La création métaphorique en français et en roman: Images tirées du monde des animaux domestiques. Le chien et le porc avec des appendices sur le loup, le renard et les batraciens [Reprint 2020 ed.] 9783112323649, 9783112323632

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French Pages 180 [183] Year 1907

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La création métaphorique en français et en roman: Images tirées du monde des animaux domestiques. Le chien et le porc avec des appendices sur le loup, le renard et les batraciens [Reprint 2020 ed.]
 9783112323649, 9783112323632

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BEIHEFTE ZUR

ZEITSCHRIFT FÜR

ROMANISCHE

PHILOLOGIE

HERAUSGEGEBEN VON

DR. GUSTAV GRÖBER PROFESSOR

AN D E R U N I V E R S I T Ä T S T R A S S B U R G I. E .

X. H E F T L. S A I N É A N ,

L A CRÉATION MÉTAPHORIQUE EN F R A N Ç A I S ET EN ROMAN.

LE CHIEN ET LE PORC

H A L L E A. S. VERLAG

VON

MAX 1907

NIEMEYER

LA

CRÉATION

MÉTAPHORIQUE

EN FRANÇAIS ET EN ROMAN

PAR

LAZARE SAINÉAN DOCTEUR

IMAGES T I R É E S

ÈS-I.ETTKF.S, L A U R É A T

DE

L'INSTITUT

DU MONDE DES A N I M A U X

DOMESTIQUES

LE CHIEN ET LE PORC AVEC

DES A P P E N D I C E S SLR L E LOUP, L E R E N A R D E T L E S

HALLE A. S. VERLAG

VON

MAX 1907

NIEMEYER

BATRACIENS

Table des matières. Page

Avant-propos

VII

Le Chien. Première P a r t i e : Noms et cris du chien. I. II. III. IV.

Héritage latin . . . Création romane Cris d'appel et de chaise Noms hypocoristiques (9 à 11); N o m s argotiques (I r) ; Origine des noms hypocoristiques (II à 13). V. Variétés de chiens (14 à 18); Appellations indigènes (14 à 16); Termes empruntés (16 à 17); N o m s d'origine inconnue (17).

2—3 3—7 7—9

Deuxième P a r t i e : Sens des noms du chien. I . Sens romans de canis * . . . . . . . . II. Sens des dérivés de canis III. Sens des composés de canis (36 à 40) ; Composés proprement dits (36 à 39); Composés synonymiques (39) ; Composés latents (39 à 4°)IV. Sens des noms hypocoristiques

19—24 24—36

40—50

Troisième P a r t i e : MétaphoreB usées. I. II. III. IV.

Vie physique (indolence, voracité) Vie morale (adulation, cynisme) Superstitions Ironie populaire Conclusion

52—53 53—55 55—57 57 57—58

Appendice. À . Le L o u p B. L e R e n a r d

59—71 72—76

Le Porc. Première P a r t i e : Noms et oris du porc. I. Héritage latin II. Cris d'appel et de chasse

78—79 80—81

VI Pas« I I I . L e grognement et ses inflexions

81—84

I V . N o m s hypocoristiques (84 à 93) ; N o m s argotiques (93) ; N o m s empruntes et obscurs (93 & 94); Origine des noms hypocoristiques (94 à 95).

Deuxième Partie: Sens des noms du porc. I. Sens romans de porcus

96—103

II. Sens des noms hypocoristiques

103—114

Appendioe. C . L e s Batraciens

115—138

N o t e s complémentaires

139

Bibliographie (Additions)

140

Index des notions relatives : a) au chien

141 — 1 4 4

b) au loup

144—145

c) au renard

145

d) au porc

145—147

e) aux batraciens

147—148

Index des mots T a b l e des matières

149—174 V—VI

Avant-propos. Le présent fascicule contient la suite de nos recherches sur les métaphores tirées des noms romans des animaux domestiques. Le manque de tout travail préparatoire et la vaste extension du domaine dialectal rendent notre tâche de plus en plus ardue. Tandis que la phonétique dispose de cadres définitivement tracés, la sémantique se trouve devant l'inconnu, le chaos. A part quelques articles instructifs de Schuchardt et de Horning, il n'y a pas de recueil, même empirique, des phénomènes analogiques, pas la moindre monographie sur une des nombreuses provinces de la métaphore linguistique. Ces lacunes n'expliquent que trop bien la faiblesse de certains de nos rapprochements, voire des erreurs manifestes sur lesquelles nous aurons à revenir au cours de notre travail. Aussi, pour l'apprécier à sa juste valeur, faudra-t-il tenir compte et de l'état d'enfance des études sémantiques et de l'étendue nécessaire des recherches. Nous considérons ces monographies comme des recherches préliminaires destinées à fournir les matériaux d'un livre. C'est dans ce livre que l'auteur, fortifié surtout par sa propre expérience, sera à même d'envisager les faits dans leur ensemble et de les présenter sous une forme à la fois moins touffue et plus nourrie d'idées générales. Mais dés à présent, et malgré les incertitudes de la première heure, il se dégage de ces recherches, outre l'importance du critère chronologique, l'idée maîtresse qui les a inspirées et qui est celle-ci: Faute d'une étymologie positive latine ou germanique, c'est dans les éléments originaux des langues romanes, dans leur activité créatrice ou simplement fécondante, qu'il faudra chercher la solution de la plupart des problèmes qui ont résisté jusqu'ici à l'investigation étymologique. Qu'il nous soit permis d'appeler l'attention sur les Notes d'étymologie romane que nous publions dans la Zcitschrift (vol. XXX et suiv.): elles sont conçues dans le même esprit et se rattachent intimement au sujet de ce travail. Nous adressons ici nos meilleurs remerciements à M. Mario Roques, qui a eu l'obligeance de revoir ce fascicule en épreuves, à M. Bréal, à M. Brunot et à M. l'abbé Rousselot, qui nous ont honoré de leurs encouragements. Nous remercions tout particulièrement M. Gustav Grôber, pour avoir accueilli ces recherches avec la bienveillance et la largeur d'esprit qui caractérise ce maître de la philologie romane.

Première Partie. Noms et cris du chien.

I. Héritage latin. 1. T o u t e s les langues r o m a n e s ont hérité d u latin CANE, à l'exception d e l'espagnol m o d e r n e et d u catalan, où il a été supplanté par des appellations hypocoristiques (v. ci-dessous) ; e n voici les reflets gallo-romans (d'après VAllas linguistique) :1 N o r d : quieti, quii, tien, tchien (f. quienne, etc.) ; Centre : chien, chi, chi (f. chienne, chimie, chine) ; chi, /chi, tsè (Savoie: fin, stin, fin); chi, /chi (f. chino, tchino), chi, /chi; S u d : ca, can (f. cagno), co (f. cogno). Les autres langues r o m a n e s g a r d e n t fidèlement le type latin : it. cane (f. cagna), Piém. cin (f. cind), réto-r. can, chaun (f. chogna), /Son, /ïaun ; anc. esp. can, port, câo (f. cadella) et roum. câne, câine (f. cà(ea). P o u r désigner la femelle, le port, et le roum. ont eu recours à la f o r m e diminutive ; le pr., l'it. et le reto-r., au mouillem e n t d e la nasale, tandis q u e le fr. a procédé par voie analogique : chienne est, d'ailleurs, extrêmement rare en anc. fr., où le masc. chien, chin (auj. Berry), cien (auj. Morvan), servait à désigner les deux genres. Ajoutons anc. fr. et Lorr. cagne (caigne), chienne, d'origine franco-provençale. 2. Voici m a i n t e n a n t la d e s c e n d a n c e romane d e s diminutifs ca/ellus et catulus. L e type C A T E L L U S (catello) a fourni : roum. cafel, f. c3/?a (cette dernière sans valeur diminutive à l'instar d u port, cadella) ; pr. cadel (cadèu), f. cadello (cadelo) et cadillo (Rouergue), Lozère chadel A . ; catal. cadell, e s p . cadiello (Galice cadelo), à côté d e cadillo et cadejo (port, cadilho et cadexo), variantes d'origine dialectale et aux acceptions exclusivement métaphoriques ; it. catello, cattila, encore vivace au x i v e siècle, auj. hors d'usage (dans les patois aux sens figurés) et remplacé par d'innombrables diminutifs indigènes, tels q u e cagnetto, cagnino, cagnoletto, cagnolino, cagnuccio, etc., qui servent simplement à désigner le petit d e l'animal. L a d e s c e n d a n c e f r a n çaise d e ca/ellus est la plus importante d u domaine r o m a n : 1

Voir, dans notre premier travail, les abréviations et la bibliographie.

3 a) E n ancien français: cael, chael (f. catle, chaele), caie!, chaiel (f. chaielle), keel, cheel, chel (f. kiele, ke/e, chele), cheau (Nicot), chiau (Borei), chiot (Lacurne), pl. caiaus, cayaux, cheaux (auj. cheaus, terme d e chasse) ; dérivés : chaelet, chaillon ( = it. catellone) et chaon (caon), petit chien (de chati, avec substitution de suffixe), à côté des diminutifs indigènes : chenet, chinet et chinort, chiennet et chiençon (cienchon), quennet (Norm. caignol, H a g u e canot) et quignon (Norm. quenet, quenot) ; b) Dans les patois : V e n d é e chde (chaé), chien, à côté de ché A . ; Berr. chiau, chiot, chiou, petit chien (May. chiai, cheió, chió), f. chiaulc, chioue, petite chienne (Biais, quiaule, vilaine chienne) ; May. quiao (chienquiao), petit chien, et Pléchatel chuté, id., H.-Bret. (Mée) chuteau, nom familier du chien, à côté du V a u d , G e n è v e cisson ( = anc. fr. chiençon), Isère (inon, R h ô n e /sinon A . Le (Naples gacciiine, cachorro,

type C A T U L U S a fourni : it. cacchio, à côté du dial, caccio caccione, gros chien, et cacciotello, petit chien, Abruz. cacciune, petit chien) ; esp.-port. cacho, gacho, dim. cachondo, cachopo, cachucho (d'où sarde mérid. cacciurru, cacciucciu).

3. L e s termes latins qui expriment le peu près tous passé en roman :

cri de l'animal, ont

à

G A N N I R E , glapir, gronder : it. gannire, esp. gañir, port, ganir; G L A T T I R E ( C L A T T I R E ) , aboyer à la chasse : anc. fr. glatir (xi e s., auj. du cri de certains oiseaux 1 d e proie) et mod. clatir (1690, spéc. du chien poursuivant le gibier); it. ghiattire, schiattire, glapir, anc. esp. latir, id.; L A T R A R E , aboyer: it. et roum. latrare, pr. lairar (mod. laird), catal., esp., port, ladrar ; U L U L A R E , hurler: it. et roum. urlare (Abruz. jurli, sarde urrula), anc. fr. uller, aboyer (Doubs uld, id. A., Gasc. illa), uler, hultr, mod. hurler (Lim. urla, R h ô n e ourla).

II. Création romane. 4. L e s langues romanes possèdent, à côté d e ces termes hérités, une série de formations originales qui reproduisent le cri même du chien. C e cri est diversement transcrit p a r : baw ou vaw : pr. bau, aboiement {far vau-vau (Carpentras) ;

un bau) et bau-bau, id.,

bay : anc. fr. bay, aboiement, G è n e s bai, id. ; bew\ port, bèu-bèu, aboiement; bow : pr. bùu-bòu, id. ; bou: it. bu-bu, bubbo, id. („sente il tette che fa bu bud). Les verbes romans qui en découlent revêtent les formes suivantes: 1

A l'instar du lat. gannire,

qui s'applique également au cri de certains

oiseaux.

I*

4 a) Simples: Namur bawer, Meurthe-et-Mos. bower, Lux. boey A., 1 Poit. bauger, aboyer ( = bauyer: cf. rudoger, rudoyer); cf. anc. gr. flavÇeiv ; anc. fr. baier, it. bajare, Tyrol bajà ; Lim. biaja (biauja) ; Vosges vawer A . b) Dérivées: i t abbajare, anc. fr. et dial. abayer (dbaiier, abbayer), mod. aboyer, dial. abouyer, abawer A. ; Lim. abaja (Auv. ablaja). c) Redoublées : Alpes-Mar. bauba A. ( = pr. babau, babùu, aboiement) ; cf. lat. baubari, gr. ftaiiïÇeiv. d) Composées : Yon. bahnrler, compromis de ba (= bcew) et de hurler. e) Amplifiées, à l'aide des consonnes suivantes: L : Berry bauler, bahuler, aboyer (Blaisois bêhuier, faire entendre des lamentations bruyantes et forcées), Namur bahouler, id., Gâtine baulement, hurlement de loup; Piém. baolê, baulé (Monferr. baure), aboyer, sarde baulari (cf. lat. bajulare, glapir, et bas-lat. baulare, latrare) ; P (cf. Mil. bop, syn. de bau) : Côme bopd, aboyer, Sav., Genève wapa (vapdry A.), Côtes-du-N. waper, id. A. T (cf. sarde butti, syn. de bau) : Berr., Poit. bahuler (= bauler), aboyer, pr. boula, aboyer, japper. 5. Les termes suivants pour „aboyer" sont également des mots imitatifs: aullar, esp., glapir, hurler, répond au roum. aulire (haulire, haolire), hurler de douleur, et hauire, hurler; bacailler, Clairvaux, se dit des chiens qui donnent de la voix de tous les côtés à la fois (cf. it. baco, syn. de bau, et russe baukati, aboyer, de bauk, bau !) ; ba/fiari, Sicile, glapir (en apercevant le gibier), et Meuse boufâer, aboyer A.; cf. mha. beffen (mod. bàffen), buffen, id.; bourra, pr., gronder, des chiens et des chats (cf. ga/ibourro, vacarme, propr. grondement de chat), H.-Italie bore, buri, aboyer, glapir; claper, anc. fr., aboyer (XVI e s. : ce chien clapoit, japoit), mod. clapir (appliqué spéc. au lapin), à côté de glaper, glapir (XIII e s.), Béarn glapa, id., à côté de clapilà, aboyer; catal. clapir, glapir; glawtr (glawiner), wallon, glapir; gnacd, Gascogne, clabauder, et Calvados gnacher, glapir (de gnac! cri du chien, Roll. IV, 17): pr. gnic-gnac, chien qui aboie beaucoup ; gniafer, Calvados, 2 glapir, et gniaufer, aboyer (de gnaf, glapissement, Roll. IV, 17) ; hamer, Côtes-du-Nord, A., H.-Bret. houamer, Landes hama, aboyer (de harn, syn. de bau) ; roum. (moldave) hàmai, id. ; Le sigle A . désigne l'Atlas linguistique de la ' Communiqué par Ch. Guerlin de Guer. 1

France.

5 haper, Char.-Inf. A., Vosges hcptr, houper, aboyer (cf. waper, id. 4 e ) ; hawer, Liège, aboyer A. (de hau = wau) ; hourra, Béarn, aboyer; port, urrir, gronder (du chien et du lion, à l'instar du gr. OJQV£0&CU, hurler et rugir), répond au roum. hàrài, id. ; cf. lat. hirrire, gronder (du chien enragé) et anc. fr. kire, grognement de chien ; 1 huivar (uivar), port., hurler (le v est euphonique), répond au roum. huire (uire, vuire), hurler, gronder ; japper, anc. japer, à côté du Norm. japiner (jaspiner), pr. japa (chapa, dzapa), jaupa (chaupa) ; Gênes giappa, Piém. giapé, aboyer, réto-r. giappar, id. (anc. Lomb. giapar, glapir, Archivio, XII, 406) ; cf. Délcmont y tipa, japper (I. Jeanjaquet) ; lappir anc. fr., glapir, pr. lapouina (lampouina), aboyer ; quila, pr., glapir, à côté de quiala (quiela, quièula), Marne, Gay, quialer, pousser des cris perçants ; roum. chelâldi, clabauder, réto-r. chiular, aboyer; cf. allem. queulm, glapir, anc. gr. oxvXoç, jeune chien, irl. aiilenn, id. ; schissi, Piémont, glapir; cf. anc. slave skycati, aboyer; udolar, catal., hurler (le d est euphonique), pr. oiidoulia, mioula (idoula), id., it. uggiolare (= ujolare) ; masser, Jersey, aboyer A.; cf. Suisse allem. weissen, id. (dans le 7 e conte de Grimm, le chien aboie wass ! wass !), à côté du bavarois gauscn, kauzett, et du dietmarschois giissen (geussen) ; zaulai, sarde logod., aboyer (et zdulu, aboiement). 6. Certains de ces verbes sont d'origine obscure : sarde logod. atioccare, aboyer; Aoste baisa, id. A.; pr. bindoula, hurler; Lot biotsd, aboyer A. ; it. guattire, clatir, et squittire, id. ; anc. pr. jangolar, glapir comme le chien qu'on bat, 2 mod. jangoula (changoula), jingoula et ganguela, anc. fr. jangler,3 aboyer, 4 Galure ghiangula (ghiagnula) ; Gènes Itîa, glapir, et Piacenza liidlé, hurler (lûdal., hurlement) ; port, maticar, glapir (en apercevant le gibier) ; Gènes mogogna (mugugna), gronder; Còme taboja, aboyer, et it. usto/are, glapir; sarde logod. zunchiai. 7. Une seconde catégorie de termes patois pour „aboyer est représentée par des verbes synonymes appliqués à d'autres espèces animales plus ou moins apparentées, à savoir: 1 Les Romains appelaient l ' R , canina littera, parce qu'on l'entend dans le grognement du chien; cf. la Senejiance de l'ABC, du X I I I e s. (ap. Liltré):

R est une lettre qui graigne; Quant li gaaignons veut ronger l'os, S' uns autres chiens lui veut reprendre, Sans R ne lui peut defendre. a

Cf. Raynouard : Cas non pot layrar ni japar ni jangolar. Gaston Phebus: Aucuns chiens courans sont qui crient et jangtent. Diez rapproche jangler du holl. jangeln, aboyer, qui est puisé à la même source; Thomas (Romania, X X V I I I , 193) dérive jangolar du lat. zinzulare,. gazouiller. 8 4

6 au bœuf: Ain bìèula, pr. begonia, aboyer, propr. beugler; cf. Guern. bagouler, aboyer A . ; au cerf: Alpes-Mar. râyaa (Lux.: « raw, il aboie) A., anc. fr. reiller, id. (R. de Cambrai, ap. Godefroy : le chien retile) ; cf. fr. réer (du cerf) et angl. io beli, réer, allem. bellen, aboyer ; au chat: Landes gnaula, aboyer, propr. miauler (cf. pr. gnagna-gnau, onomatopée des plaintes d'un chien), et Y o n . ramiouler, id. ; Berr. cahuler, aboyer (Hainaut : hurler à la manière des chats), Sav. mioula (miàuna, miàura), miauler et aboyer, à l'instar du Mil. mugola, id. (it. mugolare, glapir) ; pr. rangoula, gronder (des chats et des chiens), et Gênes rangogna, id., Sic. runguliari (des chiens; cf. it. ringhiare); pr. rouna, clabauder, et Béarn arrouna, ronronner; à la chèvre : Aoste belé, aboyer A., propr. bêler, sarde beliai (abeliai), id., bas-lim. berla, id., pr. guela, bêler et glapir ; au cochon : pr. càina (et Frioul), quina (quièuna), glapir, propr. grogner, et quila (quièula), id., Sav. coitila, glapir, et couèlia, grogner ; it. gagnolare (guagnolare), glapir, propr. grogner, à l'instar du catal. ganyolar, guinyolar (aboyer et gronder), de l'anc. fr. gannir, guannir, esp. gttafiir, id. ; pr. guissa, glapir, et anc. fr. (1559) goissement, jappement ( = grognement), à côté du Calvados viquer, glapir, wall. wicheter, id. ; Norm. d'Yères hoingner, woingtiier, Calvados ouiner, hurler ( = grogner), à côté du wall. wigni, guigner, glapir ; Suisse ronna,1 rouna, et Quercy regaula, gronder, du chien et du porc ; sarde mérid. zerriai, hurler et grogner. Ou bien, par des verbes au sens général, tels que: brailler: Gironde braoya, braulya, aboyer A., et fr. brailler, crier sans être sur la voie ; port, bradar, aboyer ( = pr. braidar, braire), Còme sbragi, ladin sbrai, id. ; crier: Gironde crida, aboyer A., à l'instar de l'anc. fr. crier, auj. aboyer à la chasse ; Mil. bocia, aboyer (cf. dial. boce, cri) ; cf. sarde log. appeddare, aboyer ( = appellare) ; gueuler : Seine-Inf., Côtes-du-N., Genève gueuler, aboyer A. ; piailler : H.-Marne piailler, aboyer A. ; it. guaire, guajolare, glapir, propr. se lamenter; cf. Sav. viouìa, Morv. reviauler, aboyer plaintivement. 8. Ce dernier sens, commun à la fois au pr. jangoula et à l'ital. gagnolare, exprime les cris plaintifs que poussent parfois les chiens, surtout pendant la nuit, cris qui ont frappé de tout temps l'imagination populaire. - Arrien, décrivant au IIIe siècle les chiens courants de Carie et de Crète, remarque (II, 1): „En chasse, les ségusiens ( t y o v o l a i xvvsç) criaient beaucoup, tantôt sur le gîte que sur la voie, mais d'un ton si lamentable, que les Gaulois les comparaient à des mendiants implorant la charité publique". Cf. Roman de Renart, I, I I 5 8 : Dant Ronnel le mastin. . . Voir, sur la valeur psychique des cris du chien, les vers célèbres de Lucrèce (V, 1061) sur la diversité expressive des animaux, selon qu'ils éprouvent la crainte, la souffrance ou la joie. 1

1

7 L a superstition moderne voit, dans ces gémissements, un signe de mort et en fait remonter au premier meurtre la cause initiale. Abel, raconte une légende portugaise, 1 avait un chien qu'il aimait beaucoup. Lorsque Caïn tua Abel, son chien s'enfuit de par le monde, en criant: Caïn! Caïn! De là, ajoute la légende, le verbe cainhar, geindre, en parlant du chien que l'on frappe. 2 Ajoutons que Pline le naturaliste compare le croassement des corbeaux à un aboiement plaintif (XVIII, 87) : singullu quodam latrantes.

III. Cris d'appel et de chasse. 9. L e cri usuel pour appeler le chien est ta! taï! ou la-la ! à côté de tè-ti! (Pas-de-C., Savoie, Milan), to-to! (Deux-Sèvres, Lombardie, Portugal), fr. tou-tou ! Ensuite : baco-baco ! it. ( = bau-bau !), Mil. bop-bop ! id. ; port, boca ! boch (poch)! et Trasosmontes baxe-baxe! boxe-boxe! buz-buz, esp., port, (pour les petits chiens), répondant au milanais ps-ps ! (,,voci per allettare i cani", Cherubini) ; chou-chou, Clairvaux (fr. chou ! chou-là ! pour exciter les chiens à quêter, Norm. chauler, exciter les chiens à mordre, et Marne, flairer avec bruit, du chien de chasse), Abruzzes ciu-ciu, esp. chu-cho (à côté d e lus !) ; le port, açular (cf. esp. jalear), haler, répond au Norm. chouler. 10. Les cris dont on se sert pour chasser ou exciter les chiens sont de beaucoup plus nombreux: afu! Mayenne, d'où Hague affouaer, haler un chien, et Valde-Saire affouer, grogner; pr. aiiio! Béarn ahu! ahuto! css! gss! gzz! (cf. Rabel. III, prol.), d'où Saône-et-L. acssi, haler un chien A. ; pr. quiss-quiss ! (d'où aquissa, enquissa, esquissa, haler), cuss-cuss! (d'où cussa, acussa, haler, à côté du Gard acoutsi, id., A.), esp. cuz-cuz! et roum. cu(u-cu(u ! (pour appeler un petit chien) ; pr. guiss-guiss ! (d'où aguissa, et de là, le fr. pop. aguicher) et Béarn gous-gous! (d'où H.-Alpes agoussa, haler A., Norm. agousser, exciter) ; ainsi que les formes amplifiées avec une gutturale : esp. casc ! quesc! guizg ! (d'où enguizgar, haler) et pr. cusc ! (d'où cusca, acusca, id.) ; ciss! d'où pr. cissa (Piém. a'ssé), acissa, acinsa, haler; et port. chuz ! La locution : sem dizer chuz3 nem buz ( = sans dire ouste ni /ou), c.-à-d. sans souffler mot, répond à l'esp. : sin decir lus ni mus, et au sicilien: senza ciu ne bau\ 1 J. Leite de Vasconcellos, Tradiçdes populäres de Portugal, Porto, 1882, p. 197. % En réalité, cainhar répond au pr. caïnd, grogner et glapir (7) : cf. Gênes caïn, bau ! (cri du chien) et Naples cai ! („onomatopea dei guaiti del cane, onde il volgo dice che chiama Caino", d' Ambra). * Cornu (Gröber, Grundriss, I®, 974) identifie ce chuz avec l'anc. port. chuz, plus.

8 iss ! pr. isso ! d'où hisser, anc. fr. hicier, pr. ahissa (cat. ahissar), it. aissare (Piém. issi), aizzare,1 à côté de adizzare (le d est euphonique); — ouss! pr. oussi! Creuse aûussil fr. usse! (ouste! houste!), Frib. ouze! (Genève houzet!), de là Vaud. utsi, haler (Aoste utchyi) A., Venise uzzar, Galice auchar, id. ; — des formes nasalisées : Saône-et-L. aussi A. (cf. fr. assiller, haler, Roll. IV, 8), Melz hinsser (= hisser), Corse aunza (cf. Vérone uzza), sarde logod. aunzare (cf. Archivio, XIV, 289); — ou renforcées: pr. anissa, haler, Allier anisser (arnisser) et Savoie enisser (enussi) A. ; pr. arissa, id., et atissa (entissa), id., anc. fr. enticier, Norm. enticher, id.; Creuse taoussi! (= aoussi!) et Piém. tarisse ( = pr. arissa) ; ssiss (ssuss) ! d'où Ardèche, Drôme assissa (Alpes assinsa), haler A.; Abr. susse/ esp. zuzo! d'où zuzar, azuzar, répondant au galicien chuzar (de chus! — zuzo! v. ci-dessus), à côté de zacear, chasser les chiens en leur criant za! catal ..vit-.vit! zap ! H.-Sav. far zapa, haler ; zoub ! d'où pr. zouba, id., sarde inérid. zubbai (azzubbai) ; zoup ! d'où sarde logod. azzupari, Corse azzupa, haler un chien (Archivio, XIV, 289). Les divers patois rendent la notion : exciter un chien à mordre, par agacer, lancer, pousser, faire enrager, etc. 2 Cette dernière locution explique le synonyme port, agastar, qui dérive de gasto (perro), chien enragé ( = it. can guasto et fr. dial, chien gâté, Roll. IV, 74). Parfois le sens de chasser ou de haler un chien résulte de celui d'aboyer: fr. bourrer, poursuivre le gibier ( = chasser en aboyant), et bourrir, s'élancer impétueusement, pr. bourra (abourra), haler les chiens, propr. gronder (5), H.-Italie bord, borré, bori, chasser en criant, lancer sur le gibier, dérivant de bori, buré, glapir (5) ; cf. Galice apurrar, empurar, id. („azuzar los perros para que riñan o contra alguna persona o animal", Piñol); — pr. bouta, abouta, haler un chien, de bouta, japper (4) ; Lorr. hâmer, chasser, de hamer, aboyer (5), pr. fourra, Gasc. hourra, haler, du béarnais hourra, aboyer (5), et Valais ouina, haler A., propr. gronder. Les termes suivants pour „exciter un chien" sont obscurs: Bessin amouer et Poit. amoisser, pr. amouda, amonta et roum. amufa (asmute, sumuÇa), pr. asima, esp. azomar. i l . La chasse étant un des grands réservoirs qui ont alimenté la richesse métaphorique de la langue, les cris dont se servent les chasseurs, principalement pour exciter la meute, ne sont pas sans intérêt pour le linguiste. 3 Voici les plus familiers: halle ! cri du piqueur à ses chiens quand le cerf est aux abois, et hally! ally! pour les rameuter, d'où hallali (forme redoublée de 1 Suivant Baist (Zeitschrift, VI, 424), l'it. adizzare serait une onomatopée dérivant du fr. ça-ça! terme de chasse. * V . la carte de l'Atlas linguistique : Exciter un chien à mordre. 3 Nos sources sont : Jacques de Fouilloux, La Vénerie, Poitiers, 1561 (et Niort, 1888), et Baudrillart, Dictionnaire des chasses, Paris, 1864.

9 halle-ally, à l'instar de son synonyme hahaly, de ha-hally) et haler, anc. haller, lancer un chien sur le gibier (cf. Bessin houler, haler) ; harl cri pour exciter les chiens (p. ex. harloupl à la poursuite du loup) et harrol cri des chasseurs entre eux si c'est un lièvre), 1 d'où harer, anc. fr. et Nonn. harrer, haler un chien (cf. anc. fr. hourrer, id., propr. aboyer, c.-à-d. exciter en imitant l'aboiement) ; horval cri du piqueur pour rappeler les chiens (auj. hourra !) et horvaryl pour les retourner à quelque ruse du cerf: le cri exprime simplement l'aboiement des chiens sous les coups de fouet du piqueur (cf. Béarn hourra, aboyer), et la forme amplifiée hourvary (dont revary et vari sont des abréviations) rappelle le savoyard vapary, aboyer, en rapport avec le breton waper (4) ; pille ! cri pour exciter les chiens, de piller, se jeter sur la bête, la mordre et la fouler (d'où pillard, chien hargneux) ; cf. anc. gr. OxvXtvoa, piller et dépouiller un ennemi tué (de axvXoç, jeune chien), primitivement terme de chasse; tayau (taïaut) ! cri du chasseur à la vue du ccrf, compromis du cri d'appel taïl (9) et de son synonyme hait ! cf. Forêt-Noire lay-ci! cri pour chasser le chien, et taille-hol c.-à-d. tay-haul (Walter Scott, ap. Littré).

IV. Noms hypocoristiqaes. 1 2 . Les langues romanes possèdent, à côté du lat. cane, plusieurs termes d'origine enfantine et dérivant des cris déjà étudiés, à savoir: baw, nom enfantin du chien (d'après l'aboiement), à l'instar de haô, id. ; cf. allem. Hauhau, id. ; beboupc, bebyte, Valais, toutou (Jeanjaquet) ; buz-buz, port., toutou: Ao perro velho non digas buz-buz („Ne dis pas toutou à un vieux chien"); esp. buzque, dim. buzquillo, forme amplifiée d'une gutturale (cf. 10); chouchou, fr., toutou, Abr. ciu-ciù (ceciù, ciaciù), id. ; cf. le proverbe corse: A cane vecchiu nu li di cucchiuccù; cuz-cuz, esp., répondant au catal. quisso, quissoy (cf. „A perro viejo nunca cuz-cuz = a ca gros no cal dirli quisso11); port, auita, toutou ; toutou, petit chien, mot enfantin (admis par l'Académie en 1740), Berr. toutouche; Deux-Sèvres, Milan, Poitou tôtà, Arbedo, Suisse, Provence, Metz tètè, it. tette, Saintouge tatî, Abbruzzes ta/'), toutou ; cf. Bavar. (enf.) dada, dodo, toutou (Suisse allem. dodel, id.) ; tuz-tuz, esp., synonyme de cuz-cuz: „A perro viejo nunca tuz-tuz" (Cobarruvias) ; auj. tiiso, tusa, chien, chienne ; 1

Les interjections anc. fr. harau! haré! hareu! /tarif haro!

exprimant l'appel ou l'alarme, sont primitivement des cris de chasse. G o d e f r o y , 1 4 5 9 (lettre de grâce): „ L e suppliant appela son chien, le et prist après les p o u r c e a u l x " .

harou!

Cf. dans

herautda

IO vàu-vàu, wallon, toutou, Suisse vaou-vaou et vouvou (Jeanjaquet) ; zuzu, Abbruzzes, toutou ; fr. (enf.) zozo, id. Ajoutons le type chic, petit chien, particulier au domaine galloroman et probablement d'origine enfantine (cf. pr. chichi, petit oiseau): anc. pr. chic a, checa, chienne (Peire V i d a l : checa vilana), L a n g u e d . chiche, petit chien (Sauvage), pr. mod. chiche, chienne, chichet, chichou, petit chien ; Poit. chicot, jeune chien (Guernesey : vieux chien). 1 3 . C e p e n d a n t , deux d e ces noms hypocoristiques méritent une attention s p é c i a l e : le pr. gos et l'esp. perro, qui s'est substitué au lat. cane, comme gos au catalan. Voici les variantes romanes du premier : anc. pr. cos (Donat: cotz, parvus canis), gos, goz, guoz, chien, au XIII* siècle, 1 bas-lat. gossus ( 1 3 6 3 , ap. D u c . : illa canis mastina uxor sua et gossus suus) ; f. gossa, dim. gosse/, gosson (mod. gous, gousso, gousset, etc.). D e là, anc. fr. gos, goz, gous, gouz, dim. gocet, gcçon,2 f. gosse et gousse (XIII e s.) ; wall. go, d o g u e (Hain. gougoun, aboiement du gros chien) ; catal. gos, devenu le n o m usuel du chien (Jaume Febrer, cité par Diez : un gos que en bon llemosi can est nomenat), port. gozo, barbet ; esp. cosque (cozque), gosque (gozque), dim. cosquillo, gosquillo, gosquecillo, du cri d'appel eus, gus, amplifié en cusc, gusc ( 1 0 ) ; it. cuccio, guccio, petit chien, à côté d e cuzzo, guzzo (Duez; Naples : chien difforme), G a l i c e cucho, id., pr. mod. coussou, goussou, id. ; roum. cu(, toutou ; cf. alban. kuc, serbe kuce (f. kutsa), magyar kuszi, id., à côté du g u è g u e kuta, magyar kutya, afghan kuth, hindoustan kutha (pers. koutchaq, turc kutchuq). L'existence simultanée du mot en E u r o p e et en Asie ne peut s'expliquer que par son origine enfantine, origine partout la même. U n cri d'appel en a été le point de départ, et les diverses modulations d e ce cri ont abouti aux formes multiples du mot. 14. L e s e c o n d terme hypocoristique, perro, est limité à l'hispano-portugais, au sicilien, au sarde et au l a n g u e d o c i e n 3 (dans ces derniers, il peut être emprunté), mais ce n'est qu'en espagnol qu'il est devenu le nom même de l'animal. L'ctymologie courante du nom propre Peints est inadmissible (on s'attendrait à Pedro) ; on a pensé au basque, mais sans y trouver un appui solide. 4 D i e z considérait le mot comme ,,un des nombreux problèmes de 1 Marcabrun (ap. Raynouard): ,,Lo guoz 10 c' 1 lebrier gron" (Raynouard rend ro par ronge, au lieu de aboie, cf. Lux. i raw, il aboie, 6). ' Geste de Liège (éd. Scheler, v. 3726): „ F e l e orguilheus fu plus que ne soit un ç^os"; Brun. Latini, Trésor (éd. Chabaille, p. 235): ,,11 i a petiz chiens gouz qui sont bons à garder maison"; Jean de Condé (ap. Duc.): „Mastins et gousses et grans viautres"; Florimont (ap. Godefroy): " E t de mastin et de goçon Avoit moult d'autres compaignons " . • Perrou, perre, chien de petite taille (Rouergue), chien de berger (Var). 4 V. Schuchardt, Zeitschrift, X X I I I , 174.

11 l'étymologie romane", et il reste toujours à l'état de problème. 1 Il est néanmoins permis de rapprocher perro du galicien apurrar, exciter un chien (10), par l'intermédiaire d'un type porro, et d'y voir ainsi une création indigène. 15. Ajoutons les noms argotiques du chien: cab, cleb, formes abrégées de cabot, clabaud ( i 7 b , 1 8 ) ; cador, du pr. cadel, avec changement de suffixe; habin (happin), Aubin (huppin), propr. aboyeur (du fr. dial. haper, houper, aboyer, 5), à l'instar de jaspineur („qui jappe"); tambour, chien de garde (et alarmiste; cf. battre du tambour, aboyer, et Côme taboja, id., 6). Dans l'argot bellau ou des peigneurs de chanvre du HautJura : larbio et ruche, chien, tous deux d'origine obscure ; dans celui de Val Soana (Piémont) : gariif, désigne à la fois le chien et le chat, et Parre garolf, chien ( = loup garou) ; dans l'argot italien: bati, peut-être aboyeur (4), bolfo („lippu"; argot port, belfo), ginaldo („gueux" = anc. fr. genaud) et guido, guidone („guide"). 16. Tâchons maintenant de compléter la série des faits étudiés par une revue sommaire des opinions étymologiques courantes. L a diversité des points de vue entraînera nécessairement une divergence dans les résultats. Il est évident, d'une part, que selon qu'on attribue aux langues romanes une certaine originalité, une tendance à évoluer à côté du latin et indépendamment de lui, ou qu'on y voit au contraire des organes purement réceptifs et dépourvus de toute force créatrice ; et d'autre part, selon qu'on considère les faits linguistiques dans leur ensemble, ou qu'on les étudie dans leur individualité et isolément, il est évident que les vues étymologiques seront forcément différentes. Voici, par exemple, l'esp. aullar et le port, huivar, hurler (des chiens) ; en les considérant isolément, on s'est efforcé, depuis Diez, de les rattacher au lat. ululare; mais il suffit de rapprocher ces verbes de leurs correspondants roumains aulire et huire, hurler, gronder, pour écarter tout rapport avec le latin et voir, dans ces verbes, des créations romanes, analogues d'ailleurs, comme point de départ, au lat. ululare ou au grec OJLOXVÇEIV.2 On ne saurait assez insister sur l'origine absolument iudépendante pour chaque langue de ces formations imitatives. Dériver le port, huivar, ou le fr. glapir, du germanique (Zeitschrift, XVIII, 527, et X X , 353) est 1 Graticn Faliscus (Cyneg. 202) mentionne une variété de chiens, petrones, de r»ce gauloise; le canis petrunculus des Lois burgondes est expliqué par Ducange: „quia solidos calces habent, ut petras et rupes illaesim percurrant". L e catal. (gos) peter, barbet, signifie „péteur", au sens de petit, et répond au Blaisois petou, toutou, qu'on rencontre déjà au X V I e siècle, dans le Moyen de parvenir. ' Tandis que Meyer-Liibke (Zeitschrift, X X I I , 6) voit, dans aullar, un croisement de ululare et ejulare, Baist (A'rit. Jahresbericht, V , 1, 407) se prononce en faveur d'une onomatopée au, analogue à mau.

12 une erreur d e m é t h o d e , vu q u e le roman et le germanique, à l'instar d u g r e c et d u latin, ont puisé leurs mots imitatifs à la m ê m e source, et q u e la création o n o m a t o p é i q u e est un fait d e nature universelle. Il est certain que le c h i e n domestique a a b o y é d e la m ê m e façon d a n s l'antiquité que d e n o s j o u r s : le gr. ßav (de ßar-^-iif), le lat. bau (de bau-ba-ri) et le baw d e nos enfants, le prouvent suffisamment ; mais la traduction linguistique d e ce cri essentiel d e l'animal est susceptible d e revêtir les aspects les plus divers, c o m m e le montrent les patois. Il est m ê m e surprenant que c e s transcriptions approximatives n'offrent pas une plus g r a n d e variété, c o m m e c'est le c a s pour miauler. V o u l o i r d o n c rattacher au type unique latin baubari les multiples variantes dialectales, empruntées d i r e c tement à la nature v i v a n t e , est purement illusoire. C'est ce qu'on a fait pourtant p o u r l'it. abbajare, fr. aboyer, anc. abayer. Förster, après avoir montré l'impossibilité phonétique d'une pareille dérivation, propose d e voir d a n s l'it. bajare, fr. bayer (de abayer), d e simples d o u b l e t s d e badare et d e béer, en invoquant l'analogie d e l'allem. klaffen, être béant, et kläffen, c l a b a u d e r : aboyer ne serait, dans cette hypothèse, qu'un d é v e l o p p e m e n t phonétique normal d e l'anc. abayer, à l'instar p. ex. d e soudoyer, d e soudeier (v. Körting). C e p e n d a n t , D i e z se d e m a n d a i t d é j à si aboyer n'était p a s une c r é a tion i n d i g è n e (..ein auf e i g e n e r H a n d gebildeter N a t u r a u s d r u c k " ) , et T h u r n e y s e n remarque à c e p r o p o s (Keltoromanisches, p. 4 2 ) : „Si le roman a imité l'aboiement, que le roman rendait par bau, avec baï, alors la différence entre baubari et baiier s'explique sans difficulté". E n effet, le r o m a n traduit ce cri, non seulement par bai, mais encore, o n l'a vu, par bht, bon, bon. . . L e s verbes français abayer, aboyer, abouyer, abawer s'expliquent réellement sans la m o i n d r e difficulté, à c o n d i t i o n d e faire abstraction d u lat. baubari. D e s quatre verbes latins qui désignent les variétés d e l'aboiement, — gannire, glattire, lairare et ululare, — le français m o d e r n e n'a g a r d é q u e le d e r n i e r : l'ancienne langue possédait e n c o r e glatir (déjà d a n s la Chanson de Roland), qui fut remplacé, à partir d u XIII e siècle, par glapir, création indigène a n a l o g u e au s y n o n y m e wallon glawer. Q u a n t à gannire, il n'a laissé de trace qu'en italien, en e s p a g n o l et en portugais : le fr. guannir (gannir), l'it. guagnolare (gagnolare), le catal. guinyolar et l'esp. guaiiir,1 grogner, p r o c è d e n t d'un type wan, expression d u g r o g n e m e n t , commun a u chien et au c o c h o n ; de là, leurs rapports intimes qui vont parfois, au point d e vue linguistique, jusqu'à la confusion. C'est c e qui est arrivé p o u r l'anc. fr. guaignon (waignon), gaignon, chien d e basse-cour, qui r é p o n d au limousin gagnoun, cochon, propr. g r o g n o n (18). Pour expliquer le mot, o n a d ' a b o r d imaginé un latin canio, r e n d u illusoire par la variante waignon; o n a ensuite pensé a u g e r m a n i q u e Wang, prairie ( = chien d e prairie) et à l'anc. fr. gaaignier, labourer : 1

guaiiir,

Diez fait remonter it. guagnolare à un type latin ganniculare, à un type germanique wanjan, pleurer.

et esp.

13 „ l e c h i e n qui gaaigne, e.-à-d. qui fait paître, m è n e p a î t r e " (v. Körting). L e s r e c h e r c h e s sur l'origine d e s cris particuliers au l a n g a g e d e s chasseurs, n e sont pas m o i n s c u r i e u s e s à c e t é g a r d . Pour e x c i t e r le chien à m o r d r e , on imite parfois simplement l ' a b o i e m e n t o u le g r o n d e m e n t : c'est c e qui est r e n d u p a r le fr. bourrer, pr. bourra, l a n c e r sur le gibier, propr. g r o n d e r , H . - I t a l i e boré, bord, id. (10). M e y e r - L i i b k e ( Z e i t s c h r i f t , X X , 5 2 9 ) fait v e n i r c e d e r n i e r d e l'aha. burjan, s o u l e v e r ; mais c o m m e la t e r m i n o l o g i e g a l l o - r o m a n e d e la c h a s s e i g n o r e à p e u près l'influence g e r m a n i q u e , S c h u c h a r d t , e n r e p o u s s a n t c e t t e origine, fait r e m o n t e r borrer à u n e i n t e r j e c t i o n a n a l o g u e à l'alleni, burri d o n t o n se sert p o u r c h a s s e r les o i s e a u x ; 1 finalement, N i g r a (Archivio, X V , 4 9 6 ) r e p r e n d la vieille é t y m o l o g i e d e bourrer, rembourrer, qu'il identifie a v e c bord, chasser. C ' e s t d a n s le m ê m e esprit q u e D e r m e s t e t e r 2 interprète le cri d e chasse hallali, par allez ! allez ! ( K ö r t i n g y voit la p h r a s e allem a n d e : halt alle hie !) et son s y n o n y m e hahalil par ha, allez ! M e n é n d e z P i d a l dérive, à son tour, l'esp. azuzar, haler un chien, d e l'anc. a d v e r b e asuso! en h a u t ! (Romania, X X I X , 3 3 9 ) e t son s y n o n y m e azomar, d e a somo, a u s o m m e t ! D e s n o m s hypocoristiques, c'est l'esp. gozque qui attira l'attention d e D i e z : „ Q u e signifie que d a n s gosque?" se d e m a n d e - t - i l . S c h u c h a r d t ( Z e i t s c h r i f t , X V , 96) lui r é p o n d e n le r e n v o y a n t au slave kuilka, c h i e n n e ; mais le t e r m e slave dérive d e kuia, c h i e n (auj., en serbe), -ïka étant le suffixe d u féminin, tandis q u e le que d e gozque 3 a u n e valeur en q u e l q u e sorte o r g a n i q u e (diin. gosquillo), à l'instar d e s o n s y n o n y m e buzque, l'un et l'autre, formes amplifiées d e goz et d e buz ( 1 2 et 13). D'ailleurs, S c h u c h a r d t a d m e t é g a l e m e n t que les variantes o c c i d e n t a l e s et orientales d u m o t r e m o n t e n t à la m ô m e origine, mais sans se p r o n o n c e r sur le c a r a c t è r e d e cette d e r n i è r e : „L'histoire d u m o t s'éclaircira a v e c celle d e la notion qu'il r e p r é s e n t e " , se c o n t e n t e - t - i l d e c o n c l u r e . Schräder1 est plus a f f i r m a t i f : il croit voir, d a n s c e s n o m s hypocoristiques, „ l a m ê m e i n t e r j e c t i o n o n o m a t o p é i q u e ku-, l a q u e l l e avait fourni, à l ' é p o q u e préarienne, le sanscrit çv-an (çn-n)u. N o s r e c h e r c h e s s'arrètant a u seuil m ê m e d u latin, n e n o u s permettent p a s d e r e m o n t e r si h a u t ni d'aller si loin. 11 n o u s suffit d e constater q u ' a u t o u r d u vieux t r o n c latin qui, sous sa puissante ramure, a abrité la R o m a n i a toute entière, d ' h u m b l e s r e j e t o n s o n t poussé et, nourris d ' u n e sève nouvelle, s o n t d e v e n u s u n e riche végétation. M a i s , tandis q u e l'origine d u p r e m i e r é c h a p p e n t c o m p l è tement à n o s prises, les derniers s e r e n o u v e l l e n t c o n s t a m m e n t , parfois sous n o s y e u x , t é m o i g n a n t d e l'incessante activité d e l'esprit h u m a i n . 1 Romanische Etymologien, II, 132, et Zeitschrift, X X I V , 417. * Formation des mots composés, p. 87. 3 Menéndez Pidal (Gramatica historica espaîiola, 1904, p. 85) tire gozque du bas-latin gothicum. 4 Reullexicon des indo-ger manischen Altertums, I, 183.

14 T . Yariétés de chiens. 17. Nous allons classer, sous le rapport purement linguistique, les termes les plus importants de cette nomenclature presque infinie, car les naturalistes ne comptent par moins de 195 races et variétés canines. Déjà Appien affirmait que les races des chiens sont innombrables, et Gratius Faliscus (Cyneg. 154) d'ajouter: „11 y a des chiens de mille contrées, et chacun garde le caractère de son pays". Voici les variétés les plus connues:

A. Appellations indigènes. a) D'après le poil: barbet, barbiche (barbichon), chien à poil frisé, appelé en pr. chin-mouton ; it. barbone, Piém., Gênes barbiti ; barracan, Limousin, chien de berger, propr. rayé de blanc; bouffe, barbet à longs poils fins; Venise bofalo', griffon, barbet à longs poils hérissés; pelou, Blaisois, petit chien, propr. pelu. b) D'après l'aboiement: bawate, Metz, roquet, propr. aboyeur; baubi, ou chien secret, Norm. baubis, chien courant (Nemnich): „Les chiens baubis sont de gorge effroyable, ilz heurlent sur la voye" (Fouilloux), du dial. baubi, aboyer (4) ; cf. alleta. Beller, id. ; clabaud, ou chien babillard, de clapir, aboyer à la chasse (5); glawène, wallon, roquet, de glawer, glapir (5), et hourlâ, espèce de chien courant, propr. hurleur; javrâ, roum., roquet ; cf. Poit. jabrailler, criailler ; lippe, Gâtine, roquet (cf. anc. fr. lapper, glapir, 5) ; taboj (tabuj), Piém., Còme, petit chien, de taboja, aboyer (6). c) D'après la nature et le dressage à la chasse: baud, anc. bald, propr. hardi, „par ce qu'ilz sont hardis et délibérez" (Fouilloux); f. baude, anc. fr. et dial., chienne en chaleur; anc. fr. ferbault (XIV e s.), chien qui tient le milieu entre le bauld et le bauld rétif, auj. Anjou herbaut, chien basset (fr. : chien qui se jette avec trop de violence sur le gibier) ; caniche, canard, chien employé jadis à la chasse des oiseaux aquatiques, à cause de sa facilité à nager; charnego (charnegre), pr., lévrier de Provence, propr. le maigre ou le décharné ( = rastegue), appelé encore le pillard, le querelleur (cf. ernugo) ; de là, fr. charnaigre, emprunt fait au XVII e siècle ; clapier, anc. fr., ou chien de terre, parce qu'il pénétrait dans les tanières de renard (Milan tanin, id.) ; chien couchant, anc. fr., dressé au moyen âge à se coucher sur le ventre et à ne plus bouger (auj. chien d'arrêt) ; chien de perdrix, chien dressé pour la chasse des perdrix ou des cailles : Gênes can da pernixe, port, perdigueiro, roum. prepelicar ;

15 lévrier (f. levriche), employé d'abord à courir le lièvre ; limier, anc. liëmier (de lie m, lien), chien tenu en laisse, appelé encore chien de Saint-Hubert (sert à quêter le cerf). d) D'après des indices physiques: basset, chien aux jambes torses, it. bassoto ; roum. boldeiit („pointu") et coieiu („tourné de côté"), id., à côté de cotarlà, roquet; greffier, anc. fr., autre nom du chien baud, propr. chien de bonnes griffes ; pataud, jeune chien à grosses pattes; cf. Berr. patôuline, chien de berger. e) D'après la couleur: arlequin, petit danois, it. arlecchino ; blanc (grand chien), anc. fr., autre nom du chien baud\ gris, anc. fr., chien courant (Fouilloux); moret, Berry, mâtin, propr. chien à la robe noire. f) D'après le lieu d'origine : burgo, basset de Burgos; corso (corzo), it., chien de berger ( = chien de Corse) ; danois, caniche de Terre-Neuve, it. danese ; épagneul, anc. espaignol, „pour ce que ceste nature vient d'Espaigne" (Phébus), wall. êpagnote, it. spagnoletto; labrit, pr., chien de berger (originaire de Labrit); cf. fr. chien de Brie, id. ; turc, turquet, chien à poil ras et au nez retroussé, originaire d'Amérique (malgré son nom), Gênes can american, esp. perro chino („chien chinois"). g) D'après un nom propre personnel: azor, appellatif du petit chien (tiré de l'ancien opéra de Grétry, Zémire et Azor) ; carlin, petit doguin, de Carlino, personnage théâtral au masque noir (la face du carlin est noire jusqu'aux yeux); roum. çarld, roquet, de Charles, nom de chien fréquent (en Roumanie) ; pyrame, épagneul rapetissé (XVII e et XVIII e siècle), de Pyrame et Thisbi, noms donnés au mâle et à la femelle. 18. Une autre catégorie de ces termes indigènes expriment les rapports (en premier lieu, par le cri) qui unissent le chien aux autres espèces animales, à savoir: au chat (cf. fr. dial. miauler, aboyer, 7) : cf. Mitaud, nom de chien de chasse, propr. matou ; au cerf (7): h. biche, bichon, barbet noir; au cochon (7): anc. fr. gaignon, chien de basse-cour (auj. Metz: gros chien), répondant au limousin gagnoun, cochon, 1 propr. gro1 Rapprocher l'allem. Schwcinhund, Schwtinsriide, la chasse du sanglier (Sauriiden, alan-vautre, Nemnich).

gros chien dressé à

i6 gnon (anc. fr. guannir, grogner), le grognement étant rendu plus expressivement par la variante waignon,1 à l'instar de houret, mauvais chien de chasse (d'abord dans Molière), terme d'origine dialectale (Norm., Meuse houret, porc) ; pr. courou, chourlou, euro (curlet), roquet, en rapport avec chouro, porc, et vesso, mauvais chien ( = truie), Vendée vesse, chienne, Piém. vessa, chienne et truie (cf. allem. Betze, chienne, Suisse : goret) ; au crapaud (dont le cri est un glapissement) : babiche, barbet, à côté du Piém. baboi, id. (et boi), en rapport avec le dial. babi, crapaud; cabot, variété de chien (Littré, Suppl.), Lyon, méchant petit chien, et Yonne, chien de petite taille, en rapport avec le dial. cabot (chabot), crapaud; Berr. paquiou, roquet, avec Plancher-lesMines paquot, têtard de crapaud, et Morv. poutiou, petit chien, avec Mayen. poutauJ, crapaud (cf. roum. potaie, clabaud); fr. roquet (1625), chien criard et hargneux, nom d'origine dialectale (Pas-de-C. roquet, grenouille), et wall. mamot, roquet (cf. Berr. moumou, crapaud) ; it. botolo, roquet, propr. petit crapaud (it. botto, dial. boto, crapaud) ; au hibou, dont le gémissement rappelle le cri plaintif du chien (8): pr. farou, chien de berger (Savoie: hibou), et Béarn grimawl, nom de chien de chasse, propr. hibou; au loup : loulou, petit chien et nom du poménarien ou chienloup (ses oreilles sont semblables à celles du loup), pr. loubet, it. (cane) lupino ; cf. Lovel, nom propre de chien (dans le Roman Je Renart) et lat. lycisca, lice ; à l'ours (à cause du grognement) : anc. fr. brahon, chien de chasse, identique à brohon, ourson; 2 cf. allem. Petz, ours et chien; au vautour, par allusion à ses allures rapaces et impétueuses : cf. Moufflard, nom d'un jeune dogue (dans La Fontaine) avec moufflart le voltor du Roman Je Renart. B. Termes empruntés. 19. Au latin (et bas-latin): mâtin, anc. mastin (comme en pr., it., esp. et port.), d'un type mastinu,3 pour masuetinu (lat. mansuetinus, apprivoisé) ; segugio, it., limier, Mil. sehus, saus (Brescia casaus, lévrier, litt. chien limier), Piém. sus, terme familier à l'anc. pr. (sahus, anc. fr. seits) et surtout l'hispano-portugais (sabueso, sabujo), dérivant du (canis) segusius ou seugius des lois germaniques du moyen â g e ; 4 vautre, anc. viautre, veltre, it. veltro, de vertragus, lévrier; en esp.-port., le vautre s'appelle galgo, de (canis) gallùus, ces deux 1 Cf. J. de Fontenoy (ap. Godelroy): . . . Thesee qui se ebangeoit en porc et gannissoit un oin oin . . . (anc. fr. hoing, grognement du pourceau). s Bormann (Die Jagd in altfr. Arthus- und Abenteuer-Romanen, Marbürg, 1887, p. 42) rapproche brahon de bracon, chien braque. 3 Suivant Gaston Paris (Romania, X X I , 597). ' Ces segusii descendent probablement des Eyovaiat xvvtç d'Arrien

(v. 8).

17 dernières races de chiens, les segusii et les vertragi, étant d'origine gauloise. 20. A u germanique (et anglais) : bigle, petit chien de chasse, de l'angl. beagle, anc. begle, tiré peut-être du fr. beugle, à cause de sa voix très sonore; braque (XIII e s.: brache), dim. braquet, brachet (XII e s.), brechet, brochet,1 bracet, bracon (d'où braconner, XIII e s., primitivement chasser avec des braques), briquet (cf. briquet d'Artois) — à côté de brague (Lacurne), dim. braguet, auj. chien de lièvre — dérivant de l'aha. braccho, mod. Bracke (d'où également croate brek, istro-roum. brec, petit chien, f. breke, daco-roum. braicâ, chienne braque); it. bracco, esp. braco ; dogue, gros chien, dim. doguin, de l'angl. dog, chien. 21. Au basque: jacaru, Corse, chien, sarde giagaru, chien de chasse, de zakurra, chien ; pachon, esp., basset au pelage noir, de pocho, chien ; podenco, esp., et port, podengo, chien courant, de potingo, basset. 2 22. Au magyar et au slave (pour le roumain): copoiu, limier; dulàû, mâtin, f. dolcà ;3 haitâ, chienne et meute; ogar, lévrier, et zàvod, dogue.

C. Noms d'origine inconnue. 23. Un résidu de termes obscurs: alan, chien courant (anc. pr., fr., it. et esp.) ; bisse, anc. fr., petit chien (et serpent), Vosges beusse, cagne ; cf. allem. Belze, chienne, angl. bitch, cagne ; biscoudet, Béarn, chien basset; brotte, wallon, chien en chaleur, vieille chienne; comeau, chien métis (et crocotte) ; gredin, petit épagneul (1762) au pelage noir (f. gredine), Berr. gueurdin, guerdaud, Lorr. gordin, gourdin ; lice, anc. lisse, liche, pr. leissa, chienne de chasse (XII e s.) et chienne en chaleur, Morv. lèche, Nord louche A. ; cf. allem. Lusche, id. ; mopse, doguin; cf. allem. Mops et Moffel (Saxon Moppet), Mil. mofolino, it. mujerlo et muffolo ; rafeiro, port., mâtin ; cf. rafa, faim dévorante. 1 De lä, Brochart. nom de chien, dans Garin Ii Loherains (éd. Paulin Paris, II, 226): „ L i Dus demanda Brochart son liëmier . . . " » Suivant Schuchardt, Zeitschrift, X I , 492 (cf. X X I I I , 174); Baist (Ibid., V I I , 122) dérive podenco de podar, mutilé ( = courtaud). • Le magyar düllö, mâtin (d'où roum. dulau) est, lui-même, d'origine orientale : pers. tolé, jeune chien.

Beiheft zur Zeitschr, i rom. Phil. X .

2

i8 24. Quant aux différences psychiques des variétés de chiens, voici la caractéristique qu'en donne Scheitlin: 1 „ L e carlin est bête, lent, phlegmatique ; le chien de boucher est mélancolique, bilieux, féroce ; le chien-loup, vif, colère, rageur, profondément haineux ; le caniche est toujours joyeux, gai compagnon, ami de tout le m o n d e . . . il ne lui manque que la parole pour être un homme. . .; il peut même, sous bien des rapports, être souvent proposé comme exemple à l'homme". 1

Cité par Brehm, Mammifères,

I, 342.

Deuxième Partie. Sens des noms du chien.

I. Sens roman de canis. 25. L e s premières applications de la notion chien en roman font allusion aux mauvais penchants attribués de tous temps à la bête; de là, des épithètes telles que: avare (cf. pr. avare coume un chin) : fr. pop. chien, i t cane ; cf. lat. canis, id. (Horace, Sai., I, 2); barbare : fr. chien (XII e s.), it. cane, appliqué plus tard, comme terme de mépris, aux Sarrasins, 1 injure que les musulmans retournent aux chrétiens; cf. Valais chien, personne sans religion (Jeanjaquet); débauché : anc. fr. chienne et cagne ;* lâche : Berr. cagne, propr. mauvais chien ; mauvais : fr. chien de . . . ou . . . de chien, formules dépréciatives pour tout ce qui est détestable, appliquées aux personnes et aux choses (cf. un chien (/'homme et la chienne de face, Molière, Le Dépit, IV, 4) : métier de chien, i t lavoro da cani (cf. allem. Hundearbeit) ; temps de chien, i t stagione da cani (cf. allem. Hundewetter)', vie de chien, it. vita da cani (cf. allem. Hundeleben) ; V a u d dzornira de tsin, journée où on ne reçoit pas d'autre salaire que la nourriture (Jeanjaquet), et Berr. chien de cas, nœud d'une affaire, hic. De même, it. andato a' cani,3 tombé dans la misère (cf. angl. to go to the dogs, et allem, auf den Hund kommen), darsi ai cani, désespérer (cf. port, darse a perros, enrager), etc. ; méchant: fr. chien (il n'est pas trop chien avec ses ouvriers, Littré) ; cf. Valais chien, marchand qui écorche les gens (Jeanjaquet) ; sale : pr. chin ; têtu (certaines espèces de chiens, p. ex. les griffons, sont très entêtées) : port. c3o. 1 Godefroi de Bouillon, éd. Hippeau, v. 2820 : „ Qui laissent le sepulcre à ces chiens forcenés"; et Pétrarque (cap. 9): „Che il sepolcro de Cristo è in man dt' cani" \ de même, en anc. pr. : „Depassar mar e d'aucir la gen canha" (Rambaud de Vaqueiras). * Cette forme vient du franco-provençal, et non pas (comme on l'admet généralement) de l'it. cagna. » Caix (Studi, n° 250) voit dans ce cani le reflet du lat. canus, chenu, et il interprète la locution par andar tra i vecchi.

2*

20 26. Il est intéressant, en présence de cette abomination qui paraît inhérente à la notion chien — les héros d'Homère s'apostrophaient déjà mutuellement en se traitant de „ c h i e n s " 1 — de relever les acceptions de la langue populaire qui forment la contrepartie, et dans laquelle le nom signifie: personne chérie, comme terme familier de tendresse: chien aimé ! et redoublé : chienchien ! passion (caprice de cœur) : avoir un chien pour quelqu'un (cf. Deux-Sèvres il a l'ail chien, il paraît passionné, Rolland, III, 5) ; résistance (force de): avoir du chien dans le ventre; cf. angl. dogged, persévérant; verve (originalité) : avoir du chien. Ces acceptions appartiennent, il est vrai, au langage bas, mais elles ne trahissent pas moins une manière de voir plus sympathique au chien et une sorte de réaction contre l'emploi exclusivement péjoratif de son nom dans la langue générale. 27. Passons maintenant aux autres applications du même nom et se rapportant tantôt à la figure du chien prise dans son ensemble, tantôt à une des parties de son corps. L e nom chien (chienne) désigne : En zoologie: a) Des poissons de la famille des squales, poissons voraces au corps allongé, revêtu d'une peau dure et coriace, et terminé par une queue grosse et comme fourchue (d'où leur assimilation avec un petit chien) : milandre: fr. chien (de mer), it. (pesce) cane ; cf. anc. gr. xvœv, squale, et angl. dog-fish, milandre; requin: pr. chin (spéc., le requin bleu). b) Des insectes : chenille (surtout glabre, comparée au corps rugueux de certains chiens) : May. chin, Milan can ;2 larve de hanneton: fr. dial. chien de terre (Rolland, III, 3 3 1 ) ; ver (ver à soie) : Còme can. 28. En botanique, des plantes surtout épineuses: aigremoine (ses fruits mûrs s'attachent au poil des bêtes) : V e n d é e chins (Rolland, Flore, V , 265); bardane (plante écailleuse qui s'accroche à la toison des brebis comme le chien au gibier) : Eure chien A., pr. chin ; 1 Les dérivés XVVO'ITTJÇ, XVVBIOÇ, et au superlatif xvvxaTOÇ (lâche et impudent), également termes d'injure des plus usités depuis Homère jusqu'à Plutarque. Voir Morel, op. cit., p. 108. 9 Cherubini: „Generalmente parlando noi chiamiamo gatta o gattina o gattaia (ruca) le larve delle falene, e pare quasi che non sia carattere generico la pelosità o generale o parziale; all'opposito nominiamo can e cagnon (bruco, baco) la larva degli scarabei di cui pare distintivo 1' assenza di ogni pelo e la somiglianza al tatto colla nudità vermicolare".

21 chardon (espèce de) : fr. chien ; neflier (ses branches sont épineuses) : Neuchâtel chien. 29. En agriculture, chien ou cagne, Clairvaux, désigne le repas qu'on fait en réjouissance d'un travail agricole ; cf. Vosges touer le chiê, tuer le chien, faire le bon repas de la fin des moissons (Sauvé), et Marne, faire le chien, fêter la fin de la moisson (Heuillard). 30. En météorologie populaire, pluie fine (cf. pluie de chien) : Rouergue chino („chienne"), d'où china, bruiner (et saignez du nez); cf. wall. sop di tchin, pluie („soupe de chien 11 ) et angl. il rains cats and dogs, il pleut à verse ( = il pleut des chats et des chiens). 3 1 . Applications techniques: a) Au moyen-âge, machine de guerre (à la tête de chien) : anc. pr. canha (v. Raynouard), anc. fr. chien, pièce d'artillerie (v. Lacurne). b) Outils plus ou moins recourbés (cf. crocs, crochets ou pinces, noms donnés aux dents du chien) : ancre (dans certains bateaux-pêcheurs): h. chien; crochet: fr. chien, it. cane (de menuisier) et Milan cagna (pour maintenir les cerceaux) ; cf. allem. Hund, instrumentum quo circi vasis aptantur (v. Grimm) ; davier (de dentiste) : Vaud chien, it. cane (v. ci-dessus : pince) ; fourche : Poit. chien (pour retirer la paille et le foin des meules et des greniers); grappin (terme de marine) : fr. chien ; pièce (pour emmancher le soc) : Bessin tchin ; pièce de bois remplaçant la longe (dans un char démonté): Vaud 1 chien (pour le voiturage du grand bois) ; pièce de fusil: fr. chien (XVI e s.), it. cane, anc. esp. can (auj. gatillo), port, câo : c'est une sorte de marteau, rappelant le museau d'un chien, dont le choc sur la capsule produit la détonation; pince (de tonnelier) : fr. chien, it. cane, pr. cagno ; Mil. cagna, pince de sellier (appelée en vénitien morsa). Une métaphore analogue a fourni au lat. canis le sens de chaîne ou carcan, résultant de celui de crochet ou chaînon. 2 Cette image est confirmée par les diminutifs catellœ, chaînes, et catuli, menottes avec lesquelles on liait les poignets des esclaves (avec ce sens dans Lucilius et dans la Vulgate), et surtout par l'anc. gr. OxvXag, jeune chien et carcan. 3 1 a

Communiqué par I. Jeanjaquet. Cf. Plaute, Casina, II, 6, 3 7 : „ T u ut quidem hodie canem

et furcam

feras". L'interprétation traditionnelle de catellœ par catenuliz, proposée déjà par Isidore (Origines, X I X , 31), est encore répétée par Keller (Lateinische Volksetymologie, p. 152), qui voit dans catuli, menottes, une élymologie populaire de catena, chaîne. Rappelons le roum. cStufi, chattes et menottes (esp. gatillo, minet et crampon), qui répond exactement au lat. catclla, petites chiennes et petites chaînes. 1

22 c) Outils à forme plate (reproduisant l'image du chien couchant) : barre de forgeron: fr. chien ; brouette sans roues (dans les mines): fr. chien, pr. chin; cf. allem. Hund, id.; chaise à quatre pieds (dont on se sert dans les chalets): V a lais chien (communiqué par Jeanjaquet) ; console (à figure de chien) : anc. esp. can, port. cHo. d) Termes de filage et de tissage: fer plat (du métier à tisser) : fr. chien : machine à deux branches courbes et mobiles (pour assujetir un fuseau) : pr. cagno ; cf. allem. Hund, maque sur quatre pieds ; morceau de bois traînant à terre (servant à ralentir la marche de l'ourtoir pour le déploiement des chaînes) : Mayen. chien ; pièce d'arrêt (servant à empêcher le retour d'une roue dentée à dents obliques) : fr. chien, it. cagna ; rouet à tordre : it. cagna.1 32. Faits concernant la vie morale du chien: dégoût (air de) : pr. cagno ; cf. fr. dial. avoir un dégoût de chien, ne rien trouver de fade (Rolland, IV, 15), et faire la cagne à q. ch., la regarder avec indifférence ou dégoût (Ibid., IV, 6) ; flegme (le chien est le type de l'indolence) : pr. cagno ; grimace (de chien) : pr. cagno, moue ; inquiétude (état agité du chien pendant le sommeil troublé par des songes) : pr. cagno, anxiété ; paresse : pr. cagno (Lyon, Savoie et fr. pop. cagne) ; Pic., Morv. cagne, paresseux; stupéfaction : Poit. cagne, stupéfait ; cf. fr. pop. de chien, étonnant, extraordinaire. 33. Maladies propres au chien ou qui les affectent fréquemment : chancre; Venise can; coqueluche: it. (tosse) canina; courbature (lassitude extrême comme celle des chiens de chasse) : Yon. les chiens, it. (aver) i cani (in corpo) ; flocons de moisissure (par allusion au pelage du barbet ou chien-mouton) : Berry chiens. Biais, chiennes, fleurs du vin ; maladie des orangers: Abruz. cagna; verrue (sur le visage) : Pléchatel chin ; cf. Berr. chien, rugosité de la peau (comme celle de certains chiens) ; vomir (le chien y est très disposé) : Berr. faire les chiens1 et Frib. faire les tsins (après avoir trop bu). 1 „ Cagna, nel arte del lanajuolo, strumento composto di ceppo, chiavarda, stella e guancio, da torcere su di sè la pezza del panno lano di fresca purgata" (Sergent, Strambio et Tassi, Grand Diction, italien-français). ' Un bestiaire provençal (Bartsch, Chrest., p. 236) contient la remarque suivante sur la nature du chien: „ L o ca cant a manjat et es sadol e pies, el

23 34- Emploi hypocoristique : aide (d'ouvrier) : fr. pop. chien ; cf. chien de commissaire, son secrétaire ; chien de cour, maître d'études ; chien de régiment, adjudant major ; gros bonnet: pr. gros chin, it. cane grosso; cf. Valais chien, individu qui recherche la société des gens plus riches ou plus élevés dans la société (Jeanjaquet) ; intermédiaire (dans les mariages) : Berr. chien, chien blanc, c.-à-d. homme âgé et expérimenté (cf. esp. perro viejo, fin matois). 3 5 . Emploi péjoratif (cf. 25): bon marché: réto-r. cagna („Spottpreis"); cf. Suisse allem. hundswolfel et angl. dog-cheap, id.; chanteur (mauvais) : it. cane, f. cagna ; cf. musica da cani, musique e n r a g é e ; couleur de carte (mauvaise) : fr. chien vert, valet de pique, anc. esp. can, as des d é s ; cf. xvcop, cants, canicula, le plus mauvais coup au jeu des dés, et allem. Hund, couleur dont on ne peut pas se débarrasser; cf. V e n d é e cagne, guignon, et pr. chin, nom d'une des face des osselets; freluquet: Berr. chien frais, chien frelu ( = gourmand), affecté, prétentieux ; faire son chien frais, afficher des prétentions ; parler chien frelu (ou pointu), se servir de termes ampoulés, affecter d e parler bon français, c.-à-d. parler comme un freluquet qui fait le bel esprit; gausserie: Venise cagna; mégère: fr. chienne, it. cagna ; prostituée : fr. chienne, anc. cagne (sens conservé par l'argot et les patois), Clairvaux caigne; rosse : Norm. d'Yères cagne. L'ancien français se sert de nombreuses locutions pour renforcer l'idée d e négation (cf. ne pas valoir un asne, un roncin, un porcel) ; la plus fréquente de ces formules est celle qui se rapporte au chien : ne [pas] priser [quelqu'un] plus qn'un chien enragé (pourri, tué) revient souvent comme injure, s'appliquant parfois aux infidèles et à leurs dieux. 1 36. Emploi euphémique : nature de la femme: it. dial., Campobasso, cinna, propr. chienne1 (Piém. cina) ; cf. anc. gr. xvcov, id. (v. le Thesaurus d e H . Estienne) ; geta 50 que a manjat; e cant a fam, o toni a manjar". Cf. la location biblique: „ L e chien retourne ä son vomissement", appliqué à l'homme qui retombe dans son péché. 1 Dreyling, Die Ausdrucksweise der übertriebenen Verkleinerung im alt französischen Karlepos, Marbourg, 188$ (cf. ibid. : gaignon et mastin). 1 Tamiglia (Studi di filologia romanza, V i l i , 511) rapproche cinna du lat. canum, boue.

24 interj. d ' é t o n n e m e n t (diantre !) : a n c . fr. caigne ! propr. c h i e n n e , 1 it. cagna! cf. Suisse allem. Hund! (exprimant l'indignation); j u r o n s : ah, chien! sacré chien! nom de chien! it. cane ! porco cane! r o u m . por(c)-de-càtne! Cf. [ià zov xvva, par le c h i e n ! (serment favori d e Socrate), r é p o n d a n t à l ' i t a f f l d'un cane!1 37.

Applications isolées :

brosse r u d e (faite d e poils d e c h i e n d e n t ) : fr. chien ; bourrelet (servant à soutenir les j u p e s d e femmes) : Ben. chien; eau-de-vie (comparée plaisamment à u n c h i e n q u i mord) : fr. p o p . chien (et sacré chien, e a u - d e - v i e très forte), spécialement, m o r c e a u d e sucre trempé dans d e l'eau-de-vie et qu'on offre à une p e r s o n n e chérie (Delvaux); a n c . fr. vostre chien nia mordu, j e m e suis enyvré d e vostre vin (Oudin), r é p o n d a n t au poitevin ?est le petit chien ronge qui Va mordus et à l'it. morso da un can negro, ivre ( D u e z ) ; cf. allem. Hund, sorte d e bière ( h u n d s s o f f d e g r é d'ivresse l o r s q u e le chien d e v i e n t hargneux, Suisse allem. Hiindli, grande cuite), et angl. dog's nose, sorte d e liqueur réchauffante ; estomac d'un animal (tué pour la boucherie) : V a u d chien ;4 p â t e r u b a n é e : pr. cagne. C e court tableau sémantique sera complété par les sens autrem e n t variés d e s formes s e c o n d a i r e s d u mot.

II. Sens des dérivés de canis. 38.

C e s dérivés d é s i g n e n t :

E n zoologie : a) D e s poissons, principalement d e la famille d e s squales ( 2 7 * ) : anguille (grossière ou mauvaise à m a n g e r ) : pr. chineto

(„petite

chienne") ; b a r b e a u (dont les barbillons rappellent les poils longs d u b a r b e t ) : esp. racho, cachuelo ( „ p e t i t c h i e n " ) ; lamie (semblable a u squale) : G è n e s cagnasson ; cf. allem. Hundskopf,; i d . ; milandre ( 2 7 a ) : pr. et fr. cagnot, it. canosa ; cf. B a s s e - N o r m . canière, filet qu'on t e n d aux chiens d e m e r (Rolland, III, 82) ; morse (bête à la g r a n d e dent) : pr. cagnolo (petite chienne) ; requin ( 2 7 a ) : pr. cagnol (cagnôu) ; roussette ( = squale): fr. dial. chenille (Rolland, III, 85), a n c . fr. chagnot, M a r c h e s cagnolo, V e n i s e cagnetto, N a p l e s canesca, A b r u z . 1 Cf. Rabelais, I, P r o l . : „ C r o c h e t a s t e s vous onques bouteilles? Catsç-nef" * Chez certains peuples orientaux, p. ex. chez les Comans (suivant le témoignage de Joinville, éd. de W a i l l y , p. 177), le chien jouait un rôle symbolique dans les serments. 3 Hans Sachs, en décrivant les effets de l'ivresse, cherche le moyen de

se débarrasser ,,vom hundt welcher mich nechten bisz(v. ' Communiqué par I . Jeanjaquet.

Grimm).

25 canicchia, port, caneja; cf. lat. allem. Hundshai, angl. dogfish, thon (poisson très vorace dents pointues): port, cachorra

canícula (Plinè), id., gr. OxvXiov, et id. ; ayant la bouche large et garnie de („jeune chienne").

b) Des insectes: charançon (dont la tête a été assimilée à celle d'un petit chien) : Yon. chienneton, Pas-de-C. câlin (cf. anc. fr. caelet) ; pr. cadelo, à côté de cadenello (canadello), compromis de cadelo et de canillo (v. ci-dessous, chenille) ; chenille (27 b ): fr. chenille (XIIIe s.), propr. petite chienne, 1 anc. fr. chenine (Molinet), dial, chenigne, à côté des formes dissimulées chetine A., cheligne, cherigne (Rolland, III, 3 1 8 ) ; pr. canilho, chenilho et chenerilho, ce dernier un compromis de chenilho et de cherilho (variante dial, du précédent); Mil. cagnon; cf. anc. gr. xvcov, id. ; courtillière (assimilée à une petite chienne) : Gênes cagnetta ; larve d'abeille: Naples cacciti, caccione, propr. gros chien (anc. it. cocchiume, coulage de la cire), roum. càfel, id. ; larve de hanneton (27 b ): wall. châlon (— anc. fr. chaelon, petit chien) ; lombric (ver de terre) : catal. cadell; ver ( 2 7 b ) : Mil. cagnon, it. cacchione („petit gros chien"). c) Des mollusques et des coquillages: escargot (gros) : pr. cagnol; limaçon (petit) : Norm. câlin (v. charançon) ; cf. allem. Hundszahn, espèce de limaçon; tellines (espèce de) : Galice cadelucha et port, cadelinha. d) Des oiseaux, par l'assimilation du cri: canard garrot: it. cagnaccio, cagnolo; proyer : Limous. chenard, Rouerg. chinas („gros chien"). e) De petits mammifères, pour la même raison: lapin (dont le cri est un glapissement) : Bagnard cagnon, lapereau (f. cagne) et Abruz. scatunotte, id. („petit chien"); catal. cachap (d'où sarde cacciapu), port, cazapo, esp. gazapo, lapin, dérivé de cacho, petit chien ; 1 cf. inversement, pr. cunin, petit chien, propr. lapin (anc. fr. connin, Berr. couniri). 39. En botanique : a) Des plantes, généralement garnies d'épines: bardane (26): Montbél. canotte, caignotte, Abruz. catilla, esp. cadilho, catal. cachurrera : * On y voit parfois un reflet direct du lat. canícula; le sens de squale que canícula a dans Pline, s'est conservé dans certains patois, en abruzzois et en portugais (v roussette). 1 Depuis Cobarruvias, on dérive l'esp. gazapo du lat. dasypus (lièvre, croit-on, dans Pline).

26 camomille (puante): anc. fr. canesson („mauvais chien"); cf. cynanthimis, allem. Hundsdille, id., et Bas-Gâtinais chenasserie, menthe ; caucalide (ses graines sont hérissées de longues pointes) : catal. catxurro et esp. cadillo; colchique (plante vénéneuse, dite aussi mort aux chiens)', fr. chiennée, Mayen. chenarde (anc. fr. et Vendôme : safran bâtard) ; églantine (ou rose de chien, rosa canina, cynorrhodon, c.-à-d. rose sauvage) : Eure chenelle, chenille, Berr. chenute ; cf. anc. gr. xvvctç, églantier; prunelle (dial., Eure, prune de quine, c.-à-d. prune sauvage) : Doubs quegnotte, Nièvre quenelle, Eure chenelle, chinelle, chignelle (Rolland, Flore, V , 385); cf. allem. Hundspflaume, perdrigon hâtif; rénoncule (les piquants de leurs fruits s'attachent aux pieds nus des paysans comme des chiens qui mordent): Vosges chinot, propr. petit chien (Rolland, Flore, I, 53). b) D e s fruits agréables aux chiens ou arrondis comme la tête d'un petit chien: pignon: Bergame catellina, „pigna del mugo", 1 propr. petite chienne; cf. Suisse allem. Buseli („minet"), pignon avec lequel jouent les enfants; poire (variété de): cf. poire de chiot (Anc. Th. fr. IX, 61), de l'anc. fr. et dial. chiot, petit chien, avec l'allem. Hundebirne, poire bonne à cuire ; Galice cachopo, gros poirier ( = poirier sauvage) ; pomme (d'estranguillon) : Loire chaninou (Rolland, V, 66) ; raisin (variété qui plaît aux chiens) : anc. fr. raisins chenins (Rabel., I, 25), auj. chenin, cepage blanc, dans la Vienne (Littré, Suppl.) ; it. canaiolo. c) Termes spéciaux : chaton (le petit de la plante a été assimilé au petit de l'animal): H.-Vienne, Gironde chenille (chnyi A.) et H.-Savoie senelye, Lot-et-Gar. canilhos et Drôme tsanilhos A., pr. cadel, Genève chaudelet (de l'orme); esp. cacho, Aragon cadillo (de l'olivier), catal. cadell (du peuplier) ; gousse (cf. rejeton) : fr. caïeu, bulbe (de l'anc. fr. caiel, petit chien; cf. anc. fr. fiel, tieu, tel), et roum. càfel,2 gousse d'ail („petit chien") ; grappe ( = chaton) : port, cacho (esp.: morceau de fruit); rejeton (cf. chaton) : pr. cadel ; Yon. chau, May. chiot (et chiart), Berr. chiaule, Poit. chelon (anc. fr. chel = catellum) ; de là : fructifier (c.-à-d. pousser des rejetons) : Berr. chiauler, Yon. chouler (de l'orme, acacia, épine noire, du peuplier blanc), Poit. cheler ; pr. cadela, drageonnner ; Abruz. cacchii, caccid, 1 Suivant Nigra (Archivio, X V , 107), catellina remonterait à un type capitellina. * L a dérivation de ca(el, gousse, de capitellum, petite tête (récemment proposée par Puscariu, Etym. Wörterbuch der rum. Sprache, 1905, s. v.), est impossible, de par la forme (qui a donné caperei).

*

27 id. ; port, cachear, fructifier en grappe (comme la vigne) ; roum. cäfelesc, taller (des plantes bulbeuses); cf. Suisse allem, hundtn, provigner (des ceps de vigne) ; sarment ( = rejeton) : iL cacchio, propr. petit chien ; cf. fr. chénole, sarment conservé deux ou trois ans. 40. En minéralogie : caillou („les carriers appellent les pierres isolées têtes de chien", Thibault) : Biais, chenard; calcaire (par allusion à la couleur) : Berr. chagnole, pr. cagnard, calcaire marneux ; cf. allem. Hundszahnspath, carbonate de chaux en cristaux scalenoèdres. 41.

Applications techniques:

a) Engins et outils qui rappellent grossièrement la figure du chien : canon: esp. cachorros, les canons de chasse, appelés „les petits chiens" de la proue; cf. Suisse allem. Hund, nom de canon („Zürcher Hund") ; chenet (terminé en tête de chien): fr. chenet (XIV* s.), propr. petit chien, 1 à côté de chienet (XIV e s.) et chiennet de fer (XV e s.) ; Puy-de-Dôme chanfi, Rhône tsin et tsin de foui A . (chien de feu), Yon. cheneton, petit chenet, Norm, quenot ; pr. cagnot, port, cäes (da chaminé) ; cf. allem. Feuerhund et angl. dog, id.; cuvier (à fouler la vendange): Lot-et-Gar. cagnotte (Littré, Suppl.), propr. petite chienne, nom appliqué primitivement à un vase pourvu de pieds et d'anses (v. ci-dessous, réchaud) ; de là, fr. cagnotte, espèce de tire-lire en osier qui renferme le bénéfice du j e u ; pistolet (dont la culasse porte la figure d'une tête de chien) : catal. cadell, Sic. cagnuleddu, esp. eachorro ; réchaud (sur pieds et muni d'anses, image grossière de la bête): Norm, cagnard („gros chien"), fr. fourneau à quatre pieds, Pic. quenot, chaufferette ( = petit chien). b) Pièces plus ou moins recourbées: cheville (du joug du bœuf, cf. 3 i b ) : port, canil, canzil (cf. canzarräo, gros chien); chien de fusil ( 3 i b ) : catal. cadell; coin de fer ( = crochet, 3 i b ) : it. cagnolo ; davier (de dentiste, 3 i b ) : Sic. cagnuleddu ; grappin ( 3 i b ) : esp. cacha; ressort (d'une montre): Brescia cagnöla; serrure: roum. cä/ei, gardes d'une serrure; cf. Berr. chenoche, cheville qu'on met dans le montant de la porte pour empêcher le battant de s'ouvrir, et catal. cadell, claquet de moulin. c) Outils de forme plate, ou cylindrique: 1

Cf. Tristan

(éd. Fr. Michel, v. 675) : „ un chenet ke vous p o u r c b a ç a i . . . "

28 b â t o n (des p a p e t i e r s ) : it. catello ; console ( 3 1 e ) : V e n i s e cagnolo, Sic. cagnuleddu, port, cachorro (et cachorrada, pierre d e l'architrave, propr. portée d ' u n e c h i e n n e ) ; poulie (pour élever les g e r b e s à la g r a n g e ; cf. fourche, 3 i b ) : L y o n caddie; cf. G ê n e s cadcllo, pivot d e la b a r r e ; poutre (servant d ' a p p u i , cf. console) : G a l i c e cachopo, g r o s s e p i è c e d e madrier („petit g r o s c h i e n " ) ; cf. S u i s s e allem. Giebelhund ( „ S p e r r b a l k e n a m Dachstuhl eines G e b ä u d e s " ) ; r a b o t (cf. S u i s s e allem. Chatz, g r a n d r a b o t , propr. chat) : S a v . chenaillon (pour faire d e s rainures), it. cagnaccia (plane d u menuisier) et catal. caddi (varlope à onglet) ; d e là : rainure (jable) : S a v . chenaliura, it. dial., M o n t e - R o b e r t o , cagnola, 1 catal. cadell. d) Termes de

filage:

dévidoir ( 3 i d ) : p r . c a g n o l o ( „ p e t i t e c h i e n n e " ) ; écheveau (v. dévidoir) : e s p . cadejo (v. flocons) ; A r e z z o catdla, 2 centaine ou bout d ' é c h e v e a u ; fils d e la c h a î n e (premiers) : esp. cadillo, propr. petits chiens, à l'instar d e HünJli (Suisse allem.), déchets d e c h a n v r e ; Abr. Catella, bourre ( d ' o ù scalcila, nettoyer la laine) ; cf. allem. Hundshaar, jarre ; flacons (v. fils) : esp. cadejos (— cadillos), et touffe d e cheveux. 42. F a i t s c o n c e r n a n t la vie physique d u c h i e n : accoupler (s') : Abruz. 'ngacchia ( d e s chiens et d e s chats), Sic. 'nganicckiarsi; roum. cäfelesc ( d e s chiens et d e s loups) ; cf. pr. enchina, s'allier a v e c une f e m m e d e m a u v a i s e v i e ; accroupir (s') : G e n è v e s'acagner, Berr. s'acagnarder, H a g u e s'achenûer, May. se quioter, s e blottir et Poit. caler (caller), s e t a p i r ; it. acacchiarsi; de là: c a c h e r (se) : Poit. cagner (refi., s'enfoncer d a n s u n lieu chaud), Bas-Gâtin. cagne, petit trou, et quenillotte, c a c h e - c a c h e ; Berr. acagner (Sav. et S u i s s e cagne, cachette, propr. trou o ù s ' a c croupit le chien) ; chienner : anc. fr. chicnneter (01. d e Serres), m o d . chienner, wall. chiuder, Norm, quenner et quenoter ; anc. fr. chaeler (chaaler, chaler), c h i e n n e r 3 et c h a t t e r , 4 Pic. caler ( „ n e s e dit g u è r e q u e d e s chats, d e s lapins, d e s rats et d e s s o u r i s " , Corblet), D e u x - S è v r e s chéler, Berr. chiauler, chiouler (v. 2), Poit. achicoter, aeluter ( = aqueluter, d e queler, a n c . fr. kel, petit chien) ; pr. cagna (cagnouta), china (achinouta) et cade là (ce dernier aussi „ c h a t t e r " ) ; it. calcitare, chienner et chatter (Duez : catelli, petits chats et petits chiens, à l'instar d u lat. cattili); catal . cadellar, esp. cachillar; 1 Schuchardt (Zeitschrift, X X V I , 415) tire cagnola d'un type *cavognola (de cavus). 1 Nigra ( Archivio , XIV, 282) voit dans Catella un dérivé de capite. * Marie de France ( Fables , éd. Warncke, V i l i , I): „D'une lisse vus vueil cunter ki preste estoit de chaeler". 4 Caeler, chatter, se trouve déjà dans Robert Estienne, Nicot et Monnet.

29 éreinter (se fatiguer comme le chien à la chasse) : Berr. aquenir, aqueniter (acniter), épuiser ; it. scagnare et stracanarsi ;1 cf. Suisse allem. hunden, s'éreinter; gratter (se) : H.-Bret., Mée, se cagner (avec le museau et les dents, en parlant des chiens); grignoter (comme les petits chiens) : fr. chicoter (de chicot, toutou) ; gronder: Pic. acaner, it. scagnare (en flairant le gibier) et cagneggiare (en montrant les dents) ; mordre : Poit. caner, Hain. cagner (du cheval : cf. cagne, rosse), pr. chinassid (de chinas, gros chien) ; pleurnicher ( = glapir) : Berr. chener, Yon. chenucher, à côté de chiauler, chiauner, Poit. chiouler et giouler („geindre comme un petit chien"), wall. chouler; Sic. 'ncagnire; cf. roum. scânci, pleurnicher (slave: aboyer); ramper: anc. it. catellon catellone, à pas de loup, 2 Abruz. 'ncacciune (gacciune), à quatre pattes, esp. a gachas, id. 43. Et les notions complémentaires: chenil: it. canile et fr. chenil (du latin), anc. fr. chenin (Fouilloux), pr. canigoun, port caniçal (de canif0, petit chien) ; de là : abri: anc. fr. cagnart, caignart, lieu abrité ou exposé (que les chiens recherchent dès qu'ils ressentent gement de temps) où se retiraient les gueux, 3 gnarder, abriter, et cagnardier, gueux (Anc. Th. fr., cahutq : pr. canigoun, i t canile, taudis ; grabat: pr. chiniero, i t canile, Frioul cagnass; logis malpropre : fr. chenil, Yon. cagnote ; prélart: fr. cagnard;

au soleil un chand'où caV, 369) ;

clabauderie: it. canizsa (derrière le gibier), réto-r. canera, cagnimen; de là: semonce : it. cagnaja, canata ( = criaillerie) ; vacarme : it. cagnaja, cagnara, dial. cagnera, canea, Piém. ciadel ( = pr. cadel), propr. glapissement de petit chien ; pâtée de chien: pr. canino, pain de son, esp. canil, pain bis pour les chiens, de là: son de la ferine (dont on fait des pains pour les chiens): it. canicchia, * Sic. caniglia (anc. fr., X V I e s., coniglie), Naples 1 Caix (Studi, n° 201) voit, dans stracanarsi, un compromis de straccarsi, se fatiguer, et d'acanarsi, s'acharner. 1 Brehm, I, 321 : Les chiens marchent sur l'extrémité des doigts comme les félins. . . ' Encore aujourd'hui, le cagnard du jardin des Tuileries, appelé aussi la petite Provence, est toujours rempli de gueux. 4 Suivant Meycr-Liibke (v. Körting), canicchia dériverait dn lat. canîca, son de la farine (et sorte de pain de mauvais son), mot qui remonte d'ailleurs à la même notion ; pour le sicilien cartiglia, D'Ovidio pose un type camita (Körting: „ w o h e r ? was bedeutend?").

3o canigliola, d'où Val Brozzo ancanigliar, ' embrouiller ( = mélanger le son) et dtscanigliar, débrouiller; panade (potage) : esp. cachorreña, soupe paysanne à l'huile ; pâtisserie (surmontée d'une tête en pâte, semblable à celle d'un chien): a n c . f r . chenetel (1180) et quenetel (1497), auj. Bourn. quenyo (= jeune chien) et Montbél. caignot, pain donné par le parrain à son filleul; morceau de pain: Poit. cagnon, fr. 2 quignon (anc.fr., petit chien) et Berr. chignon, id.; esp. cacho, id.; portée d'une chienne : Norm., Pic. calée („s'applique à la portée de la chatte, de la lapine, de la chèvre", Moisy; v. chienner), pr. cognado, catal. cadellada, esp. cachillada', de l à : grande quantité : Pic. calée ; pr. cagnado, monceau. troupe de chiens (et canaille): anc. pr. canalha, it. canaglia (d'où fr. canaille, X V I e s.), anc. fir. chienaille, pr. chinarié, à côté de cagnienguero, cohue, foule, et chinaredo, bande de gens mal famés; esp. cachorrada (et grande quantité de vaisseaux de mer), port. caniçalha et canzoada. 44. Faits concernant la vie morale du chien: ennuyer (s', comme un chien à l'attache): anc. fr. chener, se dessécher d'ennui (Borel), Saintonge cagner; Genève chiner (d'où chinant, ennuyeux) ; exciter (les chiens) : anc. fr. achener (auj. Poitou), aquener, acharner, Mayen, aquegner (et taquiner), wall. quegneter ; pr. acagna, acanissa, it. accanare (accanire) ; flagorner (flatter à la manière des chiens): Y cm. cagner („faire comme le chien qui remue la queue"), Clairvaux cagnouser, se faire humble, flatter ; Norm. cadeler, Mayen, chadoler, choyer ( = pr. cadeld, propr. caresser un petit chien) ; pr. achina, s'attacher avec excès ; Naples cagnimma, caresse de chien (canimeo, caressant), et Sic. caninanza, minauderie ; insulter : Pic. acaner, pr. acand et chinassid ; cf. anc. slave plsovati, insulter (de pïsu, chien), et serbe vaScinili, outrager (de vaika, chien) ; irriter : Berr. acheniller ; pr. acagna (encagna), acanissa (encanissa), et s'enflammer (d'une plaie), Naples caneare, it. accagneggiare, irriter, incagnare, enrager (Abruz. 'ngagnarsi, s'irriter en parlant des yeux), et incagnire, se mettre en colère, Sic. 'ncagnire, bouder (d'où 'ncagna, bouderie) ; maltraiter : Norm. d'Yères chenailler, rosser, Pic. icaniller, chasser, Lyon cagner, rabrouer, Berr. acagner, maltraiter (d'où acagne, injure) ; 1 Nigra (Archivio, X I V , 353) tire ancaniglar de canícula, au sens de chenille (mais ce sens est inconnu au latin et les patois italiens ignorent un canicchia, chenille). • Diez voit dans quignon une forme altérée de *cuiçnon (type dérivé de coin) qu'il rapproche de l'esp. quiñón, part de bénéfice (ce dernier, terme de jeu, quine).

3» cf. anc. gr. xvvoxoJtiœ, battre comme un chien, et Suisse allem. hunden, id. ; quereller (cf. chien hargneux): Norm. d'Yères chenailler (et gronder), pr. caneja ; railler : fr. pop. chiner, persifler, déprécier, et pr. chinassia, mépriser ( = mordre), i t dar il cane a qd., se moquer d e quelqu'un; cf. Suisse allem. hunden, id.; se sauver (à la manière des chiens qui s'enfuient en aboyant): Berr. cagner, avoir peur, reculer, fr. décaniller, décamper (Morv. déquenailler, Pic. déqueniller, Mayen. décheniller) ; pr. china et cagna (ce dernier aussi: quitter son maître avant le terme); travailler (péniblement) : fr. pop. chiner (d'où chineur, travailleur), d u pr. china (v. vagabonder); cf. mâtiner, broyer du tabac ( i 6 8 i , ap. Littré : „Leur défendons d e mâtiner et mettre en poudre aucun tabac..."); vagabonder: Yon. caner, fr. pop. cagner, flâner, et Clairvaux quiler, id. ( = anc. fr. caeler) ; pr. china, chercher du travail, propr. courir comme un chien, d'où fr. pop. chiner, colporter d e vieux habits (chineur, brocanteur), May.: demander l'aumône ( = vagabonder ; chineu, mendiant), Norm. : escroquer, voler (chineu, maraudeur), Biais.: marchander mesquinement; it. scagnozzo,1 prêtre en quête d e messes (chien vagabond) ; vivre misérablement: Berr. chenailler, propr. mener une vie d e chien (25). 45. Epithètes, penchants et défauts attribués au chien: a) T o u c h a n t son physique: cagneux (comme les jambes torses du basset): fr. cagneux ( X V I e s.), Lorr. cagnard, caignous-, Poit. cagner, boiter; pr. cagnous et it. cagnolo (du cheval); port, canejo („semblable à un c h i e n " ) ; camus (cf. camus comme un chien d'Artois) : pr. cagna, é c a c h é (du nez) et it. (naso) rincagnato', coriace (rugueux comme le corps de certains chiens) : Lorr. cagnou ; Hain. cagneux (inégale, en parlant d'une boule) ; épuisé (cf. las comme un chien): Forez a cani; cf. allem. hundsmùde, excessivement fatigué; gris clair: anc. fr. caignet (Gay, Gloss., s. a. 1 3 2 8 : une robe d e drap caignet) ; cf. Norm. vache caigne, de couleur gris clair, et caignet, paille d e sarrasin (Du Bois) ; livide (de froid): Poit. chenâtre, it. cagnaz2o\i d e là: froid (cf. froid de chien) : pr. canin, chanin (du temps) ; ponceau ( = livide) : it. cagnaezo ; 1 Zambaldi, s. v.: „ A Roma scagnouo è il prete che va in cerca di messe e di funerali per buscarsi da vivere, forse come il cane che va fiutando fra le immondizie". 1 Dante, Enfer, X X X I I , mille visi cagnotti Fatti per Credo",

32 louche (comme un chien) : Metz cagni, Lorr. cane, quenl (Clairvaux carier, loucher) ; it. cagnesco (guardarsi in cagnesco ou cagnescamente, regarder quelqu'un de travers comme un chien qui emporte un os); maigre (comme un chien): Morv. aqueni, Clairvaux chagnat ( = cagnat), malingre; esp. canijo, port, escanzelado, décharné (cf. canzoal, de chien) ; sale (25) : Poit. chendlre („jeune chien", anc. fr. chienastre, mauvais chien), pr. cagnard; trapu (cf. chien courtaud) : it. tracagnotto, Piém. tracagn. b) Touchant son moral: avare (23): Béarn chenitre et it. cacchione', fr. pop. chiemter, être avare, chiennerie, avarice (cf. Rabel., III, 3) ; cynique (le chien est le type de la lascivité) : Berr. chagnard, lubrique, Sav. chenailleux (ch'nalyu), débauché, chenailler (ch'nalyi), fréquenter des femmes, Bas-Gâtin. chenassier, luxurieux (chenasserie, l'acte vénérien), Berr. chienner, se livrer à des obscénités (fr. pop. chiennerie, cynisme), anc. fr. s'achenir (achiennir), id. ; pr. canatié, chinatié, paillard, chinarti, poursuite cynique, et ckinassariê, libertinage ( = chiennerie); esp. cachondez, lascivité (de cachonda, chienne en chaleur); de là: danse (aux allures lascives): esp. cachucha et roum. câfeaua, propr. chienne, ronde paysanne caractérisée par la vivacité des mouvements; emporté: pr. acani, it. accanato, furieux, Piém. cagnin, id. (et cagnina, colère); entêté (25): pr. achini, s'opiniâtrer (achinimen, application opiniâtre), encagnà, id.; Naples canesca, entêtement; envieux : Sic. 'ncagnuso (Abruz. gnusse, envie = cagnusse), et 'ncagnire, envier; éveillé: Pic. icanillè\ cf. Berr. avoir l'air chien, avoir une tournure éveillée, des allures provocantes; flagorneur (44) : Yon. cagneux et Dauph. cagnard,1 it. cagnotto ; flegmatique (32): pr. cagnous, et incagna, donner le flegme; esp. cachaza, flegme, sang-froid ( = indolence de chien) ; glouton : anc. it. cateltano (bas-lat. cateilanus) ; hargneux: wall. cagnesse; pr. cagnin, canin, revêche, canissot, mutin; indolent : Yon. cagnoche, un peu souffrant ; pr. cagnous ; et acagna, rendre indolent, port, acanhar, affaiblir, décourager (du pr.); cf. Petit-Noir faire son cogna, faire le câlin ou le malade, propr. faire la chienne; lâche (25): anc. fr. chienin, Berr. cagnard, pr. cagnot, id., et chinado, lâcheté; 1 Diez ( Wörterbuch, II, 247) cite, d'après Roquefort, un anc. fr. casnard, flatteur (le mot manque dans Godeiroy).

33 méchant (25) : anc. fr. canin, chenin ; 1 Pléchatel chiennerie, chiennei'-, méchanceté ; pr. cagnin (canin), cagnis (canis) ; it. cagnaccio, perfide, et canitâ, cruauté; roum. càinos, cruel, et cSinie, rancune; paresseux (32) : anc. pr. et fr. cagnard, d'où cagnarder, rester au coin du feu (XVI e s.), et cagnardise, paresse ( 1 5 8 1 ) ; Mayen. s'acaniller, paresser au lit, Poit. aquenir, devenir paresseux, Berr. Machiner, s'acagnarder, pr. achina, id. (d'où esp. achinar, id.) ; cf. Metz quigneu, paresseux (Le Duchat, dans Ménage); renfrogné (comme la figure des vieux chiens) : Berry, Morv. chagnard', it. rincagnarsi, se renfrogner; rusé: 2 it. cagnaccio, ruse, finesse ( = gros chien); cf. lat. canis sagax,3 chien quêteur; sot (certaines races de chien, p. ex. le carlin et le chien de garde, sont foncièrement bêtes) : pr. cagno/, it. cacchio (cacchione) ; Parme, Gênes cagnara, bêtise ; cf. Suisse allem. hundedumm, id. ; sournois (cf. anc. fr. chien rechignié) : Berr. cagnardchagnard ; cf. angl. dogged, sournois, et io have a dog in one's belly, être de très mauvaise humeur; timide (v. lâche) : Berr. cagnaud, confus, embarrassé, Poit. cagnous, honteux, craintif (Clairvaux: faire le cagnou, faire le piteux), Lorr. quegnot. 46. Maladies affectant surtout les chiens: chancre (33) : roum. câjel, petits ulcères qui se forment autour d'un ulcère plus grand; cf. pr. recadela, reparaître (d'une humeur mal guérie) ; consomption: roum. boalâ càineascà („maladie des chiens"); cf. allem. Hundekrankheit, id.; courbature (33) : Yon., Morv. cagnats, Champ, quegnas, Clairvaux caignets, Dijon icagnards ; moisissure (33): Parme cagnoti, propr. gros chien; morve : pr. canilho, propr. petite chienne ; rhume: Mayen. encanilU, enchifrené ( = enrhumé comme un chien) ; vomir (33) : Valais faire e cagnons, pr. cadelâ (et faire de cadel) et Piém.y? i cagnet. 47. Emploi hypocoristique : enfant : Mayen. quenas, queneau, petit enfant, propr. jeune chien, Marne quegnas, enfant malingre, et spéc. fillette chétive, Bessin quenasse (cnàs), à côté du Norm. quenaille (cnàly, cnày), collectif (anc. fr. quenaille, troupe de chiens) analogue à garçaille, enfant (Ille-et-Vil.) et à race, id. (Maine-et-L.) A . ; Hague quenelle, petite 1 Roman de la Rose, v. 15 831 : „(Moz) Qui semblent mordans ou chenins". • Brehm, I, 3 2 1 : Les canidés font preuve d'une grande ruse et d'une excessive finesse. 9 Sagax exprime proprement la délicatesse de l'odorat du chien de chasse à la piste du gibier.

Bcihcft lui Zciuchr. t rom. Phil, X,

7

34 fille; Mayen. chinchon, enfant chéri (anc. fr. cienchon, petit chien), d'où chinchoner, caresser, Pléchâtel quelot, petit enfant (d'où queloter, dorloter) ; Lomb., Val Levantina, canaja, répondant au Norm. quenaillc ; garçon : Berr. cagni, gamin (pl. cagniaux, marmaille), Norm. cagnol, petit garçon (Yon. chagnot, petit chien) et Pléchâtel chuté, enfant malicieux ( = petit chien); pr. cadel, gars, adolescent; esp. cacho, cachorro, garçon, et port, cachopo, id. (dim. cachopinho, cachopito, à côté de cachupin, gachupin). 48. Emploi péjoratif : a) Appliqué aux personnes ; chef des journaliers : pr. chiniè, propr. gardeur de chiens ; fille (grosse) : pr. cadelasso (qui aime à s'amuser = grosse chienne) ; hérétique (comme terme de mépris): anc. fr. caignards, chaignards, nom donné aux restes des Albigeois en Dauphiné (v. Ménage), du pr. cagnard, Dauph. chagnard, nom donné jadis aux Vaudois du Piémont; juif (surnom; cf. 25): port dial., Trasosmontes, canineiros, caniqueiros, surnom des juifs (Revista Lusitana, II, 1 1 6 ) ; mort (personnifiée) : Norm. cagnolle (Du Méril), comparée plaisamment à une chienne camuse (cf. pr. la camardo, la mort, argot la camarde, id.) ; nègre (esclave) : port, cachorro ; prostituée (35) : Yon. chioue, petite fille coureuse, et Biais. quiaule, fille débauchée, it. cagnaccia, id. ; ramolli: Pic. cagnort, vieillard, homme mou et sans vigueur, fr. pop. canesson, propr. chien molasse ; sbire (cf. anc. fr. les chiens courons du bourreau, les archers, Oudin) : fr. pop. cagne, gendarme ; it. cagnotto (et favori d'un prince, satellite) ; vaurien : it. cagnuzzo (vilain chien). b) Appliqué aux animaux : rosse (35) : Norm. d'Yères cagnon et fr. pop. canesson ; vache (vieille) : Norm. calière, brebis portière, pr. cadeliero, vache portière. c) Appliqué aux choses: bousiller : pr. cagnouta, id., et cagnouiado, chose mal faite (propr. portée d'une chienne) ; cf. travailld de cagno, travailler nonchalemment; gaspiller: it. acacchiare (et abîmer); cf. port, dar a perros, envoyer au diable, esp. soltar la perra, dépenser son argent ( = lâcher la chienne), et angl. to send to the dogs, gaspiller ( = jeter aux. chiens) ; gausserie (35): Parme cagnara, plaisanterie; esp. dial., Bogota,, cachos, contes en l'air, balivernes;

35 jeu de cartes (35): pr. cagnoto, terme du jeu de bouillotte, esp. cacha, espèce de brelan ; cf. allem. Hun/Jeln, jeu de cartes, et Suisse allem. Hùndli, coup malheureux; monnaie (menue) : anc. fr. chienne (quienne), chiennet, petite monnaie qui circulait dans les pays allemands, Parme cagnazza, doublon d'Espagne ( = vilaine chienne) ; odeur (mauvaise) : pr. canige, Napl. cagnozz (odeur de chien) ; viande (de mauvaise qualité): Yon. chignarde, propr. cagne; cf. le proverbe anc. fr.: „Charn de chien ne vaut rien", et le vaudois madzi du ¿sin, manger de la vache enragée (ce dernier communiqué par Jeanjaquet). 49. Emploi euphémique : a) Pour désigner les organes sexuels : nature de la femme (36) : Morv. câlin (anc. fr. cael, petit chien) ; cf. slovène kutsa, id. (chienne) ; nature de l'homme : it. cazzo, probablement doublet de caccio,1 pour cacchio, petit chien, à l'instar de l'anc. gr. xi'cor (dans Hésychius), d'où pr. cacho, anc. fr. caiche (Rabel., I, 39) ; testicule : pr. cagnol, propr. petit chien. b) Interjection d'étonnement (36): anc. fr. chaeles ! à côté de caeles! keles! kieles! chcles! propr. petite chienne, 2 répondant à l'it. cagnaccio ! cagno/a ! cacchio ! (Duez : cacio !) et à l'esp. animo a las gachas! allons, du courage (du courage aux petites chiennes!). 50. Applications isolées : coiffe (cf. se coiffer à la chienne, frisotter les cheveux et les laisser tomber sur le front) : pr. cagnoto, coiffe d'indienne, port. cachondeira, chevelure à nœud (de cachonda, chienne), esp. cachucha, casquette ; découpure ( = morsure ?) : esp. cachonda, propr. morsure de chienne (calzas cachondas, chausses déchiquetées) ; ébouler (s', s'affaisser comme la chienne qui vient de mettre bas) : pr. cadela, propr. mettre bas un chien ; écume (de l'huile récente) : pr. cadel (v. moisissure, 46) ; cf. catal. cadellar, se répandre (de l'huile), propr. chienner; pâté (35) : pr. cagnot, moule de pâté ; résidu (de graisse) : Marne, Gay, chaillon, lardon (anc. fr. : petit chien), et chons, niions, Lorr. chaons, chons, résidu de la fabrication du saindoux (anc. fr. chaon, petit chien et partie du lard qui se grille): 1 Variante encore conservée dans cacciocavallo, sorte de fromage sec en forme de tête, étymologie populaire pour cazzo di cavallo, „caccio somigliante all' OQXIÇ d' un cavallo", suivant l'interprétation de Nigra (Archivio, X V , 104), corroborée par le sens nautique du terme: clé du mât. ' Förster dérive chaelesl de l'anc. fr. chaeler, chadeler, commander; Suchier, de quid villes, et Schulze, de cavilla, agacerie (v. Körting).

3*

36 tas (conique) : Mayen. chtgnot, tas d e gerbes terminé en pointe (anc. fr. chitiol, petit chien), fr. quignon,1 tas d e laine (anc. fr., petit chien) et Y o n . chignon, chinon, gros tas de pierres; vagues (écumantes) : esp. cachopos (port., écueils brisants), propr. petits chiens, 2 par allusion à leurs flocons (cf. fr. moutons) ; les a n ciens Grecs appelaient les récifs ou falaises, xivovça, queue d e chien.

L f l . Sens des composés de

canis.

Nous suivons, dans l'examen de ces composés, le classement déjà adopté dans notre étude précédente, et nous les diviserons en composés proprement dits, composés synonymiques et composés latents.

a) Composés proprement dits. 51.

L e s composés de cette catégorie désignent:

E n zoologie, des animaux tels que : blaireau (dont le corps bas le fait ressembler à un chien basset) : pr. chin-taiss (chien taisson), blaireau à museau et à tête de chien (cf. Liébault, 1 5 9 7 : tessons porcins et chemins), J u r a tessonchien ; it. tasso-cane, basset pour la chasse du blaireau ; Forez tuechien, blaireau, probablement parce qu'il se défend vigoureusement contre les chiens (Rolland, I, 4 8 ) ; chauve-souris (espèce à tète de chien) : fr. chien volant ; cf. allem. Hundskopf ; chenille ( 3 8 b ) : Norm., Fiquefleur, 3 canepelcuse (d'où fr. pop. champeleuse) et Eure quitipeleure A., propr. chienne velue, terme appliqué .spécialement à la grosse chenille ; marmotte : cSfelu-pUmtntului, propr. petit chien d e terre, répondant à l'allem. dial. Mistebellerli, id., propr. chien du paysan sur son fumier („propter acutam et tinnulam vocem, qua caniculas etiam sic proprie dictas superat", Gessner, 1 5 5 1 ) ; perce-oreille (sa tête ovoïde rappelle celle du chien) : G e r s cagno berbero (Rolland, III, 3 0 3 ) , et port, bicha-cadella, propr. insectechienne ; phoque (son cri, lorsqu'il est adulte, est une sorte d'aboiement) : fr .chien de mer. Somme chien marin; cf. allem. Seehund, id.; proyer ( 3 8 1 1 ) : pr. chi-perdris, propr. chien-perdrix ; râle (il fatigue le chien par la rapidité d e son vol): G a r d crebo-chins ( „ c r è v e - c h i e n s " ) ; raton (de G u y a n e ) : fr. chien de bois; cf. chien rat, mangouste du C a p (par allusion à la couleur gris-noirâtre), et chien crabier, espèce de sarigue. 1 Dictionnaire Général, s. v. quignon: „Peut-être du lat. quinionem, réunion de cinq choses". a Cornu ( Grundrin, I, 759) fait remonter cachopos à un type * cotessclopos ( = cotes scopulos). * Joret, Mélanges, p. 21.

37 52. E n botanique : apocyn (à suc vénéneux): esp. berza perruna et habas de perro („fèves d e chien") ;

(„chou

canin")

chiendent (les chiens, dit-on, ont du goût pour cette plante, dont „les nœuds d e ses racines représentent la blancheur et la figure des dents des chiens", C a s e n e u v e ) : anc. fr. et P a s - d e - C . dent-de-chien (tandis que chiendent, X V I e s., est la traduction savante d e xvvodcoij, Pic. quien à poils (Pas-de-C. quiepol, Aisne tienpoual A.), Meurthe-et-M.peau-de-chine, Berr. chienvert, id. ; ¡t. dente canino, id.; cf. allem. Hundsquecke, angl. dog-grass, id.; colchique (39 a ) : fr. tue-chien, pr. eslranglo-chin ; cf. allem. Hutidsbiss (morsure d e chien), id.; coqueret (en forme d e vessie et aux semences diurétiques) : esp. vejiga de perro („vessie d e c h i e n " ) ; cynanche (contient un violent poison): fr. étrangle-chiens ; cf. allem. Hundswurger, id.; cynoglosse (ses graines ont la forme d'une langue) : fr. languede-chien, pr. lengo-de-can (lengo-de-chin, lengo-de-gous) ; it. lingua canina, esp. lengua de perro', églantine ( 3 9 a ) : C a l v a d o s pique-tchin, pinre-tchin (Rolland, V , 1 8 2 ) ; esp. zarza perruna ( = ronce canine);

Flore,

marcotte (comparée à une jambe d e chien) : pr. cambo-chin ; mélampyre d e s champs (à cause d e la forme d e ses bractées en épis) : Clairvaux chienqueue (en fr., queue de renard.} ; niorelle noire (on la croit crève-chiens, pr. crebo-chin ;

dangereuse

pour les chiens) : fr.

morille (les chiens viennent pisser sur ces Morv. piche de chien, pr. pisso-can ; it. pisciacane ;

champignons) :

muflier (la corolle d e ses fleurs offre quelque ressemblance a v e c le mufle d'un chien) : fr. mufle-de-chien, it. capo di cane, Piém. erba can ; mûre (sauvage): Belgique mûre de tchin (Rolland, V , 1 8 1 ) ; nèfle (ses fruits sont velus à leur base) : Neufchâtel cul de chien (Clairvaux : églantine) ; pissenlit (cf. morille) : pr. pisso-chin, pisso-gous; cf. allem. Hundsblume, id.; plantain pulicaire (par allusion à la forme ronde de ses graines): fr. oeil-de-chien, pr. uei-dt-chin, catal. llantem de perro; cf. allem. Hundsgesicht, id.; raisin noir (3g b ) : pr. estranglo-chin, espousco-chin, c.-à-d. éclabousse-chien (cette variété de raisin foire sous les doigts) ; it. inganacane ; truffe (comparée à la patte ou au museau du chien) : pr. pato de chin et mourre de chin (truffe rousse) ; vioulte (à feuilles radicales et lancéolées): fr. dent de chien.

38 53- En minéralogie : caillou (40): pr. casso-chin (casso-gous), moellon, et massacan, esp. matacan, propr. pierre pour assommer un chien ; quartz (40) : Lyon chin blanc, propr. chien blanc. 54. En agriculture : gelée qui frappe la vigne : fr. champlure, terme d'origine dialectale, propr. chenille (51), le dépérissement des jeunes pousses causé par la gelée étant comparé à l'insecte qui attaque toute espèce de végétation; réjouissance après une grosse besogne rurale, comme la moisson ou la vendange (29): Dijon tue-chien. 55. Applications techniques : ciseau de sculpteur (formé d'un fer fendu en deux pointes) : fr. dent de chien ; entonnoir: fr. champlure, propr. chenille (51), le long tuyau percé de trous au bout inférieur de l'entonnoir ayant été assimilé au corps oblong et annelé de la chenille (cf. Meuse achampleure, prolongement de l'entonnoir) ; marteau (terminé à l'un de ses bouts par un bec très fort): fr. groin de chien (museau de chien) ; montants verticaux (placés sous la poulaine des bâtiments) : fr. jambe de chien (auj., vieilli); robinet (cf. entonnoir) : Norm. campleure (Cotgr. champleure), fr. champlure, Pic. campleuse (champleuse), propr. chenille. 56. Faits concernant la vie physique du chien: accroupir (s', 42) : Poit. se caniger, se cacher, se blottir dans un coin (Biais., se tapir en se faisant petit), propr. se blottir dans sa niche comme un chien; chenil (43) : Norm. d'Yères caloge, Pas-de-C. camuche (à côté de carmuchotte, petite étable) et Pic. caniche (d'où canichol, petite niche) ; de l à : bateau (vieux): fr. dial., Etretat, caloge („c'est le nom d'anciens bateaux côtiers que la mer a mis hors d'usage et qui servent de magasins pour les engins de pêche' 1 , Littré, Suppl.) ; cahute (43): Norm. d'Yères caloge (cabane de berger), Pasde-C. camuche ; cachot: Pic. canichon, cachette, à côté du Pas-de-C. camuche, carmuche, chenil ; logis (étroit et malpropre, 4 1 ) : fr. pop. canichotte (Pic. carnichotte, coin, niche); morve (44) : Savoie carnifla, id., à côté du Pic. caniflard, qui fait du bruit avec ses narines.

39 57- Epithètes relatives à son physique ou à son moral: boiteux (cagneux, 45 a ) : Champ, cagnepatte, propr. aux pattes de chien, lequel, pendant sa marche, porte son corps de travers, en faisant semblant de boiter; hargneux (45 b ) : Guern. chi/ouaré, chien hargneux qui veille à la porte (cf. anc. fr. fouare, paille) ; maigre (45 a ): port. canifraz, escanifrado (l'élément final obscur); méchant (45 b ) : \t. nasicane, museau de chien, c.-à-d. méchant (Duez). 58. Emploi hypocoristique, nom donné à des jeux enfantins : Mayen. chicropê (chien accroupi) et Berr. chine bote (chienne boiteuse) ; pr. sauto-chin, jeu de coupe-tête. 59. Emploi péjoratif: batelet: pr. nego-chin, propr. noie-chien ; bedeau (d'une église): anc. fr. chasse-chien (Cotgr.) et pr. cassochin, id.; chenapan : it. pelacane (tanneur de peaux de chien) ; esp. mataperros, polisson ; couteau (mauvais) : it. castracani (châtreur de chiens) ; déguenillé: pr. espeio-chin (écorche-chien) ; it. scalzacani, va-nupieds (déchausse-chiens); raillerie (méchante) : Poit. railli-chin, railleries qui finissent souvent par des coups de dent; valet (de ville) : it. amazzacani (assomme-chiens). 60. Applications isolées : boa (espèce de) : fr. tête de chien ; bouton plat (à cinq trous) : pr. paio de can (patte de chien) ; nœud (coulant) : pr. estranglo-chin (étrangle-chien). b) Composés synonymiques. 61. Cette catégorie de composés est à peine représentée par le sicilien cantperru, rustre (chien-chien), qui répond au napolitain canaperra („equivale al semplice perrau). o) Composés latents. 62. Les composés de ce genre sont plus nombreux, et il y a lieu de distinguer leurs divers aspects dans chaque langue romane, prise à part. En espagnol, un certain nombre de composés avec cacho, petit chien, pourrait rentrer dans cette catégorie; tels sont: cachiboda, festin (surtout d'enfants qui jouent aux banquets), propr. noces de toutou ; cf. per rito de todas bodas, coureur de fêtes, pique-assiette (petit chien de toutes les noces) ; cachigordito, trapu ( = gordo), propr. ramassé comme un petit chien.

40 63. En portugais, on pourrait citer: acagtitar, placer mal (en rapport avec ageitar, placer commodément, cf. Coelho, 1 2 4 1 ) et camartello, marteau têtu, propr. marteau à tête de chien, répondant à l'anc. fr. groin de chien (55). 64. En italien (surtout dans les patois): caluscertola, sarde, lézard ( = luscertola) gris, propr. chien-lézard, par allusion à la couleur; caragnattulu, sarde, araignée, propr. chien-araignée (l'it. ragno est masculin), à cause de sa nature hargneuse ; cf. pr. targagno, araignée, litt. harceleuse ; carignaltula, sarde, termite, propr. chien qui grince, cet insecte portant les épithètes de atroce, belliqueux, mordant, etc.; caruga, Parme, Sicile, chenille, propr. chien-chenille ( = cagnon, 38b); caruga, Haute-Italie, roquette (propr. chien-roquette), à cause de sa saveur âcre et piquante ; cf. allem. Hundsraukc, id. Quant à l'origine des composés patois, cités plus haut, Schuchardt est disposé à y voir autant de croisements de diverse nature, à savoir: caluscertola, par exemple, représenterait un compromis de coloru, serpent, et luscertola, lézard; caruga, roquette, une fusion de caries, carie, et eruca, roquette ; caragnattulu, de tarantula, tarentule, et aranea, araignée; carignaltula, de caries et aranea, etc. 1

IV. Sens des noms hypocoristiques. 65. On tiendra également compte, dans ce dénombrement, des applications tirées des diverses races de chiens, ainsi que des termes qui désignent leurs cris. Voici les notions qu'ils représentent: En zoologie: a) Des poissons: brochet (mâle) : Lorr. lévrier ; requin (38®): esp. perro marino (chien de mer). b) Des insectes : charançon (38 b ): fr. bawatte (1473), beauvotte ( 1 7 9 1 ), mot d'origine dialectale (Metz bauwatte, cité par Ménage, Lorr. beauvotte, botte), du messin baivate,î roquet ( i 8 b ) ; larve d'abeille (38 b ): Naples mastino (mâtin); ver (38 b ): Frioul bau et Còme totin (de fromage), dim. de totb, toutou ; catal. busarola (teigne) et port, busano, buzano, ver (de buz, nom enfantin du chien, 13). 1

Zeitschrift, X X V I I , 614, et X X V I I I , 320. Cf. Dictionnaire Général s. v. beauvotte: „Peut-être dim. d'un beauve, qui, comme l'it .belva, viendrait du lat. belua, bête". 1

mot

4i c) D e s m o l l u s q u e s : l i m a ç o n ( 3 8 e ) : M a r c h e s cucciolo (petit c h i e n ) ; tellines (38 e ) : T e r r a m a n o cucciole (petites chiennes). d) D e petits mammifères, d ' a p r è s le cri : c o b a y e (lapin d u Brésil) : Piém. perro (chien) et esp. chucho (toutou) ; lapin (38 e ) : fr. lopin ( X V I e s.), propr. qui lape o u glapit (anc. fr. lappir, pr. lapouina, lampouina, glapir, 5) ; cf. flam. lampe, lapin, et wall. napai (= lapé), i d . ; a n c . f r . b r i q u e t , levraut ( r p e t i t b r a q u e " ) et Sic. guzzu, lapereau, propr. petit chien. 66. E n

botanique:

a) D e s p l a n t e s

épineuses:

bardane (39a): Pas-de-C.dogue A . ; r e n o n c u l e ( 3 9 " ) : pr. gousset, id. (Rolland, Flore, b) D e s

I, 53).

fruits:

p o m m e t a r d i v e ( 3 Q b ) : N o r m . d ' Y è r e s roquet; raisin b l a n c ( 3 9 b ) : pr. braquet, propr. petit braque (d'où braquet, vin exquis), port, perrtim, id. (et vin d e c e raisin). 67.

Applications

Nice

techniques:

a) E n g i n s qui rappellent grossièrement la figure d u

chien:

c a n o n ( 4 1 * ) : esp. buzaco (dans l ' a n c i e n n e milice), d e buz, petit (13); c h e n e t ( 4 1 * ) : anc. pr. et fr. gossa ( 1 3 3 7 ap. G o d e f r o y : p o u r gossas d e c h a m e n e e ) , mod. gousset, petit c h e n e t , propr. petit c h i e n ; c h i e n d e fusil ( 4 i b ) : a n c . fr. gousset (Borel) et esp. perrillo (petit chien) ; c o n s o l e ( 4 1 e ) : a n c . f r . goce,1 gocet (petit c h i e n ) ; g o n d (cf. s u p p o r t ) : a n c . fr. gosse/,2 i d . ; m a c h i n e d e g u e r r e ( 3 1 * ) : anc. pr. gossa* propr. c h i e n n e ; pistolet ( 4 i a ) : fr. argot azor, basset; support ( = console) : a n c . fr. brachon, bracon (d'où btaquener, munir d e supports), propr. petit b r a q u e ; fr. gousset, p i è c e d e c h a r p e n t e r i e p o u r soutenir, et pr. gousset, support d ' u n e roue à d é v i d e r . chien

b) Outils d e diverse n a t u r e : barre ( 3 1 e ) : fr. gousset l'ancre), propr. levrette;

(de gouvernail) et esp. galga



lever

1 Perceval (ap. Godefroy): „ L e lit fut sur goces assis, Et li gocet sur quatre roues". 1 Ducange s. a. 1270: „Parietes cura gôssetis ferreis quibus applicabatur porta ". ' Raimbaut de Vaqueiras (ap. Bartsch, p. 127): ,, Per lor murs a fendre, Fan engenhs e carrels, E calabres tendre, Gossas et manganels".

42 détente (pour empêcher les roues de glisser) : esp. galga ; cf. souabe fiund, traverse pour retenir le chariot de glisser sur une pente ; embouchure de mors (pour serrer un cheval): esp. perrillo (petit chien); fronde (au manche recourbé): catal. gossa („chienne"); meule (cf. tournebroche) : esp. galga (dessous le moulin à huile), propr. levrette ; pr. curlo, curlet, molette, propr. roquet ; pince de menuisier ( 3 i b ) : Piém. braquet (petit braque); tournebroche (on employait jadis des chiens à tourner la broche, la roue, pour couteliers, rôtisseurs): Biais, gueurdin, Morv. guerdin, Berr., Pic. gredin (et rôtissoire, qui a remplacé la tournebroche) ; trou (dans le plat-bord du navire) : fr. dogue (etamure), „ce trou ayant à son orifice extérieur un masque de chien aboyant" (Jal, Glossaire nautique s. v.). c) Termes spéciaux: ballot carré: fr. pop. caniche (dont les oreilles ressemblent à celles formées par les coins du ballot) ; brossette (37): fr. bichon (de chapelier); lucarne (dans un comble) : fr. chien assis (aux bâtiments du moyen âge), it. abbaino (chien qui aboie) ; siège (mobile) : fr. gousset (à la portière d'une voiture). 68. Faits concernant la vie physique du chien : aboyer: de là:

Guern. braquetaer A., propr. crier comme un braque;

bavarder : anc. fr. japer, japiller, pr. japilha, jaupilha, et jap, babil (anc. fr. aboi : Berr. jappe, bagou), japarel, enfant babillard. Gènes giappà ; Parme, Ferr. bacajàr, Marches baccajd, Piém. bacaé; Romagne bori, Côme taboj, bavard; bredouiller : Pléchatel barsouiller (cf. barsa, aboyer, 6) ; parler d'une manière inintelligible: anc. fr. abaier, glatir,1 jaingler (Lyon jangolli, se dit d'un enfant qui commence à jargonner), anc. pr. janglar, jangolar','1 gémir : pr. laira (aboyer plaintivement) ; port, cainhar, geindre (7), d'où cainho,3 misérable, à l'instar du roum. càinà, gémir (d'où cainic, misérable) ; 1 Wace, Rou, éd. Andersen, v. 394 : „Normant diënt qu'Engleis abaient, Por la parole qu'il n'entendent"; v. 8 0 3 5 : ,,Ço lur ert vis qu'ils glatissaient (les Anglais poursuivant les Normands à Hastings), K a r lur langage n'entendeient".

' Cf. Peire Vidal: ,,Lor parlars sembla layrar de c a s " ; Périers ( J o y e u x Devis, X X I X , 1 3 1 ) : parler bon cagnesque baragouin).

et Bonav. Des (au sens de

• Cornu (Grundriss, I", 965) dérive cainho du lat. caninus.

43 v a c a r m e (43) : a n c . fr. japel, clameur, japarii, criaillerie ( = a b o i e m e n t incessant) ; it. bailamme (biliemme), p r o p r . 1 a b o i e m e n t (de bai = bau, 4 ) ; pr. bottrro-bourro, cohue, pêlemêle ; a c c r o u p i r (s', 5 6 ) : pr. s'agiati, se blottir (à la m a n i è r e d e s c h i e n s a b o y a n t d'effroi), it. accucciarsi, accucciolarsi ( V e n i s e cuzzarse, cuzzolarse, se tapir), A b r u z z e s accuzzarse, se c o u c h e r , propr. se blottir à la f a ç o n d e s petits c h i e n s ; 2 V e n i s e a cuzzelon, à c r o u p e t o n ; c h i e n n e r ( 4 2 ) : B a s - G â t i n a i s chicoler (de chicot, petit c h i e n ) ; ébattre (s'): P i c . s'épagnoler, se trémousser, se réjouir, p r o p r . s'ébattre c o m m e un é p a g n e u l , H a i n a u t s'épagnoter, s'étendre a u soleil ; éreinter (s', 4 2 ) : pr. atissa, esp. aperrear, f a t i g u e r ; g r i m p e r ( c o m m e un lévrier) : esp. galgar (et monter e n dignités) ; g r o n d e r ( 4 2 ) : pr. janglar, jangolar", G ê n e s mogogna, rangogna, g r o m m e l e r ; d e là : criailler: Y011. hacailler (aboyer) et M a r c h e s baccajâ ( „ v o c i a r e " ) ; Poit. japailler, p a r l e r a v e c force, et japper, a p p e l e r à haute v o i x (anc. fr. japeraille, t r o u p e d e braillards), Pic., Berr. jaspitier, criailler (Saintonge, répéter le m ê m e cri : le pinson jaspine) ; Ferrare borì, crier ( = g r o n d e r ) ; disputer (et m a r c h a n d e r ) : Y o n . hacailler ( „ c o m m e font les m a q u i g n o n s e n t r e b o i r e " ) ; cf. a n g l . to bark, a b o y e r et t r a f i q u e r ; effrayer par ses cris ( c o m m e font les chiens d e berger p o u r chasser les brebis) : anc. pr. aburar (mod. abourra, haler, 9), pr. agiati (aboyer) ; g é m i r : catal. glapir (= clapir, g l a p i r ) ; irriter : port, arru/arse (gronder, d u chien e n chaleur) ; palpiter ( d ' u n e artère) : pr. glati, esp. latir ; cf. a n c . gr. vXaxrevco, palpiter, propr. a b o y e r ; retentir: a n c . fr. glatir (et tonner, faire d u bruit); tancer : wall. rabawer (aboyer d e n o u v e a u ) ; anc. fr. japis, sem o n c e (43), it. abbajata, id. (clabauderie). 69. E t les n o t i o n s

complémentaires:

chenil (56) : it. cuccia, propr. petite c h i e n n e ( = esp. perrera ; d e là :

a n c . fr.

chenin),

c a h u t e ( 5 6 ) : it. cuccia; g r a b a t ( 5 6 ) : it. cuccia, esp. c os que (p. ex. al cosque, a l l e z - v o u s c o u c h e r !) ; cf. Suisse allem. Gutsche, id. (allem. : bichon) ; 1 On voit généralcmeDt, dans bailamme, une altération du turc bayram, carnaval (v. Zambaldi). 1 Caix identifie accucciarsi, avec acosciarsi, s'affaisser (de coscia, cuisse), et voit dans coscia le primitif de cuccia, chenil (6g); Zambaldi considère ce dernier et ses dérivés comme un emprunt fait au fr. coucher ; finalement, Schuchardt (Roman. Etymologien, II, 50) met les verbes accucciarsi, etc., en rapport avec cochlea, influencés par le fr. coucher.

44 pain de son (43) : esp. perruna, port, perruma (pour les chiens) ; troupe de chiens (43) : pr. goussalho (canaille), esp. perrería (et bande de vauriens) et perrada, meute ( = anc. fr. chenaille). 70. Faits relatifs à sa vie morale. a) Termes particuliers à la chasse: acharner (44) : Mayen, agousser, agacer (Norm. agoucer, harceler), anc. fr. harier (harrier); esp. aperrear ; chasser (en huant): Pic. bahuter (4 e ), Genève bourrer, pousser rudement après soi (10); cf. fr. arer (= karer), t. de marine, chasser sur ses ancres (v. traquer) ; exciter (44): pr. atissa, en/issa, irriter, it. aizzare, esp. azomar (port, assomar), azuzar (10), port, agastar (image prise du chien enragé, 10); lancer : Béarn abourra, lancer avec force et se jeter impétueusement ( = gronder, 10); houspiller: Pic. bahuter, bousculer (v. chasser), anc. fr. mastiner, rosser; pr. bourra, H.-Italie borì, buri, maltraiter (10), esp. aperrear, id.; quêter: pr. charnega (chasser avec un chamaigre), it. braccare (et briguer), braccheggiare, flairer; traquer: anc. fr. haler, harer,1 mod. harasser (XVI e s.; cf. tracasser), anc. fr. piller,2 esp. aperrear, tracasser; de là: dernière extrémité (physiquement et moralement) : fr. aux abois (image tirée du cerf entouré par la meute aboyante) ; piège: pr. glato, propr. aboiement [faire la glato, provoquer les chiens en imitant son grondement) ; vitesse : roum. dulufà (mâtineau), vite, très vite, et ogar (lévrier), appliqué au galop du cheval. b) Termes généraux : chatouiller : fr. bichonner, propr. caresser un bichon, Lot chichicla A., pr. cousseja, cousse[rJgueja (de coussou, toutou), à côté de soussolegue (Lang. soussou = pr. coussou), suçole[r]gue ; pr. gousset (fa), c.-à-d. faire le petit chien, Istrie cucija (de cuccio, toutou), port. coçar (et gratter), d'un primitif cofo (= gozo), d'où edeega, chatouillement, dial. (Trasosmontes) cosca, cosquinha, répondant à l'esp. cosquilla,3 anc. gozguilla, propr. caresse de petit chien, à côté de perrada, caresse feinte ( = chiennerie; cf. it. carezze di cane, cortesie di putane); convoiter (avoir une envie de chien) : fr. aboyer, propr. crier 1 Du Vair (dans Godefroy): „ O n divisera les princes entre e u x . . . et avec de faux bruits et calomnies, on halera les peuples après e u x " ; Cymbalum Mundi, 193: „ O n nous tue, on nous hare, on nous menace". * Anc. Théâtre fr., V I I I , 424: „Souffriray-je un rival piller sur mes talons?" * Diez rapproche port, coçar, esp. coscar (cosquilla), du lat. coquere, brûler, inquiéter.

45 comme le chien après le gibier, 1 d'où désirer ardemment, aspirer, le cri étant l'expression du désir, 2 à l'instar de bêler, désirer vivement, au propre et au figuré; pr. laira, aboyer et convoiter, sarde logod. appeddare, convoiter ( = aboyer), catal. glatir, désirer (anc., aboyer) ; ennuyer (44): sarde logod. attoccare, propr. aboyer; flatter (42): fr. faire le chien couchant, s'humilier (Oudin) et flatter bassement, répondant au catal. fer ¿0 buz, port, hacer el buz, propr. faire le toutou ( = buz, et baiser sur la main par politesse, 8 1 ) ; insulter (42): {t. aboyer, invectiver (v. Littré), et mâtiner, esp. pourperreria (port, perraria), injure, outrage ; cf. gr. vXaxrtvœ, suivre quelqu'un d'injures ou de malédictions ( = aboyer) et allem. hunzen, vilipender; médire : fr. aboyer, dénigrer, anc. pr. janguelhar ; cf. lat. allatrare, id. (Tite-Live, XXXVIII, 54 : Cato allatrare Africani magnitudinem solitus erat); mentir (cf. gausserie, 4 8 e ) : anc. fr. jangler,3 d'où jangleur, menteur, vantard ; railler (44): anc. pr. janglar (d'où janglos, moqueur), anc. fr. jangler, et bahutter,4 à côté de baie, raillerie, it. baja, bajata, id. ( = aboiement), Piém. f i ciuciù (la baja), plaisanter, propr. faire le toutou, aboyer comme lui. 71.

Epithètes:

a) Concernant le physique du chien: cagneux (57): Mayen.braque, cagneux, et fr. brachicourt (Furetière), auj. brassicourt (du cheval dont le genou forme une courbe), propr. courtaud 5 comme le braque (anc. brache, brace) ; roum. haitif, cagneux (de haità, chienne) ; camus: esp. braco, c'est-à-dire braque (dont le museau est court et carré); courtaud (cf. trapu, 43 a ) : fr. basset (à jambes grosses et courtes comme chez les bassets) et braque, ramassé (Oudin), Piém. brac, bracot, homme de petite taille (les braques ayant les jambes courtes); fr. goussaut (du chien trapu), cheval court de reins et faucon lourd ; 1 Du Bellay, Mémoires (ap. Lacurne) ; „Cette ville de Turin sur laquelle ils abbaitnt comme les chiens après le cerf". Cf. Lucrèce (II, 17): „ N o n n e videre est, nil aliud sibi naturam latrare, nisi u t . . . *'

' Cf. Fcstus: „latrare Ennius pro poscere posuit". L'anc. gr. vkaxxevaj, aboyer, s'appliquait également aux craquemeDts de l'estomac affamé, comme en latin (Horace, Sai., I I : Cum sale panis latrantem stomachum bene leniet) et en ancien français (Rabel., III, 1 5 : Mon stomac aboyé de maie faim comme un chien). ' Proverbe du X I I I e siècle: On ne peut pas deffendre le chien a abaier ne le mentours a jaingler. 4 Anc. Théâtre fr., I X , 58: „ A quel jeu jouons-nous? Tout de bon ou pour bahutter ?" * Littré voit, dans brassicourt,

un composé irrégulier de bras et court.

46 frisé: Clairvaux caniche (cheveux) et Vendôme zozo (cheveux en), en accroche-cœurs, pr. canicho, petit homme chevelu et crépu; cf. port, dial., Alemtejo, perriquilho, chevelure enroulée par derrière; glouton (45 b ) : Yon. ferbaud, Poit. lebrou (lévrier), pr. a/an (chien alan); gros : Clairvaux, Genève doguin (p. ex. poisson), Norm. d'Yères doguin, cochon trapu à oreilles droites; maigre (57): esp., port, galgo (à la taille svelte du lévrier), d'où port, galgaz, efflanqué; nain (semblable à l'épagneul ou au terrier nains) : anc. fr. goz,1 goce, propr. mâtin, terme qu'on rencontre tantôt absolument et tantôt comme épithète, 2 au sens de trapu ou ramassé; 3 it. cucciolo, petit ( = toutou) et Sic. guzzu, bout d'homme (id.) ; rayé de blanc (cf. gris, 45 a ) : Gers braquet, bœuf de couleur clair (Rolland, V , 24), les braques étant généralement blancs ou tachetés d'un brun rougeâtre, et Ouest triche/,* bœuf marqué à la queue seulement (Ibid., V, 28); pr. bracanâ (barracana), bricand, rayé de blanc; Rouerg. lebret, bœuf couleur de lièvre, b) Concernant le moral de la bête : avare (45 b ): fr. chiche (XIIe s. = anc. pr. chica, chienne, 12), d'où chicheté, avarice (Marot : Chiche/é est la lysse Qui l'âme tue et rend le corps malsain), pr. mod. chicheta, lésine et petite chienne ; 5 Norm. gredin (Bessin grediner, lésiner), pr. charnegue et perron, ladre ; it. barbino („barbet"); cruel (cf. barbare, 25): anc. pr. ganhart, anc. fr. gatgtiari,6 dérivé de gaigne, rage, 1 propr. mâtine (cf. gaignon, 19), et mastin,8 épithète injurieuse appliquée aux infidèles, 9 et à leurs dieux, dans la dépréciation hyperbolique (35) ; it. mastino, tyran, persécuteur ; 1 Fœrster (Erec, glossaire) rapproche goz, nain, de l'it. gotzo, jabot ; Stengel y voit un dérivé de gueux (v. les citations ci-dessous). * Erec (éd. Fœrster, v. 793): ,,Li chevalier va devant toz, Lez lui sa pucele et son ^oz. . . " ; Durmart le Gallois (éd. Stengel, v. 2144): „ U n e graot piece de lardé I roslissoit li nains goces ..." * Dans le portrait du nain, qui joue un rôle dans Durmart le Gallois, on peut reconnaître certaines allures caractéristiques de la bête (v. 4468): Voient venir parmi la cort Un petit gocet gros et cort . . . L a teste est grosse et plat le nés E t cort col e vis ribole; . . . Le gocet qui venoit clochant . . . La tête énorme, le nez camus et la démarche boiteuse sont des traits particuliers à certaines espèces de chiens. 4 Bonav. Des Périers, Joyeux Devis, L X I X , 245: „Brichet, Castain, ven après m o a y ! " (le paysan appelle ainsi un de ses bœufs). 8 Depuis Ménage, on dérive chiche, avare, du lat. ciccum, membrane d'un grain de grenade. * Raoul de Cambrai, v. 470: „félon etgaignart"; G. de Coinci: ,,fel e waignars ". 7 Anc. Théâtre fr., I, 315: „ S ' i l est en gaigne, il escume". 8 XIII« s. (ap. Littré): „ C i l s qui avait le cuer orgueilleus et mastin.. ." 9 X V e s. (ap. Littré): „ N o s feaulx chresliens.. . ces mastins Sarrasins",

47 docile : Naples cuccio (toutou), Abbruz. accuccia, accuzzarse, pencher la tête (en signe de résignation ou de soumission), demeurer coi et ne souffler mot; emporté (45 b ) : fr.braque (d'un caractère impétueux), it. bracco, petit homme rageur, et izza, colère (primitivement cri de chasse, 10), Naples zirria, colère ( = grondement) ; esp. perrenque, port, perrengue', cf. esp. ponerse como un perro, se mettre facilement en colère; entêté (47 b) : Piém. mastín, esp. perro, port, perrengue ; pr. atissa, s'opiniâtrer; étourdi : fr. braque ; cf. it. aver sciolio i bracchi, avoir lâché les braques, c.-à-d. rêver, radoter, dire des folies (Duez), et txçpçcovsç, inconsulti, épithètes qu'Arrien et Gratius Faliscus donnent aux chiens gaulois, aux ségusiens et aux vertragues; grossier : Mayen, braque, rude de manières, pr. mastín, malotru, it. mastinotto, rustre (di mastino, fait grossièrement) ; port, perro, dur, raide, rude ; roum. dulâû, pataud ; hargneux (57): Bresse doguin, esp. perrenque; ivre (cf. 37) : esp. chucha et perra (Bogota perrica), ivrognerie, propr. chienne; cf. Ane. Théâtre fr., II, 3 9 : „On obéira à ce villain qui est plus yvre que un braquet ?u lambin : Abruz. cucce cucce (toutou toutou), doucement ; lascif (cynique, 45 e ): anc.fr. baud, lubrique (anc. argot baude, mal vénérien) ; pr. charnigaire, goussatié, paillard, à côté de perre, gaillard, et mastín, luron ; mauvais (25): esp. perramente, très mal ( = chien de . . .) ; méchant (57): anc. fr. gaignon et mastín (v. cruel), mod. roquet", pr. charnegue, it. bottolo (roquet, épithète dédaigneuse donnée par Dante aux Arétins); esp.perrería, port, perraria, vilenie, méchanceté; paresseux (45 b ): Clairvaux doguin, indolent; pr. gousso, paresse ( = chienne); renfrogné (47): Mayen, agoussé (de gousse, chien, 14); rusé (45 b ): fr. gredinette, jeune femme rusée (femelle du grediri) et Norm. mâtin, rusé compère, pr. mastín, matois; cf. angl. a sly dog, id. (un rusé chien); sale (45 a ): pr. goussard, goussas (gros chien); sot (45 b ): fr. lévrier, niais (cf. étourdi comme un jeune levron), Berry loto et zozo, grand bêta ( = toutou); it cuccio, cucciolo, id.; vagabond (44) : wall. êpagnote (épagneul), pr. lebrier (lévrier) ; vil (v. lâche): anc. pr. cutz (Donat: vilis persona), propr. vil comme un chien (13). 72. Maladies affectant principalement les chiens: fièvre tierce (v. frisson) : esp. chucho (toutou) ; cf. tchèque psina, fièvre (de pes, chien); frisson (habituel aux chiens): esp. chucho', cf. Rolland, IV, n° 267 : J'en frissonne et j'en trembe quem in chin galeux (dans un conte balzatois, Charente);

48 g a l e : esp. galga genou du cheval.

(autour

du

cou);

cf. fr. îevron,

maladie

au

73. E m p l o i h y p o c o r i s t i q u e : enfant (47) : bichon, chou 1 ( d ' o ù chouter, caresser), chouchou (d'où chouchouter, id.), F o r e z chichou, A b r u z . cecià ; fr. ioulou (cf. a n c . fr. tatin, id., d ' o ù M a y e n , tatiner, caresser) et esp. tatô, c a d e t d ' u n e m a i s o n (Abruz. tatd, toutou) ; entremetteur d e mariages (34) : Berr. jappeux, propr. b a v a r d (68) ; g a r ç o n (47) : fr. p o p . gosse (dim. gosselin, gosseline), propr. c h i e n ; pr. goussoun, polisson, et mastín, g a r s ; g r o s b o n n e t (34) : Berr. faire son dogue, faire l'important. 74.

E m p l o i péjoratif:

a) A p p l i q u é a u x

personnes:

b e d e a u ( 5 9 ) : esp. perrero, port. perreiro\ d o m e s t i q u e : a n c . fr. mastin (et faire le mastín, p r e n d r e un air h u m b l e ) ; cf. fr. p o p . faire le chien, s e dit d e la cuisinière suivant s a maîtresse a v e c un p a n i e r ; f a r c e u r (cf. m e n t e u r , 7 0 b ) : fr. jongleur ( X V e s.), à c ô t é d e l'anc. jangleor, m e n t e u r , 2 devint le n o m d e s d e r n i e r s ménestrels ou jogleors (= jocuiatores), lesquels, t o m b a n t e n discrédit e n m ê m e t e m p s q u e la récitation épique, furent assimilés a u x jangleurs ou m e n t e u r s d e profession : 3 jogleor et jongleor, d ' o r i g i n e diverse et i n d é p e n d a n t e , représentent ainsi d e u x p é r i o d e s différentes d a n s l'histoire d e l'improvisation é p i q u e au m o y e n â g e ; pr. gnif-gnaf, farceur, propr. a b o y e u r ( „ o n o m a t o p é e qui e x p r i m e l ' a c h a r n e m e n t d ' u n c h i e n a p r è s sa p r o i e " , Mistral), et zozo, pitre d e p a r a d e , polichinelle ( = toutou) ; fille (grosse, 48 a ) : H a i n a u t loulou ( „ j e u n e fille a v e c d e g r o s s e s lèvres et d o n t l'aspect n'est p o u r t a n t p a s d é s a g r é a b l e " , H é c a r t ) ; g a r d e - f r e i n : fr. p o p . chien courant, e m p l o y é c h a r g é d e fermer les portières et d e crier les stations ( R i g a u d ) ; m e n d i a n t (comparé à un c h i e n qui a b o i e plaintivement, cf. 8 ) : a n c . a r g o t hupin, hubin ( „ c h i e n " ) , m e n d i a n t soi disant m o r d u p a r un chien e n r a g é ; m o r t (personnifiée, 4 8 a ) : anc. a r g o t carline (femelle d u carlin, d o n t la f a c e est noire j u s q u ' a u x y e u x et le m u s e a u court) ; n è g r e ( 4 8 a ) : port, perrengue; p a y e u r (mauvais) : esp. perrera ; 1 Déjà dans VOvide bouffon de 1662: „Mon petit chou gras!" (cf. le proverbe: Gras comme un petit chien qui tette). * Cf. anc. fr. jaungeler, aboyer, à côté de jangler (6). * Claude Fauchet (Recueil de L'origine de la langue et poésie françoise, Paris, 1581, p. 78): „ L e s contes des jongleurs estant méprisés à cause des menteries trop évidentes et lourdes, quand on vouloit parler de quelque chose folle et vaine, l'on disoit: ce n'est que jonglerie; estant enfin jongler ou iangler pris pour bourder ou mentir".

49 prostituée (48»): anc. fr. baude ( = chienne en chaleur, auj. Norm. d'Yères) et herbaude (17 e), lice (avec ce sens encore dans Régnier, Sa/., IX, 109) et mastine, concubine (Amyot); pr. gousso (argot fr. gousse), propr. chienne ; Abruz. lice (cf. fijje de lice, bâtard) ; roum. haità (..chienne"); sbire (48) : anc. fr. lévrier (Oudin : lévriers du bourreau, archers), mod. limier', i t bracco, gendarme (cf. bracchi del bojd), esp. argot mastino', cf. lat. canis, id. (dans Cicéron). b) Appliqué aux animaux: rosse (48 b ) : pr. gousso, esp. perrera ; vache (48 h ): Bresse caniche. c) Appliqué aux choses : chicane : esp. perrada, port, perrice ; faim (cf. faim canine) : port, galga (levrette) ; fraude : esp. perro (et perrero, trompeur) ; métier (pénible) : esp. perrera (cf. métier de chien) ; viande de qualité inférieure (48) : anc. pr. carn gossa (v. Lévy, Supplementworterb. s. v.). 75. Emploi euphémique : a) Pour désigner des êtres imaginaires dont on fait peur aux enfants : bête noire : anc. fr. baye-baye (Oudin), pr. babàu (babòu), fantôme {faire babau, apparaître subitement à un enfant pour lui faire peur), Piém. babao (bao bao), baboia, id. ; Còme babao (Naples babau, cri menaçant du chien); it. bau, Berg. bao (nom enfantin du chien): far bau bau, faire tou tou en se cachant le nez de son manteau et regardant par un petit trou pour épouvanter (Duez), far baco baco (= bau bau), id., et sarde far butti butti, id. ; cf. allem. Wauwau, id. ; épouvantait : pr. babau, etc. (v. ci-dessus) ; Arezzo bobo {== babau) et bubic, diable (cf. bubbo, bau !), Abruz. ciaciaro/e (de ciaciò ! bau ! cri pour effrayer les enfants) ; port, babao (et tutù, croque-mitaine) ; de là : cacher (se) : fr. faire tou tou (Oudin), se cacher en jouant comme font les petits enfants ( = pr. faire babau) ; Marches fa bubù, id. ; effrayer (en criant) : Sic. abbautirisi, abbagutirisi, Còme sbago/tt, d'où it. sbigottire,1 à côté de abbaire (de bai ! = bau !) et sbaire, Piém. sbuji, sbcij'i, 2 répondant au Pic. bahuter, chasser (en effrayant), et au fr. ébahir, anc. esbatr, stupéfier, propr. épouvanter en criant bau! ou bai! (Marches sbagutisse, 1 Caìx (Studi, 53) fait remonter sbigottire, anc. esbauttire, à un type *ex-pavor-ire, à l'instar de paçura (pour paura); Parodi (Romania, X V I I , 202), à *ex-bag-ott-ire, où bag serait le reflet du lat. vagus; finalement, K ö r t i n g met le verbe en rapport avec le fr. bigot. 2 N i g r a (Archivio, X V , 124) renvoie, pour sboji, au lat. butlire, bouillir.

Beiheft z. Zeitschr, f. rom. Phil.

X.

i

50 stordirse) ; cf. serbe bauknuti, effrayer (de bauk ! bau ! slovène baukati, aboyer) ; masque ( = épouvantail) : pr. babau, babocho, it. baucco (d'où bauccare ou far baco baco, Duez) et bautta, d o m i n o (Còme baiula, épouvantail) ; peur ( = bau !) : it. bausette, terme moderne, propr. qui effraie sept personnes (d'après l'analogie d e ammazzasette) ; regarder furtivement (pour faire peur) : wall. bawi, propr. faire bau ! en imitant le cri du chien effrayé. b) Interjections d'étonnement : fr. mâtin / (exprime l'admiration la plus violente ou la douleur la plus vive), sacré mâtin ! (exprime le dépit appliqué également aux choses : cf. Molière, l'Etourdi, V , i : Mâtine d e cervelle ! . . . ) , pr. babau ! (marque la surprise) ; port, babao ! (bernique !). 76. Applications isolées : associer (s', entre camarades) : Clairvaux se doguer (et aller d e pair en travaillant), d e dogue, au sens d e „ c o m p a g n o n " ( = chien, 34) ; attendre (se morfondre comme un chien à la porte) : Poit. doguer ; chapeau (aux bords pendants) : fr. clabaud, primitivement chapeau en clabaud, aux oreilles pendantes (comme celles du clabaud); d é j e u n e r : esp. perrada (dans lequel on se g o r g e d e raisins, qui plaisent beaucoup aux chiens) ; cf. lat. caninum prandium, repas sans vin (anc. fr. eau et pain, c'est la viande du chien ; it. acqua e pane, vita d a c a n e ) ; fosse (pour recevoir d e l'eau) : port, galgueira (de ga/ga, levrette) ; outre (en peau de chien) : esp. dial., B o g o t a , perra (chienne) ; plongeur (comparé à un caniche) : esp. buzo, buzano ; sac d'infanterie (d'après son p e l a g e ) : fr. argot azor; trésor : Pas-de-C. azor (et magot : soigner s o n azor) ; cf. Bavar. Hund, trésor caché (les chiens noirs étant censés être gardiens d e s trésors).

Troisième Partie. Métaphores

usées.

7 7 . L e s i m a g e s tirées d e s n o t i o n s chien et chat présentent u n singulier contraste. L e nom d u chien, on l'a vu A plusieurs reprises, exprime toutes les bassesses et toutes les vilenies; celui d u c h a t s y m b o l i s e , p a r contre, la finesse, la g r â c e , la gentillesse. Le terme mignon, qui en est l'expression p u r e m e n t française, n'est autre c h o s e q u ' u n d e s n o m s enfantins d u chat, à l'instar d e mine et d e son d é r i v é minois, qui d é s i g n a d ' a b o r d la figure intelligente et f r i p o n n e d u minet. L e c h i e n , q u e pourrait-il opposer, à cet é g a r d , sous le r a p p o r t linguistique? C o m m e d'habitude, u n e image d e la difformité, d ' u n v i s a g e r e n d u livide p a r les intempéries. L a figure chienine d e R o n sard et la chienne de face d e Molière trouvent leurs p e n d a n t s d a n s l'it. cagnazzo, laid, propr. vilain chien ( D a n t e d o n n e c e nom à l'un d e s d é m o n s d e s o n Enfer), scagnanio, id., et les visi scagnazzi de la vision d a n t e s q u e r e n d e n t e n c o r e plus frappante c e t t e i m a g e d e la l a i d e u r p h y s i q u e . 1 E l l e r e m o n t e d'ailleurs assez haut, c a r les d i e u x e t les h é r o s d ' H o m è r e se l a n c e n t d é j à mutuellement, c o m m e la plus sanglante d e s injures, cette p h y s i o n o m i e la fois effrontée et m e n a ç a n t e d u c h i e n : xvvcoxiç, a u visage d u c h i e n , i m p u d e n t ; et le divin A c h i l l e n e traite-t-il pas A g a m e m n o n d e (//., I, 2 2 5 ) : Olvofiu(JkÇ, XVVOÇ Sft/lUl' t%wv, XQUÔhjV

ttlátpoio?

C e seul e x e m p l e suffit p o u r caractériser l'opposition à p e u près c o n s t a n t e q u e présente l'évolution métaphorique d e s n o m s d u c h a t et d u c h i e n . 2 1 Le monstre chiche/ace, du moyen âge, qui mordait ceux qu'il rencontrait, parait également signifier „face de chien" (cf. chiche, chien, 12). ® Comparer le xvvoç ofzfiat' t/a/v d'Homère et l'allem. Hundsaugt, regard plein d'envie et d'impudence, avec ces paroles d'un observateur impartial: „Quand viendront les mauvais jours, quand le malheur aura fait le vide autour de vous. . ., le chien seul vous consolera, vous léchera les mains, vous regardera de son œil plus que humain" (Ménault, VIntelligence des animaux, 1868, p. 281).

4*

52

I. Tie physique: indolence, voracité. 78. L e chien, r e m a r q u e Buffon, qui est fait p o u r le plus g r a n d m o u v e m e n t , devient, par la s u r c h a r g e d e la nourriture, si p e s a n t et si paresseux, qu'il passe toute sa v i e à ronfler, dormir et manger. C'est c e q u ' e x p r i m e le pr. cagno, o u gousso, paresse, propr. c h i e n n e , et cagnard, p a r e s s e u x (ce dernier passé e n français au X V I e siècle), fr. p o p . cagne, tous termes qui d é n o t e n t à la fois l ' i n d o l e n c e et le flegme si caractéristique d u chien. L e m ê m e trait est réfléchi par l'ancienne locution dormir ai chien, c . - à - d . a u soleil p e n d a n t la chaleur o u un peu d e v a n t le repas (Oudin), q u ' o n trouve d a n s R a b e l a i s ( I V , 6 3 ) : ..Dormir en chien, c'est dormir à j e u n e n hault soleil, c o m m e font les c h i e n s " . L e l a n g a g e populaire m o d e r n e la r e n d p a r piquer un chien, dormir p e n d a n t la j o u r n é e , et le génois oa da cagna, heure d e la c h i e n n e , i n d i q u e „1' ora d e l d o r m i c c h i a r e , dicesi nell' u s o quell' ora c h e s e g u e d o p o il pranzo, in cui si p e r d e o g n i v o g l i a d i lavorare, e s s e n d o presi d a l s o n n o " (Casaccia). 7 9 . L ' a p p é t i t d u chien est é n o r m e , sa faim insatiable (cf. faim canine) : le pr. m o d . gousso, appétit ( = c y n o r e x i e , cf. angl. dogappetite), d ' o ù goussá, m a n g e r d e g r a n d appétit, c . - à - d . dévorer c o m m e un chien, terme q u ' o n trouve d a n s l'argot dès le X V I e siècle (gausser, aujourd'hui r e m p l a c é p a r d e s s y n o n y m e s , tels que cléber, cL'boter, d e cleb, chien). C e trait d e la voracité c a n i n e a été m e r v e i l l e u s e m e n t saisi par D a n t e ; il c o m p a r e C e r b è r e , qui n e s'apaise q u e lorsque ses g o r g e s a v i d e s sont remplies d e p o i g n é e s d e terre, a u c h i e n qui se d é b a t en a b o y a n t et se tait d è s qu'il m o r d sa pâture, tout o c c u p é d e la d é v o r e r à l'écart [Enfer, V I , 28) : Quai è quai cane che abbaiando agugna, E si racqueta poi che il pasto morde, Che solo a devorarlo intende e pugna. 1 L a m ê m e i m a g e a été r e n d u e par R a b e l a i s d ' u n e m a n i è r e n o n moins réaliste (dans le p r o l o g u e a u I e r livre): „ M a i s vistes-vous o n c q u e s chien r e n c o n t r a n t q u e l q u e os m e d u l l ä r e ? C'est, c o m m e dist Platon, la beste d u m o n d e plus philosophe. Si veu l'avez, v o u s avez p e u noter d e quelle d é v o t i o n il le g u e t t e , d e quel s o i n g il le g a r d e , d e quel ferveur il le tient, d e quelle p r u d e n c e il l'ent o m m e , d e quelle affection il le brise, et d e quelle d i l i g e n c e il le sugce". 80. L a dentition d u chien est en r a p p o r t étroit a v e c sa voracité. 11 vient s o u v e n t au m o n d e a v e c toutes ses d e n t s (c.-à-d. a v e c d o u z e incisives, quatre c r o c h e t s et d o u z e molaires), et elles • s o n t tellement frappantes que l'animal a fourni son n o m a u x inci— 1

Comparer la pâle imitation de Baïf (Mimes, éd. Blanchemain, p. 54) : A u chien qui d'aboyer s'égueule, Jeite un bon os en la gueule, Incontinent il se taira.

53 s i v e s : xvvôôovç, d e n s caninus, d e n t s canines, „ p o u r c e qu'elles s o n t a i g u ë s et fortes c o m m e d e n t s d e c h i e n " (Ambr. Paré), esp. cam'/, dent canine. L ' a n c . fr. quenne, o u cane, d é s i g n e s p é c i a l e m e n t l a d e n t animale, d a n s le Roman de Renard (éd. Martin, v. 7 3 4 2 ) : Prendre le 1 volt, mès ii failli, Et neporquant quatre des pennes L'en remestrent entre les quenne s.2 Quenne veut s i m p l e m e n t dire „ d e n t d e chienne" (— N o r m , quinine, quenne) et le sens généralisé se retrouve d a n s le diminutif m o d e r n e quenotte (à c ô t é d e canette, Berr. quenaude), d e n t d e petit e n f a n t , 3 acception qu'on trouve déjà dans Oudin. L e s d e n t s d u petit c h i e n sont d ' u n e parfaite blancheur (cf. en p r o v e n ç a l , b l a n c c o m m e u n e d e n t d e c h i e n ) , c e qui a s u g g é r é la c o m p a r a i s o n a v e c c e l l e s d u b a m b i n : cagnette, F r i b o u r g , n o m enfantin d e la dent, à l'instar d u fr. pop. louloute, première d e n t d ' u n enfant, propr. d e n t d e c h i e n n e loulou. L a m ê m e i m a g e revient d a n s l'it. same, incisives (cf. N a p l e s cana p o u r cagna), qui r é p o n d à l'anc. fr. cane, quenne, d e n t . 4 Dans l ' é p i s o d e d a n t e s q u e du C o m t e U g o l i n , le malheureux p è r e voit e n rêve d e s c h i e n n e s „ m a i g r e s , bien dressées et a g i l e s " , d é c h i r e r d e leurs d e n t s a i g u ë s 5 lui et ses enfants (Enfer, X X X I I , 2 8 ) : e con 1' agute scane Mi pàrea lor veder fender li fianchi.®

II. Tie morale: adulation, cynisme. 81. O n a d e tout temps vu, dans le c h i e n , l'animal r a m p a n t par e x c e l l e n c e , le type d u flagorneur. L a locution faire le chien couchant, t â c h e r d e g a g n e r quelqu'un par d e s soumissions basses e t insinuantes, r é p o n d à peu près à l'anc. gr. jiçooxvvtlv, se p r o s t e r ner à la m a n i è r e d e s Orientaux, propr. se mettre à plat v e n t r e II s'agit d'une mésange qui prit „par barat" le fromage du renard. Cf. Ibid., 13762: „tu lui ostas a tes canes Quatre de ses plus belles pannes". 3 Cette origine se trouve déjà indiquée dans Moisy, Dictionnaire du patois normand. Cf. Romania, VI, 477 (les objections qu'on y soulève tombent devant les faits constatés plus haut). 4 Cette association, chienne-dent, se trouvant à la fois en français et en italien, exclut nécessairement la dérivation habituelle du germanique (isl. kenna, joue, allem. Kinn, mâchoire): la forme (it. cana) et le sens („incisive") s'y opposent également. s Buti: „Scane sono li denti pungenti del cane, eh' egli ha da ogni lato coi quelli egli afferra". Zambaldi voit dans scana une variante poétique de sanna, zanna, dent. Aujourd'hui, scana désigne les dents latérales du cheval. 6 Comparer ce passage du Pataffio (II, II): ,,. . .e non menare il cane Ghiotto tralinto", ainsi commenté: „Non menare il cane, crederei potesse equivalere a non menare i denti, non mangiar tanto". Ajoutons la locution: Avoir une dent de lait contre quelqu'un, c.-à-d. lui porter rancune, qui répond à cette autre: Garder un chien de sa chienne. 1

1

54 devant quelqu'un pour obtenir sa faveur, et au lat. adulari, qui s'est dit d'abord du chien (Lucrèce, V , 1069): „ L o n g e alio pactu gannitu vocis adulai..." L'espagnol représente un autre aspect de l'adulation: hacer cl buz, faire le toutou, baiser la main en signe de soumission; c'est l'anc. gr. xvvéco, baiser, c.-à-d. lécher à la manière des chiens. L e lèchement est à la base du roum. linguçire, flatter (de lingere, lécher), macédo-roum. sprelindzere, flagorner, à l'instar du catal. llepar, de l'it. leccart (adulare, accarezzare), fr. lécher. Deux autres aspects du même penchant se rapportent à la patte du chien et à sa queue. 11 tend la patte, en signe de caresse, et c'est là le sens de l'anc. fr. chipoe, cajolerie, propr. patte de chien. 1 D'un autre côté, le chien remue la queue en signe de joie, et ce frétillement est devenu une dernière expression de l'adulation: roum. gudurare (pour cudurare), flagorner, cajoler, propr. flatter2 de la queue (cf. a da diti coadà, frétiller et flatter), à l'instar de l'angl. lu tvheedie, flagorner (allem. wedcln, frétiller). L'allem. schervoenztln, synonyme de hilndeln, faire le chien couchant (dérivant de Scherwtnzel, caniche, barbet, Nemnich), répond exactement à. cagner, flatter en remuant la queue, du patois de l'Yonne. 82. Pendant la première jeunesse, le chien joue, saute, court et gambade continuellement. Quel que soit son caractère à venir, il est toujours doux et caressant. 3 Ce caractère insinuant est rendu, en français, par câlin (de caelin, anc. fr. cael, cal, petit chien), qui répond, quant à la finale, à l'it. cagnolino. Le patois berrichon a, du même type ancien français, calaud, gracieux, gentil (en parlant surtout des enfants), à l'instar de l'esp. cachott, gachon, câlin (de cacho, jeune chien). Câlin est, dans ce sens, moderne et d'origine dialectale, et diffère de câlin, qui a eu cours au X V I e et au XVII e siècle, aux sens de mendiant 4 et de lâche, paresseux, rampant (dans Ménage), encore dans certains patois (wallon : méchant, vaurien, vagabond). La raison d'être de cette double série sémantique paraît résider dans le sens de „petit chien" ou de „ c h i e n " , 1 les acceptions favorables se rapportant au premier et les sens péjoratifs au dernier. 6 Ajoutons qu'un autre diminutif, d'origine hypocoristique, (hicol, jeune chien, désigne, dans l'ancienne langue, le flagorneur, à l'instar Guill. de Machault (ap. G o d e f r o y ) : „ T i e l z flatemens, telles chipoes. . ." • Cihac dérive gudurare du type composé con-adulari. Bénion, Les races canines, Paris, 1867, p. 92. 4 Bouchet (Serees, I V , 2 1 9 k „ D e v i n e z ce que ces gueux et caslins font? Ils contrefont les malades de Saint-Jean 1 '. L'orthographe caslin suit la tradition du X V I « siècle (cf. caisgne, dans R a b e l a i s ) ; Cotgrave ne connaît que câlin. 5 L e wallon „ f a i m câline" suppose un câlin, chien ( = petit chien), à l'instar du vendéen chaé, chien A . ( = anc. fr. chael). 6 Scheler fait remonter câlin à un type lat. catellinus (qui aurait donné chellin) ; Brinkman (p. 227) y voit également un dérivé de cant's, par l'intermédiaire de caninus (qui aurait donné chenin). 1

3

55 dû câlin, par ex. dans ce passage de Du Verdier (dans Lacume) : „ S a cour estoit pleine de bons esprits et de gens de savoir, en lien de fols, de chicots, de flatteurs et d'harlequins".

III. Snperstitions. 83. Le diable prend, entre autres formes, celles d'un chien (dans l'île de Guernesey), ou d'un chien noir (dans le Morvan) et, dans la Saintonge, les sorcières se changent en chiens blancs. 1 En Portugal, le diable porte le nom de câo tinhoso, chien teigneux. Des animaux fantastiques portent, dans les diverses provinces de la France, le nom de chien rouge ou de chien blanc. Le chc rouge, de la tradition vendéenne, se montre aux voyageurs pendant la nuit, dans une vaste clairière: il commence par tracer autour du voyageur des cercles de feu qui se rétrécissent, et il se précipite ensuite sur sa victime qu'il dévore (Favre) ; le chin bianc, de la tradition lorraine, est censé sauter par dessus les enfants occupés à travailler dans les champs, ce qui les rend paresseux (Adam). Dans le Berry, la levrette est un fantôme qui, sous la forme d'un grand chien blanc efflanqué, rôde pendant la nuit autour des bergeries (Jaubert). Le chien-lutin tue tous les autres, et le chien ¡'couteux écoute aux portes.2 Les superstitions de la Suisse allemande connaissent également le chien fantastique aux yeux de feu. 84. Le chien joue un rôle très important dans les chasses fantastiques, dites aériennes ou sauvages, qui offrent une image réduite des chasses terrestres. Ces chasses nocturnes portent souvent, dans les traditions populaires de la France, des noms de chiens, tels que chasse à baudet,3 chasse à rihaut4 et chasse à rigaut,* dans le Berry, à côté de chasse brigue/,s cette dernière appelée chasse briquet,7 en Touraine. Ces divers noms sont autant d'appellatifs du chien : baudet, diminutif de batid, grand chien blanc (appelé jadis chien du roi), répond exactement à brigue/ ou briquet, chien de chasse (cf. briquet 1

Mélusine, I V , 477. Revue des traditions populaires, V I I I , 46, et P . Sébillot, Le Folklore de France, vol. I l l , p. 1 2 1 . 3 Laisnel de la Salle, Légendes et croyances du Centre, 1876, I, 168: ,, La chasse à baudet est une chasse nocturne qui traverse les airs avec des hurlements, des miaulements et des aboiements épouvantables, auxquels se mêlent des cris de menace et d'accents d'angoisse". 4 L . Martinet, Légendes et superstitions du Berry, 1879, p. 3 : „ L a chasse à ribaut est un bruit qu'on entend à n'importe quelle heure de la nuit ; on dirait un nombre considérable de voix de chiens de différente grosseur et, par-dessus tout, la voix forte et grave d'un gros dogue accompagnant par intervalles égaux ce concert discordant". 5 Laisnel de la Salle, I, 171 (on entend cette appellation à Cluis). • Ibidem (près des portes du Loiret). ' A . Harou, A travers te monde, 1898, p. 40: „ E n Touraine, on parle de la chasse briquet, avec ses chiens ailés, qui poursuit les paysans attardés". 2

56 d'Artois) ; quant à ribaut et rigaut, ce sont d'anciens noms propres du chien, dont le dernier figure déjà avec ce sens dans le Roman de Renard (éd. Martin, V , 210): O r X r i b o l e ! or C l a r e m b a u t ! P a r ci f u i t le g o r p i l ,

Rigault.1

Le synonyme normand de Mire Harpine2 se rapporte également à la famille de termes de vénerie qui a donné harpaille, harpaillon, etc. Dans les Ardennes, des roquets, petits chiens blancs et noirs, poursuivent également dans les airs un gibier fantastique. 3 Mais le nom le plus général que porte la chasse sauvage, à partir du XIII e siècle, est celui de la Mesnie hellequin. Les variantes multiples du mot, toutes attestées dans Godefroy, sont: helequin, helquin, hielquin, halquin, herlequin, hierlequin. Le nom de hellequin, survit dans la Haute et Basse-Normandie, sous la forme helchien. A Hague et au Val de Saire: „ L a chasse hile-tchien est une chasse qui se fait dans l'air; on entend les chiens aboyer, les chevaux hennir, les hommes crier"; 4 dans la Manche: „ L a chasse hèle-chien est une prétendue chasse aérienne que l'on entend passer dans les nuits d'été; les chiens qui y prennent part, jappent et n'aboient pas". 5 L'ensemble de ces traditions populaires fait ressortir le rôle prépondérant du chien, prépondérance d'ailleurs bien naturelle lorsqu'il s'agit d'une chasse. Hellequin a été par suite interprété comme hèle-chien (en normand, quin), chien qu'on hèle, qu'on lance sur le gibier ; les synonymes ancien-français helle, herle, hierle, bruit, tumulte (primitivement de chasse), et hellir, herlir, faire du tapage (au fond identiques à haller, harer, exciter un chien) rendent compte des variantes citées plus haut. 11 en résulte : a) Une légende, relative à un certain Herlequin et à sa famille, circulait pendant le haut moyen âge, au Nord de la France; un prêtre Gauchelin aurait eu déjà au XI e siècle (suivant Orderic Vital) une vision aveo un membre de cette familia Ilerlechini, ou de la mesnie Herlequin ; 6 b) Cette légende subit, à partir du XIII e siècle, une profonde modification, de forme et de fonds, due à la conception populaire 1

Cf. anc. fr. rigault, gueux (à l ' i n s t a r d e ribaut). L . D u Bois, Recherches... sur la Normandie, 1843, P' 3 ° 9 : „ D a n s le d é p a r t e m e n t d e l ' O r n e , on appelle Mire Harpine, chasse Arthus ou chasse Hennequin, u n e t r o u p e de p r é t e n d u s esprits infernaux q u i traversent les airs en j e t a n t des cris aijjres et p r o l o n g é s ; la Mère Harpine est le chef d e la bande redoutable". 8 Revue des traditions populaires, I V , 664. * Fleury, Littérature orale de la Basse-Normandie, p. 19. s R o l l a n d , Faune, I V , 68. 6 V o i r , en d e r n i e r lieu, F . L o t , d a n s la Romania, X X X I I , 422 à 442, et n o t r e é t u d e , d a n s la Revue des traditions populaires, X X , 177 à 186 (principalement p o u r la partie b i b l i o g r a p h i q u e ) . 2

57 de la tradition, qui nous présente tantôt une armée à cheval et tantôt un équipage de chasse ; c) De là, d'un côté, hennequin, sous l'influence de hennir, témoignant du mélange de deux aspects de la légende, celle d'une chevauchée et d'une chasse proprement dite, comme, par exemple, dans ce passage du Tournoiement de l'Antecrist: De la maisnie hellequin Me membra quant l'oï venir; L'on oïst son destrier henir De par tut le tournoiement.

D'un autre côté, sous l'influence des termes de vénerie déjà mentionnés, on obtint les variantes helcquin, helquin hielquin, halquin, qu'on interpréta comme „chien bruyant", en faisant ainsi rentrer l'ancienne légende de la mesnie Herlequin dans une nomenclature qui a fourni tour à tour la chasse à Baudet, la chasse à Rigaud, la chasse Briquet, la mire Herpine, etc., termes tous particuliers au langage du chasseur.

IT. Ironie populaire. 85. La malice du peuple a marqué de sa pointe le galant qui se montre empressé auprès d'une dame, en l'assimilant à la chienne en chaleur: it. cagna („di chi corteggia una persona"), ou à un toutou qui aboie: Piém. tabuj („cegnolino" et „damo"). C'est à une conception analogue que remonte le nom du cavalier servant, qui régnait en maître au XVIII e siècle en Italie, le cicisbeo ou cicisbeo, francisé en sigisbée: c'est un composé de cece, toutou (Abruz. ceciu, 12), et de beare, sbeare, faire bau (de bèu! = bau!). C'est ainsi que l'it. cuccubeone, gros masque destiné à servir d'épouvantail, repond au Hainaut coucou-beu! cri pour faire peur aux enfants en jouant. Cicisbeo signifie simplement le toutou qui aboie. 1

Conclusion. Jetons, en dernier lieu, un coup d'œil sur l'évolution chronologique des images tirées de la notion chien. On ne saurait, bien entendu, le faire que pour le français, seule langue romane possédant un historique. Son premier monument important, la Chanson de Roland, ignore encore tout travail métaphorique. Le nom du chien y revient à quatre reprises différentes, mais simplement comme appellation zoologique, à côté du porc, du loup, du lion et de l'ours; 2 ' L a seule élymologie proposée jusqu'à présent est celle de Pasqualino (admise par Diez) : cicisbeo, du fr. chiche, petit, et beau. a Chanson de Roland (éd. Gautier, v. 30) : „ V o s li durrez uis e leuns e chiens" (c'est Blancardin qui conseille son seigneur de faire ces présents à Charlemagne).

58 il y est d'ailleurs e n v i s a g é plutôt c o m m e s a u v a g e et se repaissant des cadavres.1 Relevons pourtant cette comparaison empruntée à la c h a s s e (v. 1 8 7 4 ) : Si cum li cerfs s'en vait devant les chiens, Devant Rollant si s'en fuient paien. L e s p o è m e s é p i q u e s d u X I I e et surtout d u X I I I e s i è c l e a b o n d e n t e n d e s c r i p t i o n s d e c h a s s e , 2 e t o n y r e n c o n t r e les p r e m i è r e s images tirées d e s n o m s h y p o c o r i s t i q u e s d e l'animal, tels q u e gonz, goce, gocet, goçon. Il est à r e m a r q u e r q u e cette première p o u s s e m é t a p h o r i q u e a p r é c é d é (à e n j u g e r d ' a p r è s n o s textes) l'évolution p a rallèle tirée d u n o m p r o p r e m e n t dit d u c h i e n : e n effet, chenille paraît a u X I I I e siècle, chenet a u X I V e , chien (au s e n s t e c h n i q u e ) au X V I e . . . O n s ' a t t e n d r a i t à t r o u v e r f o r c e détails sur la vie p h y s i q u e et m o r a l e d u c h i e n d a n s le Roman de Renart ; il n ' e n e s t rien. Non pas q u e le chien n'y paraisse f r é q u e m m e n t , mais l'intérêt p s y c h o l o g i q u e et linguistique est à p e u près nul, si c e n'est, sous c e d e r nier rapport, u n e c i n q u a n t a i n e d e vers c o n s a c r é s a u d é n o m b r e m e n t d e s c h i e n s q u ' Y s e n g r i n hue p o u r traquer R e n a r t . 8 E n s o m m e , p e u d e c h o s e p o u r la c o n n a i s s a n c e intime d e l'animal. C'est e n c o r e la l a n g u e qui nous fournit les r e n s e i g n e m e n t s les p l u s c i r c o n s t a n c i é s à c e t é g a r d . C e s d o n n é e s s o n t parfois en d é s a c c o r d a v e c c e l l e s d e la s c i e n c e , c'est-à-dire d e la réalité o b jective. T a n d i s q u e c e l l e - c i classe les n o m b r e u s e s variétés d e chien, e n attribuant à c h a c u n e sa physionomie particulière, la l a n g u e les e n g l o b e d a n s le m ê m e type, qu'elle e n v i s a g e e n b l o c . Cependant, a u c u n c h i e n n'est e x a c t e m e n t semblable à u n autre, c h a c u n a s e s qualités et ses d é f a u t s ; ils offrent les contrastes les plus frappants. D e là, u n e a p p r é c i a t i o n linguistique f o n c i è r e m e n t injuste, qui m e t en relief les m a u v a i s p e n c h a n t s et s u p p r i m e systématiquem e n t les n o b l e s c ô t é s d e l'animal. L e s i d i o m e s a n c i e n s et m o d e r n e s sont d ' a c c o r d p o u r r e n d r e c e verdict définitif. E t p o u r t a n t , le large c o u r a n t d e sympathie q u e n o t r e é p o q u e m a n i f e s t e p o u r toute la n a t u r e vivante, n e saurait passer à côté d u c h i e n sans le t o u c h e r , lui, d o n t la plupart d e s d é f a u t s n e sont q u e l ' e x c è s d e ses qualités. D e s t e n d a n c e s significatives à c e t é g a r d se m o n t r e n t , a u m o i n s d a n s le l a n g a g e vulgaire, et font p e n s e r à un c o m m e n c e m e n t d e réhabilitation linguistique. 1 Ibid., v. 1751 : „ N ' e n mangeront ne lu, ne porc, ne chien" (il s'agit des corps des héros tombés); v. 2591: , , E porc e chien le mordent e dcfulent" (Mahomet jeté dans un fossé). J Voir le travail déjà mentionné de E. Bormann sur la Chasse dans les romans français du moyen âge. 3 Roman de Renart, éd. Martin, V , 1185 et suiv. On y relève les noms de Cortin, Gerfaut, Harpin, Liepart, Rechigniez, Tirant, etc. (et Baude, Brechine, etc., noms de lices).

Appendice. L e loup et le renard sont les seuls canidés dont les noms possèdent un développement métaphorique parallèle à celui du chien et divergent tout à la fois. L ' c t u d e sémantique d e s noms du loup et du renard est d o n c un complément nécessaire du travail précédent.

A. Le Loup. L e loup est, d e tous les animaux sauvages, celui qui a fourni à la langue le plus g r a n d nombre d'images. Celles-ci se c o n f o n d e n t souvent avec les métaphores tirées du n o m chien, et o n en tiendra compte dans le dénombrement qui suit. 1. T o u t e s les langues romanes ont hérité d u latin ( L U P A ) , dont les aspects phonétiques en roman s o n t :

LUPUS

anc. fr. lu (XI e s.), lou (XII e s., f. louve), c o m m e dans les patois du Centre et dans la langue moderne, leu (XIII e s., f. lovesse), auj. wallon, P a s - d e - C . ; A l s a c e lo, Meuse lazv A . ; anc. pr. !op, lup, mod. /ou, f. louvo (louo), Suisse lauva (laua); it. lup» (Abr. /ope), f. lupa, formes littéraires à côté d e s variantes populaires : Sienne (et Venise) lovo, lova, Piém. luv, G è n e s luvo, Brescia lof, Mil. liïf ; — réto-r. luf, lof (f. lofa) et roum. lup ; catal. llob, esp.-port. lobo, lubo. 2. D a n s certains patois gallo-romans, loup, c.-à-d. /ou, a subi l'influence analogique des finales plus fréquentes, et y devient tour à tour loue (Deux-S., V e n d é e , Cantal), ¿oui (Char.-Inf., Lot- et-G.) A., louf (anc. fr., wall., Metz, Rouergue) ; d'autre part, certains patois, c o m m e le wallon, etc., présentent au féminin une forme amplifiée louvre (d'où lovresse, ¡ouvrisse, à côté du montois louressè), a n a l o g u e au bas-lat. lûpera (d'où le nom d e Louvre, X V I e s., primitivement tanière d e louve) ; le morvandeau loure, louve, en est u n e c o n traction. L e féminin se règle d'habitude sur le masculin : anc. fr. leuve (refait sur leu), Y o n . loue (sur lou), Berr. loube (pour les deux genres) et pr. loubo (sur loup), louquette (sur loue) et Cantal lougo A . (id.), Char.-Inf. loute (sur lotit) A., wall. et Metz loufe (Rolland, I, 1 0 6 ; sur louf, à côté du rouergat loufio, piège à loups) ; it. lupa (sur lupo) et roum. lupoaicâ (sur lup). A j o u t o n s les diminutifs: wallon teuton (anc. fr. leuvelon), Y o n . louet

6o (au sens d e loup), à côté d e loutiau, louquiau, S u i s s e lovet, loue/ (fr. louveteau), V e n i s e îovetto ; et les surnoms d e l'animal : pr. courtoaurilho ( „ c o u r t e - o r e i l l e " , ironiquement, les oreilles d u l o u p étant p l u s d é v e l o p p é e s q u e celles d u chien) et pî-descaus („pied-déc h a u s s é " ; cf. fr. déchaussière, g î t e d e loup) ; H . - B r e t . guette grise, o u p a t t e g r i s e ; pr. souiro ( „ s o u i l l o n " , à c a u s e d e la m a u v a i s e o d e u r qu'il exhale), et V a l - S o a n a , Piémont, ghisorba, propr. l'affamé (état habituel au loup), à côté d u f o u r b e s q u e bronio (= bornio, le borgne). 3. En

L e s n o m s loup, louve, et leurs dérivés

désignent:

zoologie,

a) D e s

poissons:

anarrhique (à c a u s e d e s a voracité insatiable) : a n c . fr. loupasson ( m o d . loup de tuer), pr. loubassati, it. lupazzo, catal. llobaret, port. lobarraz ; cf. lat. lupus, id., et angl. sea-wolf ; bar (par allusion à sa r o b e argentée) : a n c . fr. lubin, lubine (Rabel., I V , 60), m o d . loubine (toutes formes originaires d u Midi), a n c . pr. lop, lobinat, m o d . loup, louhassou ; G ê n e s luasso, esp. lobarro, lubarro, lobina ; cf. allem. Wolf, Wolfsbarsch ; b r o c h e t (vieux): fr. loup; p h o q u e (cf. C h i e n , 5 1 ) : wall. leu de mer, fr. loup marin", esp. lobo, lobo marino (port, lobo marinho). b) D e s

insectes:

a r a i g n é e (à l o n g u e s pattes, très f é r o c e ) : fr. loup ( „ p o u r c e qu'elle n e chasse s e u l e m e n t aux m o u s c h e s c o m m u n e s " , A m b r . Paré), wall. leu : cf. allem. Wolfsspinne, et le terme scientifique lycose (de lykos, loup), d é s i g n a n t un g e n r e d ' a r a c h n i d e s qui s'élancent sur leur proie avec une grande rapidité; chenille (de h o u b l o n ) : fr. loir,vite (à c a u s e d e sa voracité) ; courtillière (cf. C h i e n , 3 8 e ) : wall. leu de terre (loup d e t e r r e ) ; p o u ( = grison) : fr. loulou et pr. loup (termes enfantins), a r g o t loupatie ; punaise (par allusion à sa mauvaise odeur) : wall. leuvrin (louveteau) ; cf. allem. Wolfsrechen, id. ; tique (des chiens et d e s a n i m a u x qui vivent d a n s les bois) : fr. louvette, Suisse lovet, louet-, H . - M a i n e loup rouge (tique rouge), Berr. loubache, Y o n . louâche, L i m . Itbacho. c) D e s m o l l u s q u e s et d e s crustacés : calmar (espèce très vorace) : port, /uba (louve) ; e s c a r g o t (variété d') : V a r loubo, pr. loubet, c a t a l . llobera ; h o m a r d (appelé, à G u e r n e s e y , crabe à coe\ il s a u t e q u a n d o n veut le saisir) : it. lupicante (cf. capricanle, et fr. saut de loup), e s p . port. lobagante (cf. rabalgante) et lubrigante ( G a l i c e lombrigante), propr. qui saute c o m m e un loup (cf. esp. caballeta et salton, l a n g o u s t e ) , appelé é g a l e m e n t bogavante, vogue-avant, et navegante, navigateur.1 1 M m c C. Michaelis (Fragmentos Etymologicos, 50) voit dans les noms portugais du homard autant d'altérations du lat. lubricus, glissant.

6i d) Des oiseaux: courlis (petit) : it. lupetta ; épervier (rapace comme une louve) : Lux. lobesse A. ; guêpier (id.) ; Gênes lupo (Papi (loup d'abeilles). e) Des mammifères : lérot (à cause de son odeur fétide) : wall. leu de terre ; cf. wall. loup mordant, loir muscadin (la forme indique un français provincial) ; lynx (il pousse, comme le loup, une sorte de hurlement pendant la nuit) : anc. fr. loup cervin (f. lovecerviere, anc. pr. lobacerviera) et cerlovin, mod. loup cervìer, it. lupo cerviere, esp.-port lobo cerval („parce que sa peau est variée de taches à peu près comme celle des jeunes cerfs 1 ', Buffon), à côté de l'esp. lubican (Nemnich), ou loup-chien, Galice lobicon, anc. pr. loberna (et sa peau), anc. fr. luberne,1 it. lubema („lupo di bosco", Fanfani), anc. port, luberno, Galice loberno, esp. lobezno (louvart), et lobo rabaz (loup rapace), Piém. luv ravass, id.; cf. lupus cervarius (Pline) et alleni. Wolfluchs. 4. En botanique : a) Des plantes, surtout velues : aconit (herbe très vénéneuse) : fr. tue-loup, catal. escanyallops, esp. matalobos et uva lupina, it. lupaja, strozzalupo, Parme erba de lov ; cf. allem. Wotfssturmhut et angl. wol/'s batte, id. ; chardon (à capitules épineux) : catal. lloba-carda (louve-chardon) ; colchique (cf. Chien, 52): Plancher-les-Mines alouotte (et tueloup), Vosges louriau, Montbél. lovrotte (petite louve) ; pr. uei-de-loup (œil de loup) ; crête-de-coq : roum. lupi (a • ellébore (puant): fr .fève de loup, Doubs queue au loup, H.-Maine rose de loup, Fr.-C. rage au loup, it. fava di lupo ; houblon (peut-être à cause de la saveur amère de ses graines) : it. luppolo 2 et port, lupara ; catal. lub, to ; lupin (ou pois de loup) : fr. lupin (XIIIe s.), pr. loupino, it. lupino, à côté du Mil. lovertis (Bol. Invertis), Piém. liivertin ,(levertin) ; catal. ¡lobi, llubi; cf. atlem. Wolfsbohne, id. ; lycope: fr. pied de loup; lycoperdon (champignon plein de poussière) : fr. vesse-de-loup et pr. lofi-de-loup, it. lupaja et loffia (ce dernier d'origine dialectale, de loffa, louve); cf. allem. Wolfsrauch, id.; mélampyre (à cause de la forme de ses bractées en épis): 1 Cf. Brunetto Latini (dans Godefroy): „ U n e autre maniere de loups sont qu'on appelle cerviers ou lubernes". Thomas (Mélanges, 102) pose un type luperna, tandis que Schuchardt (Zeitschrift, X X V I , 423) identifie le galicien loberno avec lobetno.

* La réduplication est purement graphique: cf. anc. fr. louppe, mod. loupe, grimace (9), et it. topporo, pince, le reflet dialectal du lat. lupulus (7 b ).

62 Berr. queue-de-loup\ cf. pr. co-de-loup, molène, et allem. Wolfszagel, marrube ; molène (aux feuilles d'un gris bleuâtre): esp. gordolobo (loupgros) ; muflier (la corolle de ses fleurs offre quelque ressemblance avec la gueule du loup): fr. gueule de loup, pr. lupi ; orobanche (s'attache en parasite aux racines des plantes) : it. erba lupa; parisette (on s'en est servi comme émétique) : fr. étrangle-loup ; quintefeuille (à tige rampante): anc. fr. paté lovine (Poit. poteloube et Deux-Sèvres porre de loup), pr. pato-de-loup (patte de loup) ; renoncule (cf. Chien, 6ç) 2 ): pr. loup-pauto (loup-patte); trèfle jaune (fournit un fourrage recherché par les loups) : it. lupinaggine, lupinella (d'où fr. lupinelle). b) Des arbustes et des fruits: ajonc (petit) : Landes boupilhe, goupilhe (Roll., IV, 90), propr. petite louve, à cause de la forme velue de cet arbuste ; baguenaudier : esp. espantalobos (épouvante-loups), par allusion aux gousses des baguenaudes qui éclatent avec bruit, quand on les presse entre les doigts ; Eure vesse de loup, baguenaude (Roll., IV, 50); figue (variété de) : pr. loubachouno (louveteau) ; franc-réal: fr. poire louve (Rolland, Flore, V , 5 7 ) ; raisin (variété de) : pr. loubachin, loubau. c) Termes généraux: écorce (de mil): Poit. loube\ Piém. lova, lovaton („pannocchia di maïs"); i t lova, gousse; nœud d'un bois (cf. tumeur, 1 1 ) : fr. loupe (anc. louppe); racine de cépée (des taillis arrachés) : H.-Maine loups (et élouveter, faire des loups) ; cf. pr. lerraire loubau, rocher dans lequel végètent les racines de quelques arbres ; rejeton (cf. Chien, 39 e ): Savoie loup. 5. En minéralogie : pierre précieuse (imparfaite) : anc. pr. lopa, fr. loupe ; quartz hyalin (cf. Chien, 53): fr. œil-de-loup ; cf. allem. Wolfsauge, id. 6. En agriculture : meule de foin (cf. Chien, 50) ; Vosges lovrotte (petite louve), répondant au H.-Pyr. loubato A., Béarn loubat (louveteau) ; réjouissance agricole (cf. Chien, 54): Béarn tua el loup, faire ripaille ( = tuer le loup, c.-à-d. achever la moisson) ; terrain élevé entre deux sillons : catal. llobada, esp. loba, propr. louve, c.-à-d. bande de terre tracée par une louve ; cf. pr. planta 'no vigno a trau de loup, planter une vigne en ouvrant des fosses, au lieu de sillons.

63 j . Applications techniques: a) Engins qui rappellent grossièrement la figure du loup : chariot (à roues très basses) : pr. loubatoun (louveteau) ; charrue (sans avant-train) : Pas-de-C. iouvesse ; b) Ou certaines parties de son corps, à savoir: Ses dents : barre de fer dentelée (qui défend l'entrée d'une fenêtre) : pr. dent-dt-loup\ brunissoir (des orfèvres): fr. dent-de-loup et loup ; cheville (du palonnier): fr., pr. dent-de-loup ; cf. allem. Wolf, id. ; clou (gros) : fr. dent-de-loup ; coin de fer (à l'usage des maçons) : fr. louveteau ; crochet: fr. loup (qui arrête le chien du fusil), Bol. luv, esp. lobo (cf. grappin) ; découpure (les incisives du loup ont vers leurs parties libres trois découpures qui les font ressembler à un trèfle) : fr. loup (dans un travail d e broderie) ; fourche (en bois) : Monferr. luva (v. grappin) ; grappin (qui accrochait sur le mur la poutre du bélier) : anc. fr. /eu, loup,1 it. lupo ; cf. lat. lupus, croc, grappin (lupercus, harpon) et lupus ferreus (la machine d e guerre) ; levier: anc. fr. loup (Cotgr., auj. terme de marine), mod. louve (pour enlever les pierres d e taille) et dent-de-loup ; pr. loubo, vérin ; cf. allem. Wolf, Wolfzahn, id.; machine à dents (pour briser la laine) : fr., pr. loup (la laine louvetée est ensuite cardée) ; cf. allem. Wolf (et Klettenwolf), id., d'où wolf en, louveter; mors (pour dompter les chevaux fougueux): fr. loup ; cf. lat. frena lupata, id., et allem. Wolfsgebiss ; pince: fr. loup (pour arracher les gros clous), it. lopporo (pour extraire les objets tombés dans le gosier) ; scie (à dents d e loup) : pr. loubo (et crête de montagne) ; cf. lat. lupus, scie à main; valet (d'établi): Bresse louve. Sa gueule: boîte (qui reçoit un pivot) : pr. loubeto ; entaille (de charpente) : fr. gueule de loup, et it. gola di lupo ; cf. allem. Wolf, rainure, jabloire; lucarne : pr. gorjo de loup, à côté d e loup, loubo, loubet ; anc. fr. tovier (luvier, levier), Saint, louvier, Poit. loubier, propr. louvetier; wall. leuveret (petite lucarne) ; 1 Le Jouvencel ( X V e s., dans Lacurne) : „ U n g aultre engin nommé loup, ou quel a ung fer courbé qui a très forts dens et agus, qui sont assis de tele maniéré sur le mur qu'ilz viengnent engouler le tref du mouton, et le tiendront si fort qu'il ne pourra tirer ne avant ne arriéré".

64 tuyau condé (surmontant une cheminée): fr. gueule de loup. Sa patte: lissoir (pour radoucir le papier raboteux) : fr. patte de loup ; outil aplati (pour dresser les paquets des libraires) : fr. loup. Sa p e a u ; gant : port, luvas (et pourboire ; cf. it. manda) ; panetière (de berger) : anc. fr. lovette ; r o b e : anc. fr. louviire, esp.-port. loba (soutane sans cf. allem. Wolf, redingote de gros drap gris.

manche);

Sa tête: brosse (ronde): fr. tête de loup, et loup ; pr. testo-de-loup de crin).

(balai

c) Termes spéciaux: canal: pr. loubo (biez d'un moulin), loubeto', Monferr. luras, pierres creuses pour l'écoulement des eaux; fossé : fr. saut de loup, Sic. lupa, esp. salto de lobo ; cf. allem. Wol/sgrube, id. ; masse de fonte (obstruant un creuset) : fr. loup ; cf. allem. Wolf, id. (et métal excédant de la coulée) ; passage étroit ( = fourré de loup): esp. lobera (et gorge de montagne) ; verveux (à plusieurs ouvertures): fr. louve ; cf. allem. Wolf, Wolfsgarn, angl. wolf-net. 8. Faits concernant la vie physique du loup : affamer (cf. faim de loup) : anc. fr. lovis, affamé, et allovi, Norm. alouvir, Poit. aloubir (aloubrir), it. allupare, avoir une faim d e loup (lupa, faim de loup) ; assoupir (s') : Mayen. s'alober, et lober, lobasser, dormir ; Saintonge aloubit, alourdi de sommeil; boire (avidement) : fr. pop. louper (v. griser) ; Yon. loupiner, tèter avidement ; déchirer: wall. iloviner, étrangler avec les dents; anc. fr. lopiner, houspiller (d'où lopin, coup, propr. morsure de loup) ; dévorer (comme un loup): wall. lofer, Hain. loufer', Rom. inluvis, Sic. lupiari ; griser (se) : anc. fr. louper (auj., boire) ; esp. lobo, ivresse (coger, pillar un lobo, s'enivrer) ; infecter (le loup exhale une mauvaise odeur) : wall. éloviner (v. déchirer) ; marcher doucement (et en se cachant, comme un loup qui s'approche de la bergerie) : fr. à pas de loup, Piém. leubt-leubr, regarder fixement (cf. anc. fr. regarder en loup, regarder d e travers, Cotgr.) : pr. alupa (Béarn lupa), May. alober ; cf. anc. fr. loure, louche (avec Morv. loure, louve) ;

65 r ô d e r ( c o m m e un l o u p p o u r c h e r c h e r sa proie) : fr. pop. louper, flâner ( d ' o ù loupiat, flâneur, rôdeur), et fr., terme d e marine, louvoyer ( X V I e s., e t louvier), G u y . loueja, id. (de louo, louve), courir tantôt d ' u n c ô t é et tantôt d e l'autre, propr. r ô d e r c o m m e u n e louve ; 1 rouler sa q u e u e (pour s'élancer) : fr. lover ( X V I I I e s.), e n parlant d e s serpents, et a u j o u r d ' h u i , c o m m e terme d e marine, rouler un câble ; vesser (cf. infecter) : wall. leuver, Piém. lofé, d ' o ù lofa, lofia, vesse (passé e n it. loffa, loffia), pr. lofi, loufo (argot louffe) et loupio, lupi, id. ; catal. llufa, vesse (et llufarse, vesser). 9.

Faits c o n c e r n a n t sa vie m o r a l e :

c o n v o i t e r (cf. r e g a r d e r , 8) : pr. alupa ; d u p e r : M a y e n . alober, aloper (louper), attraper ; e m p o r t e r (s', brusquement) : pr. aloupi; ensorceler (!e l o u p est censé p o s s é d e r a u plus haut d e g r é le p o u v o i r m a g i q u e ) : wall. ëlwiner, inspirer un amour violent, G a s c . enloubi, pr. enloubala, f a s c i n e r ; niaiser: a n c . fr. lubiner, propr. s'amuser à la manière d e s l o u v e t e a u x (pr. lubin) ; o u t r a g e r (en poursuivant): anc. fr. Jelober et pr. aloupi (anc., crier en h u r l a n t : ci. faire la lottbo, huer, r é p r i m a n d e r ) ; railler: a n c . fr. 2 lober (d'où lobe, raillerie), auj. Morvan, et alober, se m o q u e r d e (cf. a n c . fr. faire la coe lovinace, id., propr. faire la q u e u e d u l o u p ) ; it. allupare („contrafare il l u p o - ' ) ; d e l à : g r i m a c e (et moue) : anc. fr. lope, loupe (louppe), wall. louve, loufe, H a i n . loupe ; travailler p é n i b l e m e n t (cf. Chien, 44) : pr. loubd (et loup, e x t r ê m e m e n t laborieux). 10.

Epithètes :

a) S e r a p p o r t a n t au physique d e l ' a n i m a l : fauve ( c o m m e le p e l a g e d u loup) : fr. louvet c h e v a l ) ; pr. loubet, it. lupino (cavallo), roum. lupan; Wolf v a c h e d o n t le d o s est gris ;

( d e la robe d u cf. Suisse a l l e m .

v o r a c e (cf. a f f a m e r , 8) : anc. pr. lobai, a n c . fr. lovier, g o u r m a n d (wall. lovisse, g o u r m a n d i s e ) , lopineur, id. (d'où lopinerie, g o u r m a n d i s e ) et louffre (auj. wallon) ; Mil. Itif Piém. luvass, it. lupo, bas-lat. luponus. 1 Comparer ce passage de l'Histoire de d'Aubigné (III, 511: n'aiant pas la mer commode, loveent en attendant. . .") avec cet autre du même écrivain (III, 200 : „ il n'y eust galere aucune qui peust endurer la mer d'Escosse et d'Irlande, où il fallait doubler, ils la trouvèrent si louve, comme on dit, que de fraieur qu'ils en prenoient, ils choisirent de se perdre aux terres"). Il en résulte qu'on louvoie quand la mer est louve ou incommode (cf. loup, méchant): louvoyer, ce n'est pas marcher, mais rôder comme une louve, c.-à-d. tourner et retourner pour surprendre. 2 Le sens du mot s'oppose à une dérivation de l'aha. lobon, louer (comme le supposait Diez), que Mackel admet dubitativement.

Bciheft zur Zeitschr. t. rom. Fhil. X.

r

66 b) Se rapportant à sa vie morale: avare (cf. Chien, 7 4 a ) : Bresse loup (argot loupel) et Poit. louberie (avarice), Y o n . vieux louet, vieil avare ; pr. loup, loubo ; it. lupa (Dante en a fait le type d e l'avarice) ; caché (le jour, le loup se tient caché dans d e s endroits retirés) : wall. loupard, loupin (dissimulé) ; égoïste : Poit. loubati (personne qui ne pense qu'à elle), propr. louveteau ; fainéant : fr. pop. loupe,1 loupeur ; L y o n loba, paresse (argot loupe), wall. lovberée, id. ; maussade : wall. loupe et riloufé, renfrogné (délofrer, être triste), anc. fr. lovin, id., et mélancolie louvûre (Cotgr.), qui fait fuir la société ; méchant : fr. loup, Piém. lof, port loto ; rusé : fr. vieux loup (le loup s'appelle ainsi à deux ans, lorsqu'il a acquis tout son développement) ; sot : 2 pr. lofi, argot loffc, imbécile, à côté d e loufoque, fou, propr. semblable au l o u p ; sournois (v. caché): Y o n . leuaril et Pic. leuate, sombre, lugubre (de leu, loup) ; Chalon loup (qui vit retiré) ; anc. fr. lubin, hypocrite, sobriquet d e moine (Rabel., I, prol. : „un frere lubin, vray c r o q u e lardon"); voleur: esp. argot lobo, lobalon (des bêtes à laines); cf. it. lupeggiare („portar via a somiglianza di lupo"). il. jeunes) :

Maladies

qui affectent

les

loups (surtout

lorsqu'ils

sont

bosse (maladie des cochons): pr. loubeto (jeune louve); charbon (des bêtes à laine) : fr. louet, louvet, Béarn loubet, pr. mau-loubet (chancre, fièvre d e lait) ; it. luvetto (aux pis d e la vache), esp. lobanilho ; écorchure: fr. loup; cf. allem. Wolf, id. ; gastro-entérite : fr. loup (v. Littré) ; refroidissement: wall. lovhie (maladie des vaches) (maladie du loup) ; cf. fr. enrhumé comme un loup ;

et

louvitte

tumeur indolente (v. ulcère) : anc. fr. lupin, mod. loupe, pr. loupio, lupi, it. lupia, réto-r. luppa ; esp. lobado et port, luba (aux pieds d e s chevaux) ; ulcère (comparé à un loup rongeant) : anc. fr. leu, mod. loup (et pr.), Béarn loubet ; esp. lobanillo et port, lolnnho ; vomir (après un excès d e boisson): wall. leuper, argot (argot port, cantar a lupa). 1

Propr. paresseux comme la louve (elle ne bouge pas, le jour,

dêlouffer

de

son

repaire). * Cf. tirelupin, id., dans R a b e l a i s (I, prol.: „ a u t a n t en dit un tirelupin de mes l i v r e s " ) , avec l'it. lupinaio ( „ u o m o dolce di spirito, s c i o c c o : lupin d o l c i ! lupini! lupinaio! grida il venditore ambulante di l u p i n i " , Petrocchi).

67 12. Emploi hypocoristique : enfant : P o i t loubaieau (qui a bonne mine) et Pic. aloupi (chétif), argot loupiau (anc. loubat) ; jeu d'enfant: fr. à la queue leu leu (dans Rabelais, I, 20: à la queue au loup), dans lequel on va à la queue comme les loups (qui marchent dans les traces de ceux qui les précèdent); pr. loup et co-dùu-loup, id.; port, lobo ; cf. Berr. loup, celui qui furette par surprise (dans le jeu de cache-cache) ; marin (vieux et habile): fr. loup de mer, it. lupo di mare, esp. lobo marino (cf. rusé, 10). 13. Emploi euphémique: épouvantait: fr. loup (Oudin: le loup dont on fait peur aux enfants) ; juron : Langued. mau-loubet (te vire) ! que la fièvre t'agite ! (cf. charbon, 11), francisé par Rabelais (prol. au I er livre) : que le maulubec vous trousque! masque ( = épouvantail) : anc. fr. loviere, mod. loup (de velours noir, que les dames portaient au X V I e et au XVII e siècle), esp. lobo ; nature de la femme : anc. fr. loviere, louviere (tanière de loup), pr. loupas (gros loup). 14. Emploi péjoratif: a) Appliqué aux personnes : douanier: Neuchâtel loup (I. Jeanjaquet); intermédiaire (de mariages) : Berr. tête de loup („tiré de l'usage où sont les gens qui ont tué un loup de promener sa tête dans les campagnes en quêtant chez les fermiers", Jaubert) ; mégère : Pas-de-C. louvesse, pr. loubo, esp. loba ; prostituée: a n c . f r.louve, wall. loresse (lovresse), pr. loubo, Piém. lûffia, Naples loffa, it. lupa et lova ; catal. llufa, port, loba ; cf. lat. lupa, lupana (d'où lupanar) ; vaurien: anc. fr. loubas (cf. fainéant, 10). b) Appliqué aux animaux: porc (d'après sa voracité) : Norm. lupin (Du Méril) ; rosse : Lyon loba (louve) ; truie maigre (qui a eu des petits) : Mayen. lubine. c) Appliqué aux choses: affaire (mauvaise) : Savoie loup ; bévue : fr. pop. loup (faire un) ; bouge : Berr. loubite (repaire de loup) ; dette (criarde) : fr. pop. loup (et louvetier, individu endetté) ; gâcher (un travail) : fr. louter (ou faire un loup), Savoie loup, travail gâché (fr. pop., pièce manquée, ou mal faite, par un tailleur) ; morceau (empoisonné): anc. pr. lopin (anc. fr. poison), mod.

68 lopin ( X I V e s.), m o r c e a u , lambeau, primitivement (morsure de) veteau (pr. m o d . loupin ; v. déchirer, 8).

lou-

L e n o m loup sert rarement à désigner l'excessif ( c o m m e c'est le c a s p o u r le n o m chien) : e n fr., froid de loup, c . - à - d . rigoureux (cf. froid de chien), et e n it., tempo da lupi, „ c i o è bruttissimo" (cf. s t a g i o n e da cani). 15.

Applications

isolées:

b r o u i l l a r d : C ò m e lova ( „ n e b b i a " ) , propr. l o u v e ; H . - B r e t . le temps au lou, le brouillard (Sébillot, I, i o ó ) ; d é f a u t (dans u n e p i è c e d e bois) : fr. loup ( = m o r s u r e d e loup) ; cf. it. allupatimi, r o n g e m e n t (dans les p e a u x ) ; fables : fr. histoires au vieux loup, sottes histoires (Oudin), P i é m . la storia del luv ( „ l a c a n z o n e dell' u c c e l l i n o " ) ; feuilles brûlées (qui voltigent) : Poit. ¡ouvres, propr. louves ; 1 cf. fr. gendarme, bluette qui sort d u feu ; l u m i g n o n : wall. leu ( l o u p ) ; cf. gendarme, o u voleur, le b o u t o n qui se f o r m e au l u m i g n o n ; m u c o s i t é (sèche d u nez) : wall. leu, fr. loulou ; B é a r n loup, m o r v e a u (cf. refroidissement, 11). 16. moment loup ; d e (v. Littré)

L e l o u p , associé au chien, symbolise le crépuscule, le d u j o u r o ù l'on peut e n c o r e d i s t i n g u e r un c h i e n d ' u n 1;\, la locution entre chien et loup, attestée d è s le X I I I e siècle : En un carrefour fist un feu Lez un cerne entre chien et leu.

D e m ê m e , a n c . pr. entre ca e lop, m o d . entre chin e loup, esp. (entre) lubrican. L ' i m a g e est tellement saisissante et naturelle q u ' o n la retrouve ailleurs: e n A l g é r i e , on dit entre chacal et chien, le c h a c a l étant un loup (doré) ; l ' A r a b e d é s i g n e é g a l e m e n t le c r é p u s c u l e c o m m e le m o m e n t o ù „ l e c h e m i n est visible et l'on p e u t discerner le c h i e n d u l o u p " ; et antérieurement (II e siècle d e l'ère chrétienne), d a n s le T a l m u d : „ Q u a n d fait-on la prière ch'maa' le m a t i n ? Rabbi Meïr d i t : L o r s q u ' o n p e u t distinguer un loup d ' a v e c un c h i e n ; R a b b i A d j e b a d i t : Q u a n d on p e u t distinguer un â n e d o m e s t i q u e d ' a v e c un â n e s a u v a g e " . 2 L ' a n c i e n n e t é d e l'image, en français, en p r o v e n ç a l et e n e s p a gnol, et l'association s p o n t a n é e d e d e u x c a n i d é s (cf. tel l o u p tel chien) p l a i d e n t p o u r u n e origine i n d é p e n d a n t e , e n E u r o p e et e n Orient.3 1 Horning (Zeitschrift, X X I I , 487) fait remonter ¡ouvres au lat. tacubrum (v. ci-dessous). * Cité par Schuchardt (Ibid., X X V I I I , 98 et X X I X , 622). Sur l'esp. lubrican, v. Cuervo (Romania, XII, 110). * Schuchardt (passage cité) se demande si les Romans n'ont pas jadis reçu la locution de l'Orient.

69 L'esp. lubrican (loup-chien) recèle, dans son premier terme composant, la forme amplifiée lubro (cf. port, lobrino, louvetier), lubra, répondant au fr. dial. lovre, l,ouvre (2) ; ce type survit également dans le dérivé analogique lobrecar, s'obscurcir, s'assombrir, port. lobregar (cf. lobagante, 3 e), lubrigar (lumbrigar), entrevoir, jeter furtivement un coup d'œil, propr. comme le loup, dont la vie active ne commence qu'avec l'obscurité, avec la nuit, lorsqu'il rôde pour chercher sa proie. De lobregar, on a tiré lobrego, obscur, sombre, appliqué spécialement aux endroits où la lumière du soleil ne pénètre pas (cf. lobregas cavernas), semblables aux forêts sombres fréquentées par le loup. 1 Cette manière de voir est corroborée par le sens des dérivés du type correspondant lovre". Suisse, Jura, etc. lor'ra, louvrer, veiller, d'où lervre, veillée (des garçons chez les filles à marier), Plancherles-Mines louvres, veillée du soir en commun (Neuchâtel leuvre, ¡ouvrée, soirée, et Montbél. lovre, lai'rSe, id.), à côté du vosgienlorrain lourer, veiller, d'où loure, veillée après le repas du soir (Sauvé). L e sens primordial est veiller comme la louve, qui guette sa proie à la faveur des ténèbres. 2 17. De nombreuses superstitions se rattachent au loup, animal magique par excellence. Chaque partie de son corps (la peau, les poils, le museau, etc.) a une vertu préservative. C'est ainsi que le terme dijonnais Interne désigne un animal fantastique, dont la peau est hors de prix et dont les dents combattent le mauvais œil (Cunisset-Carnot) : Interne, peau de louveteau, répond à l'anc. pr. loberna, peau de loup-cervier (v. lynx, 3). L e regard du loup est éminemment fascinateur: Avoir vu le loup (pr. a vis/ lou loup, it. aver veduto il lupo), c'est perdre l'usage de la parole, 3 sens du JLvxov siâuv de Platon et de Lupi Mcerirn videre priores de Virgile. 4 Le sorcier qui passait pour avoir des intelligences avec ces bêtes, ou qui vivait dans leur compagnie, s'appelait meneux de loups (Bercy), loutier (Yonne) ou louvetier, port, lobrino: il éloignait les loups des bergeries, en se servant des paroles magiques, de la 1 Diez dérive lobrego du lat. lugubris, l u g u b r e ; Förster (Zeitschrift, I I I , 5 6 2 ) incline pour lubricus, glissant, d'où humide, à l'ombre, sombre (Cuervo s'y rallie, Romania, X I I , 110); Baist (Zeitschrift, V I I , 120) propose le type *rubrtcus, pour rubrîcus, rougeâtre; finalement, Schuchardt (Ibid., X I I I , 5 3 1 ) renvoie à lucubrum, lueur (à l'instar de Cornu, Grundriss, I, 7 4 2 ) et, p o u r les verbes, ä lucubrare, travailler la nuit. * H o r n i n g (Zeitschrift, X V I I I , 2 2 t , et X X V , 6 1 2 ) fait remonter loure au lat. lucubrum (v. la note précédente) ; Behrens (Ibid., X X V I , 113), considérant cette dérivation comme phonétiquement impossible, tire loure, lovre ( d a n s la Festgabe für Gröber, 1 8 9 9 , P- 1 59). à l'instar de Contejean (Glossaire du patois de Montbiliard, p. 3 4 3 : l'ovre, travail, filasse, veillée), du lat. opéra. * E t aussi : ne pouvoir parler à cause de rhume (Oudin) ; cf. il a crié au loup, il est enroué ou enrhumé (id.), pr. crida au loup et port, foi aos lobos. 4 Théocrite, Idyll., X I V , 2 2 ; Pline, V I I I , 2 2 , 3 4 ; Melusine, I V , 4 8 7 , et P . Sébillot, Le Folklore de France, vol. I I I , p. 2 4 et suiv.

70 s o i - d i t e oraison 1 du loup (cf. savoir la pâlenôtre du loup). L e pouvoir d u loutier était d'ailleurs p l u s é t e n d u : s o n r e m p l a ç a n t e s p a g n o l , lobero o u espantanublados, c h a s s a i t les t e m p ê t e s . 18. L e l o u p j o u e , d a n s les c r o y a n c e s populaires, le rôle d'un monstre, d'un fantôme. S a vie solitaire d a n s d e s forêts sombres, d e s ravins d e m o n t a g n e et d e s marais, p r i n c i p a l e m e n t ses courses n o c t u r n e s et ses appétits carnassiers o n t e n f a n t é d e n o m b r e u s e s superstitions. L a plus universelle d e c e s superstitions est la lyuxnthropie qui se p r é s e n t e , d a n s l e s c r o y a n c e s m o d e r n e s , sous d i v e r s a s p e c t s q u e n o u s allons envisager. L a plupart d u temps, c ' e s t u n sorcier q u i c o u r t les c h a m p s d é g u i s é e n l o u p ; m a i s le f a n t ô m e nocturne p r e n d s o u v e n t la figure d ' u n c h i e n blanc, d'un m o u t o n , etc. I.

S o r c i e r sous f o r m e d e

loup.

a) A p p e l l a t i o n s s i m p l e s : N o r m , lubin, e s p è c e d e loup-garou qui r ô d e a u t o u r d e s c i m e t i è r e s ; B e r r . lupeux, être fantastique à tête d e l o u p et à voix h u m a i n e qui attire les v o y a g e u r s d a n s les f o n d r i è r e s ; P i é m . luv ravass, a n c . H.-Italie lovo ravaxe (v. A rehirió, XII, 4 1 1 ) , propr. l o u p r a p a c e , r é p o n d a n t à l'anc. fr. leu wastc, propr. loup e n r a g é ; 3 cf. Q u e r c y loup paumé, id. ( = l o u p p è l e r i n ? ) ; b) C o m p o s é s : a n c . fr. garwalf4 (XII e s.), à c ô t é d e garol (garou), warol (Norm, varou), e m p r u n t é à l'anglo-saxon vere-volf,h homme-loup (à l'instar d u g r . Xvxà&vçmJtoç, port, lobishomem), a v e c les dérivés : garache, P o i t o u , sorte d e l o u p - g a r o u qui erre p e n d a n t la nuit d a n s les b o i s et les ravins p o u r effrayer les v o y a g e u r s et leur j e t e r d e m a u v a i s sorts (Favre) ; garou, B e r r y , P o i t o u , S u i s s e (Morv. varou, v'roù], sorcier e n r a g é , d i a b l e ( d ' o ù courir le garou, être p o s s é d é ) e t garouage, désordre a c c o m p a g n é d e t a p a g e (fr., d é b a u c h e d e nuit, 6 X V I e s. garrouage), 1 Voir la formule de cette oraison dans Colin de Plancy, Dictionnaire infernal, s. v. Cf. Sébillot, Folklore, III, 32 et suiv. * Voir Wilhelm Herz, Der Werwolf (Stuttgart, 1862), J. Leite de Vasconcelos, TradicZes, p. 260—273, O. Keller, Die Tiere im klassischen Altertum, Insbruck, 1877, p. 163 à 170, et en dernier lieu, P. Sébillot, Le Folklore de France, vol. I, 284, et III, 54 à 57. * Ducange s . a . 1355: ,,Jean Cosset tint plusieurs propos injurieux sur les dits Jean et sa femme, appellant nommément le dist Jean leu wasté et sa femme ribaude". 4 Marie de France (Lai du bisclaveret), cd. Warncke, p. 75: ,, Bisclaveret a nun en Brctan, Garwalf l'apelent li Norman, Jadis le poeit hum oïr E sovent suleit avenir, Hume plusur çarwalf devindrent E es boscages maisun tindrent. Garwalf, ceo est beste salvage; Tant cum il est en cele rage, Humes devure, grant mal fait Es granz iorez converse et vait". 5 Gervasius Tilburiensis, Otia Imperialia, éd. Liebrecht, p. 4 (vers l'an I2II): „Vidimus frequenter in Anglia per lunationes homines in lupos mutari, quod hominum genus gerulfos Galli nominant, Anglici vero werwlf dicunt, were enim anglice virum sonat, wlf, lupum". Cf. la forme écossaise warwolf. * Appliqué également aux animaux : Saintonge garouage, maraude (les cochons sont en garouage).

7i à côté du Norm. varouage, course pendant la nuit, varouillé, crotté et mouillé (Mayen. garou, personne sale), comme on suppose qu'est le varou (Rolland, I, 153), lequel court à travers les mares et les champs: cf. port, corredor, loup-garou, propr. coureur, et tardo, id., c'est-à-dire qui court tard dans la nuit (Pas-de-Calais warouler, vagabonder). A partir du X V I e siècle, et par suite d'un oubli du sens originaire, on a dit loup-garou, wall., pic. leu-warou (lewarou), Poit. louc-garou, Bourg, leu-voirou (Gasc. lout-carou), à côté du Berr. louvarat (louara), Pic. loue roti', et inversement: anc. fr. gareloup (auj. Yonne, et guerloup), Alpes garulô, Marne (Gay) ouarloup (à côté de gazou = garou), Champ, voirloup et (Aube) garloup-voir (compromis de garloup et de voirloup), cette dernière variante est une exclamation qu'on emploie plaisamment pour signaler l'approche d'un danger peu sérieux (Baudouin). 2. Sorcier sous forme de chien : wallon tché à tsines, ou chien à chaînes ; 1 pr. chin de cambal (v. Mistral, s. v. Cambaud) ; Abruzzes tope cane. 3. Sorcier sous forme de chat: Berr. marloup (chat-loup), répondant à l'it. lupo gatto, loup garou ; cf. bas-lat. lupus moninus, espèce de loup garou. 4. Sorcier sous forme de mouton : anc. fr. loup birou 2 et lebrou, c'est-à-dire leu-brou, conservé dans les patois : Berr. loup berou (à côté de birette), Yon. loup-barou, Morv. loup-verrou (Dauph. louberou, Lim. leberou). Toutes ces variantes représentent, dans leur terme final, le nom du mouton (Lorr. berou, pr. berou, berrou, rerrou), à l'instar des composés parallèles: it. lupo mannaro, loup-garou, propr. loup-mouton (Abr. lopomenare, lope pommonare et lupe panaru, Sic. lupuminaru et lupunaru), de mannaro (mannarino), mouton, c'est-àdire sorcier ( = lupo) qui prend la forme d'un mouton. 3 Le nom du loup se trouve également à la base des synonymes suivants: anc. breton bisclaveret (= bleiz-can), concubine, par un type "pallacana.

i°3 pâté d'encre : pr. porc (d'où pourqueja, tacher d'encre) ; cf. allena. Schwein et Sait, id. ; saleté (du moût de vin) : esp. barraco (verrat).

II. Sens des noms hypocoristiques. 35. Ces noms, ainsi que les autres appellatifs non-latins, désignent : En zoologie, a) Des poissons : humantin (21 1 ): fr. dial. cochon de mer (Rolland, III, 86); marsouin (2i a ): Somme cochon de mer (Ibidem); morse (bête à la grosse dent): pr. gagnolo (porcelet); rouget (dont le corps et les nageoires sont d'un rouge plus ou moins vif) : fr. cochon et grondin (argot : cochon) ; scorpène (21 a ) : anc. fr. ¡mette, mod. truie de mer ; trigle: fr. grondin, pr. grougnàu (graugnau, grugnau), à côté de gournau (d'où fr. gurnau, grenaut, anc. fr. guourneau, Rabel., IV, 60), Jersey grottnard (Rolland, III, 175), parce que, tourmenté, il fait entendre un sourd grognement; zée (2 l a ) : anc. fr. truét (Morelius, éd. 1558: ..Zeus, un poisson qu'on appelle doree, trucie, gal, jan"), mod. truie, pr. trucio; cf. anc. fr. gai et jan (v. citation ci-dessus), id., avec H.-Marne gale, truie (I2 d ) et Dauph. gana, id. (12 e ). b) Des insectes : cloporte ( 2 i b ) : fr. cochon (de saint Antoine), Châlon cochon de cave, Meuse cochenot; Bas-Gât. gorette et dial. truie (petite truie, truie pelée, etc.), Norm. trcucuôde, propr. queue de truie; pr. caion, trucio (trueto) et trejo de croto, catal. trujeta ; Parme gozinen (= porcellino) et zanen (id.) ; esp. cochinitla (de cochina, truie), et dial., Biscaye, gorrigorricho (porcelet) ; cochenille (originaire du Mexique, elle fut introduite en Europe vers 1523 par les Espagnols): fr. cochenille (Cotgr.), à côté de couchille (01. de Serres), propr. petite coche 1 ou truie (par allusion à la couleur rougeâtre), it. cocciniglia, emprunté, comme le terme français, à l'esp. cochinilla (v. cloporte) ; courtillière ( 2 i b ) : Saintonge treue (truie); hanneton : esp. dial. (Biscaye) cochorro (goret) ; larve de hanneton (2i b ): Vienne treue; mite: pr. mauro (truie) et Mantoue, Ferrare, Reggio sanin, Monferr. giatiin (de fromage), Lucques gianino (des fruits), diin. de zan (gian), cochon; 2 1 On met généralement l'esp. cochinilla en rapport avec le lat. coccinus, couleur d'écarlate, et on voit dans l'anc. fr. couchille le diminutif du lat. coccum, grain d'écarlate (v. Scheler). 2 Pieri (Miscellanea Ascoli, 422) dérive gianin, mite de fromage, directement du nom propre Giovanni (zi. 16), en rappelant tonchio, ver des légumes, équivalant à Antonino (cf. Sic. Ntoni, cochon, 16).

104 mouche (porcine): Saint., Poit. gouine, propr. truie ( 1 2 a ) ; cf. allem. Schweinlaus, espèce de pou qui se trouve sur les porcs ; scolopendre ( 2 i b ) : Côte-d'Or Ireue (Rolland, III, 250), esp. cochinilla, propr. petite truie (v. cloporte), et garri (porcelet), catal. baconet (id.); ver à soie malade ( 2 i b ) : esp. gorron, primitivement goret; ver luisant: Berr. trie (truie). c) Des oiseaux : appeau (oiseau de couleur rouge) : Gasc. choun (goret) ; canard clangule (son cri aigu et retentissant a été comparé à celui du sanglier) : fr. garrot, propr. petit sanglier ( 1 2 e ) ; draine (grosse grive): anc. fr. troye (XV e s.: „Le doux rossignol et la troyea), auj. Berr. trie, propr. truie; pie grièche: fr. dial. agache gorilre et Pic. agasse treuelle (Rolland, II, 148); râle d'eau ( 2 i d ) : Mil. grugnett, propr. grognon. d) Des mammifères : cobaye ( 2 1 e ) : fr. cochon d'Inde et cochon de mer, c.-à-d. venant des pays lointains, Reims gouri (porcelet), pr. caion de mar; it. cittino ( 10 e ) ; hamster (rongeur pourvu d'abajoues): fr. cochon de bli; hystrix (21 e ): port, cacheiro (dial. cochon châtré, 1 1 ) ; oryetérope (sa tête allongée est terminée par une sorte de boutoir) : fr. cochon de terre (Buffon). 36. En botanique, a) Des plantes : cuscute (plante Côme grin (Piém.: et cuscute; pissenlit (22 a ): renouée (22 a ):

parasite à fleurs rougeâtres) : Sav. gora (truie), cochon); cf. allem. de Hennegau Range, truie pr. grougn (groin); Berr. herbe à cochons.

b) Des arbres : églantier (dont le fruit est bon pour les cochons) : Norm. cochon (Bessin cochonnet) et ronche cochonnière; pommier (sauvage): roum. (mer) mistre/; cf. allem. Sauapfel, id. c) Des fruits: aubépine (fruit rouge et charnu) : Bessin cochon ; figue (espèce de) : fr. goureau (Poit. : pourceau) ; nèfle (v. aubépine): Bessin cochon et Orne cousson (Rolland, V , 181, 237); olive (2 2 b ) : pr. caiouno, propr. petite truie; pomme de terre (on la donne souvent aux cochons) : Calvad. quien-qtiien et ti-tïze (v. 16 note) ;

i o

5

prunelle (d'une saveur acerbe et astringeante) : Aube prune à cochon et O m e cochon (Rolland, V , 349). 37. En minéralogie: caillou poli et arrondi (cf. fr. cochonnet, 45 e ): esp. china, propr. truie (10 e , primitivement boule de jeu, palet, 4 5 e ) ; carbonate de chaux (en cristaux hexaèdres) : fr. dent de cochon ; gueuse (de charbon) : Forez gora ( = truie). 38. En agriculture : labourer: Berr. goreter (mal tracer son sillon comme le goret lorsqu'il fouille la terre) et Yon. faire un goret (en labourant) ; Suisse bacouna, enlever la superficie du terrain pour le fertiliser (propr. enlever le lard), et Vaud cayon, bout de sillon mal retourné par la charrue (Jeanjaquet) ; Sic. ciaccari (labourer la première fois), d'où ciacca, fossé ( = sillon) et fente; tas de foin (23): Allier caille A., propr. truie, et wall. cosset (petit cochon); terrain entre deux sillons (coussinet omis par la charrue, 23): pr. trueio (et moissonneur qui marche le dernier), Aveyr. truejo, mauro ( = truie). 39. Applications techniques : a) Engins qui rappellent grossièrement la figure de

l'animal:

machine de guerre (sorte de bélier): anc. fr. truye,1 Béarn troye, it. iroja ; pressoir (25») et ses pièces constitutives, à savoir: gros chantier engagé dans les jumelles du pressoir et appuyant sur les madriers nommés „cochons" (image de la truie couvrant les petits marcassins): Berr. treue (truie) et Sav. trouille, Lyon caye et pr. caio, gaio (truie); Piém. troiet, moulin d'huile ( = petite truie) ; madriers placés au-dessus de la motte de vendange soumise au pressoir: anc. fr. gorron ( 1 4 6 5 : „les gorrons du troil"), auj. Aunis, Berr. cochons, Lyon cayon, pr. caioun, à côté de gôugnard (du Rouerg. gougtiou, goret), traverse au moulin à soie ; réservoir (25 a ): fr. coche (voirie dans les abattoirs) et esp. cocha (servant au lavage des métaux); de là: encrier: Pic. goret; toifneau : anc. fr. truie. b) Ou bien une partie de son corps: Ses dents ou crocs : anneau de la charrue ( = crochet) : it. gogno (et en artillerie, cercle de fer), du piacentin gogn, cochon; bourrelet (pour retenir les jupes): Berr. gogne ( = truie); 1 Froissart, II, 11, 5 : „ U n grant engin que on appelle truie, lequel engin estoit de telle ordonnance que il jetoit pierres de faix, et se pouvoient bien cent hommes d'armes ordonner dedans".

io6 carcan (où l'on attache les malfaiteurs) : it. gogna (dial., truie) ; collier de cheval (et licou) : anc. fr. goherel, gorrel, gorreau, gorriau (1391), primitivement collier de goret; couteau (semblable au croc de l'animal): anc. fr. truie (qui se plie dans le manche) ; esp. argot cerda (— truie) ; crampon (aux limonières): fr. ragot (v. crochet); crochet: Clairvaux ragot (et pointe): d'où ragoter, accrocher. Son dos voûté: charpente (pour soutenir): esp. marrana, marrano (et rangée de pierres de taille pour soutenir un mur), propr. truie, cochon; pente d'un toit : esp. jabalon (petit sangiier) ; cf. allem. Sckwtinsriicken, grille en forme de toit. Son museau obtus: bâton noueux (court et gros): anc. fr. groignet ( 1 4 0 7 : „un baston nommé groignet"), propr. petit groin ; Clairvaux et Guernesey ragot, à côté du fr. garrot (XV e s.: „un garrot ou gros baston"), propr. sanglier ( 1 2 e ) ; Poit. troie (et trouillon, trique), Aveyr. truejo (crosse) et pourcelo, Rouerg. maiiro ( — truie) ; port, cacheira,1 cacheiro, gourdin (de l'AIgarve cacheiro, cochon, cacheira, coche), à côté du composé cachaporra (cachamorra, esp. cachiporra), id., propr. gourdin à groin de porc ; dard (trait d'arbalète) : fr. garrot (v. bâton) ; fourche (à trois dents) : anc. fr. groignet (v. bâton). Son pied plat : levier (25 b ): esp. marrano (de la presse d'un moulin à huile); madrier au fond d'un navire (25 b ): esp. cochinata, propr. porcherie ; pince de forgeron (25 b ): it. cioncone (de cionco, cochon); pistolet: fr. pop. pied de cochon; rabot (de tonnelier) : Fr.-Comté (Damprichard) gouognou, propr. cochon, pr. chouneto ( = jeune truie) et Aveyr. reno ou truejo (pour amasser, en rasant le sol, le blé de l'aire). Sa queue entortillée: balai plat: fr. goret (d'où goreter, nettoyer avec un goret) et Morv. gaillaude (de gai/le, truie : pour nettoyer le four) ; pr. goret, gouret (ploc); cf. allem. Schivein, grosse brosse, et angl. hog (cochon), balai de navire; tarière (terminée en vrille) : fr. queue de cochon. Sa tète arrondie: clou : pr. choun (goret) ; cylindre métallique : fr. cochonnet (dans la fabrication des toiles imprimées) ; rouleau d'étoupe (25 b ): Clairvaux couchon et Pic m. cocion ; esp. cerda (truie), poignée de lin non peigné. 1 Coelho (Diccionario s. v.) dérive cacheira, de escachar, fendre, briser.

gourdin, du thème cacha,

io7 c) Termes spéciaux : filasse (rebut de): Suisse cotchon (cotson) et pr. trueio (bourre de fil); gonflement des cendres (25 °) : fr. cochon (dans la coupelle) ; scories de métal (25 e ): fr. cochon (obstruant le fourneau). 40. Faits concernant la vie physique du cochon et de la truie : mettre bas : fr. cochonner, Pic. cochoyer, Berr. cocheter, à côté du wall. coseler, cosseler", Poit. goreter (Berr. goureter) et gorillonntr, gourrouner (May. gorintr, Aunis goronner), pr. gourreia ; wall. trot, pr. iruia et it. troiare", pr. caiouna (Sav. cayend), gagnouna et goujouna, Velay agroulhouna ( = Poit. goriilonner) et Aveyr. lochinia (de lochintou, cochon de lait); catal. garrinar et godayar; de là: portée : fr. cochonnée ; Guern. fouillire (de fouilleau, porcelet), Lorr. litaïc (= fr. dial. laitonailU) et Montbél. m'aie (= gniêe, de gnieu, cri du cochon) ; Aveyr. mourado (de màtiro, truie), lessounado et trujado ; accroupir (s') : Lyon s'agrogni et pr. s'agrougna, propr. s'accroupir en grognant, Naples arrognare (et se cacher); agiter (s' = se démener à la façon des truies ou des porcelets) : Lyon se dîgogner (de gogne, truie) et pr. degondilha (Valais gouda, truie), it. acciacciarsi et acciaccinarsi (de ciaccino, porcelet) ; boire avidement (cf. boire comme un pourceau) : Berr. treuiller et pr. s'atruia (boire au réservoir, se gorger), à côté de chouna; dévorer (manger goulûment ou salement) : Norm. gourrer (gourer), May. gorer (de gore, truie) et Poit. engouillonner (de gouillon, pourceau), Lyon chouni (pr. choun, goret) ; it. ciaccare (Duez) et gruffolare (v. fouiller); écacher (enfoncer avec le boutoir) : it. acciaccare et ciaccherare (Duez), Piém. cichi; chatouiller ( = gratter) : Saint, gouiner, dorloter, Lim. gouinâ (de gotno, truie) et gourrina, à côté du pr. gueret-gueret (faire), gueri-gueri ou gri-gri-gri ( r m o t dont se servent les nourrices lorsqu'elles chatouillent leurs nourrissons", Mistral) et guerin-guerin-gaio („jeu de nourrice qui chante aux petits enfants en leur chatouillant la paume de la main", Id.), répondant au sarde chiri-chiri (cori-cori), propr. cri d'appel et porcelet (3 b ) ; Gers couchinos (fa) et Puy-de-D. gouchen (fa) A., pr. gandimello, chatouillement (de ganda, truie, la finale influencée par gatimeilo, id.) ; ébouler (s'): Poit. gourrouner (d'une terre, d'un mur, d'un bâtiment) et Aveyr. truejo, éboulement (d'un mur), comparé à une truie qui vient de mettre bas; égorger des porcs: port, dial., Santa-Margarida, acacheiner (v. Rev. Lusit., II, 243); Bas-Gâtin. gonier, égorgeur de porcs (de gogne, truie), et Galice malàchin, id. (de chin, cochon) ; gratter (et égratigner) : Poit. ¿grogner (et ébrécher), pr. graugna (grougna), à côté de raugna (rougna), propr. se frotter en grognant ; grogner : pr. gourrieula ( = crier comme les gorets) ; de là : bavarder (v. grommeler) : fr. ragoter, propr. grogner comme un

io8 ragot ou sanglier (Oudin : ragotter, grommeller à toute heure), d'où ragot, cancan, commérage ; gémir (et pleurnicher): anc. fr. hogner, hoigner (Duez, 1 6 6 4 : „hogner, faire hon hon et criailler comme font les enfants quand ils voudraient bien avoir quelque chose"), Norm. hougner et houiner (Pas-de-C. honner, ouïner), à côté de vougnier, vouïner, ouincker ; — Berr. couïner (Montbél. : et saigner, du cou), Genève coinner, Poit. quener (d'où quenée, gros soupir), Gasc. quena (Dauph. couenassa), Lyon quitter", Morv. chouiner (chonner, chienner), Lyon, Yon. choitgner (Berr., Vosges chigner), Lorr. sugner et pr. souina ; — pr. cagnotila, gagnouîa (d'où cagnolo, gagnolo, pleurard), Côme sguagni, Saintonge guener, Poit. reguegnouner (cf. pr. gagnoun, cochon) ; — Genève gouailler (Vaud goualer, voualer, ouater) et pr. gouissa, à côté de raugna (rougna), rend ; Piém. (Val S.) gandir (— geindre comme une truie) et Monferr. gnero, enfant pleurard ( = pr. gnarro, porcelet) ; grincer ( = gémir) : anc. fr. hogner, Pas-de-Cal. ouïgner (des roues, charnières), Berr. couïler, Bessin couincher (d'une porte), Jura, Petit-Noir, couïner (des roues non graissées, des souliers neufs) ; pr. raugna (des portes) ;' grommeler: anc. fr. hogner (Guern. hoigner) et groignoier, mod. grognonner et rognonner ; pr. couina et graugna (raugna) ; gronder (réprimander) : anc. fr. grongner (XV e s., Charles d'Orléans: „Fortune tousjours me groingne"), d'où groin, reproche, mod. grogner (Sav. grogne, réprimande) et gronder, pr. groundina ; anc. fr. hogne, reproche, et Hain. goure, réprimande; grouiller (des intestins): anc. fr. grouillier (grogner), mod. grouiller, anc. pr. grulha, mod. gourrièula et garrouna (propr. grogner, des porcelets); cf. Bessin treuler (de treue, truie), pousser un rot prolongé (cf. 30); palpiter: port, bacorejar, bacarinhar („metaphora tirada do bâter apressado do coraçâo dos bacorinhos ou do seu grito - ', Coelho) ; serpenter (cf. marcher en zig-zag, 26) : pr. gourra, gourrina, propr. imiter l'allure du goret ; vagabonder: pr. gourri, gourrina et gandaia (d'où esp.-port. gandaya, vagabondage) ; vautrer (se, 26): Hain. troulier (de troule, truie) et Metz se gourier ; it. ciacchillarsi; cf. pr. chouno, plongeon dans l'eau. 4 1 . Et les notions complémentaires: museau (27): anc. pr. groingn et grulh, mod. grougn (groun), à côté de bousigadou (mousigadou), boutoir; fr. groin (anc. groing, groignet) et boutoir (XIV e siècle, ap. Littré: „le groing du pourcel qui partout se bouteu), Montbél. fourrignot', it. grogno, grugno, à côté de griffo, Abr. carufe ; esp. hocico, port. Jocinho (de hoz, foz, gorge de montagne) ; de là : fouiller: pr. bousiga (mousiga), labourer avec le groin; it.

IOÇ griffare (griffolare), gruffare (grufifolare), grujffignare et rufcilare, Abr. scarufá', esp. hozar, port, foçar; moue (et vilaine figure) : fr. groin, pr. grougn, it. grogna, grugno ; porcherie (27) : esp. cochiquera et cochitril, à côté de chiquero (de chico, pourceau) et gorrinera. 42. Faits concernant sa vie morale: amuser (s') : pr. chourrd (de chourro, porc), propr. prendre ses ébats (et festiner), fr. cochonner (faire bonne chère, bien traiter) ; lambiner: wall. troieler, pr. chourra (lanterner) et esp. cerdear (tergiverser) ; outrager (28) : Morv. aicaiouner (poursuivre à coups de pieds), propr. maltraiter un cochon, et Sav. gandeyi (chasser quelqu'un en l'injuriant, de ganda, truie) ; it. acciaccare (v. écacher, 40) et acciacco,1 outrage, d'où esp. achacar (calomnier), à côté de acochinar, confondre, humilier ( = égorger un cochon) ; prosterner (se) : pr. achourra (mettre la face contre terre) et s'achourri (tomber dans la prostration); quereller (v. gronder, 40) : pr. rena (d'où reno, querelle, anc. pr. rayna, de rainar, grogner), esp. reñir, riflir (d'où riña, querelle), anc. fr. groigne, querelle, à côté du suisse rogne (Vosges rogner, bougonner), pr. rougno, it. rogna (dispute, primitivement gronderie) ; tromper (et voler): anc. fr. gorer, gorrer (auj. Poitou), gourrer,2 pr. gourri (cf. juga 'n ped de caioun, manquer de parole, trahir, v. ped-de-porc, 33 b ) et Milan gora (sgora), voler (mot introduit par l'argot); fr. mod. gourer, falsifier une drogue (d'où goure, attrape et drogue 3 falsifiée). 43. Epithètes : a) Relatives au physique de l'animal: bancal (les jambes du cochon sont minces et élancées) : Berr. garraud, jarraud ( = cochon de lait, 12 e), pr. garrel (boiteux) et garrouié, gouarré (cagneux), à côté de caioun (qui a les jambes en dedans, propr. cochon) ; esp. cerdear (boiter, par faiblesse des épaules) ; camus (le boutoir du cochon est obtus) : Piém. gnac (Monferr : cochon de lait, i o h ) ; gourmand (29) : Pas-de-C. coutou (cochon) et Bourg, godard (Morv. gode, truie); it. ciacco, catal. goday (cochon); gras (29) : fr. coche et truie (femme grosse et grasse), wall. Namur godale (grosse femme), de godi (verrat); 1 Sur les hypothèses étymologiques, v. Kôrting. ' Le bas-latin gorinare, voler (1395), de gorinus, escroc (Lyon gorrín), en est une variante; le terme anc. fr. pénétra de bonne heure dans l'argot: çourcr, gourrer, qu'on trouve dans une ballade du X V e siècle (attribuée à Villon: „Gueux gourgourans par qui gueulx sont gcurez") et dans Bouchet (III, 199 : „ Pour m'engarder d'estre affiné [qu'ils appellent gourré~\ des matois qui mattent, je voudrais bien entendre leur jargon et savoir leur langue"). 3 Littré et Scheler tirent goure de l'arabe ghar, tromper.

no ivrogne (cf. griser, 26) : Yon. coissot; louche (v. regarder, 26) : Pic. gognou (cf. Berr. gogne, truie) et it. cirusco (de ciro, cochon) ; petit (v. trapu) : it. cicco, propr. pourceau, 1 esp.-port. chico, répondant à l'abruzzois zicche (porcelet), homme petit et maigre; raboteux (rude comme les soies de cochon) : Béarn gourrounche (inégal, froncé) ; sale (29) : fr. cochon (homme malpropre) et goret (enfant malpropre), Norm. houret (pourceau) et Berr. treu (mâle de la truie), Poit. quiquiou (femme sale) et Sav. caion (cochon) ; pr. gourrin (goret) ; Piém. giuiro (souillon = pr. gourro, truie) ; esp. cochino (saligaud), cochambre (saleté) et cochinada (catal. baconada), ici. ; trapu (29) : fr. ragot (et du cheval), ragotin ; Piém. gnec (— gnac, pourceau) et gnar (cf. pr. gnarro, cochon); en roumain, gligan (gâligan), sanglier, se dit, au contraire, d'un homme très grand. b) Relatives à sa vie morale: débauché : fr. gouin (et matelot qui se conduit mal), masculin refait sur gouine (v. prostituée, 46 a ), et Berr. gouinard, Sav. caion et pr. gourrin, Béarn bitoun, luron (pourceau); maussade (bourru comme un cochon) : anc. fr. malengroin (Rabelais) et malengroigtié (Oudin), Pas-de-C. malengrogne (Sav., Mons grogne), pr. mal graugnat (et engrougna, rendre de mauvaise humeur) ; it. ingrognare (et tenere il grugno, bouder) ; fr. ragot (homme d'humeur chagrine), Clairvaux chouignard (de chouigtier, grogner), May. chognard ; pr. chourro et gnarro ; mignard: Romagne ghin, propr. cochon (ghina „sdrucciolo") ; parasite : it. ciacco (pourceau) ; paresseux : fr. cochon (et se cochonner, des petits enfants qui font le cochon en dormant, Oudin), wall. troieler, paresser ; Béarn guilou, gouri (gouriné), pr. gourrin, à côté de carsi et porlo ( = truie: goino, id., paresse) ; Piém. gniar ( = pr. gnarro, cochon) ; esp.-port. gandaya, paresse (du pr. gandaio, gando, propr. truie); sot (cf. bête comme un cochon et avoir une tête de porc): Pas-de-C. dalu, niais (de dale, sanglier); pr. chourro ( = pourceau); cf. allem. saudumm (très bête) et Schweinskopf (nigaud). 44. Maladies qui affectent principalement les cochons: abcès: Norm. goreau (ulcère, primitivement, de pourceau) et pr. gor; catal. iruja (contusion à la suite d'un coup, propr. truie); Parme gogna, sarcoma ( = troja); écrouelles (30) : Bessin goreau, goureau (v. abcès) ; syphilis: anc. fr. gorre (Le Maire: „gorre ou la verole grosse", d'où gorrier, syphilitique;, auj. Suisse (d'où engorra, donner le 1 D e p u i s M é n a g e , o n d é r i v e l'it. cicco, p e t i t , du lat. ciccum, m e m b r a n e d e la p o m m e . L e n a p o l i t a i n cicco, c o c b o n , r é p o n d à un e s p . dial. chico, i d . (d'où chiguere, p o r c h e r i e ) .

Ili mal vénérien) ; Poit. cousson, bouton de petite vérole ( = cochon) ; cf. allem. Schweinspocke, grain de lèpre; vomir (30) : Còme fa i cionin et Parme far i gozen, propr. faire les porcelets. 45. Emploi hypocoristique : a) En parlant des personnes: apprentie (d'une filature): pr. gnarro (goret); chef ouvrier (cordonnier) : fr. goret, pr. gourrei; fille (jeune) : anc. fr. gouge (Rabel., I, 3 : „belle gouge et de bonne troigne"), encore dans Oudin („une grosse gouge, une grosse femme"), auj. au sens péjoratif (46 a ), du pr. goujo, propr. truie (Gasc. gouyo), anc. pr. goya, jeune fille, Béarn gouge (goge), fille ou femme non mariée, et gouye, servante, pr. mod. gourrouneto, fille toute petite ( = jeune truie) ; esp. china, fille indienne avant qu'elle se marie ( = truie) ; garçon: Lyon gone (f. gonelle\ cf. gotta, truie, 12 e ), à côté du Berr. ganet, ganillon, gamin (Clairv. ganelle, gamine), propr. porcelet, Piém. gognin, (it. gognolino, polisson), Naples guagnone ( = Aveyr. gouagnùu, pourceau); pr. goujat (Limousin: gars, Béarn: fiancé), Gasc. gouyat (d'oii Saintonge gouyat, jeune homme), et chourro, à côté de gandoun et gourrinot (polisson) ; Brescia gttarel, polisson ( = porcelet) ; homme ( 3 i a ) : Piém. (Val S.) gori (f. goria), propr. goret. b) Des animaux : agneau (d'un an) : Vendôme gandin (porcelet) ; cf. angl. hoggertl, brebis de la deuxième année ( = porcelet) ; bouvillon: pr. gorri (gorret). c) Des jeux enfantins et autres: boule servant de but (et que l'on se renvoie avec un bâtonnet): fr .cochonnet (Rabel., I, 2 2 : „il jouoit à cochonnet va devant"), Lorr. gourret (cité par Ménage), Forez couchon et Piém. cocion (du fr.), Abr. zicchelle (pourceau) ; dé (à douze faces) : fr. cochonnet ; cf. allem. Suit, as ; crosse (jeu de la), par comparaison avec une truie qu'on cherche à ramener dans une porcherie : anc. fr. à la truie (Rabel., 1, 22), Berr. treue et Fr.-Comté (Damprich.) loque (— truie), Poit. gorre (jeu de la), Yon. gougne („truie"), Jura gaille et guenne ( = truie), Châlon gueugne (jeu de gobilles), Suisse gouda („truie"); Lim. gagno (truie) et pr. mauro, trueio', cf. allem. Sauball, balle placée au milieu des joueurs dans un creux; palet (petite pierre servant de but dans ce jeu): Berr. galine (truie, I 2 d ) et esp. china, propr. truie (locarle la china, avoir de la chance ; cf. allem. Sau haben, id.) ; quille (servant de but dans le jeu du bouchon) : Norm., May., Berr., Yon. galine („truie") et galoche, Poit. gailloche, Vend, gagnoche (cf. Lim. gagno, truie); Còme cion, zon, „rulli", propr. cochon.

112 46. Emploi péjoratif: a) En parlant des personnes: canaille: Genève gogne (crapule) et gougnaud (personne ou chose de rebut), pr. gourinaio (anc. gorrinalha) et esp. marranalla; mendiant: Lyon cougne A. (de congni, mendier en gémissant = couiner, 7 a ), pr. gourrin (d'où gourrina, truander) ; prostituée (33®): anc. fr. gorre, propr. truie (Molinet appelle Isabeau de Bavière la grani gaurre), auj. Poitou, Lyon et pr. gorra, gorrina, Piém. goria; Eure mahouse et Namur marhouse (14); Berr. gouge (45 a ), gogne ( = truie; argot gougne, tribade), Jura gone et fr. gouine (du rouergat goino, truie), Forez guirande (= vieille truie) ; Genève trouille, iruiasse (truie), Hain, troule, id.; — it. ciaccola, donna et troja, esp. gorrona et marrana („truie", d'où anc. fr. marrane)', cf. allem. Saumensch, id.; servante: anc. fr. gouge (1337), pr. goujo et gouyo, propr. 1 truie (v. jeune fille, 45) et esp. china, servante métisse (45) ; valet de ferme: Berr. lorandier2 (de lorande, truie), anc. fr. gougeat, domestique ( X V e s. : „les gougeas de l'hostel"), et goujart, valet d'armée (auj. Norm.: valet de ferme), fr. mod. goujat (aidemaçon et rustre), du pr. goujard, goujat (aide-berger), propr. porcher, à côté de chourro et gnarro,3 jeune valet, propr. pourceau; voyou : it. ciacchero ( = porcher). b) En parlant des animaux: anguille (de qualité inférieure) : pr. chouchou (pourceau) ; brebis (vieille) : Béara gourre ( = truie) ; chèvre (vieille) : Lyon gorra (v. vache) ; rosse: Yon. gaille et pr. gorro (truie); vache (vieille): pr. gorro (Piém. giora) et ringo („truie"); Còme rôja (truie). c) En parlant des choses: automne (entrée de l'hiver): pr. gorro, propr. truie (it. porca stagione, 20) ; détremper fort (la farine ou la chaux) : pr. faire gourreto, faire la trucio (t. de boulanger : noyer le meunier), propr. faire la (petite) truie; étoffe grossière : pr. gorro et port, cacheira (à longs poils, esp. cachera, couverture de cette étoffe), propr. truie ; gâter (ou faire maladroitement) : fr. cochonner, wall. Namur cocheler et Berr. goureter (cf. Genève s'en aller en chair de truie, se détériorer); Vaud cayound et pr. gagnouna, propr. mettre bas (de la truie) ; Piém. crini (= grogner) ; 1 Huet (dans Ménage) fait venir çouge, servante, de l'hébreu goye, servante chrétienne (et cette étymologie fut adoptée par Diez). • On a rapproché le mot tantôt de arare (par aranda, terre labourable, avec l'article fusionné) et tantôt de laborare (par laborarida, etc. ; v. Körting). 3 Hennicke (dans son glossaire de Mireille) dérive le pr. gnarro, jeune valet, du lat. ignarum, ignorant.

H3 haillon: Berne gaille (gouaille), propr. truie (May. dégailler, déchirer ses habits), et Montbél. goillot ( = cochon) ; it. ciracchio (de ciro, cochon); rime (mauvaise ou pauvre) : anc. fr. (rime) goret (XVI e s.) ; cf. angl. doggerel rhymes, vers rabotés ( = rimes de chien); sonner faux (d'un instrument) : esp. cerdear, propr. grogner comme un cochon ; Piém. crinna, contre-basse ( = truie) et crineire, racleur de violon ( = grognon) ; viande : Clairv. tiatia (enfantin = cochon de lait) et For. gorre, viande de vache salée ( = truie) ; cf. argot quiqui ( = cochon), os et restes de viande ramassés dans les restaurants pour en faire du bouillon. 47. Emploi euphémique: a) Êtres imaginaires : bête-noire : Aveyr. gorrognau (garragnau), propr. bête qui grogne. b) Jurons (32): o h ! le vilain cochon! etc. c) Sobriquet donné au juif et (jadis) au maure qui ne mangent pas du porc ou simplement par mépris (cf. pr. It porc ?tegre, sobriquet des habitants de Saint-André-de-Sagonis, qui sont en général protestants) : pr. gourret, propr. goret, 1 Béarn gnarrou (= pourceau: „terme injurieux, particulièrement à l'adresse d'un juif"), Piém. ghinouja (dim. de ghiti, cochon) et esp. marrano, port, marrâo (propr. cochon), maure, juif, d'où maudit, hérétique (arabe ou juif converti) : le terme pénétra en Languedoc (nom des Maures devenus chrétiens qui y passèrent de l'Espagne), en Italie et en France ( X V e s.; cf. 1 5 8 9 : ville marrant! c.-à-d. maudite). 48. Applications isolées : coup (34) : anc. fr. gorrette (Bouchet) et Romagne gora ; Lim. gouina, taper; dent (34) : pr. gnarro (surnom), propr. pourceau ; pâté d'encre (34): pr. cocho („cochon"); ruban: anc. fr. gorre (et pr. gorro, parure de femme), propr. truie (cf. 49), et truillet, id. 49. On a déjà remarqué le caractère péjoratif de la notion porc. En français, une vie de cochon (esp. vita de cerdo) est une vie de paresse et de débauche (cf. allem. Sauleben), et cochonnerie désigne à la fois une grande malpropreté, un acte ou un propos deshonnête et un aliment de mauvaise qualité ou mal préparé. Ajoutons néanmoins que la défaveur constante dont Ia langue accable le chien, est à peu près étrangère à la notion porc. Certains termes qui s'y rattachent ont subi un changement sémantique qui n'est pas sans intérêt. C'est ainsi que l'anc. fr. gorre ( = truie) signifie faste, pompe, élégance, ainsi que ses déri1 Cf. Mistral s. v. aurilho: „ Negre bardaian, vaqui l'aurilho de toun paire", noir mécréant, voilà l'oreille de ton père! (insulte que les polissons adressent aux juifs en figurant avec le pan de leur habit une oreille de cochon).

Beiheft zur Zcitschr. S, rom. Phil, X .

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114 vés: gorrier, élégant, coquet (XVI e s.), et gorrer, se parer, se pavaner (auj. en Normandie). Ce changement de sens pourrait dérouter à première vue, mais la coexistence des acceptions intermédiaires fait ressortir les étapes successives que le terme a parcourues avant d'arriver à son évolution finale. C'est ainsi que Tane. fr. gorre (gaurre), luxe, élégance, signifie en même temps mal vénérien et femme galante (Norm. gaure, grosse femme sans souci). C'est la notion de „ d é bauche" qui sert de départ à ce développement sémantique: le libertin est à la fois viveur, galant et élégant. L e français gandin, jeune dandy, n'a pas une origine plus noble. 1 Gandin est inséparable du pr. gandoun, vagabond, gando, vagabondage, paresse (d'où esp. gandaya, id.), Suisse ganda, coureuse, Lyon gandille et Sav. g andine, prostituée, propr. truie. 2 50. Ajoutons, en dernier lieu, quelques détails sur les superstitions relatives au porc. L e diable prend souvent, dans les croyances populaires, la forme d'un cochon. Dans les anciens romans de chevalerie, le verrat est parfois pris pour le diable (aversier, vif maufé). Dans la Vita di S. Antonio, il est dit: „Venne a lui il Dimonio in forma di ciacco" ; et Dante donne le nom de Ciriatto sannuto, c.-à-d. d e Cochon aux dents solides, à l'un des démons de son Enfer (XXI, 122), à côté de Cagnazzo et Grafiacane. Dans le Poitou, on est persuadé qu'il faut soustraire la grouaie des gorillons ou pourceaux à tous les regards, surtout à leurs voisines qui leur veulent du mal : „elles les ensabatteraient, et ils périraient tous" (Favre). En portugais, le diable porte l'épithète de porco sujo, ou cochon sale, et en napolitain spireto de porco est équivalent de „essere diabolico". Le sanglier passe également pour un animal diabolique ; en Bretagne, les sorcières prennent sa forme, ou celle d'une truie noire, 3 d'où Rouerg. goino, sorcière ( = truie); et en Portugal, le diable se montre dans les ruisseaux sous la forme d'une truie à sept cochons de lait (porca coni sete leitdtns).4 En Haute-Bretagne, le lutin prend aussi parfois la forme d'un cochon. 5 1 Ce mot, d'origine dialectale, apparaît d'abord dans les Parisiens, de Th. Barrère (1854); on l'interprète comme signifiant un habitué du boulevard de Gand. 3 Schuchardt (Zeitschrift, X X V I I I , 135 note) rapproche les termes de cette famille, particuliers au franco-provençal, de l'arabe gandour ou çandoul (d'où esp. gandul), élégant, fat, coquet, terme spécialement mauresque: „ C e terme est très caractéristique; il n'existe dans aucune autre langue, il peint toute une classe de la société arabe ou de la société andalouse (Dozy)". * Cf. Sébillot, Traditions de la Haute-Bretagne, I, 289—297; Monseur, p. 93: (magie enfantine) „ J e vous enchante d'une sorcière toute blanche, d'un cochon-sanglier, pour vous ensorceler". 4 J. Leite de Vasconcellos, Tradicdes, p. 174; cf. Grimm, Mythologie s , 948. 5 Sébillot, Traditions de la Haute-Bretagne, II, 85. Cf. angl. hedgehog, petit lutin ( = cochon de haie).

Appendice. C. L e s Batraciens. Le crapaud, cet animal immonde, difforme et (suivant la croyance vulgaire) venimeux, a fourni à la langue quantité d'images curieuses. Ses nombreuses espèces (les naturalistes en comptent 105) expliquent le grand nombre d'appellations populaires qui ont résisté jusqu'ici à l'investigation étymologique. Sans prétendre dissiper ces obscurités, nous tâcherons d'en circonscrire les limites et d'y jeter, peut-être, quelques lueurs par un nouvel examen des faits envisagés dans leur ensemble. 1 1. Le latin B U F O , crapaud, revient dans le sicilien buffa, femelle du crapaud, anc. it. boffa (Duez), masc. bufone\ et peut-être *SAPA, SEPA (Orjip), sorte de petit lézard (Pline), conservé avec ce sens dans l'albanais Sapi (d'où le roum. çopîr/S, lézard), survit-il dans Phispano-portugais sapo, sapalo, crapaud, Aragon zapo, Béam sapvu,ï' à côté du pr. sabau, sabatas, Morv. sabot, crapaud (Lyon: têtard), et sibot, id. (Meuse raine sibourette, rainette), Vosges savate, rainette (cf. esp. zapata). Ajoutons R A N A , qui s'est conservé dans tout le domaine, à l'exception du roumain: it., esp. rana, port, râa, pr. raina, rano, rone, anc. fr. et dial. raine, raigtie, à côté des formes diminutives plus populaires: it. ranocchia, anc. fr. renouille (Marie de France, Fabl., 2b: „D'un estanc plain de reines, ou de reinoilles"), devenu plus tard, sous une influence analogique, 3 grenouille (à partir du X V I e siècle, 1 Nos sources (outre les dépouillements des lexiques patois) sont: la monographie du Prince Lucien Bonaparte sur les noms romans des reptiles (dans les Transactions of the Philological Society, London, 1882), la partie correspondante du Polyglottenlexikon de Nemnich (auquel nous empruntons les noms patois allemands) et principalement les diverses cartes de l'Atlas linguistique (crapaud, grenouille, lézard, rainette, têtard, tortue). Pour l'histoire naturelle : F. M. Daudin, Histoire naturelle des rainettes, des grenouilles et des crapauds, Paris, 1802; le V I I I e volume (Batraciens) de VHerpétologie générale, de Duméril et Bibron (1841), et Les Reptiles, de Brehm. ' V . Diez, et Zeitschrift, X X V I I , 612. Dans ce cas, le basque zapoa viendrait de l'aragonais, et non inversement, comme le suppose Gerland ( Grundriss, I, 331). Cf. sur le rapport crapaud-lézard, 8. * Celle de graine, à cause de l'aspect granulé de la bête. L'anc. pr. granolha, mod. granoulho (graoulho, çraulho, groulho) et graçnoto (engragno), accusent la même influence.

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116 unique forme moderne), à côté du dialectal (Isère) randouty A., repondant à l'it. dial, rantolo, petit de la grenouille (Parme rantoc). Ce sont à peu près les seuls termes traditionnels dans cette nomenclature exubérante, toute romane d'origine, toute indigène. Il s'agit préalablement de rechercher les quelques points de vue généraux qui ont présidé à sa formation et de grouper ainsi les faits correspondants. Il restera toujours un stock de termes d'origine inconnue. 2. L e premier critère de cette nomenclature nous est fourni par la voix même de la bête, par son cri sonore et monotone, le coassement, commun aux grenouilles et aux crapauds. Chaque espèce a son chant particulier et très distinct, qu'elle fait entendre surtout au temps du frai. L e chant mélancolique du crapaud accoucheur, par les belles nuits d'été, est une voix douce et flûtée imitant le son lointain d'une clochette de cristal ; le crapaud sonneur a un chant voisin, mais plus timide, et l'onomatopée hou-houhoul en rend l'effet. Il prélude par un ramage assez varié, mais très faible, semblable d'abord au gazouillement d'un oiseau qui rêve, mais qui peu à peu se renforce, se modifie et passe avec ménagements à ses habituels hou-hou. Au moment de la ponte, il fait entendre nuit et jour, mais surtout vers le soir, son coassement plaintif, sorte de gémissement lugubre (errra-errra ! quera-quera !) qui rappelle l'aboiement du chien. 1 Ce cri, bruyant et rauque, ressemble tantôt au beuglement d'une vache, tantôt au grincement d'un essieu, 2 et parfois il est empreint d'une grande douceur, d'une modulation quasi-musicale : de là, des surnoms tels que chanteur, criard, musicien, sonneur. Voilà la source immédiate où l'on a puisé une première catégorie des noms du crapaud. Certains de ces cris primitifs sont susceptibles tantôt d'un renforcement final (à l'aide d'une gutturale) et tantôt d'un redoublement, procédés familiers aux créations onomatopéiques. A cette catégorie appartiennent les noms suivants, dont la plupart désigne le crapaud chanteur: a) ba, Messin (Rémilly); beu, Vienne A . ; bi, Messin (dans bi-caoui, têtard, 6); bo, Valais, Vosges, etc. (Jura boa, anc. fr. boit; H.-Sav. boua, rainette A.) ; h ahi, pr. anc. et mod., et babi, babbi, H.-Italie (bas-lat. babbius), Aoste babé A. ; bobo, Lyon, et boubou, H.-Loire (cf. ase boubou, têtard à tête d'âne) A. ; cf. Suisse allem. Baben ; — pabi, Còme, et pabbi, Milan ; cf. saxon Powwe ; mou (= bou), Berry, et mou-mou, Vendôme, Berry. 1 D'après Fernand Lataste („Les batraciens et particulièrement ceux d'Europe et de France"), dans la Feuille des jeunes naturalistes, tome IX, 1878, p. 61 à 62; cf. Brehm, Reptiles, p. 544, 608, etc. a Victor Hugo (Le Rhin): „ L e crapaud agite sa hideuse crécelle". Cf. Marchangy (ap. Littré s. v. raine) : „ On n'y entendait dans les soirées d'été que la crécelle des raines dam les eaux des fossés".

" 7 b) boc, Genève, et bocain, Semur (Rolland, III, 46) ; cf. saxon Bock, Pocke, crapaud, basque puka, id. (v. Zcitschrift, XI, 495), magyar béka, grenouille, tatare baka et caucasien baqaq, id. (gr. mod.,' Epire, /iftaxaxaç) ; boug, anc. fr. grenouille (Cotgrave, Oudin) ; cf. saxon Pogge, Scandinave Pogga. c) doue,* Limousin, et doc (clioc, cliot), Poitou; coulouque, Namur, clouc-clouc, wallon, et les formes diminutives: wall. clouqiieté, glouquetige, clouquetrè', Ardennes clicherou, à côté de cloche, crapaud (son cri rappelant le tinlement d'une clochette); Agen cancarignoî, têtard (de cancarna, jouer des cliquettes) ; coucasse, H.-Gar. A., crapaud, et Querci cuco, rainette, Gasc. coucourougnoun, têtard; cf. allem. dial. Kvcke, crapaud, et gr. mod. (Skyros), xaxaçâç, id.; gough'n, Yonne, crapaud. d) craque, Mayenne, petit crapaud (Deux-Sèvres : rainette A.), et wall. crouquetré, id. (dimin. de erotique) ; Guyenne carcanet, rainette (carcand, coasser). e) dî), Berry, Yonne, crapaud. f) huchet, Mayenne, petit crapaud ; cf. bas-allem. Utsche, rhénan Hutsch et Suisse allem. Hatsch, Hotsch, crapaud. g) lu (lut), lulu, Yonne, lurou (lirou), Charente, A., wall. lureté (v. ci-dessus Lurch, crapaud; lutaud, Yonne, et Berry

crapaud ; et Sav. leurou, crapaud, loricu, têtard clouqueté) ; cf. bas-allem. Lork, allem, loutauil, crapaud.

h) rac3 (arrac), Béarn, et Vienne raquette, rainette (Dauph, ranqueto, grenouille), Sienne racanella, id., roum. ràcdn, ràcâncl (â côté de racà/el), id.; Pas-de-Cal. roquet, grenouille (cf. wall. roqui. râler, avec Berr. raquer, coasser), et Deux-Sèvres roquette, rainette A. ; rdgana, raganella,4 it., rainette, Milan ragagella; Pignerol ratigoulha, grenouille ( = ragoulha ; cf. ci-dessus ranqueto') ; Lorr. régal. espèce de grenouille. i) tà (tac), Normandie, crapaud (Indre : têtard A.), tè, Morvan Lorraine; ton,5 Morvan; 1 L'exemple du grec moderne et ceux qui suivront, sont extraits d'un article de Gustav Meyer sur les noms néo-grecs du crapaud (Indogerm. Forschungen, V I , 108). 1 Brehm, p. 583: „Depuis le commencement d'avril jusqu'aux premier« jours de septembre, le crapaud accoucheur fait entendre, surtout lorsque lt temps est doux, le son clock, qu'il répète le soir, ainsi que pendant la nuit à des intervalles plus ou moins rapprochés". * „ A i n s i appelée parce qu'elle fait entendre son cri rac-rac-rac!" Monduyt (cité dans Rolland, III, 74). 4 Pieri (Miscellanea Ascoli, 430) rattache l'it. raganella au lat. raucus enroué. 5 Rolland, Faune, III, 63: „ O n dit que quand les tous chantent, c'esl signe de beau temps; on leur dit: Tou-tou-tou! amène le temps d o u x ! "

118 /à/à, Normandie (it. tatto, crapaud, Duez), et toutou, Morvan, id., Puy-de-Dôme toute, rainette A. ; cf. angl. toad (dial. tade, tode). j) toquar, Calvados, crapaud (Guerlin de Guer); toujou ( = touchou), Annecy (Rolland) ; cf. Suisse allem. Totsch, Tatsch, Brème Tuutz, danois tudse, crapaud. 3. Une deuxième catégorie de ces noms dérive de la notion de „gronder", le cri du crapaud étant sourd et rauque: chirp, Guyenne, crapaud, et Landes, quierpo, id. A. (cf. pr. charpa, gronder) ; cholo, Gers, et cholou, Gascogne, crapaud, à côté du rouergat chor, rainette (de chol, chor, cri rauque); croisset, anc. fr., rainette (Duez), de croasser, qui se dit à la fois du corbeau et du crapaud (p. ex. L a Fontaine, II, 4, et XII, 24), Valais crùacher, crachier, coasser ; à côté de croiset, id., Gard grazan, id., Gironde grazacou, grenouille A. (cf. pr. greisd, Berr. agracer, grogner); gouac, H.-Garonne, têtard A. (cf. allem. quaken, coasser); quinaut, Dauphiné, gros crapaud (de quind, glapir); râle, râlet, Berry (Morv. rollet), crapaud, Charente râle (Cher râlette), rainette A., à côté de Tarn-et-Gar. rosele, rasclet, id. A. (du pr. rascia, fr. râler, d'après sa voix désagréable et prolongée). 4. Une troisième catégorie remonte à la notion générale de boue ou vase, séjour habituel des batraciens: barbou, H.-Alpes, têtard A. (cf. pr. borba, bourbe), et anc. fr. barbelotte, barberolte, crapaud ou grenouille (Oudin), de barbelotter, patauger ; bosa, Milan, têtard (cf. Piém. bosa, ..paludello - ') ; bot,1 f. bote,7 anc. fr. et dial. (Berry, Champagne, Suisse), dim. hotel, boterei, bouterel (Morv. boterot, Meuse boleri A., Lyon boteron), à côté de boutel (Loire bouteron, têtard A.), Messin bat (Vaud bot, têtard) ; pr. boto ; Bol. bot, it. botto (Naples vuottó), f. botta (bas-lat. bot/us, botta), dim. bottelone (Chiana) et butaraza (Romagne, Imola), au sens de „crapaud" : — cf. bas-lat. bota, botta, mare, Tarn boto, id.; bod, bad, Vosges, Lorraine ; Lucques bodda, boddacchino, Bellun. bûdol; cf. fr. dial. et pr. bod, bourbe (Lorr. bodìre, Lim. boudel, Bergame buder, id.); gargouio, Loire, têtard, et Basses-Pyr. gargoulho, grenouille A., Lyon gargolhon (Forez gourgouillott), têtard de grenouille; cf. Saôncet-Loire gargouille, limon, et Lozère gourgue, id. A.; 1 „Parfois une distinction est établie entre les mots bot et crapaud. A i n s i on a bot, gros crapaud gris (Rosinière, Vaud), bot, crapaud vert (Vaulion, Vaud), bot, gros crapaud (Gruyère, Fribourg), et bot, petit crapaud à ventre jaune (Aire-la-Ville, Genève)." Communication de I. Jeanjaquet.

* On dérive habituellement anc. fr. bot, germanique *botati, frapper.

it. botta,

crapaud, d'un

radical

H9 goulheret, Suisse, têtard qui vit dans les flaques des eaux stagnantes (Montbél. guilleri, guillcrottè), et Périgord cngoulhaudo, grenouille; cf. Jura goulye, boue, mare, et guilhe, crotte; marais, Berr., crapaud (collectif), propr. marécage ; cf. Tarente maravuett, grenouille ( = crapaud de marais ?) ; violyon, Savoie, têtard (cf. pr. mou/ho, marécage), appelé aussi pissat ; pacciana, Modène, crapaud: cf. it. paccia, boue; pacot (paquot), Plancher-les-Mines, têtard : cf. Suisse pacot, limon ; palonchia, Sicile, grenouille : cf. it. patta, boue, mare ; pognu, Mayenne, petit crapaud (cf. pognasser, salir de boue) ; pot, d'où potaud, poutaud., Mayenne, crapaud (poter, pouter, coasser), et Montbél. poulerot, têtard: en rapport avec wall. pote, flaque (Dauph. pot), it. potta, bourbier; cf. frison Pudde, crapaud, holl. pad, norrois padda, angl. paddock, id. (angl. paddle, puddle, patauger). 5. Une autre catégorie de cette nomenclature est tirée des particularités physiques de l'animal, et principalement de son corps, couvert de verrues et d'aspérités. Le crapaud est par suite désigné par des qualificatifs, tels que galeux, 1 rugueux, verruqueux, etc.; de là, les noms suivants: crapaud (XII e s. : crapot), avec les variantes : 2 crapeux (Pic., Sav.), crapou (Norm., Bray, anc. rrapoud), crêpaud (Lorr., Jura, anc. crepault) et cropaud (Lorr., Jura) ; f. crapaute (wallon), crapaude (Voltaire), et dim. anc. fr. crapaudin, crapoudel, mod. crapelet, Berr. crapi, crapuchc. Le terme dérive de l'anc. fr. crape, gale (auj. wall. et picard, croûte et crasse), de sorte que crapaud ou crapeux signifie couvert de croûtes, galeux, 3 répondant au pr. grapelous, rugueux; d'où la série parallèle : anc. pr. et fr. grapaud (auj. Berry, Poitou), pr. mod. grapaou, Lim. (et catal.) grapal et grapard, Rouerg. gropal (Suisse gropp, crapaud et têtard). Et pourtant, la forme catalane gripau, à côté de grapal, se prête à une autre interprétation (cf. Béarn grape, patte, et grapa, gripa, griffe) : la bête qui s'accroche en rampant, 4 sens corroboré par l'Ain graboulhaou, crapaud A.; escuerzo, escorzon, esp., à côté du galicien escorzo et de l'anc. esp. coguerzo5 ( = coiierzo), propr. rugueux comme l'écorce d'un arbre; 1 Cf. roum. broasca rîioasâ, crapaud ( = grenouille galeuse) ; serbe guba• vitsa, bulgare krastava, pol. ropucha, id., propr. (bête) galeuse. * I.es formes bas-latines crapaldus ( = crapaud), crapollus (— crapeux), sont des transcriptions du français. Cf. pour le sens du suffixe -and, les dérivés parallèles courtaud, noiraud, pataud, etc. 5 Suivant l'interprétation de Schuchardt (Zeitschrift, X X V I I , 6 1 1 ) ; cf. Romanische Etym., I, 28. 4 Cela répond à peu près à l'interprétation de Nigra (Archivio, X V , 109) sur laquelle on reviendra plus loin. Grandgagnage et Dicz rapprochaient crapaud de l'anglo-saxon creopan, ramper (cf. fr. dial. graper, griper, ramper = catal. anar a grapats). 5 Schuchardt (Rom. Etym., II, 33) voit, dans coguerzo, un compromis des types latins coca et cortice.

120 malos, Frioul, crapaud (cf. pr. malous, dartreux, lépreux); rapatú, Brescia, de ropat, rugüeux; rosco, rosca, Vérone (ladin rusc, ruóse) ; cf. it. rtisco, rude, et rusca, écorce (pr. rusco, écorce, crasse, et ruscous, rugueux) ; le baslatin bruscus (Papias: rubeta, ranse genus, bruscus dicitur vulgo) en est probablement une forme renforcée (cf. i t brusco,1 bruyère et âpre) ; de là, roum. broascà, grenouille ( = Padoue rusca), gr. mod. fvtçàoxa, crapaud; rospo, rospa, it., identique à ruspo, rude, raboteux; sué, anc. fr. (Nemnich, manque dans Godefroy), propr. couvert de sueur et de crasse (comme la peau pustuleuse du crapaud) ; Frioul muí, crapaud ( = flasque, mou); Lorr. crachatte, Vosges crochotte, rainette, Frioul crassule, id., et Norm. craisset, fr. grasset, graisset, (XVI e s.: gresset), rainette, pr. graissatt, crapaud, Terram. grasscllo, graisset. 6. Ou bien le nom du crapaud d'une partie saillante de son corps:

(et de son petit) est tiré

D e sa patte (aux doigts courts, plats et inégaux) : catal. gripau (v. ci-dessus) et rouergat escambarlat (de escambarlá, enjamber) ; cf. russe lyaguSa, grenouille (de lyaga, jambe), et gaël. magach, crapaud (de mag, patte). D e sa queue, le petit du crapaud et de la grenouille ayant le corps terminé par une queue aplatie: Lorr. bicawé, bocawè, bacawé, têtard, propr. crapaud à queue, Hague racouet, id. ( = rat à queue) ; Cantal queue, têtard A., comparée tantôt à celle d'une poêle (Allier queue de poêle A.) et tantôt au manche d'une cuillère (H.-Alpes cuiero A., pr. cuiereto, catal. cullereta et Morv. queillerottc, c.-à-d. petite cuillère, it. cazzola, petite cuillère et têtard de crapaud, répondant au pr. cassuouro), ou d'un maillet de bois (pr. masseto, wall. maquette, maquelotte, têtard) ; it. ranuzza codata et esp. ranacuajo (renacuajo), têtard, propr. grenouille à queue. D e sa tête, le petit du crapaud ou de la grenouille ayant la tête confondue avec le tronc: de là, fr. têtard (1303 : testart), Indre têta, Isère têtu, Alpes-Mar. testassa, Gard testaroudo, Vaucl. testounas A., à côté du Lot capo, A u d e caparas, Béarn cabos, Gers cabosso, Aveyr. cabossolo (Lot camossol) et cabossoro, Ariège cabourlat A., pr. cabot, Lim. chabot (le wall., norm., Mayen, cabot, le wall. chabot et le Yon. jabou, têtard, viennent du Midi), Char, chamougne (— chabotigne; cf. ci-dessus camossol) A., catal. capgros. Cette tête énorme est parfois comparée à celle de l'âne (Vienne tête-a'âne, têtard, A.) ou à celle du bœuf (Pyr.-Or. cap de bôu A.). L e nom italien et catalan du têtard, girino (Sicile giurana, grenouille), bas-lat. gyrinus, se rapporte aux tours et circuits continuels qu'il fait avec une grande vivacité (à l'instar des insectes appelés tourniquets). 1

Cf. Pline (Hist. Nat., XVI, 16, 27): „Bruscum, tuber aceris arboris

intorte crispum".

121 7. L a couleur du corps joue également un certain rôle dans cette nomenclature (cf. pr. biset, mâle de la grenouille, propr. gris), principalement le vert auquel se rapportent les noms suivants: ramage (ramaige), Berr., crapaud, primitivement rainette (verte comme le rameau), Ain rameite, ramotte, rainette A., répondant à l'it. ramarro, lézard vert (v. 8), Terram., rainette ; verdier, fr., crapaud (et espèce de rainette), Ticin verdacca, id., et pr. vcrdanello, verdoulaigo, rainette. 8. Passons maintenant aux rapports du crapaud avec les animaux de la même famille, et en premier lieu: avec la grenouille, le crapaud n'étant qu'une grenouille plus ramassée et plus lourde (cf. Horace rana turpis, crapaud), de là, une synonymie fréquente entre ces deux batraciens : 1 Suisse bo, petite grenouille, et Sav. bou, rainette ( = anc. fr. bot, crapaud) ; Bresse psachin („pisse-chien"), grenouille et crapaud, anc. pr. graissan, crapaud, et fr. graisset, rainette; Queyras grapaou, grenouille ( = crapaud), et Sav. groela, crapaud femelle A . ( = pr. grattlha, grenouille) ; Lot crapalpitiou, rainette A., propr. petit crapaud ; sarde rana, crapaud (et grenouille) ; macédo-roum. broaticâ et albanais bretàk, crapaud, en rapport avec le daco-roum. broâtec, brotac, graisset ( n ) ; avec le lézard: Yon. rainette, petit lézard, et pr. reineto, grenouille verte et lézard gris; H.-Loire babarena, lézarde A. ( = crapaude-grenouille) ; Sienne rdcano (Abr. ràchenè), lézard (cf. i t racana, rainette, 2 h ), et Arezzo rdgono (it. ragano, ragagno, Duez), lézard (cf. it. ragana, rainette, 2 h ) ; avec la tortue, sorte de crapaud à carapace ou cuirasse osseuse : anc. fr. boug coupé, tortue ( = grenouille coupée), et Sic. bu/uruna, tortue ( = petite crapaude) ; Lyon caille, torlue, et Berr. caille, crapaud (9), à côté du wall. crapaud de mer, tortue; Gers carrec, grenouille (Rolland, III, 66), Landes carrée (Gir. tyarec), rainette A., et fr. carrec, espèce de tortue ; Yon. lut, crapaud, et fr. luth, tortue à clin (Nemnich); it. botta scudelaja, tortue, propr. crapaud à cuirasse (cf. allem. Schildpatt, id.), et Galice sapo concho, id., propr. crapaud à coquille; esp. galapago, tortue, en rapport avec le catal. galapat (calapat), Valence galap, crapaud (9) ; macédo-roum. broascà et alban. bretkâ, tortue ( = daco-roum. broascà, grenouille). g. Les noms que porte le crapaud ont égalements des rapports avec des espèces animales plus ou moins éloignées, à savoir: avec le cochon, à cause de l'aspect immonde et par une certaine affinité de la voix qui parfois ressemble à un grognement (cf. pr. rena, raina, rana, anc. raynar, grogner et coasser) : Berr. caille et Isère caillard, crapaud, en rapport avec le lyon. et foréz. caille, truie ; Isère cayounire, têtard, et pr. caiouno, truie ; galhodo 1 Cf. gaël. maiguin, grenouille et crapaud, danois padde, grenouille, et norr. padda, crapaud ; suéd. groda, grenouille ( = aba. chrota, crapaud), slave zàba, crapaud (en russe) et grenouille (en polonais).

122 (cngalhaodo), Charente, grenouille A., en rapport avec le pr. galho, truie; Dauph. garaudou, crapaud, et Périg. gueiraudo, grenouille, D o r d . eguiratido, rainette A . (cf. Sav. gara, truie) ; Béarn pouchon, crapaud (et pourceau), et Sav. tessara, têtard (Gironde tesse, truie A.); Lorient chignonne, grenouille (Rolland, III, 66), d e chignon, grognon (dial, et fr. pop. chigner, grouiner), et Anjou godet, têtard (Rolland, III, 67), en rapport avec le morvandeau godo/, porcelet; avec le crabe (à cause d e son corps granulé): fr. crapelu, variété de crabe (cf. crapelet, petit crapaud), et Clairv. crabosse, têtard; Lozère padello, têtard A., en rapport avec le girondin (chancre) padelU, sorte de crabe (Rolland, III, 225), à l'instar du pignerol ptlic, têtard A., et fr. dial, pilquiè ( = pelletier), crabe étrille; Bessin tourteau, crapaud, et fr. tourteau, crabe en forme d e disque. L e calappe (calappa), principalement le calappe granulé ou crabe honteux, a fourni son nom au catal. calapat (Pyr. calapaout A.), crapaud, Galice calapa (Minorque calapet, Majorque calapot), à côté de galapat (galapet, galipau), id.; avec l'engoulevent, dont le large bec ressemble à la bouche du crapaud (cf. I4 b ): Berr., Yon. tettc-vache, crapaud („on prétend que les crapauds et les serpents tettent les vaches dans les champs", Jaubert) ; Forez possi-vachi, id. (Lyon posse-vachi, gros crapaud) ; avec des insectes, tels que la cigale, dont le chant monotone se rapproche du coassement : Corr. cigalo, rainette A. ; avec les oiseaux chanteurs (cf. crapaud musicien) : Y o n . lulu, crapaud, et fr. lulu, alouette des bois; Montbél. guilleri, têtard (fr., chant du moineau) ; avec les oiseaux nocturnes, dont la voix rappelle celle du crapaud: May. poule, petit hibou, 1 et poutaud, crapaud (4); wall., Metz cârasse, rainette, et Berr. couare, corbeau ; V o s g e s crû, crapaud et corbeau (Suisse crû, id.), Plancher-Ies-Mines crayotte, crapaud, et craille, corbeau (cf. fr. croasser, de la grenouille 2 et du corbeau) ; Ardèche graio, rainette A., et pr. graio, corneille; avec la salamandre: V o s g e s crache, Saint-Amé crochatte, salamandre (Rolland, III, 81), en rapport avec le lorrain crochatte, crapaud (5); Piém. ranabot, salamandre aquatique et têtard ( 1 0 ) ; anc. fr. tac (Pic. taque, Suisse tache), salamandre (cf. Suisse allem. Tasch, Tatsch, crapaud), et Norm. tà, tè, salamandre et crapaud ; Loiret tratte, salamandre (Rolland, III, 77), en rapport avec l'autrichien Trautele (aha. trota), c r a p a u d ; wall. d e Lux. telle de vache, salamandre (v. ci-dessus engoulevent) ; avec les serpents qui secrètent à la surface de leur corps une 1 Duraéril et Bibron, VIII, 676: „ L e soir, le crapaud fait entendre, lorsque le temps est beau, un son flûté qui a beaucoup d'analogie avec le chant du petit hibou". * 01. de Serres: „le croaxement des grenouilles", et G. S a n d : „ L a reine verte des marécages croassait d'une façon monotone" (v. Bcscherelle). En allemand, quaken, coasser, se dit égalemert du crapaud et du corbeau (angl. croak, coasser).

123 humeur gluante semblable à celle qui suinte du corps du crapaud: pr. escourchoun, vipère, et it. scorzone (catal. escorzo), id., en rapport avec l'esp. escuerzo (escorzon), crapaud (5) ; H.-Maine roquet, orvet (Pas-dc-C. : grenouille) ; Anjou vlin, serpent, et Bessin vlin, crapaud ( = venin), le crapaud passant pour ramasser le venin de la terre; cf. allem. Unke, crapaud et couleuvre. 10. La nomenclature romane du crapaud connaît un certain nombre de composés synonymiques, 1 tels que: bottarana, Milan, têtard, et Venise ranabottolo, id., Monferrranahà, à côté de l'Abr. ranabotte, crapaud, Naples ranavuottolo (cranavuottola, granavuotta), id. ; caillobot, Aveyr., têtard (de caille, crapaud et bol, id.) ; crot-malos, Frioul, crapaud (de crot, id., et malos, id.); /¡bot, Côte-d'Or, crapaud A. ( = lu-bot) ; rabot, f. rabote, wallon, Malmédy, crapaud, forme contractée de raine-bote, à l'instar de nabot, anc. nainbot (c.-à-d. nain-bot, 20), et Abr. rabbott, crapaud, rabbuott, grenouille ( = ranabott, id., v. cidessus) ; teuleu, Loire, têtard ( = tu-lu, 2', 2s). 1 1 . Ajoutons ces quelques appellations isolées: ampoule, Morvan, rainette („on croit que son venin fait naître des tumeurs séreuses - ', Chambure); bermiado, Basses-Pyr., têtard A., propr. vermisseau, et H.-Pyr. screpihi, rainette A., propr. scorpion ; boc, Piém., crapaud ( = bossu, enflé) ; borgne, Côte-d'Or (bAne), têtard A., et Vienne guerlingue, rainette A. (cf. pr. guerle, louche) ; camparett, Parme, grenouille (des champs); crebassol, Hérault, têtard A. (il s'enfle à crever) ; fada, Mantoue, Parme, crapaud, propr. fée (laquelle, dans les contes populaires, se change souvent en crapaud ou en grenouille); majet, majat, Yonne, gros crapaud (du pr. maje, fort grand) ; muet, Berry, crapaud sonneur, le mâle de la muette, grenouille rousse (le mâle n'ayant pas des sacs vocaux) ; nadatt (nadou), Yonne, crapaud, propr. de Noël (pr. nadatî) par allusion au froid grinçant (cf. le proverbe limousin: „Quand Nadau fait cri-cra. . ."). pauvre-homme (Lorr., Vosges paurôme, Mess, pourômè), crapaud, ; nom de pitié inspiré par sa difformité (en fr., pauvre homme, Nemnich, est le nom du crabe bernard l'ermite) ; roseau: Vienne rosette, rainette (Vendée crapogne de rouset el petite guemoy de rousas) A., répondant au crapaud des roseaux ou calamité ; 1 A l'instar des bas-allem. Quadpogge (— Pogge), Quadùtze (= Ùtze) et des suisse Tasch-Chrotte (= Chrotte), Taschen-Baben (= Babeti). 1 Certains crapauds symbolisent, dans les traditions populaires du T y r o l les pauvres âmes qui aspirent à être sauvées.

124 sourd, Bercy, crapaud (en fr., salamandre; en Poitou, orvet). Remarquons que les noms des ranidés ignorent à peu près les emprunts; on pourrait citer comme tels les termes suivants: broâtec,1 brotdc, roum., rainette, et Sic. vrotacu, grenouille, qui remontent au grec byzantin Pçôraxoç, id., anc. ftçôzaxoç (rov (¡¿TQaxov "iœveç, Etym. Magnum)-, la variante roum. buratic est une altération populaire sous l'influence de burâ, pluie fine, car on rencontre ces bêtes sur les chemins apès la pluie (cf. également le bufo pluviatilis) ; crot, Suisse (Vaud), crapaud, Frioul crott (Tyrol crot), grenouille, Vicenza crutt (réto-r. crot), crapaud, dérivant du mha. kroic, mod. Kr'âie (Autriche Krot) ; harri, Béarn, crapaud, du basque harri, pierre 2 ; mormoloc, roum., têtard de grenouille, qui répond au grec moderne fioçfioXvxiov, masque, épouvantait (à cause de sa forme monstrueuse) ; popioule, wallon, têtard, du flamand (qitaddc)popje, id.; save, Frioul, rainette; cf. Tyrol za7v, grenouille, slave zaba, id. 12. Finalement, un stock de termes obscurs: baggiu, Gênes, crapaud, à côtc du milanais bagage!, id. ; baràuta, H.-Alpes, têtard A. ; chacaud, wallon, têtard; rhiatio, it., crapaud (Duez); ciambott, ciammotto, Marches, crapaud, et Romagne zambcld (d'où it. zambaldo), id. ; n'ai, sciai,3 Milan, crapaud (dim. sciattin, augm. scia/ion), Lomb. sait, Crémone zatt, id. ; cf. Vendée chatoly, rainette A. ; griuche, Landes, grenouille; jaën, esp., crapaud; putaus, anc. fr., crapaud (Xe siècle, commentaire sur Virgile, Revue des langues rom., VI, 435: „Bufo, quod nos dicimus putaus*); cf. poutaud, 4 ; simou, H.-Vienne, crapaud (de petite espèce) A . * Cf. allem. d'Autriche Broating, Breiting, crapaud (Neranich) : le nom est peut-être emprunté au roum. broatic. '' Suivant Schuchardt (Zeitschrift, X I , 495). 3 Schuchardt (Zeitschrift, X X V I I I , 318), à propos du milanais sciait, crapaud: „ U n terme désignant quelque chose d'informe ou de globuleux, dans le monde des êtres inanimés ou des plantes (tel que masse, souche, saillie rugueuse), a été transporté à des êtres vivants ou à leurs extrémités (moignon, pour main, pied) ; et sa valeur adjectivale, à la forme (d'un côté, gros et court, de l'autre, mutilé), aux mouvements (lourdaud, maladroit) ou à des qualités morales (hébété, niais)". Flecchia (Archivio, II, 34), qui dérive le génois baggiu, crapaud, d'un type babulus, fait remonter sciati au lat. exaptus, en partant de son acception figurée: „ I n alcuni dialetti dell'Italia superiore, babbio significa rospo, verisímilmente per esser rettile di aspetto stupido e goffo. Con nome logicamente analogo i Milanesi chiamarono questo batracoidc s'att, sciatto, sconcio, malfatto, disadatto ( = *exaptus)".

125 1 3 . L'origine des noms romans du crapaud a été l'objet d'une controverse entre deux maîtres de l'étymologie romane, Nigra et Schuchardt. 1 C e débat est d'un haut intérêt linguistique, en tant qu'il fait ressortir la part des éléments subjectifs dans l'examen d e s choses. Nigra, par exemple, aperçoit la marque caractéristique du crapaud dans ses pattes courtes, et s'efforce d'en trouver l'application dans les noms de la bête. C'est ainsi q u e le catalan calapat, crapaud (9), signifierait, d'après lui: „quelle patte ! que l'italien dialectal ciambott, crapaud (12), 'dériverait d e ciampa, patte, et le fr. crapaud (5), d e l'it. grappa, griffe. C e qui frappe Schuchardt à son tour, à la vue d'un crapaud, c e ne sont pas ses pattes, mais l'extérieur d e la bête, sa peau rude et pustuleuse, et il cite plusieurs exemples, empruntés au roman et au slave (cf. 5), dans lesquels le crapaud est qualifié de galeux ou d e verruqueux. En fait, le critère de Nigra revient moins fréquemment en roman que celui d e Schuchardt, mais l'un et l'autre caractère ne constituent au fond que de simples accidents dans l'ensemble des motifs qui ont présidé à la formation d e cette riche nomenclature. Bien qu'ils ne l'embrassent pas dans sa généralité, les deux illustres romanistes ne visent pas moins à une application très large, trop large peut-être, de certaines vues prises isolément. O n ne saurait assez insister et sur la multiplicité des images qui ont fourni cette nomenclature indigène, et sur l'avantage de l'envisager dans son ensemble. 14. En passant aux sens, les noms romans du crapaud, désignent :

etc.,

E n zoologie, a) D e s poissons à grosse tête qui rappelle celle du têtard: anarrhique (à la peau muqueuse): fr. crapandine; baudroie (remarquable par sa forme laide et par sa tête énorme) : fr. crapaud de mer ou crapaud pêcheur et grenouille de mer (grenouille pêcheuse) ; esp. rana marina et Galice peixe sapo ; cf. allem. Kr'ôtenfisch, id.; chabot (irrité, il renfle sa large tête en remplissant d'air ses ouïes, ce qui le fait ressembler à un têtard d e crapaud) : fr. chabot, anc. fr. (auj. wall., Norm.), cabot (XIII e s.) et jabot (v. Romania, XXXIII, 558), à côté du Norm. d'Yères sabot, Forêt-Noire cabotin, appelé encore tête-d'âne et têtard,2 wall. chacaud et maquelotte (têtard) ; Béarn cabos ( = têtard), pr. cabot, Lim. chabot et bot, f. boto, Nice botta, Piém. bota, Milan, Côme botta,3 bottina, Venise botolo (v. trigle), propr. 1 V. Archivio, X V , 109 suiv.; et Zeitschrift, X X V I I I , 318 suiv. ' Ces termes sont parallèles à ceux qui désignent simplement la t£te: fr. chavelet (XIV e s.) et chevêne (XIII«), Pic. càborgne et cavergne, etc. * Monti: „Botta, ghiozzo, detta da botta, rospo, cui somiglia nelle macchie e strisele del corpo, nella grossezza del capo e larghezza dalla bocca ".

126 petit crapaud, Pavie boita, bottola ; réto-r. ramhottel; cf. allem. Kaulfrosch, Kaulpad.de, têtard et chabot, Groppett, id., angl. tadpole, id. (têtard de crapaud); goujon (a le flanc couvert de petites taches brunes) : Suisse gropp (crapaud), Piém. Iota (grassa), Berg., Brescia bosa, Milan boggia ( = têtard) ; lotte (appelée aussi barbote)', it. bottatrice, Mil. bottrisa, propr. petite crapaude; cf. Lux. allem. Quack, id., et allem. Quappe, Quabbe, lotte, propr. têtard de crapaud ; scorpène (d'une forme hideuse) : fr. crapaud et chabuisseàu (anc. et Char, chabosseau), répondant au pr. caboues, têtard ; trigle (à tête large): pr. boto, caboto, et Cette cabota volante, propr. crapaude volante (Rolland, III, 178); cf. bas-lat. botulus (Duc.: „pisces minutos, botulos, varones, gosengulas. . . " ) . vive (aux épines redoutables, subsiste longtemps hors de l'eau) : it. ragana (têtard). b) Des insectes : charançon (de blé) : esp. calapatillo, catal. galapatillo, propr. petit crapaud; cousin (son sifflement aigu comparé au coassement) : Vosges bouatte, Plancher-les-Mines boite (Rolland, III, 304), propr. crapaude. c) Des reptiles et des mollusques: couleuvre: it. dial. mangiarospi, mangiabotte (Rolland, III, 23); strombe (à tête large): fr. crapaud aiti; grenouille et ranelle (nom de coquilles), à côté de patte de crapaud (espèce de coquille). d) Des oiseaux : busard (espèce palustre): fr. grenouillard; cf. allem. Froschweihe, id. ; chauve-souris (considérée comme oiseau par le peuple) : Vosges crapaud volant, bot volant et volanbot (v. engoulevent) ; Ariège randoulo A. ( = Isère randouly, grenouille) ; émouchet (sa voix comparée à uu coassement): Bresse rainette (Rolland, II, 13); engoulevent (dont le large bec est semblable à la bouche du crapaud ; cf. 9) : P o i t clouque et pr. sabat (crapaud) ; fr. crapaud volant (crapaud de vigne), Meuse bo volant et pr. grapaud voulant (cropal boulant) ou auset-crapaut („oiseau-crapaud"); fr. foule-crapaud (l'engoulevent foule les crapauds qu'il saisit dans ses chasses nocturnes) et pr. chaucho-grapaud, esquicho-bot ou craco-babi, Turin carcababi. Gênes carcabaggi, Piém. scanababi, it. calcabotto ; cf. allem. Froschmaul, holl. vliegende pad, id. 15. Eu botanique, a) Des plantes : coquelicot (par allusion à la couleur) : pr. flour-de-babi (fleur de crapaud);

Î27 cresson (croît au bord des eaux) : Milan scia/ion (gros crapaud) ; fève (des marais): Anjou pois à crapaud (Rolland, Flore, IV, 2 1 8 ) ; iris (des marais) : pr. testo-cTase (têtard) ; joubarbe (petite) : pr. rasitt bali (raisin de crapaud) ; lycope (croît aux bords des eaux) : Piém. erba di babi ; menthe (des ruisseaux) : Metz menthe de ba (de crapaud) ; muguet (dont le rhizome est couvert de cicatrices): fr. grenouillet ; orchis (dont les feuilles sont parsemées de taches noirâtres) : Avranches bouterolle (petite crapaude) ; oseille (croît dans les terrains pierreux): Plancher-les-Mines bot-de-pierre et Hague sureie à crapauds (oseille sauvage), Piém. azivola di babi (oseille des crapauds) ; pied d'oiseau (plante herbacée naine) : Meurthe patte de crapaud (Rolland, IV, 248); porcelle (à longues racines): pr. pel-de-grapaud; renoncule (des marais) : fr. grenouillette et Norm. palle de raine, pr. grapaudino, à côté de erbo de grapaou, it. morso di rana (Duez), roum. floare brofleascû ; cf. anc. gr. ^ a r ç à ^ i o v , lat. ranunculus (d'où renoncule) et allem. Froscheppich, id. (Nemnich) ; riccie (nage à la surface des eaux stagnantes et leurs frondes s'étalent en forme d'étoiles d'un vert glauque): pr. erbo digranottio; siderite (plante fétide) : fr. crapaudine ; vulpin (des prés) : fr. racouet (têtard). b) Des végétaux et des fruits: champignon (vénéneux): Plancher-les-Mines bot, Bessin pain de crapâ et fr. potiron (1542), gros champignon, Berr. poteron, propr. petit crapaud, 1 répondant au pr. grapaudin, id., à côté de boutarel, poutarel (poutaro), potiron ( = anc. fr. boterei, petit crapaud; cf. Haute-Bretagne: „Où il y a de gros potirons, champignons, il y a de gros crapauds", Sébillot, II, 230); cf. allem. Krotenpilz et KrSlenstuhl (bas-allem. poggenstol, flam. paddenstol), angl. toadstool, id. ( — siège à crapauds); courge (grosse) : fr. potiron (v. champignon) et Piém. bota ; figue (variété de) : pr. grassotto (d'où fr. grassone), propr. femelle du graisset; melon (par allusion à la forme ovoïde): it. zatta, terme d'origine dialectale (Crémone zatt, crapaud); poire fondante (de forme ramassée) : fr. crapaudine et Gasc. grapaudino ; pomme (tachetée comme la peau de la grenouille) : fr. rainette, reinette ; cf. allem. Froschapfel, rainette. 1 Devic (dans Littré, Suppl.) et Schuchardt (Zeitschrift, X X V I I I , 130) font venir potiron du sémitique pitra, arabe foutr, champignon : le mot aurait été importé (suivant Schuchardt) par les médecins arabes ou juifs, et affublé d'une désinence gréco-latine.

128

c) Termes généraux: bouture (de vigne) : pr. cahot, chabot (d'où anc. fr. et Berr. chabot), propr. têtard, à côté de grapdud, drageon d'un cep de vigne ; végéter (pousser lentement) : Genève botasser, d'où botasson, rabougri (des enfants et des plantes), Pas-de-Cal. s' caboter, id. (des arbres et des hommes; Hain., du bois vert qui se contracte en séchant), Norm. d'Yères cailleboter (fleurir lentement, sans vigueur, du pommier) ; fr. bouder, venir mal (des plantes), représente une image analogue (Lorr., Vosges bo33- 134136; (manger le) 128; (piquer le) 128. crapaud ailé 126. crapaudaille 135. crapaud de mer 121. 125.

crapaud de vigne 126. crapaude 119. crapaudé 133. crapauder 131. crapaudière 136. crapaudin 1 1 9 . 1 2 9 . crapaudine 125.127. 128.129.134.136. crapaud ptcheur 125. crapauds (soulever les) 128; (éborgneux de) 135. crapaud volant 126. crapault II9. 128. 134. crapaute 119. 134. crapauterie 134. crapelet 119. 122. crapelu 122. crapeux 119. 133. crapi 119. 132. crapogne 123. crapot 119. 130. 138. crapoter 131. crapoud 119. crapoudel 119.128. 129. crapoussin 133. crapuche 119. 133. craque 117. crayotte 122. crépaud 119. 135. crèpaudaille 135. crève-chien 37. crier 6. ero 122. croacher 118. croasser 118. 122. crochatte 120. 122. crocette 17. croiset 118. croisset II8. cropaud 119. cuche 86. cul de chien 37.

cusser 83. daille 91. dale 91. 110. dalu IIO. danois 15. décaniller 31. déebaussière 60. décheniller 31. ¿égailler 113. dégoût de chien 22. délober 65. déloffer 140. déloffrer 66. délouffer 66. dent de chien 37.

forbault 139. fouilleau 91. fouillère 107. foule-crapaud 126. fourrignot 108. français 93. fressin 93. froid de loup 68. gagnoche m . gaignart 46. gaigne 46. gaignon 12. 15. 46.

47- 9»gaillaude 106. gaille 88. 91. 106. m . 112. 38. dent de cochon 105. gai]loche I I I . gaillot 88. dent de loup 63. gai 103. déqueniller 31. gale 88. 103. diable 114. galine 88. 111. dé 117. dogue 17. 41. 42; gamelle 93. gandin I I I . 114. (faire son) 48. ganelle I I I . doguer 50. doguin 17. 46. 47. ganette 1 1 1 . ganillon m . ébahir 49. gannir 6. 12. 82. écagnards 33. garache 70. ¿canillé 32. garçaille 33. écaniller 30. gareloup 71. écrapouti 130. garloup-voir 71. égrogner 107. garol 70. éloviner 64. 65. garou 70. élouveter 62. garouage 70. encanillé 33. engouillonner 107. garraud 87. 109. gàrroille 87. enticher 8. garrot 87. 104. 106. enticier 8. garwalf 70. épagneul 15. 47. gâté (chien) 8. épagnoler (s') 43. gaupe 92. épagnote 47. gaure 88. m . 1)4. épagnoter (s') 43. gazelle 91. escrapouti 130. gazon 71. étrangle-chien 37. gentilhomme 92. étrangle-loup 62. Gerfaut 58. étrangle-porc 97. giouler 29. farrin 94. ferbault 14. 46. 139. glapir 4. 12. glatir 3. 12. 42. 43.. fève de loup 61.

153 glawéne 1 4 . glawer 4. 1 2 . 14. glouquetége 1 1 7 . gneu 80. 1 0 7 . gniacher 4. gniafer 4. go 10. gobette 93. goce 4 1 . 46. 58. gocet 10. 4 1 . 58. goche 87. gofon 10. 58. gocoyer 89. godard 109. gode 90. 109. godet 122. godi 85. 90. 109. godillon 85. godin 90. godot 85. 1 2 2 . gogne 89. 105. 1 1 0 . 112. gognette 90. gognon l i o . goherel 88. 106. goignon 89. 9 1 . goillot 88. 1 1 3 . goissement 6. 1 3 9 . golpil 72. pone n i . gonier 107. gor 88. goraille 88. gordin 17. gore 88. 107. goreau l i o . gorer 107. 109. goret 88. 105. 106.

goron 88. goronner 107. gorpil 7 2 ; (escorcher le) 75. gorre 88. 1 1 0 . I I I .

112. 113. gorreau 88. 106. gonel 88. 1 0 6 . gorrer 109. 1 1 4 . gorret 88. gorrette 1 1 3 . gorrier 1 1 0 . 1 1 4 . gorron 88. 105. gos 10. gossat 4 1 . gosse 10. 48. gosselin 48. gosset 4 1 . 42. gouaille 88. gouailler 83. 108. goualer 108. gouche 86. gouge m . 1 1 2 . gougeat 1 1 2 . gouglin 1 1 7 . gougne I I I . 1 1 2 . gougoun 10. gouigner 83. gouillou 88. 107. gouia 1 1 0 . gouinard 1 1 0 . gouincer 83. gouine 99. 1 0 4 . 1 1 0 . 114. gouiner 107. goujat 1 1 2 . goupil 72. goupille 72. goupiller 74. 110. n i . 113. goreter 105. 106. goure 88. 108. 109. goureau 104. 1 1 0 . 107. gourer 199. gorette 103. gouret 88. gori 80. goriérc (agache) 104. goureter 107. 1 1 2 . gouri 88. 104. gorillon 1 1 4 . gourier (se) 108. gorilloner 107. gourneau 1 0 3 . gorin 88. gouron 88. goriner 107.

gourre 88. 1 1 2 . gourrer 107. 109. gonrret I I I . gourron I I I . gourronner 1 0 7 . goussaut 45. gousse 10. 47. 49. gousser 52. gousset 4 1 . gouyat m . gouz 10. 58. goz 10. 46. graisse t 120. 1 2 1 . grapaud 1 1 9 . 128. >35grapauder 1 3 1 . grapouiner 1 3 1 . grassane 1 2 7 . grasset 120. gredin 17. 42. 46. 47gredinette 47. greffier 1 5 . grenaut 103. grenouillard 126. grenouille 1 1 5 . 126. 129. 130. 1 3 3 . 1 3 5 ; (jeu de la) 1 3 4 ; (prendre la) 134grenouille de mer 125grenouiller 1 3 0 . 1 3 1 . 132grenouillère 136. grenouillet 1 2 7 . grenouillette 127. 133grenouillons 1 3 1 . gresset 120. griffon 14. gris 1 5 . grofiller 82. grogner 8 1 . 108. grognonner 108. grohan 93. groigne 109. groignet 106. 108.

groignoier 1 0 8 . groin 108. 109. groin de chien 38. 40. groler 84. groncener 8 1 . gronder 8 1 . 108. grondin 93. 1 0 3 . gronnir 8 1 . groucier 81. grouiller 82. 108. grouiller 8 1 . grounard 1 0 3 . grouncener 8 1 . grubler 82. guaignon 1 2 . guannir 6. 1 2 . 16. 82. guedot 8 1 . gueille 88. guener 83. 108. guerlingue 1 2 3 . guerloup 7 1 . gueule de loup 62. 63. 64. gueuler 6. gueurdin 17. 42. guigner 6. 83. guiler 83. guilleret 1 3 2 . guilleri 1 1 9 . 1 2 2 . 133- >34guillerotte 1 1 9 . habillé de soie 92. babin I I . hahaly 9. 1 3 . haler 9. 44. hallali 8. 1 3 . haller 9. 56. hamer 4. 8. happer 5. I I . happin 1 1 . harasser 44. harer 9. 44. 56. harloup 9. haro! 9. harpaut 139Harpin 58.

>54 hourvary 9.

lehe 94.

loube 59. 62.

h o ver 139.

leu 59. 63. 66. 68.

loubeau 140.

harrer 9.

hobin I I . 48.

leuard 66.

louberée 66.

harrier 44.

huchet 1 1 7 .

leuate 66.

louberie 66.

hawer 5.

huler 3.

leu de mer 60.

l o ub i er 63.

heUe 56.

huppin I I . 48.

leu de terre 60. 6 1 .

l o u b i n e 60.

halle-chien 56.

hurler 3.

leu leu (à la queue)

l o u b i t e 67.

hellequin 55. 57.

jabot 125. 134.

loue 59.

Harpine (Mère) 56.

57-

hennequin 57.

jabotte 129.

67. leuper 66.

heraulder 9.

j a b o u 120. 134.

leurou 1 1 7 .

loue 59.

herbande 49.

jabrailler 4.

leuton 59.

louérou 7 1 .

herbant 14.

jaingler 42.

leuve 59.

louet 59. 60. 66.

herbe à

jambe de chien 38.

leuver 65.

louf 59.

jan 103.

leuverin 60.

loufe 59. 65. loufer 64.

cochons

104.

louche 1 7 .

herbe à porcs 98.

jangler 45.

leu w a s t é 70.

herle 56.

jangleur 45. 48.

levrette 55.

louffre 65.

herlequin 56. 57.

janot 138.

lévrier 15. 40. 47.

l o u l o u 16. 48. 60

hicier 8.

jap 42.

levron 48.

hinguié 79.

japailler 43.

lewarou 7 1 .

louloute 53. loup 59. 60. 63. 64

68.

hire 91.

japer 5. 42.

libot 123.

hinser 8.

japeraille 43.

lice 17. 49.

66. 67. 68 ; (crie;

hisser 8.

japiner 5.

liche 17.

au) 69; (regarde

hivcrnon 79.

japis 43.

lidoire 94.

en) 64; (voir li

h o g n e 108.

jappe 42.

Liepart 58.

h o g n é 89.

japper S- 43.

limier 15. 49.

loupard 66.

hogner 83. 84. 89.

69.

jappeux 48.

lippe 14.

loupasson 60.

jappiller 42.

lisse 17.

loup-berou 7 1 .

hoing 82.

jarraud 87. 109.

litaie 107.

loup-cervier 61.

hoingner 6. 83.108.

jaspiner 5. 43.

lobasser 64.

loup de mer 60.

honhon 89.

jaspineur I I .

l o b e 65.

loupe 62. 65. 66.

honner 83. 108.

jaungeler 48.

lober 64. 65.

louper 64. 65.

hoper 5.

Jean 138.

lobesse 61.

loupeur 66.

horvary 9.

jongleur 49.

lofer 64.

loup-garou 7 1 .

hôte 93.

kel 3. 28.

loffe 66.

loupiat 65.

houaille 140.

kele 3. 35.

lolo 79.

loupiner 64.

houamer 4.

laie 94.

lope 65.

loup marin 60.

houer 140.

laiton 79.

lopin 64. 68.

loup mordant 61.

hougner 83. 108.

lancer 8.

lopiner 64.

louppe 61. 62. 6.

lanceron 79.

lopineur 65.

loup rouge 60.

langue de chien 37.

lorandier 1 1 2 .

loups 62.

lapin 4 1 .

loriande 91. 112.

loup-verou 7 1 . louquettc 59.

108.

hougnet 89. houigner 83. 108. houincher 83. houiner 83. 108. houler 9. h o u l i r e 92. houper 5.

II.

houret 16. 85. 110. hourlaud 14. bourrer 9.

lappir 5. 14. 4 1 .

lorieu

larbin 139. 140.

louache 60.

117.

louquiau 60.

larbio II. 139.

louarat 7 1 .

loure

lard 9 1 .

loubache 60.

lourcr 69.

59. 64. 6991.

lcbrou 46. 140.

loubas 67.

louriau 61.

lèche 17.

loubaté 66.

l o u t 59.

lécher 54.

loubateau 67.

loutaud 1 1 7 .

155 louter 67. loutiaud 60. loutier 69. Iouve 59. 63. 64. 65louverat 7 1 . louveret 63. louvesse 59. 63. 67. louvet 65. 66. louveteau 60. 63. louvetier 67. 69. louvette 60. louvier 63. louvière 64. 67. louvoyer 65. louvre 59. 68. 69. louvrer 69. lovecerviere 6 1 . L o v e l 16. lovène 66. lover 65. lovesse 59. lovet 60. 66. lovier 63. 65. 66. lovière 67. lovin 66. lovinace (coe) 65. lovine 66. lovis 64. lovisse 65. lovre 69. lovresse 59. lovTotte 6 1 . 62. lu 1 1 7 . lubin 60. 66. 70. «39lubine 60. 67. lubiner 65. lulu 1 1 7 . 1 2 2 . lupeux 70. lupin 6 l . 66. 67. lupinelle 62. lureté 1 1 7 . lurou 1 1 7 . lut 1 1 7 . 1 2 1 . lutaud 1 1 7 . luterne 69. luth 1 2 1 .

luvier 63. mahouse 90. 1 1 2 . majat 1 2 3 . majet 1 2 3 . malengrogne 1 1 0 . mâle 79. mallon 90. malot 90. mamot 16. mandrin 74. mandroule 75. maousse 90. maquelotte 1 2 0 . 1 2 5 . maquette 120. maquin 90. marais 1 1 9 . marcassin 89. marhouse 90. 1 1 2 . marloup 7 1 . marquais 90. marqaesin 90. marquet 139. marrane 1 1 2 . 1 1 3 . marsouet 93. mastin 16. 46. 48. mastine 49. mastiner 44. mâtin 16. 47. 50. mâtiner 3 1 . 45. mau-lubec 67. mayaï 78. mayet 78. meneux de loups 69. meniau 92. menthe de ba 1 2 7 . mérande 9 1 . mergale 88. Mère Michel 93. métier de chien 19. 49miré 9 1 . mires 9 1 . mirole 92. Mitaud 1 5 . monsieur 92. mopse 17. moret 15.

mort aux chiens 26. mou 1 1 6 . Moufflard 16. moumou 16. 1 1 6 . muet 1 2 3 . mufle de chien 37. mûre de tchin 37. nabin 1 3 9 . nabot 1 2 3 . 1 3 2 . nadau 1 2 3 . nadoa 1 2 3 . nainbot 1 2 3 . 1 3 2 . nambot 1 3 2 . napai 4 1 . nerchibot 1 3 3 . ueurisson 79. nez de chien 139. niaie 107. niambot 1 3 2 . noble 92. noces de chien 139. nourrin 79. oeil de chien 20. 37œil de loup 62. oin 93. oinoin 89. oualer 108. ouarloup 7 1 . ouigner 84. ouin 93. ouincher 108. ouiner 6. 83. 84. 128. oussi! 8. 139. pain de crapâ 1 2 7 . pain de pourceau 98. paquiou 1 6 . paquot 1 6 . 1 1 9 . pas de loup (&) 64. pataud 1 5 . pâte lovine 62. patenôtre de loup 70. patouline 1 5 . patte de crapaud 126. 1 2 7 .

patte de loup 64. patte de raine 1 2 7 . pauvre homme 1 2 3 . peau de chine 37. pelou 1 4 . pelquié 1 2 2 . pesant 79. pere à cochon 99. petou I I . p'hôou 98. piailler 6. piche de chien 37. pied de cochon 1 0 5 . pied de loup 6 1 . piller 9. 44. pince-tchin 37. pique-tchin 37. pocre de loup 62. pognu 1 1 9 . poire louve 62. poire de chiot 96. 139pois à crapand 127. polonais 93. popioule 124. porc 78. 79. 96. 97. 99. 100. 1 0 1 . 102. U3porc de mer 96. 97. porcel 78. 79 ; (ne pas valoir un) 2 3 . porcelaine 97. 98. porceler 100. porcelet 78.97 ; (brun) 98. porcelettes 99. porcelle 98. porc épi 98. porchaiUe 98. porche 78. porcherie l o i . porchièrc 78. 100. 101. porchin 98. porchon 78. porcil l o i . porcille 97. porcinat 1 0 1 .

156 quené 32. queneau 33. quenelle 96. quener 82. 108. quenetel 30. quenette 33. quenillotte 28. quenne 53. quenner 28. quennet 3. quenot 3. 27. quenoter 28. quenotte 53. 1 0 3 ; (mory) 1 0 2 ; quctou 85. (petit) 97. quette grise 60. pourceau de mer queue 120. queue au loup 61 ; 97(à la) 67. pourceau de S. A n queue de cochon toine 97. 106. pourceau ferré 98. queue de loup 62. pourcelaine 1 0 1 . queue de poêle 120. pourchelet 79. pourchon de mur queue de pourceau 98. 97queue de renard 37. pourôme 1 2 3 . 73. 74. 76. poutaud 16. 1 1 9 . queuillerotte 120. 122. queusser 83. pouter 1 1 9 . quialer 5. poutiou 16. quiao 3. 80. 85. pouto 1 2 2 . quiaquia 85. privé 92. prune de quine 26. quiaule 3. 34. prune i cochon 1 0 5 . quien 2. quien à poils 37. psachin 1 2 1 . quienne 2. 35. putaus 124. quienquien 80. 92. pyrame 1 5 . 104. quanner 83. quigneu 33. quegnas 33. quignon 3. 30. 36. quegneter 30. quincher 83. quegnot 30. 33. quiner 82. quegnotte 26. quinpeleure 86. queler 28. 3 1 . quiot 80; (poire de) quelot 33. porcine 98. porciner 100. porpeis 97. porque 78. 100. porquerie 1 0 1 . pot 1 1 9 . pote-loube 52. poter 1 1 9 . potiron 1 2 7 . poucheler 1 0 2 . pou'hé 78. pourcé de cave 97. pourceau 78. 100.

queloter 33. quenaille 33. quenas 3 3 . quenasse 33. quenaudc 53.

«39quiotcr (se) 28. quiqui 85. 1 1 3 . quiquiou 85. 1 1 0 . quista 94.

rabawer 43. rejaner 83. rabot 1 2 3 . 128. 129. remiller 83. 131. 132. 133. renard 72. 73. 74. rabote 1 2 3 . 1 3 5 . 76; (crier au) 76; raboter 1 3 1 . (écorcher le) 75. raboteux 1 3 3 . 76; (prendre le) rabou 1 3 3 . 73; (tirer au) 75. race 33. renard marin 73. renarde 75. racouet 120. 127. renarder 74. 75. raffouer 140. renardière 76. rage au loup 6 1 . ragot 90. 106. 108. renards (avoir des) 75 ; (faire des) 75 ; 110. (faire les) 74. ragoter 106. 107. renaré 75. 108. Renart 72. ragotin 1 1 0 . renée 89. raguin 90. renette 134. raigne I I 5 . renouillc 1 1 5 . raille-chin 39. requenner 83. raine 1 1 5 . rainette 1 2 1 . 126. revary 9. reviouler 6. 1 2 7 . 134raisin de renard 73. Ribaut (chasse à) raitot 9 1 . râle 1 1 8 . 1 3 0 . 1 3 2 . 1 3 3 . 135râlet 1 1 8 . 130. ralu 1 3 2 . 1 3 3 . 1 3 5 . raluchon 1 3 5 . ramage 1 2 1 . ramette 1 2 1 . ramiouler 6. ranelle 126. raquer 1 1 7 . raquette 1 1 7 . rat 9 1 . rawer 6. recanner 83. rechaignier 83. rechanner 83. Rechignié 58. réer 6. rcgat 1 1 7 . reguegnouner 108. reiller 6. reine 1 1 5 . reinette 1 2 7 . reinoille 1 1 5 .

55- 56. ribot 128. 129. ricaner 83. Rigaut (chasse à) 55- 56- 57riloufé 66. rioler 84. riouler 84. roant 93. rogner 109. rognonner 108. roguin 90. roinzoin 89. roinzoner 82. rollet 93. rongoglier 82. Ronnel 6. ronner 84. roquet 16. 4 1 . 47 56. 1 1 7 . 1 2 3 . roquette 1 1 7 . roqui 1 1 7 . rose de chien 26. rose de loup 6 1 . rosette 1 2 3 .

157 93-

taïaut 7. tambour I I . 1 3 9 . taque 1 2 2 . tatà 1 1 8 . tatè 9. tatin 48. tatiner 48. tché à tsines 7 1 . tchin 2. 2 1 . tè 1 1 7 . 1 2 2 . temps de chien 19. tesson-chien 36. têtard 120. tête d'âne 120. tête de chien 27.

treucuôde 1 0 3 . treue 86. 103. 104.

vawer 4. veltre 16. 105. 108. m . ver 78. 102. roucner 82. treuelle (agasse) 104. verdier 1 2 1 . rougnier 84. treuille 86. verou 70. 79. rouincer 82. verpil 72. treuiller 1 0 7 . rouné 89. verrart 79. 1 0 2 . treuler 108. rourou 85. trevire-crapaud 128. verrat 79. ronteler 82. 84. verrat de mer 97. troï 107. router 82. 84. vesse 16. troie 106. ruche I I . vesse de loup 6 1 . troïeler 109. IIO. ruignier 82. 62. trou 8 1 . ruiner 82. vêtu de soie 92. trouille 86. 105. runer 82. 83. 112. viautre 16. russon 92. trouillon 106. vie de chien 19. ruter 82. 83. troule 86. 108. 1 1 2 . vie de cochon 1 1 3 . 39sabarou 1 3 6 . vigo 86. tête de loup 64. 67. troulier 108. sabirou 1 3 6 . troye 104. vin de porc 100. sabot 1 1 5 . 1 2 5 . 1 3 0 . tette-vache 1 2 2 . true 86. viquer 6. tculeu 1 2 3 . 1 3 4 . 136. truée 103. vlin 1 2 3 . tiaci 85. sabote 1 3 6 . truette 1 0 3 . voirloup 7 1 . tiatia 1 1 3 . sabourin 136. truiasse 1 1 2 . volanbot 126. salade de porc 99. tiautiau 85. truie 86. 87. 95. volpil 72. sanglier 79. 9 7 . 1 0 1 . tien 2. 1 0 3 . 105. 106. voualer 108. tienpoual 37. saure 90. 109. m . vougnier 83. 108. saut de loup 60. 64. Tirant 58. truie de mer 103. vouiner 83. 1 0 8 . tirelupin 66. savate 1 1 5 . 1 3 6 . truillet 1 1 3 . vouinquer 83. titi 80. 92. sengler 79. truite 86. vouvou 10. titize 92. 104. seiis 16. truye 105. vraibot 1 3 5 . tonquin 94. sibot 1 1 5 . 136. truynesse 86. vuingnier 83. sibourelle 1 1 5 . 1 3 6 . toquar 1 1 8 . tue-chien 36. 37. vulpin 73. toto 7. 9. 47. sigisbée 57. 38. waignon 1 2 . 16. tou 7. 1 1 7 . simou 1 2 5 . tue-loup 6 1 . waper 4. 9. toujou 1 1 8 . singlé 79. turelupin 66. warol 70. tourteau 1 2 2 . souère 90. turquet 15. 140. warouler 7 1 . toussi! 139. sourd 124. warwailles 1 3 9 . toutou 7. 9. 48. 85. uller 3. soure 90. ut! 1 3 9 . wasser J . 1 1 8 ; (faire) 49. sourie 90. vaou-vaou 10. waure 88. tra 86. sué 1 2 0 . vari 9. wicheter 6. traie 86. sugner 108. wigni 6. 83. trait de chien 1 3 9 . varou 70. 7 1 . surele à crapaud varouage 7 1 . woingnier 6. tratte 122. 127. varouillé 7 1 . yacret 1 3 9 . trawie 86. syndic 92. zozo 10. 46. 4 7 . vautre 16. trée 104. tac 1 1 7 . 1 2 2 . treu IIO. tache 1 2 2 . rossignol à glands

»5« 2. Provençal (et franco-provençal). abaja 4. ablaja 4. abourra 8. 43. 44. abouta 8. acagna 30. 32. acana 30. acani 31. 32. acanissa 30. achina 30. 33. acbini 32. achinoutá 28. achourra 109. acbourri (s') 109. acinsa 7. acissa 7. acoussi 7. acssi 7. acusca 7. acussa 7. aglati 43. agoussa 7. agroulhouna 107. agrogni (s') 107. agrougni (s') 107. aguissa 7. ahissa 8. ahuto! 7. alan 7. 46. aloupi 65. alupa 64. 65. amouda 8. amouta 8. anissa 8. anssi 8. aquissa 7. arrac 47. arreganha 82. arrouna 6' ase boubou 116. assima 8. assissa 8. atissa 8. 43. 44. 47. atruia (s') 107. auribait 92. auset crapaut 126. auto! 7.

babarena 121. boc 117. baban 4. 49. 50. bocain 117. babé 116. boque 84. m . babi 116. 133. 134. bot 118. 123. 125. 135. '34babocho 50. bota 134. babóu 4. boterot 132. bacoun 41. boto 118. 125. 126. bacouna 105. botolion 132. bagga 84. boton 132. baque 84. bou 121. baràuta 124. boua 116. barbo de reinará bouatta 134. boubou 116. 73barbou 118. bôu-bôu 3. barracan 14. boudenfla 130. barracaría 46. boudiSa 130. bar rat 79. boudiflo 131. bàu 3. 49. boudougna 130. bauba 4. boudounfla 130. beboupe 9. boup 72. bebyte 9. boupilho 62. 74. beget 84. bourguignoun 93. begin 84. bourra 4. 8. 13. 44. begoula 6. bourro-bourro 43. bègue 84. 90. bousiga 108. berlá 6. bousigadou 91. 108. bermiado 123. bouta 4. 8. berou 71. boutarel 127. boutifla 130. berrasseja 79. berre 79. boutiflo 130. berrou 71. 79. boutigna 130. bestio negro 92. boutina 130. bétyon 92. bracana 46. biaja 4. braidar 6. biauja 4. braoya 6. bièula 6. braquet 6. braulya 6. bifa 93. bindoula 5. bricana 46. biotsa 5. ca 2. biscoudet 17. cabos 120. 125. biset 121. cabosso 120. bita nèira 92. cabossolo 120. bitoun 84. lio. cabot 120. 125. 128. bo 116. caboto 126. bobo 91. 116. caboues 126.

cabourlat 120. cacho 35. cacho-grapaud 129. cadel 2. 11. 26. 33. 34- 35cadelà 26. 28. 30. 33- 35cadelasso 34. cadeliero 34. cadeile 28. cadello 2. 25. cadenello 25. cadillo 2. cagni 28. 31. cagnado 30. cagnard 27. 32. 34. cagnienguero 30. cagnin 32. 33. cagnis 33. cagno 2. 21. 22. 34. 52- 91. cagno berbero 36. cagnol 24. 25. 35. cagnolo 24. 108. cagnon 25. 33. cagnot 27. 32. 33. 35cagnoto 28. 3$. cagnoulà 108. cagnous 31. 32. cagnoulà 28. 34. cagnoutado 34. caiastre 88. caillard 121. caille 88. 105. 121 123caillobot 122. 135. caio 88. 105. caion 105. 110. caion de mar 104. caioun 88. 103. 105. caiouni 107. caiouno 104. 121. calhoun 88. calya 88. calyen 88.

»59 chaninoa 26. camardo (la) 34. chocho 80. chapa 5. cholo 1 1 8 . cambo-chin 37. chor 1 1 8 . charnegí 44. caraossol 120. choa 80. 85. charnegaire 47. can 2. charnegue 14. 46. chouchet 85. canadello 25. chouchou 80. 85. canari d'ebouaton 93, 47112. canatié 32. charpa 1 1 8 . cancarignol 1 1 7 . choun 85. 104. 106. chana 87. caneja 3 1 . 107. chaucho-bot 129. chouna 107. canha 19. 21. chaucho - grapaud chouneto 106. canicho 46. 126. choani 107. canige 35. chaudelet 26. chouno 108. chaupa 5. canigoun 29. chouro 16. canilho 25. 26. 33. checa 10. chourra 109. chenailler 32. canin 3 1 . 32. 33. chourro 87. 95. 109. chenailleux 32. canino 29. chenaillon 28. 110. 112. canis 33. chenaliura 28. cibot 136. canissot 32. chenard 93. cigalo 122. canot 90. chenerilho 25. cin 2. caparas 120. chenilho 25. cissa 7. cap de bóu 120. chenitre 32. clapita 4. capo 120. chi 2. clapon 92. carcanet 1 1 7 . clara 93. chica 10. 46. carine* 83. clicherou 1 1 7 . chiche 10. carnifla 38. clouc 1 1 7 . chichet 10. carragna 83. co 2. chicheta 46. carrec 1 2 1 . carrinca 83. carsi 93. 120. cassi 93. casso-chin 38. 39. cassuouto 120. catson 87. catsonet 87. caya 88. caye 88. 105. cayena 88. 107. cayon 88. i o j . n o . cayounére 1 2 1 . cerco-rabassos 92. chabot 1 2 a 125. 128. 136. chadel 2. chagnard 34. chamougne 120. chanfé 27. changoula 5. chanin 34.

chichicla 44. chichou 10. 48. chin 19. 20. 22. 23. chiná 2 1 . 28. 3 1 . chinado 32. chinaredo 30. chinarié 30. 32. chinas 25. 29. chinassarié 32. chinassiá 29. 30. 3 1 . chinatié 32. chin-blanc 38. chin-de-Cambal 71. chineto 24. chinié 34. chiniero 29. chin-mouton 14. chino 2. 2 1 . chin-taiss 36. chi-perdris 36. chirp 118.

co-de-loup 62. co-de-porc 98.100. co-de-reinard 73. 74co-dóu-loup 67. cocho 81. 86. 87. "3cogno 2. eos 10. cotson 87. 107. cotz 10. coucasse I I 7 . couchinos (fa) 107. couchon I I I . couéla 6. 83. 84. couélya 6. 83. couenassa 82. 108. coagne 1 1 2 . cougni 1 1 2 . couigna 82. courin 87.

courrin 87. courto-aurilho 60. couis 81. 85. cousseja 44. coussou 10. 44. coutchi 81. coutchioun 87. coutso 87. coutsoun 87. craco-babi 126. crapal (pitiou) 1 2 1 . crapaudzia 135. crapotin 133. creba-bo 136. creba-sol 123. crebo-chins 36. 37. crida 6. crinca 83. cropal boulant 126. crot 124. cuco 1 1 7 . cuiereto 120. cuiero 120. cuina 82. cunin 25. curlet 16. 42. curo 16. 42. cusca 7. cussa 7. cutz 47. dégogner 107. degoudilha 107. dent-de-loup 63. dzapa 5. dzingla 84. dzomira da tsin 19. egrapauti 130. eguiraude 122. encagna 30. encanissa 30. engorra n o . engoulhaudo 1 1 9 . 122. engragno 1 1 5 . engraisso-porc 98. engrougna n o . enloubata 65. enquissa 7.

i6o entissa 8. 44. enussi 8. erbo de grapaud 127. erbo di granouio 127. ernugo 14. escambarlat 120. escourcboun 123. escrapouchina 130. espeio-cbin 39. espousco-chin 37. esquicho-bot 126. estranglo-chin 37. 39evarnon 79. farou 16. flour de babi 126. fourra 8. fousin-fouseire 91. fraisso 79. 93. gagno 89. I I I . gagnolo 103. 108. gagnolila 82. 108. gagnoun 12. 15. gagnouna 107. 112. gaio 88. 105. galavard 93. galeso 88. galho 88. 122. galhodo 121. gana 89. 103. ganda 89. 107. 109. HO. 113. gandaia 108. I l o . gandeyi 109. gandille 113. gandimello 107. gandine 113. gandoon I I I . 113. ganet 89. ganguela 5. ganhart 46. ganhon 89. gara 87. 122. garaudoo 122. gargoulhon 118. garragnau 113.

garrel 109. garrì 87. 91. garrouié 108. garrouna 108. gatibourro 4. gauro 88. gavilho 93. gavo 93. gazelo 91. gingia 84. giscla 84. glapa 4.

gouac 118. gouagnôu 89. 111. gouari 87. gouarre 109. gouchen (fa) 107. gouda 85.107. I I I . goueire 87. gouena 89. gougnard 105. gougnaud 112. gougnou 85. 105. gouicha 83. gouignoun 89. glati 43. gouina 72. 83. 89. glato 44. 107. 113. gna-gna-gnau 5. gnarro 90. 108. HO. gouissa 83. 108. goujat I I I . 112. 1 1 1 . 112. 113. goujo 85. I I I . 112. gnaula 5. gnic-gnac 4. 85. 92. goujouna 107. goulheret 119. gnif-gnaf 48. 92. gouna 88. gnoun 9. goungouna 84. gnouna 90. gounh 89. gnourra 84. gouognou 106. gogne 112. goupilha 62. gogno 89. 107. gourat 88. gognoun 89. gouret 106. 113. goino 107. IIO. gourgouillon 118. 112. 114. gourilhou 88. gojo 81. 85. gourinaio 112. gona 89. i l i . gournaou 103. gone I I I . gouro 88. gor IIO. gourra 108. gora 104. 105. gourret 88. I I I . goret 106. gourreta 107. gori 88. gourreto 88. 112. gorjo de loup 63. gourri 80. 108. goro 88. gourrieula 107.108. gorre 112. 113. gourrin 88. 110. g o n i 88. gorrin 88. 109. 112. gorrina 112. gourrina 108. 112. gorrinalha 112. gourrinot n i . gorro 88. 112. 113. gourrioula 82. gorrognau 113. gourrou 80. gos 10. gonrrounche MO. gossa i o . 41. 49. gosset IO. gosson IO.

gourrouneto gous 10. goussá 52.

ut.

goussalho 44. goussard 47. goussas 47. goussatié 47. gousset 10. 41. 44. gousso 10. 47. 49. 52. goussou 10. 48. gouyat I I I . gouyo I I I . 112. gouzi 81. 85. goya I I I . goz 10. graboulhaou 119. gragnoto 115. graio 122. graissan 120. 121. grangroun 84. granolba 115. granolhi 130. granouia 131. 132. granouiado 133. granouié 135. granouiero 128. granouio 115. 129. 130. 132. 134. granouio de sant Jan 138. graoulho 115. grapal 119. grapaou 119. 121. grapard 119. grapaud 119. 128. 129. 130. 132. 134. 135grapaudalho 134. «35grapaudas 128.129. grapaudeja 131. grapaudié 135. grapaudin 127.132. '33grapaudino 127.129. '34grapaudoun 133. grapaud voulant 126. grapouneja 131.

lót grassano 1 2 7 .

guirre 87. guissa 6. 83. guitou IIO. guori 88. guoz 1 o . hama 4. harri 1 2 4 . hourra 5. 8. 9. idoula 5. illâ 3.

lofi 65. 66. lofi de loup 6 1 . lop 59. 6 0 ; (entre graugnäu 1 0 3 . ca e) 68. graulho 1 1 5 . 1 2 1 . lopa 62. 13'lopin 67. grazacou 1 1 8 . loubà 65. grazan 1 1 8 . loubacbin 62. greisa I I 8 . loubachouno 62. gr£uche 124. loubassou 60. grimaud 16. loubat 62. incagna 3 2 . gri-gri-gri 107. loubato 62. ivernon 79. groela 1 2 1 . loubatou 63. iz atro 92. groign 108. loubau 62. jabot 1 3 6 . grunhir 8 1 . louberou 7 1 . janes 89. gronir 8 1 . loubet 16. 60. 63. janglar 45. gropal 1 1 9 . 65. 66. jangolar 5. 42. 43. gropolleja 1 3 1 . loubeto 63. 64. 66. jangolli 42. gropp 1 1 9 . 1 3 2 . loubo 59. 60. 63. jangoula 5. 6. grougn 104. 108. janguelbar 45. 64. 66. 67; (faire 109. jap 42. la) 65. grougna 8 1 . 1 0 7 . japa 5. loueja 65. 108. japarel 42. louf 59. grougnaire 90. japilha 42. loufio 59. grougnau 103. jaupa 5. loufo 65. ^roulh 108. jaupilba 42. lougo 59. groulhou 88. jingoula 5. louo 59- 65. groumet 93. jone 89. loup 59. 60. 62. 63. groun 108. labrit 1 5 . 65. 66. 6 7 ; (a grounda 84. lachen 79. vist lou) 69 ; (engroundi 8 1 . 84. tre chin e) 68 ; groundina 8 1 . 108. laira 3. 4 1 . 45. lampouina 5- 4 ' (trau de) 6 2 ; (tua grugnau 1 0 3 . lapouina 5. 4 1 . el) 62. grulh 108. lar 9 1 . loupas 67. grulha 108. 1 3 1 . larre 9 1 . loupin 67. guedi 85. laua 59. loupino 6 1 . gutinard 74. 75. lauva 59. loupio 65. 66. gueine 72. lebacho 60. loup paumé 70. gueino 7 1 . leberou 7 1 . loup pauto 62. gueinolo 74. lebret 46. lout 59. gueiiaudo 1 2 2 . lengo de can 3 7 . lout-carou 7 1 . guela 6. louvo 59. gueri 80. 87. 107. liapa 89. lovra 69. gueret (faire) 1 0 7 . loba 66. 67. loba cerviera 6 1 . lovre 69. guerin-gaio 107. lobai 65. luberno 6 1 . gueya 88. loberna 69. gnillorda 88. lup 59lobinat 60. guiner 72. lupa 64. lochinta 1 0 7 . guirande 1 1 2 . lupi 62. 65. 66.

graugna 8 1 . 107.

Beiheft zur Zciu hr. f. rom. Pbil. X.

mahle 79. mal graugnat 1 1 0 . mandre 72. 73. 74. 75- 76. mandri 75. mandriasso 75. mandrilho 74. 75. 76. mandrin 74. mandrot 75. mandroun 75. mandrouno 75. manit 92. manjo-grapaud 1 3 5 . manjo-granouio 1 3 5 . filarello 92. mascle 79. massacan 38. mastin 16. 47. 48. mau de porc 1 0 1 . mau-loubet 66. 67. mauro 90. 1 0 3 . 1 0 5 . 106. 107. n i . megneque 92. mère troyo 93. miarro 90. miauna 6. mioula 6. molo 79. molyon 1 1 9 . mourado 107. mourre-de-chin 37. mourre-de-porc 97. 98. 99mousiga 108. mousigadou 108. nadau 1 2 3 . nani 85. nego-chin 39. nin-nin 85. noè 79. noué 79. nourridoun 79. ouanda 89. oudoulia 5. ouina 8. ourla 3 . padello 122. II

îb2 pato-de-chin 37. 39. pato-de-loup 62. pè-descaus 60. ped-de-caioun 109. ped-de-porc IOO. 102. peis-porc 96. pelaira 92. pel-de-grapaud 1 2 7 . pelic 1 2 2 . pella 92. pè-pelu 92. pero-de-coutsou 99. perre 10. 47. perrou 10. 46. pissat 1 1 9 . pisso-can 37. poilo 92. porc 74. 78. 97. 1 0 1 . 103. porc de mar 96. porcelar 100. porchalho 98. porchet 97. porcho-cuo 99. porc integre 79. porc marin 97. 98. porc negre 1 1 3 . porcognòu 7 5 . 97. porlo 74. 1 1 0 . porqueta (se) 1 0 2 . posse-vacbi 1 2 2 . poucel 78. 98. 99. poucelá 100. poucelasso 1 0 1 . poucelet 98. poucelo 78. poucbeler 102. poucbina 100. pouchon 99. 1 2 2 . poucièu 1 0 1 . pourcateja 1 0 2 . pourcelo 102. 106. pourcelòu 78. 98. pourcha 100. pourchignasso 98. pourchilha 1 0 2 . pourcigoulo 1 0 1 .

pourcin 98. pourcino 98. pouro 97. pourou 98. pourqueirolo 1 0 1 . pourqueja 1 0 1 . 1 0 2 . 103. pourquet 78. 97. pourquet de croto 97pourquet dóu bon Dieu 97. pourqui 100. poutarel 1 2 7 . poutina 1 3 0 . primo 79. prinmaró 79. quecbon 87. quena 82. 108. queyon 88. quiala 5. quierpo 1 1 8 . quièula 5. 6. 83. quièuna 6. 83. quila 5. 6. 83. quina 6. 82. 84. 118. quinaut 1 1 8 . rae 1 1 7 . rafoula 82. ragagneja 84. ragat 92. raina 1 1 5 . rainar 82. 109. 1 2 1 . rala 82. ralya 84. randoulo 126. randouly 1 1 6 . rangoula 6. 84. rangoulha 1 1 7 . rangoulo 1 3 1 . ranfla 82. 1 2 1 . rano 1 1 5 . 130. ranqueto 1 1 7 . 130. rascle 1 1 8 . rasclet 1 1 8 . 130. rasin babi 1 2 7 . rastegue 14.

saboc 1 3 6 . raton 9 1 . sabot 1 3 4 . 136. ravouire 82. raugna 8 2 . 1 0 7 . 1 0 8 . sabou 1 3 6 . sahus 1 6 . rauna 82. sapias 7 2 . rayna 109. sauto-cbin 39. raynart 75. screpièu 1 2 3 . recadela 3 3 . senelye 26. regaula 6. 84. reinard 72. 7 3 . 74. senglar 79. 75 ; (faire lou) 75. singlié 79. souina 108. reinardiero 76. souiro 60. 72. 90. reinardo 74. sousso 44. reinardoun 76. soussolegue 44. reineto 1 2 1 . 1 2 9 . soussou 80. 130. suçolegue 44. reía 82. sulha 78. relya 82. 84. sulhon 98. rena 82. 83. 84. tatar 85. 108. 109. 1 2 1 . targagno 40. renaire 89. tauto 1 3 4 . reno 106. tchantchon 80. 8 s reté 85. tchatchet 80. 85. ringo 89. 1 1 2 . tchatchon 80. 85. rodji 82. tecbou 90. rofoleja 82. tessard 1 2 2 . roñe 1 1 5 . tesse 9 1 . 1 2 2 . ronna 6. 82. tessoun 90. rougna 82. 107. tessounado 107. 108. testaroudo 120. rougno 109. testassa 120. rouï 82. testounas 120. rouna 6. 82. testo d'ase 1 2 7 . rounca 82. testo de loup 6 4 rouncla 82. tètè 80. roundina 82. tian 93. roundinayre 89. ti-ti 80. rounga 82. touchin 90. rounsa 82. toussin 90. rouvi 82. toute 1 1 8 . rusco 95. 1 2 0 . touysso 86. rula 82. trejo 86. ruzer 82. sabarcou 1 3 6 . sabat 126. sabatas 1 1 5 . sabato 129. 1 3 3 . >34- «35- «36. sabau 1 1 5 . 1 3 5 .

trejo de croto 103. tricoudin 74. troi 86. troio 86. troujo 86. troutrou 8 1 . 86.

103 troya 86. troye 1 0 5 . trueio 86. 103. 105. 107. I I I . 1 1 2 . tmejo 86. 105. 106. 107. truia 107. truiga 86. truio 86. trujado 107. trulo 86. tsanilhos 26.

tsin 2. 22. 27. 35. tsin de foué 27. tyarec 1 2 1 . tyou 85. udoula 5. uei-de-chin 37. uei-de-grapaud 136. uei-de-loup 6 1 . ula 3. urla 3. utsi 8. vapary 49. 3.

ababià 1 3 3 . ababies.se 130. abbagaturisi 49. abbaino 42. abbaire 49. abbajare 4. 1 2 . abbajata 43. abbautirisi 49. abbottare 130. ìbbottolare 130. abbuffari 130. abbuttari 1 3 0 . acacchiare 28. 34. accagneggiare 30. accanare 30. accanato 32. accanire 30. acciaccare 1 0 7 . 1 0 9 . acciacciarsi 106. acciaccinarsi 106. acciacco 109. iccuccia 47. accucciarsi 43. accucciolarsi 43. accuzzarse 43. 47. adizzare 8. iggolpacchiare 74. rissare 8. aizzare 8. 44. alano 17. allupare 64. 65. allupature 68. unazzacani 39.

Italien

ancanigliar 30. androgghiula 94. appeddare 6. 45. apporcare 99. arlecchino 1 5 . arrognare 107. attoccare 5. 4 5 . 1 3 9 . aun lare 8. avvolpacchiare 74. avvolpinare 74. alivola di babi 1 2 7 . azzubbai 8. azzupari 8. babao 49. babau 49. babbi 1 1 6 . babbio 1 3 3 . babbione 1 3 3 . babi 1 1 6 . 1 3 1 . 1 3 3 . babiá 130. babiass 1 3 3 . babiesse 1 3 0 . babiot 1 3 2 . 1 3 3 .

vercouat 88. verdanello 1 2 1 . verdoulaigo 1 2 1 . verrà IOO. verrasseja 100. 102. verrat 78. 97. verre 78. 97. 1 0 1 .

102. verrot 97. verrou 7 1 . vingo 86. vioula 6.

volp 72. volpilh 72. vora 88. voup 72. vourp 72. 73. vourpa 73. 75. vouzi 8 1 . 85. wapa 4. 5. yapa 5. zapa (far) 8. zouba 8. Z0Z0

48.

(et patois). baggiu 1 2 4 . 1 3 3 . baghin 44. bai 34. 43. bailamme 43. baiuta 50. baja 45. bajare 4. 1 2 . bajata 45. baolé 4. barbino 14. 46. barbone 14. bati IO. bau 40. bauccare 50. baucco 50. baulari 4. baulé 4. bauré 4. bauselte 50. bautta ¡ 0 . beliai 6. berre 78. 102. besinfìo 130. biga 84. 93. bigazo 93. biliemme 43. bisinfio 1 3 1 . bobo 49.

134baboé 16. 1 3 5 . baboia 49. baborgne 1 3 5 . bacaja 42. 42. baco-baco 4. 7 ; (far) boè 1 6 . 1 2 3 . 1 3 5 . bociá 6. 49boda 1 3 3 . baffiari 4. bodda 1 1 8 . bagagel 124. boddacchino 1 1 8 . baggeo 1 3 3 .

boddoni (a) 1 3 1 . bodé 130. bodenfi 130. bodero 1 3 1 . bodié 1 3 1 . bodo 1 3 1 . bodola 129. 1 3 1 . bodolo 128. 1 3 5 . bodoro 1 3 2 . bofalo 14. boffa 1 1 5 . boggia 126. boleto porcino 98. bolfo I I . 1 3 9 . bomba 1 3 9 . bopà 4. b o r i 8. 1 3 . borbora 94. boré 8. 1 3 . borenti 130. borgognone 93. borì 4. 8. 42. 43. 44 bosa 1 1 8 . 126. bot 1 1 8 . 1 3 2 . 134. bota 1 2 6 . boto 16. botola 129. botolo 16. 47. 126. »35botoro 1 3 2 . botracone 1 3 1 . botta 1 1 8 . 126. 1 2 9 1 3 1 . 1 3 5 . 136. Il*

164 bottaciuolo 1 3 3 . bottarana 1 2 3 . botta scudelaja 1 2 1 . bottatrice 126. bottelone 1 1 8 . bottina 126. 136. botto 16. 1 1 8 . 1 3 5 . bottola 126. bottoli 129. bottracchio 1 3 2 . bottrisa 126. brac 45. braccare 44. braccheggiare 44. bracchi (aver sciolto i) 47. bracco 1 7 . 47. 49. bracot 45. bromo 60. buatta 134. bubbo 38. bubu (fa) 49. budenfione 1 3 1 . budol 1 1 8 . buffa 130. bufone 130. biigatta 134. buré 4. 8. 44. butaraza 1 1 8 . butenfione 1 3 1 . buttero 1 3 3 . 134. butti-butti (far) 4. 49cacchii 26. cacchio 3. 27. 33. 35cacchione 25. 33. cacchiume 25. caccia 26. cacciapu 25. caccio 3. 25. 35. cacciocavallo 35. caccione 3. 25. cacciotello 3 . cacciucciu 3. cacciune 3. cacciurru 3. cadelio 28.

cagna 2. 2 1 . 22. 2 3 .

24; (carezze di) 44; (dar il) 3 1 ; (negro) 24. cagnaccia 28. 34. canea 29. 35caneare 30. cagnaccio 25. 33. cañera 29. cagnaja 29. cagnara 29. 33. 34. canesca 24. 32. cani (andato a') 1 9 ; cagnasson 24. (aver i) 22 ; (darsi cagnazza 35. ai) 1 9 ; (musica cagnazzo 3 1 . 5 1 . da) 23; (stagione cagneggiare 29. da) 19. 68; (vita cagnesco (in) 32. da) 19. cagnett (fè i) 33. canicchia 25. 29. cagnetta 25. caniglia 29. cagnetta 2. 24. canigliola 30. cagnimma 30. canile 29. cagnin 32. canimeo 30. cagnina 32. caninanza 30. cagnino 2. cagnola 27. 28. 35. caniperru 39. canitá 32. cagnoletto 2. canizza 29. cagnolino 2. 54. cagnolo 24.27 f. 3 1 . canosa 24. cagnon 20. 25. 33. cantarana 130. capo di cane 37. cagnotto 32. 34. caragnattulu 40. cagnozz 35. carcababi 126. cagnuccio 2. cagnuleddu 27. 28. carcabaggi 126. carignattulu 40. 31carrin 87. cagnuzzo 34. carule 108. cai 7. caruga (insecte) 40. cain 7. caruga (piante) 40. cainà 6. casaus 16. calcabotto 126. castracani 39. caluscertola 40. Catella 2 . 28. camparett 1 2 3 . catellano 32. can 20. 22. catellare 28. cana 2. 55. catelli 28. canaglia 30. catellina 26. canaiolo 26. catello 2. 28. canaja 34. catellone 3. can american 15. catellon catellone canaperra 39. 24. 5 7 ; (oa da) 52

canarin a giand 93. canata 29. can da pernixe 14. cane 2. 19. 22. 23. 2 4 . 5 3 ; (affé d'un)

29. calilla 25. cazzo 35. cazzola 120. cecisbeo 57.

cecili 9. 57. ceet 132. 134. cet 134. chefa 94. chiatta 128. chiatto 124. 1 3 1 . 133chiatton chiattoni 131. chiattone 1 3 5 . chiri-chiri 87. 107. ciabatta 136. 1 3 7 . ciabbotte 132. 134. 135. ' 3 6 . ciacca 105. ciaccare 105. 107. ciaccherare 107. ciacchero 1 3 2 . ciacchillarsi 108. ciaccino 107. ciacco 80. 84. 94. 95- n o . 114ciaccola 1 3 2 . ciaciarotte 49. ciaciù 9. 49. ciadel 29. ciambott 124. 130. 132ciammotto 1 2 4 . 1 3 2 134- ' 3 5 - { 3 6 . ciat 124. 1 3 3 . 134. cialta 134. ciatto 1 3 2 . 1 3 3 . cicco 80. 85. 90. 95. HO. ciché 107. cicisbeo 57. cimbottolare 130. cignale 79. 97. cignato 79. cin 2. cina 2. 23. 3 1 . cincolo 85. cinghiale 79. dima 23. ciocche 84. 94. cion 85. I I I . cioncarino 85.

165 cionco 85. cioncolo 85. 94. cioncone 106. ciracchio 1 1 3 . chiatto 1 1 4 . ciro 87. 94. 95. n o . 113. cirusco n o . cissé 7. citto 1 3 4 . ciuciu 7. 9. 45. 80. 85duino 85. 94. 104. cocciniglia 103. cocion i n . cori-cori 80. 107. corso 15. corzo 15. cosco 140. cranavuottola 1 2 3 . crin 87. crinè 87. 1 1 2 . crineire 1 1 3 . crinet 87. crinna 87. 1 1 3 . crot 1 2 3 . 124. 1 3 4 . crot-malos 1 2 3 . crott 124. 132. criiina 87. cuccbiuccù 9. caccia 43. cuccio i o . 44. 47. cucciolc 41. cucciolo 4 1 . 46. 47. cuccubcone 55. cucce cucce 47. cucija 44. curin 87. cuzzarse 43. cuzzelon (a) 43. cuzzo i o . cuzzolarse 43. dente canino 37. descanigilar 30. erba can 37. erba de lov 6 1 . erba della volpe 73. erba di bàbi 1 2 7 .

erba lupa 62. fada 1 2 3 . 1 3 8 . fava di lupo 6 1 . firfa 94. frisinga 93. gacciune 3. 29. gagnolare 6. 1 2 . 82. gandir 108. gannire 3. garof 1 1 . garolfo I I . 139. gatta 20. gattina 20. gavanello 93. ghen 8. ghiangula 5. ghiattire 3. ghin 8. n o . 1 1 3 . ghinouja 1 1 3 . ghiro 9 1 . ghisorba 60. giagaru 1 7 . gianino 103. 140. giapé 5. giappà 5. 42. gielfo 139. ginaldo I I . girino 120. giuiro n o . giurana 120. gna 80. gnac 85. 109. gnar HO. gnarel I I I . gnec n o . gneri 8 1 . gnero 108. gnusse 32. goggiò 85. gogin 85. gogn 89. 105. gogna 106. n o . gognin 89. I I I . gogno 105. gognolino m . gola di lupo 63. golpe 72. 75. gona 89.

gora 109. 1 1 3 . goran 88. gori n i . goria 1 1 2 . gozen 85. I I I . gozinen 85. 103. granavuotta 1 2 3 . grassello 120. grein 87. griffare 109. griffo 108. griffolare 109. grin 87. 104. griott 79. grogno 108. 109. graffare 109. graffignare 109. grufolare 82. 107.

lice 49. lingua canina 37. lodde 72. lof 59. 66. lofa 65. 67. loffia 6 1 . 65. logia 89. loja 89. lope 59. lope cane 7 1 . lopomenare 7 1 . lopporo 63. lova 59. 62. 67. 68, lovaton 62. lovertis 6 1 . lovo 59. lovo ravaxe 70. Ina 5. luasso 60. luberna 6 1 . liidlé 5.

109. grugnante 93. grugnett 104. grugnire 8 1 . lupa 59. 64. 65. 67. grugno 108. 109. lupaja 6 1 . no. lupazzo 60. guagnolare 6. 1 2 . lupeggiare 66. 82. lupe panaiu 7 1 . guagnone i n . lupetta 6 1 . guajolare 6. lupia 66. guaire 6. lupiari 64. guasto (can) 8. lupicante 64 guattire 5. Iupinaggine 62. guccio 10. lupinella 62. guidone 1 1 . lupino 6 1 . 6 5 ;(cane) guina 83. 16. guten 85. lupo 59. 65 ; (aver guzzo 10. 4 1 . 46. veduto il) 69; incagnare 30. (storia del) 68. ingannacane 37. lupo cerviere 6 1 . ingrognare n o . lupo d'api 6 1 . inluvis 64. lupo di mare 67. issi 8. lupo gatto 7 1 . izza 8. 47. lupo mannarro 7 1 . jaccaru 1 7 . luppolo 6 1 . jurli 3. lupu miuaru 7 1 . latrare 3. luv 59. 63. leccare 54. luva 63. leubi leubi 64. luvas 64. levertin 6 1 . luvetto 66.

i66 l u v o 59.

pacciana 1 1 9 .

purcina IOI.

nignire 84.

luv ravass 6 1 . 70.

pan porcino 98.

purcitt 78.

runguliarì 6. 82. 84.

majà IOO.

patonchia

rabbotte 123. 132.

sabó 136.

majale 78.

perro IO. 4 1 .

ràcana 1 1 7 . 1 2 1 .

sa'ina 85. 9 1 .

majalini (fare i) 78.

pesce cane 20.

racanella 1 1 7 .

sa'ino 85.

majatica 96.

pesce p o r c o 96.

ràcano 1 2 1 .

satt 124. 133.

majaticu 99. 101.

pesce volpe 73.

ragagella 1 1 7 .

saus 16.

mal del rospo 134.

piè di p o r c o 100.

ragagno 121.

save 124.

malos 120. 123.

pignole 94.

ragana 1 1 7 .

mandracchia 75.

pisciacane 37.

mandriale 74.

porca 78. 9 9 ; (sta-

mangiabotti 126.

119.

gione) 96. 112.

121.

raganella

II7.

ragano 1 2 1 .

mangiarospi 126.

porcabru 79.

maravuett 119.

porcacchia 99.

ramarro 1 2 1 .

porcaio IOI.

rana 1 1 5 . 1 2 1 .

porcellana 97. 98.

ranabó 123. 132.

porcelletta 96. 97.

ranabotte 123. 132.

porcelletto 9 7 ; (di

ranabottolo 123.

mardi 93. margiani 72. mariani 72. mastino 16. 40. 46. 47mastinotto 47. mazzone 73.

S. A n t o n i o ) 97. porcellini (fare i)

ragliare 84.

«32rana San Martino

101.

morso di rana 127.

138. porcellino 78 ; (d'In- ranavuottolo 123. dia) 98. rangogna 6. 43. porchée 98. ranocchia 1 1 5 . 130.

mué 120.

porcheis 1 0 1 .

mofolino 17. mogogna 5. 43.

sbagotti 49. sbigottire 49.

126.

sbragi 6. sbuji 49. scagnardo 51. scagnare 29. scagnazzo 5 1 . scagnozzo 3 1 . 140. scalzacani 39. scanababi 126. scane 53. scarufà 109. scatellà 28. scatunotte 25. scet 134. schiattire 3. schiss 5.

ranon (a) 1 3 1 .

sciata 134.

muferlo 17.

porchereccio 100.

rantacchio 132.

muffalo 17.

porcheria 96. 101.

sciatar 135.

rantoc 116.

sciatel 134.

rantolare 132.

sciatera 136. s c i a » 124. 128.

mugola 6.

102.

mugolare 6.

porchetto 78.

rantolo 116. 132.

mugogna 5.

porciglione 98.

ranuzza codata 120.

murrunzare 83.

porcinelle 99.

raogné 82.

nasicane 39.

porcino 99.

rapatu 120.

ncacciune 29.

p o r c o 78. 96. 99.

raunzare 82.

132- 133sciatta 128. 134. 15. 136.

101 ; (far l'occhio

razza 9 1 .

sciatto 133.

ncagnire 29. 30. 32.

del) 100; (spirito

rimuriari 83.

sciatton

ncagnuso 32.

de) 1 1 4 .

rincagnarsi 33.

ncagna 30.

II.

124. 127

135.

negre 92.

porco cane 24. 102.

rincagnato 31.

s c i a t i 134.

ngacciunc 29.

porcola 102.

ringhiare 6.

sciavatt 136.

ngacchia 28.

porco maiale 102.

rogna 109.

sciot 134.

ngagnarsi 30.

porco marino 97.

rogné 82.

sciota 134.

nganicchiarsi 28.

porco spino 98.

ro'i 89.

scorzone 123.

nigru 92.

porla 78.

ròja 89. 1 1 2 .

scrofa 78. 101. 10.

nimal 77.

porsel 101.

rosea 120.

scrofana 9 7 .

ninen 85.

p o r s e l i IOI.

roseo 120.

scrofano 78. 97.

nino 80. 81.

purcella mascule 98. rospa 120. 130. purcelle 99. rospo 120. 133. purchitte (fa le) IOI. ruffolare 82.

scrofia 102.

purcidduzzu 97.

scrofonejare 100.

Ntoni 93. 103. pabbi

116.

pabi 116.

rugliare 82.

scrofola 99. scrofolare 100.

167 scufilija 100. segugio 16. sehus 16. sgora 109. si 85. sina 85. sona 85. spagnoletto 15. sporcare 100. squittire 5. stracanarsi 29. strafa 94. strozzalupo 62. sue 78. sun 85. sus 16. taboj 14. 42. taboja 5.10.14.139. tabuj 14. 57. tanin 14. tarissé 8. tasso cane 36. tatò 9. 48.

tatto 118. tempaiuolo 79. temporal 79. tette 9. tòi 86. tosse canina 22. totin 40. totò 9. 40. tracagn 31. tracagnotto 31. troja 105. 112. trojare 107. trojet 105. troju 86. trucci-là 81. uggiolare 5. ulp 72. urlare 3. urpi 72. urruli 3. ustolare 5. uva lupina 61. uzzar 8.

veltro 16. verdacca I2T. verr 99. verre 78. 102. verretta 100. verricello 100. verrinie 102. v e n o 78. verrocchio 79. 99. verruto 100. vessa 16. volpe 72. 75. volpe de mar 73. volpone 75. volpora 73. volposa 75. vrotacu 124. vuotto 118. zabó 136. zabuocchie 136. zambaldo 124. zambeld 124. zambottl28.129.132

zan 93. 103. zana 93. zanen 93. 103. zatt 124. 133. zatta 127. 128. 134. 135zatton 134. zaulai 5. zavatta 136. zerriai 6. 84. zicchelle 85. I I I . zicchie 80. 81. 110. zin 80. 86. zina 36. 91. zirria 47. zocchele 91. zolla-mi! 81. zou 86. M i . zozo (fagher) 80. zubbai 8. zunchiai 6. zuzu IO.

4. R o u m a i n (et m a c e d o - r o u m a i n ) . aulire 4. 11. c5inie 33. boalà caineasca 32. catújT 21. boldeiü 15. cajea 2. 32. bozumflu 131. cajel 27. 31. braicà 17. cajel 2. 25. 26. brec 17. cSjelesc 27. 28. broascS 121. 129. ca(elu - pámíntuluí '33- 134broa^te 133. broátec 121. 124. broaticà 121. broscoiü 134. brojteascá (lloare) 127. brotac 121. 124. brulinc 94. buratic 124. burlan 94. burline 94. cainá 42. cáine 2. 33. cáinic 42.

godac 85. pita porcului 98. poarca 78. 102. godin 85. porc 78. 101. grSsun 91. poro agur 79. grohSi 82. porcai (a) 101. gudurare 54. gui{á 83. porcan 78. 99. porcSrie 101. gu^ter 133. porca; 78. 96. haitá 17. 45. 49. 36. por(c)-de-càine 24. haitif 45. chelSlai 5. 102. h5r5i 5. chiesi 83. 91. porc gbimpos 98. coada (a da din) 54. hauire 4. haulire 4. porci (a se) 100. copoiu 17. huideo! 8 l . porcina 98. cotarlS 15. huiré 5. I I . porcoiu 99. coteiü 15. lingu^ire 54. borcujor 78. 96. 98. covici 83. lup 59. prepelicar 14. cut 7. 10. lupan 65. pricoliciu 71. dulSü 17. 47. lupina 61. purcara; 98. dulu{3 17. 44. mascur 79. purcaru; 98. gáligan 94. 110. mistrei 92. 94. 104. purcelì 100. ghistesc 94. mormoloc 124. purcelu; 78. gligan 94. 110. ogar 17. 44. purcelu^a 97. goadzin 85.

168 tacan 1 1 7 . 135.

scorjotinä 95.

steaua porculuT 99.

räcänel 1 1 7 .

scroafà 78. 102.

çarlâ 15.

vircolac 7

räcäjel I I 7 .

scrofijä 97.

çopîrlï 1 1 5 .

vuire 5.

rîmïtor 9 1 .

sprelindzere 54.

çopîrlari(â 133.

vulpe 72.

scânci 29.

spurcà 100.

uire 5.

zävod 17.

alimari 7 7 .

chogna 2.

luppa 66.

bajä 4.

crot 124.

novella 79. 93.

tSuï! 80.

cagna 23.

c u k e l 85.

pierc 78.

tsuk 80.

cagnimen 29.

grognar 81.

piierc 78.

tsukel 85.

can 2.

lof 59.

rambottel 1 2 6 . 1 3 2 .

tudel 85.

cañera 29.

löfa 59.

salvanori 92.

ver 78.

chaun 2.

luf 59.

scrua 78.

verl 78.

chiular 5.

lüfa 91.

tsaun 2.

zive

5.

Réto-roman.

6. cap gros

bacó g l . baconada

no.

vier 78. 1

tison 2.

124.

Catalan.

lio.

clapir 4.

guinyolar 6. 12. 72. 82. 83.

peter (gos) 1 1 . porc 78. 97.

baconet 9 1 . 104.

escanyallops 6 1 .

llantem de perro 37.

porcell 96.

barracó 99.

escorzo 123.

llepar 54.

porcellar TOO.

barrât 97.

galapat 121.

Hob 59.

porquejar 102.

botar 132.

galapatillo 126.

lloba carda 6 1 .

porquera 99.

busarola 40.

ganyolar 6.

llobada 62.

quisso 9.

buz (fer lo) 45.

garrinar 107.

llobarct 60.

rabosi 72.

cachap 25.

glatir 45.

llobcra 60.

ranart 72.

cachurrera 25.

g o d a y 85. 109.

llobi 6 1 .

ranell 132.

cachurro 26.

godayar 107.

llubi 61.

rondinar 82.

cadell 2. 25. 26.

gos 10.

llufa 65. 67.

singlar 79.

gossa 42.

llufarse 65.

taixon porqui 90.

cadellada 30.

guilya 73. 75.

mandra 74. 75.

troya 86.

cadellar 28. 35.

guilyarselas 75.

mandret 74.

tiuya 110.

calapaout 122.

guinarda 72.

mandri 74.

trujeta 103.

calapatl2l.l22.134

guineu 72.

pansas de guinéu 73.

27. 28.

7. Espagn 1 (et patois). achacar 109.

azuzar 8. 13. 44.

berraco 79.

buzque 9.

achinar 32.

barracan 101. 102.

berza perruna 37.

buzquillo 9.

acochinar 109.

barracana 102.

bogavante 60.

caballeta 60.

aperrear 43. 44.

barraco 7 9 . 9 9 . 1 0 2 .

braco 45.

cacha 27.

buz 7. 13. 43; (ha-

cachaza 32.

aporcar 99.

103.

arruar 82.

barragan 101. 102.

arrullar 84.

barragana 102.

buzaco 41.

cachigordillo 9 1 .

aullar 4. I I .

barraganetes 100.

buzano 50.

cachigordito 39.

azomar 8. 13. 44.

barri 79.

buzo 50.

cachillada 30.

cer el) 45. 54.

cachiboda 39. 139.

169 jabali 94. jabalón 106. jabato 94. jaén 124. jalear 7. jarro 92. 1 2 3 . ladrar 3. 1 2 3 . latir 3. 43. 62. lechon 79. 91. lengua de perro 3 7 . loba 62. 64. 67. lobado 66. lobagante 60. 129. lobanillo 66. cachuelo 24. lobarro 60. 134cachurra 140. lobaton 66. galga 4 1 . 42. 48. cadejo 2. 28. lobera 64. galgar 43. cadillo 2. 25. 26. lobezno 6 1 . galgo 16. 46. 28. gandaya n o . 1 1 4 . lobina 60. calapat 1 2 2 . lobo 59. 60. 64. gandul 1 1 4 . calapatillo 126. 66. 67. gañir 6. c.m 2. 2 1 . 22. lobo cerval 6 1 . garri 104. canijo 32. lobo marino 60. gatillo 2 1 . canil 29. 53. gazapo 25. 67. cerda 92. 106. gelfe 139. lobo rabaz 6 1 . cerdear 109. 1 1 3 . lobregar 69. gocha 87. cerdo 92. 1 1 3 . gocho 87. lobrego 69. chico 109. l i o . gordolobo 62. lubarro 60. chillar 83. gorrigorricho 103. lubican 64. china 105. I I 1 . 1 1 2 . gorrin 88. Iubo 59. chiquero 109. IIO. gorrinera 109. lubrican (entre) 68. chucha 47. gorron 104. 69. chucho 7. 4 1 . 47. lubrigante 60. gorrona 1 1 4 . cocha 87. 105. gosque 10. majaranna 95. cochambre n o . mandria 75. gosquecillo 10. cochastro 87. mandril 74. gosquillo 10. 1 3 . cochina 87. 103. marota 72. goz ' 3 cochinada 1 0 6 . 1 1 0 . marrana 90. 106. gozguilla 44. cochinilla 103. 104. 112. gozque 10. 1 3 . cochino 87. 1 1 0 . marranalla 1 1 2 . gruñente 93. cochiquera 109. marrano 90. 95. 96. gruñir 8 1 . cochitril 109. 106. 1 1 3 . guañir 6. 1 2 . 82. cocho 87. guarrin 88. marrar 90. cochorro 1 0 3 . guarro 67. mastino 16. 49. coguerzo 1 1 9 . matacan 38. gullara 73. cola de zorra 73. habas de perro 37. matalobos 6 1 . corezuelo 9 1 . mataperros 39. cosque 10. 43. 140. hocico 108. hozar 109. morrar 90. cachillar 28. cosquilla 44. cachiporra 1 0 6 . 1 4 0 . cosquillo 10. cacho 3. 24. 25. 26. cozque 10. cuexca 140. 30. 34. 35cuz 7. 9. cachón 54. cachonda 3. 32. 35. enguizgar 7. escorzon 1 1 9 . cachondez 32. escuerzo 1 1 9 . cachondo 3. espantallobos cachopo 3. 36. gacha 29. 35. cachorrada 30. gacho 3. cachorreña 30. cachorro 3. 27. 34. gachón 54. cachucha 3. 3 2 . 3 5 . galap 1 2 1 . galapago 1 2 1 . cachucho 3.

mus 7. navegante 60. pachón 1 7 . pan porcino 98. perra 47. 5 0 ; (soltar la) 34. perrada 44. 49. 50. perramente 47. perrenque 47. perrera 43. 48. 49. perrería 44. 45. 47. perrero 48. 49. perrillo 4 1 . 42. perrito 39. perro 10. I I . 49. perro chino 1 5 . perro marino 40. perro viejo 23. perruna 44. pocilga 1 0 1 . podenco 17. porca 99. porcal 99. porcino 78. porqueriza 1 0 1 . porquero 1 0 1 . porqueron 102. puerca 78. 96. 97. 9 9 . 1 0 0 . 1 0 1 . 102. puerco 78. 79. 96. 100. 1 0 1 . puerco espin 98. puerco marino 97. rana 1 1 5 . ranacuajo 120. rana marina 1 2 5 . ranilla 1 3 3 . 1 3 4 . raposo 72. 75. rebudiar 83. refunfuñar 83. regañar 84. renacuajo 120. 1 3 2 . reñir 82. 109. rezongar 83. riña 109. riñir 109. sabueso 16. salto de lobo 64.

170 saltón 6o. sapato 1 1 5 . sapillo 1 3 3 . sapo 1 1 5 . 1 3 1 . 1 3 3 . taló 48. tocinet 9 1 . tocino 9 1 . troya 86. tuso 9.

tuz 7. 9. uno de la vista baja 92. uva de raposa 73. vejiga de perro 37. verraco 79. verraco de mar 97. verraquear 100. verriondo 96.

zacear 8. zapa 135. zaparrado 130. zapata 1 1 5 . zapateta 132. 1 3 5 . zapato 115. 136. >37zape 135. zapo 1 1 5 . 130. 132.

zarza perruna 37. zorra 74. 75. zorrera 74. 76. zorro 72. 74. 75. zorrocloco 74. 75. zorronglon 75. zurro 72. zuzar 8. zuzo 8.

8. Portugais (et patois). acacheiner 107. acageitar 40. acanhar 32. acular 7. agastar 8. 44. alporcar 99. alporcas 101. apurrar 8. IT. arrufarse 43. assomar 44. babao 49. 50. bacarinhar 108. bacaro 84. bacorejar 108. bacorinho 84. bacoro 84. bacro 84. barrJo 79. barrasco 79. barrcgSo 102. belfo 139. berron 79. béu-béu 3. bicha cadella 36. borron 7 ; . brabun 73. braidar 6. bravio 73. buz 7. 9. 40. buzano 40. cachamorra 106. cachaporra 106.140. cache! 8 [ . cachear 27. cacheira 106. t l 2 . 140.

cacheiro 87. 104. 106. cacho 3. 26. cachonda 35. cachondeira 35. cachondo 3. cachopinho 35. cachopo 3. 26. 28. 34cachorra 25. cachorrada 28. cachorro 3. 28. 34. cachucho 3. cachupín 34. cachupito 35. cadela 2. cadelinha 25. cadelo 2. cadelucha 25. cadexo 2. cadilho 2. c3cs (da chaminé) 27cainhar 7. 42. cainho 42. calapa 122. camartello 40. canejo 3 1 . cañizal 29. cani^alha 30. canifraz 39. canil 27. canineiros 34. caniqueiros 34. canzarrSo 27. canzil 27.

conzoada 30. canzoal 32. c5o 2. 19. 2 1 . 22 (tinhoso) 55. cazapo 25. cerdo 92. chico l i o . chin 85. 107. chucho 10. chuz 7. 8. chuzar 8. cofar 44. coceja 44. coche 81. corredor 71. cosca 44. cosquinha 44. cucita 9. duque 139. empurrar 8. escanifrado 39. escanzelado 32. farropo 94. farroupo 94. fo^ar 109. focinho 108. gaché 81. gacho 3. gachopin 34. galapago 1 2 1 . 125 '34galapat 122. galdrapa 94. galga 49. 5 ° . galgaz 46. galgo 16. 46.

galgueira 52. galipau 122. gandaya l i o . gañir 3. garra 87. garrenta 87. gasto 8. gelfo 139. gozo 10. 44. grulha 93. grunhir 8 1 . guinchar 83. huivar 5. 1 1 . ladrar 3. larego 91. loba 64. lobagante 60. lobarraz 60. loberno 61. lobinho 66. lobishomem 70. lobo 59. 67. lobo marinho 6. lobos (foi aos) 69. lobregar 69. lobrino 69. lombrigante 60. luba 60. 66. 67. luberno 61. lubicon 61. lubo 59. lubrigar 69. lumbrigar 69. lupa (cantar a) 66. lupara 61. luvas 64.

171 mandria 75. mandril 74. marola 75. maroto 73. 75. marran 90. marrancho 90. marrSo 90. 96. 113. marrau 90. matachín 107. maticar 5. p5o porcino 98. peixe sapo 125. perdigueiro 14. pcrraria 45. 47. pcrreiro 48. perrengue 47. 48.

pernee 49. perriquilho 46. perro 10. 11. 47. perros (dar a) 34. perrum 41. perruma 44. podengo 17. porca 78. 96. 114. porca marinha 97. porco 78. 96. 101.

adulari 54. allatrare 45. babbius 114. bajulare 4. baubari 4. 12. baulare 4. botta 118. 136. bottus 118. 136. botulus 126. bruscus 120. bufo 115. canícula 23. 25. canina littera 5. caninum prandium 5°canis 2. 18. 21. 23.

chabata 136. clattire 3. crapaldus 119. crapollus 119. dens caninus 53. ejularc 11. ferreolus 94. frena lupata 63. gallicus (canis) 16. gannire 3. 12. glattire 3. 12. gossetus 41. gossus 10. grundire 81. grunnire 81. gyrinus 120. hirrire 5. lardum 91. latrare 3. 12. 45." lupa 60. 87. lupana 87.

1 fiporco espinho 98. porco marino 96. porco montez 94. porqueira 101. porquería 101,

B.

33- 49catella 2. 21. catellanus 32. catellus 2. catulus 3. 21.

porquetes 100. porquinha (de S. AntSo) 97. porquinho 88. 100. quiro 87. rSa 115. rafeiro 17. raposa 72. 74. raposeira 74. raposo 72. 75. reco 80. 85. 93. reichelo 93. sabujo 16. sapata 136. sapato 115. 136. sapo 115. 133.

sapo concho 121. sincope 94. surrenta 90. tardo 71. totó 7. tutu 49. uivar 5. urrir 5. vicoro 84. varr2o 79. 100. varrasco 79. varrasco de mar 97. verruma 99. zorra 73. zorro 72. 75.

Latín (et bas-latin). luponus 65. lupulus 61. lupus 60. 61. 63. lupus cervarius 61. lupus ferreus 63. lupus moninus 71. lycisca 16. maialis 78. mansuetinus 16. masculus 79. petrones 11. petrunculus (canis) 11. porca 78. 99. porcellio 97. porcellus 78. porcilaca 97. porculus 99. porculus marinus 97-

quirritare 83. rana 115. 121. 133. ranunculus 127. sabatum 136. scrofa 78. 91. 96. 101. scrofula; 110. segusius 16. 17. sepa 115. seugius 16. singulare 79. spurcare 100. sus 78. troga 86. troica 86. troja 86. 95. ululare 3. I I . 12. verres 78. 96. vertragus 16. 17. vulpes 72.

porcus 78. 96.

C. Grec (ancien et moderne). ài.aÎTirjÇ 75.

fiavÇ,eiv 4. 12. ßoiçxôlaxaç 71. ß a r g a x i o v 127. /îpôra^oç 124. PâTQCtzoç 124.133. yovQovvi 88. yçofi Hundszahn 25. Hundszahnspath 27Hutsch 117. jangeln 5. Kaulfrosch 126. Kaulpaddc 126. Käuler 91. kauzen 5kirren 83. 84. Klettenwolf 63. K o d d e 85. Kosel 85. Kotze 95. K r ö t e 124. 134. »36. Krötenfisch 125. Krötenpfütze 136. Krötenpilz 127. Krötenstuhl 127. krötenvergnügt 133. Kucke 117. kürren 83. Küsch 86. lampe 41. Lehne 94. liehe 94.

»73 Lork

117.

Puddel

Lurch 117. Lusche

135.

17.

135.

Quabbe

Saurüden

126.

134.

136.

M a t z 92.

quabbeln

Mauerschweinchen

quabbig Quack

97Meerschwein

92.

135. 131.

126.

quaddepopje Quadpogge

98.

124. 127.

toadstone

Sauspiess 100.

tod 118.

Sauwetter

Totsch

96.

118.

S c h e r w e n z e l 54-

Trautele

s c h e r w e n z e l n 54.

trota

Schildpatt

Trothe

138.

Trutte

138.

121.

S c h w e i n 87. 1 0 1 . 102. 103. 106.

122.

122.

tudse

118.

Quadiitze

Mistbellerli 36.

quakein

M o c k e 90.

quaken 118.122.131

m o c k e n 90.

Q u a p p e 126.

Moffel 17.

quappelig

131.

S c h w e i n i g e l 98.

verhüttet

M o l d w o l f 73.

quappeln

135.

S c h w e i n l a u s 104.

verkrottet

m o l d w o r p 73.

q u e u l e n 5.

S c h w e i n s a l a t 99.

Watz

Moppel

17.

17.

131. 135.

128.

toadstool 127.

meriswin 97.

Mops

123.

15.

Sausalat 99.

Schweinfisch 9 7 .

Tuutz

Schweinhund

Utsche

15,

102.

Ütze

118. 117.

123. 132. 132.

89.

q u i k e n 83.

S c h w e i n s b r o d 98.

Wauwau

q u i k s e n 83.

Schweinskopf 110.

w e d e l n 54.

49.

M u c k e 90.

q u i t s c h e n 83.

Schweinspocke 1 1 1 . weissen

M u t t e r s c h w e i n 93.

R a n g e 89. 99. 104.

Schweinsrüde 15.

N ü c k e s 80.

r a n k e n 89.

S c h w e i n s r ü s s e l 99.

W e r w o l f 70.

pad 119.

r o c h e i n 82.

S e e h u n d 36.

w i g g e 86.

Sau

sea-wolf 61.

Wolf

126.

padda 119. Padde

121.

119.

121.

IOO. 101. 103.

sow

III.

too.

5.

w h e e d l e 54.

60. 63. 64.

65-

S a u a p f e l 104.

s o w - b u g 97.

Wolfen 6 3 .

132.

S a u a r b e i t 96.

sow-thistle 98.

Wolfluchs 61.

paddock

119.

Sauball

S t a c h e l s c h w e i n 98.

w o l f n e t 64.

padlock

123.

1 3 2 . 134paddeln

Patte Petz

136.

134. 16.

p i g 84.

Iii.

S a u b i r n e 99.

S u c k e l 85.

W o l f s a u g e 62.

S a u b l u m e 98.

tade

wolf's bane 61.

S a u b r o d 98.

tadpole

saudumm

Tape

110.

118. 126.

W o l f s b a r s c h 60.

134.

Wolfsbohne 61.

p i g - i r o n IOO.

S a u f c n c h e l 98.

Tappe

Pocke

117.

Saufisch 97.

Tasch 118.

117.

S a u g i f t 98.

Taschchrote

porpoise 97.

Sauhieb

T a s c h e n b a b e n 123.

Wolfsrauch 61.

Powwe

S a u h u n d 96.

Tatsch

W o l t s r e c h e n 60.

S a u k r a u t 98.

T a t s c h e 128. 134.

W o l f s s p i n n e 60.

Sauleben

Tatze

Wolfssturmhut 61.

Pogge

116.

P r o t z 128. Protze protzen

123.

131.

128.

113.

Säuli 93.

131.

Pudde 119.

102.

135.

Saumensch

112.

134.

W o l f s g a r n 64. 122. 123.

118. 134.

W o l f s g e b i s s 63. W o l f s g r u b e 64.

toad 1 1 8 .

W o l f s z a g e l 62.

toadeater 1 3 5 .

W o l f s z a h n 63.

E. Langues celtiques. coilleach 91.

denbleiz 71.

m a g a c h 120.

mue 90.

cruina 87.

grein 87.

maiguin 121.

tore 86.

cuilena 5. 9 1 .

«74 P. Langues slaves. b a u k 4. 50.

¿ u s ! 81.

kuSa 13.

psina 47.

bankati 4. 50.

ôuèka 81.

kuòe 10.

r o p u c h a 119.

bauknuti 50.

gubavitsa

k u ò ì k a 13.

sapogu 136.

boty

13.

hrochati 82.

kutsa 10. 35.

skyöati 5.

brek

17.

va&ëiniti 30.

119.

k o i e y 86.

kviòati 83.

chrnna 87.

kovigati 83.

l y a g u i a 120.

vlükodlaku 71.

öobotü 136.

krastava 119.

plsovati 30.

Zaba 1 2 1 .

breaks 121.

k u i 10.

liouvghât 7 1 .

èapi

bretSk 1 2 1 .

kuta 10.

mistrets 92.

vurvolak 71.

124. 133.

G. Albanais. 115.

H. Langues anariennes. béka (magyar) 1 1 7 .

kuszi (magyar) 10.

pocho (basque) 1 7 .

puka (basque) 117.

diillô (magyar^ 17.

kutya (magyar) 10.

potingo (basque)

zakurra (basque)

kotsa (magyar) 86.

harri (basque) 124.

17.

D r u c k v o n E h r h a r d t K a r r a s , Halle a. S.

17.