de

presque dissoutes dans plusieurs parties

de sa longueur. L'estomac, très-distendu

,

d'une couleur

foncée, offrait plusieurs taches qui indiquaient sa désorganisation profonde. et

de l'oesophage

La membrane muqueuse du pharynx brûlée

était

,

noirâtre, en partie détachée,

et s'enlevait avec facilité. L'estomac contenait

bourbeux, de couleur foucée

d'une grande

,

semblable à celui qui avait été rejeté par le jour

de

la

la

entièrement dissoute

et réduite

plus grande portion de son étendue.

,

et

membrane

interne

en mucosités dans

Le pylore présen-

désorganisation la plus avancée; le tissu de ses pa-

tait la

rois

,

vomissemens

mort. Cet organe paraissait fort épaissi en

plusieurs points et aminci en d'autres; sa était

les

un liquide fétidité

noir et boursouffle dans cet endroit, fermait presque

l'orifice les membranes du duodénum et du jéjunum, en partie détruites, brûlées, étaient frappées

entièrement

du sphacèle;

;

ces intestins étaient enduits

,

à leur intérieur,

d'une matière brune, pareille à celle trouvée dans l'esto-

mac. Le reste du canal intestinal partageait à un degré moindre, l'état de ce viscère et des deux premiers intestins ,

grêles

contenait beaucoup

il

;

endurcies. L'intérieur de

marquable

la

de matières fécales

(i).

oeseuvation V e

Le

5 avril i8a5, à dix heures

deux ans

,

fort

,

et

bien constitué

,

On

»

du malin, un enfant de ,

avala plusieurs gorgées

administra, peu

de temps une certaine quantité de magnésie calcinée délayée

de bleu de composition. après

très-

poitrine n'offrait rien de re-

dans du

lait,

et

lui

3 grains d'émétique, qui déterminèrent

des vomissemens de matières d'abord d'un bleu foncé (i)

Tautua , Essai sur l'Empoisonnement 23 1 , ann. \$02.

trique, pag.

j,ar l'acide ni-

ACIDES CONCENTRÉS.

89

puis noires, et dont le contact altérait à l'instant la pierre,

meubles

les

et les

vêtemens

sulfuriquc pur.

comme

,

Ramené chez

l'aurait fait

l'acide

lui, ce jeune garçon

ne

prit

plus que quelques doses de carbonate de magnésie. M. Deslandes, auteur de celte observation , le vit pour la première fois à cinq heures

du

soir: l'enfant était à l'agonie. Sa face

pâle, son pouls faible et fréquent, sa respiration

était

entre-coupée, son ventre extrêmement ballonné

;

donnait-il quelques signes de connaissance.

avait des

Il

à

pejne

évacuations alvincs fréquentes, qui d'abord avaient été bleues

,

mais qui alors étaient d'un

gris verdâtre

rent bientôt rousses et sanguinolentes

demment

teinte

en bleu

de

lait

,

et devin-

,

Y urine était évi-

ce qui annonçait le passage de

On

l'indigo dans la vessie.

5

chercha à faire avaler un verre

chargé de magnésie; mais cette tentative

faillit

provoqua quelques mouvemens Une demi-heure après le malade n'existait plus. convulsifs.

amener

la suffocation

Examen du

et

,

cadavre.

A la lèvre

d'une goutte d'acide sulfuriquc

poisonnement desséchée.

On

,

écoulée,

s'y était

remarquait

la

inférieure

qui au

peau

la

même

,

sur le trajet

moment de était

l'em-

rougeàtre et

altération sur la

pom-

mette gauche, où un peu de caustique avait séjourné pendant la vie.

La langue

corrodée près de sa pointe

était

ne présentait rien de bien remarquable;

elle

:

du

reste

ses papilles

étaient d'un gris bleuâtre, et les granulations glanduleuses

qui existent

h sa base,

en avant de l'épiglolte

,

étaient très-

développées. Depuis l'isthme du gosier jusqu'au cardia la

membrane muqueuse

était

plutôt d'une couche superficielle

que

les

cilité,

,

blanchâtre et bleuâtre,

frotlemens du scalpel détachaient avec assez de faet

au-dessous de laquelle

rouge uniforme

et

intense

trace.

L'eslomac

:

du tube

pas le cardia; le reste

cune

,

recouverte d'une esehare, ou

,

la

membrane

celte altération

était

d'un

ne dépassait

digestif n'en présentait au-

très-distendu par des gaz

,

ne con-

QO

DES POISONS IRRITÀNS,

que peu de liquide

tenait

de mucosilé

et

de

lait

qui paraissait un mélange

,

chargé de magnésie; leur couleur

indiquait assez qu'ils ne contenaient pas d'indigo*, la portion de la

noire

et

membrane qui

avoisine la petite courbure était

comme charbonnée

lante de ses rides

:.

surtout à

,

dans un point

partie la plus sail-

la

même

elle paraissait avoir

été détruite, et l'estomac, aminci, semblait réduit à ses

deux membranes externes tait ni

du

:

étendue. Les intestins étaient dans

de l'indigo dans le colon

organe ne présen-

reste, cet

rougeur ni ramollissement dans

5

gros intestins

et

,

reste :

de son

on voyait

particulièrement dans

matières que ce dernier contenait étaient co-

les

lorées par

les

le

naturel

l'état

cette substance

elle paraissait

;

même

avoir

transsudé, cardans plusieurs endroits, et surtout dans la fosse iliaque gauche, le péritoine et le tissu cellulaire

biant en étaient vivement colorés. tait

plus cette couleur, mais

d'un

gris

il

am-

Le rectum ne présen-

contenait quelques matières

légèrement rougeâtre

,

semblables à celles que

momens. La vessie on n'y rencontrait que non colorées. Les autres

l'enfant avait rendues dans ses derniers était

vide d'urine

et resserrée

quelques mucosités épaisses

et

-,

organes abdominaux paraissaient dans

l'état sain.

La mem-

brane interne des voies aériennes présentait une rougeur intense, et avait été évidemment enflammée. Le cœur et les

poumons

dure-mère

,

étaient dans l'état naturel. Les sinus de la

et les vaisseaux

qui rampent à

la

surface

du

cerveau étaient gorgés de sang; du reste, point d'opacité à l'arachnoïde, point d'infiltration à

pie-mère. La sub-

la

stance cérébrale n'était ni ramollie ni injectée: peut-être était-ellejcependant

un peu tuméfiée,

car le cerveau

nous

parut avoir plus de tendance que de coutume à s'échapper

par

les incisions faites à ses

contenaient qu'à peine de

membranes

la sérosité.

:

ses ventricules

Le cerveau

{Nouvelle Bibliothèque médicale, mai, 1826.)

ne

était sain.

ACIDES

COJNCliJVTllÉS.

i)l

symptômes de l'empoisonnement par l'acide sulfurique sont les suivans une saveur austère, acide, styptique, très-désagréable; une chaleur acre et brûlante au gosier, le long de l'œsophage et dans l'estomac; une douleur sourde et aiguë à la gorge, une fétidité insupdes nausées et des vomissemens portable de l'haleine 35. Les

:

,

excessifs

comme

le liquide

;

vomi,

tantôt d'une couleur noire

de l'encre, tantôt rougi par du sang artériel ou

veineux, cause

à la

bouche une sensation d'amertume et et produit un bouillonne-

de styplicité très-considérable

ment sur alvines

carreau

le

-,

la

,

constipation

quelquefois sanguinolentes

douleurs atroces dans toutes sur lequel

il

est

ou des déjections

,

des coliques et des

;

régions de l'abdomen

les

quelquefois impossible d'apposer

la

,

main

ni les corps les plus légers; des douleurs dans la poitrine;

de

la

gêne dans

goisses

;

le

la

respiration

pouls fréquent , petit

;

,

des

anxiétés

concentré

,

,

des

an-

irrégulier et

un sentiment continuel de froid à la peau; des horripilations de temps à autre un abattement extrême, de l'inquiétude , une grande agitation; impossibilité de garder la même position; physionomie peu altérée d'abord, se décomposant ensuite agitations convultrès-nerveux;

;

;

sives

dans

les

muscles de

face et des lèvres; libre exer-

la

cice des facultés intellectuelles, et parfois

boutonneuse le voile

du

à la

peau. Souvent

la luette,

une éruption amygdales,

les

palais et toutes les parties de la

bouche sont

recouverts d'eschares blanches ou noires qui, en se déta-

chant, irritent, tourmentent ver une toux fatigante

semblable

à celle

:

la

le

malade,

et lui font

éprou-

voix se trouve alors altérée, et

qui caractérise le croup.

DES l'OISONS 1RRITANS.

92 Lésions de

tissu produites

par V acide

sulfurique.

36. Si l'acide sulfurique a été avalé sans mélange d'aucune autre substance, on remarque, après la mort, une altération plus ou moins profonde des tissus avec lesquels il

et

a été en contact

de l'estomac

tantôt

:

il

n'y a que rougeur

du pharynx

tantôt ces parties sont ulcérées en totalité

5

ou en partie, gangrenées ou réduites en une sorte de bouillie noire. Les phénomènes cadavériques présentent quelques différences lorsque l'acide qui a été pris renferme de l'indigo en solution

37.Il résulte des

{Voy. pag. 80).

faits

qui précèdent,

i°.

que l'acide sulfu-

la

vie, parce qu'il

rique, injecté dans les veines, détruit

coagule le sang, en exerçant sur chimique d'autant plus forte que

lui

une véritable action

la

quantité injectée est

plus considérable; 2°. que lorsqu'on l'introduit dans

l'es-

détermine une mort prompte, en produisant

l'in-

tomac,

il

flammation

désorganisation de ce viscère, qui ne tarde

et la

pas à réagir sur

cerveau

le

5

brûlure qu'il occasione

,

qui en est

,

par le

moyen de nombreuses

que lorsqu'on l'applique à l'animal succombe aux premiers effets de la nerveuses

ramifications l'extérieur

,

3°.

ou

Application de tout ce qui a été dit a" empoisonnement par

38.

A. Si

cilement

lorsqu'on le (

Voyez

divers cas

on

le

reconnaît fa-

pesanteur spécifique, à l'action qu'il exerce

à froid sur l'eau ,

aux

V acide sulfurique.

cet acide estsans mélange,

à sa

allumettes

suppuration

à l'abondante

la suite.

etc.

,

,

sur les sels de baryte

,

sur la paille, les

enfin à la décomposition qu'il éprouve

fait bouillir

avec du mercure ou du cuivre.

§ 3 1 .)

B. Lorsqile

l'acide sulfurique

est

uni au vin ou au

ACIDES CONCENTRÉS. vinaigre,

on détermine aisément

comme

a été dit

il

G. S'il fallait le

g3

présence en opérant

sa

dans le § 32. prononcer sur l'existence de cet acide dans

bleu de composition

,

on y parviendrait sans peine en

ayant égard aux données suivantes

:

Cette liqueur est

i°.

d'une couleur bleue excessivement foncée; elle

que

épaisse

est

plus

l'acide sulfurique; sa consistance est très-oléa-

gineuse; 2°. elle rougit le papier de tournesol, et élève la

température de l'eau lorsqu'on l'unit à une petite quantité

de ce liquide

;

3°.

évaporée jusqu'à siccité

,

dégage

elle

des vapeurs blanches très-lourdes, d'une odeur piquante,

qui dépendent de sulfurique

:

il

la volatilisation

reste

dans

la

d'une partie de l'acide

capsule du charbon luisant;

dumercureou du cuivre, elleest décomdonne du gaz acide sulfureux facile à reconnaître à son odeur piquante, analogue à celle du soufre qui brûle 5°. si on la mêle avec du chlore concentré li4°. chauffée avec

posée

et

,

,

;

quide, pur, ne contenant point de sulfates ni d'acide sulfurique, elle est décolorée sur-le-champ, pourvu qu'on

emploie suffisamment de chlore

;

le

liquide résultant

donne

avec le nitrate de baryte un précipité blanc de sulfate de baryte insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique ,

fin, si

on sature

l'acide sulfurique par

de potasse caustique

,

elle passe

cet état, desséchée et calcinée

au vert

6°. en-

;

une dissolution ;

évaporée dans

pendant un quart d'heure,

du charbon provenant de l'indigo décomposé , du sulfate de potasse on peut dissoudre ce sel dans l'eau

elle laisse et

:

et le transformer

en sulfate de baryte insoluble par

l'ad-

dition d'une suffisante quantité d'un sel barytique soluble.

D.

Si l'acide se trouve

dans

les

liquides vomis ou dans

ceux qui sont contenus dans l'estomac

on fera bouillir une portion des matières qui le contiennent avec du cuivre métallique, afin d'obtenir du gaz acide sulfureux l'autre ,

;

portion sera saturée par du sous-carbonate de chaux, et on

des poisons ihkitaks.

g\

agira sur le sulfate de

dans

le

chaux produit

comme

a été dit

il

§ 32. L'eau et les sels de baryte ne seraient d'au-

cune utilité si on ne prenait pas les précautions que nous venons d'indiquer car il peut se trouver dans l'estomac une certaine quantité de sulfates. 5

Traitement de V Empoisonnement par T acide sulfurique. 3ç). Existe-t-il

En

quelque contre poison de l'acidesulfurique?

examinant avec attention

les divers réactifs

capables d'arrêter l'action funeste de ce poison

pensé que et -

,

chimiques

nous avons

magnésie calcinée, proposée par Pelletier, employée sur l'homme par M. Desgxanges, serait la subla

stance médicamenteuse qui pourrait être administrée avec

de succès. Expérience i re

le plus

.

A

dix heures du malin, on a détaché

l'oesophage d'un petit chien

on

a introduit

gomme

,

on

dans son estomac

l'a ,

percé d'un trou

à l'aide

élastique surmontée d'un entonnoir

,

viscère 3 onces d'eau

,

de magnésie calcinée

;

fait

et

2 gros d'a-

cide sulfurique mêlé une heure auparavant avec

d'eau; six minutes après, on a

,

d'une sonde de

un gros

arriver dans le

même

dans laquelle on avait délayé 2 gros

on

de

a lié l'oesophage au-dessous

l'ouverture afin d'empêcher le vomissement. Immédiate-

ment après,

l'animal a paru

d'une heure

il

détaché

,

souffrir

de violens

a fait

la ligature, et

de matières blanches.

il

A

poussait des cris plaintifs

a

efforts

un peu; au bout pour vomir il a ;

rendu une très-grande quantité

quatre heures de l'après-midi ,

et

il

est

mort deux heures

La membrane muqueuse de l'estomac

et

,

il

après.

du duodénum

veines de

la

face in-

terne de ce viscère étaient remplies de sang noir,

comme

était,

si

en général, d'un rouge vif;

les

elles eussent été injectées; on distinguait jusqu'aux plus

petites ramifications

;

on observait près du cardia quelques

plaques noires formées par du sang extravasé.

ACIDES CONCENTRÉS.

Expérience

11

A

e .

onze heures on

95 a

détaché et percé

d'un trou l'œsophage d'un chien de moyenne taille, et on a introduit dans son estomac, par le même moyen que

que nous venons d'indiquer, 2 gros d'acide sulfurique mêlé, une heure auparavant, avec 3 gros d'eau; huit minutes après, on y a fait arriver 6 onces d'eau dans laquelle on avait délayé 4 g ros et demi de magnésie et on celui

,

a lié l'oesophage. efforts

A

pour vomir

mort

pas. Il est

une heure, l'animal a

abattu, mais ne se

était

il

5

lendemain

le

fait

à six

de violens plaignait

heures du matin, dix-

mu-

neuf heures après l'empoisonnement. La membrane

queuse de l'estomac, peu rouge, était rongée dans plules portions de la tunique musculeuse qui sieurs points ;

correspondent à ces points étaient d'un rouge-cerise.

Pour mieux apprécier

même

les effets

On

l'expérience suivante.

de

la

magnésie, on

un chien

a pris

a fait

à-peu-près de

que celui qui fait le sujet de la première expérience, et on a introduit dans son estomac 2 gros d'acide sulfurique, mêlé une heure auparavant avec 2 gros d'eau; au bout de six minutes, on a fait arriver dans le même taille

viscère 4 onces d'eau.

le-champ l'animal

On a ensuite de violens

a fait

éprouvé un grand malaise,

s'est

lié

son œsophage

efforts

:

pour vomir;

couché sur

le

suril

a

ventre, et

a poussé des cris excessivement plaintifs; au bout d'un

quart d'heure

il

des hurlemens affreux, paraissait

faisait

avoir le ventre brûlé et s'efforçait à vomir; sa respiration était très

-

accélérée.

Il

est

mort deux heures

après l'empoisonnement, au

plus horribles. La

presque détruite les portions

membrane muqueuse de

et

demie

l'estomac était

transformée en une bouillie épaisse

;

qui n'avaient point été complètement désor-

ganisées offraient une couleur noire la plus

et

milieu des souffrances les

grande

facilité

était rouge-cerise.

On

de

la

,

et se

détachaient avec

tunique musculeuse

:

celle-ci

voyait dans la face interne de ce

DES POISONS IRRITAIS.

96

viscère, principalement dans la portion qui avoisine le

pylore, des vaisseaux fortement injectés en noir.

Ces expériences nous permettent de tirer les conclusions la magnésie, administrée très-peu de temps

suivantes: i°.

après l'injection de l'acide sulfurique, n'empêche pas l'empoisonnement des animaux dont l'œsophage est lié, lors

même

qu'on l'emploie à une dose double de celle qui

est

nécessaire pour opérer la neutralisation de l'acide; i°. les

chiens auxquels on la fait prendre souffrent cependant moins que ceux qui n'ont avalé que de l'eau ils vivent -,

plus long-temps,

et leurs tissus se

dés. 11 est probable

on leur

que si

,

médicament

au lieu de

de vomir,

laissait la faculté

nistrât ce

trouvent moins corrolier

et

à plusieurs reprises, toutes les

tions de l'acide sulfurique cachées dans

membrane muqueuse

leur oesophage,

qu'on leur admi-

seraient neutralisées

les replis ,

poison se trouverait de beaucoup diminuée peut-être, parce 3°.

que

moyen

,

rétablir la santé

praticiens ne

les

doivent se

por-

de

et la force :

la

du

on pourrait

de l'animal (r);

flatter d'arrêter

les

désordres produits par l'acide sulfurique en employant ce médicament, qu'autant qu'il sera ingéré très -peu de

temps après que l'accident a eu

lieu

,

et

qu'on

le

donnera

à plusieurs reprises^

l'homme de l'art gorger le malade d'abon-

4o. Il suit de ces considérations que

doit, sans perdre un instant,

dantes boissons d'eau contenant delà magnésie en suspension (2).

A

défaut de cette substance, l'eau de savon pourra

être administrée avec avantage.

(.1)

Lorsque

les

acide corrosif,

il

animaux ont avalé une certaine quantité d"un n'est

guère possible d'introduire dans leur

estomac d'autres substances font pour s'y opposer. (2)

On

Les boissons mucilagincu-

,

à

cause des efforts violens qu'ils

doit préférer celte terre au carbonate de magnésie,

ACIDES CONCENTRÉS. ses, le lait et

môme

l'eau tiède

97

ou froide doivent

être in-

gérés en grande quantité, en attendant qu'on puisse se

médicamens dont nous parlons. Il ne faut jamais perdre de vue que le succès dépend ici de l'activité du praticien quelques instans de retard changent complètement le sort du malade, puisque l'acide sulfurique procurer

les

;

détruit les tissus organiques avec

Après avoir neutralisé

frayante.

une promptitude le

caustique

ef-

faut

il

,

s'occuper de calmer les désordres qu'il a produits. Si les

symptômes n'annoncent point encore organes

digestifs,

quel que

du bas-ventre, de doit

employer

la

soit le

bouche ou de l'arrière-bouche

les saignées générales et locales

mens émolliens en continuant ,

et mncilagineuses.

dans

qui ont

,

on

,

les lave-

l'usage des boissons douces

de

la

bouche

comme une maladie locale

,

,

doivent être con-

et traités

bien réussi chez le malade qui

si

des

Les ravages déterminés par cet acide,

les diverses parties

sidérés

la scarification

degré de l'inflammation

par

les

moyens

fait le sujet

de

la

première observation.

De V Acide nitrique 4i. Il

{JE au forte)*

de jeter un coup-d'ceil sur

suffit

les

nombreuses

observations d'empoisonnement recueillies jusqu'à ce jour,

pour être convaincu que l'acide nitrique est celui

usage pour se détruire

,

de tous

dont on a ,

et

dont

les

poisons minéraux,

fait le

plus fréquemment

les effets

ont été

le

plus

souvent funestes. 42. L'acide nitrique pur est sous la forme d'un liquide

incolore, odorant, doué d'une saveur acide

caustique

,

si

acre et si

qu'il brûle et détruit les matières organisées

:

sa

qui a l'inconvénient de dégager beaucoup d'acide carbonique

dans l'estomac '•

,

et

de distendre prodigieusement ce viscère. 7

DES POISONS

Ç)8

pesanteur spécifique

de

est

!flr.ITA.N'S.

Une

i,-554»

seule goutte de cet

acide rougit une grande quantité d'infusum de tournesol il

colore constamment

en leur donnant une dans une petite

la

peau

teinte plus

fiole

5

animaux

et les autres tissus

ou moins jaune. Chauffé du soufre ou du

avec du charbon

,

décomposé au bout de quelques minutes une portion de son oxygène se fixe sur l'un d'ébullition ou l'autre de ces corps simples, l'acidifie, et il se dégage du phosphore,

il

est

5

gaz nitreux (deutoxyde d'azote) qui passe à

de gaz

l'état

acide nitreux jaune-orange, en absorbant l'oxygène con-

tenu dans duit

l'air.

Versé sur de

une vive effervescence

la limaille

orangées (gaz acide nitreux)

de cuivre,

il

pro-

donne des vapeurs jaunes-

,

,

transforme en nitrate

et se

de cuivre d'une couleur verte, qui ne tarde pas à devenir bleue. La potasse, la soude, la baryte, la strontiane, etc., combinées avec l'acide nitrique, forment des sels qui, étant évaporés, desséchés

ment

mis sur

et

leur combustion

,

et

les

charbons rouges, ani-

produisent une inflammation

si

rapide, qu'il y a un dégagement considérable de lumière et de calorique , et une dilatation qui occasione plus ou

moins de bruit

mouvement de projection. Mêlés au dans un creuset rouge, ces nitrates l'en-,

et

soufre et projetés

de

une combustion décompose surnitrique sous la forme de

flamment tout-à-coup en donnant

lieu à

très-vive. L'acide sulfurique concentré les

le-champ

,

et

en dégage l'acide

vapeurs blanches peu épaisses. 43.

L'acide nitrique n'occasione aucun trouble dans

l'eau saturée de sucre.

fusion de thé,

la

Lorsqu'on

le

mêle

ajoute une plus grande quantité d'acide.

gogne

à

une

forte in-

couleur devient d'autant plus foncée qu'on

Le vin de Bour-

n'est point précipité par l'acide nitrique;

seulement une couleur plus rouge.

Un

il

mélange

du premier de ces liquides et une du commerce n'offre aucun changement par

acquiert fait

avec

partie d'acide

4 parties

,

l'addition

ACIDES CONCENTnÉS.

de

tournure de cuivre;

la

de gaz nitreux

mais

Ç)Q

ne se dégage pas une bulle

l'on opère à la température ordinaire;

si

on chauffe,

si

il

au blanc jaunâtre

;

cuivre se dissout, et ce n'est que vers

vin perd sa couleur rouge et passe

le

bientôt après l'effervescence a lieu

la

le

,

liqueur devientd'un très-beau vert:

la

de l'opération qu'il se dégage un

fin

gaz jaune-orangé, dont l'odeur lient

de celle du

à la fois

gaz acide nitreux, et de celle de l'élher nitrique (i).

L'acide nitrique ne trouble point le vinaigre ses propriétés par

perd aucune de

et

,

liquide. S'il s'agissait de déterminer sa présence dans

mélange

pareil

avec et

la

on

,

on commencerait par saturer

potasse pure

traiterait le

:

on

la ferait

évaporer jusqu'à siccité,

produit par l'alcool très-concentré; ce

ques autres principes du vinaigre,

et

même base, celui-ci faire partie du résidu. On pourrait facilement de potasse dans ce résidu, charbons ardens

l'autre portion par l'acide

i°. (

§

et

quel-

n'ayant aucune action

sur le nitrate de cette

partie sur des

un

liqueur

la

menstrue dissolvant facilement l'acétatede potasse,

nitrate

ne

il

son mélange avec ce

se trouverait

reconnaîtrele

en en projetant une

[\i )

;

2°.

en

sulfurique concentré

,

traitant

qui en

dégagerait des vapeurs blanches d'acide nitrique ou des

vapeurs d'acide nitreux d'un jaune orangé.

aisément

que

la

concevra

formation de ce dernier gaz, en réfléchissant

le résidu

trate

On

dont

il

s'agit

renferme souvent

,

outre le ni-

de potasse, une plus ou moins grande quantité des

du vinaigre. Or, l'acide un mélange de nitrate et d'hydro-chlorate dégage ces deux acides , qui ne tardent pas à réagir entre eux en donnant naissance à du chlore

hydro-chlorates qui faisaient partie

sulfurique concentré

(i)

lie

même

,

vin de Bourgogne, chauffé avec du cuivre sans

addition d'acide nitrique

ne remarque

ni

versé sur

,

ne change point de couleur,

et

on

effervescence ni formation d'un sel cuivreux*

lOO

DES FOISOKS IKU1TANS.

(gaz muriatique

oxygéné)

,

du gaz acide nitreux jaune-

et à

orangé. 44- L'acide nitrique, versé dans l'albumine , y fait naître sur-le-champ un précipité blanc très-abondant qui devient

jaune au bout de quelque temps. La dissolution de gélatine n'est point troublée par l'acide nitrique.

avec cet acide

est

coagulé sur-le-champ

,

Le

lait

et laisse

mêlé

déposer

des grumeaux blancs qui ne tardent pas à passer au jaune.

La

l'homme, mise en contact avec une ou deux un précipité abondant de matière jaune, qui acquiert une couleur verte par l'addibile de

gouttes d'acide nitrique, forme

tion d'une nouvelle quantité d'acide, et qui finit par de-

venir rouge-brique lorsqu'on emploie beaucoup d'acide nitrique.

Le sang

fluide est coagulé tout-à-coup par son

mélange avec ce poison. Action de V Acide nitrique sur V économie animale.

Doué d'une vertu

45.

agit sur

corrosive très-énergique cet acide ,

l'économie animale avec une rapidité effrayante,

suivis presles symptômes les plus graves que constamment de la mort. Plusieurs expériences mettent

en déterminant

cette vérité hors

On

i°.

,

de doute.

a injecté dans la veine jugulaire d'un chien ro-

de la moyenne taille, 26 grains d'acide du commerce mêlés à 10 grains d'eau distillée: immédiatement après, l'animal a éprouvé une grande agitalion dans les membres il a poussé des cris plaintifs et il est mort au bout de deux minutes. On l'a ouvert sur-lechamp les chairs étaient palpitantes les battemens du buste

,

et au-dessus

nitrique

,

;

:

;

coeur étaient peu sensibles tricule

gauche

offrait

;

le

sang contenu dans

deux grands

latineux, d'une couleur rouge

une

petite quantité

-

le

ven-

caillots d'un aspect gé-

noirâtre

de sang fluide de

la

,

nageant dans

même

couleur;

ACIDES CONCENTRÉS.

IOI

vaisseaux artériels du thorax renfermaient aussi du

les

sang non coagulé. Les poumons étaient roses

et

peu crépi-

tans. 2°.

On

a introduit

de l'acide nitrique dans l'estomac de

plusieurs chiens dont l'oesophage a été lié afin d'empêcher le

vomissement

:

sont morts au bout de deux

ils

nous avons parlé en faisant rique.

L'estomac

,

trois

ou

mêmes symptômes que ceux dont

quatre heures, avec les

l'histoire

corrodé

était

ques points, sans qu'on

,

jamais

ait

de l'acide sulfu-

désorganisé dans quel-

pu apercevoir aucune

nuance jaune. Le duodénum présentait un enduit de matière jaune provenant de

décomposition d'une por-

la

tion de bile (§ 44)*

OBSERVATION

XC \

.

Aubry, femme âgée d'environ trente-cinq ans, avala, pour se donner la mort, i onces d'eau-forte. On ne lui donna d'abord aucun secours, et ce fut seulement quelques heures après qu'on soirée.

Une figure

la

transporta à l'hôpital dans la

portant l'empreinte d'une morosité som-

bre, un état d'anxiété continuelle

un pouls

ral,

sourdes à

la

petit et

gorge

,

un frissonnement géné-

presque imperceptible, des douleurs

et surtout à l'estomac

moindre contact sur répétées, des vomissemens de temps

,

très-intenses

région épigastrique

la

à autre

au

des nausées

5

:

tels étaient

Looch blanc dissolution dt? gomme arabique coupée avec du lait.) La surface du corps, ne tardèrent pas à devenir froids-, et surtout les membres les

principaux symptômes

(

,

,

une sueur grasse

et

sur la face et

poitrine.

la

glacée se ramassa engrosses gouttelettes

La malade succomba environ

vingt-quatre heures après son entrée à l'hospice. L'intérieur de la tion

de

la

bouche

était

remarquable par

membrane muqueuse devenue épaisse, .

l'altéra-

blanche,

102

DES POISONS IRRITANS.

légèrement citrine en quelques places, s'enlevant avec fa» cilité et

même

par petits lambeaux. L'épiderme se détachait de

sur le bord libre des lèvres

,

dans un espace semi-

lunaire teint en jaune, et dont le contour indiquait les li-

mites du verre avec lequel cette malheureuse avait

La langue,

la

voûte

du

et le voile

lement dépouillés de

la

totalité

membrane mu-

de leur

queuse, déjà détachée en plusieurs parties

;

on ne voyait

au-dessous d'elle aucune altération remarquable

un

état

bu.

palais eussent été faci-

A

de sécheresse assez marqué.

altération qu'à la bouche, mais portée à

la

un

gorge

sinon

,

,

même

plus haut degré.

L'œsophage présenta à l'intérieur de son canal un enen apparence crétacé ou plutôt graisseux, d'une belle couleur orangée ayant une surface sèche et duit grenu

,

,

absolument dépourvue de mucosité. Celte croûte de vité de l'œsophage

de

plis

ou

,

la

ca-

sur laquelle se dessinaient des sortes

sillons verticaux,

d'étui enchâssé dans le canal

et

qui formait une espèce

œsophagien

excepté dans quelques endroits

,

,

peu adhérente, chose que la

n'était autre

membrane muqueuse altérée d'une manière spéciale par l'acide nitrique. Ce cylindre, de nature en appareuce albumineuse ayant été enlevé, les autres parties des parois de l'œsophage semblèrent être à-peu-près dans leur état ordinaire elles avaient seulement une légère teinte brune. Le péritoine, le canal intestinal, et les autres parties offrirent une couleur rouge sale. L'estomac était fort distendu et couvert de taches noires; il contenait une grande quantité de gaz non fétide, et un liquide bourbeux jaune, floconneux et gras, dont une partie plus dense semblait ,

:

attachée à la surface interne des parois de l'estomac

,

et

y

formait une couche grenue, diversement épaisse et d'un

jaune verdâtre.

On

remarquait dans

le

grand cul-de-sac

à l'endroit qui se trouve vis-à-vis de l'orifice cardiaque, plusieurs taches noires, irrégulières

,

avec un

tel

bour-

ACIDES OOINCENTRÉS. soufflement moi bifique du

tissu

Io3

de l'organe

que

,

cela res-

semblait à une substance animale fortement cautérisée et brûlée.

De

pareilles taches

,

plus petites cependant, avoi-

du duodénum

sinaient le pylore. L'intérieur

contenait

un enduit

très-épais, jaunâtre,

et

du jéjunum

comme

graisseux,

en tout semblable à celui de l'estomac.

et

OBSERVATION

II*.

Motet, peintre, âgé de trente-deux ans, célibataire, conçoit le projet de s'empoisonner.

un

achète, chez

Il

deux onces d'acide nitrique très-concentré qu'il avale d'un seul trait le 26 germinal an 8 à deux heures de l'après-midi. Il n'avait bu ni mangé de la jourépicier-droguiste

,

,

,

,

Des douleurs inexprimables annoncent aussitôt l'acCe malheureux s'agite tout d'un coup se roule sur le plancher de sa chambre, ne peut se tenir sur son lit. Les vomissemens surviennent et sont accompagnés d'un sentiment général de froid plus marqué aux membres. Chaque fois les matières née.

tion forte et rapide de l'acide nitrique. ,

vomies bouillonnent decin appelé lui

A

fait

quatre heures

,

et crépitent sur le

souvent en chemin le faire boire.

est aussi

Un

mé-

de l'huile.

de temps

A son arrivée,

le

n° i33).

,

à

II

autre on

vomit l'arrête

premier mouvement

de lui donner des boissons adoucissantes en trèset

surtout de la décoction de graine

lin. Il était alors

physionomie

la

un la

et

,

grande abondance, de

et

ce malade est transporté au grand hos-

pice d'Humanité (salle des blessés

pour

carreau.

prendre de l'eau de savon

dans un état d'agitation continuelle, ayant très-altérée;

il

liquide noirâtre, glaireux;

bouche;

la

langue

était

vomissait il

à

chaque iuslant

ouvrait assez facilement

blanche, tirant un peu sur

jaune; des douleurs vives se faisaient sentir

à la

gorge,

le le

Iû4

DES POISONS IRRITANS.

long de l'œsophage

et

dans l'estomac;

le ventre, légère-

ment tendu, ne pouvait supporter aucun contact augmentation excessive des douleurs l'extérieur

du corps

;

pouls petit

;

concentré

,

une

sans

froid plus grand à

fréquent

,

;

hoquet; respiration gênée. La marche rapide des accidens, loin de se ralentir,

prend à chaque instant une intensité

Ce malheureux ne peut déguiser les regrets qu'il éprouve d'avoir attenté à sa vie. Dans son agitation exnouvelle.

trême

il

pousse souvent des plaintes

Ses membres deviennent glacés

,

,

des soupirs étouffés.

une sueur froide couvre

tout son corps; le pouls est presque imperceptible

douleurs ne cessent pas un seul moment; tous

les

;

phéno-

les

mènes sont du plus mauvais présage ils annoncent une mort prochaine. Le malade fait à chaque instant des efforts inutiles pour satisfaire son besoin pressant d'aller à la ;

selle et d'uriner

sonnes

qu'il

;

il

réclame des secours de toutes

aperçoit

st

affreux état dure toute la nuit

mens deviennent

les

per-

de tout ce qui l'entoure. Cet ;

vomisse-

les matières des

plus claires et de

couleur citrine

;

il

s'é-

chappe enfin quelques gouttes d'urine. L'aspect hideux du corps de cet infortuné ressemble déjà et la

à

celui d'un cadavre

présence d'esprit est conservée toute entière

gination paraît exaltée.

On

administre

,

dans

;

l'ima-

les derniers

instans, quelques cuillerées d'une potion calmante. Il parlait

encore

le

lendemain matin,



à l'instant

dix-neuf heures après son empoisonnement

,

il

expira,

et seize après

son entrée à l'hospice.

A

l'ouverture

l'acide s'était

du cadavre on

s'assura

que

l'action

de

bornée aux organes des premières voies. Les

du pharynx de l'œsophage de l'estomac du duodénum, de la moitié supérieure du jéjunum, avaient augmenté d'épaisseur et de consistance et offraient une couleur d'un rouge très-foncé à leur surface externe. La face interne était généralement enduite d'une couche plus ou

parois

,

,

,

ACIDES CONCENTRÉS.

moins sèche paisseur

qui

plus ou moins grenue

,

,

de deux lignes d'é-

d'un jaune verdàtre fort beau

,

par le contact de

s'est terni

duodénum

connivenies du

bouchaient

le calibre

Marie Roger

très-développées

III

.

Agée de trente-cinq ans

,

et

et

,

intestin.

OBSERVATION

mauvaise conduite

et très-éclatant

lumière. Les valvules

la

étaient

de cet

I05

.

,

diffamée par sa

son libertinage, fut amenée au grand

hospice d'Humanité par des gens de garde, le a3 pluviôse

an g

,

à

une heure du matin.

qu'elle avait pris

du

d'empoisonnement.

on

était arrivé,

l'après-midi frère

,

On

apprit très-vaguement

poison', elle présentait

peu de signes

Interrogée avec soin sur ce qui lui

que

sut

la veille,

vers les trois heures de

une orgie avec son beauavaler pour huit sous d'eau-

se trouvant dans

,

celui-ci lui avait fait

du vin blanc, et lui avait fait boire encore après beaucoup de vin blanc et d'autres liqueurs spiritueuses. Elle ne fut transportée que dix heures après son accident forte dans

et

sans avoir reçu aucun secours. Selon son rapport

douleurs à

la

gorge

et à

vomissemens répétés dans que cette femme fut amenée

les

les

les

,

l'estomac avaient été très-vives

,

et

premiers instans. Lors-

elle ne paraissait pas trèselle-même sur un banc tandis qu'on ,

malade. Elle laisait

son

s'assit

lit

,

monta ensuite

et se

coucha toute

seule.

Quelques vomissemens eurent encore lieu jusqu'à cinq heures du malin. Le chirurgien de garde la trouva si peu souffrante

garda

ment.

,

et

comme Il fit

jugea

phénomènes

les

si

légers

,

qu'il re-

très-peu fondé le soupçon d'empoisonne-

administrer une potion anli-spasmodique, dans

laquelle entraient 3o gouttes d'éther sulfurique et environ 2 gros de sirop diacode

coupée avec du

lait.

,

et

pour boisson de l'eau d'orge

lOÔ

DES POISONS 1KKITA1SS.

A

huit heures

de

tat

du matin, inspection

malade

la

l'intérieur

très-attentive de l'é-

que la langue et delà gorge; point de vomissement; douleurs lèvres blanches ainsi

:

sourdes et presque nulles; abattement général; lassitude

dans tible

les ,

térieur

membres. Bientôt langue sèche

pouls impercep-

.

horripilations répétées, sentiment de froid à l'ex-

du corps

aux membres, envie pressante

et surtout

emLe médecin qui la soignait douta empoisonnée, et particulièrement avec l'acide

d'aller à la selle, et constipation rebelle; anxiétés,

preinte de mélancolie. qu'elle fût

nitrique

;

il

crut reconnaître dans son état les caractères

d'une fièvre adynamique

donna une potion antispasmodique et des boissons délayantes, telles que la dissolution de gomme arabique et le lait coupé avec l'eau d'orge. Le défaut d'altération très-considérable à l'intérieur de la bouche, l'absence des douleurs les lassitudes dans les membres la prostration des forces fondaient jusqu'à un certain point cette opinion. Rien ne changea jusqu'au jour suivant à une heure après midi cette femme sortit seule de son lit pour aller à la selle sur un bassin :

lui

il

,

,

,

:

;

une heure après elle expira, pour ainsi dire, subitement, en serrant avec force les bras d'une personne qui lui donnait des soins

,

et

en s'écriant Je :

me

meurs.

A

l'examen cadavérique on remarqua d'abord meté générale des chairs , leur fraîcheur , signes de

la

fer-

la

vio-

lence de la mort. Le tissu cellulaire était chargé d'une graisse très-compacte; l'épidémie

du milieu du bord

libre

des lèvres paraissait épaissi, jaune, et se détachait en partie.

A l'ouverture

de l'abdomen

d'un liquide jaune

et

de

la

il

s'écoula plus d'une pinte

consistance d'une purée con-

tenant des flocons plus ou moins solides

,

de

leur généralement répandue dans l'intérieur

la

même

cou-

du ventre

ayant une odeur très pénétrante, semblable à celle de ther.

Le péritoine

,

devenu plus épais

,

,

et

1

é-

était fort altéré

en

ACIDES CONCENTRÉS. plusieurs points

,

enflammé

sali

>

concrète, d'une couleur très-jaune

d'adhérence multipliés avec

mac

IO'j

par des lames d'albumine 5

présentait des points

il

grande courbure de

la

i'esto-

y avait des brides résultant sans doute de l'inflammation de l'intérieur de l'abdomen. Le lobe et

,

de l'un à l'autre

gauche du

il

foie, fortement teint

en jaune

à

reste, le tissu

La

vésicule

de cet organe paraissait dans

du

fiel,

l'extérieur,

toucher

offrait une surface grasse et onctueuse au 1

:

du

état naturel.

allongée et cylindrique, étendue de

quatre ou cinq travers de doigt, et très - pleine

avait

,

une couleur brune tirant sur le noir. L'estomac présentait un changement déforme remarquable il affectait, surtout à sa droite une disposition triangulaire sa direction sem-,

-,

,

blait

presque verticale par l'abaissement de sa grande cour-

bure

;

le pylore

,

supérieur d'environ deux ou trois pouces

restait en contact avec la vésicule

du

corni et ferme dans certains endroits toute son étendue, injectés

cères

fiel.

avait

,

une couleur brune

Cet organe

5

,

,

ra-

presque dans

ses vaisseaux

étaient gorgés d'un sang coagulé.

,

,

Tous

,

très-

les vis-

abdominaux ne formaient qu'une masse au moyen

des adhérences produites entre eux par l'inflammation du péritoine et l'interposition des couches albumineuses.

premier aspect

les intestins paraissaient

excepté le jéjunum, qui était noirâtre, affaissé

grande mollesse

fondément

du colon

\

altéré

le péritoine ,

On

il

était

,

recouvert

d'une ,

pro-

se détachait aisément. L'arc transversal

était intact,

très-dures.

dont

Au

à-peu-près sains,

mais

il

contenait des matières fécales

trouva l'intestin

grène à ses deux courbures

et

duodénum frappé de gan-

dans toute l'épaisseur de ses

parois.

Dans

la

poitrine

il

n'y avait rien de remarquable, à l'ex-

ception du lobe inférieur du

gorgé de sang, enflammé

poumon gauche,

à sa

qui était

surface, adhérent au dia-

phragme pareillement enflammé. Un épanchement d'en-

108

DES POISONS IttMTANS.

viron quatre onces de sérosité lactescente

,

crétions albumineuses pareilles à celles

du ventre

remplie de conavait

,

iieu dans cet endroit. Sans doute cette affection inflam-

matoire locale dépendait du voisinage de l'estomac, siège

de

l'altération principale.

La membrane interne de la bouche épaissie légèrement tachée en jaune, s'enlevait par-tout avec facilité. La ,

langue

était fort

l'arrière

,

sèche, les amygdales rouges

-bouche généralement

et

enflammée,

tuméfiées,

l'oesophage

enduit d'une matière jaune, sèche, en apparence graisseuse ou crétacée

;

membrane

sa

l'épaisseur de cet enduit,

interne

se détachait

confondue dans

,

aisément et

était

sillonnée par des plis verticaux.

L'estomac présentait sac

,

dans le fond de son grand cul- de-

,

unes des autres

trois ouvertures voisines les

grandeur d'un écu de

trois francs

usés ou plutôt dissous.

dans

-,

de

la

à bords fort amincis

épais

Il était fort

reste de son étendue.

le

,

On

,

très-rétréci

et

trouva dans sa cavité

quatre corps solides de dix-huit lignes environ d'étendue

en surface carrée,

et

de cinq à six lignes d'épaisseur, de

nature graisseuse

et

ressemblant à des morceaux infor-

mes de

suif.

comme

de

,

Cette substance, exposée à la chaleur, fondit

la

graisse, et mise en contact avec la lumière

d'une chandelle, donna une belle flamme très-blanche.

Un

enduit ou espèce de pâte jaunâtre

et graisseuse,

plus épais vers le petit cul-de-sac et l'orifice pylorique, couvrait la face interne de l'estomac ges taches gangreneuses

depuis

le

,

et

en cachait de

et

lar-

s'avoisinant les unes des autres

fond du grand cul-de-sac jusqu'au

ses vaisseaux étaient

sang noir

,

extrêmement distendus

petit.

et

Tous

remplis de

coagulé.

A l'intérieur

du duodénum on trouvait un

état parfai-

tement analogue à celui de l'estomac, un enduit jaune

Lorsqu'on découvrait

les valvules

commentes,

,

elles

etc.

pa-

ACIDES CONCENTRÉS. raissaient toutes brûlées. était fort altéré

croissant.

Du

,

09 Le commencement du jéjunum 1

et cette altération allait

milieu de l'iléon à l'anus

,

toujours en dé-

le canal intestinal,

parfaitement intact, ne contenait plus de matière jaunâtre

comme la Le

portion supérieure

liquide épanché dans

du tube le

alimentaire.

ventre, et qui sans doute

avait passé à travers les trous de l'estomac

conservé

5

paraissait être le résultat

il

5

fut recueilli et

nitrique avalé avec les boissons

portion de l'acide lait, etc.

,

du mélange d'une ,

le

son odeur éthérée, très-pénétrante, dépendait

probablement de l'éther pris dans

les

potions anti-spas-

modiques. Ce liquide resta très-long-temps sans s'altérer, et ensuite la putréfaction la plus complète s'en empara. (

Cette observation, ainsi que la première et la seconde,

sont tirées delà

Monographie de M. OBSERVATION

Tartra.

)

IV

Victoire Pillet, âgée de vingt-quatre ans, d'une forte constitution

bauche

,

désespérée de voir son amant livré

la plus

à

la

dé-

scandaleuse, cherchait depuis long-temps

moyens de se détruire. Persuadée qu'elle pouvait se donner la mort en avalant de l'émétique , elle en avait

les

4° grains en 1812

pris

,

qui n'avaient occasioné que

des vomissemens abondans et des selles copieuses. Accablée de malheurs

,

cette

infortunée eut recours à l'eau-

forte, dont elle connaissait les propriétés corrosives.

Le 6

juin 181 2, à quatre heures du matin quinze jours après la première tentative d'empoisonnement elle avala tout ,

,

une once d'acide nitrique concentré, dans laquelle elle avait mêlé environ 1 gros d'acide sulfurique

d'un

trait

(huile de vitriol rité

:

)

afin que le poison la traitât avec sévé-

telles étaient ses

l'ingestion

propres expressions. Aussitôt après

de ce puissant caustique, Victoire

fut

en proie

DES POISONS IRMTANS.

IIO

aux plus horribles symptômes à la

gorge

et

dans l'abdomen

de l'œsophage

dans

et

,

des douleurs déchirantes

:

une ardeur brûlante

le

long

région de l'estomac, des vomis-

la

semens continuels de matières d'un vert noirâtre

et glai-

reuses, des coliques violentes, des angoisses continuelles

un

état

quée de froid à l'extérieur du corps, à l'Hôtel-Dieu à sept heures

etc.

du matin,

On la on

et

sur-le-champ un gros de magnésie calcinée

un

verre de tisane

était-il ingéré

trême,

7

de malaise inexprimable, une sensation très-mar-

que

,

la

,

transporta fit

prendre

délayée dans

peine ce médicament

malade entra dans une fureur ex-

qu'elle ne prendrait plus de médica-

protesta

et

A

émolliente.

lui

mens qui la soulageraient; qu'elle n'avait rien avalédepuis le moment de l'empoisonnement dans l'intention de mouplus

rir

On

tôt.

força cependant a boire de nouvelles

la

doses de magnésie, et on lui donna une très grande quantité

de boissons mucilagineuses. Nous l'observâmes, pour

première

fois

,

après l'accident

:

la

à huit

heures du matin, quatre heures

voici quel était son état: face pâle,

con-

jonctive injectée, yeux animés et hagards, taches jaunes sur le

bord de

la lèvre

supérieure

bouche d'une couleur blanche

membrane muqueuse de

,

la

citrine; langue jaune, croû-

teuse et sillonnée; douleurs vives à la gorge; vomisse-

mens

,

de temps

entre-mêlées

,

à autres

,

de matières jaunes

épigastralgie des plus violentes

atroces dans tout l'abdomen

fréquent et serré sible

,

aux membres

très-marquée

,

,

respiration

,

froid

un peu

extrêmement senaccélérée

externes et des

libre exercice des sens

inens.

Quinze sangsues à Vépigastre

(

,

anxiété

nulle altération dans les facultés intellec-

tuelles;

èdulcorèe y

noires

douleurs

constipation; pouls petit,

frissonnemens ,

et ,

trois

lavemens émolliens

dix heures, continuation des

,

mouve-

eau de gomme

et narcotiques. )

vomissemens,

A

qui étaient

provoqués surtout par l'ingestion des liquides; délire fu-

ACIDES rieux

agitation extrême

,

horribles, figure rouge.

de tout

midi

le

III

corps,

difficulté

,

mouvemens

glutition impossible,

de

A

CONCENTRÉS.

souffrances

de parler, dé-

convulsifs des muscles

face; pouls extraordinairement fréquent et petit.

la

une heure. Ouverture du cadavre. Roideur extrême des membres, surtout des abdominaux; couleur cipharynx d'un trine de toutes les parties de la bouche

Mort

à

,

rouge vif œsophage peu altéré , estomac énormément distendu n'offrant aucune lésion remarquable à l'extérieur, ,

,

rempli d'un liquide jaune, floconneux; sa surface interne

d'uu rouge-cerise dans toute son étendue, excepté vers pylore, où on remarquait deux mées par du sang veineux exlravasé;

petites taches

viscère

tr

ès-dilatés

,

les

le

noires for-

vaisseaux de ce

comme injectés duodénum :

et

jéjunum

recouverts par une couche épaisse d'une matière jaimeserin

,

dans le

se détachant facilement; nulle perforation

canal digestif, nul épanchement dans le bas-ventre ritoine très-légèrement injecté saient dans leur état naturel

qui

le

;

:

le

;

pé-

les autres organes* parais-

cerveau

et les

membranes

recouvrent n'offraient aucune altération sensible.

OBSERVATION V e Marie Coteret

,

polisseuse, âgée

pritle8 janvier 1814 un verre

à

.

de

cinquante

ans,

liqueur plein d'acide

dans l'instant même, elle éprouva une douleur une ardeur excessives dans la bouche, la gorge, l'oesophage et l'estomac. Environ une heure après elle eut deux

nitrique

:

et

,

ou

trois

vomissemens de matières liquides

muqueuses,

fort

peu abondantes.

Au

,

jaunâtres

et

bout de dix-huit

heures, elle fut transportée a l'Hotel-Dieu sans avoir reçu

aucun secours depuis

l'accident.

On

lui fit

boire une très-

grande quantité d'infusion tiède de graine de

lin

,

qu'elle

ne tarda pas de rejeter avec de nouvelles matières analogues

DES POISONS

112

Iïl'RITANS.

à celles qu'elle avait déjà rendues

flocons

muqueux

Le lendemain la

,

à l'heure

,

,

de

langue, couleur de safran

la visite ,

malade de

la faire sortir

les autres parties

de

hors de

la cavité

che, étaient traversés de lèvres et le pourtour

la figure était

il

la voix

lombes

et

impossible à le palais

et

;

;

,

offraient la

la respiration était

extrêmement sourde, confuse presque impossible;

tition était

;

sil-

stries rouges les commissures des du menton sur lesquels la matière in-

langue

la

pâle

d'une couleur blan-

,

gérée et expulsée paraissait avoir coulé

couleur jaune que

était

bouche;

la

buccale

,

des croûtes, des

offrait

lons, était tuméfiée, tremblante, et la

qui contenaient des

et

roussâtres et épais.

la

et

nasale;

tête,

même

bruyante, déglu-

la

l'estomac, les

l'abdomen étaient très-douloureux. La plus

lé-

gère pression augmentait les douleurs des différentes ré-

gions du bas-ventre; le pouls, peu fréquent, était un peu

dur

et

suivies

ïanus

un peu concentré. ( Douze sangsues sur V abdomen, de fomentations êmollientes douze sangsues à

,

,

unjulepgommeux, eau Le soir,

d'orge édulcorée et

gom-

malade eut une selle avec beaucoup d'épreintes; point de sommeil pendant la nuit continuation des douleurs, sans que la malade se plaignît beaumée,

trois pots. )

la

;

coup,

Le lendemain (troisième jour de la maladie); le pouls un peu moins dur; la langue était un peu moins

paraissait

jaune à sa base et sur ses parties latérales

une couleur brune

;

;

le centre offrait

des pellicules blanchâtres semblaient

vouloir se détacher des parties latérales de cet organe

de

gomme

édulcorée

,

;

dou-

du cor ps. (Julep gommeux eau trois pots. ) Pendant la nuit la ma-

leurs dans toutes les parties

,

,

lade a eu deux selles et n'a point dormi.

Le

jour suivant (quatrième jour de la maladie), cou-

cher en supination

yeux

éteints

,

,

le

tronc élevé et les jambes étendues

figure pâle et cadavérique, excepté les

;

pom-

CONCENTRÉS.

ACIDES

étaient injectées et livides

mettes, qui

humide

naturelle,

et nette,

mou

râlante; pouls

naturelle

tout le corps (julep

par les narines

malade

orange

la

Les boissons étaient

).

succombé ce

extrêmement roides

surlace

la peau un tremblement de

avait

même

rejetées

jour à une heure de

l'après-midi. Vingt heures après la étaient

chaleur de

quelles que fussent leur nature et leur

,

quantité. Elle a

la

laborieuse et

la veille,

et très-accéléré;

cependant

:

;

excepté vers sa pointe; respi-

beaucoup plus fréquente que

ration

Il3 langue de couleur

du corps ,

;

mort

étaient encore chauds

les

membres

ainsi

que toute

,

les viscères,

quoique

,

pérature fût à 5° au-dessous de zéro, et que été placé sur la pierre depuis le

moment où

la

la

tem-

cadavre eût

le

malade avait

deux mâchoires étaient tellement serrées l'une contre l'autre qu'on ne parvint à les séparer qu'en faisant expiré. Les

,

les

plus grands efforts et en coupant tous les organes des-

tinés à leur

langue

et

rapprochement. L'intérieur de palais étaient très-pàles;

le

la

bouche

,

la

une mucosité sé-

reuse assez abondante recouvrait l'arrière-gorge

;

le tiers

supérieur de l'œsophage ne présentait rien de remarquable; il

était

desséché et teint en vert dans tout

étendue. L'estomac, noirâtre tracté,

vrant,

à

qu'on pouvait à peine y introduire

on voyait

de son

le reste

l'extérieur, était si le doigt

;

qu'il était vide; ses parois étaient

gosées, épaissies

,

durcies,

vers le grand cul-de-sac

phlo-

boursoufflées, surtout

leur couleur était rouge-brune

;

foncée tirant sur le noir; fraient la couleur

comme

con-

enl'ou-

les points les plus

du charbon;

les

enflammés of-

membranes muqueuse

et

musculeuse étaient détruites dans certains endroits,

la

séreuse, restée seule, se laissait traverser avec une ex-

trême dans

Le pylore duodénum. Tous

facilité.

le

être dans

M. Rozier i.

l'état la

était oblitéré.

les autres

Nulle altération

organes

naturel. (Obseivation

Cardonière.

et

paraissaient

communiquée par

)

b

DES POISONS iniUTANS.

11^

Symptômes de V Empoisonnement par V acide Nous ne saurions mieux

46.

nitrique*

symptômes de

tracer les

l'empoisonnement par l'acide nitrique qu'en empruntant la description qui en a été donnée par M. Tarira dans son ,

excellente Dissertation que nous avons déjà citée plusieurs fois.

bu

L'acide nitrique vient d'être lante à la

bouche, dans l'oesophage

:

aussitôt chaleur

et

l'estomac

5

brû-

douleur

vive; dégagement de gaz, rapports abondans (1) , nausées et hoquet douleurs croissantes à la gorge et dans la région -,

épigaslrique

-,

bientôt vomissemens répétés et excessifs de

matières liquides

,

et

quelquefois de matières solides

,

qui

produisent une sorte d'effervescence ou de bouillonne-

ment sur

le sol}

vomies

très-sensibles

teur

;

,

odeur

et

saveur particulières des matières

pour

malade

le

pour l'observa-

et

persistance de cette saveur et de cette odeur dans

intervalles des

vomissemens,

et

même

les

lorsqu'ils ont cessé

ou n'ont pas eu lieu par une cause quelconque tuméfaction du ventre, tension assez grande et sensibilité exquise au moindre contact, sentiment de froid à l'extérieur du corps horripilations de temps à autre, membres quelquefois glacés et plus particulièrement les membres abdo5

,

,

minaux; pouls

petit

,

enfoncé, quelquefois précipité,

dans certains cas, tremblotant

;

anxiétés horribles

tion continuelle, contorsions en tous sens

,

,

et

agita-

angoisses inex-

primables, poids des couvertures insupportable, insomnies prolongées

;

région épigastrique gonflée et dure au

toucher, soif extrême

que

le

(1)

malade prend

Ils

,

sentiment douloureux toutes

la

plus

les fois

petite quantité de boisson,

dépendent du dégagement du gaz nitreux

azole dans l'intérieur du canal alimentaire.

et

du gaz

ACIDES COMCEHTRÉS.

douleur souvent déchirante et très-légères

calme trompeur par haut degré de

Il5

sentiment de corrosion

tranchées; dans certains

quefois simples

sourdes

,

,

l'effet

de

la

douleurs

cas,

peu ou presque point

,

quel-

d'agitation

;

contrainte morale, ou le

désorganisation intérieure, et apparence

la

illusoire d'amélioration.

Déglutition difficile, ténesme

constipation opiniâtre,

,

envie d'uriner sans pouvoir y satisfaire; physionomie sin-

gulièrement altérée lorsque portant l'empreinte et de l'affection

morale

les

douleurs sont excessives,

souffrance

la

plus vive et de

la

plus profonde; pâleur, faiblesse, ha-

la

extrêmement félide dans quelques cas visage plom-

leine

,

;

bé, sueurs froides, gluantes, onctueuses et grasses, ramassées en grosses gouttes; souvent espèce d'embarras, d'oblitération à la gorge

;

intérieur de

la

bouche

et

de l'ar-

rière-bouche d'un blanc mat; membrane interne épaissie

comme

et

brûlée; surface de la langue très-blanche, et

dans quelques cas fois vacillantes

,

d'une couleur orangée

;

leurs couronnes devenues jaunes

,

tience de placer les bras hors

du

lit,

,

dents quelque;

impa-

quelquefois de se

lever.

Au ou

bout de

trois

ou quatre jours

exfoliation totale de la

flotlans

,

détachement partiel

membrane muqueuse lambeaux ,

dans l'intérieur du pharynx

,

gênant

la

respiration

la voix chaque bord marqué d'uneligne courbe premiers instans une couleur blanche ou

et la déglutition, altérant le

son de

;

libre des lèvres presque toujours

qui offre

,

dès les

légèrement citrine ton

,

les

doi

;ts

,

,

;

etc.

irrégulier, inégal

,

quelquefois taches jaunes sur ,

etc.

Le pouls devient

parfois

faible

,

le

men-

abattu

,

intermittent, le plus souvent

misérable, constamment précipité.

Les douleurs dans est

descendu dans

cavité

le ventre

sont

les intestins,

ou

abdominale par des crevasses

un signe que s'est

le poison épanché dans la

faites à

quelques por-

Il6

DES POISONS IMUTASS.

du canal alimentaire. M. Tarira croit pouvoir conclure des faits qu'il a observés, que lorsqu'on avale peu lions

d'acide nitrique, la douleur est

en général, très-vive

,

que lorsqu'on en prend beaucoup dans

le

premier cas

le

,

et

5

moins intense caustique paraît agir en largeur ,

elle est

:

;

ne cautérise que l'épaisseur de la membrane muqueuse ; les réseaux nerveux ne sont altérés qu'en partie, ils sont

il

violemment irrités dans le second cas , au contraire , tout frappé de mort; les nerfs sont détruits et désorganisés. :

est Il

que l'absence des douleurs

suit de ces considérations

est

d'un mauvais présage.

Les vomissemens sont très-répétés lorsque sont vives; car alors l'estomac

irrité

,

,

les

rasser des matières qu'il contient, et entre dans

vement spasmodique continuel.

douleurs

cherche à se débar-

un mou-

Si ce viscère est percé de

trous, que le malade ne se plaigne d'aucune douleur, n'y a point de vomissement

passent

à

;

les

de ses propriétés

travers l'estomac percé et privé

vitales, et s'épanchent

Le sentiment de

dans

le ventre.

un phénomène commun

froid est

beaucoup d'empoisonnemens, mais très-marqué dans pèce dont

il

long-temps,

s'agit ici. Il persiste fort

compagne pour

l'ordinaire

il

liquides et les solides

et

à

l'es-

ac-

chacune des terminaisons.

Cette maladie peut se terminer, i°. par une mort prompte

qui

a lieu

au bout de quelques heures

,

ou qui

n'arrive

que

quelque temps après l'empoisonnement dans ce dernier cas :

le

malade dépérit insensiblement; lambeaux membraneux

prises des

quefois ces

la

forme de l'estomac

et

lambeaux exhalent une odeur

digestions sont

éminemment

se prolonge pendant des

masie chronique

:

les

mois

il

vomit à diverses re-

scarifiés,

qui ont quel-

de l'oesophage entier

:

fétide insupportable; les

pénibles, et entiers.

2

.

la

constipation

Par une phleg-

malades éprouvent de temps en temps

des douleurs et des chaleurs insupportables

:

c'est

en par-

ACIDE* COJNCEJNTR.es.

de ces individus que Zacehias

lant

occidant , relinquunt semper aliquam

Par

diuturnos. 3°.

la

ll^ dit

a

'Vcncna

;

noxam

et

,

nisi

morbos

guérison complète.

Lésions de tissu produites par V acide nitrique. 47. Lorsque les individus succombent après l'ingestion de cet acide, on observe

suivans

couleur plus ou moins orangée de l'épidémie

:

du bord

peu de temps phénomènes

les

libre des lèvres

tache très- aisément

;

,

qui paraît brûlé

membrane

et

qui se dé-

de

interne

la

bouche

d'une couleur blanche, souvent citrine; dents fréquem-

ment

vacillantes, offrant à leur

très-marquée

inflammation de

;

couronne une la

l'arrière-bouche et du pharynx

teinte jaune

membrane muqueuse de à

;

la

surface de l'œso-

phage, un enduit de matière jaune, grasse au toucher, qui parait formée à par

la fois

par de l'albumine concrète et

membrane muqueuse

la

altérée d'une manière parti-

plus ou moins violente de l'esto; inflammation mac, principalement vers le pylore et le commencement du duodénum quelquefois des taches gangreneuses dans

culière

;

les parois

de ces organes

,

qui présentent aussi des réseaux

de vaisseaux sanguins multipliés sang noir

et

coagulé

5

ils

,

dilatés

sont amincis,

prêts à se déchirer au plus léger contact}

,

remplis d'un

comme

dissous et

un enduit

épais

,

grenu, en forme de pâte, de couleur jaune-verdàtre, tapisse l'intérieur de ces viscères

,

qui renferment une grande

quantité d'une matière de couleur jaune, de

d'une bouillie

du

,

consistance

suif; rides de l'estomac très-brunes et réduites en

cilage;

pylore très - rétréci

jéjunum tachées en jaune

•,

les

parois

du duodénum

à

muet

du

tirant quelquefois sur le vert; di-

minution de ces altérations

on

la

dans laquelle sont des flocons semblables

à

mesure que

les parties



observe sont plus éloignées de l'estomac; gros in-

I

DES POISONS IIUUTAN5.

1

testins et

ordinairement remplis de matières fécales très-dures

moulées

péritoine épaissi

,

dur, d'un rouge sale, re-

-,

couvert de couches albumineuses, qui réunissent, par des

adhérences très-multipliées

tous les viscères

,

distension

5

très-grande de l'estomac dans quelques circonstances d'autres, réduction de ce viscère à

un

ce qui a principalement lieu dans les cas

épanchement énorme dans

a été percé: alors,

d'un liquideépais, jauneet floconneux

;

dans

volume, nombreux où il

très-petit

;

le

ventre

inflammation plus

ou moins considérable plus ou moins générale de tous les autres viscères abdominaux et de la poitrine quelquefois des taches jaunes sur les mains ou sur d'autres parties elles ont été produites par une petite quantité d'acide ni,

•,

:

trique échappé

du vase dans lequel on

Nous renvoyons

à l'histoire

bu ce poison. de l'empoisonnement lent a

tout ce qui est relatif aux lésions de tissu développées par l'acide nitrique chez les individus qui n'ont

succombé que

long- temps après avoir pris celte substance vénéneuse.

48.

trique produit la mort des

semblable 4g.

que

On

i°.

méritent d'être exposés

isolé

,

l'a

le

cadavre

comme complé-

du problème qui nous occupe.

a introduit

tomac vide

l'acide sulfurique.

dans son beau travail sur l'acide nitri-

un grand nombre d'expériences sur

phage; on

et

,

les résultats

tant la solution

s'est

de

à celle

M. Tartra a fait

,

dont

que l'acide nianimaux par une action en tout

résulte des faits qui précèdent,

Il

9.

onces d'acide nitrique dans un es-

du cadavre,

laissé séjourner

et

encore continu

à

l'œso-

pendant douze heures

:

il

dégagé beaucoup de gaz nitreux, puis du gaz azote

de l'acide carbonique;

le

grand cul-de-sac

et la

longue

courbure de l'estomac offraient des taches très-larges qui à l'instant

gane

,

et

même,

ont paru blanches à l'extérieur de l'or-

sont bientôt devenues jaunes.

ques heures

,

Au

bout de quel-

l'étendue de ces taches était très-augmentée

;

ACIDES CONCENTRÉS.

de l'estomac, devenues

les parois

et

très

I

IC)

-jaunes en dedans

en dehors , avaient un aspect graisseux

:

on

dans

a trouvé

ce viscère 2 onces environ d'un liquide épais, d'un beau

jaune, presqu'entièrement formé par l'acide nitrique af-

Lorsqu'on

faibli.

laissait

séjourner l'acide dans l'estomac

pendant quatre jours, ce viscère dissous

pouvait aisément

le

était

en quelque

soi te

au moindre contact; on

s'en allait en pièces

il

;

réduire en une espèce de pâte grasse

d'un très-beau jaune, susceptible d'oxyder promptement cuivre par son contact.

le fer et le

2

.

On a

versé dans l'estomac une plus ou moins grande

quantité d'eau pure, de vin, d'eau-de-vie, de lait, de

bouillon trique.

etc.; puis

,

Ce

on y

a introduit 2 onces d'acide ni-

corrosif, singulièrement affaibli

action beaucoup moins forte

comme

:

il

,

a exercé

une

disséminé sur

était

un plus grand nombre de points, presque toute la membrane interne a paru affectée elle avait une teinte jaune, ;

semblait légèrement épaissie, onctueuse sous se séparait aisément des 3°.

Avant de

mac on

l'a

,

alimens

:

membranes plus

dans

l'esto-

rempli de substances solides représentant des

l'action

même

extérieures.

faire arriver l'acide nitrique

de l'acide

a été

res solides alimentaires et la paroi fois

les doigts, et

elle s'est portée

partagée entre

les

matiè-

de cet organe quelque;

en plus grande partie sur

les

substances étrangères, et souvent n'a produit sur l'organe

qu'une tache jaune assez légère la

,

et

quelquefois bornée à

membrane muqueuse. D'autres essais tentés sur les animaux vivans ont porté

M. Tarira à conclure, en petite quantité dans

i°.

que

le

l'acide nitrique, introduit

tube alimentaire

aussitôt et entièrement avec le tissu animal forte

dose

mais

reste

,

il

agit

de

même

en grande partie

libre et affaibli; 3°,

;

se

,

2

.

combine qu'à plus

du premier contact dans l'estomac où il est alors

à l'instant

,

que, dans ce dernier cas,

il

continue

DES POISONS IRRITAWS.

I20 d'agir jusqu'à

sa

disparition

complète

insensiblement

,

opérée dans l'espace de quelques heures

,

et

constamment

avec plus de rapidité que sur le cadavre, à cause de l'influence très-marquée de

ques

,

et

l'état

vivant des organes gastri-

surtout de la propriété accélératrice de la chaleur

animale.

aux

application de tout ce qui a été dit

cas

divers

d'empoisonnement par V acide nitrique.

PREMIER

CAS.

L'individu est vivant ; on peut agir sur les restes

5o.

A.

Si l'acide nitrique est sans

du poison.

mélange, quelques

grains suffiront pour le distinguer des autres substances

On commencera

corrosives.

par en instiller une goutte

dans de l'infusion de tournesol

on

:

ce réactif est rougi

si

de cuivre, qui se

essaiera le poison par la tournure

transformera en nitrate cuivreux d'une couleur bleue, en

dégageant des vapeurs jaunes-orangées rera par la potasse

5

s'il

se comporte au feu

les nitrates,

déterminer la

on fera évaporer

te

on

l'acide

le satu-

résultant

,

et

comme

dont on veut

nature est réellement de l'acide nitrique. Si

quantité dont on peut

mêlera

enfin

et avec l'acide sulfurique

on pourra affirmer que

la

;

le sel

restant avec

, on du phosphore ou du

disposer est considérable

du charbon

,

soufre, afin d'obtenir, par Pébullition

,

des vapeurs oran-

gées de gaz acide nitreux (JToy.^^i). Parmi

les

signes qui

serviront le plus à éclairer le diagnostic de cet empoison-

nement

,

on doit surtout

faire attention

quer sur

le

aux taches jau-

ou orangées qui pourront menton les lèvres et les mains

nâtres, citrines

,

viennent d'un très-beau rouge lorsqu'on

une dissolution de

potasse. L'état de

se faire remar:

les

ces taches de-

touche avec

l'intérieur de la

bou-

ACIDES CONCENTRÉS.

12

1

che fournira aussi quelquefois des données propres à découvrir la cause des accidens auxquels

le

malade

est

en

proie. l'acide nitrique a été pris

B. Si naigre,

du thé,

etc.,

quides d'après les principes dans

détail

de

les

l'acide nitrique

d'obtenir

un

à l'analyse

de ces

li-

que nous avons exposés en

Le médecin ne perdra jamais

§ 4^ et 44-

qu'il est impossible

de vue

dans du vin, du vi-

on procédera

de prononcer sur l'existence

dans ces sortes de mélanges,

à

moins

nitrate par l'addition d'un alcali et des vapeurs

de gaz acide nitreux d'un jaune orangé

,

lorsqu'on

les fait

bouillir avec de la tournure de cuivre.

SECOND CAS. L' individu

est

vivant ; tout

le

poison a

été.

avale; on peut agir

sur la matière des vomissemens.

Le commémoratif le rapport des assistans, l'état du malade et l'examen chimique des liquides vomis tels sont les moyens dont on doit s'aider dans cette circonstance presque toujours embarrassante. La matière des vomissemens offre une couleur variable tantôt elle participe de la nuance jaune que lui communiquent les 5i.

,

actuel ,

:

substances animales ou végétales altérées par le poison tantôt elle est verdie par

une portion de

la

;

résine de la bile

{matière verte) mise à nu dans l'estomac par l'acide nitrique

rouge

-,

5

tantôt enfin sa couleur

presque toujours

la

approche plus ou moins du

projection de celte matière sur

une effervescence due au dégagement du gaz acide carbonique de quelques carbonates décom-

le carreau occasione

posés par ce puissant caustique. Cet énoncé l'aire

sentir l'importance de noter

exactement

suffit

les

pour

princi

-

pales qualités physiques des liquides vomis avant de pro-

céder à leur analyse.

122

DES POISONS IttlUTANS.

A. On commencera

par examiner la parlie fluide qui

surnage ordinairement posés; on

la

les

alimens

décom-

et les tissus

décantera, et dans les cas où elle serait trop

peu abondante pour pouvoir être séparée avec facilité, on exprimerait la masse dans un linge blanc, et on essaierait la

portion liquide parla teinture de tournesol,

de cuivre

la

et la potasse caustique. Si ces trois réactifs se

Comportent

comme nous

l'avons

dit

dans

le §

conclura qu'elle renferme de l'acide nitrique. faire

tournure

11

4 2 ? on peut se

que, par son union avec une trop grande quantité

d'eau, le mélange n'exerce aucune action sur le cuivre à la

température ordinaire

dans ce cas

:

,

on

le chauffera

jusqu'à l'ébullition, afin que le métal puisse décomposer

au degré de concentration conve-

l'acide nitrique porté

nable.

Il est aisé

de concevoir que ce

mode

d'analyse réus-

y aura une portion d'acide qui ne sera point combinée avec les substances alimentaires : or,

sira toutes les fois qu'il

ce cas est celui qui s'offre le plus souvent.

B. Si

la

portion

des matières suspectes

liquide

n'a

fourni aucuu résultat satisfaisant, on recueillera toutes les parties solides, et

potasse,

on

par le carbonate saturé de

les traitera

comme nous le

dirons à

la

page 123.

TROISIÈME CAS. L'individu

est

pas

vivant

; tout le

poison a été avalé ; on ne peut

se procurer la matière des

Ici l'expert

ne peut

tirer

aucun

QUATRIÈME

Vindividu

vomissemens.

parti

de

la

chimie.

CAS.

est

mort.

52. L'acide nitrique est peut-être le seul poison

règne minéral qui détruise

la vie

du

en déterminant des lésions

Iî3

COINCENTIIÉS.

ACIDES

d'une nature particulière, propres

à

reconnaître

le (aire

examen cadavérique. La teinte communique aux lèvres au menton et à une

quelquefois par le simple

jaune qu'il

,

grande partie du canal digestif

la

5

conversion de

brane muqueuse en une substance grasse

,

les

tomac et un épanehement de liquide bourbeux le ventre, sont autant de

caractères dont

n'appartient qu'à cet acide

,

individus qui ont succombé

et à

et

la

la

mem-

trous à l'es-

jaune dans

simultanéité

on peut dire que

si

tous les

son action offraient constam-

ment l'ensemble de ces altérations elles suffiraient presque pour prononcer avec certitude que l'empoisonnement est ,

de l'ingestion de l'eau-forte. Cet exposé

la suite

combien

faire sentir

de

il

important que

est

le

suffit

pour

médecin chargé

l'examen du cadavre d'un individu soupçonné

faire

empoisonné par

l'acide nitrique

les lésions diverses

du canal

Si ces lésions sont les

de parler,

et

que

,

mêmes que

les essais

recherche attentivement

digestif et des autres organes. celles

chimiques

dont nous venons

faits

avec

les

matières

contenues dans l'estomac fournissent des résultats confor-

mes aux principes

établis dans le §4 2 > on pourra affirmer que l'empoisonnement a été produit par l'acide nitrique. Dans le cas où les altérations cadavériques offriraient un

caractère différent decelui

que nous avons

clure l'idée de la possibilité d'un

cide nitrique,

il

décrit, loin d'ex-

empoisonnement par

l'a-

faudrait rechercher cet acide avec le plus

grand soin, d'abord dans

les

matières contenues dans le ca-

nal digestif, puis dans les tissus qui composent ce canal ; il faudrait pour cela mettre toutes les parties solides en

contact , à

la

température ordinaire

carbonate de potasse saturé

:

vera à

la

l'acide

carbonique du carbonate

potasse

:

,

avec une dissolution de

l'acide nitrique qui se trou-

surface de ces matières ne tardera pas à dégager

en

de contact,

filtrant la et

en

et à

former du nitrate de

liqueur au bout d'un quart d'heure

la faisant

évaporer à uue douce chaleur,

124

POISONS IRRITANS.

DES

on obtiendra une masse facile

de démontrer

dans laquelle

cristalline

par conséquent de l'acide nitrique, au ardens

au

moyen

male qui

et

( Voy. §4 2 -) Si on employait du

on dissoudrait beaucoup de matière animêlée avec le nitrate de potasse et

,

se trouverait

compliquerait

médecin

Si le

les résultats.

n'avait pas à

disposition du carbonate saturé de potasse,

bouillir les parties suspectes avec de l'eau et

bonate de chaux pur

et

en poudre;

de quelques minutes du

nitrate de

de

rait alors

liqueur et de

filtrer la

pour transformer

le nitrate

l'on reconnaîtrait

ferait

il

du sous-car-

obtiendrait au bout chaux soluble, s'il y

il

avait de l'acide nitrique à la surface de ces parties-,

que

,

des charbons

de l'acide sulfurique concentré.

et

lieu de carbonate saturé de potasse

sous-carbonate

sa

sera

il

présence du nitrate de potasse

la

la traiter

par

suffi-

il

la

potasse

de chaux en nitrate de potasse,

comme

il

vient d'être dit, après l'a-

voir évaporé jusqu'à siccité.

M. Guérin

a

proposé

du précédent de

la limaille

:

,

dans un Mémoire qu'il a adressé

de Médecine, un procédé qui diffère

à l'Académie royale

on soumet

à l'ébullition

de fer, toutes

tière suspecte contient

les

,

avec de l'eau

portions jaunes

de l'acide nitrique

,

il

:

se

et

madégage du si

la

gaz nitreux (deutoxyde d'azote) qui devient acide nitreux

rougeàtre avec le contact de pété cette expérience

,

et

l'air.

Nous avons souvent

ré-

nous n'avons obtenu de gaz ni-

treux que dans les cas où

il

y

avait

une quantité notable

d'acide nitrique libre à la surface de la portion jaunie.

Lorsque

que

fort

la

matière avait été lavée au point de ne retenir

peu d'acide

trer l'existence

couvrir

à

,

il

nous

a été impossible d'en

parce moyen, tandis

qu'il était aisé

démonde

le

dé-

l'aide du carbonate saturé de potasse, ou du sous-

carbonate de chaux. Les taches jaunes que l'on trouve dans le canal digestif des

individus qui ont été empoisonnés

par l'acide nitrique contiennent toujours, avant d'avoir été

ACIDES COt^CENTRÉS. lavées

1^5

une assez grande quantité d'acide libre pour pou-

>

du procédé que nous conseil-

voir être reconnu à l'aide lons.

l'railement de V empoisonnement par V acide nitrique.

53. ftxisle-l-il

quelque contre -poison de

l'acide

ni-

trique ?

M. Tartra

dit

dans sa dissertation que

la

quantité d'acide

nitrique resiée libre dans l'estomac peut être neutralisée

d'une manière plus ou moins favorable

de

la

vie

de l'animal

selon

,

à la

conservation

promptitude apportée

la

à

l'intromission ultérieure d'une solution alcaline, d'uneeau

de savon tiès-ebargée, ou de

la

magnésie pure en suspen-

sion dans de l'eau (i).

Nous avons tenté un grand nombre d'expériences sur les animaux vivans, dans le dessein de constater jusqu'à quel point

la

magnésie peut être considérée

de l'acide nitrique.

Les,

ont été placés dans les

animaux soumis

mêmes

l'antidote

à ces expériences

circonstances que ceux qui

avaient pris de l'acide sulfurique, et

parfaitement semblables.

sultats

comme

ils

Ceux

ont fourni des réà

qui on a

seulement i gros d'acide nitrique délayés dans 3 ou

donné f\

onces

d'eau ont souffert beaucoup plus, et ont vécu moins que

ceux

;'i

qui on

a fait

avaler

la

même

dose d'acide nitrique

sans addition de liquide, et auxquels on a

donné, cinq

ou six minutes après, 3, 4 on & fi ros de magnésie suspendue dans un peu d'eau. Cette substance terreuse paraît donc propre à diminuer les effets de l'acide nitrique, pourvu qu'on l'emploie peu de temps après l'ingestion du

roii'osit.

M. Desgranges rapporte, dans

(i)

Q;n*"ii£e

ci.'é

,

;•

£ES

foncée à toutes

les parois

tes étaient surtout

de cet organe

gorgées de sang

;

ses cavités droi-

:

l'oreillette

de ce

côté avait ses parois très-sensiblement amincies

,

même

et vers sa

partie moyenne cet amincissement était plus prononcé on y voyait comme une tumeur de la grosseur d'une noix. ,

Le

:

trou ovale existait assez pour permettre l'introduction

facile

La vide

du manche du

scalpel.

trachée-artère et les bronches étaient de couleur li;

la luette et toute la

membrane muqueuse de

l'ar-

rière-bouche étaient frappées de gangrène.

énormément distendu par des gaz dont que la virole en argent du scalpel que l'on y introduisit acquit de suite une couleur noire foncée ; principalement vers le toute la membrane muqueuse grand cul-de-sac avait acquis un épaississement très-marqué vers le cardia, elle était délruite en descendant vers le pylore, elle prenait la couleur du phlegmon et L'estomac

était

J'acidité était telle

,

,

:

offrait

-,

quelques points ulcérés

:

les

vaisseaux étaient gor-

gés de sang.

Les intestins

,

distendus par des gaz, n'offraient qu'une

couleur rosée, sans ulcération ni invagination. L'arc du

rempli de matières fécales. La rate

était

du vo-

colon

était

lume

ordinaire. Les reins n'offraient rien de particulier

ainsi! que la vessie-

étaient rempli (

mais tout

système des vaisseaux

outre mesure d'un sang noir et coagulé.

Observation de M. Cherrier

dicale d'Émulation,

Le

le

,

Bulletins de la Société

mé-

numéro d'octobre 1823.)

gaz acide nitreux nous parait agir

:

i°.

en

irritant

fortement les bronches et les petits vaisseaux pulmonaires ; 2°. en altérant le sang qu'il brunit. L'acide nitreux liquide ,

exerce sur nos tissus

la

même

action que l'acide nitrique,

ACIDES CONCENTRÉS.

I

quelques autres Acides minéraux

De

Il existe

et

59

végétaux.

encore un certain nombre d'acides qui peuvent

produire des accidens plus ou moins graves lorsqu'on les nous allons en indiquer quelintroduit dans l'estomac :

ques-uns, en bornant leur histoire à l'exposition des moyens les plus propres à les distinguer de ceux dont nous

nous sommes occupés jusqu'à présent. Nous ne parlerons

mode

point de leur des

symptômes

qu'ils

d'action sur l'économie animale, ni

développent

ni des lésions de tissu

,

du traitement qu'il faut leur opposer, étant analogues à ceux que nous avons fait

qu'ils produisent, ni

tous ces objets

connaître en parlant des acides sulfurique, nitrique,

De V Acide

etc.

hydro-phtorique (Jluoriqué).

78. L'acide hydro-phtorique (fluorique) pur est toujours

à

l'état

liquide

il

5

est

incolore; son odeur est piquante et

sa saveur est très-désagréable;

très-pénétrante

;

très-fortement

la

teinture de tournesol.

rougit

il

Mis en contact

il donne naissance à des vapeurs blanches trèsMêlé à l'eau, il dégage beaucoup de chaleur, et produit un bruit semblable à celui d'un fer rouge qu'on y

avec

l'air,

épaisses.

plongerait,

ce qui dépend de la force avec laquelle ces

deux liquides

se

combinent.

aussi lorsqu'on en d'alcali et

Il

dissout facilement la silice:

met un peu sur du verre

de silice),

(

combinaison

corrode sur-le-champ.

il

le

le

premier ,

Il

préci-

pite l'eau de chaux.

M. Thenard , qui pur,

dit: « C'est,

,

agit sur le

•»

peine l'a-t-on appliqué sur

» sorganisée

;

une

» ties voisines

le plus corrosif;

animal avec une énergie extrême

»

tissu

a fait connaître cet acide

de tous les corps,

forte

la

peau

odeur se

fait

,

que déjà

:

il

à

elle est dé-

bientôt sentir

;

les

par-

du point touché deviennent blanches

et

l6o

CES POISONS îïllUTÀNS.

douloureuses

)>

forment une ampoule épaisse qui se

et

,

Quand

» remplit de pus.

même

bien

quantité d'acide

la

phénomènes au-

» serait très-petite et à peiné visible, ces » raient encore lieu

seulement

:

ils

ne seraient produits

que dans l'espace de quelques heures

))

De V Acide

(i) ».

sulfureux.

jg. Cet acide est limpide et incolore; son odeur est pi-

quante est

et

semblable à celle du soufre qui brûle; sa saveur

très-marquée. Exposé à l'action du calorique dans des

vaisseaux fermés

fournit

il

,

une très-grande quantité de même odeur que

gaz acide sulfureux, incolore, ayant la

Le proto-hydro-chlorate d'étain le combine avec son oxygène et passe à

celle de l'acide liquide.

décompose l'état

se

,

de deuto-hydro-chlorn!

-

!e

soufre

Combiné avec la potasse la tsance à un sulfite qui peut être obtenu ,

l'évaporation sel réduit

;

,

à

précipite.

se "i

donne nais-

l'état

solide par

l'acide sulfutique concentré, versé sur ce

en poudre, le décom,

:;e

avec effervescence

en dégage du gaz acide sulfureux facile à reconnaître à

et

son odeur. D'après M. Halle

le gaz

,

cabiais qui le respirent

quart les

:

ses effets

,

acide sulfureux

fait

périr les

en moins d'une minute

dépendent de

l'irritation qu'il

et

un

exerce sur

poumons.

De

l'Acide tartrique.

80. L'acide tartrique cristallise en aiguilles fines, ou en prismes hexaèdres irréguliers, ou en lames carrées un

peu rhomboïdales acide et piquante;

(1)

,

à

bords obliques; sa saveur

il

rougit fortement

Yînfusumàe tour-

Traité de Chimie élémentaire 3 loin. 1, p.

édition

;

1817.

est très-

628 deuxième ,

ACIDES CONCENTRÉS. ncsol.

Exposé

à l'action

comme

loin de se volatiliser

compose

à la

une vapeur

avec une flamme bleue,

charbon spongieux.

Il se

il

se dé-

aigre, piquante, brûle

une grande quantité de

et laisse

dissout très-facilement dans l'eau;

de chaux

sa dissolution précipite l'eau

du

l'acide oxalique,

fiole,

manière des substances végétales, noircit,

se boursoufilc, exhale

celle

l6l

du calorique dans une petite

sulfate calcaire; le précipité,

et

ne trouble point

composé de

tartrate

de chaux, se dissout aisément dans l'acide nitrique et dans un excès d'acide tarlrique, caractère qui ne permet point

de

confondre avec l'acide oxalique. Uni à

le

soude

et

l'ammoniaque,

oxalique,

forme des

et

sur-tartrates

il

se

moins solubles

(tartrates acidulés)

81. L'acide citrique est

de carbone

;

,

,

l'acide

ou des

suivant la

(§72).

de

et

potasse, la

comme

tartrates neutres solubles

quantité d'acide employée

gène

comporte

la

citrique.

composé d'oxygène, d'hydro, cristallisé ou pulvérulent,

solide

il

blanc, inodore, rougissant l'eau de tournesol, et doué

d'une saveur très-acide.

Il est

décomposé par

l'acide tarlrique. Il se dissout

ne présente pas avec les

mêmes

caractères

la potasse, la

que

si

on

fait

soude

les acides

versée dans l'eau de chaux pité; mais

dans l'eau

,

elle

et

:

le feu,

comme

la dissolution

l'ammoniaque,

oxalique

et tartrique

:

ne produit aucun préci-

bouillir le mélange, le citrate de

se dépose.

11

chaux

IÔ2

DBS POISONS IRRITÀNS.

ARTICLE QUATRIÈME. DE5 ALCALIS CAUSTIQUES OU CARBONATES.

De 82.

La

la

potasse à l'alcool

Potasse. privée d'acide carbonique {hy-

,

drate de protoxyde de potassium ),

blanche; sa saveur

est acre et

est solide,

d'une couleur

excessivement caustique ; ap-

pliquée sur les doigts, elle les rend gras

et

comme savonneux;

de violettes

elle verdit fortement le sirop

et rétablit la

,

couleur bleue de V infusion de tournesol rougie par acides. Elle se fond un peu au-dessus de

Elle

attire

bonique

,

dans l'eau et

sur-le-champ l'humidité de

et

tombe en deliquium. Elle

distillée

l'air et l'acide

de violettes,

ne se trouble point par l'addition du gaz acide carbo-

nique, caractère de

la

plus haute importance pour distin-

guer cet alcali de la baryte

,

de

la strontiane et

Versée dans l'hydro-chlorate de platine,

un

car-

se dissout aisément

la dissolution verdit le sirop

;

les

chaleur rouge.

la

précipité jaune-serin

,

elle

composé d'oxyde de

de

y

la

chaux.

fait naître

platine, de

potasse et d'acide hydro-chlorique: ce précipité est un peu

soluble dans l'eau

,

d'où

il

faut conclure

qu'on ne peut

l'obtenir qu'en employant des dissolutions peu étendues.

La potasse forme avec

les acides

sulfurique

,

nitrique, etc.,

des sulfates ou des nitrates solubles. Lorsqu'on ajoute une dissolution concentrée de sulfate de potasse à

du

sulfate

acide d'alumine simple dissous dans une petite quantité d'eau, les deux dissolutions ne tardent point à se troubler,

surtout par l'agitation, et elles laissent déposer une multi-

tude de petits cristaux blancs

de potasse

et

,

composés d'acide sulfurique,

d'alumine (alun). La soude, qui

grands rapports avec

la

a les

plus

potasse, ne produirait point ce

Alcalis caustiques.

iG3

phénomène. Lorsqu'on verse de la polasse ptire dans du nitrate d'argent, il se forme un précipité olive d'oxyde d'argent, soluble en entier dans l'acide nitrique pur. 83. L'eau sucrée et l'infusion chargée de thé n'éprouvent

aucun changement de

de cet

la part

alcali dissous.

Le vin

rouge passe au vert très-foncé par l'addition de quelques gouttes de dissolution de potasse; le liquide conserve sa transparence. Les dissolutions d'albumine et de gélatine ne

sont point troublées par cet alcali

de

lait et

la bile.

Le sang

même du

en est de

il

:

n'est point coagulé par la potasse,

qui empêche, au contraire, la coagulation spontanée de ce fluide.

De La pierre

84-

la Pierre ne

à cautère

à

cautère.

de potasse, de lorsqu'on

la silice

la fait

de

diffère

qu'en ce qu'elle renferme du sulfate

et

la

un peu d'oxyde de

,

potasse pure

de l'hydro-chlorate fer, etc.

dissoudre dans l'eau et qu'on traite

:

aussi

la

dis-

solution par le nitrate d'argent, outre le précipité olive

d'oxyde d'argent soluble dans l'acide nitrique pur, on obtient

du chlorure d'argent blanc

dans ce

réactif.

Les

sels

dans cette dissolution,

caillebotté et insoluble

de baryte solubles démontrent,

la

présence du sulfate de potasse,

en donnant naissance à un précipité blanc de

sulfate

de

baryte insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique pur

du

reste, la pierre à cautère partage

:

les autres propriétés

exposées en parlant de la potasse pure.

Du 85.

Sous-carbonate de potasse

Le sous-carbonate de

potasse

( sel

de

tartre).

du commerce contient

toujours du sulfate et de l'hydro-chlorate de potasse, de la silice, et

nèse;

il

une est

petite quantité

d'oxyde de fer

ordinairement sous

la

et

de manga-

forme de masses d'un

D ES POISONS IRRITANS.

$64

Liane tirant légèrement sur le jaune, douées d'une saveur acre, caustique, très-solubles dans l'eau. Son action sur le sirop de violettes et sur l'hydro-chlorate de platine est la

même

que

celle

de

la

potasse pure. Les acides sulfurique,

nitrique et hydro-chlorique le transforment également en

ou hydro-chlorate et en dégagent du gaz une effervescence plus ou moins vive. ce moyen donne avec le sulfate acide obtenu par Le sulfate d'alumine des cristaux d'alun (.§ 82). La dissolution de sulfate, nitrate,

,

acide carbonique avec

sous-carbonate de potasse, versée dans les hydro-chlorates

ou

nitrates solubles

de baryte, de strontiane

et

de chaux,

fournit des précipités blancs composés d'acide carbonique et

de l'un ou de l'autre de ces alcalis

l'addition d'un acide fort,

:

aussi peut-on

décomposer

,

par

sous-carbonate

le

précipité en dégageant le gaz acide carbonique avec efferves-

cence. 86. L'eau sucrée, le vin ,1e thé, l'albumir._. lait et la bile se

sel

comme

avec

comportent avec

a gélatine, le

dissolution de ce sous-

la

potasse pure.

la

Action de la Potasse sur V économie animale. 87. Les effets caustiques de la pierre à cautère appli-

quée à l'extérieur sont trop connus pour que nous en sions mention sultats

ici

5

nous nous bornerons

de l'introduction de

de potasse dans

Expérience

i

les veines et le .

On

la

potasse et

à

exposer

un

les ré-

du sous-carbonate

dans l'estomac.

a injecté dans la veine

jugulaire

d'un petit chien âgé de six mois, 5 grains de pierre dissous dans

fas-

gros d'eau distillée

:

à cautère

l'animal a éprouvé sur-

le-champ un léger tremblement des muscles du tronc

,

et

mort au bout de deux minutes , sans avoir donné le moindre signe de douleur ni de convulsions. On l'a ouvert il est

immédiatement

après.

Le cœur

était

volumineux

;

les

deux

ALCALIS CAUSTIQUES.

l65

ventricules étaient pleins de gros caillots de sang noirâtre; les

rés

poumons ;

les

étaient crépitans et

ne paraissaient point

même

muscles étaient palpitans. La

répétée sur un chien plus fort

,

alté-

expérience,

a fourni des résultats ana-

logues.

Expérience

i\

c .

On

un chien de moyenne

a fait avalera

3a grains de pierre à cautère solide : l'animal a paru brûlé pendant la déglutition de ce caustique; au bout de taille

cinq minutes,

a

il

vomi des matières blanches mêlées de

jaune et de vert, après avoir

en jaune-serin

et précipitaient

(§82

1

le sirop

;

l'animal poussait des

en proie aux douleurs

était pleine u'

les

cris plaintifs

dans l'esp îedecr 1

nolentes peu

ondant

a

trois et il

bouche Environ un, a vomi trois

plus atroces; sa

.aie, sa respiration difficile.

quart d'heure après l'ingestion du poison fois,

de violettes,

hydro-chlorate de platine

Les vomissemens se sont renouvelés

et 84).

minutes après était

plus violens efforts.

fait les

Ces matières verdissaient fortement

,

il

minutes, des matières sangui,

verdissant également le sirop de

violettes :il a continué à se plaindre

pendant deux heures»

Le lendemain il était dans un très-grand état d'abattement. Le troisième jour, il exerçait ses fonctions avec beaucoup de langueur; il était presque mourant il a expiré dans la nuit. La membrane muqueuse de l'oesophage était généra,

:

lement rouge,

tomac

était

et offrait çà et là des

portions noires. L'es-

vide; sa tunique interne était très-rouge dans

toute son étendue;

il

y avait auprès du pylore un trou

cir.

culaire d'environ huit lignes de diamètre, qui était entouré

d'un rebord saillant, livide, dur, formé par une matière

un peu de sang noir coagulé. La membrane muqueuse du duodénum et du jéjunum présentait également une couleur rouge très-intense. Les poumons étaient lardacée et par

sains.

Expérience

111

e .

On

a fait avaler à

un chien de moyenne

l66

DES POISONS IRIUTANS.

jeun deux gros de sous-carbonate de potasse du commerce immédiatement après l'animal a éprouvé taille et à

,

:

,

des souffrances horribles; état

de grande agitation.

roulé par terre dans

il s'est

Au

bout de cinq minutes

vomi avec effort des matières blanchâtres

,

un peu

,

un a

il

épaisses

verdissant le sirop de violettes, et faisant effervescence

avec l'acide sulfurique (§

85

il

;

)

poussait continuelle-

ment des cris plaintifs sa respiration était difficile. Ces symptômes ont augmenté jusqu'au moment de la mort de -,

l'animal, qui a eu lieu vingt-cinq minutes après l'ingestion

du poison. La membrane muqueuse de l'estomac

d'un rouge très-foncé dans toute son étendue des vaisseaux qui

parcourent étaient injectés

la

aucune altération sensible dans

poumons

les

était

plusieurs

;

il

n'y avait

intestins ni

dans les

;

(i)

â

une

;

-

leurs aiguës à l'épigastre

nonçaient une phlogOaL midans. Enfin, la soif, les envies de vomir,

spasmodiqu.e de

la

ment, puis

la

mentanée,

partielle, puis générale

concentration du pouls;

face, tels furent les

le

gorge, l'accélération,

et

phénomènes qui

la

resserremei le

développe-

coloration mo-

permanente de h

se développèrent suc

cessivement en quelques heures. Quinze sangsues frren alors appliquées à l'épigastre, et le ventre couvert d'éniol-

liens; la malade resta plusieurs heures et

dans un grand bain tiède, où

marqué

;

en

même

temps

elle

à

plusieurs

foi.c

éprouvait un bien-ètv.

elle continuait l'usage des bois-

formes

en ajoutant auc

sons adoucissantes sous toutes

les

précédentes

coupé, l'eau de poulet;

l'orgeat^

moyens, par

enfin, par ces lées autant

moiselle B.

le lait

,

les saignées locales

it

renouve-

demander, ma eparvint au troisième jour de son empoisome-

que

ment dans un

les

accidens semblèrent

état aussi satisfaisant

le

que possible.

Il refait

nu FOIR DE alors

l85

S0UF11E.

assez vive sensibilité à l'épigastre et à l'ombilic

une

une inappétence absolue

,

,

de fréquentes nausées, un reste

de chaleur le long de l'œsophage

,

un peu rénitent un peu de séche-

«ni était

douloureux; enfin de la rougeui au pharynx; mais tous ces phénomènes disparurent enables en sorte qu'un par un traitement et un régime c« et

et

resse

v

mois après l'accident,

ttiadeii

aucunement. (Observation rèe et lue à

illie

Oi^EIP "l.ON

l).


sier attribue la coloration en vert du sirop de

violettes au

mélange qui

de mereure avec

la

se

fait

delà couleur jaune de l'oxyde

couleur bleue de

la

violelte.

a38

dés poisons ihritans.

de l'oxyde de mercure au cet

oxyde

,

lavé et

maximum,

mis sur un

filtre

d'un beau jaune:

jusqu'à ce qu'il soit

sec, prend une couleur verte à sa surface, tandis qu'il est

jaune dans l'intérieur. Si on verre,

il

se dessèche

le

chauffe dans un tube de

de plus en plus

élevant graduellement

devient rouge

et

en

*,

décompose en oxygène qui se dégage à l'état de gaz, et en mercure métallique qui se volatilise et adhère aux parois du tube. Si cet oxyde est pur, il ne doit y avoir aucun résidu. i45. Le sous-carbonate de potasse ( sel de tartre) forme dans la dissolution de sublimé corrosif un précipité brique clair, composé de carbonate et d'oxyde de mercure. Ce précipité ne commence jamais par être blanc comme on l'a dit , à moins que la dissolution de sublimé ne soit considérablement étendue. Chauffé dans un petit tube il donne la

température,

se

il

,

du mercure

métallique

,

du gaz oxygène

et

du gaz acide

carbonique. i46. L'eau de chaux en petite quantité précipite

dis-

la

solution de sublimé corrosif en jaune un peu foncé

on augmente la quantité d'alcali, le précipité devient rouge il est formé d'oxyde de mercure retenant un peu d'acide ;

si

;

hydro-chlorique (muriatique); enfin, par l'addition d'une nouvelle quantité d'eau de chaux

oxyde au

maximum d'un très-beau

de l'oxygène

et

,

il

se

transforme en

jaune. Chauffé,

il

donne

du mercure métallique.

i47« L'action qu'exerce l'ammoniaque sur la dissolution

de deuto-hydro-chlorate de mercure (sublimé corrosif) très-remarquable. Cet alcali

la précipite

en blanc

5

le

est

pré-

composé d'acide hydro-chlorique, d'ammoniaque et est un véritable sel double insoluble ; il ne devient pas ardoisé comme on l'a annoncé dans tous les ouvrages de médecine légale, et il conserve même sa

cipité,

d'oxyde de mercure

,

belle couleur blanche lorsqu'il a été lavé et desséché

température ordinaire

5

chauffé,

il

jaunit

;

il

à la

passe ensuite

POISONS MERCURiELS.

z'iç)

donne du gaz ammoniac, du gaz azote, du proto-chlorure de mercure (mercure doux) et du mercure

au rouge

et

,

on peut facilement apercevoir ce dernier produit en examinant, à l'aide d'une loupe, la croûte de mercure doux volatilisée et attachée aux parois du vase. On métallique

:

que dans celte opération l'oxyde de mercure a été complètement désoxydé par l'hydrogène de l'acide hydrovoit

,

,

chloi ique et d'une portion

d'ammoniaque qui ont

été

dé-

composés. i48. L'acide hydro-sulfnrique et les hydro-sulfates précipitent en noir la dissolution de sublimé corrosif: cepensi on mettait très-peu d'ackle ou d'hydro-sulfate, on obtiendrait un précipité mêlé de gris et de blanc, qui ne deviendrait noir que par l'addition d'une plus grande quantité du réactif. Ce précipité noir composé de soufre

dant,

,

et

demercure, peut, suivant

les

circonstances

,

s'offrir

sous

une couleur plus ou moins rougcâtre, et il pourrait même être très-rouge ce qui dépend des proportions différentes dans lesquelles le soufre et le mercure sont susceptibles ,

de

s'unir.

un

petit

Tous

ces sulfures

tube avec de

la

,

desséchés et chauffés dans

limaille de fer

,

donnent

,

dans un

espace de temps très-court, du mercure qui se volatilise et et du sulfure de fer qui évidemment qu'ici la décomposition du sulfure de mercure est favorisée par la tendance qu'a le mercure à se volatiliser tandis que le sulfure de

adhère aux parois de l'instrument reste

au fond.

On

,

voit

,

fer est fixe.

i49- Le nitrate d'argent est précipité par la dissolution du sublimé corrosif, et le précipité est formé de chlorure

d'argent blanc, caillebotté

et noircissant à

du

l'air; le

très-lourd,

,

l'eau et dans l'acide nitrique

,

insoluble

dans

soluble dans l'ammoniaque,

liquide qui le surnage renferme

nitrate de mercure.

i5o. L'hydro-cyanate ferrure de potasse

(

prussiale de

DES POISONS IRRïTANS.

1^0 potasse) donne

un

précipité blanc

deuto-hydro-chlorate de mercure

:

avec la dissolution de ce précipité tourne au

jaune au bout de quelque temps et passe ensuite au bleu de Prusse clair tous ces changprnens de couleur sont :

opérés pour l'ordinaire dans l'espace de trente-six heures. Si après avoir lavé, filtré et ramassé ce précipité bleu,

un

on remarque qu'il se volatilise du mercure métallique que l'on voit adhérer aux parois du tube il se dégage en même temps on

chauffe dans

lu

petit tube

de verre

,

5

de l'acide hydro-cyanique (prussique) l'odeur

5

enfin

dans lequel

il

,

il

y

a

reste

,

reconnaissable à

au fond du tube un corps noir

de l'oxyde de

fer et

du charbon, que

l'on peut séparer par l'acide hydro-chlorique (muriatique):

décomposition d'une partie du

ce charbon provient de

la

cyanogène (radical de

l'acide

hydro-cyanique), qui

fait

du précipité l'existence du fer est due à ce que le sublimé corrosif du commerce renferme du chlorure de ce partie

;

métal. Si le précipité lavé

on

,

carbonate 1

5

Si

1 .

dont

il

s'agit n'avait pas

retrouverait encore dans ce résidu calciné et

été bien

du sous-

de l'hydro-cyanate (prussiate) de potasse.

on met du mercure métallique dans le deutole mercure se ternit

hydro-chlorate dissous, sur-le-champ et la dissolution se trouble

;

au bout de cinq ou six minutes

un précipité grisâtre placé au-dessus de la portion lavé, de mercure métallique non attaquée ce précipité desséché et débarrassé de l'excès du métal ne donne à l'analyse que du proto-chlorure de mercure (mercure doux),

on

voit

:

,

,

et la dissolution

conclure que

le

ne contient plus de sublimé doù'il faut :

proto-chlorure

s'est

formé aux dépens du

sublimé corrosif. [Voyez nos Elémens de chimie,

troi-

sième édition.)

Fodéié, dans dit »

:

«

l'eau

que

le

la

seconde édition de

sublimé

et le

la

Médecine légale,

mercure coulant,

de chaux, forment un mélange noir.

triturés »

avec

Cette asser-

POISONS MEUCURIELS. lion est vraie, mais

il

2/{ I

faut exposer le fait avec plus de pré-

cision, sans quoi on pourrait être induit en erreur. Si on,

du sublimé en poudre avec du mercure coulant , ce que celui-ci ne paraisse plus sous forme de glo-

triture jusqu'il

bules,

le résultat noircit

Si

quantité d'alcali

la

par l'addition de l'eau de chaux.

employée

assez

est

considérable

pour décomposer tout le sublimé corrosif, il ne se formera d'autre précipité que l'oxyde jaune de mercure, quand même on triturerait pendant une heure. Dans le cas, au contraire, où l'eau de chaux ne serait pas en quantité suffisante pour décomposer tout le sublimé, le mercure agirait sur le deuto-chlorure non décomposé, et le transformerait en proto-chlorure d'un gris noirâtre. Enfin

,

si

on

prend du sublimé pulvérulent et du mercure métallique, et qu'on les mule avec l'eau de chaux, on obtiendra par l'a-

un

gitation

mesure que

précipité jaune d'abord, mais qui noircira à le

mercure

et le

sublimé se transformeront en

prolo-chlorure.

i52. Si on plonge une lame de cuivre parfaitement dé-

capée dans une dissolution de sublimé corrosif, et qu'on

pendant une heure ou deux, on remarque qu'il se

la laisse

dépose au fond du vase une poudre d'un blanc légèrement grisâtre

j

la

lame de cuivre

se recouvre d'un enduit terne

qu'on peut facilement enlever avec formé par

la

même

substance

5

le doigt, et qui est

enfin, la liqueur, aupara-

vant incolore, devient verte. Cette poudre blanchâtre, qu'on a dit être

du mercure

très-divisé

,

est

un mélange de pro-

to-chlorure de mercure (mercure doux), d'un amalgame

de mercure

et

de cuivre

peut s'en assurer en

la

,

et

d'un peu de mercure

soumettant à l'action de

leur dans un petit tube de verre

métallique

(1)

et le

proto

Pour démontrer 1.

-

:

alors

on

voit le

chlorure se volatiliser

l'existence de ces

deux corps

16

la

on

mercure

( 1 )

,

:

cha-

et se

on casse

^4^

DES POISONS IRMTANS.

condenser sur

du tube,

les parois

tandis

que

le cuivre reste

au fond. Si

on prend

la dissolution

lame de cuivre qui a

la

du sublimé corrosif,

servi à

décomposer

qu'on en détache avec le doigt l'enduit terne dont nous avons parlé, on remarque que la couleur de cette lame est presque noire cependant, et

:

par le frottement vient blanche

pend de

brillante

,

un morceau de papier, elle deargentine phénomène qui dé-

avec

fait

,

,

couche de mercure métallique dont elle est revêtue si dans cet état , on l'expose à l'action de la chaleur, le mercure se volatilise et on la voit prendre la couleur la ,

:

,

propre au cuivre. Si

au lieu d'agir ainsi

,

,

on prend une goutte de sublimé

corrosif dissous, et qu'on

la

porte sur

lame de cuivre

la

décapée, on produit une tache brune qui

ment

avec l'extrémité du doigt ou

fait

,

par le frotte-

un morceau de

pa-

pier, devient blanche, brillante, argentine. Enfin si, au lieu de frotter cette tache

agitation

le

tube,

,

et

on

la

on enlève

l'eau distillée

brune

,

on

la laisse

sécher sans

voit devenir d'un très»beau vert, couleur

avec de

sur-le-champ ; l'eau

croûte qui y adhère

la

potasse à l'alcool

la

est

décomposée;

chlorate de polasse (muriale) soluble

cure métallique brillant

et le

,

,

;

il

se

et

il

le

;

on la met dans mélange noircit

forme de J'hydrose

dépose du mer-

produit noirâtre qui avait été

connu jusque dans ces derniers temps sous le nom à'ojryde ?io ir de mercure ; on agite le tout et on décante; par ce moyen, le produit noirâtre passe

pendu. Lorsqu'il

est

avec l'eau dans laquelle

déposé, bien lavé

nitrique affaibli et pur

,

il

et dissous

il

reste sus-

dans l'acide

donne une dissolution qui préci-

pite en rouge par l'acide cbromique, en blanc par l'acide hydro-

chlorique (murialique), et en gris noirâtre par l'ammoniaque; caractères qui n'appartiennent qu'aux sels de mercure au mi-

nimum.

VOISONS MKtlCURIELS; qui estdueàl'hyclro-clilorate (niuriate)

ifô

de cuivre dont nous

avons parlé. i53.

Tous

les précipités

dont nous avons

fait

mention

dans les § i44» x 45, '4^» »47» '4** et *5o, frottés sur une lame de cuivre décapée la rendent blanche , brillante , argentine , ce qui se conçoit facilement , en ayant égard à leur ,

nature particulière et à

avec ;

le

tendance qu'a le cuivre à s'unir

mercure.

54. Lorsqu'au lieu d'une

dissolution

la

la

du sublimé

lame de cuivre, on met dans

corrosif une lame de zinc, on re-

marque que ce métal perd dans

l'instant

même

brillant; le liquide se trouble et laisse déposer

tout son

peu

à

peu

une poudre assez abondante d'une couleur plus foncée que celle que nous avons dit être précipitée par le cuivre ; le liquide s'éclaircit et reste blanc; mais il n'est plus formé ,

par du sublimé corrosif c'est de l'hydro-chlorate (muriate) de zinc. La poudre séparée du liquide par la décantation, :

un filtre donne à l'adu mercure métallique; i°. du proto-chlorure de mercure (mercure doux); 3°. un amalgame de zinc et de mercure 4°- du fer; 5°. du charbon (1).

lavée avec de l'eau froide et mise sur nalyse,

,

i°.

;

i55. Les substances végétales, d'après les expériences

de M. Boullay, décomposent

le

sublimé corrosif dissous.

on fait des mélanges de ce corps avec des eaux distillées de certaines plantes avec la racine de lapathum sylvestre Si

,

les extraits

mes

,

,

les huiles

,

les sirops

,

les

mellitum,

gom-

les

remarque qu'il y a de l'acide hydro - chlorique (muriatique) mis à nu , et du mercure doux qui se préciil pite avec une portion de la matière végétale altérée y ,

l'on

;

a

en

(1)

même Le

fer

temps formation d'eau. Cette décomposition a

provient du chlorure de fer que renferme

blimé corrosif du commerce, contient toujours

dii

et le

carbure de

le

su-

charbon vient du zinc, qui

fer.

DES POISONS ir.RlTANS."

9.44

lieu

au bout d'un temps variable

précipite sur-le-champ des flocon

deviennent pulvérulens siccation

mence à

:

tandis

que

se troubler

et

:

d'une couleur violette par

qu'au bout de quelques jours

on obtient

les

mêmes

eii

cependant

:

produits

des-

la

de sucre ne com-

l'eau très-chàrgée

cool au bout de trois ou quatre mois trois cas

décoction de thé

la

d'un jaune grisâtre, qui

dans ces

,

sublimé

et le

,

et l'al-

,

transformé en proto- chlorure de mercure (mer«

est

re doux).

Tous ces précipités, chaudes avec de la du mercure métallique. 11 peut môme

arriver, dans les

expériences dont nous parlons, que

mercure

potasse, do'

le

soit

nt

pré-

cipité à l'état métallique.

l56. Si on

dans de l'eau •2.

fait

dissoudre 12 grains de sublimé corrosif

distillée, et

qu'on mêle à

gros de vin de Bourgogne,

il

la

dissolution 6 onces

n'y a aucun trouble

le liquide résultant jouit de propriétés qu'il

;

mais

importe beau-

coup de connaître. La potasse le précipite en noir, l'ammoniaque en vert très-foncé, tirant sur le noir l'hydro5

cyanate ferrure de potasse en blanc qui passe au violet; sirop de violettes, loin d'être verdi

rougit.

,

cuivre et les hydro sulfates se comportent

comme

simple dissolution de sublimé corrosif. Ces jusqu'à l'évidence que, dans

un

cas

faits

doit tenir

aucun compte de

dans

la

prouvent

d'empoisonnement du vin on

chez un individu dont l'estomac contiendrait

ne

le

La lame de

,

l'action des réactifs qui al-

tèrent les couleurs des précipités. Si

on ajoute au vin une

plus grande quantité de sublimé,

se tiouble et

un

il

dépose

précipité violacé.

i5^. Lorsqu'on prend de l'amidon de froment cuit dans l'eau, en consistance convenable et

mêle avec une

récent,

suffisante quantité d'iode

et

pour

qu'on le

rendre

bleu, ou obtient une belle teinture azurée en délayant

mélange dans

l'eau distillée.

le

le

La dissolution de sublimé cor-

rosif, versée dans celte teinture, la fait passer

au roux

et

TOISONS MERCU1UELS. finit

par

leur.

M.

la

décolorer

Brugnàtelli

;

,

les

3^5

acides ne rétablissent pas la cou-

qu%,

premier,

ie

observé ce

a

fait, le

extrêmement important pour découvrir du sublimé corrosif, et la distinguer de l'acide arsénieux dissous, qui décolore Y amidon ioduré mais dont la couleur bleue reparaît avec plus d'éclat lorsqu'on le met en la

croit

dissolution

,

contact avec quelques gouttes d'acide sulfurique. I. action

i53.

de

qu'exerce l'albumine sur

corrosif offre le plus

-Jjlinie

d'être exposée avec détail (i). Si

dissolution

la

grand intérêt

et

mérite

on verse beaucoup de su-

blimé dans l'albumine, ilse forme un précipité blanc

conneux qui

se

ramasse sur-le-champ; ce précipité

faitement lavé, se dissout lentement

et

,

flo-

par-

en petite quantité

composé de proto-chlorure de mercure et de matière animale. Suivant M. Chantourelle il serait formé d'albumine et de sublimé corrosif. Les expériences de ce médecin sont loin d'établir l'existence d'un pareil produit ni d'infirmer l'opinion que nous venons d'émettre; il étaitasseznaturel dans un travail de ce genre, de commencer par démontrer que le précipité al btimïneux contenaitdudeuto-chlorureplulôl que du proto-chlodans un excès d'albumine;

est

il

,

,

,

rure de mercure; c'étaitlàle point essentiel de or,

n'existe dans le

il

qu'il

en

soit ainsi. (

Voyiez

Lorsque

tits

,

il

le

le

discussion

tendant

fait

à

précipité dont

se présente

Journal général de Médecine , il

s'agit a été

pour l'ordinaire sous

morceaux durs, cassans

et faciles à

desséché sur

pulvériser, demi,

d'une cou-

leur jaunâtre, sans saveur, sans odeur, inaltérables à

(1)

dans

l'eau.

un

forme de pe-

la

transparens, principalement sur leurs bords

et insolubles

:

prouver

"'

octobre 1822.)

filtre

mémoire aucun

la

l'air

Chauffé dans un petit tube de

L'albumine dont nous parlons

blanc d'œuf étendu d'eau et

filtré.

n'est autre

chose que 1&

DES POISONS IRRITAWS.

7./\6

verre

,

il

se boursouffle

les matières animales

,

décompose comme

noircit et se

,

en dégageant une odeur de corne

brûlée et beaucoup de fumée (i). Si on casse l'opération

mement

,

on trouve

léger

,

et les

le

tube après

fond rempli d'un charbon extrê-

le

parois internes tapissées

vers le

,

milieu de leur hauteur, de globules mercuriels. Si, au lieu de faire cette expérience dans

un tube ouvert, on

dans des vaisseaux fermés, on obtient, outre le charbon

agit et le

mercure , de l'acide hydro-chlorique et tous les produits que fournissent les matières animales traitées par la chaleur. Si

au lieu de verser beaucoup de sublimé corrosif dans

,

l'albumine, on n'en met qu'une

bout de quelques heures; pité blanc dont

un

si

on

,

ne précipite qu'au

on obtient

le préci-

faire l'histoire, et

il

passe

qui n'est autre chose

liquide parfaitement limpide,

que de l'albumine retenant en

et

filtre,

nous venons de

quantité, la

très- petite

liqueur se trouble, devient laiteuse

une portion du

dissolution

précipité.

Lorsqu'on emploie moins d'albumine que dans le cas précédent

,

les

mêmes phénomènes

gère différence , que le liquide

ont lieu

filtré

est

avec cette

,

lé-

composé d'une

portion du précipité dissous dans Y albumine, et d'une certaine quantité de sublimé corrosif

:

en

rougit la

effet, il

teinture de tournesol et verdit le sirop de violettes cipite

en noir par l'acide hydro'Wflfurique

j

il

;

il

pré-

agit sur

une lame de cuivre comme le sublimé corrosif il précipite en blanc par une nouvelle quantité d'albumine, et 5

alors

il

ne contient plus de deuto-chlorure de mercure.

Ajoutons

à ces faits,

qui prouvent l'existence du sublimé

corrosif dans le liquide

(1)

Lorsqu'on

tites quantités, la

fait

pour

rupture du tube.

,

ceux qui y démontrent

celte expérience,

on doit

éviter le boursoufîlement

la

pré-

agir sur de pe-

du précipité

et

P01S0HS MERCCUIELS. sence de l'albumine. L'acide nitrique

le

247

précipite en blanc



la dissolution de sublimé corrosif en sépare sur-le-champ des flocons blancs ; enfin le calorique le coagule ou le rend

seulement opalin, suivant que plus ou moins considérable. riences que l'albumine

peut

foi

(1)

,

quantité d'albumine est

la

ainsi

combinée avec ce précipité

mer un corps soluble avec

Ces

faits,

conclure de ces expé-

Il faut

le

sublimé corrosif

,

(1).

imprimés dès Tannée 181 3 dans noire première

édition de Toxicologie (voyez p. 49)* n'ont pas été connus

de

M.

Lassaigne, car

indique en 1823,

il

comme une

extraordinaire., l'existence simultanéede l'albumine

chose

etdu deulo-

chlorure de mercure dans l'estomac d'un cheval empoisonné v

par celte dernière substance.

année i823.)

Comment

«

(Voyez

la

qu'en coagulant l'albumine à l'aide de n'ait

Ne

pas été précipité?

Revue médicale,

peut-il se faire,

serait-il

la

x,

t.

se demande-t-il

chaleur, le sublimé

pas permis de penser, avec

raison, que les substances introduites dans l'estomac réagissent

autrement que dans laboratoires?

les

expériences de chimie

les

faites

dans

les

L'action du sublimé corrosif sur l'albumine est

même

tellement la

dans

»

dans des vases inertes et dans l'estomac, que

expériences de

M. Lassaigne

,

on

n'a

reconnu aucune

propriété qui n'appartienne au mélange que nous avions étudié dix années auparavant. Mais, dira-t-on,

en dissolution avec

ter

vénéneux,

et

le

si

l'albumine peut res-

sublimé corrosif,

Talbumine ne

le

mélange sera

saurait être considérée

comme

le

eontre-poison du sublimé. Celle objection n'est fondée qu'autant

que

l'on n'emploie pas assez d'albumine et

missement lit

que

le

vo-

(Voyez pag. 3i5 de ce volume.) On Mémoire cilé, que la plupart des auteurs de

n'a pas lieu.

encore dans

toxicologie ont

le

préconisé l'albumine dans le traitement de

l'empoisonnement par

le

sublimé.

M. Lassaigne

a élé tellement

induit en erreur, qu'il lui serait difficile de citer un ouvrage,

avant noire Toxicologie générale eetle substance

comme

}

dans lequel on

ail

Yantidote du sublimé corrosif.

regardé

24B

DES POISONS IRIUTANS.

159. Lorsqu'on verse dans une dissolution de sublimé corrosif concentrée et bouillante, de la gélatine dissoute et à la

même

température

parence; mais troubler et collantes et

à

la

,

liqueur conserve sa trans-

mesure qu'elle

se refroidit,

on

la voit se

déposer une foule de parties blanches, solides,

comme

gélatineuses, qui disparaissent, ainsi

que le trouble lorsqu'on élève de nouveau la température du liquide jusqu'au degré de Pébullition. Si au lieu d'agir à chaud, on prend une dissolution concentrée de gélatine à la température ordinaire et qu'on la mêle avec une dissolution concentrée de sublimé corrosif, on observe le ,

,

,

même dans

le

même

trouble et le

premier cas

delà chaleur.

,

On forme

dans l'eau froide

dépôt

5

et la

liqueur,

comme

reprend sa transparence par l'action le

même

précipité en dissolvant

provenant d'une dissolution de

la gelée

colle de poisson faite à chaud et refroidie, et en la mêlant

avec du sublimé corrosif dissous.

Ce

précipité chauffé se

redissout dans l'eau, devient transparent, et ne se trouble

plus par

le

refroidissement

seulement on voit de

-,

au bout de quelques jours

petits flocons blancs s'attacher forte-

ment aux

parois du vase ou venir à la surface du liquide j pager dans une sorte d'écume qui se forme. Ces fUcons, ïnis sur le feu

,

répandent l'odeur de corne qui brûle

lavés avec la potasse à l'alcool, et

ils

donnent de l'oxyde noir de mercure

,

tandis qu'il se

forme de l'hydro-chlorate dépotasse; d'où clure que

la

dissolution

sublimé corrosif

le

même

l'albumine, c'esl-à-dire

,

;

noircissent sur-le-champ

de gélatine

fait

il

faut

con-

éprouver au

genre de décomposition que

qu'elle le transforme en proto-

chlorure de mercure qui se combine avec une portion de

matière animale.

Ce corps

triple peut être

obtenu très-

facilement en faisant bouillir pendant une heure deux dissolutions concentrées de gélatine et de sublimé; les

parois de la fiole se trouvent tapissées d'un enduit collant

l'OISONS MEItCURIELS. tjuî se détache en partie sous la

membraneux dont

s'agit. Il est inutile

il

comme

qui ne sont autre chose que le composé

et

,

24g

forme de filamens

de faire observer qu'en chauf-

du mercure métallique. 160. L'osmazomc, dissous dans l'eau et mis avec le sublimé corrosif, donne un précipité jaune-rougeàlre, qui fant ce corps

on en

devient rouge par

retire

la dessiccation.

Ce

précipité, chauffé

dans un petit tube de verre, fournit du mercure métalli-

que,

et L.

matière animale est décomposée. La dissolution

de sucre de Il

en

est

lait n'est pas troublée

même

de

de

la

par le sublimé corrosif.

matière résineuse de la bile, dis-

soute dans l'eau bouillante et filtrée après le refroidisse-

ment. La dissolution de picromel ne trouble pas non plus celle de sublimé corrosif: cependant, au bout de quelques jours

il

,

un

se forme

précipité blanchâtre, collant et

peu

abondant. 161. Lorsqu'on met de la fibrine ou

un morceau de

chair

dans une solution aqueuse de sublimé corrosif, on remar-

que

qu'il se

forme sur-le-champ un précipité blanc

,

qui

n'est autre chose

que du proto-chlorure de mercure (mer-

cure doux);

chair perd la cohésion de ses parties et

la

devient friable

au lieu de

(i).

La liqueur rougit

le verdir, ce

le sirop

de violettes

qui prouve qu'elle renferme

un

acide libre. L'analyse chimique montre que c'est de l'acide livdro

-

chlorique

:

par conséquent

le

sublimé corrosif a

décomposé par la fibre animale. 162. La dissolution concentrée de sublimé corrosif, mise en contact avec beaucoup de lait, n'occasione aucun chan-

été

gementvisible: cependant,

par

les divers réactifs n'est

(1)

Essai sur la

thollel;

Mémoire

année 1780.

la

couleur des précipités formés

plus

la

même que lorsque le

causticité des sels métalliques , par

lu en 1779.

su-

M. Ber-

Voj. Académie des Sciences,

25o

DES POISOHS IRIUTAHS.

bliméest sans mélange. Si l'on ajoute un gros de dissolution concentrée de sublimé

i4 gros de

à

lait., le

bîeu-céleste avec le sirop de violettes

,

liquide devient

gris-noirâtre avec la

potasse caustique jaune qui passe au bleu avec l'hydro-cya,

nate ferrure de potasse (prussiate de potasse) , noir avec l'hydro-sulfate

porte

comme

d'ammoniaque

,

et la

lame de cuivre se com-

avec le sublimé.

Les mêmes phénomènes ont lieu avec un mélange de 3 gros

un gros de dissolution concentrée de sublimé. Si on emploie 7 ou 8 parties de cette dissolution et une partie de lait, il se forme sur-le-champ un coagulum blanc qui se ramasse et qui est surnagé par un liquide extrêmement clair ce coagulum lavé , se dissout facilement dans

de

lait et

,

:

le lait, ce

qu'on se sur un

qui explique l'impossibilité de l'obtenir lors-

sert

d'une petite quantité de sublimé solide

filtre il est

,

:

desséché

d'une couleur jaunâtre, peu dur,

inaltérable à l'air et insoluble dans l'eau

chauffé il donne du mercure métallique, et lorsqu'on le soumet à l'analyse, on le trouve formé de proto-chlorure de mercure (mercure doux) et de la partie caséeuse et butireuse du lait. i63.

Du

bouillon ordinaire,

filtré et

,

;

parfaitement lim-

pide, mêlé avec une petite quantité de sublimé corrosif dissous

,

se trouble légèrement sans

La lame de cuivre,

le sirop

donner aucun précipité.

de violettes

,

l'hydro - cyanate

ferrure de potasse (prussiate), l'ammoniaque, le nitrate

d'argent et les hydro-sulfates, se comportent dans ce

lange il

comme

dans

n'en est pas de

de l'eau de chaux

la dissolution

même :

le

de

de sublimé corrosif} mais caustique dissoute et

la potasse

premier de ces

alcalis le précipite

en blanc, ou en gris, ou en noir, au lieu de en jaune,

comme

cela arriverait

sale

ou

le précipiter

y avait un excès de précipite ou en blanc

s'il

corrosif-, l'eau de chaux le ou en blanc légèrement jaunâtre. Si, au lieu d'opérer ainsi, on mêle 5 ou 6

sublimé

mé-

,

parties

de

25 1

POISONS MERCUIIIELS.

sublimé corrosif

à

une

partie de bouillon

,

on obtient sur-

le-champ un précipité blanc, très-lourd, floconneux, qui se ramasse facilement.

Ce

précipité, desséché

,

est

et

d'une

couleur grisâtre, extrêmement dur, fragile, inaltérable à l'air et

insoluble dans l'eau

verre

il

,

;

un

chauffé dans

donne du mercure métallique,

de

petit tube

et les divers

pro-

duits fournis par les matières animales soumises à l'action

du calorique

traité

;

par

la

on obtient

potasse et l'eau distillée

le produit noirâtre

,

il

se

connu sous

décompose, le nom d'oxyde noir de mercure, et de l'hydro-chlorate de ce qui prouve qu'il renferme du proto-chlorure potasse et

,

de mercure

et

,

par conséquent que le bouillon possède

comme

toutes les substances animales, la faculté de trans-

former

le

sublimé corrosif en mercure doux.

i64- Lorsqu'on ajoute

une

partie de bile de

délayée dans son volume d'eau à

l'homme

un dixième de dissolution

concentrée de sublimé corrossif, on obtient un précipité jaune-rougeâtre assez abondant. La

on délaye

la bile

seulement

,

dans vingt

fois

dans ce dernier cas ,

ramasser. Si on le met sur se présente sous la

un

même

chose a lieu

si

son volume d'eau distillée le précipité tarde

filtre et

qu'on

:

plus à se

le dessèche,

il

forme d'une poudre rougeâtre, compo-

sée de matière animale et de proto-chlorure de mercure

(mercure doux) il

:

aussi, par l'action de la chaleur, fournit-

du mercure métallique. Il arrive

quelquefois qu'il ne se forme pas de précipité

en employant

les quantités

venons d'indiquer

:

ce

de bile

et

de sublimé que nous

phénomène dépend des

différens

principes qui peuvent se trouver dans la bile, dont les altérations

peu connues varient

abandonne

à

au bout d'un certain temps

mené

à

à l'infini.

Cependant

si

on

lui-même ce mélange transparent, il se trouble

l'état

,

et le

sublimé corrosif est ra-

de mercure doux, qui se précipite avec une

portion de matière animale.

sSs

DES POISONS IRRITAES.

M. Marc , dans une porte qu'un mélange

consultation médico-légale (i) fait

avec

un

rap-

,

grain de sublimé et un.

gros de bile dissous dans une once d'eau n'a fourni aucun précipité ni par l'ammoniaque ni par la potasse ces alcalis ont précipité

une dissolution

quantité de sublimé sans bile.

de chaux ont précipité lis

la

Le

faite

tandis

,

avec

la

que

même

sulfure alcalin et l'eau

dissolution dans laquelle les aLca-

n'ont produit aucun trouble. Nous avons souvent ré-

pété ces expériences sultats

:

il

est aisé

,

pour prononcer dans blimé

et

nous avons obtenu

de sentir combien ces les cas

faits

les

mêmes

ré-

sont importans

d'empoisonnement par

le

su-

corrosif.

Action du Sublimé corrosif sur l'économie animale. i65.

Le sublimé

par exemple

un de

excitant

,

corrosif, administré

à la dose

en petite quantité v

d'un huitième de grain

,

momentané du conduit alimentaire,

la circulation et

phénomènes locaux

agit

comme

des organes

de ceux de plusieurs sécrétions. Les qu'il produit sont

en excepte un sentiment de chaleur

et

peu évidens,

si

on

de pincement dans

l'estomac.

du sublimé est assez forte pour déterminer l'empoisonnement, on remarque des symptômes et des léSi la dose

sions de tissu qu'il importe de faire connaître avant de

nous occuper de son action sur l'économie animale. Expériences de 31. Brodie.

lapin, au

re

M. Brodie a injecté dans l'estomac d'un moyen d'une sonde de gomme élastique, 6 grains

Expérience

i

.

de sublimé corrosif dissous dans six gros d'eau

(i)

Consultations médico- légales

}

distillée:

p. toi, ouvrage cité.

î53

TOISONS MERCUItlELS. trois

minutes

après l'injection

;

l'animal, sans avoir éprouvé

moindre souffrance, est devenu insensible il a eu quelques mouvernens convulfifs, et il est mort quatre minutes et demie après que l'injection a été faite. On a remarqué après la mort un lieniblemcnt des muscles volontaires, qui a duré pendant quelque temps. A l'ouverture du thorax, la

on

5

cœur sans aucune action

a trouvé le

dans

le,

,

et le

sang contenu

côté gauche de ce viscère d'une couleur écarlate.

L'estomac

,

très-distendu

,

renfermait dans sa portion car-

diaque

la

nourriture de l'animal délayée dans

jecté

la

portion pylorique contenait quelques matières

;

dures

et solides

;

y

il

avait

le fluide in-

au centre de ce viscère une forte

contraction musculaire qui avait

empêché

passage

le

du

liquide vénéneux de la portion cardiaque à la portion pylorique. La était

membrane muqueuse de

dans son état naturel

portion cardiaque

était

déchirait facilement truite

5

5

mais

cette dernière

partie

celle qui appartient à la

d'une couleur grise-brunâtre

et se

complètement dé-

sa texture était

dans quelques endroits, au point de ressembler à

une pulpe. Expérience 11 e On a injecté dans l'estomac d'un gros chat un scrupule de sublimé corrosif dissous dans sixgros d'eau distillée cinq minutes après l'animal a eu deux vomissemens; il a été inquiet, souffrant immobile; ses pu.

:

,

minutes après

pilles étaient dilatées. Vingt-cinq

de

l'injection

du poison

vulsifs des muscles

du thorax,

v

,

il

a

olontaires, et

il

est

mort.

A l'ouverture

immédiatement après la mort, on a obcœur ne se contractait que très-faiblement.

L'estomac était parfaitement vide

5

la

membrane muqueuse

dans toute son étendue une couleur grise-brune;

elle avait

perdu sa texture, et,

comme

dans l'expérience

précédente, ellesedéchiraitetse séparait avec Facilité

moment

faite

servé que le

offrait

le

éprouvé des mouvernens con-

de

la

membrane

musculaire

5

la

plus grande

celle qui fait partie

UES POISONS IRRITANS.

254

du premier quart du duodénum

une

offrait

pareille alté-

ration, mais moins prononcée.

Expérience blimé corrosif chat morts la

même

,

111

e

L'injection d'une égale quantité de su-

.

a été faite

dans l'estomac d'un lapin

:

l'altération de la

à

peu de chose près

et

membrane muqueuse ,

que

d'un a été

que nous venons

celle

d'indiquer.

Expérience

iv

e

On

.

introduisit dans l'estomac

d'un

lapin dont les nerfs de la huitième paire avaient été coupés, une dissolution de sublimé corrosif

son furent

les

mêmes que

si

les effets

:

du poi-

nerfs n'eussent pas été

les

coupés.

Expérience v e

On

.

coupa sur un lapin

huitième paire au cou, dos

on

5

injecta dans

blimé corrosif:

et la

de

les nerfs

la

moelle épinière au milieu du

l'abdomen une dissolution de su-

l'action

du cœur

cessa dans le

même

in-

stant.

Expérience

vi e .

Une

petite quantité

de sublimé corrosif

fut injectée dans la partie postérieure de

l'abdomen d'une

grenouille: cinq minutes après, le coeur ne se contractait

plus, mais

la sensibilité n'était

pas diminuée l'animal \

encore un peu sensible au bout d'une heure. Les poison furent cision

mêmes que ceux

les

était

effets

du

qu'aurait produit l'ex-

du cœur.

Expérience vn e

On

.

enleva

la

moitié postérieure de la

moelle épinière de manière à empêcher

la

communication du

entre les nerfs des extrémités postérieures avec le reste

système nerveux

;

alors

blimé corrosif entre la

la

on

peau

une dissolution de sumuscles de la cuisse et de

injecta et les

jambe. Le cœur cessa de battre sept minutes après l'in-

jection

du sublimé.

Expérience qui

était

dont

la

vm c On injecta daus l'abdomen .

d'un lapin

sous l'influence du woorara {voyez tome

n c ),

circulation était soutenue par la respiration

et

artifi-

POISONS MERCURIELS.

a55

une dissolution de sublimé corrosif. Le cœur cessa d'agir peu de temps après l'injection comme si le woorara n'eût pas été administré cependant nous verrons que le propre de ce poison est de détruire la sensibilité du système ciclle

,

,

:

nerveux.

Expérience différence que

ix

c .

On recommença l'expérience, avec cette

l'on

coupa au cou

la moelle épinière, et que du cerveau au moyen d'un insl'injection du sublimé dans l'abdo-

l'on détruisit la substance

trument, avant de faire

men, lorsque l'animal était déjà sous l'influence du woorara le cœur cessa de se contracter comme à l'ordinaire. M. Brodie conclut de ces expériences, i°. que le su:

blimé, dissous

et introduit

dans l'estomac, corrode

et le

les

la

por-

membrane sur laquelle il séjourne ?°. que le cerveau cœur sont affectés consécutivement, ce qui explique

tion de

;

convulsions, l'insensibilité,

du pouls,

l'état

et la

ces-

mouvemens du dernier de ces viscères; 3°. que les poumons ne sont aucunement intéressés, puisque le sang du côté gauche du cœur conserve sa couleur sation subite des

écarlate. 4°« que l'action sur le cœur a lieu sans l'intermède du système nerveux. Le physiologiste anglais n'hésite pas à considérer les lésions du cerveau et du cœur comme la cause immédiate de

puisque l'inflammation de l'estomac ne peut pas

la

mort

la

produire d'une manière aussi subite

sible

,

,

muqueuse

gastrique, d'admettre

et porté dans

(1)

;

il

lui paraît

d'après l'état dans lequel se trouve la

le torrent

de

que

le

impos-

membrane

poison soit absorbé

la circulation

(1).

Furlher experiments and Observations on the action

0/ poisons on the animal system. By C. Brodie ; Philosophical

Transactions y 1812.

DES POISONS inUITAKS.

9.56

Expériences de

M. Lavort,

M.

Lavort.

du sublimé page 19 de sa Dissertation inaugurale (22 thermidor an 10) « En supposant qu'une partie du su-

corrosif

rejetant toute ide'e d'absorption

dit à la

,

:

blimé

ait

culant

quels

passé dans les voies de

l'effet qu'il

il

lui sont

mêle par

se

la

est facile

l'action qu'il exerce sur les solides

une

suivrait

pareille inoculation

légèrement acide

détermine il

que

,

la

caustique

t

ou

même

mort avec une promptitude extrême ; que dans ce cas les accidens qui la

sublimé appliqué

soumis à

l'on a

,

,

,

ramènent ne sont pas du

et

et

introduite dans les vaisseaux d'un ani-

faut bien noter

précèdent duit le

effet, il

sur les animaux vivans, que la

faites

plus petite partie d'un liquide acre

,

en

:

de démontrer par des observations journalières

par des expériences

mais

en cal-

et

,

qui soumis, on verra combien devrait être prompte la ,

mort qui

mal

circulation

doit produire sur les liquides avec les-

que proPlusieurs animaux

tout ceux

à l'extérieur.

ces expériences n'ont jamais

survécu

plus de quelques minutes à l'injection du liquide. Chez la mort a été si prompte que l'on n'a pu saiaucun des symptômes qui l'ont précédée. Presque tous ont passé de la vie à la mort d'une manière si peu sensible que l'on a eu beaucoup de peine à s'apercevoir de ce changement d'état. Immédiatement après l'opération, l'animal tombait dans un état de torpeur, les yeux se fermaient la respiration devenait rare, les mouvemens du coeur imper-

quelques-uns

,

sir

,

ceptibles

,

et

de douleur « Si l'on

il

expirait sans avoir

et

les

le plus léger signe

rapproche ce genre de mort de celui qui résulte

de l'application

compare

donné

».

à l'extérieur

accidens qui

,

du sublimé

dans ces deux

corrosif

cas

,

la

5

si

l'on

précèdent

l'amènent, on ne pourra qu'être frappé du peu d'ana-

POISONS MERCÛR1ELS.

Dans

logie qu'ils ont entre eux. paraît r'einte; l'animal

Danj

douleui

îo

Z5 ] 1

premier,

le

la sensibilité

meurt sans donner aucun signe de

second,

son

la sensibilité est portée à

plus haut degré, et l'animal périt livré aux douleurs les plus atroces. D'un côté l'on voit des spasmes sions, des sueurs froides,

du

d'accidens qui caractérisent

coma, état

,

délire

la

,

et cette

des convul-

,

longue série

du genre nerveux;

lésion

la torpeur, l'insensibilité, caractérisent le

et

nerveux

on peut dire que est lésé,

si

dans l'un

et l'autre le

du moins dans tous

il l'est

manière absolument opposée.

Expériences de

M. Campbell, qui n'a

fait

les

le

second

système

deux d'une

»

M. Campbell.

qu'un

nombred'ex-

très-petit

périences sur cet empoisonnement, conclut que les chats

qui ont été l'objet de ses essais sont morts à la suite d'une vive corrosion déterminée parle sublimé, qui,

du

reste,

agit sur les intestins et sur les glandes salivaires (i).

Expériences de Lorsqu'on applique sur

M.

Smith.

le tissu cellulaire

de

la partie in-

terne de la cuisse d'un chien depuis 4 jusqu'à 18 grains de sublimé corrosif , même enveloppé dans un linge fin, la tristesse, l'inappétence, quelquefois des

jections souvent sanguinolentes

,

vomissemens, des dé-

la faiblesse

,

la

paralysie

symptômes qui précèdent la mort, laquelle a constamment lieu sans symptômes convulsifs. En ouvrant le cadavre on remarque que l'estomac offre tantôt une inflammation évidente de la membrane mugénérale, sont les seuls

,

(i)

Tentamen medicum inaugurale de Venenis miner'alibus

par Campbell.

Edimbourg , iSi3.

des toisons irritàns.

>à58

queuse, avec exhalation sanguine

à sa surface 4*terne

tantôt des taches noires, tantôt enfin des ulcérations.

^

Le

rectum est le siège de deux altérations bien distinctes tantôt c'est un amincissement remarquable de ses parois, qui ont :

contracté une lividité plus tact

d'un liquide roux

souvent

-

}

,

ou moins

lui-même,

membrane muqueuse

soit dans leur totalité, soit

étendue,

et c'est le plus

,

par

con-

le

nombre

des cas, cet

et les plis

que forme

tantôt, et dans le plus grand

intestin est contracté sur

alors la

forte

noirâtre, très-fétide qu'il contient

sont rouges ou noirâtres

seulement dans un point de leur

souvent à

la

partiesupérieure. Cette

altération des gros intestins se rencontre également lors-

que

poison a été appliqué sur

le

veines.

le

cou ou injecté dans

les

Le duodénum a offert quelquefois auprès du pylore

quelques taches noires semblables à celles qui existaient dans l'estomac. Les autres intestins grêles ont paru peu altérés.

Dans une de

ces expériences, le

cœur

présentait des

taches noires dans son tissu charnu, immédiatement au-

dessous de

mons

la

membrane

interne des ventricules. Les pou-

sont souvent le siège d'une altération sensible

quefois

ils

sont gorgés d'un sang noir qui ne les

pas cependant d'être crépitans;

le plus

quel-

;

empêche

souvent ce sont des

taches noires ou des infiltrations sanguines existant sur le

bord antérieur de ces organes et dont le centre fait quelquefois une saillie comme tuberculeuse au-dessous de la ,

plèvre.

On

a observé les

mêmes

lésions organiques lorsqu'on a

injecté dans la veine jugulaire çle

un ou deux

sublimé corrosif dissous dans

M. Smith pense, blimé, injecté dans

grains et

d'après ces expériences, les

demi

l'eau.

que

le

su-

veines ou appliqué à l'extérieur,

mort en agissant sur le cœur , sans qu'il y ait aucune lésion primitive du système nerveux et du cerveau il croit au contraire que cette lésion a lieu lorsque le poiproduit

la

:

POISOINS MEKCUIUELS.

î5g

son est introduit dans l'estomac, d'abord à cause des phé-

nomènes nerveux qui

se manifestent dans ce cas

parla grande sensibilité dont ce viscère est

,

et ensuite

doué

(i).

Expériences du docteur Gaspard.

Expérience chienne de

i

On

re .

taille

a injecté dans

médiocre

,

sublimé corrosif dissous dans l'eau,

et

il

d'une

veines

les

environ un grain est

et

demi de

survenu une

espèce de dysenterie, accompagnée de vomissemens et d'excrétion gélatineuse, sanieuse, sanguinolente-, en outre salivation considérable de temps en temps

surtout remarquable

monaire,

et la

enllammé

,

mort

,

,

la

vésicule pleine

la

qui est

du poumon à-peu-près n c Un grain du .

était très-

de bile

poumons parsemés

les

d'une foule de petits abcès séparés

Expérience

et ce

Le rectum

trois jours après.

le foie noirâtre

noire, épaisse et très -visqueuse,

le tissu

,

des symptômes d'inflammation pul-

uns des autres par

les

sain.

même

poison injecté dans

veine jugulaire d'un grand chien a bientôt causé

livation

,

la

dyspnée

et les

la

sa-

symptômes inflammatoires pul-

monaires précédens. Les jours suivans

,

ces derniers ont été

plus graves, avec vomissemens, déjections liquides, fièvre,

mouvemens convulsifs. L'animal est mort le quatrième jour. Les poumons étaient parsemés de tumeurs noirâtres, grosses

comme

mées,

d'autres suppurées, quelques-unes gangrenées; le

des pois ou des noisettes, les unes enflam-

foie était noir et ramolli; la vésicule pleine de bile noire,

épaisse et visqueuse.

Expérience iu e

.

On

a introduit

dans

la

veine jugulaire

d'une chienne 5 grains de sublimé dissous dans une once

(i) Dissertation

sur l'usage et L'abus des caustiques , par

E. Smith. Paris } 1810.

DES TOISONS IRRITANS.

2ÔO et

demie d'eau

leur vers et

la fin

distillée;

l'animal a témoigné de la dou-

de l'expérience ;

un grand malaise

et a

,

a éprouvé de la dyspnée

il

évacué de l'urine

il

•,

a péri

au

bout de quelques secondes. Les poumons étaient déjà un

peu tachés

,

ecchymoses

Expérience iv e

.

On

la veine d'un chien la

dyspnée

mens cris

de

et

bilieux

perçans et

poumons

douleur à

taille

,

est

demi dans

j

il

des vomissea poussé des

mort au bout de cinq minutes. Les

un peu engorgés

de points livides

et

qui a éprouvé de

la poitrine,

quelques convulsions

il

étaient

gorgés de sang.

de moyenne

la

et

,

et

en a injecté un grain

et voisins

de

,

l'état

parsemés d'une foule d'inflammation.

Expérience v è Trois quarts de grain de sublimé dissous dans une demi-once d'eau distillée ont été injectés .

la jugulaire

d'une chienne. Quinze minutes après,

elle a été affectée

de frissons, de malaise, de déjections

dans

alvines

,

puis de vomissemens

à la poitrine, de salivation,

péripneumoniques

et

,

de dyspnée

etc.-,

,

enfin, les

de douleur

symptômes

dysentériques augmentèrent;

il

y

muqueuses et sanguinolentes et la mort survint cinq heures et demie après l'injection. Les

eut ténesme

poumons

selles

,

,

étaient en grande partie enflammés, gorgés de

sang, et se précipitaient au fond de l'eau. La membrane

queuse intestinale

était

rouge, phlogosée, enduite de

mumu-

cosités sales, sanguinolentes et sanieuses.

M. Gaspard

conclut de ces

spécialement sur les poumons

;

faits il

que

action sur les glandes salivaires et sur la

queuse des tale,

tome

intestins. i

cr ,

le

sublimé

agit

exerce également une

membrane mu-

(Journal de Physiologie expérimen-

1821.)

POISONS MERCUR1EL5.

î6l

Expériences qui nous sont propres. rc

Expérience

i

.

A

onze heures du matin, on appliqua

sur le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse d'un

chien robuste corrosif à

de moyenne abattu.

était très-accéléré

naturelle;

du

ni de vertige.

reste,

A

il

de sublimé

taille, 3 grains

solide- à six heures

un peu

raissait

pouls

et

l'état

du

soir, l'animal pa-

Le lendemain, à onze heures, le la langue humide et de couleur

,

n'y avait aucun signe de paralysie

cinq heures,

la

respiration était difficile

l'animal était couché sur le côté sans pousser la plainte

:

on

cadavre. Le

le

trouva mort le jour suivant. Ouverture

membre opéré était

la partie sur laquelle le

infiltré et assez

;

moindre

du

enflammé

poison avait été appliqué

;

était

La membrane muqueuse de l'estomac, de couleur naturelle oflrait près du pylore six ou sept taches noires comme du charbon produites par du sang veineux extravasé dans l'épaisseur de la membrane; les intestins grêles ne présentaient aucune altération l'intérieur du rectum était un peu rouge. Les poumons, crépitans, d'une cougrisâtre.

,

,

,

,

;

leur brune, contenaient uneassez grande quantité de sang et

nageaient sur l'eau. La valvule mitrale du ventricule

gauche du coeur

était d'un rouge-cerise dans toute son étendu reste, cet organe paraissait dans l'état naturel. Expérience 11 e A onze heures du matin, on appliqua

due

;

.

sur le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse d'un

chien très-fort

,

6 grains de sublimé corrosif

heure, l'animal vomit. Le lendemain

,

il

A une

solide.

eut une soif ar-

du reste, il ne présentait aucun symptôme remarLe jour suivant il refusait les alimens cherchait à avaler de l'eau qu'il ne tardait pas à vomir il eut de légers vertiges sans donner le moindre signe de convulsion

dente

;

quable.

,

;

ni

de paralysie;

il

ne poussait aucun cri plaintif,

et

mou-

262

POISONS IRMTANS.

DES

rutà quatre heures de l'après-midi. Ouverture du cadavre.

Le membre opéré était très-infiltré et fortement enflammé ; on ne découvrait plus un atome de sublimé corrosif; la plaie était grisâtre. L'estomac contenait

quantité de

mucus

jaunâtre-, sa

«ne

assez grande

membrane muqueuse

quelques points d'un rouge-cerise-,

frait ça et là

of-

elle était

légèrement ulcérée près du pylore. Les intestins grêles paraissaient dans l'état naturel.

Le rectum

était très-en-

flammé. La valvule tricuspide ou auriculaire droite du cœur était parsemée de taches noires , de la grosseur de la d'une épingle, formées par du sang extravasé, et

têle

qu'il suffisait cère-,

du

tération.

de

frotter

légèrement pour convertir en ul-

reste, le coeur n'était le siège d'aucune autre al-

Les poumons étaient crépitans

un peu

,

infiltrés

et nageaient sur l'eau.

m

Expérience

A

e .

onze heures du matin

6

,

sublimé corrosif solide furent appliqués sur

grains de

le tissu cel-

du cou d'un chien mourut au bout de trente-six heures. Ouverture du cadavre. La plaie et les parties environnantes présentaient le même état que dans l'expérience précédente. La membrane muqueuse de l'estomac était

lulaire de la partie inférieure et latérale

de moyenne

taille; l'animal

très-enflammée rise

;

la partie

noirâtre, tions

;

la

comme

du canal

portion cardiaque était d'un rouge-ce-

qui avoisine si

le

pylore offrait une couleur

elle eût été scarifiée

digestif étaient

;

les autres

un peu rouges.

Il fut

por-

impos-

poumons. Expérience iv c Le i3 septembre, à onze heures du matin, on appliqua sur le tissu cellulaire du dos d'un chien petit et faible 6 grains de sublimé corrosif solide. Le i5 , l'animal n'éprouvait d'autre symptôme remarquable que de sible de constater quel était l'état

du coeur

et

des

.

l'inappétenceet une soif ardente; après l'avoir avalée. accélération

Le

il

vomit l'eau peu de temps

16, le 17 et le 18,

marquée des battemens du cœur

même :

il

état,

mourut

POISONS MERCLIUELS.

dans

la

digestif

nuit

ne

du 18 au

19.

9i63

Ouverture du cadavre. Le canal d'aucune altération, La

paraissait être le siège

membrane qui tapisse l'intérieur des deux ventricules du cœur était rouge et enflammée ; on voyait plusieurs taches de

la

même

couleur sur quelques-unes des colonnes char-

nues de cet organe; les ventricules et

poumons

les

dans

paquets graisseux contenus dans

les oreillettes étaient

enflammés, Les

de points noirs.

étaient gorgés et tachetés

Expérience v e Le id septembre on fit avaler à un chien, robuste, de moyenne taille, un grain - de sublimé corrosif .

,

dissous dans une once et demie d'eau. L'animal à

vomir au bout de quatre minutes

les

alimens

nistra

et

;

le

parut un peu abattu:

de nouveau

le

25, on

;

il

vomit

il

à plusieurs reprises

refusa

admi-

au bout

refusa les et tomba dans l'abattement mourut dans la nuit du 3o. Ouverture du ca-

de quatre minutes et

,

lui

de grain de sublimé corrosif dissous

j

dans une once d'eau alimens

commença

lendemain

il

5

davre. Etat de maigreur remarquable. L'estomac et

les in-

une très-grande quantité de bile jaunâtre et filante; du reste, leurs tuniques ne paraissaient pas altérées. L'intérieur du rectum offrait plusieurs rides testins grêles contenaient

d'un rouge foncé. Le cœur

seux contenus dans

était flasque; les

paquets grais-

cavités de cet organe étaient d'un

les

rouge foncé. Les poumons semblaient plus compactes et plus ratatinés que dans

l'état naturel.

les reins n'étaient le siège

Le cerveau,

le foie et

d'aucune altération sensible.

Nous devons maintenant rapporter quelques observations

d'empoisonnement par

pouvoir mieux tracer

les

le

M.

B., négociant de Liège ,

afin

de

symptômes généraux.

OBSERVATION

pérament bilieux

sublimé corrosif,

,

re I

.

âgé de trente ans

d'une constitution robuste

,

,

d'un temet n'ayant

DES POISONS IRRITANS.

264

jamais éprouve aucune indisposition

quelques août

1

ment

813

il

,

fut pris

,

vint à Paris terminer

M. D., chez lequel

avec

affaires

Le 6

logeait.

il

sans cause apparente , d'un dévoie-

,

léger, qui dura trois jours

qui fut heureusement

et

,

Le i3 du même mois, il paraisLa température étant ce jour-là

combattu par l'ipécacuanha. sait

parfaitement rétabli.

très-élevée, et

M.

B. ayant soif, prit en rentrant chez" lui,

vers les trois heures de l'après-midi

d'un liquide spiritueux

con sans étiquette Causa à

M.

B.

un

(i).

La saveur horrible de cette boisson et une crainte si grande du

cessa tout-à-coup de boire ,

une certaine quantité

dégoût

lel.

danger imminent dans lequel dans sa bouche

,

limpide, renfermé dans un fla-

et

et brisa

,

il

pouvait se trouver

rejeta tout ce

qui

qu'il

contenu

était

en plusieurs morceaux

,

le flacon

il y avait encore un peu de liquide. Malheureusement M. B. en avait avalé une partie. Un resserrement

dans lequel

à la gorge, et des douleurs atroces dans la région épigastrique furent les premiers symptômes qui se manifestèrent.

Nous fûmes appelé sur-le-champ de

lui à

qu'il avait

et

nous arrivâmes auprès

on nous dit vomi beaucoup de matières verdàtres amères,

Voici quel

:

,

nullement sanguinolentes était

Décubitus sur

yeux

,

quatre heures cinquante minutes

son le

état

,

et

qu'il avait

eu

selles.

trois

:

dos, face rouge, gonflée et animée

étaient étincelans et d'une grande mobilité

,

la

5

les

pu-

pille resserrée, la conjonctive légèrement injectée, les lè-

vres sèches, gercées et de couleur naturelle-, la langue

humectée,

(1)

et

peu

enduite d'une couche jaune; des douleurs

Nous nous sommes assuré que ce

liquide contenait

du

sublimé corrosif dissous dans l'alcool, reste d'une composition

que M. D.

,

son ami

,

avait

employée quelques jours aupara-

vant pour se traiter d'une maladie vénérienne. naissait pas la nature de ce corps.

M.

B. ne con-

265

P0ÏS0NS MEROJTUELS.

du canal diiétait tumé-

atroces se faisaient sentir dans toute l'étendue

principalement au pharynx-, l'abdomen

gestif ,

douloureux, surtout par la pression. Les vomissemens avaient cessé depuis quelques instans ; mais les déjections

fié,

alvines continuaient

5

elles étaient

peu abondantes

et d'un

caractère entièrement bilieux 5 le pouls, régulier, petit et serré

de

donnait cent douze pulsations par minute

,

peau

la

;

la

chaleur

mordicante, surtout au front, la

était intense et

respiration gênée, l'urine rare, rendue avec difficulté et

rouge. Intégrité parfaite des sens externes, réponses tar^ dives et pénibles, tendance à l'assoupissement, de temps

en

temps mouvemens convulsifs des muscles de la face , des bras et des jambes crampes continuelles dans tous les membres. (Six pintes d'eau albumineuse froide données pat-, ;

'verres

à peu de distance Vun de Vautre

,*

la région épigastrique , qui furent posées

deux lavemens émolliens frais.)

cises;

A

cinq heures

et

demie, mieux-être marqué

avait pris toute la quantité de boisson crite (

vingt sangsues à

à cinq heures pré-

il

;

avait

beaucoup vomi

et

qu'on

Quatre pintes de décoction de graine de

'verre

,

le

malade

lui avait pres-

eu quatre

avait

il

5

lin

selles.

données par

diète, impossibilité défaire des fomentations à cause

de la sensibilité de t abdomen.

)

A

six heures

vomissemens, cessation des crampes pouls ne donnant que cent pulsations caractère, persévérance des autres

et

très-imparfait.

A

vers l'extrémité inférieure

des évacuations,

symptômes,

A

même

désir de

neuf heures

?

minuit, sentiment de cuisson

du rectum

et serré

,

,

selles

VS

sanguinolentes, douleurs vives dans

pouls toujours petit

nouveaux

et offrant le

s'entretenir de tout ce qui lui était arrivé.

sommeil

,

abondantes

iliaque

et

du colon,

cent quinze pulsations.

(Dix

sangsues sur le trajet de la portion descendante du colon , trois pintes a" eau saturée

liens

de gomme deux lavemens émol,

avec addition d'un demi-gros de laudanum).

Nou-

1,

^66

DES POISONS IRR1TÀNS.

veaux vomissemens , quatre selles beaucoup moins sanguinolentes , cessation presque subite de la douleur, mieux-être bien marqué, envie de dormir. Le i4, à huit heures du ma(deuxième jour de la maladie), abdomen peu tuméfié et

lin

moins douloureux, langue humectée, nulle envie de vomir ni d'aller à la selle anus légèrement douloureux, pouls un peu développé et ne donnant que quatre-vingt-seize pulsations, peau moins chaude, face moins rouge, membres un peu roides, nul mouvement convulsif, intégrité ,

parfaite des sens et des facultés intellectuelles. (Potion anti-

spasmodique faite avec deux onces d eau distillée de fleurs d'oranger, deux onces d'eau de menthe trente gouttes de liqueur minérale anodine et une once et demie de sirop ,

,

dècorce d'orange, quatre pintes de décoction de graine de Un à prendre dans la journée trois lavemens émolliens ,

,

à deux heures

d intervalle.*)

Nouveaux vomissemens, nouvelles évacuations alvines non sanguinolentes ce qui soulage beaucoup le malade. Le soir, exaceret narcotiques

;

bation, cent six pulsations par minute, chaleur plus forte à la

(Eau de gomme,

peau, sans augmentation des douleurs.

julep huileux, lavement èmollient et narcotique.) Le i5,

au matin (troisième jour de la maladie), le malade se sent beaucoup mieux il a dormi une partie de la nuit il ne ;

désespère plus il s'est

les

trouvé;

;

il

il

;

se plaît à parler

du danger dans lequel

demande à manger;

douleurs diminuées,

(Eau

langue

est

humide,

grande;

le

peuls est

la

la faiblesse

deux bouillons potion anti-spasmodique fomentations émollientes. ) Le soir, même état. Le 16, au malin (quatrième jour de la presque dans

l'état

naturel.

d'orge,

,

maladie)

,

malade

le

que de douleurs épigastrique

17

et le 18,

dissipées

,

:

lui a

dormi,

et il

ne se plaint

non continues dans

l'appétit est bon.

même

on

a assez bien

légères et

(Eau

la

région

d'orge, bouillon.)

Le

état. Le 19, les douleurs étant presque permis de prendre deux soupes. Le 2

roisons MEitcimtELS. et le

11

,

est entré

il

267

en convalescence. Le 3o,

était très-

il

il est parti pour son pays. Pour peu qu'on fasse attention au début de celte maladie, on verra combien il était aisé de la confondre dans

bien portant, et

premiers instans avec le choléra-morbus

les

tempérament de l'individu,

l'affection bilieuse

été atteint quelques jours auparavant

bilieux et

de

les selles

crampes dans

et les

l'air était

les

,

en

effet

dont

il

,

le

avait

vomissemens

non sanguinolentes, les convulsions les membres lorsque la température

très-élevée, tout cela pouvait faire croire à

l'existence de celte maladie

l'analyse

:

:

cependant

commémoralif,

le

chimique des liquides vomis, et l'aveu du malade qu'il y a eu empoisonnement.

prouvent jusqu'à l'évidence

La maladie dont M. B. a été atteint masie de la membrane muqueuse toiue

,

compliquée d'une

loppement

est

tient à la présence

de

la

véritable phleg-

du

péri-

affection bilieuse, dont le déve-

du

corrosif, et surtout à la

disposition dans laquelle se trouvait Il est

une

intestinale et

M.

B.

plus haute «importance que le médecin ne

perde jamais de vue l'analogie qu'il y a entre

les

symptômes

produits par certains poisons et ceux qui constituent plusieurs maladies spontanées. L'ignorance de cette partie la

médecine entraînerait l'homme de

l'art

de

dans des erreurs

très-graves.

OBSERVATION «

Un homme

II

e

(i).

tempérament sanguin,

assez robuste, d'un

âgé de quarante ans environ

du soir on ignore pour quelle raison un reste de sublimé corrosif qu'il avait chez lui pour faire crever les rats. La prit,

,

vers les dix heures ,

(1) Cette observation a été recueillie par et

Planchon

pag. 36.

:

elle est extraite

MM. Dumonceau

du Journal de Médecine,

t.

xlix,

268 dose

DBS POISONS IRRITAWS. n'était pas petite. Il avait dissous ce

bière.

Dès

l'instant qu'il l'eut avalé

et l'estomac se ressentirent

flammation de la

bouche

la

région de l'estomac

dèrent bientôt à rosif, et se

la

,

la

de son

poison dans de

L'in-

effet caustique.

une chaleur acre

,

la

bouche, l'œsophage brûlante à

et

des douleurs déchirantes succé-

,

première impression du sublimé cor-

communiquèrent promptement

à tout le

que gonfla beaucoup

canal

intestinal, avec des douleurs aussi cruelles

celles

l'estomac. Bientôt le visage se

et devint

d'un rouge cramoisi. Les yeux étaient étincelans piration des plus gênées.

Il

y

,

de

la res-

avait des anxiétés précor-

jactations continuelles. Le donna d'abord 6 grains d'émétique dans un verre d'eau s'il n'en résulta que peu de vomissemens les douleurs en augmentèrent beaucoup. Dans cette perplexité, on fit avaler au malade un gros de

diales, des inquiétudes et des

pouls fut fébrile

On

et petit.

:

,

thériaque

,

qui n'apporta aucun calme. Le poison

faisait

on ne tarda plus à demander M. Dumonceau, qui, vu les circonstances se pressa de des progrès rapides

et

,

,

prescrire

un

gros de sel d'absinthe dans

pour décomposer

les

deux

le sublimé corrosif. Il

sels

un verre d'eau

métalliques, spécialement

y joignit des incrassans et des inqu'ap, et ne pus

volvans. Je fus appelé en consultation

M. Dumonceau mon confrère

plaudir aux remèdes que

,

nous jugeâmes â propos de les continuer. Les douleurs atroces reprenaient cependant par intervalles avec vigueur et semblaient annoncer une venait d'administrer

,

et

,

corrosion de la trailles.

membrane

Elle eut effectivement lieu.

selles sanguinolentes

du sel

interne de l'estomac et des en-

d'absinthe

,

;

il

Le malade

trouva néanmoins

,

rendit des

dans l'usage

dissous à la dose de 2 gros dans 2 onces

un

de décoction incrassante de Fuller (après en avoir

pris

gros en deux fois à peu d'instans d'intervalle)

trouva

dis-je

,

,

il

un soulagement bien marqué. Quoique les douleurs

POISONS MERCURIELS.

269

revinssent encore de temps en temps avec violence, elles se calmèrent cependant peu à peu, de sorte que le lendemain

au matin le calme avait succédé à l'orage. Tous les symptômes effrayans étaient dissipés; mais il restait une sen-

un

sation douloureuse de tout le canal alimentaire, et

timent général de faiblesse

dement

du corps

Un

sen-

si

ru-

secoué. »

OBSERVATION

dans

,

qui avait été

III

e .

enfant de deux ans et demi étant entré secrètement

la

boutique d'un orfèvre, y avala 8 grains ou environ Il ne tarda pas à éprouver de violentes

de sublimé corrosif.

il se déclara une salivation Sigismonde médecin Konig fit prendre fort abondante. Le un sirop émétique dans lequel il fit entrer du suc de coing ,

tranchées

,

le

ventre se gonfla

,

ce qui détermina des vomissemens très-abondans

;

il

fit

boire ensuite au malade une grande quantité de

lait

de

chèvre mêlé à une décoction mucilagineusede psyllion. Le

gonflement du ventre disparut

,

les tranchées se dissipèrent,

et cet enfant dormit dans la nuit qui suivit immédiatement

cet accident. Soixante-quatorze jours après, le

malade étant

menacé de phthisie le même médecin crut devoir le mettre de nouveau à l'usage du lait de chèvre coupé avec une décoction de fleurs de mauve et de semences de coing. Il dit qu'il était en assez bon état lorsqu'il a communiqué son ,

observation (i).

OBSERVATION

Le 25

février i825, à

faisait à l'Ecole

(i)

hist. fiig-j

IV

e .

neuf heures du matin, M. Thenard

polytechnique une leçon sur

Jacobi Mangeti biblioth. Med.

, t.

les nitrates et

iv, pars

11

;

p.

3 ex. communicatione excell. D. D. Sigismundi Physiei bernensis. Genevœ, 1739,

fà5,

Ko-

27O

UES POISONS IHR1TANS.

en particulier sur le nitrate de mercure-,

deux verres semblables

lui et dans

;

de une

avait à côté

il

de l'eau sucrée

et

dissolution concentrée de sublimé corrosif: il avale par mégarde une gorgée de ce dernier liquide et éprouve aussitôt une saveur horrible; il demande de l'eau albumind.tse, et en attendant prend à plusieurs reprises de l'eau tiède; on ,

on

se procure des blancs d'oeuf,

on

les

administre

Jusqu'alors

il

les délaie

dans de l'eau

et

minutes après l'empoisonnement.

citiq

n'y avait point eu de vomissement, quoique

Peu de temps après vomissemens ont caractères du sublimé

le gosier et la luette eussent été titillés.

que

l'eau

albumineuse a été avalée,

les

rendue présente les par l'albumine: en décomposé corrosif

lieu et la matière

blanc , floconneux , et laquelle on a versé

M. Dupuytren

semblable

eiïet, le liquide est

à l'eau

albumineuse dans

du per-chlorure de mercure dissous.

arrive lorsque déjà

y a eu quatre

il

à

cinq

vomissemens et que l'eau albumineuse a été prise plusieurs fois. M. Tbenard se sent tellement soulagé qu'il annonce à

M. Dupuytren quil de

ricin et

demie du

est guéri.

On

fait

prendre de l'huile

A

quelques lavemens purgatifs.

soir,

M. Thenard

vingt à vingt-cinq fois

,

,

se trouvait à merveille

jamais eu de douleur à l'épigastre ni dans tinal.

Une

purgatifs. (Journal

et

et

le

;

il

n'y a

canal intes-

eu lieu dix minutes

selle très-abondante avait

après l'empoisonnement

neuf heures

qui avait vomi jusqu'alors

bien avant l'administration des

de Chimie médicale OBSERVATION V e

,

mars i8a5.)

.

pour avoir volé deux plats d'argent à son maître convint avec Charles IX qu'il prenet immédiatement après du bédrait un certain poison

Un cuisinier condamné à mort ,

,

zahar , antidote beaucoup vanté au roi désirait connaître

l'efficacité.

,

et

dont le monarque

Le malheureux devait

être

mis

POISONS MERCUIUELS.

2^1

échappait à l'action du poison. Voici

fcn liberté s'il

com-

ment Ambroise Paré rend compte de cet événement ex« Et tost après un apothicaire servant luy

traordinaire

certain poison en potion

donna de il

:

Ayant ces

iczahar.

vomir,

se print à

grandes épreintes

mandant de heure après cette

,

que

ie priay le

de ses archers

à qvatre pieds,

hors de

la

,

,

les

,

et

le dit cuisinier auoit

seigneur de

yeux

la

trouuay

de-

,

Vne prins

Trousse

ce qu'il m'accorda

me

accom-

,

pauure cuisinier

le

comme une

cheminant

bouche

auecques

ce qui ne luy fut refusé.

vouloir permettre l'aller uoir trois

de ladite pierre

et bientost aller à la selle

estant adverty

bonne drogue,

pagné de

et subit

disant qu'il auoit le feu au corps

,

l'eau à boire ,

,

deux bonnes drogues enl'estomach,

beste

et toute la face

,

la

langue

flamboyante,

désirant toujours vomir, auec grandes sueurs froides, et iettoit le

par

la

sang par

les oreilles,

nez, bouche, par le siège et

verge. le luy feis boire enuiron demy-sextier d'huile,

pensant luy aider

et

sauuer

la vie

5

mais

elle

de rien, parce qu'elle fut baillée trop lard

,

ne luy seruit

et

mourut mi-

sérablement, criant qu'il luy eust mieux vallu estre mort à la

potence.

cédé, ie

Il

feis

seigneur de

vescut sept heures ou environ

ouuerture de son corps en la

Trousse

et

la

;

et estant dé-

présence du dit

quatre de ses archers, où ie

trouuai le fond de son estomac noir, aride et sec

,

comme

un cautère y eust passé, qui me donna cognoissance qu'il auoit avallé du sublimé, et par lesaccidens qu'il auoit eus si

pendant

(1)

sa uie (1). »

OE livres de Paré, onzième édition

chap. xliv

,

p.

507.

,

liv.

xxi ; des

Venins,

D ES POISONS IRRITÀNS.

27 2

OBSERVATION VI e

Une

fille

.

de petite stature, d'une constitution robuste,

du

avala à onze heures

avoir soupe avec

soir,

23 janvier 1818, après

le

du pain , du fromage

et

du jambon

gros de sublimé corrosif dissous dans de la bière

ques minutes après

5

,

un

quel-

gémissemens qu'elle jetait appelèrent auprès d'elle les personnes de la maison où elle servait, et on la trouva à genoux , se plaignant d'un sentiles

,

ment de brûlure, qui

partait

du creux de l'estomac

et s'é-

tendait à la gorge et à la

bouche

suivie de jvomissemens

son souper, mêlé de donna un demi-gros de sulfate

mucus visqueux. de zinc

,

et

On

;

cette

douleur fut bientôt

elle rendit

lui

des blancs d'oeuf battus dans de l'eau tiède et

dans de l'eau de gruau. après.

:

On

Après qu'elle eut bu

blanc d'oeuf,

vomissement devintfloconneuse, semblable

A trois

heures du matin,

leux

mêlés de sang

et

trêmement

fétides-,

5

le

il

une heure

répéta le vomitif le

les

à

matière

du lait

trois

selles brunâtres

était petit, serré et

cent fois par minute; la douleur était diminuée

de l'assoupissement dont tour de la douleur res

-,

la face

la

du

caillé.

vomissemens devinrent bi-

y eut

pouls

la

malade

était retirée

exprimait l'anxiété.

du matin, on prescrivit un julep huileux

il

5

ex-

battait

y avait

par le re-

A neuf heu-

et laxatif,

des

fomentations émollientes sur l'épigastre, eau de gruau, blancs

d'œuf

:

la

malade

paraissait

mieux. Le soir,

la

douleur

moins vive mais la gorge était très-doulou(Gargarisme émollient , lavetrès-enflammée. et reuse ment toutes les deux heures.) Le a3, à trois heures du soir, point de selles ; la malade n'a point uriné depuis hier

d'estomac

matin

sonde et

;

était

5

point de tension ni de sensibilité à l'abdomen.

la

malade avec

du gonflement de

difficulté

,

l'urètre et

à cause

de

la

On

de l'inflammation vessie

;

quelques

gouttes d'urine s'échappent. (Laxatifs salins diurétiques

POISONS MERCURIELS.

lavemens.) Le

i'\

,

point couler l'urine

mation de

estomac moins douloureux

;

gorge, sentiment de constriction

la

dents légèrement vacillantes

douloureuses

,

mentation de

la salive.

malade il

HJ.'S

évacuations alvines; la sonde ne

,

fait

inflam-

;

gencives

légère aug-

,

{Boissons mucilagineuses). Lea5, la

du feu

estassise auprès

;

mieux; mais

elle se trouve

est évident qu'elle s'affaiblit et décline

;

selles fréquentes

très-fétides; dents très-làches, ptyalisme abondant, haleine

extrêmement

fétide-,

domen. Le cathéter

peu de douleur ,

de

à la pression

introduit dans la vessie

ne

,

l'abfait

point couler l'urine, et on l'en retire d'une couleur bleue

foncée, qui ne disparaît qu'à force de frotter cet instru-

ment avec de

la craie.

de plus en plus,

Dès ce moment,

et elle

la

malade s'épuisa

expira sans douleur

,

quatre-vingt-

dix heures après l'ingestion du poison. L'ouverture du ca-

davre ayant été

faite trois jours

après la mort, on ne put

reconnaître les désordres qui existaient. Fétidité extrême

abdomen ballonné, d'une couleur

très-foncée;

;

bouche rem-

plie de mucosités visqueuses; la face est restée dans des

contorsions hideuses. (Observation d'Adjutor dans le Jour-

nal de Fothergill , mars (1)

Ce

fait est

1

8 1 9.)

(

1

).

comme un mo-

loin de pouvoir être présenté

dèle de traitement,

et

si

nous l'avons transcrit,

avoir l'occasion de faire ressortir les vices de la tive

employée,

julor.

On

et

pour combattre certaines réflexions de M. Ad-

a de la peine à concevoir qu'on n'ait pratiqué au-

cune saignée,

et

qu'on

laxatifs salins, lorsqu'il

ait fait

usage d'émétiques irrilans et de

était certain

que

la

malade

proie à une gastro-entérite, à une angine, etc. tliilicile

c'est pour méthode cura-

Il est

était

en

également

d'expliquer l'impossibilité où l'on a été de reconnaître

la mort pendant mois de janvier, c'est-à-dire à une époque où les cadavres tardent beaucoup à se décomposer. Mais ce qui paraîtra plus inconcevable c'est que l'auteur ait conclu de ce fait que Fal-

les

désordres cadavériques trois jours après

_,

le.

,

1.

18

DE S POISONS IUR1TANS.

2^4

OBSERVATION

VII

e .

Nous fûmes appelé le vendredi 6 mai 1825 res du soir par M. M*** pour donner des soins

à huit heu-

,

,

à sa

femme,

qui venait d'être affectée tout-à-coup d'une maladie aiguë.

N'ayant pu nous y transporter qu'à onze heures , nous la l'état suivant: elle était étendue dans son

trouvâmes dans

membres abandonnés

lit, les

couverte de sueur,

nes, abattus

,

la face

à

eux mômes

,

la

peau froide,

pâle, décolorée, les yeux ter-

entourés d'une auréole bleuâtre, exprimant

la souffrance et l'horreur de

la



position

se trouve

une

personne qui sent qu'elle n'existe plus que pour mourir;

les

lèvres et la langue étaient blanchâtres, contractées, la soif

vive; la déglutition tellement les

douloureuse que

difficile et

moindres gorgées de liquide, par

l'irritation qu'elles

déterminaient, amenaientdes contractions de l'cesophageet

bumine ne possède pas le

sublimé,

l-il

,

on

comme

la

décomposer entièrement

faculté de

nous l'avons annoncé: toutefois

aurait eu tort d'en négliger l'emploi

,

car

il

,

ajoute-

est

évident

qu'elle a contribué dans ce cas à calmer les souffrances.

ment

se

fait-il

que M. Adjulor refuse d'admettre

position du sublimé par l'albumine

lorsqu'il

,

qu'après l'administration de celte substance devint floconneux et semblable à du étaient-ils autre ebose

que

le résultat

dit le

Com-

décom-

lui -

même

vomissement

caillé?

lait

de

,

la

Ces flocons

décomposition du

la

poison par l'albumine? Mais, objectera-l-on

,

pourquoi

la

ma-

lade a-t-elle succombé? La mort reconnaît pour cause l'inflam-

mation du canal digeslifdélerminée i°. par le sublimé corrosif par une partie de l'administration de V albumine , 2

avant

.

sublimé qui

a

échappé à l'action du blanc aeeiif,

?>°.

par une

portion du précipité floconneux dissous dans l'albumine {voj\ p. 3 1 5)

:

dès-lors

il

est évident qu'il

phlogistiques puissans pour

fallait

empêcher une

employer

les anli-

issue aussi funeste.

POISONS MERCUKIELS.

2^5

de l'estomac, suivies de vomissemens de matières blanchâtres

muqueuses

,

,

filantes

,

et

de matières bilieuses vertes

lorsque les efforts de vomissement étaient prolongés. pression

chaleur

phage points

dn

de cuisson existait dans

et

peau de l'abdomen

la

;

la

;

col était suivie de douleur

La un sentiment de

;

tout le trajet de l'œso-

était froide

dans tous

région épigastrique seule dénotait de

la

les

douleur

moindre pression. La malade y accusait la chaleur la plus vive et des douleurs insupportables. Des évacuations

à la

,

alvines avaient eu lieu

,

et

des envies d'aller à la selle se

répétaient fréquemment; elles étaient tellement pressan-

que

tes

la

malade demandait avec précipitation qu'on la fit lit pour l'asseoir sur le vase de nuit 5 elle a

descendre de son toujours eu le

même courage

quant au pouls, la

il

jusqu'à ses derniers inomens:

était faible, filiforme, h

peinesensible

5

respiration s'exécutait d'une manière très-lente.

Sur le plancher de la chambre et le long du lit de la malade étaient des matières muqueuses blanches qui paraissaient provenir de vomissemens nombreux. Dans d'autres points

du plancher

mais plus blanches

et

existaient des matières analogues,

plus grumeleuses

qu'on pouvait y soupçonner une table, et dans un coin de tel

endroit

la la

;

leur aspect était

présence du

lait. Sous chambre, on voyait un

humide parsemé d'une poussière blanche qui

n'a-

vait pas été dissoute dans le liquide, et qui, d'après l'aveu

de

la

malade,

était

le

d'une substance vénéneuse

reste

qu'elle avait avalée*. Cette

pect du sublimé corrosif.

poudre avait

Chacune de

la

saveur et

l'as-

ces matières fut re-

cueillie isolément à l'aide de linges très-propres.

M. M*** nous suc lequel

il

apprit que depuis

comptait

,

sa

la

femme

perte d'un héritage

était restée triste

rêveuse; qu'étant en outre affectée d'une amaurose plète de l'œil droit, et voyant

que

la

vue de

l'œil

diminuait sensiblement, elle avait manifesté

à

et

com-

gauche

plusieurs

DES POISONS IRRITÀNS.

2^6

pour la vie ce qui avait engagé constamment sur lui la clef d'une arM. M*** moire où il déposait son argent, et où étaient renfermés trois paquets de sublimé corrosif de trois gros t demi reprises son dégoiit

;

à garder

*

chacun, reste d'un traitement anti-syphilitique par mercuriels que nous lui avions

6 mai

,

à six heures

rez-de-chaussée, sa

chambre,

et

femme étendue

il

fait

que

subir;

es

bains

vendredi

le

du

soir, étant occupé à travailler au

avait

entendu beaucoup de bruit dans

que

s'y étant transporté,

sur

le

il

carreau, vomissant

avait trouvé sa

fréquemment

et

exprimant des souffrances horribles ; que soupçonnant qu'elle s'était empoisonnée, il en avait acquis la certitude

nombre des paquets de sublimé qui lui resempressé d'envoyer chercher du lait, et une pinte environ. (Prescription prendre lui en avait fait eau albumineuse , quarante sangsues à ï épigastre quinze le long des parties latérales du cou , un large cataplasme en

vérifiant le

taient; qu'il s'était

:

,

sur le ventre.

A

)

huit heures du matin

,

la

malade nous parla plus

cilement qu'à noire première visite

le

;

pouls

fa-

plus

était

y avait plus de chaleur à la peau la douleur de l'abdomen s'était étendue à la région ombilicale ; la respiration était un peu plus accélérée. ( Vingt cinq développé

il

,

;

sangsues sur V abdomen

eau gommée extrémités

;

).

A

midi

pouls petit

malade peut

à

,

,

,

lavement opiacé . fomentations abattement plus grand faible et rare

rieure de son corps morte;

la

éteinte dans toute l'étendue des pressait

fortement

parole

la

sensibilité

membres

peau sans que

la

la

,

froid des

difficile

;

la

moitié infé-

était

en

effet

on malade en reçût inférieurs;

les mouvemens volontaires s'exécuNous apprîmes que peu de temps avant

aucune impression taient encore.

;

peine nous dire qu'elle sent

,

;

notre arrivée, la malade avait eu unesyncopedanslaquellc

on

avait cru qu'elle allait expirer.

A

OISONS était

323

d'un rouge vif: les intestins paraissaient être dans Té-

tât naturel.

A

Expérience v e donné à un chien

.

une heure trente-cinq minutes, on a

avec 100 grains de charbon

triturés

vomi sans

nutes, l'animal a

sublimé corrosif

très-fort 12 grains de ;

au bout de six mi-

efforts des matières alimentaires

ces vomissemens s'étaient renouune heure quarante-six minutes; il était ventre et paraissait souffrir un peu. Le len-

noircies par le charbon

;

velés quatre fois à

couché sur

le

demain matin,

il

refusé les alimens et les boissons;

a

de ce moment quable

et

,

il

est

il

,

mort

est

il

a

jour suivant

le

à huit

heures du soir

mem-

cinquante-cinq heures après l'empoisonnement. La

brane muqueuse de l'estomac

ment foncé dans

tunique musculaire.

était

a fait avaler à

d'eau distillée

L'intérieur des

.

Aune

un chien

heure vingt

intestins grêles

une minutes, on

et

quoique de moyenne

très-fort,

;

cinq minutes «près,

A

molles, peu abondantes.

on

lui a fait

il

a

vomi des matières

une heure trente

et

une minu-

boire de l'eau contenant beaucoup de

charbon en suspension, qu'il n'a point tardé

une heure quarante minutes nouvelle dose d'eau trois

des

10 grains de sublimé corrosif dissous dans 2 onces

taille,

,

elle offrait çà et là

;

du sang veineux exlravasé sur

d'un rouge écarlate.

Expérience vi c

tes

d'un rouge excessive-

était

toute son étendue

taches noires formées par la

il

vomi du sang. A dater tombé dans un abattement remar-

poussait des cris plaintifs et

minutes après

,

et il

,

on

lui

de charbon a

a fait

à

vomir.

A

prendre une

finement pulvérisé

:

eu des vomissemens abondans.

une heure cinquante minutes on l'a forcé de nouveau à avaler du charbon suspendu dans de l'eau qu'il Enfin

,

à

,

,

a rejeté frir

au bout de deux minutes.

depuis le

poussé des

moment de

Il n'avait

l'ingestion

cris plaintifs, et s'était

cessé de souf-

du poison;

il

avait

roulé plusieurs fois par

DES POISONS IKHITANS.

3-2/J

On

terre-.

peut évaluée

une demi-once

et l'eau

quantité de charbon ingérée k

la

dans laquelle

il était suspendu, vomi du sang, et il éprouvait des souffrances cruelles. Le lendemain matin, et il est mort à six il a refusé les alimens et les boissons heures du soir. L'estomac était racorni l'inflammation de la membrane muqueuse était portée au dernier degré;

à 12 onces.

A

,

sept heures

du

soir,

il

a

,

;

cette tunique était noire et excessivement dure. Les intestins

rouges dans leur intérieur, étaient évidemment en-

,

flammés.

Expérience vu e

.

A

une heure vingt cinq minutes, on a

un chien de moyenne

taille 6 grains de sublimé corrosif dissous dans 2 onces d'eau et mêlés avec un gros de charbon au bout de deux minutes il a vomi

prendre

fait

à

:

une grande quantité de matières noires; il terredans un état de grande agitation, et matières blanches

,

écumeuses

,

s'est

roulé par

vomi des peu abondantes. A une il

a

heure quarante minutes on lui a fait avaler charbon suspendu dans une demi-once d'eau

gros de

1

et

,

il

ne

l'a

adonné autant dix minutes après sans qu'il l'ait vomi. A sept heures du soir, il poussait des cris plaintifs et il était couché sur le ventre. Le lendemain il a mangé un peu de pain el il continuait à se plaindre. Le troisième jour il était assez agile il a mangé et il s'est échappé. Ce chien a-t-il péri ? Nous croyons que non d'apoint rendu; on lui en

:

près

l'état

dans lequel

il

trouvait

se

le

jour de sa fuite.

Mais peut-on conclure que dans cette expérience le charbon ait empêché les effets meurtriers du sublimé corrosif? Non certes n'est-il pas probable que l'animal a dû. son rétablissementà l'expulsion prompte du poison qui, d'ail,

,

:

,

leurs taires

a été

,

partie par les matières alimen-

qui étaient contenues en assez grande quantité dans

l'estomac 1

décomposé en

79.

?

Nous allons maintenant indiquer

la

marche que

le

I'OISOiNS

médecin

cloil

Mf.RCl 1UF.LS»

3s5

i

suivre dans {«empoisonnement par le sublimé

corrosif.

Dès

premières apparences des_ symptômes qui

les

caractérisent,

on

fera

le

prendre au malade quelques verres

de blanc d'oeuf délayé dans l'eau ou d'omâls'ion glutineuse (V. p. 3 10 ci3i(i) (i) à défaut de ces substances on donnera :

décoction de graine de lin

de

la

de

feuilles

bouillons

,

de racine de guimauve

même

gélatineux, et

température de 25 à 3o° se trouvera affaiblie

,

par ce

:

commune

de l'eau

moyen

et l'estomac

l'action

à la

du sublimé

rempli de liquide. La

plénitude de ce viscère déterminera le vomissement,

par conséquent l'expulsion d'une certaine quantité

On

poison.

que

continuera à faire boire

vomissement aura

le

,

de mauve, de l'eau de riz, de l'eau sucrée, des

lieu

,

et

abondamment

et

du tant

jusqu'à ce que les acci-

dens soient considérablement diminués. Si l'individu est tellement organisé qu'il ne

recours au

puisse pas vomir

moyen proposé parBoerhaave.

(

L'observation suivante prouve combien il

dans l'empoisonnement qui nous occupe

,

est

la dissolution

pag. ai.)

avantageux,

de gorger

lades de liquides. Il y a environ vingt-cinq ans

macien chargé de préparer

on aura

,

Voy.

que

les

le

ma-

phar-

de sublimé corrosif

par mégarde employa une plus grande quantité de sublimé qu'il n'en fallait pour obtenir la boisson convenable. Deux cents malades soumis au traitement anti-vénérien prirent une portion de ce liquide et furent empoisonnés. Des dou-

dont on

fait

usage à l'hospice des Vénériens

,

leurs déchirantes à l'estomac et dans tout l'abdomen, des et un resserrement à la gorge furent symptômes qui annoncèrent les premières atteintes du

voraissemens copieux les

(i)

On

évitera de

ne pus dissoudre cipité

,

le

donner un grand etcès d'albumine pour précipité à mesure qu'il se forme

ainsi dissous ; étant

vénéneux.

(

,

ce pré-

e V. pag. 5io ; exp. n .)

326

DES POISONS "TîlKiTANS.

poison.

M.

Cullerier, chirurgien on chrfde

instruit de cet

événement

boissons mucilagineuses

;

,

il

cet hospice,

eut sur-le-champ recours aux

ordonna du

tion de graine de lin et de l'eau tiède;

lait

il fit

,

de

la

décoc-

prendre à cha-

que malade environ 10 pintes de liquide dans

l'espace de

six à sept heures; et au bout de ce temps, les accidens

étaient presque dissipés

:

ressentirent des douleurs

dix ou douze malades seulement à

l'estomac pendant douze

quinze jours, mais aucun ne mourut.

que

server

mac

était

la

douleur

Il était

plus vive que

était d'autant

ou

curieux d'obl'esto-

plus vide, et elle était presque nulle immédia-

tement après l'ingestion du liquide. M. Cullerier ignore quelle dose de sublimé corrosif fut donnée à ces malades;

mais

il

pense que

le

minimum

fut

de 2

à

3 grains (1).

180. Les boissons abondantes albumineuses et mucila-

gineuses doivent être préférées aux divers émétiques pour

Les anciens auteurs avaient déjà remarqué l'avantage

(1)

qu'il

a à faire

y

vomir dans

le cas

d'empoisonnement. Dios-

recommande l'eau l'huile et lebeurre commevomilifs. Voici comment Matlhiole rapporte le coride, dans son livre des Poisons^

passage de cet auteur » tes

,

:

a

Quod

,

si

qui Jordan obmutescen-

aut temulenti , aul nolentes alioqui venenum à se egeri

» nullam nobis

ej'us

cognitionem prœbeant

,

luni protinùs

» accedendum ad ea quee communiter epotis quibuscunque » venenis opitulari consueverunt. Atqui nullum inagis » x x » » » y>

» »

in

omnia valais auxilium dari jiotest quàm ut proximo loco virusJuras exhaurialur, priusquàm invalescal. Quarc sine mord calidûm oleum ex acpiâ aut seorsùm ut vomitare cogantur 9 dari convenu. Aut si oleum natura loci negat butyrum cum aquâ calidâ 3 aut malvâ , aul Uni semine , aut ira'go urlica , fœno grœco } aut halices decocto vicem e/us exhibebit. Hœc enim non modo vomilionibus exigent noi illâ sua laxalrice , aut nauseam cienle ; sedalvum quoque subducent et corporum inanilione lia adver,

;

_,

,

,

TOISOMS MEI'CCniF.LS.

W:\~j

provoquer ou favoriser je vomissement lorsqu'on a é;é empoisonné par le sublimé corrosif en effet, ces buissons jouissent du triple avantage de pouvoir être admi,

:

nistrées avec promptilude

,

d'expulser

le

poison en

le

ùé-

»

sabuntur, ut àcrimonias venenoràm hebetent.\PçlriAndrece

»

»

Mattiuou. Veneliis 3 i558,lib. yi, pag. 711.) Ambroise Paré dit « El où quelqu'un aurait soupçon d'avoir piis quelque poison par la bouche, ne faut dormir en tel

»

cas, car

»

forte

:

force du venin est quelquefois

la

ennemie de nature, monstre

si

grande

et

qu'elle exécute son pouvoir;

en nos corps que

si

que

»

souvent

»

allumé en

»

sont empoisonnez deuant que pouvoir avoir secours des-

» »

médecins et chirurgiens meurent. Donc subit il se doit faire vomir en prenant de l'huyle cl eau chaude en lieu de l'huvle

»

on

elle

ta paille

tel effet

faict le feu

seiehe; car souvent advient que ceux qui

:

fera fondre

du beurre,

et le

prendre avec eau chaude ou

»

décoction de graine de lin, ou fenu grec, ou quelque bouil-

»

Ion gras, car telles choses

»

missemenl

»

évacuations

:

venin hors par le vo-

font, jeter le

joincl qu'elles laschenl le ventre le

venin est vidé hors,

et

,

et

par

telles

son acrimonie amortie. »

(Œuvres

cV Ambroise Parc, onzième édition, des Venins, chapvn, pag. 485.) L'observation suivante de Sydenham a pour objet un em-

xxi,

liv.

poisonnement de sublimé guéri par

l'eau.

Duobus abhinc mensibus quidam

«

in

vicinia

modicam

me

roga-

»

bat ut servum inviserem

»

blimati corrosivi quahtitatemdeglutiverat. Horajere elapsa

5)

»

»

,

qui luiud

mercurii su-

erat à quâ venenum hauseral, cùm ad eiun accéder cm , jamque os ctlabia valdè intumescebant, Vehcmc.ntc.r œgrotabat ardente ventriculi dolore calorcquc tantàm non ,

,

,

» confectui.

Ego

très

aquee tepidœ congios (environ g pintes

summâ quâ poluiceleritate et di-

»

de

»

hgentia cbibendos imperavi, atque ut

»

Copia

J?aris)repelitis

.

haustibus

loties

nova ingereretur

quoties ventriculus jam iugcslam per vomiluni e/e~

;

DES rOISOKS TKUITAKS.

32

cerat

j)

ullo additamento copia se per

:

sedem injecta

ubi primant

,

tormina admonerent venenum jam per inferiora » exilum quœrere. Paruit miser, jam vitee avidus } et plures » etiam aquœ libras quant prœscripserim , absorpsit. Amici, » vcntris

ït

qui cegro utpote in casu insolito , as sidèrent , ab eo didice-

»

runt

j>

quas primum evomuil aquas gusie mens avec addition de huit à dix gouttes de laudanum dans chaque. ) Le pouls était accéléré; mais on ne l'a pas état

examiné avec

de soin pour qu'on puisse rien dire

assez

de positif sur son

état.

Le

3i

juillet,

vomisscmens

les

avaient cessé; les selles contenaient dos mucosités sangui-

nolentes;

il

froidit; le

survint

du

peau des extrémités se

délire; la

malade se leva,

et se fit

,

re-

en tombant, une petite

plaie à la partie postérieure de la tête

:

mourut

il

heures du soir, quarante -huit heures après

le

à

dix

souper

suspect.

Ouverture du cadavre faite trente heures après la mort.

Le corps

est

dans un

les orteils sont

de raideur générale

état

fortement rétractés.

On

;

les doigts et

voit à la tète la

pe-

du crâne conservent tite plaie dont nous avons leur intégrité. La surface convexe du cerveau offre un léger parlé; les os

enduit rougeâtre; inférieure de

sont regardées

il

y a un peu de sang épanché

fosse temporo-occipitale droite

la

comme

quelques heures avant

l'effet la

L'estomac paraît sain

de

la

:

à la

partie

ces lésions

chute qui avait eu lieu

mort. à

l'extérieur;

huit onces d'un liquide jaunâtre

il

contient environ

en épongeant ce liquide on trouve un grand nombre de petits grains blancs durs , de grosseur et de forme diverses ; la surface interne de cet :

,

,

organe offre une couleur rouge foncée qui ne disparaît pas par des lotions réitérées, ni par des frictions des linges et la lame des scalpels

;

faites

vers l'orifice

avec

duodé-

nal existaient plusieurs taches d'une forme inégalement

arrondie, d'une largeur variable depuis celle d'une pièce

de dix sous jusqu'à celle d'une pièce de cinq francs d'une ,

couleur brune

;

à l'endroit

de ces taches,

paraissent boursoufflées; mais

avec plus de

mac;

la

facilité

que dans

elles les

les

membranes

ne se déchirent pas

antres points de l'esto-

tunique séreuse n'est point altérée. L'œsophage

DES POISONS IMllTANS.

3g.2

dans

est

l'état

naturel.

Le duodénum

et le

commencement

de Y intestin grêle offrent une couleur rouge foncée; mais on n'y remarque pas de taches comme dans l'estomac.

Dans

tout le reste

du canal

injection vaseulaire.

On

une

digestif existe

très-forte

retrouve dans toute l'étendue

du

canal intestinal de petits corps blancs semblables à ceux

qui étaient dans l'estomac,

et

que l'analyse démontre

être

poumons n'offrent rien de remarquable. Le péricarde contient une once environ de sérosité de Y acide arsénieux. Les

incolore.

La

surface externe du cœur est dans l'état naturel

mais,

;

une altération remarquable. Les gauches sont d'une couleur rouge marbrée dans

à l'intérieur, on observe cavités

,•

le venîricule de ce côté, et principalement sur les colonnes

charnues, on voit de petites taches d'un rouge cramoisi $

en incisant sur les points où elles existent, on reconnaît qu'elles ne sont pas bornées à la surface mais qu'elles pé,

nètrent dans la substance charnue du cœur. Les cavités

une couleur rouge beaucoup plus foncée et presque noire ; sur les colonnes charnues du ventricule on remarque aussi quelques taches, mais moins nombreuses droites offrent

et

moins prononcées que dans

l'artère

et

le

ventricule gauche. L'aorte,

veines pulmonaires ne présentent aucun

les

signe d'altération.

Cette ouverture a été faite en présence de M.

reur du Roi

,

de

MM.

Dupuytren

,

procu-

moi du cœur, qui sont sem-

Petit, et

tout intéressante par les altérations

le

;

elle est sur-

que l'on remarque sur les chiens qui ont empoisonnés par l'acide arsénieux. Nous regrettons beaucoup de ne pas pouvoir joindre les détails d'un autre blables à celles

été

cet acide, observé à Brest par

cas

d'empoisonnement par

M.

Mollet, second chirurgien de

dit avoir tissu

du

la marine, qui nous a également constaté des lésions analogues dans le

coeur.

{Arch. générales de Méd.

,

février i823.}:

toisons arsénicacx.

OBSERVATION

VI

e

393

(l).

5 thermidor an 4 , dit M. Desgranges , j'ai été appelé précipitamment , à mon retour de Lyon, pour une jeune

Le

femme-de-chambre près deRolle, laquelle avait eu l'imprudence, pour faire passer des poux, de se frotter la tête six à sept jours auparavant avec de la

La

d'arsenic.

conque

:

pommade

tête était très-saine et sans

chargée

entamure quel-

mani-

aussi s'écoula-t-il plusieurs jours avant la

festation des funestes effets de cette application

;

mais alors

un effet de l'absorption, soit à travers les pores naturels du cuir chevelu soit à la faveur d'une érosion due à l'impression caustique du mélange, la maiade sans doute par

,

a été atteinte des est

douleurs

devenue enflée;

les plus cruelles

les oreilles,

sont couvertes de croûtes

;

toute la tête

doublées de volume, se

plusieurs plaies à la tête ont

5

participé à cet état, et les glandes sous-maxillaires, les ju-

du tour du cou

gulaires, celles

parotides

même

,

du derrière de

se sont engorgées rapidement.... Les

étaient étincelans et gros, le visage tuméfié et sipélateux-, la la

malade

langue aride

,

la

maux

et

,

5

elle se plaignait

à

d'une cha-

d'un feu dévorant qui

la

con-

extérieurs s'étaient joints des vertiges,

des faiblesses syncopales, des cardialgies, des

de temps

yeux

presque éry-

avait le pouls dur, tendu et fiévreux,

peau sèche

leur vive sur tout le corps

sumait. Aces

la tète, les

vomissemens

autre, de l'altération, des ardeurs en urinant,

une longue constipation

et des

trembîemens dans

les

mem-

bres avec impossibilité de se soutenir sur ses jambes. La il y avait des momens de délire. suiMe champ (à sept heures du soir) une saignée

tète s'embarrassait;

Je

fis

copieuse à

la *

(1)

malade

,

et je

recommandai de

la

saigner au

"

Recueil périodique de la Société de Médeci'm de Paris,

tom, vr

;

pag. 22.

394

POISONS IRHITANS.

1>ES

pied pendant

nuit

la

avec

graine de lin

la

mercuriel

,

de foyer

et

;

une ample boisson d*eau

je prescrivis

:

de poulet émulsionnée

et nitrée, les fleurs

,

des lavemens fréquens

de

bonhomme

et le

miel

des pédiluves d'eau bouillie avec de la cendre

vu

,

besoin de lâcher

le

ventre

le

et

d'évacuer

doucement, j'indiquai de préférence un mélange liquide de magnésie calcinée de gomme arabique et de sirop de ,

pour en prendre une cuillerée

tussilage

café toutes les

à

deux ou trois heures. Je fis graisser la têle avec la pommade en crème décrite dans la Pharmacie de Baume, contenant un quart de son poids de craie blanche en poudre Le lendemain il y eut un peu d'amendement, mais il y avait de l'assoupissement. Je

fis

aux cuisses

cela la nuit fut agitée

malgré

:

tête parut s être

vrit

accrue

appliqueralors huit à dix sangsues

,

et

,

l'enflure de la

sur le malin tout le corps se cou-

d'une éruption considérable de petits boutons

blanches

comme du

La malade

millet

,

fut très-faible et

éprouver des maux de coeur

à

pointes

surtout aux mains et aux pieds.

;

ne pouvait rester assise sans je donnai quelques cuillerées

d'une potion rendue cordiale par l'addition des gouttes

d'Hoffmann

et

plusieurs verres de tisane de bardane miellée.

Le surlendemain

je fis

rapprocher

calcinée seulement mêlée

les

doses de magnésie

au sirop de tussilage

,

afin

de dé-

terminer plus décidément des évacuations par le bas- En moins de quarante -huit heures l'éruption se sécha et tomba le ventre s'ouvrit tous les accidens par desquamations diminuèrent; et le huitième jour, à compter de celui de ;

ma première

visite,

la

danger.

Comme

dans

poitrine avec

par

la

le lait

il

malade

restait

d'ànesse.

de

a

été absolument, hors de

l'irritation et

un peu de toux

Dans

cheveux sont tombés

(1)

,

le

cours de

,

j'ai

la

de

la

sécheresse

terminé

la

cure

convalescence

les

(1).

Nous pourrions rapporler un bien plus grand Domine

ARSENICAUX.

POISONS

3q5

OBSERVATION VIT

Un homme

de quarante-cinq ans portait depuis un grand

nombre d'années un

Un

malléoles.

ulcère situé au pourtour de l'une des

charlatan

d'acide arsénieux.

,

auquel

En peu

il

eut recours, le couvrit

des

d'instaus

douleurs très-

vives se développèrent; six heures après, le

pouvant

malade ne

supporter, s'efforça mais vainement, à ce qu'il

les

parait, d'enlever ce dangereux caustique: les souffrances

continuèrent il

;

la

douleur

était brûlante.

Le surlendemain une épistaxis ,

survint des vomissemens, des coliques,

passive

;

corps se couvrit ensuite de taches rouges

le

sang parut dans

les

•,

le

matières des vomissemens et des selles

qui bientôt devinrent noires;

,

y avait des défaillances continuelles. Le cinquième jour, la langue était sèche et noire

;

il

ecchymoses avaient

lès

remplaça

les

limonade

et

pris

la

même

teinte.

On

adoucissans mis en usage jusqu'alors par

une décoction de quinquina acidulée.

la

sur-

Il

d'observations d'empoisonnement par cet acide; nous nous contenterons d'indiquer une partie des ouvrages dans lesquels

il

faut les chercher.

Dehaen, Ratio medendi pag.

i83

j

et

dans

le

,

t.

v

pars ix,cap.

;

même tome

pars x,

,

vi

c;ip.

,

§

vi

;

n, § vu,

pag. 5a {. J.-B. Mohgagm, Epit. Anat. Med., {De Sedibus et Causis Blorboruin .)

Fabrice de Hilden^ ouvrage obs, lxxxi

,

Wepfer

cilé

pag. 607. Francofurti ,

De

Cicutâ aquaticâ

,

obs. lxxx

ad Meenum ,

m,

lix, art.

pag.

289

pag.

pag.

;

2^.

606;

et

1646.

,

;

hist.

xm

an. 1716.

Sauvages tom.

,

Nosologie méthodique, traduite par Gouvion

pag. 286; et tom. vin, pag. 217. IVAviEn, ouvrage cilé, loin, ij pag. 16. vi

,

:

,

3.9^

vint

,

du

délire

,

DES POISONS IHR1TANS.

de l'agitation

on mit aux jambes des vésiet le lendemain, sei-

;

catoires ^les douleurs s'exaspérèrent

zième jour de l'empoisonnement, L'ouverture du eorps ne put êire

,

malade

le

faite.

(

n'était plus.

Bibl. médicale,

tome lxxiv, année 1821 observation de M. Meau. ,

)

Symptômes de ï empoisonnement par V acide arsènieux. 218. Les symptômes produits par l'acide arsènieux peu-

vent être réduits aux suivans tide, ptyalisme fréquent,

tion

du pharynx

et

saveur austère, bouche

:

crachotement continue!

,

fé-

constric-

de l'oesophage, agacement des dents,

hoquet, nausées, vomissemens de matières tantôt brunâtres tantôt sanguinolentes

dans

ardeurs

anxiété, défaillances fréquentes,

,

précordiale, inflammation

région

la

lèvres, de la langue,

du

palais, de la gorge

,

de

des

l'oeso-

phage; estomac douloureux, au point de ne pas pouvoir supporter

les

boissons les plus douces

noirâtres et d'une horrible fétidité

concentré

et irrégulier,

déjections alvines

\

,

fréquent

quelquefois lent et inégal

cœur, syncope,

tations de

-,

pouls petit

palpi-

5

soif inextinguible, chaleur

vive sur tout le corps, sensation d'un feu dévorant, quelquefois froid glacial

urine rare, rouge

du visage et

;

un

-,

et

respiration difficile, sueurs froides,

sanguinolente; altération des

cercle livide entoure les paupières

démangeaison de tout

le

-,

traits

enflure

corps, lequel se recouvre de

taches livides et parfois d'une éruption miliaire-, prostration des forces

,

perle

du sentiment

,

surtout aux pieds et

aux mains-, délire, convulsions souvent accompagnées d'un priapisme insupportable

chement de Tépiderme, enfin Il est

le

il

chute des cheveux, delà

individu

:

toutefois,

si

-

mort.

rare d'observer l'ensemble de ces

même

jours,

,

la

la

symptômes

cliez

maladie dure quelques

peut arriver qu'ils se manifestent presque tous à

POISONS ARSENICAUX.

3gj

des époques différentes. D'une autre part, il n'est pas sans exemple que des malades aient succombé à l'action de l'acide arsénieux sans avoir

ptômes

les

:

observations

ne

éprouvé aucun de ces sym-

et iv

e ,

et le fait

suivant, rap-

porté par M. Chaussier , ne laissent aucun doute à cet égard. Un homme robuste et de moyen-âge avala de l'acide

mourut sans avoir éprouvé symptômes que de légères syncopes. A l'ouverture de l'estomac, on trouva qu'il contenait l'acide arsénieux

arsénieux en gros fragmens

et il

,

d'autres

presque dans

Dans

219.

le

même

état

la section 11

dans lequel

e

il

avait été pris.

de cet ouvrage, en parlant de

l'empoisonnement lent, nous dirons

qu'il peut arriver que produits par ce poison ne soient pas aussi symptômes les la quantité avalée est peu consifunestes, soit parce que

dérable

qu'une portion

soit parce

,

vomissement

,

a

été rejetée par le

que des secours ont été produit tout son elle t. C'est

soit enfin parce

administrés avant qu'il

ait

que nous donnerons les moyens d'apprécier au juste valeur des dilférens symptômes, et le parti que le mé-

alors la

decin

peut en

devant

les tribunaux.

Lésions de

lorsqu'il

tirer

tissu

est

obligé

de prononcer

produites par l'acide arsénieux.

220. Lorsque l'acide arsénieux a été introduit dans

sont phlogosés

,

la

bouche, l'estomac

trouver çà et

eschares, des perforations:

comme

pour déterminer

assez forte dose

tomac peut remarquer que à

le

détruit et réduit en

rougeàlre.

Il

des

l'es-

mort, on

et les intestins

ecchymoses

,

des

velouté de l'estomac peut être

une pâte d'une couleur brune

importe toutefois de noter que dans un assez

grand nombre de cas

,

les traces

pas aussi profondes qu'on

même



la

le

d'inflammation ne sont

croit ordinairement.

On

a

des exemples de mort produite par l'acide arsé-

DES POISONS IRRITANS.

3q& nieux sans qu'il

ait été

possible de découvrir la

du canal digestif. Dans le fait signalé par M. Chaussier,

moindre

lésion

n'y avait pas

il

plus légère apparence d'érosion ni de phlogose dans le

la

canal digestif. Etmuller parle d'une jeune

sonnée par

1

aucune

n'offrirent

intestins

gangrène cère (1).

trace

cependant l'arsenic

:

M.Marc

empoi-

d'inflammation ni de

dans ce vis-

fut trouvé

rapporte que dans un cas d'empoison-

nement par l'oxyde

d'arsenic

,

mem-

loin de trouver les

branes de l'estomac érodées, on

M. Missa

fille

arsenic, et chez laquelle ni l'estomac ni les

les

trouva épaissies (2).

n'a pas observé d'altération dans l'estomac et les

intestins d'un individu qui avait pris trois gros d'acide ar-

sénieux. {Voy. observation dit

:

«

A l'ouverture

d'un

111

e ,

page 38^.) Sallin

homme empoisonné

même

de

l'es-

un gros d'arsenic en poudre, la bouche et dans

»

tomac duquel on

»

on n'a trouvé rien contre nature dans

»

,

lui et

a retiré

l'oesophage (3). »

Que

penser maintenant de l'assertion de ce dernier au-

teur, lorsqu'il cherche

blimé corrosif

à établir

une différence entre

et l'arsenic? « L'arsenic

produit

des effets assez analogues à ceux du sublimé

y a des différences notables

:

,

à la vérité,

cependant-

en ce qu'il gangrène

,

le su-

il

et per-

fore quelquefois l'estomac, en ce qu'il porte son action

sur la totalité de ce viscère

de l'œsophage,

(Recueil périodique de la

tome vu

(i)

càm (7.)

le

long

une éruption à la peau. » Société de Médecine de Paris ,

page 357.

)

Epkeinerid. Nal. Curios

>

centur.

m et

iv,

obs. oxxvi,

scliolio.

Mat.c

vérùpte (3)

,

sur la bouche et tout

,

et qu'il excite

,

,

pa£

traitiiction

de Rose:

Manuel

d'Autopsie, cada-

(ï6 , note.

Journal de Médecine,

loin, lviii, pag. 176.

poisons arsenicaux.

Nous croyons

médecin que l'existence ou cadavériques, l'étendue suffisent jamais a

faire sentir

non existence des

la

et le siège

pour prononcer

pas eu d'empoisonnement

3gcj

pour

ces notions suffisantes

de ces altérations ne

qu'il

y a eu ou qu'il n'y peuvent tout au

et qu'elles

,

plus servir à corroborer les conclusions fournies par

nalyse chimique

M.

aii.

l'a-

des matières.

13rodie a fait

une

série d'observations intéres-

animaux

santes sur les lésions de l'estomac de plusieurs

empoisonnés par porter

au

lésions

l'acide arsénieux

:

nous allons

rap-

les

parce qu'elles nous semblent pouvoir jeter quelque

.

jour sur

le sujet

qui nous occupe.

Dans plusieurs cas l'inflammation de ce viscère est extrêmement légère. En général elle commence à se développer immédiatement après que le poison a été avalé, et elle est d'autant plus intense que la mou tarde plus à survenir elle est moindre chez les animaux herbivores ,

,

;

carnivores; elle ne s'étend jamais à

que chez

les

phage

au pharynx*, son intensité

l'œso-

ni de sou développement sont beaucoup plus grandes lorsqu'on apla rapidité

et

plique l'acide arsénieux sur une surface ulcérée

qu'on l'introduit dans l'estomac avaient déjà

fait cette

:

remarque.

MM. Home

,

que

lors-

Hunter

et

Les parties enflammées

sont en général rouges dans toute leur étendue; quelque-

rougeur ne s'observe que par plaques. Les principaux vaisseaux de l'estomac sont distendus parle sang;

fois la

mais l'inflammation

est

ordinairement bornée

brane muqueuse de ce viscère couleur rouge vermeille,

pulpe

,

et se

conserve

le

se

:

mem-

à la

membrane

cette

d'une

,

ramollit en une espèce de

sépare avec facilité de la

musculeuse

caractère propre à son tissu. Quelquefois

,

on

qui re-

marque de petites portions de sang extravasé sur la surface de la membrane muqueuse , ou dans l'espace qui la sépare de

la

musculeuse.

On

ne trouve jamais l'ulcération ni

,

DES POISONS IURITANS.

400 l'eschare de

l'estomac

des intestins lorsque l'animal

et

meurt en peu de temps mais si la mort tarde l'une ou l'autre de ces terminaisons peut avoir j

que

sujet, l'auteur observe

survenir

à

dose d'acide arsénieux

il

,

:

A

l'ou-

chien qui avait pris une forte

remarqué une tache foncée

a

d'environ un pouce de diamètre,

rence d'une eschare

,

ce

anatomistessesont trompés

les

très-souvent sur la véritable nature des escbares. verture de l'estomac d'un

A

lieu.

ayant toute l'appa-

et

cependant un examen plus appro-

fait voir que cette tache n'était autre chose qu'une couche très-mince de sang coagulé, d'une couleur foncée,

fondi a

fortement adhérente

et

tomac d'un

à

membrane muqueuse.

la

homme empoisonné

trouve dans le

muséum

de

Humer,

M. Brodie

a fourni à

une nouvelle preuve en faveur de son opinion cette

pièce

anatomique

,

conservée pour

eschare produite par ce poison

,

222.

le caractère

et

dans

une

montrer

à

(i).

Nous ne terminerons

dans l'estomac

effet,

simplement une celle dont nous ve-

pas ce sujet sans faire ob-

server que dans certaines circonstances et là

en

:

offre tout

couche de sang coagulé, analogue

nons de tracer

L'es-

par l'arsenic, et qui se

,

on remarque çà

les intestins des

personnes

em-

poisonnées par l'arsenic une multitude de points brillans

que

l'on serait tenté de prendre

l'acide arsénieux.

au premier abord pour de

Ces sortes de grains sont formés de

graisse et d'albumine; mis sur les charbons

décrépitent en se desséchant

que

l'on qualifierait

flamment

comme

mal

les

,

font entendre

et

à propos

,

et

s'ils

ils

un bruit

de détonation;

corps gras

proportion notable de graisse

ardens,

ils s'en-

contiennent

une

répandent une odeur

de suif et de matière animale brûlés. Ils peuvent se rencontrer sur des cadavres d'individus qui n'ont pas été

(i)

Philosophical Transactions } année 1812,

février.

POISONS Ar.SÉKlCALX.

Ton

.{ot

saurait trop apporter d'attention à

empoisonnés,

et

les distinguer

de l'acide arséuieux

rie

(i).

Nous pourrions

plusieurs faits

où de semblables globules ont été

de méprises qui pouvaient devenir funestes bornerons

à

rapporter

citer

cause

nous nous

suivans:

les

Le i août 18245 M*

i°.

:

la

'

procureur du Roi de Saint-

e

Brieuc ordonne l'exhumation du cadavre d'un individu âgé de trente-huit ans, que l'on soupçonnait avoir péri

empoisonné quarante-quatre jours auparavant. L'extrémité

membrane muqueuse de

inférieure de l'oesophage, la

tomac

du duodénum

sont enflammées.

trouve dans une multitude de grains blanchâtres que des rapporteurs désignés pour analyser les matières et

le canal digestif

l'un

l'es-

On

croit être

male

de l'acide arsénieux altéré par une matière ani-

voici

:

,

comment il s'exprime dans son rapport

:

« L'es-

tomac et le duodénum sont parsemés d'une substance grenue

non adhérente, excepté vers

le

couleur blanche, friable

appartient au règne minéral ,

,

pylore: cette substance, d'une

d'après sa pesanteur; elle n'a pas présenté tous les caractères

de l'oxyde d'arsenic néanmoins

je pense que son long anima Usée au point de masquer :

séjour dans l'estomac

en partie

sa nature

l'a

et

,

en

la

brûlant fai cru sentira travers

d'une substance animale

l'odeur

(V oxyde d'arsenic

mais ne m'en

;

de

en combustion, celle

liant

point à mes pro-

aux grands

pres lumières,

je suis d'avis

maîtres de

habitués à ces sortes d'examens toutes les

pièces

,

l'art

afin d'éclaircir

une matière d'une

(1)

M.

si

faire adresser

mes doutes avant

haute importance.

Billard en a trouvé

chronique,

combé

et l'autre,

à la phthisie

testins présentaient 1.

prononcer sur

récemment chez deux femmes

dont L'une, âgée desoixanle-douzeans, colite

de.

»

était

morte d'une gastro-

âgée de cinquante ans, avait suc-

pulmonaire: chez cette dernière, de nombreuses ulcérations. ?.6

les in-

4o2

DES POISONS 1RRITANS. devait engager ie ministèrepublicà

Unrapportsemblable

de nouvelles recherches. L'estomac

faire faire

et les

matières

suspectes furent envoyés à Paris, et nous fûmes désigné par

M.

procureur du Roi de Saint-Brieuc pour

le

port

mais nous étions absent,

;

MM.

Vauqûeiiri

petit flacon

Barruel.

,

,

une forme de grains arrondis parmi lesy en avait de demi sphériques ces grains n'avaient

il

,

:

point de dureté

et s'écrasaient

facilement entre les doigts

sans produire de bruit; ainsi écrasés

comme du

savon

mis sur un

fer

toucher sible;

blanche dont iodeur

;

ils

est

gère

,

,

étaient

exhalent

ils

semblable ;

ils

,

doux au

n'avaient point de saveur sen-

chaud,

animales mêlées de graisse flent

un rap-

confiée à

La matière contenue dans le avait une couleur blan-

disent ces chimistes

che jaunâtre quels

et

faire

et l'analyse fut

ils

à

celle

se fondent

,

une vapeur des

matières

se boursouf-

noircissent et laissent une matière charbonneuse lé-

d'où

il

ne se dégage aucune trace d'odeur arsenicale.

L'alcool n'a aucune action sur cette matière; mais l'eau

bouillante la dissout en grande partie; la dissolution est

légèrement laiteuse,

et

n'éprouve aucune altération de la

part de l'acide hydro-sulfurique.

L'acide nitrique chaud opère tière

granuleuse,

et

la

ma-

dissolution de cette

prend une couleur jaunâtre qui de-

vient d'un rouge orangé foncé par l'addition d'un alcali.

La membrane muqueuse de l'estomac était tapissée par un grand nombre de grains blanchâtres semblables aux précédens

membrane

;

on remarquait sur plusieurs parties de

Les grains recueillis avec une carte distillée,

cette

des traces profondes d'une forte inflammation.

ayant été soumis aux

n'ont présenté aucune laver ces grains

,

et lavés

avec de l'eau

mêmes essais que

les autres,

différence. L'eau qui avait servi à

éprouvée par l'acide hydro-sulfurique

par divers autres réactifs propres substances vénéneuses

,

à

n'en a pas

faire

,

et

reconnaître les

donné

le

plus léger

POISONS

Un

signe.

lambeau de l'eitomac détaché dans

plus enflammée distiller

rique

et

n

été

soumis

celle-eij filtrée et

:

la

n'a

,

la

de PeâU

donne aucune ,

trace de

conservée dans

l'al-

surface interne des grains blancs

présentaient absolument

tiui

partie

éprouvée par l'acide hydro*sùlt'u-

par d'autres réactifs

contenait aussi à

,

la

rébullîtjon avec

;'i

poison. L'autre portion de l'estomac cool

4^3

AttSf.mC. \t \.

les

mêmes

que

propriétés

ceux dont nous avons parlé précédemment. D'après il

expériences que nous venons de rapporter,

les

nous paiait évident que

les

grains blancs qui sont ren-

fermés dans

le petit flacon, ainsi

séminés sur

la

tomac et

que ceux qui étaient dis-

surface interne des deux portions de l'es-

sont composés d'une matière animale particulière }

,

d'une petite quantité de graisse: de ces

mêmes expé-

riences, l'on peut conclure aussi qu'il n'y a dans l'esto-

mac aucune tirée

trace de poison minéral ni végétal reconnais-

Cette conclusion

sable.

par

les

est

analogue

à celle

qui avait été

deux autres rapporteurs de Saint-Brieuc.

MM.

Marye père et Alphonse Devergie furent manprocureur du Roi le 7 septembre 1824 pour faire l'ouverture du corps du nommé Julien Danguy, qui avait succombé après quarante-huit heures de maladie. L'estomac offrait une altération remarquable il était très2°.

dés par

M.

le

,

,

;

volumineux, distendu par des gaz, à l'extérieur très

-foncé,

5

sa

et

d'un rouge violacé

membrane muqueuse,

était

blancs, légèrement adhérens

plupart d'enti'eux

épaisse, d'un rouge

parsemée d'une foule de étaient

,

corps

d'une forme variable 5 la

arrondis;

ressemblance avec Vacide arsénieux raient par la densité; car en

petits

les

ils ,

avaient quelque

mais

ils

comprimant

en diffé(Mitre

les

doigts, ilsse laissaient aplatir et offraientau toucher quel-

que chose de poisseux et de gras. Il fut reconnu que Danguy avait coloquinte;

les

été

empoisonné par

la

corps blancs semblables à l'acide arsénieux

DES TOISONS IUÏUTÀNS.

4û4

furent analyses par

de graisse

M. Vauqueiin

qui

,

les

trouva composés

d'une matière animale.

et

2^3. Il résulte des expériences

des observations pré*

et

cédemment rapportées: i°.

Que

un des poisons

l'acide arsénieux est

les

plus

énergiques du règne minéral pour tous les êtres organisés; 2°.

Qu'il agit avec plus d'intensité lorsqu'il est dissous

dans l'eau que dans

nement dans

,

le cas



soit

est solide

il

\

symptômes de l'empoisonqu'on l'introduise dans le canal digestif ou

détermine tous

3°. Qu'il

les veines

,

soit

qu'on

les

dans

l'injecte

cavités

les

sé-

reuses ou dans le vagin, soit enfin qu'on l'applique sur le tissu cellulaire

;

4°. Qu'il produit des effets aussi funestes lorsqu'il est le tissu cellulaire du dos, que dans le cas où met en contact avec le tissu cellulaire de la cuisse, ce qui n'a pas lieu pour le sublimé corrosif

appliqué sur

on

le

5

5°.

Qu'il paraît être absorbé,

est d'autant pius

énergique que

qu'en général son action

et

le tissu

sur lequel on l'appli-

que communique plus directement avec le système sanguin 6°. Qu'il agit sur le et

dont

il

cœur, dont

enflamme souvent

il

le tissu

anéantit

:en

effet, les

fonctions

de cet organe sont constamment altérées pendant 7

.

rare de le trouver

enflammé après

poison a été appliqué sur

dans une cavité séreuse

la

mort,

lors

le tissu cellulaire

tion locale qu'il détermine assez souvent

coup trop faible pour détruire temps aussi court;

Que

les

il

n'est pas

même que

,

ou injecté

;

mort

8°. Qu'il serait impossible d'attribuer la

.

5

Indépendamment des symptômes qui an-

noncent une altération constante de cet organe,

9

la vie

Qu'il exerce également son action délétère sur le

canal digestif.

le

;

contractilité

la

la

,

et

vie dans

à l'irrita-

qui est beau-

un espace de

cadavres d'individus empoisonnés par

l'a-

VOISONS ARSENICAUX.

/{o5

cide arsénieux se pourrissent aussi facilement que les autres

,

tout étant égal d'ailleurs.

application de tout ce qui a été

Nous devons examiner

224.

desquels l'expert peut

l'empoisonnement a eu sibilité

d'opérer

la

dit.

aux

divers cas

par Vacide arsénieux.

1

d" empoisonnement

les divers

prononcer lieu

procédés

par l'acide arsénieux. L'impos-

décomposition de ce poison par des

substances alimentaires, végétales ou animales pérature

ordinaire

;

chimie fournit pour cilité

l'aide

à

affirmativement que

la

multiplicité des

tem-

à la

,

moyens que

le distinguer des autres; enfin

la

fa-

la

avec laquelle on peut eu extraire l'arsenic métalli-

que, sont autant de conditions qui rendent

la solution

de

ce problème bien plus facile que celle des poisons dont

nous nous sommes occupés jusqu'à présent. C'est ce qui

nous

sera mis hors de doute par les détails dans lesquels

allons entrer.

PREMIER CAS. L'individu est vivant; on peut se procurer les restes du poison.

225. L'examen attentif des symptômes auxquels le lade est en proie

de

la

,

le

commémoratif

,

et l'analyse

substance vénéneuse, peuvent éclairer le médecin

dans ce cas nullement embarrassant. A. Si la substance que l'on veut reconnaître et

est.

solide

pulvérulente, on en fera dissoudre à-peu-près un demi-

grain dans une demi-once d'eau distillée, dont la

ma-

chimique

on élèvera

température jusqu'à ioo°. Si cette dissolution se cem-

porte avec l'acide hydro-sulfurique liquide

cuivre ammoniacal et l'eau saturée

,

le nitrate

de chaux

,

comme nous

précédemment [voy. pag. 358

,

le

d'argent dissous

et

sulfate

de

ou solide,

l'avons indique

suiv.), et que

la

poudre.

DES POISONS IRIUTÀNS.

4o(j

mise sur

charbons ardens, exhale des vapeurs blanchies

les

d'une odeur alliacée, on affirmera qu'elle est formée par toutefois on pourra si on veut une l'acide arsénieux :

,

preuve de plus, procédera l'extraction de l'arsenic métallique en mêlant une autre partie de la poudre avec son volume de charbon finement pulvéïisé et de potasse du

commerce

(sel de tartre)

quelques minutes

:

à l'action

le

mélange

exposé pendant

,

d'une chaleur rouge dans un

tube de verre ou dans une cornue, donnera de l'arsenic métallique extrêmement brillant, adhérent aux parois du

répandant des vapeurs alliacées

tube

,

feu

et se

,

on

si

transformant en acide arsénieux

pendant quelque temps dans de

l'eau

le

aérée.

met sur on

si

le

le laisse

Nous avons

souvent découvert jusqu'à un huitième de grain d'acide arsénieux en suivant ce procédé extrêmement simple. Il

peut arriver que

tenue tube

soit si petite

quantité d'arsenic métallique ob-

la

qu'on ne puisse pas

la

détacher du

ce n'est quelquefois qu'une légère couche d'une

;

poudre terne trument

:

qui recouvre

et grisâtre

les

parois de cet ins-

dans ce cas, après avoir soigneusement recueilli

tous les fragmens de verre enduits de cette poussière

on en mettra une partie dans niacal

5

le reste sera

comme

étant faits

,

si

de cuivre

placé sur les charbons ardens

nomènes produits par tout

le sulfate

l'acide arsénieux se

,

les

Ces

essais

pour obtenir un plus grand degré

de certitude, soumettre

la dissolution

d'acide arsénieux

à l'action d'un courant galvanique (§ 207 ); l'arsenic tallique s'appliquera, fil

phé-

manifesteront

l'arsenic métallique était seul.

on pourra

:

,

ammo-

mé-

au bout d'un certain temps, sur

le

un morceau d'or ou de cuivre. Ce négligé sans aucun inconvénient par

négatif terminé par

caractère peut être

ceux des médecins qui ne peuvent pas se procurer faci-

lement une pile vollaïque.

Lorsque

l'acide arsénieux est en

masses, on

commence

poisons AnsÉwicAUX. par examiner

au §

iç)>\

,

s'il

4°7

jouit des propriétés physiques assignées

puis on le réduit en poudre pour faire les expé-

riences que nous venons d'indiquer.

B.

Si l'acide arsénieux esl

chocolat ou le

mêlé

à

du vin, du café, du on versera dans

tout autre liquide coloré.,

à

mélange un excès d'acide hydro-sulfurïque d'acide hydro-chlorique; par ce

gouttes

et

quelques

moyen

tout l'a-

décomposé et transformé en sulfure d'arsenic d'un jaune plus ou moins foncé-, on filtrera et on obtiendra ce sulfure sur h; filtre; on le desséchera et on le calcinera avec de la potasse pour en obtenir l'arsenic métallique. {Voy. pag, 35g.) cide arsénieux sera

On

pourra également avoir recours au procédé suivant:

on détruira tité

couleur du mélange par une suffisante quan-

la

de chlore concentré; on laissera déposer une matière

jaune-rougeàtre qui pourra se former; on

queur

employé assez de chlore, mais bien de hydro-sulfurique ne

l'acide

aussi

jaune qu'autant qu'on nique

filtrera

filtrée ne contiendra plus d'acide arsénieux

)

la fera

la

si

la

li-

l'on a

l'acide arsénique

précipitera-t-il

la

chauffer

(i).Quoi qu'il en soit,

;

(

:

en

Voy. Acide arsé-

présence du sulfure d'ar-

senic bien constatée suffira pour attester que la dissolution

colorée renfermait de l'acide arsénieux. Si

,

dans le cas dont

réactifs

propres

duit en erreur

,

à

s'agit,

il

on se bornait

à l'emploi des

déceler l'acide arsénieux, on serait in-

puisque

la

plupart de ees réactifs fournis-

sent avec les mélanges d'acide arsénieux et d'une liqueur

colorée, des précipités autrement colorés que

donne

(i) .-.on

la

ceux que

simple dissolution arsenicale.

L'eau dans laquelle

oxygène

fait

le

chlore

est

dissous

passer l'acide arsénieux à

.se


es

hydrorcMorique,

par L'acide

traitée

poissas truîtans. laissera déposer des

flocons de sulJuVè d'arsenic jaune.

qu'à l'aidedumoven que nous conseillons

Il est rare

parvienne pas

à

démontrer

on ne

présence de l'acide arsénieux:

la

auteurs qui ont parlé de la difficulté que l'on éprouve

les

à découvrir ce poison lorsqu'il est uni à des matières

anima-

évidemment exagéré. S'ils ne l'ont pas trouvé dans les liquides que l'on avait fait bouillir avec ces matières cela dépend de ce qu'ils ne les ont pas mis en contact avec les, ont

,

l'acide hydro-sulfurique et

rique cal

,

mais bien avec

qui

,

sultats

un

est

le

un atome d'acide hydro-chloammonia-

deuto-sulfate de cuivre

réactif infidèle (i). Voici

,

du

reste, les ré-

d'une expérience qui nous paraît établir ce

d'une manière incontestable

fait

nous avons mêlé deux grains

:

d'acide arsénieux dissous dans l'eau avec deux onces de

bouillon gras, autant de café à l'eau , de vin rouge lait

:

nous avons délayé un œuf dans

avons

évaporer jusqu'à siccité

fait

,

le

mélange

et

de

nous

en ayant soin toute-

fois de ne pas chauffer assez pour décomposer

(i)

et

,

la

matière

L'expérience suivante prouve combien ledeuto-sulfale de

cuivre ammoniacal peut induire en erreur dans certaines cir-

constances

on

:

a versé dans

une dissolution de gélatine une ; l'acide hydro-

goutte de soluLum concentré d'acide arsénieux sulfurique

jaunissait la liqueur

de cuivre ammoniacal ne

solulum arsenical

sans la précipiter

l'altérait

et l'acide

point.

Avec

le sulfate

;

même

le sulfate

gouttes de

iiydro-sulfurique, la dissolution

de gélatine prenait une couleur jaune foncée pitait point

;

trois

,

mais ne préci-

en y ajoutant de l'acide hydro-chlorique

de cuivre ammoniacal

;

au contraire

;

ne

lui

;

faisait

subir aucun changement. Sept gouttes de dissolution d'acide

arsénieux ont fourni un précipité floconneux de sulfure d'arsenic jaune

,

surtout à l'aide de l'acide hydro-chlorique

quatre gouttes de

la

même

;

dissolution le sulfate de cuivre

avec

am-

POISONS AllSÉNICÀUX.

/^l5

animale. Le produit Je l'évaporation a

partagé en

été

quatre parties égales. L'une de ces fractions a

pendant huit

comme

minutes par l'eau

été traitée

et l'acide nitrique,

vient d'être dit, et a fourni

il

quantité

à dix

une

assez grande

de sulfure d'arsenic pour permettre d'affirmer

qu'elle contenait de l'acide arsénicux. Les trois autres portions ont été traitées l'une par la potasse caustique

par l'hydro-sulfate de potasse

comme

dépotasse,

le

l'autre enfin par

,

conseille

:

précédent

moyen de fois

fixe

,

dont on peut démontrer

certains réactifs.

que

la

On

matière suspecte

,

traitée par l'eau

n'a point fourni d'acide arsénieux

mais nous

,

répétons

ce cas doit être on ne peut plus rare

existe. Voici

du

reste

comment

il

faut agir.

5

,

même

le

même il

si

On réunit toutes

moniaeal adonné une couleur verte sans précipiter;

de

l'exis-

doit le mettre en

bouillante ,

ces

toute-

:

consiste à transformer l'acide arsénieux

en arséniate de potasse usage toutes les

le

paru devoir être préféré aux deux autres.

D. Ce procédé tence au

l'autre

nitrate

M. Rapp aucun de

procédés n'a été aussi avantageux que fois le dernier a

,

lfî

il

en

était

avec sept gouttes. Dans une autre expérience, après

avoir détruit par l'acide nitrique

la

matière animale que Ton

avait

mêlée avec quatre gouttes de dissolution d'acide arsénieux,

on

obtenu des flocons jaunes de sulfure d'arsenic

a

l'acide hydro-sulfurique et d'une

dro-chlorique

,

à Taide de ou deux gouttes d'acide hy-

tandis que le sulfate de cuivre

ammoniacal se

bornait à verdir la liqueur sans la précipiter, lors

même

qu'on

y ajoutait douze gouttes de dissolution d'acide arsénieux. D'ailleurs, ne sait-on pas que le réactif dont il s'agit offre une couleur bleue

,

et qu'il suffira

de

le verser

dans une liqueur jaune

ne contenant point d'acide arsénieux pour obtenir

la

nuance verte que dans l'expérience précédente

,

tières suspectes présentent

?

Or

souvent une couleur jaune

tout lorsqu'elles ont été traitées par l'acide nitrique.

même

les ;

masur-

DES POISONS 1URITANS.

ng. 345. Misçeltanta curiosa appendix , observai, xxwin, an-,'X'l.

POISONS ARSENICAUX.

même M.

44

dangereux. Foureroy avait annoncé ce

fait,

f

dont

llenaull a vérifié l'exactitude par des expériences di-

rectes

:

tous les

animaux auxquels

arsénieux dans du beurre et de

a fait

il

graisse ont

la

plus vite que lorsqu'ils avalaient

prendre l'acide

succombé

poison seul ou mêlé

le

avec toute autre substance (i). 246. L'eau de chaux coupée avec le lait, conseillée par IVavier, n'offre

aucun avantage particulier dans

d'empoisonnement par

l'acide arsénieux solide.

animaux auxquels nous en avons au bout de quelques heures.

I!

:

il

un arsénite de chaux insoluble qui

cas,

blement. Nous avons donné

a

de

les

prendre sont morts

fait

n'en est pas de

l'acide arsénieux est à l'état liquide

cas

les

Tous

se

même lorsque

forme, dans ce

n'agit

que

très-fai-

petits chiens jusqu'à

4 grains de ce poison liquide nous leur avons fait avaler de l'eau de chaux, et ils n'en ont pas été incommodés. ;

Cette différence tient évidemment à ce que, dans le pre-

mier cas

,

la

chaux

s'unit difficilement à l'acide areénieux

solide, tandis que, dans le second cas, ces deuxsubstances se trouvant dissoutes

,

se

combinent facilement

un corps insoluble qui ne paraît pas Or, comme c'est presque toujours à prend est

celte substance

vénéneuse,

et

forment

agir

comme

poison.

l'état

solide

l'utilité

que

l'ou

de l'eau de chaux

presque nulle.

prônée autrefois comme un excellent remède dans l'empoisonnement qui nous occupe, doit être ^47- La thériaque

rejetée

comme

,

inutile et dangereuse. Navier rapporte l'ob-

servation de six personnes empoisonnées pour avoir

de

la

soupe

à laquelle

mangé

on avait mêlé de l'acide arsénieux

;

on leur donna pour premier remède beaucoup de thériaque elies périrent toutes en huit jours de temps , excepté :

une, qui ne mourut qu'au bout de deux mois, parce (1

)

Ouvrage

ci Vc

,

pag.

ou la trouble à peine, ce qui dépend de la grande quantité d'eau qu'elle renferme. Son acuon sur l'économie animale est la

même que

celle

de l'acide arsénieux,

OBSERVATION.

Le 3 mai i8a3 heures

Gendrin

,1e docteur

du matin pour donner

appelé

lut

onze

à

homme

des soins â un

âgé

de trente-deux ans, d'une forte complexion

,

couché

au bas duquel

était

à moitié habillé sur le

bord d'un

lit,

qu'il trouva

répandue une matière liquide blanchâtre, écumeuse.

Le malade

était

sans connaissance;

en dehors, entr'ouver«tes serrées,

les

yeux

raides et tendus

,

fixes,

et

les lèvres étaient tirées

couvertes d'écume; les dents

rouges et ouverts,

le ventre

dur

les

et très rétracté

,

membres

la respira-

tion saccadée, très-bruyante, le pouls dur et inégulier.

Une

voisine entrée depuis quelques instans aux cris d'un enfant,

qui ayant vu le malade se débattre trouvé ce dernier sur

le

s'était effrayé

pavé, couché dans

la

,

avait

matière qui

y était répandue et qu'il avait vomie. On voyait dans l'appartement des meubles brisés, la porte enfoncée et sur l'angle d'un secrétaire ouvert, était

une matière demi-lluide

,

un verre au lond duquel blanchâtre

et

semblable à

AnsÉwiCiux.

roisirNs

/|/J5

comme

celle

vomie par

forte

odeur de camphre. A coté de ce verre était une lettre le malade annonçait les motifs qui le por-

malade,

le

et

répandant

elle

une

dans laquelle i

L'encre de cette

lient à se détruire.

le verre

encore couvert sur

ment fournie par

les parois

solution dont

lettre

encore fraîche,

de

mousse évidem-

la

une partie au démontrer pour qu'il ne suffirent pouvait y avoir long-temps que le malade avait avalé le poison on sut en effet que ce n'était que trois quarts d'heure aupara-

fond

la

restait

il

,

:

Le serrement des

vant.

mâchoires

était

impossible de faire avaler aucun liquide à

déterminer

vomissement

le

gastre; le malade

mâchoires.

On

fit

à l'aide

;

tel

qu'il fut

mais on parvint

de frictions sur

l'épi

-

alors quelques efforts et écarta ses

introduisit dans l'estomac

un verre de solu-

albumineuse qui oceasiona bientôt après un vomissement violent le malade reprit sa connaissance et vomit tion

;

nouveau une petite quantité de liquideblanchâtre, mousseux , d'une odeur camphrée, mêlé de flocons jaunes,

a>

,

,

Loin.

%'.

,

POISONS CUIVREUX. droits

on

,

les

5n3

assaisonne. Trois personnes avancées en âge

moururent des

de cet empoisonnement

suites

les autres

;

y

survécurent (1).

OBSERVATION

Deux hommes

ayant

VIII

e .

mangé d'un ragoût préparé dans des

vaisseaux de cuivre qu'on avait négligé d'étamer

,

périrent

empoisonnés, après avoir éprouvé pendant une heure environ des cardialgies violentes, auxquelles succédèrent des

vomissemens énormes

et

un ténesme continuel. Tous

remèdes qu'on leur administra furent ture des cadavres

,

on

A

inutiles.

canal alimentaire distendu par

vit le

une grande quantité de gaz, rongé en divers endroits, principalement dans

duodénum

étaient atteints de gangrène; l'intestin ;

et

grêles; le pylore et le

les intestins

percé en deux points

était

les

l'ouver-

l'œsophage

et le

rectum

pharynx pa-

raissaient être dans leur état naturel (2).

OBSERVATION IX e

.

L'enfant d'un peintre ayant avalé une dissolution de vertde-gris

,

en mourut.

A l'ouverture de

son corps

,

on trouva

l'estomac enflammé et très-épais dans sa substance

,

sur-

tout vers le pylore, dont le contour était tellement gonflé

que

l'orifice

étaient

en

divers endroits la

était

presque oblitéré;

les intestins grêles

enflammés dans toute ieur étendue ,

et

même

et

liqueur verdàtre qui était contenue dans

tinal s'était

intestins

épanchée dans

étaient

gangrenés en

percés au point qu'une partie de

la cavité

du

le

canal intes-

bas-ventre; les gros

distendus outre mesure dans quelques

,

(1)

Dr.ocAr.r» 'ouvrage cité, pag.

(i)

Ohse.rvalions

riiez

l'homme.

,

y/j-

sur les effets des vapeurs

mi'pliitiques

par M. Portai^ nntiée 17^7,1 p&g. t^

*

5?4

POISOUS IKIUTANS.

*>ES

points, et très-rétrécis dans d'autres; mais

rectum

le

était

ulcéré dans toute sa surface interne, et percé en plusieurs

endroits (i).

OBSERVATION X e

M.

.

L., ancien militaire, âgé de vingt-neuf ans, bien

stitué,

mais doué d'une imagination vive

violemment colique

Des circonstances

épris d'une jeune personne.

impérieuses s'opposant

union

M.

,

L. devint

résolution de se suicider.

et prit la

dose de poison

à leur

se

,

coucha sur-le-cUamp

con-

et irritable, était

mélan-

avala une forte

Il

s'endormit

et

;

des

douleurs intolérables dans l'abdomen ne tardèrent pas à

couché sur

réveiller. Il était

arrière

;

s'agitait

il

le

dos,

prodigieusement

des cris aigus sans pouvoir parler

à

5

la tête il

jetait

cause de

tétanique des mâchoires et du spasme de était

cher

la

le

renversée en

par intervalle la

contraction

gorge

5

le

ventre

dur, peu gonflé et singulièrement douloureux au tou5

l'estomac de temps en temps faisait effort pour se con-

tracter

;

pouls était petit, concentré

le

et

cependant régulier;

traits du visage indiquait les angoisses du malade. Les mâchoires ayant été écartées avec force, on introduisit dans l'estomac une quantité considérable d'eau tiède et d'eau de guimauve on lui donna aussi des lavemens de même nature. M. L., revenu totalement à lui au

mais l'altération des

5

bout de deux heures, avoua après quelques avait avalé

une

de vert-de-gris. heures-,

il

tablette de couleur

On continua le traitement pendant quelques

eut un plein succès, et le malade se trouva rétabli

en peu de jours

il

difficultés qu'il

contenant une forte dose

(2).

(Gazelle de santé,

5 juillet 1820.)

(1)

Idem,

(2)

Suivant M. Réveillé Parise, auteur de celle observation

4%-

pag.

résulte de ce lait

stances corrosives

yi

,

que dans les

les

.

empoisonnemeus par des sub-

boissons émollientes, prises en grande

POISONS CUIVREUX.

525

Symptômes de V empoisonnement par

le vert-de-gris.

345. Les symptômes de l'empoisonnement par le vertde-gris peuvent être réduits aux suivans

Saveur acre

,

styptique

,

cuivreuse

;

:

aridité et sécheresse

delà langue, sentiment de strangulation

à la

gorge, rap-

ports cuivreux, crachement continuel, nausées, vomisse-

vains efforts pour vomir-, tiraillemens

mens ahondans ou de l'estomac, qui

est

souvent très-douloureux; coliques

atroces, déjections alvines très - fréquentes

,

quelquefois

sanguinolentes et noirâtres, avec ténesme et débilité; ab-

domen ballonné sérié

et

douloureux; pouls petit, irrégulier,

fréquent; syncope, chaleur naturelle, soif ar-

et

dente, difficulté de respirer, anxiété précordiale sueurs froides, urine rare; céphalalgie violente, vertiges, abatte-

ment, faiblesse dans enfin

la

Il est rare

même

le

les

membres, crampes, convulsions

que tous ces symptômes se développent chez en général les vomissemens et les

individu

:

,

coliques sont de tous les plus constans. fois

que

;

mort.

la

Il

gangrène s'empare des intestins

arrive quelque:

cet état, tou-

jours fâcheux, s'annonce par la cessation presque subite quantité, sont supérieures à tout neutralisant chimique. » fausseté de celle conséquence est trop évidente

La

pour que nous

cherchions à la réfuter. Nous trouvons tout simple que

le

docteur

Réveillé Parise n'adople pas avec nous que l'albumine doit élre

préférée aux boissons adoucissantes dans l'empoisonnement par le

vert— de-grisj mais

lorsqu'il élablit les ait

la

nous sommes en droit d'exiger de

supériorité d'un

employés tous

les

M. L. Du

reste

Réveillé Parise à la page 25 de ce

nière de juger

la

valeur des

l'empoisonnement.

sur

un autre

,

lui

;

qu'il

deux au moins unefois. Or, l'albumine

n'a pas été administrée à

M.

moyen

,

nous renvoyons

volume pour

médicamens dans

le

la

ma-

traitement de

DES POISONS IRRITÀNS.

5î6 de

la

pouls

douleur, par ,

la

petitesse et la faiblesse excessive

qui est imperceptible

plus ou moins fréquens

Lésions de

produites par le vert-de-gris.

tissu

346. Le siège de ces lésions

est

principalement dans

le

mort arrive quelques heures après poison, on trouve la membrane muqueuse

Lorsque

canaldigestif.

que l'on a pris le de l'estomac et des

la

intestins

enflammée

flammation se communique à toutes viscères, et

du

misérable; par des hoquets

par des sueurs froides.

et

,

et

,

l'in-

tuniques de ces

forme des eschares qui se détachent

se

il

promptement

quelquefois

:

les

et laissent

des trous

à

travers lesquels les

matières sortent pour être épanchées dans la cavité de

l'abdomen. Les observations

vu c

et

offrent des exemples des

vm e

,

rapportées par M. Portai

perforations dont nous venons

de parler. M. Laporte, chirurgien de Paris,

a

vu un

homme

tué en quelques heures par une boule de cire chargée de vert

-de -gris

mégarde

qu'il avala par

une cschare très-considérable 347-

des

Il résulte

que le vert-de-gris pour l'homme et pour i°.

faits

son estomac

précédemment

et l'acétate

les

;

offrit

(1).

rapportés,

de cuivre sont vénéneux

chiens, lorsqu'ils sont

intro-

duits dans le canal digestif ou dans les veines. 2°. Qu'ils n'exercent

aucune action délétère quand

sont appliqués sur le tissu cellulaire cas, à déterminer

une légère

:

ils

se

bornent

irritation suivie

,

ils

dans ce

d'une inflam-

mation peu intense. 3°. Qu'ils

4°.

(1)

Que

la

ne sont pas absorbés.

mort

qu'ils occasionent

lorsqu'ils sont in-

Encyclopédie méthodique , Médecine ,

partie, pag. 247.

I.

v,

première

POISONS CUIVREUX.

!)1J

irodnits dans le canal digestif cloil être .attribuée à

flammation qu'ils développent dans

l'in-

de ce canal

les tissus

,

surtout à leur action sympathique sur le système ner-

rt

VeUX.

application de

tout,

ce qui a été

d'empoisonnement par

dit.

aux

difféfens cas

le vcrt-dc-gris.

PREMIER cas. L'individu est vivant ; on peut agir sur les restes

du poison.

que l'on examine

est à l'état

348. j4

'.

Si la substance

solide et d'une couleur verte-bleuâtre, petite quantité dans gir. Si

,

un creuset de

par l'action de

la

chaleur

terre

on en mettra une que l'on fera rou-

cette substance se

,

dé-

compose noircit et donne au bout de quelques minutes du cuivre métallique, on pourra présumer qu'elle est formée par du vert-de-gris, et l'on en acquerra la certitude par les moyens suivans: i°. l'acide sulfurique concentré , mis sur une autre portion de cette poudre, en dégagera ,

,

des vapeurs d'acide acétique reconnaissables 'jP.

l'eau distillée bouillante

et la dissolution

,

ne

à

leur odeur;

dissoudra qu'en partie,

la

d'une couleur bleue tirant sur

le vert,

précipitera en brun-marron par l'hydro-cyanate ferrure de

potasse, en bleu clair par l'ammoniaque

redissoudra en entier dans un

râtre par l'acide hydro-sulfurique le feri.

(

ce précipité se

excès d'alcali ), enfin

;

plongés dans cette dissolution

,

,

le

se

en brun noi-

phosphore

et

recouvriront

d'une couche de cuivre métallique, (loy. § 334-) B. Si le vert-de-gris est solide et adhérent aux vases de cuivre non étamés ou mal étamés

,

on commencera par

racler les parties des ustensiles qui offrent des points ver-

dàlres

;

on ramassera

la

poudre

et

moyens que nous venons d'exposer.

on

l'essaiera

Si la quantité

par les

sur la-

5a8

DES POISONS IRRiTANS.

quelle on agît élait peu considérable, on se bornerait à là

par l'acide sulfurique pour démontrer

traiter

de

bouillante pour obtenir réactifs décèleraient le

C.



la

présence

mettre en contact avec l'eau

l'acide acétique, et à la

une dissolution dans laquelle

les

deutoxyde de cuivre.

peut arriver que

de cuivre, ainsi raclés,

les vases

fournissent une poudre

verdâtre

insoluble dans l'eau,

,

se dissolvant avec effervescence dans l'acide sulfurique

sans dégagement d'acide acétique

cessairement avoir lieu toutes il s'agit est

:

ce

phénomène que

les fois

formée par du vert-de-gris naturel

doit né-

poudre dont

la (

sous-deulo-

carbonate de cuivre). Dans ces cas assez fréquens

,

il

fau-

dra en mettre une portion en contact avec l'acide acétique

concentré

la

à

promptement

,

verdâtre, dont

température ordinaire, qui -la dissoudra

et

donnera

et faciles à constater

D.

l'acétate

çie

de cuivre d'un bleu

propriétés sont extrêmement saillantes

les

(§ 334,

p.

5o8).

Si le vert -de-gris a été délayé dans l'eau froide

,

la

substance sur laquelle l'expert doit agir sera en partie li-

quide

,

en partie soiide

;

la

leur bleuâtre, sera trouble



portion liquide, d'une couelle

renfermera de l'acétate et

de l'hydrate de deutoxyde de cuivre on 5

la

décantera et on

la traitera par l'îiydio-cyanate ferrure de potasse,

niaque

et les autres réactifs

et suivantes.

ou moins

l'ammo-

dont nous avons parlé page 5o8

La portion non-dissoute, d'une couleur plus

foncée, pourra être desséchée et calcinée avec du

charbon pour en obtenir du cuivre métallique. E. Dans le cas où le poison aurait été mélangé avec du vin

,

du bouillon

,

etc.

,

et

donnerait avec les réactifs des

précipités d'une couleur différente de ceux qui sont four-

nis par

la

dissolution du vei t-de-gris

, il

faudrait verser dans

un excès d'acide hydro-sulfurique qui y formenoir de sulfure de cuivre; on laverait c

Du

Sulfate de cuivre ammoniacal.

Le sulfaté de cuivre ammoniacal

3G6.

leur bleue.

On

l'odeur ammoniacale qu'il exhale a

de verdir

;

de violettes;

le sirop

donne avec

qu'il

est

d'une belle cou-

dislingue du sulfate de cuivre,

le

i°. 3°.

par

par

i°.

par

propriété qu'il

la

le précipité vert

l'acide arsénieux dissous

ce 'précipité,

:

d'arsénite de cuivre, est très-abondant et paraît sur-

formé le-champ, tandis que l'acide arsénieux, mis dans de cuivre

ne fournit de précipité

,

le sulfate

qu'au bout de

distinct

ou vingt-cinq minutes.

vingt

Du

Nitrate de cuivre.

367. Le nitrate de cuivre est d'une belle couleur bleue sa saveur est acre et Viiçs-causiique;

lélipipèdes allongés aiguilles.

Mis sur

,

les

il

ou en prismes

cristallise

semblables

fins

charbons ardens,

il

;

en paralà

des

se dessèche et dé-

tone avec scintillation. Lorsqu'on le chauffe dans un creuset

.

nili

il

se

décompose, donne du gaz oxygène, des vapeurs

cuses rouges

brun. Si on à

(

gaz acide nitreux

il

)

mêle avec du charbon

laisse

et ,

de l'oxyde de cuivre et qu'on le soumette est plus

com-

pour résidu du cuivre métallique.

11 se

du calorique,

l'action

plète, et

le

sa

dissout très-bien dans l'eau

:

traitée par l'acide sulfurique

décomposition cette dissolution ,

que

l'acide sulfurique

l'acide nitrique, et

sert à distinguer ces

deux

.

te

potasse

le nitrate sels.

ferrure de potasse, ,

se

comportent avec

celle d'acétate

de cuivre.

,

ce qui prouve

,

plus d'affinité pour l'oxyde de

que n'en a moins soluble que fcui'Vre

concentrée

fournil au bout de quelques

instans des cristaux de sulfate de cuivre a

,

que

de cette base

le :

sulfate est

ce caractère

Les hydro-sulfates, l'hydro-

l'ammoniaque

et l'arsénite

cette dissolution

comme

de

avec

IVriLCX.

Cl

CUISON.-.

De V Hydro-çhlorate

S/.fç)

de cuivre.

368. L'hydro-chlorale de cuivre au

maximum

d'oxyda-

tion est d'une couleur verte lorsqu'il est à l'état solide.

Chauffé dans un creuset de terre avec son volume de char-

bon

cl

de potasse

à l'alcool,

se

il

décompose

et

donne du

gaz acide carbonique et un produit lixe formé de chlorure

de potassium

et

de cuivre métallique

distillée bouillante,

(i).

Traité par l'eau

donne un liquide d'une couleur

il

verte tirant sur le bleu

ce liquide fournit, par le nitrate

:

d'argent, un précipite blanc de chlorure d'aigent; les hydro-sulfates, l'acide hydro-suifurique, l'arsénite dépotasse,

riiydro-cyanate ferrure de potasse, l'ammoniaque

et les

comme nous

antres réactifs le troublent,

faisant l'histoire de la dissolution

l'avons dit en du vert-de-gris. L'acide

sulfurique concentré, mis en contact avec l'hydro- chlorate

decuivie pulvérisé,

le

décompose avec effervescence,

en dégage du gaz acide hydro-chlorique sons forme de vapeurs blanches, épaisses, d'une odeur piquante, et le transforme en sulfate de cuivre. 56g. L'hydro-chlorate de cuivre

est

rarement l'objet des

recherches médico-légales; ce que nous avons oit

pour

le

mélangé avec

n'a pas été S'il a été

est

suilit

distinguer des aunes sels de cette espèce, lorsqu'il les

alimens.

introduit dans l'estomac en petite quantité

,

il

presque impossible de pouvoir constater son existence

en effet, en traitant par l'eau

(i)

On

les

peut aisément séparer ces deux corps pur l'eau

lée, qui dissout le chlorure de potassium sans exercer

action sur le métal.

La

;

c^l insoluble

distil-

aucune

moyen précomposé de chlore

dissolution obtenue par ce

cipite parle nitrate d'argent , et le précipité., et d'argent

:

matières contenues dans

dans l'acide nitrique (§ 07).

55o

DES POISONS IlltUTÀNS.

ce viscère, on obtient une dissolution qui renferme, outre

ceux qui faisaient partie des aliou liquides, de manière qu'il devient trèsde prononcer si l'acide hydro -chlorique qui se

cet hydro-chlorate, tous

mens

solides

,

difficile

trouve dans cette dissolution provient de l'hydro-chlorate

de cuivre ou des autres hydro-chlorates. Dans ces sortes de cas, le

médecin doit se borner à démontrer

la

préparation cuivreuse, sans avoir égard à

présence d'une

la

nature de

l'a-

cide qui entre dans sa composition.

Du

Cuivre ammoniacal.

3^0. Le cuivre ammoniacal est une combinaison d'oxyde

de cuivre bleue

,

odeur

et

d'ammoniaque.

Il

d'une belle couleur

est

d'autant plus foncée qu'il est plus concentré

pénétrante

est vive,

et

;

son

ammoniacale.

On

peut y démontrer la présence du cuivre par les réactifs dont nous avons déjà parlé, l'acide hydro-sulfuri-

3^

i.

que,l'hydro-cyanate ferrure de potasse,

du

Il diffère

sulfate

de cuivre

et

du

etc. {V'oy. p.

sulfate de cuivre

5o8.)

ammo-

niacal, en ce qu'il ne contient point d'acide sulfurique

,

et

par conséquent qu'il ne fournit point avec l'eau de bar.vte

.un précipité de trique (§363).

sulfate

Le

de baryte insoluble dans l'acide ni-

nitrate d'argent n'y occasione jamais

de

précipité de chlorure d'argent insoluble dans l'acide nitri-

que pur et

,

ce qui le dislingue de l'hydro-chlorate de cuivre

de l'hydro-chlorate de cuivre ammoniacal. Enfin, en

vaporant jusqu'à siceilé

,

fuse sur les charbons ardens et qui se la

de

manière des le

trate

nitrates (§

confondre ni avec

l'é-

une masse qui décompose au feu à

on' n'obtient point

36^)

;

en sorte qu'il n'est permis

le nitrate

de cuivre ammoniacal.

de cuivre, ni avec

le ni-

POSONS r.nvr.rrx.

Du

Vin y du Vinaigre

et

55l

des Savons cuivreux.

3^2. Si on se rappelle avec quelle facilité l'acide acétique dissout l'oxyde de cuivre, ou ne sera pas étonné que les vins acides qui séjournent dans des vases de cuivre incrustés

de vert-de-gris tiennent en dissolution nue certaine quantité

de cette substance. r

3^3.

De

tous les

moyens propres

démontrer l'existence

à

d'une préparation cuivreuse dans des liqueurs de cette espèce, on doit donner

la

préférence

qui cousiste à

à celui

précipiter la dissolution par l'acide hydro-sulfurique, comme il

a été dit

au § 34B E.

3^4- Quelque compliquée que soit

savons

et des

la

composition des

savonmdcs cuivreux, on pourra toujours en

obtenir le cuivre métallique par

la calei nation.

dans lesquels nous venons d'entrer, en faisant diverses préparations cuivreuses

,

Les détails

l'histoire

des

nous dispensent de nous

appesantir davantage sur cet objet peu important.

ARTICLE DOUZIÈME. DES PRÉPARATIONS d'ÉTAIN*

3^5. les

II

importe de fixer l'attention des praticiens sur

préparations d'étain

cordées naguère

à

:

les

vertus antlielmintiqu.es ac-

l'hydro-chloratc de ce métal par les mé-

decins allemands, l'emploi qu'on en a ces derniers

temps pour remplir

le

fait

en France dans

même

objet, enfin

,

l'usage fréquent de ce sel dans les manufactures de tein-

ture, sont autant de considérations qui nous engagent à faire connaître leurs funestes effets.

jouit

d'aueuhe propriété vénéneuse,

Quant

comme

«à

le tain

i!

ne

on peut s'ea

552

«ES POISONS IRRITÀNS.

convaincre en consultant

etCharlard,

et

les

mémoires oublies par Bayt n

M. Proust

par

(i).

De V Hydro-chlorate

cVétain,

3^6. L'hydro-chlorate d'étain qui doit nous occuper

dont on

est celui

fait

nous a démontré qu'il est beaucoup de proto-hydi o-cbioi aie

le

,

tité

de sous-deuto- hydro-chlorate;

un

sel ferrugineux. ïl se

forme de

ici

commerce. L'analvse presque toujours composé de

usage dans

et

d'une certaine quan-

il

contient, en outre,

présente ordinairement sons

petites aiguilles réunies par faisceaux,

!a

d'un blanc

jaunâtre, d'une saveur fortement styptique, attirant l'hu-

midité de

l'air, et

rougissant Vinfus'um de tournesol. Mis

sur les charbons ardens,

il

pandant une fumée épaisse distillée

ne

pérature

,

le dissout

se volatilise en partie, en réet

une odeur piquante. L'eau

pas en entier, quelle que soit sa tem-

ce qui dépend de l'insolubilité

hydro -chlorate

qu'il contient:

le

dissous est transparent et incolore; et

nombre de

réactifs,

lui

il

peut être décomposé

tournesol,

du sous-deuto-

proto -hydro -chlorate rougit Vinfusum de

par un très -grand

principalement par ceux qui peuvent

céder une quantité quelconque d'oxygène, ji. Chauffe

à l'air et se

,

il

s'empare de l'oxygène, se trouble sur-le-champ

,

transforme en sous-deuto-hydro-chlorate. B. Mêlé à

l'acide sulfureux,

il le

décompose

le précipité est laiteux et

et

en précipite du soufre

:

d'un blanc légèrement jaunâtre.

C. Par son union avec la dissolution de deuto -hydrochlorate de mercure (sublimé corrosif), on voit paraître

tout-à-coup un précipité blanc formé de proto-chlorure

(i)

Recherches chimiques sur

lard. Paris,

Proiîst

,

178 1

TE tain

,

par Bayen

-

Annales ae Chimie 3

loin,

u

et

lvh.

et

Char-

ri\i';i',vr,AxioKs

553

d'étain.

de mercure (mereuie doux)./?. L'hydro-cMèratè d oi, verso dans

la

dissolution

cjui

nous occupe

ordinairement en pourpre

:

le

detitoxyde d'étain et d'or métallique,

chimistes

;

précipite le plus

la

,

est

précipité'

composé de

suivant quelques

suivant d'autres, l'or y est à l'état de pr'otoiyde. et en séla troublent sur-le-champ

Les hyJro-sulfates

/:'.

,

parent une poudre noirâtre formée par l'hydro

mêlé

d'étain

à

-

sulfate

unepetile quantité d'hydro-sulfale de

fer (i).

F. Lorsqu'on ajoute de riiydro-cvanale ferrure dé potasse i

la

dissolution

proto-hydro- chlorate d'étain du

F,

5^3

OBSERVATION V

Une

«

jeune danje, pressée d'une soif dévorante, boit

Un demi-seticr d'une liqueur qu'elle prend pour de la limonade, et qui malheureusement se trouve être une dissolution de 2 onces de vitriol blanc ou coupetout d'un irait

rose blanche

ne s'aperçoit de l'erreur qu'a

elle

:

gorgée qu'elle

rejette.

Une

ressentir, et semble rétrécir le gosier au point de faire

fait

appréhender une strangulation. au

dernière

la

saveur excessivement acerbe se

lait,

à l'huile,

cas. J'arrive et je

On

a

sur-le-champ recoins

moyens à-peu-près trouve

inutiles en pareil

dame dans une

la

situation ef-

frayante; le visage pâle et défait, les extrémités froides, éteint et le pouls convulsif. Instruit

l'oeil

de

cause de

la

cet accident, je vole chercher les secours que je crois les

plus efficaces

:

sachant que le vitriol blanc était

découverte de l'émétique

que

les

nonce

de l'ipécacuanha

et

anciens employaient

qu'il allait agir

le

comme tel

plus

en

:

,

,

le

avant

communément, effet, le

la

vomitif j'an-

vomissement

ne tarda pas à se déclarer je le favorise en donnant beaucoup d'eau tiède. Certain que ce moyen avait fait rejeter une grande partie du poison, je m'occupe de décomposer :

le reste

sucrée rêter.

;

par l'intermède de le

l'alcali fixe étendu dans de vomissement ne tarda pas dès ce moment à

La chaleur brûlante que

tomac se tempéra peu à peu

,

et

la

dame éprouvait

ne

fut pas

une dissolution

prochée, pour décomposer

d'alcali

tinuer d'agir sur ces organes. je conseille,

l'eau

pour

de graine de

le reste

de

l'ai

la

bouche,

Le pouls parfaitement la journée

,

à

fait

un peu plus rap-

les particules vitrioliques

pouvaient être adhérentes au gosier, à

s'ar-

à l'es-

deux heures

céder entièrement à l'usage de l'eau alcaline. Je gargariser avec

l'eau

le lait

lin* j'insiste sur l'usage des

,

le

et

qui

con-

rétabli,

bouillon,

lavemens

et

DES POISONS IRIUTANS.

574

des bains pour calmer sentir

la

chaleur, qui avait

fini

par se faire

aux extrémités , ainsi que l'agacement des nerfs

( i).

»

OBSERVATION IV

Un

boulanger de Fribourg

convalescent d'une fièvre

,

putride, tourmenté d'une soif ardente, avala 8

à

10 onces

d'eau dans laquelle sa servante avait mis par mégarde du vitriol blanc (sulfate de zinc). Quelques minutes après , il ressentit des douleurs dans

région épigastrique et dans

la

tout le bas-ventre, et bientôt après

il

eut des vomissemens

et des déjections continuelles;

il

recourut alternativement

au beurre

il

avait

effets

et à la

crème, dont

en pareil cas

haut à mesure qu'il

y

avait environ

tomac lorsque

les avalait,

5

ne

le

soulagèrent point.

une heure que ce poison je fus appelé.

au fond du verre un dissous

entendu vanter

je lui fis

les

toutes ces graisses, qu'il rendait par

:

reste

de

Arrivé chez vitriol

était Je

Il

dans son es-

malade

,

je vis

qui n'avait pas pu être

prendre, autant qu'il put avaler, des yeux

d'écrevisses préparés, et ensuite, par intervalles, plein cuiller à café*, en sorte qu'il en avala en tout environ

une une

once. La première dose de ce remède excita dans l'instant

une effervescence qui changea

la

douleur d'estomac en une

chaleur brûlante, et excita des rapports dont

jamaissu déterminer

Ce symptôme ne heure, tous rent

:

fut

le

malade n'a

goût, tenant cependant de l'aigre.

le

que momentané,

et

en moins d'une

les accidens qui s'étaient manifestés

cependant

le

malade

sentait

disparu-

monter de l'estomac des

bouffées nidoreuses, et faisait de temps en temps quelques

pour vernir ensuite survint de nouveau

la soif.

(i) Celte observation a été recueillie par Parmenlier.

Voyez

petits efforts



Bitchan, I\Tédeclnc domesliifue., tom. ni 7 page 45ô ; troisième édition.

PRÉPÀ1UTI0NS DE ZINC.

Quelques

de prendre avec de l'eau, des yeux d'écrevisses

qu

plus

il

5^5

gouttes d'esprit de nitre dulcifié

,

dam

dont

le

la

que j'ordonnai

vue de saturer l'excédant

malade avait sans doute

pris

n'en fallait pour absorber l'acide vitriolique,

eajmèrent absolument ces nouveaux symptômes. heures du soir,

le

malade, qui

mangé quelques soupes,

avait repris

A quatre

de l'appétit

retourna, parfaitement guéri

,

et

dan»

sa boulangerie (i).

OBSERVATION

e .

M. Fodéré, un employé aux douanes

J'ai traité, dit

«'

à

III

qui un pharmacien avait donné intérieurement 6 grains

de ce

pour le guérir d'une gonorrhée, qui en éprouva symptômes de l'empoisonnement, et en partiune inflammation du bas-ventre, avec rétraction

sel

tous les culier

de l'ombilic

et colique

de miserere, qui ne cédèrent qu'à

des saignées générales et locales répétées, aux boissons

copieuses de tisanes émoi lien tes continuées pendant

mois

aux huiles, aux opiacés

,

jour (2)

,

et

».

Symptômes de V empoisonnement par

Une

387.

un

aux bains répétés chaque

saveur acerbe

,

le sulfate

de

zinc.

un sentiment de strangulation,

des nausées, des vomissemens abonJans, des déjections alvines fréquentes

que

et

(1)

,

de

ciler

de zinc

la ,

et

région épigastri-

de res-

la difficulté

Pharmacie

,

t.

M. Scheulef. i65du loin, iv, i8i3.

lvi

,

pag. 22; observation de

FoDÉr.É, ouvrage cité

difficile

fate

des douleurs dans

Journal de Médecine, Chirurgie

ann. 1781 (2)

,

ensuite dans tout le bas-ventre

ait

.

pag.

un cas dans lequel une

aussi petite dose

développé des accidens aussi graves.

II est

de sul-

DES TOISONS IRIUTÀNS.

576

du pouls,

pirer, l'accélération

refroidissement des extrémités

développe

pâleur du visage

la

substance saline dont

tissu

produites par le sulfate de zinc.

concevra sans peine que

combien

ses propriétés corrosives sont

ne trouve-t-on

aussi

,

*

désordres pro-

les

duits par ce seine peuvent pas être considérables, réfléchit

et le

sont les symptômes que

l'histoire.

Lésions de

On

la

tels

plus ordinairement

le

nous faisons

388.

,

si

l'on

bornées

:

animaux qui ont

après la mort des

succombé à des doses très-fortes de sulfate de zinc (leur œsophage ayant été lié) qu'une inflammation peu intense de la membrane avec laquelle il a été immédiatement en contact quelquefois on remarque du sang noir extravasé ,

$

sur

membrane musculeuse de

la

l'estomac et des intes-

tins.

application de tout ce qui a été dit

d"empoisonnement par 38g. Si totalité

vent

,

la

soumettra

la faire reconnaître.

à

l'action des

Dans

le cas

rechercher dans des liquides colorés, ceux-ci au ralïon

près

5

la

moyen du

liqueur

comme le

faisait partie

aux

divers cas

de zinc.

substance vénéneuse n'a pas été ingérée en

la

on

le sulfate

la

il

il

s'agirait

de

par les réactifs à-peu-

de zinc dissous dans

l'eau. Sicile

matière des vomissemens ou de celles qui

sont contenues dans le canal digestif, l'analyse de ces tières

par les

la

faudrait décolorer

chloreetles concentrer par Tévapo-

filtrée précipiterait

sulfate

de

menstrues qui peu-



mêmes menstrues

,

et

sulfate de zinc à l'état métallique,

ma-

surtout la réduction du

pourraient seules per-

mettre de prononcer d'une manière certaine

:

celte réduc-

tion ,dilïicileà opérer, aura toujours lieu en faisant roii-

phéparations de zinc. gir dans

un creuset, fortement

masses évaporées caustique.

métal

On

et

S77

pendant long-temps,

desséchées et mêlées avec de

,

les

potasse

aurait également recours à la séparation

dans le cas où

le

du canal

les tissus

et

ani-

les fluides

digestif.

Traitement de V empoisonnement produit par

de

du

décomposé

aurait été

sel

transformé en un produit insoluble par

maux ou

la

le

sulfate

zinc.

390. Le médecin appelé pour secourir les individus qui ont avalé une trop forte dose de sulfate de zinc, ne doit jamais perdre de vue combien ce sel jouit à un haut degré

de

la

propriété émétique;

favoriser le

faisant

grande quantité d'eau tiède

parmi lesquelles possède aussi

il

:

et

prendre au malade une

de boissons adoucissantes,

emploiera de préférence

la faculté

substance saline

s'attachera par conséquent à

il

vomissement en

d'opérer

la

le lait^

qui

décomposition de

la

ce fluide animal devra être préféré aux

solutions alcalines

,

trop irritantes de leur nature. Les la-

vemens émolliens plusieurs très-grand secours

,

fois réitérés

seront aussi d'un

principalement lorsque le poison a

franchi le pylore et qu'il se trouve dans le canal intestinal.

Les saignées générales

sont autant de

,

moyens dont

les il

sangsues

et les

bains tièdes

faudra faire usage dans le

où l'inflammation du bas-ventre menacerait de se déclarer ou serait déjà développée. Si l'individu, doué d'une irritabilité nerveuse excessive, était en proie à des vomiscas

semens opiniâtres

,

et

que

,

par conséquent

croire que tout le poison a été expulsé,

s'occuper exclusivement de ce

il

,

on eût

lieu

faudrait

symptôme alarmant,

administrer les opiacés sans retard.

^7

de

alors et

DES POISONS IR1UTANS.

5^8

De V Oxyde de 391. L'oxyde de zinc est blanc

loucher

;

il

zinc. très-léger et

,

se dissout, facilement dans

doux au

l'acide snlfnriqne

en donnant naissance au sulfate dont nous venons défaire

Nous

l'histoire.

faibles

l'avons administré à des chiens

depuis 3 gros jusqu'à 6;

ils

petits et

ont eu des vomisse-

mens sans éprouver de grandes souffrances

5

leur sanlé n'a

point tardé à se rétablir complètement.

ARTICLE QUATORZIÈME. DES PRÉPARATIONS D'ARGENT.

Du 3f)2.

Nitrate d'argent (cristaux de lune),

Ce

sel

en lames minces, très-larges,

cristallise

d'une belle couleur blanche

,

dont

formes sont

les

variées; sa saveur est amère, acre et très-caustique.

sur des charbons ardens

gonfle, se boursouffle

,

il

,

se

anime leur combustion

décompose,

et

très-

Mis ,

se

dégage des va-

peurs de gaz acide nilrenx d'un jaune orangé

:

l'argent

mé-

tallique reste sur le charbon avec tout l'éclat qui le caractérise.

L'eau

à i5°

en dissout environ son poids. La disso-

lution est incolore et tache

et

la

peau en violet l'acide hydro;

la

décomposent

en précipitent du chlorure d'argent, dont

les caractères

ehlorique

et

les

hydro-chlorates solublcs

ont été exposés § 5^

;

la

potasse,

soude

la

et

l'eau

de

chaux pures y font naître un précipité d'oxyde d'argent olive, tandis que l'acide nitrique s'unit à la base employée ;

l'ammoniaque ne soit

employée en

la

moins qu'elle ne quantité, ce qui dépend de la

trouble point

très-petite

,

à

PRÉPARATIONS D'ARGENT. solubilité de l'oxyde d'argent dans

hydro-sulfurique

et les

5^Q

l'ammoniaque;

hydro-sulfates font naître dans cette

un dépôtde sulfure d'argent noir l'acide chrole chromate de potasse en précipitent du cliro-

dissolution

nique

l'acide

et

;

mate d'argent d'un beau rouge de carmin, qui passe au pourpre par son exposition

à la

lumière; l'acide arsénieux

y occasionent un précipité jaune qui devient noir par son -exposition à

et les arsénites solubles

d'arsénite d'argent

,

on en précipite du phosphate d'argent jaune par

l'air;

dition de

quelques gouttes de phosphate de soude

phosphore

,

mis dans cette dissolution

l'adle

;

décompose passe à l'état d'acide phosphoreux ou d'acide phosphorique et le métal est précipité une lame de cuivre opère la ,

,

la

,

;

môme décomposition

,

avec cette légère différence qu'il ne se

produit point d'acide phosphoreux ni d'acide phosphorique, et

que

la

liqueur bleuit à mesure que l'action a lieu, phéno-

mène qui dépend de métal précipité

est

la formation du nitrate de cuivre le composé d'argent et d'un peu de cuivre ; :

l'hydro-cyanate ferrure de potasse précipite en blanc

le

ni-

trate d'argent.

393. Si l'on ajoute 10 parties de vin de Bourgogne à une partie de la dissolution

du

nitrate d'argent,

se troublent légèrement, et acquièrent l'acide hydro-chlorique les précipite

liqueurs

les

une couleur violette en blanc

précipité ne tarde pas à devenir rose à l'air

;

les

mais

,

;

le

hydro-sul-

y font naître un dépôt brunâtre; enfin le phosphate de soude le précipite en bleu violacé, tandis que le nitrate

fates

d'argent sans mélange précipite

en jaune par ce

même

réactif.

3g4- Lorsqu'on ajoute i5 parties d'une infusion de thé à 2 parties

de

la dissolution

de nitrate d'argent on obtient ,

un précipité floconneux d'un rouge pourpre foncé tirant un peu sur le noir. Si on n'emploie qu'une partie de nitrate d'argent le mé-

au bout de

trois

ou quatre minutes

,

,

UES POISONS IRRITAIS.

58o lange

,

d'une couleur jaune, passe d'abord au rouge

au noir, sans que sa transparence soit troublée état, l'acide hydro-chlorique

y

fait naître

,

puis

dans cet

:

un dépôt jaune

caillebotté.

395. L'albumine précipite abondamment le nitrate d'arle précipité paraît sous la forme de grumeaux lourds

gent

5

d'une couleur blanche, et

dans un

se dissout aisément

il

excès d'albumine. La gélatine n'occasione aucun change-

ment dans fait

la dissolution

avec neuf dixièmes de bouillon

solution de nitrate d'argent

,

employé en

et

fournit sur-le-champ

cipité blanc-jaunâtre très-lourd.

nitrate d'argent

Un mélange un dixième de dis-

de nitrate d'argent.

Le

lait est

un pré-

coagulé par le

suffisante quantité-,

il

y

a for-

mation de grumeaux blancs très-petits et la liqueur devient transparente. La bile, versée dans la dissolution de nitrate d'argent y fait naître un précipité jaune-orangé, dont la couleur ne change point par l'addition d'une nou,

,

velle quantité de bile.

De

la Pierre infernale.

3q6. La pierre infernale n'est autre chose que du nitrate d'argent neutre fondu. Elle se présente ordinairement sous la petits cylindres

forme de

bruns-noirâtres en dehors

frant des aiguilles rayonnées dans leur cassure.

des charbons ardens sité, se gonfle

,

,

elle les fait brûler

se boursoufïïe,

se

,

of-

Mise sur

avec plus d'inten-

décompose,

et

laisse

l'argent métallique facile à reconnaître, surtout lorsqu'on le frotte

avec un corps dur pour

et le brillant

qui

lui

lui faire

acquérir l'éclat

sont propres.

397. L'eau distillée dissout la pierre infernale à la température ordinaire, et la dissolution jouit desmêmes propriétés

que

cristallisé

:

celle

en

que Ton obtient avec le nitrate d'argent elle précipite en blanc par l'acide

effet

,

58 1

PRÉPARATIONS D'ARGENT.

hydrochlorique, en olive par en noir par inique

,

les hydro-sulfates

potasse cila chaux pures,

la

en rouge par l'acide cbro-

,

en jaune par l'acide arsénicux; l'ammoniaque ne

qu'autant qu'on en emploie très-peu; le cuivre phosphore en séparent de l'argent métallique.

la trouble

et le

Action du Niliale d'argent sur V économie animale. 398. Injecté dans

ptômes

ce sel développe les sym-

même

oceasione presque toujours

il

dans l'estomac. Quels sont

les

organes qui

reçoivent une atteinte aussi funeste

une

qu'on l'emploie à

la mort son beaucoup moins énergique lorsqu'on l'introduit

petite dose;

action est

les veines,

plus alarmans, lors

les

?

;

les

,

premiers

Nous avons

,

entrepris

d'expériences dans le dessein de jeter quelque

série

jpur sur cette question. rc

Expérience a injecté dans

d'une petite

i

la

A

.

onze heures trente-cinq minutes, on

veine jugulaire d'un chien fort, quoique

taille

,

un

tiers

de grain de nitrate d'argent

dissous dans i gros d'eau distillée

heure,

nimal

a

calme

;

la respiration est

devenue

:

au bout d'une demi-

difficile et

bruyante,

paru suffoqué; un quart d'heure après, il

de vertige

quelques pas sans donner

a fait

ni de paralvsie.

couché

qu'il était

,

Il

qu'il a eu

il

l'a-

était

moindre signe

le

minutes y de nouvelles attaques de sufavait à peine dix

focation; sa respiration était très-fréquente et très-gênée, et l'extrémité antérieure

vemens tenir a

convulsifs.

debout

:

il

On a

a fait

gauche

était agitée

voulu savoir

s'il

quelques pas sans trébucher;

convulsifs continuaient dans le

naient de plus en plus forts.

et difficile

;

;

À

niais il

mouvemens même membre, et deve-

eu de nouvelles attaques de suffocation

plus marcher

de légers mou-

pouvait encore se

trois

sa respiration était

:

les

heures

il

ne pouvait

excessivement accélérée

des plaintes et des cris horribles annonçaient la

582

DES POISONS IKttlTANS.

douleur à laquelle

en proie;

était

il

temps en

avait de

il

temps des secousses pendant lesquelles tous

muscles

ses

étaient fortemen t contractés ; la lèvre supérieure était agitée

de mouvemens convulsifs.

Il est

mort

quatre heures six

à

minutes. Plusieurs portions des lobes des poumons étaient livides,

ment

d'un tissu compacte

comme

,

hépatisées,

ou qu'on

crépitantes lorsqu'on les pressait

nulle-

les

cou-

pait ; elles ne surnageaient point l'eau; d'autres portions étaient roses, crépitantes et plus légères, que ce liquide.

La membrane muqueuse

qui revêt le

duodénum

était

rouge-cerise très-intense, et se détachait facilement

du

autres parties

d'un :

les

canal intestinal n'offraient aucune altéra-

tion remarquable.

Expérience

11

e .

On

injecté dans la veine jugulaire

a

d'un petit chien i grains de nitrate d'argent dissous dans

3 gros d'eau

ment

,

distillée

:

sur-le-champ anhélation, étouffe-

suffocation et vertiges

plus intenses

:

vomissement

,

ces

;

symptômes sont devenus

au bout de deux minutes

grands

,

efforts

de

quelques légers mouvemens convulsifs de

l'extrémité antérieure droite; la bouche, les lèvres et la

langue étaient livides sanguinolente

s'est

;

une grande quantité de sérosité la narine gauche l'animal

écoulée par

était près d'expirer.

On

dans

noir

il

en

les artères était

est sorti

:

voulu savoir

a :

on

à-coup l'écoulement

ouvert l'artère crurale,

a

s'est arrêté. Il

,

et

on

a

:

on a examiné l'ou-

était l'a

bouchée par un

enlevé, etalors

il

écoulé une petite quantité de sang d'un rouge noirâtre.

L'animal a vomir.

fait

Il est

n été faite

Je

et.

y avait à-peu-près quatre faite

vu qu'elle d'un rouge clair; on de sang

verture artérielle

s'est

sang contenu

environ une once de sang rouge; puis tout-

minutes que l'injection avait été caillot

si le

de nouveaux

mort

six

et

infructueux efforts pour

minutes après

l'injection. L'autopsie

sur-le-champ. Les muscles se contractaient par

simple contact de

l'air; le

cœur, d'une couleur

livide

i/akcent.

préparations (tirant

tité

sur le noir

,

de sang; celui qui était

gauche

seule se contractait

droite

noir-, l'oreillette

était

583

une très-grande quancontenu dans le ventricule

était gonflé par

de cet organe étaient vides; l'aorte descendante était d'un petit diamètre. Les poumons offraient, dans presque toute leur étendue, une couleur rose

légèrement;

foncée;

les artères

lobe postérieur, d'un rouge noirâtre, renfermait

le

une grande quantité de sang Hoir. e Expérience On a injecté dans

m

.

moyenne

d'un chieu de

trate d'argent dissous

dans un gros

minutes après, l'animal sa respiration est

a

devenue

s'efforçait d'introduire

de

d'intensité

la tète.

iwrqu'au

cl

demi d'eau

:

deux

eu des vertiges, des syncopes; difficile l'air

des inspirations profondes: sans tomber sur

veine jugulaire

la

quarts de grain de ni-

taille trois

il

ouvrait la gueule et

il

;

dans

les

poumons

,

en faisant

ne pouvait pas marcher

Ces symptômes ont acquis plus

moment de la mort, qui a eu lieu Deux minutes avant qu'il

dix minv.ces après l'injection.

on

n'expirât

,

qui s'en

est

ouvert l'artère crurale

a

écoulé était noir.

cadavre immédiatement après

la

On mort

droite

:

le

sang

a fait l'ouverture :

les

du

poumons étaient

tachés en noir dans plusieurs points de leur partie posté-

moins crépitans que les peu de sang. Le cœur ne se contractait dans aucune de ses parties le ventricule gauche renfermait du sang noir. L'estomac, dans l'état naturel , était rempli par une grande quantité

rieure; tous ces points étaient

autres, et

étaient gorgés de sérosité el d'un

ils

;

d'alimens.

Expérience

iv

e .

On

a injecté dans la

veine jugulaire

d'un petit carlin un demi-grain de nitrate d'argent dissous

dans 5o grains d'eau

distillée

éprouvé beaucoup* d'inquiétude

deux minutes suffocation

j

il

il

a

a

été pris

:

sur-le-champ l'animal a

et d'agitation;

de vertiges

,

au bout de

d'anhélation

,

de

vomi quelques madères blanchâtres nageaiH

DES TOISONS IRRITAIS.

584 dans une

grande quantité d'écume,

très-

en une

et il a

excrétion d'urine involontaire. Cinq minutes après l'injection

,

il

a été agité de

du thorax

mouvemens

convulsifs des muscles

de ceux de l'abdomen.

et surtout

Il est mort onze minutes après l'opéraiion. Les poumons étaient en,

gorgés , et offraient

vers la partie postérieure

,

d'un rouge foncé, dont

ne

dans

l'est

,

des plaques

moins crépitant

qu'il

naturel.

l'état

Expérience v e

le tissu était

On

.

a détaché et percé d'un trou l'œso-

phage d'un fort chien caniche; on a introduit dans son estomac 12 grains de nitrate d'argent solide enveloppés dans un cornet de papier et on a lié l'œsophage au-dessous ,

de l'ouverture

afin

d'empêcher

vomissement. L'animal

le

du sixième jour, sans avoir éprouvé d'autres symptômes que de l'abattement, une soif intense, et de la fréquence dans le pouls. La membrane muqueuse est

mort dans

de l'estomac le

la

nuit

était

peu rouge; toute

des têtes d'épingle cheté

un examen

:

ritables leuse.

On voyait

les autres

dans

,

ce qui lui donnait

attentif démontrait

comme

un aspect mou-

que ces taches étaient

membrane muqueuse scarifiées, de vétrous qui n'intéressaient point la membrane muscu-

des portions de

la

aussi quelques-unes

points de cette

membrane

de ces eschares dans :

les

poumons

étaient

l'état naturel. .

A

midi cinq minutes, on a

un chien robuste

et

de moyenne

Expérience vi c à

portion qui avoisine

la

pylore offrait de petites taches noires, grosses

trate d'argent dissous

taille

fait

dans 7 gros d'eau distillée; dix mi-

nutes après, l'animal a poussé des cris plaintifs.

vomi

heures

il

il était

très-abattu; le soir,

n'avait point

,

troisième jour,

du même

à

il

,

il

onze heures, on

sel dissous

A

deux

continuait à se plaindre et

peu incommodé. mangé avec appétit. Le

paraissait

il

Le lendemain deuxième jour ,

avaler

20 grains de ni-

a

lui a fait avaler

32 grains

dans 7 gros d'eau distillée; deux mi-

585

préparations d'argent,

nu tes

après

,

il

vomi une très-grande quantité de matières dans lesquelles on pouvait

a

molles, muqueuses et filantes

,

aisément distinguer une partie des alimens qu'il

avait pris

vomissemens se sont renouvelés cinq fois dans l'espace des quarante-deux premières minutes qui la veille-, ces

ont suivi

le

moment de

point gênée, et

trième jour),

il

il

a

l'ingestion

-,

ne se plaignait pas.

mangé une

sa respiration

Le lendemain

n'était (

qua-

assez grande quantité d'ali-

mens. Le cinquième jour, on a détaché son œsophage,

et

on l'a percé d'un trou par lequel on a introduit dans l'estomac 36 grains de nitrate d'argent dissous dans 4 g ros d'eau distillée immédiatement après il a paru éprouver 5

des souffrances horribles

pendant deux heures

,

et

ni convulsions ni paralysie; à trois

un

heures,

il

a cessé

très-grand abattement

était

dans

le

même état

,

il

a poussé des cris plaintifs

respirait facilement;

il

5

il

5

et

il

est

était

,

il

La memréduite en une sorte de

estmortdans

brane muqueuse de l'estomac

:

tombé dans

lendemain (sixième jour)

le il

n'avait

pouvait marcher librement

de se plaindre

et

il

la nuit.

bouillie liquide qu'on pouvait enlever avec la plus grande facilité;

près

du pylore on voyait quelques eschares d'un

blanc grisâtre, en tout semblables à celles que produit la pierre infernale lorsqu'elle est appliquée sur les plaies

;

la

membrane musculeuse, d'un rouge-cerise, était évidemment enflammée dans plusieurs points; elle était trèsamincie dans d'autres. Les poumons d'un rouge un peu ,

beaucoup d'air dans ne renfermaient qu'une très-petite

livide, étaient crépitans et contenaient toutes leurs parties

quantité de sang

;

;

ils

leur tissu n'était ni dense ni hépatisé;

ils

surnageaient l'eau.

OBSERVATION.

Boerhaave rapporte qu'un élève en pharmacie ayant avalé de la pierre infernale,

il

en résulta des accidens con-

586

DES POISONS IttBITANS.

sidérables* des douleurs horribles

,

gangrène

la

cèle des premières voies fuient les prompts

et

lespha-

eil'ets

de ce

poison.

Symptômes de l'empoisonnement par

le nitrate d'argent.

399. Le nitrate d'argent développeles mêmes symptômes que ceux que nous avons déjà exposés plusieurs fois en pariant des corrosifs aussi nous bornerons-nous à ce simple :

exposé. Toutefois et le

il

peut arriver que

les

bords des lèvres

pourtour du menton soient tachés en pourpre

lorsque ce sel a été pris à

l'état liquide. Il est

probable que, dans cet empoisonnement,

queuse qui tapisse

l'intérieur

de

la

la

,

surtout

encore assez

membrane mu-

bouche présente quel-

quefois des eschares d'un blanc grisâtre, analogues à celles

que produit sur

les

plaies

un

cylindre de pierre infer-

nale.

Lésions de tissu qui sont le résultat de l'ingestion du nitrate d'argent.

400. Lorsque l'action de ce

gique pour réduire en

sel n'a pas été assez

bouillie la

éner-

membrane muqueuse de

l'estomac, on aperçoit une rougeur plus ou moins intense et

plus

ou moins générale de

est d'un

membrane

cette

points de son tissu sont scarifiés

,

et la

plusieurs

;

couleur des eschares

blanc grisâtre ou d'un noir très-foncé

:

cette alté-

ration remarquable a lieu principalement lorsque le trate d'argent

muqueuse

a

été pris à l'état solide.

est détruite, le plan

;

et scarifié

se

dans plu-

quelquefois Faction a été portée assez loin

pour que ce viscère Il est aisé

ni-

membrane

musculeux de l'estomac

trouve très-enflammé, d'un rouge vif sieurs endroits

Si la

soit percé

d'un on de plusieurs trous

de sentir que j^çesophagç

,

le

pharynx

et j'inlét

l'RÉPARATlOlVS rîcur de la

d' ARGENT.

58^

bouche peuvent, dans certaines circonstances,

être le siège d'altérations analogues.

4oi.

des expériences et des observations pré-

Il résulte

cédemment rapportées

i°. que le nitrate d'argent détruit immédiatement la vie en agissant sur les poumons et sur le système nerveux lorsqu'il est injecté dans les veines des chiens à la dose d'un demi-grain ou de trois quarts de

grain

dans

.

;

que

,

lorsqu'il est

les intestins à la

ou

introduit dans l'estomac

dose de 36 à 4o grains

détermine

il

,

une inflammation plus ou moins considérable, susceptible d'occasioner la mort au bout de quelques jours il n'est pas absorbé dans celle circonstance du moins les animaux n'offrent point les symptômes que l'on remarque 5

:

lorsque

le sel a été injecté

coup plus s'il

de

y

périr

à

,

avait absorption

faire avaler

heures

l'estomac

5

:

veines

les

tout porte

4o grains de

ou 4 gros,

nistrait 3

dans

tardent beau-

,

ce qui n'aurait probablement pas lieu

,

à

vie serait

la

croire

que si au lieu on en admi,

nitrate d'argent,

en quelques

détruite

fortement enflammé et irrité, réagirait

alors sur Je cerveau à l'aide des

nombreuses ramifications

nerveuses qui lient ces deux organes ensemble

borne

5

lamineux .°ous«cutané,

3°. qu'il

peau et on l'applique sur l'un ou l'autre de ces tissus , en sorte qu'il peut être employé comme caustique avec beaucoup de succès et sans aucun danger. se

les

à brûler le tissu

muscles,

si

application de tout ce qui a été dit

d'empoisonnement par 402.

dans tails

le nitrate

relatifs à

divers cas

argent.

fait

nous dispensent d'entrer dans

392 la

manière de reconnaître

gent solide ou dissous dans l'eau.

dans

aux d

Les caractères dont nous avons

le §

la

les liquides

mention les

dé-

le nitrate d'ar-

S'il fallait

le

retrouver

ou dans ceux qui sont contenus

vomis 7

588

DES

'

dans l'estomac, on

les filtrerait et

réactifs propres à le déceler

nature

telle qu'il

tence du sel dans

ÎIIIUTAHS.

l'OISOJNS

ne

l'hydro-chlorate de soude

,

,

il

de

et

le faire

les essaierait par les

de

l'exis-

faudrait traiter celle-ci par

qui y ferait naître un précipité

blanc de chlorure d'argent: chlorure

on

les précipités étaient

permis de reconnaître

fût point

liqueur

la

si

5

suffirait

il

de dessécher ce

rougir avec de la potasse pendant

quelques minutes pour en obtenir de l'argent métallique.

Dans le



cas

ces essais seraient insuffisans

cherait le poison dans

ont été

scarifiés

,

solides

enfin dans

pourrait renfermer ces matières,

les

:

par

les

vomis

on recher-

,

dans ceux qui

,

alimens que l'estomac

la dessiccation et la calci nation

on en séparerait facilement de

l'argent

de

mé-

tallique.

Traitement de V empoisonnement par

le nitrate d? argent*

4o3. Existe-t-il quelque contre-poiSon du nitrate d'argent

?

Nous avons

essayé de résoudre ce problême en sou-

mettant plusieurs animaux empoisonnés par ce

de quelques

réactifs

Expérience.

phage d'un

a détaché et percé d'un trou l'oeso-

petit chien;

36 grains de distillée, et ( sel

On

sel à l'usage

chimiques.

on

a introduit dans son estomac

nitrate d'argent dissous dans

une once d'eau

mêlés avec 2 gros d'hydro -chlorate de soude

de cuisine) dissous dans 2 onces d'eau on \

phage au-dessous de l'ouverture

Une heure

afin

a lié l'œso-

d'empêcher

le

vomis-

un peu abattu mort à la fin du quatrième jour sans avoir éprouvé d'autre symptôme que l'abattement. La membrane muqueuse du canal digestif était dans l'état naturel (1), et n'offrait aucune sement. et

il

a fait

de légers

après, l'animal a paru efforts

pour vomir.

,

Il est

cscharc. (1)

Elle était d'un rouge clair dans.certains endroits

j

mais

Vlitfï'ATÎ

Un

autre animal a

ATIOKS u'aUGENT.

soumis

été

à

la

58o

môme expérience

excepté qu'on a introduit dans son estomac séparément et l'un

immédiatement après

l'autre,

dont nous venons de parler. La mort

deux liquides

les

est

survenue

le cin-

quième jour sans qu'il y eût la moindre eschare dans l'estomac ni dans les intestins. Nous n'hésitons pas à conclure de ces faits que l'hydrochlorate de soude dissous dans l'eau est le contre-poison

du

nitrate d'argent

:

à la vérité,

de temps après l'ingestion de

la

il

peu

faut l'administrer

substanee vénéneuse, dont

l'action rapide occasione des désordres qui

veloppés, ne peuvent point être guéris par

,

une

fois

dé-

le sel

que nous

les

individus

conseillons (i).

4o4« Le médecin appelé pour secourir

aura donc recours aux boissons

empoisonnes par abondantes d'une eau très-légèrement salée, sans craindre ce sel

en aucune manière le développement de chaleur qui pourrait être la suite

de l'administration de ce médicament. Les avan-

tages qu'il y a à neutraliser le sel délétère par des efficaces

celle

couleur est naturelle à

la

membrane muqueuse de

tomac des chiens, comme on peut un de ces animaux vivans. (i)

moyens

ne permettent point de balancer dans un cas aussi

En

s'en convaincre

l'es-

en ouvrant

réfléchissant à l'énergie avec laquelle l'hydro-chlo-

rate de soude transforme le nitrate d'argent

en chlorure d'ar-

gent (muriate) insoluble, sans aclion sur l'économie animale

on

sentira

combien

il

est

On

que nous proposons.

maux auxquels nous avons

avantageux d'employer

prendre du

fait

étaient d'ailleurs placés dans les

pag. 584, ex P«

v4

du lendemain procura des évacuations considérables par liant et par bas



les

matières vomies étaient jaunes et amères.

JLesévacuans tirent rendre des selles abondantes

et

liquides

;

sommeil

et

cinquième jour de son entrée,

le

les jours suivans, les coliques disparurent, le

l'appétit revinrent, et le

malade sortit de l'hôpital parfaitement guéri. 5°. D.**% plombier, âgé de quarante ans, d'un tempérament bilieux, d'une figure blême, avait déjà eu quatre fois la

la

eolique des peintres. L'invasion de celle-ci, qui était

cinquième

,

remontait à quatre jours. Entré à

Charité

la

au mois de janvier i8o3, il était dans l'état suivant ventre souple, douloureux, surtout à l'épigastre; la douleur aug:

mentait beaucoup par

par

la

pression; pas de selles, excepté

lavemens; pouls un peu rare; paralysie des exten-

les

seurs des mains existant depuis deux ans, mais bien plus

notable depuis quelques jours. Le i4 traitement.

(

sudorifique

,

,

on commença

Eau de casse avec 3 grains d 'émétique

,

le

tisane

lavement anodin, thériaque , deux soupes,

trois bouillons. )

Le

1

5

(

6 grains

d' émétique

dans 8 onces

d'eau, tisane sudorifique, lavement anodin, thériaque avec un grain d'opium, deux soupes, trois bouillons) , roliques très-vives

,

quatre à cinq attaques , dans la journée

d'un état convulsif caractérisé par des crampes

;

avec perte

de connaissance pendant une demi-heure ou une heure sans la moindre leul, potion

attaque

le

écume

à la

bouche. Le 16

antispasmodique

matin. Dans

la

,

infusion de

cinq bouillons)

journée, agitation

des bras, pouls très-petit et fréquent

Le

(

,

et

,

,

til-

nouvelle

mouvemens

douleur de ventre.

soir, douleurs vives dans l'abdomen, au voisinage des

aux cuisses; agitation pouls petit, inégal et fréquent, air égaré. Le 17 (même prescription), air plus calme douleurs légères au ventre vives aux cuisses agi-

reins et

,

tation

;

,

,

,

pouls tendu, concentré, fréquent. Le 18 (idem),

toujours air égaré, délire par intervalles

;

du

reste

,

mêmes

PRÉPARATIONS DE VLOME.

GlS

symptômes que le 16. Le 19, délire la nuit. Le 20, môme presque pas de perte de conétat. Le 2i , moins de délire naissance. Le 22 même état. Le 23 (jusquà ce jour même prescription que le 16), le malade recouvre la connais,

,

,

sance. Les jours suivans, retour à l'état de santé qui lui était ordinaire

avant son entrée à l'hôpital, c'est-à-dire,

qu'il sortit guéri

de ses coliques, mais non totalement de

sa paralysie. Il s'en alla le 3 février.

de vingt-huit ans

6°. Jean C.***, âgé

plombier

,

,

d'un

tempérament bilioso-sanguin avait joui d'une bonne santé jusquà vingt ans époque à laquelle il commença son état. Depuis lors, jusqu'au mois d'octobre i8o3 , il fut attaqué quatre fois de la colique métallique, qui à chaque fois, ,

,

,

fut

accompagnée de vomissemens de matières jaunes

fétides

,

de convulsions affreuses

vives à l'épigastre.

et répétées

,

La dernière colique, qui eut

ans avant celle-ci, dura trois mois

,

autres au traitement de la Charité.

Au mois

et

de douleurs

mais céda

lieu trois

comme

les

d'octobre dé-

marquée par la perte d'appétit, des vomissemens spontanés, du malaise, des douleurs dans les membres par un sentiment de froid gésigné

,

l'invasion de la

cinquième

fut

,

néral qui ne fut pas suivi de chaleur tion.

y

Le lendemain

,

le

malade

était

,

par de

dans

le

la

constipa-

même

état;

il

avait en outre des coliques violentes, des convulsions

considérables qui récidivèrent sept ou huit fois dans la

mouvemens conyeux et de tous les membres avec agitation et efforts tels que plusieurs hommes avaient peine à le retenir les urines étaient libres. Pendant les huit jours suivans, l'état du malade était aussi fâcheux ; les convulsions

journée

,

avec serrement des mâchoires,

vulsifs des

,

:

revenaient de temps en temps

,

et

furent constamment sui-

vies d'assoupissement profond, et, au réveil

dans

les

membres

jour de sa maladie 1.

et à la ,

,

région épigastrique.

on l'amena

de douleurs

Le dixième

à la Charité. Il avait passé



6 2$ l'A

fcgâ

î»»tS«NS *R1UTA«S.

nuit d* ns »r* dérire violent

les

;

yeux étaient

regard étonné,

la

bouclie pâteuse,

la

bouffis, don-'

un peu animé,

le

langue naturelle,

la

l'wureux à leur contour*, le visage était

respiration libre, l'abdomen et les lombes étaient

un peu

tuméfiés et douloureux au toucher;

la

était naturelle

du

,

malade eut des douleurs vives

la nuit, le

des convulsions,

,

délire, des selles abondantes. Malgré ces

fort disparates

,

la

peau

pouls un peu élevé fréquent» Pendant

et le

,

chaleur de

la

du malade,

profession

le

symptôme»

souvenir des

maladies antécédentes, qui avaient commencé d'une manière semblable, et qui avaient cédé au traitement de

la

colique, plusieurs des caractères de cette maladie qui exis-

employer

taient, ne firent point balancer à

tement. Dès

le

même jour,

il

l'ombilic resta douloureux;

il

et plus

du tout de

tion complète des douleurs

put

sortir

7

il

,

et le

Le treizième,

seizième jour

le

mais

cessa-

malade

de l'hôpital (i).

tempérament bi-

broyeur de couleurs depuis dix-huit mois

,

,

trai-

n'y avait presque plus

délire.

N.***, âgé de vingt-cinq ans, d'un

.

lieux îa

,

même

y eut des selles et quelques

vomissemens. Le douzième jour

de coliques

le

y eut moins de coliques

,

avait

eu

colique métallique pour la première fois sept mois au-

paravant. Le 5 juillet i8o5,

il

ressentit les premières atteintes

d'une seconde attaque. D'abord légères coliques d'appétit, insomnie,

borborygmes

minales plus vives, vomissemens; tudes douloureuses dans les bras

vantage

la nuit.

:

;

il

:

il

vint à

la

éprouva aussi des

(î)

ec.

le

soulageait peu

;

lassi-

da-

symptômes allèClinique. Le 8 le ventre les

,

était contracté, le pouls dur et lent

minale

perte

elles se faisaient sentir

Les deux jours suivans,

rent en augmentant

,

bientôt douleurs abdo-

:

la

pression abdo-

mais on sentait en pressant

Observation communiquée par

M.



professeur Laen-

IPUÊPXIUTIOISS DE PI.OMB.

6v»r»

lYpigastrc les battcmens du tronc coeliaque. ( Eau de casse avec 3 grains démétique , lavement purgatif £|-^ Le malade vomit l'eau dotasse jtart