Inscriptions sémitiques de la Syrie, de la Mésopotamie et de la région de Mossoul 9781463228392

This impressive volume is a collection of inscriptions, mostly Syriac, but also two in Akkadian and some in Aramaic, col

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Inscriptions sémitiques de la Syrie, de la Mésopotamie et de la région de Mossoul
 9781463228392

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Inscriptions sémitiques de la Syrie, de la Mésopotamie et de la région de Mossoul

Syriac Studies Library

166

Sériés Editors Monica Blanchard Cari Griffïn Kristian Heal George Anton Kiraz David G.K. Taylor

The Syriac Studies Library brings back to active circulation major reference works in the field of Syriac studies, including dictionaries, grammars, text editions, manuscript catalogues, and monographs. The books were reproduced from originals at The Catholic University of America, one of the largest collections of Eastern Christianity in North America. The project is a collaboration between CUA, Beth Mardutho: The Syriac Institute, and Brigham Young University.

Inscriptions sémitiques de la Syrie, de la Mésopotamie et de la région de Mossoul

Edited and Translated by

Henri Pognon

2012

Gorgias Press LLC, 954 River Road, Piscataway, NJ, 08854, USA www.gorgiaspress.com G&C Kiraz is an imprint of Gorgias Press LLC Copyright © 2012 by Gorgias Press LLC Originally published in 1907 All rights reserved under International and Pan-American Copyright Conventions. No part of this publication may be reproduced, stored in a retrieval system or transmitted in any form or by any means, electronic, mechanical, photocopying, recording, scanning or otherwise without the prior written permission of Gorgias Press LLC.

2012

ISBN 978-1-61719-418-4

Reprinted from the 1907 Paris edition.

Digitized by Brigham Young University. Printed in the United States of America.

Series Foreword

This series provides reference works in Syriac studies from original books digitized at the ICOR library of The Catholic University of America under the supervision of Monica Blanchard, ICOR's librarian. The project was carried out by Beth Mardutho: The Syriac Institute and Brigham Young University. About 675 books were digitized, most of which will appear in this series. Our aim is to present the volumes as they have been digitized, preserving images of the covers, front matter, and back matter (if any). Marks by patrons, which may shed some light on the history of the library and its users, have been retained. In some cases, even inserts have been digitized and appear here in the location where they were found. The books digitized by Brigham Young University are in color, even when the original text is not. These have been produced here in grayscale for economic reasons. The grayscale images retain original colors in the form of gray shades. The books digitized by Beth Mardutho and black on white. We are grateful to the head librarian at CUA, Adele R. Chwalek, who was kind enough to permit this project. "We are custodians, not owners of this collection," she generously said at a small gathering that celebrated the completion of the project. We are also grateful to Sidney Griffith who supported the project.

INSCRIPTIONS

SÉMITIQUES

DE LA S Y R I E , DE LA MÉSOPOTAMIE ET

DE LA RÉGION DE

MOSSOUL

AVERTISSEMENT. J'ai été pendant de longues années consul de France à Bagdad et à A l e p , et j'ai fait de nombreux voyages en S y r i e , en Mésopotamie et dans l'Iraq. Aucun fonctionnaire f r a n ç a i s , hélas! n'est plus nomade qu'un consul, et, comme j'ai habité pendant une vingtaine d'années les provinces arabes de l'Empire Ottoman, j'ai le pressentiment que j'atteindrai l'âge de la retraite dans quelque consulat général de Chine ou de l'Amérique du Sud. J'ai donc résolu de publier dès aujourd'hui toutes les inscriptions sémitiques qu'il m'a été donné de voir pendant mes nombreux voyages ou, du moins, toutes celles dont j'ai pu prendre des estampages ou des photographies. Ces inscriptions sont pour la plupart syriaques, et toutes ne sont pas, j e le reconnais, intéressantes, mais on publie tous les jours des inscriptions latines et grecques qui le sont certainement bien moins encore, et le nombre des inscriptions antiques et du moyen âge qui existent encore en Syrie et en Mésopotamie diminue chaque jour. Les paysans arabes et curdes sont presque partout convaincus que les pierres sur lesquelles sont tracées des inscriptions contiennent de l'or ou, tout au moins, que ces inscriptions font connaître l'endroit où un trésor a été caché; aussi brisent-ils en petits morceaux les inscriptions qu'ils découvrent. Quant à celles qui existent à la surface du sol, il suffit souvent qu'un étranger les copie ou les photographie pour qu'on les détruise immédiatement. E n 1 8 9 9 , j e vis, près d'un village situé sur les bords de l'Euphrate, de magnifiques inscriptions hétéennes dont j e pris des estampages qui sont malheureuremcnt aujourd'hui en très mauvais état. Quelques années après, j e retournai dans ce village, mais j e n'y trouvai plus les inscriptions qui avaient été brisées en petits morceaux. J'ai vu pour la première fois l'inscription d'Eski-Harrân au mois de mai 1 9 0 6

et j'en pris des estampages qui ne furent

pas très bons ; j e f u s , par suite, forcé de retourner à Eski-Harrân au mois d'octobre

de la

même année. J e retrouvai la pierre intacte, mais les habitants du pays parurent inquiets de me voir revenir, et une femme raconta, en ma présence, que l'inscription devait contenir les titres de propriété des F r a n c s , anciens maîtres du p a y s , et que les Francs ne manqueraient pas de revenir un j o u r pour s'emparer des terres qui avaient appartenu à leurs ancêtres. J'appris ensuite, par les hommes qui m'accompagnaient, que les paysans avaient l'intention de briser la pierre après mon départ pour en faire une meule, et j'ignore si l'inscription existe encore aujourd'hui. Je regrette vivement de ne pouvoir publier que deux inscriptions assyriennes ou babvioniennes, dont une bien courte. J'ai reconnu, dans mes voyages, l'emplacement de plusieurs



AVERTISSEMENT.

colonies assyriennes et j'ai la conviction que, si j'avais pu y faire des fouilles même superficielles, j'y aurais trouvé des textes intéressants; malheureusement il faut obtenir un

firman

pour avoir le droit de faire des fouilles en Turquie, et, quant aux inscriptions assyriennes et babyloniennes qui existent à la surface du sol, elles sont, je crois, bien peu nombreuses aujourd'hui. J'aurais voulu publier également des inscriptions arabes, mais les Arabes gravaient des inscriptions plutôt pour orner les édifices que pour apprendre quelque chose à la postérité. Les caractères des inscriptions arabes sont, en général, tellement enchevêtrés les uns dans les autres que ces textes sont très difficiles à déchiffrer, et toute inscription arabe publiée sans un fac-similé doit être, selon moi, considérée comme non publiée. Or, la plupart des inscriptions arabes que j'ai vues se trouvaient à une telle hauteur qu'il m'eût été impossible de les photographier, ou occupaient une surface tellement grande qu'il m'eût été bien difficile d'en prendre des eslampages. Les inscriptions arabes que j'ai pu déchiffrer ne m'ont pas p a r u , du reste, être fort intéressantes et je n'en connais guère que deux que je regrette de ne pas pouvoir publier. L'une que j'ai vue jadis dans l'Iraq est écrite en relief sur les deux côtés d'un magnifique pont construit par un khalife abbasside et elle a, si mes souvenirs sont exacts, plus de A ' i n g t mètres de longueur; l'autre se lit au-dessus du portail d'un khân en ruines construit en l'an 6 1 6 de l'hégire. Cette dernière inscription est a une telle hauteur que je ne suis pas parvenu à la photographier, ni même à la lire en entier. J'ajouterai, pour terminer, que je ne suis jamais allé, ni à Palmyre, ni dans le Nord de l'Arabie; le lecteur ne s'étonnera donc pas que ce recueil ne contienne aucune inscription palmyrénienne et nabatéenne. Quant aux inscriptions phéniciennes, on sait combien elles sont rares et je n'en ai jamais vu que dans les musées.

INSCRIPTIONS

SÉMITIQUES.

1

N° 1 . (PLANCHES X I I ET X I I I . )

INSCRIPTION

BABYLONIENNE

D'ESKI-HARRAN.

(VI e SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE.)

Le village appelé Eski-Harrân est situé à une heure et demie de marche environ au nord-est des ruines de l i a r r â n ; il se compose d'un petit nombre de maisons ou plutôt de huttes fort mal construites en houe et en pierres sèches, et on y voit un petit tertre qui doit recouvrir les ruines d'une ancienne construction. Pendant un voyage que je fis dans l'Osrhoène, en 1 9 0 6 , je passai par Eski-Harrân. J'y arrivai le 22 mai au matin et j'y campai toute la j o u r n é e ; les habitants m'assurèrent qu'aucune inscription n'existait dans les environs et j'avais l'intention de partir le lendemain matin, l o r s q u e , vers le soir, un enfant montra à un de mes hommes une inscription en partie enfouie sous terre à peu de dislance du village. P r é v e n u par l u i , j e rne rendis à l'endroit que l'enfant lui avait indiqué e t , bien que la nuit fut déjà v e n u e , j e distinguai sur un bloc de pierre dont l'extrémité sortait seule de terre q u e l ques lignes de caractères cunéiformes. L a pierre était presque complètement enfouie dans un t e r rain non cultivé, en rase c a m p a g n e , à environ quinze ou vingt minutes de m a r c h e d'Eski-Harràn, à l'ouest, entre ce village et un autre village appelé Hraeïrah W. Aucune r u i n e , aucune trace de construction ne se voyait aux environs, mais un énorme bloc de p i e r r e , qui paraissait en certains endroits avoir été taillé, gisait sur le sol tout près de l'inscription. Le 93 mai, je fis creuser la terre autour du bloc sur lequel était gravée 1'inscriplion e l , m a l g r é son poids considérable, on le retira du sol; on trouva sous lui quelques morceaux plus petits de pierre blanche très tendre. L'inscription d'Eski-Ilarrân est gravée sur un bloc de pierre noirâtre, très d u r e , de forme irrégulière (-', qui a environ 1 mètre de hauteur, 0 m. g 3 de largeur, dans le haut, et une épaisseur v a riant entre 0 m. a 4 et 0 in. 3a

;3j.

L'inscription, qui est gravée sur une des faces, a trois colonnes,

mais la première colonne est en fort mauvais état, et les premières lignes sont seules entières. On voit qu'à gauche de cette colonne la pierre était taillée à angle droit, ce qui prouve

qu'aucune

colonne n'a disparu de ce côte. A droite de la troisième colonne, la pierre est également taillée à angle droit, mais on distingue quelques caractères très effacés gravés sur la tranche à la h a u t e u r des premières lignes de la troisième colonne; il semble donc que l'inscription avait primitivement qualre colonnes, dont la q u a t r i è m e , beaucoup plus courte que les autres, était gravée sur le côté droit du bloc. L a pierre a été brisée en haut et en b a s , de sorte que le commencement et la lin des colonnes m a n q u e n t et je crois que beaucoup de lignes ont disparu. (') H m e ï r a h est à l'ouest, et n o n pas au sud d ' E s k i H a r r à n , c o m m e t'indique à tort ta c a r i e de l'ouvrage de

P) La p i e r r e m'a p a r u être u n e espèce de lave ou de pierre volcanique que j e ne saurais de'terminer.

L'inscription

(3) A u dos de la p i e r r e , du côté opposé à l ' i n s c r i p t i o n ,

se trouvait à m i - c h e m i n entre H m e ï r a h et E s k i - H a r r â n ,

on voit, derrière la p r e m i è r e c o l o n n e , j e crois, u n e sorte

m a i s , j e crois, un p e u plus près d'Eski-Harràn que de

de renflement. L'épaisseur du bloc est de 0 m. a'i

Hmeïrah.

i n o v e n n e , mais de 0 m . 32 à l'endroit du r e n f l e m e n t .

M. Sachau intitulé Routen

in Mesopotamien.

en

IXSC1Î. SÉIL. IMLU ' LMER.LE VVHONAI.E,

2

II.

POGNON.

Les caractères sont gravés peu profondément et ont environ de o m. 01 à o m. o i 5 de hauteur. L'ouvrier qui a taillé le bloc a trouvé à l'intérieur une sorte de faille, un endroit où, sans être brisée, la pierre renfermait des cavités; les 1i°, 12e et i3 e lignes de la première colonne, les 9 e , io° et 11 e lignes de la seconde et les 5 e et 6° lignes de la troisième sont, en elfet, couvertes de petits trous qui ne paraissent pas être l'œuvre d'une main humaine. Ne pouvant pas polir la surface de la pierre dans la zone où se trouvaient ces vides, zone qui coupait l'inscription horizontalement, le sculpteur a tracé les traits de séparation des colonnes et des lignes, mais il a laissé quelques lignes en blanc et n'y a gravé aucun caractère. Enfin, à la fin des lignes, toutes les fois qu'il n'a pas eu assez de place pour graver un mot en entier, il l'a terminé dans la colonne suivante; par suite, plusieurs lignes de la première colonne se terminent dans la seconde et plusieurs lignes de la seconde colonne se terminent dans la troisième. Voici le texte de l'inscription d'Eski-Harràn (voir les planches XJI et XIII) ; j'imprime entre crochets les caractères dont la restitution me paraît probable et je fais suivre d'un point d'interrogation ceux dont la lecture me paraît douteuse :

Première colonne. — (L. 1) < Iï é=KI H- 0 Ce chiffre est en partie effacé, mais, comme il est question, à la ligne 26 , de la h° année de Neriglissor et

- (1- 3 i ) E ^ I f —

-El >

-El

Je ne crois pas que les transcriptions en caractères européens qu'impriment les assvriologues indiquent même approximativement la prononciation des textes transcrits; j'ai la conviction que la prononciation de l'assyrien ressemblait beaucoup, à la basse époque, à celle de l'arabe vulgaire et que les mots, avaient peu de voyelles et des voyelles très sourdes. On trouve, par exemple, des formes comme

£111 >-JI— et s=ë| " r ¡ y f (11., v. I, p. a i , 1. 77 ( : i ) ), et, comme il m'est impossible d'ad-

mettre qu'on prononçait ad libitum attarda et attarad, j'ai la conviction qu'on prononçait altard ou atterd. On sait, du reste, que l'on trouve très souvent le nominatif, le génitif, l'accusatif et même l'état construit employés l'un pour l'autre, et cela vient, selon moi, de ce que le syllabaire assyrien ne permettant pas d'écrire un mot terminé par deux consonnes finales, comme Icalb « chien n, les scribes étaient forcés d'écrire kalbou, halbi, kalba ou kalab. Gomme, d'autre part, la déclinaison »'existant plus, il leur était aussi dillicile d'écrire les substantifs avec la désinence casuelle qu'il serait dillicile à des Français modernes de donner à tous les substantifs, lorsqu'ils écrivent, la désinence qu'ils avaient au xnc siècle, à une époque où le nominatif et l'accusatif existaient encore en français, nous ne devons pas nous étonner lorsque nous trouvons dans les textes assyriens les différents cas employés les uns à la place des autres. Mon opinion me paraît être confirmée par un petit texte très intéressant mais malheureusement très court publié par M. Pinches M. C'est un fragf1' Pour des raisons que j'exposerai plus loin, je crois

par le British Museum sous le titre de : The cuneiform in-

que le chiffre illisible qui se trouve à la ligne 19 était

scriptions of Western Asia, et par la lettre L la publication

il était probablement suivi du caractère

qui a

complètement disparu. Le caractère I est très petit; il semble que le sculpteur l'avait omis et l'a gravé ensuite, lorsqu'il s'est aperçu de son oubli. (3i

J'indique par la lettre R le recueil de textes publié

du British Museum intitulée : Inscriptions in the cuneiform characterfrom Assyrian monuments discovered by A.H.

Layard

D. C. L.; v. indique le volume, p. la planche et I. la ligne. C') Voir Proceedings of the Society of Biblical 1 9 0 3 , p. 111 et l i ü .

Archaeology,

INSCRIPTIONS

SÉMITIQUES.

5

ment de texte lexicographique dans lequel la prononciation des mots assyriens est indiquée en caractères grecs; les mots If ^Z 0AAAT, ]—

et Jf ^

y — y sont transcrits A O A $ ,

¡ v * y est transcrit

(du thème i b d ) y est transcrit M I T E P G , ECU ïï J H T y est transcrit PAT,

TT T I S I

> TT T I É T Î

oullou panama

IS=TÏ

(1.

1 7 )

I Ë T Î OU

ouchaklel

» TT T Î É F !

(1. i5)oullou

(1.

3)

char ilane iqbâ lata. . . .

echchich epouchma

8)

(1. i 3 ) ana achrichou

Babel al charoutichou

(1. 19) Chin char ilane la ipouchouma

ina hiddtou

otichaklel

(1. 16) içbatma ina lcirib (1.

1 8 )

(1. 2 0 ) ana manma

ou richâtou

(1. a i ) oumou arkout

chandte

t1' J e transcris le a par ih, le ï par ç et le p par q.

Harran

ouchechib

la iddinou ina

thoub libbi (1. 2 6 ) ouççipamma

char Achour adi (1. 9 7 ) chat g (?) Nabou-naïd

chi-

outer qate Chin

chou (1. 2 2 ) aumatou Chin char ilane richiya (1. 2 3 )

choum lhab ina mat ichkounanni pani (1. 2 6 ) Achour-bani-pal

IËÏI

ouchaklelma

choubat thoub libbichounou

(1. 2 1 ) cha iloutchou aplahou

(1.

char Babel (1. 5 ) abal çit libbiya parce machoutou (1. 6) cha

(1. 1 2 ) eli cha mahar

(1. 1h) Nikkal Nouskou Chadarfi) ina

3 3 )

Chin ehar( 1. 3 5 )

abal.

(1. I ) amour anakou Nabou-naïd parchou

(1. 2 7 )

cha iloulichou (1. 99)

(1. 3 o )

inatoumbou? (1.

chattou

chattou h Nergal-char-ouççour

ou Chin char ilane (1. 9 8 ) qibili ouggati

bima Achour-bani-pal

(1. 9k) Ù3 Nabou-koudour-ouççour

.

(1. 2 2 )

ta

(1. 2 3 )

char Achour cha

ti...

cha

naramiya oullima oultou

char Babel (1. 98) abal çit

6

H.

libbiya îoâ

POGNON.

chanâte (1. 2 9 ) damqâte ina poûti cha Chin char ilane (1. 3 o ) ina libbiya ichkounouma

ballithanni (1. 3 i ) yâti nidlou eni namirma

(1. 3 2 ) ehoutourak hasisi qatê ou chepê (1. 3 3 )

noussouqa amûtoua (1. 3 4 ) makalê ou maehqite chouloukou eliya ( 1 . 3 5 ) T R O I S I È M E COLONNE. —

pouch

0-3)

(L.

oullouçi libbi.

1) naziltichounou (?) iççourma cha

(1. a ) thabou itenip-

clioumiya ouchannima nourou panchounou

bichou (1. 6 ) oulloâ richiya (1.

7 ) arkanùh

ou-

chalimmou

(1. à) kima marti çit lib-

chimti oubelchounouli

(1. 8 ) manama ina ablechounou

ou

manma nichouchounau (1. 9 ) 0 « raboutechounou cha inouma richiya (1. 1 0 ) oulloû ina bouchou ou makkourou (1. 11) ouattirchounou tamlaka (?) taqbichounou (?) (I. 12) parka (1. i 3 ) louboucheya damqoutou (1. 1 5 ) chamnou dichpou ou enbêkirê dahdout irichi

lhabi (1. 18)

(1. 2 0 ) Nabou-naïd

Elam

ana ginâ

(1. 19)

achtakhm

ina mahrichoun ina chat g

char Babel chimtou (1. 2 1 ) ramnichou oubelchouma (1. 2 2 ) Nabou-naid char Babel

(1. 2 5 ) kitoû narrai alou. . . . thabou(1). ...

(1. 3o) (1. 32)

la na-

(1. 1 6 } akachchapchounoutima chourqinou (1. 1 7 )

oukinchounoulinia

ablou çit (i. 2 3 ) libbichou naram oummichou abnê chouqouroutou.

lichkounou ydtou arahchamma

(1. 1 h ) immere maroutou qemou kourounou

(i. 2/1)

...

ma loubouchou damqou

(1. 2 6 ) namroutou abné damqoûlou

(1. 2 8 ) chamnou thabou challatsou ou

immérou maroutou outhabbih(l)

(1. 2 7 ) nisiqtou

(1. 2 9 )

(1. 3i)

maharchou

nou niçirti.

.

oupahherma

ou Barsip ma

Voici la traduction de l'inscription d'Eski-Harrân : PREMIÈRE COLONNE. — ( L . 2 ) pour le moment j e fixaile jour et la nuit, le mois et l'année. Je pris le vêtement (2) de Sin, le roi des dieux, et nuit et jour ma lace est avec lui. Je fis des prières et me prosternai devant eux avec ardeur (3) en disant : te Hâte ton retour vers ta ville, les hommes de la terre entière ! i ) , Aya et Iclitarit se réjouiront avec ivresse !s| à jamais, n adoreront ta grande divinité

i 1 ' L i t t é r a l e m e n t : ttje d o n n a i s .

m e n t ma t r a d u c t i o n c o m m e c e r t a i n e . Cette l i g n e devant

P) Ainsi que m e l'a fait r e m a r q u e r le P . S c h e i l , le

c o n t e n i r un verbe à la 3 e p e r s o n n e du pluriel du futur,

c a r a c t è r e JT——- se trouve souvent dans les lextes b a b y l o -

j e suppose que le sixième c a r a c t è r e était E f - d i l

n i e n s à la place de ¡ Ë î l E , i d é o g r a m m e de

les s i x i è m e , septième et h u i t i è m e lettres ilhthibbou.

r l a i n e l e s caractères

C t =

JT»— ( l i g n e i ) sont donc très

e

t je

''s Ce

m o t serait la 3 e p e r s o n n e du p l u r i e l du f u t u r

iphtéal

p r o b a b l e m e n t u n i d é o g r a m m e b a b y l o n i e n qui se lisait

du verbe ; r - 4

traduis

Ë ^ J ^ - « 1 J J Ï^IëË (sissiktou)

p a r wils se réjouiront)). Q u a n t aux trois d e r n i e r s ca-

trvêtement)), c o m m e ¡ET ¡EÊlIs=

e n assyrien ( R . , v. V, p. 1 5 , 1. ik). P' L e verbe çabatou

raclères de la ligne 1 0 , j e les lis ouchtoukrwh

( p r e n d r e ) signifie parfois ttadres-

phalasar

Nabuchodonosor : 2 = f f ^ j - ^ f

¿ 1

¿ Ë j ttje

l i t t é r a l e m e n t : ttje p r i s ses

le

et j e consi-

dère ce m o t c o m m e u n adverbe. On trouve dans T é g l a t h -

s e r u n e p r i è r e , faire u n e offrande)), et ou trouve dans lui adressai des p r i è r e s ) ) ,

J*~TT et il a été b o n » , et j e

^

Ier JH

:

1

< t J l W ^

—• JiL*).

entre eux, m a i s presque tous savent le turc (;l ils ap-

Ce personnage

était peut-être niorl à l'époque où Nabonide tut battu

pellent leur village Jisld-Harrân.

p a r Cyrus; il est possible aussi qu'un de ses frères nommé

lages arabes silués aux environs appellent souvent Eski-

Les habitants des v i l -

Nabonide ait été proclame' à son d é t r i m e n t , grâce aux

Harràn xiÙÂxJI

l'inscription

f-1' Dans le récit de la reconstruction du temple de

d'Eski-Harrân appelle Nabonide, (ils de Nabonide, rcle

S i n , Nabonide dit formellement que ce temple avait été

intrigues de sa mère.

Le rédacteur de

fils aimé de sa mère», et. il citait même le nom de celte

bâti par A c h o u r - b a n i - p a l , fils d'Assarhaddon ( R . , v. V,

dernière;

malheureusement le p r e m i e r caractère JS—

p. 6 4 , col. 1, 1. 4 6 , k-j, 4 8 , 4 g ) , m a i s un peu plus loin

est seul lisible. Il importait peu aux Syriens qui lisaient

il raconte qu'il posa les fondations sur l'inscription com-

jadis l'inscription dans le lempie de Sin (pie Nabonide,

mémorativo ( y f I- "-"II) d'Achour-bani-pal qui avait vu

tils de Nabonide, eût été ou n'eût pas e'ié aimé de sa

l'inscription commémorative de S a l m a n a s a r , fils d'Achour-

m è r e , et le rédacteur de l'inscription, qui connaissait

nassir-abal. On est donc en droit de supposer que le

évidemment très bien les événements survenus à Baby-

temple de Sin avait été construit p a r le roi d'Assyrie

lone après la mort de Nabonide, a peut-être appelé ce

Salmanasar, fils d'Achour-nassir-abal, très probablement

personnage «le fils aimé de sa mère» parce qu'il savait

à r e m p l a c e m e n t d'un ancien temple a r a m é e n , qu'il fut

que les intrigues de sa mère l'avaient fait proclamer roi

ensuite détruit et rebâti par Achour-bani-pal ( R . , v. V,

au détriment de Bel-char-oussour.

p. 6 4 , col. 11, 1. 3 , 4 , 5 ) .

t

INSCRIPTIONS SÉMITIQUES.

13

t r i b u de Manda conquit l'Osrhoène et détruisit le t e m p l e de H a r r â n , Nabonide le rebâtit et y lit r a m e n e r les statues des dieux q u i avaient été t r a n s p o r t é e s à Babylone lors de l'invasion de la t r i b u de Manda. E n f i n , la population assyrienne de H a r r â n finit p a r p e r d r e sa langue et p a r se confondre avec les populations a r a m é e n n e s des environs, mais la l u n e continua à être adorée dans le temple de H a r r â n sous le nom de Sin j u s q u ' à la conversion de l'Osrhoène au christianisme, et la nouvelle ville de H a r r â n

«la ville de S i n «

est appelée ^ ¿ b a

Ms1' R a h m a n i de l'ouvrage d ' u n certain B a b a

que

dans u n f r a g m e n t publié

les H a r r a n i e n s

du moyen âge

par

regardaient

c o m m e prophète! 1 '. A u n e é p o q u e qu'il m'est impossible de d é t e r m i n e r , p r o b a b l e m e n t sous les Acliérnénides, l'ancienne ville de H a r r â n f u t d é t r u i t e et ses habitants construisirent plus au Sud une nouvelle ville qui f u t également appelée H a r r â n (-'; c'est cette d e r n i è r e ville q u e les Grecs ont connue sous le n o m de X A P P A I et les Romains sous celui de C H A R R A E , q u e les Syriens du moyen âge ont appelée et les Arabes

Q u a n t au t e m p l e de S i n , s'il f u t de n o u v e a u d é t r u i t , il lut toujours rebâti

à son ancienne place et il est certain qu'à l'époque r o m a i n e le t e m p l e qu'on appelait rr le t e m p l e du dieu Lunus-n ou nie temple de Harrân s 0 se trouvai), très loin de la ville de H a r r â n . L'historien grec Hérodien r a c o n t e , en elfet, q u e , p e n d a n t qu'il était à H a r r â n ( X A P P A I ) , l ' e m p e r e u r Caracalla voulut aller visite]' le temple de la l u n e , il ajoute q u e ce t e m p l e était assez éloigné de la ville p o u r q u e le t r a j e t f u t p r e s q u e un voyage, qu'aussi, p o u r éviter de fatiguer toute son a r m é e , Caracalla ne prit avec lui q u e q u e l q u e s cavaliers et q u e , s'étant écarté de son escorte p e n d a n t quelques instanls. il fut assassiné p a r le t r i b u n Martialis. Ainsi q u e j e l'ai déjà dit, l'inscription d ' E s k i - H a r r â n était p r e s q u e c o m p l è t e m e n t enfouie en rase c a m p a g n e , à u n q u a r t d ' h e u r e de m a r c h e du village, et je n'ai pas a p e r ç u , dans les environs, de traces

Ci Voir Sluilia syriaca seu collectif) doeummlomm

hacte-

ne voit aucune hauteur à l'endroit où, d'après m o i , se

nus ineditorum ex codicibus syriacis primo publicavit,

latine

trouvait ta ville assyrienne de H a r r â n , tandis qu'on voit,

vertit notisque

illustravil

Ignatius

Ephraem

UAIIMANI,

au milieu des ruines de la ville arabe de H a r r â n . une h a u t e u r qui est peut-être une colline naturelle. 11 est

MCMIV, p. ¿ 9 du texte syriaque, i. 3. M er R a h m a n i paraît croire que Baba vivait avant notre

possible que l'ancienne ville de Harrân n'ait pas été à

ère, mais c'est inadmissible, car il est question des

p r o p r e m e n t parler d é t r u i t e , mais que ses

Apôtres dans u n des fragments de Baba publiés p a r lui

après avoir construit u n e forteresse sur la colline pour

habilanls,

(p. 5o du teste syriaque, I. 0 , 7 , 8 , 9 , 10). Les p r o -

s'y réfugier en cas d'invasion, aient petit à petit bâti une

phéties de Baba ou attribuées à Baba ne me paraissent pas

nouvelle ville autour de la citadelle et abandonné l'an-

être très anciennes et je me d e m a n d e même si elles ne

cienne.

sont pas postérieures à ta conquête a r a b e ; on y trouve,

PI II est probable que le temple du dieu L u n u s fut

en effet, ta phrase suivante qui fait p e u t - ê t r e allusion à

détruit sous les premiers empereurs chrétiens. Maçoudi

Mahomet :

.saVtv

parle bien d ' u n temple de la lune (yUI J^AJÛ) qui a u rait eu la forme d'un octogone, mais il ne dit pas s'il se

ya\x-

ycncOimA^ -V^o \ n x r o

^ W . - n

»iraa u s ^ V - m m

m=i rin-Vu «Baba dit encore qu'après un

long intervalle un g r a n d nom viendra du Midi; il se

trouvait à H a r r â n ou loin de Ilarrân. Il ajoute q u e , de son temps, c'est-à-dire en l'an 3 3 a de l'hégire, les Harraniens n'avaient plus qu'un seul temple appelé

posera dans Azouz, honorera ses adhérents, et tout ce qui

au-dessus de la porte duquel il avait vu une inscription

ne croira pas à ses paroles, le glaive s'en e m p a r e r a ^ (p. 5o

syriaque et qui se trouvait, dans la ville même de Har-

du texte syriaque, 1. 4 , 5 , 6). Je crois que c'est Maho-

r â n , près de la porte de Raqqah (voir Maçoudi, Us prai-

met que Baba appelle ram grand n o m s (on sait que le

ries d'or, texte et traduction par M.

nom propre

t. IV, p. 6 a , 6 3 , 0 4 ) . J'ai vainement cherché l'emplace-

signifie rr glorifié r.).

Sauf les deux petits tumulus d ' E s k i - H a r r â n et de Hmeïrah qui doivent recouvrir des ruines a n t i q u e s , on

B A R B I E R DE M K Y K A R » ,

ment de ce temple dans la partie méridionale des ruines de H a r r â n .



H. POGNON.

d'anciennes constructions. Elle n'était donc peut-être pas à sa place primitive, mais, si on l'avait transportée, à une époque quelconque, à l'endroit ou je l'ai vue, on n'avait pas d û , en raison de son poids, la transporter d'un endroit très éloigné et j'ai la conviction que, si l'on faisait des fouilles dans la petite élévation de terrain qu'on voit à Eski-Harrân, on trouverait les ruines de l'ancien temple du dieu Lunus.

INSCRIPTIONS

SÉMITIQUES.

15

IVo 2 . (PLANCHE X I V . )

I N S C R I P T I O N S Y R I A Q U E DU T O M B E A U D E MANOU, PRÈS

DE

SERRÍN.

(I«" S I È C L E DE jNOTRE È R E . )

A. trois q u a r t s d ' h e u r e de m a r c h e environ du village de S e r r í n W, dans la direction du S u d et un p e u à l ' E s t , au s o m m e t d'une c o l l i n e , se trouve une t o u r c a r r é e q u e l'on a p e r ç o i t de très loin Í2'. Cette t o u r est un t o m b e a u ( r d x A i ) sur le m u r occidental d u q u e l on voi( une inscription syriaque du i™ siècle de n o t r e è r e à l a q u e l l e j ' a i donné le n° 2 . L a t o u r a deux étages qui r e n f e r m a i e n t c h a c u n u n e c h a m b r e sépulcrale. L e p r e m i e r étage est un parallélipipède en p i e r r e s de t a i l l e , sans aucun o r n e m e n t , dont c h a q u e côté a h m . 1 5 environ de l o n g u e u r ; sa h a u t e u r est plus considérable et j e l'estime à un p e u plus de 6 m è t r e s . S u r la façade de l ' o u e s t , deux blocs de p i e r r e taillés en f o r m e de bustes font saillie, à droite et à g a u c h e , un peu a u - d e s s o u s du second é t a g e ; ces deux bustes sont en si mauvais état q u e j e ne pourrais m ê m e pas dire si ce sont des bustes d ' h o m m e s ou de f e m m e s . Un peu au-dessous d'eux, mais b e a u c o u p plus près du s e c o n d étage que du sol, se trouve l'inscription. E l l e a n e u f lignes et est gravée de droite à g a u c h e sur six pierres de t a i l l e ; les lignes ont à p e u près 1 m . 5 o de l o n g u e u r , sauf la seconde où deux m o t s ont été effacés, et la d e r n i è r e qui est b e a u c o u p plus courte. L e p r e m i e r b l o c de p i e r r e à droite ne p o r t e q u ' u n e seule l e t t r e , le => initial du m o t

enfin les c i n q u i è m e et sixième blocs

sont un p e u séparés l'un de l ' a u t r e ; la tour a , du r e s t e , de n o m b r e u s e s lézardes qui ont p r o b a b l e m e n t été causées p a r les t r e m b l e m e n t s de t e r r e . S u r la façade de l'est, d e u x b u s t e s font é g a l e m e n t saillie sur le m u r , mais ils sont en aussi m a u vais état q u e ceux de la façade de l'ouest. Plus b a s , un p e u au-dessus du s o l , se trouve la p o r t e p a r l a q u e l l e on e n t r e dans la c h a m b r e sépulcrale du p r e m i e r é t a g e . C'est u n e c h a m b r e rectangulaire v o û t é e , sans a u c u n o r n e m e n t et aujourd'hui vide, ayant environ a m . 9!) de l o n g u e u r sur 1 m . 9 5 de l a r g e u r ; une sorte de r e n f o n c e m e n t r e c t a n g u l a i r e dans le pavage i n d i q u e très p r o b a b l e m e n t la place du sarcophage dont le bas s'emboîtait dans ce r e n f o n c e m e n t . 11 devait avoir de très grandes d i m e n sions et avait été mis dans la c h a m b r e p e n d a n t qu'on la construisait, car il eût été impossible de le

W Le village de Serrîn est situe' à peu de distance de

A une demi -heure de marche environ de celte tour,

l'Euphrate, sur la rive gauche, pas très loin de Qilaat-

on voit, au sommet d'une colline, une seconde tour car-

en-nédjem qui se trouve sur la rive droite, à peu près

rée , qui ressemble beaucoup à la première et est égale-

à l'est de Membidj ; le village de Qilaat-en-nédjem est,

ment un tombeau; malheureusement tout un cóle de

du reste, indiqué sur la carte de Kiepert intitulée Nouvelle

eette tour s'est écroulé et l'inscription a disparu. Les

carte générale des provinces asiatiques de l'Empire ottoman

habitants de Serrîn et des environs appellent ces deux

[sans l'Arabie), Rerlin, i 8 8 4 , Dietrich Reimer, éditeur.

tours J j l i i l tries fuseaux».

Lorsqu'on a franchi l'Euphrate à Qilaat-en-ne'djem, on peut aller à Serrîn en une heure.

16

II.

POGNON.

faire entrer par la porte. La porte devait être fermée par un énorme bloc de pierre qui, lors de la construction de la tour, avait été placé dans une grande niche que l'on voit encore dans la maçonnerie. au-dessus de l'entrée. Ce JJIOC devait être maintenu en place par des piliers en bois que l'on a retirés du dehors, après les obsèques; glissant dans des espèces de rainures, le bloc de pierre est tombé et a obturé l'entrée mieux qu'aucune porte n'aurait pu le faire. H était impossible, en effet, de pousser ce bloc en arrière, il était impossible de le faire remonter dans la niche et il fallait, pour pénétrer dans la chambre, faire une brèche dans le mur ou briser au ciseau le bloc qui bouchait l'entrée. C'est ce qui a été fait et on voit, près de la tour, un énorme morceau de pierre qui m'a paru être un fragment de ce bioc. Le second étage a également la l'orme d'un parallélipipède en pierres de taille, mais chaque face est ornée de quatre demi-colonnes cannelées surmontées de chapiteaux ioniques (voir les planches I et II). Du côté de l'est, se trouve, entre la seconde et la troisième demi-colonne, à une très grande hauteur, la porte de la chambre sépulcrale supérieure où l'on ne pouvait arriver qu'au moyen d'une échelle; cette porte est encore fermée par une dalle de pierre qui n'a pas été brisée. Le sommet de la tour a complètement disparu et on ne peut pas savoir quelle forme avait la toiture; je crois qu'une toiture de forme pyramidale surmontait le second étage! 1 '. Comme on n'aurait pas pu trouver dans toute la région une échelle assez longue pour monter au sommet de la tour, je n'ai pas essayé de le faire; un de mes domestiques parvint, en mettant les pieds et les mains dans les interstices des pierres, à faire cette ascension dangereuse; il me dit qu'on pouvait pénétrer par en-haut dans la chambre sépulcrale supérieure, qu'elle était vide et qu'on n'y voyait aucune inscription. A quelques mètres de la tour, près de l'angle sud-ouest, se trouvent les ruines d'un soubassement massif en pierres de taille qui a pu être la base d'une statue presque colossale. Enfin on voit autour de la tour un nombre considérable de pierres de taille qui jonchent le sol, et je serais porté à croire qu'un ou plusieurs bâtiments aujourd'hui détruits étaient construits jadis à peu de distance. !') La construction des t o m b e a u x e n forme de tours

l'Oronle. C'est u n e sorte de tour carrée à deux étages se

que l'on appelait « i W â j coûtant fort cher, ii est p r o -

t e r m i n a n t par une p y r a m i d e . Le p r e m i e r étage est con-

bable que les grands personnages seuls étaient ensevelis

struit sur un socle formé p a r trois degrés en basalte et

dans de pareils tombeaux. Leur n o m b r e n'a jamais dû

c h a q u e côté est orné de pilastres aux angles et de b a s -

être très considérable; bien peu subsistent a u j o u r d ' h u i

reliefs r e p r é s e n t a n t des armes et des a n i m a u x ; chacune

e t , p o u r m a p a r t , je n'en ai vu que six, savoir :

des façades du second étage est ornée de quatre pilastres,

i ° Le tombeau de Manou près de S e r r î n .

deux aux angles et deux au c e n t r e , surmontés de chapi-

2° Un autre tombeau en partie écroulé près de S e r -

teaux sans o r n e m e n t s ressemblant un peu aux chapiteaux

r î n ; le p r e m i e r étage et le second étage subsistent en

doriques ; enfin le second étage est s u r m o n t é d'une pyra-

p a r t i e , le sommet a complètement disparu ( v o i r l a note 2

mide. L'angle sud-ouest s'est écroulé et il est p r e s q u e

de la page 15).

certain q u e ia tour était pleine à l'intérieur et ne r e n -

3° Le tombeau d'Aniachamècbe, dans les ruines du

fermait aucune c h a m b r e . N é a n m o i n s , l'ensemble du m o n u m e n t d'Hermel ressemble tellement au tombeau de

couvent de Saint-Jacques, d o n t j e parlerai plus loin. 4° Un tombeau en partie d é t r u i t , sans inscription,

Manou que je suis convaincu q u e c'était également un

dans un endroit appelé Q a s r - e l - b é n â t , dans le Djebel

et que la c h a m b r e sépulcrale se trouve sous les

Taklaka ( u n e partie de l'étage inférieur subsiste seule).

trois degrés en basalte. Un assyriotogue allemand m ' a

5° Un tombeau en partie détruit sur lequel est gravée

affirmé qu'il avait v u , sur le m o n u m e n t d ' H e r m e l , les

une inscription grecque très effacée, au village de F a f a ,

traces d ' u n e inscription h é t é e n n e . S'il ne s'est pas t r o m p é ,

dans le Tour-Abdin (deux des façades d u p r e m i e r étage

ce tombeau serait donc bien antérieur à notre è r e , mais

et u n p a n de m u r du second subsistent encore).

je l'ai jadis examiné avec la plus grande a t t e n t i o n , j e

6° Le m o n u m e n t q u e l'on voit au s o m m e t d'une colline,

près du

village de H e r m e l , sur

les bords

de

l'ai m ê m e photographié et je n'y ai vu aucune i n s c r i p tion.

INSCRIPTIONS

SEMITIQUES.

17

Voici le texte de l'inscription (planche XIV) : I I I I I A A A A 1—p I I I W x .

ySjtîn a v ^

(i) v^y »r-u awm ( ¿ u a V u » tn\=3 —, AAAA

As.

^zn 5

ÎTjA T^OODj rCÎ>_MO fi

r^-KA^a rïi «s.

3

"vr^ >v=>Aa yy ° i \ \ r & i m TSÎXAI h

«¿050

T^cim* r^A

i 3

( '? ) ».ua^n

r A a i x o ^ a o i X a . y^otAÎ^ W, mais je ne suis nulle-

Je lis les premières lettres de la ligne 3 :

ment certain qne ma traduction soit bonne. H semble, en effet, que Manou cite seulement les noms de deux de ses ascendants puisqu'il se qualifie de petit-fils de Charédou («rav*.-* -vra); or, si l'on admet que Manou était le fils d'un personnage nommé Darnahaï, Dadnahaï ou Rarnahaï, il était le petit-fils de Manou et l'arrière-petit-fils de Gharédou; on est, par suite, forcé de supposer que les mots I1' Lorsqu'on monte sur une échelle et qu'on examine l'inscription de près, on lit, après r i s t o t n , à la fin de la seconde ligne, les mots cvxi.33 ^ très légèrement gravés, et on constate qu'à l'endroit où ils sont écrits la pierre a été creusée et qu'on a essayé de les faire dispa-

) Après les mots » Manou l'aîné« le sculpteur a gravé par erreur sur la pierre les mots ttfils de Manou* et les a ensuite mal effacés.

raître; on les lit aussi sur les estampages que j'ai pris. Le sculpteur a donc dû graver ces deux mots par erreur à la fin de la seconde ligne et les a ensuite mal effacés.

W Ce nom propre m'est complètement inconnu et on peut lire également n u s i ou .

INSCR. SKM.

(2

(3) Littéralement : rdes fils qui jetteront de la terre sur ses yeux ne seront point trouvés par lui*.

3

18

H.

POGNON.

•a « r u a nra ttfils du fils de n signifient non pas et petit-fils n mais et descendant n en général, ce qui n'est guère possible. Je me demande donc si la ligne 3 ne commence pas par un mot indiquant une fonction ou une magistrature dont Manou était investi; malheureusement, comme le a et le n n'ont pas de point, on peut lire ce premier mot »M.jwira, >u_itvvv=3, »i&rèwa et de bien d'autres manières encore. Si un pareil mot a existé, il n'était certainement ni syriaque, ni grec, mais il pouvait avoir été emprunté à la langue des Parthes. Les légendes des monnaies partlies sont en grec et on parlait peutêtre le grec à la cour des rois partlies; quant au peuple, il parlait certainement une langue iranienne, peut-être distincte du pehievi. Ne connaissant pas les langues iraniennes, je laisse à ceux qui s'en occupent le soin de rechercher si un pareil titre a pu exister. Enfin, après le nom propre nous voyons, à la ligne 3 ,

« j a j

Charédou,

que j'ai considéré comme un nom propre, en supposant que l'ar-

rière-grand-père de Manou portait deux noms. 11 est possible que «i^vj soit également un mot d'origine parthe désignant une dignité ou une magistrature; jjaa-Vvvra ou ^ u ^ v d serait, dans ce cas, un mot composé formé de t^>u et d'un autre substantif ou d'une préposition, comme les composés latins procurator,

proconsul.

Le nom propre «vue. (ligne 3 ) se trouve dans les inscriptions sépulcrales d'Amachainéche dont je parlerai plus loin. Le premier mot de la ligne k est tïîxAj (le i initial est en partie effacé, mais pourtant très lisible). Ce mot se trouve souvent dans les inscriptions palmyréniennes et nabatéennes W, très rarement en syriaque et seulement dans de très anciens textes, avec le sens de tt monument funèbre, tombeau construit au-dessus du sol en maçonneries. Je crois qu'on donnait surtout ce nom aux tombeaux en forme d é t o u r ou de pyramide, comme celui de Manou, mais on n'appelait certainement pas r^Vir les cavernes sépulcrales creusées dans le roc. A la ligne 5 , m ^ j o est la troisième personne du singulier masculin de l'aoriste du verbe « i i avec, la préformante » au lieu de i. La troisième personne du masculin de l'aoriste, tant au singulier qu'au pluriel, a toujours la préformante » dans notre inscription et on y trouve : ront r> (ligne 5 ) , «Sacru pour nUami (lignes 6 et 7 ) , «fVv. pour (ligne 6 ) , ^ a r o i j pour .

tt ils le béni-

(ligne 6 ) , .V-m» pour A.=xiaa

(ligne 8 ) , ^ ^ u i i W i pour

(ligne 9 ) .

A la ligne 5 , cmevsArj.» ttils le béniront 11 est la troisième personne masculine du pluriel de l'aoriste pael du verbe «r^va avec le suffixe de la troisième personne masculine du singulier. A l'époque chrétienne, la forme , est encore arrondi et on ne trouve que le a. final ( v ^ ) , mais, dans les inscriptions de Soghmatar (n os 3 , h, 5 , 6 , 7 ,

9'

10

' 1

19

) > a déjà la même forme qu'à l'époque chrétienne, le a. est encore anguleux, mais l'angle supérieur est obtus et l'angle inférieur est aigu tandis que les angles du => sont tous les deux droits. Le -a et le S n'ont pas de point dans l'inscription du tombeau de Manou, pas plus que dans les inscriptions du tombeau de Séleucus et de Soghmatar, qui sont du 111e siècle; généralement l'angle formé par les deux traits dont ces caractères sont composés était obtus aux anciennes époques, tandis qu'à l'époque chrétienne c'était un angle droit. Je ne connais pas d'inscription datée du ive siècle, mais je crois bien que l'inscription d'Arah (n° i 5 ) est de cette époque : le ^ et le

n'y

sont pas pointés. Enfin, dans l'inscription de Bassoufan qui est de la fin du vc siècle les a et les S sont pointés, tandis q u e , dans une inscription un peu antérieure (elle paraît être de l'an h 9 3 ) qui a été publiée par M. Sachau W, les à ont un point et les a n'en ont pas. On sait q u e , dans les inscriptions palmyréniennes de basse époque, le rich est surmonté d'un point et que le dolath n'en a jamais; il est donc probable que, lorsque les Syriens ont voulu distinguer le doblh du rich, ils ont d'abord surmonté le rich d'un point et que ce n'est qu'à une époque postérieure qu'ils ont tracé un point sous le i1' Corpus inscriptionum semiticarum, P a r s secunda, 1.1, n

ot

1 9 7 et a 12.

raire située à peu de distance d'Ourfa (voir Zeitschrift der deutschert morgenländischen Gesellschaft, 1 8 8 2 , p. 1 8 9 ) . Je

Cette inscription est malheureusement très courte

n'ai pas pu la voir, car u n h a b i t a n t d'Ourfa (j'ai le regret

et le ¡ex le syriaque ne contient que deux mots : - \ - n rtSadan reine * (voir Corpus inscriptionum semi-

de dire que c'est u n E u r o p é e n ) l'a fait enlever en c r e u -

ticarum, P a r s secunda, 1.1, pl. XXII, n° 1 5 6 ) .

trouve a u j o u r d ' h u i ; il est même possible qu'en l'enlevant

i3i Cette inscription était gravée dans une grotte funé-

sant te rocher par derrière et on ne sait pas où elle se on l'ait brisée. 3.

20

H.

dolath. H semble même qu'à la fin du

ve

POGNON.

siècle, on écrivait, du moins à fidesse, le A avec ou sans

point et j e ne saurais dire à quelle époque on a commencé à surmonter le S d'un pointW. L e a a parfois une queue très longue dans les inscriptions archaïques, mais parfois aussi, même dans l'inscription du tombeau de M a n o u , il ressemble au o estranghelo de l'époque chrétienne. L e m a une forme particulière dans l'inscription du tombeau de Manou ( « - * ) ; dans les inscriptions du tombeau d ' A m a c h a m é c h e , il ressemble, ainsi que j e l'ai déjà dit, au hé palmyrénien et, au 111e siècle, il a déjà à peu près la forme qu'on lui voit dans les inscriptions de l'époque

chré-

tienne. L e > est très g r a n d , il a â peu près la forme d'un quart de cercle et on p e u t souvent le confondre avec le =a. Dans les inscriptions du tombeau de Séleucus qui sont du commencement du 111e siècle, cette lettre a la m ê m e forme q u e dans l'alphabet estranghélo '2>, mais dans celles de Soghmatar qui sont pourtant un peu postérieures, on voit le > en quart de cercle. H serait donc téméraire de dire qu'une inscription est du i er ou du 11e siècle de notre ère parce qu'on y trouve le > arrondi. L e 1 est très grand et on peut souvent le confondre avec le 1 . L a boucle du a n'est pas fermée (5); il en est de même dans presque toutes les inscriptions archaïques et pourtant, dans l'inscription de la colonne d'Ourfa, le â a une boucle presque fermée et ressemble beaucoup au a de l'époque chrétienne. Le u et le n sont les deux lettres dont la forme a le plus varié. L e

qui a la forme suivante dans

l'inscription de Manou : Jl, devint, postérieurement au 1e1' siècle : -M et -M , e t , dans les inscriptions du 111e siècle, il a à peu près la même forme qu'à l'époque chrétienne. Quant au » , il garda très l o n g temps son ancienne forme ( J 3 ) ; dans les inscriptions du m° siècle, il est l'ait ainsi :

& , et c'est

peut-être au ive ou au v° siècle seulement que cette lettre prit la forme d'un carré. Enfin le

avait anciennement la forme suivante : X . . Dans les textes du 111e siècle, cette lettre se

lie souvent à la lettre précédente et ce n'est probablement que beaucoup plus tard qu'elle se lia également à la lettre suivante. Nous voyons déjà des ligatures dans l'inscription du tombeau de Manou M et je crois qu'au i er siècle les caractères étaient liés les uns aux autres dans les manuscrits; dans les inscriptions, il semble qu'on pouvait les lier ou ne pas les lier. En s o m m e , bien que plusieurs caractères de l'alphabet estranghélo archaïque aient une forme qui diffère notablement de celle qu'ils avaient à l'époque chrétienne, il me paraît bien difficile d'affirmer qu'une inscription non datée est du i er , du 11e, du 111e et m ê m e du IVe siècle. Q u a n t à la langue de l'inscription du t o m b e a u de M a n o u , c'est absolument du syriaque, sauf que la préformante de la troisième personne de l'aoriste est un > au lieu d'être un ». Dans l'inscription du tombeau d'Ayou qui est du 11e siècle W, la préformante de la troisième personne de l'aoriste est un 1 et

(1) On pourrait croire que c'est au iv° siècle, mais cela me paraît douteux. M. de Vogué a publié des inscriptions palmyrénieimes du 11e siècle dans lesquelles le rich est surmonté d'un point et je ne serais nullement étonné que l'on découvrit un jour des inscriptions syriaques du 111e ou même du 11e siècle dans lesquelles le t serait pointé. (2)

II en est de même dans l'inscription de la colonne d'Ourfa qui est, au plus tard, de la première moitié du 111e siècle. On en voit déjà une dans l'une des inscriptions du

tombeau d'Amachaméche; dans l'inscription gravée audessous de la porte de la chambre sépulcrale, les deux lettres du mot sont liées, mais elles ne le sont pas dans l'inscription gravée au-dessus de cette porte (voir ci-dessous). - Les caractères ont une forme très archaïque dans l'inscription du tombeau d'Ayou que je publierai plus loin et le » a absolument la même forme que dans l'inscription du tombeau de Manou. Ainsi que je l'ai déjà - -ç, dit, le M ressemble beaucoup , dans les inscriptions du

INSCRIPTIONS SÉMITIQUES.

21

on p o u r r a i t , p a r suite, supposer que l'inscription du m o n u m e n t sépulcral de Manou est écrite en u n dialecte syriaque qui différait de celui qu'on parlait à Edesse. J'ai la conviction q u e le syriaque était déjà u n e langue littéraire au i cr siècle de notre ère W; il est très p r o b a b l e , du reste, qu'on parlait en Syrie un grand n o m b r e de dialectes et de patois qui différaient du syriaque que l'on écrivait , mais je ne crois pas q u e , sur les bords de l ' E u p b r a t e , à moins de 1 0 0 kilomètres d'Édesse, on aurait rédigé dans le patois local une inscription destinée à être lue p a r tout le m o n d e , surtout l'inscription d'un t o m b e a u aussi magnifique q u e celui de Manou. Gomment expliquer alors q u e , dans l'inscription du m o n u m e n t sépulcral de Manou, la p r é f o r m a n t e de la troisième personne de l'aoriste soit u n », tandis q u e , dans l'inscription funéraire d'Ayou, qui est presque aussi ancienne, p e u t - ê t r e m ê m e aussi ancienne, cette p r é f o r m a n t e est un i? On a beaucoup écrit sur l'origine de la p r é f o r m a n t e i en syriaque et je m e bornerai à exposer ici mon opinion p e r sonnelle. A u n e époque très a n c i e n n e , p e u t - ê t r e au ui c ou au 11e siècle avant notre è r e , la prononciation de la semi-voyelle yod a d û changer, lorsqu'elle se trouvait au c o m m e n c e m e n t d'un m o t , et cette semivoyelle est devenue une l mouillée. En d'autres t e r m e s , il s'est passé dans les dialectes a r a m é e n s le contraire de ce qui se passe en français m o d e r n e où 17 mouillée tend à disparaître et à se changer en ijod; les mots travailler, mouiller, habiller, se p r o n o n c e n t , dans u n e grande partie de la F r a n c e ,

travayé,

mouyé, abiyé et le nombre des Français qui prononcent ainsi est peut-être plus considérable q u e le n o m b r e de ceux qui prononcent (ravalyé, moulyé, abilyé. Plus t a r d , 17 mouillée initiale devint ellem ê m e f r é q u e m m e n t u n e n mouillée, de sorte qu'après avoir d'abord prononcé yéktol la troisième p e r sonne de l'aoriste du verbe A ^ n . on finit p a r prononcer lyéldol, puis nyéktol; les dialectes araméens s'enrichirent, p a r suite, de deux consonnes nouvelles, 17 mouillée et f n mouillée et, lorsqu'on voulut noter ces sons, on employa le lornad et le noun. J'ajouterai que l'altération du yod initial en l mouillée, puis en n mouillée, n'a pas d û avoir lieu partout et dans tous les mots à la m ê m e époque. 11 est p r o bable q u e , p e n d a n t une période de temps fort l o n g u e , la troisième personne de l'aoriste de certains verbes s'est p r o n o n c é e , dans certaines régions, avec u n e l mouillée, et, dans d'autres, avec une n mouillée; dans d'autres régions enfin, l'ancienne prononciation s'est conservée et l'altération du

f

initial en / mouillée et en n mouillée n'a eu lieu q u e dans u n petit n o m b r e de mots, ou n'a pas eu lieu du tout! 2 '. m e siècle, au m de l'époque chrétienne, et je serais, par suite, très porté à croire que l'inscription du tombeau d'Ayou est du n e et peut-être même du i" siècle de notre ère. I1) Dès les commencements du christianisme, les Chrétiens ont traduit leurs livres saints en latin, en grec, en syriaque, en copte, en un mot dans toutes les langues littéraires de l'Empire Romain, mais ils ne les ont pas traduits dans les idiomes celtiques de la Grande-Bretagne, dans les dialectes germaniques ou slaves parlés près des frontières septentrionales de l'Empire Romain, dans les nombreux patois araméens ou arabes parlés dans les provinces d'Asie. Le syriaque n'est pas devenu, selon moi, une langue littéraire parce que les Chrétiens s'en sont servi dans leur liturgie, mais, au contraire, il n'est devenu une langue liturgique que parce qu'il avait déjà une littérature au 1er siècle de notre ère.

J'ai parié à la page 19 de l'inscription du sarcophage du musée du Louvre qui paraît être (tout le monde l'admet, je crois) celui d'une reine de la famille d'Izatès, roi d'Adiabène, peut-être même celui d'Hélène, femme d'Izatès. Or, ce sarcophage a une inscription bilingue, syriaque et chaldaïque; n'est-ce pas une preuve qu'au i*r siècle de notre ère le syriaque était, sinon la langue vulgaire, du moins la langue littéraire de l'Adiabène et des populations sémitiques soumises aux Parthes?

AU AJ\A rsl^oo-Ka TÎ^OIJA rdi-VirC" ^JÀ^TV

Y^jatdasja

-s i o w ri-LJXj^o

r^ v — V "

7

3

" \;

ovA ^ » i i T a o

c n i r t ^ K ^ n a TSÎAIAOT rsiicn

Voici ses dimensions : elle a trente-sept coudées de longueur, vingt-cinq de largeur et vingt-cinq de h a u t e u r ' 1 ' ; la largeur de ses murs est de sepl coudées e t , à l'intérieur de la n e f , on a construit, vers l'est, trois pièces' 2 '. Celle du milieu est le saint des saints' 3 '; son autel est en m a r b r e , long de six empans et d e m i , large de quatre empans et demi Au-dessus de l'autel se trouvent un chérubin et une coupole d'airain qui est supportée et soutenue par quatre colonnes' 4 '. Dans le sanctuaire, une lampe d'or pur est suspendue à une chaîne d'argent, le sol du sanctuaire estcouvert de mosaïques' 5 ' en marbre b l a n c , noir, rouge, vert, pourpre et j a u n e , représentant des images diverses; ses m u r s , disposés en cercle 1 0 ', sont recouverts de plaques de marbre e t , en h a u t , sur la voûte' 7 ', se trouvent des mosaïques formées de petits cubes dorés ( s '. Dans la n e f , des deux côtés de la porte du sanctuaire, sont fixés deux arbres d'airain, dont chacun est haut de vingt coudées ce temple magnifique fut construit au milieu du couvent; des galeries à arcades l'entourent, au n o r d , au sud et à l'ouest.

Il est inutile de dire q u e les deux a r b r e s d'airain placés dans la n e f , devant la p o r t e du c h œ u r , ont disparu a u j o u r d ' h u i , ainsi q u e tous les objets d'or et d'argent q u i o r n a i e n t l'église. E l l e se divise en Irois parties : i°

Une sorte de galerie c o u v e r t e , avec cinq g r a n d e s ouvertures voûtées d o n n a n t sur la cour du

l1' En Syrie et en Mésopotamie, la mesure appele'e a la longueur du bras étendu d'un homme de taille moyenne, depuis le poing fermé jusqu'à l'épaule, c'està-dire o m. 6 o environ, et la mesure appelée par les

toujours surmonté d'une sorte de ciborium ou de dôme en pierre ou plus souvent en bois. ' 5 ' Ce passage prouve que le mot < ¿ 3 1 a v a i t

au

moyen âge le sens de trmosaïquei. On voit encore sur le

Syriens « î V o t î T devait avoir ia même longueur. La

sol, dans la chapelle du maître-autel, des traces de mo-

grande église aurait donc eu environ a2 mètres de lon-

saïques ; j e les ai peu regardées et, d'après nies souvenirs,

gueur, i 5

elles sont en fort mauvais état.

mètres de largeur et i 5 mètres de hauteur;

j'ai négligé d'en relever les dimensions, niais j e crois

' 6 ' Ainsi que j e le dirai plus loin, une voûte en cul-

bien que celles qui sont indiquées ici sont à peu près

de-four semi - circulaire se trouve derrière le maître-

exactes.

autel.

'2i Les trois pièces contenant le maître-autel et les

' 7 ' Littéralement ttdans son c i e l * ; on appelle souvent

autels de droite et de gauche, dont j e parlerai plus

«¿¿¿ix. ttcieln, le plafond ou la partie de la

ioin.

visible pour ceux qui se trouvent à l'intérieur

(*) C'est-à-dire le sanctuaire, la pièce contenant le maître-autel.

toiture d'une

construction. ' 8 ' Cette mosaïque dorée existe encore aujourd'hui et

' 4 ' Dans les églises jacobites, le niaître-autel n'est

est, dit-on, fort belle, mais elle a été salie par la fumée

jamais appliqué contre une muraille, parce que le clergé

des cierges et est recouverte d'une couche si épaisse de

tourne autour de lui dans certaines cérémonies. 11 est

noir de fumée qu'on ne l'aperçoit presque pas.

INSCRIPTIONS

SÉMITIQUES.

il

couvent. Cette galerie n'existe p l u s aujourd'hui qu'à l'ouest W, devant la p o r t e de la n e f , m a i s la description du couvent citée ci-dessus p r o u v e qu'elle se prolongeait j a d i s a u nord et a u s u d et entourait trois des côtés de l'église. 2° Une nef rectangulaire c o m m u n i q u a n t avec la galerie à a r c a d e s p a r une g r a n d e porte et avec le c h œ u r p a r trois p o r t e s ; celle du m i l i e u , placée en face du maître-autel, est b e a u c o u p p l u s g r a n d e q u e les deux a u t r e s . 3 ° L e c h œ u r , s é p a r é de la nef p a r un solide m u r d a n s l e q u e l sont p e r c é e s les trois portes dont j e viens d e p a r l e r , et c o m p r e n a n t trois c h a m b r e s ou chapelles contenant chacune un autel (le maîtreautel se trouve d a n s la chapelle d u m i l i e u ) ; c h a c u n e d e ces trois chapelles a u n e porte p e r c é e d a n s le m u r de la nef et u n e a u t r e porte p a r l a q u e l l e on entre dans la chapelle contiguë. L a voûte de la chapelle du m i l i e u , au-dessus de l'autel, est ornée de la m o s a ï q u e d o r é e dont j'ai p a r l é d a n s la note 8 d e la p a g e h o . L a toiture est s u p p o r t é e p a r trois voûtes en b e r c e a u : la p r e m i è r e r e c o u v r e la galerie et est supportée e l l e - m ê m e p a r les cinq a r c a d e s et le m u r d e la nef; la seconde recouvre la nef et est s u p p o r t é e p a r les deux m u r s de la nef situés d u côté d e la g a l e r i e et d u côté d u c h œ u r ; la troisième recouvre les trois chapelles du c h œ u r et est s u p p o r t é e p a r le m u r qui s é p a r e la nef d u chœur e t , du côté o p p o s é , p a r le m u r extérieur de l'église. E n f i n , p o u r a u g m e n t e r la superficie d e la chapelle d u maître-autel, u n e petite voûte en cul-de-four a été a p p l i q u é e contre le m u r extérieur d e l'église. L e p l a n s u i v a n t , dressé r a p i d e m e n t et sans p r e n d r e d e m e s u r e s , f e r a m i e u x comprendre, q u ' u n e description la f o r m e de la g r a n d e église de Saint-Gabriel d e K a r t m i n . NORD

A A A À A Arcades. B B Galerie. G Arcade fermée par un m u r en petites pierres. D Mur en petites pierres d'époque récente. E Endroit où est encastrée dans ie mur l'inscription n" î h. F Porte de la nef. G G Nef. H Table de pierre sur laquelle est tracée l'inscription n° i 3. I

Porte de la chapelle de gauche.

K Porte de la chapelle centrale. L

Porte de la chapelle de droite.

M Autel de droite. N Maître-autel. O Autel de gauche. P Voûte en cul-de-four. Q Q Q Q Q Q Endroit où devait se trouver jadis une galerie

couverte

semblable a celle qui existe encore aujourd'hui devant la porte de la nef. R Porte. S

î1) Les quatre murs de l'église ne sont pas exactement orientés vers les quatre points cardinaux : le mur INSUR. SEK.

Porte.

septentrional et le mur méridional ne se prolongent pas exactement de l'est à l'ouest, ils obliquent un peu du 6

42

H.

POGNON.

D a n s l a n e f , à l ' e n d r o i t i n d i q u é s u r le p l a n p a r la l e t t r e H , ou voit u n e t r è s g r a n d e t a b i e e n m a ç o n n e r i e d o n t la p a r t i e s u p é r i e u r e est f o r m é e d ' u n é n o r m e m o n o l i t h e , a u j o u r d ' h u i brisé en p l u s i e u r s m o r c e a u x W. S u r u n des côtés d e cette p i e r r e est g r a v é e u n e i n s c r i p t i o n d ' e n v i r o n 1 m . a 5 d e l o n g u e u r écrite h o r i z o n t a l e m e n t , à l a q u e l l e j'ai d o n n é le n° i 3 . E n f i n , s u r u n e p i e r r e e n c a s t r é e d a n s le m u r d e la galerie c o u v e r t e , à p e u d e distance à g a u c h e d e la p o r t e d e la n e f , à l ' e n d r o i t

indiqué

s u r le p l a n p a r la l e t t r e E , on voit u n e i n s c r i p t i o n g r a v é e h o r i z o n t a l e m e n t , à l a q u e l l e j'ai d o n n é le n°

ik. Inscription n° i 3 (vm e siècle).

^v=oîr\o K l i W V u t r a Cûj&ii? •—> lYIT^n

k^i^XT^

>

CT1=V=VA

TdirVi=3Z3 TîjJCVj^ s

oDaVu-A crMj.ra.atiQjt—

Kj.:ot.TScu3 . < n \ n j

r ^ i v r a S tiiîftciâj^» 4

r>*\\TCf

m&vd

5

ji^Àcv^^ C t^XI'ASO.^. 7

Zacharie, du village d'Arnas, a fait ce travail (littéralement : a fait) à Badebbeh, en l'an 1 0 8 0 des Grecs, et, lorsqu'il eut détaché ce bloc de pierre, il supplia Isaïe, du village de Fafa, son parrain, de l'apporter ( 2 ) . Isaïe se donna beaucoup de peine, ainsi que tous les gens du couvent; on l'apporta, on le polit, on le mit à sa place en l'an 10 8 8 , au temps de Georges, notre évêque, et celui-ci contribua à la dépense dans la mesure de ses moyens. Cyrille, du village d'Arnas, a gravé. est l'adjectif d é r i v é d e o a j V x c i i ^ , n o m d ' u n village a p p e l é a u j o u r d ' h u i Arnas et situé à p e u d e d i s t a n c e d ' A ï n - W a r d a et d e H a l a k h ( v o i r les i n s c r i p t i o n s n o s 5 a , 5 3 , 5 4 ) ; le -Mie se p r o n o n ç a i t p a s d a n s ce m o t et p a r f o i s o n n e l'écrivait p a s W. t n r ^ ^

se n o m m e a u j o u r d ' h u i

Badebbeh;

c'est u n village situé t o u t p r è s d e l ' a n c i e n c o u v e n t d e S a i n t - J a c q u e s - l e - D o c t e u r ( j a n . i i , - v m n wi-v»-* «iisXso), à 2 heures environ au sud du couvent appelé r ^ - A - n

rsiv.-*, à 8 h e u r e s d e m a r c h e

a u sud-est d e M e d i a d . Les mots ¿ u o t ^ H ^ q o sont obscurs. On pourrait

nord-est au sud-ouest, le mur oriental et le mur occidental obliquent un peu du nord-ouest au sud-est. Le chœur des églises orientales se trouve toujours à l'est de la nef et il est impossible qu'on ne se soit pas aperçu, lorsqu'on a construit la grande église, sous le règne d'Anastase, que le chœur n'était pas exactement à l'est de la nef. 11 est probable qu'on a voulu reconstruire l'église à l'emplacement même de l'ancienne église bâtie par les ermites Simon et Samuel qui n'avaient pas su l'orienter exactement vers les quatre points cardinaux et c'est sans doute pour expliquer l'orientation anormale de leur église que les moines du moyen âge racontaient qu'un ange avait dressé le plan du couvent et posé des pierres indiquant l'emplacement de l'église. On voit, dans toutes les églises jacobites, deux tables de pierre ou de maçonnerie (dans la grande église de Saint-Gabriel il n'y en a qu'une) placées dans la nef à

considérer

comme une faute pour

peu de distance de la porte centrale du chœur. Le clergé n'entre jamais dans le chœur pour réciter les offices, il les récite dans la nef autour de ces tables de pierre sur lesquelles les livres sont posés; ces tables sont appelées en syriaque r i v i i ! ^ Pendant les chaleurs de l'été, on récite les offices autour de tables de pierre qui sont placées dans la cour de l'église. Littéralement -qu'il l'apportâtn ; le verbe est suivi du suffixe de la troisième personne du féminin parce que le mot vdâriï. trpierre», qui est sous-entendu, est féminin. YU T^&TIU riardi Ait^iJaui

h

m

5 6

TN AMXV»

7

r^VïOrilûa r

fyi À w \ »

8 JJT.

9

—iÂr^o À I T ^

10

K j a ms. ., y, o \ x . a

Noms des évèques de ce couvent à partir de l'année 1 1 6 0 des Grecs : Nana de Harrân, Ezéchiel de Hah, Samuel de Banâman, Ezéchiel, Jean, Iwannis, Ignace, Sévère, Habib de Banâman, Ichou de Kartmin, Joseph de Bassibrina, Jean de Bassibrina, Zachée (son avènement eut lieu dans un conflit), Lazare de Bassibrina, Chamli, le pécheur, de Banâman. Son avènement eut lieu en l'an i 4 o o et c'est lui qui a écrit cette inscription commémorative. A son époque qui fut douloureuse et pleine d'angoisses, ce couvent subit un cruel pillage de la part des Persans et tout le Tour-Abdin fut désolé et désert pendant cinq ans. Les pillards campèrent dans le grand temple pendant quatorze jours. L e nom propre

paraît avoir été porté p a r peu de personnes et ne se trouve pas dans le

grand dictionnaire de P a y n e - S m i t h . Dans une vie de B a r - I t a («iàvxA- \ = a ) , qui a été, je crois, publiée en Angleterre mais que j e ne connais que p a r un manuscrit m'appartenant, il est question d'un personnage nommé « ¿ j , disciple du moine jacobite Z a c h é e , q u i , sous le règne de Chosroès, convertit au jacobitisme beaucoup de Nestoriens de la région de Mossoul. Ainsi que je le dirai plus loin, l'évêque K j v î j est appelé cacurdi dans les listes d'évêques qui terminent la chronique de Michel, et on pourrait, p a r suite, considérer r & r d j et oacurfa comme des formes syriaques du nom propre Nonnus, mais ce nom propre paraît être devenu en syriaque < ¿ 0 1 . L e mot ( ¿ s u » , écrit en abrégé aux lignes h , 6 et 9 , est l'adjectif formé du nom de village W=> y x x x m . On sait que la désinence

sert à f o r m e r des adjectifs indiquant l'origine, mais aucune gram-

m a i r e , du moins à ma connaissance, ne mentionne cette règle q u e , dans les adjectifs dérivés d'un nom propre composé de W a et d'un second mot, iv»=3 est toujours supprimé; p a r exemple, les adjectifs formés de ri^uncva. à u r a ,

«¿crus àura,

1 W = > , »¿tAÎm

,oS

INSCRIPTIONS r^oHwi

étaient

SÉMITIQUES.

/,5

, K J J J O T À ^ , W rsiao-vn, rd»\n, et, au milieu du x c siècle, un patriarche nommé J e a n y f u t enterré! 3 ', mais j e ne saurais dire à quelle époque il tomba en ruines et fut abandonné. Les ruines du couvent de Tell-Eda ne sont pas très considérables : on y voit quelques pans de m u r s , qui ont appartenu à un grand bâtiment c a r r é , et un grand nombre de pierres qui gisent sur le sol, ainsi que des vestiges de murs que l'on aperçoit çà et l à , prouvent que le couvent comprenait beaucoup d'autres bâtiments construits à proximité du grand bâtiment carré. On voit également, au milieu des r u i n e s , plusieurs citernes dont une de très grande dimension et une chambre souterraine contenant quelques sarcophages de pierre qui était certainement un

W=i.

J e n'ai t r o u v é , dans les ruines du couvent de T e l l - E d a , que les deux inscriptions syriaques auxquelles j'ai donné les n us 1 6 et 1 7 . L a première était gravée sur une énorme pierre qui formait le linteau d'une des portes extérieures du couvent ; le bas de la porte existait e n c o r e , mais la partie supérieure était t o m b é e , le linteau avait été brisé en plusieurs morceaux et j e n'ai p u trouver que trois fragments de l'inscription. L a seconde est gravée sur un bloc de pierre qui gît sur le sol, tout près d'un des angles du grand bâtiment carré. Inscription i)° 1 6 . Le troisième fragment fait suite au second, m a i s , entre le p r e m i e r fragment et le second, il m a n q u e certainement quelque chose. J e lis cette inscription ainsi, en écrivant entre crochets les caractères dont la restitution m e paraît probable : v^jjjiciji-A N^

^Aissa

—» r^Vvxjnjs t ^ t n Y ^ v ^ a ' v l KÎ^iraj o o r d ^ S -Krii-KA^Tïipkl

a construit ce saint endroit en l'année 1 2 1 9 des Grecs

Denys

le patriarche. I1! Voir' Laivi). Anealntn stjriaca, t. Il , |). 2 2 8 . ! 2)

'

Voir la Chronique ecclésiastique de Bar-Hebraeus

tion Lamy et Abbeloos), t. I , p. 2 9 1 , 2 9 3 .

M Voir la Chronique ecclésiastique de Bar-Hebraeus (édi-

t.ion La m y et Abbeloos), t. I , p. 3 9 9 .

(édi-

INSCRIPTIONS SÉMITIQUES.

53

H semble qu'à la fin de la première ligne le sculpteur avait écrit par erreur ^ X r a a aAwi

W n

et qu'il a ensuite ajouté J ^ o au-dessous du mot «¿iienn. On pourrait, du reste, lire ^ 1 0 fret 5911 au lieu de avoir été

rret 1911, mais le nom du patriarche mentionné à la seconde ligne paraît or, en l'année 1 25g des Grecs, le patriarche jacobite se nommait Jean, tandis

qu'en l'année 1 2 1 9 des Grecs il se nommait Denys'-'h INSCRIPTION n °

17.

^O^V

1 2

}\m t^ioi 3 ^l-uci» 4 Vujc

5

So A^KÎ 6 cvyv ^ Tïivl

7 8

Monseigneur le patriarche Jean a établi cette tour en l'année 1253 des Grecs. Le patriarche jacobite Jean Y, dont il est question dans cette inscription, succéda au patriarche Basile au mois d'août, de l'année g36 lieu de

de notre ère. On pourrait, à la 7 e ligne, lire

w 73 -n au

et 53 11, mais le patriarche qui vivait en l'an 1273 des Grecs ne se nommait pas Jean.

f1! Denys II succéda au patriarche Théodose au mois d'avril 898 et mourut le 1 8 avril 909 (voir l'Histoire ecclésiastique de Bar-Hebraeus, 1.1, p. 3g 1, 3 9 3 , 3 9 5 ) .

édition Lamy et Abbeloos,

Histoire ecclésiastique de Bar-Hebraeus et Abbeloos), t. I , p. 3 9 7 .

(édition Lamy

5/j

H.

POGNON.

N° 18. (PLANCHE X V I I . )

INSCRIPTION

SYRIAQUE

DE

BORDJ-ES-SERA.

(IX" SIÈCLE.)

A un quart d'heure de marche environ au nord du village de Ïell-Adè, on trouve, au sommet d'un plateau, des ruines que les gens du pays appellent Bordj-es-Seba. II semble qu'un grand couvent a existé en cet endroit et une inscription gravée sur un énorme bloc de pierre que l'on voit gisant sur le sol en fait connaître le nom. Voici le texte de cette inscription à laquelle j'ai donné le n° 18. r£>\j\i wîvtj Tdjjoï* Kll^i

Aa.

^jbVo A — t j s no

1

V w j — 3

Timothée'(f) le pdclieur, fils d'Isaac, de Tell-Eda, a fait et établi ce couvent des Grecs en l'an 1 1 7 0 . Que quiconque lira ceci prie !

Je ue sais quel est le nom propre d'homme qui se trouvait au commencement de la seconde ligne. Le

initial du verbe

manquant, au commencement de la première ligne, il est possible que

quelques caractères manquent au commencement de la seconde, et la première lettre visible de la seconde ligne, qui paraît être un =>, peut être aussi la seconde moitié d'un m dont la première moitié aurait disparu. Je suppose donc que ce nom propre était eM^Xsa»!^ Timothée, mais je n'oserais pas l'affirmer. H est possible qu'un =3 initial manque au commencement de la troisième ligne. Bien que le texte 11e le dise pas, il est probable que l'inscription est datée, comme celles du couvent de Teli-Eda, d'après l'ère des Grecs; elle a donc dû être gravée entre le i t r octobre 8 5 8 et le •'lo septembre 8 5 9 . Enfin, le couvent des Grecs de Tell-Eda n'est cité, à ma connaissance, dans aucun texte. II est probable qu'on l'appelait ainsi parce qua l'origine il avait été habité par des moines qui parlaient le grec, niais c'était sans doute un couvent jacobite, car il semble que le village de Tell-Eda était habité, au moyen âge, par des Jacobites.

INSCRIPTIONS



SÉMITIQUES.

55

19.

(PLANCHE X V I I . )

INSCRIPTION

SYRIAQUE

DE

STABLAT.

( F I \ DIT VP SIÈCLE.)

L'inscription à laquelle j'ai donné le n° 19 se trouve dans le Djebel-el-Hass, au sud-est d'Alep, dans un endroit appelé Stablat W. Elle est sculptée en relief sur une pierre de taille de grande dimension placée au niveau du sol, dans la première assise d'une muraille dont la base seule subsiste. La pierre est posée de telle manière que les lignes se lisent verticalement, mais j e 11e saurais dire si elle se trouve à sa place primitive, et il est possible que la muraille ait été construite avec les débris d'un édifice plus ancien. Entre la troisième et la quatrième ligne, on voit sculptée dans un cercle une croix dont une des branches a disparu. Voici le texte de cette inscription : rdiLXXjcXx V w —>

,

îftxraîftY^

a 3 h

cusrd t ^ x j x u ^

5

E n l'an . Au-dessus de la porte d'un petit bâtiment dont la toiture n'existe plus, on voit, sur un bloc de pierre qui en forme le linteau, une inscription syriaque de deux lignes écrites horizontalement et, au-dessous, trois rosaces, une grande, au milieu, et deux petites, l'une à droite, l'autre à gauche. Enfin, dans le bas du bloc de pierre, est gravée une lettre isolée, un ca, qui parait être une marque de pose ou le commencement d'un mot qui n'a pas été écrit en entier. Voici le texte de cette inscription : T S j e . o e j a rdir^

-=ia r ¿ a

>r,q

' rdrù^xxJ^m

3

r^jfTS ATO-cara En l'an 5 y i

et 6 7 a (?) m o i , le p r ê t r e . . . . , . . . ,

i a

j'ai fait ce m a r t y r i u m .

Je crois qu'à la première ligne les lettres a o rsio doivent être lues ^^vaÎko

a ; la phrase est

peu correcte, car, si les travaux du martyrium ont duré deux ans, le texte devrait porter et pendant les années cinq cent soixante et onze et cinq cent soixante-douze

et non pas et pendant l'année cinq

cent soixante et onze et douze n, mais cette inscription n'est pas écrite en syriaque correct et j e crois qu'elle est écrite dans le dialecte qu'on parlait, au vie siècle, dans la région de Kafar-ÎNabou. La deuxième ligne commence certainement par un nom propre : la première lettre, qui se trouve tout près du bord de la pierre, est un m et la seconde lettre paraît bien être un '>'! P o u r aller d'Alep à K a f a r - N a b o u , on passe p a r les

dans laquelle il y a des ruines et u n e g r a n d e coupole

villages d e B e l l e ï r a m o u n et de Z o u q - e l - K é b i r , puis par

qui

les r u i n e s de B o r d j - H a ï d a r qui sont à u n e

l'idole^ (.lacuis

demi-heure

existe

e n c o r e ; on

von F e r d i n a n d

s e u l e m e n t de celles de Kafar-Nabou.

mal l'ait. Le

dit

geographisches

que

c'était

Wörterbuch,

la coupole

de

herausgegeben

WÜSTENFELD, t. IV, p. 3 9 1 ) . IL s e m b l e

J'ai vu à K a f a r - N a b o u q u e l q u e s inscriptions g r e c q u e s

donc qu'il n'y avait plus que des ruines à K a f a r - N a b o u

et les ai signalées à M. C h a p o t , élève de l'École française

à l'époque où écrivait Y a k o u t , c'est-à-dire au x m e s i è c l e ,

d ' A t h è n e s , q u i les a publiées (Bulletin

et la g r a n d e coupole dont il p a r l e n'existe p l u s a u j o u r -

de

correspondance

Y a k o u t m e n t i o n n e Kafar-Nabou ( j + i

dans son

hellénique, S

d'hui.

26 e a n n é e , p. 1 8 0 ) .

dictionnaire

géographique,

et d i t q u e Nabou

était

le

n o m d ' u n e idole qui se trouvait dans cette localité; il ajoute :

h c A-fJi ¿ u i . ^ISi x+i

^ày

¿U> I j j l ^ j i j j b aaïU trc'est u n e localité' près d'Alep

'''•• L e sculpteur a y a n t oublié le =n. de g r a v é au-dessus du

, l'a

x.

•"'< L e » du mot

est o m i s , m a i s j e crois que

le sculpteur a considéré c o m m e un tracée avant le _ final.

x

la b o u c l e qu'il

a

INSCRIPTIONS

SÉMITIQUES.

57

n o m p r o p r e kî=> m ' e s t i n c o n n u e t j e s u p p o s e q u e l e s c u l p t e u r a o u b l i é u n r d a u

commencement

de

l a l i g n e ('î; l e n o m d u p r ê t r e q u i a c o n s t r u i t l e m a r t y r i u m a u r a i t d o n c é t é r ù ^ r é t c A b o n . A l a s e c o n d e l i g n e , à v i ' v r a i » et j ' a i f a i t n n ' e s t p a s , c o m m e o n p o u r r a i t l e c r o i r e , u n e f a u t e d ' o r t h o g r a p h e , c a r la f o r m e

est, j e crois, aussi a n c i e n n e q u e la f o r m e t i a v . . L a d é s i n e n c e d e la p r e -

m i è r e p e r s o n n e d u s i n g u l i e r d u p r é t é r i t é t a i t L"* c h e z l e s J a c o b i t e s , l e s M a r o n i t e s e t l e s N e s t o r i e n s ,

et

Vu c h e z l e s M e l k i t e s ^ ; l e s J a c o b i t e s e t l e s M a r o n i t e s é c r i v a i e n t , p a r e x e m p l e , A ^ J f c o et j ' a i é c r i t ti, A ^ ^ - o ir j ' a i t u é n , A ^ s - o et j e m e s u i s t e n u d é b o u t a , l e s N e s t o r i e n s , i r t r a V i i , q u e les Melkites écrivaient V v ^ ^ ,

tandis

irvAi^-n, V i r r x n W . J e n e saurais d i r e c o m m e n t les Melkites p r o -

n o n ç a i e n t cette d é s i n e n c e , m a i s j e serais très p o r t é à croire qu'ils la p r o n o n ç a i e n t , d u m o i n s à l'orig i n e , îth e t d i s a i e n t qéllîlh

« j ' a i t u é n , qomîth

ce j e m e

suis t e n u d e b o u t n .

Notre

inscription

prouve

q u ' a u c o m m e n c e m e n t d u vi® s i è c l e , q u e l q u e s a n n é e s a v a n t l e s c h i s m e j a c o b i t e , l a d é s i n e n c e d e p r e m i è r e p e r s o n n e d u s i n g u l i e r d u p r é t é r i t é t a i t àv» d a n s l a r é g i o n d e K a f a r - N a b o u . J e n e

m a l h e u r e u s e m e n t a u c u n e a u t r e i n s c r i p t i o n d u vi c s i è c l e o u a n t é r i e u r e a u vi° s i è c l e d é c o u v e r t e

dans

la r é g i o n d ' A n t i o c h e d a n s l a q u e l l e on t r o u v e u n v e r b e à la p r e m i è r e p e r s o n n e d u singulier d u t é r i t , m a i s j e serais très p o r t é à croire q u e ,

dans la région d'Antioche,

la

connais

d a n s celle d'Alep et

prépeut-

être dans u n e g r a n d e partie de la Syrie d u Nord j u s q u ' à l ' E u p h r a t e , cette f o r m e avait p r i m i t i v e m e n t l a d é s i n e n c e îth.

Persécutés p a r les e m p e r e u r s g r e c s , les Jacobites f u r e n t à l'origine p e u

nombreux

d a n s t o u t e cette r é g i o n qui f u t , j u s q u ' à l'invasion a r a b e , p e u p l é e p r i n c i p a l e m e n t d e Melkites, et l ' o r -

I1) Il est possible que le v i initial de v i ^ v i ait été

appelés Melkites et s'intitulent a u j o u r d ' h u i Grecs Melkites

gravé, dans le c h a n t i e r où les pierres ont été taillées, sur

catholiques ou m ê m e Grecs catholiques, lorsqu'ils sont unis

u n autre bloc de pierre qui devait être placé avant celui

à l'église r o m a i n e , et Grecs Melkites orthodoxes ou Grecs

qui porte l'inscription et q u e , lors de la construction du

orthodoxes,

n i a r t v r i u m , les maçons aient remplacé ce d e r n i e r bloc

triarcat œ c u m é n i q u e de Constanlinople. Ces « p s e u d o -

par u n autre. Il est possible aussi q u e , dans le patois de

b â t a r d s v d'Alexandre le G r a n d sont tellement honteux

K a f a r - N a b o u , ri=>vi se soit prononcé ri=z.

de l e u r origine syrienne q u e g é n é r a l e m e n t ils cachent

f2) Aucun g r a m m a i r i e n

lorsqu'ils sont en communion

avec le

pa-

à ma

leurs anciens manuscrits s y r i a q u e s , q u a n d ils en ont

connaissance, à l'exception de M ?r R a h m a n i , n'a noté

encore, et vont m ê m e parfois j u s q u ' à les détruire. P e n -

que la p r e m i è r e p e r s o n n e singulier du prétérit avait deux

dant que j'étais consul de France à Alep, j'ai appris que

formes dont l'une était employée p a r les Melkites et

les moines d'un couvent melkile orthodoxe des environs

m o d e r n e , du

moins

l'autre par les Jacobites, les Maronites et les Nestoriens

de D a m a s venaient de découvrir, dans u n

(voir Grammalica aramaica seit syriaca quam, auctar C. J.

toute u n e bibliothèque syriaque qu'ils avaient i m m é d i a -

David archicpkcopus

sua editione

tement b r û l é e de p e u r qu'on ne sût que leurs prédéces-

archiepiscopo

seurs n'étaient pas Grecs et parlaient la langue syriaque.

Mossoul, 1 8 9 6 , p. 6 0 9 , n o t e 3 ) .

Il est, p a r suite, très difficile de trouver a u j o u r d ' h u i en

syrus Damasii ex prima

arabica collaborante in parle Aloysio ltahmani syroAhpensi

latinamfeeit,

souterrain,

Dans u n article relatif à des f r a g m e n t s liturgiques pro-

O r i e n t des manuscrits syriaques melkites; j'en ai p o u r -

venant de la région de D a m a s , M. Sachau a m e n t i o n n é

t a n t parcouru deux q u i a p p a r t i e n n e n t à l'église syrienne

le fait que les premières personnes d u singulier du p r é -

catholique d'Alep, et j'ai constaté que les verbes à la

térit a v a i e n t , d a n s ces f r a g m e n t s , la désinence

mais

p r e m i è r e personne du singulier d u prétérit avaient la dé-

il ne p a r a î t pas s'être douté que celte désinence se trou-

sinence Vv>. Revenu en F r a n c e , j'ai parcouru u n certain

vait dans tous les textes melkites (voir

n o m b r e de manuscrits liturgiques melkites de la Biblio-

der Königlich Berlin,

Preussischm

Akademie

Sitzungsberichte

der Wissenschaften

zu

1 8 9 9 , p. 5 i 3 ) .

» ('),

rarement W=i,

b l u c b , Ujb, g s j l j I l

p o u r n e citer q u e q u e l q u e s e x e m p l e s ,

VÎTV&J^.

,j=rr\ W a W ,

semble donc que,

pj\o

X o

sont

les noms devenus

p r o p r e s î^jca IÎUAJU,

déjà à l ' é p o q u e de l'invasion a r a b e , dans t o u s l e s m o t s

( n o m s p r o p r e s et a u t r e s ) c o m p o s é s d e

et d'un second m o t ,

s y l l a b e se préfixait au m o t s u i v a n t . O n a , d u r e s t e , toujours écrit

se p r o n o n ç a i t l â et q u e cette mais, en parlant, on p r o -

Le village de Baachika est situé près de Mossoul

naire géographique de Yakout (édition Wiistenfeld, t. I ,

et j'y ai passé, en 1891, en allant de Mossoul au

p. 7 6 0 ) , au confluent du Zab inférieur et du Tigre. Je

couvent de Saint-Matthieu; il est habité aujourd'hui par

suis allé jadis, lorsque j'étais consul de France à Bag-

des Yézidis. Le nom syriaque de ce village se trouve

dad , au confluent du Zab inférieur pour visiter l'empla-

dans la chronique de Bar Hebraeus (Gregorii Barhebraei

cement de cette ville et je n'ai pas pu le découvrir. Les

chronicon syriacum,

édition Bedjan, p. B15 ) et le nom

arabe dans le Dictionnaire géographique de Yakout (édition Wiistenfeld, t. I , p. U 72). Du temps de cet auteur, Baachika était une ville.

ruines même ont disparu et je crois qu'El-Bawazidj était plutôt un grand village qu'une ville. Tout près du confluent du Zab inférieur, peut-être sur la rive droite du Tigre, en face d'El-Bawazidj, se

(2) Le village de Beth-Aïnatha était situé près de Djezireh (voir le Dictionnaire géographique de Yakout, édition Wiistenfeld, t. I, p. 4 7 2 ) . Le nom syriaque de ce village se trouve dans Thomas de Marga (édition Wallis Budge, 1.1, p. 2 6 ) et dans le texte syriaque publié par l'abbé Chabot sous le titre suivant : Le livre de la chasteté composé par Jésusdmah, évêque de Baçrah, page 2 5. !3) On appelait en syriaque ^TJT V u a et en arabe USjli la région au nord de Takrit où se trouve le massif montagneux peu élevé appelé c^.yî- J-s?- (voir le Dic-

trouvait une autre ville appelée par les Arabes ¿ j b ¿ y , et par les Syriens « i u t ou

ou « j * . On

y voyait, à l'époque de Yakout, une grande mosqirée et beaucoup d'églises (Dictionnaire géographique de Yakout, édition Wiistenfeld, t. III, p. 1 6 g ) ; c'était le siège d'un évoque nestorien et ce diocèse faisait partie de la grande éparchie, c'est-à-dire que l'évèque ne dépendait pas d'un métropolitain, mais dépendait directement du patriarche. Enfin un passage de Thomas de Marga semble prouver que, sous les Sassanides, rdue. s'appelait

(édi-

tionnaire géographique de Yakout, édition Wùstenfeld,

tion Wallis Budge, t. I, p. 79). Bien que je sois allé,

1.1, p. 4 6 4 ) . L'évèque jacobite de ce pays dépendait du

non seulement au confluent du Zab inférieur, mais en-

primat de Takrit et résidait probablement dans la ville

core en face, sur la rive droite du Tigre, je n'ai cepen-

que les Syriens appelaient

V u n et les Arabes

dant pas pu trouver les ruines de celte ville. Je dois

car on lui donnait indifféremment le titre

ajouter toutefois que, lorsque je suis allé au confluent

à'évêque de Beth-Waziq ou d'évêque de Beth-Bemmân (voir

du Zab, il faisait très froid (c'était pendant l'hiver),

la Chronique ecclésiastique de Bar-Hebraeus,

que les nomades avaient émigré, que le pays était à

édition Lamy

et Abbeloos, t. III, p. 123). La ville d'El-Bawazidj était située, d'après le Diction-

peu près désert et que j'ai d û , en conséquence, le traverser rapidement.

INSCRIPTIONS

SEMITIQUES.

59

n o n ç a i t , j e c r o i s , bâ et q u e l q u e f o i s Ai M. O n t r o u v e d e u x fois, d a n s u n e l e t t r e d u p a t r i a r c h e thée à Maran-zkha, o t ^ r x r j pour

îjv^rai 2 '; c ' e s t ,

cette faute prouve qu'à l'époque de T i m o t h é e , n o t r e i n s c r i p t i o n p r o u v e q u e , d é j à a u vi e s i è c l e ,

si l'on v e u t ,

Timo-

une faute d'orthographe,

mais

se p r o n o n ç a i t bd d a n s les m o t s c o m p o s é s , le m o t wîaoxco

se p r o n o n ç a i t bdssolido,

et du

m o i n s d a n s l a r é g i o n de K a f a r - N a b o u . L ' è r e d ' a p r è s l a q u e l l e est d a t é e l'inscription de K a f a r - N a b o u n e p e u t p a s ê t r e celle des G r e c s ou d'Alexandre, car l'année 5 y i

des G r e c s a c o m m e n c é le i e r o c t o b r e 9 5 9

et c e t t e i n s c r i p t i o n 11'est

e

c e r t a i n e m e n t p a s du 111 siècle. C e t t e è r e est d o n c celle d ' A n t i o c h e q u i a c o m m e n c é le

ier

octobre

de l'an h =j, ainsi que le prouve un

t. III, p. 2 4 8 , 1. 1 6 ) , et j e serais très porté à croire que

passage de Thomas de Marga (édition Wallis Budge,

ce couvent est le même que celui qui est appelé dans les

t. I , p. 1 2 5 , 1. 9). Enfin il semble que cette région

qu'il appelle -^OAN^

(Land , Anecdota

listes d'évêques qui terminent la chronique de Michel et

avait été anciennement habitée par une tribu qu'on ap-

dans la Chronique

pelait les Zarziréens

ecclésiastique

de

Bar-Hehraeus

( « ¿ H * ™ ) , car j'ai lu, en

Orient,

édi-

dans un manuscrit nestorien contenant des prières pour

tion Lamy et Abbeloos, 1.1, p. 3 7 3 ) ; malheureusement,

la consécration des évêques, que l'évêque de ce diocèse

yaota^ism

( Chronique ecclésiastique

de Bar-Iiehraeus,

comme Jean d'Asie ne dit pas où étail situé le couvent

portait le titre d'évêque des Zarziréens

de Beth-Rkoum et que Bar-Hebraeus ne dit pas non plus

Baghèche.

où élait situé le couvent de Birkoum, j e 11'ose pas l'affirmer.

et de Beth-

f3' Voir Clerjkcnt-Gannkau, Etudes d'archéologie tale, t. I I , octobre i 8 g 5 , p . 4y.

8.

orien-

H. POGNON.

60

N° 2 1 . (PtAXCIIE XVIII.)

INSCRIPTION

SYRIAQUE DE

BASSOUFÂN.

(V e SIÈCLE.)

Le village de Bassoufân se trouve à trois quarts d'heure de marche environ des ruines de KafarNabou, dans la direction du Sud-Ouest. On remarque à Bassoufân les ruines d'une église de l'époque romaine et, dans le mur de cette église, à l'extérieur, on voit, entre deux fenêtres, l'inscription suivante qui se trouve certainement à sa place primitive et qui se lit verticalement : «^JvttdA vda^ax.

1

ydam-i

3

(¿^oa.M

h

,\=rjA

3

^XJVTSÎA r ^ j o o n

5

TC^VjWi « i m

6

TSCR. SÉM.

CHAIÎOT,

Les évêques jacobites du fin'

au xnf

siècle

p. 1 6 , 1. 7,

9 IMP1UMJSUIE >ATIOXAI.E.

66

H.

POGNON.

personne de les vendre, mais que quiconque lira ceci prie et récite une oraison pour le pardon des péchés de tous ceux qui ont participé à cette b o n n e œuvre !

A la ligne 1, rduo-^a est une faute pour r^vxrvoA. A la ligne 3 , KjtvSja est une faute pour « ¿ t j \ n . A la ligne h, v&r> ne peut être qu'une abréviation pour ,vïAo ou peut-être ,'CSja (il est possible qu'une forme rdvâxj ait existé). Le mot rdvxâjJ, qui existe en arabe sous la f o r m e l s et qui vient peut-être du grec xanidri, est, d'après le dictionnaire de Payne-Smith, le nom d'une mesure de capacité, mais notre inscription prouve que c'était aussi une mesure de longueur. Du reste, en arabe, est à la fois le nom d'une mesure de capacité et le nom d'une mesure de longueur. A la ligne 5 , o o x c o â m est le nom d'un village qui est appelé aujourd'hui Hafsinas par les Gurdes et Hafsons par les Syriens; il est encore habité par des Jacobites et se trouve à moins de deux heures de Mediad, dans la direction du Nord M. Il est indique sous le nom de Habsûs sur la carte de l'ouvrage de M. Sachau intitulé Rowten in Mesopotamien. A la ligne 7, ,. «que quiconque lira prie pour quiconque s'est associée, c'est-à-dire «que quiconque lira ces lignes prie pour tous ceux qui ont participé d'une manière quelconque à la chose mentionnée dans l'inscription ••.

I n s c r i p t i o n N° 9 7 .

M

3 1

^ "

V73 M ^

a . .

1

]

1

v¿\~n

g

...

3

j>ïfJ':iro

7

En l'an 13 3 3 des Grecs, Bin, frère et moine, originaire de ce couvent, est sorti de ce monde et est allé auprès de son maître. Que quiconque lira ceci récite une prière pour le pardon de ses péchés ! « Benjamine.

me paraît être une abréviation de

INSCRIPTION

3O

(xi e siècle).

rZxn

TIBJ

,

vvjto T^jaujc. r î i X m

3

r^-p j-vjjJ-^ , \ j fYxvn m \ m (?) « ¿ e . KÎSITÎÎ A^

3

i â t i j !i

wSjrcf

A ^ A a m\

t^'H.jo'A i; 7

....

g

»CTCAS.. CAj V w ^ U ^v-ucvi g Constantin, moine et prêtre, est sorti de ce monde plein d'afflictions et est allé auprès de son seigneur eu l'an 1 3 5 1 (?), le jour du mois de mai. Que quiconque lira ceci prie pour le pardon de ses péchés et des péchés de tous ceux qui y ont participé ! Ainsi soit-il ! des Grecs Jean le pécheur, priez pour lui ! Y M i n est é v i d e m m e n t u n e a b r é v i a t i o n p o u r ©oaiA 0 .i\ r eocvxj tt C o n s t a n t i n » . A la 5 e l i g n e , les m o t s le jour du mois de mai n ' o n t pas g r a n d s e n s , et il s e m b l e q u e le g r a v e u r a oublié q u e l q u e chose. H est possible q u e -73cv» soit u n e a b r é v i a t i o n p o u r « i n n i , q u e r i soit le chiffre 1 , et q u e le g r a v e u r ait oublié u n ^ d e v a n t (de 1™ j o u r d u mois de m a i n .

la p h r a s e

signifierait d a n s ce cas :

C,8

H.

POGNON.

L e s deux dernières lignes écrites en caractères plus petits faisaient peut-être connaître ie nom du sculpteur et la date à laquelle il avait gravé l'inscription, probablement p e u d'années après la mort du moine Constantin.

INSCRIPTION H° 3 I .

^

k1d.U_X.

PAJ

L

rdim

3

ji m \ m 5r\cA >i_x.ci 3 >jeja

.—>»—VM 4

TSÎIm

mxm

5

K^iKÎW*.

6

; on donnait à l'ensemble, c'est-à-dire au souterrain et à la salle construite au-dessus ou à côté, le nom de «je.'iXn îrv^ra. Quatre souterrains existent actuellement au couvent de Saint-Jacques-le-Reclus. Celui des prêtres et celui des moines

se trouvent sous l'église de Saint-Bar-Hadbchabo; le «ix^'n-n

des évêques

est situé sous un bâtiment m o d e r n e , à quelques mètres au sud de la grande église. C'est une chambre à peu près carrée, vide et sans aucun ornement, dans laquelle je suis entré; on v pénètre par une porte extrêmement basse et étroite. Tout autour de cette salle, dans l'épaisseur des mui's, il y a une galerie étroite où les corps sont déposés assis sur une banquette en maçonnerie. Ils se trouvent donc à peu près à la même hauteur que les personnes placées dans la salle et n'en sont séparés que par un m u r . On pénètre dans cette galerie p a r une brèche que l'on fait au m u r de la salle, toujours au m ê m e endroit, et qu'on ferme ensuite par un m u r léger en maçonnerie. L'unique moine du couvent était entré dans cette galerie, lors des obsèques du dernier évêque; il m'a dit qu'il y avait vu les squelettes d'un grand nombre d'évêques, que ce souterrain était très ancien et r e n fermait les restes de plusieurs des anciens patriarches du Tour-Abdin. Enfin, en dehors du couvent actuel, à l'est de la grande église, on voit un petit bâtiment carré ne contenant qu'une chambre !'< L'usage d'enterrer dans des tombeaux collectifs est probablement très ancien en Orient. On voit, dans l'ancienne nécropole d'Ourfa, un nombre considérable do tombeaux creusés dans le roc et pourtant, malgré toutes mes recherches, je n'y ai pas trouvé d'autres inscriptions syriaques que celles que je publie dans ce recueil. 11 est vrai que, dans quelques-uns de ces tombeaux, j'ai vu des traces d'inscriptions qui ont complètement disparu; mais, dans la plupart d'entre eux, il semble bien qu'il n'y a jamais eu d'inscription et je serais porté à croire que les personnes riches avaient seules des tombeaux individuels et que les pauvres étaient enterrés dans des tombeaux collectifs qu'on ouvrait de nouveau quelques années après pour y déposer de nouveaux cadavres. Aujourd'hui encore, dans les villages maronites du district du Kesrowan et dans une partie du Liban, on dépose les morts dans des sépulcres communs qu'on appelle i s t i l i v à - (le singulier de ce substantif est HMIÎÂL.). Ce sont, dans certains villages, des chambres carre'es, construites au-dessus du sol, sans aucune autre ouverture qu'une très petite porte fermée au moyen d'une dalle; dans d'autres villages, des cavernes creusées

dans le rocher qu'on ferme également au moyen d'une dalle. Les morts y sont déposés sans cercueil ou dans des cercueils, et, lorsque les chairs ont disparu, les ossements sont entassés dans un coin, ou enfouis, lorsque leur nombre est devenu considérable. Chaque village possède un certain nombre de ces se'pulcres communs et on dépose successivement les morts dans chacun d'eux, de sorte que chaque sépulcre n'est ouvert qu'une ou deux fois par an et quelquefois à de plus longs intervalles encore; par contre, lorsqu'une épidémie survient, on est obligé de les ouvrir plus fréquemment. Dans les couvents du moyen âge, les chambres souterraines ou les grottes dans lesquelles on ensevelissait les moines contenaient un certain nombre de grands sarcophages en pierre qu'on appelait « i i H a ^ . Après chaque décès, on plaçait le cadavre dans un de ces sarcophages qu'on recouvrait de son couvercle et qu'on n'ouvrait de nouveau qu'après un certain nombre d'années. Un de ces souterrains existe encore dans les ruines du couvent de Tell-Eda (voir p. 5 a ) ; tous les sarcophages y sont encore à leur place, mais les couvercles ont disparu.

70

II.

POGNON.

vide a u - d e s s o u s d e l a q u e l l e se t r o u v e u n q u a t r i è m e s o u t e r r a i n où p e r s o n n e n ' e s t e n t r é d e p u i s d e s siècles. D a n s ce k j c ^ v o k o

s e r a i e n t les corps d e B a r - H a d b c h a b o et d e ses c o m p a g n o n s m a r t y r i s é s

à l ' c p o q u e d e s Sassanides. Ce b â t i m e n t n e m ' a p a s p a r u ê t r e f o r t a n c i e n , m a i s les p r e m i è r e s assises des m u r s , c o n s t a i i t e s e n grosses p i e r r e s d e t a i l l e , d o i v e n t ê t r e a n c i e n n e s . Au m i l i e u des r u i n e s q u e l'on a p e r ç o i t p r è s d e la g r a n d e église, on r e m a r q u e celles d ' u n e c h a m b r e r e c t a n g u l a i r e . Le h a u t des m u r s et la t o i t u r e o n t c o m p l è t e m e n t d i s p a r u , le b a s d e s m u r s subsiste e n c o r e et on y v o i t , s u r u n bloc d e p i e r r e q u i se t r o u v e à sa p l a c e p r i m i t i v e , u n e i n s c r i p t i o n écrite d e h a u t en b a s à l a q u e l l e j'ai d o n n é le n° 3 3 . Inscription k° 3 3 (xiv e siècle).

KÂajoj AI^Wkî [ûsJcu^rÎji^KÎ

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Cette habitation a été achevée à l'époque de Msr le patriarche Ignace, Gis du prêtre Abou-l-Hassan, iils du frère de l'évêque Bar-Saoumo, petit-frère de l'évêque Aziz, en l'an 1 6 8 1 des Grecs. Y ont travailié(?) notre frère (?) Rabban Gabriel et et son père Margoyo, le noble Bar-Saoumo et tous les habitants du village fortifié de Salah. Que tous ceux qui liront ceci prient pour tous ceux qui y ont participé! G o m m e on le voit, cette i n s c r i p t i o n est d ' I g n a c e , le p r e m i e r p a t r i a r c h e d u T o u r - A b d i n , d o n t j'ai p a r l é à la p a g e 6 3 , et l'on est é t o n n é d u soin avec l e q u e l ce p i e u x p e r s o n n a g e , q u i p a r a î t ê t r e aussi fier d e sa famille q u e d e son t i t r e d e p a t r i a r c h e , é n u m è r e ses n o b l e s p a r e n t s . Il s e m b l e q u ' I g n a c e a p p a r t e n a i t à u n e d e ces f a m i l l e s r i c h e s et i n f l u e n t e s , c o m m e on e n t r o u v e e n c o r e a u j o u r d ' h u i e n O r i e n t , q u i r e g a r d e n t les évêchés c o m m e l e u r p r o p r i é t é et p a r v i e n n e n t s o u v e n t à i m p o s e r

aux

c o m m u n a u t é s des é v ê q u e s d e l e u r choix. C'est ce q u i e x p l i q u e q u ' I g n a c e ait p u si f a c i l e m e n t f a i r e u n s c h i s m e et se f a i r e p r o c l a m e r p a t r i a r c h e d u T o u r - A b d i n et d e H a s s a n - K e f . A la l i g n e 5, ^ w j > A i o est u n e f a u t e p o u r

azyrd.

J e n e sais p a s ce q u e le r é d a c t e u r d e l'inscription a v o u l u d i r e p a r les m o t s et p e t i t - f r è r e d e l ' é v ê q u e Aziz 11 ( l i g n e 7 ) ; j e serais p o r t é à c r o i r e q u e

mjcvwkî

tsjjsom-* «n.ijrïi est

u n e f a u t e p o u r v.v^. k Î u ï u i a ; le sculpteur a d'abord entamé légèrement le rocher de manière à creuser un parallélogramme, puis, sur la surface de ce parallélogramme, il a gravé l'inscription verticalement. Inscription

3/i. ^vu

r ^ u o S n o T^V^VAO

[*"*]** " rentra Vva « ^ i t i .

J-

est un adjectif dérivé d'un nom de village ; mais,

s'il existait un village portant ce nom, j'ignore dans quelle partie du Tour-Abdin il était situé.

^

^jn.Vi'A

(4)

i'-j II faut restituer le texte ainsi : > m s ». i o ) jbri i v>lo. que je ne connais pas, peut-être de l " i \ t o

Y

ciro^vié_S.iA r d r ^ v o a x A o ri^-Àa^iA

i'! Faute pour i a i S s . (:11

rCVr>A«i

J L a ^ a est une faute pour Le patriarche Massoud f u t , ainsi que je le dirai plus loin, le dernier patriarche du Tour-Abdin. (5)

est une faute pour o v v * .

(6) .aloA»*.? est une faute pour -

TSlljJ



Y

INSCJi. SÉM.

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AA

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16

,_Aorv=>

17

Peut-être faul-ii lire .\,-.a. « Il faut lire « ^ « ^ « i . (6i H faut lire .

74 «¿»-eau

H. POGNON. A i a Y^VVO'Kjjso.U -pjt-^n

Tillrii ig

-acuiA ,— ; le pronom ,m indique qu'il était féminin, mais j e ne vois pas de quel substantif féminin yxxj=n peut être l'abréviation. Enfin le sculpteur a voulu terminer l'inscription par les mots :

^.uou

et que

leurs prières soient avec nous 1, mais il a sauté le > de ^>o

!

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