The Historical Present in Thucydides, Semantics and Narrative Function: Le present historique chez Thucydide, Semantique et fonction narrative ... Philology, 18) (English and French Edition) [Bilingual ed.] 9004201181, 9789004201187

After Etudes sur l'aspect verbal chez Platon (Saint-Etienne, 2000), the international 'Groupe de recherche sur

12,641 115

English, French Pages 327 [342] Year 2011

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The Historical Present in Thucydides, Semantics and Narrative Function: Le present historique chez Thucydide, Semantique et fonction narrative ... Philology, 18) (English and French Edition) [Bilingual ed.]
 9004201181, 9789004201187

Table of contents :
Contents
List of Contributors
Avant-propos
Introduction
1. Vue cavalière sur les emplois du PH dans les Histoires de Thucydide
2. The Historical Present in Thucydides: Capturing the Case of hairei and lambanei
3.Trepein au Présent Historique chez Thucydide
4. Peitho et le Présent Historique chez Thucydide
5. A Tale of Two Involuntary Encounters: Linguistics and the Persuasive Function of the Historical Present in Two Thucydidean Battle Scenes (1.45–51 & 1.56–66)
6. Imparfait, aoriste et présent historique dans les récits des quatre batailles navales de Syracuse (Guerre du Péloponnèse, livre 7)
7. The Profanation of the Mysteries and the Mutilation of the Hermae. Two Variations on Two Themes
8. Présent historique et subjectivité: sur quelques exemples de Polybe et de Thucydide
9.The Temporal Characteristics of the Historical Present in Thucydides
Annexe I: Quatre exercises
Annexe II: Trois répertoires (sur les Histoires de Thucydide)
Verbes attestés au Présent historique (PH)chez Thucydide
Principaux verbes non attestés au PH chez Thucydide
Répertoire des PH en contexte
Bibliography
Index locorum potiorum
Index of Technical Terms

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The Historical Present in Thucydides Le présent historique chez Thucydide

Amsterdam Studies in Classical Philology Editorial board

Albert Rijksbaron Irene J.F. de Jong Caroline Kroon

VOLUME 18

The Historical Present in Thucydides Semantics and Narrative Function

Le présent historique chez Thucydide Sémantique et fonction narrative

Edited by

Jean Lallot, Albert Rijksbaron, Bernard Jacquinod and Michel Buijs

LEIDEN • BOSTON 2011

This book is printed on acid-free paper. Library of Congress Cataloging-in-Publication Data The historical present in Thucydides : semantics and narrative function = Le présent historique chez Thucydide : sémantique et fonction narrative / edited by Jean Lallot ... [et al.]. p. cm. – (Amsterdam studies in classical philology, ISSN 1380-6068 ; v. 18) English and French. Includes bibliographical references and index. ISBN 978-90-04-20118-7 (alk. paper) 1. Thucydides. History of the Peloponnesian War. 2. Thucydides–Language. 3. Greek language–Tense. 4. Greek language–Semantics. 5. Narration (Rhetoric) I. Lallot, Jean. II. Title: Présent historique chez Thucydide. DF229.T6H57 2011 938'.05–dc22 2010052875

ISSN 1380-6068 ISBN 978 90 04 20118 7 Copyright 2011 by Koninklijke Brill NV, Leiden, The Netherlands. Koninklijke Brill NV incorporates the imprints Brill, Hotei Publishing, IDC Publishers, Martinus Nijhoff Publishers and VSP. All rights reserved. No part of this publication may be reproduced, translated, stored in a retrieval system, or transmitted in any form or by any means, electronic, mechanical, photocopying, recording or otherwise, without prior written permission from the publisher. Authorization to photocopy items for internal or personal use is granted by Koninklijke Brill NV provided that the appropriate fees are paid directly to The Copyright Clearance Center, 222 Rosewood Drive, Suite 910, Danvers, MA 01923, USA. Fees are subject to change.

À la mémoire de Jacqueline de Romilly

CONTENTS

List of Contributors . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ix Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xi Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Albert Rijksbaron



Chapter One. Vue cavalière sur les emplois du présent historique dans les Histoires de Thucydide. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 Jean Lallot Chapter Two. The Historical Present in Thucydides: Capturing the Case of αρε and λαμβ νει . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 Rutger J. Allan Chapter Three. Τρ πειν au présent historique chez Thucydide . . . . . . 65 Odile Mortier-Waldschmidt Chapter Four. Πεω et le présent historique chez Thucydide . . . . . . . 89 Bernard Jacquinod Chapter Five. A Tale of Two Involuntary Encounters: Linguistics and the Persuasive Function of the Historical Present in Two Thucydidean Battle Scenes (.– & .–) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115 Adriaan Rademaker & Michel Buijs Chapter Six. Imparfait, aoriste et présent historique dans les récits des quatre batailles navales de Syracuse (Guerre du Péloponnèse, livre ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159 Louis Basset Chapter Seven. The Profanation of the Mysteries and the Mutilation of the Hermae. Two Variations on Two Themes . . . . . . . 177 Albert Rijksbaron Chapter Eight. Présent historique et subjectivité: sur quelques exemples de Polybe et de Thucydide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195 Frédéric Lambert

viii

contents

Chapter Nine. The Temporal Characteristics of the Historical Present in Thucydides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223 Coulter H. George Annexe I: Quatre exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243 Rutger J. Allan, Coulter H. George, Odile Mortier-Waldschmidt, Albert Rijksbaron Annexe II: Trois répertoires (sur les Histoires de Thucydide) . . . . . . . . 263 Jean Lallot, Odile Mortier-Waldschmidt, Sophie Vassilaki Verbes attestés au présent historique (PH) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263 Principaux verbes non attestés au présent historique . . . . . . . . . . . . . . 286 Répertoire des présents historiques en contexte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300 Bibliography . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 319 Index locorum potiorum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 325 Index of Technical Terms . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 329

LIST OF CONTRIBUTORS

Rutger J. Allan is a Lecturer in the Department of Classics at the VU University Amsterdam Louis Basset is Emeritus Professor of Ancient Greek Linguistics, Lumière University Lyon  Michel Buijs teaches Greek and Latin at Utrecht University and Leiden University Coulter H. George is an Assistant Professor in the Department of Classics at the University of Virginia Bernard Jacquinod is Emeritus Professor of Greek Linguistics, University of Saint-Étienne Jean Lallot is Emeritus Maître de conférences of Greek Linguistics, École normale supérieure (Paris) Frédéric Lambert is Professor of Linguistics at the University of Bordeaux , Member of the CNRS UMR CLLE-ERSSAB Odile Mortier-Waldschmidt is Emeritus Maître de conférences of Greek Language and Literature, University of Amiens Adriaan Rademaker is a Lecturer in the Department of Classics at Leiden University Albert Rijksbaron is Emeritus Professor of Ancient Greek Linguistics, University of Amsterdam Sophie Vassilaki is Professor of Modern Greek Linguistics, INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales)

AVANT-PROPOS

Le présent recueil est issu des travaux du « Groupe de recherche sur l’ aspect verbal en grec », formation internationale rattachée à l’ Université de Saint-Étienne (centre Jean Palerne). Outre les contributeurs dont la liste figure ci-dessus, le groupe, qui se réunit deux fois par an à Paris (École normale supérieure), a pour collaborateurs Marco Carmello, Anne-Marie Chanet, Antoine Culioli, Camille Denizot, Chantal Marbœuf, Anna Pompei, Gerry Wakker. Le Groupe a bénéficié du soutien financier de l’ Université de SaintÉtienne (frais généraux de fonctionnement) et des universités de rattachement de ses membres non parisiens (frais de mission). Il a été accueilli gracieusement à l’ École normale supérieure pour les séances de travail. Nous remercions tous ces établissements pour l’ aide décisive qu’ ils ont apportée au travail du Groupe. Nous remercions également le lecteur anonyme de Brill pour ses remarques et suggestions. Après la publication en  des Études sur l’ aspect verbal chez Platon (Publications de l’ université de Saint-Étienne, B. Jacquinod éd.), ouvrage centré sur le fonctionnement des formes aspectuelles à l’ impératif dans le dialogue platonicien, le Groupe s’ est orienté vers l’ étude des temps du récit historique et a progressivement focalisé son attention sur l’ emploi du Présent Historique dans l’ Histoire de la Guerre du Péloponnèse de Thucydide. C’ est de ce travail collectif que rend compte l’ ouvrage que nous publions aujourd’ hui. Tous les articles ont bénéficié de la relecture critique des membres du groupe et en particulier des quatre éditeurs soussignés; chaque auteur reste in fine responsable de son texte. L’ introduction est due à la plume d’ Albert Rijksbaron; la bibliographie a été compilée par Michel Buijs, les index par Bernard Jacquinod. Le volume contient en annexe trois répertoires mis au service des chercheurs qui souhaiteront prolonger l’ étude du Présent historique chez Thucydide; ils ont été établis par Jean Lallot, Odile Mortier-Waldschmidt, et Sophie Vassilaki. Les articles (chapitres  à ) sont rédigés en anglais ou en français; chacun d’ eux est précédé d’ un résumé dans l’ autre langue. Les éditeurs: Jean Lallot, Albert Rijksbaron, Bernard Jacquinod, Michel Buijs

INTRODUCTION

Albert Rijksbaron Il n’ y a pas de simple reproduction des faits, et chez Thucydide moins que chez personne —J. de Romilly (: )

. Preliminaries The appearance, in , of Jacqueline de Romilly’s Histoire et raison chez Thucydide marked the beginning of a new era of Thucydidean scholarship. Earlier, especially pre-war, scholarship was dominated by studies like Eduard Schwartz’s Das Geschichtswerk des Thukydides () and Wolfgang Schadewaldt’s Die Geschichtsschreibung des Thukydides (), which, in a long-standing analytical tradition, focussed on the various layers that his work supposedly consisted of, and on the value of these layers for reconstructing Thucydides’ intellectual development.1 The following quotation from Schadewaldt’s book may be considered programmatic for this approach (: ): ‘Wir beginnen mit einem rein philologisch-literarischen Problem, der Stellung und Datierung der Sizilischen Expedition im Ganzen des Werkes.’2 In De Romilly’s study the focus of attention shifted to questions pertaining to ‘des particularités

1 For a general overview of scholarship on Thucydides see Rusten (: –). Rengakos & Tsakmakis () contains a very detailed bibliography. De Romilly was preceded to some extent by Finley’s essay ‘The Unity of Thucydides’ History’ (Finley : –), originally published in . For the ‘biographical approach’ see e.g. Rawlings (: –). Biographical interest per se, i.e. without the parallel interest in the development of Thucydides’ work, in Bowersock () and Grant (). Connor (: –; orig. ) points to influences from the Cold War and the Vietnamese War on scholarly discussions about Thucydides. On p.  he writes: ‘. . . the problem of Thucydides’ attitudes and judgments appears to have replaced the composition problem as the Thucydidean question.’ 2 In his ‘Nachwort ’ Schadewaldt by and large remained true to his views of  years earlier. Schwartz wants to deal with ‘die Frage nach der Art wie das Geschichtswerk des Thukydides entstanden sein könne’ (Schwartz : ).



albert rijksbaron

de forme’ (: ) and to the way the work is organized, for ‘tout y est construit, voulu’ (p. ).3 One may also contrast the sentence of Schadewaldt just quoted with these sentences, also on the Sicilian expedition (De Romilly : ): ‘Athènes réussira-t-elle? Ses fortifications pourront-elles, à temps, isoler Syracuse? telle est l’ unique question qui se pose et qui domine l’ ensemble du récit’. It is not the siege of Syracuse as such which interests Thucydides, ‘. . . le siège est ce qui fait l’ unité et l’ enchaînement’ of the various events connected with it (p. ). The chapter from which these sentences were taken is justly entitled: ‘Les procédés du récit.’ This, in turn, may be taken as programmatic for much work that was to come, for De Romilly’s book proved seminal. Later publications on ‘les procédés du récit’ include Virginia Hunter’s Thucydides the Artful Reporter () and Hunter Rawlings’ The Structure of Thucydides’ History (), and, in the wake of Irene de Jong’s influential narratological study of the Iliad (De Jong ), a growing number of books and articles which make use, in varying degrees, of narratological concepts, e.g. Hornblower’s ‘Narratology and narrative techniques in Thucydides’ (), Tim Rood’s Thucydides: Narrative and Explanation () and Morrison’s Reading Thucydides (). The narratological ‘movement’ has found its provisional culmination point in the  collection of essays edited by De Jong and Nünlist, Time in Ancient Greek Narrative, with a chapter by Rood on Thucydides (– ). But interest in the way Thucydides narrates his (hi)story is not confined to narratological approaches, see e.g. Carolyn Dewalds Thucydides’ War Narrative () and Katja Sommer’s Techne und Geschichte ().4 Valuable though these studies are, they generally pay little attention to the linguistic means employed by Thucydides in the organization of his work.5 Thus, De Romilly, on p. , note , uses the term ‘moment décisif ’ in connection with the narratives about the departure of the Athenian fleet to Sicily (. ff.) and the final battle (. ff.), without 3

Yet for De Romilly, too, the form of the work had biographical implications: ‘les particularités formelles de l’ œuvre définissent . . . son attitude même par rapport à l’ histoire’ (: ). 4 Although they, too, deal with language, the numerous studies of lexical aspects of the Histories, e.g. the meaning(s) of ατα and πρφασις, of ν γκη, γνμη, etc., as well as studies of the rhetoric of the work are not considered in the present book, since they do not belong to the domain of ‘meaningful syntax’; for this notion see below. 5 There are exceptions. Thus the use of counterfactuals has attracted some attention, see Hornblower (: ) and Rood (: ). Edmunds () and Bakker () discuss the uses of δε, and of the tenses in references to Thucydides himself (e.g.

introduction



indicating how she arrived at regarding what is told in these narratives as a ‘moment décisif ’. The problem with such a notion is that one would like to have a formal, non-circular, argument for establishing what is and is not a ‘decisive moment.’ As it happens, the former of these two narratives has not a single historical present, while the second one abounds with them. According to the view of the HP that is taken in the present volume this means that only the events of the second narrative would count as ‘decisive’. Likewise, the study of Dewald, who calls her own work ‘decidedly formalistic’ (p. ), is flawed by a lack of attention to syntactic differences and their effects. On pp.  ff. she distinguishes thirteen independent ‘narrative units’, a unit being a ‘unit of action’ (p. ). Now twelve of these supposed units are marked by δ , while one has κα (..). This points to the latter not having an independent status; and the sentence introduced by κα elaborates, in fact, upon the information given in the preceding sentence. About . Dewald claims (p. ): ‘The narrative does not focus on a single event; instead, one set of actors is followed from one activity to another . . ., so that the sequence of activities undertaken forms a listlike series.’ She can only arrive at this view by ignoring the fact that the first verb of the unit that starts at . is an imperfect, πολ μουν. In reality, a different set of actors is followed, whose activities are simultaneous with the activities mentioned in .. Her insensitivity to the tense form of the verbs is nowhere clearer than in Appendix B ‘Introductory sentence of units of action’, which gives a survey of elements like the subject of the verb and its being in the active or passive voice, but not of its being an aorist, imperfect, pluperfect or historical present, as if these are all just ‘the verb’. A similar insensitivity is found in Morrison when he writes: ‘From a local perspective—in the context of each narrative episode—when Thucydides offers no commentary, it is the reader who must assign significance to the various events presented’ (Morrison : ). He must indeed, but Morrison seems to believe that the reader is entirely on his own. Not a word about the possibility that Thucydides may help the reader in his assigning significance by the presence of one verb form rather than another, by the word order or by the presence of certain particles, briefly by what Toolan, in his important study The Stylistics of Fiction, calls ‘meaningful syntax’ (Toolan : ), one of his assumptions being ‘that syntactic options in a language, such as that between progressive γ γραφε . . . Θουκυδδης, $γραψα, Θουκυδδης ξυν γραψεν). For Edmunds see also

below, note .



albert rijksbaron

and non-progressive aspect with dynamic verbs, carry important choices between different meaning options.’6 De Jong and Nünlist conclude the ‘Envoi’ at the end of their book with the following paragraph: ‘Another way of approaching time is through linguistics. The moods and tenses of the Greek verbal system have attracted the attention of readers and scholars from antiquity onwards. In recent years, fostered and influenced by the pragmatic “school” of linguistics, there has been a noticeable increase in scholarly discussions.’ As an example they mention the collection of articles in Allan & Buijs (). One may also think of the collective volume edited by Egbert Bakker (E.J. Bakker (ed.) ) and the recent volume on discourse cohesion in Ancient Greek texts (S. Bakker & Wakker (eds) ). The aim of the present book is to shed light on Thucydides’ modus narrandi by focussing on one particular item of ‘meaningful syntax’, viz. the use of the historical present (HP). The general framework adopted for the study of the HP is that developed by Rijksbaron in his paper on the historical present in Sophocles (Rijksbaron a), whose main points are for convenience’ sake reprinted below (with some modifications). Naturally, the existence of this framework does not entail that the contributors to this volume approach the HP in the same, uniform, way. The framework should be seen primarily as an inventory of elements that in one way or other play a role in the various contributions. . The Function of the Historical Present The preferred habitat of the historical present is, of course, the narrative, i.e. a report of past events, which are predominantly narrated in imperfects and aorist indicatives;7 there is, in fact, no narrative without these two tenses. In essence, the aorist presents the main events of the story,

6 Toolan’s chapter  (–) is devoted to ‘Progressive forms in the narrative.’ I am assuming here that the linguistic instruments of fictional narratives and of historiography are employed in the same way. In fact, there is to my knowledge no language which has (a) separate (set of) tenses for the one or the other of these genres. For some controversies involved in distinguishing fictional from historical narratives see Hornblower (: –). 7 Occasionally, the historical present occurs in what may be called mixed narrativeargumentative passages; an example is μισο'ται in π(ς ο)ν τα'τ’ ποησεν; μισο'ται τουτον (Dem. .).

introduction



i.e. the events that warrant that the narrative moves on and thus establish the story line, while the imperfects provide the background, i.e. the circumstances (notably preparations and explanations) under which these events occur.8 At varying intervals the flow of these past tenses may be interrupted by the occurrence of a present indicative form, traditionally called the historical present, sometimes also narrative present. An important function of these presents is to present events that the narrator considers crucial or decisive for the development of the (fictional or non-fictional) plot.9 An oft-cited example of this use is πορ*+ in Hdt. ..:

8 For details see Rijksbaron (). A text that, in independent sentences, contains only aorists and no imperfects is a list of events rather than a narrative. For examples of such lists see e.g. Hdt. .–. (ε,λε, σ βαλε, πκοντο, ε,λον, ξεδ ξατο, βασλευσε, πολ μησε, εξ-λασε, ε,λε, σ βαλε, π-λλαξε:  aorists in  lines, no imperfects) and Th. . (./κση, 0λον, ξυν.κισαν, κρ η, κρ τησαν, ./κσησαν, ./κση, γ νοντο, κατ.κισε, κατ.ωκση:  aorists in  lines, no imperfects), . ( aorists in  lines, no imperfects), ..– ( aorists in  lines, no imperfects).). For Thucydides’ use of imperfect and aorist Hillesum () is still useful. 9 This view is already found in Kühner-Gerth (–: , ): ‘Oft neben Aoristen oder Imperfekten zur Hervorhebung einzelner besonders bemerkenswerter und für die Folge wichtiger Momente’. Cf. further Eriksson (: ; ‘Hauptpunkte’), SchwyzerDebrunner (: ; ‘entscheidende und neue Momente’), Sicking & Stork (: – ). Ultimately, and at a more theoretical level, the ‘decisive’ function of the historical present can be accounted for along the lines sketched by Benveniste in his article ‘Le langage et l’ expérience humaine’ (Benveniste ). By interrupting the flow of past tenses the present tense creates the illusion that the event concerned does not belong to the past, but is ‘un moment neuf, non encore vécu’, in the words of Benveniste (: ). Being presented as new and ‘having not yet been gone through’, the event has, in a context of events ‘that have been gone through’, another information status than these other events. By suddenly confronting the reader with ‘un moment non encore vécu’, the narrator wants him to know that this is not an ordinary, but an extraordinary event of the past, an event that may be expected to have more far-reaching effects than the surrounding events. Allan (this volume, p. ) argues that the HP creates ‘epistemic immediacy’.— Writing about γγνεται at Th. .., and following Smyth (: : ‘In lively or dramatic narration the present may be used to represent a past action as going on at the moment of speaking or writing’), Edmunds (: ) claims that the HP ‘brings the matter narrated into the moment of the writing’, and would thus ‘emphasiz[e] the presentness of the work.’ This must be rejected. Γγνεται does not belong to the moment at which Thucydides writes his history, let alone that this would mean that the ‘work’ as such is ‘present’. On the contrary, γγνεται is presented as a non-past action in the past, as ‘un moment non encore vécu’ (see above). Creating this ‘moment non encore vécu’, it retrospectively turns events that are already known from what precedes, as is indicated expressis verbis by τ2 προειρημ να, into events that are crucial for the development of the war. The next ‘moment non encore vécu’ is established by 3ρχεται at ., see footnote .



albert rijksbaron

()

5ς δ6 κατ2 ντου γ νετο ο7σης τ8ς γυναικ9ς ς τ:ν κοτην, ? γυν: πορ*+ μιν ξιντα

(‘And when she turned her back upon him, going to her bed, he crouched and slipped from the room. And the woman saw him as he went out . . .’, Hdt. ..; transl. Godley)

where the fact that Candaules’ wife sees Gyges leave the bedroom completely overthrows the course of events as planned by Candaules.10 Needless to say, it is not just the perception verb πορ*+ that is marked here as crucial by the present tense but this verb plus the dependent state of affairs ( ξιντα). In assigning this ‘decisive’ function to the historical present one runs the risk, of course, of falling victim to circular reasoning, there being no other indications of ‘decisiveness’ than the historical present. Below, I will try to neutralize this risk by pointing to a number of features of the historical present that can satisfactorily be accounted for if expressing ‘decisiveness’ is considered the basic function of the historical present, and that otherwise remain unexplained. . Some Syntactic and Semantic Features of the Historical Present The use of the historical present is far more restricted than that of imperfect and aorist, as appears from the following list of features. I. The fact that it is (almost) confined to narrative discourse has already been mentioned. II. A consequence of I is that the historical present does not occur in exclamations or questions,11 but only in declarative sentences.

@Επορ*+ is further marked by its position before μιν. Being a postpositive boundary marker, that normally comes second in a sentence or clause, μιν creates a syntactic break between ? γυν- and πορ*+, whereby the latter gets a certain prominence. See Dik (: –), and for our case also Slings (: ). The rhetorical effect is further enhanced by κα, for this expresses the idea that the sentences before and after κα should be taken as one information unit; κα makes us therefore expect that the information which follows κα will be a natural sequel to that of the preceding sentence; for κα cp. also p. . This expectation is then forcefully denied by ? γυν: πορ*+ μιν ξιντα. 11 With the exception of rhetorical questions, i.e. questions that are pragmatically equivalent to a statement, e.g. τς οB σδηρον προσφ ρει, τς οB π τρον, E. Andr.  (in a messenger’s narrative). 10

introduction



III. A further consequence of I is that the historical present does not occur in the second person, but only in the third and—very seldom— first person.12 IV. Not all verbs have historical presents. They are, in fact, almost confined to telic and momentaneous verbs (so-called ‘accomplishments’ and ‘achievements’), and do not occur, then, with durative-stative verbs (‘states’ and ‘processes’). This means that forms like στ, κεται, μ νει, $χει, νομζει, εDδει are never used as an historical present.13 The activity involved is normally displayed by a human being,14 but occasionally by natural phenomena, as at Xen. An. .. ες δ6 τ:ν δειν9ν ποιε'ντο τ9 Κανδα7λεω π ος κα> ν πλοισι 0σαν, συν βησαν ς τ/υτ9 οS τε του Γ7γεω στασι(ται

(‘So he took possession of the sovereign power, and was confirmed therein by the Delphic oracle. For when the Lydians were much angered by the fate of Candaules, and took up arms, the faction of Gyges and . . . came to an agreement that . . .,’ Hdt. ..)

In fact, the basic function of γ ρ is to provide this type of explanatory information. . Some Conclusions The features mentioned at IV through VIII can, as was claimed above, all be accounted for in a satisfactory way if signalling ‘decisive events’ is taken as the basic function of the historical present: – (IV. non-occurrence of stative historical presents) the semantics of stative verbs are inherently at odds with the notion ‘decisive event’; verbs like ‘be’, ‘think’, ‘have’, ‘sleep’ are rather used to provide background information – (V. rarity of historical presents in the passive voice) decisive events are typically caused by actively operating persons, not by persons undergoing an action22 – (VI. rarity in subordinate clauses) since subordinate clauses typically provide information that is on a lower hierarchical level than that provided by independent sentences, one may expect decisive events to occur at the highest level – (VII. near-absence of negated historical presents) non-events may be expected to qualify less easily as decisive events than real events. – (VIII. near-absence of historical presents with γ ρ) decisive events may be expected to avoid collocation with a particle whose main function is to introduce background information. . Summary of Chapters – Important elements of this general framework immediately get a specifically Thucydidean basis in Jean Lallot’s ‘Vue cavalière sur les emplois 22 This includes instances where a human agent is present, but not formally expressed as the subject of the HP, or is implied rather than overtly expressed, like those mentioned in fn. , where the subject of the HP is an abstract noun.

introduction



du PH dans les Histoires de Thucydide,’ which opens the book. In this chapter, Lallot provides material pertaining to the establishment of what is a HP, their grammatical number, their frequency in Thucydides’ text and the semantic type of the verbs that appear in the HP. (A survey of all HPs in Thucydides is presented in ‘Annexe II’, as an ‘instrument de travail’, which makes it possible for other scholars to do their own research on Thucydides’ text.) Perhaps not surprisingly, verbs denoting military activities make up the greater part of all HPs, which makes the question as to their use, in relation to that of aorist and imperfect of the same verbs, all the more intriguing; why is e.g. the putting to flight of troops in one case expressed in the HP and another in the aorist? In the second part of his paper, Lallot explores the use of the HP in the first book in general and in chapters –. in particular. These chapters, which deal with the final years of Themistocles, exhibit a far greater number of HPs than the average number. Lallot himself suggests some tentative explanations, but also gives the floor to other contributors to this volume, to express their view of this passage, which leads to a number of, partly conflicting, opinions (in ‘Annexe I’). The first three papers after Lallot’s ‘Vue cavalière . . . ’ focus on Thucydides’ use of the historical present of a number of frequently occurring verbs which belong to the sphere of the military. Starting from the set of features mentioned above, and from the idea that by using a present indicative in an historical context the narrator transfers himself and his readers to the time of the event concerned, Rutger Allan argues, in ‘The historical present in Thucydides: capturing the case of αρε and λαμβ νει’, that such a present creates what may be called epistemic immediacy. This, in turn, serves to highlight certain events, by bringing them to the attention of the reader in a cognitively direct, ‘unfiltered’ manner. All in all, the HP is a marker of the central events of the story, in short, of the story’s foreground. Using earlier research carried out by him, Allan argues that the HP occurs at two specific structural locations in Thucydides’ narrative: at the beginning and at the climactic point, the Peak, of an Episode. This view is then illustrated by means of a detailed analysis of the uses of the historical presents of two semantically related verbs, viz. αρεν and λαμβ νειν. Allan first of all explores the general semantic properties of these verbs, and shows that they differ as to the nature of the object that they govern. While the objects of αρεν refer mostly to cities and other immovable entities, those of λαμβ νειν refer generally to people, ships and other movable entities. Also, the HP and the Aorist of α-



albert rijksbaron

ρεν are construed with the same objects. Interestingly, and importantly, however, the HP of λαμβ νειν is mostly used in connection with the

seizure of ships, but the aorist in connection with people. We must infer, not unexpectedly, that Thucydides viewed the taking of ships as more central to his story than the taking of prisoners. By examining, in the final part of his paper, a number of HPs and aorists of the two verbs in narratives of land and naval battles, Allan is able to show that the HP is indeed the marker of central events, while the aorist denotes secondary events. In her contribution ‘Τρ πειν au présent historique chez Thucydide’, which is the first of two papers devoted to the HP of one particular verb, Odile Mortier-Waldschmidt contrasts the use in Thucydides of the aorist indicative and the historical present of a verb that is typically connected with war narratives, viz. τρ πειν ‘put to rout’. Starting from Thucydides’ programmatic statement at .. that he will relate _ λγου μ λιστα 3ξια, and from the assumption that not all events narrated are equally important in a given episode, Odile Mortier-Waldschmidt argues that Thucydides uses the HP to draw the reader’s attention to the action(s) which was/were decisive for that episode. By a careful analysis of the sections that follow the programmatic statement, where we find the HP’s τρ πουσι and διαφερουσι, and of the other instances of τρ πει/τρ πουσι, she shows that the HP of τρ πειν is, in fact, used for routings that had a decisive impact on the course of a battle. The aorist, on the other hand, denotes routings that had no clear outcome. Also, the routing denoted by τρ πει/τρ πουσι is often presented as the result of the tactical insights and moves of some military leader. Thus, the HP may have served as an instrument for Thucydides to show the military importance of the protagonists of his war. Another important verb that is connected with warfare is πεειν ‘(try to) persuade’. Of this verb a rather high number of HPs is found (it comes in fourth place as regards the frequency of the HP) and in his contribution ‘Πεω et le présent historique chez Thucydide’ Bernard Jacquinod addresses the question whether this high number can be explained as being due to a general value of the HP or is rather connected with this particular verb. Analysing several passages with a high incidence of HP forms, among them πεει, amidst imperfects and aorist indicatives Jacquinod, too (cp. Mortier-Waldschmidt), argues that all the important stages of the narrative are expressed by an HP. The persuasion expressed by πεει is, then, one out of several important stages. However, from its use in other passages it can be shown that it is not just the HP as such which is responsible for this effect of conveying importance,

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

but that the meaning of the verb predisposes, as it were, the verb for its use in the HP. This fact is later in the paper viewed in terms of the semantic theory of A.J. Greimas, who in his analysis of narratives considers ‘le faire persuasif ’ a fundamental element of all narratives. It is no coincidence therefore that πει- appears so often in the HP. As for imperfect and aorist, Jacquinod observes that the former does not really compete with the HP, since the imperfect has a marked preference for the negative and for subordinate clauses; the HP πεει, on the other hand, is never negated nor does it occur in subordinate clauses. The syntactic behaviour of the aorist is much like that of the HP. By comparing their uses in main clauses, Jacquinod concludes that, unlike the HP, the aorist does not report events which mark a new stage in the narrative. Especially revealing are two passages with, on the one hand, $πεισε . . . Kαυτ9ν κατ γειν (..) and, on the other, πεει . . . Kαυτ9ν κατ γειν (..–). The next two papers deal with the use of the historical present in passages of sustained narrative, and contrast this with that of imperfect and aorist indicative. The aim of the paper by Adriaan Rademaker and Michel Buijs, ‘A tale of two involuntary encounters: linguistics and the persuasive function of the historical present in two Thucydidean battle scenes (.– & .–)’ is, in the authors’ own words ‘to show that Thucydides consistently presents affairs from an Athenian perspective,’ rather than being the ‘objective’ narrator he is often taken for. They argue that the way in which Thucydides employs imperfect, aorist and historical present conveys important information for his audience as to how he interprets the events he relates. Aorist forms present the main events of a certain passage, and advance narrative time; the imperfect and present participles present preparatory and other background material; the historical present, finally, is choosen to highlight events that are considered crucial for the interpretation of a given passage, notably strategic moves. To prove their claim Rademaker and Buijs present a detailed analysis of the use of the tenses in two battle narratives, .–, about the battle of Sybota, and .–, about the battle which preceded the siege of Potidaea. They argue specifically that in these narratives the narrator does not, in fact, take an objective stance, but wants his audience to infer that Athens only reacted to aggressive actions of the enemy. To achieve this persuasive goal Thucydides uses a variety of argumentative means, among which the historical present is of major importance. For the historical presents highlight incidents that can be used to put the blame for the hostilities on the Corinthians.

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albert rijksbaron

In ‘Imparfait, aoriste et présent historique dans les récits des quatre batailles navales de Syracuse (Guerre du Péloponnèse, livre )’ Louis Basset investigates the functions of imperfect, aorist and historical present in Thucydides’ narrative of four naval battles that play an important role in the development of the Sicilian expedition. The first of these takes up ch. . and . In ., the imperfect is the only tense used; it presents the beginning of this battle as an open series of movements and events. Next, the narrator leaves the sea and turns to a battle on land, that occurred simultaneously. This episode (..–) opens with two HPs, that put an abrupt and unexpected end to the sea narrative, and mark the events narrated as crucially important for what is going to follow. In the last two sections of ch. . it is the aorist that predominates: one imperfect followed by no less than seven aorists. Of these, the first two and the last one put an end to the narrative of the battle, while the other four are outside the main storyline; they serve rather to draw the balance of this naval battle (‘constative’ use of the aorist). In the narrative of the second battle a couple or a series of imperfects is followed by one or more closing aorists, which report the result of the action(s) expressed by the imperfects. The only HP of this episode highlights a successful stratagem of the Syracusans. In the narrative of the third battle, generally speaking the same uses of the tenses are found, but they alternate in more complex ways, which is due to the far greater presence of the HP in this passage, notably in the final part of the narrative, where the flow of events narrated in the imperfect is interrupted three times by an HP, which highlight the beginning of the battle, the initial defeat, and the eventual success of the Athenians, respectively. The fourth battle narrative differs markedly from the others, since it has no HP and very many imperfects. In fact, the battle is more a confused mêlée, without events that stand out, than a real battle. Basset concludes, among other things, that the preferred tense in these battle narratives is the imperfect, which creates continuity. The HP mostly serves to mark events that are crucial for the development of the battles. Basset sees this as an effect of what he calls the ‘presentifying’ value of the HP. The historical present is studied from a comparative perspective in two papers. In ‘The Profanation of the Mysteries and the Mutilation of the Hermae. Two variations on two themes,’ Albert Rijksbaron compares the use of the historical present in Thucydides’ account of the important events of  mentioned in the title, with that of Andocides in his account of the same events in his speech De mysteriis. Rijksbaron observes first of

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

all that both authors use the historical present of a restricted number of verbs, notably verbs denoting denunciations. He argues that by choosing the present tense rather than the aorist or the imperfect of these verbs, the author wanted his readers (: Thucydides) or his listeners (: Andocides) to know that in his view these particular denunciations were of decisive importance in the chain of the events which make up the Peloponnesian War (: Thucydides), and for the course of events during the trial On the mysteries (: Andocides). Their importance can, in fact, be shown from their consequences as narrated in the ensuing text. Also, it is noteworthy that in Thucydides four out of six historical presents concern Alcibiades, who was, indeed, the decisive figure in these developments. Of special interest is the fact that Andocides uses the historical present for a denunciation that is also mentioned in the official record of the trial as quoted by Andocides, but now in the aorist. He has taken over, then, the denunciation but not its form from this record. This clearly shows that it was Andocides who turned this denunciation into a decisive one— decisive for him, that is. In ‘Présent historique et subjectivité: quelques exemples de Polybe et Thucydide’ Frédéric Lambert approaches the historical present in Thucydides from the perspective of a later historian, Polybius. Unlike Thucydides, Polybius makes use of the historical present in a fairly restricted way. An especially noticeable feature is that the HP is often preceded by an aorist participle which expresses the state of mind of one of the characters involved in the story, notably the subject of the HP. Thereby, the narrator expresses his empathy with that character, and invites the reader to share this empathy. Since the empathy solicited by the participle relates to the HP, it is eventually the HP which has to be seen in the light of the participle. Often, the HP is the result of the reasoning expressed by the participle. As for the use of the HP itself, this is a means to indicate that in the argumentation something important is at stake, for instance a ‘retournement de situation.’ This use of the HP is then compared with the HP in Thucydides, more specifically that of π μπειν. The regularities discovered in Polybius can be seen to be operative in Thucydides, who uses the HP on a far greater scale, as well. The HP of π μπειν is frequently preceded by a participle expressing fear or some disconcerting piece of information. As in Polybius, the participle evokes the empathy of the reader, inviting him to view the HP through the eyes of the character. In the final part of his paper Lambert discusses a number of apparent counter-examples to his interpretation, where a state-of-mind verb modifies an aorist indicative instead of an HP. Lambert argues that

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albert rijksbaron

in such cases the narrator presents the action as an observer from outside the action, and therefore without empathy. Finally, in his contribution ‘The Temporal Characteristics of the Historical Present in Thucydides’, Coulter George focusses on syntax and semantics rather than pragmatics, as in most other papers. Specifically, he investigates what we can learn about the values and uses of the (past) tenses from their being modified by temporal expressions like το' αBτο'  ρους/χειμ(νος. Having noted that after the aorist indicative it is the HP which is the most frequent tense with these modifiers, George suggests that the HP serves to accelerate the speed of the narrative. To make his point he analyses the use of the HP of a number of punctual verbs, among them γγνεται, πεει/-ουσι, and ποκτενουσι. He argues that e.g. πεει presents the act of persuasion as something without complications, i.e. without everything which may precede or accompany the persuading. The aorist, on the other hand, is typically found in contexts where the complexity of the act of persuading comes to the fore. Next, George observes that in Thucydides the HP is never modified by an accusative of temporal extension, unlike the imperfect and the aorist. This clearly points to the HP having a non-durative, and indeed what might be called a ‘super punctual’, value: the narrative dwells as little time as possible on the action of the verb. Another parameter called upon by George to show the ‘super-punctual’ nature of the HP, is the singular or plural nature of the subject and object of a given HP, the idea being that e.g. the persuading by, and of, a group takes more time than the persuading by, and of, an individual. There seems, in fact, to be a meaningful correlation between the HP and singular subjects/objects, and, conversely, between the aorist and plural subjects/objects. . Drawing the Balance In surveying the synopses of the papers, and of course in surveying the papers themselves, the reader no doubt will notice that the general theme of Thucydides’ use of the historical present has inspired the various contributors to write papers that show individual positions and approaches (cp. also the remarks at the end of § ). In spite of these individual features, however, most authors share at least one important assumption concerning the function(s) of the historical present in Thucydides, which is that the HP is a powerful means to make it clear to the reader that

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

he, Thucydides, did not consider all events of the Peloponnesian war of equal importance. Although the terminology, and the theoretical justification of the value assigned to the HP, varies, these authors agree that the primary function of the HP is to mark events that were, according to Thucydides, of decisive (crucial, central) importance for the development of the war. The use of the HP rather than of the aorist to report some event, is the result, then, of a subjective, deliberate choice on the part of the author. After all, Thucydides did not have to use the HP. Naturally, if this view is correct the choice of the HP should have verifiable consequences for the organisation of the narrative in the immediate or wider context. In detailed analyses of the contexts of the various HP forms the authors in question seek to show that we are, in fact, justified in assuming that Thucydides considered the HP events decisive. Coulter George, however, questions this view, by drawing attention to some important syntactic features of the HP, that in his opinion are more important for the presence of a given HP than Thucydides’ subjective preferences to make some events more decisive than others. But his position can perhaps be reconciled with that of the other contributors. After all, the fact that the HP is never modified by an accusative of extension, to mention only one of his findings, can also be explained in terms of decisiveness: by their very nature decisive events may be expected to be of a non-durative character. Fortunately, since this book contains a full inventory of all historical presents in Thucydides, the reader is in an excellent position to judge for himself what is the explanatory power of the various analyses and interpretive proposals.

chapter one VUE CAVALIÈRE SUR LES EMPLOIS DU PRÉSENT HISTORIQUE DANS LES HISTOIRES DE THUCYDIDE1 Jean Lallot Abstract This paper falls into two parts. In the first part, Jean Lallot (JL) presents some general observations on the use of the historical present (HP, French PH) in Thucydides’ Histories. These observations are based on the three documents, drawn up by Odile Mortier-Waldschmidt, Sophie Vassilaki and JL, and appended to the present volume (Annexe II): “Verbes attestés au PH chez Thucydide”, “Principaux verbes non attestés au PH”, “Répertoire des PH en contexte”. JL gives some figures that bring to light which verbs occur in the HP with a remarkably high frequency and thus show, as it were, an “affinity” with the HP. Eleven of them denote events likely to be of cardinal importance in the progress of military operations: φικνομαι, διαφ ε ρω / -ομαι, πμπω, πε ω, αρω / -ομαι, λαμβνω, τρπω / -ομαι, φ στημι / -αμαι, γγλλω / -ομαι, καταλαμβνω, ποπμπω. On the other hand, one must notice that these verbs and many others like them also frequently occur in the narrative past tenses, a fact which proves, if such proof is necessary, that there are certainly no mechanical laws governing the use of the HP. To assess their occurrence in a significant section of narrative, JL concentrates his attention, in the second part of his paper, on the HPs in Book I and suggests, tentatively, some reasons which could have led Thucydides to use or not to use the HP in a given part of his history (for example, the HP seems to be used less often when the historian evokes more distant past events: “histoire refroidie”). JL’s hypotheses being rather general, it was suggested that each contributor to the book write his or her own interpretation of the HPs found in Thucydides’ Book I, chap. .–. (plus the two γ γνεται of . and .). On the nine contributors who took up the challenge, four have been selected: Rutger Allan, Coulter George, Odile Mortier-Waldschmidt, Albert Rijksbaron. Their analyses are given in Annexe I of this volume, which thus constitutes, as it were, a sample of the individual approach and linguistic insight of each of them.

1 Cet article a grandement bénéficié de la relecture attentive de Louis Basset, d’ Odile Mortier-Waldschmidt et d’ Albert Rijksbaron. Qu’ ils en soient cordialement remerciés



jean lallot

Fondé sur le repérage exhaustif des occurrences du Présent historique (PH) dans l’ œuvre de Thucydide, le présent article a essentiellement un objectif descriptif : il propose une vue d’ ensemble, en quelque sorte « aérienne », de l’ apparition des PΗ dans le récit thucydidéen. Comme le tableau des « Verbes attestés au PH » (ci-après “Tableau des PH”), fourni en annexe du présent volume, mais sous une forme discursive et quelque peu raisonnée, il veut être un instrument de travail pour qui voudra se livrer à telle étude de détail plus approfondie sur l’ usage du PH chez Thucydide. Après quelques remarques générales sur l’ « objet » PH et sur le « domaine » dans lequel on le rencontre, je proposerai une sorte de lecture cavalière du livre  des Histoires, en focalisant mon attention sur les occurrences—et les non-occurrences—du PH dans le texte de Thucydide. . Remarques générales .. Identifier les PH Une définition simple du PH—un Présent de l’ indicatif (PrInd) faisant, à la manière d’ un autre Temps du Récit historique (TR), référence à un fait passé2—se révèle empiriquement opératoire et suffisante pour identifier sans hésitation tous les PH de Thucydide.3 On est donc en mesure de dire que, sauf erreur arithmétique, les Histoires comportent  occurrences du PH.4

(et néanmoins tenus hors de cause pour toute faiblesse ou erreur qui aurait survécu à leurs critiques). 2 Les deux autres grandes catégories d’ emploi du PrInd sont le présent actuel (attesté par excellence dans les discours) et le présent général, ou omnitemporel (discours et récit). 3 Une hésitation peut survenir, mais elle est d’ un autre ordre, lorsqu’ une divergence dans la tradition manuscrite met en concurrence un Présent et un Imparfait. C’ est le cas en .. ( χρει/χωρε). Les éditeurs se partagent entre ces deux leçons; ceux qui choisissent χωρε (CUF) livrent au lecteur un Présent qui est, sans contestation, un PH. Mais, ici comme ailleurs, nous suivons notre édition de référence (OCT), qui opte pour χρει.—Je n’ ai pas relevé, dans les Histoires, d’ autres lieux variants faisant alterner un PH avec un autre TR. 4 Y sont inclus des emplois du Présent qu’ une analyse fine amène à distinguer du PH proprement narratif : voir ci-dessous, pp.  et , l’ interprétation de γγνεται (.. et ..) par R. Allan et A. Rijksbaron.

les emplois du ph dans les histoires de thucydide



Toutes ces occurrences sont des troisièmes personnes, du singulier ou du pluriel. Dans les discours,5 les PH sont rarissimes.6 Dans ces conditions, il paraît raisonnable, pour calculer la fréquence pertinente des PH, de faire ce calcul uniquement sur les pages de récit, qui sont au nombre de  dans l’ édition OCT.7 On a donc en moyenne  /  = , PH par page de récit. Il sera intéressant d’ observer comment les PH se distribuent de facto par rapport à cette moyenne. .. Restrictions d’ emploi remarquables du PH Comme l’ a rappelé A. Rijksbaron dans l’ introduction du présent volume (..), l’ emploi du PH est, d’ une manière générale, soumis à diverses restrictions. Pour le corpus constitué par les Histoires de Thucydide, voici ce qui ressort de l’ examen des  emplois rencontrés : a. le PH est rare en subordonnée. On en relève  exemples : –  dans une relative :  après ς (.. ( ×), ..),  après σος (..),  après $να (. .) ; –  dans une temporelle :  après Pς (.., ..),  après πρν (.. ( ×), ..),  après Rως (..) ; –  dans une consécutive : .., .. ; b. un verbe au PH est rarement nié. On en relève  exemples : .., .., .., .., .., .., .., .. ; c. une forme de PH n’ a pas souvent valeur passive. On rencontre  exemples de PH passifs (soit ,  du total des PH), pour les verbes suivants : γγ λλω (), αρ ω (), Qλσκομαι (), ναγκ ζω (), ναπεω (), πλλυμι (), πολ7ομαι (), ποφ ρω (), φανζω (), διασ.ζω (), διαφερω (), διδ σκω (), κπ μπω (), καταδικω (), καταλαμβ νω (), καταλεπω (), καταφ ρω

5

Aux  discours proprement dits (prises de parole, de longueur variable, rapportées au discours direct [le dialogue des Athéniens et des Méliens (.–) est conventionnellement compté comme un seul discours]), nous assimilons les textes de lettres (.., ., ., . ; .–) et de traités divers (.–, .–, –, , ,  ; ., , ). Une analyse plus poussée (que nous n’ avons pas faite) rattacherait à ces discours directs les nombreux passages, disséminés dans le récit, où les paroles d’ un personnage sont rapportées au discours indirect : les PrInd rencontrés dans ces passages ne sont jamais des PH. 6 Nous n’ avons relevé que νικ+ται, dans le rapport adressé par Nicias à l’ Assemblée, sur la situation en Sicile à la fin de l’ année  (..). 7 Les décomptes de pages mentionnés dans le présent article renvoient toujours à la pagination de cette édition.



jean lallot (), κυκλομαι (), μην7ω (), νικ ω (), προκαταλαμβ νω (), τιτρσκω ();8

d. un verbe au PH ne s’ interprète qu’ exceptionnellement comme référant à un passé antérieur à celui de son contexte narratif (traduction française par un plus-que-parfait). Seuls  exemples d’ un tel emploi nous ont paru indiscutables : .. (πεει), .. (προσποιεται), .. (π μπουσιν), .. (μην7ει). .. Verbes avec et sans PH On ne sera pas étonné de constater qu’ une partie seulement du lexique verbal de Thucydide fournit des occurrences de PH. Le Tableau des PH donne la liste des verbes à PH ; il y en a —nombre conséquent, certes, mais sérieusement minoritaire si on le compare à celui des autres verbes (attestés cinq fois au moins) que nous avons recensés :  (voir en Annexe II la liste des « Principaux verbes non attestés au PH » [ciaprès « Liste des non-PH »]). On sera évidemment tenté de comparer les deux inventaires et de se demander notamment si l’ on peut déceler, dans le sémantisme et/ou l’ Aktionsart des verbes répertoriés, quelque chose qui les prédispose à figurer dans un inventaire plutôt que dans l’ autre. .. Les  verbes les plus attestés au PH Un simple coup d’ œil au Tableau des PH permet de constater que les  occurrences du PH ne sont pas également distribuées entre les  verbes à PH (ce qui donnerait un peu plus de  occurrences par verbe). En fait,  verbes, attestés  fois ou plus au PH, se partagent à eux seuls  des  occurrences ( ). Il vaut la peine de les énumérer (entre parenthèses, le nombre de leurs attestations au PH9) : φικν ομαι (), π μπω (), αρ ω / -ομαι (, dont  actifs), πεω (), γγνομαι (), ποι ω / -ομαι (, dont  moyens), καταλαμβ νω / -ομαι (, dont  actifs), τρ πω / -ομαι (, dont  actifs), διαφερω / -ομαι (, dont  actifs), φστημι / -αμαι (, dont  actifs), ποπ μπω (),

8

Pour les références, on se reportera au Tableau des PH. Les deux voix confondues, le cas échéant. Dans toute la suite de la section, les verbes sont cités à la voix, ou le cas échéant aux deux voix, attestée(s) à un TR (PH inclus). 9

les emplois du ph dans les histoires de thucydide



γγ λλω / -ομαι (, dont  actifs), λαμβ νω (). Si l’ on excepte γγνομαι et ποι ω,10 il est clair que tous ces verbes désignent des procès récur-

rents dans le déroulement d’ une guerre (envoi de troupes ou de messagers, transmission de messages, entreprise de persuasion, prises de guerre, mise en déroute et destruction, défection . . .) ; leur fréquence ne cause donc pas de surprise. Ils sont d’ ailleurs bien attestés aux TR autres que le PH—indicatif Aoriste (AoInd), Imparfait (Impf), le plus-que-parfait (Pqpf) restant marginal— ; par ordre décroissant du nombre d’ occurrences aux TR (PH inclus), indiqué entre parenthèses :11 γγνομαι (), ποι ω / -ομαι (), φικν ομαι (), διαφερω / -ομαι (), π μπω (), πεω (), αρ ω / -ομαι (), λαμβ νω (), τρ πω / -ομαι (), φστημι / -αμαι (), γγ λλω / -ομαι (), καταλαμβ νω / -ομαι (), ποπ μπω (). Le rapprochement des deux listes met en évidence que parmi les TR, certains de ces verbes fréquents « affectionnent » particulièrement le PH (entre parenthèses, pourcentage de PH dans les TR pour le verbe considéré) : φικν ομαι ( ), καταλαμβ νω / -ομαι ( ), π μπω ( ), ποπ μπω (, ), γγ λλω / -ομαι ( ), αρ ω / -ομαι (, ), τρ πω / -ομαι ( ), πεω ( ), φστημι / -αμαι (, ) . . . Autrement dit « arriver », « envoyer », « faire une prise de guerre », « délivrer un message » . . . sont, parmi les procès fréquents, ceux que Thucydide incline nettement à présenter au PH. Le tableau qui suit résume ces données chiffrées. Les verbes sont classés par ordre de nombre décroissant d’ attestations au PH (col. ). On notera que les pourcentages indiqués dans la dernière colonne sont légèrement sous-évalués, dans la mesure où une partie des TR pris en compte dans le calcul se rencontre dans des contextes où l’ occurrence du PH est quasi exclue (subordonnées temporelles, discours). Dans la colonne , la parenthèse donne le nombre d’ occurrences à chacune des deux voix, A et MP.

10 Le nombre relativement important de ces deux verbes au PH s’ explique en bonne partie par la nature de l’ élément nominal du groupe prédicatif auquel ils appartiennent, et qui rapproche les syntagmes γγνεται + N, ποιεται + N des autres verbes de la liste, p. ex. γγνεται μ χη / ναυμαχα / κεχειρα / βο-εια / Hμολογα / πκλυσις / μηνυτ-ς / ξ γγελος ; ποιεται (-ο'νται) πλο'ν / $κπλουν / ππλουν / στρατεαν / Hμολογαν / ξ7μβασιν / λγους / κ-ρυγμα / κεχειραν. 11 Le nombre indiqué est celui des TR à la diathèse où le PH est attesté, aux deux diathèses si le PH est attesté aux deux.



jean lallot

verbes attestés  fois ou plus au PH

nb. total d’ occ.

nb. d’ occ. du PH

nb. d’ occ. d’ un TR (PH inclus)

pourcentage PH / TR

φικν ομαι



π μπω / -ομαι

 ( / )







 / 

 ( / )



αρ ω / -ομαι

 ( / )

πεω / -ομαι

 ( / )

 ( / )

 ( / )

 (, / )

/ 

 ( / )



γγνομαι









ποι ω / -ομαι

 ( / )

 ( / )

 ( / )

 ( / )

καταλαμβ νω / -ομαι

 ( / )

 ( / )

 ( / )

 ( / )

τρ πω / -ομαι

 ( / )

 ( / )

 ( / )

 ( / )

διαφερω / -ομαι

 ( / )

 ( / )

 ( / )

 ( / )

φστημι / -αμαι

 ( / )

 ( / )

 ( / )

, ( / )

ποπ μπω / -ομαι

 ( / )

 / 



,

γγ λλω / -ομαι

 ( / )

 ( / )

 ( / )

 ( / )

λαμβ νω / -ομαι

 ( / )

 / 





Les chiffres de ce tableau appellent observations et interrogations. En voici quelques-unes (que m’ a suggérées A. Rijksbaron). – Trois verbes assez proches de la synonymie, αρ ω / -ομαι, λαμβ νω / -ομαι et καταλαμβ νω / -ομαι, se comportent de manière très parallèle, et remarquable, quant à la distribution du PH entre les diathèses : à deux exceptions près, pour ces verbes les PH sont des actifs (). Cette domination de l’ actif s’ observe déjà, il est vrai, pour l’ ensemble des formes de ces trois verbes ( A vs  MP), mais la disproportion A vs MP est nettement plus accentuée au PH. On sera tenté d’ en déduire que le PH a une prédilection pour l’ A. On pourra en voir une confirmation dans le cas de τρ πω / -ομαι, un verbe qui présente deux fois plus de MP que d’ A, mais qui, au PH, a presque  fois plus d’ A que de MP. – On se gardera pourtant d’ en tirer des conclusions hâtives : dans le cas de διαφερω / -ομαι, au PH comme pour l’ ensemble des formes attestées, A et MP font pratiquement jeu égal. Même remarque pour γγ λλω / -ομαι. A fortiori relèvera-t-on la bonne performance des PH de φσταμαι, alors que pour ce verbe le MP est nettement moins usité que l’ A ( MP vs  A).

les emplois du ph dans les histoires de thucydide



– Dans le cas de ποι ω / -ομαι, la domination écrasante du PH moyen s’ explique par le statut auxiliaire du moyen de ποι ω construit avec un nom d’ action (cf. note ). Le syntagme à verbe moyen est sémantiquement un ‘actif ’. Ce cas doit nous mettre en garde contre une interprétation superficielle des formes MP—autrement dit nous inviter à ne prendre les chiffres que comme des stimuli pour aller voir les textes eux-mêmes.12 .. Les autres verbes à PH : groupes de fréquence Sont attestés au PH : ποστ λλω παραγγνομαι, καταφε7γω, στρατε7ω / -ομαι Hρμζω / -ομαι, φ νω, ποκτενω, πονV-σκω πλλυμι / -υμαι, νικ ω / -ομαι καζω, κπ μπω / -ομαι μην7ω / -ομαι, μηχαν ομαι, κβ λλω, ναπεομαι, σππτω, καταδικω / -ομαι, πιτεμαι, ξυλλαμβ νω, σπ νδομαι, κομζω / -ομαι, παραδδωμι, ναχωρ ω, καστημι / -αμαι  fois : ναλαμβ νω, καορ ω, παντ ω, καταδ7ω, προσφ ρω, περιγγνομαι, προσππτω, ναγκ ζομαι, νστημι, φε7γω, δδωμι, πυν νομαι, Hρ ω, $ρχομαι

 fois :  fois :  fois :  fois :  fois :  fois :

 fois :  verbes  fois :  verbes .. Fréquence relative au PH d’ un verbe donné (tous verbes à PH pris en compte) Le nombre d’ occurrences d’ un verbe donné au PH ne devient pleinement significatif que comparé à l’ effectif total des occurrences de ce verbe à un TR. On peut ainsi classer les verbes à PH par valeur décroissante du rapport nombre de PH / nombre de TR (entre parenthèses après chaque verbe cité, le nombre d’ occurrences au PH) : A.   (pas d’ autre TR que les PH) : a.  « PH tantum » (verbes attestés exclusivement au PH) : πικατ γομαι (), κδιδρ σκω (), καταγορε7ω (), κατατοξε7ω (), διακσι στι μ χρι το' αBτο' χρνου), le second, moins saillant sans doute, signalant la montée en puissance de la flotte ionienne (κα> MΙωσιν Dστερον πολ= γ γνεται ναυτικ9ν). Y a-t-il une explication plausible de l’ emploi de ces deux PH ?

Je n’ en vois pas d’ emblée de très convaincante : qui voudra en proposer une devra affronter la comparaison du premier avec . (μετ2 δ6 τ:ν τ(ν τυρ ννων κατ λυσιν κ τ8ς NΕλλ δος οB πολλος $τεσιν Dστερον κα> ? ν Μαρα(νι μ χη Μ-δων πρ9ς @Αηναους γ νετο), et du second avec . (καταστ ντος δ6 το' Μνω ναυτικο' πλωιμτερα γ νετο παρ’ λλ-λους ; voir aussi γ νετο ., γ νοντο ., .).

Laissons les choses ouvertes15 et disons simplement ici qu’ avec ces deux γγνεται dans toute l’ Archéologie, nous avons affaire à un usage minimaliste du PH, à mettre en rapport—cela paraît plausible—avec le caractère distant et comme « refroidi » des événements évoqués.16 15

Voir la conclusion à propos de ce passage. Sur le contraste γγνεται- γ νετο, Louis Basset (per litteras) propose une interprétation en termes de ‘programme narratif ’ ; je le cite : « Si le ‘programme narratif ’ propre à l’ archéologie est de conter l’ émergence (tardive) de puissances maritimes en Grèce, ces deux PH me semblent être justement ceux qui disent cette émergence (il s’ agit d’ ailleurs 16

les emplois du ph dans les histoires de thucydide



Dans la Pentécontaétie, (section (c),  pages) le récit porte sur des faits de moindre ancienneté : la période considérée jouxte celle que va occuper la Guerre du Péloponnèse, objet spécifique de l’ ouvrage de Thucydide. Faut-il mettre en rapport avec ce rapprochement temporel une fréquence du PH sensiblement supérieure, dans cette partie du récit, à celle que nous avons observée dans l’ Archéologie :  PH pour  pages ? Avec une moyenne de , PH par page, nous sommes néanmoins bien au-dessous de la moyenne générale dans l’ ensemble des Histoires (,). Par ailleurs, l’ examen de la liste des formes—( κ)π μπω (), γγνομαι (), φικν ομαι (), ποστ λλω (), πιτεμαι (), διαφερω (), κελε7ω ()— montre que ces PH sont très majoritairement ceux de verbes de grande fréquence à ce temps (cf. supra). Il pourrait être tentant de considérer que, dans un récit moins « chaud » que celui des événements de la Guerre ellemême, ces occurrences relativement rares et empruntées à une classe de verbes fréquents au PH constituent une sorte d’ échantillon-témoin d’ un matériel verbal en quelque sorte « prédisposé » à fournir des PH.17 Pareille remarque, un peu risquée sans doute, ne dispense pas d’ examiner cas par cas les  PH du passage ; je laisse à qui voudra le soin de le faire—et j’ en viens maintenant à l’ histoire rapprochée des événements immédiatement antérieurs à la Guerre. Dans la section (b), le récit de l’ affaire de Corcyre (chap. –), une fois défalqués les discours, présente  PH en  pages (, par page), puis celui de l’ affaire de Potidée (chap. –)  PH en un peu plus de  pages ( par page), avec une densification remarquable aux chap. – :  PH en une page et demie (, par page). Le lexique des PH est encore ici largement celui, plus ou moins technique, des opérations militaires des principaux futurs protagonistes sur mer, hormis Athènes). La puissance maritime de Minos (.) n’ en est qu’ un lointain préliminaire. Si l’ apparition de la puissance maritime d’ Athènes n’ est pas traitée au PH en .et , c’ est peut-être qu’ elle constitue un présupposé de l’ archéologie, c’ est elle qu’ il faut expliquer. Le rôle d’ Athènes dans les guerres médiques me semble être hors du ‘programme narratif ’ . »—Pour une autre lecture des deux γγνεται, voir les renvois donnés, note . 17 A. Rijksbaron me fait justement remarquer, à propos d’ φικν ομαι, que son usage au PH est sensiblement différent chez Hérodote et chez Thucydide : comparer par exemple Hdt. .. (Μεγ βαζος δ6 3γων το=ς Παονας πκετο π> τ9ν NΕλλ-σποντον, νε'τεν δ6 διαπεραιωε>ς πκετο ς τ2ς Σ ρδις.) à Thc. .. ($πειτα . . . ποπ μπει . . . H @Ασπιος, αBτ9ς δ6 . . . φικνε ται ς Να7πακτον, κα> Dστερον . . . στρατεει . . .). Pareille ‘paire’, entre autres, montre que la ‘prédisposition’ (quoi que vaille ce terme) d’ φικν ομαι pour le PH, même si on peut raisonnablement la mettre en rapport ‘en langue’ avec l’ Aktionsart d’ un verbe signifiant ‘arriver’, ne doit pas moins être tenu, jusqu’ à plus ample informé, comme un trait de l’ usage thucydidéen. Il doit en aller de même pour les autres verbes réputés ‘prédisposés’ à apparaître au PH.



jean lallot

et navales : (πο)π μπω (), φικν ομαι (), Hρμζομαι (), (κα)ορ ω (), στρατε7ω (), $κπλουν ποι ομαι (), πιστ λλω (), καταλαμβ νω (), τρ πομαι (), et de la diplomatie : πεω (), φσταμαι (). Arithmétiquement parlant, on a de nouveau l’ impression d’ un effet de climax, les verbes à PH fréquents (« prédisposés » ?) deviennent plus fréquents à mesure qu’ on s’ approche du seuil de la Guerre. Dans la section (d), consacrée au récit des dernières négociations (chap. –), on relève  PH en une dizaine de pages (discours directs défalqués), soit , par page, et, là encore, une forte concentration de PH aux chap. – :  en une page et demie (, par page). Il vaut la peine d’ examiner de plus près dans cette section le récit des chapitres  à .. .. Zoom sur les souillures et sur le médisme de Thémistocle (chap. –.) Après avoir analysé les vraies raisons de la guerre et mentionné la décision prise par Sparte d’ attaquer Athènes (), Thucydide explique que les Lacédémoniens, en attendant d’ être militairement prêts à envahir l’ Attique, opposent aux Athéniens de nouveaux griefs pour renforcer leurs raisons de faire la guerre dans le cas où Athènes refuserait d’ obtempérer à leurs mises en demeure (.). Les griefs en question concernent des souillures (3γος) dont les Athéniens se sont rendus coupables dans le passé, et que les Lacédémoniens, se posant en gardiens des grands principes religieux, leur demandent d’ éloigner ( λα7νειν). Réagissant au grief des Lacédémoniens, les Athéniens invitent leurs adversaires à balayer eux aussi devant leur porte en se purifiant de deux souillures que leur cité a contractées quelques décennies plus tôt. La deuxième souillure lacédémonienne, qui met en jeu le personnage de Pausanias, fournit à Thucydide l’ occasion d’ en venir, dans un parallélisme assez libre,18 à une évocation de l’ histoire de Thémistocle. Cela donne, aux chap. –, insérés dans le récit principal (structure en anneau : . ≈ .) dont le référent se situe à la veille de la Guerre (– a.C.), quatre récits en « flash-back », remontant tous à une époque un peu antérieure :

18 L’ ajout de cette histoire prend une forme si brusque que J. de Romilly (CUF, vol. I, p. ) s’ autorise, chose rarissime, à ajouter un adverbial de temps (« à l’ époque ») dans sa traduction, pour ‘faire passer’ en quelque sorte la liberté narrative prise ici par Thucydide (voir la note  ad loc.)

les emplois du ph dans les histoires de thucydide



(A) souillure athénienne (–) : des Athéniens ont jadis massacré des suppliants réfugiés dans le sanctuaire de la Déesse. Ceux qui avaient ainsi chargé leur cité d’ une souillure ont été expulsés (Jλασαν το=ς ναγες, ., vers  a.C., selon les historiens), mais ils sont ensuite revenus : c’ est cette souillure que les Lacédémoniens demandent aux Athéniens d’ éloigner (anneau . ≈ .) ; (B) deux souillures lacédémoniennes (–) : (a) souillure du Ténare— simple rappel d’ un massacre d’ hilotes suppliants (. ; les faits remontent à la décennie  a.C.) ; (b) les Lacédémoniens ont fait mourir de faim Pausanias réfugié dans le sanctuaire de la déesse Chalkioikos (.– ; vers  a.C.). Les Athéniens leur demandent d’ éloigner cette souillure (anneau . ≈ .) ; (C) histoire parallèle (.–) : les dernières années de Thémistocle, banni pour trahison et mort (ca.  a.C.) après s’ être mis au service d’ Artaxerxès. Thucydide brosse un portrait du grand homme d’ État (.). .. Distribution des PH dans cet ensemble . Les anneaux du récit principal (réduits à quelques phrases) sont intégralement au prétérit. . Les récits en flash-back, inégalement développés, font chacun, en contraste avec des Aoristes et des Imparfaits, un usage assez différencié du PH. Par ordre d’ importance croissante de l’ effectif des PH, on a : – (Lacédémoniens ) souillure du Ténare (Ba) :  lignes, zéro PH – (Athéniens ) massacre des suppliants (A) :  lignes,  PH côte à côte en milieu de récit (.) : deux assiégés s’ échappent (κδιδρσκουσιν), les autres s’ installent en suppliants (κα ζουσιν κ ται). – (Lacédémoniens ) la mort de Pausanias (Bb) :  lignes (discours direct défalqué) ; long récit relatant deux moments de la vie de Pausanias « mèdisant »),  PH dispersés mais formant volontiers des paires : φικνεται, .—ποπμπει, .—κα> ποστλλει @Α. . . . κα> κελεει, .—κα> . . . σπ πτει . . . κα> κα στησιν Kαυτ9ν ς κρσιν, .—πρ>ν . . . μηνυτ:ς γ γνεται . . . λει τ2ς πιστολ ς, .—ξγουσιν, .



jean lallot – dernières années de Thémistocle (C) :  lignes (discours direct défalqué),  PH qui, occasionnellement isolés au milieu de prétérits (γ γνεται μ γας, ., νοσ-σας τελευτ τ9ν βον,.), forment pratiquement le tissu du récit dans toute sa première moitié, à côté de quelques rares prétérits : (.) Ο δ part. AO . . . πμπουσι . . . (.) NΟ δ6 Θ. προαισμενος φεγει . . . Gén. abs. διακομ ζεται H μ6ν οBκ $τυχεν . . . , H δ6 . . . διδσκεται οκ ξιο . . . (.) NΟ δ6 κο7σας ν στησι . . . κα> Dστερον . . . οBκ κδ δωσιν, λλ’ ποστλλει . . . (.)  part. AO καταφρεται χειμ(νι ς . . . Κα> . . . δεσας φρζει . . . . NΟ δ6 να7κληρος ποιε τε τα'τα κα part. AO . . . φικνεται ς MΕφεσον (.) Κα> H Θ. κενν τε ερ πευσε . . . , κα part. AO σπμπει γρ μματα . . . 19 . Quelques remarques

Dans un passage où l’ accent est évidemment sur les récits en flash-back, rien d’ étonnant à ce que les anneaux du récit principal soient banalement au prétérit. Dans les récits en flash-back, dont (Ba) donne le degré zéro, les prétérits de base du récit historique n’ ont pas à être justifiés. Un examen de détail montrerait en outre que le jeu des trois prétérits (Impf, Ao, Pqpf) permet la mise en perspective d’ un récit qui comporte des strates chronologiques, ainsi que des phases alternativement dynamiques et statiques. (A) et (Bb) sont comparables du point de vue de l’ emploi du PH, quantitativement (env.  PH pour  lignes) et qualitativement : les PH, allant volontiers par paires, donnent du relief à des moments « dynamiques » du récit (nombreux verbes de mouvement). Plus précisément, dans (A) le PH apparaît à un moment charnière du récit. Cylon et ses hommes, qui ont occupé l’ acropole, s’ y retrouvent assiégés et sur le point d’ être réduits à mourir de faim et de soif (.). Cette situation constitue un point de basculement décisif : 19

Voir la conclusion à propos de ce passage.

les emplois du ph dans les histoires de thucydide



NΟ μ6ν ο)ν Κ7λων κα> H δελφ9ς αBτο' κδιδρσκουσινZ ο δ’ 3λλοι 5ς πι ζοντο κα τινες κα> π νVησκον τ9ν βωμ9ν !κται τ9ν ν τV8 κροπλει.

Deux phrases, articulées par μ6ν . . . δ6 . . . , présentent sobrement la conduite contrastée de chacun des groupes d’ assiégés : Cylon et son frère s’ échappent, les autres s’ installent en suppliants. De Cylon on n’ entendra plus parler : le PH, ici, tourne une page,20 clôt l’ aventure pour deux de ses protagonistes. Pour les autres au contraire, leur geste a une fonction cardinale pour le récit : en se constituant suppliants, ils fournissent, à leur corps défendant, la matière même de la souillure dont vont se charger les Athéniens en les massacrant. Les meurtres eux-mêmes en quoi consiste la souillure athénienne, perpétrés en deux temps sur deux sous-groupes, sont relatés à la phrase suivante (.), à l’ Aoriste : π κτειναν . . . πεχρ-σαντο. Le couple κδιδρ σκουσιν—καζουσιν ne saurait donc passer pour l’ exposant d’ un pic dramatique. Il faut plutôt voir, dans cette dyade ordonnée par μ6ν . . . δ6 . . . , l’ instrument, stylistiquement élaboré, de la mise en scène graphique d’ une articulation narrative sur laquelle Thucydide se plaît à arrêter notre regard. Dans le récit (Bb), centré sur le personnage de Pausanias et polarisé par sa triste fin, origine de la souillure lacédémonienne, les PH, nous l’ avons dit, apparaissent dispersés. On a l’ impression que leur apparition rythme librement le récit en soulignant, de place en place, un mouvement (φικνεται, .—ποπ μπει , .—ποστ λλει, .— σππτει, .— ξ γουσιν, .), éventuellement couplé avec une autre action (κα> ποστ λλει @Αρτ βαζον . . . κα> κελε7ει αBτν, .—κα> . . . σππτει . . . κα> καστησιν Kαυτ9ν ς κρσιν), ou un moment pivot (πρ>ν . . . μηνυτ:ς γγνεται . . . λ7ει τ2ς πιστολ ς, .).

A. Rijksbaron me fait ici une objection, que je livre telle quelle : « κδιδρ σκουσιν : je ne crois pas que le PH puisse ‘tourner une page’, c’ est à mon avis plutôt la fonction de l’ aoriste. L’ autre exemple d’ κδιδρ σκουσιν (..) est également très problématique. Je me demande si l’ on n’ a pas ici un emploi figé. Chez Hérodote, on trouve  exemples d’ κδιδρ-σκει, et aucun de l’ Ιmpf ou de l’ Αο. Par contre, d’ ποδιδρ-σκω on ne trouve aucun PH, mais bien  Ιmpft et  Αο. Chez Thc. le seul TR de ce verbe est l’ Ao π δρασαν (..). Peut-être s’ agit-il d’ un verbe du vocabulaire militaire ? » De ces observations je retiendrai, à défaut d’ une certitude sur κδιδρ σκουσιν en .., l’ hypothèse selon laquelle il peut exister, à notre insu, des emplois figés empruntés par les auteurs à des phraséologies techniques. Ce n’ est pas parce qu’ une hypothèse de ce type est difficile à démontrer et peut éveiller le soupçon d’ avoir été inventée ad hoc qu’ il faut en nier brutalement la plausibilité. 20



jean lallot

(C) est clairement d’ un autre type (env.  PH pour  lignes) : pour des raisons qui restent à élucider, le PH y devient, par endroits, le temps du récit. Aux chap. –, outre la densification, déjà signalée, des PH, on peut noter leur diversification lexicale : à côté des verbes « prédisposés » que nous connaissons bien (notamment verbes de mouvement : φικν ομαι, διακομζομαι, φε7γω, καταφ ρομαι, ( σ)π μπω, ποστ λλω, νστημι), nous trouvons ici des PΗ plus diversifiés sémantiquement et de moindre fréquence : ναγκ ζομαι, διδ σκομαι, δηλω, φρ ζω, ξιω. On pourra y voir l’ effet d’ une propension locale, d’ un entraînement momentané à raconter au PΗ ; il n’ est pas sûr qu’ il faille dans de tels cas presser chaque PH pour lui trouver une justification stylistique (quelle qu’ elle soit). . Conclusion La prise en compte des statistiques générales et l’ examen (sommaire) du livre I suggèrent quelques hypothèses, à vérifier ou à corriger, par l’ étude des autres livres des Histoires et l’ examen attentif des contextes narratifs. L’ apparition du PH chez Thucydide ne doit pas être expliquée de manière uniforme. Plusieurs circonstances facilitantes sont à prendre en compte, de manière nuancée selon les cas : – il semble y avoir, dans ce livre qui envisage l’ histoire grecque sur une longue période, une certaine corrélation entre la distance au présent et la densité des PH : plus les faits relatés sont anciens (histoire « refroidie »), moins le PH est fréquent ; – quelques verbes, verbes de mouvement en particulier, mais pas seulement, ont une sorte de « prédisposition » à se présenter au PH. Il faut entendre par là que, par exemple, quand Thucydide raconte qu’ il y a eu arrivée de quelqu’ un, d’ un bateau, d’ une troupe, etc., il a « tendance » à écrire φικνεται (-ο'νται) plutôt que φκετο (-οντο). « Prédisposition » (du verbe), « tendance » (de l’ historien)—ces notions plutôt floues ne doivent pas dispenser d’ examiner quand et pourquoi les verbes « prédisposés » à l’ emploi au PH sont employés à l’ Aoriste ; – le choix du PH dans le récit au passé (il s’ agit toujours d’ un choix stylistique libre, jamais de l’ application d’ une règle contraignante) correspond à un souci d’ expressivité marquée, de quelque façon qu’ on la décrive : mise en valeur d’ actions « décisives » (Rijksbaron a, b), « diégèse immédiate » (Allan), points cardinaux

les emplois du ph dans les histoires de thucydide



du « programme narratif » (Jacquinod), points forts argumentatifs (Rademaker—Buijs), etc. Encore ne faut-il pas donner à croire que tout ce qui se dit au PH est réellement « décisif » : les PH de .. ne nous ont pas paru justiciables d’ une telle interprétation ; – à côté des choix stylistiques positifs, il y a peut-être lieu de faire place, dans l’ interprétation de passages où on observe une accumulation de PH, à une part d’ explication mécanique, le PH y devenant, par contagion en quelque sorte, un temps relativement neutre du récit. Cette dernière hypothèse—qu’ on pourra être tenté de qualifier de « faible »—nous a donné l’ idée de proposer aux divers collaborateurs de ce volume de relever le défi qu’ elle constitue. À cette fin, et à titre d’ exercice, il a été proposé aux différents auteurs de ce livre de fournir leur interprétation des  PH du récit des dernières années de Thémistocle (..–), ainsi que des  γγνεται de l’ Archéologie (.. et ). On trouvera en Annexe I les textes de quatre contributions retenues comme significatives. Le lecteur aura ainsi un aperçu, sur un échantillon commun, de la démarche interprétative de chacun de ces auteurs ; il pourra comparer et apprécier les résultats auxquels ils aboutissent.

chapter two THE HISTORICAL PRESENT IN THUCYDIDES: CAPTURING THE CASE OF ΑΙΡΕΙ AND ΛΑΜΒΑΝΕΙ1

Rutger J. Allan Résumé Dans les grammaires traditionnelles, la valeur du temps présent est généralement définie comme exprimant la simultanéité avec le moment de l’ énonciation. On rend souvent compte de l’ usage narratif du présent (présent historique, ‘PH’) en disant que le narrateur décrit des événements passés comme s’ ils avaient lieu en même temps qu’ ils sont narrés (simultanéité virtuelle). Nous soutenons ici que la notion de simultanéité temporelle est reliée à la notion plus générale d’ immédiateté épistémique (en anglais ‘epistemic immediacy’). Cela signifie que l’ événement décrit est presenté comme directement accessible au narrateur et à sa connaissance du monde. La fonction générale du PH est de marquer le premier plan (‘foreground’) de la narration. Plus spécifiquement chez Thucydide, le PH est employé en deux positions dans la structure du récit : au commencement de l’ épisode et au ‘peak’ (climax, tournant) de l’ épisode. Prendre une ville, des fortifications, des navires sont des actes cruciaux dans le déroulement de la guerre. Il n’ est pas surprenant par conséquent que le PH des verbes αρ ω et λαμβ νω soit employé fréquemment pour marquer le climax d’ un épisode. Le verbe αρ ω s’ applique à la prise d’ objets immobiles, comme villes et fortifications. Le verbe quasi-synonyme λαμβ νω s’ applique au contraire typiquement à la prise de navires ou de personnes.

General Observations on the Use of the Historical Present Before I will turn to an analysis of the use of the historical present of the verbs αρ ω and λαμβ νω in Thucydides, I would like to make a number of general observations on the nature and function of the historical present in Greek which will serve as a basis for my case-study. The historical present is a present tense. A natural starting-point for a discussion of the historical present is, therefore, its relationship with the 1 I would like to thank the members of the Groupe de recherche sur l’ Aspect en Grec ancien, especially Michel Buijs, Coulter George, Jean Lallot, Odile Mortier-Waldschmidt and Albert Rijksbaron for their valuable comments on an earlier version of this paper.



rutger j. allan

other major uses of the present tense (or primary indicative)—the actual present and the generic-habitual present (e.g. K-G, , , Rijksbaron b: –). The present indicative is often described as representing the action as simultaneous with the moment of speech. The special case of the historical present is accounted for by assuming that the speaker transfers himself mentally to the time of the event, thereby creating virtual simultaneity. In the words of Kühner-Gerth, ‘( . . . ) indem der Redende sich in die Zeit zurückversetzt, wo die Handlung sich abspielte’.2 The narrator and reader relive the past events by replaying them in their minds. While this traditional view is, to my mind, basically correct, I would like to elaborate on it by introducing a more general semantic notion bearing on the present tense, the notion of epistemic immediacy. Epistemic immediacy is connected to temporal simultaneity; it concerns the idea that the state of affairs which is referred to is somehow directly accessible (proximal) to the speaker and hearer and their knowledge of the world (see Langacker , , Langacker ). The notion of immediacy is able to clarify the crucial distinction between the present tense (in the sense of primary indicative) and the past tense (secondary indicative) in Greek. While the present tense can be seen as a signal of immediacy, the past tense can best be characterized as a marker of epistemic distance. The abstract notion of epistemic distance can account for both the temporal meaning of the past tense (referring to past time) and its modal (counterfactual) meanings. The use of the present tense as a sign of simultaneity with the moment of speech can be considered the prototypical (most central) meaning of the present tense form. This explains its prominence in many traditional descriptions of the present tense. Likewise, past-time reference can be seen as the prototypical meaning of past tense forms. From a morphological point of view, the semantics of immediacy cannot be attributed to the primary endings of the present tense only (as proposed by Sicking & Stork , ). This can be gathered from the fact that the future and the subjunctive (which, after all, also have primary endings) refer to events which are of less immediate concern to the speaker simply because do not occur at the moment of speaking and their 2 Present tense forms referring to future states of affairs (see K-G, , –) are to be regarded as a related phenomenon. The historical present can be seen, in my view, as a subtype of what Bühler calls Deixis am Phantasma (deixis relating to an imaginary origo). The second subtype of Deixis am Phantasma is characterized by Bühler as the type ‘wo Mohammed zum Berge geht. Man is nach einem charakteristischen Erlebnisvorspiel oder unvermittelt und plötzlich hinversetzt in der Vorstellung an den geografischen Ort des vorgestellten, (. . .)’ (Bühler  []: ).

the historical present in thucydides



realization is uncertain.3 In my view, the concept of immediacy should be linked to the morphological unmarkedness of the primary indicative form. The primary indicative is morphologically neither marked for tense (it lacks the augment and the future-morpheme -σ-) nor for mood (cf. subjunctive -η/ω- and optative -ι-). From a semantic point of view, immediate reality is unmarked because the speaker takes his own current position in reality as the origin, as the ground for his conception of the world. This means that the system is basically iconic: the expression of immediate reality is the unmarked option both semantically and morphologically (see also Langacker , ). The immediate character of the historical present implies that the narrator acts as if there is no spatial and temporal distance between the experience and the reporting of the events. When he uses an historical present, he pretends to narrate the events as they unfold before his eyes (Rijksbaron’s [, ] ‘pseudo-eyewitness’ effect). The consequence of this illusion of simultaneity is that the narrator will pretend to have little control over the way in which the story is told. The narrator downplays his role as an intermediary voice in the narration. The narrator, in other words, remains covert.4 The use of an historical present can be seen as a conscious strategy whereby the narrator ‘makes himself absent’ from the narrative (cf. Ricoeur : –). A communicative effect of the present tense, observed by Weinrich, is to convey a signal to the reader to assume an attitude of tension (‘Haltung der Gespanntheit’) because the narrator ‘erzählt, als ob er bespräche’ (Weinrich 6 []: –, –). The past tense, on the other hand, is associated with a relaxed, detached attitude (‘Haltung der Entspanntheit’). Before I continue my discussion of epistemic immediacy, I would like to present some statistics regarding the historical present which will provide a basis for further discussion. In his Introduction to the present volume, Rijksbaron gives a number of syntagmatic features of the historical present.5 These are:

3 The primary endings, however, do signal a certain degree of proximity (or actuality, see Ruijgh : –) as compared to the tenses and moods marked by secondary endings. 4 For the notions of covert narrator and unmediated narration, I refer to Chatman . 5 This inventory is mainly based on Rijksbaron (this volume, –). See also Allan () and Allan ().



rutger j. allan

() Syntagmatic features of the HP – – – – –

The Aktionsart of HPs is typically telic infrequent use of passive HPs infrequent use of negated HPs infrequent use of HPs in subordinate clauses less frequent use of presentational and interactional particles in the clause – frequent use of HPs (verbs of speech) introducing direct speech The validity of a number of these linguistic features is confirmed by the data I collected on the basis of a random sample from Thucydides.6 It can be seen in the table that the historical present is linked to () a low frequency of negations, subordinate clauses and discourse particles (with the notable exception of κα, on which I return later) and () agent subjects. Table : The Historical present in context (n = ) Negation Subordinate clause7

Κα Τε Δ

Other particles: λλ , γ ρ, δ-, μ ν, ο)ν Temporal adverb Definite subject Human subject Agent subject Singular subject

HP

Other

          

          8

I would like to argue that many of the properties collected in the table are indicative of epistemic immediacy.9 These are: () the infrequent use 6

The corpus consists of the first  historical presents occurring in the Histories. The control group of  instances of other tense forms consists of the first occurring finite verb forms in main clauses on the first  pages of the OCT edition ( pages were not included because the first finite verb was found in direct speech—which means, incidentally, that about   of the text is direct speech). 7 These are the cases in which a finite verb in a subordinate clause preceded the first finite verb in a main clause on the OCT page. 8 Impersonal verbs (δε, δοκε, etc.) not included. 9 A number of linguistic features in Table  will be discussed later as indications of foregroundedness.

the historical present in thucydides



of negated HPs, () the infrequent use of HPs in subordinate clauses, () the frequent use of κα as connective particle, () the less frequent use of other presentational and interactional particles, () the less frequent use of temporal adverbs, and () the infrequent use of passive HPs. Each of these properties of the historical present can be seen as part of the narrator’s strategy to portray the event in a linguistically unmarked, straightforward fashion, with the effect that the narrator’s intermediary (‘editing’) role in the presentation of the story is concealed. Especially the low frequency of presentational (text-structural) and interactional (modal) particles is a clear indication that, by using an historical present, the narrator ‘makes himself absent’ from the narrative, and presents the story in an immediate manner.10 The reason for presenting certain events in an immediate manner by means of an historical present is of a rhetorical nature. The narrator wants to highlight those events which are somehow remarkable, unexpected or crucial to the course of events by bringing them to the attention of the reader or hearer in a cognitively direct, ‘unfiltered’, manner. Passives, negations and subordinate clauses are linguistically marked expressions, that is, they are deviations of the unmarked active, positive main clause type. These marked ways of expression are not properly compatible with the use of an historical present because the use of linguistically marked expressions reveals the narrator’s role as a mediating instance in the narration, whereas I contend that the historical present has the effect of concealing the narrator’s role. The fact that the historical present is less frequently used in combination with presentational and interactional particles can be explained by assuming that the narrator wishes to present the events in a direct, unmanipulated fashion. Discourse particles, after all, reveal the activity of the narrator as they are employed as a means to structure the text or to express the attitude of the narrator.11 The preference for the connective κα can be accounted for in a similar way. The particle κα is used to signal textual continuity whereas δ marks (slight) discontinuity. It indicates the beginning of a new text segment, a new paragraph, often combined with Topic shift (Bakker ). In other words, while using δ the narrator is more prominently present as an organizer, as an ‘editor’ of the 10 This low particle-frequency cannot be explained easily on the view that the historical present is a marker of ‘the writer’s main concern’, used to achieve an argumentative purpose (Sicking & Stork , Lamers & Rademaker ). 11 The historical present especially disfavours the particle γ ρ (see also Rijksbaron this volume, –), not surprisingly so, given that γ ρ is used as a marker of a subsidiary text segment, whereas the historical present relates to the backbone of the text.



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text. Κα, on the other hand, is more amenable to the narration of a continuous scene (in the sense of Bal 2)—one ‘camera shot’—in which the narrator does not actively intervene (see also Allan ). The less frequent use of temporal adverbs in a clause with an historical present can be explained in the same vein.12 Temporal adverbs are used by the narrator to locate events on a timeline, to position an event in reference to the global temporal framework of the narrative. Temporal adverbs are often used as markers of episode boundaries. The occurrence of temporal adverbs is, therefore, more compatible with an active, retrospective narrator who has a complete overview of the course of events as opposed to a narrator pretending to report events simultaneously as they take place. Finally, the link between the historical present and direct speech can be explained by their conceptual relatedness. Both these linguistic phenomena hinge on the aspect of immediacy: the narrator is absent as a perceivable intermediary in the representation of the narrated world. Having established the abstract conceptual content of the historical present, the question remains as to how the historical present functions in concrete narrative practice. In general, the historical present can be characterized as a marker of the story’s foreground, that is, ‘the main storyline, the central events and actions that form the gist of the story, the red thread through the story’ (Wårvik : ).13 Actions in the foreground are typically active, telic and positive; they appear in a main clause and they have a subject which is human, agent, singular and definite (Wårvik ). As we have seen in the Table above, these semantic properties also apply to the historical present. Now, of course, foregroundedness is a rather general—if not vague—characterization and it is therefore desirable to examine the narrative function of the historical present more closely. In an analysis of the messenger speeches in Euripides, I have argued that the historical present is used at three specific structural locations in a narrative (Allan ).14 Typical narratives contain a number of structural elements:

12 Note that  out of  temporal adverbs combined with historical presents concern the rather neutral adverb Dστερον, which indicates only a slight temporal transition. The employment of adverbs in combination with other tenses is much more varied (so Dστερον only  times out of ). 13 Compare also Jacquinod (this volume) who speaks of the historical present as a marker of crucial points within the ‘programme narratif ’. 14 For a structural (though non-linguistic) analysis of Homeric narrative along these lines, see Minchin ().

the historical present in thucydides



() Episodic Structure of Narrative: – – – –

Abstract Orientation [Complication—Peak—Resolution]Episode 1 [Complication—Peak—Resolution]Episode 2 ...

– [Complication—Peak—Resolution]Episode n – Coda – Evaluation15 Stories typically consist of multiple Episodes, that is, they tend to show a recursive structure of Complications, Peaks and Resolutions, thereby creating a profiled pattern of build-ups and relaxations of tension. Following Van Dijk, I conceive of narrative Episodes as ‘coherent sequences of sentences of a discourse, linguistically marked for beginning and/or end, and further defined in terms of some kind of ‘thematic unity’— for instance, in terms of identical participants, time, location or global event or action’ (Van Dijk : ).16 An Episode typically consists of a basic ‘triad’ (plot) of a Complication, a Peak and a Resolution.17 At the beginning of the Complication the stability of the initial situation is somehow disturbed and a possibility for improvement is opened (cf. Bremond ). This triggers a ‘rising’ sequence of actions as a result of which tension gradually builds up, eventually leading to the Peak, that is, the climax of the Episode. Typically, the Peak can be characterized as the decisive moment, or as the turning point, in the course of events. The Peak often coincides with—using Bremond’s terms—the actualization of the possibility opened in the Complication. For example, if at the start of an Episode it is told that an army advances against a city with the intention of taking it, this event can be viewed as a disturbance of the initial, 15

Abstract: Point of story or summary of significant events. Orientation: identification of the time, place, circumstances and participants. Complication: build-up of tension. Peak: climax of tension, decisive moment. Resolution: outcome/result. Coda: closure, bridge to time of narrating. Evaluation: narrator’s comment. I owe this model to Fleischman () and Longacre (2). For a more extensive presentation of the narrative schema, I refer to Allan () and Allan (). 16 The concept of Episode also figures in Functional Discourse Grammar (Hengeveld & MacKenzie ). 17 Each of these three plot-elements may be absent. In the case of an anti-climax, for example, the Peak is missing. Furthermore, each Episode may (but need not) also have its own, local, Orientation and Evaluation section (not represented in the schema for the sake of clarity).



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stable, situation.18 It opens up the possibility that the city will eventually be captured. The capture of the city can thus be seen as the actualization of the possibility, constituting the Peak of the Episode. In Euripidean messenger speeches, the structural locations at which the historical present preferably occurs are (in order of decreasing frequency): () Peaks, () dramatic moments in the Complication, and () beginning of an Episode. The notion of Peak can be compared to Rijksbaron’s characterization of the historical present as a ‘decisive state of affairs’ (Rijksbaron b and this volume) and Mortier-Waldschmidt’s conclusion (this volume) that the historical present points to the most crucial event in the reversal of the situation. The historical presents appearing at the beginning of an Episode, starting off the chain of action at a new location, tend to be verbs of motion such as φικν ομαι, Hρμζομαι, π μπω, στρατε7ομαι, χωρ ω. This particular use of the historical present is mentioned by Rijksbaron (b: ) and it has also been recognized in New Testament Greek (Levinsohn 2: –) and in English stories (Fludernik : ). In Euripidean narrative historical presents tend to appear in clusters (especially type [] and []) referring to a rapid sequence of events. This creates the effect of a visually dramatic scene (‘eyewitness effect’).19 Thucydides’ use of the historical present is different. To begin with, in Euripidean narrative about   of the finite verb forms in main clauses are historical presents, while in Thucydides only about   are (direct discourse not included). Historical presents tend to occur in a more isolated manner in Thucydides. As a consequence, their text-structural functionality (as a marker of Episode-beginnings and Peaks) comes more to the fore and their visualizing effect is less perceivable than in Euripides’ narrative.20 As far as I am aware, usage type (), which involves visual dramatic ‘shots’ in the Complication, is altogether lacking in Thucydides’ narrative.21 A remarkable exception to the typical Thucydidean use of the 18 This destabilizing, disturbing event at the start of a complicating action chain is sometimes referred to as inciting moment (Longacre 2: , ) or incipit (e.g. Fludernik : ). 19 The term ‘scene’ is used in a technical sense, relating to narrative segments in which the narrated time is (roughly) equivalent to narration time. 20 A speculative explanation of the difference between Euripides and Thucydides might be that messenger speeches, unlike historiography, are a stylized imitation of oral (i.e. colloquial, spontaneous) story-telling. The absence of the historical present in Homer may be due to the desire to distinguish the special epic language from that of colloquial story-telling. 21 There may, however, be an additional yet highly marginal use of the historical

the historical present in thucydides



historical present is chapter ., in which the Athenians pursue three Chian ships in a gale. In this passage, a cluster of  historical presents is used to portray a partly static, partly dynamic dramatic scene, described from a panoramic bird’s eye view perspective.22 In the following part of this paper, I will present a case study on the historical presents of two of the most frequently occurring verbs in the Histories, αρ ω and λαμβ νω ‘capturing (by military force)’. First, I will examine the semantic distinction between αρ ω and λαμβ νω and, in order to understand the character of the historical present, I will discuss a number of passages in which both an historical present and an aorist of either verb occurs. Next, a longer passage relating the capture of two cities, Scandeia and Thyrea (.–), will be examined. Here, I will try to demonstrate in more detail the relation between text-linguistic features (such as tense-aspect, particle use and sentence structure) and narrative structure.23 Αρ ω and λαμβνω

What is the difference between αρ ω and λαμβ νω? One of the most conspicuous features in which the two verbs differ is their choice of direct object.

present (especially γγνεται) in summarizing sentences, preceding or sealing off narrative units (Abstracts and Codas), e.g. ? μ6ν ο)ν Κ ρκυρα οDτω περιγγνεται τ.( πολ μ.ω τ(ν Κορινων (Th. ..), μετ2 τα'τα δ6 Jδη γγνεται οB πολλος $τεσιν τ9ν Πειραι+ κατ λαβον), .. (Φωκαας τε τ8ς πλες τι τ8ς Λεοντνων χωρον καλο7μενον καταλαμβ νουσι κα> Βρικιννας hν $ρυμα ν τV8 ΛεοντνVη), .. (περ> το' . . . χωρου, περ κα> κατ λαβον), .. (Ονην κατ λαβον).



rutger j. allan

Table : αρ ω, λαμβ νω and their direct objects: [SubC. = Subordinate Clause, RelC. = Relative clause] Direct Object

HP α!ρε/ α!ροσι [ ×]

AOR. ε"λε/ ε"λον [ ×]

CITIES

[ ×]: .. (τ:ν Θει ν), .. (Σλλιον), .. (MΑργος), .. (Ποτιδαναν), .. (Αγιτου), .. (Ονε(να), .. (Μολ7κρειον), .. (NΡοτειον), .. (τ:ν πλιν Σκ νδειαν), .. (τ:ν Θ7ρεαν), .. (iΥκκαρα), .. (Μυκαλησσν), .. ([? MΙασος])

[ ×]: .. (@Ανακτριον), .. ($στιν _ κα> πολσματα), .. (Σηστν), .. (@Ηινα), .. (Χαλκδα), .. (Φ ρσαλον [οBχ]), .. (Ονι δας [οB]), .. (Θρνιον), .. (Πρασι ς), .. (πρ>ν ε,λον κμην Πλιν kνομα $χουσαν [SubC.]), .. (προ στειον), .. (Εδομ νην), .. (προ στειον), .. (Σταγρ.ω, [οBχ]), .. (Θυσσν), .. (Μηκ7βερναν), .. (iΥβλαν [οBχ]), .. (iΥβλαν [οBχ]), .. (@Αμφπολιν [οBχ]), .. (@Ωρωπν)

VESSELS [ ×] .. (δ7ο να'ς)

[ ×] .. (τρι-ρεις), .. (μαν αBτος νδρ σιν Jδη), .. (τ2ς να'ς _ς ε,λον [RelC.])

PEOPLE

OTHER

[ ×]: .. ([τ9 τεχισμα]), .. (περιπλιον) .. (τ9 στα7ρωμα), .. (τ9 στα7ρωμα), .. (τ9 προτεχισμα), .. (τ9 φρο7ριον), .. (τ9 μ γιστον [τεχος]), .. (τ9 τεχισμα), .. (τι αBτο' [τ9 $ρυμα])

[ ×]: .. (τ:ν ν8σον), .. (τ9 φρο7ριον [RelC.]), .. (τεχισμα), .. (τ2 τ(ν χωρων [γ ρ]), .. (τ9 τεχισμα [RelC.]), .. (τεχος, προδοσ*α), .. (το' περιτειχσματος τ9 κατ2 τ:ν γορ ν), .. (τι το' περιτειχσματος), .. ([τ στα7ρωμα] τ9 Πηγ2ς κα> Τροιζ8να κα> @Αχαmαν [RelC., οB]), .. (@Ανακτριον, προδοσ*α)



AOR. $λαβε/ $λαβον [ ×]

VESSELS [ ×]: .. (μαν να'ν), .. (τ σσαρας), .. (τ σσαρας να'ς), .. (τ2ς nξ να'ς), .. (τ2ς τρες), .. (μαν), .. (να'ς kκτω)

[ ×] .. (τ ς . . . να'ς . . . nξ), .. (oνπερ $λαβον να'ν [RelC.]), .. (π ντε), .. (δυον δεο7σας εWκοσιν), .. (να'ς pλγας), .. (τ2ς να'ς)

PEOPLE

[ ×]: .. (οqς $λαβον αχμαλτους [RelC.]), .. (Kκατ9ν 3νδρας Hμ-ρους), .. (το=ς δ6 ζ(ντας), .. (Hμ-ρους . . . πεντ-κοντα μ6ν παδας, Wσους δ6 3νδρας), .. ([προσ-κοντας κα> ξυγγενες] οqς $λαβεν [RelC.]), .. (Hμ-ρους), .. (το=ς μπρους οqς $λαβον @Αηναων [RelC.]), .. (το=ς δ6 ζ(ντας), .. (το=ς δ6 ζ(ντας), .. (το=ς λευ ρους . . . οqς $λαβον [RelC.]), .. (@Αργεων το=ς δοκο'ντας $τι

το=ς Sππους $λαβον [RelC.]), .. (τ9 . . . φρο7ριον)



rutger j. allan

In Thucydides, αρ ω is mostly used with regard to the capture of cities, fortifications, palisades and similar unmovable entities ( out of  instances).24 The verb λαμβ νω, on the other hand, shows a clear tendency towards the capturing of movable entities ( out of  instances), especially people or vessels. An example which nicely illustrates this contrast can be found in Demosthenes ( . . .) Kπτακαδεκα μ6ν πλεις ε,λεν, Kβδομ-κοντα δ6 να'ς $λαβε ( . . . ) (Dem. .). There appear to be a number of exceptions: .. (city), .. (city), .. (city), .. (fort), .. (city). Four of these cases can be explained by the fact that the verb is used in a different sense: ‘acquire, gain possession of ’ (nonvolitional) rather than ‘capture (by military force)’ (volitional). In .. and .., it is explicitly mentioned that the Antandros and Anaktorion are taken by means of treason; in .., the cities Nisaea, Pegae, Troezen and Achaea had been ceded by the Athenians in an agreement with the Spartans. In .., Brasidas takes a fort which has just been abandoned by the Athenians.25 The case of .., however, cannot be accounted for in the same way since force is clearly involved (cf. κατ2 κρ τος): ( . . . ) Σταγρ.ω μ6ν προσβ λλει @Ανδρων ποικ*α κα> οBχ ε,λε, Γαληψ9ν δ6 τ:ν Θασων ποικαν λαμβ νει κατ2 κρ τος. Could variatio with ε,λε in the preceding clause be a factor? In the table, it can be seen that there is no significant difference between the types of objects we find in combination with the historical presents αρε/αρο'σι and those occurring with the aorists ε,λε/ε,λον. Remarkably, the verb Qλσκομαι, which serves as a suppletive passive to αρ ω, does not exhibit this preference, which demonstrates its partial semantic autonomy with respect to its active counterpart αρ ω. In most cases, Qλσκομαι refers to the capture of people but it may also involve cities, vessels and other things. Twice, an historical present occurs: .. (subject τρι-ρης) and .. (3νδρες). The third person of the aorist occurs  times ( × people,  × cities,  × ships,  × other objects): .. (ξυγγενες οr K λωσαν [RelC.]), .. (μ χρι οL Νσαια K λω, [SubC.]), .. (K λω [out of sequence]), .. (τ2 [τ(ν σκ7λων] K λω), .. (σαι K λωσαν [RelC.]), .. (σοι K λωσαν [RelC.]), .. (χρ-ματα . . . K λω), .. (οBδ’ 3νδρες οBδετ ρων K λωσαν), .. (? Kτ ρα [να'ς] αBτος νδρ σιν K λω), .. (σοι μ: μετ ωροι K λωσαν [RelC.]), .. (μα [να'ς] γ2ρ K λω), .. (5ς ? Μυτιλ-νη K λω [SubC.]). Note that  instances occur in subordinate clauses, two instances are negated, one is combined with γ ρ, another instance refers to an event which occurs out of chronological sequence. These are all phenomena which are barely tolerated by the historical present. 25 The nouns αSρεσις, sλωσις and λ8ψις behave in way which corresponds to their verbs. The former two nouns are associated with the capture of cities or regions, the latter is used with the meaning ‘capture by force’ (of captives, ships) or with the meaning ‘occupy’ (without the use of force). An exception appears to be λ8ψις in .. and .., which refers to the same event (the capturing of the three forts at Plemmyrium) as αρε in ... 24

the historical present in thucydides



As we will see later, the historical presents refer to narrative Peaks and the aorists to secondary events. In the case of λαμβ νω, however, there is a remarkable distributional difference. The historical presents λαμβ νει/λαμβ νουσι in  out of  instances refer to the capturing of ships or cities, whereas the object of the aorist $λαβε/$λαβον in  out of  instances are people. This distribution can be explained by the nature of Thucydidean military narrative. In reporting the events of battle, the capturing of cities or ships is presented as central to the course of events, in other words, as Peaks of an Episode. Taking prisoners is only viewed as a secondary effect of the process of warfare. In this connection, it is worth noting that  out of  instances of $λαβε and $λαβον appear in subordinate clauses, which is a clear indication of their secondary status. The same goes for the verb Qλσκομαι when referring to the capturing of people. Of the  occurrences of third person indicative forms (Qλσκεται, K λω, K λωσαν) with this meaning, four appear in relative clauses (.., .., .., ..) and one is negated (..). There is only one example of an historical present (..). Of the verb ζωγρ ω no historical present occurs; the third person aorist occurs  times: .. (indefinite object τινας), .. (with γ ρ), .., .. (RelC.). As mentioned above, the distribution between the historical present and the aorist of αρ ω cannot be explained by a difference of direct object. It is possible, nonetheless, to explain the historical presents αρε and αρο'σι as markers of Peaks. The aorist ε,λον, by contrast, indicates secondary events. To illustrate this difference I will discuss two passages from Thucydides in which both an historical present and an aorist occur. (a) [Eurylochus captures two cities on the way to Naupactus]26 [Episode ] πειδ: δ6 παρεσκε7αστο π ντα κα> το=ς Hμ-ρους κατ ετο ς Κυτνιον τ9 Δωρικν, χρει τ.( στρατ.( π> τ:ν Να7πακτον δι2 τ(ν Λοκρ(ν, κα> πορευμενος Ονε(να αρε αBτ(ν κα> ΕBπ λιονZ οB γ2ρ προσεχρησαν. [Episode ] γενμενοι δ’ ν τV8 Ναυπακτ*α κα> ο Ατωλο> sμα Jδη προσ-

βεβοηηκτες δV-ουν τ:ν γ8ν κα> τ9 προ στειον τεχιστον hν ε,λονZ π τε Μολ7κρειον λντες τ:ν Κορινων μ6ν ποικαν, @Αηναων δ6 τ φρ.ω, τ2ς μ6ν να'ς κελε7σαντες περιπλε'σαι κ τ8ς Θ ψου ς τ9ν μ γαν λιμ να τ9ν τ(ν Συρακοσων, αBτο> δ6 περ> kρρον καταβ ντες π9 τ(ν @Επιπολ(ν ς τ9 Hμαλ9ν κα> δι2 το' Rλους, Vt πηλ(δες 0ν κα> στεριφτατον, 7ρας κα> ξ7λα πλατ α πι ντες κα> π’ αBτ(ν διαβαδσαντες, αρο'σιν sμα R.ω τ τε στα7ρωμα πλ:ν pλγου κα> τ:ν τ φρον, κα> Dστερον κα> τ9 δι2 τ:ν ν τV8 Σικελ*α ξυμφορ ν, πηλλ γησαν το' σφ+ς τε αBτο=ς καταμ μφεσαι κα> το=ς πολεμους $τι ξους του ς τ2 ναυτικ2 νομζειν. () να'ς μ ντοι τ(ν ναντων λαμβ νουσι Χας μ6ν pκτ, Κορινας δ6 π ντε, @Αμπρακιτιδας δ6 δ7ο κα> Βοιωτας δ7ο, Λευκαδων δ6 κα> Λακεδαιμονων κα> Συρακοσων κα> Πελλην ων μαν Kκ στωνZ αBτο> δ6 π ντε κα> δ κα να'ς πολλ7ασιν. (..–)

() The rout was now complete. Most of the Peloponnesians fled for refuge first to the river Midius, and afterwards to Abydos. Only a few ships were taken by the Athenians; as owing to the narrowness of the Hellespont the enemy had not far to go to be in safety. Nevertheless nothing could have been more opportune for them than this victory. () Up to this time they had feared the Peloponnesian fleet, owing to a number of petty losses and to the disaster in Sicily; but they now ceased to mistrust themselves or any longer to think their enemies good for anything at sea. () Meanwhile they took from the enemy eight Chian vessels, five Corinthian, two Ambraciot, two Boeotian, one Leucadian, Spartan, Syracusan, and Pellenian, losing fifteen of their own.

The seizing of the eight Chian ships is presented from two different perspectives. In the first section, the event is told from an ‘objective’ authorial point of view (or, in Genette’s terms, zero focalisation [Genette : ]). As only a few (pλγας) ships were captured, the event is viewed as being relatively insignificant. In section (), however, there is a shift of perspective from the Athenians’ physical activities to a portrayal of their psychological state. Thucydides explains why the naval victory has been of such importance to the Athenians’ confidence in their own strength at sea. There is a cluster of evaluative lexical items which evoke this shift of perspective (or, in other words, internal focalisation) of the Athenians: φοβο7μενοι ‘fearing’, ξυμφορ ν ‘disaster’, πηλλ γησαν ‘they were freed from’, καταμ μφεσαι ‘blame’, το=ς πολεμους ‘the enemies’, νομζειν ‘judge’. The digression which focuses on the Athenians’ point of view puts the capture of the ships in a completely new light. Against this background, the event is referred to once again (see also Classen-Steup ad loc.) but now it is marked as a significant feat of war and as a Peak of the Episode (together with the closely linked event πολλ7ασιν in the next sentence).31 This re-evalution is introduced by the POP-particle μ ντοι

31 An alternative interpretation of this passage would be that the first mention of capturing in .. (να'ς μ6ν pλγας $λαβον) only relates to a part of the final number of  captured ships.

the historical present in thucydides



(Slings ) which signals that the capture of the ships must be seen as contravening the expectation that the Athenians would seize a significant number of ships. Now let us turn to the other cases of λαμβ νω in the context of naval battle. As can be seen in Table (), the forms λαμβ νει and λαμβ νουσι occur  times and the forms $λαβε and $λαβον  times. Upon closer examination of the contexts in which these forms are used a clear pattern emerges. It appears that the historical present is used in cases where the capturing of ships takes place in close connection with the enemies’ flight. For example, ()

φυλ ξαντες δ’ αBτο=ς ο @Αηναοι εWκοσι ναυσ> πρ9ς τος Μεγ ροις μαν μ6ν να'ν λαμβ νουσιν αBτος νδρ σι, τ2ς δ’ 3λλας οBκ δυν-ησαν, λλ’ ποφε7γουσιν ς τ2ς Συρακο7σας. (..)

The Athenians were on the lookout for them with twenty ships at Megara, but were only able to take one vessel with its crew; the rest getting clear off to Syracuse. ()

κα> τ σσαρας μ6ν κεν2ς ο @Αηναοι λαμβ νουσι τ(ν νδρ(ν ς τ:ν γ8ν φασ ντωνZ α δ’ 3λλαι ς τ:ν Τηων πλιν καταφε7γουσιν. (..)

The Athenians took four of their ships empty, the men finding time to escape ashore; the rest took refuge in the city of the Teians. ()

πυμενοι δ6 ο @Αηναοι κα> πλε7σαντες κ τ8ς Σ μου λαμβ νουσι τ2ς π> τ.( Τριοπ.ω φρουρο7σας nξ να'ςZ ο δ’ 3νδρες ποφε7γουσιν ξ αBτ(ν. (..)

This coming to the knowledge of the Athenians, they sailed from Samos and captured the six ships on the watch at Triopium, the crews escaping out of them.

The seizing of the ships and the enemies’ flight constitute the turning point in the battle. The tension of the conflict, which had been rising up till that moment, relaxes. In other words, the taking of the ships constitutes the Peak.32 Only .. deviates from the usual pattern. However, in this case, too, the historical present is used to mark a Peak. The Peloponnesian ships, having been chased and blockaded, manage to turn

32 In .., a number of Athenian ships manage to flee (α διαφυγο'σαι τ(ν @Αηναων κ τ8ς Μ-λου ν8ες), in .., most ships manage to flee (α μ6ν πλεους π> τ8ς MΙμβρου κα> Λ-μνου δι φυγον) but one is seized and burnt; in ..–, the Peloponnesians’ fleeing (καταφυγντων τ(ν Πελοποννησων) leads to the seizure of the 

ships.



rutger j. allan

the tables on their adversaries by taking four enemy ships: καταδιωχεσαι ττε κα> φορμο7μεναι Wσ.ω ριμ.( κρατ-σασαι ναυμαχ*α τ σσαρ ς τε να'ς λαμβ νουσι. The historical present highlights this remarkable turn of

events. Unlike the historical present, the aorist forms $λαβε and $λαβον are used in the context of flight only once (..). In the other five instances, the seizing of ships cannot be interpreted as a climax or turning point of the Episode: it is just another action within a larger series of actions. For example, in ..–, there is a series of skirmishes (without a clear victor) a part of which is the taking of six ships: the Athenians dashed at the enemy, who stood but for an instant and then returned to Panormus. The Athenians took the six nearest vessels (.. τ ς τε γγ=ς οvσας μ λιστα να'ς $λαβον Rξ) and recovered those of their own. They killed some men and took some prisoners. Timocrates was killed himself and cast ashore. The Athenians set up a trophy and the Peloponnesians set up a trophy and dedicated the ship they had taken (..: oνπερ $λαβον να'ν) side by side with the trophy (note that $λαβον in .. is found in a relative clause). As previously mentioned, there is one example (..) of the aorist $λαβον used in a context of flight. Starting off the Episode told in chapter ., the Athenians put the enemy’s fleet to flight, followed by the capture of five ships. However, this event is only part of the overture of this particular Episode. After taking the ships, the Athenians dash at the enemies who had taken refuge on shore, ram some ships while being manned, and tow some other ships which had been cleared by their crews. At the sight of this, the Spartans come to the rescue and try to drag the ships back. After great exertions, the Spartans succeed in saving their ships, except those first taken and both parties return to their camp. Battle Narrative: The Capture of Scandea and Thyrea (.–.) To illustrate the interrelation between the use of tenses and narrative structure, I will discuss a larger passage in more detail relating the capture of two cities, Scandea and Thyrea, by the Athenians. In the Appendix below a synoptical analysis of the text is provided. The episode preceding our passage (.) dealt with the Mytilenian exiles and their scheming plans. The change of discourse topic at the

the historical present in thucydides



beginning of the Episode is introduced by means of a left-dislocated Theme-construction (@Αηναοι δ ).33 The Theme is followed by two Setting-constituents, the first of which is an adverbial phrase specifying the time in which the Episode takes place, while the second, a pre-posed participial clause, specifies the circumstances of the expedition. In the main clause, we find the location of the Episode, Cythera.34 Now, the stage is set for the narration of the Episode. The introductory sentence is also the beginning of the Complication section of Episode : the aorist στρ τευσαν marks the start of the expedition to Cythera. Next, however, a descriptive section follows which is triggered by the verb στρ τευσαν and the name Cythera. The verb στρατε7ω obviously raises the question as to the στρατηγο of the expedition. The verb-initial presentational clause στρατ-γει δ . . . ΑBτοκλ8ς H Τολμαου then introduces the three στρατηγο into the narrative. Next, a descriptive digression on Cythera is inserted, showing typical features of the descriptive text type. The tense switches to omnitemporal presents and imperfects, denoting stative and habitual events.35 The information provided by the digressive passage serves as background information to the story. It is, in other words, an Orientation. In ., the actual story-line is resumed, which is signalled by the particle ο)ν. The current discourse topic ο @Αηναοι is restated but in a pragmatically less marked post-verbal position within the participial clause, that is, after κατασχντες. The capture of Scandea, which is the most significant military feat of Episode , follows quite abruptly after the description of Cythera. The importance of the capture for the story is indicated by the use of the historical present αρο'σι (Peak). The sudden occurrence of the capture of Scandea in the narrative adds to the impression of the Athenians’ absolute military superiority. They simply did not receive any resistance on the part of the Cythereans. Normally the Resolution of an Episode follows after the Peak. In this case, however, an event taking place simultaneously (cf. imperfect χρουν) with the capture of Scandea is narrated first: meanwhile the rest of the forces were advancing against the city of Cythera. The two simultaneous events are syntactically connected by a μ ν-δ -construction. 33 For the analysis of constituents preceding the Setting as Themes, rather than as Topics, see Allan (). 34 Of course, this way of introducing a new Episode—showing a strongly formulaic character—is very typical of Thucydidean military narrative. 35 Tenses: presents (permanent states): στιν, πκειται, εσ, ν χει; imperfects (habitual/iterative/unbounded events): στρατ-γει, δι βαινεν, δι πεμπον, ποιο'ντο, 0ν, λ7πουν, 0ν.



rutger j. allan

The parallel Complication narrated in .. builds up to an anticlimax: the battle mentioned in .. does reach a clear conclusion. Neither the Athenians nor the Cythereans achieve a victory. The Cythereans flee to the upper city. The story-line, therefore, does not come to a Peak. This explains, to my mind, the conspicuous absence of an historical present here. The story moves directly on from the Complication to the Resolution. In .. the story-line is abandoned and, after an analepsis (0σαν δ τινες κα> γενμενοι τ.( Νικ*α λγοι πρτερον), a brief authorial comment is inserted. Thucydides argues why they came to an agreement so quickly. If they hadn’t come to this agreement, he reasons, the Cythereans would have been expelled. The embedded status (a PUSH) of this text segment is indicated by the relative pronoun δι’ . There are a number of signs of interaction between the narrator and the narratee. For example, the counterfactual statement that the Cythereans would have been expelled might be seen as anticipating the expectation of the narratee that the Lacedaemonian Cythereans, living on a strategic island, should have been expelled by the Athenians. The particle γ ρ, too, has an interactional function in that it anticipates the question of the narratee as to why the agreement should be relatively advantageous to the Cythereans. Finally, the use of the comparatives +σσον and πιτηδειτερον is a sign of interaction between narrator and narratee since comparatives necessarily involve a standard of comparison, and a discrepancy between the standard expected by the narratee, and the actual value. After this embedded Evaluation section, the narrative of the Resolution is resumed. This discourse topic is restated in . by means of the Theme construction ο @Αηναοι, which is combined with an adverbial temporal Setting μετ2 δ6 τ:ν ξ7μβασιν.36 In the next sentence we are told that the Athenians continued ravishing the country for about seven days. The iterative imperfect verb δV-ουν makes it clear—as we have seen earlier—that the reader should expect that there is still more to come— things are not over yet. In ., the discourse topic switches to the Lacaedemonians, which is marked by the Theme construction ο δ6 Λακεδαιμνιοι. Moreover, the perspective of the narrative also switches drastically: from now on, we view the events as focalised by the Lacedaemonians. The number of lexi36 Adverbs providing temporal or spatial Settings (unlike Settings consisting of participial or subordinate clauses—in this case τ-ν τε Σκ νδειαν . . . παραλαβντες κα> . . . ποιησ μενοι) tend to precede the Theme. Cf. also ..: ν το7τ.ω δ6 ο @Αηναοι. Together, Setting-adverb and Theme constitute a single extra-clausal constituent.

the historical present in thucydides



cal items in chapter . referring to mental events is notable.37 In .., there is also a switch from chronologically-ordered narrative to description. First, two aorist forms appear (ντετ ξαντο and δι πεμψαν) which designate sequential events. Next, the narrator switches to the use of imperfects and a single past perfect in the main clauses (0σαν, παρεχε, δ δισαν, [τολμτεροι] 0σαν, .Tοντο). In this section the narration does not move forward. Each one of these verbs describes an aspect of the mental state of the Lacedaemonians. However, there is also a cluster of signs of interaction between the narrator and the narratee (diaphony). The elliptic expression εWπερ ποτ ‘if ever, then now’ is typically used in dialogue or at least in direct speech (see Wakker : –). It is, in other words, highly untypical of narrative. Here, εWπερ ποτ rhetorically emphasizes the exceptional state of the Lacedaemonians, as does the superlative μ λιστα. Superlatives are a form of evaluative, and therefore subjective, language. Furthermore, note the presence of the interactional particle δ-. In my view, δ- here has its usual function, that is, to indicate that the timidity of the Lacedaemonians is, both for the narrator and the narratee, an observable and immediately understandable fact on the basis of the preceding context.38 Given these various linguistic signs of interaction between narrator and narratee, we might say that by this little observation $ς τε τ2 πολεμικ , εWπερ ποτ , μ λιστα δ: pκνηρτεροι γ νοντο, hidden in a subordinate clause, Thucydides is communicating to the reader the central point of this narrative Episode. This section on the extremely low morale of the Spartans is one of  excursuses on morale in book  and ; and, according to Hornblower (: ), these  excursuses play an important structural role in the composition of book  and the first  chapters of book .39 These comments on the morale of the combatants show a notable degree of similarity of language. They function as pauses in the flow of the narrative. The interrelation of these six passages makes it clear, according to Hornblower, that this part of Thucydides’ Histories has been conceived according to a unitary plan. Because of its strong thematic links with other passages within the narrative, the description of the psyche of the Spartans has to be seen as a significant element of this Episode and as a crucial 37 Lexical items referring to mental states and processes of the Lacedaemonians in .: δντες, προσδεχμενοι, φοβο7μενοι, π ους, νελπστου, pκνηρτεροι, παρ2 λγον, $κπληξιν, δ δισαν, τολμτεροι, .Tοντο, τ:ν γνμην, ηεας. 38 For this analysis of the particle δ-, see Sicking & Van Ophuijsen (). 39 The six excursuses on morale in Thucydides Books –. are: ., ., .–, ., ., .–.



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link within the causal chain in the narrative. The term excursus, used by Hornblower, is therefore perhaps somewhat inappropriate. In ., the narrative (or, in other words, the diegetic text type) is resumed once again. The new narrative unit starts, as usual, with a participial Setting-constituent (τος δ6 @Αηναοις ττε τ:ν παρααλ σσιον δVηο'σι) which informs us of the main circumstances of the subsequent events, which are all referred to by aorist verb forms. By means of lexical references to .. (τ:ν παρααλ σσιον → τ2 πλεστα τ(ν περ>  λασσαν and δVηο'σι → δV-ουν), Thucydides makes clear that we have left the digression of . and are back to the main story-line. The transition to the next Episode (..) is constituted by the spatial transition from the location in Cythera to the new location at Thyrea. Another indication of a discourse boundary, in my view, is the occurrence of the historical present φικνο'νται, which is used to ‘punctuate the narrative’, as Rijksbaron (b: ) calls it. In other words, it starts off a new Episode, or more precisely, it starts off a new Complication section (usage type ). The mentioning of the name of Thyrea and the setting of the new Episode, prompts an Orientation section, consisting of a brief description of its location, and an analepsis, relating to the way the Aiginetans had received Thyrea as a gift from the Lacedaemonians (mentioned earlier by Thucydides in .). Although orientationsections typically are descriptive in character, analepses are not untypical of Orientation sections (see also Allan ). Obviously, anterior events may be important as orienting background information for the narrative to come. The story-line is resumed in .., which is marked, once again, by the particle ο)ν. As in .., a climax is reached immediately after the Orientation: the Aeginetans evacuate the fortification on the coast, an unexpected event signalled by the historical present ( κλεπουσιν). Next, the Aeginetans retreat into the upper city. The Spartan garrison remains quiet, not considering themselves to be a match for the enemy. Then the camera, so to speak, switches back to the Athenians. The Athenians are reactivated as discourse topic by means of the extraclausal constituent ν το7τ.ω δ6 ο @Αηναοι, which combines a Setting and a Theme-constituent, a signal that a new Episode starts. Next, the events are narrated which were taking place simultaneously with the retreat of the Aeginetans. Again the virtual absence of a complication and the abruptness of the capture of the city (cf. εB7ς) reveal the— unexpected—lack of resistance. The Peak of the Episode, constituted by the historical present αρο'σι, follows almost immediately after the

the historical present in thucydides



Orientation section. In the Resolution, the Athenians’ activities after the capture of the city are narrated. Although both in Episode () and in Episodes () and () the Athenians are said to have captured a city without resistance, the way in which these two events are presented is very different. It seems as if the speed of the account in . is much higher than in the first Episode. Table : Tense-aspect in main clauses: Aorists, historical presents Presents (denoting states), imperfects, perfects

Episode ()

Episode (, )

 

 

As can be seen in Table (), the events in Episodes () and () are marked more often by an aorist or an historical present, that is, tenses that move the narrative forward. Episode (), on the other hand, exhibits a more frequent use of presents denoting states, imperfects and perfects, which are all tense forms that do not move the narrative forward. The static character of Episode () can be linked to Dewald’s narratological distinction between picture units and list units (Dewald ). In my view, Episode () can be characterized as a picture unit by virtue of the presence of the elaborate description of the Spartan morale in .. Episode () and () lack this internal psychological perspective and it mainly consists of a series of physical actions. Episode () and () therefore appear to be list units. Furthermore, the absence in Episode () and () of any indication of the thoughts and intentions of the Athenians makes us perceive the events from the point of view of the Lacedaemonians. It makes the reader perceive the Athenians as an impersonal power, acting in a mechanical and relentless way. Conclusion The use of the historical present is traditionally explained by the idea that the narrator describes the events as if taking place simultaneously with the moment of narration. Building on this traditional view, I have argued that temporal simultaneity should be seen as a form of epistemic immediacy, which relates to the idea that the described state of affairs is directly accessible to the experience and the knowledge of the speaker. The effect of epistemic immediacy is that the narrator is (or, rather, pretends to be) less capable of playing a mediating role in the narration



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as an organizer and evaluator of the reported events. The notion of epistemic immediacy is able to account for a number of typical linguistic features of the historical present, such as its affinity with direct speech, the low frequency of temporal adverbs, discourse particles, negations, subordinate clauses and the passive voice, and its predilection for the connective κα. Each of these highly diverse linguistic features can be explained as devices exploited by the narrator to make his presence in the narration less clearly perceivable. In Thucydides’ narrative, the historical present shows a tendency to appear at two structural locations: at the beginning of narrative Episodes and at the Peak (climax, turning point) of an Episode. Capturing cities, fortifications and ships is an important part of warfare. Not surprisingly, the historical present of the two verbs of capturing, αρ ω and λαμβ νω, is often used to mark the Peak of a narrative Episode.40 The verb αρ ω refers to the capture of unmovable entities such as cities and fortifications; λαμβ νω typically regards the seizing of moveable entities such as people and ships. The historical present is not only used as a marker of Peaks, however, but also as an indicator of the start of a narrative Episode (typically verbs of motion). As a result, the function of the (mostly isolated) historical presents in Thucydides has a pronounced text-structural character. The effect of creating a visually dramatic scene is less clearly perceivable.

40 O. Mortier-Waldschmidt (this volume) comes to a similar conclusion in her analysis of the verb τρ πειν, of which the historical present also plays a role to mark crucial events in the narrative of the war.

the historical present in thucydides



appendix Analysis of the narrative structure of Thucydides .– EPISODE  COMPLICATION .. . @Αηναοι δ6 ν τ.( αBτ.(  ρει Kξ-κοντα ναυσ> κα> δισχιλοις Hπλταις

ππε'σ τε pλγοις κα> τ(ν ξυμμ χων Μιλησους κα> 3λλους τιν2ς γαγντες στρ τευσαν π> Κ7ηραZ

ORIENTATION

στρατ-γει δ6 αBτ(ν Νικας H Νικηρ του κα> Νικστρατος H Διειτρ φους κα> ΑBτοκλ8ς H Τολμαου. (.) τ2 δ6 Κ7ηρα ν8σς στιν, πκειται δ6 τV8 ΛακωνικV8 κατ2 Μαλ ανZ Λακεδαιμνιοι δ’ εσ> τ(ν περιοκων, κα> κυηροδκης ρχ: κ τ8ς Σπ ρτης δι βαινεν αBτσε κατ2 $τος, Hπλιτ(ν τε φρουρ2ν δι πεμπον αε> κα> πολλ:ν πιμ λειαν (.) ποιο'ντο. 0ν γ2ρ αBτος τ(ν τε π’ Αγ7πτου κα> Λιβ7ης Hλκ δων προσβολ-, κα> λVηστα> sμα τ:ν Λακωνικ:ν tσσον λ7πουν κ αλ σσης, t V περ μνον ο,ν τε 0ν κακουργεσαιZ π+σα γ2ρ ν χει πρ9ς τ9 Σικελικ9ν κα> Κρητικ9ν π λαγος.

PEAK .. .κατασχντες ο)ν ο @Αηναοι τ.( στρατ.(, δ κα μ6ν ναυσ> κα> δισ-

χιλοις Μιλησων Hπλταις τ:ν π> αλ σσVη πλιν Σκ νδειαν καλουμ νην αρο'σι,

COMPLICATION (Simultaneous with Peak)

τ.( δ6 3λλ.ω στρατε7ματι ποβ ντες τ8ς ν-σου ς τ2 πρ9ς Μαλ αν τετραμμ να χρουν π> τ:ν [ π> αλ σσVη] πλιν τ(ν Κυηρων, κα> ηLρον εB=ς αBτο=ς στρατοπεδευμ νους sπαντας. (.) κα> μ χης γενομ νης pλγον μ ν τινα χρνον Dστερον ξυν βησαν πρ9ς Νικαν κα> το=ς ξυν ρχοντας @Αηναοις πιτρ ψαι περ> σφ(ν αBτ(ν πλ:ν αν του. (.) 0σαν δ τινες κα> γενμενοι τ.( Νικ*α λγοι πρτερον πρς τινας τ(ν Κυηρων,

EVALUATION

δι’ w κα> +σσον κα> πιτηδειτερον τ τε παραυτκα κα> τ9 $πειτα τ2 τ8ς Hμολογας πρ χη αBτοςZ ν στησαν γ2ρ xν ο @Αηναοι Κυηρους, Λακεδαιμονους τε kντας κα> π> τV8 ΛακωνικV8 τ8ς ν-σου οDτως πικειμ νης.

RESOLUTION (.) μετ2 δ6 τ:ν ξ7μβασιν ο @Αηναοι τ-ν τε Σκ νδειαν τ9 π> τ.( λιμ νι

πλισμα παραλαβντες κα> τ(ν Κυ-ρων φυλακ:ν ποιησ μενοι $πλευσαν $ς τε @Ασνην κα> iΕλος κα> τ2 πλεστα τ(ν περ>  λασσαν, κα> ποβ σεις ποιο7μενοι κα> ναυλιζμενοι τ(ν χωρων οL καιρ9ς εWη δV-ουν τ:ν γ8ν ?μ ρας μ λιστα Kπτ .



rutger j. allan

... Ο δ6 Λακεδαιμνιοι δντες μ6ν το=ς @Αηναους τ2 Κ7ηρα $χοντας, προσδεχμενοι δ6 κα> ς τ:ν γ8ν σφ(ν ποβ σεις τοια7τας ποι-σεσαι, Qρ*α μ6ν οBδαμο' τV8 δυν μει ντετ ξαντο, κατ2 δ6 τ:ν χραν φρουρ2ς δι πεμψαν, Hπλιτ(ν πλ8ος, 5ς Kκασταχσε $δει, κα> τ2 3λλα ν φυλακV8 πολλV8 0σαν, φοβο7μενοι μ: σφσι νετερν τι γ νηται τ(ν περ> τ:ν κατ στασιν, γεγενημ νου μ6ν το' ν τV8 ν-σ.ω π ους νελπστου κα> μεγ λου, Π7λου δ6 χομ νης κα> Κυ-ρων κα> πανταχεν σφ+ς περιεστ(τος πολ μου ταχ ος κα> προφυλ κτου, (.) Pστε παρ2 τ9 εω9ς ππ ας τετρακοσους κατεστ-σαντο κα> τοξτας, $ς τε τ2 πολεμικ , εWπερ ποτ , μ λιστα δ: pκνηρτεροι γ νοντο, ξυνεστ(τες παρ2 τ:ν το7τ.ω πρ9ς @Αηναους, ο,ς τ9 μ: πιχειρο7μενον αε> λλιπ6ς 0ν τ8ς δοκ-σες τι πρ ξεινZ (.) κα> sμα τ2 τ8ς τ7χης πολλ2 κα> ν pλγ.ω ξυμβ ντα παρ2 λγον αBτος $κπληξιν μεγστην παρεχε, κα> δ δισαν μποτε α)ις ξυμφορ τις αBτος περιτ7χVη οSα κα> ν τV8 ν-σ.ω. (.) τολμτεροι . οντο Qμαρτ-σεσαι δι2 δ6 δι’ αBτ9 ς τ2ς μ χας 0σαν, κα> π+ν τι κιν-σειαν T τ9 τ:ν γνμην νεχ γγυον γεγεν8σαι κ τ8ς πρ>ν ηεας το' κακοπραγεν. ...τος δ6 @Αηναοις ττε τ:ν παρααλ σσιον δVηο'σι τ2 μ6ν πολλ2 ?σ7χασαν, 5ς κα’ Kκ στην φρουρ2ν γγνοιτ τις πβασις, πλ-ει τε λ σσους Rκαστοι ?γο7μενοι εIναι κα> ν τ.( τοιο7τ.ωZ μα δ6 φρουρ , oπερ κα> Uμ7νατο περ> Κοτ7ρταν κα> @Αφροδιταν, τ9ν μ6ν kχλον τ(ν ψιλ(ν σκεδασμ νον φβησεν πιδρομV8, τ(ν δ6 Hπλιτ(ν δεξαμ νων 3νδρες τ τινες π ανον αBτ(ν pλγοι κα> πλα λ-φη, τροπαν τε στ-σαντες ο @Αηναοι π πλευσαν ς Κ7ηρα. (.) κ δ6 αBτ(ν περι πλευσαν ς @Επδαυρον τ:ν Λιμηρ ν, EPISODE  COMPLICATION

κα> δVησαντες μ ρος τι τ8ς γ8ς φικνο'νται π> Θυρ αν,

ORIENTATION

o στι μ6ν τ8ς Κυνουρας γ8ς καλουμ νης, μεορα δ6 τ8ς @Αργεας κα> Λακωνικ8ςZ νεμμενοι δ6 αBτ:ν $δοσαν Λακεδαιμνιοι Αγιν-ταις κπεσο'σιν νοικεν δι τε τ2ς τ(ν Ελτων τ:ν παν στασιν εBεργεσας κα> τι @Αηναων Rστασαν.

PEAK ... Προσπλεντων ο)ν $τι τ(ν @Αηναων ο Αγιν8ται τ9 μ6ν π> τV8 αλ σσVη w $τυχον οκοδομο'ντες τεχος κλεπουσιν, RESOLUTION

ς δ6 τ:ν 3νω πλιν, ν Vt .Tκουν, πεχρησαν, π χουσαν σταδους μ λιστα δ κα τ8ς αλ σσης. (.) κα> αBτος τ(ν Λακεδαιμονων φρουρ2 μα τ(ν περ> τ:ν χραν, oπερ κα> ξυνετεχιζε, ξυνεσελεν μ6ν ς τ9 τεχος οBκ U λησαν δεομ νων τ(ν Αγινητ(ν, λλ’ αBτος κνδυνος φανετο ς τ9 τεχος κατακλV-εσαιZ ναχωρ-σαντες δ6 π> τ2 μετ ωρα, 5ς οBκ νμιζον ξιμαχοι εIναι, ?σ7χαζον.

the historical present in thucydides



EPISODE  PEAK (.) ν το7τ.ω δ6 ο @Αηναοι κατασχντες κα> χωρ-σαντες εB=ς π σVη τV8 στρατι*+ αρο'σι τ:ν Θυρ αν. RESOLUTION

κα> τ-ν τε πλιν κατ καυσαν κα> τ2 νντα ξεπρησαν, το7ς τε Αγιν-τας, σοι μ: ν χερσ> διεφ ρησαν, 3γοντες φκοντο ς τ2ς @Α-νας κα> τ9ν 3ρχοντα wς παρ’ αBτος 0ν τ(ν Λακεδαιμονων, Τ νταλον τ9ν Πατροκλ ουςZ ζωγρ-η γ2ρ τετρωμ νος. (.) 0γον δ τινας κα> κ τ(ν Κυ-ρων 3νδρας pλγους, οqς δκει σφαλεας Rνεκα μεταστ8σαι. κα> το7τους μ6ν ο @Αηναοι βουλε7σαντο κατα σαι ς τ2ς ν-σους, κα> το=ς 3λλους Κυηρους οκο'ντας τ:ν Kαυτ(ν φρον τ σσαρα τ λαντα φ ρειν, Αγιν-τας δ6 ποκτεναι π ντας σοι K λωσαν δι2 τ:ν προτ ραν αε ποτε $χραν, Τ νταλον δ6 παρ2 το=ς 3λλους το=ς ν τV8 ν-σ.ω Λακεδαιμονους καταδ8σαι.

chapter three ΤΡΕyΠΕΙΝ AU PRÉSENT HISTORIQUE

CHEZ THUCYDIDE1

Odile Mortier-Waldschmidt Abstract The verb τρ πειν, “to put to rout”, belongs with the semantic field of battles. The fact that Thucydides uses it in the historical present (HP) with relative frequency raises the question of the exact meaning of these HPs compared with the other tenses in the narrative. In his account of the Peloponnesian war, Thucydides obviously had to make a choice, selecting for his narrative the events he thought worth recording. But as the story unfolds, the episodes selected are not all of equal weight, some have but secondary import in comparison with others. Our working hypothesis is that Thucydides used the HP to point out the events he thought most significant, i.e playing a crucial role in the decisive reversal of a situation. Each of the  occurrences of τρ πειν in the HP, if taken in their larger context, seems to confirm this hypothesis. By contrast, a comparison with the uses of the same verb in the aorist tense shows that those deal with minor routs, only skirmishes that do not affect the course of events. Besides, τρ πειν in the HP often occurs when Thucydides has stressed some particular feature of the leaders’ moves or in the warriors’ behaviour. He then shows that the rout leading to a decisive victory was achieved through the tactical and educational talents of the strategos: thoughtfulness (γνμη), order and discipline (κσμος, τ ξις), speed (numerous verbs and adverbs serve to suggest suddenness, surprise). The HP enables Thucydides to express a judgment on the handling of the war by its various protagonists. This essay shows that the choice of τρ πειν in the HP conveys meaning. Like a signpost it provides guidance for the reader, helping him to a consistent and rationalized view of events.

Le verbe τρ πειν à l’ actif, dans son acception militaire (la seule qui se trouve chez Thucydide), signifie « faire tourner le dos, mettre en déroute » ; au moyen, Thucydide l’ utilise généralement dans son sens ordinaire de « se tourner (vers : ς, πρς) » (quelqu’ un, la mer, un chemin) 1 Je remercie Anne-Marie Chanet, Chantal Marbœuf et Albert Rijksbaron de leur relecture de cet article et des précieux conseils qu’ ils ont bien voulu me donner.



odile mortier-waldschmidt

et rarement au sens militaire de « tourner le dos, s’ enfuir ». Ce verbe désigne un acte de guerre. Il se rencontre régulièrement avec d’ autres verbes qui, comme lui, marquent le processus classique de la fin d’ un engagement militaire, du côté du vainqueur : assaut (προσππτειν, πιππτειν, προσβ λλειν, σβ λλειν, πιτι ναι, πιγγνεσαι . . . ), massacre (ποκτενειν, διαφερειν), poursuite (δικειν, πο-, πι- et καταδικειν, ξωεν), installation d’ un trophée (τρπαιον στ ναι), tandis que les vaincus fléchissent ( νδιδναι), meurent (πονV-σκειν) ou s’ enfuient (φε7γειν, καταφε7γειν). On relève dans les Histoires de Thucydide  occurrences de τρ πειν au présent de l’ indicatif actif (deux τρ πει et neuf τρ πουσι). Toutes sont des présents historiques (PH). En regard, on relève, pour les autres temps du récit, un imparfait actif et  aoristes indicatifs actifs, auxquels on peut ajouter deux aoristes moyens2 de sens militaire. La fréquence relative du PH ( sur ) est remarquable et suscite la curiosité. La présente étude examine les  occurrences de PH et quelques occurrences d’ aoristes et tente d’ en proposer une interprétation. Il convient d’ abord de préciser que notre interprétation repose sur la valeur usuellement attribuée au PH, valeur qu’ A. Rijksbaron formule ainsi : « An important function of these presents is to present events that the narrator considers crucial or decisive for the development of the . . . plot ».3 Le même souligne que « While imperfect and aorist indicative are indispensable in historical narrative, the use of the historic present is determined by stylistic preference on the part of the author ».4 C’ est précisément cette préférence stylistique de Thucydide qui nous intéresse et dont nous voudrions tenter ici de découvrir les ressorts. Commençons par le passage exemplaire de . ( PH). Il est exemplaire en ceci qu’ il contient, dans la première phrase, une intervention personnelle du narrateur à la première personne (μνησ-σομαι) ; Thucydide énonce le principe qu’ il a suivi dans son récit des événements survenus en Sicile cet été-là (en  ; il s’ agit de la première expédition de Sicile) ;

2 τρ ποντο en .. (sens passif) ; τρ ψαντο en ... Un troisième cas est ambigu : ς φυγ:ν τρ ποντο en .. relève du sens ordinaire de « se tourner (vers) », mais J. de Romilly traduit : « ils tournèrent le dos et s’ enfuirent ». 3 Ce volume, p. . 4 Rijksbaron (b : , note ).

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au présent historique chez thucydide



mais on peut extrapoler et tenir pour certain que le même principe a prévalu tout au long de son récit dans l’ ensemble des Histoires.5 ..– . Το' δ’ αBτο'  ρους πλεμουν μ6ν κα> 3λλοι, 5ς Kκ στοις ξυν βαινεν, ν τV8 Σικελ*α κα> αBτο> ο Σικελι(ται π’ λλ-λους στρατε7οντες

κα> ο ’Αηναοι ξ=ν τος σφετ ροις ξυμμ χοιςZ  δ λγου μλιστα ξια ! μετ" τ#ν ’Α$ηναων ο ξμμαχοι 'πραξαν ! πρ(ς το*ς ’Α$ηναους ο ντιπλεμοι, τοτων μνησ$+σομαι.

. Le même été, des combats se déroulèrent en Sicile, auxquels divers peuples participèrent selon les circonstances, notamment les Siciliens euxmêmes qui marchaient les uns contre les autres, et les Athéniens aidés de leurs alliés ; les actions les plus importantes qu’ accomplirent, aux côtés des Athéniens, ou contre eux, leurs alliés ou leurs adversaires, seront seules rapportées ici.6

À la suite de cette déclaration, Thucydide relate très brièvement (en  lignes) un épisode des opérations militaires en Sicile cet été-là. C’ est bien un épisode important, λγου μ λιστα 3ξιον, puisqu’ il va aboutir à la reddition de Messine. Voyons comment. . Χαροι δου γ2ρ Jδη το' ’Αηναων στρατηγο' τενηκτος Μυλ2ς τ2ς Μεσσηνων. ,Ετυχον δ6 δ7ο φυλα> ν τας Μυλας τ(ν Μεσσηνων φρουρο'σαι κα τινα κα> ν δραν πεποιημ ναι τος π9 τ(ν νε(ν. . Ο δ6 ’Αηναοι κα> ο ξ7μμαχοι το7ς τε κ τ8ς ν δρας τρπουσι κα> διαφε ρουσι πολλο7ς, κα> τ.( ρ7ματι προσβαλντες /νγκασαν Hμολογ*α τ-ν τε κρπολιν παραδο'ναι κα> π> Μεσσ-νην ξυστρατε'σαι. . Κα> μετ2 το'το πελντων ο Μεσσ-νιοι τ(ν τε ’Αηναων κα> τ(ν ξυμμ χων προσεχ0ρησαν κα> αBτο>, Hμ-ρους τε δντες κα> τ2 3λλα πιστ2 παρασχμενοι. .. Το' δ’ αBτο'  ρους . . . . Après la mort du stratège athénien Charoiadès, tué au combat par les Syracusains, Lachès, qui désormais commandait seul l’ escadre, attaqua avec les alliés Mylai, ville messénienne. Il se trouva que deux tribus messéniennes gardaient Mylai et même avaient tendu une embuscade aux troupes de débarquement. . Mais les Athéniens et leurs alliés mirent en déroute les gens de l’ embuscade et en tuèrent un grand nombre ; et,

5 C’ est ce que pense Hornblower ( : ), commentant ainsi l’ intervention de Thucydide en ce passage : « A unique and very interesting programmatic statement by Thucydides of a general method—selectivity—which in fact he practises throughout his work ». 6 Les traductions sont celles de la C.U.F. parfois modifiées.



odile mortier-waldschmidt donnant l’ assaut au rempart, ils forcèrent les habitants à un accord par lequel ceux-ci livraient leur acropole et marchaient avec eux contre Messine. . Quand, après cela, les Athéniens et leurs alliés furent devant Messine, cette ville se rallia elle aussi, en donnant des otages et en fournissant toutes garanties par ailleurs. .. Le même été . . .

On observe que l’ élément déterminant, qui va entraîner la reddition de Mylai et par contrecoup celle de Messine, est exprimé au PH : τρπουσι κα> διαφε ρουσι. Notre hypothèse est celle-ci. Dans les épisodes importants qu’ il a choisi de rapporter, Thucydide utilise le PH pour attirer notre attention sur l’ élément qu’ il considère comme déterminant. En d’ autres termes, au cours du récit d’ un épisode λγου μ λιστα 3ξιον, le PH désigne l’ action qui est, dans le déroulement des faits, décisive, et qui va faire basculer la situation. Examinons de près la structure du passage .. L’ épisode est rigoureusement délimité par l’ indication temporelle το' δ’ αBτο'  ρους qui ouvre le chapitre et que l’ on retrouve au début du chapitre suivant, .. Il forme donc un tout bien isolé. Les imparfaits du début décrivent le contexte, dressent le cadre dans lequel s’ inscrira l’ épisode sélectionné, lequel commence par γ ρ après la brève intervention de Thucydide. Apparaissent alors deux aoristes ; c’ est l’ entrée en scène des protagonistes, d’ un côté les Athéniens et leurs alliés, qui débarquent des bateaux pour attaquer Mylai, et de l’ autre les Messéniens qui préparent aussitôt une embuscade. Dans la phrase suivante, l’ affaire est réglée promptement au moyen de deux PH : les Athéniens et leurs alliés provoquent la déroute des gens de l’ embuscade et en tuent un grand nombre. Forts de ce succès, ils n’ ont pas de peine à contraindre les gens de la ville à leur livrer l’ acropole et à marcher avec eux contre Messine, dont la dernière phrase nous annonce la reddition ; ces verbes n’ ont pas lieu d’ être au PH, car il s’ agit de faits qui découlent du succès décisif de la mise en déroute de la garnison et qui ne méritent pas de relief particulier. Au chapitre suivant, Thucydide quitte la Sicile pour évoquer d’ autres terrains d’ action de la flotte athénienne, puis la fondation de la colonie lacédémonienne d’ Héraclée de Trachis, puis les actions de Démosthène à Leucade et en Etolie ; tout cela occupe les chapitres  à . En , Thucydide consacre quelques lignes de nouveau aux Athéniens de Sicile. Toujours pendant le même été, il nous emmène maintenant en Grèce suivre l’ expédition du Spartiate Euryloque (chap. –). Et l’ été s’ achève. Avec l’ hiver, nous retrouvons les Athéniens de Sicile, dans

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au présent historique chez thucydide



un épisode dont la structure présente plusieurs points communs avec celle de l’ épisode raconté en . et qui, lui aussi, contient le PH τρπουσι. Examinons-le. ..– . Ο δ’ ν τV8 Σικελ*α ’Αηναοι το' πιγιγνομ νου χειμ(νος πελντες μετ2 τ(ν NΕλλ-νων ξυμμ χων κα> σοι Σικελ(ν (. . .) ξυνεπολ μουν, π’ MΙνησσαν τ9 Σικελικ9ν πλισμα, οL τ:ν κρπολιν Συρακσιοι ε1χον, προσ βαλον, κα> 5ς οBκ δναντο Kλεν, π23σαν. . ’Εν δ6 τV8 ναχωρ-σει προσπεσντες τρπουσ τε μ ρος τι το' στρατο' κα> π κτειναν οBκ pλγους. . Κα> μετ2 το'το π9 τ(ν νε(ν H Λ χης κα> ο ’Αηναοι ς τ:ν Λοκρδα ποβ σεις τιν2ς ποιησ μενοι (. . .) το=ς προσβοηο'ντας Λοκρ(ν (. . .) μ χVη κρτησαν κα> πλα λαβντες πεχ0ρησαν. .. Το' δ’ αBτο' χειμ(νος . . . . L’ hiver suivant, les Athéniens de Sicile s’ avancèrent avec leurs alliés grecs et tous les Sikèles qui (. . .) faisaient la guerre du côté athénien ; ils donnèrent l’ assaut à la place sikèle d’ Inessa, dont les Syracusains tenaient l’ acropole, et repartirent sans avoir pu la prendre. . Dans cette retraite, les alliés, qui formaient l’ arrière-garde des Athéniens, furent attaqués par les Syracusains du fort, dont l’ élan mit en déroute une partie des troupes et fit bon nombre de morts. . Après cela, sur mer, Lachès et ses Athéniens allèrent faire des débarquements en Locride ; (. . .) ils battirent les Locriens qui venaient à la rescousse (. . .), et ils repartirent avec les armes qu’ ils leur avaient prises.

Même encadrement chronologique strict : το' πιγιγνομ νου χειμ(νος . . . Το' δ’ αBτο' χειμ(νος. Même succession des thèmes temporels dans l’ ensemble de l’ épisode : imparfaits de mise en scène, aoriste d’ entrée en scène (προσ βαλον), PH du moment crucial (πιτ ενται . . . κα> τρπουσι), et aoristes de fin d’ épisode. On observera que la focalisation se fait ici non plus, comme en ., sur la mise en déroute et le massacre (τρπουσι κα> διαφε ρουσι), mais sur l’ attaque et la mise en déroute (πιτ ενται . . . κα> τρπουσι). C’ est sans doute que cette attaquesurprise, couronnée de succès, de l’ arrière-garde d’ une armée en train de se retirer méritait d’ être mise en relief. Voilà le fait sur lequel Thucydide souhaitait attirer notre attention dans cette suite d’ escarmouches sans conséquence. Une autre attaque-surprise est également racontée avec des PH en ..–. ..– . Κα> μ χη γ νετο, κα> ν αBτV8 νκων ο ’ΑηναοιZ κα> τ(ν Συρακοσων ο μ6ν τ9 δεξι9ν κ ρας $χοντες πρ9ς τ:ν πλιν 'φευγον, ο δ’ π>



odile mortier-waldschmidt τ.( εBων7μ.ω παρ2 τ9ν ποταμν. Κα> αBτο=ς βουλμενοι ποκλV-σασαι τ8ς διαβ σεως ο τ(ν ’Αηναων τριακσιοι λογ δες δρμ.ω /πεγοντο πρ9ς τ:ν γ φυραν. . Δεσαντες δ6 ο Συρακσιοι (0σαν γ2ρ κα> τ(ν ππ ων αBτος ο πολλο> ντα'α) Hμσε χωροσι τος τριακοσοις το7τοις, κα> τρπουσ τε αBτο=ς κα> σβλλουσιν ς τ9 δεξι9ν κ ρας τ(ν ’Αηναων. Κα> προσπεσντων αBτ(ν ξυνεφοβ+$η κα> ? πρτη φυλ: το' κ ρως. . ’ΙδEν δ6 H Λ μαχος παρεβο+$ει π9 το' εBων7μου το' Kαυτ(ν μετ2 τοξοτ(ν τε οB πολλ(ν κα> το=ς ’Αργεους παραλαβν, κα> πιδιαβ2ς τ φρον τιν2 κα> μονωε>ς μετ’ pλγων τ(ν ξυνδιαβ ντων πον&'σκει αBτς τε κα> π ντε z nξ τ(ν μετ’ αBτο'. Κα> το7τους μ6ν ο Συρακσιοι εB=ς κατ2 τ χος φνουσιν Qρπ σαντες π ραν το' ποταμο' ς τ9 σφαλ ς, αBτο> δ6 πιντος Jδη κα> το' 3λλου στρατε7ματος τ(ν ’Αηναων πεχ0ρουν.

. Un combat se produisit, où les Athéniens eurent l’ avantage. Les Syracusains prirent la fuite, ceux de l’ aile droite en direction de la ville, ceux de l’ aile gauche le long du fleuve. Voulant couper la route à ces derniers pour qu’ ils ne puissent le franchir, le corps d’ élite athénien de trois cents hommes se mit à courir en hâte vers le pont ; . mais, effrayés, les Syracusains, qui avaient là avec eux la plus grande partie de leur cavalerie, marchent au-devant de ces trois cents hommes, leur font lâcher pied et se jettent contre l’ aile droite athénienne. Sous ce choc, la première tribu de l’ aile fut à son tour prise de panique. . Voyant cela, Lamachos quitta l’ aile gauche de l’ armée pour venir à la rescousse, avec un petit nombre d’ archers, plus les Argiens, qu’ il prit avec lui ; dans son avance, il franchit un fossé et se trouva isolé avec les quelques autres dans son cas : il se fait tuer, et, avec lui, cinq ou six de ses compagnons. Aussitôt les Syracusains se hâtent de les enlever pour les mettre sur l’ autre rive, en lieu sûr ; et euxmêmes, comme maintenant le reste de l’ armée athénienne s’ avançait, ils se mirent à battre en retraite.

Un combat s’ était engagé (γ νετο, aoriste d’ entrée en scène) entre les Athéniens et les Syracusains. Tandis que les premiers l’ emportaient (νκων) et que les seconds prenaient la fuite ('φευγον), les Athéniens décidèrent de leur couper la route et coururent vers le pont pour en empêcher l’ accès. Et voici que les Syracusains s’ avancent vers les Athéniens, les mettent en déroute et attaquent l’ aile droite athénienne (trois PH : χωροσι, τρπουσι, σβλλουσι) ; leur défaite s’ est brusquement et inopinément retournée en victoire, au point que le stratège Lamachos, accouru en renfort, se fait tuer avec quelques hommes et qu’ en outre les Syracusains réussissent à devancer l’ ennemi pour s’ emparer des corps (deux PH : πον&'σκει, φνουσι). On voit bien encore dans cet épisode que les PH sont là pour présenter certains faits comme cruciaux.

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

Il n’ est pas inintéressant de comparer ces différents passages présentant le PH de τρ πειν à d’ autres récits similaires où la mise en déroute est à l’ aoriste. La comparaison permettra de mieux percevoir la valeur du PH. ..– . Παρντος δ6 Jδη ξ7μπαντος το' στρατε7ματος, Hπλιτ(ν οBκ $λασσον Kξακισχιλων, κα> τ(ν ’Αηναων τ(ν μ6ν Hπλιτ(ν περ τε τ:ν Νσαιαν kντων κα> τ:ν  λασσαν ν τ ξει, τ(ν δ6 ψιλ(ν ν2 τ9 πεδον σκεδασμ νων, ο ππ8ς ο τ(ν Βοιωτ(ν προσδοκ-τοις πιπεσντες τος ψιλος 'τρεψαν π> τ:ν  λασσαν ( ν γ2ρ τ.( πρ9 το' οBδεμα βο-ει πω τος Μεγαρε'σιν οBδαμεν π8λεν). . ντεπεξελ σαντες δ6 κα> ο τ(ν ’Αηναων ς χερας 5 2 σαν, κα> γ νετο ππομαχα π> πολ7, ν Vt ξιο'σιν Kκ τεροι οBχ oσσους γεν σαι. . Τ9ν μ6ν γ2ρ Sππαρχον τ(ν Βοιωτ(ν κα> 3λλους τιν2ς οB πολλο=ς πρ9ς αBτ:ν τ:ν Νσαιαν προσελ σαντας ο ’Αηναοι ποκτεναντες σκλευσαν, κα> τ(ν τε νεκρ(ν το7των κρατ-σαντες τροπαον 'στησαν6 οB μ ντοι $ν γε τ.( παντ> $ργ.ω βεβαως οBδ τεροι τελευτ-σαντες πεκρ$ησαν λλ’ ο μ6ν Βοιωτο> πρ9ς το=ς Kαυτ(ν, ο δ6 π> τ:ν Νσαιαν. . Dès lors, toute l’ armée était là, soit non moins de six mille hoplites : profitant de ce que, parmi les Athéniens, les hoplites se trouvaient rangés aux abords de Nisée et de la mer, et les troupes légères répandues par la plaine, la cavalerie des Béotiens chargea à l’ improviste contre ces troupes légères et les chassa en direction de la mer (jusque-là elles n’ avaient encore rencontré aucune troupe venant au secours des Mégariens) ; . puis, prenant à son tour l’ offensive, la cavalerie athénienne entra en lutte, et il y eut un combat de cavalerie prolongé, au cours duquel chacun estime qu’ il n’ eut pas le dessous. . Sans doute l’ hipparque des Béotiens et un petit groupe d’ hommes qui avaient poussé jusqu’ à Nisée même furent tués par les Athéniens, qui les dépouillèrent, puis, s’ étant assuré les corps, les rendirent sous convention et dressèrent un trophée—pourtant, à prendre l’ affaire dans son ensemble, nul ne termina par un résultat bien tranché : ils se séparèrent parce que les Béotiens rejoignaient les leurs, et que les autres rentraient à Nisée.

Les Béotiens sont venus porter secours à Mégare assiégée par les Athéniens. Constatant que les troupes légères athéniennes sont dispersées ( σκεδασμ νων) et non rangées en ordre ( ν τ ξει) comme les hoplites, la cavalerie des Béotiens attaque ces troupes légères vulnérables, qui de surcroît ne s’ attendent pas (προσδοκ-τοις) à une intervention extérieure au secours des Mégariens. Notons qu’ on a ici les deux ingrédients qui souvent entraînent l’ apparition d’ un PH, comme nous le verrons plus loin : désordre et effet de surprise. Mais ce n’ est pas un PH, c’ est l’ aoriste 'τρεψαν qui énonce la mise en déroute des troupes légères. De fait, dans le cas présent, cette déroute n’ a rien de décisif : l’ affrontement se poursuit



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avec un combat de cavalerie prolongé mais incertain, où les deux adversaires estiment7 l’ un comme l’ autre avoir eu le dessus ; ensuite un léger avantage des Athéniens leur fait dresser un trophée. Mais Thucydide conclut l’ épisode en insistant sur le fait que l’ affrontement s’ acheva sans que ni l’ un ni l’ autre des deux adversaires se soit distingué de façon assurée (βεβαως). Ce contre-exemple montre bien, semble-t-il, que le PH est réservé à des victoires assurées qui modifient le cours des événements. ..– . ’Ελντες δ6 προσχωρ-σειν ? πλις στρατι2 ς φυλακ-νZ tς πεξελο7σης κ τ8ς Σπαρτλου ς μ χην κα στανται ο ’Αηναοι ο μ6ν Hπλται τ(ν Χαλκιδ ων κα> πκουρο τινες μετ’ αBτ(ν νικ(νται ναχωροσιν ς τ:ν Σπ ρτωλον, ο δ6 ππ8ς τ(ν Χαλκιδ ων κα> ψιλο> νικ(σι το=ς τ(ν ’Αηναων ππ ας κα> ψιλο7ς. . ΕIχον δ τινας οB πολλο=ς πελταστ2ς κ τ8ς Κρουσδος γ8ς καλουμ νης. MΑρτι δ6 τ8ς μ χης γεγενημ νης πιβοηοσιν 3λλοι πελταστα> κ τ8ς ’Ολ7νου. . Κα> ο κ τ8ς Σπαρτλου ψιλο> 5ς ε1δον, αρσ-σαντες τος τε προσγιγνομ νοις κα> τι πρτερον οBχ 7σσοντο, πιτ ενται α)ις μετ2 τ(ν Χαλκιδ ων ππ ων κα> τ(ν προσβοηησ ντων τος ’ΑηναοιςZ κα> ναχωροσι πρ9ς τ2ς δ7ο τ ξεις _ς κατ λιπον παρ2 τος σκευοφροις. . Κα> Hπτε μ6ν ποιεν ο ’Αηναοι, νεδδοσαν, ποχωρο'σι δ6 π κειντο κα> σηκντιζον. ΟS τε ππ8ς τ(ν Χαλκιδ ων προσιππε7οντες t V δοκοη σ βαλλον, κα> οBχ oκιστα φοβ-σαντες 'τρεψαν το=ς ’Αηναους κα> πεδωξαν π> πολ7. . Κα> ο μ6ν ’Αηναοι ς τ:ν Ποτεδαιαν καταφεγουσι, κα> Dστερον το=ς νεκρο=ς τετρακσιοι κα> ο στρατηγο> π ντες. Ο δ6 Χαλκιδ8ς κα> ο Βοττιαοι τροπαν τε 'στησαν κα> το=ς νεκρο=ς το=ς α ς τ:ν γ8ν πεξ βησαν, τ.( $ργ.ω πολ= περισχντες. . ’Αμ'ναι δ6 τ.( μ σ.ω οv’ ο περ> τ9ν Θρασ7-

βουλον π9 το' δεξιο' τ9ν Θρ συλλον π9 το' εBων7μου (. . .), πρ>ν ο Πελοπονν-σιοι δι2 τ9 κρατ-σαντες δε(ς 3λλοι 3λλην να'ν δικειν 9ρξαντο μ ρει τιν> σφ(ν τακττεροι γεν σαι. . Γνντες δ6 ο περ> τ9ν Θρασ7βουλον τ2ς π> σφσι να'ς πεχο7σας παυσ μενοι τ8ς πεξαγωγ8ς Jδη το' κ ρως κα> παναστρ ψαντες εB=ς /μναντ τε κα> τρπουσι, κα> τ2ς κατ2 τ9 νικ8σαν τ(ν Πελοποννησων μ ρος τ2ς να'ς {*+ον το=ς Συρακοσους φ λκειν τ8ς γ8ς φιλας οvσης, παρεβο+$ει π> τ:ν χηλ:ν μ ρος τι $χων τ8ς στρατι+ς. . Κα> αBτο=ς ο Τυρσηνο> (οLτοι γ2ρ φλασσον τος ’Αηναοις τα7τVη) Hρ(ντες τ κτως προσφερομ νους, πεκβοη-σαντες κα> προσπεσντες τος πρτοις τρπουσι κα> σβλλουσιν ς τ:ν λμνην τ:ν Λυσιμ λειαν καλουμ νην. . Gylippe voit la flotte adverse battue et emportée hors des limites de l’ estacade, et, par là, hors du camp athénien. Voulant en finir avec les hommes au débarqué et permettre aux Syracusains, le rivage leur restant, de prendre plus facilement les navires en remorque, il accourt à l’ aide vers la digue avec un détachement. . Les Tyrrhéniens—c’ étaient eux qui montaient la garde de ce côté—, les voyant s’ avancer en désordre, sortent pour porter secours, tombent sur les premiers, les font rebrousser et les rejettent dans le marais nommé Lysiméleia.

On est ici au cœur de la série d’ événements qui, d’ échec en échec, depuis l’ arrivée du Lacédémonien Gylippe à Syracuse jusqu’ au désastre final,

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au présent historique chez thucydide



marque l’ inexorable dégradation de la situation des Athéniens en Sicile. Dans cet épisode, cependant, on assiste à un bref moment de répit pour les Athéniens et leurs alliés. Thucydide raconte l’ une des batailles qui se sont livrées devant le port ; la flotte athénienne est dangereusement acculée au rivage par les Syracusains, et Gylippe, sur terre, voyant cela, accourt pour pousser leur avantage ; mais les Tyrrhéniens qui montent la garde de ce côté pour les Athéniens, tirant profit du désordre (τ κτως) dans lequel se présente l’ ennemi, sortent pour porter secours, tombent sur Gylippe et ses hommes, « les font rebrousser et les rejettent (τρπουσι κα> σβλλουσιν) dans le marais . . . » Les Athéniens à leur tour remportent alors une victoire éphémère. Le PH souligne ce petit succès, dû au désordre de l’ ennemi. . . NΩς δ’ ν χερσ>ν Jδη kντες περι σχον τ.( κ ρ*α ο Πελοπονν-σιοι κα> κυκλο;ντο τ9 δεξι9ν τ(ν ναντων, ο κ τ8ς ν δρας ’Ακαρν+νες πιγενμενοι αBτος κατ2 ντου προσπ πτουσ τε κα> τρπουσιν, Pστε μ-τε ς λκ:ν τ9 πλ ον το' στρατε7ματος καταστ8σαιZ (. . .) . (. . .) χαλεπ(ς διεσ.ζοντο ς τ2ς MΟλπας, κα> πολλο> π $ανον αBτ(ν, τ κτως κα> οBδεν> κσμ.ω προσππτοντες πλ:ν Μαντιν ωνZ οLτοι δ6 μ λιστα ξυντεταγμ νοι παντ9ς το' στρατο' νεχρησαν. . Lorsqu’ on en était déjà aux mains et que les Péloponnésiens, débordant par l’ aile, voulaient encercler la droite de leurs adversaires, les Acarnaniens de l’ embuscade, survenant dans leur dos, les assaillirent et leur firent lâcher pied : non seulement ils ne résistèrent pas, mais, pris de peur, ils entraînèrent dans leur fuite le gros de l’ armée ; ce qui accroissait beaucoup la peur, c’ était d’ avoir vu anéantir le groupe d’ Euryloque, des éléments d’ élite (. . .) . (. . .) ils se réfugièrent péniblement à Olpai ; les pertes furent sévères parmi ces troupes qui chargeaient sans ordre ni aucune discipline, excepté les Mantinéens ; ceux-ci au contraire se distinguèrent dans toute l’ armée par leur repli bien ordonné.

Ici, la prévoyance du stratège Démosthène lui permet de trouver une parade, qui s’ avérera efficace, à la supériorité numérique de l’ ennemi. Thucydide a pris soin de nous raconter comment, dès le début de l’ affrontement, le stratège athénien a compris où était le danger et a pris aussitôt une décision pour l’ écarter : « les deux partis se rangèrent pour combattre. Et, comme les lignes péloponnésiennes avaient pris plus de longueur et l’ avaient débordé, Démosthène craignit de se faire encercler ; il embusqua dans les fourrés d’ un chemin creux des hoplites et des troupes légères—environ quatre cents hommes en tout—qui surgiraient en pleine mêlée dans le dos de l’ adversaire (κατ2 ντου) au niveau



odile mortier-waldschmidt

où son dispositif dépassait . . . » (.). C’ est bien ainsi que les choses vont se passer, et c’ est bien cette mesure qui va entraîner la déroute de l’ adversaire. Même l’ aile droite, qui pourtant avait le dessus (elle était composée « des meilleurs guerriers [μαχιμτατοι] de la région »), s’ enfuit en voyant cela. Thucydide termine le récit de la bataille en expliquant la gravité de la défaite (il la qualifiera, quelques lignes plus loin, de μεγ λης oσσης) par ces mots significatifs : τ κτως κα> οBδεν> κσμ.ω προσππτοντες, qui concernent non seulement le repli, mais aussi l’ ensemble de la bataille.9 ..– . NΟ δ6 Δημοσ νης δειπν-σας χ0ρει κα> τ9 3λλο στρ τευμα π9 Kσπ ρας εB7ς, αBτ9ς μ6ν τ9 oμισυ $χων π> τ8ς σβολ8ς, τ9 δ’ 3λλο δι2 τ(ν ’Αμφιλοχικ(ν pρ(ν. . Κα> sμα kρρ.ω πιπ πτει τος ’Αμπρακιταις $τι ν τας εBνας κα> οB προVησημ νοις τ2 γεγενημ να, λλ2 πολ= μ+λλον νομσασι το=ς Kαυτ(ν εIναι. . Κα> γ2ρ το=ς Μεσσηνους πρτους πτηδες H Δημοσ νης προταξε κα> προσαγορε7ειν κ λευε, Δωρδα τε γλ(σσαν  ντας κα> τος προφ7λαξι πστιν παρεχομ νους, sμα δ6 κα> οB καορωμ νους τV8 kψει νυκτ9ς $τι οvσης. . NΩς ο)ν π πεσε τ.( στρατε7ματι αBτ(ν, τρπουσι, κα> το=ς μ6ν πολλο=ς αBτο' δι φ$ειραν, ο δ6 λοιπο> κατ2 τ2 kρη 5ς ε1δεν, οB βουλμενος μ χVη διαγων-

σασαι πρ>ν ο κα> το=ς βοηο=ς oκειν κα> ομενος φ-σεσαι πελν, σημανειν τε sμα κ λευεν ναχρησιν κα> παρ+γγελλε τος πιο'σιν π> τ9 εBνυμον κ ρας, Pσπερ μνον ο,ν τ’ 5ν, τ8ς ’Ηινος. . NΩς δ’ αBτ.( δκει σχολ: γγνεσαι, αBτ9ς πιστρ ψας τ9 δεξι9ν κα> τ2 γυμν2 πρ9ς το=ς πολεμους δο=ς π3γε τ:ν στραταν. . Κν το7τ.ω Βρασδας 5ς )ρ τ9ν καιρ9ν κα> τ9 στρ τευμα τ(ν ’Αηναων κινο7μενον, λγει τος με’ Kαυτο' κα> τος 3λλοις τι « Ο 3νδρες ?μ+ς οB μ νουσινZ δ8λοι δ6 τ(ν τε δορ των τV8 κιν-σει κα> τ(ν κεφαλ(νZ ο,ς γ2ρ xν το'το γγνηται, οBκ εασι μ νειν το=ς πιντας. ’Αλλ2 τ ς τε π7λας τις νοιγ τω μο> _ς εWρηται, κα> πεξωμεν 5ς τ χιστα αρσο'ντες ». . Κα> H μ6ν (. . .) ξελEν '$ει δρμ.ω (. . .), κα> προσβαλEν τος ’Αηναοις, πεφοβημ νοις τε sμα τV8 σφετ ρ*α ταξ*α κα> τ:ν τλμαν αBτο' κπεπληγμ νοις, κατ2 μ σον τ9 στρ τευμα, τρπει. . Κα> H Κλεαρδας, Pσπερ εWρητο, sμα κατ2 τ2ς Θρ*ακας π7λας πεξελEν τ.( στρατ.( πεφ ρετο. Ξυν βη τε τ.( δοκ-τ.ω κα> ξαπνης μφοτ ρωεν το=ς @Αηναους ορυβη8ναι.

. À ces mots, il vint. Et, constatant les faits, comme il ne voulait pas d’ une bataille qui trancherait entre eux avant l’ arrivée de ses renforts et qu’ il croyait avoir le temps de repartir, il fit donner le signal de la retraite, transmettant, à ce moment-là, aux troupes qui partaient, l’ ordre de se replier vers Éion en défilant par l’ aile gauche—ce qui était la seule façon possible. . Puis, jugeant que rien ne pressait, il fit en personne opérer une conversion à l’ aile droite, et ramena l’ armée en exposant son flanc nu à l’ ennemi. . À ce moment Brasidas, qui voit l’ occasion offerte et l’ armée athénienne en mouvement, dit à ses hommes et aux autres : « Ces troupes ne tiennent pas devant nous : le mouvement des têtes et des lances ne trompe pas, une troupe qui procède ainsi n’ a pas coutume de tenir devant une attaque. Allons ! Que l’ on m’ ouvre les portes que j’ ai dites et sortons au plus vite, avec confiance ! » . Alors lui-même (. . .) sortit et se lança au pas de course ( . . .) ; et, fonçant en plein milieu de l’ armée athénienne, contre des gens pris à la fois d’ effroi à cause de leur désordre et de stupeur devant son audace, il les met en déroute. . En même temps, Cléaridas sortait, comme prescrit, par la porte de Thrace et se portait contre eux. Le résultat fut que, victimes de l’ imprévu et de la soudaineté, les Athéniens furent, de deux côtés différents, jetés dans la confusion.

C’ est le récit de la victoire remportée par le Spartiate Brasidas contre Cléon à Amphipolis. On sait que Thucydide y était présent comme stratège et qu’ il fut exilé à la suite de cet échec. Malgré cette expérience personnelle cuisante, il professe à l’ égard de Brasidas une grande admiration, 10 Il s’ agit de Cléon, à qui l’ on vient de rapporter que Brasidas prépare apparemment une sortie d’ Amphipolis.



odile mortier-waldschmidt

qui s’ exprime dès le récit des débuts de la campagne du Spartiate sur la côte thrace, en . : il montre combien fut habile et efficace la politique menée par Brasidas, qui consistait à provoquer la défection des cités de l’ empire athénien ; celles-ci, convaincues par ses arguments, se rallient en masse ; parmi elles, Amphipolis : perte grave pour Athènes (soulignée par Thucydide en .), qui n’ aura de cesse d’ y refaire allusion. C’ est ainsi qu’ en .., on voit Cléon arriver près d’ Amphipolis pour l’ attaquer. L’ apprenant, Brasidas arrive à son tour et entre dans la ville. Le récit des événements est alors soigneusement préparé par Thucydide, qui décrit l’ état d’ esprit des deux chefs, en mettant en évidence d’ un côté l’ impéritie, l’ inconscience et l’ imprudence de Cléon, et de l’ autre l’ intelligence et la prévoyance de Brasidas. Celui-ci, sachant que ses troupes sont inférieures en valeur à celles de Cléon, décide de recourir à un artifice (τ χνη). Comme tout bon chef de guerre, il convoque ses soldats, pour « à la fois les encourager et leur expliquer ses intentions (βουλμενος παρααρσ'να τε κα> τ:ν πνοιαν φρ σαι) » (..). Il insiste d’ abord sur les fautes (Qμαρτας) de Cléon : mépris de l’ adversaire (καταφρονεν), désordre (τ κτως), négligence (pλιγωρεν). « Donc, tant que leur confiance les empêche d’ être sur leurs gardes, ( . . . ) profitant du flottement dans leurs sentiments ( ν τ.( νειμ ν.ω αBτ(ν τ8ς γνμης), je vais, moi, avec mes hommes, sans leur laisser aucun temps, si je puis, me jeter à la course en plein milieu de leur armée (προσπεσο'μαι δρμ.ω κατ2 μ σον τ9 στρ τευμα) » pour y semer l’ effroi (φοβο'ντα αBτο7ς). Et son lieutenant Cléaridas, resté d’ abord en ville, devra alors faire une sortie à son tour pour porter à son comble l’ effroi (μ λιστα . . . φοβη8ναι) de l’ ennemi (la harangue de Brasidas occupe les paragraphes ..–). C’ est ici que commence notre passage. Et l’ on voit que tout se passe comme l’ avait prévu Brasidas, ce que souligne Thucydide en reprenant exactement les termes de son discours : à προσπεσο'μαι répond προσβαλν, à δρμ.ω répond $ει δρμ.ω, κατ2 μ σον τ9 στρ τευμα est repris à l’ identique, et enfin le parfait passif πεφοβημ νοις, faisant écho à l’ actif φοβο'ντα, montre le plein succès du plan de Brasidas. Et Thucydide ponctue le résultat décisif de cette adroite manœuvre avec le PH τρπει (.), après avoir évoqué le désordre de l’ armée athénienne (τV8 σφετ ρ*α ταξ*α) et l’ audace de Brasidas (τ:ν τλμαν αBτο') comme les causes évidentes de cette déroute. L’ épisode ne s’ arrête pas à la fin de notre extrait. Après l’ évocation de la sortie triomphale de Cléaridas, voici que les événements se précipitent : Brasidas est blessé (PH)—il mourra quelques heures plus tard—et Cléon

ΤΡΕΠΕΙΝ

au présent historique chez thucydide



est tué (PH). Cléaridas a quelque mal à venir à bout de l’ aile droite athénienne, qui résiste, mais y parvient finalement ; et c’ est l’ aoriste $τρεψαν (.) qui clôt le récit de l’ affrontement : le sort de la bataille a été scellé par le τρπει de ., sort que la déroute finale de l’ aile droite n’ a fait que confirmer. On n’ aura pas manqué de remarquer, dans plusieurs des épisodes qui viennent d’ être étudiés, la fréquence et l’ importance d’ un élément qui joue un grand rôle dans ces mises en déroute exprimées au PH : la soudaineté, l’ effet de surprise. Celui-ci provoque la peur (φβος), le trouble (ταραχ-), la confusion (ρυβος), et jette l’ ennemi dans le désordre et dans la déroute. Cet effet est souvent recherché par les meilleurs stratèges : c’ est ainsi qu’ on a vu Démosthène, en .., fondre au petit jour sur les Ambraciotes encore couchés (Κα> sμα kρρ.ω πιπ πτει τος ’Αμπρακιταις $τι ν τας εBνας κα> οB προVησημ νοις τ2 γεγενημ να) ; en .. (dans l’ épisode que nous venons d’ étudier), l’ artifice conçu par Brasidas revient à prendre de court l’ ennemi par sa rapidité (il arrive au pas de course), puis à ménager de façon inopinée une deuxième sortie avec Cléaridas, ce qui entraîne une confusion totale dans les rangs ennemis (Ξυν βη τε τ.( δοκ-τ.ω κα> ξαπνης μφοτ ρωεν το=ς @Αηναους ορυβη8ναι). D’ autres passages encore mettent en relation étroite la soudaineté de l’ assaut, qu’ elle soit ou non délibérée, et la déroute exprimée au PH.11 ..– . NΟ δ6 Πολυδαμδας12 (. . .) διατσσει τε 5ς ς μ χην κα> παρ2+νει τος Μενδαοις πεξι ναι. . Κα τινος αBτ.( τ(ν π9 το' δ-μου ντειπντος κατ2 τ9 στασιατικ9ν τι οBκ π ξεισιν οBδ6 δ οιτο πολεμεν, κα> 5ς ντε πεν πισπασ ντος τε τV8 χειρ> +$ησαν γ2ρ π9 προειρημ νου τιν9ς αBτος τ:ν πιχερησιν γεν σαι.

. Polydamidas (. . .) range (les gens de Mendé et les troupes de secours) en ordre de bataille et commence à exhorter les gens de Mendé pour leur faire faire une sortie. . Mais un homme du parti populaire proteste, animé par la lutte civile, qu’ il ne fera pas de sortie et qu’ il ne voit pas le besoin de se battre ; sur cette protestation, l’ autre le saisit par le bras et le malmène ; et le peuple, prenant aussitôt les armes, marche avec fureur contre les Péloponnésiens et contre ceux qui soutenaient avec eux la faction adverse. . Se jetant sur eux, il les mit en déroute, à cause de l’ effroi que leur inspirèrent à la fois ce combat inattendu et les portes que l’ on ouvrait alors aux Athéniens : ils se crurent, en effet, l’ objet d’ un coup monté.

La ville de Mendé, sur la côte thrace, est une ancienne alliée d’ Athènes que les aristocrates ont récemment livrée aux Spartiates. Furieux, les Athéniens décident de s’ emparer de la ville et marchent contre elle. Polydamidas, posté dans Mendé avec ses troupes, ordonne aux habitants de faire une sortie contre les troupes athéniennes massées devant les murs. Mais voici que les gens du parti populaire se révoltent et refusent d’ obtempérer ; ils retournent leurs armes contre les Péloponnésiens et les mettent en déroute, tant sont grands la surprise et l’ effroi suscités par cette attaque inattendue (Κα> προσπεσντες τρπουσιν sμα μ6ν μ χVη αφνιδ.ω . . . φοβη ντων). Les Athéniens peuvent alors entrer dans la ville et en reprendre possession. ..– . Μεσσ-νιοι δ’ ν το7τ.ω πανδημε> κατ2 γ8ν κα> τας ναυσ>ν sμα στρτευσαν π> Ν ξον τ:ν Χαλκιδικ:ν μορον ο)σαν. . Κα> τV8 πρτVη ?μ ρ*α τειχ-ρεις ποι-σαντες το=ς Ναξους δ2+ουν τ:ν γ8ν, τV8 δ’ περιπλε7σαντες κατ2 τ9ν ’Ακεσνην ποταμ9ν τ:ν γ8ν δ2+ουν, τ.( δ6 πεζ.( πρ9ς τ:ν πλιν σ βαλλον. . ’Εν το7τ.ω δ6 ο Σικελο> ο κατ βαινον βοηο'ντες π> το=ς Μεσσηνους. Κα> ο Ν ξιοι 5ς ε1δον, αρσ-σαντες κα> παρακελευμενοι ν Kαυτος 5ς ο Λεοντνοι σφσι κα> ο 3λλοι iΕλληνες ξ7μμαχοι ς τιμωραν π ρχονται, κδραμντες 3φνω κ τ8ς πλεως προσπ πτουσι τος Μεσσηνοις, κα> τρ ψαντες π κτεινν τε ο λοιπο> χαλεπ(ς πεχ0ρησαν π’ οWκουZ κα> γ2ρ ο β ρβαροι ν τας Hδος πιπεσντες το=ς πλεστους δι φ$ειραν. . Κα> α ν8ες σχο'σαι ς τ:ν Μεσσ-νην Dστερον π’ οWκου Rκασται διεκρ$ησαν. Λεοντνοι δ6 εB=ς κα> ο ξ7μμαχοι μετ2 ’Αηναων ς τ:ν Μεσσ-νην 5ς κεκακωμ νην στρτευον, κα> προσβ λλοντες ο μ6ν ’Αηναοι κατ2 τ9ν λιμ να τας ναυσ>ν περων, H δ6 πεζ9ς πρ9ς τ:ν πλιν. . @Επεκδρομ:ν δ6 ποιησ μενοι ο Μεσσ-νιοι (. . .) ξαπιναως προσπεσντες τρπουσι το' στρατε7ματος τ(ν Λεοντνων τ9 πολ= κα> π -

ΤΡΕΠΕΙΝ

au présent historique chez thucydide



κτειναν πολλο7ς. ’Ιδντες δ6 ο ’Αηναοι κα> ποβ ντες π9 τ(ν νε(ν βο+$ουν, κα> κατεδωξαν το=ς Μεσσηνους π λιν ς τ:ν πλιν, τεταραγμ νοις πιγενμενοιZ κα> τροπαον στ-σαντες νεχ0ρησαν ς τ9 NΡ-γιον.

. Et, pendant ce temps, les Messéniens en masse firent à la fois par terre et avec la flotte une expédition contre Naxos la Chalcidienne, qui leur est limitrophe. . Le premier jour, ayant poussé les Naxiens dans leurs remparts, ils ravagèrent le pays ; le lendemain, tandis que la flotte, ayant contourné la ville, ravageait le pays près du fleuve Acésinès, l’ armée de terre faisait irruption contre la ville. . Mais, là-dessus, les Sikèles des montagnes descendirent à l’ aide en grand nombre contre les Messéniens. Et les Naxiens, à cette vue, reprenant confiance et s’ encourageant mutuellement de l’ idée que les Léontins et leurs autres alliés grecs arrivaient pour les défendre, se précipitent subitement hors de la ville et fondent sur les Messéniens : les ayant mis en fuite, ils en tuèrent plus de mille, et les autres eurent peine à rentrer chez eux ; en effet les barbares, tombant sur eux dans les chemins, les détruisirent pour la plupart. . La flotte, après s’ être arrêtée à Messine, se sépara dans la suite, chacun rentrant dans son pays. Mais aussitôt les Léontins et leurs alliés, en compagnie des Athéniens, profitaient de ce que Messine avait été éprouvée pour faire contre elle une expédition : une double attaque était tentée, les Athéniens agissant du côté du port avec la flotte tandis que l’ armée de terre agissait contre la ville. . Alors les Messéniens firent une sortie (. . .) : ils attaquèrent inopinément et mirent en fuite le gros de l’ armée des Léontins, où ils firent beaucoup de morts. À cette vue, les Athéniens quittèrent leurs navires pour venir à l’ aide : ils poursuivirent à nouveau jusque dans la ville les Messéniens, que ce nouvel assaut laissa en plein désordre. Alors ils dressèrent un trophée et rentrèrent à Rhégion.

La soudaineté apparaît encore dans cet épisode très intéressant, qui se déroule en deux actes. La scène est en Sicile, à Messine, alliée de Sparte. Acte I : les Messéniens attaquent leur voisine Naxos. Les Naxiens ne sont sauvés que parce que viennent à leur secours les Sikèles des montagnes, Léontins et autres. Les Messéniens rescapés rentrent chez eux. Acte II : voulant pousser encore leur avantage, les Léontins et les Athéniens vont à leur tour attaquer Messine, par terre et par mer. Les Messéniens font une sortie et mettent en déroute les assaillants du côté de la terre, mais ils seront finalement réduits grâce au secours apporté par les Athéniens descendus de leurs bateaux. Ce qui est remarquable, c’ est la rigoureuse symétrie (à sept lignes de distance) du passage central de chacun des deux actes, là où se décide le sort de l’ affrontement :



odile mortier-waldschmidt

κδραμντες / 3φνω / (. . .) προσπ πτουσι (. . .) κα> τρ ψαντες / π κτειν ν (τε) π κτειναν πολλο7ς.

Acte I :

On ne peut qu’ être frappé, devant ce parallélisme, de la variation προσππτουσι ( . . . ) κα> τρ ψαντες vs προσπεσντες τρ πουσι. Faut-il considérer que le fait crucial est l’ assaut dans l’ acte I et la mise en déroute dans l’ acte II ? Ou s’ agit-il d’ un simple effet de variatio ? Quoi qu’ il en soit, il est manifeste que dans cet épisode, Thucydide souligne à plaisir la similitude des deux actes, non seulement par les phrases centrales citées cidessus, mais par maint autre parallélisme lexical : στρ τευσαν π> Ν ξον ~ ς τ:ν Μεσσ-νην $στρατευον; σ βαλλον ~ προσβαλντες; τας μ6ν ναυσ> . . . δ6 . . . πρ9ς τ:ν πλιν ~ . . . μ6ν . . . τας ναυσ>ν . . . δ6 . . . πρ9ς τ:ν πλιν. Pour terminer cette étude des PH de τρ πειν, il nous reste à examiner la dernière occurrence, qui offre cette particularité d’ apparaître en tête d’ un récit où la narration de la suite des événements fait intervenir deux fois l’ aoriste $τρεψαν. ..– . ’Αλλ2 μ λιστα δ: κατ2 π ντα τV8 μπειρ*α Λακεδαιμνιοι λασσω ντες ττε τV8 νδρε*α 'δειξαν οBχ tσσον περιγιγνμενοι. . @Επειδ: γ2ρ ν χερσ>ν γγνοντο τος ναντοις, τ9 μ6ν τ(ν Μαντιν ων δεξι9ν τρπει αBτ(ν το=ς Σκιρτας κα> το=ς Βρασιδεους, κα> σπεσντες ο

Μαντιν8ς κα> ο ξ7μμαχοι αBτ(ν κα> τ(ν ’Αργεων ο χλιοι λογ δες κατ2 τ9 δι κενον κα> οB ξυγκλVησ6ν το=ς Λακεδαιμονους δι φ$ειρον κα> κυκλωσ μενοι 'τρεψαν κα> ξ ωσαν ς τ2ς Qμ ξας κα> τ(ν πρεσβυτ ρων τ(ν πιτεταγμ νων π κτεινν τινας. . Κα> τα7τVη μ6ν @σσ#ντο ο ΛακεδαιμνιοιZ τ.( δ6 3λλ.ω στρατοπ δ.ω, κα> μ λιστα τ.( μ σ.ω (. . .), προσπεσντες τ(ν τε ’Αργεων τος πρεσβυτ ροις (. . .) κα> Κλεωναοις κα> ’Ορνε ταις κα> ’Αηναων τος παρατεταγμ νοις 'τρεψαν οBδ6 ς χερας το=ς πολλο=ς πρ9ς τ2 ερ2 κετ(ν καεζομ νων δι2 πλ8ος τ8ς ζημας, πως ταξ μενοι ποδ(σιν, H Πειας ( τ7γχανε γ2ρ κα> βουλ8ς Tν) πε ει Pστε τ.( νμ.ω χρ-σασαι. Ο δ’ πειδ: τ.( τε νμ.ω ξεργοντο κα> sμα πυν$νοντο τ9ν Πειαν, Rως $τι βουλ8ς στ, μ λλειν τ9 πλ8ος ναπεσειν το=ς αBτο=ς @Αηναοις φλους τε κα> χρο=ς νομζειν, ξυνσταντ τε κα> λαβντες γχειρδια ξαπιναως ς τ:ν βουλ:ν σελντες τν τε Πειαν κτε νουσι κα> 3λλους τ(ν τε βουλευτ(ν κα> διωτ(ν ς Kξ-κονταZ ο δ τινες τ8ς αBτ8ς γνμης τ.( Πει*α pλγοι ς τ:ν @Αττικ:ν τρι-ρη κατ φυγον $τι παρο'σαν. « les Corcyréens votèrent de rester les alliés d’ Athènes [ . . .]. Là-dessus, s’ en prenant à un certain Peithias [ . . .], ces gens-là le poursuivirent en justice [ . . .]. Acquitté, il poursuivit à son tour les cinq personnalités les plus riches [ . . .]. Peithias (. . .) fit décider d’ appliquer la loi [ . . .] ; ils tuèrent non seulement Peithias, mais d’ autres, conseillers et particuliers, soixante environ ; des partisans de Peithias, en petit nombre, se réfugièrent sur la trière athénienne, qui était encore là ». (trad. J. de Romilly)

Observons la structure du récit. Il commence et se clôt par un indicatif aoriste : – après l’ arrivée de la trière attique, les Corcyréens votent une alliance avec Athènes ( ψηφσαντο) – après le meurtre de Peithias, ses partisans se réfugient (κατ φυγον) sur cette trière et s’ exilent. À l’ intérieur de ce cadre, toutes les phases importantes du récit sont au PH ( πεει) : « il négocia un accord et parvint à persuader » (trad. R. Weil et J. de Romilly), et donne l’ impression que le sémantisme de πεει est capital pour le choix du temps. Cette impression est renforcée par la présence d’ un second PH de ce même verbe (πεουσι) au paragraphe suivant, où il fait suite à un imparfait dans une structure H μ ν . . . H δ . . . De même il est intéressant de signaler qu’ il y a des passages où πεει est isolé dans cet emploi. C’ est le cas en .., passage dans lequel le verbe π μπω, qui se trouve très souvent au PH ( occurrences), est à l’ aoriste (.) : . πρ>ν δ: @Αρστων H Πυρρχου Κορνιος . . . πε ει το=ς σφετ ρους το' ναυτικο' 3ρχοντας, π μψαντας . . . . κα> ο μ6ν πεισ$ ντες 'πεμψαν 3γγελον « À la fin, cependant, un Corinthien, Ariston, fils de Pyrrhichos, conseille aux commandants syracusains de la flotte . . . Le conseil plut au commandement, qui dépêcha l’ ordre ». (trad. L. Bodin—J. de Romilly)

Il en va de même en .., où πεουσι est un PH isolé. Le sémantisme propre de ce verbe doit donc avoir un rôle dans cette propension à apparaître au PH, sans pour autant la déterminer mécaniquement. Ainsi, il conviendra de traiter à la fois d’ une façon de raconter (mise en relief par l’ emploi du PH) et de la place particulière de la persuasion dans l’ organisation du récit. Toutefois, dans la mesure où les PH représentent seulement un quart des emplois de πεειν à l’ indicatif, on ne peut les justifier sans examiner au préalable les autres temps du récit, qui sont l’ aoriste et l’ imparfait (il n’ y a pas d’ indicatif plus-que-parfait actif). Nous le ferons en étudiant successivement le contexte syntaxique puis le contexte narratif où ils apparaissent, pour mettre en évidence les conditions particulières d’ emploi de chacun d’ eux, en regard avec le PH. I. Emploi de l’ imparfait On trouve chez Thucydide  imparfaits actifs et  imparfaits MP. . Contexte syntaxique Deux faits sont remarquables. Premièrement, la proportion importante de tournures négatives :  sur  à l’ actif,  sur  au MP. Deuxièmement, la haute fréquence relative de ces  imparfaits de forme négative dans

πεω et le ph chez thucydide



des subordonnées :5  seulement apparaissent dans des propositions non dépendantes ; de plus, les  subordonnées sont toujours des causales (introduites  fois par 5ς, une fois par πειδ-). Il vaut la peine de citer les  occurrences d’ imparfaits négatifs. – dans une non dépendante : .. ..

. . . οBκ πεοντο . . . NΟ μ6ν τοσα'τα επEν οBκ $πειε τ9ν @Αλκδαν.

– dans une subordonnée : .. .. .. .. .. .. .. .. ..

(passif) 5ς δ’ οBκ πεοντο

πειδ: μ ντοι κα> π μψαντες πρ σβεις οBκ $πειον 5ς δ’ οBκ $πειε 5ς δ’ οBκ $πειεν 5ς δ6 οBκ $πειεν 5ς οBκ $πειεν 5ς οBκ $πειεν 5ς α)ις πειρ σας οBδ6ν μ+λλον $πειε τ9ν NΑρμδιον 5ς δ6 (. . .) κα> οBκ τι $πειεν αBτο=ς H NΕρμοκρ της.

On a le sentiment d’ une reprise quasiment formulaire dans les subordonnées introduites par 5ς, sans pour autant que la formule soit absolument figée (cf. .. : 5ς ( . . . ) οBδ6ν μ+λλον $πειε). . Contexte narratif L’ examen du contexte narratif permet d’ attribuer à deux des trois imparfaits actifs sans négation une valeur nettement conative—valeur qu’ on impute à l’ aspect imperfectif du thème de présent : – .. $πειε το=ς Βοιωτο=ς . . . λ γων τοι δε « il s’ adressa aux Béotiens pour les pousser à . . ., en leur tenant, en substance, ce discours ». (trad. J. de Romilly)

5 Ces deux faits caractéristiques de l’ emploi de l’ imparfait de πεω (nombre élevé de formes négatives, fréquence de ces formes dans des subordonnées) ne sont pas exceptionnels : on compte par exemple à l’ imparfait  occurrences de δ7ναμαι, dont  avec négation, dont  dans une subordonnée ;  occurrences de εσακο7ω, dont  avec négation, dont  dans une subordonnée ;  occurrences de δ χομαι, dont  avec négation, dont  dans une subordonnée ;  occurrences de προσχωρ ω, dont  avec négation, toutes dans des subordonnées. Ils sont signalés ici comme remarquables par rapport aux conditions d’ emploi de l’ aoriste et du présent historique du même verbe.



bernard jacquinod

Le discours (λ γων) visant à persuader occupe le long paragraphe . C’ est l’ aoriste $πεισεν, au début de , qui nous informe que la tentative de persuasion a abouti. – .. λντες δ6 π9 τ(ν τετρακοσων τιν6ς ? V ρημ νοι πρ9ς αBτο=ς ν:ρ νδρ> διελ γοντ τε κα> $πειον οqς Wδοιεν νρπους πιεικες αBτο7ς τε ?συχ ζειν κα> το=ς 3λλους παρακατ χειν, λ γοντες . . . « Ils y virent arriver des délégués des Quatre Cents qui, les prenant d’ homme à homme, discutaient et appelaient tous les modérés qu’ ils trouvaient à rester tranquilles et à retenir les autres à leurs côtés ; ils affirmaient . . . ». (trad. R. Weil—J. de Romilly)

Nous en sommes ici encore aux tentatives de persuasion. La valeur conative est nette aussi avec les formes préverbées ξυναν πειε en .. et ν πειε en ... Toutefois, l’ interprétation par la valeur conative est exclue en .. : κα> το=ς μ6ν μισ.( $πειεν, ο δ’ ελοντα> ξυνηκολο7ουν « et, parmi eux, les uns se laissaient convaincre par la promesse d’ une solde, les autres l’ (= Sitalcès) accompagnaient librement » (trad. J. de Romilly), où l’ imparfait a une valeur de répétition (L. Basset6 parle de « succession ouverte » de faits). A. Culioli, quant à lui, rend compte de tels imparfaits en termes de « qualitatif » : ils décrivent des situations. Thucydide, dans ce passage, relate comment Sitalcès, décidé à entreprendre une campagne d’ envergure contre le roi de Macédoine et contre la Chalcidique de Thrace, opère un recrutement méthodique de troupes dans chacune des régions soumises à son autorité. Les imparfaits de répétition rendent bien compte de ce ‘ratissage’ systématique du pays. Dans les passages avec négation, Thucydide indique toujours dans le contexte la façon dont on s’ y est pris pour tenter (en vain) de persuader. Il peut s’ agir d’ un discours rapporté au discours direct (par ex. en .., où le discours direct est résumé par τοσα'τα επν) ou d’ une démarche rapportée dans le récit (par ex. l’ envoi d’ ambassadeurs en ..). On peut souvent traduire les formules négatives par « ne pas parvenir à persuader ». Seul .., qui contient l’ adverbe οBκ τι, incite à conserver une valeur conative niée : « Et Hermocrate ne cherchait plus à les convaincre ».7 Tout se passe comme s’ il y avait report, dans ce verbe fortement télique, de la portée de la négation sur le résultat de la tentative mentionnée. 6

Voir son article dans ce volume, p.  et . Les traducteurs de la CUF ont une autre interprétation : « et Hermocrate cessait d’ être écouté ». 7

πεω et le ph chez thucydide



Il semble donc bien que l’ on puisse trouver dans chaque cas de l’ emploi de l’ imparfait une raison positive d’ utiliser ce temps, qu’ elle soit syntaxique (forme négative) ou sémantique (valeur conative ou de répétition). II. Emploi de l’ aoriste Les indicatifs aoristes sont au nombre de , dont  passifs en -η-. . Contexte syntaxique À l’ indicatif, la tournure négative ne se rencontre pas plus avec l’ aoriste qu’ avec le PH. En revanche, à la différence du PH, l’ aoriste se rencontre couramment dans des subordonnées, comme l’ imparfait, mais dans une proportion moins grande : on compte  indicatifs aoristes actifs en subordonnée sur  emplois, alors que pour l’ imparfait il y a  emplois sur  en subordonnée à cette voix ; de plus, si l’ on retrouve les subordonnées temporelles comme pour l’ imparfait, la nature des subordonnées comportant l’ aoriste est plus variée. Qu’ on en juge : –  subordonnées temporelles avec ς ou πειδ : .. .. ..

ς δ πεισαν ς δ πεισε

πειδ πεισαν

–  subordonnée conditionnelle : ..

ε τατα πεισαν

–  relatives déterminatives : .. .. .. ..

κα σους πεισαν κα κ τν νεν σους πεισαν σβναι σπερ κα πεισε μ λιστα α"το#ς $ν πεισε.

. Contexte narratif On observe tout d’ abord que l’ aoriste est régulièrement employé dans certaines conditions bien déterminées. C’ est ainsi qu’ il peut servir de reprise à un PH, comme en .. : ..–. τν ν τ% ν σ&ω πεουσ τινας 'λγο)ς (. . .) ς δ πεισαν (. . .), κπλ*οντες λ φησαν : « ils persuadent quelques-uns de ceux qui étaient dans l’ ïle ( . . .). Une fois persuadés ( . . .), ils partirent et furent pris ».



bernard jacquinod

Également, lorsqu’ il est fait mention, à côté de πεω, d’ un discours visant à persuader, le résultat—la persuasion—est normalement annoncé au moyen d’ un aoriste. On a déjà vu le cas de .–, où le discours de Pagondas cherchant à persuader les Béotiens de marcher contre les Athéniens est introduit par un imparfait conatif et se clôt par un aoriste : . πειε το)ς Βοιωτο)ς *ναι π το)ς -Αηναους κα τ/ν 0γνα ποιε1σαι, λγων τοι δε « il s’ adressa aux Béotiens pour les pousser à marcher contre les Athéniens et à engager la lutte, en leur tenant, en substance, ce discours ». (trad. J. de Romilly) .. Τοιατα 2 Παγ4νδας το1ς Βοιωτο1ς παραινσας πεισεν *ναι π το)ς -Αηναους « Par de telles exhortations, Pagondas décida les Béotiens à marcher contre les Athéniens ». (trad. J. de Romilly)

Un cas un peu particulier d’ aoriste annonçant le résultat d’ un discours de persuasion se trouve en .., dans le récit de l’ affaire des Hermocopides. Un co-détenu conseille à Andocide, emprisonné comme suspect, de se dénoncer, qu’ il soit coupable ou non : .. λγων δ πεισεν α"τ/ν ς χρ , ε μ κα δ*δρακεν, α6τ7ν τε

8δειαν ποιησ μενον σσαι κα τν π7λιν τς παρο#σης 6ποψας πασαι « Pour le décider, l’ homme lui représenta qu’ il lui fallait, fût-il même

innocent, tout à la fois se faire garantir l’ impunité qui le sauverait, et délivrer la ville de l’ atmosphère de soupçons qui y régnait ». (trad. J. de Romilly)

Ici, l’ aoriste est placé non pas en conclusion du discours, mais entre le verbe « dire » et le contenu du discours, énoncé dans une complétive. Simple effet de style, sans doute, que l’ on peut supposer destiné à souligner l’ efficacité du discours par l’ apparition immédiate de πεισεν aussitôt après λ*γων, avant même que nous soyons informés du contenu du discours. On peut tout simplement considérer cet aoriste comme un aoriste de reprise après le PH qui figure quelques lignes plus haut, au passif (..) : νταα 0ναπεεται ε;ς τν δεδεμ*νων ( . . . ) 6π/ τν ξυνδεσμωτν τινος ( . . . ) μηνσαι « c’ est alors qu’ un des détenus ( . . . ) se vit conseiller par un de ses co-détenus de faire des révélations » (trad. J. de Romilly). En dehors de ces conditions particulières, il apparaît que l’ aoriste de πεω est utilisé (dans les propositions non dépendantes) toutes les fois que le fait qu’ il énonce, tout en étant indispensable à la compréhension du déroulement des événements, ne revêt cependant pas une importance spéciale qui mériterait d’ être soulignée dans le récit par des moyens appropriés, c’ est-à-dire notamment par l’ emploi du PH.

πεω et le ph chez thucydide



Nous suggérons en effet de voir dans l’ emploi du PH un moyen utilisé par Thucydide pour nous signifier que l’ événement évoqué est particulièrement important et joue un rôle-clé dans l’ organisation du récit. C’ est ce point que nous allons développer maintenant, en nous appuyant notamment sur les acquis de la sémantique structurale en matière de schémas narratifs. Puis nous examinerons les occurrences de πεω au PH à la lumière de ces explications, avant de leur opposer les occurrences d’ aoriste pour contrôler notre hypothèse. III. Emploi du PH . Il convient de régler d’ abord une double question : celle d’ une possible valeur conative des PH de πεω, et celle de l’ interprétation du PH par la qualité de « vividness ». .. La première question se pose du fait que dans de nombreux cas les PH de πεω sont suivis d’ une forme d’ aoriste à valeur finitive du même verbe, selon le même schéma qu’ en .–., où l’ on a vu l’ imparfait conatif $πειε repris par l’ aoriste $πεισεν. Voici ces cas : .. ο γ2ρ @Αμπρακι(ται λντες πρ9ς αBτο=ς πε ουσιν Pστε . . . .. κα> H μ6ν ΕBρ7λοχος πεισ$εCς κα> το=ς Ατωλο=ς φε>ς ?σ7χαζε ..

.. .. ..

..

..

πρ>ν δ: @Αρστων H Πυρρχου Κορνιος (. . .) πε ει το=ς σφετ ρους το' ναυτικο' 3ρχοντας, π μψαντας (. . .) κελε7ειν τι τ χιστα τ:ν γορ2ν τ(ν πωλουμ νων μεταναστ-σαντας π> τ:ν  λασσαν κομσαι . . . κα> ο μ6ν πεισ$ ντες 'πεμψαν 3γγελον, κα> ? γορ2 παρεσκευ ση . . . γνο=ς δ6 H @Αλκιβι δ-ς πε ει α)ις MΕνδιον κα> το=ς 3λλους φρους μ: ποκν8σαι τ9ν πλο'ν, λ γων τι . . . κα> H μ6ν πεσας το7ς τε 3λλους φρους κα> MΕνδιον ν-γετο τας π ντε ναυσ> μετ2 Χαλκιδ ως το' Λακεδαιμονου, κα> δι2 τ χους τ9ν πλο'ν ποιο'ντο. παρατυχντες δ6 @Αηναων πρ σβεις Λ αρχος Καλλιμ χου κα> @Αμεινι δης Φιλ-μονος παρ2 τ.( Σιτ λκVη πε ουσι τ9ν Σ δοκον τ9ν γεγενημ νον @Αηναον, Σιτ λκου υν, το=ς 3νδρας γχειρσαι σφσιν, πως μ: διαβ ντες 5ς βασιλ α τ:ν κενου πλιν τ9 μ ρος βλ ψωσιν. H δ6 πεισ$εCς πορευομ νους αBτο=ς δι2 τ8ς Θρ* κης π> τ9 πλοον (. . .) πρ>ν σβανειν ξυλλαμβ νει . . .



bernard jacquinod

..

Το' δ’ αBτο'  ρους, οB πολλ.( Dστερον το7των, @Αμπρακι(ται κα> Χ ονες βουλμενοι @Ακαρναναν τ:ν π+σαν καταστρ ψασαι κα> @Αηναων ποστ8σαι πε ουσι Λακεδαιμονους ναυτικν τε παρασκευ σασαι κ τ8ς ξυμμαχδος κα> Hπλτας χιλους π μψαι π’ @Ακαρναναν, λ γοντες τι . . . ο δ6 Λακεδαιμνιοι πεισ$ ντες . . . εB=ς π μπουσι . . .

.. ..

τ(ν ν τV8 ν-σ.ω πε ουσ τινας pλγους, Dποπ μψαντες . . . 5ς δ6 'πεισαν . . .

..

On peut être tenté d’ attribuer à ces emplois de πεω au PH une valeur aspectuelle d’ inachèvement, l’ achèvement étant exprimé par l’ aoriste finitif qui suit. Certaines considérations amènent à penser au contraire que la valeur conative est à exclure. Tout d’ abord, on constate que rien, dans le contexte de ces PH, n’ interdit d’ y voir l’ indication d’ un fait avéré et acquis : il semble bien s’ agir dans tous les emplois d’ un acte de persuasion qui a effectivement abouti. C’ est en tout cas ce que suggère la traduction à valeur fortement finitive de J. de Romilly à plusieurs reprises : « arriver, parvenir, réussir à persuader » (.., .., .. . . .). D’ autre part, si l’ on compare avec la langue française, on voit que celleci admet parfaitement la séquence « il les persuada de . . . Une fois ceux-ci persuadés . . . », sans que cela conduise à attribuer une valeur conative au passé simple ! Enfin, on conviendra que cette prétendue valeur conative du PH serait difficile à étendre aux autres PH, notamment à ceux qui désignent l’ arrivée de troupes ou de bateaux. .. Alors, faut-il retenir l’ interprétation du PH comme manifestant, de la part du narrateur, la volonté d’ introduire du pittoresque dans le récit, en rendant, grâce à ce présent, l’ action plus vivante (« vivid ») ? Il s’ avère que cette interprétation ne résiste pas à l’ examen des occurrences des PH de πεω chez Thucydide. On constate en effet que l’ acte de persuader, quand il est exprimé au PH, est seulement mentionné pour lui-même, sans les détails du débat qui y a mené, détails qui auraient pu éventuellement fournir des éléments pittoresques ; au contraire, s’ il y a un débat développé et argumenté dans des discours directs, le PH est absent. De même, les arrivées de troupes, par exemple, quand elles sont rapportées au moyen d’ un PH, ne font pas l’ objet d’ une description, alors que l’ arrivée de troupes et surtout de bateaux donnerait facilement lieu à des récits pittoresques.

πεω et le ph chez thucydide



. Valeur du PH Il semble bien que le PH soit utilisé par Thucydide dans son récit de la guerre du Péloponnèse pour des faits qu’ il juge particulièrement importants et qu’ il veut nous signaler comme tels. Je rejoins ici, sur la valeur à accorder au PH, C.M.J. Sicking et P. Stork () : « The primary function of the [historical present] is to lift out from their context those narrative assertions that are essential for what the speaker has stated to be immediate concern » (p. ). Je rejoins également A. Rijksbaron : « An important function of these presents is to present events that the narrator considers crucial or decisive for the development of the plot » (ce volume, p. ). On retrouve la même idée dans ce livre, dans l’ article d’ O. MortierWaldschmidt : « Dans les épisodes importants qu’ il a choisi de rapporter, Thucydide utilise le PH pour attirer notre attention sur l’ élément qu’ il considère comme déterminant », p. . Cette valeur est possible du fait que le thème de PR, dans un récit au passé, déconnecte l’ action des repères temporels du récit, la présente comme acquise pour la suite du récit, et, par là, la désigne comme l’ élément important d’ un récit lui-même considéré comme important (puisqu’ il nous est rapporté) et, en tant que tel, isolé, le temps de le raconter, dans l’ ensemble de la narration. La force que contient le verbe au PH, il la tient seulement de ce rejet momentané des liens avec les repères temporels, qui font que l’ action qu’ il rapporte est artificiellement donnée pour elle-même et non comme élément d’ une vaste histoire ; le thème de présent lui accorde comme une transcendance.8 Cette rupture donnée par le PH n’ a pas à être répétée et, s’ il y a reprise d’ un PH, elle est faite à un temps du passé.9 Mais il faut aller plus loin. En s’ appuyant sur la valeur durative du thème de PR, on parle souvent d’ « arrêt sur image » pour un verbe au PH. Mais non : il n’ y a pas « arrêt » sur l’ action exprimée par le verbe, puisque Thucydide, après un PH, passe presque toujours aussitôt à l’ événement suivant.

8 Formulation voisine, ici même, dans l’ article de R. Allan : « The narrator wants to highlight those events which are somehow remarkable, unexpected or crucial to the course of events by bringing them to attention of the reader or hearer in a cognitively direct, “unfiltered”, manner », p. . 9 Coulter H. George, dans le présent recueil, s’ intéresse à l’ expression du temps par le PH. Il parle même précisément de πεω. Ses conclusions sont très proches des miennes. Pour lui, il n’ y a pas d’ expression de la durée avec le PH : le PH présente le procès



bernard jacquinod

Il n’ est pas sans intérêt ici, pour donner un soubassement narratif à la présence des PH de πεω chez Thucydide, de faire appel à la sémantique structurale de Greimas. En effet, pour rendre compte de cette proportion élevée de PH de πεειν, on peut penser aux modèles de la sémiotique narrative de Greimas ou de ses disciples, qui ont mis au premier plan la notion de « contrat ». Le schéma actantiel qu’ ils ont élaboré pour rendre compte de l’ organisation d’ un texte narratif 10 fait apparaître le réseau des relations à partir duquel se développe un récit. Au centre du réseau, le but de l’ action, avec le personnage principal (héros ou sujet) et son intention (quête d’ un objet au sens large). Pour atteindre (ou non) le but proposé, le personnage central est aussi défini par ce qui l’ aide (adjuvant) et ce qui s’ oppose à son action (opposant). Le but est précisé par les notions de destinateur (celui ou ce qui pousse le sujet vers l’ objet) et de destinataire (ce(lui) en vue de qui ou de quoi le sujet exerce son action). D’ où le schéma classique de Greimas à la suite de V. Propp : destinateur



objet



destinataire



opposant



adjuvant



sujet

La suite de l’ analyse greimassienne consiste à ramener les séquences de récit à un ensemble de fonctions simples ; ce sont les « programmes narratifs », qui sont eux-mêmes constitués de syntagmes. On distingue habituellement trois types de syntagmes ; à côté des syntagmes « performanciels » (accomplissement de ce que Greimas appelle des « épreuves », reprenant le terme de V. Propp dans son analyse des contes populaires ; il s’ agit plus généralement de la tâche que le sujet est censé accomplir), il y a les syntagmes « contractuels » (établissement et rupture de contrat) et les syntagmes « disjonctionnels » / « conjonctionnels » (départs, arrivées), qui prennent en considération les mouvements et les rencontres, les changements d’ acteurs au sens large. Ces changements sont d’ ailleurs ce qui définit les limites des scènes à l’ intérieur d’ un acte du théâtre classique. sans considération de son développement. Il faut donc renoncer à l’ idée d’ un présent historique qui mettrait sous les yeux un tableau. 10 Il n’ est pas question ici d’ entrer dans le détail des analyses fort complexes menées par Greimas et son école. On se contentera de ce qui, dans ces analyses, concerne la persuasion.

πεω et le ph chez thucydide



Le syntagme contractuel est celui qui nous intéresse ici. Il se déroule de la façon suivante, selon la description formalisée de Greimas :11 le sujet manipulateur S propose à S, le sujet manipulé, un contrat portant sur un objet O, transmettant ainsi son vouloir. L’ objet du vouloir est la réalisation par S du programme élaboré et transmis par S. On est à l’ étape du faire factitif. Entre la proposition de S et l’ acceptation (ou le refus) de S « se situe le lieu problématique fait de tensions intersubjectives et d’ affrontements implicites : c’ est là que s’ effectuent le faire persuasif et le faire interprétatif des deux sujets, donnant lieu à un contrat ( . . .) ». On voit le rôle fondamental de la persuasion : elle est une tentative de mise en place d’ une nouvelle situation par l’ établissement d’ un nouveau contrat. Elle permet de passer à un nouveau programme narratif en ouvrant la voie à un nouveau cadre pour l’ action.12 C’ est donc, de façon très générale, une des articulations les plus importantes du récit, et cela est certainement à prendre en considération pour l’ emploi des PH. Par ailleurs, dans un récit d’ actions militaires, les alliances interviennent, chez Greimas, dans la ligne du bas du schéma actantiel, la plus fondamentale—en général au titre d’ adjuvant, le rôle d’ opposant n’ étant pas exclu (si c’ est l’ ennemi qui contracte une alliance). Les arrivées de troupes et de bateaux ont aussi une importance capitale dans la mise en place de la situation initiale dont le schéma actantiel doit rendre compte, car elles constituent des adjuvants ou opposants. De même, chez Thucydide, dans les syntagmes conjonctionnels et disjonctionnels, les arrivées de bateaux et de troupes sont aussi importantes que les changements de personnages. Cela justifierait le nombre élevé de PH dans les verbes de déplacement ou de rencontre, notamment en début de récit, et le fait que le verbe qui fournit le plus de PH chez Thucydide soit φικν ομαι. Beaucoup d’ emplois dans notre corpus relèveraient de ce type d’ explication. Prenons pour exemple les PH (parmi lesquels un πεει) de ..– : ο δ6 δυνατο> ασμενοι Συρακοσους τε πγονται κα> κβλλουσι τ9ν δ8μον. κα> ο μ6ν πλαν-ησαν 5ς Rκαστοι, ο δ6 δυνατο> Hμολογ-σαντες Συρακοσοις κα> τ:ν πλιν κλιπντες κα> ρημσαντες Συρακο7σας π> πολιτε*α T . κησαν κα> Dστερον π λιν αBτ(ν τιν6ς δι2 τ9 μ: 11

Voir Greimas ( :  sqq.). O. Mortier-Waldschmidt parle dans le présent volume de « basculement » à propos du PH. 12



bernard jacquinod ρ σκεσαι πολιπντες κ τ(ν Συρακουσ(ν Φωκαας τε τ8ς πλες τι τ8ς Λεοντνων χωρον καλο7μενον καταλαμβνουσι κα> Βρικιννας hν $ρυμα ν τV8 ΛεοντνVη. κα> τ(ν το' δ-μου ττε κπεσντων ο πολλο> 0λον 5ς αBτο7ς, κα> καταστ ντες κ τ(ν τειχ(ν πολ μουν. _ πυνανμενοι ο @Αηναοι τ9ν Φαακα πμπουσιν, εW πως πεσαντες το=ς σφσιν kντας αBτι ξυμμ χους κα> το=ς 3λλους, zν δ7νωνται, Σικελιτας κοινV8 5ς Συρακοσων δ7ναμιν περιποιουμ νων πιστρατε'σαι, διασσειαν τ9ν δ8μον τ(ν Λεοντνων. H δ6 Φααξ φικμενος το=ς μ6ν Καμαριναους πε ει κα> @Ακραγαντνους, ν δ6 Γ λ*α ντιστ ντος αBτ.( το' πρ γματος οBκ τι π> το=ς 3λλους $ρχεται, ασμενος οBκ xν πε$ειν αBτο7ς, λλ’ ναχωρ-σας δι2 τ(ν Σικελ(ν ς Κατ νην κα> sμα ν τV8 παρδ.ω κα> ς τ2ς Βρικιννας λEν κα> παρααρσ7νας π πλει.

« Ceux qui avaient des moyens, comprenant cela, appelèrent chez eux les Syracusains et expulsèrent les gens du peuple ; ceux-ci se dispersèrent à l’ aventure ; quant à ceux qui avaient des moyens, ils s’ entendirent avec les Syracusains, quittèrent la ville, désormais inhabitée, et s’ installèrent à Syracuse, avec droit de cité. Mais, dans la suite, certains d’ entre eux, mécontents, quittèrent Syracuse, et revinrent occuper un endroit appelé Phocée, qui fait partie du territoire de Léontinoi, et Brikinniai, une place forte du pays. Alors, la plupart des gens du peuple, qui avaient, à l’ époque, été chassés, vinrent les rejoindre ; et, établis là, ils faisaient la guerre depuis leurs deux forts. La connaissance de cette situation détermina l’ envoi de Phéax par les Athéniens : ils voulaient tenter d’ entraîner leurs alliés de là-bas, et, si possible, les autres Siciliens, dans une expédition commune contre Syracuse, qui, disaient-ils, amassait des forces, et, par là, sauver le parti populaire de Léontinoi. Une fois arrivé, Phéax réussit bien à décider les gens de Camarine et d’ Agrigente, mais, s’ étant heurté à un échec à Géla, il renonça à poursuivre ses démarches ailleurs, se rendant compte qu’ il ne saurait s’ y faire écouter : il revint à Catane, en passant par chez les Sikèles ; sur son chemin, il poussa jusqu’ à Brikinniai, y prodigua des encouragements, puis rembarqua ». (trad. J. de Romilly)

Ce récit présente une série de  scènes ; le passage de l’ une à l’ autre se fait systématiquement au moyen d’ un (voire deux) PH : – Situation de départ (..) : à Léontinoi, le parti du peuple, majoritaire, veut partager les terres. – scène  : mais le parti adverse retourne la situation en sa faveur par deux actions au PH : Συρακοσους τε πγονται κα. κβλλουσι τ9ν δ8μον = changement de scène : le parti du peuple est dispersé (aoriste), et les aristocrates s’ installent à Syracuse (aoriste). – scène  : mais voici que ceux-ci, mécontents, reviennent occuper des villes dans la région de Léontinoi (PH καταλαμβνουσι) = changement de scène : voyant cela, le parti du peuple revient aussi (aoriste) et c’ est la guerre entre les deux partis (imparfait).

πεω et le ph chez thucydide



– scène  : les Athéniens interviennent en envoyant Phéax (PH πμπουσιν) = changement de scène : le centre d’ intérêt s’ est déplacé sur le personnage de Phéax et sur sa mission de persuasion (εW πως πεσαντες). – scène  : succès dans un premier temps (μ6ν) de la mission de Phéax (PH πε ει), puis renoncement (PH οBκ τι π> το=ς 3λλους $ρχεται). Le nouveau programme que faisait attendre le PH πε ει, à savoir une expédition contre Syracuse, est contrarié par l’ impossibilité de persuader assez d’ alliés pour pouvoir tenter l’ offensive. C’ est donc un autre changement de scène qui intervient, entraîné par οBκ τι $ρχεται : Phéax s’ en retourne (imparfait). Dans tout le passage, la succession rapide des PH rend bien compte de la confusion de la situation et de ses multiples rebondissements et retournements. Il en va de même en ., où se succèdent en quelques lignes les PH φικνο'νται, πεουσιν, φικνο'νται, διαπεραιο'ται, προσφ ρει. De  à , Thucydide décrit une situation marquée de bout en bout par des échecs, des volte-face, des changements de programme. Les PH apparaissent alors comme la promesse d’ autant de scènes nouvelles mais qui restent virtuelles, puisqu’ elles avortent avant de pouvoir se réaliser. Ainsi de πεουσιν : . . . Λεσβων φικνο'νται πρ σβεις βουλμενοι α)ις ποστ8ναιZ κα> αBτ9ν μ6ν πε ουσιν, 5ς δ’ οS τε Κορνιοι κα> ο 3λλοι ξ7μμαχοι πρυμοι 0σαν δι2 τ9 πρτερον σφ λμα, 3ρας $πλει π> τ8ς Χου « arrivèrent des envoyés des Lesbiens qui voulaient de nouveau faire défection ; il donna son accord, mais comme les Corinthiens et les autres alliés manquaient d’ ardeur à cause de l’ échec précédent, il prit la mer en direction de Chios ». (trad. R. Weil—J. de Romilly)

En ., nous avons trois verbes fréquents au PH : « prendre » (αρε, αρο'σιν), « envoyer » (π μπουσι), « persuader » (πεει, πεουσιν). L’ épisode que Thucydide nous rapporte de  à  est celui de l’ expédition (avortée) du Spartiate Euryloque contre Naupacte. Or cet épisode est rythmé par  occurrences de πεω au PH : . Au début de l’ épisode, les Étoliens envoient à Corinthe et à Lacédémone des ambassadeurs qui persuadent leurs interlocuteurs de leur envoyer des troupes pour attaquer Naupacte, alliée d’ Athènes : Το' δ’ αBτο'  ρους Ατωλο> προπ μψαντες πρτερον $ς τε Κρινον κα> ς Λακεδαμονα πρ σβεις ( . . . ) πε ουσιν Pστε σφσι π μψαι στρατι2ν π> Να7πακτον ( . . . ) Κα> ξ πεμψαν Λακεδαι-



bernard jacquinod μνιοι . . . Une fois les préparatifs terminés,13 Euryloque marche en direction de Naupacte : χρει τ.( στρατ.( π> τ:ν Να7πακτον . . .

Naupacte est en grand danger d’ être prise (.– et .). . Mais voici que l’ Athénien Démosthène, qui se trouve dans la région, a vent de l’ expédition et réagit aussitôt en persuadant les Acarnaniens de secourir Naupacte : προαισμενος το' στρατο' ( . . . ) λEν πε ει @Ακαρν+νας ( . . . ) βοη8σαι Ναυπ κτ.ω. Κα> π μπουσι . . . Les hoplites envoyés par les Acarnaniens entrent dans la ville, et Euryloque, l’ apprenant et comprenant que la ville ne peut plus être prise, se retire : ΕBρ7λοχος δ6 κα> ο μετ’ αBτο' 5ς J V σοντο τ:ν στρατι2ν σεληλυυαν κα> δ7νατον hν τ:ν πλιν β*α Kλεν, νεχρησαν . . . Naupacte est sauvée (.–).

. Cependant, Euryloque ne revient pas vers le Péloponnèse ; il reste dans la région, parce qu’ il a adopté un nouveau plan, convaincu (πεισες, .) par la proposition des Ambraciotes de s’ emparer de l’ Amphilochie et de l’ Acarnanie : Ο γ2ρ @Αμπρακι(ται λντες πρ9ς αBτο=ς πε ουσιν Pστε ( . . . ), λ γοντες τι . . . (.). L’ épisode prend fin avec la mention Κα> τ9  ρος τελε7τα, tandis qu’ Euryloque et ses troupes attendent l’ occasion de réaliser ce nouveau contrat. Il est frappant de voir que le pivot de toute la narration, dans cet épisode, réside explicitement, à trois reprises, dans l’ acte de persuader. Les analyses de Greimas permettent de mettre au jour la structure du récit. En termes de schéma actantiel, voici l’ analyse que l’ on peut faire de ce passage. Dans l’ ensemble de l’ épisode, le destinateur (« la guerre ») et le destinataire (« renverser les alliances en faveur de Sparte ») ne changent pas. Dans la scène , qui a été mise en place par le « faire persuasif » des Étoliens, on a : S = les Lacédémoniens ; O = Naupacte ; adjuvant : les Étoliens et autres alliés ; pas d’ opposant. Dans la scène , le « faire persuasif » de Démosthène provoque un changement de contrat en faisant apparaître un opposant à l’ action engagée dans la scène précédente, l’ intervention de cet opposant s’ avérant décisive pour la suite des événements. Dans la scène , un autre changement de contrat est introduit par le « faire persuasif » des Ambraciotes. Il modifie O (= l’ Amphilochie et 13 Ces préparatifs consistent essentiellement à obtenir des peuples voisins qu’ ils donnent des otages en gage de leur neutralité. Au passage, on trouve un 'πεισαν (« les gens

πεω et le ph chez thucydide



l’ Acarnanie), l’ action programmée étant maintenant de s’ emparer de ces deux contrées pour faire passer toute la région dans l’ alliance de Sparte. Les autres actants restent les mêmes que dans la scène . En ..––. et en ..–, on trouve deux séquences identiques, constituées du verbe μηχαν(μαι au PH suivi presque immédiatement de πεω au PH. Dans les deux cas, il s’ agit de contrecarrer par un stratagème un plan que l’ on désapprouve. Dans les deux cas, la manipulation réussit et le plan est remplacé par un autre, ce que souligne explicitement, dans l’ un des deux passages, après l’ exposé du nouveau plan, la formule Κα> γ νετο οDτως (..). Même si le verbe μηχαν(μαι n’ est pas utilisé en .–,, c’ est bien encore d’ un stratagème qu’ il s’ agit, non plus pour contrecarrer un plan, mais pour faire pencher la balance en faveur des Syracusains lors d’ une bataille navale incertaine et qui traîne en longueur. La ruse que le Corinthien Ariston persuade (πεει) d’ adopter met en place une nouvelle scène et connaîtra une totale réussite, ce qui donnera aux Syracusains un vif sentiment de supériorité (..). En ., les Spartiates, apprenant une mauvaise nouvelle, se découragent et renoncent à envoyer les cinq navires de renfort qui s’ apprêtaient à partir. Mais cette reculade n’ arrange pas du tout Alcibiade qui intervient alors et les persuade (πε ει) de maintenir le projet. Par ses arguments, il les persuade (πεσας) et prend la mer avec les cinq navires. En ., le « faire persuasif » (πε ει) entraîne la prise de la ville de Iasos (αρο'σιν) et du Perse Amorgès, transfuge du Grand Roi passé dans le camp d’ Athènes ; on sait depuis .. que le Roi réclame que ce personnage lui soit livré vivant ou qu’ il soit mis à mort. Tout le passage est parsemé de PH de verbes relevant de la prise ou de la livraison (αρο'σιν, παραδιδασιν, ποστ λλουσι, καιστ+σιν), outre « persuader » (πεει) et « aborder » ( πικατ γονται). En ..–, en début de saison, le récit commence par deux PH : « arriver » (φικνο'νται) et « persuader » (πεουσι). Des envoyés de Sparte se rendent chez le Thrace Sitalcès avec le projet de le persuader —βουλμενοι πεσαι ( . . . ) αBτν—de se mettre dans leur camp. Mais chez le même Sitalcès se trouvent déjà des ambassadeurs athéniens,

d’ Amphissa furent les premiers à donner des otages et persuadèrent les autres d’ en faire autant », ..) qui sera commenté infra, p. .



bernard jacquinod

qui demandent aussitôt à leur hôte de leur livrer les nouveaux arrivés ; ils persuadent son fils—πε ουσι, H δ6 πεισ$ες—et c’ est leur plan qui l’ emporte. En ..–, encore, le PH πεουσι introduit un nouveau contrat : πε ουσι Λακεδαιμονους ( . . . ) Hπλτας χιλους π μψαι ( . . . ) Ο δ6 Λακεδαιμνιοι πεισ$ ντες ( . . . ) εB=ς π μπουσι. C’ est le coup d’ envoi d’ une double offensive contre l’ Acarnanie, par terre et par mer, dont les péripéties occuperont les chapitres suivants. En ..–, schéma identique : πε ουσι το=ς ’Αηναους π μψαι σφσι να'ς ( . . . ) Κα> $πεμψαν ο ’Αηναοι . . . Il serait réducteur et même faux de vouloir faire coïncider de façon absolue les PH et les éléments qui structurent les schémas narratifs et les programmes narratifs de la sémantique structurale. Mais le nombre de verbes de mouvement au PH et la fréquence de πεειν dans ce même emploi incitent à penser que les analyses de la sémantique structurale offrent un cadre théorique pertinent pour l’ interprétation de nombreux PH de ces verbes chez Thucydide (sans qu’ il soit question de voir dans la théorie greimassienne la clé universelle qui expliquerait seule tous les emplois). Il convient maintenant de contrôler cette hypothèse sur la valeur des PH de πεω en examinant quelques aoristes du même verbe pour voir si une différence apparaît dans l’ emploi de ce thème temporel du point de vue narratif. Quand Thucydide emploie-t-il l’ indicatif aoriste de notre verbe en non dépendante ? Prenons les deux premiers exemples de son texte : .. @Αηναους Θεμιστοκλ8ς $πεισεν (. . .) τ2ς να'ς ποι-σασαι « Thémistocle persuada aux Athéniens (. . .) de construire les navires ». (trad. J. de Romilly)

Le centre du propos est ici l’ histoire du navire de guerre en Grèce, et non la bataille de Salamine. Partant du nombre de bateaux lors de la guerre de Troie, Thucydide insiste sur le nombre réduit de bateaux en Grèce jusqu’ à une date récente. À Athènes, il fallut attendre Thémistocle, qui persuada les Athéniens de s’ équiper de navires. Le fait est notable, mais, limité temporellement et matériellement, il n’ est qu’ une des étapes dans la série

πεω et le ph chez thucydide



de celles qui ont conduit à la situation connue à l’ époque de Thucydide. Il n’ entraîne pas de changement dans le programme narratif. C’ est donc l’ aoriste qui convient pour l’ exprimer, et non le PH. Le second exemple se trouve au début de la Pentécontaétie où Thucydide raconte la formation de l’ empire athénien et la politique de Thémistocle. Il s’ agit d’ une narration distanciée, qui vise à décrire une politique globale et non à mettre en évidence un par un les éléments qui la constituent. La première mesure prise par Thémistocle au lendemain de la deuxième guerre médique fut d’ entreprendre la fortification d’ Athènes : .. /Επεισε δ6 κα> το' Πειραι(ς τ2 λοιπ2 H Θεμιστοκλ8ς οκοδομεν « Thémistocle les décida aussi à achever les constructions du Pirée » (trad. J. de Romilly)

Après avoir décrit la construction des murs de la ville elle-même, Thucydide passe à la construction des murs du Pirée. Les deux étapes participent également (voir le κα adverbial de κα> το' Πειραι(ς) du plan de fortification. Ce qui compte dans cette phrase, c’ est οκοδομεν : toute la suite le prouve, qui présente la description minutieuse des détails de la construction. L’ aoriste sert donc pour rapporter des faits qui n’ ont pas par eux-mêmes provoqué dans l’ histoire un changement de scène digne qu’ on s’ y arrête, ou, s’ ils l’ ont fait, l’ auteur ne souhaite pas s’ y arrêter parce que son propos est ailleurs. De même, en .., ξυνεββασε δ6 κα> τ9ν Περδκκαν τος @Αηναοις κα> Θ ρμην αBτ.( $πεισεν ποδο'ναι « Il (= Nymphodore) réconcilia aussi Perdiccas avec les Athéniens, et les décida à lui rendre Thermé » (trad. J. de Romilly), le propos de Thucydide est de nous montrer l’ activité diplomatique intense d’ un dénommé Nymphodore, visant à assurer des alliés à Athènes (cf. le δ6 et les deux κα>, l’ un adverbial, l’ autre coordonnant). Par la suite, il n’ est plus question de Thermé ; c’ est dire le peu d’ importance qu’ a dans le récit cette ville de Macédoine, dont la seule autre mention, très brève, a eu lieu lors de sa prise par les Athéniens en .. : Θ ρμην 3ρτι V?ρηκτας. En .. : κα> $πεισαν {*+ον, διτι κα> κενοις $νδηλον 0ν βουλμενον τ9 πλ ον τ(ν πολιτ(ν α)ς τινας σφσιν ποδο'ναι βουλε7σασαι « les magistrats furent d’ autant plus faciles à convaincre qu’ ils

voyaient bien eux-mêmes la majorité des citoyens désirer qu’ on leur donnât la possibilité de délibérer à nouveau » (trad. R. Weil—J. de Romilly).



bernard jacquinod

Ce qui importe, ce n’ est pas que les magistrats se soient laissé persuader de recommencer la délibération sur le sort des Mytiléniens, mais la raison (διτι) de cette volte-face. La suite sera le fameux débat Cléon-Diodote, débat contradictoire qui occupera les douze chapitres suivants. En .. : κα τινας αBτ(ν $πεισαν ς τ2ς να'ς σβ8ναι « ils en persuadèrent quelques-uns d’ embarquer » (trad. R. Weil—J. de Romilly), seule une partie des Corcyréens (τινας αBτ(ν) est concernée. Ce caractère partiel enlève à l’ acte de persuasion son efficience sur la suite des événements. J’ ai étudié supra les trois PH de πεειν qui, en .–, scandent l’ épisode de l’ expédition du Spartiate Euryloque contre Naupacte. Au paragraphe , c’ est l’ aoriste de ce verbe qui se présente : .. κα> αBτο> πρ(τοι δντες Hμ-ρους κα> το=ς 3λλους $πεισαν δο'ναι « les premiers à donner des otages, ils persuadèrent les autres d’ en donner aussi » (trad. R. Weil—J. de Romilly). L’ action n’ a rien de central : lors des démarches diplomatiques préliminaires d’ Euryloque, les gens d’ Amphissa donnent des otages et persuadent les villes proches d’ en faire autant. Le fait est accessoire dans l’ ensemble de l’ épisode, beaucoup moins important que les négociations exprimées dans le même épisode par des PH, qui entraînent à chaque fois, comme on l’ a vu, un changement radical du programme. En .. : Κλ ων ( . . . ) $πεισεν ποκρνασαι 5ς χρ: τ2 μ6ν πλα κα> σφ+ς αBτο=ς το=ς ν τV8 ν-σ.ω παραδντας πρ(τον κομισ8ναι @Α-ναζε « Cléon ( . . . ) les persuada de répondre que les hommes de

l’ île devaient avant tout se rendre avec leurs armes pour être acheminés à Athènes », l’ acte de persuasion a un objet très limité : $πεισεν n’ a d’ autre complément que l’ infinitif ποκρνασαι. Cléon persuade les Athéniens de répondre par la négative aux ambassadeurs lacédémoniens venus demander de libérer les leurs enfermés dans l’ île de Sphactérie. Habilement, d’ ailleurs, les Lacédémoniens ne relèvent pas ce refus : Ο δ6 πρ9ς μ6ν τ:ν πκρισιν οBδ6ν ντεπον, mais proposent que l’ on désigne une commission pour trouver une solution qui convienne aux deux partis :  τι xν πεωσιν λλ-λους. Il est clair que $πεισεν concerne ici un détail dans le récit de cette ambassade et non un événement majeur provoquant un changement de scène. À la fin de ., $πεισαν το=ς @Αηναους Pστε ξαγαγεν κ Π7λου

Μεσσηνους κα> το=ς 3λλους ΕSλωτ ς τε κα> σοι ηBτομολ-κεσαν κ τ8ς Λακωνικ8ς, « ils (= les Lacédémoniens) obtinrent des Athéniens

le retrait de Pylos des Messéniens et des hilotes, entre autres ceux qui étaient passés comme transfuges de Laconie » (trad. J. de Romilly), après

πεω et le ph chez thucydide



quoi les Lacédémoniens et les Athéniens passent un accord et l’ été se poursuit dans le calme. Il n’ y a donc pas mise en place d’ un cadre pour des opérations militaires. En .., $πεισ τε π μψαι πρ σβεις, il s’ agit seulement de décider un envoi d’ ambassadeurs ; rien à voir, en importance, avec l’ envoi d’ une armée (..), de navires (..), de mille hoplites (..) : de tels envois représentent un effort de guerre susceptible de modifier la situation militaire, ce qui justifie l’ emploi du PH dans l’ acte de persuasion qui les suscite ; ce n’ est pas le cas ici. Nous avons en .. une action prise dans une série qui se déroule le même été. La même explication rend compte encore de ν πεισαν en .., et de $πεισαν en ... En .., les Lacédémoniens font basculer les Rhodiens dans leur camp (NΡοδους $πεισαν ποστ8ναι @Αηναων), mais cette réussite diplomatique n’ est qu’ un élément de l’ activité des deux camps et l’ affaire se termine dans l’ inaction (τ2 δ’ 3λλα ?σ7χαζον ?μ ρας pγδο-κοντα) : à part quelques escarmouches lancées par les Athéniens contre l’ île, aucune bataille navale ne se produit qui ait quelque importance aux yeux de Thucydide. Il semble donc en général assez facile de comprendre le choix opéré par Thucydide entre PH et aoriste. Mais il est des cas où l’ on est surpris. En voici deux. En .., on trouve un πεει inattendu comportant une valeur de passé antérieur. Dans une parenthèse entre le récit de la bataille de Patrai et celui de la bataille de Naupacte, Thucydide explique pourquoi les renforts de navires demandés à Athènes par Phormion en prévision de la deuxième bataille n’ arriveront pas à temps : c’ est qu’ ils ont bien été envoyés, mais avec la mission de faire d’ abord un détour par la Crète. La raison (γ ρ) de ce détour est alors seulement révélée au moyen d’ un PH référant indiscutablement à un procès pour lequel le français recourt ‘naturellement’ au plus-que-parfait : Ο δ6 ποπ μπουσιν εWκοσι να'ς αBτ.(, τ.( δ6 κομζοντι αBτ2ς προσεπ στειλαν ς Κρ-την πρ(τον φικ σαι. Νικας γ2ρ Κρ:ς Γορτ7νιος πρξενος uν πε ει αBτο=ς π> Κυδωναν πλε'σαι . . . « Eux lui expédient alors vingt navires ; mais ils donnent à celui qui les emmenait la mission supplémentaire de toucher d’ abord en Crète. Nicias, un Crétois de Gortyne, qui était leur proxène, était en effet arrivé à les convaincre de faire voile vers Kydonia . . . » (trad. J. de Romilly).



bernard jacquinod

Même si elle est attestée (rarement14) pour le PH, la valeur de passé antérieur est normalement dévolue à l’ aoriste. C’ est ainsi qu’ on peut opposer à l’ exemple précédent ce passage contenant l’ aoriste (..) : ’Αναχωρ-σαντες δ6 ς NΡ-γιον Πυδωρον τ9ν ’Ισολχου ’Αηναων στρατηγ9ν καταλαμβ νουσιν ( . . . ) Ο γ2ρ ν Σικελ*α ξ7μμαχοι πλε7σαντες $πεισαν το=ς @Αηναους βοηεν σφσι πλεοσι ναυσν « De

retour à Rhégion, les Athéniens y trouvèrent le stratège Pythodore, fils d’ Isolochos ( . . . ) En effet, les alliés de Sicile étaient allés convaincre Athènes d’ accroître son aide navale » (trad. R. Weil—J. de Romilly). La présence d’ un PH en .. dans un retour en arrière ne se comprend que si Thucydide a voulu noter que l’ intervention de Nicias avait conduit à un vrai bouleversement de la situation. N’ est-ce pas là l’ indication de la liberté syntaxique dans l’ emploi du PH ? Dans le deuxième cas, au contraire, on est surpris de trouver un aoriste là où on aurait pu attendre un PH, qui se présente en effet dans un autre passage tout à fait similaire. Il s’ agit respectivement de .. et de ... En .., Oreste, fils du roi de Thessalie, en exil, persuade les Athéniens de tenter de le rétablir dans ses droits : .. : @Εκ δ6 Θεσσαλας @Ορ στης H @Εχεκρατδου υ9ς το' Θεσσαλ(ν

βασιλ ως φε7γων $πεισεν 1Αηνα ους 4αυτ5ν κατγεινZ κα> παραλαβντες Βοιωτο=ς κα> Φωκ ας kντας ξυμμ χους ο @Αηναοι στρ τευσαν τ8ς Θεσσαλας π> Φ ρσαλον [ . . .], τEν δ πλιν οFχ εGλον, οBδ’ 3λλο προυχρει αBτος οBδ6ν aν Rνεκα στρ τευσαν, λλ’ πεχρησαν π λιν @Ορ στην $χοντες 3πρακτοι « Le fils du roi de Thessalie Éché-

cratidas, Oreste, étant banni, persuada les Athéniens de lui faire restituer ses droits. Ceux-ci s’ adjoignirent des Béotiens et des Phocidiens, avec qui ils étaient alliés, et marchèrent contre Pharsale en Thessalie, [ . . .] mais ils ne prirent pas la ville et n’ atteignirent aucun des résultats visés par leur expédition : ils se retirèrent avec Oreste sans avoir rien obtenu ». (trad. J. de Romilly)

Nous avons là un épisode qui se limite à ce paragraphe (cf. sa fin : πεχρησαν π λιν). Il s’ agit d’ une expédition militaire, conditionnée par une persuasion initiale. Ces deux traits rappellent très exactement ..–. En ..–, nous avons, comme en .., un épisode complet : au début, l’ Acarnanien Évarchos persuade les Corinthiens de le rétablir dans 14

On la trouve en .., .., .., .. . . .

πεω et le ph chez thucydide



sa ville et, à la fin de , les Corinthiens repartent ( κομσησαν π’

οWκου) :

. : Το' δ’ πιγιγνομ νου χειμ(νος Εvαρχος H @Ακαρν2ν βουλμενος

ς τ:ν @Αστακ9ν κατελεν πε ει Κοριν ους τεσσαρ κοντα ναυσ> κα> πεντακοσοις κα> χιλοις Hπλταις 4αυτ5ν κατγειν πλε7σαντας, κα> αBτ9ς πικο7ρους τιν2ς προσεμισσατοZ[ . . .] κα> πλε7σαντες κατ+γαγον [ . . .]. σχντες δ’ ν τ.( παρ πλ.ω ς Κεφαλληναν κα> πβασιν ποιησ μενοι ς τ:ν Κρανων γ8ν, πατη ντες βιαιτερον ναγαγμενοι κομσ$ησαν π’ οWκου.

« L’ hiver suivant, l’ Acarnanien Évarchos, voulant rentrer à Astacos, décida les Corinthiens à envoyer, pour le rétablir, quarante navires et mille cinq cents hoplites ; lui-même avait engagé en plus quelques mercenaires [ . . .]. L’ expédition se fit donc et le rétablit [ . . .]. Sur le trajet, ils s’ arrêtèrent à Céphallénie et firent un débarquement chez les gens de Cranies ; à la faveur d’ un accord, ils furent trompés par ces derniers : ils perdirent alors des hommes, au cours d’ une attaque des Craniens à laquelle ils ne s’ attendaient pas, et rembarquèrent un peu vivement pour rentrer chez eux ». (trad. J. de Romilly)

On constate que le verbe qui ouvre l’ épisode est ici le PH πεει, alors que . commence par l’ aoriste $πεισεν. Faut-il faire intervenir le fait qu’ en ., l’ expédition rétablit (κατ-γαγον) celui qui a persuadé, tandis qu’ elle échoue dans son entreprise en . (τ:ν δ6 πλιν οBχ ε,λον— @Ορ στην $χοντες 3πρακτοι) ? En vérité, cette « paire minimale » $πεισεν / πεει Kαυτ9ν κατ γειν est bien révélatrice de la valeur respective de l’ aoriste et du PH. En effet, le contexte est différent dans les deux cas. .. est situé dans la Pentécontaétie, où Thucydide énumère rapidement, pendant plusieurs pages, du §  au § , les diverses actions militaires et diplomatiques par lesquelles les Athéniens ont constitué leur empire tout au long des quelque  ans qui ont séparé les guerres médiques de la guerre du Péloponnèse. Dans cette accumulation d’ indications brèves, il n’ est pas question de mettre en relief un quelconque « faire persuasif » : le propos est seulement de rappeler les faits qui se sont déroulés, comme autant d’ étapes dans la construction de l’ empire athénien, sans que Thucydide souhaite donner à tel ou tel un relief particulier (même si on rencontre quelques PH d’ autres verbes dans ces pages : deux fois π μπει (. et ) pour ouvrir une action militaire qui met fin à la campagne d’ Égypte longuement racontée, et plus loin (, ) le PH γγνονται pour un traité de cinq ans entre Athéniens et Péloponnésiens).



bernard jacquinod

En revanche, en ., on a affaire à tout autre chose : l’ Acarnanie, dont il s’ agit ici, est pour Athènes un allié crucial. Thucydide nous l’ a dit en .., au moment où il décrivait les préparatifs des deux belligérants : les Athéniens dépêchèrent des ambassades dans les Etats bordant le Péloponnèse au nord-ouest, Hρ(ντες, ε σφσι φλια τα'τ’ εWη βεβαως, π ριξ τ:ν Πελοπννησον καταπολεμ-σοντες « car ils voyaient que, s’ ils pouvaient avoir là des amitiés sûres, tout le tour du Péloponnèse leur serait soumis ». En ., c’ est-à-dire peu avant notre passage, on voit les Athéniens intervenir en Acarnanie dont une partie seulement leur est acquise. C’ est alors qu’ ils s’ emparent d’ Astacos, où règne Évarchos, chassent ce dernier, et font entrer la région dans leur alliance. Deux pages plus loin, notre passage nous montre le même Évarchos faisant appel aux Corinthiens pour l’ aider à rentrer à Astacos. Le PH πεει qui apparaît ici inscrit cette nouvelle scène dans une espèce de feuilleton sur les aventures des Athéniens en Acarnanie, feuilleton où l’ arrivée d’ un nouvel épisode est marqué par le PH. Il en sera de même dans l’ épisode suivant (..) où interviennent les Ambraciotes, voisins de l’ Acarnanie et alliés de Sparte : βουλμενοι @Ακαρναναν τ:ν π+σαν καταστρ ψασαι κα> @Αηναων ποστ8σαι, πεουσι Λακεδαιμονους ναυτικν τε παρασκευ σαι ( . . . ) κα> Hπλτας χιλους π μψαι π’ @Ακαρναναν « voulant soumettre l’ Acarnanie entière et la détacher d’ Athènes, (ils) poussèrent Sparte à équiper une flotte ( . . . ) et à envoyer mille hoplites contre l’ Acarnanie » (trad. J. de Romilly). On remarquera le participe βουλμενοι, qui fait écho au βουλμενος de .., et dont le sémantisme introduit une valeur subjective, marque un état interne d’ un protagoniste, donnée contextuelle fréquemment observée au voisinage du PH, comme le montre par ailleurs F. Lambert dans ce volume.15 Au contraire, l’ aoriste constatif $πεισεν de .. était accompagné, lui, d’ un participe évoquant une situation objective, l’ exil (φε7γων). IV. Conclusion Notre corpus nous a permis d’ observer de nettes différences d’ emploi entre le PH et les autres indicatifs du récit. L’ imparfait et l’ aoriste de notre verbe apparaissent volontiers en propositions subordonnées, le PH non. L’ imparfait, seul de ces trois temps, apparaît nié. Sans négation, il a presque toujours une valeur conative, valeur absente avec les deux 15

Voir p. .

πεω et le ph chez thucydide



autres temps. L’ aoriste rappelle des faits qui s’ insèrent dans un récit sans prendre une importance primordiale (ou reprend un précédent PH). Il semble, au contraire, que les PH servent pour des faits jugés importants par Thucydide ; πεω partage cette valeur avec les autres verbes utilisés au PH, valeur maintes fois évoquée dans ce volume au moyen de termes variés mais convergents (highlight, crucial, etc.). Mais ce qui fait sa spécificité, c’ est que son sémantisme l’ amène à jouer un rôle particulier dans la narration. Les analyses de la sémiotique narrative ont montré que la persuasion est un acte essentiel par lequel se met en place le schéma actantiel avec les six actants fondamentaux de toute narration : le couple central sujet / objet, le couple destinateur / destinataire et le couple adjuvant / opposant. Or l’ examen des contextes où apparaissent les occurrences de πεω au PH chez Thucydide révèle que notre auteur utilise ce moyen stylistique très précisément pour attirer notre attention sur le rôle de pivot actantiel du « faire persuasif » : toutes les fois que l’ acte de persuasion entraîne, dans le déroulement des événements narrés par Thucydide, l’ adoption d’ un nouveau plan militaire ou diplomatique, c’ est un PH qui nous le signifie.

chapter five A TALE OF TWO INVOLUNTARY ENCOUNTERS: LINGUISTICS AND THE PERSUASIVE FUNCTION OF THE HISTORICAL PRESENT IN TWO THUCYDIDEAN BATTLE SCENES (1.45–51 & 1.56–66)*

Adriaan Rademaker & Michel Buijs Résumé Il est aujourd’ hui admis que, dans ses Histoires, Thucydide n’ est pas un narrateur neutre, mais plutôt un écrivain engagé qui, par une sorte de « persuasion subliminale » (Wallace), cherche à convaincre ses lecteurs de la validité de son interprétation des événements. Dans le cas particulier des récits de bataille du premier livre (.– : bataille navale de Sybota ; .– : bataille de Potidée), le narrateur suggère que les Athéniens, loin d’ être eux-mêmes à l’ origine de ces engagements militaires, se sont trouvés contraints de faire face à une agression ouverte venant des Corinthiens. Dans notre article, nous essayons de montrer, par une analyse linguistique de ces deux récits de bataille—où nous proposons entre autres une interprétation de l’ emploi du présent historique (PH)—comment le narrateur, à travers une narration qui semble impartiale, tente en fait d’ imposer à ses lecteurs sa propre vision des choses. Aucun des deux textes étudiés n’ est une narration pure. Dans l’ un comme dans l’ autre figurent des passages à intention argumentative, qui sont fondés soit sur une description des circonstances, soit sur le point de vue (focalisation) des protagonistes. Dans le récit de la bataille de Sybota, par exemple, on citera surtout la description de la bataille navale (.), qui suggère que, en pareille circonstance, les Athéniens étaient « évidemment » forcés de porter secours aux Corcyréens. Dans le récit concernant Potidée, le narrateur explique que les Athéniens avaient l’ intention d’ éviter la révolte des Potidéens (..) ; il laisse ainsi entendre que les Athéniens ont été contraints de réagir à l’ agression corinthienne. S’ agissant du PH, nous suggérons que son emploi dans la narration concourt lui-même à la stratégie argumentative. En général, le PH est utilisé pour marquer * On two occasions, we had the opportunity to present our analysis of these texts during courses on linguistics in Thucydides at Leiden University. We would like to thank all students present on these occasions for their valuable and stimulating contributions to the discussion.



adriaan rademaker & michel buijs

les événements qui sont décisifs pour le message que le narrateur souhaite communiquer à son public (Sicking & Stork , Lamers & Rademaker ). Ces événements ne sont pas nécessairement les actions les plus « vives » (‘vivid’) ou les plus dramatiques. En effet, dans les deux textes, aucun PH n’ est « vif » ou dramatique, et il n’ y a qu’ un seul présent historique (..) qui puisse être considéré comme décisif pour le déroulement de la bataille elle-même. Au contraire, ce sont plutôt des mouvements tactiques préparatoires des deux adversaires qui sont marqués par l’ emploi du PH, c’ est-à-dire mouvements présentés de façon à suggérer que, dans le cas de ces deux batailles, c’ étaient les Corinthiens qui prenaient l’ initiative des violences, alors que les Athéniens faisaient tout pour préserver la paix. Notre interprétation des emplois du PH profite, estimons-nous, d’ une approche linguistique qui lie l’ interprétation des formes verbales à celle d’ autres moyens linguistiques, comme l’ emploi des particules et l’ organisation pragmatique des textes, avec prise en compte de la voix narrative (focalisation). Ainsi, l’ emploi du PH dans nos deux textes sert particulièrement à marquer les événements qui orientent le destinataire vers l’ interprétation que le narrateur désire lui imposer.

. Introduction This paper will deal with two battle scenes from Thucydides Book One, the battle leading up to the siege of Potidaea (.–) and the naval battle at Corcyra (.–). At first sight, both battle scenes look like straightforward narratives, showing no overt signs of an interpretative bias on the side of the narrator. But on a more detailed reading, the descriptive and argumentative elements in both passages and the use of Historical Present forms in them encourage the addressee to infer that in both cases, Athens did not provoke the outbreak of hostilities but merely reacted to the aggression on the part of the Corinthians and their allies. This suggests that between the lines, the narrator makes an important argumentative point: his covert aim is to demonstrate by means of “subliminal persuasion”1 that Athens was not directly responsible for the escalation of these conflicts and for the eventual outbreak of the Peloponnesian War itself. In the earlier decades of the last century, Thucydides has been generally successful in convincing his modern interpreters of the essential reliability of his ostensibly neutral stance. In the last third of the century, however, the dominant view of Thucydides as a neutral, ‘scientific’ histo1

Wallace (: ).

a tale of two involuntary encounters



rian, has been gradually replaced by that of Thucydides as an artist, as a narrator who is personally involved in his subject matter and who shows his commitment by shaping his narrative in a most sophisticated way. Seminal texts for this new approach to the Histories include the papers by Wallace () and Connor (). In the particular case of Book One, the apologetic, pro-Athenian, character of that part of the text has indeed long been noted, notably by E. Schwartz.2 In recent years, this observation has provoked some critical research of the historical facts concerning the Pentecontaetia and the events leading up to the Peloponnesian War by Badian ().3 We will argue in the present paper that a detailed linguistic analysis of the texts themselves contributes considerably to our understanding of the interpretative stance of the narrator of the Histories. We will argue that such a linguistic analysis shows a number of important points. (i) In spite of the narrator’s seemingly objective stance, he unmistakably tells his stories from an Athenian point of view, implicitly but consistently confirming the justification of the motives and aims of the Athenians, and consistently undermining the putative claims of their opponents. (ii) In doing so, the narrator is evidently intent on showing that in both episodes, the Athenians did nothing to provoke the hostilities; they merely took precautions against the aggression of their opponents. (iii) In both episodes, he conveys this message by linguistically highlighting the strategic ‘moves’ of both parties that support his implicit claim of Athenian innocence. Thus, the general observations concerning the apologetic character of Book One are backed up by a linguistic analysis of the text itself. Of course, this is not the place to go deeply into the historical aspects of the matter. In the present paper, we do not aim to make historical judgements. Our aim is to show that Thucydides consistently presents his narrative from an Athenian perspective. While we do not doubt that the author regarded his views as genuinely tenable, our aim is to analyse the persuasive function of Thucydides’ text, to uncover the argumentative points that are made beneath the narrative surface, and to spot the points at which the addressee is encouraged to accept a point of view that may not be entirely uncontroversial. 2

Schwartz (: ): “Die geschichtliche Darstellung ist zur Apologie geworden.” On our passages, see especially chapters  and , – and –. In general, Badian is a rightly critical reader of Thucydides. Many will feel that he goes too far, however, by suggesting that Thucydides actively misinforms the reader. 3



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.. Making Interpretative Claims in Narrative Texts By and large, both battle scenes must be regarded as narrative texts. But both narratives do not restrict themselves to a plain enumeration of ‘events’. Rather, they include a number of (overt or covert) interpretative claims by their narrator; argumentative points that inform the addressee how he is expected to interpret the events of which he is informed. There are in fact a number of ways in which a narrator can make argumentative points within a narrative text. In the first place, he can include passages that explicitly make a specific claim. A clear-cut example of such an argumentative passage in our texts is ., in which the narrator makes the claim that the siege of Potidaea did not consitute a formal breach of the peace treaty. Secondly, the narrator can make persuasive use of descriptive passages to suggest that in a given situation, a specific line of action was inevitable. Stories are told in alternating text types, or—in the terminology developed by Smith ()—‘Discourse Modes’:4 a text that, as a whole, is to be characterised as historiographic narrative will include elements of a different nature—such as descriptive or argumentative passages.5 This means that most narrative texts include shorter or longer backgrounded passages that belong to a different text type, passages that do not narrate events, but rather describe situations, give information, or make claims. In the narrative concerning Corcyra, for instance, the narrator includes a long description of the sea battle near Sybota and of the advantageous position of the Corinthian ships (..–) before suggesting that in that

4

See Smith () especially –. The concept of Discourse Modes has been fruitfully applied to the linguistic analysis of Latin texts by Adema ( and ) and Kroon (); for Greek texts, see Allan () and (). 5 Smith recognizes five modes, viz. Narrative, Report, Description, Information, and Argument, adding that this list is not exhaustive. In Narrative, events are narrated that occur in sequence to each other. Thus, as the text advances, narrative time advances too (cf. Smith : ). In the Report mode (of which there are no clear instances in our texts), events are not necessary related in chronological order, but in relation to speech time; therefore, narrative time does not necessarily advance with the progression of speech time and its advancement will be marked by temporal adverbials such as ‘yesterday’, ‘then’, ‘next’ or ‘now’. Descriptive passages describe situations as they occur at a specific moment in the past (or, in non-historical contexts, at the moment of speaking). By contrast, the Information mode gives information that is presented as valid at all times; as opposed to Description, then, Information is omnitemporal by definition. Finally, an argument passage “brings something to the attention of the reader, makes a claim, comment, or argument and supports it in some way” (Smith : ).

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

particular situation, it was only understandable (δ- in ..) that the Athenians came to the aid of their Corcyraean allies. We will argue that the use of verb forms, and specifically that of the Historical Present, constitutes a third way in which a narrator can convey his interpretation of events to his audience. We hope to show that by his choice to use the Historical Present for narrating certain events, the narrator can highlight specific events that are crucial for his story as he wishes to present it. Thus, the Historical Present provides the author with a very economical way to impress interpretative claims upon his audience within the narrative parts of his text themselves. .. Verbal Aspect and Forms of the Historical Present In our analysis of the text, the main focus will in fact be on the use of aspectual forms of the verb in our episodes, especially on the use of the Historical Present (HP). Following the aspectual theories developed by Sicking () and () and elaborated on some points by Lamers and Rademaker (), we will assume that in narrative texts, aorist stem (AS) forms are the predicates of self-contained statements of facts that are relevant to the surrounding discourse and advance narrative time; imperfect indicatives and present stem (PS) forms in the other moods are the predicates of statements that perform no independent informative function, but are to be connected with another statement (or other statements) in the immediate or wider context.6 Hence, AS verbs present the main events of a narrative, PS verbs are used for preparatory material on the main line of the narrative or for background material. HP forms also relate main events of the narrative, like AS forms, but by choosing the present tense form, we contend, the narrator presents these statements as immediately relevant to the communication with his addressee: HP forms present the main points of the message that the narrator wishes to convey.7 In our view, HP verb forms do not necessarily highlight ‘vivid’ details or ‘climactic’ events; rather, the narrator chooses to highlight specific strategic moves by both parties; strategic moves, in

6 For the use of AS versus PS forms, see Sicking (). For a concise introduction to Sicking’s views, see Lamers & Rademaker () esp. –. For a short conspectus of the history of aspectual studies, especially in the anglophone literature, see Lamers & Rademaker (: –). 7 On the use of the HP, see Sicking & Stork (); Lamers & Rademaker (: –  and –).

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fact, that seem to suggest that in both cases, the Corinthians were mainly responsible for the escalation of the conflict. A slightly different approach to verbal aspect in Thucydides that nevertheless seems to concord well with our approach, was developed in recent years by Bakker () and (). Bakker focuses exclusively on the temporal (indicative) forms of the verb. He describes imperfect tense forms as locating events purely in the past, AS forms as establishing a link between the past of the narration and the present of the communicative situation between the narrator and his addressee; in passages that are mainly diegetic, this means that aorist verbs present the main events of the narrative.8 Reasoning along Bakker’s lines, HP verbs can be said to focus exclusively on the immediate relevance of the events that they describe; they ignore the fact that these events are situated in the past. Here, indeed, we seem to be close to Sicking & Stork’s conclusion that HP verbs present the main points of the message that the narrator wants to convey to his addressee. Thus, the analysis of aspectual forms conveys important information as to how the narrator wishes his addressee to interpret his text. By his choice of aspectual forms, the narrator conveys what he takes to be the main events of a certain passage (all AS verbs), and highlights those events that are central to the point he wishes to make concerning this passage (by means of HP forms). Thus, the HP verbs point directly to the core of the message that the narrator wishes to communicate to his addressee. In what follows, we will start with the narrative concerning the Potidaean revolt (.–), which seems to be a comparatively straightforward narrative text. By contrast, the narrative of the naval battle of Sybota (.–) leans rather more heavily on an intricate description of the situation at sea. We hope to show that though both episodes ostensibly present an ‘objective’ historical narrative, the use of the HP verbs and the argumentative points made by the narrator lead the addressee to infer that Athens did nothing to provoke the hostilities, but merely reacted to the aggression of the Corinthians.

8 See Bakker (: ): “The imperfect is the Greek past tense par excellence, in the usual sense that it locates an action or state in the past as separate from the moment of speaking. The aorist, on the other hand, bridges past and present, connecting in time the event it denotes with its utterance. The achievement in the past is part of the present insofar as its assertion in the here and now . . . is a meaningful thing to do.”

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

. Thucydides .–: The Potidaean Revolt . μετ7 τατα δ’ ε8ς κα> τ δε ξυνβη γενσαι τος @Αηναοις κα> Πελοποννησοις δι φορα ς τ9 πολεμεν. () τ(ν γ2ρ Κορινων πρασσ9ντων πως τιμωρ-σονται αBτο7ς, *ποτοπ'σαντες τ:ν $χραν αBτ(ν ο @Αηναοι Ποτειδε τας, οr οκο'σιν π> τ.( σμ.( τ8ς Παλλ-νης, Κορινων ποκους, Kαυτ(ν δ6 ξυμμ χους φρου Hμ-ρους δο'ναι, το7ς τε πιδημιουργο=ς κπ μπειν κα> τ9 λοιπ9ν μ: δ χεσαι οqς κατ2 $τος Rκαστον Κορνιοι $πεμπον, δε σαντες μ: ποστ(σιν Κορινων, το7ς τε 3λλους το=ς π> Θρ* κης ξυναποστ-σωσι ξυμμ χους.

(.) Immediately after this it happened that the following disagreements leading to the war also arose between the Athenians and the Peloponnesians. () While the Corinthians were devising how they should take vengeance on the Athenians, the latter, suspecting their enmity, required of the Potidaeans (who dwell on the isthmus of Pallene and are colonists of the Corinthians but tributary allies of the Athenians), to pull down their wall on the side of Pallene and give hostages, and, furthermore, to send away and not receive in the future the magistrates whom the Corinthians sent every year. For they were afraid that the Potidaeans, persuaded by Perdiccas and the Corinthians, would revolt and cause the rest of the allies in Thrace to revolt with them.9

The narration of the Potidaean revolt starts with an announcement of the next relevant point of conflict between Athens and Corinth in the events leading up to the Peloponnesian war. This conflict is said to have arisen immediately after the battle of Sybota (note μετ2 τα'τα and εB7ς). As such, the clause makes an argumentative point that will be demonstrated by the whole narration that follows (note the use of the particle γ ρ at the start of the narration proper in .). The AS ξυν βη γεν σαι signals the relevance of these past events on the level of the macrostructure of Thucydides’ narrative. After this announcement, the narrator starts the narration proper by explaining the background to the Potidaean revolt, identifying the participants (Corinthians, Athenians, Potidaeans and Macedonians) and their main aims and activities. By the use of the absolute genitive τ(ν . . . Κορινων πρασσντων πως τιμωρ-σωνται the narrator creates a setting for the whole conflict: he suggests that it is determined by the 9 All translations in this paper are adapted from the translation by C.F. Smith (Loeb Classical Library).



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Corinthian desire for revenge after the battle of Sybota. After the genitive absolute he continues with the AS participial clause το=ς Ποτειδε τας ο @Αηναοι προπαρεσκευζοντο εB=ς μετ2 τ:ν ν Κερκ7ρ*α ναυμαχανZ () οS τε γ7ρ Κορνιοι φανερ(ς Jδη διφοροι :σαν, Περδκκας τε H @Αλεξ νδρου Μακεδνων βασιλε=ς πεπολμωτο ξ7μμαχος πρτερον κα> φλος Tν. () πολεμ;η δ6 τι Φιλππ.ω τ.( Kαυτο' δελφ.( κα> Δ ρδ*α κοινV8 πρ9ς αBτ9ν ναντιουμ νοις ο @Αηναοι ξυμμαχαν ποι-σαντο. () δεδις τε $πρασσεν $ς τε τ:ν Λακεδαμονα π μπων πως πλεμος γ νηται αBτος πρ9ς Πελοποννησους, κα> το=ς Κορινους προσεποιετο τ8ς Ποτειδαας Rνεκα ποστ σεωςZ () προσφερε δ6 λγους κα> τος π> Θρ* κης Χαλκιδε'σι κα> Βοττιαοις ξυναποστ8ναι, νομ ζων, ε ξ7μμαχα τα'τα $χοι μορα kντα τ2 χωρα, {*+ον xν τ9ν πλεμον μετ’ αBτ(ν ποιεσαι.

(.) These precautions the Athenians took with regard to the Potidaeans immediately after the sea-fight at Corcyra. () For the Corinthians were now openly at variance with them, and Perdiccas son of Alexander, king of the Macedonians, who had before been an ally and friend, was now at war with them. () He had gone to war because the Athenians had made an alliance with his brother Philip and with Derdas, who were making common cause against himself. () Alarmed at this he sent envoys to Lacedaemon, trying to bring about a war between Athens and the 13

See Badian (: –). Salmon (: ) admits that the Athenian demands alone “might have been enough to make [Corinth] decide in favour of war”, but nevertheless accepts Thucydides’ account that Corinth’s decision in favour of war had already been taken as a result of the battle of Sybota (ibid. ) and generally supports the tenor of the Thucydidean text that “Corinth was in clear breach of the Peace in all she did at Potidaea” (ibid. ). Cf. also De Ste Croix (: –). Contra Meiggs (: ). 14



adriaan rademaker & michel buijs Peloponnesians; and he also tried to win over the Corinthians with a view to the revolt of Potidaea. () Moreover, he proposed to the Chalcidians of Thrace and the Bottiaeans to join in the revolt, thinking that if he had as allies these countries, it would be easier, in conjunction with them, to carry on the war.

In the next passage the narrator offers a fuller description of the situation at the start of the episode, adding new elements to the justification of the Athenian actions against Potidaea. The phrase τα'τα . . . προπαρεσκευ ζοντο (.) resumes the information given in κ λευον τ9 ς Παλλ-νην τεχος καελεν κα> Hμ-ρους δο'ναι (.) (note the anaphoric pronoun τα'τα and the repetition of the information that these precautions occurred εB=ς μετ2 τ:ν ν Κερκ7ρ*α ναυμαχαν). The choice of the verb προπαρεσκευ ζοντο again conveys the impression that the Athenian precautions are to be regarded as a defensive measure, not as a deed of aggression. The use of the PS verb προπαρεσκευ ζοντο again raises the question how Potidaea reacted to these precautions, and what the Athenians did to enforce them; both questions remain unanswered until ... The narrator continues by giving the reasons for the Athenian precautions (note the use of γ ρ in .) in a description of the situation at the time after the battle of Corcyra: the Corinthians were now ‘openly hostile’ (. φανερ(ς Jδη δι φοροι 0σαν) and the former ally Perdiccas of Macedonia was even already at war (the pluperfect πεπολ μωτο). Paragraph . relates the background to Perdiccas’ declaration of war (note the AS verb πολεμη which relates the event leading up to the situation described by πεπολ μωτο): a treaty of alliance between Athens and Perdiccas’ brother Philippus and Derdas. Apparently, Philippus had lost his ρχ- (mentioned at ..) to Perdiccas, and now allied with Derdas and Athens for military action against Perdiccas.15 If so, Perdiccas had a sound reason for hostility against Athens, but the narrator suggests that it was Perdiccas who first took aggressive measures. The next paragraphs expand on the theme of Perdiccas’ hostility (all PS verbs16), mentioning his negotiations with Sparta and Corinth (.) and with some Thracian cities (.), and signalling Perdiccas’ expectation that with the help of these cities, he would be able to resist an Athenian attack. 15

For discussion of Perdiccas, see Badian (: –). For PS verbs giving additional information, cf. Sicking (: –), Lamers & Rademaker (: –). 16

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

..– () aν ο @Αηναοι α βουλ9μενοι προκαταλαμβνειν τ(ν πλεων τ2ς ποστ σεις ($τυχον γ2ρ τρι κοντα να'ς ποστλλοντες κα> χιλους Hπλτας π> τ:ν γ8ν αBτο', @Αρχεστρ του το' Λυκομ-δους μετ’ 3λλων † δ κα † στρατηγο'ντος) πιστλλουσι τος 3ρχουσι τ(ν νε(ν Ποτειδεατ(ν τε Hμ-ρους λαβεν κα> τ9 τεχος καελεν, τ(ν τε πλησον πλεων φυλακ:ν $χειν πως μ: ποστ-σονται. (.) Ποτειδε+ται δ6 πμψαντες μ6ν κα> παρ’ @Αηναους πρ σβεις, εW πως πεσειαν μ: σφ(ν π ρι νεωτερζειν μηδ ν, λ9ντες δ6 κα> ς τ:ν Λακεδαμονα μετ2 Κορινων, [$πρασσον] πως Kτοιμ σαιντο τιμωραν, zν δ Vη, πειδ> $κ τε @Αην(ν κ πολλο' πρ σσοντες οδ,ν η?ροντο πιτ'δειον, λλ’ α ν8ες α π> Μακεδοναν κα. π. σφς )μο ως $πλεον, κα> τ2 τ λη τ(ν Λακεδαιμονων *πσχετο ατος, zν π> Ποτεδαιαν Wωσιν @Αηναοι, ς τ:ν @Αττικ:ν σβαλεν, τ9τε δ> κατ7 τ5ν και-

ρ5ν τοτον φ στανται μετ2 Χαλκιδ ων κα> Βοττιαων κοινV8 ξυνομσαντες. () κα> Περδκκας πε ει Χαλκιδ ας τ2ς π> αλ σσVη πλεις κλιπντας κα> καταβαλντας νοικσασαι ς MΟλυνον μαν τε πλιν τα7την σχυρ2ν ποι-σασαιZ τος τ’ κλιπο'σι το7τοις τ8ς Kαυτο' γ8ς τ8ς Μυγδονας περ> τ:ν Βλβην λμνην $δωκε ν μεσαι, Rως xν H πρ9ς @Αηναους πλεμος 0 V . κα> ο μ6ν ν.ωκζοντ τε κααιρο'ντες τ2ς πλεις κα> ς πλεμον παρεσκευ ζοντο.

(.) But the Athenians became aware of these designs, and wished to forestall the revolt of the cities. Since they happened to be sending against the country of Perdiccas thirty ships and a thousand hoplites under the command of Archestaratus son of Lycomedes and four others, they ordered the commanders of their fleet to take hostages of the Potidaeans and pull down their wall, and also to keep a watch upon the neighbouring towns and prevent them from revolting. (.) The Potidaeans, on the other hand, sent envoys to Athens, to see if they could persuade them not to take any harsh measures against themselves; but they also came to Lacedaemon together with the Corinthians, in order to secure their revenge if the need should arise. And when after protracted negotiations they failed to obtain any satisfactory result from the Athenians, but on the contrary the ships destined to attack Macedonia proceeded to sail against themselves as well, while the magistrates of the Lacedaemonians promised them to invade Attica if the Athenians went against Potidaea, they of course seized the present opportunity and revolted, entering in a formal alliance with the Chalcidians and Bottiaeans. () And Perdiccas persuaded the Chalcidians to abandon and pull down their cities on the sea-coast and settle inland at Olynthus, making there a single strong city; and he gave them, when they abandoned their cities, a part of his own territory of Mygdonia around Lake Bolbe to cultivate as long as they should be at war with the Athenians. And so they proceeded to dismantle their cities, move inland, and prepare for war.



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At paragraph ., the narrator switches back to the the main line of his narrative by means of the relative participial clause aν ασμενοι.17 After the ‘false start’ of the narrative with κ λευον and the long description of the hostility of Perdiccas, it is only now that the narrative really gets going. The participial clauses ασμενοι and βουλμενοι προκαταλαμβ νειν repeat the narrator’s claim that the Athenian orders against Potidaea were given in response to open hostility on the part of Corinth and Macedonia and aimed to prevent the revolt of Potidaea and other cities in the area; the participial clause βουλμενοι προκαταλαμβ νειν raises the expectation that the Athenian aims will somehow be thwarted.18 After these participial clauses, the narrator inserts the explanation that the Athenians ‘happened to be sending thirty ships to his (= Perdiccas’) territory’ (. $τυχον . . . ποστ λλοντες). The reason why they sent them is not stated explicitly here, but it seems clear that the mission of this fleet is to attack Perdiccas, as will be confirmed by φ’ περ . . . ξεπ μποντο in .. The first main clause in this first main section of the narrative then brings the first HP verb, conveying the first crucial strategic ‘move’ in the conflict:19 the Athenians command their general Archestratus to stop over at Potidaea on his way to Macedonia, and to take care that the walls are taken down and that hostages are given. The clause πιστ λλουσι . . . Ποτειδαιατ(ν τε Hμ-ρους λαβεν κα> τ9 τεχος καελεν takes up the earlier phrase κ λευον τ9 ς Παλλ-νην τεχος καελεν κα> Hμ-ρους δο'ναι (.). It seems likely that the initial command to the Potidaeans preceded the instructions given to Archestratus, possibly even by a considerable period of time; the reactions of the Potidaeans given in paragraph ., reporting on extensive negotiations with both Athens and Sparta, suggest that this was indeed the case.20 But if Athens first commanded Potidaea to take down the walls and then sent Archestratus to carry out the order, the Athenian demands can hardly be regarded as a purely defensive move. However, by firmly embedding the Athenian measures within the context of Corinthian (., .) and Macedonian (.–) hostility, the narrator does indeed encourage his addressee to take the Athenian demands as an essentially defensive reaction, not as an act of aggression. 17 For the ‘linking’ function of participial clauses, see Sicking (: ), Lamers & Rademaker (: –). 18 It will become clear in paragraph . that Archestratus’ fleet failed to prevent the revolt. 19 For a discussion of the HP verbs in this episode, see also Section . below. 20 Cf. Classen-Steup (5) and Gomme () ad loc., cited n.  above.

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Chapter  opens with a topic switch to the Potidaeans, relating their reactions to the Athenian demands. They send embassies to both Athens and Sparta, trying to make the Athenians change their minds and to secure help from Sparta in case of an Athenian attack. The participial clauses π μψαντες and λντες describing the embassies are followed by πειδ--clauses with AS verbs (οBδ6ν ηDροντο . . . πιτ-δειον and τ2 τ λη τ(ν Λακεδαιμονων Μακεδοναν κα> π> σφ+ς Hμοως $πλεον) presents the focalization of the Potidaeans, conveying that they regarded the approach of the fleet under Archestratus as an Athenian attack, even though it will turn out that the Spartans failed to take action and evidently did not share the Potidaeans’ view of the matter. The phrase κ πολλο' πρ σσοντες οBδ6ν ηDροντο πιτ-δειον implies that the negotiations at Athens went on for quite a while. This confirms that the Potidaeans had indeed been aware of the Athenian demands long before the arrival of Archestratus, which by implication should throw some doubt on the narrator’s suggestion that the Athenian measures against Potidaea were a purely defensive move. After this complex πειδ--clause, the main clause brings the next strategic move in the conflict: it is on the basis of the Spartan promise for help that Potidaea revolts, that is to say before the arrival of the Athenian fleet. The formulation ττε δ: κατ2 τ9ν καιρ9ν το'τον φστανται shows that the narrator has a number of argumentative points to make here. (i) The phrase shows that on the Spartan promise for help, the Potidaeans immediately revolted, without waiting for the Athenians to attack. The particle δ- shows that the narrator expects his addressee to understand that the Potidaeans regarded the Spartan promise as presenting 21 The status of this promise remains vague. Gomme (: ) doubts whether there was an offcial Spartan promise of help at all: “a promise that was not carried out, and evidently one that was independent of any decision of the Peloponnesian League; probably a promise not published at all, or Athens would have complained more explicitly (cf. ). Also, one not made with the consent of Archidamus.” But the AS verb Θρ* κης, κα> καταλαμβνουσι τ-ν τε Ποτεδαιαν κα> τ}λλα φεστηκτα. () νομ σαντες δ6 ο στρατηγο> δ7νατα εIναι πρς τε Περδκκαν πολεμεν τV8 παρο7σVη δυν μει κα> τ2 ξυναφεστ(τα χωρα τρπονται π> τ:ν Μακεδοναν, φ’ @περ κα. τ5 πρ(τον ξεπμποντο, κα> καταστ ντες πολ μουν μετ2 Φιλππου κα> τ(ν Δ ρδου δελφ(ν 3νωεν στρατι*+ σβεβληκτων.

(.) The thirty ships of the Athenians reached the coast of Thrace, and they found Potidaea and the other places already in revolt. Whereupon the generals, thinking it impossible with their present force to wage war with both Perdiccas and the places which had revolted, turned their attention to Macedonia, which was their destination in the first place, and when they had got a foothold carried on war in concert with Philip and the brothers of Derdas, who had invaded Macedonia from the interior with an army.

Chapter  brings three crucial moves: (i) the Athenian fleet of thirty ships arrives (φικνο'νται) in Thrace when it is already too late; (ii) they find (καταλαμβ νουσι) Potidaea and the whole region already in revolt; and (iii) on the basis of the judgement of the generals that their present force was too small to confront both Potidaea and Perdiccas, they leave (τρ πονται) for Macedonia, which is claimed to be the primary goal of their mission anyway ( φ’ περ κα> τ9 πρ(τον ξεπ μποντο). The chapter makes the important point that the Athenians arrive too late to take action against Potidaea, and it repeats the narrator’s suggestion that the fleet was only diverted to Potidaea on its way to Macedonia. Both points suggest that the Athenians were not over-zealous to take measures against Potidaea, which suggests a surprising lack of premeditation on the side of the Athenians; again, the narrator hints that Athens only

22

Cf. Sicking (: –).

a tale of two involuntary encounters



reacted to the hostilities from their former allies rather than starting the conflicts themselves. . κα> ν το7τ.ω ο Κορνιοι, τ8ς Ποτειδαας φεστηκυας κα> τ(ν @Αττικ(ν νε(ν περ> Μακεδοναν οBσ(ν, δεδι9τες περ> τ.( χωρ.ω κα. οκεον τ9ν κνδυνον Aγομενοι πμπουσιν Kαυτ(ν τε ελοντ2ς κα> τ(ν 3λλων Πελοποννησων μισ.( πεσαντες Kξακοσους κα> χιλους το=ς π ντας Hπλτας κα> ψιλο=ς τετρακοσους. () στρατ-γει δ6 αBτ(ν @Αριστε=ς H @Αδειμ ντου, κατ2 φιλαν τε αBτο' οBχ oκιστα ο πλεστοι κ Κορνου στρατι(ται ελοντα> ξυν σποντοZ () 0ν γ2ρ τος Ποτειδε ταις αε ποτε πιτ-δειος. κα> φικνονται τεσσαρακοστV8 ?μ ρ*α Dστερον π> Θρ* κης z Ποτεδαια π στη.

(.) Thereupon the Corinthians, given that Potidaea had revolted and the Attic ships were in the neighbourhood of Macedonia, were alarmed about the place and thought that the danger came home to them, so they dispatched volunteers of their own and such other Peloponnesians as they induced by pay, in all six hundred hoplites and four hundred light-armed troops. () The general in command was Aristarchus; and it was chiefly because of friendship for him that most of the soldiers from Corinth went along as volunteers; () for he had always been on friendly terms with the Potidaeans. And they arrived on the coast of Thrace on the fortieth day after the revolt of Potidaea.

The next chapter marks the beginning of the Corinthian involvement in the conflict: after the Athenian retreat to Macedonia, Corinth sends a Peloponnesian army under the command of Aristeus to Potidaea, which arrives forty days after the beginning of the revolt, as signalled by the HP φικνο'νται (.). As the introductory absolute genitives make clear, Corinth interferes after the revolt and after the Athenian retreat to Macedonia, but before any actual counter-attack by the Athenians on Potidaea. This seems to suggest that there was no direct military necessity yet for Corinth to interfere on behalf of their colony, which suggests that they were only too eager to do so; this backs up the narrator’s view (.) that they wanted revenge for their defeat at Corcyra. This is confirmed by the motives for the Corinthian interference that are mentioned explicitly by the narrator: he claims that they fear to lose their influence in the region (. δεδιτες), and regard (. ?γο7μενοι,) the military crisis as affecting themselves. The clause at the start of paragraph . presents backgrounded information and names Aristeus as leader of the Corinthian contingent. In the clauses that follow, the narrator makes two important argumentative



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points: (i) Aristeus’ popularity attracted most of the Corinthian volunteers, and (ii) Aristeus’ involvement with the Corcyraeans seems to have been an important factor in the Corinthian support for the revolt. Both these claims back up the suggestion that Corinth was not in fact responding to any clear and immediate threat to its own safety. . :λε δ, κα> τος @Αηναοις ε8ς ? γγελα τ(ν πλεων τι φεστ+σι, κα> πμπουσιν, +ς B & σοντο κα> το=ς μετ’ @Αριστ ως πιπαριντας, δισχιλους Kαυτ(ν Hπλτας κα> τεσσαρ κοντα να'ς πρ9ς τ2 φεστ(τα, κα> Καλλαν τ9ν Καλλι δου π μπτον αBτ9ν στρατηγν, () οr φικμενοι ς Μακεδοναν πρ(τον καταλαμβνουσι το=ς προτ ρους χιλους Θ ρμην 3ρτι ? V ρηκτας κα> Π7δναν πολιορκο'ντας. () προσκαεζμενοι δ6 κα> αBτο> τ:ν Π7δναν πολιρκησαν μ ν, $πειτα δ6 ξμβασιν ποιησμενοι κα. ξυμμαχ αν ναγκα αν πρ9ς τ9ν Περδκκαν, 5ς αBτο=ς κατ-πειγεν ? Ποτεδαια κα> H @Αριστε=ς παρεληλυς, παν στανται κ τ8ς Μακεδονας, () κα> φικμενοι ς Β ροιαν κκεεν πιστρ ψαντες23 [κα>] πειρ σαντες πρ(τον το' χωρου κα> οBχ Kλντες πορε7οντο κατ2 γ8ν πρ9ς τ:ν Ποτεδαιαν, τρισχιλοις μ6ν Hπλταις Kαυτ(ν, χωρ>ς δ6 τ(ν ξυμμ χων πολλος, ππε'σι δ6 Kξακοσοις Μακεδνων τος μετ2 Φιλππου κα> ΠαυσανουZ sμα δ6 ν8ες παρ πλεον Kβδομ-κοντα. () κατ’ pλγον δ6 προϊντες τριταοι φκοντο ς Γγωνον κα> στρατοπεδε7σαντο.

(.) The news of the revolt of the cities immediately reached the Athenians as well; and when they learned that troops under Aristeus were also on their way to support the rebels, they sent two thousand of their own hoplites and forty ships against the places in revolt, under the command of Callias son of Calliades with four other generals. () These troops first came to Macedonia and found that the former thousand had just taken Therme and were besieging Pydna. () So they also took part in the siege of Pydna, but then they concluded an agreement and an involuntary alliance with Perdiccas, as the situation at Potidaea and the arrival of Aristeus compelled them to make haste, and then they withdrew from Macedonia. () On their way they came to Beroea; turning away from there after an unsuccessful attempt upon this place, they proceeded overland to Potidaea with three thousand hoplites of their own and with six hundred Macedonian cavalry, who were under the command of Philip and Pausanias; and at the same time their ships, seventy in number, sailed along the coast. () And marching leisurely they arrived on the third day at Gigonus, and went into camp.

23

For a defence of the mss. reading πιστρ ψαντες in preference to Pluygers’ π>

Στρ ψαν, see Badian (: –).

a tale of two involuntary encounters



The next move is that the Athenians send considerable reinforcements under the command of Callias to the region: π μπουσιν (.). Initially, the 0λε δ6 κα-clause does not advance narrative time: as the adverb εB7ς confirms, the Athenians were informed about the revolt at about the same time as the Corinthians. But the 5ς VJσοντο-clause after the main HP π μπουσιν in . explicitly claims that the Athenian reinforcements were only sent in reaction to the additional danger (note κα before το=ς μετ’ @Αριστ ως πιπαριντας) of the Corinthian expedition under Aristeus. This again suggests that Athens was in fact quite slow to react to the outspoken Corinthian aggression. The Athenian reinforcements first join the rest of the army (. καταλαμβ νουσι) in the siege of Pydna, but under pressure from the arrival of Aristeus,24 they feel forced to form an ‘involuntary’ alliance (. ξυμμαχαν ναγκααν) with Perdiccas and move over to Potidaea (. πανστανται). On their way, they pass by the Macedonian city of Beroea and make an abortive attack on that city before they arrive at Gigonus and draw up their camp there. This probably means that the Athenians immediately broke their new involuntary alliance with Perdiccas,25 but the narrator glosses over the fact, again downplaying the extent of Athens’ responsibility for the conflict. . Ποτειδε+ται δ6 κα> ο μετ2 @Αριστ ως Πελοπονν-σιοι προσδεχμενοι το=ς @Αηναους στρατοπεδεοντο πρ9ς @Ολ7νου ν τ.( σμ.(, κα> γορ2ν $ξω τ8ς πλεως πεποηντο. () στρατηγ9ν μ6ν ο)ν το' πεζο' παντ9ς ο ξ7μμαχοι o V ρηντο @Αριστ α, τ8ς δ6 Sππου ΠερδκκανZ πστη γ7ρ ε8ς π λιν τ(ν @Αηναων κα> ξυνεμ χει τος Ποτειδε ταις, @Ιλαον ν’ α τ:ν παρ2 Περδκκου διακοσαν Sππον ν @Ολ7ν.ω μ νειν, κα> ταν @Αηναοι π> σφ+ς χωρ(σι, κατ2 ντου βοηο'ντας ν μ σ.ω ποιεν α ο ξυν ρχοντες το=ς μ6ν Μακεδνας ππ ας κα> τ(ν ξυμμ χων 24 The fact that the Athenian reinforcements first joined the rest of the army in the siege of Pydna and only then turned to Potidaea throws some doubt on the narrator’s claim that Athens waited for the Corinthans to send forces under Aristeus before they sent their own troops under Callias; but the perfect participle παρεληλυς makes it clear that Aristeus was ‘already there’ when the combined Athenian forces turned to Potidaea. The exact chronology of the passage is left unclear. 25 See Badian (: –, esp. , and  n. ).



adriaan rademaker & michel buijs pλγους π> @Ολ7νου ποπμπουσιν, πως εWργωσι το=ς κεεν πιβοηεν, αBτο> δ6 ναστ-σαντες τ9 στρατπεδον χρουν π> τ:ν Ποτεδαιαν. () κα> πειδ: πρ9ς τ.( σμ.( γ νοντο κα> εIδον το=ς ναντους παρασκευαζομ νους 5ς ς μ χην, ντικασταντο κα> αBτο, κα> οB πολ= Dστερον ξυν μισγον. () κα> αBτ9 μ6ν τ9 το' @Αριστ ως κ ρας κα> σοι περ> κενον 0σαν Κορινων τε κα> τ(ν 3λλων λογ δες $τρεψαν τ9 κα’ Kαυτο=ς κα> πεξ8λον δικοντες π> πολ7Z τ9 δ6 3λλο στρατπεδον Ποτειδεατ(ν κα> Πελοποννησων Aσστο ς τ9 τεχος κατ φυγεν.

(.) The Potidaeans and the Peloponnesians under Aristeus were awaiting the Athenians and went into camp on the Olynthian side of the isthmus; and they had established a market outside of the city. () The allies had chosen Aristeus general of all the infantry, and Perdiccas of the cavalry; for Perdiccas had immediately deserted the Athenians again and was now in alliance with the Potidaeans, having appointed Iolaus as his administrator at home. () The plan of Aristeus was to hold his own army on the isthmus and watch for the approach of the Athenians, while the Chalcidians and the other allies from outside of the isthmus and the two hundred horsemen sent by Perdiccas were to remain at Olynthus; then when the Athenians should move against the forces of Aristeus, the others were to assist and attack them in the rear, and thus place the enemy between their two divisions. () But Callias, the commander of the Athenians, and his colleagues sent the Macedonian cavalry and a few of the allies toward Olynthus, to shut off aid from that quarter, while they themselves broke camp and advanced against Potidaea. () And when they arrived at the isthmus and saw the enemy preparing for battle, they took up their position facing them; and soon the two sides joined battle. () And the wing led by Aristeus himself, which included the picked Corinthians and the other troops, routed the forces opposed to them and pressed on a long distance in pursuit; but the rest of the army of the Potidaeans and the Peloponnesians was worsted by the Athenians and took refuge within the walls of Potidaea.

Chapter  finally brings us to the battle at Potidaea. The Potidaeans and Corinthians set up their camp at Olynthus (. στρατοπεδε7οντο). In . we are told that their commanders are Aristeus and Perdiccas; in an argumentative clause, the narrator claims that Perdiccas had revolted immediately after the treaty mentioned in . (. π στη γ2ρ εB7ς). Perdiccas is thus depicted as unreliable, even though he probably had a very good reason for revolting on account of the attack on Beroea (.). In . we are informed of Aristeus’ strategy to wait for the Athenians on the isthmus, and then to attack them in the back from Olynthus. Paragraph . brings the last strategic move before the battle: Callias sends part of his troops to Olynthus to prevent this counter-attack (. ποπ μπουσιν).

a tale of two involuntary encounters



Then the battle itself begins: the Athenian and Peloponnesian armies join battle, and while Aristeus succeeds at warding off parts of the Athenian army, the main body of the Peloponnesian forces are weaker than the Athenians and retreat within the walls of Potidaea. With one exception only (. Hρ*+, to be discussed in the next paragraph), the battle scene brings no further HP forms. This seems startling, until one realises that the narrator is not concerned with depicting the details of the battle as such and with analysing the military strategies that determine its outcome. Rather, he is concerned with the role of the Potidaea episode as a casus belli. Consequently, he highlights all the strategic ‘moves’ leading up the siege of the city, with the aim of undermining the Corinthian claim (.) that Athens attacked a colony of theirs, while supporting the Athenian claim (ibid.) that the Peloponnesians were responsible for the revolt of their ally. From the narrator’s point of view, the crucial move in the battle itself is Aristeus’ decision (related in the next chapter) to retreat within the walls of the city; by doing so, he may be claimed to have actively ‘provoked’ the Athenian siege of the city. . παναχωρ(ν δ6 H @Αριστε=ς π9 τ8ς διξεως, +ς )ρ τ9 3λλο στρ τευμα ?σσημ νον, Uπρησε μ6ν Hποτ ρωσε διακινδυνε7σVη χωρ-σας, z π> τ8ς @Ολ7νου z ς τ:ν ΠοτεδαιανZ $δοξε δ’ οCν ξυναγαγντι το=ς με’ α πλ ον H στος ντσχVη, κα> αBτ9ς Jελε τ(ν μενντων εIναιZ 5ς δ’ οBκ $πειε, βουλμενος τ2 π> το7τοις παρασκευ ζειν κα> πως τ2 $ξωεν Rξει 5ς 3ριστα, $κπλουν ποιεται λαEν τ:ν φυλακ:ν τ(ν @Αηναων. () κα> παραμ νων ν Χαλκιδε'σι τ τε 3λλα ξυνεπολ μει κα> Σερμυλι(ν λοχ-σας πρ9ς τV8 πλει πολλο=ς δι φειρεν, $ς τε τ:ν Πελοπννησον $πρασσεν πVη /φελα τις γεν-σεται. μετ2 δ6 τ8ς Ποτειδαας τ:ν ποτεχισιν Φορμων μ6ν $χων το=ς Kξακοσους κα> χιλους τ:ν Χαλκιδικ:ν κα> Βοττικ:ν δV-ου κα> $στιν _ κα> πολσματα ε,λεν.

(.) The Athenians immediately cut off the city wall on the isthmus side by a transverse wall and set a guard there, but the wall towards Pallene was not shut off. For they thought their numbers were insufficient to maintain a garrison on the isthmus and also to cross over to Pallene and build a wall there too, fearing that, if they divided their forces, the Potidaeans and their allies would attack them. () And when the Athenians at home learned that Pallene was not blockaded, they after some delay sent sixteen hundred of their own hoplites under the command of Phormio son of Asopius; and he, when he arrived at Pallene, making Aphytis his base, brought his army to Potidaea, marching leisurely and ravishing the country at the same time. And as no one came out against him to give battle he built a wall to blockade the Pallene wall. () And so Potidaea was finally vigorously besieged from both sides, as well as from the sea, where ships blockaded it. (.) As for Aristeus, now that Potidaea was cut off by the blockade and he had no hope of saving it unless help should come from the Peloponnesus or something else should happen beyond his expectation, he advised all the garrison except five hundred men to wait for a wind and sail out on the harbour, that the food might hold out longer, and he himself was ready to be one of those who should remain. But since he could not gain their consent, wishing to do the next best thing and to provide that their affairs outside should be put in the best possible condition, he sailed away, unobserved by the Athenian guard. () He then remained among the Chalcidians, whom he assisted generally in carrying on the war, and especially by destroying a large force of Sermylians, whom he ambushed near their city; and meanwhile he kept up negotiations with the Peloponnesians to see if some aid could not be obtained. Phormio, however, after the investment of Potidaea ravaged Chacidice and Bottice; and he also captured some towns.

The next two chapters report the final moves toward the status quo at the beginning of the war. The Athenians now besiege Potidaea from the north, but they judge themselves too weak to besiege the Pallenian walls as well. Thereupon, Athens sends further reinforcements (. π μπουσιν), if only ‘after some delay’ (. χρν.ω Dστερον). For the second time, Athens has to send additional troops and again, they are slow to do



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so; this again serves to suggest a total lack of premeditation on the side of the Athenians. On the arrival of these troops, they finally start the siege of the southern wall of Potidaea; the siege that is to play a role as a casus belli is now at last a fact: . κα> οDτως Jδη κατ2 κρ τος ? Ποτεδαια μφοτ ρωεν πολιορκετο. The PS verb πολιορκετο signals the lack of closure of the episode: the siege in fact continues for some time after the outbreak of the war itself. Chapter  finally relates the successful and unnoticed escape (. $κπλουν ποιεται) of Aristeus from the city, as well as some minor military successes of his in the region. Aristeus’ unnoticed escape is important for the whole episode as a casus belli: if the Athenians had noticed the escape of the main ‘enemy’, the siege of Potidaea itself would have lost part of its justification; at least it could not be claimed to be a natural continuation of the battle at the isthmus. . τος δ’ @Αηναοις κα> Πελοποννησοις αται μ6ν αLται προυγεγνηντο ς λλ-λους, τος μ6ν Κορινοις τι τ:ν Ποτεδαιαν Kαυτ(ν ο)σαν ποικαν κα> 3νδρας Κορινων τε κα> Πελοποννησων ν αBτV8 kντας πολιρκουν, τος δ6 @Αηναοις ς το=ς Πελοποννησους τι Kαυτ(ν τε πλιν ξυμμαχδα κα> φρου λντες σφσιν π9 το' προφανο'ς μ χοντο μετ2 Ποτειδεατ(ν. ο μντοι @ γε π9λεμ9ς πω ξυνερρ;γει, λλ’ $τι νοκωχ: 0νZ δ κα να'ς αBτος π στειλαν βοηο7ς). They instructed the commanders of this fleet to avoid collision with the Corinthians, but in case the Corinthians sailed to Corcyra and



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threatened a landing on its coast, or in any of its possessions, the commanders were to do their utmost to prevent it (. προεπον δ6 αBτος μ: ναυμαχεν Κορινοις, zν μ: π> Κ ρκυραν πλ ωσι κα> μ λ-

λωσιν ποβανειν z ς τ(ν κενων τι χωρωνZ οDτω δ6 κωλ7ειν κατ2 δ7ναμιν). The reason for these instructions is also given: the Athenians did not want to breach the treaty (. προεπον δ6 τα'τα το' μ: λ7ειν Rνεκα τ2ς σπονδ ς). The ten ships arrive at Corcyra (. α μ6ν δ: ν8ες φικνο'νται ς τ:ν Κ ρκυραν). Hereafter, we do not hear anything

about the Athenian fleet for quite some time; rather, the main protagonists are the Corinthians and the Corcyraeans. Now the fact that the Athenians are abandoned as a Discourse Topic is intriguing from a narratological stance: the addressee is to infer that after the arrival of the ten Athenian ships at Corcyra, their commanders did not perform any action at all, in accordance with their instructions. In the course of the ensuing paragraph, which, importantly, focuses on actions performed by the Corinthians and the Corcyraeans, the Athenians are only mentioned in passing. Thus, when a strategic move by the Corcyraeans is described in ., it is added (κα) that the ten Athenian ships were also present (α @Αττικα> δ κα παρ8σαν). The Athenian ships are also mentioned in a description of the Corcyraean and Corinthian fleet formed in order of battle, respectively in . ( π> μ6ν τ9 δεξι9ν κ ρας Κερκυραων α @Αττικα> ν8ες) and . (εBνυμον δ6 κ ρας αBτο> ο Κορν-

ιοι τας 3ριστα τ(ν νε(ν πλεο7σαις κατ2 το=ς @Αηναους κα> τ9 δεξι9ν τ(ν Κερκυραων εIχον). Moreover, it is explicitly stated in . that the Athenian ships only served to alarm the Corinthians (φβον μ6ν παρεχον τος ναντοις), but that the Athenian commanders did not start battle (μ χης δ6 οBκ 0ρχον) from fear of their instructions from Athens (δεδιτες ο στρατηγο> τ:ν πρρρησιν τ(ν @Αηναων). Finally,

when the Athenians saw that the Corcyraeans were hard pressed, they started to assist them more unequivocally (. ο δ6 @Αηναοι Hρ(ντες

το=ς Κερκυραους πιεζομ νους μ+λλον Jδη προφασστως πεκο7ρουν), but reluctantly, for initially (τ9 μ6ν πρ(τον) they still refrained

from any offensive attack. Then a new and decisive stage is reached when the situation had grown so grave that the Athenians found it untenable. This stage is marked by a preposed, sentence-initially placed πειδ--clause,28 the verbal constituents of which are imperfects, so that the

28 On preposed subordinate clauses and discourse segmentation, see Buijs (: Chapter ).

a tale of two involuntary encounters



situation is focalized from the viewpoint of the Athenians29 (. πειδ: δ6 ? τροπ: γγνετο λαμπρ(ς κα> ν κειντο ο Κορνιοι): then at last (ττε . . . Jδη), as the addressee will easily understand (δ-), every man set about performing his task, and no distinction was made (. ττε δ: $ργου π+ς εWχετο Jδη κα> διεκ κριτο οBδ6ν $τι). A final sentence reports the collision between the Corinthians and the Athenians, rhetorically presented in that order, as a result of necessity (ν γκη) rather than of the own free will of the Athenians (. λλ2 ξυν πεσεν ς το'το ν γκης Pστε πιχειρ8σαι λλ-λοις το=ς Κορινους κα> @Αηναους).

The text continues with actions performed by the Corinthians after the rout. Again, the Athenians are instantly abandoned as a Discourse Topic (cf. .), and are only mentioned in passing when the Corcyraeans, accompanied by the Athenian vessels (. μετ2 τ(ν @Αττικ(ν νε(ν), advanced to meet the Corinthians, in response to a renewed attack. The two parties did not come to an encounter, as the Corinthians withdrew when they saw a reinforcement of twenty Athenian ships sailing up (. κατιδντες εWκοσι να'ς @Αηναων προσπλεο7σας, _ς Dστερον τ(ν δ κα βοηο=ς ξ πεμψαν ο @Αηναοι, δεσαντες, περ γ νετο, μ:

νικη(σιν ο Κερκυραοι κα> α σφ τεραι δ κα ν8ες pλγαι μ7νειν Oσιν). The Corinthians suspected that these twenty ships came from Athens (. τ(ν Κορινων πελντων οB πολ= Dστερον δ κα να'ς αBτος πστειλαν βοηο7ςZ () στρατ'γει δ6 αBτ(ν Λακεδαιμνις τε H Κμωνος κα> Διτιμος H Στρομβχου κα> Πρωτ ας H @Επικλ ους. () προεπον δ6 αBτος μ: ναυμαχεν Κορινοις, zν μ: π> Κ ρκυραν πλ ωσι κα> μ λλωσιν ποβανειν z ς τ(ν κενων τι χωρωνZ οDτω δ6 κωλ7ειν κατ2 δ7ναμιν. προεπον δ6 τα'τα το' μ: λ7ειν Rνεκα τ2ς σπονδ ς.

(.) α! μ,ν δ> νFες φικνονται ς τ:ν Κ ρκυραν, ο! δ, Κορ νιοι, πειδ> ατος παρεσκεαστο, $πλεον π> τ:ν Κ ρκυραν ναυσ> πεντ-κοντα κα> Kκατν. :σαν δ6 @Ηλεων μ6ν δ κα, Μεγαρ ων δ6 δδεκα κα> Λευκαδων δ κα, @Αμπρακιωτ(ν δ6 Kπτ2 κα> εWκοσι κα> @Ανακτορων μα, αBτ(ν δ6 Κορινων νεν-κονταZ () στρατηγο> δ6 το7των :σαν μ6ν κα> κατ2 πλεις Kκ στων, Κορινων δ6 Ξενοκλεδης H ΕBυκλ ους π μπτος αBτς. () πειδ> δ, προσμειξαν τV8 κατ2 Κ ρκυραν Uπερ.ω π9 Λευκ δος πλ οντες, )ρμ ζονται ς Χειμ ριον τ8ς Θεσπρωτδος γ8ς. (.) With these motives, the Athenians received the Corcyraeans into alliance, and sent to their aid, soon after the departure of the Corinthians, ten ships. () Their commanders were Lacedaemonius, son of Cimon, Diotimus son of Strombichus, and Porteas son of Epicles. () The Athenians had given orders to them not to engage with the Corinthians unless they should sail against Corcyra and attempt to land there, or to some place belonging to the Corcyraeans; but in that case they were to thwart them if possible. They had given these orders to avoid breaking the treaty. (.) These ships arrived at Corcyra, and the Corinthians, when their preparations had been made, sailed against Corcyra with one hundred and fifty ships. Of these ten belonged to the Eleans, twelve to the Megareans, ten to the Leucadians, twenty-seven to the Ambraciots, one to the Anactorians, and ninety to the Corinthians themselves. () The several cities had each its own general, but Xenoclides son of Euthycles and four others commanded the Corinthians. () When they drew near the mainland opposite Corcyra sailing from Leucas, they anchored at Chimerium, in the territory of Thesprotia.

In this passage, two out of three participants in the naval battle are introduced and contrasted. Coherence is brought about by continuity of topic: we are first presented with the first moves of the Athenians, their ten ships, and their admirals, then with those of the Corinthians. Both sequences are closed off by a HP predicate30 (. φικνο'νται; 30

For an interpretation of the historical present in this sequence, see Section . below.

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

. Hρμζονται); a textual boundary is marked linguistically by means of ‘transition-marking’ μ ν . . . δ ,31 articulating a topic switch (. α μ6ν δ: ν8ες . . . ο δ6 Κορνιοι). The text type is narrative, since there is temporal progression indicated by verb forms (προσεδ ξαντο, π στειλαν, φικνο'νται, $πλεον,32 Hρμζονται), temporal subclauses ( πειδ: αBτος παρεσκε7αστο, πειδ: δ6 προσ μειξαν) and a time adverb (οB πολ= Dστερον). Intervening imperfects that do not advance narrative time are used for background material (note also the word order): in these clauses, the generals are identified (. στρατ-γει; . 0σαν) or the number of ships is given (. 0σαν). Interestingly enough, the aorist indicatives προεπον, twice (.), do not advance narrative time either, as can be seen from the fact that, just like the imperfect στρατ-γει, they are placed in sentence initial position. Expanding on the instructions given to the commanders of the fleet when it was sent away (π στειλαν), the narrator emphasises the fact that the Athenians wanted to observe the treaty and therefore instructed the admirals of the ten ships to avoid a naval battle with the Corinthians. .. $στι δ6 λιμ-ν, κα> πλις Kκατ9ν να'ς, aν 0ρχε Μικι δης κα> Ασιμδης κα> ΕBρ7βατος, στρατοπεδεσαντο ν μι*+ τ(ν ν-σων αr καλονται Σ7βοταZ κα> α @Αττικα> δ κα παρFσαν. () π> δ6 τV8 ΛευκμμVη αBτος τ.( κρωτηρ.ω H πεζ9ς :ν κα> Ζακυνων χλιοι Hπλται βεβοηηκ9τες. () :σαν δ6 κα> τος Κορινοις ν τV8 Uπερ.ω πολλο> τ(ν βαρβ ρων παραβεβοηηκ9τεςH ο γ7ρ τα7τVη Uπειρ(ται α sμα R.ω πλ οντες καορ(σι τ2ς τ(ν Κερκυραων να'ς μετερους τε κα> π> σφ+ς πλεο7σας.

(.) It was at this point of the mainland then that the Corinthians cast anchor and made a camp. (.) The Corcyraeans, when they became aware of their approach, manned a hundred and ten ships under the command of Miciades, Aesimides, and Eurybatus, and encamped on one of the islands which are called Sybota; the ten Attic ships were also present. () The Corcyraean land-forces were at the promontory of Leukimne, and also a thousand hoplites of the Zacynthians who had come to aid the Corcyraeans. () The Corinthians, also, had the aid of many barbarians who had assembled on the mainland adjacent; for the dwellers on the mainland in that region have always been friendly to them. (.) When their preparations had been made, the Corinthians took provisions for three days and put off by night from Chimerium with the intention of giving battle, () and at daybreak as they sailed along they descried the ships of the Corcyraeans out at sea and sailing to meet them.

After the informative passage, the particle ο)ν in . marks that the main narrative line is taken up where it was stopped. This passage is, again, concerned with two participants in the conflict, the Corinthians and the Corcyraeans. The anaphoric pronoun ντα'α and the quite exceptional restatement of the HP Hρμζονται serves the function of securing textual cohesion, before one action is added that is hardly sur-

a tale of two involuntary encounters



prising and is closely connected to the preceding by τε κα (στρατπεδον ποι-σαντο). At the same time, as witness μ ν, the sentence closes off the preceding passage on the Corinthians, and prepares for a topic switch. The δ -member in . presents the Corcyraeans as the new V σοντο αBτο=ς προσπλ topic, followed by a setting constituent (5ς J οντας) that conveys to the addressee that the Corcyraeans only reacted to the approach of the Corinthians. After the preposed subclause, a preposed aorist participle (πληρσαντες) and a finite aorist main verb ( στρατοπεδε7σαντο) build up a temporal sequence. A relative clause follows, which presents information through an omnitemporal present (αr καλο'νται Σ7βοτα). In the next sentence, added by κα, the presence of the Athenian ships is only mentioned in a descriptive clause whose verbal constituent is an imperfect (παρ8σαν). In . and . narrative time is not moved forward either; rather, the description is continued when the Corcyraean land forces and the allies on both sides are introduced through imperfects in combination with perfect participles (0ν . . . βεβοηηκτες, which triggers a switch to the other party: 0σαν . . . παραβεβοηηκτες). The omnitemporal present in the following γ ρclause presents, again, information (αε ποτε . . . εσν). Then the πειδ--clause in . does several things at the same time: anaphorically, it picks up the Corinthians from the preceding backgrounded description of the allies of the Corinthians on the mainland, establishing them as the new topic on the narrative plane, while cataphorically, it initiates the new stage by providing a setting for the narrative events to follow: a preposed aorist participle (λαβντες), an imperfect (ν-γοντο) which looks forward to events to come, and finally an historical present (. καορ(σι; see below). ..–. +ς δ, κατεδον λλ'λους, ντιπαρετσσοντο, π> μ6ν τ9 δεξι9ν κ ρας Κερκυραων α @Αττικα> ν8ες, τ9 δ6 3λλο αBτο> πεχον τρα τ λη ποι-σαντες τ(ν νε(ν, aν :ρχε τ(ν τρι(ν στρατηγ(ν Kκ στου ε,ς. () ο?τω μ,ν Κερκυραοι τξαντο, Κοριν οις δ, τ9 μ6ν δεξι9ν κ ρας α Μεγαρδες ν8ες εIχον κα> α @Αμπρακιτιδες, κατ2 δ6 τ9 μ σον ο 3λλοι ξ7μμαχοι 5ς RκαστοιZ εBνυμον δ6 κ ρας αBτο> ο Κορνιοι τας 3ριστα τ(ν νε(ν πλεο7σαις κατ2 το=ς @Αηναους κα> τ9 δεξι9ν τ(ν Κερκυραων εIχον.

(.) ξυμμε ξαντες δ, πειδ> τ7 σημεα 4κατροις Bρη, ναυμχουν, πολλο=ς μ6ν Hπλτας $χοντες μφτεροι π> τ(ν καταστρωμ των, πολλο=ς δ6 τοξτας τε κα> κοντιστ ς, τ.( παλαι.( τρπ.ω πειρτερον $τι παρεσκευασμ νοι.



adriaan rademaker & michel buijs (.) And as soon as they saw one another, they drew up in opposing battle lines, the Attic ships on the right wing of the Corcyraeans, who themselves held the rest of the line forming three divisions, each under the command of one of the three generals. () So the Corcyraeans arrayed themselves; but the right wing of the Corinthian fleet was held by the Megarians ships and the Ambracian, in the centre were the other allies with their several contingents, while the left was held by the Corinthians themselves with their best sailing ships, opposed to the Athenians and the right wing of the Corcyraeans. (.) When the standards were raised on either side they joined battle and fought, both having many hoplites on the decks as well as many archers and javelin-men, for they were still equipped rather rudely in the ancient fashion.

The 5ς-clause in . presents the next stage of the slowly evolving narrative. Its verbal constituent, κατεδον, secures anaphoric textual cohesion by means of a back-reference to καορ(σι in the preceding passage, but for the first time the two rivalling parties perceived each other (λλ-λους). The aorist indicative κατεδον builds a narrative sequence with the following imperfect ντιπαρετ σσοντο, which is on the narrative line, looking forward to events to come. These, however, do not occur until .. First, we are presented with, again, a backgrounded description (note the imperfects .– πεχον . . . 0ρχε . . . εIχον, twice), which performs the function of presenting the formation on both sides. The intervening clause with an aorist indicative ( τ ξαντο) at the beginning of . performs a textorganizational function only, marking the transition from the one party to the other and showing all formal characteristics of a closing line: an anaphoric deictic element (οDτω), transitionmarking μ ν, an aorist indicative, and an informational content that can be said to be ‘all given’ (note that τ ξαντο picks up the preceding ντιπαρετ σσοντο). The narrative line left open-ended with the imperfect ντιπαρετ σσοντο is continued, in . (note δ ), with an aorist participle, an πειδ--clause and a main verb which informs us of the beginning of the naval battle proper. The order in which the events are presented does not mirror the events as they must have occurred in the real world, which should have been πειδ: τ2 σημεα Kκατ ροις Jρη, ξυμμεξαντες ναυμ χουν. The aorist participle ξυμμεξαντες takes the sentenceinitial position, because unlike the subclause, it presents an action of movement; in this order, tracking of spatio-temporal progression on the narrative line is facilitated (ντιπαρετ σσοντο . . . ξυμμεξαντες . . . ναυμ χουν). With the imperfect ναυμ χουν, the action all earlier moves have been leading up to is presented. The choice of an imperfect for an

a tale of two involuntary encounters



event on the main line of the narrative is, again (see . $πλεον, . ν-γοντο and . ντιπαρετ σσοντο), to be explained from the fact that it raises questions as to how the narrative will continue, and, especially, which actions were performed in the course of this ναυμαχα. ..–. :ν τε A ναυμαχ α καρτερ, τV8 μ6ν τ χνVη οBχ Hμοως, πεζομαχ*α δ6 τ9 πλ ον προσφερ:ς ο)σα. () πειδ> γ7ρ προσβλοιεν λλ'λοις, οB {*αδως πελοντο {μVη τ9 πλ ον ναυμχουν z πιστ-μVη. () πανταχ&F μ6ν ο)ν πολ=ς ρυβος κα> ταραχδης :ν A ναυμαχ α, ν Vt α! 1Αττικα. νFες παραγιγν9μεναι τος Κερκυραοις, εW π&η πιζοιντο, φβον μ6ν παρεχον τος ναντοις, μ χης δ6 οBκ :ρχον δεδιτες ο στρατηγο> τ:ν πρρρησιν τ(ν @Αηναων. () μ λιστα δ6 τ9 δεξι9ν κ ρας τ(ν Κορινων π9νειH ο γ7ρ Κερκυραοι εWκοσι ναυσ>ν αBτο=ς τρεψμενοι κα. καταδι;ξαντες σπορ δας ς τ:ν Jπειρον κα. μ χρι το' στρατοπ δου πλεσαντες αBτ(ν κα. πεκβντες νπρησν τε τ2ς σκην2ς ρ-μους κα. τ2 χρ-ματα δι'ρπασαν. () τα7τVη μ6ν ο)ν ο Κορνιοι κα> ο ξ7μV δ6 αBτο> :σαν ο μαχοι Aσσ(ντ9 [τε] κα. ο Κερκυραοι πεκρτουνH t Κορνιοι, π> τ.( εBων7μ.ω, πολ= ν κων, τος Κερκυραοις τ(ν εWκοσι νε(ν π9 λ σσονος πλ-ους κ τ8ς διξεως οB παρουσ(ν. () ο δ6 @Αηναοι Hρ(ντες το=ς Κερκυραους πιεζομ νους μ+λλον Bδη προφασστως πεκορουν, τ9 μ6ν πρ(τον πεχμενοι Pστε μ: μβ λλειν τινZ πειδ> δ6 ? τροπ: γ γνετο λαμπρ(ς κα. νκειντο ο Κορνιοι, τ9τε δ> $ργου π+ς εJχετο Bδη κα. διεκκριτο οBδ6ν $τι, λλ7 ξυνπεσεν ς τοτο νγκης Kστε πιχειρFσαι λλ'λοις το8ς Κοριν ους κα. 1Αηνα ους.

(.) τFς δ, τροπFς γενομνης ο! Κορ νιοι τ2 σκ φη μ,ν οχ ε"λκον ναδομενοι τ(ν νε(ν _ς καταδ7σειαν, πρ9ς δ, το=ς νρπους τρποντο φονε7ειν διεκπλ οντες μ+λλον z ζωγρεν, το7ς τε α τ.( δεξι.( κ ρ*α, γνοο'ντες $κτεινον. () πολλ(ν γ7ρ νε(ν οBσ(ν μφοτ ρων κα> π> πολ= τ8ς αλ σσης πεχουσ(ν, πειδ: ξυν μειξαν λλ-λοις, οB {*αδως τ>ν διγνωσιν ποιοντο Hποοι κρτουν z κρατοντοH ναυμαχ α γ7ρ α?τη iΕλλησι πρ9ς iΕλληνας νε(ν πλ-ει μεγ στη δ> τ(ν πρ9 α ταραχδης 0ν ? ναυμαχα; the verbs remain imperfects (0ν . . . παρεχον . . . 0ρχον; note also the present participle παραγιγνμεναι and the distributive optative πι ζοιντο). The description continues with the observation that the right wing of the Corinthians suffered most (another imperfect: πνει, .). How this came about is presented in an embedded clause (note γ ρ): six actions by which the Corcyraeans defeated the right wing of the Corinthians are narrated, rather than described. We are presented with a topic constituent at the beginning of the clause (ο Κερκυραοι), followed by a series of preposed aorist participles33 and finite verbs (τρεψ μενοι κα> καταδιξαντες . . . κα> . . . πλε7σαντες . . . κα> πεκβ ντες ν πρησ ν τε . . . κα> . . . δι-ρπασαν), which constitute a short narrative sequence. With the particle ο)ν in ., the description is resumed; note also the series of imperfects ?σσ(ντο . . . πεκρ τουν . . . 0σαν . . . νκων. The passage progresses spatially through the scene, as marked by τα7τVη in the μ ν-member which describes the situation as it was brought about by the preceding, narrated events, and by Vt in the δ -member, which initiates a new scene in the description. In . the description is continued with another imperfect ( πεκο7ρουν), but the situation described has altered. What we have here, is, we contend, a continuation of the descriptive text type in which real world time has progressed after the departure of the twenty Corcyraean ships (.). At this point (Jδη), however, the Athenians assisted the Corcyraeans more unequivocally. More temporal features enter the description: a subclause (whose verbal constituents are imperfects: γγνετο34 κα> ν κειντο), a time adverb (ττε), and another instance of Jδη. With the particle δ- (after ττε), the narrator invites the addressee to agree that at this point the Athenians could not but interfere, as described by the imperfect εWχετο and by the pluperfect διεκ κριτο. By using—in this descriptive passage—marked aorists (ξυν πεσεν ς το'το ν γκης Pστε πιχειρ8σαι), he adds from his omniscient stance that it was out of necessity that it came to a collision between the Corinthians and Athenians, who are rhetorically presented in this order.

33 For that matter, in the Sybota episode, preposed aorist participles are exclusively found in narrative clauses. 34 The imperfect of the verb γγνομαι is very rare in an πειδ--clause. At any rate, the situation is focalized from the viewpoint of the Athenians (see Section .); note also the evaluative term λαμπρ(ς.



adriaan rademaker & michel buijs

Thereafter, the narrator remains conspicuously silent on any action performed by the Athenians after their collision with the Corinthians. Instead, the τροπ- mentioned in the πειδ--clause is referred back to in the sentence-initially placed genitive absolute (τ8ς δ6 τροπ8ς γενομ νης, .), which functions as a hinge between two adjacent discourse units,35 and at the same time sets the point of departure for a short narrative sequence of actions performed by the Corinthians (ο Κορνιοι . . . μ6ν οBχ ε,λκον . . . δ . . . τρ ποντο . . . τε . . . $κτεινον). The remarkable fact that the Corinthians slew their own men receives an explanation in a γ ρ–clause (.). Another embedded clause introduced by γ ρ follows, which provides information by which the content of the preceding γ ρclause can be understood: ναυμαχα γ2ρ αDτη iΕλλησι πρ9ς iΕλληνας νε(ν πλ-ει μεγστη δ: τ(ν πρ9 α δ, κατεδ ωξαν το=ς Κερκυραους ο Κορνιοι ς τ:ν γ8ν, πρ9ς τ2 ναυ για κα> το=ς νεκρο=ς το=ς σφετ ρους τρποντο, κα. τ(ν πλεστων κρτησαν Kστε προσκομ σαι πρ9ς τ2 Σ7βοτα, ο, αBτος H κατ2 γ8ν στρατ9ς τ(ν βαρβ ρων προσεβεβοη-κειZ $στι δ6 τ2 Σ7βοτα τ8ς Θεσπρωτδος λιμ:ν ρ8μος. τοτο δ, ποι'σαντες α)ις Lροισντες ππλεον τος Κερκυραοις. () ο! δ, τας πλωμοις κα> σαι 0σαν λοιπα> μετ2 τ(ν @Αττικ(ν νε(ν κα> αBτο> ντεππλεον, δεσαντες μ: ς τ:ν

35

See Buijs (: –).

a tale of two involuntary encounters



γ8ν σφ(ν πειρ(σιν ποβανειν. () Bδη δ, :ν Mψ, κα. πεπαινιστο αBτος 5ς ς ππλουν, κα. ο Κορνιοι ξαπνης πρ7μναν κροοντο κατιδ9ντες εWκοσι να'ς @Αηναων προσπλεο7σας, _ς Dστερον τ(ν δ κα βοηο=ς ξ πεμψαν ο @Αηναοι, δεσαντες, περ γ νετο, μ: νικη(σιν ο Κερκυραοι κα> α φ τεραι δ κα ν8ες pλγαι μ7νειν Oσιν.

(.) τατας οCν προϊδ9ντες ο Κορνιοι κα. *ποτοπ'σαντες π’ @Αην(ν εIναι οBχ σας Kρων λλ2 πλεους *πανεχ;ρουν. () τος δ, Κερκυρα οις (ππλεον γ7ρ μ+λλον κ το' φανο'ς) οBχ 4ωρ(ντο, κα> αμαζον το=ς Κορινους πρ7μναν κρουομ νους, πρ ν τινες αBτο> νεχ;ρουνH ξυνεσκ9ταζε γ7ρ Bδη, κα. ο Κορνιοι ποτραπ9μενοι τ>ν διλυσιν ποι'σαντο. () ο?τω μ,ν A παλλαγ> γνετο λλ'λων, κα. A ναυμαχ α τελετα ς νκτα. () τος δ, Κερκυρα οις στρατοπεδευομ νοις π> τV8 ΛευκμμVη α εWκοσι ν8ες α κ τ(ν @Αην(ν αLται, aν 0ρχε Γλα7κων τε H Λε γρου κα> † @Ανδοκδης H Λεωγρου †, δι2 τ(ν νεκρ(ν κα> ναυαγων προσκομισεσαι κατπλεον ς τ9 στρατπεδον οB πολλ.( Dστερον z Tφησαν. () ο δ6 Κερκυραοι (:ν γ7ρ ν7ξ) φοβ'ησαν μ: πολ μιαι Oσιν, $πειτα δ, $γνωσανH κα. +ρμ σαντο. (.) But when the Corinthians had chased the Corcyraeans to the shore, they turned to the wrecks and their own dead, and they were able to recover most of them and to fetch them to Sybota, whither the land forces of the barbarians had come to their aid. Sybota is an unused harbour of Thesprotia. When they had accomplished this, they got their forces together and sailed once more against the Corcyraeans. () And they, with such of their vessels as were seaworthy and all the rest that had not been engaged, together with the Attic ships, on their part also sailed to meet them, fearing that they would embark on their territory. () It was now late and the paean had been sounded for the onset, when the Corinthians suddenly began to back water; for they sighted twenty Attic ships approaching, which the Athenians had sent out after the ten as a reinforcement, fearing just what happened, namely that the Corcyraeans would be defeated and their own ten ships would be too few to help them. (.) So when the Corinthians sighted these ships before the Corcyraeans did and suspected that they were from Athens and that there were more of them than they saw, they began to withdraw. () For the Corcyraeans, however, the Athenian ships were sailing up more out of view and could not be seen by them, and so they wondered that the Corinthians were backing water, until some of them caught sight of the ships and said, “Yonder are ships sailing up.” Then they too retreated—for it was already getting dark; whereupon the Corinthians put their ships about and broke off the action. () Thus they separated, and the sea-fight ended at nightfall. () And while the Corcyraeans were encamping at Leukimne, the twenty ships from Athens, under the command of Glaucon son of Leagrus and Andocides son of Leogoras, having made their way through the corpses and the wrecks, sailed down to the camp not long after they had



adriaan rademaker & michel buijs been sighted. And the Corcyraeans—for it was night—were afraid they were enemies; but afterwards they recognized them and the ships came to anchor.

This final passage is of the narrative text type again. The πειδ--clause in . picks up the narrative line and introduces the next stage: the Corinthians chased (κατεδωξαν) the Corcyraeans to land, and they turned ( τρ ποντο) to the wrecks and their dead, and they got hold of most these so that they were able to convey (Pστε προσκομσαι) them to Sybota. The mentioning of this location triggers a backgrounded sentence of information ($στι). After this, the resumptive participial clause το'το δ6 ποι-σαντες continues the narrative, to be followed by another aorist participle (Qροισ ντες) and an imperfect ( π πλεον) that is on the narrative line, indicating that more information about this action will be given. A topic switch is articulated (. ο δ ), and another imperfect presents the countermove of the Corcyraeans (ντεπ πλεον). Then an imperfect and a pluperfect (. Jδη δ6 0ν pψ6 κα> πεπαι νιστο) create the setting for the collision to happen: as it was getting late, things had to be quickened, and the paean had already been sounded for the attack (5ς ς ππλουν), but then all of a sudden ( ξαπνης) the Corinthians backed water (πρ7μναν κρο7οντο, another imperfect). An aorist participle (κατιδντες), postposed because much information is to be conveyed, informs us of what the Corinthians saw. After this rather long coda to the preceding sentence the narrative line is picked up in . with the arrival of twenty additional Athenian ships, as marked by the anaphoric pronoun τα7τας, the particle ο)ν and the repetition of a verb of seeing in an aorist participle: προϊδντες. We learn that the Corinthians saw these additional Athenian ships first, that they expected them to be sent from Athens ( αBτο> νεχρουν), while the information that the battle ceased with night ( τελε7τα ς ν7κτα) is inferrable from the preceding information that it was getting dark (ξυνεσκταζε).



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the whole, the Corinthians are presented as the main aggressors.37 In this section we shall show that the distribution of HP predicates underscores this observation, and reveals the argumentative goal of the narrator. HP predicates occur, of course, only in narrative passages. The ten Athenian ships arrive at Corcyra (. φικνο'νται), the Corinthians anchored in Chimerium, in the territory of Thesprotia (. Hρμζονται), an event that is restated after an informative passage (. Hρμζονται) and the Corinthians sighted the Corcyraean fleet out at sea, and coming towards them (. καορ(σι). It would make little sense to maintain that in the case of these actions, an historical present has been chosen for reasons of ‘vividness’.38 Rather, the historical presents have to be accounted for in terms of the purport of the narrator’s account of this naval battle as a whole. The historical presents are distributed over the Athenians and their enemies, the Corinthians. The action by the Athenians that receives an historical present is a plain arrival, but from the context we are to deduce that they did not have any hostile intentions at all: the action is to be characterized as a defensive move on behalf of the Corcyraeans. The harbouring of the Corinthians in Chimerium, in the territory of Thesprotia, the continent opposite Corcyra, seems, in itself, a neutral action, too. However, from the fact that they intend to attack Corcyra, it turns out that it is to be taken as a provocative action. The last HP predicate presents an action by the Corcyraean fleet that is not narrated, but rhetorically only presented through the eyes of the Corinthians (cf. also π> σφ+ς): apparently, the Corcyraean fleet was out at sea, and coming towards the Corinthians. This probably implies that the Corcyraeans intended to attack the Corinthians, but the narrator presents the sighting of the Corcyraean fleet as an opportunity for the Corinthians to make the attack themselves. By this presentation, we are to infer that the Corinthians started the hostilities, and that they are to blame for the entire conflict, while Athens (and, for that matter, their allies the Corcyraeans) just became part of the conflict as a matter of circumstance— a conclusion that was also, and independently of the usage of historical present, drawn in our analysis of the position of Athens in Section ..

37 38

Cf. also Thucydides .. See Section ..

a tale of two involuntary encounters



. General Conclusion A linguistic analysis of the accounts of the battle of Sybota (Histories .–) and the Potidaean revolt (Histories .–) reveals, we think, that the Thucydidean narrator is not an annalist who confines himself to recording events in a neutral manner; rather, he is an artist who communicates his own interpretation of events to his audience. Specifically, he suggests that in the battle of Sybota, the Athenians did all they could to avoid a direct collision with the Corinthians until they were forced to come to the aid of their Corcyraean allies. And in the narration of the Potidaean revolt, it is claimed that Athens came too late to prevent the revolt and had to react to changed situations by sending additional troops twice. In both episodes, the general tenor of the text is that the Athenians tried to keep the peace treaty but were forced to respond to overt aggression on the side of the Corinthians. We found it useful to take account of the narrator’s use of various text types because this helps to see how the narrator conveys his argumentative goals to his addressee. With the exception of the narrator’s assertion that the siege of Potidaea did not represent a breach of the treaty and hence was not the beginning of the war (.), most interpretative claims are not made in passages of the argumentative text type, but rather within narrative or descriptive passages. Sometimes, arguments are made in backgrounded sentences within these descriptive or narrative passages, as in the narrator’s claim that the Athenians instructed their generals to avoid a direct confrontation with the Corinthians (..). Besides, argumentative claims are often made in participial clauses expressing the thoughts and motives of one of the parties involved: by representing events from the point of view of one of his ‘characters’, the narrator can make claims about that party’s intentions. A clear instance occurs in .., where the narrator says that the Athenians wished to prevent the Potidaean revolt but at the same time raises the expectation that these intentions were somehow thwarted. Thirdly, claims can also be made on the basis of the description of a specific situation; a clear instance is .., where it is suggested that in view of an imminent Corinthian breakthrough, it was ‘self-evident’ that the Athenians had to assist their allies more openly than before. These devices of ‘hiding’ interpretative claims in explanatory background material and of grounding them either in the point of view of a specific party or in a description of the general situation, help to suggest that the narrator’s interpretation of events arises



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quite naturally out of the events themselves; it is suggested that the narrator lets events speak for themselves without imposing his own interpretation on them. In narrative passages, the use of isolated HP forms also performs an argumentative function. Such HP forms narrate those events within the story that are directly relevant to the narrator’s communicative concerns; they mark those events that the narrator considers decisive in the sense that they best illustrate his interpretation of the episode as a whole. In both episodes, the HP verbs highlight the strategic moves of both parties leading up to the hostilities. They do not mark ‘vivid’ or ‘climactic’ events as such; for instance, in .., the verb καορ(σι does not express a climactic point at all, but implies that the narrator presents the sighting of the Corcyraean fleet as an opportunity for the Corinthians to make an attack. In fact, with the single exception of Aristeus’ perception of imminent defeat (..), no events within the battles themselves are highlighted by HP forms in either episode. This may seem surprising, until one realises that the narrator is not primarily concerned with depicting the military details of the battles as such, but rather with their role as casus belli. Consequently, he highlights all the strategic ‘moves’ that serve to put the blame for the hostilities on the Corinthians, and to suggest that Athens was forced to respond to the Corinthian hostility. Our interpretation of the use of the HP forms in these two battle scenes benefits, we think, from an integrated linguistic analysis that takes account of the prevailing text type of the episodes, and especially of the argumentative features that stand out from their narrative or descriptive contexts. Since these argumentative passages are marked off from their context by other linguistic features, our claims with respect to the function of the HP forms in these episodes are backed up by other linguistic data. These include the use of text-structuring and interactional particles, explicit narratorial comments and participial phrases focalising the thoughts and motives of the dramatis personae. On the macro level, the pragmatic organization of texts comes in too, notably in the Sybota episode, in which the narrator strikingly avoids to bring in the Athenians as a discourse topic. Thus, the use of HP forms in narrative texts is revealed to be one significant argumentative element within a piece of narrative discourse, an argumentative feature that can only be understood properly in the con-

a tale of two involuntary encounters



text of a full-scale interpretation of all the argumentative features of a certain text. In the case of these two battle scenes, our analysis revealed a narrator who is intent on demonstrating his claim that Athens did not actively encourage the outbreak of hostilities, but nevertheless engaged in armed conflict with the Corinthians when forced by the situation.

chapter six IMPARFAIT, AORISTE ET PRÉSENT HISTORIQUE DANS LES RÉCITS DES QUATRE BATAILLES NAVALES DE SYRACUSE (GUERRE DU PÉLOPONNÈSE, LIVRE 7)

Louis Basset Abstract In the seventh book of his Peloponnesian War, Thucydides relates the four naval battles that took place before Syracuse between the Athenians and their enemies. These four narratives are neatly written with many correlations between them. Special care seems to have been devoted to the use of verbal narrative tenses. The tense used most is the imperfect (to which we may add a few pluperfects). It expresses the course of events in an even way. When aorist and historical present occur, they may be viewed as contributing to shape the narrative (the aorist mainly concludes a section, while the historical present mainly highlights a special event). The first battle (–) may be divided into three sections. The first one relates an unfinished naval battle; it makes use only of the imperfect. It is abruptly interrupted in the second section by two historical presents that set up an unexpected shift to engagements of land forces. This second section continues with four imperfects and ends with an aorist. The third section resumes the unfinished naval battle of the first section with an imperfect and ends the whole narration of that battle with seven aorists. The second battle lasts three days (.–.), but the third day may be divided into three sections. The first day is related in ten imperfects and ends with two aorists. During the second day, there is no fighting. The Athenians make new preparations: two imperfects are followed by three aorists. At the beginning of the third day, a restrained naval battle is set up (two imperfects), and then interrupted when the Syracusans unexpectedly resort to a trick (historical present) in order to make the Athenians believe they have given up the battle for the day. They put the decision to use this trick into operation (three aorists). In the second part of the day, the battle is resumed in conformity with the Syracusans’ plan, which is related in four imperfects. Then after having held back as before (an aorist), the Athenians decide to go into closer combat (five imperfects). The battle ends when they are defeated (one aorist). The last part of the narrative of this battle relates first how most of the fleeing Athenian ships are saved thanks to the preparations of the previous day (three imperfects), and then is followed by an account of losses on each side (five aorists).



louis basset

The third battle lasts two days, but with a preliminary period when the Athenians, who where resolved to leave, are prevented from doing so by an eclipse of the moon (.–). The preliminary phase has a complex structure: first two imperfects, then an aorist for the Athenians’ decision to leave (which will be without effect), then an historical present for the moon eclipse, then four imperfects and two pluperfects for the Athenians’ postponement of their departure and for Syracusan preparations. On the first day, there occurs only a small battle on land. The narrative starts with an imperfect, followed by three historical presents when a small Athenian troop is defeated. It ends with an aorist. On the second day, the troops engage in full action, both on sea and on land (one historical present). The action is related (three imperfects) until the Athenians’ naval defeat (two historical presents). Next, the narrative continues with the pursuit of the Athenian ships and Gylippus’ strike onto the shore in order to seize them (three imperfects). But fortunately the Tyrrhenian soldiers repel him (two historical presents), thereby enabling most of the Athenian ships to be saved (ten aorists). In the fourth battle, the Athenian ships try desperately to break the blockade of the harbour. Their land forces can only watch the naval operations in anguish (.–.). The fighting starts, but Thucydides writes rather a description of a confused struggle than a true battle narrative. There are virtually only imperfects, except for two aorists in a parenthesis, and an aorist with 3ν expressing a repetition. A final aorist reports the final flight of the Athenian ships. Then the pursuit of the Athenian ships (one imperfect) results in the escape of some of them and in the seizure of others by the enemy (two aorists). For their part, the foot soldiers are panic-stricken and try to go to their rescue (three imperfects, one pluperfect). Two final aorists relate how in conclusion the Syracusans laid claim to victory. In these four narratives, the predominant tense is the imperfect. It corresponds to a chain of events of equal importance, that follow each other as expected. This tense implies that the ongoing narrative is not over. If a section exceptionally ends with this tense, it is because the narrative is only suspended and will be resumed later (first battle). In the fourth battle, there are also descriptive imperfects, which are not of a narrative nature, but express repetition (in competition with an aorist with 3ν). The aorist is generally used in these four narratives to close off a more ore less important section. There are only two narrative aorists that do not conclude a section. They both correspond to a deadlock, i.e. an action that leads nowhere, because what it announces does not follow (the Athenians’ holding back during the second battle, and the Athenian decision to leave before the third battle). Therefore, all narrative aorists in these four narratives have a closing-off meaning, opposed to the opening meaning of the imperfects. There are, however, also a few non-narrative aorists in the fourth battle (two in a parenthesis and one with 3ν expressing a repetition in the past). The historical present does not appear in the story of the final battle. This narrative seems to be too tragic to allow any highlighting of an unexpected or crucial event. An unexpected event with heavy consequences is indeed what this tense seems to express, as we may see in the first and the second battles, as well as in its use for the eclipse of the moon before the third battle. There

imparfait, aoriste et présent historique

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are more historical presents in the narrative of the two days of that third battle. The second day is very dramatic, which may explain the highlighting of some crucial events. On the first day, however, only skirmishes occur, which makes the three historical presents that relate them not easy to explain: they may have a contrastive value with respect to the dramatic strain of the second day.

Introduction Les quatre batailles navales de Syracuse, au livre  de La Guerre du Péloponnèse, forment un ensemble fortement structuré d’ une grande intensité dramatique. Elles ponctuent en effet l’ affaiblissement graduel des forces athéniennes devant Syracuse. La bataille de Naupacte, qui s’ intercale après la première de ces quatre batailles (.), n’ entre pas dans cet ensemble, bien que les ennemis d’ Athènes y inaugurent la tactique de la Sténokhôria qu’ ils utiliseront à partir de la deuxième bataille de Syracuse. Que ces quatre batailles constituent un ensemble apparaît dans le fait qu’ on observe entre elles des correspondances. Ainsi, les première et quatrième batailles sont des batailles d’ un jour, alors que les deuxième et troisième sont des batailles de deux jours, mais avec en plus un jour intercalaire sans combat pour la deuxième, et une phase préliminaire pour la troisième. Des opérations terrestres cruciales accompagnent les première et troisième batailles, pas les seconde et quatrième. Enfin l’ armée de terre athénienne se comporte en spectatrice de la bataille navale dans les première et quatrième batailles. Il s’ agit certes de correspondances factuelles, mais la structuration du récit de Thucydide souligne ces correspondances et divergences. Le soin apporté par Thucydide à la narration de ces quatre batailles suggère que les oppositions aspectuelles et temporelles y sont particulièrement soignées et significatives dans les verbes principaux à l’ indicatif, c’ est-à-dire ceux qui permettent de structurer la narration. S’ opposent ainsi l’ imparfait (Impf), qui est dominant, l’ aoriste (Ao) et le présent historique (Prés), sans compter de très rares occurrences du plus-que-parfait (Pqpf) fonctionnant comme un imparfait d’ état. Une étude détaillée de ces quatre narrations permet donc de faire des hypothèses sur les fonctions qu’ assument les trois temps principaux du récit, imparfait, aoriste et présent historique. Ces hypothèses sont fondées sur les positions qu’ occupent ces temps verbaux à l’ intérieur des unités narratives dans un corpus restreint. Elles demandent à être confrontées à d’ autres études. Celles-ci peuvent être du même type sur

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d’ autres corpus restreints (voir celles, ici même, de J. Lallot, A. Rijksbaron, A. Rademaker—M. Buijs). Mais la fonction des temps verbaux dans la narration peut aussi être étudiée selon d’ autres approches : recherches statistiques des verbes et des procès qui apparaissent plus volontiers à tel ou tel temps (voir ici même les études de C. George et de J. Lallot et alii) ; ou bien études portant sur les préférences temporelles de tel ou tel verbe particulier, avec éventuellement confrontation de paires minimales (voir ici même les études de R. Allan, B. Jacquinod, F. Lambert, O. MortierWaldschmidt). Ces différentes approches peuvent éclairer sous des jours différents l’ usage des temps verbaux et enrichir notre compréhension de la technique narrative de Thucydide. Première bataille navale (. et ) Cette bataille navale d’ un jour est doublée d’ une bataille terrestre selon une séquence tripartite : première partie navale laissée en suspens, deuxième partie terrestre, troisième partie navale. Elle est d’ une structure simple en ce qui concerne les oppositions aspectuelles des verbes principaux. Tout le chapitre  est consacré aux débuts de la bataille navale : sept verbes principaux, tous à l’ Impf. a. L’ armée de terre de Gylippe est mise en attente ($μελλε προσβαλεν). b. Les Syracusains font sortir un contingent naval du Grand Port, et un autre du Petit Port ( π πλεον, περι πλεον). c. Les Athéniens opposent des contingents des deux côtés ( ναυμ χουν, π-ντων). d. La bataille fait rage à l’ entrée du Grand Port ( ναυμ χουν, ντεχον). On a dans cette première étape une suite ouverte de mouvements et d’ événements, décrivant le début d’ une bataille navale. Ces actions ne vont pas jusqu’ à leur terme naturel, la fin de la bataille. Le récit s’ interrompt donc sur le temps de l’ Impf qui montre qu’ il n’ est pas achevé.1 1 Cet emploi du thème de présent se rattache à « la propriété fondamentale de nondiscontinuité (construction d’ un domaine ouvert) », définie par A. Culioli dans Jacquinod éd. (: –).

imparfait, aoriste et présent historique



Le chapitre . et , narre l’ épisode central, qui est une péripétie terrestre. Celle-ci commence avec deux Prés, continue avec quatre Impf et se clôt sur un Ao. a. L’ armée de terre de Gylippe attaque et prend par surprise les trois fortins du Plemmyrion délaissés par leurs occupants qui étaient sortis pour voir la bataille navale (. ; deux Prés : φ νει, αρε). b. Les occupants du premier fortin pris ont de la peine à s’ échapper en bateau vers leur camp, car alors les Syracusains ont l’ avantage (deux Impf : ξεκομζοντο, πεδικοντο). c. Mais à la prise des deux autres fortins (Impf : ?λσκετο) les Syracusains n’ ont plus l’ avantage (Impf : τ7γχανον Jδη νικμενοι) et leurs occupants s’ échappent facilement (Ao : παρ πλευσαν). Les deux Prés semblent souligner l’ effet de surprise, pour le lecteur comme pour les protagonistes de l’ armée athénienne : mise en lumière d’ une rupture de « frayage » qui détourne l’ attention du théâtre maritime vers le théâtre terrestre.2 En outre, tout le chapitre  qui suit le récit de cette bataille insistera sur l’ importance de la prise du Plemmyrion pour la suite des événements (. : μ γιστον κ κωσε). Les deux Prés associent donc effet de surprise (φ νει) à l’ importance de l’ événement (αρε). Les Impf reprennent ensuite la succession ouverte des événements de la bataille terrestre, jusqu’ à son terme exprimé à l’ Ao de fermeture.3 Le chapitre . et , narre la fin de la bataille navale et en fait le bilan : un Impf suivi de  Ao. a. Des navires syracusains pénètrent en désordre dans l’ entrée du port (Impf : εσ πλεον). b. La victoire passe finalement aux Athéniens (deux Ao : παρ δοσαν, $τρεψαν). c. Bilan des dommages infligés et subis par les Athéniens (quatre Ao : κατ δυσαν, π κτειναν, ζγρησαν, διεφ ρησαν). d. Retour au camp des Athéniens (Ao : νεχρησαν).

2 Pour la notion de « frayage », voir « Essai de bilan » de A. Culioli, dans Jacquinod éd. (: –). 3 Cet aoriste de fermeture correspond à la notion de « discontinuité » (cf. A. Culioli, « Essai de bilan », dans Jacquinod éd. (: –)), ainsi qu’ à la valeur terminative, ou confective, « completed » (cf. Rijksbaron b), qui lui est souvent attribuée.

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La continuation du récit de la bataille navale, qui avait été suspendu par l’ épisode central, se fait à l’ Impf, qui prolonge les Impf de la première unité narrative. Mais son achèvement et son bilan sont tout entiers exprimés à l’ Ao. On peut cependant distinguer trois Ao proprement de fermeture, qui énoncent la fin du combat (παρ δοσαν, $τρεψαν puis νεχρησαν) et les quatre Ao de bilan, qui ne suivent pas le fil de la narration, mais établissent un constat d’ un point de vue global qui est celui du narrateur (Ao constatif). Deuxième bataille navale (.. à .) Cette deuxième bataille comporte aussi un affrontement terrestre, mais cette fois-ci il est initial. Celui-ci est très vite délaissé et toute l’ attention se porte sur l’ affrontement naval et ses péripéties. Il s’ agit d’ une bataille navale complexe, avec des atermoiements qui la font durer trois journées. La première journée se réduit à des accrochages. La journée centrale est sans combat (les Athéniens prennent de nouvelles dispositions). La troisième journée est elle-même subdivisée en trois parties, d’ abord par un arrêt provisoire du combat, puis par une victoire syracusaine momentanée, la poursuite des navires athéniens étant ensuite interrompue grâce aux aménagements de Nicias. La première journée (de . à .) est consacrée aux mises en place et à des affrontements modérés des troupes ennemies, avec de faibles pertes navales athéniennes (dix Impf) jusqu’ aux séparations des armées, sur mer et sur terre (deux Ao). a. Annonce de la double entreprise, terrestre et maritime, des Syracusains ( πεχερουν). b. Action terrestre de Gylippe (προσ8γε, προσV-ει). c. Action navale des Syracusains (( π)εξ πλεον). d. Émoi ( ορυβο'ντο) des Athéniens, qui font opposition sur tous les fronts (ντιπαρετ σσοντο, ντεπεξV8σαν, πλ-ρουν, παρεβο-ουν, νταν8γον). e. En fin de journée, on se sépare, sur mer et sur terre (deux Ao : διεκρησαν, π8λεν). La longue série d’ Impf correspond à une succession ouverte d’ actions sans fait décisif ou inattendu, jusqu’ à la séparation finale, sans résultat, des armées, exprimée avec deux Ao de fermeture.

imparfait, aoriste et présent historique



Dans la deuxième journée (. et ), les Syracusains ne bougent pas. Nicias fait préparer une meilleure défense pour les navires athéniens (Deux Impf suivis de trois Ao). a. Repos des Syracusains (Impf : ?σ7χαζον). b. Nicias fait réparer les navires endommagés (Impf : Uν γκαζεν). c. Il fait installer une ligne de repli (deux Ao : προρμισε, κατ στησεν). Les Athéniens y passent toute la journée (Ao : διετ λεσαν). Les deux Impf expriment les attitudes contrastées des Syracusains et de Nicias. Les deux premiers Ao énoncent les résultats de l’ activité athénienne et ferment l’ épisode. Le dernier Ao (διετ λεσαν) est unique chez Thucydide et ce verbe chez Hérodote n’ a que des imparfaits. C’ est un verbe dont l’ Aktionsart appelle plutôt l’ imparfait, en particulier lorsqu’ il est construit comme ici avec un participe PR (παρασκευαζμενοι).4 Cet aoriste exceptionnel s’ explique donc par sa position à l’ extrême fin d’ un épisode. Ses deux compléments de temps (λην τ:ν ?μ ραν et μ χρι νυκτς) soulignent sa valeur d’ Ao de bilan. Le début de la troisième journée (de . à ., sauf dernier verbe) commence comme la première par un combat modéré (deux Impf), mais intervient alors la ruse imaginée par Ariston (un Prés). Elle est immédiatement mise en œuvre (trois Ao). a. La bataille recommence (Impf : προσ μισγον) et dure la plus grande partie de la journée (Impf : δι8γον). b. Ariston fait adopter une ruse de guerre : se retirer du combat pour le repas, mais de façon à le reprendre aussitôt après (Prés : πεει). c. Les Syracusains appliquent son plan et se retirent du combat (trois Ao : $πεμψαν, παρεσκευ ση, $πλευσαν). L’ intervention inopinée d’ Ariston, exprimée au Prés, qui met donc en lumière un fait nouveau, rompt la succession normale des phases de la bataille, qui avait commencé à l’ Impf. Il en résulte un comportement inhabituel des Syracusains, qui interrompt provisoirement la bataille. Ce comportement est exprimé à l’ Ao de fermeture. La deuxième partie de la troisième journée (de . : dernier verbe à . : première phrase) est la partie la plus importante de la bataille. Elle 4 Comme son synonyme δι γειν. Voir par exemple en . : π> πολ= δηγον τ8ς ?μ ρας πειρμενοι « ils passèrent une grande partie de la journée à se tâter ».

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va de la courte période d’ arrêt du combat, à sa reprise rendue possible par la ruse Syracusaine (quatre Impf). D’ abord évitée (un Ao), la mêlée recommence plus vivement du fait des Athéniens ; alors les Syracusains mettent en œuvre leur nouvelle tactique de combat naval (cinq Impf), et les Athéniens sont défaits (un Ao). a. Les Syracusains se restaurent et les Athéniens se détournent du combat en pensant que c’ est fini pour la journée : c’ est la suite attendue de la ruse d’ Ariston (deux Impf : 3ριστον ποιο'ντο, τ τε 3λλα διεπρ σσοντο). b. Grâce à cette ruse, les Syracusains peuvent reprendre le combat en surprenant les Athéniens (deux Impf : π πλεον, νταν-γοντο). c. La mêlée est d’ abord évitée (Ao : χρνον μ ν τινα π σχοντο). d. Les Athéniens attaquent plus vivement (deux Impf : οBκ δκει, ναυμ χουν) e. Mais les Syracusains appliquent leur nouvelle tactique (trois Impf : Uμ7νοντο, νερρ-γνυσαν, $βλαπτον) f. Les Athéniens sont finalement vaincus (Ao : νκησαν). Cette nouvelle unité narrative est directement enchaînée à la précédente : la transition se fait simplement par κα> εB=ς, pour souligner la mise en application de la ruse syracusaine. La succession des événements dès lors attendus est exprimée essentiellement par une suite d’ Impf, jusqu’ à la victoire syracusaine exprimée par un Ao de fermeture. Mais l’ Ao central π σχοντο est étonnant, surtout avec un accusatif de durée (voir au contraire en ,, avec π> πολ7, l’ Impf ντεχον). Il y a cependant deux particularités qui peuvent expliquer cet emploi non conclusif de l’ Ao. D’ une part, χρνον μ ν τινα doit désigner ici une courte durée. D’ autre part et surtout, le texte distingue deux moments, marqués par μ ν et $πειτα. Le premier moment fait penser que la bataille sera semblable aux rencontres précédentes (des accrochages sans grands résultats). Mais le second moment est celui qui importe pour la suite du récit, et il infirme ce qui précède. On peut donc voir dans l’ emploi de l’ Ao un procédé narratif par lequel Thucydide relègue le premier moment au second plan, en l’ envisageant déjà depuis le second, qui le rend caduc.5 5 Ce procédé narratif, qu’ on pourrait appeler « procédé de l’ impasse narrative », est utilisé à plusieurs reprises par Thucydide. L’ AO n’ est employé que lorsque Thucydide marque le caractère bref et provisoire du premier moment (pλγον χρνον) : ..; ..; ..; ..; ..; ... Si en revanche le premier moment est long (χρνον

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

C’ est un peu comme s’ il y avait une subordination : « Après qu’ ils se furent tenus écartés quelque temps, il sembla ensuite aux Athéniens . . . ». Il ne s’ agit donc pas d’ un aoriste de fermeture à proprement parler, car nous restons à l’ intérieur d’ un épisode de la bataille, qui n’ est pas achevé. Mais l’ Ao signale ici une fausse route, ou une impasse, à l’ intérieur de l’ épisode. Il est à remarquer que cette fausse route aurait été la continuation de la tactique de l’ avant-veille et du matin. Il y a discontinuité par rapport à ce qui suit. La phase finale de la troisième journée (de . : deuxième phrase, à .) est, après la défaite, la poursuite des navires athéniens par les Syracusains, lesquels sont arrêtés par la ligne de défense prévue par Nicias (trois Impf). Les Syracusains finissent par subir des pertes et leur élan victorieux est interrompu (trois Ao). Ils se retirent et dressent deux trophées, pour les première et troisième journées (cinq Ao). a. Fuite des Athéniens, poursuite des Syracusains, qui sont arrêtés par les aménagements de Nicias (trois Impf : τ:ν κατ φευξιν ποιο'ντο, πεδωκον, κλυον). b. En fin de compte, les Syracusains subissent des pertes (trois Ao : προσ μειξαν, διεφ ρησαν, K λω). c. Les Syracusains se retirent (un groupe participial apposé donne le compte des pertes qu’ ils ont infligées aux Athéniens) et dressent deux trophées, se considérant comme victorieux (deux Ao : πεχρησαν, $στησαν). La poursuite est immédiatement enchaînée à la victoire syracusaine (simple coordination par κα). Dans cette unité narrative ainsi annexée à celle de la bataille proprement dite, on retrouve une succession d’ actions à l’ Impf, suivie d’ une phase finale complexe avec cinq Ao de fermeture, qui correspondent à deux temps : les pertes finales subies par les Syracusains, puis leur retour malgré tout victorieux. Troisième bataille navale (.. à ) La troisième bataille navale et terrestre de Syracuse dure deux journées, mais est précédée d’ une phase préliminaire décisive, où les Athéniens πολ7ν) et prend de ce fait une plus grande importance narrative, c’ est généralement

l’ IMP qui est employé : ..; ..; ...

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prennent d’ abord la décision de lever le camp, mais en sont empêchés par une éclipse de lune. La première journée est réduite à une escarmouche. La tension dramatique est très forte dans la deuxième journée, où les Athéniens ont failli perdre leur flotte. La succession des Impf, Ao et Prés est plus complexe que dans les deux batailles précédentes, surtout du fait d’ un plus grand nombre de Prés. La phase préliminaire (de . à . : première phrase) montre dans un premier temps les attitudes opposées des belligérants (deux Impf), jusqu’ à l’ ordre donné aux Athéniens de se préparer à lever le camp (un Ao). Dans un deuxième temps, une éclipse de lune (un Prés) entraîne l’ ajournement du départ et la préparation d’ une bataille (quatre Impf et deux Pqpf). a. Préparatifs des Syracusains et décision des généraux athéniens de lever le camp (deux Impf : παρεσκευ ζοντο, μετεμ λοντο). b. Ordre donné aux Athéniens de se préparer à partir (Ao : προεπον). c. Éclipse de lune (Prés : κλεπει). d. Ajournement du départ (deux Impf, un Pqpf : κ λευον, $φη, ? μον: γεγ νητο). e. Attitude et préparatifs des Syracusains (Pqpf : πηρμ νοι 0σαν, deux Impf : πλ-ρουν, νεπειρ(ντο). Cette unité narrative est rendue complexe par l’ intervention d’ une péripétie inattendue, qui modifie la succession des événements. Cette péripétie lourde de conséquences est mise en relief au moyen d’ un Prés. L’ aoriste qui précède n’ est pas un Ao de fermeture qui signalerait la fin d’ une unité narrative. Il semble relever du même procédé narratif d’ anticipation que celui qui a été suggéré pour π σχοντο dans la seconde bataille : « Ils avaient donné l’ ordre . . . Et alors qu’ ils allaient partir, il se produit une éclipse de lune ». Un fait non pertinent pour la succession des événements à venir est envisagé depuis le moment de l’ événement qui lui fait suite et le rend caduc. Un tel Ao signale donc une impasse narrative. Toute cette phase préliminaire s’ achève sur l’ attente de la bataille, donc sur une ouverture : d’ où exceptionnellement des Impf (et Pqpf). Pendant la première journée de la bataille (après plusieurs jours de préparatifs, de . : deuxième phrase, à . : première phrase), a lieu une action terrestre des Syracusains contre le camp athénien.

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a. Attaque des Syracusains contre le rempart athénien (Impf : προσ βαλλον). b. Victoire sur une petite troupe athénienne qui a fait une sortie (trois Prés : πολαμβ νουσι, καταδικουσι, πολλ7ασι). c. Retrait de l’ armée syracusaine (Ao : πεχρησεν). Cette seconde unité narrative, relativement simple, comporte cependant, après un seul Impf d’ ouverture, trois Prés, juste avant l’ Ao de fermeture. Cet emploi du Prés ne correspond pas cette fois-ci à un effet de surprise (pas de rupture de « frayage »). D’ autre part, il n’ indique pas un événement militaire de première importance : Thucydide insiste sur le fait qu’ il s’ agit plutôt d’ une escarmouche (μ ρους τιν9ς οB πολλο' . . . , οB πολλο7ς). Enfin, on n’ a pas ici un événement marqué comme saillant à l’ intérieur d’ une unité narrative, mais c’ est toute une petite unité narrative que Thucydide détaille et met en relief (sans usage ni de l’ Impf, ni de l’ Ao). Cet emploi inhabituel du Prés doit correspondre à un choix lié à la façon dont Thucydide structure le récit de l’ ensemble de la bataille. Il s’ agit peut-être pour lui de souligner le contraste avec la deuxième journée, beaucoup plus dramatique, qu’ il introduit d’ ailleurs immédiatement avec un Prés. Thucydide prend soin en effet d’ établir entre les deux journées une forte transition contrastive (τα7τVη μ6ν τV8 ?μ ρ*α πεχρησεν

? στρατα τ(ν ΣυρακοσωνZ τV8 δ’ ν κπλ ουσιν . . . « Ce jour-là l’ armée des Syracusains se retira ; mais le lendemain,

ils sortent avec leurs navires . . . »). La mise en relief de ce qui ne fut qu’ une escarmouche sans conséquence a pour effet de créer une attente, comme si on attirait l’ attention sur un léger coup de tonnerre annonciateur d’ orage. Ainsi, l’ insignifiance de la première journée serait soulignée pour préparer à l’ importance de la seconde. Dans la deuxième journée (de . à ), l’ action est à la fois maritime et terrestre. On peut distinguer deux phases. Une première phase se termine par une défaite athénienne sur mer (un Prés, trois Impf, deux Prés). Dans la deuxième phase, après la poursuite où Gylippe intervient sur le rivage (trois Impf), une troupe de Tyrrhéniens alliés d’ Athènes le repousse (deux Prés). Les Athéniens finissent par l’ emporter sur terre et sauvent la plupart de leurs vaisseaux ; les deux partis dressent un trophée (onze Ao).

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Première phase : jusqu’ à la défaite navale. a. Sortie des Syracusains sur mer et sur terre (Prés : κπλ ουσιν). b. Action terrestre et navale (trois Impf : χρουν, νταν8γον, ναυμ χουν). c. Après une mauvaise manœuvre d’ Eurymédon, défaite athénienne (deux Prés : πολαμβ νουσι, διαφερουσι). Deuxième phase : jusqu’ au salut de la flotte. d. Poursuite de navires athéniens et intervention de Gylippe sur le rivage (trois Impf : κατεδωκον, ξεουν, παρεβο-ει). e. Retournement de situation : Gylippe est repoussé par les Tyrrhéniens (deux Prés : τρ πουσι, σβ λλουσιν).6 f. Victoire athénienne sur terre et sauvetage de la plupart des navires (onze Ao : κατ στησαν, πεδωξαν, π κτειναν, δι σωσαν, ξυν-γαγον, $λαβον, π κτειναν, φεσαν, ντεμηχαν-σαντο, πηλλ γησαν, $στησαν). Cette unité narrative est manifestement très dramatique. La succession normale des événements à l’ Impf est rompue trois fois par l’ irruption du Prés. Celui-ci met en relief successivement le recommencement de la bataille (cette fois-ci générale, et marquée ainsi dès le début comme décisive), la défaite navale athénienne (tout près du désastre), puis le retournement de situation provoqué par le succès athénien sur terre (qui sauve la plus grande partie de la flotte et l’ armée). L’ épisode s’ achève sur une importante série d’ Ao. Cette série déborde des cadres habituels de la conclusion d’ une bataille : on y trouve des Ao de bilan (pertes athéniennes), mais aussi de nouvelles péripéties, mais sans effet et en partie antérieures au moment du salut (rupture du fil des événements). Tout se passe comme si, après l’ annonce du salut des Athéniens (les deux derniers Prés), le reste n’ avait valeur que de confirmation. Quatrième bataille navale (.. à .) La quatrième bataille de Syracuse diffère des précédentes en ce qu’ il s’ agit désormais pour les Athéniens de s’ échapper, et pour cela de forcer le barrage installé par les Syracusains à la sortie du port. C’ est donc 6 Pour cet emploi du Prés τρ πουσι lié à un retournement de situation, voir ici même l’ article d’ O. Mortier-Waldschmidt.

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une bataille uniquement navale. L’ armée de terre est réduite au rôle de spectatrice. C’ est en outre plus une mêlée confuse qu’ une bataille organisée. Il n’ y a aucun Prés et l’ Impf est de loin le plus employé. Les préparatifs de la bataille (. à ) sont la mise en place des Syracusains, le dernier appel de Nicias aux triérarques, puis l’ installation par lui de l’ armée de terre sur le rivage (Trois Impf, un Ao). a. Les Syracusains embarquent, Nicias harangue les triérarques, puis emmène l’ armée de terre (trois Impf : ντεπλ-ρουν, κ λει, 0γε). b. Il la dispose sur le rivage (Ao : παρ ταξεν). Succession d’ actions à l’ Impf et un Ao de fermeture pour cette unité narrative toute simple. La bataille proprement dite (. à .) est engagée et devient générale (neuf Impf). La mêlée est alors décrite de façon statique (description, plutôt que narration), ainsi que les sentiments des soldats spectateurs, avec des Impf de répétition, sauf une parenthèse hors récit avec deux Ao, et un Ao avec la particule 3ν exprimant la répétition.7 a. Démosthène, Ménandre et Euthydème s’ attaquent au barrage, la flotte Syracusaine le garde et leur armée de terre prend place pour porter aide au besoin. Au début, les Athéniens remportent quelque succès (six Impf : $πλεον, προσ μισγον, κρ τουν, φ7λασσον, παρεβο-ει, πειρ(ντο). Mais la bataille devient générale (trois Impf : οB . . . $τι μνον 0ν, γγνετο, 0ν). b. Description de la mêlée (trois Impf : γγνετο, ερ πευον, Uπεγετο). c. Parenthèse (.) : Cette bataille a vu le plus grand nombre de navires s’ affronter dans le plus étroit espace (deux Ao constatifs hors récit : ναυμ χησαν, π λιπον). d. Reprise de la description de la mêlée (sept Impf : γγνοντο, 0σαν, χρ(ντο, πειρ(ντο, ξυνετ7γχανε, γγνετο, Uρτων). e. Description des sentiments des fantassins spectateurs (dix Impf et un Ao de répétition avec 3ν : εIχε, 0ν, Uναγκ ζοντο, νε ρσησ ν τε xν, τρ ποντο, χρ(ντο, δουλο'ντο, δι8γον, δι φευγον, πλλυντο, 0ν). 7 Pour la distinction entre « narration » et « description », voir la théorie des « discourse modes » (Smith,  et ici même l’ article de A. Rademaker et M. Buijs), ou « narrative modes » (ici même l’ article de R. Allan).



louis basset

f. Retour aux souffrances des marins (Impf : $πασχον) et leur déroute finale, dans la même phrase (Ao : $τρεψαν). Narration et description (surtout de l’ armée terrestre spectatrice) à l’ Impf se mêlent dans cette unité narrative sans Prés (aucun fait saillant). À l’ intérieur de l’ épisode, les Ao sont hors récit, constatifs,8 sauf un Ao descriptif (répétition). Seul l’ Ao final est narratif, apportant un terme à la mêlée. Immédiatement enchaînée à la défaite (.), la poursuite aboutit soit à la prise des navires, soit à leur arrivée en catastrophe au rivage du camp (un Impf, deux Ao). Les fantassins viennent à l’ aide ou cherchent à se sauver, c’ est la panique (trois Impf, un Pqpf). Les Syracusains récupèrent leurs dépouilles et dressent un trophée (deux Ao). a. Poursuite (Impf : κατεδωκον). b. Perte ou fuite des navires athéniens (deux Ao : σοι μ: K λωσαν, ξ πεσον). c. Comportement et panique des fantassins athéniens (trois Impf, un Pqpf : παρεβο-ουν, διεσκπουν, 0ν, πεπνεσαν). d. Les Syracusains tirent les conséquences de leur victoire (deux Ao : νελοντο, $στησαν). Comme à la fin de la deuxième bataille, la poursuite (Impf) est annexée à la bataille par une simple coordination (τε . . . κα). Elle aboutit cette foisci à la perte des navires (Ao). Puis un changement de point de vue montre le comportement de l’ armée terrestre (Impf et Pqpf, passage à nouveau plus descriptif que narratif), avant la fermeture générale du récit à l’ Ao. Conclusion sur les oppositions Impf, Ao et Prés L’ intérêt d’ une étude détaillée est de mieux faire deviner les stratégies narratives de l’ auteur. L’ étude attentive de ces quatre narrations de batailles permet donc de faire des hypothèses sur l’ emploi narratif des formes Impf (éventuellement associé au Pqpf), Ao et Prés. Bien entendu, ces hypothèses, fondées sur un corpus restreint, doivent être confirmées

8 Un aoriste constatif interrompt le fil de la narration pour établir un lien entre les événements du passé et le présent de la situation de communication (voir Bakker  et , ainsi que Basset ).

imparfait, aoriste et présent historique



par d’ autres études. On se référera donc aux études que l’ on trouvera dans cet ouvrage et dans d’ autres travaux.9 Dans ces quatre narrations, le temps le plus employé est l’ Impf, qui exprime une succession égale et ouverte d’ événements, même quand il s’ agit d’ événements ponctuels. Contrairement à une opinion assez répandue, c’ est donc l’ Impf, et non l’ Ao, qui est le temps de base dans ces narrations. Cette forme a la valeur continuative du thème de présent, en ce qu’ elle fait attendre normalement une prolongation du récit. Quand un épisode se termine sur un Impf, c’ est signe que la narration est suspendue : fin de la première partie de la première bataille, fin de la phase préliminaire de la troisième. À lui s’ oppose, dans ces quatre narrations, un Ao qui est le plus souvent de fermeture, car il achève alors un épisode. Cet aoriste de fermeture ne correspond cependant pas toujours à une division importante du texte : dans la deuxième bataille, la ruse syracusaine fait qu’ une seconde phase s’ enchaîne immédiatement à la précédente ; dans les deuxième et quatrième batailles, à la défaite qui met fin à la mêlée est immédiatement enchaînée la poursuite. Quand il conclut toute une bataille, l’ emploi de l’ Ao de fermeture peut être plus massif. Mais il y est aussi souvent accompagné d’ un Ao de bilan qui doit être considéré comme extérieur à la narration proprement dite. Un tel Ao en effet ne correspond plus au fil des événements, il exprime un point de vue global sur l’ épisode, point de vue qui est celui du narrateur. C’ est un Ao constatif. Outre les cas d’ Ao hors récit (parenthèse introduisant le point de vue du narrateur, bilan) et un cas d’ Ao descriptif avec 3ν (répétition), on n’ observe dans ces quatre batailles que deux cas où un Ao narratif n’ est pas à proprement parler de fermeture. Il se trouve que tous deux évoquent un fait sans suite, parce que la suite du récit ne correspond pas à celle qu’ ils font attendre. Je pense que Thucydide use ici d’ un procédé narratif d’ anticipation. Il évoquerait ces faits sans suite en se plaçant déjà dans la situation du fait suivant. De cette façon, il indiquerait, dès l’ énoncé du fait exprimé à l’ Ao, qu’ il n’ aura pas sa suite naturelle. Cet Ao qui ne ferme pas un épisode, signale une fausse route ou une impasse à l’ intérieur d’ un épisode. Dans cet emploi, l’ Ao a donc bien la même valeur discontinuative que l’ Ao de fermeture. 9 Voir notre introduction et en particulier diverses études dans Bakker ed. () et Allan—Buijs ed. ().



louis basset

L’ Impf peut aussi être descriptif, non narratif. C’ est en particulier le temps de la répétition ouverte dans la quatrième bataille. Il s’ y oppose à un seul Ao qui, accompagné de 3ν (νε ρσησ ν τε 3ν), correspond aussi à une répétition. La nuance entre l’ imparfait de répétition et cet aoriste avec 3ν me semble être la même que celle qu’ il m’ a semblé observer entre le présent de vérité générale et l’ aoriste gnomique. Alors que le premier énonce quelque chose qui est toujours vrai, le second énonce quelque chose qui se réalise à l’ occasion, ce qui en fait un dérivé de l’ aoriste d’ expérience (avec πολλ κις ou Jδη). Ici l’ aoriste avec 3ν ajoute une note pathétique en suggérant que l’ affolement l’ emportait, mais que « il leur arrivait de reprendre courage ». Le présent historique est absent de la quatrième bataille. Le pathétique de cette narration / description semble être au-delà de la force expressive qu’ on attribue souvent à ce temps. Ce pathétique exclut en effet tout inattendu ou rupture de « frayage », et toute saillance d’ un événement particulier, valeurs qui me semblent être la meilleure explication des présents dans les première et seconde batailles. Sont ainsi mis en relief des événements inattendus qui modifient le cours du récit. Avant la troisième bataille, l’ éclipse de lune ( κλεπει) est encore clairement un inattendu lourd de conséquences (du moins pour des gens superstitieux comme Nicias et la troupe athénienne). La plus forte présence du présent dans la deuxième journée de cette bataille me semble correspondre à une plus grande tension dramatique. Thucydide souligne trois instants cruciaux : début de la bataille décisive (un Prés), défaite navale des Athéniens tout près de la catastrophe (deux Prés), succès terrestre qui les sauve provisoirement (deux Prés). Le cas de la première journée de cette bataille est cependant différent : entre l’ ouverture à l’ Impf et la fermeture à l’ Ao, l’ épisode se réduit à trois Prés. Or le seul fait de cette première journée est une escarmouche terrestre sans conséquence (les Athéniens y perdent soixante-dix chevaux et quelques hoplites). Sa mise en relief par l’ emploi du présent est donc surprenante et doit être liée à la façon dont Thucydide structure l’ ensemble du récit de la troisième bataille. D’ une façon générale, j’ expliquerais volontiers le présent historique, non par une valeur temporelle neutre du présent qui serait « non marqué », mais par une valeur forte de « présentification » quasi métaphorique (voir dans l’ article de R. Allan, la notion « d’ immédiateté épistémique »). C’ est ici comme si le récit devenait une « re-présentation » de l’ histoire, selon le principe platonicien de la μμησις. Le résultat est la

imparfait, aoriste et présent historique



mise en relief de certains éléments du récit. Multiples sont les facteurs qui peuvent susciter un tel choix de mise en relief : le plus souvent, événements inattendus et lourds de conséquences, pics d’ intensité dramatique. Mais il me semble que Thucydide a pu choisir de mettre en relief même une simple escarmouche pour la mettre en contraste avec une bataille générale à laquelle elle sert de préambule. Cependant, on peut trouver d’ autres motivations au choix du présent (voir ici même les articles de F. Lambert et de A. Rademaker—M. Buijs). Ce choix est en effet déterminé en fin de compte par les intentions narratives de Thucydide, parfois bien difficiles à déceler, plutôt que par des relations objectives entre les événements. Selon cette interprétation du présent historique, l’ événement narré est rapproché (métaphoriquement) de l’ événement narrant. Il est de ce fait pour ainsi dire réduit aux dimensions du dire. Ceci explique que le présent historique soit fondamentalement ponctuel, bien loin de la valeur durative qu’ on prête parfois au thème de présent. Cette valeur ponctuelle est bien mise en lumière ici même dans plusieurs articles, en particulier celui de C. George. En outre, les statistiques de J. Lallot et alii montrent que les verbes qui se mettent le plus volontiers au présent historique sont des verbes d’ Aktionsart ponctuelle.

chapter seven THE PROFANATION OF THE MYSTERIES AND THE MUTILATION OF THE HERMAE TWO VARIATIONS ON TWO THEMES

Albert Rijksbaron Résumé Cet article vise à élucider la fonction du P(résent) H(istorique) à travers une comparaison de son emploi dans deux récits qui concernent les mêmes événements historiques, à savoir la parodie des Mystères d’ Éleusis et la mutilation des Hermès, événements qui se sont produits en plein milieu de la Guerre du Péloponnèse, en . Les auteurs de ces récits sont, d’ une part, Thucydide, au livre six, chapitres –, .,  et , et d’ autre part Andocide, Sur les Mystères, §§ – (parodie) et – (mutilation). Les deux auteurs recourent aux PH d’ un nombre restreint de verbes, notamment ceux qui ont le sens de ‘dénoncer’ et notions apparentées. Le choix qu’ ils font du PH a pour effet de présenter les dénonciations comme les actions les plus importantes, les actions ‘charnière’ de toute cette histoire. Ainsi, μην7εται en .. ouvre le récit de Thucydide sur les conséquences de la parodie des Mystères, qui implique notamment Alcibiade, et le PH μην7ει en .. souligne l’ importance de cette dénonciation qui concerne les Hermès, et c’ est de nouveau μην7ει en .. qui souligne l’ énormité du crime d’ Alcibiade. Autre fait pertinent : quatre des six PH dans ces passages concernent Alcibiade (μην7εται (.), καταλαμβ νουσι (.), π μπουσιν (.) et μην7ει (.)). Chez Andocide, μην7ειν est de loin le terme juridique le plus fréquent :  occurrences du verbe et des mots apparentés, soit , par page, contre  occurrences des mots bâtis sur σεβ-. Il est vrai que du PH μην7ει il n’ y a qu’ une occurrence, mais la grande majorité des autres PH ( / ) consiste en variantes sémantiques de μην7ειν, puisqu’ ils concernent la notion de ‘donner des informations contre autrui’ : παγγ λλεται μην7σειν (), πογρ φει (, , , ), εσαγγ λλει . . . φ σκων εδ ναι το=ς περικψαντας (), λ γει (, ). Ces PH indiquent que les dénonciateurs et leurs actions avaient une importance particulière pour le procès d’ Andocide, ce que confirme en effet le contexte. Finalement, le μην7ει du §  a un intérêt particulier, parce qu’ il démontre que l’ emploi d’ un PH est un phénomène d’ ordre rhétorique. On constate en effet que le procès-verbal de son procès, qu’ Andocide cite au même paragraphe, présente l’ aoriste μ-νυσε pour le même événement. Andocide a donc dans cette partie de la narration de son discours remplacé l’ aoriste banal du procès-verbal par une forme verbale ‘chargée’, qui servait mieux ses intérêts argumentatifs.



albert rijksbaron

The well-known events mentioned in the title, which occurred in the middle of the Peloponnesian War and had a dramatic impact on the course of that war, are narrated, in full or in part, by Thucydides, in book .–, .., , , and Andocides On the Mysteries – (profanation) and – (mutilation).1 The aim of this paper is to discuss the role of the historical present in the narratives of Thucydides and Andocides. For the, extremely complicated, order of the events I can conveniently refer to the reconstruction in Appendix E of MacDowell’s edition of On the Mysteries. Below I present, in tabular form, first a brief inventory of the historical presents involved and then the passages where our forms are found, as much as possible parallel to each other. Next, taking Thucydides’ account as a starting point, I will discuss the historical present. Thucydides .–, –, 

Andocides On the Mysteries –. –

. μην7εται . καταλαμβ νουσι . ναπεεται . . . μην'σαι . μην7ει . π μπουσιν . μην7ει

 παγγ λλεται  πογρ φει  πογρ φει  παραδδωσιν  μην7ει  πογρ φει  εσαγγ λλει  πογρ φει  λ γει  λ γει  καλο'σι

.. μετ2 δ6 το'το ?μ ρ*α π μπτVη κκλησα α)ις γγνετο, κα’ τι χρ:

τ:ν παρασκευ:ν τας ναυσ> τ χιστα γγνεσαι .. κα> ο μ6ν ν παρασκευV8 0σαν. .. ν δ6 το7τ.ω, σοι NΕρμα 0σαν . . . ο πλεστοι περιεκπησαν τ2 πρσωπα2

1 References to the same events are found in Pseudo-Lysias, Against Andocides (or. ), Isocrates De bigis (or. ), Diodorus Siculus ..–; , Plut. Nic., [Plut.] Life of Andocides in the Lives of the ten Orators (= Eth. B–B). These texts are less relevant for my inquiry, since they mention rather than recount the events. The speech Against Andocides, for instance, consist mainly of an argumentatio. 2 ‘Five days after this a second assembly was held, to consider the speediest means of equiping the ships.’—‘After this the preparations began.’—‘In the midst of these preparations all the stone Hermae . . . had in one night most of them their faces mutilated.’ (translation Crawley-Strassler, with minor changes, except at ..).

the profanation of the mysteries



Thucydides .–, –, 

Andocides On the Mysteries –. –

. κα> το=ς δρ σαντας VJδει οBδες,

 €Ην μ6ν γ2ρ κκλησα τος στρατηγος τος ες Σικελαν . . . ναστ2ς δ6 Πυνικος ν τ.( δ-μ.ω εIπενZ ‘. . . κπ μπετε . . . παρασκευ:ν τοσα7την . . .

λλ2 μεγ λοις μην7τροις δημοσ*α οLτο τε ζητο'ντο κα> προσ τι ψηφσαντο, κα> εW τις 3λλο τι οIδεν σ βημα γεγενημ νον, . . . μην7ειν δε(ς3

@Αλκιβι δην δ6 τ9ν στρατηγ9ν ποδεξω τ(ν μυστηρων, συνεργ9ς Tν, το=ς 3λλους το=ς ποιο'ντας με’ Kαυτο', κα> περ> τ(ν NΕ ρμ(ν τ8ς περικοπ8ς _ J V δει.

‘No one knew who had done it, but large public rewards were offered to find those responsible; and it was further voted that anyone who knew of any other act of impiety having been committed should come and give information without fear of consequences . . .’. 4 ‘The Assembly had met to give audience to . . . the generals about to leave with the Sicilian expedition when suddenly Pythonicus rose before the people and cried: “. . . you are sending forth this mighty host . . . Yet your commander, Alcibiades, has been holding celebrations of the Mysteries in a private house, and others with him; I will prove it. Grant immunity to him whom I indicate, and a non-initiate, a slave belonging to someone here present, shall describe the Mysteries to you.” ’ (Translation Maidment). 5 ‘Information was accordingly given by some resident aliens and body servants, not about the Hermae but of some previous mutilations of other images perpetrated by young men in a drunken frolic, and of mock celebrations of the Mysteries, alleged to have taken place in private houses. Alcibiades, too, was implicated in this charge.’

 Thucydides .–, –, 

albert rijksbaron Andocides On the Mysteries –. –

Ψηφισαμ νης δ6 τ8ς βουλ8ς (0ν γ2ρ αBτοκρ τωρ) .Tχοντο π’ αBτ9ν . H δ’ $ν τε τ.( παρντι . . . πελογετο Μ γαρ δεZ κα> κομισες, 3δειαν κα> Kτομος 0ν . . . πρ>ν κπλεν ε πεμαρτ7ρετο . . . ο δ’ Kαυτο'. Κα> οLτοι κατ2 τ:ν Τε7κρου χρο> . . . π τρεπον κα> π σπευδον, μ-νυσιν T . χοντο φε7γοντες. Κα μοι λαβ6 . . . κα> $δοξε πλεν τ9ν @Αλκιβι δην.6 κα> ν γνωι τ2 pνματα αBτ(ν. @Ονματα. Το7σδε Τε'κρος μ-νυσεZ Φαδρον, Γνιφωνδην, and  others

 Τρτη μ-νυσις γ νετο. NΗ γυν: @Αλκμεωνδου . . . μ-νυσεν ν τV8 οκ*α τV8 Χαρμδου . . . μυστ-ρια

ποιεν @Αλκιβι δην κα> @Αξοχον κα> @ΑδεμαντονZ κα> $φυγον οLτοι π ντες π> τα7τVη τV8 μην7σει.  MΕτι μ-νυσις γ νετο μα. Λυδ9ς H Φερεκλ ους το' Θημακ ως μ-νυσε μυστ-ρια γγνεσαι ν τV8 οκ*α Φερεκλ ους το' δεσπτου το' Kαυτο', ν Θημακ.(Z κα> πογρφει το7ς τε 3λλους, κα> τ9ν πατ ρα $φη τ9ν μ9ν παρεναι μ ν, καε7δειν δ6 γκεκαλυμμ νον. Σπε7σιππος δ6 βουλε7ων παραδ δωσιν αBτο=ς τ.( δικαστηρ.ω.7

6

‘Alcibiades immediately denied the charges in question, and also offered . . . He protested . . . But his enemies . . . did their utmost to have his proposition rejected . . . Accordingly it was decreed that he should sail.’ 7 ‘They . . . returned with a slave of Alcibiades. His name was Andromachus. As soon as immunity had been voted him, he stated that Mysteries were celebrated in Pulytion’s house. Alcibiades, Niciades and Meletus—those were the actual celebrants; . . . () Such was the statement of Andromachus, the first of the informers. He gave the following list of persons concerned. Names. The following were denounced by Andromachus: Alcibiades, Nicides, Meletus . . . () This was the first information, gentlemen; it was due to Andromachus, and implicated the persons mentioned. () A second information followed. An alien named Teucrus, resident in Athens, quietly withdrew to Megara. From Megara he informed the Council that if immunity were granted him, he was prepared not only to lodge an information with regard to the Mysteries—as one of the participants, he would reveal the names of his companions—but he would also tell what he knew of the mutilation of the Hermae. The Council, which had supreme powers at the time, voted acceptance; and messengers were sent to Megara to fetch him. He was brought to Athens, and on being granted immunity, furnished a list of his associates. No sooner had Teucrus denounced them than they fled the country. Take the list, please, and read out their names. Names. The following were denounced by Teucrus: Phaedrus, Gniphonides, . . . () A third information followed. According to to the wife of Alcmaeonides . . . Alcibiades, Axiochus, and Adeimantus celebrated Mysteries in Charmides’ house. No sooner had the information been lodged than those concerned left the country to a man. () There was

the profanation of the mysteries Thucydides .–, –, 



Andocides On the Mysteries –. –

 καταλαμβνουσι τ:ν Σαλαμιναν

να'ν κ τ(ν @Αην(ν oκουσαν π τε @Αλκιβι δην . . . κα> π’ 3λλους τιν2ς τ(ν στρατιωτ(ν τ(ν μετ’ αBτο' μεμηνυμ νων περ> τ(ν μυστηρων 5ς σεβο7ντων, τ(ν δ6 κα> περ> τ(ν NΕρμ(ν. (.) ο γ2ρ @Αηναοι, πειδ: ? στρατι2 π πλευσεν, οBδ6ν tσσον ζ-τησιν ποιο'ντο τ(ν περ> τ2 μυστ-ρια κα> τ(ν περ> το=ς NΕρμ+ς δρασ ντων.8

. ‚Ων (viz. the actions of the Pisistratidae mentioned in –) νυμο7μενος H δ8μος . . . χαλεπ9ς

0ν ττε κα> τ(ν μυστικ(ν τ:ν αταν λαβντας . . . κα> 5ς αBτ(ν δι2 τ9 τοιο'τον pργιζομ νων πολλο τε κα> ξιλογοι 3νρωποι Jδη ν τ.( δεσμωτηρ.ω 0σαν . . . 9

 Περ> δ6 τ(ν ναημ των τ8ς περικοπ8ς κα> τ8ς μην7σεως, Pσπερ κα> τος NΕρμας μ-νυσεν ΕBκτ-μονα, Γλα7κιππον,

and  others10

. (cont’ d) ντα'α ναπε εται ε,ς  @Επειδ: δ6 δεδ μεα π ντες ν τ.( τ(ν δεδεμ νων, σπερ δκει ατιτατος αBτ.( κα> ν7ξ τε 0ν κα> τ9 δεσμωτ-ριον εIναι, κατ’ 3λλων μηνει τ9 τ(ν NΕρμ(νZ13

 ‘ε Jκουσ ς τι το7του το' πρ γματος το' γενομ νου, επ .’ – Considerations of Andocides to tell what he knew. Notably § :

πτερα περιδω το=ς μαυτο' συγγενες πολλυμ νους δκως, . . ., z εWπω @Αηναοις sπερ Jκουσα ΕBφιλ-του αBτο' το' ποι-σαντος;14  Δι2 τα'τα εIπον τV8 βουλV8 τι εδεην το=ς ποι-σαντας, κα> ξ-λεγξα τ2 γενμενα15

10 ‘Next comes the mutilation of the images and the denunciation of those responsible. I will do as I promised and tell you the whole story from the beginning. On his return from Megara Teucrus was guaranteed his immunity. Hereupon, besides communicating what he knew about the Mysteries, he gave a list of eighteen of those responsible for the mutilation of the images. Of these eighteen, a number fled the country upon being denounced; the remainder were arrested and executed upon the information lodged by Teucrus. Kindly read their names. () Names. In the matter of the Hermae Teucrus denounced: Euctemon, Glaucippus, . . .’. 11 ‘then one of those in custody . . . was induced by a fellow prisoner to give information.’ 12 ‘We were all thrown into one prison. Darkness fell, and the gates were shut. Mothers, sisters, wives, and children had gathered. Nothing was to be heard save the cries and moans of grief-stricken wretches bewailing the calamity which had overtaken them. In the midst of it all, Charmides . . . said to me: . . .’. 13 ‘He accordingly produced information implicating himself and others in the affair of the Hermae.’ 14 ‘ “Am I to look on while my own kindred perish for a crime which they have not committed . . . or am I to reveal to my countrymen the story told to me by the true criminal, Euphiletus?”.’ 15 () ‘ “I beg of you: if you have heard anything concerning this affair, disclose it.” () I therefore informed the council that I knew the offenders, and showed exactly what had occurred.’ Observe that by saying εIπον Andocides avoids the charged term μ-νυσα or π γραψα.

the profanation of the mysteries



Thucydides .–, –, 

Andocides On the Mysteries –. –

. cont’ d H δ6 δ8μος . . . τ9ν μ6ν μηνυτ:ν εB=ς κα> το=ς 3λλους μετ’ αBτο' σων μ: κατηγορ-κει $λυσαν, το=ς δ6 καταιτια ντας κρσεις ποι-σαντες το=ς μ6ν π κτειναν, σοι ξυνελ-φησαν, . . . 16

 πρ>ν κπλεν αBτ9ν π εντο, χαλεπ(ς ο @Αηναοι

λ μβανονZ κα> πειδ: τ9 τ(ν NΕρμ(ν .Tοντο σαφ6ς $χειν, πολ= δ: μ+λλον κα> τ2 μυστικ , aν πατιος 0ν, μετ2 το' αBτο' λγου κα> τ8ς ξυνωμοσας π> τ.( δ-μ.ω π’ κενου δκει πραχ8ναι. κα> γ ρ τις κα> στρατι2 Λακεδαιμονων οB πολλ: $τυχε κατ2 τ9ν καιρ9ν το'τον νa . περ> τα'τα ορυβο'ντο μ χρι @Ισμο' παρελο'σα, πρ9ς Βοιωτο7ς τι πρ σσοντες.18 . πανταχεν τε περιειστ-κει τ9ν @Αλκιβι δην πVητι(ντο, .). Next both the profanation and the affair of the Hermae are mentioned in indirect speech, which is directed against Alcibiades and attributed to his enemies. For the time being Alcibiades defends himself against the charges and declares himself ready to be questioned before sailing (H δ’ $ν τε τ.( παρντι . . . πελογετο κα> Kτομος 0ν . . . πρ>ν κπλεν κρνεσαι . . . ). His enemies, however, try to have his proposi20 ‘The Athenian forces at Catana now at once sailed against Messana in the expectation that it would be betrayed to them. The intrigue, however, came to nothing, for when Alcibiades, who was certain that he would be outlawed, left his command upon the summons from home, he gave information to the friends of the Syracusans in Messana, because he knew what would happen. They had first put to death its authors, and now being in an armed conflict they carried the point not to admit the Athenians.’ For the interpretation of μην7ει see below. I have followed Herwerden, Classen-Steup and Bodin-Romilly in deleting ο τα'τα βουλμενοι, since these three words do not construe. They may originally have been added in margine to clarify that the people who did not want the Athenians to enter prevailed. Others, e.g. Stuart Jones, Dover and CrawleyStrassler keep the words; but the translations of the latter two (Dover: ‘and now those who were opposed to receiving the Athenians, organizing themselves as an armed faction, prevailed on the city not to receive them’; Crawley-Strassler: ‘and [they] now rose in arms with those who supported them against the opposing faction and succeeded in preventing the admission of the Athenians’) depart too far from the Greek. Observe also that the τε after το7ς indicates that ο is the subject both of δι φειραν and of (κα> ττε . . .) πεκρ τουν.

the profanation of the mysteries



tion rejected, and it is decreed that he shall sail (ο δ’ χρο> . . . π τρεπον κα> π σπευδον, . . . κα> $δοξε πλεν τ9ν @Αλκιβι δην), which he does (ch. ). At ch.  Alcibiades unexpectedly returns into the narrative when Thucydides mentions the presence in Catana of the state ship Salaminia, which is there to summon Alcibiades to face trial in Athens. At . Thucydides returns to the feelings in Athens towards the men accused of the profanation of the Mysteries. First, however, the matter of the Hermae demands the attention of the Athenians, for while the city is in a state of anger a prisoner is talked into giving information about the mutilation of the Hermae. This matter having been clarified, or so they think, the Athenians can now concentrate exclusively on the profanation of the Mysteries and Alcibiades’ alleged role therein (ch. ). It is now that the presence of the Salaminia in Catana, mentioned in ch. , is explained (.). Alcibiades is allowed to sail back from Sicily on his own ship. When in Thurii, he disappears and crosses to the Peloponnesus. In Athens, he is condemned to death by default. When he is leaving Sicily Alcibiades reveals Athenian plans to the enemy (μην7ει, .).21 I note, finally, that four out of the six historical presents in the ensemble of the passages about the sacrilegious events have a direct or indirect bearing on Alcibiades: μην7εται (.), καταλαμβ νουσι (.), π μπουσιν (.) and μην7ει (.). This shows his special position in the narrative. As for Andocides, with him the focus is first on the profanation of the Mysteries (§§ –). He, too, mentions Alcibiades, prominently (§§  and ), but since for him the role Alcibiades possibly played in the profanation, and its implications for the latter’s position as a commander, must have been of little interest we hear no more of him in this speech.22 The mutilation of the Hermae is at this stage mentioned only briefly, in § .23 The mutilation is closely connected with Andocides himself and it will be the main focus of attention in §§ –. A further difference is that Andocides’ account is much more detailed than that of Thucydides, not surprisingly, of course: being involved personally, it On μην7ει see further below. The Alcibiades mentioned in §  is probably a cousin of our Alcibiades (MacDowell ad loc.). 23 Note that the definite article τ8ς in τ(ν NΕρμ(ν τ8ς περικοπ8ς does not refer back to earlier information about the mutilation, for a sentence like Thucydides’ σοι NΕρμα 0σαν . . . ο πλεστοι περιεκπησαν τ2 πρσωπα is lacking in Andocides’ text. Actually, the definite article occurs in Teucrus’ indirect speech. For him the mutilation was of course something that was but all too known. 21 22



albert rijksbaron

was in his interest to give his version of the events in as much detail as possible. Observe, in this connection, that while in Andocides proper names abound, in Thucydides’ account only the name of Alcibiades occurs: for Andocides, the defendant, mentioning as many persons as might be useful for his defence was of prime importance, to Thucydides, the historian, only the role of Alcibiades, the general, mattered in this part of his history.24 Similarities There are, however, not only discrepancies but also quite a number of lexical correspondences, and a highly similar use of the historical present in both writers. As for the lexical correspondences: apart from obvious key terms like μυστ-ρια and περικοπ-, with both writers the granting of immunity (3δεια) to informers plays an important role (Thuc. .., And. §§ , , ), and the presence of μετοκων τ τινων κα> κολο7ων at Thuc. . suggests that these included the ερ πων Andromachus and the μ τοικος Teucrus mentioned in And. §  (see further below). Likewise, τ(ν δεδεμ νων at Thuc. .. corresponds to ( πειδ:) δεδ μεα in And. § : the words refer to the same group of persons. And the verbs of Th. .. (H δ6 δ8μος . . . $λυσαν, το=ς δ6 . . . π κτειναν) are also found at And.  ( γγνονται at .. may be considered lexical variants of μην7ει/μην7ουσι. 28 For my general view of the historical present I may refer to Section  ‘The function of the historical present’ in the Introduction to this volume. For this particular case I would add that μην7εται, being the first HP of the profanation and mutilation story and indeed the first HP since κδιδρ σκουσιν (..), serves ‘la constitution du temps calendaire, dans la mesure où celui-ci repose . . . sur le choix d’ un moment axial à partir duquel tous les événements peuvent être datés.’ See the Introduction, footnote . Cp. also Allan (this volume, p. ) and George (ibidem, p. ) on the HP as a marker of the beginning of an Episode or new paragraph. See also on ο)ν, next note. 29 As appears from this passage, an HP can be combined with ο)ν, which shows that an HP does not necessarily refer to an unexpected of surprising action. In fact, ο)ν expresses the idea that following ψηφσαντο . . . μην7ειν δε(ς information was indeed given. For other cases of ο)ν with HP in Thuc. see e.g. .., .., .., ... This occurs also in Herodotus, see e.g. ., .., .., ... 30 This is also apparent from the use of π rather than τ(ν μυστηρων 5ς σεβο7ντων, τ(ν δ6 κα> περ> τ(ν NΕρμ(ν. Notice the perfect participle μεμηνυμ νων: while in Sicily, Alcibiades and the other

persons indicted had been under the permanent threat of their having been informed against. This sentence triggers the return of the narrative to what was going on in Athens after the fleet had left for Sicily (.): ο γ2ρ @Αηναοι, πειδ: ? στρατι2 π πλευσεν, οBδ6ν tσσον ζ-τησιν

ποιο'ντο τ(ν περ> τ2 μυστ-ρια κα> τ(ν περ> το=ς NΕρμ+ς δρασ ντων. We are still in Athens when, in chapter , the second instance of μηνει occurs, at ...31 This, in turn, is the result of another historical present, ναπε εται . . . μην'σαι at ... The person referred to here by ε,ς τ(ν δεδεμ νων is Andocides,32 see below. Here the denunciation concerns just the Hermae, but it now includes persons: κα> H μ6ν αBτς τε κα’ Kαυτο' κα> κατ’ 3λλων μην7ει τ9 τ(ν NΕρμ(ν. Because the Athe-

nians believe that the matter of the Hermae has now been clarified, they return to the case of the profanation of the mysteries and thus to Alcibiades (.). They now want to put him on trial and so they send, π μπουσιν, the state ship, the Salaminia, to fetch him (..): Pστε βουλμενοι αBτ9ν ς κρσιν γαγντες ποκτεναι, πμπουσιν οDτω τ:ν Σαλαμιναν να'ν ς τ:ν Σικελαν π τε κενον κα> aν π ρι 3λλων μεμ-νυτο. Observe that the arrival of the Salaminia, too, had been expressed by an historical present, viz. καταλαμβ νουσι at .. By the use of καταλαμβ νουσι and π μπουσιν rather than of aorists these events are presented as decisive for the outcome of the Athenian expedition.33 And decisive 31

The narrative is interrupted, in chapters –, by an excursus on Harmodius and Aristogiton. For a discussion of a number of interpretations of this ‘celebrated excursus’ (Kirby) see Kirby (: ). 32 As is noted by e.g. Classen-Steup and Bodin-Romilly.—Note that ναπεεται is picked up a few lines later by $πεισεν, which presents the persuading in a neutral way. The crucial point of this passage is that someone was persuaded (ναπεεται), not who did the persuading ($πεισεν). 33 Observe that temporally π μπουσι is located before καταλαμβ νουσιν in .. In fact, π μπουσι closes off the background information which started at . with ο γ2ρ @Αηναοι, πειδ: ? στρατι2 π πλευσεν, οBδ6ν tσσον ζ-τησιν ποιο'ντο etc. By

the profanation of the mysteries



they certainly were, as the Athenians will soon find out. For the result of the sending of the Salaminia and its being found in Catana is that Alcibiades decides to betray the Athenians, by revealing their plans to their enemies: μηνει. With this instance of μην7ει at .. we have come full circle.34 Just as Alcibiades was the victim of μην7εται at . so he now retaliates by acting himself as a μηνυτ-ς. Thus, the episode of the profanation of the mysteries and the mutilation of the Hermae both opens and ends with closely related historical presents: μην7εται/μην7ει. I submit that Thucydides wanted us to view ‘giving incriminating information’, and its corollaries, like Μεσσ-νην is the point of orientation for what follows. The aorist indicates that the Athenians effectively reached Messana. Next, _ μ6ν πρ σσετο elucidates the future passive participle = ‘what was being concocted in Messana in view of the betrayal’; it is simultaneous with $πλευσεν. ΟBκ γ νετο is posterior to $πλευσεν: the arrival of the Athenians is not followed by the planned betrayal. Why this was so is explained in the γ ρ-clause, where μην7ει is simultaneous with τ’ πV-ει. @ΑπV-ει, in turn, refers back to π πλεον at ... Since τ’ πV-ει refers unequivocally to an action that is anterior to that of $πλευσεν, an English translation of μην7ει with a simple past (‘he gave information’) is perhaps acceptable, although ‘he had given information’ makes the temporal relationship more explicit. Δι φειραν πρτερον = ‘earlier’, i.e. (pace Classen-Steup) earlier than the arrival of the Athenians; ττε = ‘at/upon the arrival of the Athenians.’ 35 The two are found together (and combined with Hμολογ- ‘admit guilt’) in the Introduction at §  (ποι-σομαι τ:ν πολογαν . . . περ> τ(ν μυστηρων 5ς οvτ’ μο> Uσ βηται οBδ6ν οvτε μεμ-νυται), and again at  and . In Andocides, too, the existence of π γραψε το7τους, namely Alcibiades, Nicides and Meletus, mentioned in the preceding sentence. Observe that there are no historical presents here: the denunciations by Andromachus apparently were not especially important for the story of Andocides’ trial. In fact, these persons immediately disappear again from the story, for we are told that Alcibiades and several others went into exile (φε7γοντες .Tχοντο, § ). The first historical present in Andocides’ text occurs in § : Τε'κρος 0ν ν δε μ τοικος, wς .Tχετο Μ γαρ δε περ> τ(ν μυστηρων, συνεργ9ς Tν, το=ς 3λλους το=ς ποιο'ντας με’ Kαυτο', κα> περ> τ(ν NΕρμ(ν τ8ς περικοπ8ς _ 36 The trial of Andocides was in all likelihood held in the autumn of . See Makkink (: –), MacDowell (: Appendix J, pp. –). The charge against Andocides had been that he had unlawfully attended the musteria of , because he had committed an act of impiety in .

the profanation of the mysteries



J V δει, which is followed by .Tχοντο π’ αBτ9ν Μ γαρ δεZ κα> κομισες, 3δειαν ε] πογρφει δυον δ οντας εWκοσιν 3νδρας. Here Andocides uses very similar words to those used by him in §  about Teucrus and his denunciations, but παγγ λλεται μην7σειν has been replaced by μην7ει, again followed by πογρ φει. Now from the next section it appears that μην7ει combined with πογρ φει

is Andocides’ version of the underlying, raw material, so to speak, for in §  we read: @Ονματα. Τε'κρος π> τος NΕρμας μ-νυσεν ΕBκτ-μονα, Γλα7κιππον, and  others. He is quoting here from the official record of the trial, which apparently had μ-νυσε followed by names, and made this serve his own purposes by replacing it by μην7ει to refer to the information about the crimes, and πογρ φει to refer to the denunciation of the persons involved. We can be certain, I think, that in official reports written by anonymous clerks, whose objective it was to register bare facts, and which of course were of a strictly non-narrative nature, there was no room for a manipulative tense like the historical present: for the clerks all words and deeds were equally important. The aorist μ-νυσε is also found in the other quotations from the archives, in §§  and . As for the latter, we may notice in retrospect that Andocides there, too, has rephrased the aorist of the archive by using πογρ φει in his own narrative. In § , however, μ-νυσε has not been replaced by μην7ει or πογρ φει in Andocides’ own text. To be sure, in §  the single action denoted by the μ-νυσε of the archive is split up, but now into two aorists: Πρ(τος μ6ν οLτος τα'τα μ-νυσε, κα> π γραψε το7τους: there is, then, no rhetorical make-over here. The next two historical presents, ε το' Τρεβα ποταμο', πεποιημ νους μ6ν κα> πρ9ς α πρ9ς NΡωμαους κα> πεπεισμ νους τ.( τοιο7τ.ω τρπ.ω τ:ν παρ’ μφον σφ λειαν α Ταπουραν, μυρους δ’ ππες προκαζεσαι φυλ ττοντας (τ2ς) περ> τ9ν MΑριον ποταμ9ν διαβ σεις, $κρινε τ:ν πολιορκαν πογνο=ς $χεσαι τ(ν προκειμ νων.

A la nouvelle qu’ Euthydemos était (indicatif présent) avec son armée aux environs des Gourianes, et que dix mille cavaliers avaient pris position en avant pour contrôler le gué de la rivière Arios, Antiochos résolut de renoncer au siège et de faire face à la situation. .. τ(ν δ6 καταπλαγ ντων τ:ν στοχαν, μως δ6 προσπυομ νων τς λ γει τα'τα περ> αBτ(ν, $δειξε το=ς Καρχηδονους παρντας, κα> το7τους κ λευσε διελ γχειν, εW τι τυγχ νουσι ψευδμενοι.

Tout sidérés qu’ ils furent par l’ incongruité de ce propos, ceux-ci lui demandèrent de qui il tenait de telles informations (indicatif présent). Hiéronymos leur désigna du geste les Carthaginois, qui assistaient à l’ entretien, et les invita à réfuter leurs assertions, si elles étaient (indicatif présent) fausses.

Dans ces exemples, le contenu de la nouvelle ou de la question est présenté comme si c’ était un discours direct, mais en gardant la personne « indirecte ». De sorte que le narrateur se met en empathie avec le porteur de parole. On remarquera que cela peut aller jusqu’ à des subordonnées, comme dans le τυγχ νουσι du second exemple. Dans certains cas, le présent historique ne réfère pas au même sujet que le participe. C’ est ce qui se passe par exemple dans le passage suivant : . Ο δ6 NΡωμαοι μετ2 τα'τα συνεγγσαντες τος κατ2 τ:ν Σικελαν τποις κα> συν ντες τ9 γεγον9ς σ7μπτωμα περ> τ9ν Γν ιον παραυτκα μ6ν διεπ μποντο πρ9ς Γ ιον Βλιον τ9ν ?γο7μενον τ8ς πεζ8ς δυν μεως κα> το'τον ν μενον, sμα δ’κο7οντες οB μακρ2ν εIναι τ9ν τ(ν πολεμων στλον γνοντο πρ9ς παρασκευ:ν το' ναυμαχεν. kντων δ6 τ(ν πλοων φα7λων12 τας κατασκευας κα> δυσκιν-των, κατ γραφον κα> συν-ροιζον στλον νεργ(ς.

Sous le consulat de C.Attilius Regulus et de L.Manlius Vulso (m. à m. participe aoriste : (les Romains) ayant institué comme consuls etc.), cinquante navires furent mis en chantier (PH) et on s’ employa activement à recruter (indicatif imparfait) des équipages et à former (indicatif imparfait) une nouvelle flotte.

Les verbes soulignés dans ce passage ont en fait pour sujet unique les Romains, qui viennent de décider, sous la contrainte des événements (la terreur que leur inspirent les éléphants), de reprendre la lutte sur mer. Le présent historique ναυπηγο'νται se situe donc bien dans le plan des Romains, et représente un choix, une décision de leur part. Il y a enfin des exemples où le sujet du présent n’ est même pas un être humain. Par exemple, dans le passage suivant : ... Τ(ν δ6 πολιορκουμ νων τας μ6ν ντοικοδομαις νεργ(ς χρωμ νων, το' δ6 λυμανεσαι κα> διαφερειν τ2ς τ(ν φορ2ν ες αBτ2ς τ2ς τ(ν μηχανημ των προσαγωγ2ς Pστε κα> τ2ς στο2ς διασαλε7ειν κα> το=ς προκειμ νους το7των π7ργους τV8 β*α βαστ ζειν.

présent historique et subjectivité



Cependant les assiégés, tout en poursuivant activement leurs travaux défensifs, avaient renoncé à leurs tentatives pour détruire ou endommager les ouvrages ennemis, lorsque survint un vent (PH) qui se mit à souffler de façon continue et avec une telle force en direction des machines de siège romaines qu’ il ébranlait même les baraques d’ approche qui les abritaient et emportait les tours de bois qui se dressaient en avant de cellesci.

Il est évidemment tentant ici de parler de rupture ou de tournant plutôt que d’ empathie (j’ y reviendrai), mais on peut aussi envisager l’ apparition du vent comme un événement extérieur qui va aider inopinément les assiégés. On notera le contraste entre l’ impuissance qui les caractérise et le parti qu’ ils ont pu tirer de l’ apparition du vent. Or c’ est précisément l’ habileté des Grecs assiégés qui est soulignée par Polybe dans la suite immédiate, déjà citée plus haut : .. νa . καιρ.( συννο-σαντ ς τινες τ(ν NΕλληνικ(ν μισοφρων τ:ν πιτηδειτητα τ8ς περιστ σεως πρ9ς τ:ν τ(ν $ργων διαφορ2ν προσφ ρουσι τ.( στρατηγ.( τ:ν πνοιαν. το' δ6 δεξαμ νου κα> ταχ ως Kτοιμ σαντος π+ν τ9 πρ9ς τ:ν χρεαν Qρμζον

(A ce moment13), quelques mercenaires grecs jugèrent que l’ occasion était propice pour anéantir les ouvrages ennemis et firent part de leur idée au général, qui l’ approuva et prit rapidement toutes les dispositions voulues.

Le point important ici c’ est que le général a su profiter de l’ occasion. On est bien dans la logique d’ un plan de bataille. Et on peut donc retrouver la dimension empathique dans ce qui peut n’ apparaître que comme un simple phénomène météorologique. Mais, comme on l’ a vu, ce phénomène météorologique n’ est pas un fait pur et simple. Il va permettre le retournement de la situation. Et les cas où un présent historique coïncide avec un événement important sont assez fréquents pour que les auteurs qui ont eu à analyser ces formes soient amenés à justifier l’ usage du présent historique par la volonté de mettre en relief un événement essentiel. Il faut admettre que Polybe, malgré sa faible inclination pour le présent historique, semble y avoir recours lui aussi précisément dans ces cas-là. En voici quelques exemples très explicites :

13

Non traduit par D. Roussel.



frédéric lambert ... δοκο7ντων δ6 τ(ν Καρχηδονων πικυδεστ ρας λπδας $χειν Jδη κατ2 τ9ν πλεμον, γνετα τις Hλοσχερ:ς κα> παρ δοξος περ> αBτο=ς παλρροια τ(ν πραγμ των.

Alors que les opérations militaires semblaient prendre un cours plus encourageant pour les Carthaginois, on vit (PH) soudain se produire un renversement complet de la situation. ... $να δ: γνετα τις πραγμ των περιπ τεια τοι δε.

Un fait nouveau vint (PH) alors modifier le cours des événements.

Il est clair que ces exemples ont un contenu explicite qui renvoie à un retournement de situation. Mais le contenu explicite peut être un leurre quand on cherche à définir un fonctionnement discursif plus général. Pour le premier exemple, l’ ensemble du passage, bien en amont du § , est focalisé sur les Carthaginois. Il se trouve justement que le fameux renversement concerne la mésentente entre les généraux des deux armées carthaginoises, Hamilcar et Hannon : il s’ agira alors pour les Carthaginois de prendre une décision concernant cette situation dangereuse. C’ est ce qui est expliqué quelques lignes plus bas : _ δ: κα> συν ντες ο Καρχηδνιοι τ.( μ6ν Kν> τ(ν στρατηγ(ν παλλ ττεσαι προσ ταξαν, τ.( δ’ Kτ ρ.ω μ νειν, wν xν α δυν μεις προκρνωσιν.

Quand ils se rendirent compte de ce qui se passait, les Carthaginois décidèrent qu’ un des deux généraux quitterait son commandement, tandis que l’ autre resterait, le soin de choisir entre eux étant laissé aux soldats.

Dans ces conditions, il n’ est pas impossible que, plus que le retournement de tendance, c’ est l’ insistance sur le point de vue des Carthaginois qui soit primordial ici. Dans le deuxième exemple, les Romains, dans le passage qui précède immédiatement la citation, sont présentés comme très timides et en particulier n’ osant pas trop traverser l’ Ebre, s’ y résolvant finalement mais restant à une distance respectable de Sagonte. Or, ce qui suit va présenter une série d’ événements liés à la trahison d’ un Ibère, Abilyx, qui misait sur la supériorité romaine. Et Polybe conclut : .. κα> ττε μ ν, Jδη τ8ς Pρας κατεπειγο7σης, δι λυον ες παραχειμασαν μφτεροι τ2ς δυν μεις, κανο' τινος κ τ8ς τ7χης γεγοντος συνεργ-ματος τος NΡωμαοις το' περ> το=ς παδας πρ9ς τ2ς πικειμ νας πιβολ ς.

présent historique et subjectivité



Comme la saison était maintenant fort avancée, Romains et Carthaginois dispersèrent leurs troupes pour l’ hiver. Cette affaire d’ otages avait assuré aux Romains d’ appréciables avantages pour la réalisation de leurs projets.

On peut donc là aussi interpréter le changement de situation comme un progrès décisif dans les desseins de Rome et on retrouve alors l’ empathie à l’ égard de ce point de vue. Deux autres phénomènes méritent qu’ on s’ y arrête en ce qui concerne ces événements supposés particulièrement remarquables et justifiant donc l’ emploi du présent historique : d’ une part les récits des grandes batailles, navales ou terrestres, chez Polybe, ne comportent pratiquement aucun présent historique. Il n’ y a donc pas convergence dans ces cas-là entre les retournements imprévus et l’ usage du présent. D’ autre part, il arrive souvent que les présents historiques apparaissent pour signaler le début d’ une série d’ événements qui finissent par aboutir à un retournement ou à une rupture. Voici deux exemples de ce type : ... πυμενος δ6 το=ς πολεμους πορεν τ:ν Μυλα+τιν χραν πιπλε στλ.ω παντ.

Ayant alors appris que l’ ennemi saccageait le territoire de Mylaï, il avança (PH) sur lui avec tous les navires. ... Περ> δ6 το=ς καιρο=ς το7τους καταπλε τις ες τ:ν Καρχηδνα ξενολγος τ(ν πεσταλμ νων ες τ:ν NΕλλ δα πρτερον [ες τ:ν Καρχηδονων], 3γων στρατιτας πλεστους, ν ο,ς κα> Ξ νιππν τινα Λακεδαιμνιον, 3νδρα τ8ς Λακωνικ8ς γωγ8ς μετεσχηκτα κα> τριβ:ν ν τος πολεμικος $χοντα σ7μμετρον.

Sur ces entrefaites, un des recruteurs qui avaient été envoyés en Grèce pour embaucher des mercenaires rentra (PH) à Carthage en amenant un grand nombre de soldats. Parmi ceux-ci se trouvait le Lacédémonien Xanthippos, qui avait reçu l’ éducation spartiate et possédait aussi une grande expérience des choses de la guerre.

En ce qui concerne le premier exemple, il faut citer la phrase qui introduit un peu plus haut le récit de Polybe : .. οLτοι μ6ν ο)ν τοια7τVη κεχρημ νοι παρασκευV8 καιρ9ν πετ-ρουν πρ9ς ναυμαχανZ

Après avoir fait construire ces engins, les Romains attendirent une occasion pour livrer une bataille navale.



frédéric lambert

Nous sommes en pleine stratégie romaine pour conquérir la suprématie maritime et échapper aux éléphants carthaginois. Le présent πιπλε est donc à situer dans cette perspective, plutôt en empathie avec cette stratégie. Mais le plus notable est que cette forme de présent ne sera suivie d’ aucune autre, dans la suite du récit, qui pourtant débouche sur une victoire navale éclatante des Romains grâce aux corbeaux notamment et « contre toute attente » (παραδξως, ..). Le seul présent vient ainsi s’ attacher à la phase initiale de la stratégie navale romaine, nécessaire bien sûr, mais sans importance cruciale en elle-même : ce n’ est certainement pas le moment critique. L’ exemple suivant va dans le même sens : les Romains sont considérés juste avant ce passage comme les maîtres sur terre et sur mer. Les Carthaginois sont « en fâcheuse posture » (ες δυσχερ8 δι εσιν). Deux paragraphes après le texte de la citation, les Romains sont mis en déroute par les éléphants carthaginois. A nouveau, ce n’ est pas le retour à Carthage du recruteur qui est en soi l’ événement le plus significatif. Mais c’ est la phase initiale qui, dans la stratégie carthaginoise, va faire apparaître la série d’ enchaînements qui amènera à la réussite du plan. C’ est parmi les mercenaires recrutés que se trouve le Lacédémonien qui va redonner espoir aux Carthaginois en leur disant qu’ ils « n’ avaient pas été vaincus par les Romains et qu’ ils étaient eux-mêmes, à cause de l’ incompétence de leurs chefs, responsables de leur désastre » (το=ς Καρχηδονους οBχ τ.( χωρ.ω κα> οκεον τ9ν κνδυνον ?γο7μενοι π μπουσιν Kαυτ(ν τε ελοντ2ς κα> τ(ν 3λλων Πελοποννησων μισ.( πεσαντες Kξακοσους κα> χιλους το=ς π ντας Hπλτας κα> ψιλο=ς τετρακοσους.

Sur ces entrefaites, avec Potidée révoltée et la flotte athénienne en Macédoine, les Corinthiens, craignant (participe parfait) pour la région et se jugeant (participe présent) intéressés au danger, font partir (PH) des troupes, comportant des volontaires de chez eux et des mercenaires levés dans le Péloponnèse, soit en tout mille six cents hoplites et quatre cents hommes d’ infanterie légère.16 .. . . . δεσαντες προκαταλαβεν βο7λοντο. κα> π μπουσιν ξαπιναως τεσσαρ κοντα να'ς αr $τυχον περ> Πελοπννησον παρεσκευασμ ναι πλεν.

. . . ils s’ inquiétèrent (participe aoriste) et voulurent prendre les devants : brusquement, ils envoyèrent (PH) quarante vaisseaux qui se trouvaient prêts à partir autour du Péloponnèse. .. ο δ6 @Αηναοι πυνανμενοι τα'τα, το7ς τε Μυτιληναους τ8ς γ8ς κρατο'ντας κα> το=ς σφετ ρους στρατιτας οBχ κανο=ς kντας εWργειν, 15  cas concernés sur les  PH répertoriés dans le tableau « Verbes attestés au Présent historique (PH) chez Thucydide » (Annexe II). 16 La traduction donnée pour les exemples de Thucydide est celle de la CUF (Raymond Weil et Jacqueline de Romilly).

présent historique et subjectivité



π μπουσι περ> τ9 φινπωρον Jδη ρχμενον Π χητα τ9ν @Επικο7ρου στρατηγ9ν κα> χιλους Hπλτας Kαυτ(ν.

A cette nouvelle (participe présent), que les Mytiléniens étaient maîtres du pays et que leurs propres soldats ne suffisaient pas (participe présent) au blocus, les Athéniens envoyèrent (PH), vers le début de l’ arrière-saison, Pachès, fils d’ Epicouros, comme stratège avec mille hoplites citoyens. .. πυν νετο δ6 κα> τ2ς λοιπ2ς τ(ν Κορινων να'ς προσπλεο7σας H ΝικαςZ κα> π μπει ς φυλακ:ν αBτ(ν εWκοσι να'ς, α,ς εWρητο περ τε Λοκρο=ς κα> NΡ-γιον κα> τ:ν προσβολ:ν τ8ς Σικελας ναυλοχεν αBτ ς.

D’ autre part, Nicias apprenait (indicatif imparfait) que le reste de la flotte corinthienne arrivait à son tour : pour s’ en garder, il envoie (PH) vingt navires, avec ordre d’ être au guet dans les eaux de Locres et de Rhégion, ainsi qu’ aux abords de la Sicile.

Dans ces exemples, on peut retrouver le fonctionnement empathique déjà observé chez Polybe, l’ évocation de la crainte servant d’ introducteur du point de vue du personnage dont le narrateur reconstruit la pensée. Cette valeur subjective est encore plus explicite dans l’ exemple .., où l’ imparfait βο7λοντο exprime bien une intention, le présent qui suit étant alors la conséquence (renforcée par le κα) de la vision qu’ ont les Athéniens de la situation et du plan qui en résulte. On remarquera que dans les exemples .. et .. le même verbe est employé au début de la phrase qui comporte un présent historique, la première fois au participe (πυνανμενοι) et la seconde à l’ imparfait ( πυν νετο). On pourrait dire alors que, dans une même visée empathique, le premier exemple présente une continuité, tandis que le second met en scène une rupture. Cette entrée empathique dans la perception d’ une situation par un protagoniste peut être plus complexe, comme dans l’ exemple suivant : .. το7των δ6 ο Τραχνιοι πολ μ.ω φαρμ νοι Oσι, π μπουσιν ς Λακεδαμονα, Kλμενοι πρεσβευτ:ν Τεισαμενν.

parmi eux (= les trois groupes de populations de la Mélide), les Trachiniens, épuisés (participe parfait) par la guerre contre leurs voisins de l’ Oeta, et d’ abord prêts (participe aoriste) à s’ adjoindre aux Athéniens, puis craignant (participe aoriste) de ne pouvoir compter sur eux, avaient envoyé (PH) un ambassadeur à Sparte, choisissant à cet effet Teisaménos.



frédéric lambert

Avant d’ en arriver à l’ envoi de l’ ambassadeur, on suit les différents états physiques et surtout psychologiques des Trachiniens. Enfin on peut aussi trouver des propositions subséquentes qui expriment l’ intention du protagoniste, comme dans ce passage : .. π μπουσι δ6 κα> περ> τ:ν Πελοπννησον ο @Αηναοι εWκοσι να'ς, πως φυλ σσοιεν μηδ να π9 Κορνου κα> τ8ς Πελοπονν-σου ς τ:ν Σικελαν περαιο'σαι.

D’ autre part, Athènes faisait également partir (PH) vingt vaisseaux autour du Péloponnèse : elle voulait par là veiller à ce que personne ne passât de Corinthe ou du Péloponnèse en Sicile.

Du fait de la fréquence plus importante du présent historique chez Thucydide, certaines propriétés spécifiques apparaissent, qui n’ étaient pas très sensibles chez Polybe. C’ est le cas par exemple du fait que l’ emploi d’ un présent historique correspond le plus souvent (sauf s’ il s’ agit d’ une occurrence intégrée dans une série) à un changement de personnage dans la thématique du récit (il y a là une corrélation intéressante entre sujet et subjectivité, cf. à nouveau Yaguello ()). Le passage précédent en est un exemple, mais c’ est ce qui se produit la plupart du temps. Je l’ interprète comme un effet de la focalisation sur un protagoniste dont le point de vue est en contraste, d’ une façon ou d’ une autre avec ce qui précède, ce qui s’ harmonise bien avec la valeur empathique que je propose. En ce qui concerne la valeur sémantique de π μπειν, un point à noter, est que ce verbe se prête modérément, par nature, pourrait-on dire, à renvoyer à un événement essentiel. De ce point de vue, le fait que ce verbe soit l’ un des plus fréquents au présent historique chez Thucydide17 ne plaide pas en faveur d’ une interprétation du présent historique comme mise en relief d’ un événement essentiel du récit, même si, comme on l’ a vu chez Polybe, un événement mineur en lui-même peut avoir des conséquences importantes. Mais justement, on trouve un emploi du présent historique de π μπειν qui débouche sur un événement dont Thucydide montre la faible importance, par le petit nombre de navires et la brièveté :18

17 D’ après le Tableau des PH publié en Annexe II,  occurrences en font le second après φικνεσαι, qui en a , loin devant αρεν/αρεσαι, qui en a . 18 Voilquin traduit par « une bataille navale de mince importance ».

présent historique et subjectivité



.. κα> μετ2 τα'τα ο κ τ8ς Σ μου π μπουσιν ασμενοι νε(ν βο-ειαν κα> φυλακ:ν ς τ9ν NΕλλ-σποντον, κα τις κα> ναυμαχα βραχεα γγνεται πρ9 το' Βυζαντου ναυσ>ν pκτE πρ9ς pκτ.

Là-dessus, les gens de Samos, alertés, envoyèrent (PH) une escadre de secours et de surveillance dans l’ Hellespont et il y eut même un bref combat (PH) devant Byzance, opposant huit navires de part et d’ autre.

Circonstance aggravante, si l’ on peut dire, comme on peut le constater, la bataille navale est elle-même présentée avec un présent historique (γγνεται). Mais comme on l’ a vu plus haut chez Polybe, il faut se méfier de l’ explicite : la faible importance de la bataille est en fait révélatrice de la faiblesse d’ Athènes (nous sommes à la fin de la guerre). Il est donc très révélateur que la bataille soit peu importante. Il n’ empêche que l’ envoi du renfort n’ est pas directement ce qu’ il y a de plus important. C’ est à nouveau plutôt le cheminement empathique qui compte ici. Si on récapitule les observations précédentes sur les emplois du présent historique chez Thucydide, elles semblent confirmer assez largement les conclusions de l’ enquête sur Polybe, malgré d’ importantes différences d’ ordre statistique et stylistiques. On pourrait ajouter que la conception de l’ histoire n’ est pas la même et, plus particulièrement, que la fonction évaluative du présent historique est beaucoup plus discrète chez l’ historien athénien. Thucydide ne prend pas parti explicitement pour tel ou tel protagoniste. Il a plutôt tendance à manipuler son lecteur pour l’ amener à partager ses vues sans les asserter véritablement. Le portrait très élogieux de Thémistocle, par exemple, n’ est pas présenté comme un parti pris, mais comme une évidence qui s’ impose à tous. Il est certain que la fréquence des présents historiques rend moins saillants les événements qu’ ils évoquent, et donc les évaluations qui peuvent y être associées implicitement. Mais il y a plus gênant pour nos hypothèses : un certain nombre des observations signalées semblent pouvoir être remises en cause. C’ est le cas notamment de ce qui concerne les participes précédant ou accompagnant les présents historiques, et censés ouvrir sur une attitude empathique. Dans un certain nombre de cas, l’ aoriste de π μπειν, sans ou avec préverbe, se trouve précédé ou accompagné de participes comparables à ceux que nous avons signalés pour les formes de présent interprétées comme historiques. En voici quelques exemples :



frédéric lambert ... ο δ’ Hρ(ντες pλγοι πρ9ς πλεους kντες το=ς ξυμφ7λακας, $πεμψαν Δημοσ νη το=ς σφετ ρους ξ ξοντα.

Ceux-ci, constatant (participe présent) leur infériorité numérique par rapport au reste de la garnison, dépêchèrent (PH) Démosthénès pour ramener leurs troupes. ... δεδιτες δ’ οBχ tσσον το=ς Συρακοσους γγ=ς kντας μ: κα> 3νευ σφ(ν περιγ νωνται, τ τε πρ(τον αBτος το=ς pλγους ππ ας $πεμψαν κα> τ9 λοιπ9ν δκει αBτος πικρατ στεροι τV8 μ χVη γ νοντο, λγ.ω ποκρνασαι Wσα μφοτ ροις.

Ils craignaient (participe parfait) néanmoins que les Syracusains, tout proches d’ eux, n’ obtinssent l’ avantage, même sans leur concours. Aussi, tout d’ abord, leur avaient-ils envoyé (aoriste) un mince renfort de cavalerie ; leur intention (indicatif imparfait) était de les aider davantage, quoique avec toute la réserve possible. Toutefois pour l’ instant, afin de se donner l’ air (subjonctif présent) de traiter sur le même pied les Athéniens qui venaient de remporter un avantage militaire, ils décidèrent (indicatif imparfait) de donner aux deux partis les mêmes assurances verbales ... $πεμψε δ’ αBτος κα> €Αγις ασμενος τα'τα 3νδρα Σπαρτι την Θ ρμωνα.

Agis pour sa part, informé (participe aoriste) de la situation, leur envoya (aoriste19) le Spartiate Thermon. ... ο γ2ρ Λακεδαιμνιοι, πειδ: τ9 χωρον β*α οBχ ?λσκετο, δεσαντες τ(ν @Αηναων τ9 τολμηρ9ν κα> τ:ν νεωτεροποιαν, κα> λλοφ7λους sμα ?γησ μενοι, μ- τι, zν παραμενωσιν, α σφ τεραι δ κα ν8ες pλγαι μ7νειν Oσιν.

Il était déjà tard, et l’ on avait chanté le péan pour l’ attaque, quand tout à coup les Corinthiens se mirent à faire marche arrière : ils venaient de voir approcher vingt navires athéniens, qu’ Athènes avait envoyés (aoriste) en renfort après les dix autres : elle avait craint (participe aoriste), en effet— comme c’ était le cas (aoriste)—que les Corcyréens ne fussent vaincus et que ses dix unités ne fussent bien peu pour les défendre. ... ο δ6 ασμενοι π8λον, κα> 3λλους οBκ τι Dστερον ξ πεμψαν ο Λακεδαιμνιοι, φοβο7μενοι μ: σφσιν ο ξιντες χερους γγνωνται, περ κα> ν τ.( Παυσαν*α νεδον,

ce que voyant, ils s’ en retournèrent, et les Lacédémoniens n’ envoyèrent plus (aoriste), dès lors, de généraux ; ils craignaient (participe présent) que l’ éloignement n’ eût sur eux un mauvais effet, comme on venait de le voir, précisément, dans le cas de Pausanias (aoriste)



frédéric lambert

L’ état d’ esprit des protagonistes est bien décrit, mais justement sans empathie : l’ historien ne met pas en scène le vécu des personnages, il se contente d’ expliquer leur comportement. On remarquera d’ autre part dans le second exemple que l’ aoriste peut être nié, ce qui très rare avec un présent historique ( seulement des  PH de Thucydide sont niés). Deux points peuvent faire obstacle à l’ usage du présent ici. Le premier est que la négation, par elle-même, suppose un point de vue extérieur au personnage impliqué, bref un point de vue constatif. Le second point est que, ici plus particulièrement, la négation choisie déborde largement, sur le plan temporel, le moment précis du déroulement des événements. Dire que « les Lacédémoniens n’ envoyèrent plus, dès lors, de généraux » implique de se placer en dehors du champ même des événements.20 Cet exemple est alors particulièrement révélateur du contraste entre l’ aoriste et le présent historique. On pourrait interpréter ce contraste sur le double plan du temps et de l’ aspect. Sur le plan temporel, le présent historique serait strictement restreint au moment où se déroulent les faits racontés, ce qui correspond au caractère empathique du récit, puisque les événements sont décrits dans leur succession vécue. Le sens du καιρς n’ est donc pas le même selon qu’ on a affaire à un présent historique ou à un aoriste : dans ce dernier cas il est mis en perspective « de loin » comme une composante de la situation avec sa valeur explicative ; au contraire, dans le cas du présent, il est intégré à la vision propre du personnage et il est donc perçu « de près » et peut donc, comme chez Polybe, donner lieu à une évaluation de l’ historien. Sur le plan aspectuel, alors que l’ aoriste présente l’ événement dans la succession d’ une série d’ événements, sans prendre en compte spécia-

20

On notera que l’ exemple .. que nous avons vu plus haut bénéficie en .. d’ un double avec le verbe principal à l’ aoriste : or l’ action en cause présentée à l’ aoriste est précisément révolue au moment considéré comme pertinent dans le récit. Les traducteurs utilisent un plus-que-parfait : δεδιτες δ’οBχ tσσον το=ς Συρακοσους γγ=ς kντας μ: κα> 3νευ σφ(ν περιγ νωνται, τ τε πρ(τον αBτος το=ς pλγους ππ ας $πεμψαν κα> τ9 λοιπ9ν δκει αBτος πικρατ στεροι τV8 μ χVη γ νοντο, λγ.ω ποκρνασαι Wσα μφοτ ροις. (trad. Mais ils redoutaient encore plus, en raison de cette proximité, une victoire de ceux-ci assurée sans leur concours. Aussi avaient-ils d’ abord envoyé aux Syracusains le petit nombre de cavaliers qu’ on a vu, et comptaient-ils encore à l’ avenir être en fait plutôt de leur côté, avec toute la réserve possible ; mais pour le moment, afin de ne pas paraître accorder moins aux Athéniens qui venaient justement d’ avoir l’ avantage dans le combat, ils étaient d’ avis de faire à tous deux, en paroles, réponse égale.)

présent historique et subjectivité



lement le point de vue du protagoniste, le présent historique présente l’ événement dans la perception même qu’ en a le protagoniste, et en particulier dans l’ incertitude de son déroulement et de son résultat. Il arrive ainsi que la suite du récit fasse état d’ un échec des plans du personnage en cause. Par exemple, dans le passage suivant, Thucydide évoque l’ échec d’ une première tentative du Roi de Perse : .. Ο δ’ ν τV8 Αγ7πτ.ω @Αηναοι κα> ο ξ7μμαχοι π μενον, κα> αBτος πολλα> δ αι πολ μων κατ στησαν. τ9 μ6ν γ2ρ πρ(τον κρ τουν τ8ς Αγ7πτου ο @Αηναοι, κα> βασιλε=ς π μπει ς Λακεδαμονα Μεγ βαζον 3νδρα Π ρσην χρ-ματα $χοντα, πως ς τ:ν @Αττικ:ν σβαλεν πεισ ντων τ(ν Πελοποννησων π’ Αγ7πτου παγ γοι @Αηναους. 5ς δ6 αBτ.( οB προυχρει κα> τ2 χρ-ματα 3λλως νηλο'το, H μ6ν Μεγ βαζος κα> τ2 λοιπ2 τ(ν χρημ των π λιν ς τ:ν @Ασαν νεκομση, Μεγ βυζον δ6 τ9ν Ζωπ7ρου π μπει 3νδρα Π ρσην μετ2 στρατι+ς πολλ8ςZ

En Egypte, les Athéniens et leurs alliés tenaient toujours, et la guerre prit pour eux des formes diverses. Au début, en effet, les Athéniens s’ étaient rendus maîtres de l’ Egypte ; aussi le Roi envoya-t-il (PH) à Sparte le Perse Mégabaze, avec de l’ argent, pour amener les Péloponnésiens à envahir l’ Attique et déterminer ainsi le retrait des troupes athéniennes d’ Egypte. Mais, comme il ne réussissait point (indicatif imparfait) et dépensait cet argent en vain, après avoir fait rentrer Mégabaze, avec ce qui lui en restait, le Roi envoya (PH) le Perse Mégabyze, fils de Zopyros, à la tête d’ une expédition importante.

Si les présents avaient été remplacés par des aoristes, il est probable que toute la tension aurait disparu et que l’ échec aurait simplement été l’ un des événements consignés par l’ historien. C’ est à nouveau le même mécanisme que l’ on retrouve dans cet autre passage, où sont évoqués les redoutables manœuvres des riches Corcyréens pour contrer le parti démocrate favorable aux Athéniens : .. π μπουσι δ6 κα> ς τ2ς @Α-νας εB=ς πρ σβεις περ τε τ(ν πεπραγμ νων διδ ξοντας 5ς ξυν φερε κα> το=ς κε καταπεφευγτας πεσοντας μηδ6ν νεπιτ-δειον πρ σσειν, πως μ- τις πιστροφ: γ νηται.

Également, ils envoyèrent (PH) tout de suite une ambassade à Athènes présenter les événements selon leur intérêt et persuader leurs exilés de ne rien faire de fâcheux, pour éviter une réaction.

Et voici la suite :



frédéric lambert .. λντων δ6 ο @Αηναοι το7ς τε πρ σβεις 5ς νεωτερζοντας ξυλλαβντες, κα> σους $πεισαν, κατ εντο ς ΑWγιναν.

Mais une fois à Athènes, les ambassadeurs furent arrêtés (participe aoriste) comme factieux et transférés à Egine (aoriste) avec tous les exilés qu’ ils avaient gagnés.

L’ effet stylistique d’ un échec brutal de l’ entreprise est lié notamment au fait que le présent historique qui la décrit introduit une dimension d’ incertitude, le narrateur cessant d’ énumérer des séquences d’ événements pour se mettre à la place d’ un des personnages de l’ histoire, laissant ouvert le déroulement des faits. On notera qu’ il ne s’ agit pas de ce que l’ on appelle habituellement l’ aspect sécant, qui concerne simplement le caractère inachevé de l’ action elle-même, ce qui correspondrait plutôt à certains imparfaits ou à la forme progressive de l’ anglais. Il s’ agit d’ un mode de représentation de l’ action « en cours », en ce sens qu’ elle est intégrée dans le projet du personnage qui est concerné par elle sans que l’ on puisse se représenter la séquence des événements comme déjà révolue. Si cette interprétation temporelle et aspectuelle était valide, elle aurait le mérite de relier les propriétés sémantiques et discursives observées, tant chez Polybe que chez Thucydide, et malgré d’ importantes différences stylistiques, à des propriétés plus générales du présent de l’ indicatif du grec ancien. Pour confirmer nos analyses, il faudrait déjà étendre le corpus à d’ autres verbes de Thucydide et à d’ autres auteurs. Conclusion L’ enquête menée sur le présent historique à partir du corpus de Polybe, et de celui de Thucydide pour le verbe π μπειν essentiellement, a révélé quelques propriétés assez récurrentes. Plutôt que d’ interpréter les formes de présent historique comme des moyens de mettre en relief les événements les plus importants d’ un récit historique, nous avons tenté d’ explorer leurs valeurs subjectives. Il est apparu ainsi que beaucoup d’ emplois du présent historique impliquaient, de la part du narrateur, une forme d’ empathie avec les personnages concernés en tant qu’ acteurs par les événements exprimés au présent. Chez Polybe, cette empathie se double d’ un regard évaluatif sur la stratégie des protagonistes. Chez Thucydide, l’ une des propriétés observées à propos du présent historique, et que l’ on avait déjà observée chez Polybe, c’ est-à-dire le fait que les

présent historique et subjectivité



participes fréquemment placés avant les formes de présent référaient le plus souvent à des informations inquiétantes, nous ont amenés à préciser notre thèse sur la valeur empathique du présent historique. En effet, il est apparu que les aoristes qui sont en concurrence avec les présents dans les récits thucydidéens étaient eux aussi souvent précédés de ce type de participes. Mais il nous a semblé que la combinaison avec le présent n’ était pas du tout interprétable de la même manière que celle qui concerne les aoristes. Cela nous a conduit à opposer les deux formes sur le double plan du temps et de l’ aspect. L’ aoriste s’ insère dans une série événementielle révolue que le narrateur a pour charge d’ énumérer dans une visée temporelle très large, où il se tient à distance des faits. Au contraire, le présent historique donne de chaque événement une vision temporelle étroite correspondant au moment où se déroule l’ action. Cette différence contribue à faire du présent historique le temps de l’ événement en tant qu’ il est vécu par un personnage du récit : on retrouve là sa valeur empathique. Enfin, en ce qui concerne l’ aspect, toujours dans cette visée empathique, le présent historique donne du procès une image « ouverte » par l’ incertitude qu’ il fait peser sur la suite des événements. C’ est alors le caractère sécant du présent qui est en cause. Evidemment, on sait depuis Vendler () que tous les verbes ne se prêtent pas à cette interprétation aspectuelle. Mais on ne peut pas réduire le choix aspectuel au mode de procès du verbe qui en est le support. Et sur le plan du fonctionnement textuel l’ incertitude inhérente au présent se prête bien aux questionnements que les historiens peuvent être amenés à élaborer et qui donnent un sens à leurs ouvrages.

chapter nine THE TEMPORAL CHARACTERISTICS OF THE HISTORICAL PRESENT IN THUCYDIDES1

Coulter H. George Résumé Pour la plupart, les études récentes sur les temps narratifs en grec ancien se concentrent sur les raisons pragmatiques qui conduisent un auteur à choisir un temps plutôt qu’ un autre—par ex., pour le présent historique (PH), le désir de mettre l’ accent sur un événement que le lecteur sera invité à considérer comme un pic du récit. Ces études ont beaucoup fait progresser notre compréhension du PH, mais elles laissent certaines questions sans réponse, en particulier celle-ci : comment pouvons-nous expliquer l’ emploi du PH dans des propositions dont l’ importance, eu égard aux buts narratifs de l’ auteur, ne semble pas plus grande que celle de propositions à l’ aoriste ? Un contexte intéressant pour aider à déterminer la fonction du PH est constitué, chez Thucydide, par les expressions fréquentes το' αBτο' / πιγιγνομ νου  ρους / χειμ(νος. En prenant comme une constante cette expression temporelle, on peut étudier, dans son voisinage, la variation entre le PH, l’ aoriste et l’ imparfait—variation qu’ on observe même à contexte narratif pratiquement identique (il s’ agit dans tous les cas de la mention d’ un événement factuel qui vient s’ insérer dans une histoire quasi annalistique). Selon moi, ce qui distingue ici le PH des autres temps n’ est pas que, en relatant des événements à l’ aide de cette forme verbale, on les présente comme vivants et en cours, effet de sens qu’ aurait pu faire attendre l’ emploi d’ un temps auquel on attribue une valeur aspectuelle « imperfective ». Au contraire, ces événements sont encore plus ponctuels et téliques que ceux qui sont relatés à l’ aoriste. Cela ressort en partie de l’ « Aktionsart » des thèmes verbaux qui préfèrent le PH (par ex. γγνομαι, πεω, ποκτενω, ποπ μπω), en partie des contextes particuliers dans lesquels se trouve le PH (par ex., comparé sur ce point à l’ aoriste, il est plus fréquent avec des sujets et objets singuliers et avec des adverbiaux comme εB7ς qui dénotent l’ immédiateté). Ce résultat se confirme quand on aborde 1 I am grateful to the members of the Groupe de recherche sur l’ aspect verbal for their many insightful comments on earlier versions of this chapter. I would like to extend particular thanks to Albert Rijksbaron, who, as relecteur of the first draft of this paper, was extraordinarily diligent in drawing my attention to various points of fact and lines of argumentation that required revision. Whatever faults remain are to be attributed to my stubbornness. Jean Lallot also deserves special credit for correcting the tortured French of my initial attempt at a résumé.



coulter h. george

le problème en sens inverse : Thucydide n’ utilise pas le PH avec un accusatif d’ extension dans le temps, ce qui suggère fortement que le PH est moins compatible que l’ aoriste avec la durativité.

Recent work on the narrative tenses of Classical Greek has tended to focus on the rather subjective pragmatic reasons why authors choose a particular tense. Sicking and Stork, for instance, state that “The primary function of the [historical present] is to lift out from their context those narrative assertions that are essential for what the speaker has stated to be his immediate concern” (: ).2 While the view that the historical present (HP) marks high points of the narrative certainly seems on the whole correct, an entirely pragmatic approach to studying this verb form is not completely satisfactory, in that it runs the risk of being nonfalsifiable: what tests are we to run to establish that one verb is essential and another isn’t? To be sure, Albert Rijksbaron’s  article in Sophocles and the Greek Language offers a considerable improvement in listing some concrete syntactic and semantic features of the HP.3 But it still lacks a full treatment of the contrast between the HP and aorist, as it is primarily concerned with distinguishing HPs from unaugmented imperfects in tragedy.4 Consequently, in this chapter I aim to add another approach to the battery of tools with which we can seek to understand the HP. It is a

2 Other recent work on the HP in Greek with a (more or less) pragmatic approach: Rijksbaron (a) and (b: –); also this volume, Introduction, Allan () and (), and the other chapters in this volume. For the HP in other languages, see Fleischman () (the Old French HP “encode[s] temporally ordered, punctual, past events in the narrative foreground. But within foreground . . . events of highest saliency come packaged as [HPs]” ()) and () (compares the Old French HP with that of Modern English narrative; it also distinguishes between a more punctual présent moteur and a more durative présent visuel (–, –)), Fludernik () (the Modern English HP “mark[s] the ‘point’ of the story”), and Richardson () (the Middle English HP is a foregrounding device). 3 Some of these features include the incompatibility of the HP with questions or exclamations, the limitation of the HP to “telic, or terminative, and momentaneous verbs”, and the rarity of passive and negated HPs. For more details, see Rijksbaron (this volume, pp. –). Many of the other chapters in the present volume also address the importance of correlating the HP to concrete syntagmatic features; see e.g. Table  in Rutger Allan’s contribution (where the focus, however, is more on the foregroundedness implied by such features). 4 In particular, insofar as the HP is telic, it is closer in function to the (generally telic) aorist than to the (generally atelic) imperfect; thus, the characteristics which Rijksbaron rightly attributes to the HP are often adequate to differentiate it from the latter, but not from the former.

temporal characteristics of the historical present



line of attack that stems from my work on another problem, namely the nature of Greek temporal expressions, especially the genitive, dative, and accusative of time. Interesting in their own right, these expressions are at times also useful as diagnostic tools for determining the actionality of the verb forms that they modify. Now, one distinctive feature of the temporal expressions in Thucydides is his frequent use of the genitive of time in the four phrases το' αBτο' or το' πιγιγνομ νου  ρους or χειμ(νος. Example () is typical: ()

ο δ6 Λακεδαιμνιοι κα> ο ξ7μμαχοι το' αBτο'  ρους στρ τευσαν ναυσ>ν Kκατ9ν ς Ζ κυνον τ:ν ν8σον

And the Lacedaemonians and their allies set out that same summer with a hundred ships against the island Zacynthus (Th. ..)

These four phrases are regularly used as in example () to situate events in the temporal framework of Thucydides’ history. In this respect, their behavior is closer to that of the dative of time in example () than that of the textbook genitive of time within which in example (): ()

τV8 δ6 αBτV8 ?μ ρ*α αBτος ξυν βη κα> το=ς τ:ν @Επδαμνον πολιορκο'ντας παραστ-σασαι Hμολογ*α

And on the same day it also happened that those who were besieging Epidamnus forced them to a surrender (Th. ..) ()

ε βο7λονται ξι ναι κ τ8ς Σικελας π ντε ?μερ(ν λαβντες τ2 σφ τερα αBτ(ν

If they wanted to take their possessions and leave Sicily within five days (Th. ..)

Whereas the temporal expressions in () and () indicate a particular unit of time at some point during which a past event occurred (in both these examples specified by H αBτς), the genitive of time in () sets a limit by the end of which the event needs to take place (here, as often, modified with a cardinal number). The almost formulaic regularity of the phrases το' αBτο' and το' πιγιγνομ νου  ρους and χειμ(νος allows us to examine Thucydides’ use of narrative tenses from a different perspective from that of Egbert Bakker (), who argues that Thucydides’ tense usage changes depending on whether his role is that of an impartial recounter of facts or that of an eyewitness observer personally engaged in what he relates: for all these constructions occur in passages of the text that fall into the former category. It also offers a different perspective from that of Sicking and Stork to the extent that the verbs modified by these temporal



coulter h. george

expressions typically occur at the opening of a new section of text, and so we are, in effect, holding the saliency or “essential-ness” of the verb form they modify as constant as possible.5 As a rough proxy for this, note the following figures: in sixty-six of the sixty-nine examples of these constructions, the phrase occurs in the first sentence of a paragraph; furthermore, in sixty-seven of the sixty-nine examples, the temporal phrase precedes the verb. The first step in the analysis, then, is simply to note the tenses used with these constructions. See table (): () Distribution of το' αBτο' / πιγιγνομ νου  ρους / χειμ(νος in Thucydides6 Expression

aorist impf. present plupf. Total

το' αBτο'  ρους το' πιγιγνομ νου  ρους το' αBτο' χειμ(νος το' πιγιγνομ νου χειμ(νος

   

   

   

–  – 

   

Total











5

Or, to translate the argument into Allan’s terms, in selecting expressions that are structurally parallel to such an extent, we can compare verbal events that should have roughly equal potential to be treated as narrative peaks—but only some of them are marked as such with the HP. Compare, for instance, .. (το' δ’ αBτο'  ρους ν Σικελ*α Καμαριναοις κα> Γελ.οις κεχειρα γγνεται πρ(τον πρ9ς λλ-λους), which introduces a new discourse topic, without any real build-up to the peak suggested by the HP, with .. (το' δ’ αBτο'  ρους @Επιδαυροις κα> @Αργεοις πλεμος γ νετο), which also introduces a new discourse topic (something of the inverse of the former: the start, rather than the end, of a war), but merely has the aorist. While one could perhaps argue that the truce in .. is somehow more of a peak than the outbreak of war in .., it is precisely to avoid such qualitative (and therefore in my view insecure) assessments that I have chosen to look at the more objective syntactic parameters examined in this study. Incidentally, this particular pair can be explained nicely if we view the HP as a sign of narrative speed, i.e. that the author is moving briskly from point to point in presenting events that themselves took place comparatively quickly: the outbreak of war is a slower process, as the armies gradually make their preparations to fight, whereas the truce can be implemented comparatively quickly. Note that the more sustained discussion that takes place after the initial truce is enacted is marked with the aorist ς λγους κατ στησαν λλ-λοις, even though it is this later discussion that might be a more natural narrative peak, insofar as it leads to a more comprehensive peace than the provisional κεχειρα. (The definition of narrative speed given above is somewhat different from that found in de Jong (: ), which instead emphasizes the discrepancy between the duration of the events themselves and that of the narration.) 6 The fact that the HP is more common with το' αBτο'  ρους / χειμ(νος than with το' πιγιγνομ νου  ρους / χειμ(νος suggests an additional reason for the HP: it is

temporal characteristics of the historical present



These figures show, first, that the aorist is the most common tense to occur with these expressions (not unexpectedly, given its general frequency as an unmarked narrative tense) and, second, that the HP, not the imperfect, is the next most common. Again, this is perhaps not such a surprise. As Schwyzer–Debrunner already noted that the HP is more closely aligned with the aorist than with the imperfect, we might expect it, like the aorist, to occur relatively often in the constructions enumerated in the table (: ).7 But it seems somewhat unlikely—if, as they say, the present is used to highlight statements that are particularly critical to the general narrative—that there should be so much variation after such a formulaic phrase. Now, I do not want to suggest that pragmatic factors are irrelevant in determining when the HP is used: clearly, they play an important role. But I do want to propose an additional feature to help describe the HP, namely, that it occurs in contexts where Thucydides wishes his narrative to spend as little time as possible dwelling on the

likelier to be used when, in the previous section, the narrator has already reached the same general time frame as the action of the HP. By contrast, the HP fits less well with events that take place at a point in time subsequent to that of the previous section. This again suggests that it can be associated with narrative speed, insofar as less time will have passed before an event that takes place the same season than one that takes place the following season. Curiously, temporal expressions with ν, which at first glance appear to be roughly equivalent to those with the genitive, behave differently. First, there are no examples of ν τ.( πιγιγνομ ν.ω  ρει or χειμ(νι (although ν τ.( πιντι χειμ(νι does occur once). Second, the HP is not as common relative to the aorist with ν τ.( αBτ.(  ρει and ν τ.( αBτ.( χειμ(νι as it is with το' αBτο'  ρους and το' αBτο' χειμ(νος. The expressions with ν occur only three times with the HP, compared to thirteen with the aorist (and twice with the imperfect); contrast the figures for the το' αBτο' constructions given above, where the HP is half as common as the aorist ( ×:  ×). Still, broadly the same principles governing the selection of the HP are likely to be at work, as the three examples of the HP that are found with ν τ.( αBτ.( are all verbs that are semantically similar to those found with το' αBτο': φικνεται (..), παρ ρχεται (..), ποστ λλουσιν (..). That the HP is less common with ν than with the genitive may perhaps be explained with reference to another difference between the two constructions: temporal constructions with ν are used five times in clauses with γ νετο that sum up what has just happened (e.g. τα'τα μ6ν ν τ.(  ρει το7τ.ω . . . γ νετο ..; see also .., .., .., ..), but the genitive of time is not used in this context. If phrases with ν have a preference for modifying verbs that recapitulate a series of events, then it is not surprising to find that they are less common with the HP, as the verb form found in these constructions is neither temporally punctual (it refers to multiple events) nor a narrative peak (it simply restates what has already been said). 7 It is in part because of figures like these that I disagree with the position of Ruipérez, who takes issue with (inter alia) Schwyzer–Debrunner’s characterization of the HP as punctual (: –) and sees the HP as aspectually neutral, with no special affinity for the imperfective imperfect or perfective aorist (ibid. ).



coulter h. george

action of the verb—constructions that are, so to speak, super-punctual.8 Put differently, it is a way of accelerating the speed of the narrative. I base this suggestion on three observations. Aktionsart and Historical Presents First, the Aktionsart of the verb forms that favor the HP is generally punctual; conversely, it is a use Thucydides avoids with durative verbs.9 If we start from the twelve verbs that occur in the HP in the temporal constructions in question, and take the five that are common enough overall in Thucydides for the difference between the present and aorist to be meaningful, we are left with the following verbs: () Tense distribution of five verbs in Thucydides10 Verb γγνεται πεει, -ουσι ποκτενουσι ποπ μπουσι στρατε7ουσι

present aorist imperfect     

    

    

First, we have γγνεται. It might seem odd that I should claim this as a punctual verb form, but its use in the HP is nearly always connected with a change of state or the occurrence of an event that happens instantaneously; it usually is best translated “come about” or “take place”. Typical is example (): 8 To clarify: this is not to say that the verbal action actually does take place quickly by the objective standard of a stopwatch—merely that Thucydides emphasizes that the event described with the HP belongs to a stretch of narrative that is moving quickly. That said, one can expect at least a loose correlation between events that take place quickly in the real world and those that Thucydides presents as such. 9 For earlier discussion of this feature of the HP, see Ruipérez (: –) and Rijksbaron (a: –, this volume p. ). See also the descriptions of the types of verbs that are conducive to the HP in Eriksson (: –). 10 The five verbs all occur with the HP in the temporal constructions considered here. The figures only include those occurrences that are in the same person and number as the form(s) found with the HP in the temporal construction. I have excluded uncommon verbs (those where the total attestations across the row would be less than twenty) as well as ποιο'νται, on the grounds that it only occurs in the HP in the collocation λγους ποιο'νται, the Aktionsart of which would not necessarily be comparable to that of other syntagms with ποιο'νται.

temporal characteristics of the historical present ()



το' δ’ αBτο'  ρους ν Σικελ*α Καμαριναοις κα> Γελ.οις κεχειρα γ γνεται πρ(τον πρ9ς λλ-λους

And the same summer in Sicily there came about a ceasefire between the Camerinans and the Gelans, first between each other (Th. ..)

Of the twenty-one examples of γγνεται in Thucydides, six are not HPs and so are irrelevant.11 Of the remaining fifteen, twelve resemble ();12 two more also probably belong in this category,13 and there remains only one where γγνεται apparently has the more durative sense “grow” or “become”.14 The next verb in the list, πεω, may also seem a somewhat counter-intuitive punctual verb. But in these constructions, the act of persuading is reduced to a much smaller point in time than the act that the subject is persuading the object to carry out. The three examples that occur in the temporal constructions studied here are the following: ()

το' δ’ πιγιγνομ νου χειμ(νος Εvαρχος H @Ακαρν2ν βουλμενος ς τ:ν @Αστακ9ν κατελεν πε ει Κορινους τεσσαρ κοντα ναυσ> κα> πεντακοσοις κα> χιλοις Hπλταις Kαυτ9ν κατ γειν πλε7σαντας

And the following winter, Evarchus the Acarnanian, wanting to go back to Astacus, persuaded the Corinthians to sail with  ships and  hoplites and restore him (Th. ..) ()

το' δ’ αBτο'  ρους, οB πολλ.( Dστερον το7των, @Αμπρακι(ται κα> Χ ονες βουλμενοι @Ακαρναναν τ:ν π+σαν καταστρ ψασαι κα> @Αηναων ποστ8σαι πε ουσι Λακεδαιμονους ναυτικν τε παρασκευ σασαι κ τ8ς ξυμμαχδος κα> Hπλτας χιλους π μψαι π’ @Ακαρναναν

11 Of the examples of γγνεται that are not HPs, four occur in direct speech (.., .., .., ..), and two occur in indirect speech (.., in a relative clause) or semi-indirect speech (.., in a πρν clause). 12 These occur at .., .., .., .., .., .., .., .., .., .., .., ... Most of these have a noun like ναυμαχα ( ×) or κεχειρα ( ×) as their subject. 13 These occur at .. (κα> MΙωσιν Dστερον πολ= γγνεται ναυτικν), where it is hard to exclude definitively the durative idea of the growth of the Ionian fleet, even if the emphasis seems rather to be simply on its coming into existence, and .. (H Δημοσ νης . . . 3πρακτος γγνεται), where the negativity inherent in the adjective means that one cannot assign to a particular point of time the event of “turning out to have done nothing” in the way that one can to, say, a battle. Still, the emphasis is on the end result of having done nothing rather than the on-going process of doing nothing. 14 The apparent exception occurs at ..: φικμενος δ6 (sc. Themistocles) μετ2 τ9ν νιαυτ9ν γγνεται παρ’ αBτ.( (sc. βασιλε) μ γας. This example occurs in a passage notorious for its high number of HPs.



coulter h. george And the same summer, not much later than this, the Ambraciots and Chaonians, wanting to subjugate all of Acarnania and to cause it to revolt from the Athenians, persuaded the Lacedaemonians to prepare a fleet from the alliance’s wherewithal and to send  hoplites to Acarnania (Th. ..)

()

το' δ’ αBτο'  ρους Ατωλο> προπ μψαντες πρτερον $ς τε Κρινον κα> ς Λακεδαμονα πρ σβεις . . . πε ουσιν Pστε σφσι π μψαι στρατι2ν π> Να7πακτον δι2 τ:ν τ(ν @Αηναων παγωγ-ν

And the same summer, the Aetolians, after sending ambassadors in advance to Corinth and Sparta . . . persuaded them to send an army to Naupactus for them, because the Athenians had been summoned to help (Th. ..)

In all these passages, we have a temporal phrase opening a new paragraph, then a participial phrase giving the background to the act of πεειν, then the HP, followed by what the persuadee is persuaded to do. The persuasion itself is thus reduced to a single word, the verb. Contrast these with a couple of examples that are typical of the aorist $πεισαν. Here, the complexity of the act of persuading is brought to the fore, either by an adverb of manner, as in (), or by a preceding clause describing the negotiations, as in (), where the fact that only some of the audience are won over also throws more weight on the act of persuasion itself:15 () κα> $πεισαν {*+ον, δοτι κα> κενοις $νδηλον 0ν . . . And they persuaded them easily, for it was clear also to them . . . (Th. ..) () τος τε κ ταις 0 V σαν ς λγους κα> τος 3λλοις, πως σω-σεται ? πλις, κα τινας αBτ(ν $πεισαν ς τ2ς να'ς σβ8ναι

They negotiated with the suppliants and with the others, so that the city would be saved, and they persuaded some of them to board the ships (Th. ..)

By contrast, the next two verbs, ποκτενουσι and ποπ μπουσι, are relatively unproblematically assigned to a punctual category. The fifth verb, στρατε7ουσι, is at first glance more difficult to include in this category insofar as its derivational morphology suggests that it ought to express the durative idea of being on campaign.16 Thucydides, however, nearly 15 For another clear example of the aorist after a description of protracted talks, see Th. ... 16 Cf. other verbs in -ε7ω, e.g. βασιλε7ω “be a king, rule”, δουλε7ω “be a slave, serve”, πολιτε7ω “be a citizen.” As for στρατε7ω itself, Thucydides has the durative use at e.g. ..: σον δ6 χρνον οS τε Πελοπονν-σιοι 0σαν ν τV8 γV8 τV8 @Αηναων κα> ο

temporal characteristics of the historical present



always uses the verb with a goal expression, thus throwing emphasis on the start of the campaign.17 Such is the case when it occurs in the HP in example (): () κα> ο μ6ν ν Σικελ*α @Αηναοι κα> NΡηγνοι το' αBτο' χειμ(νος τρι κοντα ναυσ> στρατεουσιν π> τ2ς Αλου ν-σους καλουμ νας

And the Athenians in Sicily and Rhegians that same winter went on an expedition with thirty ships towards what are called the islands of Aeolus (Th. ..)

The supposition that we are dealing with a sort of ingressive HP here is corroborated by the existence of parallels with ποπ μπω.18 Compare example (), where the speed with which the narrative moves from the previous action to the current one is emphasized by εB7ς: () κα> τ9ν μ6ν ΕBρυμ δοντα εB=ς περ> ?λου τροπ2ς τ2ς χειμεριν2ς ποπμπουσιν ς τ:ν Σικελαν μετ2 δ κα νε(ν

And they immediately sent Eurymedon, about the time of the winter solstice, to Sicily with ten ships (Th. ..)

In short, all five of these verb forms—γγνεται, πεει/πεουσι, ποκτενουσι, ποπ μπουσι, and στρατε7ουσι—refer to events that are presented in the narrative as punctual. Two of these verbs (ποκτενω, ποπ μπω) readily fall into this category by virtue of their semantics; so too στρατε7ω, given its near-restriction in Thucydides to referring to the start of a campaign. As for γγνομαι and πεω, they can potentially refer to longer periods of growth or persuasion, but when they occur in the HP, the narrative focuses in on the particular point at which the event takes place, rather than the lengthy process that may have led up to it. The punctuality of the HP can also be argued from the opposite direction: namely, by observing how rare it is with truly durative verbs. This

@Αηναοι στρ τευον π> τ(ν νε(ν, ? νσος $ν τε τV8 στρατι*+ το=ς @Αηναους $φειρε κα> ν τV8 πλει. 17 Of the twenty-nine tokens of στρ τευσαν in Thucydides, all but two occur with

a goal expression. One exception is the second example in .., but it here occurs in a relative clause that takes up again an στρ τευσαν earlier in the sentence that does have a goal expression. The other exception is .., where it occurs with an internal accusative object (τ9ν ερ9ν καλο7μενον πλεμον). 18 I add the qualification “sort of ” because this verb form should only be characterized as ingressive if one takes the fundamental sense of the verb to be “be on campaign” rather than “go on campaign”.



coulter h. george

can be shown in two ways. First, Thucydides apparently never has the HP modified by an accusative of extent of time. There is only one potential candidate, and even it should be excluded because the accusative does not truly modify the HP.19 In contrast to the lack of durative constructions with the HP, Thucydides frequently uses the aorist with the accusative of time. Indeed, with the time nouns included in the current study, there are a full twenty-five examples of the construction: () Aorists with accusatives of time in Thucydides Class of verb

Examples

μ νω and its compounds

$μειναν (..) ν μειναν (.., ..) ξυν μεινεν (.., ..) παρ μεινε (..) ο μ6ν τα'τα επντες τ(ν @Αργεων φ’ Kαυτ(ν κα> οB το' πλ-ους κελε7σαντος εIπονZ κα> H €Αγις δεξ μενος το=ς λγους αBτς, κα> οB μετ2 τ(ν πλενων οBδ6 αBτ9ς βουλευσ μενος λλ’ z Kν> νδρ> κοινσας τ(ν ν τ λει ξυστρατευομ νων, σπνδεται τσσαρας μFνας, ν ο,ς $δει πιτελ σαι αBτο=ς τ2 {η ντα “And those of the Argives who said this 19

did so of their own accord and not at the behest of the majority; and Agis received their words on his own behalf and, he himself not deliberating with anyone apart from speaking to one of the officials on campaign with him, made a treaty for four months, in which they would have to carry out what they said” (Th. ..). Superficially, this looks like an example of an HP (σπ νδεται) modified by an accusative of extent of time (τ σσαρας μ8νας). But the temporal expressions that state the duration of treaties are anomalous in modifying not the event of treaty-making denoted by the verb (as one would expect of the accusative of time), but rather the length of time the treaty is to last; that is, from a semantic point of view, they modify the σπονδα that are the implicit object of σπ νδεσαι. (The object is explicit at ...) Classen–Steup (ad .., ..) describe this usage in terms of the absence of expected ς, but it might be better simply to speak of an extended use of the accusative of time, considering that (i) Thucydides uses the same construction when quoting the actual wording of a treaty at .., (ii) he never uses the phrase ς NUMERAL $τη, and (iii) at .., ς is used with τ9ν $πειτα χρνον in the same clause where we find the accusative of time Kκατ9ν $τη, suggesting that the two constructions are different, with ς taking a more openended object. As for the HP in .., the contextual indications here suggest that, if anything, this particular act of σπ νδεσαι was an unusually fast one: Thucydides calls attention to the fact that this treaty is not the result of lengthy consultations with the mass of two armies, but is an almost private agreement between the Argive leaders and Agis.

temporal characteristics of the historical present



verbs of spending the night and dwelling

ηBλσα(ν)το (.., ..) κατ δαρον (..) T . κησαν (..)20

verbs of resisting and holding out

ντ σχον (..) π σχοντο (..) π σχον (.., .., ..) τ:ν γ8ν π+σαν $τεμον

And they continued in this invasion for the longest time, and they laid waste to all the land (Th. ..)

That the HP never occurs in such constructions strongly suggests that it is incompatible with durative temporal expressions. A related way to determine whether the HP favors a punctual environment is to consider whether these verbs that occur so naturally with durative expressions ever occur in the HP even without an explicit accusative of extent of time. In fact, this does not happen. Neither μ νω nor its compounds is ever found in the HP. Of the other verbs in the table, only γγνομαι, οκ ω, ντ χω, and κρατ ω ever occur in the third-person present indicative, and, of these last four verbs, only γγνομαι occurs in the HP— but, as already noted, this is an anomalous verb, with its Aktionsart in the 20

It is possible that the accusative of time is here modifying the present participle

$χοντες rather than the aorist. Nevertheless, it is still the case that this is a clearly durative

construction with an aorist, rather than an HP. 21 This sentence continues with another accusative of time modifying an aorist: ?μ ρας γ2ρ τεσσαρ κοντα μ λιστα ν τV8 γV8 τV8 @ΑττικV8 γ νοντο. But this clause is atypical of those included in the table, most of which, like the first clause, co-occur with κα or δ : none of the three durative constructions of π σχον or two of ηBλσα(ν)το are in γ ρ-clauses; of the seven with μ νω and its compounds, only two are. As the HP occurs overwhelmingly in clauses introduced by κα or δ rather than by γ ρ (Rijksbaron (this volume, pp. –)), this aorist, unlike most of those in the table, would not have been a candidate for an HP in any case.



coulter h. george

present (signifying a change of state) quite different from its use as a suppletive to εμ in the aorist (contrast example () with the passage in note ).22 Subjects and Objects of Historical Presents The second parameter worth examining in assessing the relative punctuality of the HP is the nature of the subjects and objects of the verbs in question, in particular whether they are singular or plural. We begin with πεω, which, of the four main verbs I investigate in this section (πεω, ποκτενω, (πο)π μπω, στρατε7ω),23 can be considered on two counts to be the most compatible with the HP: not only is it the only one of these verbs to construe more than once with the temporal expressions at hand, but it also has the highest HP-to-aorist ratio of the four. In looking at these examples, it is useful to consider separately the behavior of the third-person singular and the third-person plural for two reasons. First, it is methodologically soundest to compare like with like as much as possible, and πεω is common enough that one can study the singular and plural forms separately. Second, if there is a connection between the temporal nuance of the verb and the use of the HP, then it seems important to distinguish between acts of persuasion carried out by an individual and those carried out by a group of people. One of the inherent differences between She persuaded him and They persuaded him is that the former can generally be reduced to a smaller temporal point than can the latter, as the former can consist of a single act of persuasion, whereas the latter is far more likely to consist of multiple acts carried out by the various members of the group designated by the subject pronoun. It is true that the latter might still only describe a single speech given by one member of the group, while the other agents stand by in silence, persuading perhaps by virtue of their numbers or some other non-verbal symbol of power. But a plural subject will on the whole tinge the verb with greater complexity because, quite simply, a greater number of agents can do a greater number of things.24 Finally, as the singular and plural forms of πεω do For the role of γενμην as a suppletive aorist to εμ, see Kölligan (). That is, the five verbs of table () minus γγνομαι, which is too protean in its semantics to provide a consistent basis of comparison. 24 This correlation only holds good to the extent that singular subjects refer to individual agents and plural subjects to multiple agents. Naturally, this is not always so: a rout in battle could be narrated either as The army fled or as The soldiers fled, in which case 22 23

temporal characteristics of the historical present



in fact behave differently in this respect, there is all the more reason to conduct the investigation along these lines. First, it is worth contrasting the global relative frequency of the HP and aorist with the singular and plural forms of the verb respectively. If πεω has a singular subject, Thucydides uses the HP eleven times, the aorist fourteen times; if it has a plural subject, he uses the HP only nine times, the aorist fourteen times. To be sure, this difference is very slight, but it recurs, more pronouncedly, with all but one of the verbs covered here (as well as with φικν ομαι, another verb that has a strong proclivity for the HP), and the overall pattern is therefore likely to be meaningful: () Frequency of HP with singular and plural subjects of selected verbs  of singular verbs that are HP HP AOR

HP/ (HP+AOR)

 of plural verbs that are HP HP AOR

HP/ (HP+AOR)

πεω ποκτενω ποπ μπω π μπω στρατε7ω φικν ομαι

     

     

          

     

     

           

Total





 





 

In short, when these verbs are found in the singular, the HP is more common than the aorist, occurring  out of  times ( ) as opposed to  out of  times ( ) for the aorist. But when they are found in the plural, the aorist is more common than the HP, occurring  out of  the difference between singular and plural at the linguistic level would not correspond to a difference in the temporal properties of the predicate at the real-world level. However, this potential lack of correlation does not get in the way of the argument in actual practice. First, I am not arguing that events marked by the HP actually take place more quickly at the real-world level, merely that use of the HP reduces them to a particularly narrow temporal point of the narrative. Insofar as description of the subject as the army lumps the agents together as a single unit whereas labeling them as the soldiers leaves more room for their individual actions, it remains the case that the HP should associate more closely with singular verb forms, even with pairs such as these where the action takes the same amount of time by objective chronological reckoning. Second, the singular subjects of the verbs in question are nearly always individuals anyway: of the  examples of πεει and $πεισε(ν), only one ($πεισεν, ..) has a subject that is not a single person.



coulter h. george

times ( ) as opposed to  out of  times ( ) for the HP. And if the HP is indeed favored with singular verbs, then it is likely that, judged purely from the standpoint of temporal relations, the HP is associated with a more compact time frame. To return now to πεω in particular, a similar argument can be made if one looks only at the passages with plural forms of the verb. While all fourteen examples of $πεισαν have plural objects, the nine examples of πεουσι(ν) include three with singular objects.25 The same reasoning that applied to the effect of the number of the subject on the temporal nature of the construction applies to the object as well: the more objects there are, the more time it is likely to take to carry out the action of the verb.26 True, one can persuade multiple people at once by addressing a crowd, but the act of persuading, say, the Athenians to do something—and the plural objects of πεω do tend to be entire citizen bodies—is usually going to involve a certain amount of sustained debate that is not necessary if one is solely persuading an individual. Besides, not all the verbs that follow this pattern are susceptible to this cavil anyway. Consider ποκτενω: the ancients not having had weapons of mass destruction, the act of killing a plural object must nearly always have been a more time-consuming process than that of killing a singular one. Here too, if we compare the objects of π κτειναν with those of ποκτενουσι(ν), the aorist occurs  times with plural objects, but only  times with singular objects, whereas the HP occurs  times with singular objects but only twice with plural objects. This pattern does not, to be sure, recur with π μπουσι(ν) and $πεμψαν, where the ratio of singular to plural objects is roughly the same for both the HP and the aorist (although the singular objects are still more common with the HP than with the aorist).27 That π μπω fails to main25

These are found at .., .., and ... As for the other six passages with

πεουσι(ν), five are like the passages with $πεισαν in having plural objects (either

explicit or implicit), and one occurs in a speech and is not an HP (..). 26 Just as the same reasoning applies, so too I must make the same disclaimer as in note . I am not suggesting that a verbal event with a plural object at the linguistic level will inevitably correspond to a longer period of time in the real world, thus requiring the aorist rather than an HP. Indeed, as seen below, the use of the HP and aorist of π μπω does not correlate to a difference in the number of the object precisely because the singular and plural objects of this verb are far less distinct from each other than is the case with e.g. ποκτενω. 27 Of the  times that π μπουσι(ν) takes an object,  times ( ) the object is a singular noun, while  times ( ) it is a plural noun or singular nouns joined by κα; of the  times that $πεμψαν takes an object,  times ( ) the object is a singular noun,

temporal characteristics of the historical present



tain this distinction is not, however, particularly problematic. Unlike the passages with ποκτενω and πεω, where a clear distinction is maintained between singular and plural objects—the murder of an individual is palpably different in its temporal properties from the killing of several in a battle, and the persuading of an individual is, again, a rather different matter from the persuading of a group—all the passages with π μπω, whether the object is singular or plural, are conceptually much more similar. They all involve the sending of messengers, soldiers, or ships, and there is not much reason to think that the amount of time the act takes would correlate particularly closely to whether the object was a singular τρι-ρη or κ-ρυκα or a plural πρ σβεις or Hπλτας. Adverbial Modifiers of Historical Presents With π μπουσι(ν) and $πεμψαν, a better indication of which passages Thucydides presents as recounting a quicker act of sending is the inclusion of a modifier like εB7ς or ξαπιναως with the verb.28 As it happens, these modifiers are found three times with the HP, but never with the aorist, thus providing somewhat better evidence for this verb that the temporal pace of the narrative is more accelerated with the HP than with the aorist. Similarly with the singular forms π μπει and $πεμψε(ν), there is little distinction between the distribution of singular and plural objects between the two, but, once again, εB7ς is found three times with the HP, but never with the aorist.29 In this connection we may also recall the contrast between examples () through () on the one hand (where the HP of πεω expresses an uncomplicated act of persuasion), and () and () on the other (where the aorist of πεω is used with a more complicated act of persuasion). The situation is different with στρατε7ω. First, it is far less common in the HP than the other verbs examined so far. This is evident right from the initial figures, with five examples of στρατε7ουσι(ν) compared to twentynine of στρ τευσαν. In fact, even this ratio overstates the frequency while  times ( ) it is a plural noun. The remaining verb, στρατε7ω, also fails to respond to this test for the obvious reason that it is intransitive. 28 These occur at .., .., and ... 29 Of the  times π μπει takes an object,  times it is a singular noun, while  times it is plural; while $πεμψε does have a singular object twice, and a plural object only once, these figures are too low to read anything into them. The three examples of π μπει modified by εB7ς occur at .., .., and ...



coulter h. george

of the HP, as two of the five times the verb occurs in the present, it is not an HP: at .., it occurs in a speech, and at .., it occurs in a subordinate clause. That the HP of στρατε7ω is less common than that of πεω, π μπω, or ποκτενω in itself could support the idea that the HP, ceteris paribus, describes events that are more instantaneous than the aorist, if we can view the act of going on a campaign as generally occupying a longer period of narrative than that of persuading, sending, or killing. That said, it is somewhat problematic that the three HPs of στρατε7ουσι(ν) do not have any features that would indicate greater instantaneity than is the case with the aorists, while two of the twentynine aorists do occur with εB7ς.30 However one is to account for these three HPs—and the explanation presumably lies at the global level of the presentation of the narrative—it seems clear that στρατε7ω represents a different case from the other verbs discussed here by virtue of its much greater use of the aorist. Whereas both the HP and aorist of πεω, π μπω, and to a lesser extent ποκτενω were freely available to Thucydides (suggesting that, in addition to the large-scale narrative reasons for using the HP, an additional feature like temporal shading was also in play), with στρατε7ω the HP was simply not as much of an option, either because the semantics of this verb were more durative than those of the other verbs (despite its apparent focus on the start of the campaign) or because taking to the field was somehow seen as less of a turning-point than the actions denoted by the other verbs (plausible as far as comparison with ποκτενω and, probably, πεω would indicate, but perhaps less so with respect to π μπω). Whatever the explanation— and I would not exclude a combination of the two—Thucydides uses στρ τευσαν even when, with another of these verbs, he might have used the HP. 30 The HPs occur at .., .., and ..; the aorists with εB7ς, at .. and ... There is very little to distinguish the HPs from the aorists: compare the HPs at .. and .., both of which occur after a “scene shift”, with a new expedition announced, with the aorists at .., .., and ... (Furthermore, .. shares with the three aorist examples the designation of the number of ships with which the expedition is launched.) The HP at .. could perhaps be understood as arising from the contrast with the negated aorist that precedes it: ο δ6 @Επιδ μνιοι οBδ6ν αBτ(ν τ2ς να'ς ( . . . ) φανεται δ6 κα> Σαμοις @Αμει-

νοκλ8ς Κορνιος ναυπηγ9ς να'ς ποι-σας τ σσαραςZ $τη δ’ στ> μ λιστα τριακσια ς τ:ν τελευτ:ν το'δε το' πολ μου τε @Αμεινοκλ8ς Σαμοις 0λεν. ναυμαχα τε παλαιτ τη aν Wσμεν γ γνεται Κορινων πρ9ς ΚερκυραουςZ $τη δ6 μ λιστα κα> τα7τVη Kξ-κοντα κα> διακσι στι μ χρι το' αBτο' χρνου. (..–) . κα> MΙωσιν Dστερον πολ= γ γνεται ναυτικ9ν π> Κ7ρου Περσ(ν πρτου βασιλε7οντος κα> Καμβ7σου το' υ ος αBτο', τ8ς τε κα’ Kαυτο=ς αλ σσης Κ7ρ.ω πολεμο'ντες κρ τησ ν τινα χρνον. κα> Πολυκρ της Σ μου τυρανν(ν π> Καμβ7σου ναυτικ.( σχ7ων 3λλας τε τ(ν ν-σων NΡ-νειαν KλEν ν ηκε τ.( @Απλλωνι τ.( Δηλ.ω. (..)

In both cases, Thucydides is not telling a story. In (), Thucydides’ argues how strong archaic Corinth was as a naval power. To support his argument, he mentions a number of separate facts: that the Corinthians were the first to build triremes, that the Corinthian Ameinocles built ships for the Samians and that the earliest sea-battle on record took place between the Corinthians and the Corcyraeans. The reference to the first sea-battle is not part of a narrative sequence but part of an argumentation. A clear indication that we are not dealing with narrative is the fact that γγνεται is surrounded by other present tense forms which, unlike γγνεται, refer to the time of Thucydides the narrator: λ γονται (habitual-generic present), φανεται (present state ‘it is clear’), στ [ ×] (omnitemporal ‘Resultat der Berechnung’ [Classen-Steup ad loc.]). In passage (), Thucydides is showing the significance of the sea-power of the Ionians. In support of this, a number of separate facts is enumerated: the Ionians acquired a powerful navy; they controlled the sea for some time;



annexe i

Polycrates subdued a number of islands. Now how should we classify these two cases of γγνεται? Classen-Steup deny that these presents are historical presents, explaining these present forms, instead, as ‘Vergegenwärtigung des historischen Überblicks, dem sich die Ereignisse unmittelbar vor Augen stellen.’ In what way this type of present differs from an historical present remains unclear. To my mind, whether or not these two instances of γγνεται are genuine historical presents is only a matter of definition. I prefer to follow the approach of Schwyzer-Debrunner who give a broad definition of the historical present. They distinguish two subtypes: an expressive (or dramatic) type which highlights crucial moments in the narration and an inexpressive type, traditionally called praesens annalisticum or praesens tabulare, which can also occur in nonnarrative texts (Schwyzer-Debrunner : –). In my view, the two instances of γγνεται in the Archaeology belong to this latter type. The function of the praesens annalisticum, in my conception, is not to transfer the reader mentally back to a moment in the past but, rather, to highlight mile-stone events in the past which are viewed as still relevant to the narrator’s present. This second type of historical present may also occur in non-narrative text-types such as direct speech (and even questions), e.g. E. Ba.  [I, Dionysus, have come] wν τκτει πο’ ? Κ δμου κρη (cf. also Ba. , , ).3 The verbs associated with this type of present tense tend to relate to birth/coming into being, marriage, death and giving (i.e. major changes in existential status). Also our two cases of γγνεται belong to this type of present. Their present tense form indicates that the events referred to are somehow considered immediately relevant to the narrator as they constitute major landmarks in the narrator’s conception of the past. The first γγνεται (..) refers to the first sea-battle in history which is obviously a major mile-stone in history. An additional reason for highlighting this sea-battle may be the fact that it involves the Corinthians and the Corcyraeans, whose lasting conflict also played a crucial role in the outbreak of the Peloponnesian War. In narratological terms, the first sea-battle between these two cities could, therefore, be described as a ‘seed’ (French: ‘germe’, see Genette , ), a narrative element of which the significance only becomes manifest later on in the story. The second occurrence of γγνεται in the Archaeology (..), the emergence of Ionian sea-power, is likewise of central concern to the narrator as it is linked up with the theme of naval empire.

3

For a discussion of this type of present, see Rijksbaron ().

annexe i



It may be illuminating, finally, to contrast the two cases of γγνεται with the use of the aorist γ νετο in the Archaeology. The  instances of the aorist form appear to be used (with the possible exception of ..) to refer to events which are of less thematic importance to the narrator. In .., γ νετο refers to Minos who was the first colonizer of the Cyclades (οκιστ:ς πρ(τος τ(ν πλεστων γ νετο). This fact is of secondary importance since it is merely an elaboration of the fact that Minos has been the first to establish a navy. (Incidentally, that the latter historical event is not marked by a present tense—even though it is formulated in a way which is very similar to ..—may be due to the presence of γ ρ). The next instance of γ νετο (..) concerns the fact that navigation between the peoples became safer as a consequence of Minos’ acquisition of a navy (πλωιμτερα γ νετο παρ’ λλ-λους). The third case regards the Battle at Marathon (.., κα> ? ν Μαρα(νι μ χη Μ-δων πρ9ς @Αηναους γ νετο) which is only mentioned in passing as an upbeat to the next chapter (..) about the Second Persian War. The fourth case contains the observation that the power of Athens alone at the outbreak of the Peloponnesian War exceeded the power of Athens and Sparta together at the time of the Persian Wars: κα> γ νετο αBτος ς τνδε τ9ν πλεμον ? δα παρασκευ: μεζων z 5ς τ2 κρ τιστ ποτε μετ2 κραιφνο'ς τ8ς ξυμμαχας Jνησαν (.). The aorist is not easy to

explain here, since it seems to tie in well with the Archaeology’s theme of the Peloponnesian War’s greatness. The last instance of γ νετο deals with the non-existence of the Pitana-company in the Spartan army: κα> τ9ν Πιταν την λχον αBτος εIναι, wς οBδ’ γ νετο πποτε (..). The subordinate clause and the negation constitute a highly unfavourable environment to the use of an historical present. . Themistocles In chapters ..–., Thucydides uses an unusually high number of historical presents. Unlike similar extended series in Euripidean narrative and unlike the cluster of historical presents in chapter ., these historical presents do not constitute a single coherent scene. The passage relates the remarkable vicissitudes of Themistocles after his ostracization from Athens. In this passage,  out of  finite verb forms in main clauses are historical presents, which amounts to  . In my view, the extremely high frequency of historical presents in this passage can be explained by the fact that, upon closer inspection, the passage actually consists of multiple brief Episodes which cover, in a highly summarized



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fashion, the events of a period of more than a decade. Only the pivotal storyline (Longacre 2: –) is narrated.4 The Episode boundaries are explicitly marked by Topic-shifting constructions5 and adverbials designating changes in time or location.6 The lion’s share of the historical presents, therefore, can be explained as referring to the dramatic Peak events.7 Unnecessary details are kept to a minimum. The chain of historical presents gives emphasis to the unexpectedness and uncontrollability (note the remarkable number of passive forms) of Themistocles’ incessant vicissitudes.8 A comparison with the preceding story of Pausanias makes my point clear. A major difference between the two narratives is that the excursus on Pausanias is told at a much slower pace. It is about twice as long ( finite verbs in main clauses) as the story of Themistocles, but it contains fewer changes of scene. The slower tempo of the Pausaniasexcursus is also manifested by the its higher frequency of imperfect and pluperfect forms:  out of  finite verbs in main clauses ( ). Themistocles’ story, on the other hand, only contains  imperfects and no pluperfects in main clauses ( ). Apart from its intense and dynamic character, the Themistocles-excursus differs from the Pausanias-excursus in another significant respect. The narrative is rounded off by an Evaluation-

4

This clustered use of the historical present in summary narratives is also frequently found in Xenophon, e.g. in Anabasis .– (see Rijksbaron :  and b: ). 5 NΟ δ6 Θεμιστοκλ8ς (..), H δ (..), H δ6 να7κληρος (..). 6 Spatial settings: παρ2 το=ς @Αηναους (..), ς Κ ρκυραν (..), ς τ:ν Jπειρον τ:ν καταντικρ7 (..), παρ2 MΑδμητον (..), ς Π7δναν (..), Hλκ δος τυχEν . . . κα> πιβ ς (..), ς MΕφεσον (..). Temporal settings: Το' δ6 μηδισμο' . . . π μψαντες παρ2 το=ς @Αηναους (..), προαισμενος (..), φασκντων Κερκυραων (..), διωκμενος . . . Vt χωροη (..), λντος οB πολ= Dστερον το' @Αδμ-του (..), Dστερον οB πολλ.( . . . επο'σι (..), ποσαλε7σας . . . Dστερον (..), φικμενος δ6 μετ2 τ9ν νιαυτν (..). For the tendency of preposed adverbial clauses to occur in Episode-initial position, see Givón (: –). 7 The historical presents indicating Peaks are: π μπουσι (..), φε7γει (..), διακομζεται (..), διδ σκεται (..), δηλο/ξιο [one Peak consisting of tightly connected events] (..), νστησι [reaction to ξιο] (..), κδδωσιν/ποστ λλει [intimately connected: one Peak] (..), φρ ζει (..), ποιε [reaction to φρ ζει] (..), σπ μπει (..), γγνεται. @Αναγκ ζεται (..), καταφ ρεται (..) and φικνεται (..), indicating a change of location, can best be seen as ‘punctuating’ historical presents introducing new Episodes (usage type  [Allan, this volume]). 8 Sicking and Stork provide an ad hoc explanation for the clustered use of the historical present in this passage. They claim that Thucydides presented Themistocles’ story by means of the historical present ‘to signal that the story, as a whole, has to be kept apart from its surrounding context’ (Sicking & Stork : ).

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

section, one of the relatively few examples of narratorial intervention in the Histories, in which Thucydides praises Themistocles’ extraordinary intellectual capacities. The eulogy is followed by a brief resumption of the narrative proper in the form of an abrupt and brachylogic reference to Themistocles’ death by disease, again featuring an historical present, possibly a praesens annalisticum: νοσσας δ τελευτ τν βον. The paired stories of Pausanias and Themistocles are sealed off by a Coda (τ μ ν κατ Παυσαναν τν Λακεδαιμνιον κα Θεμιστοκλα τν Αηνα ον, λαμπροτ#τους γενομνους τ%ν κα’ &αυτο'ς (Ελλνων, ο+τως ,τελε.τησεν).9 We may conclude from the differences in the way Thucydides presents the stories of these two great men that, although he consciously connected the two excursuses by their juxtaposition and the shared theme of Medism, he did not envisage a pair of stories which was in every way symmetrical. The linguistic and narratological features of the Themistocles-part of the diptych create a mode of narration which strongly engages the reader’s empathy and indignation about the treatment of a man of such brilliance by the Athenians. The way in which the Themistocles-story is given shape makes it clear that it is of central importance to Thucydides’ narrative aims, even though it is a digression from the main story-line (see also MortierWaldschmidt’s contribution on the Themistocles-excursus in this volume). The importance of Themistocles to Thucydides may be explained, as Rood has suggested, by Themistocles’ role as a foreshadowing of Pericles. Pericles, like Themistocles, had the talent to anticipate future events and to devise and explain the required policy. And Pericles, like Themistocles, is not treated as he deserved by the Athenian demos (Rood : ). The Story of Themistocles (..–.): Summary Narrative Bold face = adverbial spatial or temporal settings → new Episode; Underscored = aorist; Double underscored = historical present; Triple underscored = imperfect

9 For the terms Evaluation and Coda, see Allan () and this volume. The use of the aorist ,τελε.τησεν in .. instead of an historical present (as in ..) is not easy to explain. Possibly, the sense in which the verb is used (‘end’ vs. ‘die’) is less favorable to the use of an historical present.



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Episode  [Investigation of Pausanias implicates Themistocles] .. (.) Το' δ6 μηδισμο' το' Παυσανου ο Λακεδαιμνιοι πρ σβεις

π μψαντες παρ7 το8ς 1Αηνα ους ξυνεπVητι(ντο κα> τ9ν Θεμιστοκλ α, 5ς ηDρισκον κ τ(ν περ> Παυσαναν λ γχων, Uξουν τε τος αBτος κολ ζεσαι αBτν. (.) ο δ6 πεισ ντες ($τυχε γ2ρ /στρακισμ νος κα> $χων δαιταν μ6ν ν MΑργει, πιφοιτ(ν δ6 κα> ς τ:ν 3λλην Πελοπννησον) π μπουσι μετ2 τ(ν Λακεδαιμονων Kτομων kντων ξυνδικειν 3νδρας ο,ς εWρητο 3γειν που xν περιτ7χωσιν.

Episode  [Themistocles flees to Cercyra] .. (.) H δ6 Θεμιστοκλ8ς προαισμενος φε7γει κ Πελοπονν-σου ς Κρκυραν, uν αBτ(ν εBεργ της. Episode  [Themistocles is conveyed to main land] δεδι ναι δ6 φασκντων Κερκυραων $χειν αBτ9ν Pστε Λακεδαιμονοις κα> @Αηναοις πεχ σαι, διακομζεται ν Bπειρον τ>ν καταντικρ.

Episode  [In Molossia, Themistocles gets instructions from Admetus’ wife] (.) κα> διωκμενος οBκ ξιο, εW τι 3ρα αBτ9ς ντεπεν αBτ.( @Αηναων δεομ ν.ω, φε7γοντα τιμωρεσαιZ κα> γ2ρ xν ?στερον ο πολλD( τος τε Λακεδαιμονοις κα> @Αηναοις λο'σι κα> πολλ2 επο'σιν οBκ κδδωσιν, λλ’ ποστ λλει βουλμενον 5ς βασιλ α πορευ8ναι π> τ:ν Kτ ραν  λασσαν πεζV8 ς Π7δναν τ:ν @Αλεξ νδρου.

Episode  [Themistocles persuades captain to save him] (.) ν O & )λκδος τυχPν ναγομνης π’ 1Ιων ας κα. πιβ7ς καταφ ρεται χειμ(νι ς τ9 @Αηναων στρατπεδον, w πολιρκει Ν ξον. κα (0ν γ2ρ γνEς τος ν τV8 νη) δεσας φρ ζει τ.( ναυκλ-ρ.ω στις στ> κα> δι’ _ φε7γει, κα> ε μ: σσει αBτν, $φη ρεν τι χρ-μασι πεισε>ς

αBτ9ν 3γειZ τ:ν δ6 σφ λειαν εIναι μηδ να κβ8ναι κ τ8ς νεEς μ χρι πλο'ς γ νηταιZ πειομ ν.ω δ’ αBτ.( χ ριν πομν-σεσαι ξαν. H δ6 να7κληρος ποιε τε τα'τα

Episode  [In Ephesus, Themistocles sends letter to Artaxerxes] κα> ποσαλε7σας ?μ ραν κα> ν7κτα κ λευε ποιεν οDτως. H δ’ ν τ.( χρν.ω wν π σχε τ8ς τε Περσδος γλσσης σα δ7νατο κατενησε κα> τ(ν (.) πιτηδευμ των τ8ς χραςZ

Episode  [Themistocles received by Artaxerxes] φικμενος δ6 μετ7 τ5ν νιαυτ5ν γγνεται παρ’ αBτ.( μ γας κα> σος οBδες πω NΕλλ-νων δι τε τ:ν προϋπ ρχουσαν ξωσιν κα> το' NΕλληνικο' λπδα, †ν τ9ν Θεμιστοκλ α, 5ς ηDρισκον κ τ(ν Παυσανου λ γχων, Uξουν τε τος αBτος κολ ζεσαι αBτν » (.). Le lien entre les deux épisodes, c’ est donc la même accusation de médisme. Mais autant Pausanias a été accablé de preuves de culpabilité, autant Thémistocle est traité avec délicatesse et sympathie par Thucydide.14 Louis Bodin () a montré la valeur apologétique de tout le passage. Or ce diptyque antithétique Pausanias-Thémistocle fait écho en chiasme à un premier diptyque également antithétique Thémistocle-Pausanias qui constitue la première partie de la Pentécontaétie (..–.). Thucydide y montre que la puissance d’ Athènes s’ est fondée sur deux éléments : d’ un côté la politique audacieuse de Thémistocle (« Il fut, en effet, le premier à oser dire qu’ il fallait s’ attacher à la mer, et tout de suite il travailla à préparer l’ empire : τ8ς γ2ρ δ: αλ σσης πρ(τος τλμησεν επεν 5ς νεκτ α στ, κα> τ:ν ρχ:ν εB=ς ξυγκατεσκε7αζεν », .), et de l’ autre le comportement de Pausanias qui s’ est rendu odieux par sa violence et a jeté les alliés dans les bras des Athéniens («Les Athéniens reçurent ainsi l’ hégémonie du plein gré des alliés, à cause de l’ hostilité qui régnait contre Pausanias : Παραλαβντες δ6 ο @Αηναοι τ:ν ?γεμοναν το7τ.ω τ.( τρπ.ω Kκντων τ(ν ξυμμ χων δι2 τ9 Παυσανου μσος », .).

Ainsi, à deux reprises en ce livre introducteur, Thucydide oppose radicalement les deux personnages, au profit de Thémistocle. Il conclut le deuxième diptyque par ces mots : « Ainsi finirent le Lacédémonien Pausanias et l’ Athénien Thémistocle, les deux hommes les plus en vue en Grèce à cette époque : Τ2 μ6ν κατ2 Παυσαναν τ9ν Λακεδαιμνιον κα>

Θεμιστοκλ α τ9ν @Αηναον λαμπροτ τους γενομ νους τ(ν κα’ Kαυτο=ς NΕλλ-νων οDτως τελε7τησεν » (.). Il apparaît à l’ évidence que,

dans tout le passage .–. qui nous intéresse ici, « tout est choisi, 14 Commentaire de J. de Romilly (CUF, t. I, p. ) : « Thémistocle était accusé d’ avoir trahi dès Salamine (cf. Hérodote, VIII, ), et, naturellement, au moment de son arrivée en Perse. Or Thucydide marque avec soin le vague de ses promesses (ceci est encore plus sensible si l’ on compare avec l’ insistance des formules employées pour Pausanias), et il explique la faveur de Thémistocle par des raisons générales, non par des engagements précis. Enfin, il s’ arrange pour couper le texte de la lettre et introduire une parenthèse donnant pour un mensonge la version de la trahison ».

annexe i



développé, orienté pour servir à la gloire de Thémistocle ».15 L’ excursus se termine d’ ailleurs par un éloge appuyé,16 qui met en avant des qualités dont on sait qu’ elles sont pour Thucydide les qualités suprêmes, notamment la ξ7νεσις ; en dix lignes et demie, on ne compte pas moins de  superlatifs, à quoi s’ ajoute le groupe redondant « διαφερντως τι ς αBτ9 μ+λλον Kτ ρου 3ξιος αυμ σαι : il méritait plus qu’ un autre une admiration exceptionnelle » (.). .. L’ épisode de Thémistocle se situe aussi juste avant la première apparition importante de Périclès. Jusqu’ ici, ce dernier a été mentionné sept fois,17 six fois très brièvement à l’ occasion d’ opérations militaires, et la dernière fois d’ une façon plus précise, comme une manière d’ avertissement : en dénonçant la souillure athénienne de l’ affaire Cylon, les Lacédémoniens visaient en vérité à se débarrasser de Périclès,18 « car il était l’ homme le plus important de son temps et il dirigeait la politique ; or il s’ opposait en tout aux Lacédémoniens et, sans tolérer de concessions, poussait les Athéniens à la guerre : uν γ2ρ δυναττατος τ(ν κα’ Kαυτ9ν κα> 3γων τ:ν πολιτεαν Uναντιο'το π ντα τος Λακεδαιμονοις κα> οBκ εWα παρελEν Περικλ8ς H Ξανππου, ν:ρ κατ’ κενον τ9ν χρνον πρ(τος uν @Αηναων, λ γειν τε κα> πρ σσειν δυναττατος » (.). Son discours ferme et sans concession en faveur de la guerre emporte l’ adhésion. La guerre est donc décidée, et ainsi s’ achève le livre .

15

J. de Romilly ( : ). J. de Romilly ( : ) : « Tout le passage se termine par le fameux éloge, qui n’ a de comparable dans l’ œuvre que celui de Périclès, et qui insiste, par tous les termes employés, sur le génie politique de Thémistocle ». 17 ., . et , . et , ., . 18 La mère de Périclès appartenait à la famille des Alcméonides coupables de la souillure et dont Sparte réclamait le bannissement. 16



annexe i

. Hypothèse interprétative Tentons d’ élucider les raisons de la présence de ce long développement sur Thémistocle, dont on a depuis longtemps souligné le caractère digressif,19 et osons cette hypothèse : par l’ emploi des PH, Thucydide nous alerte sur l’ importance à ses yeux de ce qui n’ est pas du tout pour lui un excursus, mais qui occupe au contraire une place capitale dans sa stratégie narrative. Cette importance tient au fait que, au terme des longs développements du livre  consacrés aux préliminaires de la guerre du Péloponnèse, le portrait de Thémistocle endosse un double rôle : conclure ce qui précède et introduire ce qui suit. Conclure ce qui précède : tout le livre  a montré la supériorité d’ Athènes. En contrepoint l’ un par rapport à l’ autre, au seuil du récit de la guerre, les deux portraits contrastés de Pausanias le Lacédémonien et de Thémistocle l’ Athénien résument et illustrent de façon on ne peut plus claire l’ opinion de l’ historien sur les deux protagonistes de la guerre du Péloponnèse.20 Introduire ce qui suit : autant Thémistocle est différent de Pausanias, autant il ressemble à Périclès. Les commentateurs n’ ont pas manqué de relever la similitude entre les deux stratèges athéniens dans les portraits que fait d’ eux Thucydide.21 Ils ont les mêmes qualités et ont droit aux mêmes éloges. Ils prônent la même politique et ont les mêmes ambitions pour leur cité. Dès lors, on peut se demander si tout l’ épisode concernant Thémistocle n’ est pas placé ici à dessein, juste avant l’ entrée en scène de Périclès, comme une sorte de faire-valoir anticipé, comme une avantpremière donnant à pressentir la suite. Passage charnière s’ il en est, pivot qui clôt les préliminaires et ouvre la porte au récit annoncé dès les premières lignes de l’ œuvre—le récit d’ une guerre qui fut « la plus grande crise : κνησις . . . μεγστη » que connurent les Grecs et qui toucha par son ampleur et par sa portée « la majeure partie de l’ humanité : π> πλεστον νρπων »—, ce passage a mérité 19

« . . . his [= Thucydides’ ] long, and for his purpose quite unnecessary, excursus on Pausanias and Themistokles », Gomme ( : ). 20 C’ est ce que pense Hornblower ( : ) : « Thucydides is here introducing us to the two great protagonists, Sparta and Athens, via a sketch of a great citizen of each ». 21 J. de Romilly ( : ) : « Thémistocle est le prototype de Périclès ». Jacoby, cité par Romilly, ibid. : « den grossen Vorgänger und Wegbereiter des Perikles ». Hornblower ( : ) : « The account of Themistokles’ qualities prepares us for those of Pericles », et « The praise of Themistokles forms a natural bridge to Pericles, “the greatest orator and statesman” of his day (as Thucydides calls him at . below), just as Themistokles was of his », ibid., p. .

annexe i



d’ être entièrement énoncé au PH, dont l’ une des fonctions reconnues est d’ attirer l’ attention sur les faits que l’ auteur considère comme essentiels dans son programme narratif. Il ne s’ agit pas ici, comme ce peut être le cas avec des PH isolés au cours du récit et qui désignent des actions cruciales, de signaler des faits indépendants qui sont des instants déterminants dans le déroulement des événements. Il s’ agit de tout un développement placé juste avant l’ introduction de Périclès comme une préface solennelle, annonçant magistralement l’ entrée dans le vif du sujet. Cette suite continue de PH donne une tonalité exceptionnelle à l’ ensemble du passage, en résonnant comme des roulements de tambour qui annoncent l’ entrée en scène du héros principal.22

Albert Rijksbaron On interpreting γ γνεται in the Archaeology (.., ..) .. ναυμαχα τε παλαιτ τη aν Wσμεν γγνεται Κορινων πρ9ς ΚερκυραουςZ $τη δ6 μ λιστα κα> τα7τVη Kξ-κοντα κα> διακσι στι μ χρι το' αBτο' χρνου. .. κα> MΙωσιν Dστερον πολ= γγνεται ναυτικ9ν π> Κ7ρου Περσ(ν πρτου βασιλε7οντος κα> Καμβ7σου το' υ ος αBτο'. These two forms should in my view not be considered historical presents.23 The first rather continues the use of the present indicatives that precede: .. πρ(τοι δ6 Κορνιοι λ γονται γγ7τατα το' ν'ν τρπου μεταχειρσαι τ2 περ> τ2ς να'ς ‘it is said that . . . ’ and .. φανεται

δ6 κα> Σαμοις @Αμεινοκλ8ς Κορνιος ναυπηγ9ς να'ς ποι-σας τ σσαραςZ $τη δ’ στ> μ λιστα τριακσια ς τ:ν τελευτ:ν το'δε το' πολ 22

Hornblower ( :  sq.) montre très bien que de  à , on a affaire à une composition en anneau, avec Périclès au point de départ et Périclès au point d’ arrivée : « The organization of this whole final section of book I is extremely skilful ; the transitions are all natural, but all different. Pre-war diplomacy introduces Kylon ; a curse involving breaches of the rights of suppliants links Kylon and Pausanias ; evidence of treachery links Pausanias and Themistokles, whose outstanding qualities link him to Pericles, who shares the taint of the Kylonian killing and who will in his final speech close the phase of pre-war diplomacy in favour of the active fighting which begins book II ». 23 Cp. Classen-Steup on ..: ‘γγνεται hier und unten l.  nicht historisches Präsens, sondern infolge der Vergegenwärtigung des historischen Überblicks, dem sich die Ereignisse unmittelbar vor Augen stellen.’ In fact, these two forms are not historical presents, since they are not part of a narrative. But I do not believe that their function is to ‘present the events directly before the eye.’ See the main text. See also Allan, this volume p. .



annexe i

μου τε @Αμεινοκλ8ς Σαμοις 0λεν. Φανεται = ‘it appears/is certain

that . . . ’, ‘on voit que . . . ’ (de Romilly). These present indicatives cannot possibly be historical presents, since they are not part of a narrative, but of an argumentative passage about who did what and when in the early days of Greek history. Note that both φανεται δ6 . . . ποι-σας at . and γγνεται at . are followed by a sentence which specifies the temporal location of the event concerned. From these temporal specifications it appears that the two events happen to coincide more or less; cp. ClassenSteup ad loc. Since they do not refer to a specific moment of speaking, λ γονται and φανεται should be taken as omnitemporal presents: the Corinthians λ γονται—in general, ‘according to the tradition’;24 Ameinocles φανεται—again in general, ‘if one checks the facts’, one might supply. I would argue that the same applies to .. ναυμαχα τε παλαιτ τη aν Wσμεν γγνεται Κορινων πρ9ς Κερκυραους: ‘the earliest sea fight we know of is that of . . . ’. Γγνεται is part of the same argumentative passage as λ γονται and φανεται, and is a variant of στ; it may have been chosen to express the idea that the establishment of the fact that this is the oldest sea fight is the result of a calculation. In fact, γγνεται might be paraphrased by φανεται γιγνμενον. Interestingly, ClassenSteup argue the same for στ at ll.  and : ‘Das στ zur Bestimmung eines Zeitraumes zwischen zwei angegebenen Grenze ist eigentlich das Resultat der Berechnung.’ While this is implicit in στ, it is expressed explicitly by γγνεται. Cp. the use of γνονται at Hdt. .., at the end of a description of the languages of Ionia: οLτοι χαρακτ8ρες γλσσης τ σσερες γνονται.25 As for κα> MΙωσιν Dστερον πολ= γγνεται ναυτικν at . (‘The Ionians attain great naval strength in the time of the reign of . . . ’ or, alternatively: ‘For the Ionians their naval strength becomes great . . . ’), both the presence of Dστερον and that of π> Κ7ρου Περσ(ν πρτου βασιλε7οντος κα> Καμβ7σου το' υ ος αBτο' indicate that this event, too, must be taken as an element of the naval situation of the Greeks in those early days. ‘Later’, when compared with the Corinthians, who were the subject of the preceding passage. Note also that, although the sentence with γγνεται is surrounded by sentences with past tenses, it has no content 24 Λ γονται is a so-called ‘citative’ present, as in Engl. ‘As Plato says in the Republic . . .’ For an illuminating discussion of this variant of the omnitemporal use of the present see Wisse (). 25 At Th. .. such an ‘additive’ γγνονται occurs in a narrative passage, and should be taken as an HP: Hρ(ντες δ6 ο 3λλοι τ2 γιγνμενα καζουσιν ς τ9 iΗραιον κ ται κα> γγνονται οBκ λ σσους τετρακοσων. H δ6 δ8μος δεσας μ- . . .

annexe i



ties with these sentences: first we learn something about the Corinthians, then about the Ionians, and finally about Samos and Polycrates. Γγνεται functions, then, on a par with the earlier present indicatives (and with φανεται δ6 κα> τα'τα πολλας γενεας Dστερα γενμενα τ(ν Τρωικ(ν, that follows at ..). Like these, it is an omnitemporal present, which might be paraphrased as φανεται γιγνμενον. That chapters .– are of an argumentative-descriptive rather than a narrative nature is corroborated by the opening sentence of the next chapter: Τ2 μ6ν ο)ν ναυτικ2 τ(ν NΕλλ-νων τοια'τα 0ν, τ τε παλαι2 κα> τ2 Dστερον γενμενα ‘Voilà donc ce qu’ étaient les ressources maritimes des Grecs, à l’ époque ancienne et plus tard’, in the translation of Jacqueline de Romilly. Τοια'τα 0ν summarizes a descriptive rather than a narrative passage. In such a passage we do not expect the historical present.

annexe ii TROIS RÉPERTOIRES (SUR LES HISTOIRES DE THUCYDIDE)

Verbes attestés au présent historique (PH) Ce tableau porte mention de tous les verbes attestés au moins une fois au PH chez Thucydide. Y sont en plus mentionnés [entre crochets] les verbes simples dont au moins un préverbé est attesté au PH ; ces préverbés à PH sont signalés dans la dernière colonne (), à droite, par le caractère gras du préverbe, puis répertoriés à leur place alphabétique dans le présent tableau ; les autres préverbés se retrouvent, s’ ils sont attestés au moins cinq fois, dans la liste des Verbes non attestés au PH. Contenu des colonnes. De gauche à droite : – re col. : verbe, avec distinction des deux voix (A / MP) si et seulement si elles sont attestées chez Thc. (Pour les verbes qui ne connaissent le MP qu’ au futur, la voix MP est présentée sous la forme du futur—exemple : παντω, - σομαι). Le lemme est en gras ; pour les verbes attestés aux deux voix, la finale du MP n’ est en gras que si le MP est attesté au moins une fois au PH.—Entre parenthèses après les verbes répertoriés, trois chiffres séparés par une virgule : ) nombre total des occurrences du verbe chez Thc, formes supplétives incluses (pour ρχομαι et ses composés, les formes primaires de εμι, qui fonctionnent toujours comme des futurs, ne sont pas prises en compte) ; ) nombre d’ Indicatifs (e pers.) du récit (= nombre de PH + total des chiffres des col.  +  + ) ; ) en gras, nombre d’ attestations au PH.—Sous ces indications, la liste des références des PH. – e col. : traduction française. (Les traductions fournies sont indicatives : elles s’ efforcent de donner, pour chaque verbe, une information utile sur le sens le plus couramment attesté de ce verbe dans ses emplois au PH). – e–e col. : nombre d’ occurrences du verbe considéré à la e pers. (sg et pl) des temps du récit, respectivement :



annexe ii

– col.  : de l’ Imparfait (Impf) ; A et MP distingués. – col.  : de l’ Indicatif Aoriste (AoInd) ; A, M et P distingués (formes supplétives incluses). Le cas échéant Ao A(ctifs) tr(ansitifs) et intr(ansitifs) sont distingués (ex. : νστημι). – col.  : du Plus-que-parfait (Pqpf) ; A et MP distingués. – e col. : quand le verbe de la col.  est un verbe simple, liste alphabétique des préverbés (en gras, ceux qui sont attestés au PH). Les éventuelles formes supplétives sont signalées entre parenthèses (ex. : (+ νειπ-) sous γορε7ω). N.B. Ce tableau est fondé sur Stork (), dont on a suivi les principes pour le traitement des paradigmes supplétifs et les interprétations des formes ambiguës (type $κτεινε). En conformité avec cette source, les nombres donnés dans les colonnes , ,  et  sont ceux des formes verbales attestées dans le texte de Thc édité par H. Stuart Jones (OCT ) : ils entérinent les choix éditoriaux (variantes et corrections) de cet éditeur sans les remettre en question. Certains de ces chiffres peuvent donc être contestés dans le détail, mais l’ incertitude qui s’ ensuit est quantitativement limitée, et n’ a pas paru mettre gravement en cause la conception du présent tableau. À noter qu’ il n’ y a qu’ un problème de texte concernant les PH (χωρ ω ..).

ø

κατ-, ξυν-, προ-, προσ- (+ νειπ-)

ν-, π-, δι-, ξ-, π-, σ-, παρ-, περι-, προ-, προσπερι-

Préverbés (PH en gras)

.., .

νγω (, , ), -ομαι (, , )

.., .., ..

ναγκζω (, , ), -ομαι (, , )

..

ναβιβζομαι (, , )

prendre le large

être obligé

s’ embarquer

ø



A, MP A, M

A, MP A, P

ø



ø

ø

ø

ø

ξ-, π-, κατ-, προσ-

ν-, παν-

être pris

.., ..

Lλ σκομαι (, , )

ø

προ-



se rendre compte

α . . . κδιδρσκουσινZ ο δ’ 3λλοι 5ς  Impf κα ζουσιν . . . κ ται . πειδ- Ao, μ ν Αο, δ part. AO φικνεται ς – . part. AO ποπμπει βασιλε κρ7φα [. : lettre de Pausanias à Xerxès] – . Ξ. δ Ao κα> ποστλλει @Α. . . . κα> κελεει [. : lettre de Xerxès à Pausanias] . Κα> . . . σπ πτει τ9 πρ(τον . . ., $πειτα part. AO Dστερον ξ8λε κα> κα στησιν Kαυτ9ν ς κρσιν – . πρν γε δ: . . . μηνυτ:ς γ γνεται,  part. AO λει τ2ς πιστολ2ς – . part. AO ξγουσιν . . ., κα> ξαχες Αο παραχρ8μα®

.–. Ο δ part. AO πμπουσι (.) NΟ δ6 Θεμιστοκλ8ς part. AO φεγει – gén. abs. PR διακομ ζεται H μ6ν οBκ $τυχεν πιδημ(ν, H δ6 . . . διδσκεται οBκ ξιο disc. ind.® (.) NΟ δ6 κο7σας ν στησ τε . . . κα> Dστερον . . . οBκ κδ δωσιν, λλ’ ποστλλει – (.)  part. AO καταφρεται χειμ(νι ς . . . Κα> . . . δεσας φρζει disc. ind. NΟ δ6 ν. ποιε τε τα'τα κα part. AO φικνεται ς . . . ® (.) Κα> H Θ. κενν τε ερ πευσε . . ., κα part. AO σπμπει γρ μματα . . . ® [. : lettre de Thémistocle à Artaxerxès] – . part. AO γ γνεται παρ’ αBτ.( μ γας – . Νοσ-σας δ6 τελευτ τ9ν βον® [– : Discours de Périclès] – Livre  . /Αρχεται δ6 H πλεμος ν νδε Jδη @Αηναων κα> Πελοποννησων κα> τ(ν Kκατ ροις συμμ χων

–. Les Thébains à Platée. . σπ πτουσιν ς οWκημα μ γα

annexe ii



–. Préparatifs de guerre et forces engagées. –. Première invasion de l’ Attique : les Athéniens se replient dans la ville. [ : Discours d’ Archidamos] .  part. AO H @Α. . . . πρ(τον ποστλλει ς – . 1Αποπμπουσιν ο)ν . . . κα Impf . . . Ξυμπμπουσ τε . . . γωγο7ς, πως ΑΟ® –. Diverses entreprises athéniennes au cours de l’ été. . part. AO σπ πτει ς . . . κα Αο – .– part. PR ο μ ν récit au prétérit, ο δ part. AO α!ροσιν® () Κα> Dστερον . . . τε part. AO ναλαμβνουσιν αBτο=ς κα> ξανγονται . . . κα> . . . ? . . . στρατι Pqpft . Ο δ’ part. PR Σλλιν τε . . . α!ροσι κα> παραδιδ9ασι . Tentative corinthienne en Acarnanie. . Το' δ’ πιγιγνομ νου χειμ(νος Εv. part. PR πε ει Κ. . . . κα> αBτς Αο – .  part. AO 3νδρας τε ποβλλουσι . . . κα Αο –. L’ hiver à Athènes : l’ oraison funèbre (–). –. Deuxième invasion de l’ Attique : la peste d’ Athènes. –. Mécontentement contre Périclès : son discours (–). . Périclès : sa fin, ses mérites. –. Diverses entreprises péloponnésiennes au cours de l’ été. . part. PR φικνονται 5ς Σ. πρ(τον – .– Part. AO πε ουσι τ9ν Σ. . . . () NΟ δ6 πεισε>ς . . . πρν PR ξυλλαμβνει . . . κα Ao . Phormion en Acarnanie. .– récit au prétérit® 1Εκβλλουσιν ο)ν . . . κα> αBτο> Jσχουσι . . . ® () Ο δ’ @Α. gén. abs. AO διδ9ασιν Kαυτο=ς . . . κα part. AO gén. abs. AO α!ροσι κατ2 κρ τος @Α. κα Ao – . Ο δ6 @Α. . . . πρ(τον ποι-σαντο, Dστερον δ6 . . . ποιονται –. Diverses tentatives au cours de l’ hiver. . part. AO πον&'σκει κα Αο – . Το' δ’αBτο' χειμ(νος ο Π. πειδprétérits, oDτω δ: λγους προσφρουσι –. Les Péloponnésiens à Platée, siège de la ville. [.– : disc. des Platéens ;  : disc. d’ Archidamos (. . .) . : disc. des émissaires platéens (. . .) . : disc. d’ Archidamos] . récit au prétérit® Κα> ο Π. τοινδε τι πινοοσιν® . Combats dans le Nord. .– gén. abs. AO ς μ χην κα στανται ο Α.® () Κα> ο μ6ν H. . . . νικ(νται ναχωροσιν ς . . ., ο δ6 . . . . νικ(σι . . .

®



annexe ii

() MΑρτι δ gén. abs. PFT πιβοηοσιν . . . () Κα> ο . . . 5ς Ao, part. AO πιτ ενται α)ις . . . ® κα> ναχωροσι πρς () récit au prétérit® () Κα> ο μ6ν @Α. ς . . . καταφεγουσι, κα> Dστερον part. AO ς . . . ναχωροσι . . . ® –. Les Péloponnésiens en Acarnanie. . part. PR πε ουσι Λ. – . Ο δ6 Λ. πεισ ντες . . . μ6ν . . . εB=ς πμπουσι . . . δ Αο – . récit au prétérit® @Αφικνονται . . . π .–  part. AO προλοχ ζουσι . . . κα part. AO προσπ πτουσιν®. () Κα> . . . διαφε ροντα τε πολλο> . . . κα Αο – . @Επειδ- Αο part. AO το7ς τε νεκρο=ς κομ ζεται . . . κα> . . . ναχωρε –. Batailles navales de Patrai et Naupacte. . Τ9 . . . ναυτικ9ν . . . οB παραγ γνεται, λλ’ Αο – . récit au prétérit® πειδ- Impf+Ao, οDτω δ: ναγκζονται – . Κα> ο μ6ν Π. Ao, κα> τ τε λεπτ2 πλοα . . . ντ9ς ποιονται . NΩς δ  Impf, ττε δ: κατ2 τ9ν καιρ9ν το'τον (Φορμων) σημα νει, κα> ο ’Α. part. AO πρ(τον μ6ν καταδουσι . . ., $πειτα δ Impf+Ao – . AoZ κα> π9 . . . α κεεν ν8ες . . . φικνονται . . . ς . Πμπουσι δ6 κα> ο Λ. – . Πμπει δ6 κα> H Φ. ς – . Ο δ6 ποπμπουσιν . . ., δ Αο. Νικας γ ρ part. PR πε ει αBτο7ς (cas exceptionnel d’ un PH référant à un passé du passé, cf. .. ; .. ; ..) [ : discours des stratèges lacéd.] [ : discours de Phormion] . Rνδεκα μ ν τινες . . . *πεκφεγουσι . . . τ2ς δ’ 3λλας Ao . récit au prétérit Κα> φνουσιν . . . προκαταφυγο'σαι . . . κα Impf – . MΕτυχε δ6 Hλκ2ς Hρμο'σα . . ., περ> †ν ? @Αττικ: να'ς  part. AO μβλλει μ σVη κα> καταδει® Τος μ6ν ο)ν Π. gén. abs. AO τε κα> παρ2 λγον φβος μπ πτει κα Ao . οB πολλ.( Dστερον . . . φικνονται ς . . . ® –. Projet d’ attaque contre le Pirée. –. L’ expédition de Sitalcès : le royaume odryse et la Macédoine. . 1Αν στησιν ο)ν . NΟ δ6 Σιτ λκης récit au prétérit κα> πειδ- Impf, ς τε . . . μ ρος τι το' στρατο' πμπει, κα Impf – . récit au prétérit κα> πειδImpf, ναπε εται H μ6ν (Σιτ λκης) πεισες part. AO, Αο . . . Π. δ6 Dστερον . . . τ:ν Kαυτο' δελφ:ν δ δωσι Σε7Vη

annexe ii



Livre  . Invasion de l’ Attique. –. Révolte de Lesbos. . μηνυτα> γ γνονται – . Κα> πμπουσιν – . récit au prétérit  part. AO γγλλει τ9ν ππλουν® – . Κα part. AO πμπουσιν ς – . @Εν το7τ.ω δ6 ποστλλουσι – . κα> γ2ρ αBτος Μ. . . . φικνεται κα> NΕ. . . ., οS Αο μ6ν . . ., δ part. PR Dστερον σπλουσι τρι-ρει, κα> παρV-νουν π μπειν τρι-ρη 3λλην . . . Z κα> κπμπουσιν® .– récit au prétérit MΕπειτα τ2ς μ6ν . . . ποπμπει . . ., αBτ9ς δ part. PR φικνεται ς . . . () κα> Dστερον part. AO στρατεει π’ . . . κα> . . . $πλευσε κα> . . . δV-ου τ:ν χραν®. () NΩς δ’ οB προσεχρουν . . . μ6ν . . . φ ησιν, αBτ9ς δ  part. AO part. PR διαφε ρεται . φικνονται ς . . . ® [– : Discours des Mytiléniens] . part. PR πμπουσι – . part. AO φικνονται κα> περιτειχ ζουσι Μ. ... ® –. L’ évasion des Platéens. . πειδ-  Impf πιβουλεουσιν . récit Impf Pστε φνουσι . . . διαβ ντες . récit au prétérit κα part. AO διαφεγουσιν –. Résistance et chute de Mytilène. . @Εκ δ6 τ8ς Λ. . . . κπμπεται Σ. . . . Κα part. AO διαλαEν σρχεται ς . . . κα Impf . 5ς + prétérits ναγκζονται – . NΟ Σ. part. PR )πλ ζει – . part. AO ποιονται . . . Hμολογαν – . οBκ Uν σχοντο λλ’ . . . κα ζουσινZ Π χης δ part. AO κατατ εται ς . récit au prétérit part. AO λαννουσι, πρ>ν δ: . . . $σχον, part. AO δ6 . . . πυννονται πρ(τον

[ : Discours de Teutiaplos] . ο μ ν Impf, ο δ part. AO+PR πγονται® – .– récit au prétérit part. AO gén. abs. PR α!ρε . . . τε . . . διαφε ρειZ κα part. AO πειδ- Impf ξυλλαμβνει κα> κατατοξεει® () Κολοφωνοις δ6 Ν. παραδ δωσι .– NΟ δ6 Π. Αο κα part. AO ποπμπει . . . Z () ποπμπει δ6 κα> . . ., δ Impf – . Πμπουσιν ο)ν τρι-ρη 5ς Π. [– : Discours de Cléon] [– : Discours de Diodote] . récit au prétérit ? δ’ διεκλυσε . . . ® –. La chute de Platée. . μ ν Impf, προσπμπει δ [– : Discours des Platéens Astymachos et Lacon] [– : Discours des Thébains]



annexe ii

–. Les événements de Corcyre. . récit au prétérit καταλαμβνουσιν τρες κα> δ κα τρι-ρεις .– récit au prétérit. Κα> . . . *πγουσιν . . . () NΟ δ6 ποφυγEν νυπγει – . gén. abs. AO+PR H Π. . . . πε ει . . . ® – . πειδ- Impf, Impf τε κα  part. AO κτε νουσι – . Πμπουσι . . . εB=ς πρ σβεις .– gén. abs. AO πιτ ενται . . . κα> μαχμενοι νκησαν®. () Gén. abs. AO καταφεγει κα> . . . δρ7η . . . κα> . . . εIχον . gén. abs. AO μ χη γ γνεται κα> νικ H δ8μος – . gén. abs. AO part. AO μπιπρσι τ2ς οκας . ΤV8 δ6 πιγιγνομ νVη ?μ ρ*α . . . παραγ γνεται . . . Z ξ7μβασν τε $πρασσε κα> πε ει – . H μ ν part. AO $μελλεν . . ., ο δ6 . . . πε ουσιν – . récit au prétérit part. AO κα ζουσιν ς . . . ® – . part. PR κα ζουσιν . . . κα> γ γνονται . . . NΟ δ6 δ8μος part. AO ν στησ τε αBτο=ς πεσας κα> διακομ ζει ς . . . κα Impf®  gén. abs. PR part. PR παραγ γνονται . . . ® – . récit au prétérit μ ν Impf, part. AO δ6 . . . καταδουσι – .  part. AO πιβοηοσι κα Impf . κομζοντο . . . Z κα part. AO ποκομ ζονται® –. La première expédition de Sicile ; divers événements en Grèce : la peste. . récit au prétérit part. AO πε ουσι το=ς @Α. π μψαι . . . () Κα> $πεμψαν ο @Α. . το' αBτο' χειμ(νος τρι κοντα ναυσ> στρατεουσιν . . . ® . récit au prétérit γ γνεται πκλυσις κα  Ao . récit au prétérit Ο δ6 @Α. τρπουσι κα> διαφε ρουσι πολλο7ς κα Αο . part. PFT+ AO πμπουσιν ς . . . ® –. Démosthène à Leucade et en Étolie. . récit au prétérit Δ. δ’ ναπε εται – . Κα> α!ρε, Impf τε . . . κα Αο . récit au prétérit κα> κατ2 κρ τος α!ρε . . . ®  Κατ2 δ6 το=ς αBτο=ς χρνους part. AO κρ τησαν κα> . . . α!ροσιν . . .

®

–. Euryloque en Locride et à Naupacte. . Το' δ’ αBτο'  ρους part. AO πε ουσιν – . @Επειδ- Pqpf+Ao, . . . χρει . . . κα> πορευμενος . . . α!ρε – . τ9 προ στειον . . . ε,λονZ π τε . . . λντες . . . α!ροσιν – .  part. AO πε ει . . . . Κα> πμπουσι – . part. AO πε ουσιν . πιτ ενται . . . κα part. AO τρπουσ τε . . . κα Αο . La purification de Délos. [. et  : citations de l’ Hymne à Apollon] –. L’ expédition d’ Euryloque : le désastre des Ambraciotes. . Tο' δ’ αBτο' χειμ(νος . . . κστρατεονται . . . κα part. AO καταλαμβνουσιν – . Πμπουσι . part. AO κα ζουσιν κα Ao® @Αηναοι δ6 . . . οB πολλ.( Dστερον παραγ γνονται – . récit au prétérit α!ρονται – . récit au prétérit

annexe ii



δεσας μ: . . . λοχ ζει – . NΩς δ Ao+Impf part. AO προσπ πτουσ τε κα> τρπουσιν . part. PFT part. PR προσφρει λγον – . récit au prétérit κρ7φα δ6 . . . σπνδονται – .– récit au prétérit γγλλεται . . . () Κα> πμπει εB7ς . φικνονται π’ . . . ® – . Κα> sμα kρρ.ω πιπ πτει – . NΩς ο)ν π πεσε . . ., τρπουσι κα> . . . δι φειραν

[. : Discours] . récit au prétérit part. AO καταλαμβνουσιν  Livre  . La septième année de la guerre. –. L’ affaire de Pylos. . part. AO ο @Α. . . . μ6ν . . . φ7λακα καταλε πουσι, . . . δ Impf . récit au prétérit, (να'ς) . . . $πεμψαν, αS  part. AO φικνονται π> . . . . Δ. gén. abs. PR *πεκπμπει φ σας δ7ο να'ς [ : Discours de Démosthène] . @Εν το7τ.ω δ6 . . . παραγ γνονται . . . ® [– : Discours des Lacédémoniens]

®

–. En Sicile. . récit au prétérit, part. AO+PR προσπ πτουσι . . . κα> τρ ψαντες π κτειν ν τε . . . κα> ο λοιπο> . . . πεχρησαν . προσπεσντες τρπουσι . . . κα> π κτειναν πολλο7ς® –. Suite de l’ affaire de Pylos. . récit au prétérit Pστε part. PR *φ σταται τ9ν πλο'ν, κα Impf . part. AO+PR φικνεται ς . . . ® Κα part. AO πμπουσι . . . κ-ρυκα . εB=ς διαφε ρουσιν –. Les Athéniens en Corinthie. –. Les atrocités de Corcyre. .– δεδιτες μ: . . . μηχαν(νται τοινδε τιZ τ(ν ν τV8 ν-σ.ω πε ουσ τινας

–. Opérations d’ hiver. . Το' δ’ πιγιγνομ νου χειμ(νος . . . @Αρταφ ρνη . . . ξυλλαμβνει . . . . Τ9ν δ6 @Α. Dστερον . . . ποστλλουσι

®

–. Opérations de printemps. .– part. PR+AO α!ροσι NΡ., κα AoZ κα> μετ2 το'το part. AO gén. abs. AO λαμβνουσι τ:ν πλιν®





annexe ii

. part. AO δ κα μ6ν ναυσ> . . . τ:ν . . . πλιν . . . α!ροσι, τ.( δ6 3λλ.ω στρατε7ματι Impf κα Αο . περι πλευσαν ς @Ε. . . ., κα part. AO φικνονται π> Θ. – . gén. abs. PR τ9 μ6ν . . . τεχος κλε πουσιν, . . . δ Ao – . @Εν το7τ.ω δ  part. AO εB=ς . . . α!ροσι τ:ν Θ. –. Trêve en Sicile. . Tο' δ’ αBτο'  ρους . . . κεχειρα γ γνεται [– : Discours d’ Hermocratès] –. Les Athéniens à Mégare. . part. AO ποιονται λγους . récit au prétérit το=ς . . . φ7λακας κτε νουσιν® [. MΕπειτα δ6 . . . χρει (v.l. χωρε) . . . ®] . gén. abs. PFT+PR καταγορεει τις . Κα> 5ς J V σετο . . . δεσας . . . πμπει . . . κα Αο . αρσο'ντες μ+λλον νο γουσ τε τ2ς π7λας κα> δεξ μενοι . . . ς λγους $ρχονται®

. récit au prétérit part. AO ο δ6 3λλοι part. AO κατγουσι το=ς κ Π. . En Asie Mineure. .–  part AO ναλαμβνουσι τ9 χωρον π λιν®. Κα οB πολ= Dστερον  part. AO . . . π9λλυσι . . . αBτ9ς δ6 . . . φικνεται ς . . . ® –. Plan d’ action en Béotie. . @Εν δ6 τ.( αBτ.(  ρει Δ. . . . να'σιν  φικνεται ς –. Brasidas en Thrace. . gén. abs. ΑΟ part AO τν τε Π. πολ μιον ποιονται . . . κα> . . . κατεστ-σαντο®

. Π. . . . εB=ς λαβEν . . . στρατεει π – . NΟ δ6 . . . ξυγγ γνεται κα Αο

. πεισ6ν τ9 πλ8ος . . . δ ξασαι . . . δχεται® [– : Discours de Brasidas] . Αο κα part. AO οDτω δχονται τ9ν στρατν® –. Campagne de Délion. . gén. abs. AO part. AO κα part. PR 3πρακτος γ γνεται – . Κα gén. abs. AO προκαταλαμβνονται αS τε Σ. κα> ? Χ.® . part. AO φικνεται π [ : Discours de Pagondas] . 5ς αBτ.( Uγγ λη τι . . ., πμπει ς . . . κα Αο [ : Discours d’ Hippocratès] . part. PR παντ κ-ρυκι –. Brasidas à Amphipolis et Toroné. . part. PR πμπουσι

annexe ii



. To' δ’ αBτο' χειμ(νος Μεγαρ8ς τε Αο κα> Β. part. PR στρατεει π> ... ® . NΩς δ’ Impf εB=ς στρατεει π> . . . ® – . Impf κα> 5ς J V σοντο . . . σκομ ζουσι – . NΟ δ6 Β. τ.( μ6ν 3λλ.ω στρατ.( Uσ7χαζεν . . . Kκατ9ν δ6 πελταστ2ς προπμπει

. πειδ: J V σοντο, ο μ6ν . . . διαφε ρονται . . . τ(ν δ6 λοιπ(ν ο μ6ν . . . ο δ6 . . . part. AO διασD;ζονται ς . Κα> H Β. 5ς J V σετο part. PR εB=ς τ9 τεχισμα λαμβνει, κα> . . . δι φειρεν®

–. L’ armistice. . Γ γνεται ο)ν κεχειρα αBτος [–. : Traité d’ armistice d’ un an entre Ath. et Lacéd.] –. Suite des événements de la côte thrace. . ν το7τ.ω δ6 . . . φικνονται παρ’ αBτ9ν . . . ® . @Εν το7τ.ω δ6 Μ. φ σταται αBτ(ν . . . ® . Κα> Β. part. PR *πεκκομ ζει ς . . . παδας κα> γυνακας . . . κα Αο . Β. δ6 κα> Π. ν το7τ.ω στρατεουσιν sμα π> . . . ® [ : Discours de Brasidas] . gén. abs. PR κυκλονται 5ς ποληψμενοι® . Β. δ6 5ς Αο Eν αB-μερον φικνεται ς . Β. δ part. AO καταλαμβνει @Αηναους κα Impf . récit au prétérit NΟ δ6 Π. διατσσει τε . . . κα> παρV-νει – . Κα> προσπεσντες τρπουσιν

. gén. abs. PR part. AO νυκτ9ς φικνονται, κα Αο . gén. abs. PR Π. part AO Hμολογαν ποιεται – . concl. de récit au prétérit : Κα> Κ. . . . κα στησιν ν –. Incidents divers en Grèce. . εB=ς τ8ς νυκτ9ς δεσασα . . . ς . . . φεγει® Livre  . La dixième année. –. Cléon et Brasidas sur la côte de Thrace. . récit au prétérit Κα> πρ9ς τ9 τεχισμα πρ(τον φικνεται – . Ο δ6 @Α. φνουσιν οS τε π9 τ(ν νε(ν Kλντες τ:ν Τορνην κα> H πεζ9ς πισπμενος

. part. AO Συρακοσους τε πγονται κα> κβλλουσι τ9ν δ8μον® – . Κα> Dστερον part. AO Φ. τε . . . καταλαμβνουσι κα> Β. – . ‡Α πυνανμενοι . . . τ9ν Φ. πμπουσιν – . NΟ δ6 Φ. part. AO το=ς μ6ν Κ. πε ει . . ., ν δ6 Γ. gén. abs. AO οBκ τι π> το=ς 3λλους $ρχεται . . . λλ’ Impf . χρημ τισε . . . κα> . . . ντυγχνει



annexe ii

.– récit au prétérit part. PR Σ. μ6ν προσβλλει . . . κα> οBχ ε,λε, Γ. δ6 . . . λαμβνει κατ2 κρ τος®

. NΟ δ6 Β. εB=ς 5ς εIδε . . . καταβ2ς . . . σρχεται ς® [ : Discours de Brasidas] . gén. abs. AO+PR γγλλεται – . Κν το7τ.ω Β. 5ς )ρ . . . λγει – . Impf κα part. AO τρπει® – . H Β. gén. abs. PR part. PR τιτρ;σκεται κα> πεσντα αBτ9ν . . . οκ α H μ6ν Κ. εB=ς φε7γων κα> καταληφε>ς . . . πον&'σκει, ο δ Impf κα Ao –. Négociation de la paix. . gén. abs. AO παραχρ8μα part. AO ποιονται τ:ν νια7σιον κεχειραν . circ. divers part. AO ποιονται τ:ν ξ7μβασιν κα Αο [– : Accord Ath. (+ alliés)–Lacéd. (+ alliés) : paix de  ans] [–. : Alliance de  ans Ath.–Lacéd.] –. Introduction à la suite du récit. –. Regroupement autour d’ Argos. . κα> ο μ6ν . . . π8λον, Κορνιοι δ6 ς MΑ. τραπμενοι πρ(τον λγους ποιονται

. Λ. δ6 ασμενοι . . . πμπουσι πρ σβεις κα Impf .  part. PR φ στανται πρ9ς το=ς @Α. . Κα> Κ. κα> @Α. Jδη ξ7μμαχοι kντες $ρχονται ς –. Efforts lacédémoniens dans le Péloponnèse. . Το' δ’ πιγιγνομ νου χειμ(νος gén. abs. AO+PR+AO 5ς Impf λγους ποιονται δους

. οB προσδχονται τ9ν λγον –. Rôle d’ Athènes dans les négociations. . πειδ: ? διαφορ2 γεγ νητο, πμπει εB=ς ς . Μηχανται δ6 . . . τοινδε τι H @Α.Z το=ς Λ. πε ει [ : Paix et alliance Ath.–Argiens, Mantinéens, Éléens ( ans)] –. Heurts entre Argos et Épidaure. –. Expédition lacédémonienne contre Argos. . Κα> προϊντες παντ(σι τος Λ. . . . ® Κα> καταλαμβνουσιν Kκ τεροι λφον®

.  part. AO σπνδεται . récit au prétérit NΟ δ part. AO περιγ γνεται® –. Bataille de Mantinée. . @Εν το7τ.ω δ’ φικνεται αBτος γγελα – . @Εντα'α δ: βο-εια . . . γ γνεται – .– αBτο> δ  part. AO φικνονται ς . . . ® – Πμπουσι δ6 . . . ς

annexe ii



. Ο στρατηγο> ορυβ-ησαν μ6ν τ9 παραυτκα, Dστερον δ6 πγουσιν αBτο=ς . . . κα Αο . part. PR )ρ(σι – . @Επειδ: γ ρ Impf τρπει . . . κα> . . . δι φειρον κα> . . . $τρεψαν κα> ξ ωσαν . . . κα> . . . π κτειν ν τινας® –. Argos et Mantinée traitent avec Sparte. . récit au prétérit Κα> φικνεται πρξενος [ : Conciliation Argiens–Lacéd. (en laconien)] [ : Paix et alliance ( ans) Argiens–Lacéd. (en laconien)] –. Été  et hiver –. .  part. PR τειχ ζει μακρ2 τεχη –. Conquête de Mélos. Dialogue des Athéniens et des Méliens. [– : Discours alternés Ath.–Mél.] – Reprise des hostilités Livre  –. Projets athéniens en Sicile. Premières populations et colonisation de l’ île. . gén. abs. PR τ(ν Τρων τιν ς part. AO φικνονται πρ9ς . . . κα Αο . Αο κα  part. AO αBτ9ς μ6ν πον&'σκει, ο δ’ 3λλοι Αο – . Πρ>ν δ AO, part. AO Σελινο'ντα κτ ζουσι κα Αο . τ9 μ6ν πρ(τον Impft, Dστερον δ’ αBτο> μ6ν . . . κπ πτουσιν, . . . δ Αο . Hostilités en Grèce pendant l’ hiver –. . καταλαμβνουσι τ:ν Σαλαμιναν να'ν . Πειραε>ς δ6 H NΑ. . . . κα> οB πεισε>ς καταγορεει . . . ® NΟ δ  part. AO πιβουλεει εB7ς .– récit au prétérit part AO $τυπτον κα> ποκτε νουσιν αBτν® () Κα> H μ6ν το=ς δ. τ9 αBτκα διαφεγει . . . κα> Dστερον AoZ NΑ. δ6 αBτο' παραχρ8μα π9λλυται®

. récit au prétérit ντα'α ναπε εται ε,ς τ(ν δεδεμ νων . . . μην'σαι – . Κα> H μ6ν . . . μηνει τ9 τ(ν NΕρμ(νZ H δ6 δ8μος Αο . Πανταχεν τε περιειστ-κει τ(ν 3λλων 5ς τριακσιοι ® . Κα part. AO ο τριακσιoι α!ροσι τ9 στα7ρωμα® . Ο δ’, πειδ- Pqpft, πιχειροσιν . . ., αBτο> δ  part. AO α!ροσιν . . . τ τε στα7ρωμα . . . κα> Dστερον . . . ε,λον® . Part. AO δ6 ο Σ. . . . χωροσι . . . κα> τρπουσ τε αBτο=ς κα> σβλλουσιν ς . . . ® – . Part. AO δ6 H Λ. Impft κα  part. ΑΟ πον&'σκει

annexe ii



αBτς τε . . . ®. Κα> το7τους μ6ν ο Σ. εB=ς κατ2 τ χος φνουσιν Qρπ σαντες . . ., αBτο> δ Impf® .– récit au prétérit, κα> μ ρος τι α . . . () Κα> τ9 . . . προτεχισμα α!ροσι κα Ao . Impf κα part. ΑΟ ποφρεται ς . . ., κα> π λιν part. ΑΟ τ.( Τ ραντι προσμ σγει®

. La guerre en Grèce. Livre  –. Gylippe sauve Syracuse. . Part. AO περαιονται . . . κα part. AO φικνονται ς . . . ® . Ιmpf κα> Γ. part. AO φικνεται ς – .  part. AO φικνεται πρ9ς . . . . NΟ δ part. AO κ-ρυκα προσπμπει – . μ ν Αο, δ part. AO α!ρε κα Αο – . Κα> τρι-ρης τV8 αBτV8 ?μ ρ*α Lλ σκεται . @Επυν νετο δ6 . . . Z κα> πμπει

®

–. Communication à l’ Assemblée du rapport de Nicias. [– : Lettre de Nicias] . récit au prétérit Κα> . . . μ6ν . . . νικται (seul ex. chez Thucydide de PH en discours direct), δ Αο –. Organisation des moyens de secours. . Κα> τ9ν . . . ΕB. εB=ς . . . ποπμπουσιν ς . Πμπουσι δ6 . . . ο @Α. –. Première bataille sur terre et dans le port. Prise du Plemmyrion. . @Εν το7τ.ω δ6 H Γ. gén. abs. AO PR, φνει προσπεσEν . . . κα> α!ρε –. Opérations diverses. Démosthène en route. . Μετ2 δ6 το'το . . . κπμπουσι . . . ο Σ. – . Part. AO, μαν μ6ν να'ν λαμβνουσιν . . ., τ2ς δ’ 3λλας οBκ δυν-ησαν, λλ’ ποφεγουσιν ς ... ® . πε ( πειδ- v.l.) Αο . . .  part. AO ξυμμ σγει κα Impf . récit au prétérit α!ρε – . récit au prétérit, part. AO καταδι;κουσιν – . Κα> ποκτε νουσιν . part. PR+AO . . . μ6ν διαφε ρει, . . . δ’ Impf – . παντ . . . κα> γγλλει – . @Αφικνεται δ6 κα> Κ. παρ’ αBτο7ς – . ξυμπμπουσι . πειδ- Αο κα Impf, H Ν. part. AO πμπει . Κα> . . . ο Κ. . . . φικνονται αBτος βοηο'ντες . κα part. ΑΟ κατ σχουσιν . . . κα> . . . ναβιβζονται . . . κα part. AO φικνονται ς . . . ® – . Κα> καταλαμβνουσι .  part. AO )ρμ ζονται – . Κα> . . . μ6ν διαφε ρονται, . . . δ Ao



annexe ii

–. Seconde bataille à terre et dans le port. Les navires à bossoirs renforcés. . πρ>ν (conj.) δ: . . . πε ει –. Démosthène devant Syracuse. . @Εν το7τ.ω δ6 Δ. κα> ΕB. part. PR παραγ γνονται . Κα> πειδ- Αο . . . λαννουσ τε . . . κα part. AO . . . α!ροσι κα> . . . ποκτε νουσιν – . ο δ part. AO εB=ς . . . γγλλουσι . . . κα Impf –. La situation après l’ échec des Épipoles. .–. Troisième bataille sur terre et dans le port. Fâcheuse manœuvre d’ Eurymédon. . Κα gén. abs. PR . . . ? σελ-νη κλε πει – . récit au prétérit, part. AO . . . πολαμβνουσ τε . . . κα part. AO καταδι;κουσινZ gén. abs. PR . . . ο @Α. πολλουσι . . . ® . part. AO πολαμβνουσι . . . κα> . . . διαφε ρουσι . part. PR+ AO τρπουσι κα> σβλλουσιν . . . ® –. Sentiments des deux peuples. –. Catalogue des alliés de part et d’ autre. .–. Quatrième bataille sur terre et dans la rade. Le désastre. [– : Discours de Nicias] [– : Discours de Gylippe et des stratèges lacédémoniens] –. Résultats et conséquences de la défaite athénienne. .  part. AO . . . σηγεται – . NΩς δ Impf, τ δε μηχανται . . . Z πμπει

–. Retraite des Athéniens. [ : Discours de Nicias] . Gén. abs. PR πμπουσι . Κα> αBτος . . . μπ πτει ταραχ-® – . iΑμα δ6 τV8 R.ω φικνονται . . . πρ9ς τ:ν  λασσαν, κα Impf . Récit au prétérit καταλαμβνουσι . . . ® – . Récit au prétérit Rως κυκλοτα τε . . . κα> . . . 0σαν – . @Επειδ: δ Impf . . . κ-ρυγμα ποιονται Γ7λιππος κα> Σ. – . MΕπειτα δ’ Dστερον . . . Hμολογα γ γνεται

. Κα> το7τους μ6ν εB7ς πεκμιζον ς . . . Z Νικας δ6 κα> ο μετ’ αBτο' . . . φικνονται π> τ9ν ποταμ9ν . . ., κα Αο – . H δ’ πιστ(ν σπνδεται ππ α – . NΩς δ’ Ao . . . πικηρυκεεται – . Κα> ναλαμβνουσ τε τ2 πλα κα> ο Σ. α παι νισαν® . NΩς δ6 γ γνονται π’ αBτ.( σπ πτουσιν . . . λλ2 . . . Impf . Τ λος δ gén. abs. PR+PFT Νικας Γυλππ.ω Kαυτ9ν παραδ δωσι

annexe ii



–. Mort de Nicias et de Démosthène. Sort des prisonniers. Livre  . Fin de l’ été . –. Hiver –. . κα gén.abs. PR ναπε εται €Α. . . . κα Αο . Ο μ6ν ο)ν Χ. Impf, Κ. δ6 . . . κα> Τ. . . . φικνονται . . . ς –. Été . . gén. abs. PR+PFT ποπμπουσιν ο Λ. . λλ’ Dστερον part. AO καταδι;κουσιν ς . . . ® . . . Κα> μαν μ6ν να'ν πολλασι . . . ο Π., τ2ς δ6 3λλας part. AO )ρμ ζουσιν® – . Κα  gén. abs. AO ρυβς τε γ νετο . . . κα> . . . κατατραυματ ζουσιν . . . ο @Α. κα> . . . ποκτε νουσιν® – . part. AO Ao δ6 . . . )ρμ ζονται κα Impf – . Γνο=ς δ6 H @Α. πε ει α)ις @Ε. .  part. AO . . . φικνονται αφνδιοι . . . ® – .  gén. abs. AO φ στανται Χοι – . Κα> μετ2 τα'τα part. AO φιστσιν® – . ς δ6 τ2ς @Α. ταχ= γγελα . . . φικνεται® . @Εν δ6 το7τ.ω Σ. . . . φικνεται ς . . . κα Αο κα Impf – . μ ν part. AO καταλιμπνουσιν . . . δ Impf – .  part. AO . . . φιστσι τ:ν Μ.® [. Premier traité d’ alliance Lacéd.–Roi de Perse + Tissapherne] . récit au prétérit® κα> καορ(σιν Kκκαδεκα να'ς – . Κα> τ σσαρας μ6ν . . . ο @Α. λαμβνουσι . . . α δ’ . . . καταφεγουσιν® . α . . . ν8ες part. AO+PR+AO τ σσαρ ς τε να'ς λαμβνουσι . . . κα Impf .  part. PR στρατεονται αBτο τε . . . κα> H πεζς Impf – . Κα part. AO φιστσι, κα> καταλε πονται . . . Z κα> α)ις . . . φιστσιν® . @Α. δ part. PR φικνεται ς . . . ® – . Κα> φικνεται ς . . . $να (conj.) πυννεται τι – .  part. AO παραπμπει . . . κα> αBτς Impf – . Κα> . . . φικνονται . . . μετ2 τα'τα ς . . . ® . part. PR+AO Χ. τε . . . ποκτε νουσι κα Αο . Κα> ο μ6ν @Α.  part. AO part. PR νικ(νται διαφε ρονται – . @Α. δ  part. AO gén. abs. AO part. PR τ2 πλα τ ενται® – . @Εν το7τ.ω δ6 περ> δελην . . . γγλλεται – . Gén abs. AO πυννονται . . . κα Impf – . ο δ6 Π. part. AO πικατγονται κα Impf – . Κα> 5ς Ao, Τ. part. AO πε ει αBτο=ς . . . Κα part. AO αφνδιοι κα gén. abs. PR α!ροσιν® – . part. AO παραδιδ9ασιν ο Π. . . . κα Αο – . Κα gén. abs. AO ποστλλουσι . . . κα> . . . καιστσιν® –. Hiver –. . μ ν Αο part. AO δ6 . . . νγεται κα Αο+Impf – .– Gén. abs. PR φικνονται πρ σβεις . . . Z κα> αBτ9ν μ6ν πε ουσιν . . . δ Impf . . . Κα gén. abs. AO φικνονται 3λλαι . . . ς . . . ® () Κα> μετ2 το'το part. AO



annexe ii

διαπεραιοται . . . ς . . . ® – . Gén. abs. PR προσφρει . . . H @Α. τ9ν λγον – . Gén. abs. AO νγεται H @Α. εB=ς ς . . . κα Αο . @Εν το7τ.ω δ part. PR πιτυγχνει . . . κα Impf® Z κα> χειμν τε μ γας πιγ γνεται κα> α μ6ν τ(ν Χων μλις καταφεγουσιν ς . . ., α δ6 τ(ν @Α. α μ6ν . . . διαφε ρονται κα> κπ πτουσι . . . κα> 3νδρες ο μ6ν Lλ σκονται, ο δ’ πον&'σκουσιν, α δ’ 3λλαι καταφεγουσιν ς . . . ® . part. AO καταπλε ς . . . ® – .  part. AO λαμβνουσι . . . ®Z ο δ’ 3νδρες ποφεγουσιν ξ αBτ(ν®

[ : Deuxième traité d’ alliance Lacéd.–Darius + ses enfants et Tissapherne] . Θ. μ ν part. AO+PR φαν ζεται, ο δ Impf – . 5ς δ’ οBκ σ-κουεν, πιστλλει

. Impf κα part AO λαμβνουσι . . . κα> κατακα ουσιν® . @Εν το7τ.ω δ6 . . . παραγ γνεται γγελα τι – . part AO ναγκζεται – . Gén. abs PFT+ PR πανγονται κατ2 τ χος – . MΕπειτα δ part. AO μ6ν πολλασι . . . δ6 . . . καταφεγουσιν ς . @Α. part. PR gén. abs. AO πρ(τον μ6ν *ποχωρε . . . $πειτα Impf .–  part AO . . . τρπεται π> τοινδε τι® () Πμπει 5ς τ9ν @Α. – . μ ν Impf, part. AO δ6 . . . λγει τε . . . κα> γ γνεται αBτ9ς μηνυτ-ς, Αο τε – . NΟ δ6 @Α. εB=ς πμπει – .  part. PR ποστλλει α)ις – . NΟ δ6 @Α. μηνει . . . τ.( @Α.® – . part. AO ξ γγελος γ γνεται .  part. AO τ9ν πλο'ν . . . ποιεται® . Κα> τ2ς μ6ν να'ς καταλαμβνουσιν, . . . δ Αο κα Impf – . @Εν το7τ.ω δ part. AO α!ρε τε . . . κα Αο – .  gén. abs. AO νικται . . . κα> αBτ9ς πον&'σκει κα Αο

. part. AO λγους ποιονται . . . ® – . @Α. δ (. . .) τρπεται π> τοινδε εIδος – .  part. AO κομ ζονται ς . . . ® . Τ. δ6 εB=ς . . . παρρχεται ς – . part. AO τροφ-ν τε αBτος δ δωσι κα> σπονδ2ς τρτας τ σδε σπνδεται®

[ : Accord Lacéd. (+ alliés)–Tissapherne, Hiéraménès et fils de Pharnace] . Part. PR φικνονται ς – . Κα part. AO καορ(σι . . . ® Z κα> 5ς Impf φικνονται . . . ς . . . κα Impf –. Été . . εB7ς gén. abs. AO φ σταται . Κα part. AO κομ ζει . . . κα> . . . ππλουν ποιεται π> . . . ® . Κα> καταλαμβνουσι . . . ® Κα part. AO ποκτε νουσιν κα Αο . Impf κα  gén. abs. PR κπμπουσι . . . πρ σβεις . Πμπουσι κα> ς . . . δ κα 3νδρας . Κα> NΥπ ρβολν τ τινα . . . ποκτε νουσι κα Αο τε Pqpft – . Ο δ part. ΑΟ σημα νουσι – . Τ:ν δ6 Π ραλον να'ν . . . ποπμπουσιν οS τε Σ. κα> ο σ. κατ2 τ χος ς . . . – . NΟ δ6 Χ. εB7ς  part AO γγλλει . gén. abs. PR γγλλεται H Σ. – . gén. abs. AO ππλουν ποιονται . εB=ς ο Π. πειδ- Impf part. AO gén. abs. PR ποστλλουσιν – .  part. AO φιστσιν® – . Κα> μετ2 τα'τα . . . πμπουσιν . . . κα> . . . ναυμαχα βραχεα γ γνεται

. récit au prétérit H δ part. AO καταφεγει π> βωμν τινα® – . MΕλαβον . . . ο Μ. . . . κα> . . . κβλλουσιν®

annexe ii



. Gén. abs. PR Μνδαρος π8λε κα> παραλαμβνει τ:ν ρχ-ν® . Κα> ο κ . . . φικνονται . . . κα Impf – . récit au prétérit part. PR φικνονται

. φικνεται κα> . . . ξυγγ γνεται . ξυλλαμβνουσιν . . . κα Αο . @Επειδ: δ Ao . . . γγλλονται α δ7ο κα> τεσσαρ κοντα ν8ες – . Α δ6 τ(ν Π. ν8ες  part. AO )ρμ ζονται . . . Dστερον δ6 φικνονται ς . . . ® – . @Αηναοι δ6 κατ2 τ χος part. AO πμπουσι . . . ς – . Ao $πειτα part. AO καταδι;κονται ς τ:ν γ8ν® – . Κα> σοι μ6ν . . . καταφεγουσι ΑοZ οr δ6 . . . περιγ γνονται κα> σαι ς . . . φικνονται τ(ν νε(ν®

. εB=ς . . . *πεξρχονται ς . . . ® – . Part. AO πατ . . . Ο δ part. AO κα> οBκ part. PFT ξρχονται® . part. AO κατα ρει ς . . . κα part. AO φικνεται ς . . . ® . récit au prétérit κα  part. AO φιστσι τ:ν MΕ.® .  part. AO δι2 ταχ ων πα ρουσιν – .  part. AO δειπνοποιονται – .  part. AO φικνονται .– οB φνουσι π σαις, λλ’ α μ ν Αο, τ σσαρες δ6 τ(ν νε(ν . . . καταλαμβνονται . . . ® () Κα> . . . λαμβνουσι . . . Z τ:ν δ6 μαν . . . κατακα ουσιν® – . κα> δ7ο τε να'ς . . . α!ροσιν . . . κα part. AO )ρμ ζονται . . . κα> . . . κομ ζονται κα Impf .  part. AO Uμ7ναντ τε κα> τρπουσι κα Impf – . Να'ς . . . λαμβνουσι . . . Z αBτο> δ6 π ντε κα> δ κα να'ς πολλασιν® . Part. PR κα gén. abs. PR κβλλουσι

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INDEX LOCORUM POTIORUM Andocide .– . . . . .

Thucydide – –    

Polybe  .. .. . .. .. .. .. .. .. .. .. ..

   n. ,         ,  

 .. .. .. ..

,  n.    

 .. ..

 

 ..



 .. ..

 

 .– .. .. .. .– .. ..–.. .–. ..–.. .. .. ..–.. ..–.. ..–.. ..–. .. .–. . ..– ..–. . . .. . . . .–. . .– .. .. .. .. .. .– .– ..

 –, –  n. , – , – –    – – , n.  – – – – –  – – – – – – ,  n.  – – – – –         



index locorum potiorum

Thucydide (continued) ..–. – ..  n.   .. ..– .. .. .. ..– ..– ..– .. .. .. ..  .. .. .. .. ..– .. .. .. .. . .. .. .– . ..– ..– . ..–  .. ..– ..–.. .. .– ..

 –    – –   –   ,  , n.  ,  –,  –     –    – –  –   –   –  n. , 

.. ..– .. .. ..–

, n.  –  n.   and  –

 ..– ..– . ..– .. .. .. ..– ..

– – –    n.   n.  – 

 .. .. .. .. .. .. .. .. ..–

      ,  n.  – –

 .. .. .. .. .– .. ..–. ..– ..– ..–.

  (bis)   –  – – – –

 .. . .. . . ..

     

index locorum potiorum .. .. ..

  

..–. ..–

 – –

INDEX OF TECHNICAL TERMS (French words are in italics) Argument  n.  Argumentative Points –

Information  n.  καιρς 

Background  Main Events – Complication  Crucial  Description  n.  Diegetic mode  Discourse Mode  n.  Discursive mode  Empathie  Episode  Focalisation  Focalisation  Historical Present (see also Présent historique) –, –, (the role of Alcibiades) , (verbs expressing ‘to give information’) , –, (in the accounts of the mutilation of the Hermae) Thuc. , Andoc. –, (in the accounts of the profanation of the Mysteries), Thuc. , Andoc.  (μην7ω—in constrast with aorist indicative –)

Narrative  n.  Narrative speed  n.  Narrative Time  n.  Peak  Point de vue  n.  Présent historique (see also Historical Present) , , , , –, ,  Push ,  Resolution  Rhétorique des « peintures »  Saillant  Schéma actanciel de Greimas  Sécant  Subjectivité  n.  Syntagme contractuel  Verbal Aspect –