Les Livres des Maccabées

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ETUDES BIBLIQUES

LES LIVRES DES

M-_ACCABEES PAR

LE P. F.-M. ABEL DES FRERES PRECHEURS CoNSULTBUR

DE LA COMMISSION

BIBLIQUE

PARIS LIBRAIRIE LE0OFFRE J. OABALDA et C 18 , Edlteurs BUB BONAPARTE,

1949

90

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lmprim~ en France ET c 1• , - IIESNIL

FIRJ.IIN·DIDOT

(EOU).

-1949

LES LIVRES DES

MACCABEES

. CUM PERMISSU SUPERIORUM

lMPRIMATUR Parisiis, die P.

1~

aprilis 1948

BROT,

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ETl]DES BIBLIQUE&

LES LIVRES DES

MACCABEES PAR

LE P. F.-M. ABEL DES FRERES PRtCHEURS CONSULTEUR DE LA COMMISSION BIBLIQUE

PARIS LIBRAIRIE LECOFFRE

J. GABALDA et Cie,

~dlteurs

RUE BONAPARTE, 90

1949

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INTR(JDUCTION

CHAPITRE PREMIER LE TITRE.



On dcGig:nc communement sous le titre de « livres des Maccabees q,uaLI'e pruductions litteraires de la periode hasmoneenne eL herodienne uouL ue.ux 1:1unt euLrees dans le canon chretien et deux restees au rang des apocryphes. Pour avoir porte des le temps d'Eusebe les titres de IIIe et de IVe livres des Maccabees, ces deux dernieres ont du jouir de quelque consideration dans certains milieux chretiens, surtout d'Orient. La matiere historique de .l'un ot lo• gonro litt6ruirc do l'uutrc donnent a ces livres un caractere si spfoial qu'ils demandent a etre presentes independamment des deux premiers• qui sont intimement lies par le sujet qu' ils ti~aitent et par leur admission a la canonicite. L'estime particuliere que leur ont value la richP.R!!P. P.t IP. ton rle leur+n:formation postule en faveur de l et II Macc. la placo d'honneur dans l'interpretation et l'etude de ce groupe. Nulne con.testera la Iegitimite du long usage de considerer ces deux ouvrages comme les livres maccabeens par excellence. § ter. -

Maccabees.

Ce sont ces deux livres qui sont designes des la fin du 1Fl siecle et le long du me par les auteurs eeclesiastiques sous le titre „& Mer:xxoo6er:ixct. En vue d'une plus grande precision, ClemeuL d'Alexandrie, vers 195, presente Ie premier livre sous l'etiquette „;, (~L6Alov) 't"wv Mer:xxer:6er:Lxwv, et Je second avec l'indication fi 't"Wv Mer:xxer:ber:ixwv i;rmfl.~ (1). S.- Cyprien, vers 250, se sert de Machabaei pour citer inrlifferemment l'un des deux livres, de meme qu'Eusebe emploiera aussi largement ~ YP'XCfl'~ 't"WV XClAOUfJ-~VlllV Mer:xxer:l>er:(wv tout .en usant a l'occasion d'une plus grande acribie : fi ;rpW't"'lj xer:Aou11.lv11 't"wv Nfoxxer:ßer:fwv ~fl>Ao~ (2). Le titre Mer:xxer:6er:1111v er:' est celui des plus anciens manuscrits S A; a la subscription, S conserve encore l'usage antique de Mer:xxct6'Xixwv. A la fin du second livre on lit dans V : Jouo(l Mixxxer:6er:Lou ;rpaEewv· emTG!J.·IJ altere dans A. Les temoins de la traduction latine des environs de 200 ont pour titre : Liber primus (ou secundllS) Macchabeorum et l'on y trouve pour explicit : liber Maccabeorum secundus, ou l. Macchabeorum, eLc. S. Jerurne a remlue galement le redou(1) Voir les textes p. vm s. (2) Dem. EPang. VIII, 2, 70, 72. In Psalm. 78 : PG. XXIII, 9t.2 s., 9t.7. Si l'on fait confiance a la fidelite de Rufin, la mention du premier liPre des M achabees est arelever dans Origene, ad.Rom. vm, 1. LES LIVRES DES MACCADEES.

a

n

INTRODUCTION.

blement du kappa dans l'Onom. ed. Kr:osTERMANN,p. 133: Modeim ... unde fuerunt Maccabei, dans le Vir. inl. 13, ed. RICHARDSON, et dans la Chron. ed. ScHCENE, II, p.107, Oll l'on a Macchabaeorum. La transcription latineprimitive est Macc ... , exact repondant du grec l\foxx .... L'addition d'une aspiree est le fait d'une habitude de scribes desireux de marquer Je mot comme etranger, et Ie h finit par rester atix; depens de l'une des consonnes dont la repetition parut inutile. Le nom de Mctnot61ot, subit un sort analogue dans Ies premiers representants de l' Ancienne Latine Oll l'on releve Matthatias, Matatias et Mathathias. L'usage non motive de Machabei s'est propage avec Ia rapidite d'une erreur, de telle sorte qu'il est malaise aujourd'hui de discerner a travers la tradition manuscrite des Peres latins Ieur veritable maniere d'ecrire ce nom. A vrai dire, le titre de« Livre des Maccabees » ne peut etre primitif, car l'extension de ce.nom propre est le resultat d'une evolution due aux milieux chretiens. Motxxcxb'Xfo, se presente a l'origine comme le surnom de Judas, troisieme fils de Mattathias. Ce n'est qu'a la Iongue que ce mot a ete applique d'abord aux freres d~ Judas, puis a ses partisans, enfin a tous ceux qui avaient souffert au temps de Ja persecution d' Antiochus Epiphane. Son emploi dispensait d'une longue periphrase. Des ~hoses maccaba~ques on devait naturellement passer au groupe d'hommes maccabees. M1Xxxcx6izio, suppose l'hebreu '::ipo, ponctue en general maqqabi, par Dalman maqqeba~ (1). Ainsi dans les inscriptions bilingues on a Ies equivalences 'Pl:Mcxxxizio,, '~:1n:i-M1mr.tio~; a comp;:i.rer aussi 'Niri-0:xßßaio,. La plupart des commcntatours remontent a maqqaba, ;i:ipo, qni Rignifüi « m;:irt.ea11 », gnicMs p;:ir l'exemple posterieur de Charles, maire du palais, qui re~mt le surnom de« Martel » pour avoir ecrase les Sarrasins en 732 (2). S. Ives Curtiss s'est eleve contre cette etymologie, parce que maqqaba designe non pas une ma:;:;e t.l'al'we:;, 1nai::; Ie plu~ vulgaire des marteaux. Elle suffirait pourtant, a la rigueur, car on aurait toujours un rapprochement metaphorique av_ec un instrument qui frappe, qui brise (3). La seule objection serieuse consiste en ce qlie les surnoms des fils de Mattathif!.s n'ont pas ete donnes aux interesses a Ja suite de leurs faits et gestes, mais bien des leur enfance p01:Jr les distinguer des nombreux Jean, Judas, Simon, etc., qui vivaient autour t.l'eux. On a du parler du Maqqabi longtemps avant ses victoircs. Tel est l'avis de Perles y:ui demeure toutefois attache ä. la mcmc ctymologic quc lo. vue precedente avec une derivation moins glorieuse. L'attention t.le ce criLique en 1926 fut attiree, comme l'avait ete celle de Dalman plus de vingt ans auparavant, (1) Grammatik d. Aram„ p.178, n. 3. Cf.ABEL, Gramm. du Grec.biblique, § 10 e. La forme Mo:xx ... est constante depuis sa premiere apparition dans Je texte grec de I Macc. 2, 4; eile est corroboree par Ja version syriaque '::lPO et non '::l:lO· InadmissibJe est Ja pretention de SAcHs, REJ. XXVI, 1893, p. 166, de remonter a un gentilice machbanai de N~:i.:io I Chr. 12, 13 reduit dans Ja suite a ':J.:ll:l. Les fils de Mattathias n'ont pas re9u des noms de lieux comme surnoms. C'est une variante de Ja theorie d'HaJevy sur i:i.:i • conquerir "· REJ. II, p. 321, d'ap. GaüNWALD. · (2) Les paroJes pretees a Mattathias par Ben Gorion: •Judas, mon fils, ton nom est Machabi ':i.:io a cause.de ta force "ne prouvent rien en faveur de cet empJoi metaphorique, car elles sont deduites simplement de l'appo8ilion de I Macc. 2, 66, laxvpo; iv llvv.XµEt 0. Judas Je Maccabee et l'orthographe adoptee en ce cas est ctrangere a Ja notion de force. (3) Dans J er. 23, 29, Ja paroJe de Dieu est comparce a un marteau qui brise Je roc et 50, 23 c'est BabyJone qui fut Je marteau de toute la terre, Ti a..

C.H APT'l'R F, T.

V

lieu de crix et U Ja Substitution USsez frequente de b U m (1) On obtient All'p.cxvcu. Ainsi croyons-nous pouvoir interpreter la simple affirmation de

cxcr UU

Dalman (2) qui ne s'inquiete pas du sort de la finale •A, mais qui trouve un appui dans des intitules d'ouvrages releves par Saadia (xe s.) tels que n'::i rfo.r.:: 'i·mou.in, megillath Beth J.Iasmor;iaf, ou kitdb Bene ßasmonaf--dont l'un serait peut-etre applicable a 1 Macc. ou a quelque composition qui en deriverait. Cette explication suppose des changeme~ts dans le texte qui ne sont pas agrees de tous les critiques; elle met en vedette le nom des Asmoneens, que 1' ouvragc a soigneusement evite. Aussi aime-t-on a rappeler les diverses interpretations mises en circulation au cours des siecles. l:ixp6r,O equivaudrait suivant les uns a "O'::iiw, .forbtt, forme recente de sebet « le sceptre » signifiant Ie gouvernement. Comme l'exacte transcription demanderait au moins O'otpb"IJT sinon O"ccp~eiT, d'autres se sont rabattus sur Ie syriaque N::iiu.i plur. Nn::iiu.i tres satisfaisant avec le sens de res gestae, narrationes, ayant une certaine parente avec: hoc plenius in Machabceorum gestis legimus de saint J eröme in Dan . .11, 30 (P L. XXV, 568 C), Oll avec Machabceorum narrat historia du meme, in Ez. 5, 1 ss. (ibid., 51 D). Quant au second element, les philologues ont trouve meilleur compte a s'appuyer sur la leQon Iixp6ixmA, d'ou les traductions : (Sceptrum) principis filiorum Dei (3), ( S ceptrum ou fiagellum) rebellizim Dei. Cette derniere expression se fonde sur l' etymologie i?':lt? » refractaire » (4). On envisage ici la rebellion pour la bonne cause. Sachs l'A1U:e cuucluL a la lecLure forbi? Sarban2iel qu'il traduit par « La Famille » ou cc La Genealogie de Sarbaneel », mais il reduit ensuite le nom a la forme SarabeJ, qu'il donne comme un synonyme de Yehoyarib ou Yoarib, nom de la classe sacerdotale a laquelle appartenait la lignee de Mattathias (5). Ce serait une facon cryptographique de designer les Asmoneens dans les milieux pharisiens Iorsque Jean Hyrcan les eut quittes pour passer du cöte des Sadduceens (6). Une teile complication etait de nature a rendre le titre incomprehensible aux profanes et l' on se demande pourquoi. En outre, comment se fait-il que le nom divin S~, transcrit partout ailleurs "IJA a la finale, soit represente ici par •A? Ne devrait-on pas lire ,,r:!-'?.7 (7) ? . La difficulte n'est pas insurmontable, car elle se represente avec la meilleure tencur· du texte : l::i:6otvot1aA, dont il'~::iu.i, LXX : :I"60tvd :Iotßotvd, cst un 6quivalent (8). II .est assez curieux q.ue dan·; I 'Esd. 9, 33 on ait 1a sequence ~11.l MO(' tarl(ix;; x':i......I0t6avvcx1olii;. En adoptant pour la plus vraisemblable et la mieu:x: fonde.e des lectures I[ :p] otp ß-~~ ~cx6ixvcxtaA c< Livre de la maison Sabanaiel » on aboutit ,[email protected];re, de ce cöte-fä, a une im passe, Oll est arr.ete devant l' enigme que pose Je choix inexplique de ce nom de famille. (1) VoirnEVAux,RB.1936,p.401. (2) Grammatik des „. Aram., 2° ed„ p. 7. (3) Dt.14, 1. Ps. 73, 15. Les enfants .de Dieu sontle peuplti special, choisi par le Seigneur et a lui consacre. (4) Le cursif 62 (xr• s.) a pour titre: ßt6).cov o:7to:r-rix•na; 11.otxotßo:twv ot '. (5) I Macc. 2, 1; '14, 29, Antiq. XIl,c2f>5. (6) Antiq, XIII, 288-298. REJ. XXVI, 1893, p. 160 ss. L'auteur veut reconnattre le I Macc. hebreu dans la megillath Beth lfaSmonai composee par les Anciens des Ecoles de Schammal et de Hillel d'apres les Halakoth cedoloth (c. 800). (7) II Sam.13, 28; 17, 10; 1 Reg.1, 52. . . (8) Nom theophore compose du rad. pu.i • etablir solidement ». Neh. 9, 4; 10, 5, 11, 13. !Chr. 15,n. ··

CHAPITRE IT LA CANONICITE. LE SORT DES DEUX LIVRES DANS L'EGLISE ET LA SYNAGOGUE.

Dans Je preambule de sa Guerre Juive, ecrit en 79, Josephe declare que le point de depart de sa narration sera l'endroit ou cesse le temoignage de quelques-uns de llcn dcvunoiors groos ot des prophetes de sa nation (1). Comme il deh11tA pi:1r lfl 1·evo1Le des ffä1 d'A~monee, il y aurait lieu de croirc qu'il fait doscondre l'activite ou l'informaLiuu µror.ll1eL14u~ jusqu'a Antiochus IV exclusivemcnt. En rcdigcunt Je Contre Apion en 95, le meme historien arrete a la periode perse la succession suivie et en quelque sorte officielle des prophetes, restriction qui peut avoir eu pour origine une decision recen.te du synode de J amnia en 90. touchant des livres qui no pummiont pus pour etre aux yeux de to-q~ contem·pnr:iim1 1l'F.K1h HK. Q11ni qu'il en "soit, il ajoute a Ja mention des vingt-deux livres sacres reconnus comme meritant une juste creance cette reflexion: « Depuis Artaxerxes jusqu'a nos jours, tous les evenements ont ete racontes, mais on n'accorde pas a ces ecrits la meme creance qu'aux precedents, parce que le~ prophAt.es nr. sr. sont plus exactement succede (2). » Sous le couvert d'Artaxerxes etait garantie l'epoque d'Esther et d'Esdras. Daniel se donnait comme production des temps chaldeens. Le recit de Ja geste maccabeenne ne pouvait pretendre a une telle antiquite vu l'epoque de son sujet. Compose en hebreu eL en etroite conformite a la loi, le premier livre aurait eu plus de chance que le second, ecrit en grec, d'entrer dans le canon juif, mais en fait, au moment de sa parution, le recueil des Ecritures etait pratiquement ferme. Si les Pharisiens ne consideraieot pas le souffie de !'Esprit comme eteint, ils reconnaissaient cependant la n6ccssit6 de limiter le corps des livres saints cunLre le debordement des livres n.ouveaux, surtout des apoculypscs, suspccts de s'ecarLe1• des voies Lraditionnelles. 11 suffisait au saccrdooc d'uvoir cn muin lo ritual des sacrifices et les chroniques de ses ancetres. Dans leurs querelles, Pharisiens et Sadduqeens ne pouvaient alleguer que des ouvrages re«;;us par les deux partis. Aussi leur conLroverse contribua-t-elle a maintenir sans diminµtion ni accroisscment la collection existante. Nous avons precisement dans la seconde lettre placee ·au debut de II Macc. quelques details relatifs a la formation de cette collection. On lit 2, 14, que Nehemie ayant fonde une bibliotheque y recueillit les recits concernant les Röis, les livres des Prophetes, les psaumes de David, plus les archives comprenant les lettres des rois de Perses qui concernaient les offrandes. Donc a la Torah devenue canonique 0

(1) Proccm. 6 : lhro11 o'or TS TOVTWV 1niyyp«cpsi' E11ClVO"CXVTO xcxl O( +,µ.inpot 11pocpijTott, TY,V '1ipx1-1v txi!Usv 7t01'i)aoµ.et1 -r"ij, a11vi:i~ew,. Les devanclers grecs douL pal'le J u~evlie Htl hu1iL gut.1·11 que des Juifs cites par Polyhistor; voir C. Apion, I, 218. (2) Contre Apion, I, 41. Passage commente par le P. Lagrange, Le Judaisme avant J.-C,, p. 283 s. et par Lo1sv, Hist. du canon de l'A. T., p. 14, 31.

CHAPITRE II.

VII

pur la promulgation d'Esdras vint s'ajouter le bloc. de ce qu'on appela plus tard les Premiers Prophetes (de Josue aux Rois) et des Prophetes proprement dits, les Derniers Prophetes de l'expression consacree auxquels etaient joints Ies Psaumes. Les Hagiographes furent groupes successivement dans la periode comprise entre Nehemie et les premiers Asmoneens. La Iettre en question ajoute que Judas Maccabee a recueilli Ies livres qui avaie~t ete disperses par la guerre et qu'ils etaient entre les mains des Juifs de Judee et notamment de la gerousie. Les historiens du canon n'hesitent pas a reconnaitre dans la collection de Judas tous les ecrits qui sont maintenant dans la Bible hebraique et forment le canon hehren.« Jonathas, frere de Judas, parle deja des livres saints qui sont aux mains des Juifs, comme s'il s'agissait d'un corps bien connu et determine. 1 Macc., 12, 9 (1). » Vinterruption de la . prophetie reconnue . egalement par l'auteur de 1Macc.,4, 46; 9, 27; 14, 41, derriere Iaquelle onse retranchait pour suspendre son jugement sur le caractere sacre d'un ouvrage, empecha dune les J uifs d'adrneLLl'e nos deux Iivres dits des Maccabees au rang des Ilagio· graphes de la collection canonique (2). § 1. -

Canonicite.

Purrni lmi productions littorniros 6crites depuis Artaxerxe11, qui ue meriteut pa11 le meme credit que les vingt-deux livres sacres, J osephe comprend sans doute l'histoire des Maccabees, teile que la conserve le premier livre. qu'il a mis amplement a contribution. Au fond, l'expression 'ltL Maccabees, ecrit dans le style et l'esprit des anciennes chroniques d'lsrael. Cet emploi temoigne de l'estime que I'historien avait pour cet ouvrage qui lui rend pour la periode d'Epiphane a Sidetes le service qu'il avait demande a Esdras et a · . Esther pour la periode perse. Parmi le materiel etranger .a 1 Macc. insere par J osephe dans sa narration, Ilcelscher rclcve des elementB d'origino judco-ulexnndrine mia en oiroulation (1) BJ., 1, 18. Voir plus haut (p. v11pe sens de cette phrase sous Je rapport de Ja canonicite. (2) Antiq., 1, 5 : Mi!AAEt y> De l'aveu de S. Krauss, la tradition juive a cherche a eLouITer deliberement les origines historiques, c'est-ä.-dire asmoneennes, de la fete de la ij:anoucca et l'on est en droit de s'etonner avec lui qu'aucun livre des Maccabees ne fUt en cctte circonstance admis ä. l'honneur de la lecture publique (2). Judas n'est jamais nomme par la litterature rabbinique des premiers siecles et il faut s'adresser a deux commentaires pour avoir la mention de Mattathias et de ses fils. La domination grecque est comparee au solstice d'ete qui fait foir tout le monde ä. cause de sa force; « mais le pretre Mattathias et ses fils resterent fideles a Dieu, et les armees d' Antiochos se disperserent devant eux et furent exterminees ». Au sujet de Lev. 26, 44 cc et j~ ne les rejetterai pas », une glose evoquo Simcon lo Juste et l' Ai;monllen Mat.tat.hiai;, imsoit.l\s par Dieu ainsi que ses fils ä. l'epoque grecque, 01~,, ,r.i,:i. A part. ces citations, on releve quelques (1) Essai sur l'Hist. et la Geogr. de la Palestine d'apres les Thalmuds ... , p. 57 s. (2) La fete de /fanoucca, REJ. XXX, 1895, p. 33, n. 1.

XVI

INTRODUCTION.

allusions furtives aux Bene Ijasmonarou Bene Ha8monai:m dans des passages l'i:turgiques (1). Saint Jeröme parait a'Voir connu un midrash sur Zacharie ou l'histoire moocabeenne etait adaptee a plusieurs sections de ce prophete~ Ainsi 8, 7 ss. avaiii annonce suivant certains Juifs la restamration de l'Etat judmque completee par les Maccabees et cliv.ers princes qui administrerent la 1Judee:jusqu'a Rered-e-. Au,sujet de l'oracle 9,. 13-10, 7, Gyrille d'Alexandrie estimait que le recours a., 1a seience judai:que etait non seulement inutile, mais contraire au messianisme evangeliquc continue par les Apötres qui ont lutte comme des guerriers contre la sagessB' et les mythes de l'Hellenisme. C'est aussi le point de vue de Jer!)me lorsqu'il procede a l'i.nterpretation spiritut1lle. Mais sous le rapport litteral et historique l'exegete latin fait une large part ·a· la theorie des docteurs hebreux appliquant ce passage aux guerres maccabeennes. Le stique cc Co'ntre tes fils, ö Yawänl » considere actuellement comme une glose contraire au rythme du v. 13, mais existant deja au temps de la version des LXX, a certainement contrihue pour beaucoup a la naissance de cettetheorie. cc Ce verset, ecrit J eröme, les Juifs le rapportent au temps des Maccabees qui, apres avoir battu les Macedoniens, purifierent le temple souille par l'idolatrie au bout de trois ans et demi. » Et ainsi l'on suit les diverses phases de la lutte contre Antiochus Rpiphane tout le long de la pericope. Cette exegese, dont la sympathie assez inattendue envers les Asmoneens pouvait ßtre prcivoquee par reaction conLre le messianisme chretien, n'etait pas univerversellement admise dans les milieux juifs. J eröme sait qu'on y voit aussi . Ce calendrier destine a relever le moral des Juifs apres leurs epreuves a ete mis a jour jusqu'au temps d'Hadrien. Le texte a raison de sa concision n'est pas toujours compris de la meme fa9on par les commentateurs qui l'ont glose. · Au n° 35 on Iit : c< Le 28 Adar, les Juifs re9urent Ia bonne nouvelle qu'ils ne seraient plus empeches de suivre les prescriptions de la Loi; le deuil est interdit. » Derenbourg y voit non sans motif une allusion au rescrit de tolerance d'Antiochus V et de Lysias, II Macc. 11, 16-31. N°s 17 et 20 : « Le 22 Mar}:ieswan, on fait disparaitre le sirouga de Ia cour du temple. - Le 3 Kislew, on enleva les simoth de la cour. »Ces deux faits se rattachent a la purification du sanctuaire par Judas Maccabee. Voir le Comm. de 1 Macc. 4, 43-46 et de II Macc. 10, 2 s. Nö 23 : « Le 25 Kislew commencent les huit jours de la l,lanoucca; le deuil est interdit. »Cf. 1 Macc. 4, 52; II Macc. 10, G. N° 30 : cc Le 13 Adar est le jour de Nicanor. » I Macc. 7, 49; II Macc. 15, 36. No 5 :. c< Le 23 lyyar, les fils de l'Acra sortirent de Jerusalem. ii 1 Macc. 13, 51 (1).

II nous reste a passer en revue quelques epaves d'une tradition rare et deformee dont les temoins se reduisent a des elucubrations fantaisistes sinon a de simples titres, y compris les deux livres grecs III et IV Macc. 1. Le Rouleau des Asmoneens est un ouvrage dont le tiLI'e lui-rueme n'est pas sur et dont lH nature se refuse a une identification precise. Son existenco 3. etc revelee par l'edition imprimee des Halakoth Gedoloth, recueil des environs de l'an 800, dans une phrase rendue ainsi d'apres 'Louis Ginzherg: c< Les plus anciens des disciples de Shammai et de Hillel ont ecrit la M egillath Beth H aiimonaf; mais jusqu'a present rien n'est connu de la Megillah et cette ignorance se prolongera jusqu'a ce qu'apparaisse le pretre avec le Ourim et le Toummim (2). i> Par cette derniere expression, inspiree de Neh. 7, 65, il s'agirait d'une reuvre disparue ou cachee qui reparaitra a Ia Iumiere dans un avenir indetermine. S. Krauss applique l'action du pretre a la canonisation de l'ouvrage venu trop tard pour entrer dans Je canon. On s'en remet, comme pour I Macc., 4, 46, a une decision ulterieure pleinement autorisee. Repoussant l'identification de cette megillah avec le Rouleau d' Antiochus dont il sera question plus has, S. Krauss veut voir en elle une histoire officielle des evenements ecoules de 170 a 30, redigee en hebreu (3)„ Pourquoi ne verrait""on pas Ja un vague souvenir du LexLe hebreu de I Macc. deja disparu au (1) DERENBOURG, op. cit., p. 59-69; 442 ss. On peut sans doute y ajouter Je n° 7 : Ja prise de Migdal Sour, Je n° 27 : l'enlevement du roi Antiochus de Jerusalem, Je n° 6: l'abo!ition de l'impöt de Ja couronne (I Macc. 13, 39). (2) The Jew. Encyclop. I, 637 A. Le manuscrit porte Megillath Ta'anith, ce qui ne peut guere se soutenir. Ginzberg refuse de voir dans Ie Rouleau des Asmoncens une des sources des traditions ou legendes du Talmud ou des Midrashim concernant leur periode. (3) KnAuss, REJ„ XXX, 1895, p. 215 s., oil Ja di1>tinction entre !es deux mcgilloth est bien etablie contre l'opinion representee par HARKAVY. Cf, H 1X•holi. u„,al i?ti6~no „~'ll't':c; atoca~p.ocTIX tJ.E't'a 't'O cmo6ocvi::t'll !XU'l'O\l l!.!Xt ufo! !X~'l'W\I o?tla(J) öeU't'il\\I frlj 'ltOAAa y,cxi &7t'A~6i;­ WXY 1'.Q:Y.a C\1 'l' ?j ')''?j. fOJ(a't e~'il'AOcv e~ cxii't'iiSv pt~öe &µ.1XpTw'Aoc; 'AvTtozoc; 'Emqi1Xv~c; u(oc; 'AvT1oxoi; TOD 3o:atf..foc;, Sc; ~\I Öµ.'t)pct: h Pwv.y., '1.IXt e6o:a(f..r:.uas\I E\I E'l'Et ExlX'l'OO''l'ij> XIXt 't'fHIX'/.Oa'l't;>

nant sur un grand empire et agissant a son gre. Des qu'il aura atteint le faite, son empire se brisera et sera disloque vers les quatre vents du ciel, sans appartenir a ses descendants ni ccmserver une puissance egale a la sienne, car son empire sera demembre et reparti entre d'autres, a l'exclusion de ·ceux-Ia. » Sans se preoccuper de l'attitude Ioyaliste des soldats a l'egard des heritiers naturels du roi, ni de l'idee de l'empire unique resistant une vi.ngtaine d'ann6cs aux forccs do dim:;olution (JoucuET, L'impfir. macid„ p. 139 s.), notre ehroniqueur court au plus vite a son buten montrant que la lignee seleucide, comme celle c;les autres Diadoques,continua a ditiuser l'hellenisme que le Macedonien, ftls de Philippe, avait importe en Orient. On trouvera dans les nombreux ouvrages consacres a Alexandre los projets grandioses qu'il formait encore quan 8 Ses officiers exercerent le pouvoir chacun dans son gouyernement. 9 Tous ceignirent le diademe apres sa mort, et leurs fils apres eux durant de longues annees : sur la terre ils multiplierent le malheur. 10 De ceux-ci sortit une racine de peche, Antiochus Epiphane, fils du roi Antiochus, qui apres avoir ete otage a Rome devint roi l'an Cent trente-sept joug de la Loi et de les assimiler aux populations voisines dotees des .bienfaits de la culture hellenistique. Ils vont meme au-devant des desirs du roi et seront ses auxiliaires quand celui-ei aura pris leur parti. II Macc. 4 est tres e:xplicite sur ce point et remedie aux reticences du premier livre. En pretant la force de son autorite aux fils de Belial, Antioch\Is a, nouveau bouc emissaire, attire sur lui tous les peches d'Israel. Du moment qu'il etalt Ulll! raciutJ u'i11i411He, il .lltl JJUU vaiL !'itJ.ll jJ!'UUUi1•1:J Ul:J l>u11. 10. Sortie du milicu des Epigones (N:!i'~ 1 Reg. 5, 13), cette pl~« designo le surgcon o.utant et plu2 quo la ruoino. La raoino flourit on tant quo continuoo par lo pri68o;, fö. 11, 1 et 12. Lesens de tige est aussi dans Plutarque, De sera numinis vindicta, 553 C : « Dieu

ne detruit pas la racine mauvaise et rude - pl~IX"I 7tov71pav xixt -rpixyßixv - d'une illustre race royale avant qu'elle ait porte son fruit. nC'est d'un rejeton mauvais en soi, radi3J pcccatrix, qu'il o'agit ioi plutöt qua d'uno racine principe de prevaricationo. Antiochus IV avait fait partie des otages livres par son pere aux Romains en 189 apres sa defaitc a Magnesic du 8ipylc. Le plur. B!J-71p« s'applique parfois :i. une seulc pcrsonnc, ainsi p.~ r.E!J-~&-rw l>f17JP°' p.716€v°' dans une inscription citee par LmnELL·ScoTT, s. v. Athßnee et T.-Live rappellent aussi ce fait qui valut au futur Epiphane un sejour de treize ans a Rome, a partir de l'äge de vingt-six ans, dont les effets se reconnaisscnt dans la mentalite politique de ce prince. La condition d'otage etant tenue pour une demicaptivite, on la rappelait volontiers soit en vue de distinguer le prince des autnes Antiochus de la meme lignee soit avec une pointe defavorable. En 176, Seleucus IV releva son frere Antiochus de sa condition d'otage en livrant a sa place Demetrius son propre enfant. APPIEN, Syr., 45. A son retour de Rome, Antiochus sejournait a Athenes ou il comblait les temples de ses generosites, quand il apprit quc Sclcucus, son frcre, avait succombe sous los coups d'Hcliodore. Grace a l'appui des Attalides, Eumene II et ses freres, il est installe a Antioche. La stele decouverte a Pergame en 1885 par Fraenkel nous fait part de la reconnaissance des Athßniens envers les nobles creurs qui ont ramene en Syrie le dernier fils d'Antiochus le Grand pour ren 0uer autour de son front le bandeau royal de ses peres. OGIS., no 248. Ce n'est qu'a partir de la sixieme annee de son regne, lorsque sa victoire sur le roi d'Egypte en 169· a manifeste sa qualite de dieu, que le nouveau roi s'intitule sur ses monnaies Theos Epiphanes, titre que Ptolemee V portait deja dans le decret de Rosette. Quand eile se trotive isolee, l'epithete €mxo1l6v:riaav 't'~'I 'ltOALV ~aut3 u(xe.~ µe.y&A. Y.a~ ~xup, 'ltUpj'Ot~ bxupoi;, Y.al S.°'(i'IUO ahot; Et~ iixpa1. „~ Y.CCt g{J'IJY.O:'I El!.Et e&voc; &p.o:p·mf..bv, ., ~ , , , „ ' '......;;ti 35 ' 'ß ,, "\' , , ' avupo:c; 'ltCCpaV:l!J.OU~ 1 xat evtax.oao:v ev a:u•:•· KOCt 'ltccpevEV't'O O'ltMX xa~ 't'pO\ICX\I 't'O iXjt«O'[J.oc. 38 ll.«t ~U')'Oll o[ Y.iX't'Otll.Ot kpouai:xf..Y)µ. ot' GlU't'OU-w xixl miAtv, calque par le latin primitif per civitatem et ciPitatem = i'Y::l, se manifeste assez souvent dans les LXX. Gram., p. 223. On sait que 'yr-7t6Aotc; 'd'ap. HliaODIEN 1, 15 : To x~utp6c; dans un sens local. xpvtpo1; (KRFT), xpuq>coi; (S). A Y, rec. lucian. · 64 XIXGÜEu (KRFTS), xa:aa:>.eu S rec. Iucian. xixr;~EIJ 19-93. chasleum, chasleu, casleu lat. - 1>1xollo!J.'11'1 6upto>v Twv outeiwv,

LE PREMIER LIVRE DES MACCABEES, I,

52-55.

25

61 Beaucoup de gens du peuple s'acoquii1erent a ces gem;-la, quiconque en somme abandonnait la loi. Ils firent un mal immense dans le pays. 63 Ils acculerent Israel aux retraites cachees et a tous ses lieux de refuge. 5' Le quinzieme jour de Casleu; en l'an cent quarante-cinq, le roi fit batir l'Abomination de la desolation sur l'autel et, dans les villes de Juda circonvoisinest on eleva des autels. 55 Aux portes des maisons et sur les places, on brulait

en prison )). L'inquisition des novateurs rend la vie impossible aux fideles dans leurs villes· et villages et les oblige a fuir en des lieux secrets, !v xpufo"1' (xpu'Po• avec une idee de lieu d'ap. Herodien, 1, 225), mot rare remplace dans AV par xpuffot• d'un emploi plus etendu, surtout dans le domaine de l'arcane. Lat. BV et effugaperunt populum israhel in abditis interprete le litteral L et posuerunt israhel in occultis; 2, 31, 36; II Macc. 6, 11. $v notv1X'l't"1 tJ."/}Vt XIXl f-4"/}Vt, distributif Mbreu pour le grec ;\(l't"~ fl'~v:x ou ix1fotou (J31Y6~. 11 s'agit de l'execution des delinquants qui avait lieu dans les villes un jonr p,ar mois en vue de frapper les autres de terreur, cf. v. 63. GRIMM, KEIL, FILLION, KNAB. L'auteur ne se prononce pas sur l'occasion de cette epreuve : celebration clandestine de la neomenie ou rate mensuelle de la naissance du roi. CALMET d'apres II Macc. 6, 7. 59, Ainsi qu'en temoignent 4:_, 52 ss. et II Macc. 10,5, le premier sacrifice off!)rt sur l'au0

+

(S), (S) A., 2 verbes (RKS).

68 E7>01ovv

ouTw

Ol TOU, d'ou le latin abominatio desolationis, execratio vastationis. RB., 1936, p. 55 ss. En dehor~ de Daniel, les rares cas de ep-,f(-LwGt> des LXX ne traduisent pas la forme somem, laquelle comme participe peut signifier devaste et aussi depastateur, d'ou l'interpretation de Grimm et de Gesenius « l'abomination du Devastateur ». Mais il est a remarquer que COW signifie originairemeul etre stupefait ala vue d'une Chose horrible et qu'il peut arriver au traducteur grec de substituer a ce sens celui d'etre devaste ou desole. En definitive, « Abomination devastee » ne donne rien de satisfaisant, et « Abomination Ju devastant » manque de cette pointe que l'on compte trouver dans toute expression de l'ironie populaire. Ruiner le caractere d'un mot en lui substituant un mot infamant de meme assonance est un jeu ancien dont les musulmans agrementent encore leurs couplets contre les chretiens. Leurs lettres ont cru faire de l'esprit en changeant el-Qidmeh « la Resurrection », nom de l'eglise du Saint-Sepulcre, en el-Qomdmeh « le tas d'ordures ». Dans le cas present, 8omem avec le sens de « faisant horreur » pervertissait, a la satisfaction des gens pieux, le sublime de fomem. D'ou les traductions an Abomination-Appalling de Montgomery, Abomination Horrifique du P. Lagrange, Abomination. Horrible de la Bible du Rabbinat frangais, qui.a son equivalent dans l'horrihlr, pP.che de Dan. 8, 13. D'ailleurs pour exprimer la devastation du sanctuaire, Dan. se sert de lSu.i EF'll!J.oijv et de rimz.i ota.qi0E1pm, 8, 11; 9, 26. · La traduction « une devastation abominable« n'est pas admissihle, c11r Je ß1liluy11a est non pas une situaiion mais un objet, quelque chose de construit. - .u1-1r.lip ..• (cf. Suppl. epigr. Gr. VII 8'10) et par le-adon le-ba'al .fomem cr.1121 s,::i.S pNS (CIS., I, 7, 1), a supposer normalement une inscription bilingue comme a Palmyre. Re". d'assyr., 1930, p. 35). On rejoint de la sorte II Macc. 6, 2 racontant la mission de l'Athenien a Jerusalem ayantpour but d'imposer au Temple le nom de Jupiter Olympien, r.poi;ovo1-11foact Äto~ 'OA111J.r.Eou; Syr. : et de le nommer Beth Ba'al8amin Olwmpiws. Cette inscription serait outre l'autel etranger un des siqqo~im qu'implique la teneur de Dan. Mbreu et de II Mac0. 6, 2-7. Restreignant ala notion d'idole le sens de .~iqqou~, saint Jeröme (in Dan. 12, 7), se referant a Josephe qui ne dit rien de semblable, se figure qu'une statue de Jupiter tröna dans le sanctuaire sous Antiochus Epiphane. Posidonius conserve par Diodore XXXIV parle de la statue du fondateur (Createur?) et de l'autel en plein air ou l'on immola une grosse truie. Le lat. BV reflete ce sentiment : aedifica"it rex Antiochus abominandum idolum desolationis super altare Dei (B ante aram Dei), paraphrase bicn eloignee du primitif L : aedifica"it ab~minationem desolationis super altarem. En general, l'exegese patristique applique les faits aux temps de Titus et d'Hadrien (voir notre Jei'usalem II, p. 886) sans parler des ·vues lointaines de l'eschatologie qui depassent le cadre historique de ce commentaire. Voir RB., 1930, p. 191 ss. En_,tant que Polis, l'Acra devait incorporer le sanctuaire local, le Temple etant aux yeux des Grecs un des elements principaux de la nouvelle cite. II abritait la divinite appelee depuis la periode perse N'l:IW r:iSN «le Dieu des cieux » Esd. 5, 11 s.; 6, 9, etc. Dan 2, 18, 37, et pap. d'Assouan. En substituant a Elah les noms Ba'al et Zeus on la mettait a la portee des non-Juifs et dans Je cadre de la mythologie hellenistique. Son autel n'est pas detruit, mais il sert de base a un autel, symbole et personnification du dieu officiel de la nouvelle cite sur lequel on fera couler le sang des victimes sans se preoccuper des prescriptions l~vitiques, GU«> Er.' a1h-oli xatforp11t~•, Oua[av oi:i v6p.tp.ov ou1J'&: r.ohptov •!i 'louoa!wv 6p'l}aX&E~ tl1U't1jV ~r.mAwv Antiq., XII, 5, 4. Si les renegats s'accommodaient de ce syncretisme, les fideles y reconnaissaient .ces abominations qui avaient eu adiverses reprises de l'histoire du peuple juif une vogue favorisee souvent par ses rois.

CHAPITRE II 1 'Ev -.oc~; in1.€pcn; ix.Eivoct; iXvfoni Ma;noc6(oc 1oli ~ctatAlw> d'apres. Hippolyte, est appele Bacchides dans B.J„ 1, 1, 3, ce qui est une erreur, mais Apelles dans Antiq. XII, 6, 2, ce qui pourrait etre une alteration d' Apollonios si l'identification de cet homme du roi avec le dignitaire de 1, 29 preconisee par Hippolyte, in Dan. IV, 42, se verifiait. La tradition de Ben Gorion s'en tient a Philippe de II Macc. 6, 11 qui reduisit les zt:\lotes refugies dans la caverne. Cet episode ·etant posterieur a l'affaire de Modin (voir ci-apres 31 ss.), eo Philippo ne fut donc pas tue par Mattathias. Quanta Apollonius, cf. 3, 10. Le pltis sur est de conserver le nom d' Apelles; il n'est pas necessairement le chef de la mission si l'on considere, en dehors de toute interpretation grossissante que ie terme 1Sr.:i1-:zf1N, tov &·10,n •oi:i ~1(1tHw; ne designe qu 'un uei; ernissaires dont le röle est determine. C'est le policier qui accompagne a l'autel quiconque est requis de sacrifier pour s'assurer de l'accomplisse~ent des rites, quitte a employer Ja force envers les recalcitrants. On comprcnd fort bicn des lors qu'il soit le premier a partager le sort uu renegat. 26. Avec le datif, ~'YIAoi:iv traduit N~p avec t,, etre rempli de zele pour. Num. 25, 13; 1 Reg.19, 10. L'exemple de Phinees qui perc;a de sa lance Zimri, fils de Salou (SalOm de Num. est Iucianique), et la Madianite avec laquelle il celebrait Beelphegor est tire de Num. 25. Son zele lui valut comme gaga d'alliance le sacerdoce a perpetuite dans sa famille. Une tres ancienne lec;on est K~Awa tot'. D'une construction semblable a l'apposition de 1, 52, la tournure „:x, b... lui est opposee comme sens. 'l'out en gardant jalousement leur autonomie, !es ordres militaires pal'tageaient lessentiments et les luttes de la milice royale; ainsi, malgre leur ralliement aux Maccabees, les Asideens formeront toujours un groupe distinct au point qu'ils arriveront en s'opposant atix Asmoneens a meriter le nom de Pharisiens ou Separes. Guerriers par intermittence, ces vacitlques rtlservaieut leu1· arueur lielliqueuse surlout aux joutes ca!!ui11tiques. 43. La contagion de l'exemple remue !es Juifs restes chez eux en proie aux sevices des novateurs. L'un apres l'autre, ils gagnent le 1jjebel: ce sont les t"1«Sa6011n> au sens, intrans., verbe qui tend a prevaloir sur suyovn> que retablit ici le purisme de Lucien. DITTENBERGER, Syll. IG., 175, 20; 679, 84. PREISIGKE, W. Gr. Pap. s. v. Le class. n'accorde pas a a·njpty('-a, appui, soutien, la valeur metaphorique que lui donne le grec bibl. Sir. 3, 31; 49, 15. 44. Finalement Ia troupe des zel0s se trouve assez nombreuse pour entreprendre l'epuration du pays. Ils se composent une armee, B1m(l-'t", forces militaires chez !es class., tres employe dans notre livre et dans les LXX ou il traduit [l.ail. Les synonymes dpytf et llup.o>, qui repondent indifteremment a ~1'.t et a ill::m Mich. 5, 15 (14); Dt. 29, 28 (27), servent a merveille dans les phrases paralleliques telles que Ies deux stiques xal i7tin~cxv ..• x(X\ !vap:.-. KNAB. 'Ap.ap-rw1oi designe, non Ies renegats, mais les paiens qui sont pris a partie au v. 47; cf. 1, 3!,,. '.'Avop.ot sont les renE!gats, et o! Aomof, non pas simplement Ies paiens, mais Ies Juifs et !es Grecs qui ont echappe aux coups des orthodoxes. Ils fuient vers les gentils pour y etre en securite, aw&~w.u, infin. de but, lat. ut se liberarent, ut evaderent, Gram., p. 301. 45 s. Le traducteur s'est trouve devant le verbe :i:io qui peut s'employer sans regime s'il est suivi d'un temps verbal ayant une valeur finale GU con.secutive; ainsi I Sam. 22, 17, 18; II Sam. 18, 15, 30. ll l'a rendu par y.ux).oü, sam; se preoccuper du regime direct ou indirect que ce verbe a toujours d!ans les LXX. Mattathias et ses hommes font donc une tournee pour renverser les autels palen~ et pour eirconcire de force les enfants du territoire d'Israel prives de la circoncision par crainte des autorites ou par adhesion au aE

(RKFTS), EXÜEvaev S.

LE PREMlER LIVRE DES MACCABEES 1 II, 11,3-!;8.

4S

reux d'entre Israel, et tout ee qu'ily avait de plus devoue a la loi. 43Tous ceux qui fuyaient les mauvais ·traitements vinrent grossir leur nombre et leur fournir un appui. 44 Ils se eomposerent une force armee, frapperent 1es pecheurs dans leur colere et les prevaricateurs dans leur fureur, et le reste s'enfuit chez les nations pour y trouver une sauvegarde. 45 Mattathias et ses amis firent une tournee pour detruire les autels, 48 et cireoncire de foree les petits enfants qu'ils trouvaient prives de la circoneision sur le territoire d'Israel. 47 Ils ehasserent les esprits arrogants et, sous leur direetion, la besogne fut menee avec succes. 48 Ils arracherent la loi de la main des gentils et de la main des rois et ne laisserent pas l'avantage au pecheur. qui se ßaLLaient d'en av-0ir fini avoc la superstition juive, 11.vec cP.t.t.P. o•t~toat!'ov(~ qn'ili:; raillaient. L'a!Iaire fut conduite avec succcs « dans leur main », c'est-a-dire s-0us la direction des chefs du soulevement. Le compose itanuoöoüv, niY, mettre en bonne voie", faire prosperer, Ps. 1, 3; Dan. Th. 8, 11 s. est moins frequent que EJo!ioüv; cf. 1 Esd. 6, 10 1:~0806[1-Evov 'to lpyov; II Esd. xa\ EJo8oüut ev 'tal 1iin, la fureur. Parfois les LXX rendent le simple !:JN par opy1j 6up.oii. Le temps du bouleversement, II Chr. 22, 7, et l'explosion de Ja colere, Ps. 2, 5; Neh.13, 18, sont la reponse de Dieu a l'arrogance et au blaspbeme. 50. Les succes du v. 47 n'auront une entiere realisation que dans l'avenir car la situa. tion est encore tres sombre maintenant. Au vliv du verset precedent repond le viiv de l'exhortation. Aux heures memes de ces calamites, loin de se laisser abattre, les fils du moribond devront etre pleins d'ardeur pour la Loi et prets au sacrifice de leur vie. · 51'. Le debut de Sir. 44 d'apres !'beb. : cc Je vais louer les hommes illustres et nos peres selon leurs generations (dans !'ordre chronologique), Jahveh leur a departi une gloire abondante et sa"grandeur depuis !es jours antiques "• se rapproche de uutre verset qui est

„,'i

51 Tl1

epye< tlll'I r.nepw•1 (R) avec SV.

T.F. PRF.MTRR LIVRE nKR MA.CCABEER, II 1

49-53,

47

°

Cependant lcB jourG de Mo.tto.thio.s o.pprooho.icnt de lo. fln. u dit nlors a ses fils : « Maintenant se sont ~ffermis le regne de l'arrogance et de l'outrage, le temps du bouleverMemeuL. eL l'explosion de la colere. 50 Mainteuaut, mes e.nfants, ayez le r.ele rlfl la loi et donnez vos vies pour l'alliance de nofl pere.i;. Pensez aux actions realisees par vos peres dans leurs generations et recevez une grande gloire et un nom immortel. 52 Abraham n'a-t-il pas ete trouve fidele darls l'epreuve? et cela ne lui a-t-il pas ete compte comme justification? 53 Joseph, au temps de sa detresse, a garde les commandements, il est devenu seigneur de l'Egypte.

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un rappel des actions accomplics par lcs pcrcs dans lcurs gcncrations. Sc souvenir de leur conduite ne suffit pas : a leur imitation, il faut par des exploits (et l'occasion est propice) se couvrir d'une grande gloire, ii:i::i :ii, et se faire un nom immortel. Et encore Sir. 44, '8 : « Il en est parmi eux·qui ont laisse un nom, de sorte que l'on se raconte leu.rs hauts-faits. » Cett~ recherche de la gloire et des louanges tres appreciee des Grecs a penelre chez les Juifs qui desirent les eloges non seulement de leur assemblee, tnip, mais ou !'-~ .,.;apffin lltixvciY).(ltx, et 19a 1:l"T t,yzm t,N iln' Nt,:l, ll•1•u ßou>.~, tt7J8Ev 7tori!ani;. 11 y aui'ait lieu de rechercher si le surnom de 8«aat, supposant un original 'lr:l1n, ne serait pas un derive de Vl1' « conseiller » ou de iln' « conseil n, caracteristique de Simon reconnue et .proclamee par son pere. Esprit sage et pondere, il prendra la direction de la famille comme un pere, laTatt el, 7taTlp« (hebra"isme, Gram. p. 166) et ses freres devront toujours l'ecouter, mfoa, ,a,, ~fLlpat•, lat. V semper, acc1l5. marquant l'extension dans le temps. Gram., p. 17'1. 66. Judas, qui des }'adolesCence S'est reveJe guerrier aCCOIDpli, iax.up0• .tuYllfLEt =·gibbor·hail (v. 42) .aura la direction des operations militaires comme ~px.wv atp«'tlci:•, c'est-adire wsar-~dbd' d'apres 1Reg.11, 15, 21 comme Joab, chef de l'armee. Lesens de « tribus d'Israel » donne 'a >.ixiiiv par Ga. ne peut s'appuyer avec färmete sur aucun cas de C'l:::lll' 1ax11sn x«t at•öp1~~aae A. 0111;oc uµtv eatatt EtC·ttpl(.ovTix atpatttix: A {S), eatatt vµtv r.ipxwv (RKFT). es svt1X.,.;01tl!ou., 7tpoat«yµIXtv du verset suivant. Si le genitif indique parfois celui qui combat ou pour lequel on combat, l Sam. 18, 17; U Chr. 32, 8, il peut ue~ig1rn1· l'auversaire, II ßam. 5, 2(1 h tq; xol. &.Uo'f'~A(l).v, quoique le plus souvent avec ii.rni. L'accus. de qualification apre!\ un verbe de meme radical employe par les Grecs est 1res repandu dans le grec biblique SOUS l'influence de l'hebreu: r:o).EfLElV l':OAEflOY, I Sam. 8, 20; 18, 17; 25, 28; II Chr. 3~, 21. Gram., p. 171, rem. II. 67 s. Les factores legis sont, non pas les Iegislateurs comme chez les class., mais les obserVateurs de la Lui seluu fa. rot'Inllle niir.in ilWl1 II Chr. 14, s; J OS. 22, 5. c.r. 1J u' 1197' 20 f1er s. av.) -.: -roi~:&Eoi; vof1l~6p.1v0t r:oleiv. Rom. 2, ia; Jac. 4, 11:. Meme construction qu'au v. 66, ix31xeiv b!ilxriG1v, Ez.. 25, 12. Le genitif exprime celui qu'on venge, Num. 31, 2; ou celui surlequel s'exerce la vengeance, II Sam. 4, 8; Judith, 8, 35. Ici il s'agit du premier cas. Autre hebraisme avec &.v-r0ti.68rm &.v-r.xr:oSop.oc, i~o:i ~C,o,_, ' : : . Joel4,(3), 4, 7;,Lam. 3>64. . 69. La formule consacree r:poO"tLeraOcu r:po• taU. x.x•~poc• calquee sur l'hebr. Jud. 2, 10; II Reg. 22, 20; Act.1~, 36 signifie rejoindre ses ancetres dans l'au-delä.; l'enseveHssement est mentionne plus loin. Cette derniere idee prevaut dans II Chr. 34, 28 : Je te reunirai donc ä. tes peres, tu ira,s les rejoindre en paix dans la tombe. 70. L'annee 146 861. va.duprintemps 166 avant J.-C. au printemps 165. La sepulture de famille des Maccabees a Modtn sera mentionnee plusieurs fois. Le fait de se frapper la poitrine de. douleur est ä. l'origine du terme x61mG60tl xozrn~v, plangere·planctum, celebrer ·un deuil, un grand deuil Gen. 50, 10; Act. 8, 2. Le deuil de soixante-dix jours pour Jacob, ceux de trente jours pour Aaron et Moise sont des deuils extraordinaires. L'usage legal etait de s~ptjours. Antiq., XVII, 8, 4 : 'Apx.w:.o• Se ii.l p.ev e6061i."lv ~p.lpe1v r.ivflo• 'tO lxl Tv St!'tÜ.El ( nfoa~ rde .),aroen:e, TO voµ•p.OV TOÜ 1laTf!lov). Voir R. KRAuss, 'Talmudische Archäologie, II, p. 70.

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CHAPITRE, III 1

Kat aviani 'lou8ixi; 0 Y.11),oU!J.EVO 'itl~vui; o!_ iioeAfCt CXUtOÜ

xai -::; toil oc!wvo; 'tO 11-"'lll'-bauvov ixa'toü. sl; s.·'JA.oyla.v.

e Y.izl ?tijA6s.v iv 1tbA:tatv 'louaa: . Y.a'r. !~oo).€6ps.uas.v ii11s.~et; au'tfjt; 'l'.al. '21tfotpa~ev cpy~v 4:1to. lapoc'IJ:A.

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• Y.ocl wvo!Jo&a6'1J Elili• Ps.108 (109), 5, oil!le grec.rend l'hiph. de I'l"l~; cf. Am. 1, 5, 8; 2, 3. Judas a detournc Ja colere.divine.qui planait sur lsrai!l,.d'apres 1, 64. On doit se rendre compte que l'auteur evite·scrupuleusement de faire mention explicite de Dieu. 9. D'apros Sir. 47, 16, le nom de Salomon a atteint jusqu'aux.iles Iointaines; celui de Judas est arriw liw Mt Oi11.t611 !AC•' ocutoU ~iXpG(J.OoA·~ G:adwv l.~1>p~ ßoYJOijO'at orut 'lt'OL~i1a -rT,v b~(Y.'f)ll'L\I EY' u!ot~ laplX'f)A. 16 Y.'IXt "ij"f'(LO'ßV ec.ri; ci:voc6&ami; BoctOwpwv• Y.OCt i;·~6tv 'Ioij8iz.; eli;, O'UV~Vtr,~w oeutij) OAL"t'OO'toi;. 17 w; ai a!oov -~V e. " • ' ~ ' •· ' ' 'I ~u~ '~- T 1~ Ql.IV'ljaoy.eOoc !!> ' 'lt'oepe~o;iO"'IJ"" ·spzoy.1;\l'I"' et;. aunvt1jaw· oc1Jt'lt'OUi oiJl"iiiY, U(J.&t~ a~ µ.·lj qio6'f)Olju cX1C' autwY. a& E1'1ZUO'IX>O /,oc'Aiii.,,, lv·r,'Aocto e:ii; a:o-roü~ &qivw, Y.2i auve ... pl6'1) ~~pwv 'lta.i. .;;, '1tY ~iü~ ioü 'lteofou, Y.1Ü ä'1CEO"O\I «r.' a~tW'I &i~ &vap2~ OY.'rlXX.OaCou;, ot o~ 'Ao~w.ol ~U"J'.O'I Et.; j'1j11 lf>u'Ata>tt!J..

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L'hebraisme x«\ xpoaiOno itixl civl61J et de nouveau monta une armee, a comp'uror uvoo Dun. 101 18 Th. x"'i '-p'llO"i-O;;o x"'i ~f11.0 11411, rul'Bum orgo totit;it mc, indique une reedition de l'expedition preclidente. Le verbe xpwn0iv«1 comme· !:JC~ €tant ordinairement, en ce cas, suivi de J'infln., de la la coJTection Jueian. toll avix67jvixt. Ici se produit une certaine anacofüt.he dans ·l'expressfon, dµ. fait qpe le sujet des deux verbes paralt different, le pr.emier etant Serön, le second l'arm6e des impies, ainsi que Ie manifeste l'anc. lat. et addidit et asoenderunt cum eo castra impiorum. A'Vec l'infin., l'armee reste le seul sujet, ce qui est le sens ohvie. Mais la concision dont notre auteur fait preuve plus d'une fois permet la dualite du sujet, le premier et'ant raecrocM par le !'-''' ix?i,oü du second roembre, d'oü la traduction : il fit la seconde expedition = il partit a son touren gueITe. Tandis que les Samaritains avaient grossi le nombre des combattants sous les ordres d'Apollonius, cette fais ce sont les Juifs novateurs, ceux qui s'etaient refugies chez !es nations (2, 44) et' leurs complices domir.ilies dans les villes de Cmlesyrie et Phenicie qui fournissent un contingent irnportant a Serön. En plus du triomphe de leur cause, ils visaient a tirer vengeance des violences qu'ils avaient subies de la part de Mattathias et de ses fils·, en aidant Serön a punir les rebelles, 'll'Oleiv ixolxl')atv·h•.. Ps. 149, 7; Ez. 25, 17. 16. Ces nouvelles forces venant du nord par la plaine maritime, evitant le dedale montagneux ou Apollonius avait suceombe, durent s'engager vers Lydda sur la route conduisant au cceur de la Judee et passer non loin de Modtn oi:t peut-etre une reconnaissance s'assura de l'absence de Judas et de ses partisans. Serön• apprit-il que ceux-ci gardafont la partie haute du chemin de Jerusalem ou bien songeait-il a gagner d'abord cette ville pour organiser une battue ac travers le pays? Le fait·est: qu'apres avoir traversö Bethoron-le-Bas ou campe en cet endroit selon Antiq. XII', 7r t„ il atteint le pied de la montee deeide a poursuivre sa route vers l'est. Judas averti vient' occuper le saillant dr Bethoron-le-Haut d'ou il observe les ennemis qui.gravissent la cötesans s'attendre a une action imminente. Geogr. Pal. II, 274 s. 17. En depit de l'avantage que lui vaut sa position, la tronpe de ,Judal'l est fortem1rnt 15.

to:i:v, e1nixv A qui omet tlT"tV?ov. toii Oeov TOii 011pixvou SV, rcc. luoi~n. (FT). aa r,p!A>v rec. lucian. Syr. . 17

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, LE PREMIER LIVRE DES MACCAB·:ih;s, BI, 14-24~

roi. » 1s Il partit donc a son tour et avec lni monta une puissante armee d?impies pour l'aider ä chAtier les fils d'Israet 16 Comme il approchait-de la montee de Bethoron, Judas sortit au devant delui avec sa poignee d'hommea. 17 Ala vue de l'armee ven~nt a leur rencontre, ceux-cl. dirent a Judas: c< Co:mment pourrons-nous, en si petit nombre, lutter contre une si grande et si forte multitude? Nous sommes extenues, n'ayant rien mange aujmtrd'hui. » - 1e « II n'est pas malaise, repondit Judas, qu'un grand nombre soit cerne par quelques hom~es et il est indifferent au Cie1 d'operer Je salut au moyen d'e beaucoup. cm de. peu d'hommes, 19 paroe que la vietoire a la guerre n, est pas dans la quantite des solda& : c'est du Ciel que vient fa force. 118 Ceux-ci viennent contre nous dehordant d:insolenoo et d'iniquite pour nous faire perir, uous.., nos femmes,· noa enfants, et nous depouiller. 21 Mais nous,, nous combat:t.om1 pour nos vies et pour nos loist· 22 aussi hien Lui les hrisera-t-il devant nous; ne eraignez rien de leur pai·t. >> 23 Lorsqu'il eut cesse de parler, il hondit sur eux a l'improviste. Seron et son armee fürent defaits sous ses coups, 24 et on les poursuivait a la descente de Bethoron jusqu'a la plaine. 11-en succombait huit cents hommes environ, et le reste s'enfuit au pays des impressionnee par le grand nombre des fo1·ces 7.

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Ils apporterent les ornements sacerdotaux, les premices et les dilnes, ils firent paraitre les Nazireens qui avaient accompli la periode de leur vam. 50 Ils disaient en elevant la voix vers le Ciel : cc Que faire de ces gens-Ia et ou les emmener? 51 Tes saints parvis, on les a foules aux pieds et profanes, tes pretres sont dans le deuil et l'humiliation, 52 et voici que les nations se sont liguees contre nous afin de nous aneantir. Tu connais leurs desseins a notre egard. 63 Comment pourrons-nous resister en face d'elles si tune viens pas a notre secours? » 54 Ils firent ensuite sonner les trompettes et pousserent de grands cris. · 56 Apres cela, Judas institua des chefs du peuple, chefs de mille, de cent, de cinquante et de dix hommes. 56 A ceux qui etaient en traih de se batir une maison, ou qui venaient de se fiancer, de planter une vigne ou qui avaient peur, il dit de s'en retourner chacun a sa demeure comme le pcrmettait la loi. 57 La colonne se mit alors en marche et vint camper au sud d'Emt9

54. En sonnant de la trompette, la troupe se conformait encore a un ordre divin. Elle lisait Num. 10, 9 : to r.pwt, Ex. 3~, 2. - r.o:>-ep.. lv hebraisme 1 Sam. 23, 5; 28, 15; II Reg. 6, 8. , 59. btLoet:v ir.l, illtu,;, contempler, etre le spectateur de, avec "iN ou "ilt. 60. oupatv6, est Je sujet de rcot~aet, anc. lat. sie faciat, ou Dieu sous..entendu, ou ah6-. (3, 22) ce qui revient au memc.

CHAPITRE IV 1 Kixt ;.ap0-ix6&v ropy(ixi; 'ICEV't'IXX.taxtHoui; &vapai; 'ltlXt zt'A.(ixv t'IC'EOV Ell.A!!X.'t'~V, X.IX~ cX'IC~pev ~ 'it1Xf)Eµ.6~A..q '.\IUX't'O> 6 Au petit jour, Judas parut dans la plaine avec trois mille hommes. Seulement ceux-ci n'avaient pas les armes defensives ni les epees qu'ils auraient voulues. 7 Ils apercevaient le camp des pa'iens puissant et fortifie, une cavalerie qui l'environnait, bref, des gens qui avaient l'experience de la guerre. 8 'Judas dit a ses hommes : «Ne craignez pas cette multitude et ne redoutez pas leurs attaques. 9 Rappelez-vous que nos peres ont ete sauves a la mer Rouge quand Pharaon les poursuivait avec une arinee, 10 et maintenant demandons au Cief a haute voix s'il veut bien de nous, s'il se souvient de son allio.noc o.vco nos poros ot s'il 6crasera aujourd'hui cette armee-Ia en notre presence. 11 Alors toutes les uations reconnaitront qu'il y a quelqu'un qui delivre et sauve Israel. >> 12 Les etrangers leverenHeur regard et, voyant les J uifs venir contre eux, 13 sortireht du camp pour livrer bataille. Les soldats de Judas sonnerent dicarn gladiis, sed jactu lapidum et fundarum rotatibus.opprimantur, ita ut prrodre sint et deporationi inimicis suis. CALMET. Par le terme xocAUfJ.fJ.OtTOt exprimant un mot de la rac. nO;J, p}US extensif qUe &:a1d8E