Dictionnaire étymologique du breton
 9782914208253, 2914208251

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DU BRETON

DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE

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Éditions du Chasse-Marée Abri du Marin 29177 Douarnenez cedex www. chassemaree. com

Albert Deshayes, originaire de Pont-l’Abbé (Finistère), a été maître-formateur à l’lUFM de Quimper et chargé de cours de breton à la faculté de droit et des sciences économiques de Brest et de Quimper. Docteur en études celtiques, on lui doit une méthode d’apprentissage de la langue bre­ tonne : Le breton à l'école. La revue ArMen a publié nombre de ses articles relatifs à la toponymie et à la langue bretonne ainsi qu’aux autres langues d’origine celtique. Le Dictionnaire étymologique du breton fait suite au Dictionnaire des noms de lieux bretons, au Dictionnaire des noms de famille bretons et au Dictionnaire des prénoms celtiques qui appartiennent à la collection “Bretagne : langues et cultures” du Chasse-Marée.

Plus de sept mille racines de mots bretons avec leurs notices : origine, attestation ancienne, variantes, évolution, cousinage dans les autres langues celtiques, termes de la même famille... Un outil sans équivalent qui dresse “l’arbre généalogique” de chaque mot jusqu’à nos jours. Enracinée dans le terreau celtique par certains termes, sa syntaxe et son système de mutations, la langue bretonne a emprunté, au fil des siècles, des termes à d’autres lexiques et noué quantité de nouveaux liens de parenté.

En couverture : en haut, sept dessins d’Olivier Perrin (détails), musée des Arts et Traditions populaires, © photo RMN ; en bas, René Quéré, “La danse au Menez Rheun”, gouache, 22 x 24 cm, 2003.

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9 ll782914,l20825311 ISBN : 2-9142-0825-1

Albert Deshayes

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© Le Chasse-Marée Abri du Marin 29177 Douarnenez cedex

Albert Deshayes

Dictionnaire étymologique du breton

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Avertissement e BRETON se compose de quatre dialectes, le léonais, le cornouaillais, le trégorois et le vannerais, qui se ramifient eux-mêmes en sous-dialectes puis en parlera locaux. Durant le renouveau culturel breton des années 1970, des cours du soir ou par correspondance choisi­ rent l’enseignement d’un breton standard, pour amener les néo-bretonnants à une meilleure intercompréhen­ sion et pour lutter contre une trop forte dialectalisation. Depuis quelques années, son enseignement s’est déve­ loppé dans tous les sens, le plus souvent par militan­ tisme, pour sauver une langue en voie d’extinction, sans pour cela réfléchir au devenir de la langue.

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Le vocabulaire a été apuré de tous ses emprunts au français moderne, enrichi de mots créés, dits “chi­ miques”, inconnus des bretonnants de naissance, mais la syntaxe, truffée de gallicismes, s’est considérablement appauvrie et souffre de littéralisation, et la prononcia­ tion est devenue trop linéaire, calquée sur le français. Certains n’hésitent pas à qualifier ce nouveau breton de cinquième dialecte ou breton littéraire. La sauvegarde du breton devait-elle passer par ce trefoedaj qui ne serait que du brezhoneg beleg adapté ? Y a-t-il un bon et un mauvais breton ? On a pu entendre les bretonnants de naissance répé­ ter à l’envi qu’ils ne parlaient pas le bon breton et qu’ils ne connaissaient pas le breton littéraire. Malgré eux, ils avouaient parler un breton populaire, emprunt de nom­ breux mots français. Mais où se situe le bon breton ? Estce ce breton contemporain dont les mots sont tous bretons et la construction de la phrase française, qui a perdu les tournures de langue qui en faisaient une langue imagée, qui a repris à son compte les fautes de langue du breton populaire en enseignant Bezzo au lieu de Bezez eus, et qui truffe le pluriel des substantifs dont la lettre finale est -dou -f de -joù et -choù ? Parler ou enseigner le breton doit passer par une certaine rigueur si l’on veut en faire une langue moderne et ouverte à tous les chan­ gements et à toutes les mutations actuels. Cette rigueur

doit s’appliquer à accorder la plus grande importance à la prononciation et au respect des liaisons, tant entre consonne et voyelle qu’entre consonnes (phénomène du sandhi, bien mis à mal depuis quelques décennies). Depuis 1723, date de la publication du dictionnaire de Pierre de Chalons, où l’on pouvait lire que “le meilleur breton pour moy c’est celuy dont j’ay besoin”, les prises de position n’ont pas manqué pour montrer ou démontrer la supériorité du dialecte (voire du sousdialecte) employé par son auteur sur les trois autres. On note surtout l’unanimité (ou presque) des “vannetisants” contre l’hégémonie du dialecte léonais et le mépris affi­ ché envers le vannerais. En 1895, le curé de Camors, l’abbé Lavenot, s’insurgeait contre “maître Le Gonidec [qui] se plaît décidément à défigurer les mots du dia­ lecte de Vannes”. En 1906, l’abbé Pierre Le Goff observe que l’union des quatre dialectes ne peut se faire qu’aux dépens des Vannerais, auxquels on demande beaucoup de sacrifices.

L’isolement dans lequel on maintient ce dialecte est reconnu en 1923 par René Le Roux (de son nom de plume, Meven Mordiern) : “Le vannerais ne constitue pas, à proprement parler, un dialecte mais plutôt une langue secondaire, inférieure dans son ensemble.” Le Vannerais Le Diberder n’hésitera pas à écrire dans un numéro de la revue BreizAtao (1924), que “le choix d’une seule langue littéraire bretonne est une urgente nécessité, et que chacun doit réduire la part de son dia­ lecte dans ses écrits, et tendre vers un breton correct qui ne sera plus le breton d’ici et là, mais le bon breton de Bretagne, simplement” et que “la base de cette langue littéraire doit évidemment être le léonard classique”. Un tel raisonnement amène Loeiz Herrieu, en 1932, à se demander si “toute la science, toute la sagesse ne sont pas localisées dans un seul coin de Bretagne”. L’orthographe du breton, en perpétuelle mutation, surtout depuis le début du XIXe siècle, époque où Le Gonidec propose de nouveaux codes de graphie, basés

sur son dialecte léonais, s’est brusquement figée depuis 1941 en hommage à une personne, Roparz Hémon. La graphie, mise au point cette année-là, concédait quelques points aux tenants du vannerais qui, en retour, acceptaient de renoncer à leur orthographe. Cette ortho­ graphe, devenue “nationale”, présente malgré tout de nombreuses imperfections, des à peu près, un parti pris certain et des néologismes douteux. Appliquée aveuglé­ ment, elle refuse toute novation ou discussion. Elle est devenue la graphie majoritaire, relayée par les institu­ tions qui la diffusent.

De 1971 à 1974, une commission s’est réunie à vingtcinq reprises pour tenter de jeter les bases d’une graphie ouverte à tous les dialectes, d’unifier les diverses pro­ nonciations autour d’un mot unique ou standard, com­ préhensible de tous à partir de quelques codes simples. Au lieu d’arriver à un consensus, c’est-à-dire à une gra­ phie commune, ces réunions aboutirent à la naissance d’une troisième orthographe, dite interdialectale, qui prenait enfin en compte le vannerais, malgré de nou­ velles concessions de sa part. Les deux autres graphies, le “peurunvan” né de l’accord de 1941, et l’universitaire, mis au point en 1951, campèrent sur leurs positions. C’était le point de départ de vaines querelles de cha­ pelles, alors que la défense du breton aurait dû mobili­ ser les militants dans d’autres directions.

Les travaux que je propose ici m’ont conduit à recon­ sidérer la graphie de quelques mots d’après leurs pro­ nonciations, leur origine, leur filiation. J’ai été amené à utiliser entre autre le w, graphème celtique d’emploi très fréquent jusqu’à la réunion de la Bretagne à la France sous la forme u ; l’étude des graphies du breton montre que la langue, tant orale qu’écrite, s’est peu à peu

francisée sous l’Ancien Régime par l’apparition de nou­ veaux phonèmes et donc de nouveaux graphèmes au niveau de la transcription. On se doit d’accepter cepen­ dant le -5>, rejeté pour le seul fait qu’il fasse “français” ; on le rencontre surtout dans des mots empruntés au français mais ce graphème était en usage en gaulois, en latin, en vieux breton (cf. issid, c’est). On remarquera aussi que le graphème -z- ne procède, en vannerais, que de l’adoucissement d’un -¿/après lénition et que le pho­ nème [z] résulte de l’adoucissement d’un -j- intervocalique ou associé à une consonne liquide ; enfin, dans les mots où ce -z- figure, il est toujours prononcé [h] après une consonne liquide ou dans le groupe -zA-.

Je tiens à remercier tout particulièrement Yann Celton qui a mis à ma disposition tous les dictionnaires bretons anciens publiés, depuis le Catholicon de 1499 jusqu’à ceux du XIXe siècle finissant. Ce dictionnaire vient combler un manque ; jusquelà, on avait travaillé sur des bases incertaines, faisant réfé­ rence le plus souvent au gallois. De nombreux travaux avaient été menés à la fin du XIXe siècle par Emile Ernault, sur le moyen breton, et Joseph Loth, sur l’ori­ gine du breton ; mais c’est l’étude des gloses en vieux breton par Léon Fleuriot qui a permis de progresser dans une meilleure connaissance de la langue. On ne peut pas non plus passer sous silence les recherches d’Albert Boché sur la prononciation, sur le système de quantité des voyelles et leur relation avec les consonnes ainsi que sur le système complexe des liaisons en breton.

Puisse ce dictionnaire ouvrir d’autres perspectives sur un breton vivant et accessible à tous, un breton vrai sans références idéologiques.

Histoire et

évolution de la langue bretonne

vient attester. C’est par la comparaison avec les langues ANGUE CELTIQUE par ses origines, le breton en a celtiques actuelles, dans leurs formes les plus anciennes conservé un certain nombre de termes, la syntaxe, ainsi qu’un système de mutations consonantiques. Au mais aussi avec le latin, que les linguistes sont arrivés à fil des siècles, son lexique s’est enrichi de termes : cer­ reconstituer cette langue disparue. tains empruntés au latin lors de l’occupation romaine L’évolution de cette langue mère va donner naissance de la Bretagne insulaire, d’autres au roman durant le bas à de nombreux parlers, dont le gaulois en Gaule et le Moyen Age à compter de l’administration du duché par brittonique en Bretagne insulaire. Le gaulois, langue de des princes français, au latin médiéval dit aussi “latin tradition orale, ne nous est connu que par des noms de d’église”, au moyen français à partir de la réunion de la lieux, des inscriptions sur des stèles ou des poteries, et Bretagne au royaume de France et enfin au français des termes relevés par des auteurs latins. Ces témoi­ moderne, langue véhiculaire de l’État par le biais de ses gnages ont permis de se faire une idée bien plus précise administrations, emprunts favorisés par le fait de son du gaulois que des autres langues celtiques parlées sur le non-enseignement. continent au moment de la conquête romaine et de dégager une forte ressemblance avec le brittonique. On ne peut cependant pas retracer l’historique d’une Ainsi, dans son ouvrage sur la vie d’Agricola, l’écrivain langue sans se référer à l’histoire même du peuple qui la latin Tacite rapporte que les Bretons du sud de l’île par­ parle. “Il n’est pas possible, ainsi que l’observait Léon laient une langue très peu différente du gaulois. L’on sait Fleuriot, de décrire une langue détachée de tout, de la aussi que c’est à Mono, l’actuelle île d’Anglesey au nordsociété qui l’utilise, des langues apparentées, de la langue ouest du pays de Galles, que les jeunes Gaulois venaient dont elle dérive peu à peu. Les changements continus parfaire leur éducation druidique. Cette parenté lin­ et inévitables de toutes les langues résultent, non des exi­ guistique a donc facilité les rapprochements écono­ gences internes de leur système, mais des influences de miques, culturels et militaires entre les deux peuples. toutes sortes que subit le milieu qui les pratique.”

L

• Le breton, langue celtique

Un bref rappel historique tout d’abord. C’est vers 1500 avant Jésus-Christ que les Celtes, peuple originaire d’Asie centrale, se sont installés en Europe centrale, entre le Danube et le Rhin. De là, ils ont poursuivi leur pro­ gression vers l’ouest et occupé la Gaule (Gallia pour les Romains, mais Celtia pour les Grecs), puis, vers 800 à 700 ans av. J.-C., les Goidelsou Gaels ont débarqué dans l’île de Britain, l’actuelle Grande-Bretagne. Vers 600 av. J.-C., les Brittones prirent possession de l’île et les repoussèrent vers l’actuelle Irlande.

Les parlers des divers peuples celtiques de l’Antiquité se rattachent à une langue commune que l’on désigne par le terme de “vieux celtique” mais qu’aucun écrit ne

La Gaule, après sa conquête par le gouverneur et général Jules César entre 58 et 50 av. J.-C., passe, cinq cents ans durant, sous administration romaine. Les légions occupent et contrôlent le pays ; des écoles s’ou­ vrent et le latin en devient la langue d’enseignement. Le nombre de locuteurs gaulois diminue progressivement, plus rapidement dans les cités et dans les villœ que dans les campagnes. Au VIe siècle ap. J.-C., des écrivains comme Fortunat ou Grégoire de Tours parlent encore du gaulois au présent et étayent leurs propos de termes gaulois avec traduction exacte en latin. Le gaulois, ou sans doute un gaulois évolué, fortement teinté de latin et qui constitue une branche du bas latin, n’était donc pas tout à fait mort après cinq siècles de latinisation. Nous verrons que ceci a une certaine importance, minime peut-être de nos jours, dans la formation du

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breton. Le brittonique était, quant à lui, parlé dans toute l’île de Bretagne, connue sous le nom latinisé de Pritania, à l’exception du nord montagneux (Highlands écossais), c’est-à-dire sur les actuels territoires de l’Angleterre, du pays de Galles et du sud de l’Écosse. Gaulois et brittonique étaient, selon Léon Fleuriot, “des langues de culture, pratiquées non seulement par les chefs de toute sorte mais aussi véhicules de la culture dont les druides étaient les détenteurs et les transmet­ teurs”. Toutes deux avaient en commun un système de déclinaisons très complexe mais l’accentuation des voyelles était rare et sans règles bien définies. “Dans la forme de certains mots bretons actuels, remarque encore Léon Fleuriot, on retrouve l’influence d’anciennes ter­ minaisons casuelles. En général, cette forme dérive du nominatif brittonique (ex. car, “ami”, de *karants), rare­ ment de l’accusatif.”

La dérivation des termes se faisait de la même façon de part et d’autre de la Manche. Ainsi la terminaison -akon désignait, tant en gaulois qu’en brittonique, un lieu où abondait une plante, un animal, un élément topographique, ou exprimait bien une idée d’apparte­ nance, de possession, le radical étant alors un nom d’homme. Le même toponyme *Eborakon, “l’endroit aux ifs”, attesté en Gaule comme en Pritania, est à l’ori­ gine des modernes Evreux en France et York en GrandeBretagne. De son origine, le breton a aussi gardé une syntaxe spécifique aux langues celtiques, le fait de commencer une phrase par le verbe ou de placer en tête le groupe fonctionnel sur lequel il veut attirer l’attention.

Son vocabulaire a, bien sûr, conservé un grand nombre de termes d’origine celtique, sous des formes plus ou moins évoluées, mais beaucoup sont tombés en désuétude et d’autres ne sont plus connus que par leur présence dans les noms de lieux ou de personne, ou au sein de dérivés. • Le breton et ses emprunts au latin

Vers 50 ap. J.-C., les Romains font la conquête de la Pritania et s’y installent trois siècles durant. L’admi­ nistration devient là aussi romaine, mais l’occupation n’est pas aussi massive qu’en Gaule. Les effets seront donc moins sensibles. Attaqué de toutes parts, l’Empire romain doit faire face, dans la seconde moitié du IVe siècle, à divers envahisseurs. Il est urgent de protéger les frontières. Les légions abandonnent la Pritania ; Rome fait même appel à des guerriers bretons, les 10

feodorati, pour défendre les côtes de la Manche contre les Saxons ou protéger le limes du Rhin contre les Germains.

Au cours de cette période, le brittonique a emprunté un certain nombre de termes latins ; ceux-ci se sont transmis jusque dans le breton contemporain, tels pont du latinpontem, prad“yt€, depratum, Nedekg“Noë\” de natalicia, etc. Joseph Loth, dans la préface de son étude sur “Les mots latins dans les langues brittoniques”, attirait l’attention sur l’importance des “mots latins pas­ sés dans les langues brittoniques... tant par leur nombre et leur caractère qu’en raison des circonstances excep­ tionnelles dans lesquelles ils ont été empruntés”.

Le départ des Romains suscitera en Pritania des que­ relles intestines. Pendant que le parti britto-romain se porte au secours de la Gaule romaine envahie, un Breton, le prince Vbrtigern, recherche l’aide des Saxons pour s’emparer du pouvoir. Mais ceux-ci refusent de quitter l’île après le combat et s’y installent définitive­ ment. Bientôt rejoints par d’autres guerriers, ces Saxons se lancent dans une politique de conquêtes dans le but d’étendre leur territoire. Tantôt victorieux, le plus sou­ vent défaits, les Bretons cèdent peu à peu devant les Saxons. Si la première migration vers le continent a été militaire et a affecté toute la Gaule, la suivante se limite pratiquement aux côtes de la Manche, c’est-à-dire à l’Armorique et à la Neustrie, ancien nom de la Normandie. Le contexte est plus que favorable. Les rela­ tions entre Bretons de l’île et Francs de Childebert (51T 558) sont pacifiques. En retour, celui-ci favorisera la migration de certains chefs bretons et leur attribuera des terres pour aider à leur installation. Il se montrera aussi protecteur des moines évangélisateurs originaires d’outre-Manche. Mais, en Bretagne insulaire, les Saxons qui ont béné­ ficié vraisemblablement de l’arrivée de renforts jutes et angles reprennent la conquête de l’île à partir du milieu du VIe siècle. D’abord victorieux, les Bretons subissent ensuite une série de désastres. Ils sont refoulés vers les montagnes de l’ouest, l’actuel pays de Galles ou vers le sud du pays. D’autres choisissent l’émigration vers l’Armorique. Ces migrations successives, débutées vers la fin du IVe siècle, vont s’étaler sur quatre siècles envi­ ron. “Les Bretons ont certainement trouvé des parlers gaulois tardifs, au moins sur la côte nord-ouest, la plus proche de l’île de Bretagne. La persistance du breton jus­ qu’à nos jours est surtout due au fait que nulle part dans l’Empire romain finissant riexistait une telle commu­ nauté de langue et d’origine entre les nouveaux arrivants

et les indigènes”, rappelait Léon Fleuriot dans l’un de ses cours.

- le s- initial évolue à [h] vers 600 : senos, “vieux, ancien”, donne sen puis hen.

Les parlers gaulois qui subsistent encore semblent s’être fondus dans le brittonique, laissant des traces sur­ tout dans le vocabulaire, avec une forte proportion de mots celtiques dans les emprunts les plus anciens faits par les Bretons sur le continent. Ces emprunts viennent, non du latin, mais de parlers gaulois de caractère très évolué qui semblent avoir présenté des palatalisations, notamment celle du [sk-] dans le gaulois tasco “pieu” à l’origine du breton tach “clou”. Citons quelques mots gaulois présents dans le breton contemporain par le biais de l’ancien français : brug, bruyère, du gaulois bruca ; sae, robe, de sagos.

On désigne par vieux breton la langue parlée en Bretagne entre les VIF et XI' siècles. Peu de documents rédigés dans cette langue sont parvenus jusqu’à nous si ce n’est un traité de médecine, les actes étant rédigés uni­ quement en latin. Mais, parfois, les moines copistes par­ semaient leurs textes de termes indigènes sous forme de gloses. Le vieux breton nous est aussi connu par les noms de lieux et les noms d’homme. De cette période, il ne subsiste qu’une cinquantaine de phrases, mais celles-ci ont quand même permis de dégager quelques notions de grammaire. Nous devons la connaissance de cette langue ancienne aux travaux de Léon Fleuriot, chercheur, professeur et auteur du Dictionnaire de gloses en vieux breton et de Le vieux breton, éléments d'une grammaire. Peu d’évolutions au cours de cette période, si ce n’est au niveau du vocalisme : le -z- vient affecter les voyelles internes comme dans molin qui devient melin, moulin. Au niveau consonantique, on assiste à la chute du -gfinal : bro, pays, se rattache au gaulois broga, tig, maison, devient ti, magos, endroit, fréquent dans les noms de lieux gaulois, se réduit à ma, lieu.

• Le vieux breton Entre 500 et 600, le brittonique donne naissance à de nouvelles langues, le vieux breton en Armorique, le vieux gallois en Galles et le vieux comique en Cornwall ou Cornouailles anglaise. Plusieurs transformations viennent affecter l’ancienne langue : - l’accent pratiquement inexistant s’est renforcé et se porte sur la pénultième au cours du brittonique tardif ; cela va entraîner progressivement la chute des syllabes finales, c’est-à-dire de tout le système de déclinaisons. Celui-ci adoucissait entre autres l’initiale du mot sui­ vant : c’était la lénition initiale ; ce phénomène va per­ durer en vieux breton et va, peu à peu, s’étendre aux consonnes placées entre voyelles et liquides (les con­ sonnes /, m, n, r) et entre voyelles. Ainsi le gaulois Maponos, nom de divinité, devient en breton Mabon, nom encore porté.

- un nouveau système de quantité se met en place au niveau des voyelles. Dorénavant, sa longueur, brève ou longue, dépend de sa position dans le mot. - le [j] du brittonique évolue à [Ô] : moniyo, “mon­ tagne”, donne /monidhol ; le gaulois nouio, “nouveau”, évolue en brittonique tardif en / nowidhol puis en nouid, que l’on prononçait / nowidhl en vieux breton, etc.

- un nouveau phénomène linguistique vient affecter le consonantisme. Les groupes de consonnes cc, pp et tt donnent [x], [f] et [9] tandis que -rk- évolue à [rx], -rtà [-r0], -Z£-à [Ix] et -lp-3. [If] : le gaulois mocco-, “porc”, devient moch, cattos, “chat”, est le moderne kazh, marco, “cheval”, donne march, etc.

- les groupes [kt] et [pt] évoluent très vite à [xt] puis [x] se vocalise en [i] ; ainsi septos donne [sext] puis seith “sept”.

Dans la seconde moitié du DC siècle, le [w] initial géné­ ralement transcrit uu, voire u, se renforce en gw : ainsi le latin vinum donne uuin, puis guin en vieux breton. Le [i] bref du brittonique se confond progressivement avec le [e]. La différence entre le masculin uuin, blanc, et le féminin uuen, blanche, du vieux breton, disparaît dans le vieux breton tardifguen ; la finale -id [iz] devient -ez comme dans carantez, amour. Cette évolution ne s’achèvera qu’au XII' siècle. On assiste aussi à la stabilisation de l’accent sur la pénul­ tième, principalement à l’ouest de la Bretagne. Ce phéno­ mène, qui avait repris trois siècles plus tôt, n’a pas touché l’est ; on peut donc situer à cette période le début de la dialectalisation du breton avec la naissance du dialecte vannetais, dialecte où l’accent est demeuré sur la finale. • Le moyen breton

Jusqu’au DC siècle, le breton reste la langue de tous, tant de la noblesse que du peuple. Mais les conquêtes du prince Nominoe et de ses successeurs Erispoe et Salomon vont avoir une incidence notoire sur l’aire lin­ guistique bretonne. Les territoires annexés sont de langue romane et, peu à peu, la classe dirigeante bre­ tonne se romanise. Ce phénomène culturel s’amplifie après les années sombres des invasions normandes. La 11

Bretagne a cédé les territoires conquis et n’a pas retrouvé ses limites extrêmes ; ses gouvernants se sont fixés soit à Rennes soit à Nantes, en pleine zone romane.

- une réduction des diphtongues -oei- à -ou - comme le montrent les noms de personne Magadou et Madezou issus de *magadoei et de Matuuedoei -, et -oia- à -ouadans moiar, mûres, à mouar, dans guiam, hiver, à gouaff, par exemple.

L’ancien fiançais devient, à partir du XIIe siècle, la langue des ducs bretons et, comme le soulignait Léon Fleuriot, “le fait est plus important pour le destin de la langue que les invasions normandes du Xe siècle. Les ducs sont des agents de francisation fort actifs depuis Geoffroy Plantagenêt (1169-1186)”. La limite linguistique entre breton et roman, qui se trouvait aux portes de Rennes, a amorcé son lent recul vers l’ouest. “Quand après 1150, les souverains achèvent de se franciser, très vite la zone orientale cesse d’être bilingue et les minorités qui parlaient breton l’abandonnent, le breton est ramené à ses vieilles limites du Gouët, de l’Oust, de la Vilaine, de la grande Brière. Le cadre social et géographique de la vie culturelle bretonne a ainsi subi de grands bouleversements entre le IVe et le XIIIe siècle. D’abord tournée vers la mer, vers l’île de Bretagne dont elle conserve le nom, la Bretagne armo­ ricaine regarde de plus en plus vers le continent à partir du XIe siècle... La basse Bretagne restera jusqu’au XVIe siècle le domaine d’une société essentiellement bretonnante”, remarquait encore Léon Fleuriot.

- la consonne / dans les groupes -ait- et -oit- et sou­ vent -elt- se vocalise sous l’influence du français : ait donne aut (moderne aod, grève) ; le vieux breton *molt (gaulois multo} évolue à maout, mouton ; guelt, herbe, est à l’origine du moderne geot, après réduction de la diphtongue.

Jusque-là, le breton ne cesse d’être une langue prati­ quée par le peuple et les lettrés. C’est par le breton que les clercs sont enseignés en latin. Les pièces de théâtre, les mystères sont écrits en breton dans une métrique très complexe. Le premier dictionnaire publié est le Catholicon, dictionnaire trilingue rédigé en breton, latin et français par Jehan Lagadeuc, un clerc originaire de Plougonven. Jusque dans la graphie des noms de per­ sonne, des noms de lieux même, tout atteste de la per­ sistance d’une langue littéraire. La francisation de la Bretagne ne touchera que les élites ; le latin, langue offi­ cielle dans la rédaction des actes officiels, ne cédera sa place à un français quelque peu différent de notre langue actuelle qu’au XVe siècle.

- les groupes consonantiques kn-et tn- placés en posi­ tion initiale évoluent peu à peu à kr- et tr- ; ainsi knech donne krech mais aussi nech par chute du k- et tnou se cache sous le moderne trow et sa variante nasalisée plus répandue traon.

On désigne par moyen breton la langue parlée en Bretagne bretonnante de la fin du XIe siècle à la fin du XVIe siècle. Cette période, qui correspond historique­ ment au bas Moyen Age et à la Renaissance, se caracté­ rise dès le XIIe siècle par une évolution rapide de la langue au niveau de son consonantisme. Si, au cours des siècles suivants, la langue présente une certaine stabilité, son lexique va s’enrichir cependant d’un nombre considé­ rable d’emprunts à l’ancien français, “surtout de mots abstraits et de termes généraux utilisés par les milieux cultivés”, observait Léon Fleuriot. Au cours du premier siècle, le moyen breton se caractérise par :

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- les consonnes liquides m et b se lénifient en v devant les autres liquides n et rpuis se vocalisent ; ainsi le vieux breton omn [ovn] (cf. le gaulois omno-, peur) donne ovn ; le brittonique dobro, qui donne dubr, dobr, duur en vieux breton, évolue à dour, “eau”.

- dans les groupes -adr-, -odr-, -edr-, -dn-, -adl-,..., la consonne -d- s’adoucit dans un premier temps en [z] puis se vocalise en [e] vers la fin du moyen breton : le latin latro, bandit, donne en vieux breton ladr, voleur, puis en moyen breton lazrel enfin laer ; le gaulois *etnos, oiseau, donne *edn en vieux breton, puis ezn en moyen breton (moderne evri) ; Gradlon, nom d’un roi légen­ daire de Cornouaille, s’explique par le vieux breton grat, grâce, emprunté au latin gratia, et devient en moyen breton GmzZ?« puis Graelon, duquel sont issus les noms modernes Gralan et Gléran, ce dernier par métathèse.

- dans le groupe -du- [dw], le -d- évolue à -z- puis disparaît : le vieux breton petguar que l’on prononçait [pedwar], quatre, devient peuar en moyen breton. L’adoucissement en [z] touche parfois le -g- devant un -r comme dans le vieux breton dacr, larme, [dagr] que l’on note ¿¿zzren moyen breton. - de nouvelles consonnes, non usitées par l’alphabet du vieux breton, apparaissent sous l’influence du fran­ çais dès le début du moyen breton mais aussi à la suite d’emprunts. C’est le cas du verbe kass, emprunté à l’an­ cien français casser, chasser, écrit quacc, cazc,... Le groupe -di- du vieux breton évolue à [dj] dans un pre­ mier temps puis à [j] et -j- ; c’est le cas du verbe moderne kejan qui correspond au gallois ceidio. Les noms termi­ nés par -d et faisant leur pluriel en -iow aboutissent à -jou ; nwifait ainsi son pluriel en coajou. Parallèlement,

le groupe -ti- [tj] évolue progressivement à -ch-, l’ancien français mestier donne en breton micher.

Influencé par les dialectes romans, le dialecte vanne­ rais commence à se différencier du reste du breton : les consonnes gel kse palatalisent, l’accent tonique se main­ tient sur la finale, des archaïsmes se conservent. Au niveau de la syntaxe, le moyen breton cesse de construire ses phrases en plaçant en tête le verbe is, est, délaisse le pluriel des adjectifs qualificatifs qui se faisait en -on (il s’est maintenu en gallois dans quelques archaïsmes : au breton mouar du, mûres noires, corres­ pond le gallois mwyar duon par exemple).

• Le breton prémodeme La réunion du duché de Bretagne au royaume de France en 1532 va modifier profondément le paysage linguistique breton. Le français devient la langue officielle dans tout le royaume, mais uniquement au niveau de la justice et de la rédaction des actes notariés. L’édit de Villers-Cotterêts, pris par François I" pour défendre le français face au latin, ne visait en rien les autres langues et dialectes français prati­ qués dans son royaume. Malgré cet édit, les clercs bas-bre­ tons continueront à rédiger les actes paroissiaux en latin jusqu’au décret de Louis XIV qui impose, en 1659, l’usage unique du français dans tous les actes de la vie publique. La production littéraire se poursuit principalement dans le théâtre. Cette période est surtout marquée par la forma­ tion des dialectes de Cornouaille, de Léon et du Trégor, jusque-là non différenciés. Quelques faits de langue marquent cette distinction : - la diphtongue -ai- du brittonique antique passe par le [e], puis [oj] écrit -oi- ou -oe-. Vers la fin du moyen breton, celui-ci évolue à -oa-, sauf en dialecte vannerais et dans le sud-ouest de la Cornouaille : le brittonique ceto- donne coit ou coet en vieux puis moyen breton, ensuite coaten breton prémoderne.

- la semi-consonne w en position intervocalique voit sa prononciation se différencier ; ainsi le vieux et le moyen breton ¿«^/[awol] reste [awal] en trégorois mais devient [avel] en léonais et cornouaillais mais aussi [aal], et [aqil] en vannerais ; de même, le vieux breton nouid donne neuez en moyen breton, et de cette forme nais­ sent les variantes dialectales [newe] en Trégor, [neves] en Léon, [neve] voire [ne:] en Cornouaille et [neqe] en vannerais. - le m lénifié du vieux breton est devenu, en moyen breton, une sorte de [v] nasal qui se traduit dans

l’écriture par -ffvoire -nffet que l’on retrouve encore dans certains noms de personne tels Le Hénaff, Lintanff, Le Cunff... Ce v nasalisé, écrit nv en breton moderne, s’observe à la finale des noms verbaux, à la lre personne des verbes au présent de l’indicatif, à la finale du super­ latif, dans les finales des prépositions conjuguées aux lre et 3e personnes du singulier. Il s’est conservé sous cette forme nasalisée en trégorois et en vannerais mais, en léo­ nais, il a dans certains cas donné -n (verbes et préposi­ tions conjugués). - le th du vieux breton, qui n’a pas de correspondant dans l’alphabet du latin ou de l’ancien français, posait dès le moyen breton tardif de sérieux problèmes aux scribes qui le notaient tz. Ce phonème, que l’on retrouve toujours dans les deux autres langues issues du britto­ nique, le gallois et le comique, avait la même valeur que le th dur anglo-saxon. Mais au cours du breton prémo­ derne, il a tendance à s’adoucir et évolue peu à peu vers [z] en bas-cornouaillais et en trégorois puis un peu plus tard en léonais. Le son dur s’est conservé en haut-cornouaillais mais a évolué en [h] en vannetais.

- le d lénifié en [z] est, dans cette période de transi­ tion, la cause principale de la fragmentation de la langue en dialectes. En Léon, il finit par donner [z] et parfois aussi [h], cf. le moyen breton lazafft^ù devient [laza] ou [laha]. Dans les autres dialectes, ce [z] tombe le plus souvent ou évolue à [v], cf. le moyen breton clezeff, “épée”, que l’on entend parfois sous la forme [kleve] ou à [d], bleiz, “loup”, fait naturellement son pluriel en bleizi mais l’on a aussi [blejdi]. - sous l’effet du français, le h intervocalique puis le hinitial s’amenuisent de plus en plus au point de ne plus être aspiré de nos jours : bihan est prononcé [bi:an] par exemple. - sous l’influence du français également - cf. le mot fraise-, le [s] intervocalique tend peu à peu vers [z], le pluriel du moyen breton nos, “nuit”, passe ainsi de [nosiu] à [noziu] et, par ricochet, on commence à écrire noz au lieu de nos. Ce phénomène s’étend également au -s suivant une consonne liquide, soit dans les associa­ tions -Is (cf. fais, kouls), -ms- dans amser > amzer, sans oublier le groupe -rz en dialecte vannetais qui donne peu à peu [rh], ainsi barzva. être transcrit barhdans les noms de lieux par exemple.

Au niveau de l’écriture de la langue, il convient de signaler un changement notoire, mais qui ne sera pris en compte qu’au début du XVIIIe siècle par quelques recteurs léonards puis, trente ans plus tard, par le

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lexicographe Grégoire de Rostrenen. Jusque vers 1650, le graphème ch rendait à la fois le [x] du breton et le [J] du français. Afin d’éviter toute confusion de lecture, le père Maunoir, un jésuite originaire de haute Bretagne et néo-bretonnant, avait imaginé de séparer le cdu A par une apostrophe ; c’est donc à lui que nous devons ce ch que l’on relève pour la première fois dans un ouvrage qu’il publie en 1658, Canticou spirituel. • Le breton moderne On le fait généralement démarrer vers le milieu du XVIIe siècle. Il devient surtout une langue exclusivement orale. Le français évince le latin des actes paroissiaux ; les prêtres ne sont plus lettrés en breton dans leur grande majorité et transcrivent les noms de famille et les noms de village sous leur forme orale. Le breton, cependant, résiste à la pénétration du français, la haute Bretagne constituant comme une sorte de rempart linguistique entre les deux langues. Les emprunts au français persis­ tent, relayés en cela par l’Eglise comme en témoignent les divers ouvrages de piété rédigés dans une langue mêlée d’un grand nombre de termes français à peine bretonnisés. La langue parlée par le peuple, telle qu’on la connaît à travers divers documents, était, en fait, bien plus correcte et plus pure. Le XVIIIe siècle, dans sa pre­ mière moitié, apparaît, en Bretagne, comme le siècle des dictionnaires ; on en compte pas moins de quatre entre 1723 et 1752. La Révolution qui, sous l’impul­ sion de l’abbé Grégoire, cherche à éradiquer les autres langues de France, aura cependant recours au bilin­ guisme pour faire connaître la Constitution, les lois et décrets, les proclamations, les instructions, parfois les nouvelles. Mais la langue employée reste truffée de termes français.

Le XIXe siècle se passionnera pour les langues celtiques à travers le Barzaz Breiz, mais ce mouvement restera avant tout littéraire, même si la collecte effectuée par le comte Hersart de La Villemarqué a permis de sauver un grand nombre de chants bretons et suscité bien des vocations. C’est au cours de ce siècle également que le grammairien Le Gonidec (1775-1838) proposera une normalisation de la grammaire et de l’orthographe du breton et jettera les bases d’une langue littéraire unifiée. Voici le commentaire qu’en a fait Roparz Hémon : “Le Gonidec, dans ses dictionnaires, part du principe qu’il faut purifier le breton, ce qui dans son esprit signifie y supprimer tous les mots qui ressemblent trop à des mots du français moderne. S’il en admet quelques-uns, c’est 14

qu’il ne peut faire autrement. Les mots français qui, de jour en jour, envahissent le breton parlé sont, à son avis, non seulement inutiles, mais encore nuisibles, puisqu’ils usurpent la place de mots authentiquement bretons, qu’ils menacent de faire tomber dans l’oubli. Si l’on ne met pas une digue à cette invasion, la langue risque de prendre l’allure d’un patois français. Il faut donc élaguer sans pitié. Si le mal est déjà fait, c’est-à-dire, si le mot breton a disparu, il faut le retrouver et le remettre en cir­ culation. S’il s’agit de quelque notion ou de quelque invention moderne, plutôt que de recourir à un emprunt français, on créera un néologisme. Telle est la doctrine de Le Gonidec, telle sera celle de Troude, bien que ce dernier répugne aux néologismes... C’est la doc­ trine du purisme intégral.”

“Le caractère individualiste et le manque de forma­ tion scientifique de bon nombre d’auteurs, l’absence d’un puissant mouvement culturel et d’un enseigne­ ment de la langue ont retardé jusqu’à la fin du XIXe siècle l’adoption généralisée des principes de Le Gonidec”, tempérera Armand Keravel, l’un de ces principes étant l’usage du ¿pour rendre le phonème [k], que l’on ren­ contrait presque uniquement dans les noms de lieux (et aussi de famille) en Ker-. La fin du siècle sera marquée par les travaux des celtisants comme Émile Ernault et Joseph Loth mais aussi par la naissance d’un mou­ vement régionaliste autour d’Anatole Le Braz et de François Jaffrennou.

Il faut admettre que la production de ces lettrés ne parvient à toucher qu’une faible partie de la population rurale dont le breton est la langue quotidienne, sinon le seul moyen d’expression. Les éditions en langue bre­ tonne ne reçoivent d’ailleurs généralement qu’une dif­ fusion très limitée, quasi confidentielle. Les auteurs et les associations ne tentent pas d’effort spécial et durable pour intéresser le peuple bretonnant à la lecture d’œuvres écrites dans sa langue, encore moins pour ten­ ter une expérience quelconque d’éducation par le bre­ ton. L’école, quand elle devient obligatoire pour tous, ignore systématiquement l’usage de la langue bretonne et s’attache à faire abandonner le breton par la jeunesse. Ce n’est donc pas elle qui encouragera la vulgarisation des œuvres d’auteurs bretonnants et l’éclosion de voca­ tions d’écrivains. Pourtant, par deux voies différentes, la population rurale de basse Bretagne est mise en contact avec des textes bretons imprimés. D’une part, les publications religieuses en langue bretonne : cantiques, catéchisme, livres de piété, font l’objet de tirages sans cesse répétés.

D’autre part, les chansons bretonnes sur feuilles volantes connaissent une vogue extraordinaire. De même, le théâtre populaire continue, jusque vers les années 1860, à réunir des foules considérables, surtout en pays trégorois, pour des spectacles entièrement en langue bre­ tonne. Le niveau artistique comme la qualité de la langue employée demandent à être jugés avec indul­ gence, mais les pièces jouées n’en constituaient pas moins une nourriture intellectuelle qui faisait les délices de toute une population, faite à son goût. Le passé simple, courant en vieux et moyen breton, tend, une fois encore sous l’influence du français, à ne plus être employé dans la langue orale. Le système pro­ nominal s’est profondément modifié, sauf en vannerais où l’usage s’est perpétué. Jusque-là, on usait de l’adjec­ tif possessif placé devant le verbe comme pronom per­ sonnel complément ; dorénavant, ce sont des formes conjuguées de la préposition a, de, que l’on utilise.

• Le breton, langue contemporaine Le XXe siècle se caractérise principalement par une diminution sensible des locuteurs monolingues bretons d’une part, puis bilingues. On avance actuellement le chiffre de dix à quinze mille locuteurs par an qui dispa­ raissent. Non enseigné, le breton a été victime d’un fran­ çais promu langue unique de la République, et ce par tous les moyens, par la proscription de la vie adminis­ trative, par l’absence d’une presse quotidienne en langue bretonne, par le service militaire et l’émigration, tous deux sources forcées de francisation. Les luttes revendi­ catives menées tout au long du siècle se traduisent de nos jours par certaines avancées positives, hélas tardives. La première se situe en 1951 : la loi Deixonne autorise son enseignement à raison d’une heure par semaine, mais sur la base du volontariat des maîtres et de l’accord des parents. Encore faudrait-il que les maîtres aient été formés pour ce faire. Des initiatives privées, telle Diwan, des revendications portées par des associations ont amorcé son enseignement dans un premier temps. L’État autorisera la mise en place d’un cursus universi­ taire breton puis la création de classes bilingues. Mais il n’a toujours pas adopté de politique volontariste quant à la formation de maîtres bilingues. Au niveau de la langue, le breton, moyen de com­ munication uniquement populaire, est combattu de toutes parts et marginalisé. Par manque de mots appro­ priés, il ne peut trouver sa place dans un monde en voie d’industrialisation. François Vallée, auteur d’un

dictionnaire publié en 1931, aidé de son ancien profes­ seur Émile Ernault, tente d’en enrichir le lexique par la création de nouveaux termes ou par l’emprunt au gallois mais, “des vocables courants en sont écartés de parti pris, car ils ont tort de trop sentir le français [tels] kompren et intentpouï “comprendre”, note Roparz Hémon. “En revanche, continue-t-il, le dictionnaire pullule de mots populaires recueillis dans tous les dialectes, de mots trou­ vés dans des dictionnaires antérieurs et découverts dans des textes anciens, ainsi que de néologismes. Utilisant la faculté remarquable du breton à créer des mots com­ posés, sa grande richesse en préfixes et en suffixes, Vallée traduit par des néologismes les termes techniques, scien­ tifiques, philosophiques, etc.”

Il apparaissait donc urgent aux lettrés d’enrichir la langue bretonne si l’on voulait éviter sa marginalisation, en faire une langue capable de rendre les changements d’une société en perpétuelle évolution et d’en assurer la survie dans un monde qui s’anglicisait de plus en plus. Effort louable, certes, mais qui ne trouva d’impact que dans le monde des lettrés, le peuple continuant à puiser dans le vocabulaire français et à en bretonniser les emprunts. Pour les puristes, la langue bretonne était en voie d’appauvrissement. Deux langues semblent dès lors cohabiter, une langue populaire, batardisée, et une langue que l’on entend qualifier de “littéraire”, inconnue du peuple bretonnant de naissance. Dans la première moitié de ce XXe siècle, Roparz Hémon, lance une “école” littéraire bretonne et une revue, Gwalam, Dans son livre, Eur Breizad oc h adkavoudBreiz, il “développe son programme, un programme révolutionnaire”, selon les termes mêmes de Fanch Morvannou, pour la réappropriation du breton par une jeunesse cultivée et nationaliste. Il y déclare, entre autres, que “le breton pour nous, c’est la liberté ; le français, l’es­ clavage”, par réaction à un nationalisme français qui, depuis la Révolution, s’attachait à “consacrer au plus tôt dans une république une et indivisible l’usage unique et invariable de la langue de la liberté”. Sous sa houlette, ses disciples forgent avec acharnement un nombre impres­ sionnant de néologismes ou remettent en circuit les mots anciens oubliés pour “couvrir” les nombreux besoins de la technologie moderne. Tanguy Malmanche, dans sa préface de Salaün ar Folk pièce écrite en 1926, exprime un avis différent : “Ce n’est un secret pour personne que le breton, en tant que langue savante, souffre d’une grave anémie de vocabulaire. À ce réquisitoire, Fanch Morvannou rétorquait que “depuis, on est bien obligé de reconnaître que la langue 15

parlée par le peuple souffre d’une contamination abu­ sive par le français, au niveau du vocabulaire, à laquelle la langue écrite doit résister, puisque les termes que le peuple emprunte au français existent en breton et sont compris.” Déjà, en 1947, Roparz Hémon avait réagi à cette tentative de Tanguy Malmanche de recourir à des “termes français, même avec bonheur, même dans un but esthétique, tentative [qui] semble être de la pure excentricité et [qui] n’est pas suivie”. “On peut penser, écrivait-il, que Le Gonidec, Vallée et ses disciples sont allés trop loin. On doit reconnaître pourtant qu’ils ont choisi la bonne voie, la seule capable de relever le pres­ tige du breton, aux yeux de l’élite et du peuple, et par suite d’assurer l’avenir de la langue.”

Morvan Lebesque réagit, lui aussi, à cette polémique sur la modernisation de la langue et exprime son accord avec l’action menée par Roparz Hémon et ses disciples. Voici ce qu’il écrit aux pages 181-182 de son livre Commentpeut-on être breton au chapitre “Le réveil bre­ ton” : “L’œuvre de Roparz Hémon frappe d’étonne­ ment : Gwalam a fait du breton une langue moderne. Et sa méthode fut, une fois de plus, un pari contre le sentiment général. Jusqu’alors, les défenseurs du breton se soumettaient tous, saufVallée, au parler populaire pris pour règle intangible : d’où saveur de la langue, mais persistance du tribalisme... Gwalam prétendit au contraire qu’une langue réclamait une part de confec­ tion : il constitua une sorte de laboratoire du breton auquel travaillèrent ses auteurs. Leur premier effort se porta sur l’unification, c’est-à-dire, pratiquement, le choix entre les deux principaux parlers bretons dont les différences, d’ailleurs, n’empêchaient nullement la com­ préhension mutuelle, le KLT (Cornouaille, Léon, Trégor) et le vannerais. Ils choisirent le KLT et de là, entreprirent la modernisation de la langue. Il ne fallait à aucun prix tomber dans l’erreur du français savant : les gwalarnistes écoutèrent donc passionnément la langue populaire, mais sans révérence superstitieuse : attentif à ses trouvailles, ils ne craignirent pas de la redresser, de la recomposer, d’inventer des termes ; et ce, en telle symbiose avec son esprit que les mots leur revin­ rent, adoptés couramment. “En optant pour un breton unifié immédiatement reconnu par le parler, l’aboutissant, Gwalam en tira une langue d’usage contemporain, capable de tout exprimer grâce à ses mots composés inconnus du français, inven­ tant ses néologismes par jaillissement d’images au lieu de les chercher, comme lui, dans l’anglais ou les langues mortes.”

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Dans un texte dactylographié en breton et resté inédit, le professeur Léon Fleuriot apportait à son tour son point de vue, s’en prenant aux forgeurs de néologismes. J’en donne ici la traduction : “Quand nous étudions la situation des langues celtiques anciennes, ce n’est pas pour visiter un musée. Nous y trouvons des racines communes, identiques. D’ailleurs, dans le monde d’au­ jourd’hui, on offre des rencontres et des relations plus fréquentes et plus étroites aux jeunes des pays celtiques. “Le plus souvent, les gens se montrent surpris en remarquant combien les langues se sont éloignées de leurs racines en peu de siècles. La brèche s’est fortement ouverte, sous l’influence d’une langue majoritaire voi­ sine, l’anglais ou le français. Le manque d’enseignement, surtout en Bretagne, donna toute liberté aux forces sépa­ ratistes. Il faut reconnaître aussi que des gens pleins de bonne volonté en sont aussi responsables. Ces gens, si profond que soit leur amour pour leur langue, ont rec­ tifié, forgé, créé des mots en nombre considérable, sans tenir compte de la langue des générations précédentes. Ailleurs, quand on veut renforcer et enrichir une langue en perdition, on consulte les archives qui renferment des traces de temps plus rayonnants. L’importance des mots anciens demeure et demeurera. Ils sont communs aux langues “sœurs” ; souvent courts, ils admettent un sens large et se sont conservés dans les noms de personnes ou de lieux. Il ne faut pas “améliorer” une langue sans jeter un œil par-dessus les murs, ceux du temps présent, ceux d’une langue minoritaire, encore affaiblie si on la regarde comme une île. Quand le besoin d’un mot se fait sentir, cherchons d’abord s’il n’existe pas dans la langue ancienne, ensuite s’il n’y a rien de semblable en gallois ou en comique. “À l’heure actuelle, beaucoup de gens pratiquent bien deux ou trois langues celtiques ; il devient donc possible d’étudier sérieusement le problème, de faire honneur à l’histoire au lieu de gaspiller autant de force au problème mineur de l’orthographe, habits extérieurs de la langue. On ne peut être lâche et détaché sur l’histoire de la langue et sévère et rigoureux sur des futilités...”

La langue bretonne ressortira de ces années troubles à jamais marquée par les aspects négatifs du nationa­ lisme. L’objectif de Roparz Hémon était de créer une langue intellectuelle, que d’aucuns disent “littéraire”, et en faire le véhicule de la communication d’une élite intellectuelle. Au niveau de la langue parlée, on relève durant cette période diverses innovations :

- les diphtongues sont assez souvent réduites notam­ ment en cornouaillais ;

- le dialecte de Cornouaille se caractérise par un ren­ forcement de l’accent tonique sur la pénultième, ce qui entraîne la chute de la finale : bara, pain, s’entend bardai exemple, le -¿- qui suit le graphème ou subit la syncope (anoued, krampouezh), le mot buhez devient [by:], etc. • Le breton, quel devenir ?

Pierre-Jakez Hélias, quelques années avant sa dispari­ tion, résumait par une phrase - “Le breton, moins on le parle, plus on en parle”- le phénomène du renouveau de la matière de Bretagne. Il serait difficile de ne pas abonder dans son sens. Le siècle passé a foisonné d’écrits en tout genre, de romans, d’études variées ; il a vu se publier six dictionnaires ou lexiques ; il a aussi assisté à la naissance de trois nouvelles orthographes. L’une, baptisée surunifiée, adoptée le 8 juillet 1941, cherchait à harmoniser l’orthographe adoptée en 1907 à l’initiative d’Émile Ernault et de François Vallée, dite KLT (Kemew, Leony Tregery du nom des anciens évê­ chés où se parlaient ces dialectes), avec celle du dialecte vannetais ; fut ainsi proposée, entre autres, la notation par zh des mots graphiés avec th en vieux breton, par rà la place du o(u) cornouaillais et du «vannerais (pho­ nèmes qui s’entendaient [v] en dérivation, et par n, la finale des verbes. Force est de constater que le dialecte vannetais faisait largement les frais de cette opération.

La seconde orthographe, dite universitaire, forgée dix ans plus tard est basée sur une écriture simplifiée du bre­ ton, hors dialecte vannetais. Elle a également vécu les que­ relles des diverses composantes du Mouvement breton sur la mise en œuvre d’une orthographe interdialectale par laquelle on cherchait à inclure pleinement le dialecte vannetais, branche délaissée de la langue, et à admettre au niveau de l’écriture les emprunts au français. Par purisme, par rejet des jy et du -s- intervocalique jugés trop français, du -iv- auquel notre éducation française est peu accoutumée, cette nouvelle orthographe reste d’un emploi restreint. Comment peut-on assurer que le mot plassest breton tout en niant son origine française ?

La pratique de la langue reste fortement minoritaire malgré les nombreuses volontés à lutter contre son ago­ nie : ouverture des écoles Diwan, puis de classes bilingues sujettes d’une part aux autorisations acadé­ miques et d’autre part à un manque criant de profes­ seurs volontaires ou qualifiés, manifestations culturelles diverses cherchant à assurer sa survie ou à motiver les indifférents, inscriptions bilingues sur les panneaux rou­ tiers ou sur les édifices publics, parfois contestées de l’ex­ térieur par d’éventuels opposants ou de l’intérieur par désaccord sur les termes employés, rejet plus global d’une certaine uniformisation.

La langue enseignée aux néo-bretonnants, fortement léonisée dans sa prononciation et dans son lexique, reste pour beaucoup de mauvaise qualité. A l’unification par l’écriture de 1941, on se devait aussi d’adjoindre une prononciation unique, faisant fi de toutes les variations dialectales. La nécessité de créer une nouvelle langue s’imposait donc, de forger un “breton” compris par le plus grand nombre de lettrés et de laisser le peuple à ses dialectes. Cette pronon­ ciation arbitraire portera le nom de roazoneg suite à la pro­ position d’Alan Al Louarn (revue Arvor, n° 162, Tl février 1944), c’est-à-dire de “rennais”, du fait qu’il était diffusé, durant la Seconde Guerre mondiale, sur les ondes de Radio-Rennes-Bretagne (ou Radio-Roazon-Breizh en bre­ ton). Et c’est cette prononciation qui s’enseigne encore aujourd’hui ! Trop puriste, elle fait la part belle aux néolo­ gismes ou à des termes désuets mais rejette certains termes empruntés au français, pourtant d’un emploi vivant en bre­ ton. La syntaxe bretonne s’est fortement affaiblie ; elle est trop souvent calquée sur le français au détriment d’un bre­ ton authentique, emprunt de tournures de langue, c’est-àdire des idiotismes qui en font la richesse. Enfin, et c’est le principal reproche que l’on entend, l’accent tonique n’est plus ou presque pas marqué et l’intonation, intimement liée à l’acœntuation, a pratiquement disparu ; la musique de la phrase, trop linéaire, rappelle celle du français, l’une des rares langues à ne pas être accentuée. On entend çà et là certains s’élever contre ce qu’ils dénomment, avec tristesse, “néo-breton” ou “novlangue”, une nouvelle langue coupée de ses racines popu­ laires et qui semble être, hélas !, le devenir du breton.

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Réflexions graphiques ou arbitraires ; on ne peut pas à la fois emprunter des ANS une note dactylographiée et rédigée en breton mots et rejeter les graphèmes entrant dans la graphie de qu’il m’avait remise, le professeur Léon Fleuriot expose ses réflexions pour la sauvegarde de la langue bre­ces mots. tonne, fustige ceux qui ont “corrigé, forgé et créé un L’étude rigoureuse de l’orthographe du breton fait grand nombre de mots nouveaux sans tenir compte de apparaître l’usage de divers codes au niveau de la trans­ la parenté du breton avec d’autres langues “sœurs”, alors cription d’un même phonème, révèle l’ignorance de que cela se fait partout quand on veut conforter et enri­ phénomènes linguistiques tels la provection ou le ren­ chir une langue en péril”. forcement de la consonne douce en liaison avec une consonne sonore, encore appelé sandhi. Tout mot, dans quelque langue que ce soit, s’explique

D

par divers critères. Il a son histoire, une vie linguistique que l’on peut suivre en étudiant son évolution, une ori­ gine qui lui donne son sens initial, une prononciation, voire plusieurs, suite à dialectalisation, et enfin une gra­ phie qui lui assure une place dans le monde de l’écrit. Cette graphie ne peut se définir par la seule prononcia­ tion, en laissant pour compte les trois autres critères, aux­ quels on ajoutera un cinquième. La notation de la consonne finale d’un mot dépend, dans toutes les langues, de la prise en compte de ses dérivés. Le breton présente cette particularité de prononcer dure cette consonne en finale absolue mais douce en liaison. Ce n’est donc que par la dérivation qu’il est possible de la définir. Ne pas tenir compte de tous ces paramètres, c’est se contenter de l’à peu près, c’est conduire à diverses erreurs quelles soient étymologiques ou graphiques, c’est oublier que la linguistique est une science rigoureuse. Se dispenser de l’un ou l’autre de ces critères, c’est faire fi du génie de la langue, c’est aussi “gaspiller tant de forces aux querelles orthographiques” disait encore cette note de Léon Fleuriot. Celtique par ses origines, le breton est tributaire, par le volume de ses emprunts, tant de l’ancien français que du moyen ou du français moderne. Ce constat doit se traduire par deux types de graphie au niveau de l’écri­ ture de la langue, chacune devant prendre en compte les spécificités de la langue d’emprunt, tel les -ss-, mais dans le respect de ses propres graphèmes. L’écriture d’une langue ne peut se faire sur des critères idéologiques

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Depuis le milieu du XVe siècle, marqué par le manus­ crit du Catholicon, et jusqu’au jour d’aujourd’hui, l’or­ thographe du breton s’est profondément modifiée, non pas dans sa globalité, mais au niveau de la transcription de quelques phonèmes que nous étudierons ci-après. L’influence du léonais, jugé comme le dialecte le moins corrompu, a été prépondérante, surtout depuis les modifications graphiques de Le Gonidec. Ses proposi­ tions ont été strictement observées ou presque.

Les écrivains de dialectes cornouaillais ou trégorois s’insurgent, au début du XXe siècle, contre la prédomi­ nance du dialecte léonais. Un compromis est trouvé sous l’impulsion d’Emile Ernault et de son élève François Vallée. L’année 1908 voit la naissance du KLT, réunion de ces trois dialectes, nouvelle orthographe mise au point par Emgleo ar Skrivagnerien. Quelques change­ ments notoires sont adoptés : le suffixe -ou devient la marque du pluriel des noms à la place de -o, générale­ ment utilisé ; le -au- français, que l’on notait simple­ ment -o-, devient -ao- ; la consonne finale d’un adjectif qualificatif sera sourde mais sonore pour un substantif ; elle sera dure pour un infinitif (ainsi laboura^ givelout, redek, etc.). François Vallée assurera la diffusion de cette nouvelle orthographe par sa publication hebdomadaire Kroazar VretonecL Mais le dialecte vannerais continuera à être traité à part.

En 1941, à l’initiative de Roparz Hémon, une com­ mission rassemble des tenants du KLT et quelques écri­ vains vannerais afin d’intégrer le dialecte vannerais. Des

réunions naîtra le peurunvan ou graphie surnunifiée mais les avancées concédées au vannerais resteront faibles. La commission décide de réunir le z du KLT et le h du vannerais pour créer le nouveau graphème zh ; le v devient le symbole commun pour noter le ù van­ nerais et le v, voire o ou ou du KLT (à la place des karù, karv, karo et karou, on adopte la graphie unique karv) ; les terminaisons verbales en -a et en -i seront désormais écrites -an et -in ; enfin le pluriel des noms d’agent en -er, noté -ien en KLT et -ion en vannerais, sera fait uni­ quement en -ion. Ce dernier point, dénoncé par le grammairien Kervella en 1957, ne sera plus appliqué par le peurunvan qui reviendra à la situation antérieure.

Une nouvelle orthographe, connue sous le nom de graphie universitaire et mise au point par le chanoine Falc’hun, voit le jour en 1955 ; basée sur la transcrip­ tion phonétique de la langue, vannerais exclu, elle rejette les points d’accord de 1941, adopte le z comme seul gra­ phème du z léonais et du s doux, la diphtongue -ao- est réduite à -ô-, entre autres. De 1971 à 1974, va se réunir une commission ortho­ graphique composée des tenants des deux graphies afin de trouver un compromis. Elle tombera d’accord sur cer­ tains points, mais se séparera avant d’avoir abouti à un accord global sous le prétexte de la publication d’une méthode de breton dans une troisième orthographe. Des points n’avaient pas encore été discutés, comme le traite­ ment du -z- léonais face au [z] prononcé partout, ou le cas du [w], [v], [q]. Cette troisième graphie, qui cherchait à unifier de façon définitive les quatre dialectes et à accueillir enfin le dialecte vannerais au sein du KLT, sera connue sous le nom d’interdialectal. Chaque graphie cherchera à se légitimer par l’édition d’un dictionnaire. On verra ci-après que bien des points n ont pas été abordés au cours des discussions et qu’au­ cune graphie ne les a donc appliqués.

• Le graphème ae

Le graphème ae sert généralement à rendre le pho­ nème [e] comme dans aer, air, laezh, lait, ou maes, champ ouvert. Le père Grégoire de Rostrenen, dans son Dictionnairefrançois-celtique oufrançois-breton en 1732, et Cillart de Kerampoul, dans son dictionnaire du dia­ lecte de Vannes en 1744, usaient du graphème æ pour noter ce phonème, plus en rapport avec la prononcia­ tion. En dialecte léonais, suite à métathèse, il devient [ea]. Présent en vieux breton, il perdure au niveau du moyen breton mais devient peu à peu -e- et ne sera

réutilisé qu’à partir de la première partie du XXe siècle et repris en 1975 par l’interdialectal. Jehan Lagadeuc, le père Grégoire de Rostrenen et Cillart de Kerampoul uti­ liseront également ce graphème, mais le plus souvent pour transcrire le è ou le -ai- d’emprunts au français. Cet usage n’a pas perduré. • Le graphème àe de l’interdialectal

Le peurunvan le note ae comme le précédent mais son origine en est différente. Il procède d’un ancien -atdu vieux breton, évolué à -ad- en vieux breton tardif, puis à -azr en moyen breton et aezen moyen breton tar­ dif, et enfin aeen breton prémoderne. Ce graphème est prononcé [ae] mais aussi [è:] ou même [a] : le vieux bre­ ton cadr, beau, donne cazren moyen breton puis caezr en breton prémoderne avant d’aboutir au moderne kàer ; làer, voleur, est issu du latin latronem. Pour rendre la différence de prononciation au niveau des dialectes, la graphie interdialectale propose de surmonter le -ad’un accent grave. Par contre, aucun code graphique ne vient différencier les formes orales de laezh, lait, de lahez,, haut ; monticule.

Le premier se prononce généralement [le:z-s] mais [leaz-s] en Léon et [leh-z] en dialecte vannerais, paral­ lèlement à d’autres prononciations moins répandues. Le second se dit [lae], mais [laez-s] en Léon, [laj] en basse Cornouaille, [le:] en Trégor et une partie de la Cornouaille et enfin [Iqe] en Vannetais. Si le premier procède d’un emprunt au latin lactù, le second est issu du vieux breton tardif laguet. Bien que transcrit lahez en moyen breton, ce terme laguet, legued représente, en fait, un terme * lehwed [lehweô] qui, selon Léon Fleuriot, “expliquerait bien le léonais lahez, le cornouaillais laé ex. le vannetais lehue. Une graphie moderne lahez serait par suite plus judicieuse ; au point de vue interdialectal, elle reste cependant incorrecte car elle ne prend pas en compte la prononciation vannetaise. Il fau­ drait donc au niveau de l’écriture tenir compte des ori­ gines diverses des mots, et non pas se tenir à la prononciation d’un seul dialecte. • La diphtongue ao

Cette diphtongue provient de la vocalisation d’un / ou d’un z/dans les groupes -al-ex -av-a\i niveau de mots comme aod, d’un ancien *alt, ou taolissu du latin tabula par *tabla et *tavL On note cette diphtongue au niveau de mots en -aon comme naon, daoned, staon, etc., lorsque ces mots sont issus d’un ancien -amn, pour 19

éviter une graphie * anvn suite à la lénition du -w- en -v- nasalisé. On la relève également dans certains mots comme traon pour graphier la nasalisation d’un [w], le breton n’ayant pas créé de graphème spécial pour trans­ crire ce phonème. Elle a parfois été étendue à tort à des mots d’origine française comme fraost, eu égard à la forme fraust du breton prémoderne, tout en mécon­ naissant l’origine du mot qui est frosten ancien français. Nous avons tenu compte de son étymologie pour reve­ nir à une graphie frost.

• La spirante vélaire [x] ou [h] Jusqu’au XVIIe siècle, on ne faisait pas du tout la dif­ férence graphique entre le ch celtique et le ch français. Le bénédictin Dom Le Pelletier usait de l’expression “par ch françois” pour prévenir de la prononciation du mot emprunté au français. C’est en 1646, dans un recueil de cantiques, que le père Maunoir proposa de placer une apostrophe entre les deux consonnes, soit ch, afin de lever toute ambiguïté. Cette réforme orthographique, associée à l’abandon des archaïsmes au niveau des dési­ nences infinitives des verbes et à la notation des muta­ tions consonantiques, marque la naissance du breton prémoderne. L’emploi de ce ch apparaît dans quelques actes paroissiaux du Léon dès le début du XVIIIe siècle ; si Dom Le Pelletier ne l’applique pas, le père Grégoire de Rostrenen en usera dès 1732 et contribuera donc à l’officialiser.

• Participe passé (ou adjectif verbal) en -erou en -edï En breton, le participe passé d’un verbe se forme en ajoutant à la racine de ce verbe un seul et unique suffixe noté invariablement -et par les trois graphies en usage (interdialectale, surunifiée, universitaire) : ainsi sur le verbe kanan, chanter, se forme le participe passé kanet, chanté. Aucune ne tient compte d’une possible dériva­ tion. Les noms de personne issus d’un participe passé font leur pluriel en [-edu], [-edow] par exemple. De plus, lorsque ce participe passé est substantivé, il fait son pluriel en -idi ; c’est le cas de berrweled, myope, daoned, damné, dibabed, sélectionné, diskrouged, personne sans foi ni loi, etc. Lorsque l’on veut lui donner un sens res­ trictif, “un peu”, le breton ajoute le suffixe -z^au suffixe, soit -edig\ kousket, endormi, mais kouskedig, (un peu) endormi ; losket, brûlé, mais loskedig, légèrement brûlé, etc. Ces faits de langue m’amènent à reconsidérer cette marque graphique et à rechercher l’étymologie ou les dérivés formés sur ce suffixe. Qu’en était-il en vieux

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breton ? “Il semblerait que la terminaison -fi exprimait réellement la notion de passé” et que ses dérivés en -atoe (du brittonique *-atowyo ?) et en -etic (du brittonique *-atikos) aient servi à former l’un des adjectifs verbaux et l’autre des participes présents ou des participes pas­ sés”, observait Léon Fleuriot dans sa Grammaire du vieux breton. Au suffixe -atoe correspondrait en breton moderne -adou, que l’on relève dans le nom de lieu Lesinadou en Plomeur (29), formé de les, cour seigneu­ riale, et du nom ancien lunatoe dérivé de iun, désir, au sens de “désiré”. Ce suffixe est, par contre, toujours usité en gallois sous la forme moderne -adwy (ex. ofnadwy, terrible, de ofn, peur). Le second, -etic, qui a évolué en -edigen gallois et en breton ou -idigyaï contamination, reste d’un emploi plus courant. On le relève dans des mots comme berwidig, ardent, exalté, de berwin, bouillir, bewidig, viable, de bewan, vivre, genidig, natif de genel, naître, karedig, cher, aimant, de karoud, aimer, loskidig, brûlant, du vieux breton loscitic, brûlé, etc. La valeur de participe passé semblait plus nette en vieux breton. Noter la terminaison des participes passés en -ed tiendrait à la fois compte de l’étymologie, de l’em­ ploi et de la prononciation de ce suffixe. • Le groupe consonantique gw-

En vieux breton, il apparaît régulièrement noté -uuou simplement -u- ; à partir du Xe siècle, un g- se déve­ loppe à l’initiale, et l’on écrit désormais gu- devant un -e ou un -i ; cette évolution affectera même le -uu- en position interne et l’on relèvera des graphies comme z/fgwfzpour neuez, et même Tudgualaxi lieu de Tudual, erreur qui sera à l’origine du prénom Tugdual suite à l’inversion des consonnes det g. Les mots en ua- et uodu vieux breton deviendront goa et guo- en moyen bre­ ton et breton prémoderne. C’est à Le Gonidec qu’on doit l’adoption du giv- devant les voyelles a, e et i, mais pas devant o du fait que le groupe guo- avait évolué en [gwa-] en dialecte léonais et en go- en dialecte vannerais. Cette évolution s’est traduite par l’adoption de doublets au niveau de givalch et golch, lavage, alors qu’un mot gbvolch conviendrait mieux.

• Le graphème i Ce graphème note les phonèmes [i] et [j] à l’initiale des suffixes comme -ian, -iadur, -ion, -iow {-ioù, en, dans les trois graphies en usage), etc., mais aussi à l’initiale de mots empruntés comme iod Pour les autres mots, l’ini­ tiale est notée par le graphème y et conservée lorsque ce

mot sert à former un composé comme dans bazhyewan, subjuguer ; soumettre. Le suffixe -iezh et le mot yezh, langue, présentent ainsi la même prononciation [jez-s] ! Le gallois n’use que du i et le comique du y. Est-ce la perspective de graphies comme heulyadur, prolonge­ ment, ou delyenn, etc., qui a amené les commissions lin­ guistiques passées à rejeter l’application de la règle du [j], soit l’usage du y dans le corps des mots dérivés ? On notera que le père Grégoire emploie régulièrement le y pour transcrire le phonème [j], ainsi, bloazyad, année, reolyou, règles, toëryon, couvreurs, etc., même si le y lui sert à “terminer les substantifs en z”, selon ses propres termes. • Le graphème 7 Il est issu en breton soit d’emprunts au français comme jardin, jentU, joentr, etc., mais aussi de la roma­ nisation du groupe -di- dans des mots comme kejan, d’un ancien *cediafj, stlejan de stlediaff, etc. La langue populaire a fait évoluer, à partir du XVIIIe siècle, le groupe -doù dans les pluriels des noms terminés en -ad comme prad, ou dans les dérivés en -(ï)ades -joù, mais aussi au niveau de lardez devenu larjez. Ce sont ces formes qui sont malgré tout enseignées aux néo-bretonnants ; on ne peut à la fois exiger l’emploi de mots “bien bretons” et libéraliser cet emploi. On assiste à un appauvrisse­ ment de la langue par le recours à tous ces -joù (et ces -chou) perceptibles au sein des phrases dans une conver­ sation en breton.

• La mouillure du -/ après un -i

Les mots présentant cette mouillure sont essentielle­ ment issus d’emprunts au français, mais quelques mots d’origine celtique ont également subi ce phénomène. Celui-ci s’est même étendu à des emprunts terminés en -al, peut-être par analogie avec le suffixe -ailh issu du français -ail, aille. Noté régulièrement -ill, comme en français, dans les écrits des XVIe et XVIIe siècles, il devient -ilh sous la plume du père Grégoire. Ce nouveau gra­ phème n est cependant pas repris par Le Gonidec, qui se contente d’un simple -/ suivi de la mention “L mouillé” entre parenthèses, ni par son disciple le colo­ nel Troude, qui reprend cependant le -ill mais avec la mention “/mouillées”. C’est Émile Ernault qui, en 1927, reprendra à son compte la proposition du père Grégoire. François Vallée, son élève, l’appliquera dans la rédaction de son Grand dictionnaire français breton, repris ensuite par le peurunvan et l’interdialectal.

• Le phonème [k]

Noté c (ou k devant -e ou -z) en vieux breton et dans le Catholicon, il se graphie qu- devant les voyelles -e et -z dans le Nomenclátores 1633 et dans le dictionnaire de Dom Le Pelletier. Le père Grégoire innove avec q à l’ini­ tiale et -cq en finale, n’usant du c qu’au niveau de groupes consonan tiques comme ic-et du ¿que très rare­ ment. C’est à Le Gonidec que l’on doit l’adoption du graphème unique k pour rendre ce phonème.

• La notation -mm

En breton, le redoublement d’une consonne liquide, / dans pell, loin, par exemple, m dans mamm, mère, n dans nann, non, et rdans berr, court, atteste de la quan­ tité de la voyelle précédente et signale quelle est brève, alors quelle est longue dans pal, pelle ; but, dans tan, feu, et dans ber, coulant ; égout. Dans chom, habiter, rester, la voyelle reste brève, de même que dans prim, prime, précoce. L’examen systématique de tous les mots termi­ nés par -m ou -mm montre que la voyelle précédente reste toujours brève et ouverte ; il n’y a donc aucune rai­ son de redoubler après a et u (exemple, stumm, forme) et pas après e, i et o. Et pourtant on relève les homo­ phones bam, enchantement, et bamm, sillon, bien qu’ils soient homonymes. Je n’ai cependant pas appliqué cette observation au niveau des graphies en usage.

• Les suffixes verbaux Contrairement au français et à l’anglais, les langues brittoniques présentent une variété de suffixes qui peu­ vent s’ajouter au radical d’un même verbe. Issus du vieux breton, -am, -im et -om ont évolué respectivement en -aff -iffen moyen breton - il n’y a pas d’attestation d’un suffixe * -ojfen moyen breton. Dans son Sacré Collège deJésus, le père Maunoir rompt avec l’archaïsme des graphies, car on ne prononçait plus que -a ou -z en finale, du moins hors de l’aire vannetaise. Au XVIIIe siècle, le père Grégoire offre, pour chaque verbe, un éventail des diverses variantes infinitives, soit -a {-an pour le trégorois), -z (mais -eiñ pour le vannerais) et parfois -o. Les deux dictionnaires vannerais du XVIIIe siècle montrent que la principale désinence est -iñ et la notent -ein. La réforme orthographique de 1941, dans un souci d’ou­ verture aux autres dialectes que le léonais ou le cornouaillais, adopte le -ñ pour les désinences -añ {-afen gallois) et -iñ, mais continue d’ignorer le suffixe -o du sous-dialecte haut-cornouaillais. Celle-ci, très présente en gallois, surtout au niveau des emprunts à l’anglais tels

licio, aimer, de (to) like, drivio, conduire, de (to) drive, n’est reconnue qu’au niveau du Geriadur ar brezhoneg a-vremañ, soit seulement en 1992 ! Le peurunvan tend à ramener au seul suffixe -an tous les infinitifs, mais ceux d’origine vannetaise présentent communément la dési­ nence -iñ. Les verbes de perception se suffixaient en -et en moyen breton ; le peurunvan s’est basé sur quelques exemples anciens pour le généraliser à -oud, peut-être pour différencier l’infinitif de son participe passé.

• La transcription du moyen breton *-ol

Ce groupe subit dès le moyen breton précoce la voca­ lisation du -/- en -u- [w], ce que Jehan Lagadeuc va tra­ duire par -ou- dans un mot comme moût, mouton, le Nomenclátor par maout, et Chalons par meut. Dans le cas du groupe -al, on relève l’évolution -au jusqu’à l’adoption en breton moderne de -ao ; appliqué à on aurait *-oo en ce cas, soit *moot. C’est encore une fois la prononciation léonaise qui obtient gain de cause avec maout, saout, vaches. Le vannerais écrit cependant poùtr, poudre, emprunté à l’ancien français poldre. Généralisée, cette graphie supposerait moût ex soût. • La notation des phonèmes [ow], [aw], [u], [o] et [aq]

Il n’existait en vieux breton qu’une seule notation, c’est-à-dire ou [ow], encore présente au XVIe siècle dans le Catholicon par exemple, que ce soit en position interne ou comme suffixe pluriel. En Léon, il a peu à peu évo­ lué à [aw], phonème que le Nomenclátor (1633) graphiera -aou, mais en [u] en finale ; en Cornouaille, le son [ow] se maintient, donnant parfois [u] ou [o] en finale ; mais en Vannerais, dans les deux dictionnaires du XVIIIe siècle, on ne relève que la forme -eu- dans l’un et l’autre cas. Le père Grégoire traduira ces évolutions, au niveau du français “deux” par daou, dou et deü. L’adoption de la forme léonaise par les quatre dialectes a marginalisé les autres prononciations et l’on n’entend plus que [aw], voire [au] chez la grande majorité des néo-bretonnants ! Le retour à une graphie unitaire ow serait le garant des diverses prononciations tant au niveau des mots racines que de leurs dérivations. Un mot comme park, champ, fait son pluriel en parkoùqui, lui-même, à un pluriel parkeier, graphies qui ne per­ mettent pas de comprendre la formation et la valeur de ces deux pluriels, ni de rendre la prononciation vanne­ taise plus conforme. L’adoption de ow comme suffixe pluriel faciliterait l’usage des divers graphèmes ainsi que la compréhension du passage de parkow à parkowier, 22

celui-ci apparaissant bien comme le pluriel second du premier.

Ce phonème [ow] répond au comique -owex au gal­ lois -au ; ainsi au breton daou, correspondent le cornique dowet le gallois dau. L’usage de -ow rapprocherait le breton de ses langues sœurs. • Le graphème s

Placé à l’initiale, il procède d’emprunts au latin ou au français lorsqu’il précède une voyelle, le s- brittonique ayant évolué à h- (ainsi sen donne hen dès le vieux bre­ ton) ; cependant ce s- s’est maintenu dans les groupes consonantiques comme sk-, stl- et str-.

En position interne ou en finale, ce -s procède d’un ancien -s brittonique et se prononce [-s] en finale mais [-z-] en composition. Sous l’influence du français, une nouvelle lénition s’est produite en breton à partir du XVe siècle et a affecté, entre autres, le -s- intervocalique, mais ceci n’est perceptible qu’au niveau de la pronon­ ciation quel que soit le dialecte. Le gallois, autre branche du brittonique, n’a pas connu cette évolution. Pour un breton non léonisé et une meilleure compréhension dia­ lectale, il conviendrait de garder ce -s brittonique que ce soit en finale ou en composition : ainsi écrire nos, nuit (gallois nos, vieux breton nos) et donc fest-nos, dres, ronce (gallois drys, vieux breton dris) et par suite dreseg, ronce­ raie, maes, champ ouvert, campagne (gallois maes, vieux breton maes, plaine, campagne), etc. Le féminin se forme en ajoutant le suffixe -ez ou -es suivant ces mêmes gra­ phies ; cette marque procède d’un brittonique -issa, par le vieux breton -is, -es. La graphie moderne -es que pré­ conise la graphie interdialectale se justifie donc.

Toujours en position interne, il conserve la pronon­ ciation [s] après une consonne autre que les liquides et tend à [z] dès le XVIIIe siècle après les liquides. Les trois graphies ont adopté le -z après une liquide car la pro­ nonciation ne varie pas d’un dialecte à l’autre. Deux codes sont alors appliqués par l’interdialectal, le -s- pour noter le phonème [z] entre voyelles et le -z- après une liquide (koulz, cours ; amzer, temps ; gwerz, com­ plainte) ; l’usage d’un seul code, -s- en l’occurrence, suf­ firait, eu égard à l’origine des mots et à leur parenté avec les autres langues brittoniques, en posant que placé entre voyelles ou précédé d’une liquide, le -s-s’adoucit en [z]. En position finale, ce -s peut procéder du latin par le vieux breton : ainsi -x latin donne -s en vieux breton, c’est le cas de ¿rzzxqui évolue à croes, croix, en vieux bre­ ton, de faix, faux, faucille, à fais, faucille, en moyen

breton, de Saxo à Saus, Anglais, etc. Ces exemples mili­ tent pour l’usage de -5 et non de -z.

- elle est -v- en graphie unifiée dans levr, sav, glav, nevez mais -o- dans taol ;

• -5- OU

- elle est -o- dans taol, -v- dans levr et sav et -w- dans glaw et dans newez en graphie interdialectale.

-SS-

C’est à Le Gonidec que l’on doit l’abandon de -sspour noter les mots empruntés au français, mais aussi les mots issus par dérivation ou composition. Jusque-là, les précédents lexicographes en avaient fait usage ou avaient cherché à traduire au mieux ce nouveau phonème inconnu du breton par des associations consonantiques comme -ce, -çc, -cç, -çz. Il attribuait donc au s une valeur [s] constante quelle que soit sa place dans le mot, et pour noter le s doux, il adoptait le z sans faire de distinction entre le z léonais de gwez par exemple et ce s doux. Si la graphie interdialectale respecte l’emprunt - le pho­ nème [s] y suit toujours une voyelle brève -, les graphies suru­ nifiée et universitaire réfutent le graphème français -ss-. Ainsi voisinent, par exemple, klass et klas, tass et tas et leurs dérivés plassenn et plasenn, tassad et tasad sous prétexte que ce graphème n’est pas breton. Mais est-il uniquement français ? Et les mots, même bretonnisés, n’en restent pas moins des emprunts au français ! Les graphies glas, bleu ; vert, et eglas, sa classe, ne tiennent pas compte de la quan­ tité de la voyelle a. Bien qu’ayant la même graphie, les deux termes glas n’ont pas la même prononciation, le pre­ mier d’origine celtique, dit [gla:s], diffère du second d’ori­ gine française, classe, et prononcé [glas]. Le respect de l’origine linguistique de chacun des deux mots passe par celui de leur graphie. Accepter ces -ss-, ce n’est point déro­ ger à l’esprit de la langue d’une part, et reconnaître l’ori­ gine du mot, d’autre part.

Le redoublement du -r-se retrouve, toujours dans la gra­ phie interdialectale, dans des termes d’origine celtique, tel alesse. Nous verrons ci-dessous que celui-ci est un composé de a-lech-se ; bien que la spirante vélaire ait chuté, la pro­ nonciation [-s-] par s dur s’est maintenue. On note encore -ss- dans le comparatif de supériorité des qualificatifs, tel ¿nzvqui devient brassoch après adjonction du suffixe -och. Ce suffixe est dit “renforçant” ou “durcissant” car il vient renforcer la finale des qualificatifs terminés par une consonne douce comme b, d, g ou [¿| en p, t, k ou [r].

• La notation du phonème [w] Cette notation varie selon les écritures en usage :

- elle est -o- en graphie universitaire dans taol, table, leor, livre, sao, montant, debout,..., glao, pluie, mais -vdans nevez, neuf, nouveau ;

Mais toutes trois s’accordent pour écrire -w- dans le groupe consonantique gw- à l’initiale.

Plutôt que d’entrer dans une vaine querelle ortho­ graphique, observons l’origine étymologique de chacun des mots proposés en exemple. - taol résulte d’un emprunt au latin tabula après contraction en *tabla : le -o- provient ici d’un -b- lénifié et c’est, par convention, que l’on écrit taolau lieu de *tavL - leor ou levr procède également d’un emprunt au latin, liber ; -v- note ici un -b- lénifié. La graphie uni­ versitaire applique la même convention graphique alors que les deux autres suivent la règle linguistique.

- sao et sav, d’origine celtique, est issu du vieux bre­ ton sab par lénition du -b final. - ^ao-> glaw, également d’origine celtique, pro­ cède d’un brittonique *glawo (cf. le vieux comique glati). - nevez, newez, d’origine celtique, est issu du vieux breton nouuid dérivé du brittonique *nowiyo, mainte­ nant.

Le phonème [w] a donc deux origines différentes, ou il procède d’un b lénifié qu’il soit brittonique ou latin, ou il est issu d’un w brittonique. Il correspond cepen­ dant à une prononciation standard. Ce qui nous amène à examiner son traitement au niveau dialectal. En position initiale, après lénition du groupe conso­ nantique gw- en w-, il est généralement prononcé [w] en trégorois, [v] en cornouaillais et en léonais et [q] en vannerais, soit trois phonèmes pour un même gra­ phème. Ainsi le terme gwem, marais, se dit respective­ ment [wewn], [venn] et [qeim] après l’article ar\ arwem. En position interne, le phonème [w] dans [lewr] n’ap­ paraît qu’en léonais et dans [lewor] dans une partie de la Cornouaille, au niveau du Poher, face à la pronon­ ciation [levr] plus courante, mais [laqr] en vannerais et [lerv-f] en trégorois. Ce traitement diffère quelque peu de l’exemple précédent.

Observons maintenant l’exemple de avel, awel, vent, substantif qui s’entend [’awel] en trégorois, [a:vel] en léonais, [’a:vel] et parfois [ael] en cornouaillais et [aqel] en vannerais.

On retrouve également ce phonème dans la pro­ nonciation de termes notés gur- et gui- en vieux breton, 23

gro- et glo- en moyen breton. Les trois graphies s’accor­ dent pour une notation moderne de gwr- pour le pre­ mier groupe, mais different pour le second, glo- pour les deux premières et gwl- pour l’interdialectale. On remar­ quera que ce second groupe se dit [gwl-], [glw-], [glq-] ou encore [gl-] par réduction de la diphtongue suivant les dialectes et sous-dialectes.

En position de finale absolue, trois cas sont à consi­ dérer : - en composition avec a dans le groupe -ao, -av, -aw qui se prononce généralement [aw] mais [aq] en vannetais ou [o:] dans l’est de la Cornouaille ; - en composition avec e dans le groupe -eo, -ev, -ew que l’on entend [ew] en trégorois et en haut-cornouaillais, [eq] en vannerais ou [e] en léonais et en bascornouaillais, d’où certains termes transcrits -e en finale absolue malgré leur dérivation en [ev-], tel Kerne, Cornouaille, qui admet pour dérivé Kernevad, Cornouaillais ;

- après une consonne comme r-, dans karo, karv, karw, cerf, prononcé ['karw], [karq] en vannetais, [karv-f] et [’ka:ro] ou comme z- dans mezw, ivre, [mew] en cornouaillais et trégorois, [mezw], [meho] en léonais, [meq] et [mjaq] en vannetais, etc. Examinons maintenant la transcription de ce pho­ nème dans d’autres langues et prenons l’exemple du qualificatif nevez, newez : issu du brittonique *nowiyo, il procède du vieux breton nouuid puis de neuued au XIe siècle, le -uu- valant -w-, Lui correspondent le gallois newydd et le comique noweth. La comparaison avec le latin novus, l’ancien haut allemand niwi, l’anglais new, etc, dénonce un phonème [w] commun à toutes les langues et, par suite, il serait mieux venu d’écrire newez que nevez. Un second exemple, karo, karv, karw, qui a pour correspondants le gallois carwct le comique carow issu du vieux comique caruu glosant ceruus (latin cervus), tous procédant d’un celtique *karuo-s. En conclusion, la comparaison avec d’autres langues, l’étymologie des termes et leur prononciation dialectale montrent qu’il faut user du graphème v lorsqu’il pro­ cède d’un b lénifié, mais du graphème w lorsqu’il répond aux graphèmes brittonique -u- ou latin -v- et aux phonèmes [w], [v], [q] selon les dialectes trégorois, cornouaillais et léonais, et vannetais respectivement. La codification par le seul -v- en position interne et -o-, ~v- ou rien en finale ne tient donc pas compte de l’éty­ mologie des mots ni de leurs diverses prononciations dialectales.

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• L’origine du -z

Graphème non celtique, le z résulte uniquement de la lénition d’un ancien -¿/brittonique, soit par mutation consonantique, soit par évolution. Il correspond en fait à un [à] qui s’adoucit peu à peu, sous l’influence du français, à [z] ; ce ¿/adouci est noté -dh- en comique et -dd- en gallois. Il faut donc écrire -z dans des termes comme menezàe, monid, newezde nouuid gwezàe guid, etc., et donc dans leurs dérivés. Ce -z n’est prononcé qu’en Léon. Ce -¿/brittonique a, de même, évolué à [z] lorsqu’il suit une consonne liquide, tel bard- qui donne barz. La notation par -zh dans ce cas est en contradic­ tion avec l’origine du mot. Comme nous l’avons vu plus haut, les consonnes liquides jouent le même rôle que les voyelles lorsqu’elles sont associées à un -s ou à un -z. La chute du -z-, que ce soit en position intervocalique ou en finale absolue, entraîne en Cornouaille et en Vannetais une aspiration plus ou moins forte entre voyelles. “Les évolutions phonétiques qui se sont pro­ duites depuis la fin du moyen breton [...] ont donné les innombrables divergences entre dialectes [...]. Ces évolutions phonétiques ont contribué à donner à un même mot des évolutions différentes, des “réalisations” qui vont jusqu’à faire perdre conscience de l’origine des formes”, observait Léon Fleuriot.

Certains mots, compte tenu de leur évolution orale, posent des problèmes graphiques. Faut-il écrire anezan et anehan ou seulement anezhan, le, anciennement “de lui”, anezitt anehiow anezhi, la, anciennement “d’elle”, anezo et aneho ou anezho, les, anciennement “d’eux, d’elles”, dezan et dehan ou dezhan, à lui, dezi et dehi ou dezhi, à elle, deze et dehe, à eux, à elles, kuzad et kuhad ou kuzhad cacher, lazan et lahan ou lazhan, tuer ? L’évolution du -d- vieux breton “à partir de la période de transition entre le moyen breton et le breton moderne fut encore plus lourde de conséquences sur la fragmentation dialectale, car il se rencontrait dans de nombreux mots où les traitements sont variés. En Léon, ce -d- semble au cours du XVIIIe siècle s’être confondu avec /th/... Il a fini par donner [z] comme l’ancien /th/ et parfois aussi /h/ comme lui”. L’examen des cartes de I’y4r4w linguistique de basse Bretagne montre que les formes en -z- restent fortement minoritaires et se loca­ lisent presque uniquement dans la région de Saint-Polde-Léon et aux îles de Molène et Ouessant. Examinons maintenant l’évolution de ces divers mots :

- dezan/dehan - dezhan : ce terme n’apparaît qu’en moyen breton sous la forme dezaff-, le vieux breton

avait dudo, voire dudo em contracté en dudom. Si dudo a évolué en dezo en moyen breton, forme qui a entiè­ rement disparu du breton moderne, dudom est à l’ori­ gine de la variante vannetaise et haute-cornouaillaise dehon par un moyen breton *dezoff. La carte 108 de ïAtlas laisse apparaître de nombreuses variantes de pro­ nonciation, avec seulement deux points pour la forme dezan et deux pour la variante dénasalisée deza. Dans le reste du Léon, le Trégor et à l’extrême ouest de la Cornouaille, le -z- intervocalique s’est effacé. On notera aussi que cette forme et sa variante restent très minori­ taires face à dehon et ses variantes. Proposer une gra­ phie unique dezhan sous prétexte de jumeler les prononciations dezan et dehan ne tient aucun compte de l’étymologie du mot et de son évolution ; elle vient en outre privilégier, au détriment de dehon, un terme d’emploi moins fréquent. Noter -zh- équivaut à remon­ ter à un vieux breton *duthon !

cuddio et le comique cudha. Il se prononce [’ky:zed-t] ou [’ky:ze:d-t] en Léon, [’kyad-t] en basse Cornouaille, [ky:d-t] en haute Cornouaille, [’ky:ved-t] en Poher, où l’on note l’apparition d’un -v- intervocalique, [cyhad-t] et Lfyhep] en bas vannerais. La forme kuzhat avec -zhn’est donc pas étymologique comme l’atteste le radical vieux breton -cud-. Pour les mêmes raisons que cidessus, une forme étymologique kuzad suffirait.

- dezi ou dezhi : ce terme procède du vieux breton dedi par le moyen dezi, dizy. La carte 108 de l’>4i4w nous amène aux mêmes conclusions.

L’exposé de ces quelques cas montre que, hors Léon, le z subit l’aspiration intervocalique et l’acceptation de ce phénomène linguistique ne justifie pas le recours à des doublets en -h- ou à une forme de synthèse en -zhdont l’origine est tout autre. Cette aspiration s’est éga­ lement faite après une liquide en dialecte vannerais : le vieux breton *Zwz/donne barzen moyen breton, forme qui se maintient en KLT mais qui évolue à barhen van­ nerais. Là aussi une graphie commune barzh méconnaît l’origine du mot et son évolution linguistique : barz se suffit à lui-même, tout en sachant que ce -z subit l’as­ piration en dialecte vannerais.

- dezo, deho ou dezho : le vieux breton dudo évolue en dezo et deze en moyen breton. La carte 110 de ГAtlas donne dezo en deux points uniquement mais [dœzœ] aux deux autres points précités avec prédominance de deho en Léon et de deo en six points de l’ouest de la Cornouaille. Ce qui atteste d’une faible fréquence en regard de la forme dehe et de ses variantes. En propo­ sant une forme unique dezho, on semble s’en tenir à des prononciations fort minoritaires ; il serait préférable de privilégier la forme deze qui peut se réduire à /dè/ ou évoluer à dehe par aspiration intervocalique. - anezan, anehan ou anezhan ; anezi, anehi ou anezhi ; anezo, aneho ou anezho ou aneze, anehe. “A par­ tir de 1750 et surtout de 1800 se développe en KLT un nouveau système de pronoms compléments. Des formes conjuguées de a, de, placées après le verbe, rem­ placent peu à peu les pronoms infixes placés avant le verbe. L’ancien système résiste mieux en Léon et sur­ tout en [pays de] Vannes. Ces formes procèdent du moyen breton anezaff, de lui, *anezi, d’elle, aneze et anezo, d’eux, d’elles. Pour les mêmes raisons que ci-des­ sus, il convient de privilégier les formes en -z- bien que très minoritaires, mais étymologiques, plutôt que d’avoir recours à des formes de synthèse forgées arbi­ trairement en -zh-. - kuzad, ou kuzhat, cacher : ce verbe qui procède du moyen breton cuzaffa pour correspondants le gallois

- lazan ou lazhan, tuer : ce verbe est issu du vieux bre­ ton ladam par le moyen lazaff. L’examen de la carte 422 de montre une prononciation [’la:za] avec variantes [’la:a] ou [’la:] très minoritaire, avec le doublet lazo [’la:o] sud et centre-cornouaillais, face au trégorois [’la:hâ], à [’la:ha] ou [’la:xa], au vannerais [lahep] et [laho]. Le radical vieux breton lad- évolue en laz- en moyen breton par lénition. Une forme lazhan reste de fabrication artificielle ; force est donc d’user de lazan et des variantes lazo et lazin.

• L’origine du zh

Le th du vieux breton procède de l’évolution de groupes consonantiques issus du brittonique ou du latin, comme -ce-, -pp-, -tt- d’une part, de -et-, -cp-, -ptet -rt- d’autre part. En moyen breton le -th-, dur à l’ori­ gine, tend à s’adoucir et est noté par z : le latin portas donne porth en vieux breton et porz en moyen breton. A partir du XVIe siècle, et suite à dialectalisation, ce pho­ nème continue son évolution ; en Léon, il s’adoucit de plus en plus et l’on recourt au groupe -tz pour rendre ce nouveau son, tandis qu’en vannerais le z tend vers l’aspiration et devient h et qu’en haute Cornouaille, il conserve sa valeur primitive, soit [0]. Dans un souci de rapprochement des quatre dialectes, la commission orthographique de 1941 s’ouvre au vannerais en pro­ posant de réunir dans un même graphème le zdu KLT et le h du vannerais.

• Considérations orthographiques

Eo ou ew ? Ce mot note la forme du verbe bezan, être, (bouden dialecte vannerais) à la troisième personne du singulier de l’indicatif présent. Il s’emploie dans une phrase bâtie sur la structure attribut* eo + sujet. C’est la forme eo, est, qui est régulièrement utilisée par les trois graphies du breton contemporain bien que la prononciation [ew] soit très minoritaire par rapport à [e] ou [e], ce qui amène à reconsidérer la graphie de ce verbe.

Noté eu en vieux breton dans le membre de phrase ud eu dedm, il devait se dire /ew/ alors que son doublet iu se disait lui /iw/, doublet que l’on retrouve en gallois moderne sous la forme yw et en comique sous yu. Les manuscrits anciens, tout comme Jehan Lagadeuc dans son Catholicon, l’écrivent de façon générale eu, parfois eou voire eff, toutes trois orientant vers une graphie commune ew, alors que eo nous en éloigne. Cette forme verbale qui procède d’un plus ancien ou, devrait donc s’écrire ew, plus conforme aux différentes prononciations. Ketoxi ked? Les graphies interdialectale et surunifiée usent de la première forme, la seconde étant utilisée par la graphie universitaire. Ce terme entre dans la formation de la négation ne... kettked L’examen des phrases négatives en vieux breton ne laisse aucunement apparaître ce terme. Il semblerait donc qu’il soit apparu à la fin de la période du moyen breton, dit breton prémoderne. Les exemples donnés par Roparz Hémon se situent au plus tôt au XVIe siècle, avec les sens de “pas, point, aucune­ ment” et aussi “certes, complètement, de toute façon”, mais ce terme est mentionné dès la seconde moitié du XVe siècle avec le sens de point. Trop tardifs, ces exemples n’apportent aucune lumière sur l’étymologie de ce terme.

Le vieux breton présentait deux termes cet. Le pre­ mier, une conjonction de subordination avec le sens de “bien que”, et le second, un substantif avec celui de vête­ ment, couverture - qui ne peuvent convenir ici - mais aussi un terme ced, don, que l’on note dans le membre de phrase ni ced lestneuiom. Celui-ci se compose de la négation ni, du substantif ced, qui a pour correspondant le gallois moderne ced de même sens, et du verbe lest­ neuiom “écouler des saletés” à l’infinitif. Le sens propre du groupe ni ced paraît plutôt être “il ne livre pas, ne donne pas”. Formant un tout avec le verbe lestneuiom, le membre de phrase ni ced lestneuiom semble alors 26

signifier “il h (il ne s’)écoule pas de saletés”. On aurait donc avec ce seul exemple vieux breton la preuve de l’usage de ced, don, pour renforcer la négation ni et c’est donc bien cet ancien terme qui entre en composition dans la négation en breton moderne. A cet effet, on comparera l’ancien français qui, comme le vieux breton, n’usait que de la négation ne pour former une phrase négative avant que, dans un souci de renforcement, d’insistance, ne viennent se gref­ fer après le verbe des substantifs tels goutte (je ne vois goutte), mie (je ne mange mie), pas (je ne marche pas), point (je n’écris point), qui exprimaient la plus petite chose que l’on pouvait faire dans un registre donné. Peu à peu, la langue n’utilisera plus que pas, et parfois point. Il résulte donc que le ket moderne procède du vieux bre­ ton ced et qu’il faudrait, par respect de son étymologie et de sa prononciation [ke :t], écrire ked

Yén ou yein ? Yén, froid, que l’on prononce généralement [je:n] a pour correspondants le comique yeyn et le gallois ien, de même sens mais moins usité que son équivalent oer. Le moyen breton tardif l’écrit yen en 1499. Le qualifi­ catif ancien dont il procède ne nous est pas parvenu par l’intermédiaire d’une glose en vieux breton, mais il est attesté en vieux comique sous la graphie iein glosant le latin frigus, froid, forme qui n’est pas sans rappeler les prononciations [jejn] du Vannerais et du Goëlo, [jep] ou [jajn] de la Cornouaille et du bas Vannerais.

Dans son Glossaire du moyen breton, Émile Ernault rapproche un terme gallois à présent inusité, ieinder, du breton yender donné par Jehan Lagadeuc dans la seconde édition de son Catholicon. En conclusion, il serait plus judicieux de graphier ce qualificatif yein, eu égard à son origine brittonique, à ses différentes prononciations, identiques à celles d’autres termes en -ein. Cette graphie était déjà utilisée au siècle dernier par le vannerais dans des expressions comme kigyein, yein bras, yein skias, douar iein ou sous la graphie iain dans Christmas Hymns in the Vannes dialect ofBreton, un texte du XVIIe siècle. On pourrait pen­ ser que ce -i- qui ne se prononce principalement qu’en vannerais pourrait être d’origine épenthétique. Mais ce phénomène ne semble toucher que le Léon et la basse Cornouaille, comme le montrent les exemples deiz, jour, [dejz-s] en Léon, [dej] en basse Cornouaille mais [de:] en haute Cornouaille, Trégor et Vannerais d’une

part et neizh, nid, [nejz-s] dans le premier cas mais [ne:z-s] en haute Cornouaille et Trégor et [neh-x] en Vannerais.

- zo ou so ? Forme invariable du verbe bezanlboud, ce terme s’emploie à l’indicatif présent lorsque le groupe sujet est place en tête de la phrase. La langue populaire l’uti­ lise parfois comme substitut de ¿wdans des expressions comme bez zo ou ma zo au lieu de bez ez eus ou maz eus ; au point de vue grammatical, le dire reste une incorrection, bez ou ma ne jouant pas le rôle de sujet. Au point de vue étymologique, cette forme procéde­ rait du vieux breton is, est, qui admettait diverses variantes comme isi(d) ou issid [isid] - desquelles est directement issu le gallois sy(dd) [si(d)] - ou encore isio [isjo]. On notera l’aphérèse du i- initial en gallois. Les textes en moyen breton la notent généralement so, rarement zo. Il se peut que le passage de isio à so se soit fait par aphérèse du i- initial également, mais aussi par réduction de la diphtongue -io à -o. Alors pourquoi zo ?

L’adoucissement de la consonne initiale de so à zo est dû à la présence de la particule verbale a que l’on relève dans des exemples en moyen breton comme ]ezuz a so ou greomp meuleudy da-n Map bihan a so e-n bet man deomganet. La forme so se note toujours dans des expres­ sions comme a-newez so, récemment, bloaz so, il y a un an, ou dans le composé sokén, même. Un compromis avait été envisagé en écrivant zo simplement, c’est-à-dire non précédé de la particule. Ecrire a zo reste donc une incorrection car, hormis la graphie universitaire, il avait été admis de ne pas noter l’adoucissement du 5- initial en z-. Il faudrait écrire par exemple tri aval a so. • Quel terme pour dire ?

Par ignorance de son emploi passé ou par purisme, afin de ne pas utiliser des termes trop proches du fran­ çais, le néo-breton a détourné de leur sens initial un cer­ tain nombre de mots dont voici quelques-uns. Anniversaire

Dans la civilisation bretonne ancienne, il n’était pas coutume de fêter l’anniversaire d’un proche ou d’un ami d’une formule rappelant le français “bon anniversaire'. On usait d’un kalz a vloawezhioù ail entre autres. Actuellement, on entend invariablement deiz-ha-bloaz pour rendre cet évènement. À l’article anniversaire,

Grégoire de Rostrenen commente ainsi le mot : service qu’on fait tous les ans pour un mort, qu’il traduit par servich dez ha bloaz evit un dèn maro. User de deiz-habloaz pour fêter un anniversaire semble donc inappro­ prié. Ce jour est un évènement heureux et non un service, c’est-à-dire une messe que l’on faisait dire pour le disparu, un an jour pour jour après sa mort ! Pourquoi ne pas dire pennbloazcpà serait calqué sur le gallois penblwyddï

Boulanger Ce terme est au français panetier ce que boulonjer est au breton baraer. On entend et on lit régulièrement ce dernier pour parler du “boulanger”. Le dire provient d’une méconnaissance évidente des pratiques anciennes. À la campagne, jadis, le pain ne se cuisait ni à la maison ni dans un commerce. Chaque paysan était tenu d’apporter sa farine au four banal ou au four du seigneur (ou du sieur). Son pain cuit, il s’en retournait chez lui. Par contre, les autres paroissiens se procuraient le pain auprès du panetier, celui qui était chargé de sa distribution, c’est-à-dire en breton baraer. Si en fran­ çais, boulanger a fini par désigner le fabricant et le mar­ chand de pain, le breton a emprunté le terme sous la forme boulonjer. Celui-ci fabriquait alors que le baraer vendait. De nos jours, on pourrait donner un sens spé­ cifique à chacun d’eux : boulonjer à celui qui pétrit, cuit et vend son pain et baraer à celui qui ne fait que vendre donc à celui qui tient un dépôt de pain.

Bulletin Qu’il soit communal, paroissial ou associatif, le bre­ ton contemporain n’use plus que de kannadigau grand dam des anciens et des bretonnants de naissance. Ce terme ne s’appliquait qu’au bulletin édité par la paroisse et avait donc une connotation religieuse.

Fête

Hormis dans les termes composés fest-noz ou fest-deiz, la langue actuelle recourt au terme gouel : Gouelar brezhoneg, Fête du breton, Gouelioù meur Keme, Festival de Cornouaille, etc. Que nous enseignent les dictionnaires anciens et la langue populaire ? Jehan Lagadeuc donne goelou fest, “feste ou solempnite” ; Grégoire de Rostrenen définit gouel par “solennité en l’honneur de Dieu et de quelque saint”, alors qu’il ne donne àque le sens de “festin”, tout comme Dom Le Pelletier, qui ajoute 27

“banquet, grand repas”. Roparz Hémon note bien la dif­ férence entre gouel, “fête” à connotation religieuse, et fest, “fête, pompe, évènement heureux” à sens profane. Il apparaît donc impropre de rendre par gouel une fête à caractère profane. Jadis, toute fête était d’origine reli­ gieuse et si l’on dansait, c’était à l’occasion des fêtes de la paroisse au désespoir du clergé local. Dans le cas d’une manifestation festive profane, on usait de fest. Comme le remarque le colonel Troude, sous fest, il s’agit d’un “par­ don de campagne où il y a des danses” tels fest al leur newez, fête de l’aire neuve, ou festoù-nos, fêtes de nuit, des fêtes qui ne devaient donc rien au clergé local. En ce début de siècle, on conviendra que les festoù ont pris le pas sur les gouelioù. Gardons donc à gouel son sens ini­ tial, comme dans Gouel Erwan, et usons depour toute manifestation profane : ainsi, on devrait dire Fest ar brezhoneg, Festoù meur Kemew,... Forgeron

Ce terme, ou plus anciennement faber, s’appliquait à l’origine à celui qui forgeait les métaux, donc les armes et les outils. Le vieux breton usait du mot gob devenu goffoax lénition de la finale en moyen breton, puis gov en breton moderne. Jehan Lagadeuc rend gojfpax “feure ou ferron” et applique donc le terme tant au “forgeron” qu’au “maréchal-ferrant”. Grégoire de Rostrenen réserve go au vannerais mais donne marichal^oxir les autres dia­ lectes. Par contre, Dom Le Pelletier lui donne les deux acceptions. Le terme gov va tomber en désuétude au profit de marichalàès le moment où le forgeron de cam­ pagne exercera surtout le métier de maréchal-ferrant. Jardin

De nos jours, ce terme tend à s’appliquer autant à un jardin potager que d’agrément, ceci par réduction de lan­ gage. Désigner l’un et l’autre par le seul breton Horzhsows prétexte que jardin, même altéré enjardrin, rappelle l’em­ prunt au français, est par trop réducteur. Le premier procède du vieux breton *lubgorth par le moyen luorz ; à la fin du XVe siècle déjà, celui-ci avait donné liorz, syno­ nyme de courtiUag“cQ\m№, jardin” selon Jehan Lagadeuc. Le terme vieux breton est un composé de lub, légume, et de gorth, enclos, donc “potager”. Au XVIIIe siècle, ce terme avait vu son sens évoluer car Grégoire de Rostrenen se doit alors de préciser jardin al lousou pour “jardin pota­ ger” et jardin ar bocquedou pour “jardin à fleurs”. De son côté, Dom Le Pelletier lui concède la défini­ tion de “courtil, petit enclos près d’une maison cham­ pêtre, où l’on ferme quelques herbages... Ce petit clos

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est ordinairement tout le jardin des villageois”. Ce lieu, situé près de la maison de ferme, servait à son époque - en attestent les noms de parcelles relevés dans les aveux, minus et dénombrements - à recevoir qui le tas de foin, Hors foen, qui le tas de paille, Hors plous, qui les ruches, Hors mel, ou à être mis en culture de légumes mais aussi de céréales, etc. L’emprunt au français jardin est déjà effectif à la fin du XVe siècle, le terme liorz n’ayant plus qu’un rapport lointain avec le vieux breton *lubgorth. Rendons au moderne Horzh son sens ancien de “pota­ ger” et faisons de jardin, jardrin un “jardin d’agrément”, usages qui enrichiraient la langue bretonne comme l’ont déjà fait, et depuis bien longtemps, les anciens.

Mais hélas ! que penser du néologisme liorzh-ilispouï désigner un “enclos paroissial”, c’est-à-dire le territoire situé autour de l’église et ceint d’un muret de pierres et qui servit jadis de lieu de sépulture ? Voilà nos ancêtres comparés à des légumes ! Un terme à présent inusité s’appliquait à l’enclos délimitant un lieu sacré, un lieu consacré à un saint, c’est le mot lann, si fréquent en toponymie au sens premier de “lieu” puis de “lieu consa­ cré” à un saint car, dans l’usage, il est presque toujours suivi d’un nom de saint. En gallois, son sens a évolué en “église”. Pour désigner un enclos paroissial, pourquoi ne pas redonner vie à ce terme tombé en désuétude depuis le XIe siècle ?

Zéro Élément neutre, il ne modifie pas la valeur du nombre auquel on l’ajoute ou le soustrait. Comme nombre, il est le cardinal d’un ensemble vide ; comme chiffre, il sert à montrer qu’un élément de l’ensemble est vide : on est donc amené à représenter rien par quelque chose. Dans le cas d’un nombre que l’on épelle, d’un numéro téléphonique que l’on donne, rendre le zéro par “rien” revient à nier l’élément absent et donc à ne pas le repré­ senter. C’est pourtant ce qui se passe en breton. Pour rendre ces diverses notions, le breton enseigné ou parlé a préféré le mot mann, rien, à l’emprunt zéro comme chiffre ou nombre, sous prétexte de son origine fran­ çaise ! Épeler son numéro de téléphone en énonçant mann incite à ne rien faire alors que l’on doit composer ou écrire zéro. Le mot zéro est donné comme breton par François Vallée dans son dictionnaire de 1931 ; le comique et le gallois l’ont pris à l’anglais. D’origine vénitienne (zefiro), il procède comme le français “chiffre” de l’arabe sifr, qui servait à rendre la notion de vide ou d’absence.

• Quelques phénomènes linguistiques La graphie d’un mot ne s’improvise donc pas, mais doit se baser sur divers critères, son origine, son évolu­ tion linguistique, sa prononciation et principalement la quantité de la voyelle précédant la consonne finale dans les mots monosyllabiques, son rapport avec d’autres langues proches, et, au niveau de la notation de la consonne finale, la prise en compte de ses dérivés. On ne peut s’appuyer sur des principes arbitraires qui posent que la consonne finale d’un substantif soit douce à cause de sa forme dérivée au pluriel et celle d’un adjectif qua­ lificatif dure. Si bien que ce qualificatif ou le participe passé adoucissent cette consonne lorsqu’ils sont employés comme substantifs.

Cette notation présente chez Grégoire de Rostrenen a été reprise par Emile Ernault et les “gwalarnistes” puis appliquée par la graphie surunifiée sans tenir compte de la quantité de la voyelle : la graphie mat, bon, suppose une prononciation [mat] identique au français aimais [ma:d-] dans les dérivés. Si bras s’écrit avec -s au niveau de l’adjectif, pourquoi change-t-il de prononciation lors­ qu’il est substantivé au niveau du nom de personne, et passe de [bra:s] à [bras] ? On remarquera que, chez Le Gonidec, la finale de l’adjectif est régulièrement notée par une consonne douce. La quantité d’une voyelle ou sa longueur, c’est-à-dire prononcée brève ou longue, est fonction de sa place dans le mot. L’accent se porte généralement en KLT sur l’avant-dernière syllabe et en vannerais sur la dernière. Dans un mot constitué d’une seule syllabe, c’est la consonne finale qui régit la longueur de la voyelle : elle est brève lorsqu’elle est suivie d’une consonne sonore comme ch, f, k, p, ss, t ; elle est longue devant une consonne sourde, soit b, d, g, j, s, v, La nature de la consonne finale est confortée par des mots dérivés. Ainsi, on se doit d’écrire mad avec un -d final, car la voyelle est longue [ma:d-t] d’une part et, qu’en dériva­ tion, on obtient des mots comme madow, madeg, madelezh, etc. ; par contre, on écrira tok, chapeau (le -o- est bref) mais tog, faîtage (le -o- est long).

On désigne par provection, le phénomène linguis­ tique qui règle la prononciation de consonnes qui se jux­ taposent, soit par la création d’un mot composé soit par la place des mots dans la phrase. La consonne initiale d’un mot se durcit sous l’influence de la consonne finale du mot que le précède. La liaison de deux consonnes douces est une consonne dure ; si une consonne douce rencontre une consonne dure, elle devient elle-même dure ou s’efface et subit la syncope.

Ainsi les mots ed, blé, et du, noir, servent à former le composé ed-du, blé noir, que l’on prononce [e:ty] ; dans le verbe ragprenan, le -gde rag-se durcit en -¿devant le/>-de prenait ; le membre de phrase mad-trese prononce [martre] et non pas [mat-tre]. Ce phénomène, connu encore sous le nom de sandhi, a disparu du breton littéraire et n’est plus enseigné alors qu’il se fait naturellement chez un bretonnant de naissance. On remarquera de même la pauvreté des liaisons entre la consonne finale et la consonne initiale du mot qui suit : on ne doit pas dire [mateo] pour mad ew(mateoen peurunvan) mais [ma:de(w)]. J’ai tenu à appliquer tous les points que j’ai développés ci-dessus au sein du dictionnaire étymologique. Je ne pouvais certifier l’origine d’un mot, rappeler son his­ toire, affirmer sa parenté sans prendre en compte les avancées graphiques définies. Le breton contemporain se veut la réunion de mots d’origine celtique, emprun­ tés au latin, à l’ancien français, au moyen et au français moderne. Mais il est aussi l’entente de quatre dialectes qui ont évolué différemment au niveau de quelques phonèmes. On ne peut guère parler de breton suruni­ fié si l’on ne prend pas en compte toutes ces données.

Nous avons cherché à montrer, et même à prouver, le rôle important joué par les voyelles mais aussi par les consonnes liquides l, m, n et r sur les autres consonnes en général, et tout particulièrement sur jet z On aura remar­ qué que le s s’adoucit en [z] au niveau des quatre dialectes tant en position intervocalique qu’après une liquide et que le z, qu’il soit issu du vieux breton th ou de la lénition d’un ¿/brittonique, subit généralement l’aspiration en vanne­ rais et dans certaines zones du dialecte cornouaillais.

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¿gu5ey roprr$ cteSef querj a 6aer8u iÊy compofae in# pae ne fattau tu 0e8êy çfp; Çaccy continuée

Le Catholicon (1499), dont voici la dernière page, ornée d’une marque d’imprimeur (J. Calvez) et d un co­ lophon, est à la fois le plus ancien dictionnaire breton et le premier dictionnaire édité en France.

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Les

sources

: des dictionnaires

ES SOURCES du breton écrit restent pratiquement inexistantes jusqu’au début des temps modernes ; ceci est dû non seulement à la tradition orale, encore très forte au début du XXe siècle, mais aussi à la perte cer­ taine de manuscrits dont l’existence est attestée par divers témoignages médiévaux. Le vieux breton nous est connu d’une part par un certain nombre de gloses, mots isolés, expressions ou membres de phrases, d’autre part par les noms de lieux et de personnes cités dans les dif­ férents actes des cartulaires de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon et de l’abbaye Saint-Gwennolé de Landévennec. Le professeur Léon Fleuriot est l’auteur de nombreux articles sur le vieux breton, mais son œuvre majeure reste le Dictionnaire des gloses en vieux breton, complété par Le vieux breton. Éléments d'une grammaire, tous deux publiés en 1974.

L

Le moyen breton n’est connu que par des écrits tar­ difs, c’est-à-dire à partir du XV siècle, les siècles anté­ rieurs n’offrant, une fois de plus, que les mots contenus dans les noms de lieux ou de personnes. Les XVIe et XVIIe siècles voient la rédaction de plusieurs mystères, pièces religieuses écrites pour être jouées et non éditées, mais de nombreux manuscrits ont fait l’objet de publi­ cations depuis la fin du XIXe siècle. Ce n’est qu’à partir du breton prémoderne que la littérature s’enrichit de nombreux textes, dictionnaires ou écrits religieux prin­ cipalement. C’est pour ces raisons que nous avons eu recours surtout aux divers dictionnaires du breton pour citer, autant qu’il se peut, la première attestation du mot étudié. Le plus ancien des dictionnaires connu est le Catholicon rédigé par Jehan Lagadeuc, “bachelier ès arts et décrets” comme il se présente dans la préface, origi­ naire de Plougonven, “au diocèse de Tréguier”. Si le manuscrit porte la date de 1464, ce n’est qu’en 1499 que son dictionnaire trilingue, breton, français, latin, sera publié. On possède deux autres versions, faites d’ajouts ou de retraits, l’une non datée et l’autre de

1521. Son but, ainsi qu’il l’avoue, n’était pas de faire œuvre de lexicographe, mais de mettre à la portée des “écoliers [...] dénués de toute compétence en latin, et[...] largement déficients en français”, un “petit ouvrage pour l’utilité des petits clercs pauvres de Bretagne ou encore des illettrés en latin”. Le Catholicon, s’il est le premier dictionnaire breton, est aussi le pre­ mier dictionnaire publié en France.

Le breton de Jehan Lagadeuc reste cependant trégorois ; il dresse une liste de mots bretons usuels accom­ pagnés de quelques dérivés, verbes et adjectifs, mais aussi de mots empruntés au français et compris du peuple. Ce dictionnaire n’a pas la prétention d’être une œuvre littéraire, “ce n’est qu’un manuel de latin et de français dans lequel le breton est un moyen ou une base péda­ gogique” estime Christian Guyonvarc’h ; c’est aussi, selon ses termes “un modèle ou un réservoir auquel les lexicographes ont puisé sans vergogne... entre 1732 et 1970”. Le second ouvrage auquel nous nous référons est le Nomenclátor, publié en 1633 par Guillaume Quiquer et réédité en 2000 en version annotée. Le but de l’au­ teur était de mettre à la disposition de ses lecteurs basbretons un ouvrage qui leur permettrait d’apprendre soit le français soit le breton. Le Nomenclátor est un lexique, présentant divers thèmes trilingues, latin, fran­ çais, breton. En 1659, le père Julien Maunoir publie Le sacré col­ lège de Jésus, en trois parties, dont les dictionnaires fran­ çais-breton et breton-français. Il se base surtout sur le dialecte léonais, use d’un breton plus proche de la langue orale ; il purge la langue de nombreux archaïsmes gra­ phiques tels les -ffde la désinence verbale infmitive, et propose de noter les mutations consonantiques. On lui doit principalement la proposition de différencier le ch breton du ch français en introduisant le ch pour noter la spirante vélaire. Cette réforme orthographique sera appliquée par quelques recteurs de paroisses au début du 31

siècle suivant mais principalement par le père Grégoire de Rostrenen. Gwennolé Le Menn a publié en 1996 une édition annotée de ces dictionnaires.

Moine bénédictin à l’abbaye de Landévennec, Dom Louis Le Pelletier y assure la charge de bibliothécaire. Originaire du Mans, il met à profit son séjour tant à l’abbaye de la pointe Saint-Mathieu qu’à celle de Landévennec pour apprendre la langue bretonne et rédiger un dictionnaire breton-français. L’auteur men­ tionne régulièrement ses sources, que ce soit un dic­ tionnaire manuscrit rédigé par un certain Guillaume Roussel, mais disparu, ses contacts avec le père Grégoire de Rostrenen ou la consultation d’ouvrages étrangers dont le dictionnaire du Gallois Davies. Après bien des péripéties, son manuscrit est publié en 1752 dans une version plus courte. En 1924, un manuscrit portant la date de 1716 est découvert par Francis Gourvil ; celuici fera l’objet d’une édition off-set par la bibliothèque municipale de Rennes en 1975. Pour la rédaction de son dictionnaire, Dom Le Pelletier a fait le choix d’écarter les emprunts trop nombreux au français et de ne donner que les mots d’origine celtique certaine, en recourant le plus souvent à des citations extrai­ tes d’œuvres perdues ou à des comparaisons avec la langue galloise. Si la plupart des étymologies avancées restent hau­ tement fantaisistes, le dictionnaire de Dom Le Pelletier est d’une extrême richesse, tant dans l’emploi précis des mots que comme témoignage de la vie des Bretons du Léon et de Cornouaille.

Dans l’écriture du breton, Dom Le Pelletier innove en usant du -w- pour rendre tant le son [u] que le [w] ; ce graphème ne sera repris qu’un siècle plus tard par Le Gonidec, dans son dictionnaire publié en 1821, mais seulement pour différencier le giv- breton du gu- fran­ çais. Il ne reprendra cependant pas la réforme de son prédécesseur, le père Maunoir, concernant le ch- ; il admet toutefois que ce graphème correspond au [x] bre­ ton, se contentant de signaler “par ch françois” un mot d’origine française ou en évolution romane.

Le dialecte de Vannes ou vannerais est resté jusqu’en 1723 le parent pauvre du breton, ne bénéficiant jusquelà d’aucune publication. C’est à un chanoine de Vannes, puis recteur de Sarzeau, Pierre de Châlons, né à Lyon en 1641, que l’on doit le premier témoignage de ce dialecte encore méconnu. Le manuscrit ne sera édité qu’après sa mort survenue en 1718, mais dans une version revue, sous le titre Dictionnaire françois-breton du diocèse de Vannes. Il comporte de nombreux mots nouveaux par 32

rapport aux publications précédentes. Dans l’avertisse­ ment de l’édition, on peut lire que “le meilleur breton pour moy c’est celuy dont j’ay besoin”, c’est-à-dire pour me faire comprendre de mes paroissiens, maxime qu’il faudrait peut-être méditer. Son orthographe reste géné­ ralement basée sur celle du français ; le ch est transcrit h suivant la prononciation du dialecte vannerais et le w rendu par hue en finale.

Neuf ans plus tard, paraît un autre dictionnaire, de loin le plus complet, rédigé par un prêtre capucin, le père Grégoire de Rostrenen, qui, selon Dom Le Pelletier, “possédait si bien la langue et ses différents dialectes qu’on le croit être né et élevé dans chaque diocèse où il prêche”. Dans la préface, il met en garde “ceux qui s’ima­ ginent posséder entièrement la langue bretonne, parce qu’ils la savent bien de la manière qu’on la parle chez eux, ou au plus à cinq ou six lieues autour du lieu de leur naissance”, et remarque que “chaque diocèse semble avoir son dialecte particulier, et les mots qui lui sont propres, ou spécifiques ne se prononcent pas toujours de la même façon dans les deux extrémités d’un même diocèse”. Pour chaque mot abordé, il donne donc les diverses prononciations qu’il connaît pour chaque dia­ lecte. Il avoue également que sa préférence va au dia­ lecte de Léon “parce qu’il est effectivement plus méthodique que les autres, et beaucoup plus doux à cause de la multitude des z dont il a comme parsemé ses mots”, non sans estimer que “celui de Vannes, quoique très éloigné de tous les autres, plus rude même qu’aucun autre, à cause de l’abondance de ses A, devrait passer pour le meilleur, contre le sentiment des Bretons qui l’ignorent”. Bien que ce Dictionnairefrançois-celtique ou françoisbreton, publié en 1732, fasse la part belle aux diverses prononciations d’un même mot ou aux variantes d’un dialecte à l’autre, bien que très complet par la richesse de son vocabulaire et les tours de phrases cités, il pré­ sente cependant quelques défauts : le genre des mots n’est pas mentionné, il recourt à de nombreux termes français pour rendre des idées abstraites. Il n’est utile, comme le juge Le Gonidec en 1821, “que pour traduire le français en breton”. En 1744, paraît le Dictionnairefrançois-breton oufran­ çois-celtique du dialecte de Vannes, accompagné de la men­ tion “par Monsieur l’A *** ”. Sous ce pseudonyme se cache le recteur d’Arradon puis de Noyal-Pontivy et GrandChamp, Claude-Vincent Cillart de Kerampoul, origi­ naire de Sarzeau. Dans sa préface, l’auteur s’en prend au “gros dictionnaire des différents dialectes [...] d’aucune

utilité pour ceux qui veulent apprendre le breton de Vannes [...], le meilleur de tous les bretons, l’ancienne, la véritable langue celtique”, qu’il place même au-des­ sus des autres sous-dialectes vannerais. La querelle sur la prédominance d’un dialecte sur les trois autres n’est donc pas une affaire contemporaine, chacun luttant sans nul doute pour sa reconnaissance auprès des autres. Contrairement au père Grégoire, Cillart de Kerampoul indique le genre et le pluriel des mots. Bien que rédigé dans une graphie propre à son auteur et singularisée par le redoublement des consonnes finales, ce dictionnaire n’cn est pas moins le bon témoin d’un dialecte qui cherche avec peine sa place dans un “quatuor de dia­ lectes”. En 1821, Jean-François-Marie Le Gonidec publie un Dictionnaire celto-breton ou breton-français “aussi complet qu’il lui a été possible de le composer”. Il déplore dans l’avertissement l’incapacité du breton à “exprimer des idées abstraites et métaphysiques” et à rendre par “des termes [...] des objets appartenant à des arts nouvelle­ ment découverts”. Le breton reste, pour lui, une langue de la vie quotidienne mais il avoue avoir donné sa préfé­ rence au dialecte du Léon, “dialecte plus méthodique”. Chaque mot abordé est accompagné de sa nature gram­ maticale, de son genre, d’exemples pour mieux en illus­ trer les différentes acceptions. Il use d’une nouvelle orthographe, partant du principe que “chaque mot peut sc lire et se prononcer tel qu’il est écrit”.

On lui reprochera cependant de s’être arrogé, dans un souci de purisme, “une autorité dictatoriale” et d’avoir fait le choix d’écarter de son dictionnaire tous les mots empruntés au français. A titre d’exemple, on remarquera que Le Gonidec ne retient qu’une seule désinence ver­ bale, celle de son dialecte, le suffixe -a {-an en breton contemporain), les autres en usage étant signalées mais suivies de la mention “par abus” : à la page 216, on lit entre autre finva, et par abus finval. Il préconise, par exemple, l’emploi systématique du k pour noter [k] et, par suite, le rejet des c et qu-, ou l’emploi de g pour rendre le son [g] aussi bien devant les voyelles a, o,u que devant e et i.

En 1876, le colonel Troude publie un Nouveau dictionnaire pratique breton-français du dialecte de Léon, dans lequel il déplore le relâchement des Bretons bre(onnants lorsqu’ils écrivent dans leur langue et leur fâcheuse tendance à transcrire le “même abandon que dans la conversation”. La graphie utilisée par Troude est basée sur la prononciation léonaise ; il se conforme en cela aux principes de Le Gonidec.

L’abbé Moal, vicaire à Querrien puis Arzano, recteur à Guerlesquin, Plourin et Morlaix, occupera ces charges durant vingt-quatre ans avant de devenir aumônier des prisons à Brest. En 1890, il fait éditer un Supplément lexico-grammatical au Dictionnaire pratique françaisbreton du colonel A. Troude (édition 1869), en dialecte de Léon, afin, écrit-il, de “maintenir, épurer et glorifier, le Brezounek, langue ancienne et admirable”.

Originaire de haute Bretagne, Emile Ernault demeure avant tout le spécialiste du moyen breton. Ses recherches font l’objet d’une publication, en 1895-96, sous le nom de Glossaire moyen breton. Basant son travail sur les quatre sources du Catholicon et les mystères du XVIe siècle, dont il assurera la publication, l’auteur recourt aux dictionnaires des XVIIe et XVIIIe siècles pour étayer son étude, fait de longues digressions pour appuyer ou illustrer ses exemples.

En 1900, Victor Henry, professeur de sanscrit et de grammaire comparée des langues indo-européennes à l’université de Paris, publie un Lexique étymologique des termes les plus usuels du breton moderne. Si quelques pro­ positions restent conjoncturelles ou hasardeuses, les hypothèses étymologiques avancées par l’auteur ont été confirmées depuis par d’autres chercheurs. En 1904, Emile Ernault fait éditer un Dictionnaire breton-français du dialecte de Vannes, s’appuyant sur celui de Cillart de Kerampoul et ceux de Chalons. L’orthographe y est cependant modernisée, elle tient compte des modifications proposées par Le Gonidec, réintroduit le Ih du père Grégoire pour noter le / mouillé mais reste de conception typiquement vannetaise. Il maintient donc ce dialecte dans un groupe à part des trois autres. En 1919, l’abbé Pierre Le Goff apporte un supplément à ce dictionnaire fait de termes relevés localement.

Du même auteur paraît en 1927 le Geriadurig brezoneg-gallec, dans lequel il propose de nombreux néolo­ gismes dont se servira François Vallée pour l’édition de son Grand dictionnairefrançais-breton. “Fidèle à son pro­ gramme de “tout exprimer en breton”, commentera Fanch Morvannou dans sa contribution à F Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne au chapitre “Littérature de langue bretonne au XXe siècle”, Vallée proposait aux lettrés bretonnants un lexique répondant au mieux à leurs besoins dans tous les domaines de la pensée et de l’activité.” On y trouve des mots populaires relevés dans les campagnes mais aussi de nombreux néologismes, des emprunts à la langue galloise dont beaucoup n’ont pas perduré.

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On lui reprochera cependant d’avoir éliminé des mots jugés trop français et de les avoir rendus par des périphrases ou des néologismes. Son intention était de doter les bretonnants d’une langue moderne, apte à rendre tant les choses concrètes que les abstractions, à exprimer des situations spécifiques aux milieux franci­ sants. Son dictionnaire était l’aboutissement d’une vaste entreprise commencée dans les années 1920 par le mouvement littéraire Breiz Atao et poursuivie dans la revue Gwalam sous l’impulsion de Louis Némo, alias Roparz Hémon.

Entre temps, Joseph Loth avait fait paraître un petit ouvrage sur les Mots latins dans les langues brittoniques, mais en accordant la priorité aux mots de la langue gal­ loise, le mot breton armoricain étant généralement ren­ voyé à son correspondant gallois. Dès 1928, Roparz Hémon publie un Dictionnaire français-breton de quelque 15 000 mots qui, peu à peu, va s’étoffer de néologismes et atteindre plus du double dans sa dernière réédition. Cherchant à élever le breton au rang de langue majeure et à en faire une langue unifiée, il rejette les formes dialectales. Cet ouvrage ne mérite cependant pas l’appellation de dictionnaire, ce n’est qu’un simple lexique mettant en correspondance un mot breton et son équivalent français, non sans préciser la nature du mot et le suffixe pluriel des noms communs. L’œuvre majeure de Roparz Hémon demeure son Geriadur istorel ar brezhoneg- Dictionnaire historique du breton -, commencé en 1958 et achevé en 1979. Ce travail titanesque, qui prendra quelque vingt ans de la vie de son auteur, aura nécessité la lecture de nombreux ouvrages du moyen breton au breton contemporain et l’illustration de chaque mot lexical par les attestations relevées au fil des pages. Ce dictionnaire pèche cepen­ dant par l’absence de références aux mots contenus dans les dictionnaires de ses prédécesseurs, hormis les quatre exemplaires du Catholicon. L’auteur s’en explique dans la préface de la première édition : “Le dictionnaire est basé sur les textes. Il ne s’appuie sur aucun dictionnaire existant, à l’exception du Catholicon, vocabulaire de la fin du XVe siècle.” Et un peu plus loin, il justifie son choix de ne pas fournir d’exemples dialectaux dans leur orthographe originale à partir du milieu du XVIIe siècle, car ils auraient été “incompréhensibles à la plupart des lecteurs du dictionnaire”. Revu et augmenté par la revue Preder dans sa seconde édition, il présente des exemples tirés des dictionnaires de Grégoire de Rostrenen, Cillart de Kerampoul, Le

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Gonidec et le colonel Troude, mais le lecteur n’y trou­ vera aucune mention de mots tirés du Nomenclátor, des dictionnaires du père Maunoir, de Pierre de Châlons ou encore des dictionnaires d’Émile Ernault. Très incom­ plet jusqu’à la lettre F, le Geriadur istorelomet de signa­ ler les variantes d’un même mot, elles sont ignorées ou non reconnues : les verbes vannerais qui font leur dési­ nence en -iñ principalement sont remplacés par leur équivalent non vannerais en -añ, le suffixe -ourest codi­ fié en -er. De nombreux mots n’ont pas d’entrée alors qu’ils figurent pourtant dans le dictionnaire de François Vallée. L’uniformisation de la langue chère à l’auteur se traduit donc par l’emploi systématique de la désinence -añ même si les exemples fournis en présentent une autre, par la “dévannetisation” d’un mot en le plaçant sous son équivalent dans les trois autres dialectes. Malgré ces remarques, le Geriadur istorel reste un ouvrage monumental pour la connaissance de l’histoire interne du breton. Le renouveau de la langue et de la culture bretonnes dans les trente dernières décennies du XXe siècle encou­ rage la publication de nouveaux dictionnaires, le Garnier en 1986, et le Dictionnaire français-breton de René Le Gléau, publié en dix volumes de 1983 à 1994. Tous deux présentent un répertoire plus complet de termes techniques et offrent un nombre conséquent d’exemples tirés pour l’un de la langue parlée et pour l’autre d’emprunts à des auteurs contemporains pour illustrer l’emploi d’un mot.

Enfin, paraît en 1992 le Geriadur ar brezhoneg a-vremañ ou Dictionnaire du breton contemporain, aboutissement d’une thèse consacrée au breton de Poullaouen (29) et soutenue à la fin de l’année 1984 par Francis Favereau. L’auteur s’ouvre aux quatre dialectes en usage en Bretagne bretonnante, et, contrairement à Roparz Hémon, rédige son dictionnaire dans la graphie interdialectale - etrerannyezhel en breton -, mise au point en 1975 afin de rapprocher les trois autres gra­ phies en usage jusque-là. Dans un souci d’équité, il men­ tionne les deux autres graphies en usage depuis cette date, l’universitaire et le surunifié ou peurunvan.

Le grand mérite de l’auteur est d’avoir, pour la pre­ mière fois, accueilli tous les mots qu’ils soient “littéraires” ou populaires, techniques ou abstraits, qu’ils soient d’un emploi interdialectal, dialectal ou local, d’avoir fourni à l’utilisateur tout un corpus de prononciations pour un même mot selon l’alphabet phonétique international, et d’exemples d’emploi de ce même mot, sans oublier d’accompagner chaque verbe de la préposition adéquate,

ce qui manquait à tous ses prédécesseurs. Ce Geriadur fera l’objet d’éditions plus courtes, en graphie suruni­ fiée, majoritaire en Bretagne mais qui présente, selon l’auteur, “de piètres qualités pédagogiques”. On note l’apparition de nombreux mots nouveaux au fil des dictionnaires, mots oubliés dans les parutions antérieures ou volontairement rejetés par purisme lin­ guistique, mots créés dans le but d’adapter la langue à l’évolution du vocabulaire ou plus simplement à celle du monde. La création de mots nouveaux a eu ses champions en la personne de Le Gonidec, Vallée et autres disciples. Sont-ils allés trop loin ? Ropars Hémon se le demandait en 1941 dans une plaquette intitulée La langue bretonne et ses combatsy mais tout en ajoutant : “On doit reconnaître pourtant qu’ils ont choisi la bonne voie, la seule capable de relever le pres­ tige du breton, aux yeux de l’élite et du peuple, et par suite d’assurer l’avenir de la langue.” Mais ces créations ont-elles trouvé un écho dans la pratique journalière de la langue ? Devenu de nos jours une langue de let­ trés par l’emploi de mots “chimiques”, le breton s’est coupé de sa base populaire et il n’est pas rare d’entendre un bretonnant de naissance dire qu’il ne parle pas le bon breton.

• Les dictionnaires étrangers Le breton contemporain comprend, comme nous l’avons montré, un grand nombre de mots d’origine cel­ tique ou latine, mais aussi une forte fréquence de mots empruntés à l’ancien français pour reprendre l’appella­ tion en usage en français alors que les Bretons usent plu­ tôt de “vieux” pour désigner la langue parlée à l’origine. Deux ouvrages ont été publiés en ancien français : l’un par Frédéric Godefroy sous le titre de Lexique de l'ancien français en 1901, réédité en 1994 avec des ajouts tirés de publications récentes de textes anciens ; l’autre par A.-J. Greismas sous le nom de Dictionnaire de l'ancien fran­ çais jusqu'au milieu du XIV siècle. Le premier, plus com­ plet, offre davantage de mots avec leur acception en français moderne mais ne présente pas, comme le second, la date du relevé et ne propose pas d’exemples d’emplois. Ces deux ouvrages sont très utiles pour la connaissance du breton et la datation approximative de l’emprunt d’un mot.

Un certain nombre de mots bretons trouvent leurs correspondants en comique et en gallois, le plus sou­ vent sous la même acception mais parfois sous un sens différent. On rappellera que ces mots peuvent

présenter une parenté très ancienne mais aussi une filiation fort récente par l’emprunt qui en a été fait depuis environ un siècle et demi, de Hersart de La Villemarqué à François Vallée. Le comique est actuel­ lement parlé par peu de locuteurs ; langue très mino­ ritaire au sein de l’anglais omniprésent, elle s’est pratiquement éteinte au XIXe siècle. Des tentatives de réappropriation sont menées depuis un demi-siècle, avec notamment l’ouverture de quelques écoles. Le comique se distingue par plusieurs traits des deux autres langues brittoniques : - les diphtongues ont été réduites, ainsi l’équivalent du -oa- breton est -o- ; - le -d et le -t ont évolué à -s en finale et dans leurs dérivés ;

- les finales sont dures mais douces en dérivation ; on écrit gtvyth, arbres, au collectif, mais gwedhen, arbre, au singulatif ; - certaines lettres ne sont pas utilisées, le i se note yy le ch breton est transcrit gh, etc. En 1978, R. Morton Nance a édité un dictionnaire du comique d’après les mots relevés dans les divers ouvrages publiés au cours des XVIIIe et XIXe siècles avant la disparition de la langue. On ne peut pas parler de cornique moderne, mais c’est cette langue restituée qui fait l’objet d’un nouvel enseignement.

Le gallois, pratiqué par quelque 700 000 locuteurs, bénéficie d’un enseignement légal depuis 1975 et d’un usage officiel dans la vie publique. Si l’anglais demeure majoritaire dans les villes et dans les comtés anglicisés ou proches de l’Angleterre, le gallois reste parlé principalement à l’ouest, dans les comtés du Dyfed et du Gwynedd. Commencé en 1921, le Geiriadur Prifysgol Cymru, Dictionnaire de l’univer­ sité du pays de Galles, a vu son aboutissement seule­ ment au début 2003. Publié à raison d’un fascicule par an en moyenne, il comprend 3 897 pages réunis­ sant tous les mots, avec leur composition, parfois leur étymologie et leurs rapports avec d’autres mots cel­ tiques ou anglais, leurs diverses acceptions et tout un corpus chronologique d’emplois de ces mots. Le gal­ lois diffère du breton par une graphie qui lui est propre, le dd pour noter le z breton, le th équivalent au zhy le w pour rendre le son [u] et enfin le y dont la prononciation est liée à la place dans le mot : [i] en syllabe finale ou dans les mots monosyllabiques et [a] en position interne ou initiale.

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Les préfixes A- est un préfixe attesté dans des mots empruntés au français. Ad- indique la répétition et présente la même valeur que le français re-. D’un emploi peu fréquent jusqu’au début du XXe siècle, il a servi à créer un certain nombre de verbes. Ce préfixe, qui correspond au gallois ad-, procède du vieux breton at-, attesté dans quelques mots avec l’idée de renouvellement ou de retour. Il répond également au vieil irlandais aith- et au gaulois aie-, ati-.

Am- exprime une restriction, une privation partielle, que l’on peut rendre par le français “peu”. Il vient donc atténuer le sens du radical. An-, préfixe négatif, est issu du vieux breton an- et correspond au comique an-, au gallois an- et à l’irlan­ dais an-. Ce préfixe, présent dans quelques mots, n’entre plus dans la formation de mots nouveaux.

Ar-, au sens de “abord de”, “tirant sur”, répond au niveau des adjectifs qualificatifs au suffixe français -âtre. Il fait subir la lénition de la consonne initiale du radi­ cal. Il est présent en brittonique sous la forme are- et correspond au gallois ar- et à l’irlandais air-. Arc’h- correspond au français archi- et, comme lui, procède du latin archi-.

Al- est un doublet de ad- dont il procède par lénition de la consonne ; comme lui, il sert à exprimer la répéti­ tion. D’un emploi fort rare, il a été repris par Emile Ernault, puis par François Vallée pour créer de nouveaux mots. Ce préfixe se renforce en [as-] devant les consonnes f-, k-, p-, s- et t-, d’où la variante as- en peurunvan et en interdialectal.

Be-, deux, répond au français bis-. Bes- procède de l’ancien français vice-, par renforce­ ment de la consonne initiale.

Bi-, bis- ont même valeur que le français bi-, bis-. Chil- est une variante de skil-.

Dam- sert à rendre une valeur diminutive et corres­

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pond au français demi-, semi-, à peu près, presque. Il est issu du vieux breton dam-, alentour de, lui-même du brittonique *do-ambi. Il répond au gallois dam-, autour, et à l’irlandais doimm-. Dans la langue parlée, il a évo­ lué à dem- et à dram-. Dar-, préfixe à valeur intensive, est issu du brittonique *do-are ; il présente la variante dor- en dialecte vannerais.

Daz- est issu du brittonique *do-ate, et sert à expri­ mer une répétition par intervalles, une continuité par àcoups ; il s’apparente au français entre-. Il se rencontre parfois sous la forme infléchie dez-.

De- procède du vieux breton do-, à, vers ; prononcé localement [di-], il répond au gallois dy-. Dans les formes orales, il est souvent assimilé à di-. Di-, préfixe privatif, répond au comique dy-, au gal­ lois di- et à l’irlandais di-. Il présente la même valeur que le français dé-. Ce préfixe provoque la lénition de la consonne initiale du radical. Associé à un substantif, il en fait, en général, un mot à valeur de qualificatif. Il se rencontre sous la forme adoucie zi- lorsqu’il est précédé du mot a, de. Dis-, à même valeur que le précédent, prend cepen­ dant un sens plus fort. Il est renforçant devant des mots présentant b- à l’initiale.

Dreist-, par-dessus, au delà, à valeur superlative, répond au français sur-. Droug- a même valeur que le français mal- ou mé-.

Em-, préfixe à valeur pronominale, à la fois de sens réfléchi et de sens réciproque, équivaut au français “se” suivi d’un verbe. Il est issu du vieux breton im-et répond au comique om- et au gallois ym-. Il provoque la léni­ tion à l’initiale du radical.

En- a même valeur que son correspondant français en-. Il devient em- devant une labiale. Ce préfixe est issu du vieux breton in-.

Er- procède du vieux breton er-y que l’on fait remon­ ter à un celtique *(p)eri ; il a un sens proche du français pour-.

Ke- est issu du vieux breton co- et répond au gallois cy- (voir ken-) ; on le note principalement devant des mots commençant par h-.

Es-, hors de, est issu du vieux breton es-y lui-même d’un ancien *eks- emprunté au latin ex-.

Ked-, au sens de joint, répond au gallois cyd- ; il se notait quet- en moyen breton.

Etre-, entre-, est un emprunt au français avec dénasali­ sation de la consonne initiale.

Kem- procède du vieux breton com- ; c’est une variante de ken- par assimilation devant un m- ou par labialisation devant un b- ou un p-.

Four-, trop, à l’excès, est un emprunt à l’ancien fran­ çais for- et exprime l’excès.

Gar- exprime l’idée de raccourcir, de tronquer ; c’est un préfixe diminutif ; il correspond au gallois gar-y ger-y et vraisemblablement à l’irlandais gerry court.

Gou-, sou-, est issu du vieux breton guo-y à valeur diminutive ; il répond au gallois go-. En dialecte vanne­ rais, il est prononcé [gur-] et peut être confondu avec le suivant. Ce préfixe provoque la mutation de la consonne initiale du radical. Gour-, sur-, est un préfixe augmentatif, à valeur ren­ forçante, superlative. Issu du vieux breton uuor-y il répond au gallois gor- (guor- en vieux gallois) et s’appa­ rente au vieil irlandais for- et au gaulois ver-. Il adoucit tantôt la consonne initiale du radical (/>- dans gourboan ; k- dans gourgamm, par exemple), tantôt il lui fait subir la mutation spirante (k- dans gourchemenn ; p- dans gourfenn et t- dans gourzaoler), mais il n’agit pas sur le d- (gourdouran) •

Han-, (hors) de, répond au gallois bon-. Hanter-, demi-, mi-, correspond au gallois hanner- ; il provoque la lénition de la consonne initiale du radical.

He- correspond aux suffixes français -able, -ible. Il procède du vieux breton ho-y he-y bon, bien, lui-même du brittonique su- apparenté au gaulois su- et à l’irlan­ dais so-. Il répond au gallois hy-. Il entraîne la lénition de la consonne initiale du radical.

Ken-, équivalent au gallois cyn-y procède du vieux bre­ ton con- ; il sert à rendre l’idée de mutualité, de réci­ procité, ou implique l’idée de conjonction, de regroupement, d’accession. Il fait muter généralement la consonne initiale du radical, excepté d- et g-. Kev- procède du vieux breton com- et se place devant des mots commençant par une voyelle. Noté queff- en moyen breton, il répond au gallois cyf-, d’un emploi plus fréquent.

Kon- procède directement du vieux breton con- sans avoir subi d’évolution à ken-. Kor- procède du vieux breton cor-, que l’on tire du brittonique *co-er-. Il a pour correspondant le gallois cor-. Tous deux évoquent l’idée de courbure, de tourner en rond.

Kim- est une variante de ken- par contamination due à des mots dont le radical présente un -u- au niveau de la syllabe initiale.

Les- répond au comique les-, au gallois llys-, à l’irlandais leas- (less- en vieil irlandais) et au gaélique d’Écosse leas-. Tous sont tirés du celtique *lis-so- et ont une valeur péjorative. Lies-, de l’adjectif indéfini lies (voir ce mot), offre les sens de multi-y poly-.

Il- est un préfixe qui amoindrit, adoucit le sens du radical.

Mal- est un emprunt au préfixe français mal-, mau­ vais, attesté au XIIe siècle.

Im- procède du français im- et ne se rencontre qu’au niveau d’emprunts.

Mar- procède du vieux breton men-, petit, par dissi­ milation de la consonne finale (voir min-).

In- est une variante de en- et a conservé la forme du vieux breton in-.

Mes- est un emprunt au français més-, mé-, mal, mauvais.

Is-, sous, sub-, évoque l’idée d’infériorité. Jil- est une variante de skii-.

Ka- est un emprunt à l’ancien français ca-, à valeur expressive, et souvent péjorative.

Min- procède du vieux breton men-, petit ; comme le comique man- et le gallois mân, il a une valeur dimi­ nutive, parfois péjorative.

Mor- est une variante de mar-.

Mous- est un préfixe à valeur diminutive.

Ol- évoque un manque ; il procède du vieux breton ol, être après, et répond au gallois ôl, derrière. Par- procède d’un emprunt du moyen breton par- à l’ancien français par-, préfixe intensif, augmentatif. Il est, en breton, un préfixe de renforcement.

Peur- est issu du vieux breton pur- par le moyen peur- ; il correspond au moyen gallois pur-, au vieil irlandais cir- et au latin per-, duquel procède l’ancien français por- (pouren français moderne). Ce préfixe ajoute l’idée de perfec­ tion, d’achèvement total, de travail accompli. Il provoque, en outre, la lénition de la consonne initiale du radical.

Peus- vient relativiser la valeur du radical et donne l’idée de “à peu près, presque”. Il provoque la lénition des consonnes b-, m- et du groupe gw-. Pii- est un préfixe à valeur diminutive. Pis- est un préfixe à valeur diminutive.

Ra-, à valeur intensive, procède du vieux breton ra-, variante de ro-.

Rag-> devant, avant, présente la même valeur que le français pré-. Re- est un emprunt au français re-.

38

Sa- est un préfixe d’origine incertaine. Skil- est un préfixe atténuatif, qui amoindrit, adoucit le sens ; il provoque la lénition de la consonne initiale du composant.

Soul- est un emprunt à l’ancien français sor-, sur-, et présente une valeur augmentative ; il donne au dérivé l’idée de supériorité, d’excès. Il adoucit le p- initial du radical en b-. Sour- procède comme le précédent de l’ancien fran­ çais sor-, sur, et ajoute l’idée de dépassement, de supé­ riorité. Il provoque la mutation adoucissante du radical. Mais dans le cas du verbe sourganan, il correspond au français sou-, à valeur dépréciative.

Sul- est un préfixe augmentatif issu du français sur-, par dissimilation de la consonne finale. Tar-, préfixe augmentatif, est issu du brittonique *to-are ; c’est une variante de dar-.

Tor- est une variante du précédent de même valeur. Tour- est un préfixe à valeur diminutive.

Tre-, tout à fait, extrême, procède du vieux breton tre, à travers, et correspond au gallois try- ; on le comparera à l’ancien français très- issu du latin trans-.

Les

suffixes

-a, suffixe verbal, exprime l’idée de collection, de cueillette, de réunion. Il s’ajoute soit à un substantif pluriel, soit à un collectif. Issu d’un ancien -ha, il vient renforcer les consonnes -by -d, -gel -s en -r-, -k- et -ss- Il a pour cor­ respondant le gallois -Oy de même valeur et de même action.

-aad, suffixe verbal, s’ajoute à un adjectif qualificatif pour rendre l’idée de devenir. Issu du moyen breton -haty ce suffixe est dit durcissant, c’est-à-dire qu’il vient ren­ forcer les consonnes -¿, -dy -g, -sy -z et -zh en -r-, -¿-, -ss-y -zz- et -sh-. La voyelle précédant la consonne finale du radical devient alors brève. Lorsque les adjectifs sont terminés par une consonne liquide, celle-ci est redou­ blée pour rendre le changement de quantité de la voyelle. Ce suffixe répond au comique -hê et au gallois -hau {-au après -c final).

-abl, -able, se relève dans des mots empruntés au fran­ çais ou bâtis à l’exemple du français sur un radical cel­ tique. -ach, emprunté au français -âge, donne au substantif une valeur dépréciative ou péjorative. -ad1, suffixe verbal évoquant en général un cri d’ani­ mal, un bruit, etc.

-ad2 apporte la notion de contenu, de durée ; il n’a aucune influence sur le genre du dérivé par rapport au radical. Il répond au gallois -aid -ad -ad3 est un suffixe servant à former des noms d’agents ; il a pour correspondant le comique -as.

-adeg, suffixe rendant l’expression d’un espace de temps écoulé ou une action collective ; il est issu du vieux breton -atac et correspond au gallois -adeg. Les substantifs ainsi créés sont tous du genre féminin. -adell sert à former des substantifs féminins.

-adurezh forme des substantifs féminins à valeur abs­ traite. -adus sert à former des adjectifs qualificatifs de sens géné­ ralement passif ; il équivaut au français -able ou -ible.

-adusted, de -adus + ded, donne un sens abstrait au substantif féminin dérivé et correspond au français -abilité ou -ibilité. -ailh est un emprunt au français -aille, de sens dépré­ ciatif ou péjoratif.

-aj est un emprunt au français -âge. -al sert à former des verbes évoquant un bruit quel­ conque, un cri d’animal, en général.

-amant est un emprunt au français -ement dont il a gardé la même valeur ; il provient généralement d’em­ prunts au français, que ce soit au niveau de substantifs masculins que d’adverbes. -an, d’emploi fréquent en vieux breton, n’apparaît plus que dans quelques substantifs en breton moderne ; il donne un sens diminutif au dérivé.

-an sert à former des verbes à l’infinitif ; suffixe de très forte fréquence hors du Vannerais, il procède du vieux breton -am par le moyen -affet correspond au comique -a et au gallois -af. -an est la marque du superlatif des adjectifs qualifica­ tifs ; il procède du celtique *-samos par le vieux breton -ham et le moyen -affet le breton prémoderne -anff. Si le -h- initial s’est perdu dans l’écriture, il se rappelle par le renforcement des consonnes finales -¿, -d, -g, -s, -z et le doublement des consonnes liquides.

-ans est un emprunt au français -ance, voire -ence, et sert à former des substantifs abstraits .

-adenn, suffixe rendant l’expression d’une action indi­ viduelle, sert à former des substantifs de genre féminin.

-ant est un emprunt au français -ant, marque du par­ ticipe présent ; il forme des adjectifs qualificatifs.

-adur vient former des substantifs masculins expri­ mant une action ou le résultat d’une action.

-aod note la bretonnisation du suffixe français -aud, à valeur péjorative.

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-ard est un emprunt au suffixe français -ard, à valeur péjorative ou dépréciative.

qualité ou un défaut. Il est aussi issu du vieux breton -oc.

-assenn est un emprunt, avec ajout du suffixe breton -enn au français -asse, à valeur dépréciative ou péjora­ tive.

-eg3 entre dans la formation des noms de langue et procède du latin -ica, duquel sont également issus le cornique -ek et le gallois -eg

-assion, du français -ation, entre dans des substantifs féminins empruntés au français et à graphie bretonnisée.

-eg4 sert à indiquer un ensemble d’objets ou à rendre l’abondance d’un végétal (plante, arbre, etc.) en un lieu donné ; il forme à la fois des adjectifs qualificatifs et des substantifs féminins. Il prend la même valeur que le français -aie. Ce suffixe procède du vieux breton -oc et présente la même valeur que le gaulois -akon latinisé en -acum.

-ata, de -ad1 + -a

-aus est formé de -a issu du suffixe -aad et du suffixe -us ; il s’ajoute au radical du verbe pour former un adjec­ tif qualificatif rendant le sens de “que l’on peut...” et correspondant au français -able.

-ded est issu du latin -(i)tatem et correspond au cornique -sys et au gallois -dod. Il sert à former des sub­ stantifs abstraits de genre féminin à partir d’adjectifs qualificatifs. Ce suffixe se renforce en -ted après les consonnes -k, -p, -5, -t. -der répond au comique -¿¿ret au gallois -der ; il entre dans la composition de substantifs également abstraits mais avec un sens plutôt concret. Ce suffixe se renforce en -ter après les consonnes -A -/>, -s, -t.

-eg5 est un suffixe verbal d’emploi très rare.

-egezh est formé de l’association de -eg2 et de -ezh ; ce suffixe qui forme des substantifs féminins indique une qualité ou un défaut.

-el1 entre comme suffixe verbal dans la formation de quelques verbes. -el2 procède du vieux breton -ol et répond au gallois -ol ; il forme des adjectifs qualificatifs et correspond pour la valeur au français -al ou -el.

-ed1 est l’une des marques du pluriel ; il s’ajoute à des substantifs masculins évoquant des noms d’agent ou des noms d’animaux mais aussi aux substantifs féminins suffixés en -es.

-elezh, de -el1 + -ezh., entre dans la formation de sub­ stantifs féminins indiquant une qualité et correspond pour le sens au français -été, -ité, -alité. Il a pour cor­ respondant le gallois -olaeth.

-ed2 sert à former quelques substantifs féminins de sens abstrait comme kened beauté.

-ell est issu du latin -ellusex. répond au gallois -ell II sert à former des substantifs féminins à valeur diminutive.

-ed3 note la bretonnisation du suffixe français -et.

-ell est un emprunt à l’ancien français -el, -elle, éga­ lement issus du latin -ellus.

-ed4 est la marque du participe passé des verbes ; il est issu du vieux breton -rtpar le moyen -et,

-ed5 note la désinence infinitive de certains verbes et, en particulier, des verbes de perception. -edig procède du vieux breton -etic par le moyen -edic ; composé de -ed4 et de -ig, il sert à former des adjectifs qualificatifs à partir d’un participe passé avec un sens restrictif. Il s’est maintenu sous cette forme en dialecte vannerais, ailleurs il a évolué en -idig. Ce suf­ fixe répond au gallois -edig.

-edigezh aide à former des substantifs à valeur abs­ traite. -eg1 sert à former des adjectifs qualificatifs évoquant la possession ou une relation avec l’objet possédé. Il pro­ cède du vieux breton -oc par le moyen -eue et corres­ pond au comique -ek, parfois -ak, et au gallois -og.

-eg2 forme des adjectifs qualificatifs évoquant une

40

-en est un suffixe verbal servant à former quelques infinitifs. -enn1 est la marque du singulatif ; elle s’ajoute au sub­ stantif collectif pour isoler un élément de la collection. Ce singulatif est du genre féminin ; il procède du vieux breton -in masculin et -en féminin. L’évolution de -in à -enn a amené le changement de genre des anciens sub­ stantifs masculins. Ce suffixe répond au gallois -yn mas­ culin et -en féminin.

-enn2 sert à former des dérivés de genre féminin à par­ tir d’un radical d’origine celtique ; ces substantifs mar­ quent une parenté, un rapport d’espèce à genre, ou encore, une simple affinité. -enn3 sert également à former quelques substantifs féminins évoquant le plus souvent le défaut d’une per­ sonne, qu’il soit de sexe féminin ou masculin.

-enn4 s’ajoute à des substantifs empruntés au français et de genre féminin.

-iant, voir -ant.

-entez forme des substantifs de genre féminin à valeur surtout abstraite et indique une qualité ou un défaut.

-id, issu du latin -eturn, répond au suffixe français -aie. Ce suffixe se rencontre surtout dans les noms propres de lieux.

-enti entre dans la formation de quelques substantifs de genre féminin et à valeur abstraite.

-idant n’est utilisé qu’en vannerais pour former des adjectifs qualificatifs.

-er1 sert à former des noms d’agent ; très fréquent en KLT, il est d’un emploi plus rare en dialecte vannerais. Ce suffixe procède de l’ancien français -(i)er.

-er2, suffixe verbal, sert à former quelques infinitifs.

-idell sert à la formation de substantifs féminins. -idenn entre dans la formation de substantifs fémi­ nins, principalement en dialecte vannerais.

-ères, de -e/ + -es, donne le féminin des noms d’agent en -er, mais sert aussi à rendre, à l’exemple du français -euse, les noms de diverses machines.

-idig procède du vieux breton -¿’fi? par le moyen -edic ; composé de -ed4 et de -ig ; il sert à former des adjectifs qualificatifs à partir d’un participe passé avec un sens restrictif.

-erezh, de -e/ + -ezh, entre dans la formation de sub­ stantifs abstraits de genre masculin, exprimant une action, une technique, un art.

-idigezh procède du moyen breton -idigaezet correspond au gallois -edigaeth. Il sert à former des substan­ tifs féminins abstraits.

-erezh, de -e/ + -ezh, correspond au français -erie et indique une relation entre l’agent et son local de vente, de fabrication ; ces dérivés sont de genre féminin. -eri est un emprunt au français -erie.

-es sert à former des noms d’agent féminins. -es s’ajoute en KLT aux noms de légumes et fruits empruntés au français sous leur forme plurielle. -esenn note le singulatif du suffixe collectif précédent.

-eson, noté -aeson en moyen breton, est un emprunt à l’ancien français -aison.

-eür procède de l’ancien français -eure devenu -ure en français moderne.

-ez, autre marque de pluriel peu usitée, procède du vieux breton -oedzt correspond au gallois -oedd de fré­ quence certaine.

-ieg, voir -eg2.

-iegezh, voir -egezh. -ier, autre marque du pluriel, amenant souvent l’al­ tération du radical. -iezh est un suffixe de valeur abstraite entrant dans la formation de substantifs féminins ; il correspond au gal­ lois -iaeth et à l’irlandais -acht.

-ig, d’emploi très fréquent en breton, sert à former des diminutifs qui gardent le même genre que le radi­ cal. Il est issu du vieux breton -ic par le moyen -ic et répond au comique -yk et au gallois -ig.

-igell, de -ig + -ell, aide à former des diminutifs fémi­ nins. -igenn, de -ig + -enn, sert à la formation de substan­ tifs féminins diminutifs. -igezh donne un sens abstrait au substantif féminin.

-ez, correspondant du comique -ys et du gallois -ydd sert à former des substantifs féminins de sens abstrait ; il est issu du vieux breton -ed

-ik note la bretonnisation du français -ique et n’ap­ paraît que dans des emprunts.

-ezh entre dans la formation de substantifs féminins de sens abstrait.

-ikell, de ig + -ell, est le correspondant vannerais de -igell.

-ezh est une désinence verbal infinitive d’emploi rare.

-i, autre marque du pluriel, vient s’ajouter aux sub­ stantifs suffixés en -ad en -ed en -eg et en -iad princi­ palement. -i entre dans la formation de substantifs de sens abs­ trait.

-iad, voir -ad2 ou -ad3. -iadur, voir -adur.

-ilh est un emprunt au français -ille.

-iihon est un emprunt au français -illon.

-in est un suffixe verbal qui n’entre que dans la for­ mation de l’infinitif de quelques verbes. -in est issu du vieux breton -im par le moyen -iff\ il a pour correspondants le comique -y et le gallois -i. Il entre dans la formation d’infinitifs verbaux et est de très grande fréquence en dialecte vannerais. 41

-inti entre dans la formation de quelques substantifs de genre féminin et à valeur abstraite. -ion est un suffixe pluriel qui s’ajoute à des noms d’agent terminés principalement par les suffixes -er et -our, mais aussi à des noms d’êtres animés.

-on est un emprunt au français -on.

-oni entre dans la formation de substantifs féminins abstraits ; il s’ajoute à des substantifs et à des adjectifs qualificatifs.

-ion sert à former des substantifs de sens abstrait.

-oniezh, de sens voisin du précédent, sert à former des substantifs féminins d’ordre scientifique.

-iow sert à noter le pluriel de certains substantifs ; il est noté -ioù en peurunvan et en interdialectal, et -iou en universitaire.

-or forme des substantifs féminins indiquant une sen­ sation physique ou morale.

-iri est un emprunt au français -erie. -is1 entre dans la formation de substantifs féminins de sens abstrait ; c’est un emprunt au français -ise.

-is2, issu du vieux breton -is, entre dans la composi­ tion de quelques substantifs comme bourchisou dans la formation d’autres substantifs ordinairement abstraits. -is marque le pluriel de substantifs s’adressant aux na­ tifs ou habitants de.

-ision, prononcé / -ÿraw/hors vannerais, entre dans la formation de substantifs de sens abstrait.

-ison est un emprunt au français -ison.

-ission figure dans des substantifs empruntés au fran­ çais et équivaut donc au suffixe français -ission ou -ition.

-ite est un emprunt au français -ité.

-ius, voir -us. -nez s’ajoute à un adjectif qualificatif pour former des substantifs féminins indiquant une qualité. -nezh s’ajoute lui aussi à un adjectif qualificatif pour former des substantifs féminins indiquant une qualité.

-o, issu du vieux breton -om, est une désinence ver­ bale infinitive usitée en haute Cornouaille ; il corres­ pond au gallois -o, de forte fréquence, et qui sert notamment à noter les verbes empruntés à l’anglais.

-oc’h sert à former des comparatifs de supériorité ; il procède du vieux breton -och et correspond au gallois -och. Par analogie avec -an, suffixe superlatif, il vient ren­ forcer les consonnes sourdes -b, -g, -s, -z et -zhet fait redoubler les consonnes liquides -k -m, et -r. -oc’hig se compose de -och + -ig.

-od note l’emprunt au suffixe diminutif français -ot.

-oed, entrant dans la formation de substantifs fémi­ nins exprimant l’abondance d’une plante, d’un arbre, est issu du latin -etum et correspond au français -aie. Il est d’un emploi fréquent en toponymie, où il s’est réduit tantôt à -et, tantôt à -ot. 42

-oud, marque d’infinitifs verbaux, procède du verbe boud, être, et sert à former un certain nombre de verbes dont ceux évoquant une perception. Il correspond au comique - vos et au gallois -bod, -fod

-ouer est un emprunt à l’ancien français -oir et sert à former des noms d’instrument. -ouilh est un emprunt au suffixe français -ouille, à valeur péjorative.

-our, du vieux breton uur, homme, sert à former des noms d’agent masculin ; il est d’un emploi très fréquent en vannetais.

-ouriezh, de -our + -iezh, entre dans la formation de substantifs abstraits féminins.

-ow, noté -ou en universitaire et -où en peurunvan et en interdialectal, provient du vieux breton -ou [ow] ; c’est le suffixe pluriel le plus fréquent. Il se rencontre généralement sous la graphie -aou dans le corps de mots dérivés, en universitaire, peurunvan et interdialectal.

-oweg, de -ow + -eg, généralement noté -aouegàans les trois graphies, sert à la formation de substantifs fémi­ nins pour exprimer le lieu où sont gardées, amassées, réunies des collections d’objets identiques ou de même origine ; il rend le suffixe français -thèque.

-us, issu du latin -osus, sert à former des adjectifs quali­ ficatifs ; il correspond à l’ancien français -os et moderne -eux, au comique -us et au gallois -us.

-ved, correspondant au français -ième, aide à la for­ mation d’adjectifs numéraux ordinaux ; il répond au comique -ves et au gallois -fed -vedenn note la substantivation d’un adjectif numé­ ral ordinal.

-wezh, suffixe indiquant une durée, procède par adoucissement de gwezh, action, et répond au gallois -waith, de gwaith. -wezhiad, de -wezh + -iad, sert à exprimer le contenu d’une durée.

• Pour bien comprendre le dictionnaire Le dictionnaire étymologique regroupe tous les mots de la langue bretonne par famille autour de leur radical. Chacun est suivi de sa graphie la plus ancienne attestée (soit dans les divers écrits ou dictionnaires, soit par des noms de lieux ou de personne souvent plus anciens), de sa nature grammaticale, de son ou ses sens en français, de son étymologie, de son équivalence avec d’autres mots celtiques. Les dérivés sont présentés suivant le même schéma :

- ceux qui sont formés avec un suffixe ; - ceux qui sont formés avec un préfixe ; - les mots composés présentant le radical en position initiale ;

- les mots composés présentant le radical en seconde position.

Certains mots présentent une graphie différente de celle(s) en usage dans l’une ou l’autre des trois graphies ; des renvois ramènent à la graphie utilisée. Si j’ai été amené à proposer une autre graphie, c’est pour rester en accord avec l’étymologie du mot, avec ses prononcia­ tions dialectales, et non par rapport à celle d’un seul dia­ lecte devenu prédominant. Le breton est la langue de tout un peuple et non d’une minorité agissante. Quant au dictionnaire de français utilisé en référence, il s’agit du Larousse à\i XXe siècle (1920), éd. augmentée en 1960.

• Les abréviations adj. excl. adj. indéf. adj. interr. adj. num. card. adj. num. ord. adj. poss. adv. coll. conj. coord. conj. sub. déb. interj. mil. n. pr. pan. pl. pr. indéf. pr. interr. pr. pers. prép.

adjectif exclamatif adjectif indéfini adjectif interrogatif adjectif numéral cardinal adjectif numéral ordinal adjectif possessif adverbe collectif conjonction de cordination conjonction de subordination début interjection milieu nom propre participe pluriel pronom indéfini pronom interrogatif pronom personnel préposition

s. d.

substantif duel

s. f.

substantif féminin

s. m.

substantif masculin

s. pl. s. v.

substantif pluriel

sing.

V.

singulatif verbe

v. conj.

verbe conjugué

substantif verbal

La préparation de la bouillie O. Perrin (1761-1832). Dessin préparatoire au crayon ayant servi à une gravure inédite. Coll. part.

A (¿z, 1499), prép., de (ag de­ vant une voyelle), procède du vieux breton ¿z, depuis, de, par, et correspond au comique a et au gallois 0, au vieil irlandais ùa, oa (moyen o). On notera que le vieux breton avait aussi comme doublet la préposition o. Ce mot est tiré d’un celtique *apo.

K, interj., ah !, se retrouve également en comique, en gallois et en irlandais mais, dans bien des cas, doit pro­ céder de l’ancien français a, attesté en 1050 (le -h final du français est apparu tardivement et n’est que pure­ ment graphique). A, part. verb. et pron. relat., qui, que, est issu du vieux breton a et admet pour correspondants le comique a, le gallois a et l’irlandais a. Cette particule verbale serait un résidu de l’article défini an. Le moyen irlandais an, dont a est une forme réduite, était, dans certains cas, employé comme particule.

Abad {abat, 1267, nom de personne dans un acte de l’abbaye de Beauport ; abad, 1732), s. m., abbé, a pour correspondants le gallois abad, le comique abas issu du moyen abad, l’irlandais abb qui prend la forme abbadh au génitif. Tous, comme l’ancien français abeet l’anglais abbot, procèdent de l’accusatif latin abbatemAe abbas. Le maintien du -b- dans les langues celtiques s’explique par une forme *apat en vieux breton, vieux gallois et vieux comique. Cette forme est attestée par l’inscription chrétienne Samsoni apati datée vraisemblablement du IXe siècle. Abades {abades, 1499), s. £, abbesse, formé avec le suffixe -es. Abadiezh {abadiezh, 1992), s. f, char­ ge d’abbé, formé avec le suffixe -iezh. Ce nom est à rap­ procher du gallois abadaeth, charge d’abbé, abbatiat. Abadorenn {abadoren, 1659), s. f, dorade commune, est un composé hybride avec dorenn {doreenn, dorade, 1744). La forme exacte du mot aurait dû être *abatorenn par assourdissement du -d final et du d- initial, mais cette consonne n’a pas été perçue comme une gé­ minée. Abati {abaty, 1499), s. m., abbaye, de abad+ ti. Le t- initial de ti vient renforcer le -d final de abad. Il a pour correspondants le gallois abaty et le comique abbatty. Abatiaj {abatiaj, 1992), s. m., bénéfice d’abbaye, formé sur abati suivi du suffixe -aj. Kenabad {qen-abad, 1732), s. m., coadjuteur d’abbé, formé avec le préfixe ken- se retrouve plus anciennement, au pluriel, sous la forme altérée *^^rfipour kenebedadoucie à l’initiale, en 1540, dans Kerguenebret en Peumerit (aujourd’hui Kernébrat).

Abaf {abaff, 1499), adj. quai., timide, pusillanime, serait un emprunt à l’ancien français bafe (1283), soufflet du revers de la main, claque, précédé du préfixe a- du la­ tin ad-. Il a été rapproché du dialecte poitevin ébaffe, abasourdi. Abafaad {abafaat, 1931), v., complexer, dérivé en -aad. Abafamant {abaffamand, 1732), s. m., intimidation, dérivé en -amant. Abafaus {abafaus, 1958), adj. quai., qui complexe, dérivé en -(a)usformé sur le radical abafa- du verbe abafaad. Abafer {abafer, 1992), s. m., intimidateur, dérivé en -er. Abafin {abaff, 1659), v., intimider ; diminuer, formé avec la désinence verbale -in. Abafted {abafded, 1958), s. £, pusillanimité, suffixé en -ded renforcé en -ted. Abafter {abafder, 1821), s. m., timidité, complexe, suffixé en -der ren­ forcé en -ter. Abafus {abafus, 1992), adj. quai., inti­ midant, avec suffixe -us. Diabaf {diambaf, XVIe ; diabaf, 1689), adj. quai., sans complexe, décomplexé, formé avec le préfixe privatif di. Diabafin {diabaffi, 1659), v., se remettre, se décom­ plexer.

Abaissan {ebahyssajf, 1576), v., ébahir, attesté sous la forme du part, passé abaisset, “esbahi”, en 1464, est un emprunt à l’ancien français esbair, étonner, effrayer, for­ me du début du XIIe siècle du moderne ébahir. L’emprunt s’est fait sur la base du radical de ce verbe, c’est-à-dire esbaiss- avec modification de la syllabe ini­ tiale. Abandon {abandon, 1710), s. m., abandon, est un em­ prunt au français abandon, mot attesté à la fin du XIIe siècle et formé sur une racine bandissue du germanique *band, juridiction, précédé du préfixe a- privatif et du suffixe -on. Abandonin {abandonajf, 1519 ; abandoni, 1710), v., abandonner, dérivé avec la désinence infinitive -in.

Abatouer {abatouer, 1992), s. m., abattoir, semble être un emprunt récent. Ce sens n’est attesté en français qu’en 1806. Auparavant, ce mot signifiait “ce qui est abattu” dans un texte du XVIe siècle. Abavant {abavand, 1723, d’après le pl. abavandeu}, s. m., persienne, est un emprunt au français abat-vent. Abechin {abechein, déb. XVIIIe), v., appâter, est un em­ prunt vannerais au gallo abécher issu de l’ancien fran­ çais abechier, donner la becquée à un jeune oiseau, allécher (XIIIe). Ce dernier est un dérivé de bec. Abeg {abec, 1499), s. m., motif, raison, est un emprunt au déverbal du verbe ancien français abecquer, donner un coup de bec (XIIe). Abegadenn {abegadenn, 1931), s. £, critique, formé avec le suffixe -adenn. Abegenn

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(abegenn, 1947), s. f., considérant, avec suffixation en -enn. Abeger {abeger, 1992), s. m., critiqueur, de abeg + -er- variante abegour {abegour, 1992), de abeg+ -our. Abegin {abecguy, 1716), v., critiquer, avec désinence infinitive en -in {abecki, répéter par dérision les paroles d’une personne qui a mal parlé, en la contrefaisant, 1716 ; abegi, 1821). Abegerezh {abegerezh, 1992), s. m., critique, de abeg+ -erezh. Abegus {abegus, 1931), adj. quai., critique, de abeg + -us. Pennabeg {penn-abek, 1821), s. m., principal motif, composé de penn et abeg. Aber, s. f., estuaire, embouchure, voir sous Ber.

Aberzh {aberh, 1910), s. m., sacrifice, immolation, est un emprunt récent au gallois aberth issu du vieux gallois aperth, et qui admet pour correspondant l’ir­ landais idbairt&w vieil irlandais odbartpax le moyen idpart. Ces mots remontent à un celtique *ati-odbher-t-. Aberzhad {aberziad, 1931 ; aberzad, 1944), s. m., victime (d’un sacrifice), de aberzh + -ad. Aberzhan (1958), v., sacrifier, immoler, de aberzh + -an, et sa variante aberzhin {aberzhin, 1992), de aberzh + -in, sont calqués sur le gallois aberthaf, aberthu. Aberzher (aberzer, 1931), s. m., sacrificateur, im­ molaient, de aberzh + -er, et sa variante aberzhour {aberzour, 1931), de aberzh + -our, procèdent du gal­ lois aberthwr. Emaberzh {emaberz, 1931), s. m., sacrifice de soi, for­ mé avec le préfixe em-.

Abesse {abece, 1499), s. m., alphabet, est formé sur les trois premières lettres de l’alphabet, A, B, C. Abesseer {abeceer, 1499), s. m., abécédaire, de abesse + -er. Abeuvrin {abeuffriff, 1499), v., abreuver, est un em­ prunt à l’ancien français abevrer, forme attestée au XIIe siècle et qui donne abrever^ métathèse au siècle sui­ vant. Ce verbe procède du latin populaire abbiberare. Abeuvrouer {abrehuér, 1723), s. m., abreuvoir, est une forme refaite sur le verbe ; en 1220, l’ancien français avait déjà la forme abrevoir, verre, gobelet à boire, issue de *abevroir par métathèse. Abeuvrlec’h (abeuffrlech, 1464), s. m., abreuvoir, composé du radical du verbe et du substantif lech.

Abid {abit, 1499), s. m., habit, costume, procède de l’ancien français abit au sens de “habit ecclésiastique” à la fin du XIIe siècle. Le gallois abidest, lui aussi, un em­ prunt à l’ancien français et attesté au XIIIe siècle. L’irlandais aibid, habit, costume ecclésiastique, du vieil aibit, paraît être un emprunt tardif au latin habitus avec influence possible du français. 46

Abied {abiétt, 1744), part, passé d’un verbe *abian, aviné, présente comme radical abi- identique à l’ancien français abi, abîme. Abienner {abyenner, 1732), s. m., gardien de saisie, et sa variante abionner {ambyonner, 1732), s. m., sont un emprunt à l’ancien français abienneur, substantif qui, en Bretagne, désignait le “commissaire des séquestres”, le “gardien judiciaire d’un immeuble où il y avait des fruits à recueillir”.

Abil {abil, 1499), adj. quai., actif, entreprenant, espiègle, procède de l’ancien français habile, agile (1360), com­ pétent (fin XIVe), lui-même issu du latin habilis, dérivé du verbe habere, avoir, tenir. Abilan {abilan, fin XIXe), v., entreprendre (de), (s’)aventurer (à), de abil + -an. Abilded {abiltèt, 1709), s. f., activité, de abil + -ded. Abilaad {abilat, 1904), v., rendre ou devenir plus actif, plus entreprenant, de abil + -aad Abilitan {abilitan, 1992), v., faire l’espiègle, et sa variante abilitin {abilitin, 1992) sont formés sur un radical abilit- emprunté au français habilit-er tout comme abilitaj {abilitaj, 1992), s. m., espièglerie, de abil+ -it-aj. Abilhamant {abillamant, “vestement”, déb. XVIe), s. m., habillement, déguisement, est un emprunt à l’ancien français habillement, équipement (1374) ; le sens de “vê­ tement” n’est attesté qu’en 1572. Le gallois abiliment procède d’un emprunt fait au XVIe siècle au moyen an­ glais abilyment, lui-même issu de l’ancien français. Abilhan {habillaff, 1632), v., habiller, déguiser, et sa va­ riante abilhin {abilhiii, 1992) sont formés sur le même radical abilh-. Abim {abism, 1464 ; abim, “abisme”, 1499), s. m., abîme, procède de l’ancien français abisme (1190) puis abime, issu du latin ecclésiastique abyssusavec fausse suf­ fixation en -ismus. Abiman {abima, 1710), v., abîmer, de abim + -an - variante abimin {abimin, 1992) de abim + -in. Abin {abin, fin XIXe), adj. quai., chien, rapiat, est un em­ prunt au français argotique habin, chien, homme avare.

Abitan {abitaff, 1499), v., habiter - variante abitin {abitin, 1992) -, procède de l’ancien français abiter, attes­ té au début du XIIe siècle et issu du latin habitare. Abitant {abitant 1623), s. m., habitant, est également un emprunt à l’ancien français abitant (déb. XIIe). Abitassion {habitation, 1499), s. f., habitation, note la bretonnisation de ce mot. Abituin {abituin, 1992), v., habituer, est emprunté à l’ancien français abituer, revêtir, habiller, munir (déb. XIVe), le sens de “accoutumer” n’apparaissant qu’en

1549. Ce verbe est un emprunt au latin médiéval habituare, dérivé de habitus, manière d’être. Abitud (abitud, 1992), s. £, est un emprunt au français habi­ tude.

Abolissan (abolissaff, déb. XVIe), abolissin (abolissin, 1992), v., abolir, est un emprunt à l’ancien français abolir, par le moyen breton abolissaff, sur la base de son radical abohss- auquel s’est ajoutée la désinence verbale -an ou -in. Attesté en 1344, ce verbe procède du latin abolere. Abominabl (abominabl, 1499), adj. quai., abominable, atroce. L’ancien français abominable, qui inspire le dé­ goût (1120), est issu du latin ecclésiastique abominalis, qui doit être repoussé comme un mauvais présage. De ce qualificatif dérive le verbe abominablin (abominablin, 1992), abîmer.

Abominan (abominan, 1992), abominin (abominin, 1992), v., esquinter, de l’ancien français abomine, éprou­ ver du dégoût devant une chose impie (1120), luimême emprunté au latin ecclésiastique abominare.

Abon (aboun, 1499), s. m., crottin, rappelle le gallois ebod(n) issu du moyen ebodyn, crotte, crottin, dérivé du terme brittonique ep, cheval, devenu ¿»¿-dans les com­ posés (voir sous ebeul). Le breton abon suppose une évolution de eb- - ab- avec suffixation en -on. Abonin (abonin, 1931 ), v., faire du crottin, est apparenté au gal­ lois ebod(n)af, ebod(n)i. Abonna (abouna, 1876), v., ramasser du crottin, présente le suffixe verbal -a.

Abondans (abundancc, “abundance”, 1499), s. £, abon­ dance, est un emprunt à l’ancien français abondance (1121), dérivé du verbe abonder (1120) et issu du la­ tin abundare, déborder. Abostad (appostat, 1464), s. m., apostat, est un emprunt à l’ancien français apostat (1265), lui-même dérivé du latin apostata, apostat, renégat.

Abostol (abostol, “apostre”, 1499), s. m., apôtre, est un emprunt au latin apostolus, apôtre. Ce mot a pour cor­ respondants le comique et le gallois abostoL Abostol (abostol, “epistre”, 1499), s. m., épître, procède, quant à lui, du latin epistola, lettre, missive. Les deux emprunts se sont confondus en un même mot. Abostolaj, s. m., sous-diaconat ; obséquiosité, formé avec le suffixe -aj. Abostoler (abostoler, “épistolier”, 1499), s. m., sousdiacre, de abostol+ -er. Abostolerezh (abostolerez, 1931), s. m., apostolat ; prosélytisme, de abostol + -erezh. Abostolidigezh (abostolidigez, 1931), s. m., apostolicité, de abostol + -idigezh. Abostolik (appostolic, “appostolique”, 1499), adj. quai., apostolique, est un emprunt

à l’ancien français lui-même issu du latin apostolicus ; le gallois abostolig dérive du mot abostol ; le comique abostolek semble être un emprunt direct au latin du fait de sa suffixation en -ek. Abostolin (abostoli, 1821), v., chanter l’épître, faire le bon apôtre ; ordonner sousdiacre, de abostol + -in. Aboutin (aboutein, 1723), v., abouter, est un emprunt à l’ancien français aboter, toucher par un bout, confi­ ner (1247). Celui-ci est un dérivé de bot, bout.

Aboutissait (aboutissa, 1709), v., aboutir, est un em­ prunt formé sur le radical du verbe français, dérivé de bout. Abr (abr, “aspre”, déb. XVIe), adj. quai., âpre, est un em­ prunt tardif en moyen breton, l’ancien français aspre (1131) ayant déjà évolué en âpre lorsque cet emprunt a été fait. Le -p- s’est adouci en -b- sous l’influence du -r-.

Abrant, s. £, sourcil, procède du vieux breton abran(t) par le moyen abrant (1499). Ce mot est équivalent au comique abrans, au gallois amrant, paupière, à l’irlan­ dais abhra (du vieil irlandais abrd) et au gaélique d’Écosse abhra. La forme galloise amrant suppose une forme ancienne ^ambrant qui se serait réduite à a- dans les autres branches celtiques. Malgré l’irlandais bra, sourcil, ce a- initial fait difficulté. Abranteg (abrantuc, attesté comme nom propre en 1126 ; abrantec, “qui a grans sourcilz”, 1499), adj. quai., aux forts sourcils, for­ mé avec le suffixe -eg, a pour correspondant le comique abransek de même sens. Abrasin (abrasein, XVIIe), v., (s’)embraser ; incendier (quelqu’un), est un emprunt à l’ancien français abraser, enflammer, exciter (1160), dérivé du verbe braser, lui-même formé à partir du germanique *brasa, feu.

Abrej (abréich, 1732), s. m., abrégé, procède de l’ancien français abrégé (1305), déverbal de abregier (XIIe), issu du latin abbreviare, verbe dérivé de brevis, bref.

Abri, s. m., abri, est un emprunt fait par le moyen bre­ ton abry (1519) à l’ancien français abri (fin XIIe), dé­ verbal de abrier (XIIIe), issu du latin apricari, se mettre au soleil.

Abriko (abricot, 1659), coll., abricot(s), procède du français abricot, lui-même évolué du moyen aubercotz (1512), emprunté au catalan abercoc qui procède de l’arabe al-barquq par l’intermédiaire du grec pracox, pré­ coce. Absant (absant, 1499), adj. quai., absent, de l’ancien français absent (1130), emprunté au latin absentis,

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absent. Le gallois absennoldérive du substantif féminin absent, emprunté tardivement au latin absentia. Absañs {absence, 1499), s. f., absence, procède de l’ancien fran­ çais absence (XIIIe).

Absolut {absolut, 1689), adj. quai., absolu, est un em­ prunt au français absolu. Le -t final résulte probablement d’un rétablissement fait d’après le latin absolutus. Le gal­ lois absoliwt procède de l’anglais absolute. Absolvañ {absoluaff, “absouldre”, 1499), absolviñ {absolví, 1732), v., absoudre, est un emprunt au latin ecclésiastique absolvere. Le gallois absolfaf, absolfo pro­ cède de l’anglais (te) absolve. Absolvenn {absoluenn, 1499), s. f., absolution, est formé sur le radical du verbe avec suffixation en -enn et a fourni le gallois absolfen. Absolver {absolver, 1876), s. m., confesseur complaisant, de absolv- + -er. Absteniñ {abstinaff, “abstiner”, 1499), v., (s’)abstenir (de), est un emprunt postérieur au rétablissement du -A- du latin abstinere, tenir éloigné, par le moyen fran­ çais, car l’ancien français avait astenir (XIIe). Abstinañs {abstinancc, 1499), s. f., abstinence.

Abstret {abstret, 1709), adj. quai., abstrait, est un em­ prunt récent au français dans sa forme moderne, l’an­ cien fiançais ayant abstract {\372), forme usitée jusqu’au XVIIe siècle. Abstrctaad {abstretaad, 1992), v., rendre ou devenir abstrait, formé avec le suffixe -aad.

Abus {abus, 1530), s. m., abus ; perte, du français abus (1361) issu du latin abusus, mauvais usage. Abusañ {abusan, 1992), abusiñ {abusi, 1659), v., abuser, im­ portuner ; accaparer, distraire (quelqu’un), sont attestés par leur part, passé abuset (1530). Abusant {abusant, décevant, 1689), adj. quai., qui abuse, em­ prunté au part, présent du français abuser. Abusentez {abusentez, 1992), s. f., chose qui importune, de abus + -entez. Abuser {abuser, 1633), abusour {abusour, déb. XVIIIe), s. m., importun, de l’ancien français abuseur, trompeur. Abuserezh {abuserereah, 1744), s. m., fait d’abuser, d’importuner. Abusetes {abuzetez, 1931), s. f., amusette, babiole, de abus + -etes. Abusión {abusión, 1499), s. f., perte de temps, emprunté à l’ancien fran­ çais abusión, tromperie, duperie ; erreur, illusion (1260). Diabusañ {diabusañ, 1992), diabusiñ {diabusein, 1723), v., désabuser, formé avec le préfixe privatif di-. Diabuserezh {diabusereah, 1744), s. m., désabusement, de di- + abus + -erezh. Abutiñ {abutiñ, 1992), v., buter (au jeu de quilles), est un emprunt à l’ancien français abuter, diriger vers un

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but ; toucher à, arriver (1250), dérivé de but, 1190, que l’on tire du francique *but, souche. Ach {hache, 1499), coll., ache, est un emprunt à l’an­ cien français ache, céleri (XIIe), issu du latin apia, plu­ riel de apium.

Achaeson {achaeson, 1557), s. f., motif, procède de l’an­ cien français acheisun, occasion, motif (fin XIIe), autre graphie de achaisun, cause, raison (1120). Ce mot note l’évolution du latin occasionem. Au breton correspond le comique acheson, occasion, cause, raison, motif, mot qui a gardé tous les sens de l’ancien français, mais em­ prunté au moyen anglais. Achanter {achanteur, 1464), s. m., enchanteur, et sa variante achantour {achanteur, “achanteur”, 1499), s. m., sont issus de l’ancien français enchanteor, qui fait des sortilèges (1080), dérivé du verbe enchanter, du latin incantare, prononcer des formules magiques. Achantan {achantaff, 1499), achantin {anchantein, fasciner, déb. XVIIIe), v., enchanter, de achant- + -an /-in. Achanterezh {achanterez, déb. XVIe), s. m., enchantement, de achant+ -erezh. Diachantan {diachanta, 1876), diachantin {diachantin, 1992), v., désenchanter, formé avec le préfixe pri­ vatif di-.

Achap {achap, 1519 ; achape(i)n, 1723), v., échapper (à), s’évader (de), résulte d’un emprunt au radical du verbe ancien français achaper, mettre sous la chape, ca­ cher, garantir, variante de eschaper. Achap {achap, 1519), s. m., échappée, évasion. Achapadenn {achapadenn, 1732), s. f., échappée, de achap + -adenn. Dichapan {dichapan, 1992), dichapin {dichapin, 1992), v., (faire s’échapper, est un emprunt à l’ancien français deschaper, échapper. Dichaped {dichapet, 1992), part, passé, relevant de couches. Dichapow {dichapoù, 1992), s. pl., à croupetons, formé avec le suf­ fixe pluriel -ow. Les mots de l’ancien français dérivent d’un radical chape, manteau, capote (1080), issu du latin cappa, capuchon.

Achater {achater, 1992), s. m., acheteur, est un emprunt dérivé de l’ancien français achat, déverbal du verbe acha­ ter (vers 1250), du latin accaptare.

Achu {achiff, 1499 ; achiu, 1623), adj. quai., achevé, fini, procède du radical du verbe ancien français achiever, terminer, atteindre le résultat (1080), dérivé de chief. Achuer {achiueràans Lachiuer, nom de personne attesté au XVIe), s. m., acheveur, finisseur, emprunté à l’ancien français acheveor, l’anglais achiever apparaissant comme un emprunt antérieur. Achuadur {acheuadur, 1499),

s. m., achèvement, de achu + -adur. Achuamant (achiuamant, 1499 ; echuamant, 1710), s. m., achève­ ment, restant, emprunté à l’ancien français achèvement (XIIIe). Achuin (achiuaff, 1499 ; echui, 1718 ; achuin, XVIir), v., (s’)achever, (se) finir, (se) satisfaire (de). Achuus (acheuus, déb. XVIe), adj. quai., qui achève, de achu + -us. Diachu (diachiff,“non complis”, 1499), adj. quai., in­ achevé, et s. m., inachèvement, de di- + achu. Peurachu (peurœchu, 1732), adj. quai., parachevé, de peur- + achu. Peurachuin (peuracheuiff, 1626 ; peurachui, 1732), v., parachever, de peur- + achu + -in. Peusachu (peusachu, 1992), adj. quai., presque fini, de peus + - achu.

Ac’h ! (ach, XVIe ; ah, 1723 ; ach, 1732), interj., peuh !, a pour correspondants le comique agh et le gallois ach ; il procède du moyen breton ach, hélas (ach, 1557), par déviation sémantique. On le rapprochera de l’allemand ach, interjection exprimant la douleur. Ce mot est pro­ bablement d’origine onomatopéique. Atoue (ach Doe, 1557), interj., pardi, par Dieu, de ach + doue.

Diac’hub (diachub, 1958), adj. quai., délivré ; déblayé, désencombré, et s. m., délivrance (en parlant d’une bête), de di- + achub. Diac’hubin (diaubi, fin XIXe), v., délivrer ; désencombrer, de di- + achub + in. Dieub (diéüb, 1732), adj. quai., libre, indépendant, et s. m., débarras, est formé de di- + eub, variante de ac’hub par syncope de la spirante -ch-. Dieuban (dieuban, 1992), dieubin (diéübi, 1732), v., libérer, débarrasser. Dieuber (dieuber, 1931), s. m., libérateur, de di- + eub + -er. Dieubidigezh (dieubidigez, 1931), s. E, libération, de di- + eub + idigezh. Ac’hus (achus, 1530), s. m., accusation, et (achus, 1659), v., accuser, sont issus du latin accuso. Adan (vieux breton atan ; hadan, 1633 ; adan, 1716), s. m., aile ; rossignol, est apparenté au vieux breton etn (voir sous evn) et suppose un thème brittonique *(p)atani. Le gallois dissocie les deux sens et présente deux mots, l’un adain, oiseau, et l’autre adan, aile. Adaneg (adaneg, 1992), adj. quai., ailé, qui a des ailes, de adan + -eg, procède du vieux breton atanoc-.

Ac’h, prép., de, variante aspirée de a, entre en composition dans plusieurs prépositions indiquant la provenance : ae’hahont (achahont, 1992), de là-bas, de ach + hont-, ac’halehont (achaleont, 1931), de cet endroit là-bas, de ach + a + lech + hont ; ac’haleman (achaleman, 1992), de cet endroit-ci, de ach + a + lech + man ; ac’halenn (achalenn, 1732), d’ici, de ach + a + lech + henn par contraction de la finale ; ac’haleno (achaleno, 1947), de l’endroit en question, de ach + a + lech + eno ; ac’haleshont (achalesont, 1912), de cet endroit là-bas, de ach + a + lech + hont avec -s- épenthétique par ana­ logie avec ac’halesse (achalesse, 1870), de cet endroitlà, de ach + a + lech + se ; ae’hane (ahane, “dilec en droit ou diqui en apres”, 1464), de là, variante de ae’hano (a hano, 1557), de ach + a + eno ; ac’hanenn (ahanan, 1530), d’ici, de ach + an + man avec assimilation du dernier terme, auquel correspond le comique ahanan.

Aderan (adheraf, 1519), aderin (aderin, 1992), v., adhé­ rer, est un emprunt par le moyen breton à l’ancien fran­ çais adherir (déb. XIIIe), lui-même issu du latin adh&rere.

Ac’hanta (ahanta, 1732), interj., eh bien donc, de achan à valeur onomatopéique + ‘ta, de eta par élision.

Adjektiv (adjectiff, 1732), s. m., adjectif, du français attesté en 1365 et issu du bas latin adjectivum (nomen), (nom) qui s’ajoute.

Achoez (a-houe, 1723), s. m., méridienne, sieste, est, avec ses dérivés ae’hoezin (ahoéat, 1919), v., et ac’hoeziad, s. m., un doublet vannerais de ec’hoaz (voir ce mot).

Ac’hubin (éübi, 1732 ; achubi, 1716), v., occuper, et le gallois achubaf résultent d’un emprunt au latin occupare. Au déverbal ac’hub (vieux breton acup- ; ahup, achup, 1732), adj. quai., occupé, correspond le gallois achub (vieux gallois acup}. Ac’hubus, adj. quai., occu­ pant, de achub- + -us.

Adem (adœm, 1744), s. m., œillet à saturer l’eau de ma­ rais salant, procéderait du bas latin badema par badem avec aphérèse du b- initial après l’article. Le mot, féminin en latin, aurait alors changé de genre. On en approchera l’ancien français baheme, atelier de sel, évo­ lué à bernerai contraction (1250).

Adission (addition, 1723), s. E, addition, est un em­ prunt au Erançais. Celui-ci, attesté en 1265 avec le sens de “augmentation”, est issu du latin additionem, de addere, ajouter. Adit (adit, 1519), s. m., surcroît, et adv., de surcroît, apparaît comme un emprunt à l’ancien français addit, addition.

Adjoent (adjoent, XVIIIe), s. m., adjoint, du français dont le mot est attesté dans un sens large au XVIIe siècle. Le verbe adjoindre (XIIe) provient du latin adjungere, ajouter.

Adjudant (adjudant, 1895), s. m., adjudant, du fran­ çais dont le mot est attesté en 1671 avec le sens de “officier en second” avec emprunt à l’espagnol ayudante dérivé du verbe ayudar, aider, mais refait sur le latin 49

adjuvare. L’irlandais aidiùnach est un emprunt à l’an­ glais avec adjonction du suffixe adjectival -ach.

Adjujin {aiugi, 1659 ; aiugein, 1723), v., adjuger, a été refait sur le français moderne dès le XVIIIe siècle, époque à partir de laquelle le -d- du latin adjudicare, donner par jugement, a été prononcé. L’ancien français avait ajugier (1264), forme empruntée à l’origine par le breton. Administran {aministraff, 1464 ; administraff, 1499), administrin {administrin, 1992), v., administrer, du français lui-même issu du latin administrare, aider, four­ nir, diriger. Administrassion {administration, 1623), s. f, administration, du français. Administrateur {ad­ ministrateur, déb. XIXe), s. m., administrateur.

Admiran {admira, 1709), admirin {admirein, 1723), admiro {admiro, 1992), v., admirer, du français luimême issu du latin admirari par l’ancien amirer, s’étonner (1360). Admirabl {admirabl, 1623), adj. quai., admirable. Admirassion {admiration, étonne­ ment, 1576), s. £, admiration. Admirer {admirer, 1732), admirour {admirour, 1992), s. m., admirateur.

Adoptin {adoptaff“fiüoler, receuoir ung enfant en lieu de filz”, 1499), v., emprunté à l’ancien français adop­ ter, choisir (XIVe), issu du latin adoptare. Adorin {adoriffv. 1565-68), v., adorer, du français adorer (XIIe), dans son sens religieux et qui provient du latin adorare, dérivé de orare, prier, parler. Le sens de “aimer beaucoup” n’apparaît en français qu’au XVIIe siècle. Adorabl {adorabl, 1689), adj. quai., adorable. Adorassion {adoration, 1623), s. f., adoration. Adorer {adorér, 1732), adorour {adorour, 1992), s. m., adorateur. Adouban, adoubin {adoubet, part, passé d’un v. *adoubaffo\i *adoubiff, 1519), v., de l’ancien français adober, équiper un chevalier, armer un chevalier (1080), dérivé d’un emprunt au germanique dubban, frapper.

Adouilhan {adouilhan, 1992), adouilhin {adouilhin, 1992), v., rajouter du liquide, est à rapprocher de l’an­ cien français aoillier, remplir un tonneau, remplacer la perte en vin ou en eau qui a pu se produire (1295). Ce verbe apparaît comme un dérivé formé avec le pré­ fixe ad- d’un mot *ouilh emprunté à l’ancien français oil, œil au sens de “bonde” à l’origine du français moderne ouiller. Adouilher {aolier, 1876), s. m., entonnoir. Adress {adrecz, 1612 ; adress, 1626), s. f., adresse ; apos­ trophe, du moyen français adresse, indication (XVe), résidence (XVIIe), déverbal du verbe adresser dérivé de dresser. Adressin {addressy, 1689), v., adresser. 50

Adroed {adroed 1992), adj. quai., adroit, emprunté au français, mot attesté en 1175 et dérivé de droit. Adroetaad {adroetaad 1992), v., devenir adroit, de adroed + -aad. Adulter {adulter, 1992), s. m., adultère, emprunté au français, lui-même du latin adulter, homme, femme adultère.

Adverb {aduerb, 1499), s. m., adverbe ; l’emprunt ne peut être antérieur au XVe siècle, période au cours de la­ quelle de nombreux mots ont été refaits sur le latin. L’ancien français usait du mot averbe (XIIIe). Il se peut aussi que adverb ait été emprunté directement au latin adverbium par les clercs. Ce mot ne peut être issu du vieux breton aduerb qui aurait donné *adverv en bre­ ton moderne, en atteste le gallois adferf, considéré com­ me un emprunt tardif au latin. Adversour {adverser, 1530 ; aduersour, 1633), s. m., adversaire ; l’emprunt a dû se faire en moyen français car l’ancien présentait la forme aversaire (1155) issue du latin adversarius. Advokassi {aduocazcy, 1519), s. f., procède de l’ancien français avocacie, art de plaider, plaidoyer, avec maintien du -d- que l’on retrouve dans le verbe advocacer, mot issu du latin advocado, appel à l’assistance en justice. Ael {ael, el, 1499), s. m., ange, procède du latin angélus par la forme populaire *agelus, tout comme le comique el(moyen ael). Le gallois angeles, l’irlandais aingeal(àxi vieil irlandais aingel) sont des emprunts directs au latin. Aelig {aelig, 1992), s. m., coccinelle, papillon, formé avec le suffixe diminutif -ig. Aelel {aelel, 1931), adj. quai., angélique, formé avec le suffixe -el, est le calque du gallois angeloL Arc’hael {archael, 1499), s. m., archange, de arch- + ael, a pour correspondants le comique arghel et le gallois archangel issus comme le français et l’anglais archangel du latin archangelus. Drougael {drouc ael, diable, 1633), s. m., ange déchu, formé avec le préfixe droug.

Ael (vieux breton ait), s. m., sourcil, avait le sens ancien de “bord, rebord”, toujours attesté dans le gallois ael. Le comique V/inusité s’est conservé dans le dérivé elek, aux larges sourcils.

Aer (vieux breton aer), s. m., air, est un emprunt direct au latin aer. Cette forme s’est maintenue sous l’influence de l’ancien français air (déb. XIIe) et ne s’est donc pas diphtonguée comme le gallois awyret le vieux comique *awuir (transcrit awuit par erreur de scribe). Le cornique ayres le gallois aer procèdent du moyen anglais ayre, eyre, air. Aerabl {érabl, 1919), adj. quai., confor­

table, de aer + -abl. Aeradenn (aeradenn, 1931), s. f., fente, lézarde, de aer+ -adenn. Aeradennin (aeradenni, 1931), v., faire un jour, se lézarder, de aer + -adenn + -in. Aerel {aerel, 1931), adj. quai., aérien, de aer + -el, est apparenté au gallois awyrol. Aerian {aeria, XVIIe), aerin {érein, 1919), v., aérer, de aer + -ian / -in. Aerius {aerus, 1931), adj. quai., exposé (à l’air), de aer + -(i)us. Amaer {amaer, 1910), adj. quai., confiné, et s. m., con­ finement, de am- + aer. Aerborzh {aerborz, 1931), s. m., aéroport, de aer + porzh. Aerboueser {aerbouezer, 1931), s. m., baromètre, de aer + poues + -er. Aergelc’h {aergelc’h, 1931), s. m., atmosphère, de aer + kelch, est emprunté au comique ayrgelgh et a pour correspondant le gallois awyrgylch. Aerlestr {aerlestr, 1931), s. m., aéronef, de aer+ lestr. Aerlu {aerlu, 1992), s. m., forces aériennes, de aer+ lu. Aerwask {aerwask, 1992), s. m., pression atmosphé­ rique, de aer + gwask.

Aer (vieux breton ¿zr), s. f., bataille, est tiré, comme le comique ar (vieux comique hair), le gallois aer, l’irlan­ dais àr, d’un vieux celtique *agro- duquel procède aussi le gaulois agr- attesté dans Veragri, nom d’un peuple des Alpes du Nord, et dans Syagrius, pour *Suagros, nom du général gallo-romain qui lutta contre les Francs au Ve siècle. Aerva (vieux breton airmd), s. m., champ de bataille, de aer + ma, auquel correspondent le gallois aerfaex. l’irlandais àrmhagh (vieil irlandais àrmaÿ. Aereg {azrec, “compoction, tristeur des pechiez”, 1499 ; aezrec, 1650), s. m., contrition, correspond au comique edrek, regret, remords, repentance, contrition, au gallois atreg&e même sens et à l’irlandais aithri. Ces mots procèdent d’un celtique *ati-rek-. Aerekaad {adrecat, adreeguat, 1540), v., rendre ou devenir contrit, de àereg+ -aad. Aeregted {azrectet, 1530), s. f., contrition, de aereg + -ded Aerouant {azrouant, “enemy qui conuoite de greuer aultruy sanz cause”, 1499), s. m., démon, dragon ; apparenté au gallois edrywant, tristesse, misère, férocité, carnage, formé de ed- + rhy+ want, ce mot postule pour un vieux breton *ad- + ro + uuant, terme qui aurait évolué en le moyen *azrowant mais qui a subi la ré­ duction de la triphtongue -ouua-. Le -w- s’est cepen­ dant maintenu dans le pluriel àerewent. Aerouantelezh {azrouantelez, déb. XVIe), s. f., hostilité, monstruosité, de àerouant+ -elezh. Aerouantus {azrouantus, déb. XVIe), adj. quai., hostile, démoniaque, monstrueux, de àerouant + -us. Aes {aes, 1499), s. m., aise, aisance, et adj. quai., à l’aise, facile, de l’ancien français aise, s. f., situation agréable,

et adj. quai., qui est à l’aise, content, issu du latin adjacens, part, présent de adjacere, être situé auprès. Aesamant {esamant-, XVIe), s. m., de aes + -amant, aise(s), facilité, confort, emprunté à l’ancien français aisément, commodité, usage (fin XIIe). Aesetamant {aesetamant, 1992), s. m., de même sens, formé sur aeset {œset, 1710), adj. quai. Aesan {œsa, 1710), aesin {aesin, 1992), v., rendre aisé, mettre à l’aise. Aesibl {aesibl, 1530), adj. quai., aisé, de aes + -ibl, emprunté à l’an­ cien français aisible, facile, confortable, agréable (1220). Aesiblded {œsibldet, 1519), s. f., aisance, de aes + -ibl + -ded. Aesoni {œçzony, 1732), s. f., aisance, de aes + -oni. Aessaad {aessat, 1723), v., faciliter, soulager, de aes + -aad. Aessaenn, s. f., facilitation, de aes + -a + -enn. Aesseadenn {ésaden, 1919), s. f., soulagement, de aes+ e+ adenn. Aested {aested, 1931), s. f., commodité, de aes + -ded. Aester {aester, 1931), s. m., commodité, de aes + -der. Amaes {amaes, 1958), adj. quai., malaisé, abscons, de am- + aes. Anaes {ânes, 1499), s. m., mésaise, de an- + aes. Diaes {dies, 1519), adj. quai., difficile, gênant, gêné, malaisé, mal à l’aise, et s. m., difficulté, gêne, de di- + aes. Diaesamant (diœsamant, 1659), s. m., difficulté, désagrément, de di- + aes + -amant. Diaesan {dieza, 1902, d’après o tiezd), diaesin {diaisein, 1723), v., gêner, incommoder, de di- + aes + -an / -in. Diaeser {diaeser, 1992), s. m., gêneur, de di- + aes+ -er. Diaessaad {diœçzaat, 1732), v., (se) compliquer, être de plus en plus gêné, de di- + aes + -aad. Diaested {diaestet, “mesaise ou non aise”, 1464), s. f., difficulté, incommodité, de di- + aes + -ded. Diaester {diaester, 1931), s. m., diffi­ culté, malaise, de di- + aes + -der. Diaesus {diaesus, 1992), adj. quai., difficultueux, incommodant, de di+ aes + -us.

Aezh {aez, 1716), s. m., vapeur, brise, correspond au comique eth, bouffée, souffle, haleine, pourrait être ap­ parenté au latin œther, air, duquel procède le gallois ether, éther, espace céleste. Mais cette étymologie reste incertaine. Aezhenn {ezen, 1710 ; azenn, 1732), s. f., vapeur, brise, dérivé en -enn. Aezhan {aezhan, 1992), v., (se) volatiliser, gazéifier, et sa variante aezhennin {aezenna, exhaler, 1895), v., formés sur aezhenn. Aezhenneg {aezhenneg, 1992), adj. quai., gazeux, de aezh + -enn + -eg. Aezhennus {aézennuz, 1821), adj. quai., vaporeux, de aezh + -enn + -us. Aezhidig (aezhidik, 1958), adj. quai., volatile, de aezh + -idig. Diaezhan {diaeza, XVIIe), diaezhin {diaezhin, 1992), v., (s’)évaporer, émaner, formé avec le préfixe privatif di-. Diaezhennan {diezhennan, 1958), diaezhennin (diezhennin, 1992), v., de même sens que le précédent. 51

Afamin (afamin, 1992), v., affamer, et sa variante affaminan (affaminan, 1992) sont empruntés à l’ancien français affamer (XIIe) issu du latin populaire affamare, dérivé de famés, faim.

Afeaj (afféach, 1870), s. m., afféage, de l’ancien fran­ çais affeage, droit qui était dû pour chaque feu. Afeajin (afeajin, 1992), v., afféager de afeaj + -in. Afedenn (affedenn, 1732), s. £, baisure du pain, déri­ vé en -enn du moyen breton afet, baiser (1499) - voir sous an. Afeded (afedet, 1876), adj. quai., qui a une bai­ sure, présentant les caractéristiques d’un part, passé d’un verbe *afedan non attesté. Afeksion (affection, 1499), s. £, affection, emprunté à l’ancien français affection, disposition physique ou mo­ rale (1190) ; le sens de “sentiment” n’est attesté qu’en 1546. Afeksionin (afeksionin, 1992), v., affectionner. Afer (affer, 1576), s. £, affaire, de l’ancien français afaire, rang, dignité ; situation, embarras, événement (1125), dérivé du verbe faire. Aferian (aferian, 1992), aferin (afe­ rin, 1992), v., s’affairer. Aferus (aferus, 1992), adj. quai., affairiste, inquisiteur, de afer+ -us. Aferusan (aferusan, 1992), aferusin (aferusin, 1992), v., faire l’inquisiteur. Afeted (affætet, 1709), adj. quai., affecté ; actif, du part, passé de l’ancien français affecter, feindre avec ostenta­ tion (XIVe), issu du latin affectare, dérivé de affectus, sen­ timent. Afeterezh (affeterez, 1709), s. m., affectation, de afet- + -erezh.

Afich (affich, 1854), s. f, affiche, du français dont le mot est attesté vers la fin du XVIe siècle avec le sens de “avis imprimé” ; c’est un dérivé de fiche. Le breton prémo­ derne en avait fait finch, affiche, placard attaché en lieu public (1732). Afichenn (finchenn, 1732), s. £, est une variante avec suffixation singulative en -enn. Afichan (afincha, 1732), afichin (afichin, 1992), v., afficher. Afied, part, passé du verbe afiein (1919), ponctuel, est un emprunt à l’ancien français afier, promettre, jurer, confier, dérivé de fier, assurer.

Afitellin (afielkin, 1919), v., s’occuper à des riens, pour­ rait procéder de l’ancien français afaitier, façonner, arranger, se préparer à, dérivé de faitier, disposer. Un rapprochement avec l’ancien français afitier, provoquer, insulter (1175), ne convient pas en raison du sens. Afitellaj (afitellaj, 1919), s. m., barda ; choses de rien, de afitell- + -aj.

Afl (afl, 1992), adj. quai., léger, se présente comme le radical d’un verbe *aflin (afli, apaiser, 1860) que l’on a rattaché au verbe awelin (voir sous awel) par

syncope de la seconde syllabe et renforcement du -ven -f-. Afied (afflet, 1709), volage, apparaît comme le part, passé de ce verbe. Ce mot n’est peut-être pas sans rapport avec le latin afflatus, souffle, brise, haleine, duquel on rapprochera afrenn (afren, 1919), s. £, effluve, variante par dissimilation de *afflen, élément du nom de personne Kernaflen attesté en I 593 à Pontl’Abbé (29).

Aflijañ (affligaff, 1626), aflijiñ (aflijiñ, 1992), v., affli­ ger, de l’ancien français afliger, blesser (déb. XIIe), issu du latin affligere, frapper violemment. Aflijed (affliget, 1659), part, passé, infirme, de aflij- + -ed. Afliksion (affliction, 1519), s. £, affliction, de l’ancien français attesté au XIe siècle. Le gallois afflith est un emprunt direct au latin afflictio. Afochiñ (afochiñ, 1992), v., capoter, de l’ancien fran­ çais afaussir, devenir faux. Afochadenn (afochadenn, 1992), s. £, raté, de afoch- + -adenn.

Afreus (afreus, XVIIIe), adj. quai., affreux, emprunté au moyen français dont le mot est attesté au début du XVIe siècle. C’est un dérivé du moyen français affre, effroi (mil. XVe), issu d’un emprunt à l’ancien provençal affre. Afront (affront, déb. XVIIIe), s. m., affront emprunté au français probablement au XVIe siècle. Afrontañ (affronta, 1745), afrontal (affrontai, déb. XVIIIe), afrontiñ (affrontein, 1723), v., affronter, duper (ancien français affronter, 1155). Afrontaj (affrontage, 1744), s. m., im­ pudence, de afront + -aj. Afronter (affrounter, 1633 ; affronter, 1659), s. m., imposteur, de afront + -er, em­ prunté au moyen français affronteur (1526) Afronterezh (affrontereh, 1723 ; affrontérez, 1732), s. m., imposture, de afront + -erezh. Agatenn (agatta, 1633 ; agatenn, 1931), s. £, agate, de l’ancien français agathe (XIIIe), lui-même de acate (XIIe), issu du grec akhates par le latin achates. Agraf (agraff, 1633), s. £, agrafe, du moyen français attesté en 1421 et dérivé de grafe, crochet. C’est un em­ prunt au germanique krap, crochet, postérieur au VIIe siècle environ après l’évolution à krapf.hgnStà (agrafañ, 1992), agrafiñ (agrafiñ, 1992), v., agrafer.

Agreabl (agreabl, 1530), adj. quai., agréable, aimable, emprunté au moyen français agréable, l’ancien ayant la forme agraable, 1160, dérivé de gré, mot issu du latin gratum. Agreablded (agreabldet, 1709), s. £, agrément, de agreabl + -ded. Agreamant, s. m., agrément, em­ prunté à l’ancien français agreement.

Agremán (agremán, 1464), s. m., aigremoine, et sa va­ riante agremani (agremani, 1499), s. m., de l’ancien

français agremonie, issu du grec argenwnê, pavot, par le latin agremonia. La graphie agremant (1958) donnée par Roparz Hémon est due à une erreur de lecture de agremani()Ay)). Le gallois agrimoni procède d’un emprunt à l’anglais agrimony tandis que sa variante egrimon est issue du moyen anglais egremoyne. L’irlandais airgheadàn note la forme évoluée du moyen agremonia, emprunt savant au latin (xiv).

Agripant {agripant, 1557, attesté comme nom d’un bourreau), s. m., sacripant, rappelle l’ancien français agripart, agripeur, homme avide de prendre, larron, et apparaît comme le part, présent du verbe agriper, arracher (1200). Agroas {agroasenn, “esglantier ou boutonier”, 1499), coll., églantier, remonte au vieux breton ocroos, baie d’aubépine, composé formé avec le nom oc, pointe, évo­ lué à ag- ; on en rapprochera le comique agrows. Dans le gallois egroes, ce nom a donné eg- dès le XIII1 siècle. Ce mot a été expliqué par le croisement d’un bas latin agresta, verjus, et du vieux breton acer, aigu, pointu, hé­ rissé, auquel correspond le vieil irlandais acher, rude, âpre. Aguilh {aguilh, 1992), s. m., aiguille de mer, orphie - variante aguilhenn, s. f. -, rappelle la forme en an­ cien français aguille (XIIe), du moderne aiguille, issu du latin populaire acucula.

heurt. Aheurtadur {aheurtadur, 1931), s. m., obstina­ tion ; mutinerie, de aheurt- + -adur. Aheurtaj {ahurtage, 1792), s. m., obstination, de aheurt- + -aj. Aheurtamant {aheurtamant, 1659), s. m., obstination, de aheurt- + -amant. Aheurtañs {aheurtance, 1723), s. f, obstination, de aheurt- + -añs. Aheurterezh {aheurterez, 1931), s. m., opiniâtreté, de aheurt- + -erezh. Aheurtis {aheurtis, 1992), s. f., opiniâtreté, de aheurt- + -is. Disaheurtiñ {disaheurtiñ, 1992), v., cesser de s’obstiner, de dis + aheurt- + -in.

Ailhedenn {eilledenn, déb. XVIe), s. £, anneau, chaînon, procède soit de l’ancien français œillet, petit œil, ouverture, soit de *mailhedenn, dérivé de mailh (voir ce mot). Ailhenn {haillen, XVIIe ; ayen, v. 1910), s. £, crachin, a été expliqué comme variante graphique de *aien de eien (voir ce mot). Ailhenniñ {haillenna, XVIIe), v., crachiner. Ailhenneg {ailhenneg, 1992), adj. quai., à crachin, de ailhenn + -eg. Ailhennus {ailhennus, 1992), adj. quai., de crachin, de ailhenn + -us. Aines {aînés, d’après le pl. aineset, 1633), s. £, limande, d’un emprunt à l’ancien français aine, âne, bourricot, au pluriel, avec diphtongaison de la syllabe initiale. Ajañs {ajañs, 1992), s. £, agence, emprunté au français dont le mot est attesté en 1653 et issu de l’italien agenzia.

Aguilhetenn {aguilleten, 1464), s. £, aiguillette du cor­ set, de l’ancien français aguilete, petite aiguille, cordon ferré (avant 1300), diminutif en -^du précédent.

Ajant {ajant, 1992), s. m., agent, du moyen français agent, chargé de mission (1578), emprunté à l’italien agente.

Ahel {ahel, “aissel de charrete ou aissel du ciel sur quoy le monde torne”, 1499), s. m., et son correspondant gallois echel, s. f. remontent à un terme celtique *aksi-lodérivé de *aksi, essieu, équivalant au latin axis. Le cornique egheltsi un emprunt au gallois. Ahelan {ahella, 1931), ahelin {ahélein, 1919), v., axer ; goupiller, est un emprunt au gallois echelaf, echelu. Aheleg {ahellec, 1543, dans le nom de personne Lahellec au Trévoux, 29), adj. quai., axial, auquel correspond le gal­ lois echelog. Diahel {diael, 1876), adj. quai., désaxé, de di- + aheL Diahelan {diahella, 1931), diahelin {diahéliein, 1919), v., (se) désaxer, (se) désarticuler, de di- + ahel+ -an/in. Disahel, adj. quai., désaxé, de dis- + ahel. Disahelan {disahella, 1931), disahelin {disahelin, 1992), v., (se) désaxer. Kenaheled {kenahelet, 1992), part, passé, coaxial, de ken- + ahel + -ed.

Ajissañ {ajissañ, 1992), ajissiñ {ajissiñ, 1992), v., agir, emprunté au radical agiss- du verbe attesté en moyen français vers le milieu du XVe siècle et qui procède du latin agere.

Aheurtin {aheurti, 1659), v., obstiner, est un emprunt à l’ancien français ahurter, s’obstiner (1160), dérivé de

Ajom {ajom, 1992), s. m., goujat, mufle, bizuteur, rap­ pelle l’ancien français ajorne, point du jour, dérivé de jom, jour (1050). Ajomañ {ajomañ, 1992), ajomiñ {ajomiñ, 1992), v., faire le goujat, bizuter, maltraiter quelqu’un de plus faible, procèdent du moyen breton aiomaff, “semoner, aiourner” (1464), par déviation sémantique inexplicable par manque de sources, le bre­ ton prémoderne donnant encore le sens de “ajourner”. Ajomerezh {añjomerezh, v. 1952), s. m., goujaterie, bizutage, muflerie, de ajom + -erezh. Ajoutañ {aioutaff, 1499), ajoutiñ {ajoutiñ, 1992), v., de l’ancien français ajouter (XIIe), d’un plus ancien ajoster (1080) dérivé de joste, auprès. Ajout {ajout, 1992), s. m., ajout, est d’un emprunt récent car le français n’est attesté qu’en 1895.

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Ajurin (ajuri, 1745), v., abjurer, est un emprunt au fran­ çais avec réduction du groupe abj-. Akablin (accablet, part, passé, XVIIe), v., accabler, de l’an­ cien français aachable, abattu (1329), dérivé de caable, chable, issu du grec katabole, action de lancer, par le latin populaire *catabola.

Akademi (academi, déb. XVIIIe), s. f., académie. Le mot n’apparaît qu’en 1508 en moyen français suite à un em­ prunt à l’italien accademia, lui-même du latin academia. Akademiezh (akademiez, 1931), s. f., de même sens, de akademi + -iezh. Akademikel (akademikel, 1992), adj. quai., académique, est un néologisme formé avec le pré­ fixe -el sur le français académique. Akademissian (akademissian, 1992), s. m. est un emprunt au français académicien avec bretonnisation de la graphie. Akebut (aquebutte, 1723), s. £, arquebuse, emprunté au moyen français hacquebute, variante populaire de harquebuche, arquebuse. Celui-ci procède du moyen haut allemand hâkenbüehse, composé de hâken, crochet, et büchse, canon. Akebuter (acquebuttour, 1744), s. m., arquebusier, de akebut + -er. Akes (aquesse, 1744), s. m., acquêt, de l’ancien français aquest, acquisition, profit (fin XIIe), déverbal du verbe aquester (1283), issu du latin *adquisitare. Akesin (aquessein, 1744), v., acquérir. Akesour (aquessour, 1744), s. m., acquéreur, de akes+ -our.

Aket (acquêt, soin, ruse, 1530), s. m., assiduité, appli­ cation, procède de l’ancien français agait, guet, em­ buscade (1160) ; ruse, artifice (1277), dérivé du verbe gaitier issu du francique *wahtôn. Aketin (aqueti, être soucieux, soigner, 1659), v., s’appliquer, de aket + -in. Aketus (aquetus, 1659), adj. quai., assidu, appliqué, de aket + -us. Diaket (diaked, 1925-27), adj. quai., sans application, inattentif, de di- + aket. Akipan, akipin (moyen breton aquipaffi, akipin (akipin, 1992), v., équiper, verbe issu de l’ancien français eschiper, embarquer (1130), de l’ancien nordique skipa, ar­ ranger, installer. Aldpaj (equipaig 1633 ; aquipage, 1723), s. m., équipage, emprunté au français avec substitution de la voyelle initiale. Le mot équipage n’est attesté qu’au XVe siècle, ce qui en fait un emprunt postérieur. Akipamant (akipamant, 1992), s. m., équipement, mot qui n’apparaît en français qu’en 1671. Akiperezh (akiperezh, 1992), s. m., équipement(s), de akip- + -erezh.

Aklouet (aclouët, fer d’aiguillette, 1716), s. m. et coll., embout, pourrait procéder d’un ancien français *acloet, dérivé de cloet, petit clou (1250), lui-même de cloe, clou, issu du latin clavus.

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Akokinan (akokinan, 1992), akokinin (akokinin, 1992), v., acoquiner, verbe dérivé de coquin avec préfixe a-, sont attestés par leur part, passé accoquinet (déb. XVIe).

Akolist (acolit, “acolite”, 1499), s. m., acolyte, sbire, em­ prunté à l’ancien français acolite, “clerc remplissant les bas offices” (1175) avec extension de sens au XVIIe siècle. Ce mot procède du latin chrétien acolytus, clerc servant le prêtre à l’autel, lui-même du grec akoluthos, serviteur. Le -s- s’est peut-être ajouté par analogie avec le français choriste. Akomod (akomot, 1919), adj. quai., commode, pra­ tique, fonctionnel, emprunté au déverbal du français accommoder, dérivé du latin commodus, convenable. Akomodans (akomodans, 1895), s. f., commodité, de akomod + -ans. Akomodassion (accomodation, 1689), s. f., conciliation, de l’ancien français accommodation, prêt gratuit. Akomodin (accomodifu, 1576), v., accommoder, de akomod + -in. Akomplissan (acomplissaff, 1557), akomplissin (akomplissin, 1992), v., accomplir, emprunté à l’ancien fran­ çais acomplir(\ 121), dérivé du verbe complir, achever.

Akord (acord, 1499), s. m., accord, et adj. quai., d’ac­ cord, de l’ancien français acort(\ 160), déverbal du ver­ be acorder, réconcilier (1155), issu du latin accordare. Akordan (acordaff, 1499), akordin (accordiff, 1623), v., (s’)accorder, de akord + -an / -in. Akordans (accordance, 1499), s. f, concordance, réconciliation, de l’ancien français acordance, accord, harmonie (1160). Disakord (disaecort, 1499), adj. quai., en désaccord, dissonant, in­ harmonieux, et s. m., désaccord, de dis- + akord. Disakordan (disakordan, 1992), disakordin (disacordi, 1659), v., (se) désaccorder, dissoner, de dis- + akord + anlin. Disakordans (disacordancc, discordance, 1499), s. f., dissonance, cacophonie, de dis- + akord + -ans.

Akostabl (acostabl, 1623), adj. quai., accostable, em­ prunté à l’ancien français acostable, que l’on peut ac­ coster, accessible (xiir), dérivé de acost, voisinage, union, accueil (1160), lui-même de coste, côte. Akostin (akostein, 1919), v., accoster, de akost+ -in, est aussi em­ prunté à l’ancien français acoster (1190). Le sens de “veiller les morts” en Léon est lié à celui de “voisinage, être à côté de”. Akostans (akostans, 1992), s. f., accointance, procède vraisemblablement d’un ancien français *acostance. Akoub (a coup, 1519), adv., tantôt, emprunté à l’ancien français acop, immédiatement, promptement, main­ tenant, dérivé de coup.

Akoutal (akoutal, 1992), v., mater, emprunté au moyen français écouter (XVIIe ), du bas latin *ascultare de aus­ cultare.

Akoutrañ {akoutrañ, 1992), akoutriñ {accoutriff, 1612), v., accoutrer, de l’ancien français acoutrer (fin XIIIe) issu du latin populaire *acconsuturare dérivé de cosutura, couture. Akoutr {akoutr, 1895), s. m., manière(s), se présente comme le déverbal de ce verbe. Akoutramant {acoustrement, 1576), s. m., accoutre­ ment, mot attesté en moyen français (1498).

Aksant {accent, 1499), s. m., accent, terme populaire pour poues-mouezh, est un emprunt au français accent attesté en 1265 et issu du latin accentus, élévation de la voix sur une syllabe. Le gallois acen est un emprunt savant à ce même mot latin.

Akseptañ {acceptaf, 1530), akseptiñ, {accepti, 1710), v., de l’ancien français accepter (milieu du XIIIe) du latin acceptare, avoir l’habitude d’accueillir. Akseptabl {acceptabl, 1530), adj. quai., est un emprunt fait au moyen français après réfection car l’ancien usait du mot acetable, agréable (1165). Akses {accès, 1633), s. m., accès, attesté par l’ancien fran­ çais accès (1280), issu du latin accessus, part, passé de accedere, s’approcher. Le gallois aeses est un emprunt au moyen anglais access. Aksidant {accident, 1499), s. m., accident, attesté avec le sens moderne de “événement malheureux” dès le XIIe siècle et issu du latin accidentis, qui arrive. Aksidantiñ {aksidantiñ, 1992) v., accidenter, de aksidant + - iñ.

Akuisitan {aquisitaff, 1612), akuisitin {acquisity, 1689), v., acquérir, formé sur le radical du français acquisition, mot attesté en 1283 et issu du latin juri­ dique acquisitio. Drougakuisitan {drougakuisitan, 1992), drougakuistin {drougakuisitin, 1992), v., mal acquérir, formé avec droug- préfixé, sont attestés plus anciennement par leur part, passé drouc acquisitet (1612). Akuit {aquit, XIXe), adj. quai., exercé, habile, et {acuyt, 1519), s. m., acquit, emprunté à l’ancien français aquit, redevance, droit de péage, attesté en 1268. Akuitan {acuytaf, 1530), akuitin {acquittein, déb. XVIIIe), v., (^ac­ quitter, de l’ancien français aquiter, acuiter, 1080. Akuitaad {acuitaet, part, passé, XVIIIe), v., (s’)exercer, de akuit + -aad. Akuitabl {akuitapl-, 1897), adj. quai., acquittable ; équitable, de akuit + -abl. Akuitamant {akuitamant, 1992), s. m., acquittement, de akuit + -amant emprunté à l’ancien français aquitement, déli­ vrance, cession (1260). Akuiter {acquitèr, acquitour, ac­ quéreur, 1732), s. m., celui qui s’acquitte, de akuit + -er.

Akus {accus, déb. XVIe), akusan {accusajf, 1499), akusin {accusi, 1659 ; accusein, 1723), v., accuser, procèdent du français accuser attesté dès 980 et issu du latin juri­ dique accusare. Akusassion (moyen breton accusation), s. £, accusation, du français (1265) issu du latin accusatio. Akused {accuset, déb. XVIe), part, passé subst., accusé. Akuser {accuseur, 1499), s. m., accusateur, de akus+ -er.

Aksiom {aksiom, 1992), s. m., axiome, apparaît en moyen français en 1547 d’un emprunt au latin axio­ ma, transcrit du grec axioma, principe évident.

Ai {al, 1992), adj. quai., vêlé, et s. m., vêlage, corres­ pond au gallois âl, parturition (du moyen at). Alan {ala, agneler, 1732), alin {alein, 1732), alo {alo, 1992), v., mettre bas, de même formation que le gallois alaf, alu, vêler.

Aksion {action, 1499), s. £, action, mot attesté sous cette graphie dès 1220 et issu du latin actionis, acte, opéra­ tion.

Alabastr {alabastr, 1633), s. m., albâtre, emprunté à l’ancien français alabastre (1160), issu du grec alabastron par le latin alabastrum.

Akt {act, 1623, sous la forme pl. actou), s. m., acte, mot attesté en 1338 avec le sens de “document de caractè­ re officiel” et évolué du latin actus, action, activité, etc. Aktiv {actif, 1530), adj. quai., actif, emprunté au moyen français probablement, bien que le mot soit attesté en ancien français depuis 1160. Aktor {actor, 1499), s. m., acteur, de l’ancien français acteor (XIIIe), issu du latin actorem. Ces mots se retrouvent également en gallois sous les graphies act, actifet actor mais empruntés au moyen anglais act, active et actor. L’irlandais achinóte la forme évoluée du vieil irlandais acta emprunté directement au latin acta.

Alabistr {alabistre, 1744), adv., cahin-caha, probable­ ment altéré du radical du verbe français alambiquer, fa­ tiguer à des choses subtiles (1546) par dénasalisation et substitution d’un suffixe -st(r)-. Alabistrin {alabistrein, 1744), v., aller cahin-caha, faire cahin-caha, de alabistr + -in.

Alamandes {alamandes, 1499) - variante alamand {alamand, 1992) -, coll., amandes, de l’ancien français alemandezu pluriel, amande (XIIe), issu du latin populaire amandula, altération de amygdala. Alamandesenn {alamandezen, 1732), alamandenn {alamandenn, 1744), s. £, amandier, de alamand(es) + -enn. 55

Alan (vieux breton alan), s. m., pétasite, tussilage, repris au gallois alan, pas-d’âne, tussilage, par Grégoire de Rostrenen, reste d’origine incertaine.

Alarc’h (alarch, 1850), s. m., cygne, a été emprunté au gallois alarch dans la seconde moitié du XIXe siècle. A ce mot correspond le comique alargh (vieux comique elerhe). Le mot est tiré d’un brittonique *alarko-s que l’on rapproche du latin olor, cygne. Alarm (alarm, déb. XVIe), s. f., alarme, emprunté au moyen français alarme, à l’origine employé comme in­ terjection (déb. XIVe) puis comme substantif dès le XVIe siècle. Ce mot est un emprunt à l’italien all’arme, aux armes. Comme le breton, le gallois a emprunté le ter­ me alarm à l’anglais alarm à partir du XVIIe siècle. Albac’henn (albahen, déb. XVIIIe), s. f., manie, dérive de l’ancien français embair, rendre ébahi, stupide (1160), par dissimilation m/l et aspiration du -h- avec suffixa­ tion en -enn. Albani (albani, 1919), s. f., marotte, pourrait procéder d’un croisement entre le breton albachenn et le fran­ çais manie.

Albers (albers, 1910), s. m., aperçu, trace, procède se­ lon toute vraisemblance du radical aperc- du français apercevoir par une forme *arpers (avec -r- épenthétique) lénifiée ensuite en *arbers avant d’aboutir à albers par dissimilation. Alchimi (alchimi, déb. XVIIIe) s. f., alchimie, est un em­ prunt au français (voir sous alkemi). Alchimiour (alchimiour, 1992), s. m., alchimiste, de alchimi + -our.

Alc’hweder (alchuëder, 1732), alc’hwedez (allwedez 1716), alouette, procèdent du moyen breton ehuedeziyAV)} par aphérèse de la syllabe initiale, d’où la variante huedez attesté en 1478 dans Keranhuedes, nom de village en Loctudy (aujourd’hui Kerfédé, 29). Cette forme initiale correspond au gallois ehedydd (qui se présente aussi sous la forme hedydd) et au cornique awhesyth évolué du vieux comique evidit par le moyen awhesydd. Le gallois ehedydd est présenté comme un dérivé de ehed, vol, jet, course, lancer. La forme initiale de toutes ces formes semble être *echwidid.

Aic’hwez (alhuez, “cleff”, 1499), s. f., clé, a pour cor­ respondants le comique alwheth (vieux comique alwed, moyen alweth) et le gallois allwedd. Ce mot pourrait procéder d’un bas latin *aclavia, donnant *alcavia par métathèse, issu de davis, clé, si l’on accepte la brittonisation du suffixe, soit une forme *alcaviyo. Alc’hwezan (alhuezaff, déb. XVIe), alc’hwezin (alhüéein, 1723), v.,

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fermer à clé, auxquels correspond le comique alwedha. Alc’hwezer (alhuezer, 1499), alchwezour (alhuéhour, déb. XVIIIe), s. m., serrurier, identique au gallois allwyddor, mais le comique alwedhor rend le sens de “trésorier”. Alc’hwezerezh (alchuëzerez 1732), s. m., serrurerie, de alchwez + -erezh. Alc’hwezaer (alchouëzaer, v. 1814), s. m., clavier (à mettre les clés), de alchwez + -a + -er. Dialc’hwez (dialchouez, 1821), adj. quai., non fermé à clé, de di- + alchwez. Dialc’hwezan (dialhueza, 1659), dialc’hwezin (dialhuèein, 1723), dialc’hwezo (dialchwezo, 1992), v., ouvrir (ce qui est fermé à clé). Disalc’hwez (disalchwez, 1992), s. m., endroit adéquat, passe, et adj. quai., non fermé, de dis- + alchwez Disalc’hwezan (disalchwezan, 1992), disalc’hwezin (disalchwezin, 1992), v., ouvrir. Alc’hwezenn (alchoezan, raifort, 1872), s. f, ravenelle, variante de elwezenn. Ale (ale, 1976), interj., allez !, du français allers la deuxième personne du pluriel de l’impératif présent.

Alegan (allegaff, 1499), alegin (alleguy, 1689), v., allé­ guer, de l’ancien français alleguier(Y27$), issu du latin juridique allegare, envoyer, notifier. Alegamant (allegamant, XVIe), s. m., allégation, emprunté à l’ancien français aleguement avec conservation du sens.

Alegpri (alegori, 1992), s. f, allégorie, emprunté au fran­ çais, mot attesté sous cette graphie en 1119, issu du latin allegoria, lui-même du grec allegoria. Le gallois alegori procède de l’anglais allegory. Alej (alège, 1790), alejin (allegein, déb. XVIIIe), v., accommoder, agencer ; radouber, dont l’emprunt est attesté dès 1576 par le part, passé aleget. Ce verbe pro­ cède du français alléger issu de l’ancien français alegier, soulager, calmer, disculper (fin XIe). Celui-ci remon­ te au latin alleviare dérivé de levis, léger. Alejamant (aligemantt, 1856), s. m., agencement, de l’ancien français alegement, soulagement, secours (1162). Alejour (alejour, 1992), s. m., celui qui agence, de alej + -our.

Alemant (alternant, 1744), s. m., tenue ; signe de vie, est emprunté à l’ancien français alemant, action d’aller, marche, pas (fin XIIe), dérivé en -emantàxi verbe aler (XIe). Alevantig (alevantig, 1992), s. m., est une variante avec lénition interne et adjonction du suffixe diminutif -ig. Alerji (alerji, 1992), s. f., allergie, emprunt récent au français attesté seulement en 1919, mot forgé à partir du grec allos et ergon, réaction. Alergiezh {alerjiezj, 1992), s. f., est un néologisme avec suffixation en -iezh.

Alesenn (alesenn, 1992), s. £, alaise, emprunté au français dont le mot est attesté sous la graphie alèse en 1419. C’est un dérivé de laize fausse coupure, issu du latin populaire latia.

Alesenn (alézen, 1919), s. £, barbue, est un emprunt à l’ancien français ale, sardine, anchois, au pluriel avec suffixation en -enn.

Alez (ale, 1499 ; alez, 1732), s. £, allée, emprunté à l’an­ cien français alee (1160) dans son sens plus tardif de “galerie”. Alezad (alead, 1868-74), s. £, allée (de), de alez+ -ad. Kenalez (kenalez, 1931), s. £, contre-allée, de ken- + alez. Mî(alf, 1876), s. m., endroit d’où on lance, emprun­ té à l’ancien français alfin, fou (aux échecs) (XIIe), d’ori­ gine arabe, avec transposition du sens et amuïssement de la finale.

Alfàbet (alphabet, v. 1565-68), s. m., alphabet, du fran­ çais attesté en 1140 et issu du latin alphabetum, mot formé à partir des deux premières lettres de l’alphabet grec alpha et bêta.

Algaradenn (algaradenn, 1732), s. £, algarade, mot attesté en 1549 et emprunté par le moyen français à l’es­ pagnol algarada, cris poussés par les combattants, luimême de l’arabe al-ghara, attaque à main armée. Algenn (alghen, 1716), s. £, barbe de coiffe, issu par métathèse de angell (voir ce mot). Ali (aly, déb. XVIe), s. m., conseil, et adj. quai., d’avis, de l’ancien français alli, alliance, déverbal du verbe aller, joindre, assembler (1080) puis lier par serment, par trai­ té, issu du latin alligare, de ligare, lier. Alian (aliaff, 1499), aliin (allyein, 1732), v., conseiller, allier. Alians (aliancc, 1530), s. £, alliance, emprunté à l’ancien fran­ çais aliance, attesté en 1155. Aliansin (aliansein, 1919), v., s’allier, se marier, de ali + -ans + -in. Alier (alier, 1821), s. m., conseilleur, de ali + -er. Disali (disaly, 1732), adj. quai., non partisan (de), de dis-+ ali. Disalian (disalia, 1659), disaliin (disalliein, 1732), v., déconseiller, dissuader, de dis- + ali + -an!in. Drougali (droucaly, 1689), s. m., mauvais conseil, de droug- + ali.

Alich (alij, 1919), s. m., appât, emprunté au radical du verbe ancien français alicier, attirer, amorcer, issu du latin populaire *allecticare, de allicere, attirer, séduire. Alichan (alichan, 1992), alichin (alichin, 1992), v., allécher, appâter, de alich + -an / in.

Alienan (alienan, 1992), alienin (alieny, XVIIe), v., alié­ ner, de l’ancien français aliéner, vendre, détacher, rendre hostile (XIIIe), issu du latin alienare, rendre autre.

Alikan (alikan, 1992), s. m. et adj. quai., con, braillard, se retrouve comme nom de personne sous la forme Lallican avec l’article français ¿’agglutiné. Ce mot est un emprunt à l’ancien français halequin, variante de hellequin, nom d’un diable, mauvais conseiller, mauvais génie, batailleur (xir), du nom d’un comte de Boulogne, héros d’une chanson de geste. Alise (alise, 1992), s. m., alizé, du moyen français alizée (1643), emprunté à l’espagnol (vientos) alisios d’origine incertaine.

Aljebr (algebr, déb. XVIIIe), s. m., algèbre, mot que le français a emprunté dès la fin du XIVe siècle au latin médiéval algebra, lui-même issu de l’arabe al djabr, la contrainte. Le gallois l’a accueilli sous la forme algebreg.

Alkan (alkan, 1992), s. m., est une variante par contrac­ tion interne de alikan (voir ce mot). Alkanaj (alkanaj, 1992), s. m., déconnographie, de alkan + -aj. Alkaner (alkaner, 1992), s. m., déconneur, de alkan + -er. Alkanin (alkanin, 1992), v., déconner, de alkan + -er. Dialkanin (dialkanin, 1992), v., (se faire) remettre en place, de di- + alkan + -in. Alkerni (alqemi, 1732), s. £, alchimie, est un emprunt à l’ancien français alquemie (1265), issu du latin mé­ diéval alchemia tiré de l’arabe al kimiya, lui-même du grec khêmia, magie noire. Le gallois présente la forme alcemi empruntée à l’anglais alchemy. Alkemist (alqemist, 1745), s. m., alchimiste.

Alkin (alkin, 1992), v., (s’)arquer, emprunté au français, mot attesté en 1560 et dérivé de arc (latin arcus, arc). Le mot breton présente la dissimilation r/L Alkodin (alkodin, 1958), v., (s’)accouder, est un em­ prunt par métathèse à l’ancien français acolter, emprunt que l’on ne peut dater faute de mention antérieure, par une forme intermédiaire *acolder, le XIIe siècle présen­ tant déjà la forme acouder.

Alkol (alkol 1931), s. m., alcool, d’emprunt récent. Le moyen français présentait la forme alcohol (XVIe), issu du latin alkohol mot forgé par les alchimistes à partir de l’arabe al kuhl antimoine pulvérisé. Alkolaj (alkolaj, 1992), s. m., alcool, de alkol + -aj, suffixe à valeur péjorative. Alkoleg (alkolek, 1931), adj. quai., éthylique, de alkol + -eg. Alkolegezh (alkoolegezh, 1958), s. £, éthy­ lisme, de alkol + -egezh. Ail (ail 1557), adj. indéf., autre, prochain, et ses cor­ respondants gallois ail irlandais elle supposent, tout comme le gaulois allô-, un celtique *alno, variante de *alio-s, forme que l’on rapprochera du latin alius à

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l’origine de l’ancien français al, autre chose (XIIe). Gwezhall {guezall, 1621), adv., autrefois, à&gwezh + alL

Adalumin, v., rallumer, de ad- + alum + -in. Dialum {dialum, 1992), adj. quai., non allumé, de di- + alum.

Allas {allas, 1499), interj., hélas !, emprunté à l’ancien français alas (1175), formé de l’interjection /7 et de l’ad­ jectif qualificatif las. Allasig {allasicq, 1732), s. m., câlin, de allas + -ig.

Alum {alum, 1464), s. m., alun, emprunté à l’ancien fran­ çais {alun, XIIe) avec reprise du -m- du latin alumen. Alumeg {alumecq, 1732), adj. quai., en alun, de alum + -eg. Alumin {alumi, 1732), v., tremper dans l’alun, de alum + -in. Alumin, s. £, emprunté au français alumine (1782). Aluminiom {aluminiom, 1992), s. m., emprunté au fran­ çais aluminium (1813), lui-même issu de l’anglais.

Almanag (almanac, v. 1565-68), s. m., almanach, mot attesté en français à la fin du XIVe siècle et issu du latin médiéval almanachus, d’origine arabe, al manakh.

Alos {alouse, 1626), s. m. ou coll., alose, de l’ancien fran­ çais alose (XIIe), issu du latin impérial alausa d’origine gauloise. Aloubin {aloubi, 1732), v., conquérir, envahir, usurper, est un emprunt à un français dialectal alloubi, achar­ né (comme un loup). Sur le radical aloub- de ce verbe sont formés les dérivés aloubadeg {aloubadeg, 1958), s. £, conquête, avec suffixation en -adeg, aloubadenn {aloubadenn, 1931), s. f., conquête, avec suffixation en -adenn, alouber {alouber, 1821), s. m., conquérant, envahisseur, usurpateur, suffixé en -er, alouberezh {aloubérez, 1732), s. m., invasion, usurpation, suffixé en -erezh, aloubidigezh {aloubidigez, 1931), s. £, enva­ hissement, suffixé en -idigezh. Alp {alpou, 1931, au pl.), s. m., alpe, emprunt récent au français dont le mot est attesté en 1405 avec le sens de “montagne”. Le breton prémoderne l’avait emprunté sous la forme Alpès, Alpes au début du XVIIIe siècle. Alpenn {alpenn, 1958), sing., alpage, de alp + -enn. Alpaer {alpaer, 1931), s. m., alpiniste, de alp + -a + -er. Alpaerezh {alpaerez, 1931), s. m., alpinisme, de alp + -a + -erez. Alpinist, s. m., alpiniste, emprunté directement au français.

Alter {alter, 1709), s. m., délire dû à l’altération, em­ prunté au déverbal du français altérer {Y5G\), issu du latin alterare, dérivé de alter, autre. Alteran {alteraff, changer en mal, 1499), alterin {alteri, 1732), v., délirer, rêvasser. Aluetenn {alueten, fin XIXe), s. £, aluette, mot français formé de a- + luette, de luet, petit œil.

Alum (moyen breton a lurri), adj. quai., allumé, em­ prunté au déverbal de l’ancien français alumer{\№ty, issu du latin populaire *alluminare, dérivé de lumen, lu­ mière. Alumaj {allumaich, 1659), s. m., luminaire, de alum + -aj. Alumer {alumer, 1521), s. m., allumeur, de alum + -er. Alumetes {allumettés, alumetés, 1633), coll., allumettes, emprunté directement au français (1213). Alumidigezh {alumidiguez, déb. XVIe), s. £, embrase­ ment, de alum + -idigezh. Alumin {alumiff, 1499), v., allumer, de alum + -in. 58

Alumell {alumell, 1464), s. £, lame (coupante), em­ prunté à l’ancien français alumelle, lame (XIVe), composé de lumelle, de lemele, petite lame, avec agglutination du -a de l’article.

Alumenn {alumenn, 1732), s. £, omelette, de l’ancien français alumele (1398), avec dissimilation finale -ell/ -enn, mot de même origine que alumellci-dessus, l’ome­ lette ayant été comparée à une lame, à cause de sa faible épaisseur. Alusenn {alusen, déb. XVIe), s. £, aumône, procède du latin populaire alemosina par *almosina, altération du latin chrétien eleemosyna emprunté au grec eleêmosunê, compassion. De ce même mot proviennent également le comique alüsen, le gallois alusen, l’irlandais almsain et le gaélique almsadh sans oublier le français lui-même. Alusenna {alusenna, 1992), v., chercher l’aumône, de alusenn + -a. Alusenner {alusuner, 1659), s. m., au­ mônier, de alusenn + -er, auquel correspondent le cornique alüseneoret le gallois elusennwr. Alusennerezh {aluzenerezh, 1958), s. £, aumônerie, de alusenn + -erezh. Alusennus {alusennus, 1732), adj. quai., chari­ table, de alusenn + -us.

Aluson {aluson, 1464), s. £, est une variante du précé­ dent. Aiusoner {alusoner, 1499), s. m., aumônier, de aluson + -er. Alusoneri {alusoneri, 1992), s. £, aumô­ nerie, de aluson + -eri. Alusonus {alysonnus, 1732), adj. quai., charitable, de aluson + -us. Alvaon {alvaon, 1902), adj. quai, et s. m., ahuri, ahu­ rissement, de formation populaire et expliqué par une déformation de *ad- + genow par *ac’henow, avec apparition d’un -/- épenthétique suivi du passage de la spirante à -v- et de la nasalisation de la finale. Alvaonenn {alvaonenn, 1992), s. £, ahurie, de alvaon + -enn. Alvaonan {alvaonan, 1992), alvaonin {alvaoni, 1931), v., ahurir, de alvaon + -an!in. Alvaoneg, adj. quai., ganache, de alvaon + -eg. Alvaoner {alvaoner, 1913), s. m., mau­ vais plaisant à la grande gueule, de alvaon + -er. Dialvaonin {dialvaonin, 1992), v., (faire) revenir à soi d’ébahissement, d’ivresse, de di- + alvaon + -in.

Amaezh {amaezh, 1992), s. m., agriculture, est un em­ prunt au gallois amaeth malgré ambaith déjà archaïque en vieux breton. Ce mot rappelle le gaulois latinisé ambactus et postule pour un celtique *amb(i)-aktos. Amailh {amail, “esmail”, 1464), s. m., émail ; trémail, est un emprunt à l’ancien français email avec modifi­ cation de l’initiale par contamination, mot issu du fran­ cique *smalt duquel procède aussi l’allemand Schmelz. Le gallois amel provient du moyen anglais ameL Amailhan {amala par / mouillé, 1821 ; amailhan, 1958), amailhin {emaillein, déb. XVIIIe), v., émailler, de amailh + -an/ -in. Amailhenn {amailhenn, 1992), s. £, émaillure ; garcette, de amailh + -enn. Amailher {amail­ her, 1958), amailhour {emaillour, déb. XVIIIe), s. m., émailleur, de amailh + -er/ -our. Amailherezh {amail­ herezh, 1958), s. m., émaillage, de amailh + -erezh. Disamailhin {disamailhin, 1992), v., (s’)écailler, de dis+ amailh + -in.

Amanenn {amanen, 1464), s. m., beurre, et ses cor­ respondants comique amanyn (vieux comique amenerî), gallois ymenyn, irlandais im (vieil irlandais imb), gaélique im et manxois eeym remonteraient à un celtique *emb-en. Amanenna {amanenna, 1992), v., quémander du beurre, de amanenn + -a. Amanennan {amanénna, 1732), amanennin {amonenein, 1732), v., beurrer, se former en beurre, de amanenn + -ah / -in avec pour correspondant comique amanynna. Amanenner {amannénner, 1732), amanennour {amonaour, 1919), s. m., marchand de beurre, de amanenn + -er / -our. Diamanennin {diamanenmn, 1992), v., se dit d’une vache dont le lait tarit par magie, de di- + amanenn + -in.

Amant {amant, 1519), s. m., amende, emprunté à l’an­ cien français postérieurement au XIIe siècle qui avait emmende, réparation pour racheter une faute, forme issue du verbe latin emendare, enlever la faute. Amantamant {amandamant, 1689), s. m., amendement, emprunté au français dont le mot est attesté en 1243. Amantan {amantaf, 1530), amantin {admantiff, 1623), v., répa­ rer (une faute), (s’)amender, de amant + -ah / -in.

Aman* {amarr, 1633), s. m., amarre, de l’ancien fran­ çais amarre (xiir), mot dérivé de marrer emprunté au néerlandais maren, attacher. Amarran {amarra, 1659), amarrin {amarrein, déb. XVIIIe), v., amarrer, lier, de amarr+ -ah /-in. Amarrerezh {amarereh, 1919), s. m., amarrage, liage, de amarr + -erezh. Diamarr {diamar, 1732), adj. quai., désamarré, de di+ amarr. Diamarran {diamarra, 1659), diamarrin {diamarrein, 1744), v., désamarrer, désarrimer, de di+ amarr + -ah / -in. Disamarran {disamara, 1659),

disamamn {dizamarrein, 1723), v., délier, de dis- + amarr + -ah / -in.

Amass {amaç, 1632), s. m., amas, emprunté au fran­ çais {amas, 1360) dérivé de masse, du latin massa, mas­ se de pâté. Amassin {amassin, 1992 ; mais attesté par son part, passé amasset, 1633), v., amasser, connu sous la forme conjuguée amasso (XVIIIe), de amass + -in. Ambab {ambab, 1992), adj. quai., peu dégourdi, em­ prunté au déverbal de l’ancien français sembabir, s’éton­ ner, se déconcerter, s’effrayer.

Ambac’h {ambah, déb. XVIIIe), adj. quai., réservé, timide, est une variante vannetaise avec épenthèse de abaf (voir ce mot). Ambac’hin {ambac’hin, 1992), v., intimider, de ambac’h + -in. Ambarass {ambarras, déb. XVIIIe), s. m., embarras, ma­ nières, emprunté vraisemblablement au français au XVIIe siècle, époque à laquelle est attesté le sens figuré. Le mot procède d’un emprunt à l’espagnol embarazar, embarrasser. Ambarassan {ambarassa, déb. XVIIIe), ambarassin {ambarrassein, déb. XVIIIe), v., embarrasser, préoccuper, de ambarass + -ah / in. Ambarasser {ambarasser, 1895), s. m., faiseur d’embarras, de am­ barass + -er. Ambarasserezh, {ambarasserezh, 1992) s. m., chichis, de ambarass + -erezh.

Diambarass {diambarass, 1895), adj. quai., sans em­ barras, de di- + ambarass. Diambarassin {diambarrassein, déb. XVIIIe), v., débarrasser, de di- + ambarass + -in. Disambarass {disambarass, 1992), adj. quai., rasséréné, de dis- + ambarass.

Ambassad {ambassat, 1530), s. f., ambassade, emprunté à l’ancien français ambassade (1387), lui-même du provençal ambaissadapax l’italien ambasciata. L’étymon est le gaulois *ambactos latinisé en ambactus (voir sous amaezh), terme repris par le germanique (ç^le gotique andbahti, service, fonction), puis latinisé en ambactia durant la période médiévale. Ambassader {ambassader, 1633), ambassadeur {ambasadour, 1623), s. m., am­ bassadeur, de ambassad + -er / -our. Ambetin {ambetin, 1911), v., embêter, emprunté au français (1794), dérivé en em- de bête. Ambet {ambet, 1992), s. m., chose embêtante, déverbal. Ambetamant {ambetamant, 1992), s. m., embêtement, du français (fin XVIIIe). Ambetassion {ambetassion, 1992), s. £, em­ bêtements), de ambet- + -assion.

Ambission {ambition, 1576), s. £, ambition, de l’ancien français (XIIIe) issu du latin ambitio, dérivé de ambire, entourer, briguer les suffrages. Ambissonin {ambicioni, déb. XVIIe), de ambission + -in. Ambissius {ambitius, 59

1576), adj. quai., ambitieux, emprunté à l’ancien fran­ çais (xiir), issu du latin ambitiosus.

Ambl {ambl, 1992), adj. quai., amble, emprunté au français (fin XIIIe), déverbal de ambler(fin XIIe), ver­ be issu du latin ambulare par l’ancien provençal ambler. Amblem (amblem, déb. XVIIIe), s. £, emblème, em­ prunté au français (1560) issu du latin emblema, or­ nement rapporté, lui-même du grec emblema. Ambles {ambléz, 1919), s. £, boucle d’attelage, emprunté à l’ancien français amblais, hart d’attelage. Amblesenn {amblézen, 1919), s. £, en est une variante.

Ambleudin {ambludi, 1732 ; attesté plus anciennement par son part, passé ambludet, 1557), v., fouler aux pieds le blé noir, résulte, en fait, d’un emprunt à un français *embluter, dérivé en em- de bluter {buleter,\Y7ty ; ce mot a subi, dans sa forme moderne, l’attraction du mot bleud (voir ce mot). Ambleudadeg {ambleudadeg, 1958 ; ambrudadeg, 1912, par dissimilation), s. £, fou­ lage du blé noir, de ambleud- + -adeg. Ambleuder (ambleuder, 1992), s. m., fouleur de blé noir, de ambleud+ -er. Ambleuderezh {ambleuderezh, 1992), s. m., foulage, de ambleud- + -erezh.

Ambouchenn (écrit par erreur ambouchen, 1732, par confusion avec boule h), s. £, baisure du pain, est em­ prunté à l’ancien français embouche, abouchement, dé­ rivé de bouche. Ambousogned {ambousoignet, 1709), part, passé, pré­ occupé, emprunté au part, passé de l’ancien français embesoignier (1160), dérivé de besogne, forme fémini­ ne de besoin, mot issu du francique *bisunnia. Ambr {ambr, 1499), s. m., ambre, emprunté à l’ancien français (déb. Xlir), issu de l’arabe anbar, ambre gris, par le latin ambar. Ambran {ambran, 1992), ambrin {ambrein, 1744), v., ambrer, de ambr+ -an / -in.

Ambrassin {ambrassy, 1689), v., embrasser. L’ancien fran­ çais avait le sens de “prendre dans ses bras” (1080) ; au XVIIe siècle, le verbe prendra celui de “donner un baiser”.

Ambrellin {ambrellin, v. 1860-80), s. m., jeune garçon, en argot de La Roche-Derrien (22). C’est un emprunt à l’ancien français ambrelin, jacquemart, homme de rien, homme ridicule. Ambri {ambré, 1744), s. £, côté de sillon, a été rappro­ ché d’un mot *anre, *amre, avec -b- épenthétique, va­ riante par chute de la finale de anrod, “voye de charrette” (1744), et qui correspond au français dialectal anroté, em­ ployé à propos d’une roue engagée dans une ornière.

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Ambridan {hambrida, 1732), ambridin {ambridein, 1723), v., embrider, est un emprunt au français ancien dérivé de bride (déb. XIIIe), mot issu du moyen haut al­ lemand bridel, rêne.

Ambuch {ambusch, 1633), s. £, embûche, est un em­ prunt à l’ancien français embusche (XIIe), déverbal de s’embuscher, se mettre en embuscade, dérivé de busche (1188) et issu du germanique *busk, baguette.

Ambuskad {ambuscadenn, 1612), s. £ ou coll., em­ buscade, du français (1425) emprunté à l’italien imboscata. Ambuskin {ambusqi, XVIIe), v., s’embusquer, du français (XVe).

Amen {ameine, commodité, bienséance, 1744), s. m., portée, emprunt à l’ancien français amène (XIIIe), issu du latin amoenus, agréable. Amenad {aménat, fin XIXe), amenin {amenein, déb. XVIIIe), v., (s’)amadouer, de amen + -ad/ -in. Diamen {diamein, 1723), adj. quai., excentré, inaccessible, et s. m., inaccessibilité, de di- + amen. Ameseg {amnesec, 1499 ; amesec, 1521), s. m., voisin, procède du vieux breton amnesoc ; il est formé de ampréfixé à l’adj. quai, nés et de -¿gsuffixé (voir sous nés). Le groupe consonantique -mn- a subi l’assimilation dès le début du XVIe siècle. Amesegezh {amneseguez, 1464 ; ameseguez, 1521), s. £, voisinage, de ameseg + -ezh. Diameseg {diamesec, 1689), adj. quai., solitaire, de di+ ameseg.

Amestez {amestez, 1992), s. m., abside, est un néolo­ gisme tiré du vieux breton amestidiou, s. pL, glosant le latin absidas. Le radical estid, disparu en moyen breton et moderne, correspond au gallois esteidd, asseoir, duquel a été tiré le radical estez.

Ami {amy, 1623), s. m., ami, emprunté à l’ancien fran­ çais amie (Xe), issu du latin amicus. Le -s final du moyen breton s’est conservé dans le pluriel amision. Amiet {amiét, 1790), adj. quai., lié d’amitié, de l’ancien fran­ çais amiet, amant (XIIIe). Amiod {amiod, 1904), adj. quai., sot, emprunté à l’ancien français amiot, petit ami. Amiodaj {amiodaj, 1919), s. m., sottise, de ami + -od + -aj. Amiotaad {amiotat, 1904), v., faire le sot, de ami + -od+ -aad. Amiabl {amiabl, 1464), adj. quai., ami­ cal, civil, de l’ancien français (XIe). Amiablded (amiabldet, 1464), s. £, civilités, de ami + -abl + -ded. Amiaplaad {amiaplat, 1464), v., faire amitié, de ami + -abl + -aad avec renforcement du -b-. Diamiabl {diamiabl, 1557), adj. quai., inamical, de di+ ami + -abl.

Amiant (amiant, 1931), s. m., amiante, emprunt récent au français, lui-même du grec amiantos (lithos), (pier­ re) incorruptible. Amieges (emiegues, “baille”, 1464 ; ammieguez, 1633), s. f., sage-femme, est apparenté à l’irlandais ammait, nourrice, vieille femme, au latin amita, tante paternelle, à l’allemand Amme, nourrice, et Hebamme, sage-femme, et rappelle les noms propres gallois Ammia, Ammaia et Ammaca. Le vieil irlandais ammait, ammit avait les sens de “femme aux pouvoirs surnaturels, sorcière, spectre”. Tous ces mots postulent pour une racine com­ mune *am(m)a, mère.

Amiral (amiral, 1464), s. m., amiral, emprunté à l’anien français (amiralt, 1080), lui-même de l’arabe amir al bahr, prince de la mer. Amiraliezh (amiraliezh, 1958), s. f., amirauté, de amiral + -iezh.

Amkan (amkan, 1992), s. m., objet, but, procède du vieux breton amcan, environ, entourage, point re­ cherché, but. Il a pour correspondant le gallois amcan, intention, but, objet (moyen gallois amcan, XIIIe).

Amonetañ (amonetaff, 1499), amonetiñ (amonetiñ, 1992), v, admonester, est un emprunt à l’ancien français amonester, 1160, issu du latin populaire *admonestare. Amorted (amorétêd, 1723), s. m., regret, est un em­ prunt à l’ancien amortir, tuer, mourir ; rendre comme mort, mortifier ; éteindre (la chaux), étouffer, dérivé de mort.

Amoug (amouc, 1530), s. m., recours, identique au cornique amük, défense, protection, est un dérivé formé sur le radical doug- du verbe dougen (voir ce mot) pré­ cédé du préfixe am-. Amouezh (amouez, 1530), v., défendre, a pour correspondant le gallois amwyn, se contenter de, se battre avec, défendre, protéger, délivrer, variante de amygaf. Ce verbe est formé sur le radical amoug avec suffixe -ezh. Kendamouezh (quendamouez, 1659), s. m., émulation, de ken-d- + amouezh, est issu d’un celtique *com-doam(b)u-uc-t-. Amour (amour, “amye”, 1499), s. m., amour, emprunté à l’ancien français (amor, 842), issu du latin amorem. Amourabl (amourabl, 1557), adj. quai., aimable, em­ prunté à l’ancien français amourable attesté par l’adverbe amourablement. Amourous (amoureux, 1499 ; amourous, 1709), adj. quai., amoureux, emprunté à l’ancien français amoros, amoureux (1220). Amourousted (amourousdet, 1709), s. f., amourette(s), de amour + -ous + -ded.

Diamour (moyen breton dyamour), adj. quai., sans amour, de di- + amour. Kenamourous (qen-amourous, 1732), s. m., rival en amour, de ken- + amour + -ous. Abalamour (polamour, 1530 ; àpalamour, 1632), prép., à cause, est un emprunt au français pour lamour com­ me l’atteste la forme initiale du mot avec assimilation du -rdepour. La préposition ¿/agglutinée a provoqué la lénition du p- initial et la contamination du -o- en -a-. Dibalamour (dibalamour, 1732), adj. quai., désinvolte, et s. m., désinvolture, est formé sur le com­ posé -balamour précédé du préfixe privatif di-. Amparled (amparllet, 1464), pan. passé, “emparlé“, est un emprunt à l’ancien français emparle, disert, bavard (XIIe), participe passé du verbe emparler(\ 150), dérivé de parler.

Ampart (ampart, 1659), adj. quai., habile, note la for­ me évoluée de appert, 1499, par apart, présent dans le nom propre Lapart (1696, Mahalon, 29) (voir sous apert). Ampartaad (ampartaad, 1944), v., rendre ou de­ venir habile, de ampart + -aad. Ampartis (ampartiz, 1925), s. f., habileté, de ampart + -is. Diampart (diampart, 1992), adj. quai., inexpert, de di+ ampart. Disampart (dizampart, 1931), adj. quai., inhabile, de dis- + ampart. Disampartis (dizampartiz, 1931), s. f., inhabileté, de dis- + ampart + -is.

Ampech (ampeig, XVIe; ampeich, XVIe), adj. quai., em­ pêché, et s. m., empêchement, poisse. Ampech (ampeig, 1633 ; ampech, 1689), ampechan (jmpechaff, 1499), ampechin (ampechif, 1530), v., (s’)empêcher, de l’an­ cien français empechier, entraver, mettre aux fers, prendre au piège (1120), issu du latin impedicare, prendre au piège. Ampeched (ampechet, 1992), part, passé, s’applique à une personne inadaptée, de ampech+ -ed. Ampechabl (ampechabl, déb. XXe), adj. quai., op­ posable, de ampech + -abL Ampecher (ampecher, 1992), s. m., empêcheur, de ampech + -er. Diampech (diampeig, déb. XVIe), indemne ; diligent, et s. m., diligence. Diampechan (diampechaff, délivrer, 1499), v., (se) déhaler, de di- + ampech + -an. Disampech (disampech, 1992), disampechan (disampechan, 1992), v., écarter, de dis- + ampech + -an.

Amper (amper, 1958), amperad (amperad, mil. XXe), s. m., ampère, emprunté du français, du nom d’Ampère, physicien français mort en 1836. Le mot fait son apparition en 1865. Le gallois l’a emprunté sous la graphie ampêr. Ampes (ampés, 1659), s. m., empois, amidon, est un emprunt au radical empes- de l’ancien français empeser, dérivé de peiz, pois (1050), lui-même du latin pix.

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Ampesadenn (ampesadenn, 1992), s. £, amidonnage, de ampes + -adenn. Ampesan (ampeza, 1876), ampesin (ampési, 1659), ampeso (ampeso, 1992), v., empe­ ser, amidonner, de ampes + -an/i-n/-o. Ampeseres, s. f., repasseuse de coiffes ; midinette, de ampes + -er + -es. Ampeserezh (empezéreh, 1723), s. m., empesage, de ampes + -erezh. Diampes (¿Hampes, 1992), adj. quai., non amidonné ; dégourdi, de di- + ampes. Diampesan (diampesan, 1992), diampesin (diampesin, 1992), v., désamidonner, de dis- + ampes + -an / -in.

Ampl (ampl, 1623), adj. quai., ample, suffisant, du fran­ çais (VIIIe) issu du latin amplum, que le gallois a em­ prunté directement sous la forme moderne ami. Amplaad (amplaat, 1931), v., (s’)amplifier, de ampl + -aad Ampled (ampled, 1944), s. f., amplitude, de ampl + -ed Ampler (ampler, 1992), s. m., ampleur, du fran­ çais avec évolution du suffixe -eur à -er. Gourampl (gourhamble, 1723), adj. quai., avide, goulu, de gour- + -ampL Amplet (amplet, 1557), s. m., rapport, production, em­ prunté à l’ancien français emplette ( 1360), issu du latin po­ pulaire *implicita, part, passé du verbe implicare. Ampletin, (ampledi, 1931), v., rapporter, produire, de amplet + -in. Ampletus (ampletus, 1931), adj. quai., rentable, produc­ tif, de amplet + -us. Ampletusted (ampletusted, 1944), s. f, rentabilité, productivité, de amplet + -us + -ded Diamplet (diampled, 1958), adj. quai., improductif, de di-+ amplet. Disamplet (dizampled, 1958), adj. quai., peu rentable, peu avantageux, improductif, de dis- + amplet. Ampouailh (ampouaill, 1876), s. m., chenapan, appa­ raît comme un emprunt au français empouilleavec sub­ stitution de la finale calquée sur canaille.

Ampreansion (amprehansion, 1709), s. f., appréhension, emprunté au français avec nasalisation de la syllabe ini­ tiale, mot issu du latin apprehensionis.

Amprest (amprest, 1525), s. m., emprunt, de l’ancien français emprest (XIIIe), dérivé de prest, prêt. Amprestadenn (amprestadenn, 1931), s. f., emprunt, de amprest + -adenn. Amprestan (amprestaff, 1499), amprestin (ampresti, déb. XVIe), ampresto, v., emprunter, de amprest + -an / -in / -o. Amprester (amprester, 1931), amprestour (amprestour, 1931), s. m., emprunteur, de amprest + -er / -our. Ampustur (ampustur, 1992), adj. quai., impotent, et s. m., impotence, est un emprunt à l’ancien français empost, mal disposé, impotent (1160), issu du latin 62

populaire *impositum, de positum, placé. Ampusturiñ (ampusturiñ, 1992), v., empoisonner, de ampustur + -iñ. Amser (amser, 1499), s. f., temps, a pour correspon­ dants le comique amser, le gallois amser, le vieil irlan­ dais aimserçx. le gaélique aimsir. Tous remontent à un celtique commun *amb-mensera. Amserañ (amseraff, 1557), amseriañ (amseryaff, 1499), amseriñ (amseri, 1821), v., temporiser, fixer (dans le temps), de amser + -(i)añ / -iñ. Amsereg (amzereg, 1992), adj. quai., tem­ porisateur, de amser + -eg Amserier (amserier, 1821), s. m.. temporisateur, de amser + -ier. Amseroni (amzeroni, 1992), s. £, chronologie, apparenté au gallois am­ seroni, almanach, de amser + -oni. Amseroniezh (amzeroniez, 1923), s. £, de même sens, de amser + -oni + -iezh. Amserwezh (amseruez, déb. XVIe), s. £, temps (de), de amser + -gwezh lénifié à l’initiale. Amserwezhiad (amzerwezhiad, 1992), s. £, ère (de), de amser + -wezh + -iad. Diamser (diamzer, 1931), adj. quai., intemporel, de di+ amser. Diamserm (diamseri, 1716), v., dépasser le temps, trop cuire, de di- + amser + -iñ. Diamsered (diamseret, 1716), part, passé, obsolète, de di-+ amser + -ed. Disamseriñ (diamseri, 1716), v., (se) périmer, de dis- + amser + -iñ. Dreistamser (dreistamzer, 1958), s. £, heure supplé­ mentaire, de dreist- + amser. Henamser (Henamzer, 1927), s. £, Antiquité, de hen + amser. Hiramserm (hiramzeriñ, 1992), v., trouver le temps long, de ¿zr + amser - iñ. Kenamser (kenamzer, 1992), s. £, syn­ chronie, et adj. quai., synchrone, de ken- + amser. Kozhamser (koz-amser, 1931), s. £, automne, de kozh + amser. Krennamser (ar Grenn-amzer, 1923), s. £, Moyen Age, de krenn + amser. Marwamser (maroamzer, 1931), s. £, morte-saison, de marw+ amser.

An (an, 1426), art. dé£, le, la, les, correspond au cornique an, au gallois yn et à l’irlandais in ; tous procè­ dent d’un celtique *sendo-. Añ (vieux breton ap ; aff, 1499), s. m., baiser, bisou, a pour correspondant le comique am, reste cependant d’ori­ gine incertaine. Añañ (affaff, 1521), añed (afet, 1499), añiñ (añiñ, 1992), año (año, 1992), v., donner un baiser. Añer (añer, 1992), s. m., bécoteur, de añ + -er.

Anad (haznat, “cogneu”, 1499 ; hanat, 1710 ; anat, 1821), adj. quai., évident, et s. m., évidence, et le gal­ lois annawd, étrange, merveilleux, inhabituel, évident, procèdent d’un celtique *ati-gna-to-, bien connu, cor­ roboré par le nom propre gaulois Ategnatos. L’élément -nad est attesté dans le vieux breton griot, habituel, auquel correspondent le gallois gnawd et l’irlandais

gnàth. Anadenn {anadenn, 1958), s. f., phénomène, de anad+ -enn. Anadin {anodin, 1992), v., se manifester, transpirer, de anad + -in. Anataad {haznattat, 1499 ; anataat, 1821), v., démontrer, de anad + -aat. Anatadur {anatadur, 1931), s. m., démonstration, de anad + (-a) + -adur. Dianad {dianat, 1958), adj. quai., peu évident, in­ connu, de di- + anad. Dianadin {dianadein, 1919), v., disparaître, de di- + anad + -in. Peuranad {peuranad, 1992), adj. quai., patent, de peur- + anad. Anal {alazn, 1499 ; alan, 1659 ; anal, XIXe), s. m., ha­ leine, souffle, comme ses correspondants comique anal, gallois anadl et irlandais anal, procède d’un celtique *anatl-. Analad {halanad, 1710), s. m., inspiration, ha­ leine, de anal + -ad, correspond au gallois anadliad. Analan {alaznaff “aleiner”, 1499), analin {analin, 1992), v., inspirer, de anal+ -an/-in (comique anella, gallois anadlaf, anadlu). Dianal {dialanet, 1659 ; dianal, 1732), adj. quai., essoufflé, de di- + anal (gallois dianadl). Dianalin {dianalein, 1723), v., expirer (en parlant du phénomène de la respiration), de di-+ anal+ -in. Dianalus {dianalus, 1931), adj. quai., irrespirable, de di- + anal + -us. Disanalin {dishalana, 1889), v., perdre haleine, respi­ rer fort, de dis-+ anal+ -in. Enanalin {enalana, 1931), v., inhaler, de en- + anal+ -in. Enanaladur {enalanadur, 1931), s. m., inhalation, de en- + anal+ -adur. Berranal {berràlan, 1659 ; berr-anal, 1931), adj. quai., essoufflé, et s. m., essoufflement, asthme, de berr+ anal Berranaleg {bérr-analecq, 1732), adj. quai., asthmatique, de berr+ anal+ -eg. Berranalin {berranalin, 1958), v., (s’)essouffler (avec l’asthme), de berr+ anal+ -in. Analis {analis, 1992), s. £, analyse, emprunté au fran­ çais (1578), issu du grec analusispas le latin scolastique analysis.

Ananv (vieux breton anam, faute, défaut, tache ; anaff, trouble, défaut, tache, 1557), s. m., douleur, est un mot d’origine celtique comme l’attestent ses correspondants gallois anaf{vieux gallois anam) et irlandais aineamh, faiblesse, défaut, imperfection (vieil irlandais anirri). Ananvin {ananvin, 1992 ; mais attesté au XVIe siècle par son part, passé anaffet), v., blesser, de ananv + -in (gallois anafu). Ananvus {anaffus, XVIe), adj. quai., douloureux (gallois anafus). Diananv (vieux breton dianam, moyen dianaffj, adj. quai., sans faute, de di- + ananv. Ananv {anaff, 1499), s. £, orvet, procède du vieux bre­ ton anam d’origine inconnue. Ce mot se retrouve en comique sous la forme anaf.

Anaon {anauon, 1499 ; anaffon, XVIe), s. pl., (âmes des) trépassés, procède d’un celtique *ana-mon-es. Ana(v)oud {aznauout, 1499), v., connaître, correspond au comique asnowos et au gallois adnabod. Ce verbe, d’origine celtique, remonte à un ancien *ati-gnau-bod (pour bod, voir boud). Anav {anav, 1992), adj. quai., notoire, en est le déverbal. Anaoudeg {aznauoudec, 1499 ; anaoudec, 1709), adj. quai., reconnaissant, et {anaoudeg, 1868), s. m., connaissance, de ana(v)oud+ -eg. Anaoudegezh (moyen breton aznaoudeguez}, s. £, connaissance, auquel correspond le gallois adnabyddiaeth, de ana(v)oud + egezh. Anavezabl {anavezabl, 1992), adj. quai., connaissable, reconnaissable, identi­ fiable, de anavez- + -abl, formé sur le radical du verbe anavezan, variante de anavoud. Anavezer {anavezer, 1992), s. m., connaisseur, de anavez- + -er. Anavezadur {anavezadur, 1992), s. m., identification, de anavez- + -adur. Damana(v)oud {damanavezout, 1958), v., (se) recon­ naître à demi, de dam- + anavoud Diana(v)oud {dianauout, déb. XVIe), v., ignorer, ne pas connaître, de di- anavoud, présente la variante dianavezan {dianavezan, 1992), bâtie sur le verbe bezan lénifié à l’initiale. Dianaoudeg {dianaoudec, 1659), adj. quai., ignorant, ingrat, de di- + ana(v)oud + -eg. Dianaoudegezh {diaznaoudeguez, 1576), s. £, ignorance, ingratitude, de di- ana(v)oud + -egezh. Disanaoudeg (moyen breton disanaoudec), adj. quai., ingrat, de dis- + anaoud+ -eg. Disanaoudegezh {dizanaoudégez, 1821), s. £, ingrati­ tude, de dis- + anaoud + -egezh. Disana(v)oud {disaznaout, 1732), v., ne pas connaître, méconnaître, renier, de dis- + ana(v)oud et sa variante disanavezan {disanavezan, 1992). Dianavez {dianavez, 1992), adj. quai., ignoré, inconnu, formé de di- + anavez-. Disanav {disanaff, 1732), adj. quai., inconnu, mécon­ nu, de dis- + anav. Emanaoudegezh {emanaoudegez, 1931), s. £, connaissance de soi, de em + ana(v)oud + -egezh. Emanavoud {emanavoud, 1992), v., se connaître soi-même, de em + anavoud. Raganaoudeg {raganaoudeg, 1992), adj. quai., prémonitoire, de rag- + ana(v)oud + -eg. Raganaoudegezh {raganaoudegez, 1931), s. £, prémonition, de rag- + ana(v)oud+ -egezh. Nnaw {anao, 1958), s. £, harmonie, apparaît comme un emprunt au gallois alaw (1793), mélodie. Anchenn {hanchen, 1732), s. £, anche, emprunté au français (1530) avec suffixation en -enn. Le mot pro­ cède du germanique *ankja, jambe, tuyau, duquel est aussi issu l’ancien haut allemand ancha. Andell, voir andenn.

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Andenn (andenn, 1876), s. f., andain, raie, cannelure, emprunté au français andain (1200) d’origine obscu­ re mais qui présente la même racine que le savoyard et l’ancien vaudois andâ, marcher, et que l’italien andare, aller. Andennan (andennan, 1958), andennin (andennein, 1876), v., ranger (en andains), de andenn + an / -in. Disandennin (disandennih, 1992), v., défaire les an­ dains, de dis- + andenn + -in. Andell (andell, 1958), s. f., andain ; futilité, bagatelle, variante de andenn par sub­ stitution de la finale -enn prise comme suffixe. Andellad (andellad, 1958), s. f., andain (de), de andell + -ad Andellad (andellat, 1958), v., badiner, de andell + -ad. Andellaj (andellaj, 1919), s. m., badinage, de andell + -aj. Andeller (andeller, 1958), andellour (andellour, 1992), s. m., badin, de andell + -er / -our. Diandellan (diandellah, 1958), diandellin (diandellin, 1992), v., défaire les andains, de di- + andell + -ah /-in.

Andevr (andevr, 1992), s. m., chanci, fumier, serait une variante de *mandevr, altération du français maind'œuvre avec aphérèse de la consonne initiale. Andevrad (andevrad, 1992), v., fumer, de andevr + -ad Andevreg (andévrek, 1821), s. m., tas de chanci. Andiv (andiv, 1992), coll., endives - variante andives (andives, 1992) -, emprunté au français (XIIIe), lui-même du grec byzantin endivi par le latin médiéval endivia. Andon (handon, 1779), s. m., source, provenance, est formé de an + don (voir sous don). Il a pour corres­ pondants le comique annown (de an + dowri) et le gal­ lois annufh, au-delà, autre monde (de an + dwfn). Andonian (andonian, 1958), andonin (andonin, 1992), v., (se) ressourcer, de andon + -ah / -in. Korrandon (corrandon, 1499), s. m., gnome, myrmidon, de korr + andon. Korrandones (korrandones, 1992), s. f., fée, de korr+ andon + -es. Komandon (cornandon, 1499), variante de korrandon, de korr+ (a)n + andon. Andor (andor, 1876), coll., lieu abrité, procède d’un an­ cien *andoer (cf. goudor de goudoer, voir ce mot), composé de an- + to+ -er. Andorin (andorin, 1992), v., abriter, de andor + -in. Andorennin (andorenni, 1923), v., abriter, de andor + -enn + -in, formé sur le singulatif andorenn.

Andred (andret, 1557), s. m., endroit, emprunté à l’an­ cien français endreit (1160), dérivé de dreit, droit. Andredad (andredad, 1919), s. m., endroit (de), de andred + -ad.

Anduilh (anduill, 1499), coll., andouille, emprunté au français (XIIe), issu du latin populaire inductile, dérivé de inducere, introduire. 64

Andur (andur, 1919), andurin (endur- sous la forme conjuguée endurez, 1576 ; endurign, XVIIe), v., endurer, supporter, emprunté au français (XIe), issu du latin indurare, endurcir. Andur (andur, 1992), s. m., endu­ rance, en est le déverbal.

Anell (anell, 1902, au pl. dans anelloii), s. f, anneau, emprunté à l’ancien français anel, chaîne, fer (xr), issu du latin annellum. Anemis (anemis, XVIIe), s. m., ennemi, emprunté à l’an­ cien français ennemi (XIe), issu du latin inimicus. Le -/ final n’est pas la marque du pluriel en français mais rap­ pelle celui de l’ancien français amis, ami.

Aner (aner, 1499), s. m., corvée, prestation, et adj. quai., vain, procéderait du bas latin angarium, tourment, labeur pénible et vain, selon Victor Henry. Cette hy­ pothèse est récusée par Joseph Loth d’après l’évolution du latin angellum au breton ael et, selon lui, angarium aurait donné aier, aer. Anerin (aneri, 1732), v., faire des corvées, de aner + -in. Aneval (aneual, 1499), s. m., animal, est un emprunt au latin médiéval animalium issu du latin animalis, tout comme le comique enevalex. le gallois anifaiL Anevalad (anevalaat, 1931), anevalin, v., s’abrutir, de aneval + -ad/-in. Anevalaj (anevalaj, 1992), s. m., animalité, de aneval + -aj.

Anevin (anehuein, 1790), v., mûrir, est une variante de azvin (voir ce mot). Aneved (anewed, 1992), part, passé, mûr, duquel est extrait anev (anew, 1992), adj. quai., mûr. Anevidigezh (anewedigezh, 1992), s. f, véraison, de anev + -idigezh. Anforenn (amforenn, 1931 ; anforenn, 1958), s. f, amphore, emprunté au français (1518), issu du grec amphoreus par le latin amphora. Anforennad (amforennad, 1931 ; anforennad, 1958), s. f., amphore (de), de anforenn + -ad. Angel! (angell, 1924), s. f, aileron ; bande de sable entre rochers et chemins, emprunté au gallois angell, jambe, aile, pignon, membre, serre, griffe, formé de angemprunté au latin ancus, et du suffixe -elL Angellad (angellein, 1919), v., faire la brasse, de angell + -ad. Angelleg (angelleg, 1992), adj. quai., à aileron, de angell + -eg.

Angloutan (angloutaff, 1557), angloutin (angloutin, 1992), v., englour’r, emprunté à l’ancien français englotir(\W5ty-> issu du bas latin ingluttire, avaler. Angoess (angoes, 1540), s. f, angoisse, emprunté à l’an­ cien français (1175), déverbal du verbe angoissier(\№ty issu du latin *angustiare, dérivé de angustia, lieu resserré.

Angoested (angoesdet, 1499), s. £, angoisse, de angoess + -ded Angoessad (angoessat, 1499), v., angoisser, de angoess + -ad Angoessus (angoessus, 1499), adj. quai., angoissant, de angoess + -us.

Angpni (angony, 1732), s. f., (glas annonçant l’)agonie, emprunté au français avec nasalisation de la syllabe ini­ tiale. Le mot agonie (1361) est issu du latin chrétien agonia, angoisse, lui-même du grec agonia, lutte.

Angouled (angoulet, 1919), part, passé, fasciné, em­ prunté à l’ancien français engolé, garnir d’une collerette appelée gole, paré, orné, et dérivé de gole, bouche, gosier, avec substitution du suffixe notant le part, passé. Anian (vieux breton angan ; anien, 1958), s. m., nature, instinct, est un emprunt récent au gallois anian, nature, évolué du vieux gallois angan par le moyen an(n)yan. Ce mot remonte à un celtique *ande-gen, voire *eni-gen. Anianel (vieux breton annganol), adj. quai., naturel, ins­ tinctif, calqué sur le gallois anianol, de anian + -el.

Animan (animaii, 1992 ; mais attesté au XVIIIe siècle par le part, passé animei), v., animer, est un emprunt au français (1361) issu du latin animare, donner la vie. Anjandrin (anjandrin, 1992 ; mais attesté par le part, passé angendreten 1576), v., engendrer, est un emprunt au français (XIIe) issu du latin ingenerare.

Anjans (anjans, 1992), s. £, engeance, emprunté au français (1539) évolué et dérivé de l’ancien français aengier, enger, pourvoir, verbe qui pourrait procéder du latin indicare, révéler. Anjanserezh (anjanserezh, 1992), s. m., fait d’être une engeance, de anjans + -erezh.

Anjinan (anjinan, 1992), anjinin (anjinin, 1992), v., embêter, est un emprunt à l’ancien français engignier, imaginer, inventer ; tromper ; séduire (une femme) (v. 1160), dérivé de engin, habileté, adresse, artifice, luimême issu du latin ingenium, caractère, talent. Anjiner (anjiner, 1992), anjinour (anjinour, 1992), s. m., embêteur,de anjin- + -er / -our. Anjinerezh (anjinerezh, 1992), s. m., embêtement(s), de anjin- + -erezh. Anjuli (anjuli, 1792), s. m., injure, est un emprunt à l’ancien français enjurie, injure, affront (1119) avec dis­ similation r/ LLe mot procède du verbe enjurier (XIIe) issu du latin injuriare. Anjulial (anjulial, 1790), v., in­ jurier, de anjuli + -aL Anjulius (anjulius, 1790), adj. quai., injurieux, de anjuli + -us. Ankalez (angalez, déb. XVIe), s. m., anxiété, est issu du vieux breton amcaletçx. correspond au gallois amgeledd, souci, anxiété, sollicitude. Tous deux sont formés du

préfixe am-, de la racine kal, kel, que l’on rapprochera du radical du verbe vieux gallois celu, cacher, emprunté au latin celo, voiler, cacher, et du suffixe -ez. Anken (anequen, 1499), s. m., angoisse, est identique au comique anken, au gallois angen, besoin, nécessité, et à l’irlandais éigean (d’un vieil irlandais éceri). Tous ces mots remontent au celtique *ank-ena. Ankeneg (ankinek, 1919), adj. quai., triste, affligé, de anken + -eg. Ankenian (anequenet, part, passé, déb. XVIe; anquenia, 1659), ankenin (anqeniein, 1732), v., angoisser, affliger, de anken + -an / -in, dont le correspondant est le comique ankenya. Ankenius (anquenyus, déb. XVIIIe), adj. quai., angoissant, de anken + -ius. Ankenus (ancquenus, déb. XVIe), adj. quai., angoissant, de anken + -us. Dianken (dianken, 1876), adj. quai., tranquille, serein, de di-+ anken. Diankenian (diankenian, 1992), diankenin (diankenin, 1992), v., tranquilliser, de di-+ an­ ken + -ian/-in. Disanken (disanken, 1992), adj. quai., sans angoisse, de dis- + anken. Disankenian (disankenian, 1992), disankenin (disankenin, 1992), v., tirer d’angoisse, de dis- + anken + -ian / -in. Ankivil (ankivil, 1992), adj. quai., aléatoire, note l’al­ tération du français âme qui vive.

AnkI (ankl, 1992), s. m., angle, présent sous la graphie angle dans de nombreux noms de lieux dont Langle en 1444, lieu-dit en Inzinzac-Lochrist (56). C’est un em­ prunt à l’ancien français (fin XIIe) issu du latin angulus. Anklin (andin, inclination, 1659), s. m., révérence, em­ prunté à l’ancien français endin, salutation (XIIe), dé­ verbal de endiner (1080), issu du latin indinare. Anklinan (anclinaff, 1499), anklinin (acclinein, 1723), v., faire la révérence, de anklin + -an /-in.

Ankontran (ancontraff, 1499), ankontrin (ankontrin, 1992), v., rencontrer, emprunté à l’ancien français encontrer, rencontrer (XIe), dérivé de encontre (Xe), issu du latin in et contra. Ankoue (hancoué, 1723), s. m., épiglotte, emprunté au verbe ancien français engouer, obstruer le gosier (1360), variante dialectale de gaver.

Ankow (ancou, 1499), s. m., mort ; squelette, procè­ de du vieux breton ancou et correspond au comique ankow, au gallois angau (du moyen angheu) et au vieil irlandais éc. Tous sont issus du celtique *ankowes. Ankr (ankr, 1992), s. m., encre, emprunté au français dont le mot est attesté sous cette graphie dès 1160 mais issu d’un plus ancien enque (1050) avec -r- épenthétique, celui-ci issu du bas latin encautum, encaustique pour peinture, puis encre rouge des empereurs.

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Ankran (ankran, 1992), ankrin (ankrin, 1992), v., en­ crer, de ankr + -ah / -in. Annev (anneffh, 1499), s. £, enclume, correspond au comique anwan (vieux comique enniari), au gallois einion (ennian, Xe) et à l’irlandais inneoin (vieil irlandais indéin, moyen indeoin). Tous procèdent d’un celtique *ande-u>en-i.

Annoar (annoer, 1499), s. £, génisse, correspond au comique annor, au gallois annair (moyen anneif) et à l’irlandais ainnir, jolie fille (moyen ainder, jeune fille). Tous sont issus d’un celtique *and-era. Annoazh (annoaez, 1499), s. m., anathème, monitoire, offense, semble être un dérivé du vieux breton anno-, mot incomplet au sens de “persuasion, suggestion” et qui a été rapproché du gallois anhoaf, inciter, pousser à, chasser. Annoazh (annouez, 1499), annoazhan (annoazhan, 1992), v., anathématiser, s’offenser, de annoazh + -ah. Annoazhded (annoazdet, 1650), s. £, douleur (de l’anathème), de annoazh + -ded. Annoazhder (annoazder, 1650), chagrin, douleur, de annoazh + -der. Annoazhus (anwazus, 1931), adj. quai., susceptible, offensant, de annoazh + -us.

Anoch (anoch, 1992), coll., tronçon(s), rondin(s), est un emprunt au déverbal du verbe ancien français enoschier, entailler, entamer (1125), dérivé de oschier, entailler. Anochenn, s. £, baguette (de pain), de anoch + -enn. Anochan (anochan, 1992), anochin (anochin, 1992), v., tronçonner, de anoch + -ah I -in.

Anons (anonçc, 1633), anonsin (anonciff, 1626), v., an­ noncer, emprunté à l’ancien français anoncier (1080), issu du latin annuntiare. Le breton présentait la variante anoncaffaxi début du XVIe siècle, notée anonczaff en 1521. Anonsiassion (Annonciation, 1689), s. £, Annonciation, terme passé au breton dans son sens re­ ligieux. Anoued (anoet, 1464), s. m., (sensation de) froid, a pour correspondants le comique anwoset le gallois annwyd (moyen annwyÿ. Ces mots sont des dérivés en *an-, pré­ fixe augmentatif d’un celtique *outa, *oukta qu’on re­ trouve dans l’irlandais ùacht, ocht, froidure. Anouedadur (anouedadur, 1931), s. m., refroidissement, influenza, de anoued + -adur. Anouedeg (aneouédec, 1744), adj. quai., frileux, de anoued + -eg, est attesté sous la forme Anoetoc comme nom de personne en 863 ; il a pour correspondants le comique anwesek et le gallois anwydog. Anouedig (annôedicq, 1732), adj. quai., fri­ leux, de anoued + -ig. Anouedin (anouedi, 1659), v., (se) refroidir, de anoued + -in, auquel correspond le comique 66

anwesy, prendre froid. Anouedus (annoüedus, 1723), adj. quai., refroidissant, de anoued + -us, auquel cor­ respond le gallois anwydus. Dianouedin (dianoüedein, 1723), v., (se) désenrhumer ; réchauffer un peu, de di- + anoued + -in.

Ansegn (ansaing, 1623), s. £, enseigne, est emprunté au français (ansoigne, v. 1160), dérivé du verbe enseignier (XIe) issu du latin populaire *insignare, de signare, indiquer. Ansell (ansell, 1732), s. m., feuilleret, est un emprunt au radical de l’ancien français enselleur, celui qui che­ vauche assis sur une selle, et dérivé de selL

Antell (antell, 1992), s. £, piège tendu, ligne de fond, et adj. quai., tendu, correspond au comique antel, piè­ ge, tentation, tricherie, ruse, au gallois annel, piège, et à l’irlandais innil, piège. Il a été expliqué comme étant une variante de *antenn (de an- + tend} avec substitu­ tion de la finale. Antellan (antel, 1732 ; antella, n., 1868), antellin (antellein, 1919), v., amorcer (un piè­ ge), de antell + -ah / -in, auquel correspondent le comique antel, le gallois annelaf, annelu, et l’irlandais indelL Diantell (diantel, 1821), adj. quai., détendu, instable, et s. m., distension, de di- + antell, auquel correspond le gallois diannel. Diantellad (diantella, 1821), v., (se) distendre, de di- + antell + -ad Disantellan, (dizantellan, 1958 ; mais attesté sous la forme conjuguée zizantellaz, 1889), disanteilin (disanteilin, 1992), v., (se) dé­ bander, de dis- + antell + -ah / -in.

Anterin (anterin, 1530), adj. quai., intégral, emprun­ té à l’ancien français enterin, complet, achevé (1160), issu du latin populaire *integrinum dérivé de integrum, entier. Anterinan (anterina, 1680), anterinin (anterinein, 1732), v., entériner, de anterin + -ah / -in. Anterinded (anterinded, 1931), s. £, intégralité, inté­ grité, de anterin + -ded Anterinder (anterinder, 1931), s. m., en est une variante formée avec le suffixe -der. Antier (antier, 1519), adj. quai., entier, non castré, em­ prunté au français dont le mot est attesté dès 1160 et issu du latin integrum, non touché, dérivé de tangere, toucher. Antieramant (antieramant, 1623), adv., entièrement, emprunté au français.

Antifonenn (antiphon, 1464 ; antifonenn, 1710), s. £, antienne, emprunté au latin ecclésiastique antiphona. Antilopenn (antilopenn, 1931), s. £, antilope, du fran­ çais dont le mot est attesté en 1622 et emprunté à l’an­ glais antelope, lui-même du latin médiéval anthalopus, animal fabuleux, par l’ancien français antelope, 1260.

Antimoan {antimoën, 1633), s. m., antimoine (XIIIe), issu du latin médiéval antimonium (XIe) emprunté à l’arabe ‘ithmid.

Antre {antre, 1499), s. £, entrée, emprunté à l’ancien français entre, entrée, action d’entrer (1292), déverbal de entrer issu du latin intrare. Antreal {antreal, 1958), antrein {antren, 1499 ; antréein, 1792), v., entrer, ren­ trer, de antre + -al / -in. Antreprenan {antreprenan, 1992), antreprenin {antrepreniff, 1626), v., entreprendre, est attesté plus an­ ciennement par le part, passé antreprenet{Vy76). C’est un emprunt au français dont le mot est attesté au début du XIIe siècle et dérivé de prendre. Antreprenans {antreprenanz, 1732), s. £, entreprise, de antrepren- + ans. Antreprener {antreprener, 1732), antreprenour {antreprenour, 1732), s. m., entrepreneur, de antrepren- + -er/-our. Antreprenus {antreprenus, 1732), adj. quai., entreprenant, de antrepren- + -us.

Antretenin {entretenijf, 1623), v., entretenir, emprun­ té au français (XIIe), dérivé de tenir et dont le sens pre­ mier était “tenir ensemble”. Antretenans {atretenanz, 1732), s. £, entretien, de antreten- + -ans.

Anus {annuz, 1958), s. m., aneth, emprunt probable au français avec altération de la finale ; le mot est issu du latin anethum lui-même emprunté au grec anethon.

Anvelopan {aualopajf, 1557), anvelopin (anuelopiff, 1633), v., envelopper, emprunté au français {envoloper, 980) dont le mot est un dérivé de voloper (XIIe) d’ori­ gine incertaine. Anvironan {environajf, déb. XVIe), anvironin {anuironiff, 1626), v., environner, emprunté à l’ancien français environer{\ 138), dérivé de viron, ronde, pays alentour. Anvironamant {anvironamant, 1992), s. m., environ­ nement, emprunté au français.

Anw (vieux breton anu ; anff, 1418), s. m., nom, men­ tion (de), correspond au comique hanow, au gallois enw (vieux gallois anu), au gaélique ainmhet au vieil irlan­ dais ainm. Tous remontent au celtique an-men. Anwabl {anwabl, 1992), adj. quai., reconnaissable, de anw+ -abL Anwadur {hanvadur, 1931), s. m., nomi­ nation, de anw + -adur, formé d’après le gallois enwadur, nomenclature, glossaire. Anwadurezh {anvadurez, 1944), s. £, nomenclature, de anw+ -adurezh. Anwan {anwan, 1992), anwin {hanüein, 1723), v., nommer, dénommer, admet la variante enwel {hènvel, 1732) par affection vocalique due au suffixe verbal -el, variante qui trouve son correspondant dans le comique henwel, le gallois usant de enwaf, enwi. Anwer {hanuer,

1499), s. m., personne qui nomme, de anw + -er. Anwidigezh {hanvedigez, 1931), s. £, nomination, de anw + -idigezh. Anwus {hanuus, déb. XVIe), adj. quai., renommé, de anw + -us. Adanw {adanw, 1992), s. m., second nom, adjectif, de ad- + anw. Dianw, adj. quai., innommé, de di- + anw, correspondant au comique dyhanow. Disanw {dishanv, 1732), adj. quai., anonyme, de dis- + anw. Drouganw {drouchanf, 1464), s. m., mauvais renom, appellation, de droug+ anw. Drouganwin {drouganwin, 1992), v., mal nommer, de droug+ anw + -in. Elanwed {elanvet, déb. XVIe), part, passé, invoqué, de el- + anw + -ed. Lesanw {leshanu, 1499), s. m., surnom, de les- + anw, auquel correspondent le comique leshanow, le gallois llysenw et l’irlandais leasainm. Lesanwan {leshanuaff, 1499), lesanwin {lessanüein, 1723), v., surnommer, de les- + anw + -an / -in que rappelle le gallois llysenwi. Moranw {morhanù, 1911), s. m., sobriquet, de mor- + anw. Moranwin {moranwin, 1992 ; mais attesté en 1911 par son part, passé morhanùei), n., surnommer, de mor+ anw+ -in. Raganw {rhag-hanv, 1732), s. m., pronom, de rag- + anw, auquel correspond le gallois rhagenw. Gwraedanwed {greathanuet, 1576), part, passé, sur­ nommé, de gwra + -ed + anw + -ed. Peanw {pe-hano, 1659), s. m., quidam, depe+ anw. Peanwin {pehanvi, 1659), v., apostropher, de pe+ anw+ -in. Anzav {anzaù, 1919), s. m., aveu, indice, est apparen­ té au gallois addef, confession, aveu, et à l’irlandais ataim. Ce mot procède vraisemblablement par métathèse d’un moyen breton *aza(n)ffïss\i d’un vieux bre­ ton *ad-dam. Nsxlîn {anzaou, 1659), anzavin {ansavin, XVIIe), v., avouer, convenir (que), de anzav + -in, auquel correspond le gallois addefaf, addef. Dianzav {dianzaff, 1732), s. m., désaveu, de di- + anzav. Dianzav {diansao, 1651), dianzavin {dianzaout, 1659), v., désavouer, de di- anzav + -in. Disanzav {dizanzav-, 1847), v., récuser, de dis- + anzav. Aobadenn {aubaden, 1862), s. £, aubade, emprunté au français (XVe), lui-même du provençal aubada, concert qu’on donne à l’aube. Aod (vieux breton ait ; aut, 1499), s. £, côte, grève, quartier du port, correspond au comique als, falaise, côte, grève, au gallois allt (moyen ali), colline, pente, falaise, hauteur, et au moyen irlandais ait. Tous procè­ dent du latin altum d’où est aussi issu l’ancien français ¿z/r(xic), moderne haut. Aota {aota, 1931), v., pêcher à la côte, ramasser le goémon à la côte, de aod+ -a. Aotad {aotad, 1992), s. £, côte (pleine de), de aod+ (-a) + -ad Aotaer {aocher, 1931), s. m., côtier, de aod + -a + -er. 67

Aodan, v., accoster, caboter, de aod+ -ah. Aoder (aoder, 1992), s. m., caboteur, de aod+ -er. Aoderezh (aode­ rezh, 1992), s. m., cabotage, de aod+ -erezh. Diaota, v., tirer de la grève, appareiller, de di- + aod + -a. Duaod (duaut, 1269), s. f., ubac, de du + aod auquel correspond le gallois duallt. Krignaota (krignaota, 1992), v., piller la grève, de krign + aod + -a. Krignaotaer (krignaoter, 1992), s. m., pilleur de grève, de krign + aod+ -a + -er. Tarraod (tarrod, 1992), s. m., falaise escarpée, de tarr + aod. Toraod (torrod, 1992), s. m., falaise escarpée, de tor + aod. Tomaod (tornaut, 1632), s. m., falaise, de torn + aod. Auditoer (auditoer, 1499), s. m., auditoire, de l’ancien français (XIIe), issu du latin auditorium. Aoditor (auditer, 1650), s. m., auditeur, emprunté à l’ancien français auditeor (1230), issu du latin auditor.

Aodivi (audjffuy, audiui, 1557), s. f, suprématie, note l’altération de l’ancien français haute vie.

Aog (eog, 1716), adj. quai., roui ; faisandé, mûr ; cla­ qué, excédé, et s. m., rouissage, faisandage, a été rap­ proché du gaulois exacon, petite centaurée, plante que l’on faisait macérer dans l’eau. Ce mot remonte à un celtique *eks-ak-o-, qui a perdu son âcreté. Aogan (aogan, 1992), aogin (aüguein, 1723), v., rouir ; faisan­ der, mûrir, de aog+ -an /-in. Aogell (oguelk 1441), s. f., rouissoir, petite parcelle humide, de aog+ -ell. Aogenn (eogen, 1857), s. £, rouissoir, de aog+ -enn. Aogerezh (ogerez, 1931), s. m., rouissage, de aog+ -erezh. Aoglenn (auglenn, lavoir, 1744 ; oglen, saline, 1716), s. f, bas­ sin à rouir, réservoir, saline, de aog + lenn. Aogur (augur, déb. XVIe), s. m., augure, emprunté à l’an­ cien français augur (1160), issu du latin augurium.

Aoj (auj, 1849), s. £, auge, emprunté au français (1080) issu du latin alveus, cavité. Aojell (aojell, 1992), s. £, auget de moulin, aoj + -ell. Aomonier (aumônier, XVIIIe), s. m., aumônier, et adj. quai., charitable, emprunté au français (1080), luimême dérivé de aumône. Aos (os, déb. XVIIIe), s. £, apprêt, façon ; réduction (des os), procède de *naos par fausse coupe, la consonne ini­ tiale n- ayant été assimilée à la liaison avec l’article an. À ce mot correspondent le comique nas, nature, dis­ position, caractère, le gallois naws, nature, et le vieil irlandais gnàs. Aosadenn (aozadenn, 1931), s. £, pré­ paration, de aos+ -adenn. Aosadur (aozadur, 1931), de aos+ -adur. Aosamant (aosamant, 1709), s. m., parure, de aos + -amant. Aosan (ausaff, 1499), aosin (ausein,

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1723), aoso (aoso, 1992) v., (s’)apprêter à, préparer, monter ; réduire (os), de aos + -an / -in / -o, auxquels correspond le gallois nawsiaf, nawsu, atténuer, réduire, adoucir, amollir, s’insinuer, imprégner. Aoser (auser, 1633), aosour (aosour, 1992), s. m., apprêteur, chiro­ practeur, de aos+ -er / -our. Aoserezh (aozerez, 1944), s. m., apprêtage, chiropractie, de aos + -erezh. Aosidigezh (aozidigez, 1821), s. £, préparatifs), de aos + -idigezh. Adaos (adaos, 1992), s. £, refonte, réforme, de ad- + aos. Adaosadur (adaozadur, 1958), s. m., réformation, de ad- + aos + -adur. Adaosan (adaozan, 1958), adaosin (adaosin, 1992), adaoso (adaoso, 1992), v., rapprêter, refondre, remboîter, ressasser, réformer, de ad- + aos + -an /-in /-o. Diaos (diauz, 1919), adj. quai., démis, luxé, de di- + aos. Diaosamant (diaosamant, 1992), s. m., luxure, de di- + aos + -amant. Diaosan (diaozan, 1958), diaosin (diauzein, 1919), diaoso (diaoso, 1992), v., démettre, (se) luxer, de di- + aos + an/-in/ -o. Emaosan (en em aoza, 1931), emaosin (emaosin, 1992), v., se préparer, de em- + aos + -an /-in. Kenaos (kenaos, 1992), s. £, synthèse, de ken- + aos. Kenaosan (kenaoza, 1904), kenaosin (kenaosin, 1992), v., syn­ thétiser, de ken- + aos + -an / -in. Peuraos (peuraos, 1992), s. £, mise au point, de peur- + aos. Ragaosan (ragaozan, 1958), ragaosin (ragaosin, 1992), v., pré­ fabriquer, de rag- + aos + -an / -in, sont attestés par leur part, passé ragaozet (1944). Penaos (penaus, 1499), pron. interr., comment, de pe + naos, mot formé avec le terme initial. Skridaosan (skridaosan, 1992), skridaosin (skridaosin, 1992), v., ré­ diger, de skrid + aos + -an / -in. Skridaoser (skridaoser, 1992), skridaosour (skridaosour, 1992), s. m., rédacteur, de skrid + aos+ -er/-our. Sonaoser (sonaoser, 1992), sonaosour (sonaozour, 1931), s. m., compositeur, de son + aos + -er / -our.

Aosilh (ausill, 888), coll., osier, est un emprunt à l’an­ cien français *osille, radical de osillier, branche d’osier, issu par dissimilation du latin tardif *auseria (VIIIe). Aosilheg (aussillec, 1499), s. £, oseraie, de aosilh + -eg. Aoster (auster, déb. XVIe), adj. quai., austère, emprunté à l’ancien français austere (XIIe), issu du latin austerus, âpre, austère.

Aotenn (autenn, 1499), s. £, rasoir, est issu du vieux bre­ ton altin auquel correspondent le comique alsen, le gal­ lois ellyn (vieux gallois elinri) et l’irlandais altain (moyen altari). Tous procèdent du celtique *altani-. Aotennan (aotenna, 1931), aotennin (aotenni, 1931), v., raser, de aotenn + -ah / -in.

Aoter (auter, 1499), s. £, autel, procède du vieux bre­ ton altor, lui-même emprunté au latin altare duquel sont également issus le comique alter, le gallois allor (moyen allaur, v. 1200), le vieil irlandais altoir, l’ancien français altérez l’anglais altar.

Apart (àpart, 1633), s. m., aparté, est un emprunt au français à part, lui-même issu du latin a parte.

Aotramant (autramant, 1464), adv., autrement, em­ prunté à l’ancien français attesté dès 1080 sous la for­ me altrement.

Apell (apel, 1659), s. m., appel, a été emprunté à l’an­ cien français apel, plainte, regret, (fin XIe) avec le sens restreint de “appel en justice”. Le gallois apel est un em­ prunt à l’anglais appeal Apellan (apelLtf, 1499), v., faire appel, procède de l’ancien français apeler, invoquer, conjurer (1080), lui-même issu du latin appelare, aborder. Parallèlement au breton, le gallois use du ver­ be apelio.

Aotrow (autrou, 1499), s. m., seigneur, sieur, proprié­ taire, procède du vieux breton altro(u), père nourricier. Comme le comique altrow (vieux comique altroû), les gallois athraw, enseignant, alltraw, parrain, et le vieil irlandais altru, ce mot est construit à partir d’une racine al, nourrir. Aotrowniaj (aotrouniaj, 1992), s. m., seigneuriage, de aotrow + -n-iaj. Aotrownian (aotroniet, part, passé, 1944 ; aotrounian, 1958), v., maîtriser, do­ miner, de aotrow + -n-ian. Aotrownieg (aotrounieg, 1992), adj. quai., seigneurial, autoritaire, de aotrow* -n-ieg. Aotrowniekaad (autroniecat, 1499), v., faire l’au­ toritaire, le seigneur, de aotrow + -n-ieg + aad. Aotrowniezh (autroniez, 1499), s. £, seigneurie, auto­ rité, de aotrow + -n-iezh. Aotrowniezhus (aotroumezus, 1944), adj. quai., impérieux, de aotrow* -n-iezh* -us. Brizhaotrow (brizhaotroù, 1992), s. m., monsieur de pacotille, de brizh + aotrow. Aon, voir ovn.

Aotre, voir otre.

Août, voir owr. Aparailh (apparaill, 1499), s. m., appareil, est un em­ prunt à l’ancien français apareil, dont le sens de “pré­ paratifs” (1160) a ensuite évolué en “équipement, train”. Aparailhan (apparaillaff, 1499), aparailhin (apparaillein, 1744), v., appareiller, de aparailh + -an / -in. Le verbe apareillier, préparer, disposer, garnir, procède du latin populaire *appariculare, issu du latin classique apparare, préparer.

Aparans (apparence, déb. XVIe), s. £, apparence, est un emprunt à l’ancien français aparance, 1283, dérivé du verbe aparoir issu du latin apparere, apparaître. Aparansus (aparançus, 1790), adj. quai., apparent, de aparans* -us. Aparchant (aparchent, 1499 ; aparchant, 1623), adj. quai., appartenant, seyant, est un emprunt à l’ancien français *apartient avec évolution du groupe -iz-à -ch-. Aparchantan (apparchentaff,\on\ien\ï”, 1499 ; aparchantout, 1659), aparchantin (aparchantein, 1744), v., appartenir, de aparchant + -an ! -in.

Apartamant (apartamant, 1992), s. m., appartement, est un emprunt récent au français dont le mot, attesté en 1559, procède de l’italien appartamento.

Apersevan (apersevan, 1992), apersevin (apersevin, 1992), v., apercevoir, est un emprunt populaire au français attesté en 1155. Ce verbe procède du latin *adpercipere. Apert (appert, 1499), adj. quai., présente deux sens, l’un “éveillé” emprunté à l’ancien français apert, ouvert, franc (en parlant du visage, du regard) issu du latin apertum, ouvert, franc, et l’autre “habile” de l’ancien français apert, habile, doué (1155), issu lui du latin expertum par altération de espert.

Apesan (appaesaff, 1499), apesin (appesiff, 1633), v., apaiser, est un emprunt à l’ancien français apaisier, apai­ ser, calmer, (fin XIIe), dérivé de pais, paix.

Apetit (appétit, 1530), s. m. appétit, a été emprunté à l’ancien français apetit, désir, 1150, lui-même issu du latin appetitus, désir. Apetan (apetaff, 1557), apetin (apetin, 1992), v., désirer, a conservé le sens originel. Sur le radical de ce verbe est formé apetus (apétus, 1919), adj. quai., appétissant. Apeupre (apeupre, 1976), adv., à peu près, est un em­ prunt au français.

Api (api, 1924), s. m., qui-vive, est un emprunt au radical épi- du verbe français épier, issu du francique *spehôn par l’ancien français espier. Apikin (apikin, 1992), v., apiquer, tomber à pic, est un emprunt par dérivation au français pic, pointe, objet pointu.

Aplik (aplic, 1519), s. m., application ; applique, point d’appui, et adj. quai., appliqué, est un emprunt à l’ancien français aplique, action d’appliquer. Aplikan (appliquaff, 1499), aplikin (aplikin, 1992), v., appliquer, procède de l’ancien français apliquier, aborder, débar­ quer (1225), annexer (1345), issu du latin applicare, mettre sur, appuyer, adosser. Aplikant (aplikant, 69

1992 ; mais attesté comme nom de personne, Aplicant, en 1588 à Quemper-Guézennec, 22), s. m., sacripant, est un emprunt à l’ancien français aplicant, plaideur ; compagnon, part, présent du verbe apliquier. Apoteis (appenteice, appentis, 1464 ; apoteiz, 1732), s. £, avancée, est un emprunt à l’ancien français apendeis, ap­ pentis, bâtiment dont le toit, en pente d’un seul côté, tient au mur contre lequel il est appuyé (1280), déri­ vé du verbe apendre.

Apotiker (appotiquaer, 1499), s. m., pharmacien, est un emprunt à l’ancien français apotecaire (1268) issu du bas latin apothecarius, boutiquier. Apotikerezh (apotiquaerez, 1499), s. m. et s. f., pharmacie, de apotiker + -(er)ezh.

Apotum (appotum, 1499), s. m., apostume ; dégoût, est un emprunt à l’ancien français apostume, mot attesté en 1256 et issu du latin médiéval apostema lui-même du grec apostêma, corruption. Apotumin (apostumiff, 1633 ; apotumi, 1659), v., (se) dégoûter de apotum + -in.

Apoue (appoe, 1499), s. m., appui ; auvent, est un em­ prunt à l’ancien français apoie, appui (1355), déverbal du verbe apoier, s’appuyer (1080), issu du latin popu­ laire appodiare dérivé de podium, soubassement. ApoueÜh (apoueilh, 1992), s. m., en est une variante par mouillure de la finale. Apoueans (apoeance, 1540), s. £, appui, de apoue + -ans. Aprantan (aprantaff, “empresser, ensicher”, 1499), v., imprimer, est un emprunt à l’ancien français empreinter, tracer l’empreinte, graver (1268), lui-même issu d’un plus ancien empreindre (1190), forme qui suppose un latin *imprimere.

Ar (ar, 1633), art. dé£, le, la les, est une variante de an et qui s’est généralisée devant toutes les consonnes à l’exception de d, n, t, y et parfois de /hors vannerais. Ar (ar, 1992), s. m., labour à la charrue, correspond au comique ar, terre labourée, labourage, au gallois âr, terre labourée, cultivée, labourage et au moyen irlandais ar, terre cultivée, cultivable. On rapprochera ce mot de la racine latine ardu verbe arare, labourer, cultiver. Arad (arat, XVIIe), s. m., étendue labourée, de ¿zr + -ad. Arad (arat, déb. XVIe), v., charruer, de ar + -¿/¿/auquel cor­ respondent le comique aras et le gallois aradru. Aradeg (aradeg, 1931), s. £, charruage ; concours de labour, de ¿zr+ -adeg. Aradenn (aradenn, 1958), s. £, labourage ; accès de colère, de ar+ -adenn. Aradennad (aradennad, 1958), s. £, défilé (de) ; aréopage, de ¿zr + -adenn + -ad Aradennan (aradennan, 1958), aradennin (aradennin, 1992), v., faire défiler ; débiter, de ar 70

+ -adenn + -an / -in. Aradur (aradur, 1931), s. m., labourage, de ar + -adur. Aradurezh (aradurez, 1931), s. £, labourage, ar + adurezh. Arar (arazr, 1464 ; arar, 1659), s. m., araire, charrue, auquel correspondent le vieux comique aradar, le gallois aradr et l’irlandais arathar, procède du celtique *aratron équivalant au la­ tin aratrum. Arer (arer, 1499), s. m., laboureur, de ar + -er, auquel correspondent le comique araderor et le gallois aradrwr. Arerezh, s. m., labourage, de ar+ -erezh. Diaradenn (diaradenn, 1958), s. £, fin de charruage ; épilogue, de di- + ar + -adenn. Diaradennan (diaradenna, 1931), v., épiloguer, de di- + ar+ -adenn + -an. Disarad, v., charruer en sens inverse, de dis- + ar+ -ad. Peurarad (peur-arat, 1732), peurarin (per-arein, 1732) v., achever de charruer, de peur- + ar+ -ad. Breinar (breinar, 1992), s. m., terre inculte, formé com­ me le gallois braenarex l’irlandais branar, de brein + ar. Hanvar (hanvar, 1992), coll., jachère d’été, de hanv + ar, équivalant au gallois hafar. Palarad (palarat, 1927), v., effondrer, de pal+ ar + -ad. Palaradeg (palaradeg, 1927), s. £, effondrement ; labour profond, de pal л- ar + -adeg. Palarer (palarer, 1992), s. m., personne qui effondre, de pal + ar + -er. Tourc’harad (tourcharad, 1992), v., saloper le labour, de tourch + ar+ -ad

Ar (ar, 1723), prép., sur, a pour correspondant le gal­ lois ar. Le vieux breton ar admettait les sens de “près de, devant” tout comme le gaulois are ; il a pris, en bre­ ton prémoderne dans le dialecte vannetais, son sens actuel, au détriment du vieux breton guarcpù a dispa­ ru (voir war). Diar (diar, 1723), prép., sur, de di- + ar. Arlene (arlanne, déb. XVIIIe), de ar+ -lene, adv., l’an der­ nier. Diardrenv (dioardreff, déb. XVIe), adv., (de) derrière, postérieur, de di- + àr+ trev. Arab, (arab, 1926-29), s. m. et adj. quai., arabe, est un emprunt au français, lui-même issu du latin arabus, du grec araps. Arabeg (arabeg, 1931), adj. quai., (de langue) arabe, de arab + -eg. Arabeger (arabeger, 1931), arabegour (arabegour, 1931), s. m., arabisant, de arab + -eg+ -er/-our. Arabeskenn (arabeskenn, 1933), s. £, arabesque, emprunté au français avec adjonction du suf­ fixe -enn. Arabi (Arabi, 1499), n. pr., Arabie, présente la variante Arabia identique au gallois Arabia.

Arabad (arabat, déb. XVIe), s. m. et adj. quai., interdit, procède du vieux breton arap, futile, léger, frivole, avec suffixation en -ad Le gallois arab, plaisant, gentil, amu­ sant, facétieux, a conservé un sens fort proche du mot vieux breton. Arabadian (arabadian, 1992), arabadin (arabadin, 1992), v., faire l’importun, importuner,

ressasser, de arabad + -ian / in. Arabadiezh {arabadiez, bagatelle, 1659 ; rabadiez, babiole, 1732), s. £, im­ portunité, de arabad + -iezh, est à rapprocher du gal­ lois arabeddiaeth, plaisanterie, frivolité ; on remarquera qu’en breton prémoderne, le mot avait encore un sens proche de son correspondant gallois. Arabadus {arabaduz, 1847), adj. quai., importun, de arabad* -us.

cercueil, bière, procède de l’ancien français archet, cof­ fre d’un moulin ; coffret, trésor, diminutif en -et du précédent. Archedad {archedad, 1944), s. m., cercueil (de), de arched + -ad. Archedan {archedan, 1992), archedin {archedi, 1912), v., mettre en bière, de arched + -an/-in. Archeder {archeder, 1958), s. m., fabricant de cercueils, de arched + -er.

Arall (vieux breton alall, arall), adj. indéf., autre, dont l’emploi se circonscrit au territoire vannerais, présente pour correspondants le comique araL, le gallois arallet l’irlandais aroile. La forme moderne, déjà attestée en vieux breton, procède de alall redoublement de ail (voir sous ail). A partir de ce mot ont été construits plu­ sieurs néologismes. Arallouenn {arallouenn, 1992), adj. quai., d’une autre race, de arall* gouenn. Arallvro {arallvro, 1924), adj. quai., d’un autre pays, étranger, est à rapprocher du gallois allfro, construit sur la variante ail ; ce mot trouve son correspondant gaulois dans Allobroges, nom du peuple qui occupait la Savoie. Aralleg {aralleg, 1992), adj. quai., aliéné, de arall + -eg, qui évoque par sa construction le gallois arallog, allé­ gorie. Arallekaad {arallekaat, 1958), v., aliéner, de arall + -eg* -aad Arallekadur {arallekadur, 1992), s. m., alié­ nation, de arall + -eg + -adur. Diarallekaad {diarallekaad, 1992), v., désaliéner, de di+ arall + eg + -aad. Gwezharall {guez aral, 1499), adv., autrefois, de gwezh + arall.

Archer {archer, 1633), s. m., gendarme, est un emprunt à l’ancien français archier (XIIe), mot dérivé de arc. Le comique archer procède de l’anglais archer. Archerdi {archerdi, 1958), s. m., gendarmerie, de archer + ti.

Aranjin {aranjin, 1992), v., arranger, est un emprunt au français issu de l’ancien arengier, mettre en rang, en ordre de bataille (fin XIIe), formé sur la racine renc (1080), issue du francique *hring, cercle. Aranjamant {aranjamant, 1992), s. m., arrangement, est également un emprunt au français dont le mot est attesté en 1318 sous la graphie arengement, ordre de bataille.

Arbalastr {arbalastr, 1499), s. m., arbalète, est un em­ prunt à l’ancien français arbalestre attesté en 1080. Ce mot est issu du latin arcuballista, baliste à arc. Le gal­ lois présente le mot arblastr par contraction. Arbalastrenn {arbalastrenn, 1992), s. £, personne efflanquée, de arbalastr + -enn. Arbalastrer {arbalastrer, 1464), s. m., arbalétrier, est un emprunt à l’ancien fran­ çais arbalestrier (XIIe). Arbel {arbel, XVIIIe), s. £, armoire, variante par substi­ tution de armel (voir ce mot). Arbeliad {arbeliad, 1992), s. £, armoire (de), de arbel + -iad.

Arch {arch, 1633), s. £, arche, arcade, voûte, est un em­ prunt à l’ancien français arche, coffre, caisse (fin XIIe). Arched {harchet, chasse, 1499 ; archet, 1633), s. m.,

Archited {architet, 1633), s. m., architecte, est un em­ prunt au moyen français architecte (1510), issu du la­ tin architectus lui-même du grec arkhitektôn. Arc’h {arch, “arche, huge”, 1464), s. £, arche, bahut, coffre, est un emprunt au latin area, caisse, coffre, tout comme le comique argh, le gallois arch, coffre, boîte, et l’irlandais arc. Arc’had {archad, 1878), s. £, coffre (de), de arch + -ad. Arc’hig {archik, 1876), s. £, cof­ fret, cassette et, localement, palourde, de arch + -ig. Archer {archer, 1499), s. m., fabricant de coffres, de arch + -er.

Arc’h (vieux breton arch), s. m., postulat, a pour corres­ pondants le gallois arch, requête, demande, et le vieil ir­ landais arc-. Arc’hin {archin, 1992 ; mais attesté en 1557 sous la forme conjuguée archas), v., postuler, revendiquer, admet pour équivalents le comique arghafet sa varian­ te erghi par affection vocalique, et le gallois archafex. sa variante erchi. Ces verbes sont tirés du celtique *arku. Arc’hant {archant, 1530 ; archant, 1659), s. m., argent, est la forme évoluée d’un plus ancien argant (vieux bre­ ton argani) encore usité en dialecte vannerais et dans le parler bigouden. Le comique présente la forme arghans issue du moyen argans tandis que le vieux gal­ lois argant a donné le moderne arian par le moyen ariant. L’irlandais offre le moderne airgead évolué du vieil irlandais argat par le moyen airget. Le gaulois se montre sous les formes arcanto- et arganto- en com­ position dans des noms de lieux. Ces formes sont tirées du celtique arganto- apparenté au latin argentum. Arc’hantadur {archantadur, 1992), s. m., argenture, de archant* -adur. Archantaj {archantaj, 1992), s. m., ar­ genterie, de archant* -aj. Arc’hantan {archanta, 1732), archantin {archantin, 1992), v., argenter ; capitaliser, commanditer, convertir, de archant* -an /-in. Le dou­ blet argantad {argantat, 1919), v., est bâti sur le radi­ cal argant. A ces verbes correspond le gallois ariannu. Arc’hanteg {archanteg, 1992), adj. quai., argenté, de archant* -eg, a pour équivalents le comique arghansek

et le gallois ariannog, riche, fortuné, nanti. Arc’hanter {archanter, 1521), s. m., argentier, de archant* -er, pré­ sente le doublet arganter {arganter, 1464), s. m., de argant + -er. Arc’hantiri {archantiry, 1732), s. £, argenterie, de archant + -iri, auquel correspond le doublet argantiri {argantery, 1732), de argant + -iri. Arc’hantus {archantus, déb. XVIe), adj. quai., argentifère ; lucratif, de archant + -us et son doublet argantus {arganteus, “pécunieux”, 1723), de argant + -us. Diarc’hant {diarc’hant, 1732), s. m., impécuniosité, et adj. quai., désargenté ; impécunieux, de di- + archant. Diarc’hantan {diarchanta, 1732), v., (se) désargenter, de di- + archant* -an, et son doublet diargantin {diargandein, 1919), de di-* argant + -in. Archanthed {archandhed, 1732), s. m., quatrième essaim, de archant + hed Arc’henad {archenat, 1499), s. m., chaussure, est bâti sur un radical archen encore usité en gallois, archen, chaussure, et qui se notait sous la forme acrann en moyen irlandais. A ce mot correspondent le comique arghenas évolué du vieux comique orchinatct le gallois archenadissu du vieux gallois archenat, de même sens. Arc’henan {archenaff, 1499), arc’henin {arhenein, 1723), v., chausser, de archen + -an / -in, auxquels se rattachent le comique arghenna et le gallois archenaf, archenu, chausser, porter des chaussures. Diarc’hen {diarc’hen, “déchaux”, 1659), adj. quai., nupieds, de di- + archen. Diarc’henan {diarchenaff, 1499), diarc’henin {diarc’henin, 1992), v., (se) déchausser, de di- + archen + -an / -in, que l’on retrouve en gallois sous la forme diarchenu.

Ard {art, 1499 ; ard, 1732), s. m., art ; comédie (au sens péjoratif), est un emprunt à l’ancien français ¿rr(1080), issu du latin artem. Ardigell {ardigelL, chose curieuse, 1958), s. f., amulette, de ard* -igelL Ardowa {ardaoua, 1992), ardowin {ardaoui, 1931), v., faire la comédie ; grimacer, de ard + -ow + -a / -in. Ardower {ardaouer, 1931), ardowaer {ardaouaer, 1992), s. m., comédien ; grimacier, de ard + -ow + -er / -a* -er. Diardow {diardoù, 1958), adj. quai., sans façons ; in­ formel, de di- + ard + -ow. Diardowin {diardaouin, 1992), v., cesser ses façons, de di- + ard + -ow + -in. Ardant {*ardant, 1519, sous la forme comparative ardantoch), adj. quai., ardent, est un emprunt à l’ancien français, part, présent du verbe ardoir, brûler (Xe), issu du latin ardere. Gwinardanta {gwinardanta, 1948), v., (s’)alcooliser, de gwin + ardant + -a. Gwinardantaer {gwinardantaer, 1948), s. m., alcoolique, de gwin + ardant + -a + -er.

Ardivink {ardivink, 1992 ; mais attesté sous la forme plurielle ardivinkou en 1944), s. m., automate ; ma­ chine, ruse, sur lequel sont formés le dérivé ardivinker {ardivinker, 1992), s. m., contorsionniste, et son dou­ blet ardivinkour {ardivinkour, mécanicien, 1958). Ardoasenn {ardoasenn, 1992), s. f, ardoise (scolaire), est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1175, reste d’origine inconnue.

Areizh {arreih, 1919), s. f, diatribe, est à comparer au comique areth, appel violent, au gallois araith, discours, et au vieil irlandais airect, (assemblée de) clan. Ces mots postulent pour un celtique *arek-t-. Areizhin {arrehein, se mettre en fureur, 1919), v., se lancer dans une dia­ tribe, de areizh + -in, dont les correspondants sont en comique arethya et en gallois areithio, faire un discours. Areizhour {areizhour, 1992), s. m., amateur de diatribes, de areizh + -our, de même formation que le comique arethyor et le gallois areithiwr. Arejistran (arejistran, 1992), arejistrin {arejistrin, 1992), v., enregistrer, est un emprunt au français dont le mot est attesté sous la forme enregestrer au XIIe siècle et dérivé de regestre (1260), issu du latin médiéval regesta. Arejistramant {arejistramant, 1992), s. m., enregistre­ ment, procède également de son correspondant français. Arem {arem, 1499), s. m., airain, bronze, est un em­ prunt à l’ancien français arain (1180), avec restitution du -m- du latin aeramen. Aremour {aremour, 1925), s. m., bronzier.

Arest {arrest, 1623), s. m., arrêt, est un emprunt à l’an­ cien français arest, traité, convention (1175), déverbal du verbe arester, issu du latin *arrestare, dérivé de restare, rester. Arestans {arrestance, 1792), s. £, arrêt, hésitation, de arest* -ans. Arester {arester, 1992), s. m., avaloire, de arest* -er. Arestin {arrestein, 1659), aresto {aresto, 1992), v., (s’)arrêter, de arest* -in/-o. Des dou­ blets en -et- voisinent avec ces mots depuis au moins le XVe siècle : aret {aret, 1499), aretan {arretaff, 1499), aretin {arrettiff, 1633), auxquels il faut ajouter aretaj {arretaig, fin XVe), arrêt ; empêchement, de aret + -aj. Diaret {diarred, 1876), adj. quai., (fête) mobile, de di+ aret.

Arfleu {arfleu, 1744), s. m., exaspération, pourrait se décomposer en ar- et fieu issu du français feu. Arfleuin {arfleuin, 1790), v., (s’)exaspérer, de arfleu + -in. Argoured {argoured, 1723), s. m., foret, drille, suppose un celtique *are-ko-writ-o.

Argourow {argouvrou, 1499), s. pl., dot, correspond au comique argovrowex. au gallois argyfrau&e. même sens.

Tous trois supposent un celtique *are-ko-br-ow-es. Le mot breton sous sa prononciation vannetaise, argouvreu (1723), est passé en gallo sous la forme argouvreu. Argourowan (argourouaff, 1499), argourowin (argouraoui, 1659 ; argouvrein, 1723), v., doter, de argourow + -ah / -in.

on excitait les chiens à la poursuite du loup, composé de hare, interj. (1204), et de loup. Arloupan (arloupan, 1992), arloupin (arloupein, 1919), v., (s’)acharner, de arloup + -ah /-in. Arlouper, s. m., personne acharnée, de arloup + -er. Arlouperezh (arlouperez, 1931), s. m., acharnement, arloup + -erezh.

façpL (argu, 1557 ; arguz, 1659), s. m., argutie, est un emprunt à l’ancien français argu, emportement, colère (déb. XIIe), puis opinion, raisonnement, déverbal du verbe arguer (1080), issu du latin arguere, prouver, accuser. Arguzamant (arguamant, 1464), s. m., argu­ mentaire, de arguz + -amant, et emprunté à l’ancien français arguement, idée, sentiment (1160), puis parole, dispute. Arguzenn (arguzenn, 1931), s. £, argument, de arguz + -enn. Niçpnzr (arguer, 1499), s. m., argu­ mentant, de arguz + -er. Arguzerezh (arguerez, 1729), s. m., argumentation, de arguz + -erezh. Arguzin (arguzi, 1732), v., argumenter, arguer, de arguz + -in.

Arm (arm-, au pl. dans armou, 1499), s. m., arme, est un emprunt à l’ancien français arme (1080). Le cornique arvet le gallois ¿^procèdent directement du latin arma. Armaj (armaj, 1792), s. m., armes, de arm + -aj. Armamant (armamant, 1992), s. m., armement ; mu­ nition, de arm + -amant. Annan (armaff, 1499), armin (armi, 1659), v., armer, de arm + -an / -in. Armerezh (armerez, 1633), s. m., arsenal, armurerie, de arm + -erezh. Diarm (diarm, 1499), adj. quai., sans arme, de di- + arm. Diarman (diarman, 1992), diarmin (diarmi, 1659), v, désarmer, de di- + arm + -ah / -in. Disarm (disarm, 1732), adj. quai., désarmé, de dis- + arm. Disarman (disarma, 1732), disarmin (dizarmein, 1919), v., désar­ mer, de dis- + arm + -ah / -in. Jusarm (iusarm, 1499), s. m., hallebarde, est un emprunt à l’ancien français gisarme, évolué en jusarme, et issu du germanique getisam, fauchard, influencé par arme.

Arian (Arian, 1744), s. m. et adj. quai., aryen, est un emprunt au moyen français aryen (1562), mot issu du nom propre Aryas, peuple de l’Antiquité qui envahit le nord de l’Inde. Ariez (ariez, 1992), s. f., tic, rappelle l’ancien français harier, harceler ; agacer, tourmenter, importuner, presser.

Arigptin (alligotein, 1732 ; arigotein, 1919), v., s’occuper à des riens, est un emprunt à l’ancien français harigoter, couper en morceaux (1175), dérivé de harigotissu du germanique *harion, viande. Aristell (aristell, 1992), s. £, épidémie bénigne, semble être une altération du français varicelle.

Aritmetik (arismetic, 1464), s. m., arithmétique, est un emprunt à l’ancien français arithmétique (1265), issu du grec arithmêtikê, par le latin arithmetica.

Arkov (alcof, 1732), s. £, alcôve, est un emprunt au moyen français dont le mot, attesté en 1646, est un emprunt à l’espagnol alcoba issu de l’arabe al-qubba, petite chambre. Le sens moderne de “enfonçure dans le mur pour recevoir un lit” n’est attesté qu’au XVIIIe siècle. Arlikin (harliqin, farceur, 1732 ; arlikon, rouget, 1876), s. m., rouget ; Arlequin est un emprunt à l’ancien fran­ çais Harlequin (1324), nom de personne. Arlikinerezh (arlikinerez, 1931), s. m., arlequinade de arlikin + -erezh. Arloup (arloup, 1862), adj. quai., acharné, vorace, est un emprunt à l’ancien français harloup, cri par lequel

Armanak (armanac, 1732) et armanac’h (armanach, 1992), s. m., almanach, sont des variantes par dissi­ milation de almanag (voir ce mot). Armanakin (armenakein, 1919), v., se ressentir des variations du temps, de armanak + -in. Arme (armé, XVIIe), s. £, armée, est un emprunt à l’an­ cien français armee attesté vers 1360. Armead (armead, 1923), s. £, armée (de), de arme+ -ad. Adarme (adarme, 1931), s. £, armée de réserve, de ad+ arme.

Armel (armel, 1499), s. £, armoire, est un emprunt, avec dissimilation de la consonne finale, de l’ancien français armaire, de même sens, issu du latin armaria, pluriel neutre de arma, ustensile. Armeler (armelér, 1723), s. £, armoire, de armel + -er. Amener (armenœr, 1790), s. £, en est une variante par dissimilation. Armeliad (armeliad, 1992), s. £, armoire (de), de armel + -iad. Armolud (armolut, 1890), s. m., harmonium, est un emprunt à l’ancien français armonie (1164), issue du latin harmonia.

Armoriow (armoriou, 1633), s. pl., armoiries, est un emprunt à l’ancien français armoierie (XVIe) qui ne sera plus employé qu’au pluriel à partir du XVIe siècle. Ce

mot est un dérivé du radical du verbe armoier, porter les armes (XIIIe). Amod (amod, 1821), s. m., tentative, est formé sur emprunté au latin nota avec préfixation en ar-. Ce mot admet pour correspondant le gallois amod, marque. Amodeim (amodenn, 1958), s. £, examen (scolaire), de amod+ -enn. Amodad (arnodad, 1931), s. m., expérience (scientifique), de arnod+ -ad, auquel correspond le gallois amodiad. Arnodadenn (arnodadenn, 1931), s. £, examen (scientifique), de arnod + -ad + -enn. Amodel (amodel, 1931), adj. quai., expé­ rimental, empirique, de amod+ -el, emprunté au gallois amodoL Amodelezh (amodelezh, 1992), s. £, empiris­ me, de amod + -elezh. Amodennan (arnodennan, 1992), amodennin (amodennin, 1992), v., examiner (un candidat), de amod+ -enn + -an / -in. Amodenner (amodenner, 1992), amodennour (amodour, 1931), s. m., examinateur, de amod + -enn + -er / -our. Amoderezh (amoderez, 1931), s. m., expérimentation, de amod+ -erezh. Amodin (amodi, commencer, essayer à bien faire quelque chose, 1716), v., tenter, de amod + -in, auquel correspond le gallois amodi. Amodva (amodva, 1992), s. m., centre d’essai, de amod + ma.

Aron (aroun, 1925), s. m., tapage, apparaît comme un emprunt au cas régime de l’ancien français haro, cri d’appel, cri de défense et cri en général (XIIIe), issu du francique *hara.

Arondissamant (arrondissamant, 1854), s. m., arron­ dissement, est un emprunt au français dont le sens de “circonscription administrative” n’apparaît qu’en 1800.

Aros (aros, 1723), s. m., poupe, correspond au comique aros et au vieil irlandais eross. Ces mots sont tirés du cel­ tique *are-sos-to. Arosin (arrousaff, 1499 ; arrousiff, 1626), v., arroser, est un emprunt à l’ancien français arroser (1155), issu du latin populaire *arrosare, dérivé de ros, rosée. Arosouer (arrousér, 1744), s. m., arrosoir, de l’ancien français aroseor.

Aiquvl

(vieux breton aroed ; argoez, 1499), s. m., signal ; symbole, correspond au gallois arwydd, signe, signal, marque, et au vieil irlandais airde. Breton et gal­ lois sont issus du brittonique *are-ued-yo, lui-même du celtique *ari-ueid-. Arouezenn (arouezenn, 1958), s. £, caractéristique ; grain de beauté, de arouez + -enn. Arouezadur (arouezadur, 1992), s. m., caractérisation ; développement de la grippe, de arouez + -adur. Arouezan (arouezan, 1992), arouezian (arouezia, 1925), arouezin (azrouêzi, 1732), v., signaler ;

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symboliser, caractériser ; gripper, de arouez + -an/-ian/ -in, correspond au gallois arwyddo, signifier. Arouezeg (arouezek, 1931), adj. quai., symbolique, de arouez + -eg. Arouezenti (aruezinti, 1659), s. £, enseigne, de arouez + -enti. Arouezer (arouezer, 1992), arouezour (arouezour, 1931), s. m., enseigne ; symboliste, de arouez + -erl -our. Arouezus (arouezus, 1992), adj. quai., symbolique ; névralgique, de arouez + -us. Diarouezan (diarouezan, 1992), diarouezin (diarouezin, 1992), v., (se) décongestionner, désenfler, de di- + arouez + an /-in. Disarouez (disarouez, 1992), adj. quai., anti-inflammatoire, de dis- + arouez. Kevarouez (kevarouez, 1992), adj. quai., d’expérience, de kev- + arouez, procède du vieux breton comarguid et corres­ pond au gallois cyfarwydd. Arouezlim (arouezlun, 1931), s. m., hiéroglyphe, idéogramme, de arouez + lun, est un emprunt au gal­ lois arwyddlun, emblème, hiéroglyphe. Arouezva (aroedma, 888), s. m., lieu de signal, sémaphore, de arouez + ma. Arpej (arpej, 1992), s. m., arpège, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1751, procède du latin arpeggio, jeu de harpe.

Arraj (arrach, 1519), s. m., rage, emprunté au français dont le mot, attesté en 1080, est issu du latin populaire rabia. Arrajamant (arragamant, 1557), s. m., crise de rage, de arraj + -amant, de l’ancien français aragement. Arrajin (arragiaff, 1557 ; arragi, 1659), v., enrager, de arraj + -in, de l’ancien français aragier (1155). Arrajus (arrajus, 1992), adj. quai., enrageant, de arraj + -us.

Arre (arre, 1499), adv., de nouveau, est tiré d’un cel­ tique *are-reg-o. Adarre (vieux breton atareg ; adarre, 1499), adv., encore, de nouveau, de ad- + arre, est à rap­ procher de l’irlandais aith-erriuch issu du vieil irlandais aithirrech. Tous deux sont issus du celtique *ate-are-reg-o. Arrebeuri (arrebeury, 1723), s. £, ameublement, est un emprunt au français dialectal arbrerieepù. a désigné dans un premier temps la menuiserie, puis les travaux de me­ nuiserie, c’est-à-dire la fabrication des meubles. Ce mot est encore en usage en Franche-Comté.

Arrelaj (arelaich, 1732), s. m., aréage ; réserve, est un em­ prunt, par dissimilation, à l’ancien français araiage, divi­ sion d’une terre, partie de ses cultures (1323), et dérivé du verbe areer (1180) issu, lui, du latin *arredare le ra­ dical ^¿/procède du germanique *red, moyen, provision. Aires (arfes, 1659), s. m., arrhes, gage ; consigne, acompte, provision, est un emprunt fait au moyen fran­ çais, celui-ci usant du mot erres jusqu’au XVIIe siècle. La réfection graphique s’est faite alors sur le latin arrha,

gage, issu du grec arrhalôn d’origine sémitique. Arres {arres, 1992), arresan {arresan, 1992), arresin {arrezein, 1723), v., engager, gager ; consigner (quelque chose), de arres + -an / -in. Afreval {arréval, 1821), s. m., (droit de) moulage, de arres + mal.

Arrimin {arimein, 1744), v., arrimer ; arranger, est un emprunt à l’ancien français arrimer, mettre en état, dont le radical rime semble procéder du moyen anglais rime(n), débarrasser. Arrizh {arrizh, 1992), s., au sens approximatif de zom­ bie, procède du vieux breton arrith, idole, composé du préfixe ar- et du radical rith correspondant au gallois rhith, aspect, forme, et à l’irlandais richtde même sens. Le vieil irlandais usait du mot arracht pour désigner une “idole”.

Arroutin {aroutein, 1919), v., devenir chevronné, est un emprunt à l’ancien français aroter, rassembler pour mettre en route (1180), dérivé de rote, route (XIIe).

Arru {arriu, 1557), adj. quai., arrivé, est un emprunt au radical du verbe ancien français ariver (XIe), issu du latin populaire *arripare, dérivé de ripa, rive. Ce mot présente une variante erru {eru, XVIIIe). Arruin {arrivein, 1723), arruoud {arriuout, 1530), v., arriver, devenir, de arru + -in/-oud, présentent la variante erruoud {erruout, 1718), de erru + -oud. Arsa {arsa, XVIIIe), interj., ah ça !, est un emprunt au français or ça La variante assa est attestée au XVIIIe siècle également sous la graphie osa. Arsanal {arsanal, 1732), s. m., arsenal, est un emprunt au moyen français, l’ancien français usant du mot tarsenalzu XIIIe siècle, puis de archenalen 1395. Le mot procède de l’italien arsenale issu de l’arabe darassinaa, maison où l’on construit. Arsenik {arsenic, 1633), s. m., arsenic, est un emprunt au moyen français dont le mot est attesté en 1314. Celui-ci procède du grec arsenikon par le biais du latin arsenicum. Ars-pik {arz-pik, 1992), s. m., raie-capucin, dite aussi “as-de-pic”, présente un -r- épenthétique.

Artichaod {artichaut, 1633), coll., artichaut(s), est un emprunt au moyen français. Attesté en 1530, ce mot procède du lombard articiocco par altération de l’italien carciofo issu de l’arabe al-harsufa. Artifiss {artifiç, 1576), s. m., artifice, est un emprunt à l’ancien français artefice, art, métier (1256) issu du latin artificium. Artifisser {artifisser, 1992), s. m.,

artificier, pyrotechnicien, de artifiss + -er. Artifisserezh {artifisserezh, 1992), s. m., pyrotechnie, de artifiss + -erezh. Artikl {articl 1499), s. m., article, est un emprunt à l’an­ cien français dont le mot, attesté en 1130, est issu du latin articulus, articulation.

Artilher {artilher, 1992), artilhour {artilhour, 1992), s. m., artilleur, est un emprunt au français. L’ancien français avait artillier, fabricant d’engins, d’armes de trait (1268), dérivé du verbe artillier (1164), issu d’un croi­ sement entre art et atillier, parer, d’origine germanique. Artilheri {artyllery, 1540), s. f, artillerie, présente la variante artilhiri {artilhiri, 1992), s. f. ; tous deux sont empruntés à l’ancien français dont le mot est attesté en 1272.

Artisan {artisan, 1633), s. m., artisan ; charpentier, est un emprunt au moyen français artisan (1546), issu de l’italien artagiano, dérivé de arte, art. La variante atti­ sant est attestée dès 1631 sous la forme plurielle artisandet. Artisanin {artisanin, 1992), v., charpenter, de artisan + -in. Artrit {artrit, 1992), s. m., arthrite, est un emprunt au français dont le mot, attesté sous cette graphie en 1640, est issu du latin arthritis, goutte. Artros {artros, 1992), s. m., arthrose, est un emprunt au français dont le mot, issu du grec arthon, articula­ tion, est attesté en 1611. Arum {arum, 1992), s. m., rhume, suppose un ancien français *areume, *arheume, dérivé de reume, rheume, hu­ meur, fluxion (1272). Celui-ci est issu du grec rheuma, écoulement, par le latin rheuma Arumadur {arrumadur, 1919), s. m., rhume, de arum + -adur. Arumin {rumein, 1744 ; arrumein, 1919), v., (s’)enrhumer, de arum + -in.

Arver {arver, 1992) s. m., usage, est un emprunt au gal­ lois arferrssu du vieux gallois arberpn le moyen aruer (v. 1300) et apparenté au vieil irlandais arbeir. Ceuxci supposent un brittonique *are-ber-. Arveran {arveran, 1992), arverin {arverin, 1992), v., user (de), pro­ cède également du gallois arferafi arferu.

Arwest {aruest, 1650), s. m., scène ; acte, contempla­ tion, veillée (mortuaire), correspond au gallois arwest. Tous deux sont issus du celtique *ari-ued-t-. Arwestal {arwestal, 1992), arwestin {arvesti, 1821), v., observer, contempler ; veiller (les morts), de arwest + -al I -in. Arwester {arwester, 1992), arwestour {arwestour, 1992), s. m., observateur, spectateur, contemplateur, de arwest + -er / -our. Arwesterezh {arwesterezh, 1992), s. m., observation, contemplation, de arwest + -erezh.

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Arwestlec h {arwestlec h, 1992), s. m., observatoire, de arwest + lech. Arwestva {arwestva, 1992), s. m., obser­ vatoire, de arwest + ma. Arwoarzh {aruoarz, charme, conjuration magique, déb. XVIe), s. m., conjuration ; charisme, procède du vieux breton aruuoartïssu du brittonique *are-uuo-gart-. Ce mot est apparenté au vieil irlandais adgaur. Arwoarzhin {arwarzhin, 1992), v., conjurer (par magie) de arwoarzh - in. Arz {arz, 1992), ad. quai., élevé, procède du vieux bre­ ton ard, art, élevé, et correspond au comique arth, lieu élevé, au gallois ardd, colline, hauteur ; haut, issu du moyen gallois ard, au vieil irlandais ard, haut, et au gau­ lois *ard- dans le nom de lieu Arduenna. On compa­ rera le latin arduus.

Arz {arz, 1931), s. m., art, est un néologisme forgé sur le latin artum. Arzel {arzel, 1958), adj. quai., artistique, de arz + -el hrzoxir {arzour, 1931), s. m., artiste, de arz+ -our. Arzell {arzell, 1716), s. f., jarret, est un emprunt à l’an­ cien français ars, poitrail, naissance des jambes du che­ val, du cerf (1247), avec suffixation en -elL Ce mot est d’origine incertaine.

Arzh {arzh, 1992), s. m., ours, est issu du vieux breton arth qui apparaît en composition dans plusieurs noms d’hommes comme Arthmael ou Arthur. Ce mot cor­ respond au gallois arth, au vieil irlandais art et au gau­ lois art- dans les noms de personnes Artaius, Artaio. Ces mots sont tirés du celtique *arktos. Asard {azart, XVIIIe), s. m., hasard, est un emprunt au français dont le mot est attesté sous la graphie hasart, coup favorable, en 1155. Il est issu de l’espagnol azar, lui-même d’origine arabe az-zahr, jeu de dés. Asarded {asardet, 1557), part, passé, hasardé, du verbe asardin {asardin, XVIIe), hasarder, de asard + -in.

Asen {asenn, 1499), s. m., âne ; églefin, est, comme le comique asen et le gallois asyn, un emprunt au latin asinus. Asenerezh {azennérez, 1821), s. m., ânerie(s), de asen + -erezh. Damasen {damazen, 1958), s. m., bardeau, bardot, de dam- + asen. Asenn {azen, 1925), s. f., âge (d’une charrue) ; mem­ brure (de bateau) ; ridelle (d’une charrette), a pour cor­ respondants le comique asen (vieux comique asen), le gallois asen et l’irlandais asna. Ces mots sont tirés d’un celtique *ast-.

Asfalt {asfalt, 1958), s. m., asphalte. Le français est at­ testé dès le XIIe siècle et est issu du bas latin asphaltus, 76

bitume (vne), emprunté au grec asphaltes. Le gallois asffalt procède de l’anglais asphalt.

Asil {asil, XVIIe), s. m., asile, est un emprunt à l’ancien français asile (1355), issu du latin asylum d’origine grecque asulon, lieu inviolable. Asis {asis, déb. XVIe), s. £, assise, est un emprunt à l’an­ cien français assise, base d’une construction (fin XIIe), dérivé du verbe asseirty. 1260), issu du latin populaire *assedere.

Ask {asq, cornière, 1464), s. m., entaille, est tiré soit d’un celtique *ac-sca, soit du déverbal du verbe moyen breton *asquiaff\ss>\i du latin asciare, travailler à la doloire, doler, aplanir. Le gallois asgen a pris les sens de “dommage, infortune ; blessure”. Askan {aska, 1821), askin {hossquein, 1744), v., entailler, de ask + -an/-in, présente la variante askennin, de ask + -enn + -in. Askell {asquell, 1464), s. £, aile ; nageoire, procède du latin tardif ascella issu du latin classique axilla, aisselle, de même que le comique askel, le gallois asgell et l’ir­ landais ascaill Askelleg {askellek, 1821), adj. quai., ailé, de askell + -eg, a pour correspondants le comique askellek et le gallois asgellog. Adaskell {adaskell, 1931), s. £, élytre, de ad- + askell. Diaskell {diaskell, 1958), adj. quai., aptère, sans aile, de di- + askelL Diaskellan {diaskellan, 1992), diaskellin {diaskellin, 1992), v., éjointer, de di- + askell+ -an / -in, correspond au gallois diasgellu. Diwaskelleg {diùaskellek, 1919), adj. quai., bipenne, et {diouaskelleg, 1931), s. m., diptère, de diw + askell + eg. Diwaskellin {diouaskella, 1876 ; diwaskelli, 1931), v., battre des ailes, de diw + askell + -in. Askleud {ascloedenn, “coupeau”, 1499), coll., éclisse, procède comme le comique asclaset le gallois ¿fgWdu bas latin *ascla, issu de astula, avec suffixation britto­ nique en -ot-, Askleudan {askleudan, 1992), askleudin {askledein, 1919), v., (s’)éclisser, de askleud+ -an / -in, correspond au comique asclejy et au gallois asglodaf, asglodi.

Askol {ascollen, 1464), coll., chardon(s), procède du vieux breton scalauquel s’est ajoutée une voyelle pros­ thétique et correspond au comique ascal et au gal­ lois ysgall. Askoleg {askoleg, 1992), s. £, lieu abon­ dant en chardons, et adj. quai., abondant en chardons, est la forme moderne, par métathèse, de oscaloc attesté comme nom de lieu, Oscaloc (au­ jourd’hui Aucaleuc, 22, par évolution romane) en 1184. On notera que la forme originelle est toujours usitée dans la variante oskaleg.

Diaskolan (diaskola, 1821), diaskolin {di(h)oscalein, 1723), v., échardonner, de di- + askol+ -ah / -in. Askor, s. m., intensité, correspond au comique ascor, progéniture, production, rendement. Askoridig, adj. quai., intensif, de askor + -idig.

Askom {ascom, 1499), s. m., os ; noyau, procède du vieux breton ascum et correspond au comique ascom et au gallois asgwrn. Tous trois sont issus d’un celtique *ast-ko-. Askomari {askouma, 1821), askomin {askomi, 1931), v., (s’)ossifier, de askom + -ah / -in. Askomeg {asquomecq, 1633 ; mais *ascomecen ]A27 dans le nom de personne Lascornec attesté à Sarzeau, 56), adj. quai., osseux, de askom + -eg, et dont les correspondants sont, en comique, ascornek et, en gallois, asgyrnog. Askomekaad {askomekat, 1919), v., maigrir, de askom + -eg+ -aad. Diaskom {diascorn, 1565), adj. quai., sans os, de di- + askom. Diaskoman {diascornaff, 1499), diaskomin {diascorni, 1732), v., désosser ; dénoyauter, de di + -askom + -an/-in. Diseskemin {diseskemin, 1992), v., désosser, de dis- + eskem + -in, est formé sur le pluriel eskem. Askre {asclez, 1499 ; ascre, 1732), s. £, poitrine ; conscience, correspond au comique osera, poitrine, seins ; cœur, au gallois asgre et à l’irlandais asgall de même sens. Ces mots sont tirés d’un bas latin *asclia par métathèse du latin classique axilla. Askread {asgread, 1732 ; askread, 1821), s. f, poitrine, de askre + -ad. Askreeg {asclezec, 1499), adj. quai., à la forte poitrine.

Asot {azot, 1931), s. m., azote, est un emprunt au fran­ çais dont le mot est attesté en 1787 et formé de a- pri­ vatif et de -zote issu du grec zôê, vie. Asow {hasou, 1519 ; hasaou, 1650), adj. quai., révérend, vénérable, procède du vieux breton asou, variante de asoiu, asoe au sens originel de “gauche” puis “favorable, chanceux”. Le gallois aswy, gauche ; sinistre, rappelle la variante asoe du vieux breton (moyen gallois assw). Tous deux sont issus du brittonique *assouio-, lui-même du celtique *ad-souio-. Asowez {hasouez, 1530 ; azaouez, bonheur, heureu­ se rencontre, 1716), s. £, révérence, de asow + -ez ; les sens modernes de “révérence”, donné par Francis Favereau, ou de “respect”, donné par Francis Vallée, reprennent ceux de “attention ; prévenance ; soin ; pensée obligeante ; égards, considération”, proposés par Le Gonidec en 1821 ; celui de “chance” ou de “bonheur, occasion” comme le traduit le père Maunoir sous anzoue serait plus proche du sens secondaire du mot. Asowezin {azaouezi, respecter,

1931), v., révérer, de asow + -ez + -in. Asowezus {azaouezus, respectueux, 1931), adj. quai., révérencieux, de asow + -ez + -us.

Asper {asper-, employé au superlatif asperhaff, 1519), adj. quai., âpre, et son correspondant comique asper sont empruntés directement au latin asper duquel pro­ cède aussi l’ancien français aspre{\ 131). Asperjan {aspergyaf, 1540), asperjin {esspergein, 1744), v., asperger, est un emprunt à l’ancien français asperger (xir) issu du latin aspergere, arroser.

Asperjes {asperjes, 1992), coll., asperge(s), est un em­ prunt récent au français ; en 1633, on relève aspergus et en 1732, asperjus. La variante asperj {asperj, 1992), coll., est usitée en vannerais. Aspig {aspic, 1499), s. m., aspic, est un emprunt à l’an­ cien français tardif ; à l’origine, le mot était aspi (1119), issu du grec aspis, naja d’Egypte, par le latin aspis, l’ad­ jonction du -c final s’étant fait par analogie avec le mot basilic probablement.

Assagn {assaign, déb. XVIe), s. £, enseigne (voir ansegn).

Assambl {assambl, 1992), adv., ensemble, est un em­ prunt à l’ancien français assemble, ensemble. Assamblamant, s. m., rassemblement, de assambl + -amant, procède de l’ancien français assemblement (XIe). Assemble {assemblé, 1576), s. £, assemblée (de village), est aussi un emprunt au français assemblée (XIIe). Assambles {ansambles, 1576), adv., ensemble, de assambl + -es. Assamblin {assamblaff, déb. XVIe ; assambliff, 1623), v., assembler, de assambl + -ah / -in. Diassambl {diaçzambl, 1732), adj. quai., non joint, de di- + assambl. Diassamblin {diassamblein, 1723), v., déjoindre, de di- assambl + -in.

Assasenn {assasenn, 1992), s. £, accès, crise, est un em­ prunt au français avec suffixation en -enn. Asses {acecc, 1530), adv., assez, est un emprunt à l’ancien français assez (1080), issu du latin populaire *adsatis, forme renforcée de satis, assez. Assetad {assetad, 1992), s. m., acétate (1787), assetilen {assetilen, 1992), s. m., acétylène (1836) et asseton {asseton, 1992), s. m., acétone (1833), sont tous les trois empruntés au français dont les mots ont été formés à partir du latin acetum, vinaigre.

Assied {assiet, 1632), s. m., assiette, est un emprunt à l’ancien français dont le mot est attesté en 1260. Celuici procède du latin populaire *assedita, part, passé du verbe assedere. Assiedad {açzyedad, 1732), s. m., assiettée, de assied + -ad.

Assignai {asignal, d’après le pl. asignalou, 1847), est un emprunt au français, postérieurement à la Révolution française. Le mot, attesté en 1522, désignera, à partir de 1789, le sens de “papier-monnaie” ; c’est un dérivé du verbe assigner refait, à partir du XVIIe siècle, sur le latin assignare. Le breton présente un -/final probablement par analogie avec le français signai Assik {asik, 1867), adj. quai., très faible, pourrait pro­ céder du français à sec. Assiked, part, passé, très affai­ bli, de assik + -ed.

Assistait {asistaff, 1576), assistin {assistein, 1744), assiste {assista, 1992), v., assister, est un emprunt à l’ancien français assister (déb. XIVe), issu du latin assistare. Assistons {assistance, 1623), s. £, assistance, de assist- + -ans, mais emprunté au français. Assistant {assistant, 1623), s. m., assistant, également emprunté au français. Assoman {aezouma, 1732), assomin {assomin, 1992), v., assommer, est un emprunt à l’ancien français assomer, étourdir ; tuer (fin XIIe), dérivé de some, sommeil. Parassomin {parassomin, 1992), v., assommer complè­ tement, attesté en 1557 par son part, passé parasomet, procède de l’ancien français parassomer, achever, ac­ complir ; accabler, affliger (1167). Assoul {assoul, 1992), s. m., assolement, est un emprunt au déverbal de assoler (fin XIIe), dérivé de sol{1080), du la­ tin solum. Le gallois asok jachère, est expliqué par ad-sofl. Assoulenn {assoulenn, 1992), s. £, sole, de assoul + -enn. Assoulan {assoulan, 1992), assoulin {assoulin, 1992), v., assoler, de assoul + -an / -in.

Assoup {açzoup, 1732), s. m., pierre d’achoppement, est un emprunt au déverbal du verbe assoupper, acca­ bler ; assujettir (fin XIIe), dérivé du verbe choper d’ori­ gine obscure. La variante assoupi {assoupi, 1992), s. m., présente un -/final probablement par attraction paronymique avec soupL Assoupadenn {asoupadenn, 1931), s. £, achoppement, de assoup + -adenn. Assoupadur {aezoupadur, 1732), s. m., (faux pas après) achoppe­ ment, de assoup + -adur. Assoupan {acsoupaff, 1499), assoupin {assoupein, 1723), v., (s’)achopper, de assoup + -an / -in. Astachow {astayehou, XVIe), s. pl., dépendances, est un emprunt à l’ancien français estage, bâtiment destiné à divers usages, logement, issu du bas latin staticum.

Astal {astal, cessation, relâche, surséance, 1732), s. m., discontinuité, arrêt, est identique au gallois atal, arrêt, contrôle ; entrave, obstacle. Le breton s’explique par az+ dal et le gallois par ad- + dal ; tous deux procèdent du celtique *ati-dalg-. Astalan {astalaii, 1992), astalin 78

{astali, 1925), v., discontinuer, de astal + -an /-in, auquel correspond le gallois ataliaf. Diastal {diastal, 1931), adj. quai., ininterrompu ; sans désemparer, sans discontinuer, de di- + astal. Astandard {astandart, 1499), s. m., étendard, est un em­ prunt à l’ancien français estendart dérivé du verbe estendre (déb. XIIIe), issu du latin extendere. Astell {astell, 1732), s. £, allonge, attelle, procède du latin populaire *asteUapax astilla, lui-même issu du latin astula, planchette. Lui correspondent le comique astell, le gallois astell, planche, éclat de bois, et l’irlandais astal L’ancien français astele, éclat de bois, planchette, latte, attelle, provient également de *astella (moderne attelle). Astellenn {astellenn, 1992), s. £, rayon (de bois), de astell + -enn. Astellad {astellad, 1919), s. £, allonge (de), attelle (de) ; bouillie collant au bâton, coup de spatule, de astell + -ad. Astellad {astelat, 1732), v., garnir d’at­ telles ; rayonner ; remuer le bâton à bouillie, de astell + -ad. Astelladenn {astelladenn, 1992), s. £, rayonnage, de astell + -ad + -enn.

Asteroid {asteroid, 1992), coll., astéroïde(s), emprunté au français dont le mot, attesté en 1716, est issu du grec asteroeides, semblable à une étoile.

Astr {astr, d’après le pl. astrou, 1633), s. m., astre, est un emprunt à l’ancien français astre (XIIe), issu du grec astron par le biais du latin astrum. Astraer {astraer, 1992), s. m., astronaute, de astr + -a + -er. Astraerezh {astraerezh, 1992), s. m., astronautique, de astr + -a + erezh. Astrofisik {astrofisik, 1992), s. m., astrophysique, du français. Astrolog {astrolog, 1992), s. m., astrologue, du français ; le féminin astrologes était attesté en 1557 sous la graphie astrologues. Astroloji {astrologi, 1499), s. £, astrologie, emprunté à l’ancien français. Astrolojian {astrologian, 1519), s. m., astrologue, de astroloji + -an. Astronomi {astronomi, 1992), s. £, astronomie, du fran­ çais. Astronot {astronot, 1992), s. m., astronaute, du français. Astronotik {astronotik, 1992), s. m. et adj. quai., astronautique, du français. Astrakow {astrakoù, 1992), s. pl., simagrées, est un em­ prunt à l’ancien français atriquer, artriquer, préparer, arranger (1306) d’origine incertaine. Astrakour {astrakour, 1992), s. m., faiseur de simagrées, de astrak+ -our.

Astralab {astralab, 1499), s. m., astrolabe, est un em­ prunt à l’ancien français astrelabe (XIIe), issu du grec astrolabos. Le gallois présente le mot astrolabr.

Astuz {astuz, 1716), s. m., vermine, dériverait d’un verbe *stod, *steud, piquer, pousser, frapper, identique

au gotique stautan. Astuzin (astuzi, 1732), v., (se) cou­ vrir de vermine, de astuz + -in. Astuzus (astuzus, 1732), adj. quai., vermineux, de astuz + -us. Diastuz (diastuz, 1821), adj. quai., propre, sans ver­ mine, de di- + astuz. Diastuzin (diastuzi, 1821), pur­ ger, enlever la vermine, de di- + astuz + -in.

Atach (ataig, 1557 ; attaich, 1709), s. m., attache, est un emprunt à l’ancien français atache, agrafe, ruban de chapeau (1169), dérivé de tache, agrafe. Atach (atach, 1992), atachin (atachin, 1992), attestés par leur part, passé atachet (1519), v., attacher, de atach + -in. Atain (atahin, 1723), s. m., provocation, et adj. quai., provocant, est un emprunt à l’ancien français ataïne, chicane, querelle, débat ; animosité ; provocation, défi, injure (1160), formé à partir de la racine germanique W-. Atainadur (attahinadur, 1732), s. m., agacement, irritation, de atain + -adur. Atainan (attaina, 1659), atainin (atahinein, 1723), v., provoquer ; taquiner (le poisson), de atain + -an/-in, est issu de l’ancien fran­ çais atainer, quereller (1277). Atainer (attayner, 1732), atainour (atahinour, 1723), s. m., provocateur, de atain + -erl-our. Atainerezh (atahinerezh, 1958), s. m., provocation(s), de atain + -erezh. Atainus (attahinus, agaceur, 1659), adj. quai., provocant, de atain + -us, du français ataïnos, querelleur, désagréable, néfaste (1160). Les dictionnaires contemporains ont repris à ceux du XVIIIe siècle le -h- médian, non étymologique comme le montrent les graphies de l’ancien français. Atalier (atalier, 1992), s. m., atelier, est un emprunt tar­ dif au français dont le sens originel était “tas d’éclats de bois” (astelier, déb. XIVe) avant d’évoluer à “chantier”. Ce mot est un dérivé de l’ancien français astelle, éclat de bois.

Atampi, atampied, atampius, voir atapi. Atant (atant, \%7G), s. m., ferme, est issu de l’ancien français aient, but, point où l’on tend ; attention ; attente, espoir, confiance (XIIe). C’est ce dernier sens que lui donne le colonel Troude en 1876 : “Ce mot a le sens général de position que l’on obtient par suite de loca­ tion à loyer d’une ferme ou métairie, etc. Il s’emploie aussi avec la signification d’espoir, d’occasion.” Atantin (atantin, 1992), v., acclimater (des plantes, etc.), de atant + -in. Diatant (diatant, 1876), adj. quai., sans ferme, de di+ atant.

Atapi (atapi, 1992) s. m., zèle, manie, est un emprunt à l’ancien français atapi, caché, blotti, secret, dérivé du verbe tapir issu du francique *tappjan, fermer, enfermer. Atapied (atapied, 1992), part, passé, ayant la manie de,

de atapi + -ed Atapius (atapius, 1992), adj. quai., zélé, maniaque, de atapi + -us. Ataw (ato, 1710 ; ataü, 1723), adv., toujours, est à rapprocher du comique arta et du gallois eto (moyen gallois etwd) ; tous sont issus du brittonique *ati-uoktpar *atwa, le breton présentant la métathèse du grou­ pe final -wa en -aw. Alataw (alato, 1992) est la forme contractée de evelataw (evelato, 1876), adv., toutefois, de evel+ ataw.

Ateb (ateb, 1992), s. m., réponse, et v., répondre, est un emprunt au gallois ateb, réponse (moyen gallois attep), formé de ad- + heb, et correspondant au vieil ir­ landais aithesc. Ces mots sont tirés du celtique *ati-seku duquel on rapprochera le nom gaulois Atespatus. Atebeg (atebeg, 1992), s. m. et adj. quai., responsable, de ateb + -eg. Atebegezh (atebegin, 1992), s. f., res­ ponsabilité, de ateb + -egezh. Atell (atell, 1519), s. f, squelette, est un emprunt à l’an­ cien français ate, bien serré, bien joint (XIIe), issu du latin *aptum ; la suffixation en suppose un dérivé bas latin *aptella.

Atellin (atélein, 1919), v., fixer la charrette sur la cham­ brière, est emprunté à l’ancien français ateler (fin XIIe), issu du latin populaire *attelare formé sur telum, jave­ lot, aiguillon.

Aters (atèrce, enquête, 1744), s. m., interrogation, in­ terrogatoire, est un emprunt avec métathèse et renfor­ cement de -d-en -t- à l’ancien français adres, réparation, amende (1255), dérivé du verbe drecier, diriger. La for­ me issue par métathèse aders était usitée dans le dialecte du bas Maine. Aters (aters, 1992), atersin (atersein, 1723), v., interroger, de aters + -in. Atestan (atestan, 1992), atestin (attesti, 1659), v., attester, est un emprunt au français (attester, XIIIe) dont le mot est issu du latin attestari, dérivé de testis, témoin, témoignage. Atestabl (atestabl, 1519), adj. quai., qu’on peut attester, emprunté à l’ancien français *attestable.

Ated (atet, 1992), part, passé, buté, qui a des idées fixes, est un emprunt au part, passé *atait, qui se tait, de l’an­ cien français ataire, dérivé de taire.

Atfer (atfer, 1519), s. m., délai, a pour corres­ pondants le comique astever issu du vieux comique -aduer et du gallois adfer, retour, restitution, réta­ blissement ; tous trois sont tirés du brittonique *ate-ber-. Atil (attil, 1687), s. m., terre chaude et végétale ; hu­ meur, aurait d’abord été un adjectif qualificatif par 79

amuïssement du -et final de *atilet, emprunté à l’ancien français atillié, préparé, arrangé, bien armé, bien équi­ pé, mis en état (verbe atillier, 1164), et dérivé de atil, armure, équipement, provisions (XIIIe).

Atis (atis, 1519), s. m., attisement ; incitation, insti­ gation, est emprunté au radical du verbe ancien français atticier (fin XIIe), issu du latin *attitiare, de titio, tison. Atisan (attissaff, 1499), atisin (astizein, 1723), v., attiser ; inciter, instiguer, de atis + -an/ -in. Atiser (attiser, 1732), atisour (atizour, 1931), s. m., instigateur, de atis+ -an! -in. Ematis (ematiz, 1958), s. m., autosuggestion, de em+ atis.

Atom (atom, 1958), s. m., atome, emprunté au fran­ çais, dont le mot est attesté vers 1350-1400 sous la graphie athome. Ce mot est issu du grec atomos par le latin atomus. Le gallois atom (attom, v. 1455-56) est un emprunt tardif au latin. Atomeg (atomek, 1958), adj. quai., atomique, de atom + -¿gauquel cor­ respond le gallois atomeg. Atomik (atomik, 1992), adj. quai., de même sens, est un emprunt direct au fran­ çais alors que le gallois atomig l’est à l’anglais atomic. Atomour (atomour, 1992), s. m., atomiste, de atom + -our. Atom (atom, 1464), s. m., atour, est un emprunt à l’an­ cien français atom, atours, ornements (1160), déverbal du verbe atomer, habiller, parer (XIe), dérivé de tomer, toucher.

Atoud (atoud, 1992), coll., atout, est un emprunt au français dont le mot est attesté dès 1175 sous la forme atot (de a- + tôt, tout). Atrakour (attropour, 1744 ; atrakour, 1919), s. m., marieur, entremetteur, dérive du verbe ancien français atriquer, préparer, arranger (1306).

Atraved (atravet, 1992), pan. passé, acharné, est un em­ prunt à l’ancien français atraver, faire camper ; couvrir de constructions ; établir ses tentes, camper (fin XIIe), verbe usité par les troupes et qui exprimait l’idée d’un travail acharné de leur part.

déverbal de atruper d’origine incertaine. Atroper (atropér, 1919), atropour (atropourr, 1744), s. m., né­ gociateur, intrigant ; proxénète, de atrop + -er / -our. Atroperes (attropéréss, 1744), s. £, personne chargée de placer des bonnes, des nourrices, etc., de atrop + -er + -es. Atropin (attropein, 1744), v., négocier (en intri­ guant), de atrop + -in.

Aval (vieux breton abal', aual, 1499), s. m., pomme, correspond au comique aval, au gallois afal (vieux gal­ lois abat), au vieil irlandais aball, pommier, et au gau­ lois auallo, pomme. Tous postulent pour un celtique *abalo. On rapprochera de ces mots l’allemand Apfel et l’anglais apple. Avaleg (avalée, 1723), s. £, pomme­ raie, de aval + -eg. Avalenn (vieux breton aballen ; aualenn, 1499), s. £, pommier, de aval+ -enn, auquel correspondent le comique avallen (vieux comique aualleri) et le gallois afallen (vieux gallois aballen). Avalenneg (avalennecg 1732), s. £, pommeraie, de aval + -enn + -eg, à rapprocher du comique avallennek. Avaloued, s. £, pommeraie, de aval + -oued, est attesté en toponymie sous la forme contractée Avalot. Avalowa (avalaoua, 1992), v., chercher des pommes, de aval + -ow + -a. Avalowaer (avalaouer, 1931), s. m., chercheur de pommes ; hérisson, de aval + -ow + -a + -er. Avaloweg (avalaoueg, 1992), adj. quai., fourni en pommes, de aval + -ow + -eg. Avalgor (vieux breton aualgor, enclos à pommes, verger), s. m., enclos à pommes, de aval + kor. Avalwez, coll., pommier, est tiré du vieux breton aballguidex. correspond au comique avalwyth et au gallois afalwydd. Owraval (aouraval, 1924), s. m., orange, de owr+ aval. Avalouer (avalouer, 1992), s. m., avaloire, est un em­ prunt au français dont le mot est attesté en 1272 sous la graphie avaloir, gorge que l’on fait dans les rivières pour prendre le poisson. C’est un dérivé en -oire du verbe avaler (1080), lui-même dérivé de val.

Avampe (auampe, 1499), avampie, s. m., avant-pied (de chaussure), est un emprunt à l’ancien français avantpied, galoche.

Atred (atret, 1499), s. m., décombres, gravas, est un em­ prunt à l’ancien français atrait, amas, matériaux, déblais (1155), déverbal de atraire (1160). Atredan (atredan, 1992), atredin (attredi, 1732), v., colmater, remblayer ; gêner (la voie), de atred + -an / -in. Diatredan (diatretaff, 1499), diatredin (diatrédi, 1821), v., déblayer, de di- + atred + -an / -in.

Avanant (avenant, 1530 ; auanant, 1519), adj. quai., avenant, est un emprunt à l’ancien français avenant, qui convient bien, séant, joli, agréable (1260), dérivé du verbe avenir (1170).

Atrop (atrop, 1992), s. m., négoce ; intrigue, est un em­ prunt à l’ancien français atrupe, tromperie (1220),

Avank (avancq, 1732), s. m., castor, procède du vieux breton abac, nain ; monstre marin, et trouve ses

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Avani (avani, 1992), s. £, motif, est l’altération probable de l’ancien français avenue, rencontre, dérivé du verbe avenir.

correspondants dans le gallois afanc, monstre marin ; castor, dans l’irlandais abhac, castor ; nain (moyen irlan­ dais abac). Ces mots supposent un celtique *abankos.

Avans (auanç, 1519), s. £, avance, avantage, et adj. quai., avancé, avantagé, est un emprunt à l’ancien fran­ çais avance,, avancement, avantage, profit, déverbal du verbe avancer (\ 155), issu du latin populaire *abantiare. Avans, avansan (auanczaff, 1499), avansin (auancy, 1689), v., avancer, de avans + -an / -in. Avansamant (auancement, 1499), s. m., avancement, emprunté à l’ancien français. Avansus (auançus, 1519), adj. quai., qui avance, de avans + -us. Diavans (diauanç, 1519), adj. quai., inutile, et (diauancc, 1557), v., dissuader, de di- + avans. Avantaj (auantaig, 1499), s. m., avantage, est un em­ prunt à l’ancien français dont le sens initial était “ce qui est placé en avant” (1190) ; c’est un dérivé de avant (842), issu du latin populaire *ab-ante. Avantajin (avan­ tagé 1732), v., avantager, de l’ancien français avanta­ ger (1225). Avantajus (avantachus, 1709), adj. quai., avantageux, de avantaj + -us.

Avantur (auantur, 1499), s. f., aventure, est un emprunt à l’ancien français dont le mot, attesté à la fin du XIe siècle, procède du latin adventura, Avanturadenn (avanturadenn, 1992), s. £, coup aventureux, de avantur + -adenn. Avanturier (avanturer, 1732), avanturour (avanturour, 1732), s. m., aventurier, de avantur + -ier/ -our, emprunté au français. Avanturin (avanturi, 1732), v., aventurer, hasarder, de avantur + -in. Avanturus (auentureux, 1464), adj. quai., aventureux, de avantur + -us, emprunté à l’ancien français.

Avariss (avarice, 1499), s. £, avarice, est un emprunt à l’ancien français dont le mot, attesté en 1155, est issu du latin avaritia, voracité, avidité. Avarissius (auaricius, déb. XVIe), adj. quai., avaricieux, de avariss + -ius, em­ prunté à l’ancien français. Avaristed (auaricçdet, 1659), s. £, avarice, de avariss + -ded. Ave (aval, 1723), s. £, attelage, a été rapproché du gal­ lois afivyn et du comique avond, lesquels procèdent du latin habena, ce que l’on tient (avec la main). Avead (avead, 1992), s. £, attelage (de), équipement (de), de ave+ -ad Aveeg (aveeg, 1992), adj. quai., apprêté ; sau­ grenu, de ave + -eg. Avein (aveiein, déb. XVIIIe), aven (aven, XVIIIe), v., (s’)apprêter, (s’)atteler, de ave + -in. Aven (auen, 1499), s. £, mâchoire, reste d’étymologie inconnue. Avenad (auenat, 1499), s. £, coup sur la mâchoire, de aven + -ad. kvenatà. (avenata, 1931), v., frapper sur la mâchoire, de aven + -ad + -a. Aveneg

(avenek, 1931), adj. quai., à la forte mâchoire, de aven + -eg. Diavenan (diavéna, 1821), v., rompre, se casser la mâ­ choire, de di- + aven + -an.

Avenell (avenel, 1919), s. £, haveneau, est un emprunt au moyen français *havenel, lui-même évolué de havenet par modification de la finale, d’origine Scandinave, de *hâfr-net, filet de pêche. Avertissait (aduertissaff, 1464), avertissin (avertisçzein, 1732), v., avertir, est un emprunt à l’ancien français avertir, issu du latin avertere, détourner, éloigner. Avertissamant (avertissemantt, 1744), s. m., avertisse­ ment, emprunté également à l’ancien français dont le mot est attesté vers le milieu du XIIIe siècle. Avi (auy, 1499), s. £, envie (jalouse), est un emprunt à l’ancien français envie (1130), issu du latin invidia, jalousie. Avian (auiaff, 1499), aviin (aviin, 1992), avio (avio, 1992), v., çnvier, jalouser, de avi + -an / -in / -o. Aviennan (aviennan, 1992), avienni (aviennin, 1992), v., avoir le mauvais œil, de avi + -enn + -an/ -in. Avienned (aviennet, 1992), part, passé, avide, de avi + -enn + -ed. Avius (auius, 1499), adj. quai., envieux, de avi + -us. Paravi (paravi, 1841), s. m., rivalité, de par- + avi. Paravian (paravia, 1890), paraviin, v., rivaliser, depar+ avi + -an / -in. Aviel (auiel, 1499), s. m., évangile, auquel correspond le comique awayl, est un emprunt au latin *evagelium altéré de evangilium. Le gallois efengyltst un emprunt savant. Avielan (aviéla, 1821), avielin (aviélein, 1919), v., évangéliser ; bénir un enfant non baptisé, de aviel + -an / -in. Avieler (avyeler, 1732), avielour (aviélour, 1723), s. m., évangélisateur, évangéliste, de aviel + -er/ -our. Avielerezh (avielerezh, 1992), s. m., évangélisation, de aviel + -erezh. Avies (auies, 1626), s. m., avives, est un emprunt au français avec chute du second -v- intervocalique, mot dérivé de vifàxi latin vivus.

Avis (auis, déb. XVIe), s. m., avis, intention, opinion, est un emprunt à l’ancien français avis (1175), part, passé du verbe aviser (XIe). Le comique avys, de même sens, est aussi un emprunt à l’ancien français. Avisan (auisaff, 1499), avisin (avisein, 1732), v., (s’)aviser, opiner, de avis + -an / -in auxquels correspond le comique avysya. Avised (avisét, XVIIe), part, passé, avisé ; discret, prudent, de avis+ -ed. Avisted (avistœd, 1790), s. £, prudence, sagesse, de avis + -ded Avision (auision, 1557), s. £, avis, de avis + -ion. 81

Diavis (diauis, 1659), adj. quai., mal avisé, inconsé­ quent, de di- + avis. Diavisamant (diavisemant, 1723), s. m., méprise, mégarde, de di- + avis + -amant. Diavisted (diavistét, 1723), s. £, inconséquence, de di+ avis + -ded. Drougavis (drougavis, 1992), s. m., mauvais œil, de droug + avis. Drougavisan (drougavisan> 1992), drougavisin {drougavisin, 1992), v., jeter un sort à, de droug + avis+ -an /-in. Drougaviser (drougaviser, 1992), s. m., jeteur de sort, de droug + avis + -er. Avitin (avitin, 1992), v., éviter, est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1324 et issu du la­ tin evitare, se soustraire à quelque malheur.

Avokad {auocat^ 1499), s. m., avocat, est un emprunt à l’ancien français advocat (1160) comme l’atteste la va­ riante graphique aduocat (1499). La variante alvokad, avec -l- épenthétique, est attestée en 1633, aluocat. Le mot procède du latin advocatus, avoué, avocat. Avocaderezh (alvocaczérez, 1732 ; avocadereh, 1919), s. m., avocasserie(s), de avokad+ -erezh. Avon (auoun, 1464), s. f., rivière, a pour correspondants le comique avon (vieux comique auori), le gallois afon, issus du brittonique abona, mais aussi le vieil irlandais abann et le gaélique d’Écosse abhainn. Le latin amnis, fleuve, cours d’eau, est à l’origine du nom breton Aon de l’Aulne, rivière qui arrose Châteaulin (29) ; son nom n’est donc pas d’origine celtique. Avouan (auoeaff 1540), avouin (avoein, 1732), v., avouer, est un emprunt à l’ancien français avoer, reconnaître quelque chose à son seigneur (1155), puis reconnaître une faute, issu du latin advocare, appeler, recourir à. Avouons (auoeancc, 1650), s. £, aveu, de avou- + -ans.

Avoue (avoue, 1992), s. m., avoué, est un emprunt au français dont le sens actuel est attesté en 1790. Auparavant, l’ancien français avoe avait ceux de “pro­ tecteur, seigneur, défenseur des couvents, des villes” ; ce mot procède du latin advocatus. Avouilhad (avouillein, 1744), v., ouiller, est un emprunt à l’ancien français aoillier, remplir un tonneau, rem­ placer la perte en vin ou en eau, dérivé de œil bonde. Le breton présente un -v- épenthétique par rapport à l’ancien français. Avouilher (avouillér, 1919), s. m., entonnoir, de avouilh- + -er. Avouilhetes (avouillètte, 1744), s. £, entonnoir, de avouilh- + -etes.

Avoultr (auoeltr, 1499 ; auoültr, 1633), s. m. et adj. quai., adultère, est un emprunt à l’ancien français avoltre, adultère, qui viole la loi conjugale ; adultérin, bâtard (fin XIIe), déverbal du verbe avoltrer, commettre

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l’adultère, issu du latin *abulterare, forme altérée de adulterare. Avoultrer (aoultrier, 1709), s. m., adultère, fornicateur, de avoultr + -er. Avoultriaj (avoultriaich, 1732), s. m., adultère, fornication, de avoultr + -iaj. Avoultriezh (auoltriez, 1499), s. £, adultère, de avoultr + -iezh. Avoultrin (avoultri, 1732), v., (s’)adultérer, de avoultr + -iii. Avrelaod (avrelaud, 1919), s. m., garçonnet, est à rap­ procher du nom de personne Avrillaud, ancien surnom qui a symbolisé le renouveau, la jeunesse, et dérivé du nom de mois avril.

Avreled (avreled, 1992), s. m., haveneau, est un em­ prunt, par dissimilation, à l’ancien français *havrenet issu de l’ancien Scandinave *hafr-net, filet de pêche. Avriw (avriw, 1992), s. m., est le surnom donné au courlis courlieu dont le nom véritable est kefeleg-mae. Ce mot procède d’un emprunt au nom du mois d’avril

Avron (auroun, 1464), coll., aurone ; armoise, est un emprunt à l’ancien français abrogne (1213), par une for­ me *abrone avec lénition interne. Ce mot est issu du grec abrotonos par le biais du latin abrotonum. Avu (auu, 1464), s. m., foie, a pour correspondants le comique avy (vieux comique auî), le gallois afu (moyen gallois auü), le gaélique d’Ecosse adha et l’irlandais ae, aobh. Ces mots restent d’étymologie incertaine. Avuad (avuad, 1931), s. m., hépatite, crise de foie, de avu + -ad', le gallois afuaddésigne l’“hépatique, l’herbe de la Trinité”. Avueg (*ahuec dans le nom de personne Lahuec en 1625 à Quimper, 29), adj. quai., se dit d’une terre ou d’une personne “collante”, de avu + -eg. Avuenneg (avuenec dans le nom de personne Avuenec relevé en 1567 à Pédernec, 22), adj. quai., est une va­ riante du précédent formé de avu + -enn + -eg.

Awel (auel 1499), s. m., vent, est issu du vieux breton auel et correspond au comique awel (vieux comique auhet), au gallois awel à l’irlandais ahél aial Ces mots sont tirés du celtique *aw-ella. On rapprochera de ces mots le grec oceXXa. Aweladenn (aüeladen, coup de vent, déb. XVIIIe), s. £, aérage, aération ; veine froissée, de awel + -adenn. Aweladur (aweladur, 1992), s. m., évent, de awel + -adur. Awelaj (avelach, 1709), s. m., grand vent, de awel + -aj. Awelan (auelaff, A.&). XVIe), awelin (aueli, 1659), v., venter, éventer, aérer, de awel+ -an / -in. Awelant, adj. quai., venté, de awel + -ant. Awelantaad (awelantaad, 1992), v., devenir venté ; s’élargir (en parlant de la voix), de awel+ -ant+ -aad. Aweleg (auelec, 1499), adj. quai., venté, éventé ; étourdi, correspond au comique awelek et au gallois awelog. Awelenn (aüelen, tourbillon,

1723), s. f., hernie ; passade, de awel+ -enn. Awelenneg (avelennecg, 1732), adj. quai, et s. m., hernieux, de awel+ -enn + -eg. Aweler (auëlér, 1732), s. m., éventail ; poissonlune, de awel+ -er. Awelerezh (aùéléreh, 1919 ; avelerez, 1931), s. m., aération, de awel+ -erezh. Awelus (avelus, 1709), adj. quai., venteux, de awel+ -us. Diawelin (diaveli, 1732), v., réduire la surface de toile (d’un moulin), de voile ; amortir, de di- + awel + -in. Disawelan (disawelan, 1992), disawelin (disawelin, 1992), v., déventer, s’abriter du vent, de dis- + awel + -an! -in. Disaweler (diavelouer, 1876 ; disaweler, 1992), s. m., coupe-vent, abrivent, de dis- + awel+ -er. Parawei (par avel, 1732), s. m., paravent, de par- + awel.

Aweldro (avel-dro, 1732), s. f., tourbillon, de awel+ tro. Drougawei (droucq avel, 1732), s. m., mauvais vent, maléfice, de droug+ awel. Pennawel (pennavel, 1923), s. m., vent dominant, de penn + awel. Awen (awen, 1922), s. £, inspiration (poétique), muse, est un emprunt au gallois awen que l’on tire du celtique *aue-n-. Awenan (aouena, 1931), awenin (awenin, 1992), v., inspirer, de awen + -an / -zw, correspond au gallois awenaf, awenu, composer (une poésie, une chan­ son). Awener (awener, 1958), s. m., inspirateur, de awen + -er, tiré du gallois awenwr, poète. Awenerezh (awenerezh, 1958), s. m., inspiration(s), de awen + -erezh. Awenus (awenus, 1944), adj. quai., inspirant, de awen + -us, emprunté au gallois awenus, ingénu, franc, naïf ; inspiré, poétique.

Azas (azas, 1992), adj. quai., adéquat, procède du vieux breton adas, convenable, adapté, et correspond au gal­ lois addas, convenable, et au vieil irlandais adas, légal, juste. Il est tiré du brittonique *ad-ast-, formé sur adattesté en vieil irlandais, ad, loi, convenance. Kevazas (kevazas, 1992), adj. quai., idoine, provient aussi du vieux breton camadas (pour *comadas}, de kev+ azas. Angevazas (angevazas, 1992), adj. quai., in­ adéquat, de an- + kev- + -azas, est issu du vieux breton ancomodas, inapte, non convenable. Ec’hazas (echazas, 1992), adj. quai., inconvenant, de ech- + azas, procède

du brittonique *eks-adas. Razas (razas, déb. XVIe), adj. quai., adéquat, procède de er-azas, très convenable par aphérèse du e- initial.

Azeulin (azeuliff, 1499), v., adorer, aduler, auquel cor­ respond le gallois addoli, est formé sur un radical azeul(cf. ezeul, déb. XVIe, issu du vieux breton idol} identique au gallois addawl, prière. Azeuier (azeûler, 1821), s. m., adulateur, de azeul- + -er. Azeulerezh (azeulerez, 1923-25), s. m., adulation, de azeul- + -erezh. Azeulidigezh (azeûlidigez, 1821), s. f, adulation, de azeul- + -idigezh. Azeuldi (azeuldi, 1931), s. m., lieu de culte, procède du vieux breton idolti, temple païen, auquel correspondent le vieux gallois idolte et le vieil irlandais idultaige. Azon (azon, 1992), s. m., signe (du zodiaque), procè­ de du vieux breton adon, signe, attribut, et correspond au moyen gallois addon, attribut. Ce mot est un em­ prunt ancien à l’hébreu Adonai.

Azoued (aouit, 1723), s. m., mule (au talon), enflure (aux mains, etc.), suppose un moyen breton *azoet d’après le moyen gallois adoed (XIIe) auquel correspond le moderne addwyd, apostume, furoncle, clou, plaie. Azv (azff, début. XVIIe), adj. quai., mûr, présente l’amuïs­ sement de la finale du vieux breton admet formé de ad+ met-, radical que l’on retrouve dans le verbe moderne medin. Le comique athves, le gallois aeddfed (aeduet, addfet au XIIIe) et l’irlandais aibidh ont conservé cette finale. Azvder (azveder, 1931), s. m., maturité, de azv + -der. Azvin (avi, 1659 ; anuéein, 1723), v., mûrir, de azv + -in. Azvidigezh (anüédigueh, 1723), s. f, matu­ rité, de azv + -idigezh. Diazv (diazv, 1958), adj. quai., pas mûr.

Azvent (aduent, v. 1565-68 ; azvent, 1689), s. m., Avent, procède comme le comique Asvens et le gallois Adfent du latin adventus, arrivée, dérivé du verbe advenire, arriver, et spécialisé en latin ecclésiastique à la venue du Christ. Le mot français présentait en ancien français la forme advent (XIIe).

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Babig {babig, 1958), s. m., bam­ bin, bébé, se présente comme un diminutif en -z£de bab, mot éga­ lement usité, et commun à l’an­ glais ¿^¿yd’où procèdent le cornique baby et le gallois babi et baban par modification du suf­ fixe, à l’ancien français baban (v. 1230) et au dialecte du bas Maine babi. Le radical bab est d’origine onomatopéique et note le mouvement des lèvres du jeune enfant. Le français bébé, qui n’apparaît qu’en 1793, est une francisation de l’anglais. Baberczh {baberezh, 1992), s. m., puérilité, de bab + -erezh. Babilhad {babillai, 1709), v., babiller, est un emprunt au français attesté en 1160 sous la graphie habiliterez formé sur le radical bab ci-dessus. Babilher {babilher, 1992), babilhour {babilhour, 1992), s. m., babillard, de babilh-+ -erl-our. Babilherezh {babillerez, 1709), s. m., babillage, de babilh- + -erezh.

Babiol(es) {babiol, bigarreau, 1919), coll., cerises sau­ vages, rappelle le mot babiole qui désigne la “merise” dans le Maine. Babouinan {babouinaff, 1499), babouinin {babouinin, 1992), v., barioler, est un dérivé du moyen breton babouin, singe (1499), emprunté à l’ancien français babouin, singe, sot, formé également sur le radical bab ci-dessus.

Babous {babous, 1732), coll., bave, et adj. quai., baveux, procède de l’ancien français bavos, baveux ; bavard (1125), issu du latin populaire baba, babil des enfants, d’origine onomatopéique et croisé avec le radical bab précédent. Babousan {babouza, 1821), babousin {baoüsein, 1732), v., baver, de babous + -an / -in. Babouseg {babouzek, 1821), adj. quai., baveux, de babous+ -eg. Babouser {baoiisér, 1732), s. m., personne qui bave ; bavette (de tablier), de babous + -er. Babouserezh {babouzérez, 1821), s. m., fait de baver, de babous + -erezh. Divabous {diuabouz, 1659), s. m., bavette, de di- + babous. Divabousin {divabouza, 1732), v., ébavurer, de di-+ babous + -in. Divabouser {divabouser, 1992), s. m., bavoir, de di- + babous + -er. Bach {bach, 1992), s. m., bâche, est un emprunt récent au moyen français bâche, dans son sens actuel, posté­ rieur au XVIIIe siècle ; jusque-là, il désignait, depuis le XVe siècle, un “vêtement”. Ce mot est issu de l’ancien français baschoe, lui-même du latin bascauda, bac à laver, d’origine gauloise.

Divachan {divach, 1919 ; divachan, 1992), v., émon­ der, de di- + bach + -an, présente la variante dibachan {dibachan, 1992) sans lénition interne.

Bacheler {bacheler, 1499), bachelour {bachelour, 1931), s. m., bachelier, est un emprunt à l’ancien français bachelor, jeune gentilhomme, aspirant chevalier (1080), par bache­ lier (fin XIVe). Ce mot est issu du latin populaire baccalarius (IXe), lui-même du gaulois *baccalari-. Bachelouriezh {bachelouriez, 1931), s. £, baccalauréat, de bachelour + -iezh ; on notera cependant que le français était rendu par bachelaich en 1732, soit un moderne *bâchelaj. Bachol {bajolow bachol, 1723), s. m., ganache, évoque l’ancien français bachole, sorte de vase, de hotte.

Bac’h {bach, 1992), adj. quai., limité, et s. m., croc, cro­ chet, et s. f., séquestre, procède du vieux breton bach, crochet, croc. Ce mot correspond au comique bagh, au gallois bach, crochet, hameçon, grappin, et au vieil irlandais bacc de même sens, ainsi qu’au gaulois bacco-, élément de noms propres. Tous sont tirés d’une racine *bak- que l’on rapprochera du latin baculum, bâton, canne. Bac’han {bacha, 1689), bac’hin {bahein, 1732), v., détenir, séquestrer, mettre en fourrière, de bach + -an / -in, auxquels correspondent le comique bagha et le gallois bachaf, bachu. Bac’heg {bahek, 1919), adj. quai., se dit d’une personne trop réservée, de bach + -eg. Bac’hellad {bahellat, 1919 ; mais attesté en 1897 sous la forme conjuguée vahelau présent), v., haleter, de bach+ -ell+ -ad. Bac’her {bâcher, 1931), bae’hour, s. m., garde-champêtre, de bach + -er /-our, auquel cor­ respond le gallois bachwr, grappin ; talonneur (en rug­ by). Bac’honi {bahoni, déb. XVIIIe), s. £, timidité, de bach+ -oni. Bac’howin {bachaouin, 1992), v., pêcher aux lignes de fond, de bach + -ow + -in. Dispac’h {dispach, 1659), s. m., agitation, révolution, de di- + -s (pour eks-) + bach. Dispac’had {dispachat, 1659), v., agiter, éparpiller ; (s’)ameuter, de di- + -s + bach. Dispac’hel {dispachel, 1992), adj. quai., révo­ lutionnaire, de di- + -s + bach + -eL Dispac’helour {dispachelour, 1992), s. m., révolutionnariste, de ¿/z- + -5 + bach + -our. Dispac’her {dispacher, 1821), dispae’hour {dispachour, 1992), s. m., agitateur, révolutionnaire, de ¿/z- + -J-+ bach+ -erl-our. Dispac’hus {dispaehus, 1931), adj. quai., séditieux, de di- + -s + bach + -us. Kabac’h {kabach, 1876), adj. quai., sénile, de ka- + bach. Kabac’haad {kabachaat, 1927), v., devenir gâteux, de ka- + bach + -aad Kabac’hded {kabachded, Y)27), s. £, gâtisme, sénilité, de ka- + bach + -ded. Diwvac’h {diuach, 1499), s. £, croc à deux dents, de diw + bach. Diwvac’hata {divachata, 1992), v., travailler au

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croc, de diw + bac h + -ad + -a. Toullbachañ {toull­ bachañ, 1992), toullbac’hiñ {toullbachiñ, 1992), v., em­ bastiller, de toull+ bac h + -añ / -iñ. Tribac’h {try bac h, 1732), s. m., trident, de tri + bac h.

Bad, s. m., hébétude, attesté au pluriel dans badou (1530), procède du vieux breton bat, épidémie ; frayeur, égarement, et correspond au gallois bad, épidémie, mort, et à l’irlandais bath, agonie. Le sens moderne du breton se retrouve dans le comique badüs, lunatique, dans la lune. Badamant {badamant, 1659), s. m., étour­ dissement, de bad+ -amant. Badañ {hadaf,YNV}, badiñ {badiñ, 1992), v., hébéter, de bad+ -añ /-iñ. Bader {bader, 1821), s. m., personne qui assomme, de bad+ -er. Badowiñ (part, passé badouet, 1557 ; badaoui, 1659), v., assommer ; chavirer, étourdir, de bad + -ow + -iñ, présente les variantes badowelliñ {badaouelliñ, 1992), de bad+ -ow + -ell+ -iñ, et badowenniñ {badaouenniñ, 1992), de bad+ -ow+ -enn+ -iñ. Badower {badaouer, 1821), s. m., personne assommante, de bad + -ow + -er. Baduell {baduell, 1992), s. f., chose assommante, est une variante par réduction de la diph­ tongue du radical badowell- du verbe badowelliñ, d’où la variante baduellañ {baduellañ, 1992), v., assommer. Baruellad {baruellad, 1992), v., vaciller, procède du pré­ cédent par lénition puis rhotacisme (passage de -d- à -z- puis à -r-). Divadañ {divadañ, 1992), divadiñ {divadiñ, 1992), v., reprendre connaissance, de di- + bad + -añ / -iñ, sont attestés au XVIe siècle par leur part, passé dybadet. Divadowiñ {divadaoui, 1931), v., revenir d’un éva­ nouissement, de di + bad + -ow + -iñ. Badailh {badailh, 1992), s. m., bâillement ; badailhad {badaillat, 1723), v., bâiller ; voir bazailh.

Badalenn {badalen, 1499), s. f., dague, est un emprunt, avec modification de la finale, à l’ancien français badelaire, sorte de sabre, coutelas (1300), d’origine obs­ cure. Badez {badez, 1557), s. m., baptême, est un emprunt au radical du verbe bas latin *batidiare évolué du latin populaire baptidiare du latin classique baptizare. Lui correspondent le comique bysyth et le gallois bedydd. Badezañ {badezaff, 1499), badeziñ {badezi, 1832), badezo {badezo, 1992), v., baptiser, de badez + -añ/-iñ/ -o, dont le correspondant est le gallois bedyddio. Badeziant {badizyent, 1499), s. £, baptême, de badez + -iant, duquel on rapprochera le comique bysydhians. Badezour {badezour, 1499), s. m., baptiste, de badez + -our, dont les équivalents sont en comique bysydhyer et en gallois bedyddiwr. 86

Disvadez {disvade, XVIIIe), adj. quai., impie, de dis- + badez. Disvadezan {divadeza, 1732), divadezin {divadezin, 1992), v., débaptiser ; se mettre en quatre, de dis- + badez + -an /-in. Divadez {divadez, 1716), adj. quai., non baptisé, infidèle. Gourvadez {gour-vadez, 1732), s. m., ondoiement, de gour- + badez. Gourvadezin {gour-vadezi, 1732), gourvadezo {gourvadezo, 1992), v., ondoyer, de gour- + badez + -in / -o.

Badinad {*badinai adouci en vadinat, 1860), v., badi­ ner, est un emprunt au français dont le verbe dérive de badin (1478), lui-même issu de l’ancien français bade, futilité, bêtise. Badiner {badinour, 1732), s. m., badin, de badin- + -er. Badinerczh {badinerez, 1709), s. m., ba­ dinage, de badin- + -erezh. Badinell {badinell, 1992), s. f., éblouissement, étour­ dissement, pourrait être une variante de baduell (voir sous bad). Badinellan {badinella, 1876), badinellin {badinellin, 1992), v., éblouir, de badinell + -an / -in. Badinellus {badinellus, 1958), adj. quai., éblouissant, étourdissant, de badinell + -us.

Badrouilh {badrouill, 1919), s. £, vadrouille, est un em­ prunt récent au français dont le mot n’est attesté qu’en 1890. D’origine lyonnaise, il avait pour sens premier celui de “tampon” et s’explique par le préfixe intensif va- et le radical drouille, vieille harde. Bae {bae, 1877), s. m., baie est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1364 avec le sens de “golfe”. Le gallois bae procède de l’anglais bay. Baie et bay proviennent de l’espagnol bahia, lui-même issu du bas latin baia (VIIe). Baduellan {baduellan, 1992), v., assommer, voir bad.

Baeleg {baelec, 1499), s. m., prêtre ; éperlan ; berge­ ronnette, est généralement expliqué par le latin popu­ laire *baclacus dérivé de baculus, bâton, par baclus. C’est de celui-ci que procède le gallois bagl, crosse, croc. Le gallois balog, prêtre, est supposé être un emprunt au moyen breton. Baelegiaj {bélégiach, 1821), s. £, prêtrise, de baeleg + -iaj. Baelegiezh {baeleguiez, 1464), s. £, sacerdoce, de baeleg + -iezh. Baelegin {bœlegui, 1732 ; mais attesté déb. XVIe par son part, passé beleguei), n., ordonner prêtre, de baeleg + -in. Arc’hbaeleg {archbaelec, 1499), s. m., archiprêtre, de arc h- + baeleg. Divaeleg {divaeleg, 1992 ; attesté par le nom de personne Dyvaelec en 1534 à Quimper, 29), adj. quai., sans prêtre, et s. m., ex-prêtre, défroqué, de di-+ baeleg. Divaelegan {divaelegan, 1992), divaelegin {divelegi, 1876), v., (se) défroquer, de di- + baeleg + -an ! -in.

Bafouin {bajfouein, 1732), v., bafouer, est un emprunt au moyen français dont le mot est attesté au XVIe siècle dans son sens actuel. Ce verbe procède du provençal bafar, se moquer. Bafouerezh {bafouerez, 1868), s. m., fait de bafouer, de bafou- + -erezh. Bag {bac, 1499), s. £, bateau, est un emprunt à l’ancien français bac, bac, baquet, cuveau (1160), issu du latin baccum, récipient. Bagig {baguic, 1499), s. f, chalou­ pe ; nacelle, de bag + -ig. Bagad {bagat, 1723), s. f, batelée, de bag+ -ad Bageal {bagueal, 1732), v., canoter, de bag+ -eaL Bageer {bagueer, 1732), bageour {bagour, 1744), s. m., bateleur, canoteur, canotier, de bag+ -eerl -eour. Bageerezh {bagueérez, 1732), s. m., batellerie, canotage, de bag + -eerezh.

Bagad {bagad, 1992), s. m., troupe ; bagad, procède du vieux breton bacat, groupe, grappe ; il a pour corres­ pondants le comique bagas, le gallois bagad (vieux gal­ lois bacai) et l’irlandais bagaid. Tous sont un emprunt au latin baca, variante de bacca, baie, avec a bref, duquel dérive bacata, grappe. Divagad {divagad, 1992), adj. quai., isolé, de di- + bagad.

Bagatell {bagatell, 1790), s. £, bagatelle, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1547, procède de l’italien bagatella, tour de bateleur, dérivé du latin baca, baie. Bagatellaj {bagatellage, 1790), s. m., bagatelles, de bagatell + -aj. Bagol {bagol, 1689), adj. quai., gaillard, alerte, dispos, procéderait de *magol, dérivé de mag-, radical du verbe magan (voir ce mot) par substitution de la consonne initiale.

Bagon (bagon, 1958), n. £, wagon, est un emprunt au français, lui-même de l’allemand Wagen, avec fausse régression de la consonne initiale du fait que le mot est féminin en breton. Bagoniad {bagoniad, 1958), s. £, wagonnée, de bagon + -iad. Bagos {bagos, alerte, gaillard, 1876), s. m., fauvette, ap­ paraît comme une variante de bagol avec substitution de la finale. On le relève comme surnom Bagouce en 1512 au Croisic (44).

Bagud {bagud, 1992), coll., germes de pommes de terre, s’ex­ pliquerait de même par un ancien *magut dérivé de mag-. Bagudin {bagudin, 1992), v., germer, de bagud + -in. Divagudin {divagudin, 1992), v., dégermer, de di- + bagud + -in, admet la variante divagudennan {divagudennan, 1992) formée sur le singulatif bagudenn. Bahu(d) {bahu, 1464 ; bahud, 1732), s. m., bahut, est un emprunt à l’ancien français bahut, grand coffre bombé

pour garder les vêtements et les objets précieux (XIIe), d’ori­ gine probablement francique, *baghûdi de même sens. Baian {bayan, 1732), adj. quai., bai, est un emprunt au français dont le mot, attesté au XIIe siècle, est issu du latin badium, bai. La suffixation en -an pourrait être due à la finale du français alezan.

Baionetes {bayonetès, 1732), s. m., baïonnette, est un emprunt au français postérieur à 1555, date à laquelle cette arme fut fabriquée et dont le nom dérive de la ville de Bayonne. Baionetesan {bailhonetesan, 1992), baionetesin {bailhonetesin, 1992), v., passer par la baïon­ nette, de baionetes + -an / -in. Bailh {baill, 1633 ; bailh, 1732), s. m., bac, écope, est un emprunt à l’ancien français baille, baquet, tonnelet, écope (1325), issu du latin populaire *bajula, porteur d’eau. Bailhad {balad, 1821 ; baillad, 1876), s. m., bac (de), de bailh + -ad. Bailhore {bailhore, 1992), s. m., boue (de pluie...), est un dérivé probable de bailh avec suffixation en -ore. Dispailhan {dispailhan, 1992), dispailhin {dispailhin, 1992), v., fondre, maigrir, de dis- + bailh + -ah /-in, est attesté par son part, passé dispaillet, amaigri, au début du XVIIIe siècle. Bailh {baill, déb. XVIe), adj. quai., qui a une tache blanche sur le front, est attesté plus anciennement par le nom de personne Bail en 1420. Il a pour corres­ pondants le comique bal, le gallois bal, le moyen irlandais ballet le gaélique d’Écosse bail', le gaulois pré­ sentait également ce mot sous la forme balio- élément de nom propre. Le breton présente donc la mouillure du -/-, vraisemblablement par analogie avec le mot pré­ cédent. Bailh {bailh, 1992), s. m., tache blanche sur le front ; écusson ; nigaud, connard ; ce dernier sens se re­ trouve également dans le gallois. Bailhenn {bailhen, 1919), s. £, bête qui a cette tache, de bail+ -enn. Bailhes {bailhez, 1931), s. £, de même sens, de bailh + -es. Bailhan {bailla, 1876), bailhin {bailhin, 1992), v., mar­ quer d’une tache blanche ; blesser au front, de bailh + -ah / -in. Bailherezh {bailherezh, 1992), s. m., connerie(s), de bailh + -erezh. Divailh {divailh, 1919), adj. quai., sans tache, de di- + bailh.

Bailhe {bailhe, 1732), s. m., baillée, est un emprunt à l’ancien français baillee, livraison, adjudication (1277) avec application au domaine congéable. Ce mot est issu du latin bajulare, porter sur le dos ou à bras.

Baiz {baiz, 1992), s. m., audace ; baizig {baizic, 1716), adj. quai., possessif, ombrageux ; voir beiz. 87

Bak {bak, 1919), s. m., bar mâle, d’origine incertaine, est usité en dialecte vannerais. Bakol {bacqolk 1732), s. m., ganache (voir sous bachol).

Bal {bak 1633), s. m., bal, est un emprunt à l’ancien français bak danse, réjouissance (XIIe), déverbal de baler, danser (1160), issu du latin tardif ballare, danser. Baler, s. m., danseur, de bal+ -er. Balafenn {balauenn, 1499), s. f., papillon ; flocon, se­ rait issu d’un croisement entre *pabellen issu du latin papiUonem et de falen du latin phalœna, selon V. Henry. Le produit *pafalen aurait alors subi l’adoucissement de sa consonne initiale puis la métathèse. Mais cette étymologie reste hasardeuse. Balafennan {balafenna, 1931), balafennin ( balafennin, 1931 ), v., papillonner, de balafenn + -an / -in.

Balans {balance, 1499), s. £, balance, est un emprunt à l’ancien français balance (1080), déverbal du verbe balancier (1165), issu du latin populaire *bilanciare. Balansal {balansak 1992), balansan {balanczaff, 1499), balansin {balanczi, 1732), v., (se) balancer, (s’) équilibrer, de balans + -al / -an / -in. Balanser {balanczer, 1732), s. m., peseur, de balans + -er. Balansinenn {balansinenn, 1992), s. f., balancier, de balans + -in + -enn. Balb {balb, 1992), adj. quai., altéré ; pantois, est un em­ prunt à l’ancien français balbe, bègue (1256), issu du latin balbus, qui parle difficilement, bègue. Ce mot est attesté en 1675 comme nom de personne Le Balp à Kergloff (29). Balber {balber, 1992), s. m., personne qui laisse pantois, de balb + -er. Balberczh {balbereh, 1919), s. m., altération, de balb + -erezh. Balbin {balbein, 1723), v., altérer, de balb + -in. Divalbin {divalbein, 1821), v., désaltérer, de di- + balb + -in.

Balboc’h {balboh, 1919), s. m., mouron, spergule, pro­ cède du français barbe par dissimilation avec suffixation en -oc h.

Balbous {balibous, 1723 ; mais attesté plus ancienne­ ment comme nom de personne Balbouz en 1603 à Combrit, 29), s. m. et adj. quai., babillard, suppose un ancien français *balbeos, dérivé de balbe, bègue. Balbousad {balbouzat, 1499), balbousan {balbouza, 1659), balbousin {balibouséin, 1723), v., babiller, pos­ tillonner, dégoiser, de balbous + -ad / -an / -in Balbousaj {balibousage, 1723), s. m., bobard, de balbous + -aj. Balbousennin {balbousennin, 1992), v., babiller, postillonner, dégoiser, de balbous + -enn + -in. Balbouser {balbouzer, 1499), s. m., babillard, de balbous 88

+ -er. Balbouserczh {balbouzerez, 1659), s. m., babillage, de balbous + -erezh. Divalbousad {dibalbouzat, 1659), divalbousin {divalibousein, 1732), v., (se) débarbouiller, de di-+ balbous + -ad / -in. Balbot {balbot, 1992), s. m., bavard, balbotal, baiboter et balboterezh, voir sous barbot. Ce sont des variantes par dissimilation r / L

Balbuenn {balbuenn, 1992), s. f., barbue, est un em­ prunt au français avec dissimilation r ! L Balc’h {baieh, 1716), adj. quai., altier, arrogant, est at­ testé comme nom de personne en 1590, Balch, à Pédernec (22) ; il a pour correspondants le gallois balch, fier, superbe, et l’irlandais baie, fort, puissant. Tous trois procèdent du celtique *balko-. Ce mot se retrouve com­ me élément de nom propre gaulois sous la graphie balco-. Balc’haad, v., rendre ou devenir altier, arrogant, de balch + -aad, est à rapprocher du gallois balchàu, devenir fier. Balc’hded {balchded, 1958), s. £, outre­ cuidance, de balch + -ded. Balc’hder {balchder, 1821), s. m., outrecuidance, est identique au gallois balchder, gloire, dignité, fierté. Balc’heg {balcheg, 1992), s. m., répugnance, de balch + -eg. Ambalc’h {ambah, déb. XVIIIe), adj. quai., réservé, timide, de am- + balch auquel correspond le gallois ammalch. Diambalc’h {diambalch, 1992), adj. quai., pas vraiment réservé, de di- + am- + balch.

Baie {baie, 1530), v., marcher, parcourir, se balader, est un emprunt à l’ancien français baler, danser. Baie {balé, 1821), s. m., marche, allure, expédition. Baleadenn {baleadenn, 1876), s. £, balade, excursion, de bale+ -adenn. Baleant {baleand, 1732), s. m. et adj. quai., errant, de baie + -ant. Baleantour {baleantour, 1992), s. m. et adj. quai., itinérant, vagabond, de baie + -ant+ -our. Baleer {baleër, 1732), baleour {baleour, 1732), s. m., marcheur, baladeur, de baie + -er / -our. Baleerezh {baleerezh, 1992), s. m., errance(s), vagabondage(s), de baie + -erezh. Dévalé {dévalé, 1992), v., (se) radiner, de de- + baie. Divale {divale, 1992 ; mais attesté sous son part, passé dibaleetcn 1557), v., venir en se promenant, de di- + baie. Hunvaleer {hunvaleer, 1931), hunvaleour {hunvaleour, 1992), s. m., somnambule, de hun + bale+ -er / -our.

Baleg {baleg, saillie, 1633), s. m., proéminence ; men­ ton, bogue, est un dérivé en -6^ d’un emprunt à l’ancien français baik enceinte, retranchement, comme l’atteste la variante balog {bailhocq, 1732). Le gallois bak pic, sommet, n’est attesté qu’en 1788, et ne peut donc servir de référence.

Balen {balen, 1499), s. £, baleine, est un emprunt à l’an­ cien français baleine (1080), issu du latin balœna. Ce mot présente les variantes balam {balam, 1992), balem {balem, xviir), balum {balum, 1992), avec dissimilation ni m. Baleneta {balumeta, 1931 ), v., chasser la baleine, de balen + -ed + -a. Balenetaer {balumetaer, 1931), s. m., baleinier, de balen + -ed+ -a + -er.

Balteg {balteg, 1919), s. m. et adj. quai., dadais, est la variante par contraction de balloteg, dérivé en -eg du mot ballot emprunté au français dans son sens argotique de “lourdaud” (voir ballodad). Baltenn {balten, 1919), s. £, niaise, suppose une forme ancienne *ballotenn. Baltas {baltas, 1919), s. m. et adj. quai., bêta, d’un an­ cien *ballotas.

Balet {baled, 1732), coll., volige ; auvent, est un em­ prunt à l’ancien français balet, auvent, petit toit de planches en saillie, dérivé en -et de bail, enceinte, retranchement (1160), issu du latin baculus, bâton.

Baltrin {baltrein, 1919), v., piler, fouler (la terre), est un emprunt au français battre avec adjonction d’un -/épenthétique. Divaltrin {divaltrin, 1992), v., devenir hagard, de di- + baltrin.

Bali {bali, “barbecane”, 1499), s. £, avenue, esplanade, serait un emprunt à l’ancien français balie, dérivé du ver­ be baler, danser.

Balir {balir, saillie, “larmie”, 1633), s. m., surplomb, est un dérivé de l’ancien français bail, enceinte, retran­ chement (voir sous balet). Baliran {balira, 1931), balirin {balirin, 1992), v., surplomber, faire saillie, de balir + -an / -in. Balisenn {balisen, 1633), s. £, balise, est un emprunt au moyen français dont le mot, attesté en 1475, pro­ cède du portugais baliza issu du bas latin palitium, dérivé de palus, pieu. Balisennin {balizenna, 1931), v., baliser, de balisenn + -an. Balistrow {balusd, balustrade, 1732), s. pl., balustre, est un emprunt au français lui-même d’origine italienne balaustro, issu du latin balaustium, fleur du grenadier sauvage. Ballin {ballin, 1499), s. £, bâche de gros drap ; gros fil d’étoupe, est un emprunt à l’ancien français ballin, pièce de toile grossière que l’on étend sur le sol quand on van­ ne le blé, dérivé de balle, mot issu du gaulois *balu-. Ballinan {ballinan, 1992), ballinin {ballinin, 1992), v., bâcher, de ballin + -an / -in. Balliner {badiner, 1992), s. m., drapier, de ballin + -er.

Ballodad {balod, 1732), s. m., ballot (de), est un em­ prunt au moyen français ballot ( 1406) avec suffixation en -ad Le français est un dérivé en -¿?rde l’ancien fran­ çais balle, paquet de marchandises (1268), issu du fran­ cique *balla. Balsam {balsam, 1732), s. m., baume, est un emprunt à l’ancien français balsamee, baume, issu du latin balsamum, de même sens. Le gallois balsam procède de l’anglais balsam. Balsamer {balzamer, 1931), s. m., em­ baumeur, de balsam + -er. Balsamin {balsami, 1732), v., embaumer, de balsam + -in. Balsamerezh {balzamerez, 1931), s. m., embaumement, de balsam + -erezh.

Bam {bam, 1499), s. m., enchantement, est un em­ prunt à l’ancien français balme, basme, baume. Le gal­ lois bâm, issu du moyen anglais bame, a conservé le sens initial du mot. Bamad {bamad, 1919), s. m., épate, de bam + -ad. Bamadur {bamadur, 1919), s. m., ravisse­ ment, de bam + -adur. Bamaj {bamaj, 1992), s. m., mi­ rage, de bam + -aj. Bamer {bammer, 1790), bamour {bâmour, 1723), s. m., enchanteur, mystificateur, de bam + -er I -our. Bamerezh {bamérech, 1821), s. m., mystification, de bam + -erezh. Bamin {bâmein, 1723), v., enchanter, ravir, (s’)extasier, mystifier, de bam + -in. Bamison {bamizon, 1723), s. £, extase, de bam + -ison. Bamus {bamus, 1958), adj. quai., mystifiant, de bam + -us. Divamin {divamein, 1821), v., désenchanter, démysti­ fier, de di- + bam + -an. Divamer {divamer, 1992), divamour {divamour, 1992), s. m., démystificateur, de di- + bam + -er / -our.

Bamboch {bamboch, 1992), s. m., bamboche, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1680, est issu du latin bamboccio, pantin. Bambochai {bambo­ chai, 1919), v., bambocher, de bamboch + -al, égale­ ment du français (1807), avec modification du suffixe verbal. Bambocher {bambochér, 1931), bambochour {bambochour, 1992), s. m., bambocheur, de bamboch + -er / -our, du français (1814). Bambocherezh {bambocherezh, 1992), s. m., (faire la) java, de bamboch + -erezh. Ban {ban, 1992), adj. quai., inerte, est identique au gal­ lois bân, blanc, gris, emprunté à l’irlandais bàn, blanc. Bannaad {bannaad, 1992), v., rendre ou devenir inerte, de ban + -aad. Banal {balazn, 1499), s. m., genêt, procède comme le comique banal (vieux comique banathel) et le gallois banadl (moyen gallois banadil) du brittonique *banatloauquel correspondait le gaulois banatlo-. Banaleg {balaznec, 1499), s. £, genêtaie, est attesté comme élément

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de nom de lieu dans Bannalec (29), anciennement Banadluc vers 1050 ; il a pour correspondants le comique banallek et le gallois banhadlog. Banalla (banalla, 1992), v., chercher du genêt, de banal + -a. Balaenn (balaen, 1633), s. £, balai, de banal + -enn avec métathèse. Horbalan (horbalan, 1732), s. m., pétoncle, de hord+ balan, de banal par métathèse. Horbalanna (horbalana, 1931), v., chercher des pétoncles, de hord+ balan + -a.

Banan(es) (bananez, 1931), coll., banane(s), est un em­ prunt au français dont le mot, attesté en 1602, procè­ de du portugais banana. Bananeseg (bananeseg, 1992), s. £, bananeraie, de bananes + -eg. Bananier (bananier, 1992), s. m., bananier (bateau), de banan + -ier, ou em­ prunté au français directement. Bandenn (bandenn, 1499), s. £, bande, est un emprunt à l’ancien français bande, lien, bandeau (déb. XIIe), issu du francique *binda que l’on rapprochera da l’allemand binden, lier, et de l’anglais (to) bind, de même sens. Bandenn (bandenn, déb. XVIe), s. £, troupe, groupe, est également issu de l’ancien français bande, troupe (1360) emprunté à l’italien banda, corps de troupes distingué par son fanion, lui-même du germanique *banda. Bandennad (*bandenat, d’après la forme adoucie vandenat, XVIIe), s. £, bande (de), de bandenn + -ad. Bandennan (bandenna, 1732), bandennin (bandennin, 1992), v., bander, de bandenn + -an /-in. Bandissenn (bandisen, 1919), s. £, bandage (à lange), de band- + -iss + -enn. Divandennan (divandenna, 1732), divandennin (diuandenni, 1659), v., débander, de di- + bandenn + -an / -in. Bandouilherenn (bandolyer, 1732), s. £, bandoulière, est un emprunt au moyen français dont le mot, attesté au début du XVIe siècle, est issu de l’espagnol bandolera, de banda, écharpe.

Baneü (banel, 1323), s. £, venelle, est un emprunt, avec fausse restitution de la consonne initiale, à l’ancien fran­ çais venelle, petite rue (1138), dérivé de veine issu du latin vena, vaisseau sanguin. Ce mot venelle a. aussi don­ né en dialecte vannerais goenelï (\7 25) pour désigner un “cul-de-sac”, ce qui se traduirait par *gwenell, voire *gwanell en breton moderne. Bangounell (bangounell, pompe, 1732), s. £, mangon­ neau, catapulte ; pompe en dialecte trégorois, est un em­ prunt, avec fausse restitution de la consonne initiale après lénition ar vangounell, à l’ancien français mangonele, mangonneau, dérivé de mangan, mot issu du latin populaire *manganum. Bangounellad (vangounellat, 1633), v., catapulter ; pomper, de bangonell+ -ad.

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Banissan (bannissaff, 1499), banissin (bannein, 1723), v., bannir, est un emprunt à l’ancien français banir, dérivé du francique *ban. Bank (banq, déb. XVIe), s. m., banc, huche ; banque, est un emprunt à l’ancien français banc (1080), qui désignait un banc fixé autour d’une salle et issu du ger­ manique *banki. Le comique banc et le gallois banc procèdent du moyen anglais banke. Bankad (bankad, 1931), s. m., banc (de), de bank + -ad. Banker (banquer, déb. XVIe), s. m., banquier, de bank + -er. Banketenn (banketenn, 1992), s. £, banquette, em­ prunté au français avec suffixation en -enn. Bankin (bankin, 1992), v., pêcher au banc, de bank + -in. Divankan (divanka, 1931), divankin, v., changer de banc, de di- + bank + -an / -in. Soulbank (soulbank, 1992), s. m., banc sous armoire ou sous lit clos, de soul+ bank. Gourwezvank (gourvez-vank, 1931), s. m., canapé, de gourwez+ bank. Banked (bancquet, 1633), s. m., banquet, est emprunté directement au français (déb. XIVe), lui-même de l’ita­ lien banchetto.

Bankis (bankis, 1992), s. m., banquise, emprunté au français (1773), traduit de l’allemand Eisbank. Bann (ban, 1398), adj. quai., montant, monté, et s. m., montant, colonne ; écheveau, rayon ; éminence, correspond au comique ban, hauteur ; haut, au gal­ lois ban, pic, hauteur, éminence ; haut, grand, à l’ir­ landais beann (moyen irlandais benn, sommet, pointe, corne), au gaélique bann. Le gaulois *banna, pointe, sommet, élément de plusieurs noms de lieux, est à l’origine de l’occitan banno et du provençal bana, corne. Tous postulent pour un celtique *bendno-. Bannad (bannad, 1958), s. m., colonne (de), rayon (de), de bann + -ad. Bannan (banna, 1732), bannin (bannein, 1723), v., lancer, projeter ; (se) déséquilibrer, de bann + -an / -in. Bannell (panneellou bann, 1744), s. £, abattant, de bann + -ell. Bannikad (bannikat, 1931), v., lancer en jonglant, de bann + -ig + ad. Bannikell (bannikell, 1992), s. £, spatule (à lancer), de bann + -ikell. Disvannan (disvannan, 1992), disvannin (disvannin, 1992), v., projeter, de dis- + bann + -an / -in.

Banngebr (banngebr, 1992), s. m., chevron élevé, de bann+ kebr. Bannwel(-nos), (bannuél-nüL, 1919), s. m., crépuscule, de bann + gweL Goubannwel (goubannùélnoz, 1919), s. m., crépuscule, de gou- + bann + gweL Kulvannin (kulvannin, 1992), v., chambouler, de kul + bann + -iiï. Luchvannan (luchvanna, 1931),

luc’hvannin {luc’hvannin, 1992), v., projeter (sur écran), de lue h + bann + -an / -in. Luc’hvanner {luc’h­ vanner, 1931), s. m., projectionniste, de luc’h + bann + -er. Luchvanneres {luchvanneres, 1992), s. f., pro­ jecteur, de luc’h + bann + -er + -es.

Banniel {banyer, 1499 ; baniel, 1659), s. m. ou £, bannière, drapeau, est un emprunt à l’ancien français bannière {YAV}, issu du germanique *band, étendard. Le comique banerex le gallois baner, s. £, drapeau, sont tous deux des emprunts au moyen anglais baner(e), banner.

Bann {bann, 1732), s. m., ban, proclamation, est un emprunt à l’ancien français ban, proclamation publique, criée (fin XIIe), issu du francique *ban. Bannin {bannein, 1723), v., éditer, proclamer, de bann + -in. Bannour {bannèr, 1732), proclamateur, de bann + -er.

Bant {bant, 1902), s. m., position de tir, est un emprunt à l’ancien français bande, lien (déb. XIIe), issu du fran­ cique *binda, lien. Bantan {bandaff, 1633 ; banta, 1659), bantin {bandein, 1744), v., bander, brandir, bra­ quer, de bant + -an / -in. Disvantan {disvanta, 1732), disvantin {dsivantin, 1992), v., décocher, de dis- + bant + -an / -in. Divant {divand, 1919), adj. quai., non bandé, en arrêt, de di+ bant. Divantan {diuanta, 1659), divantin {divandein, 1723), v., (se) débander, détendre, de di- + bant+ -an / -in.

Embann {embann, 1499), proclamation, publication, de em- + bann. Embann {embann, 1499), embannan {embannaff, 1499), embannin {embanni, 1732), v., proclamer, promulguer, publier, éditer, de em- + bann + -an!-in. Embannadenn {embannadenn, 1958), s. £, publication, de em- + bann + -adenn. Embannadur {embannadur, 1931), s. m., édition, de em- + bann + -adur. Embanner {embanner, 1499), embannour {embannour, 1919), s. m., crieur public ; éditeur, de em + bann+ -er. Embannerezh {embannerezh, 1958), s. m., édition (s), de em- + bann + -erezh. Embannidigezh {embannidigez, 1931), s. £, promulgation, de em- + bann + -idigezh. Adembann {adembann, 1931), v., rééditer, de ad- + em- + bann. Adembannadur {adembannadur, 1931), s. m., réédition, de ad- + em- + bann + -adur. Diembann {diembann, 1931), adj. quai., inédit, de di+ em- + bann. Kenembann {kenembann, 1992), s. m., coédition, de ken- + em- + bann. Kenembanner {kenembanner, 1992), s. m., coéditeur, de ken- + em+ bann + -er. Bannlew {banleau, 1732), s. m., banlieue, de bann + lew, calqué sur le français.

Bannac’h {bannach, XVIIIe), s. m., voir banne. Divannac’h {divannae’h, 1958), adj. quai., id.

Banne {bannhe, 1464 ; banne, 1659), s. m., goutte ; coup (à boire), rayon, correspond au comique banna (vieux comique banne} et à l’irlandais bainne, goutte, lait (vieil irlandais banne et moyen bannd)- Ces mots ont été tirés soit d’un celtique *ba-nya voire *bannya (pour *bat-nyd}, soit d’une racine *band-, goutte. Banneig, le plus souvent réduit à bannig {banic, 1723), s. m., petit coup, goutte, de bann(e) + -ig. Divanne {diuanne, 1499), adj. quai., sans une goutte (de pluie...), sobre, de di- + banne. Divannean {divannean, 1958), divannein {divannein, 1992), v., ces­ ser (en parlant de la pluie), de di- + banne + -an / -in.

Bannec’h {bannech, 1499 ; bannec’h, 1659), s. m., voir banne. Divannec h {divannéh, 1744), adj. quai., id.

Banw {ban, 1499 ; bano, 1633), s. £, truie mère, a pour correspondants le comique banow (vieux comique baneü} le gallois banw, jeune porc, l’irlandais banbh, cochon de lait, jeune porc (vieil irlandais banb}, et le gaé­ lique d’Ecosse banbh. Tous sont apparentés au gaulois banuos, jeune porc, et supposent un celtique *banwos.

Banwes {banues, 1519), s. m., banquet, correspond à l’irlandais bainfheiss, noce, et au gaélique d’Ecosse banais, noces. Ce mot se compose de ban-, femme en vieux breton, et de -wes que l’on rapprochera du vieux breton guest, fête, banquet, et du gallois gwest, repas. Ces mots supposent un celtique *bena-vestis, repas de la fem­ me. Banwesan {banvéza, 1821), banwesin {banùezein, 1919), v., banqueter, régaler, de banwes + -an / -in. Banweser {banvezer, 1931), banwezour {banwezour, 1992), s. m., banqueteur, de banwes + -er / -our.

Baoch {bauche, 1723), coll., contes facétieux, est issu de l’ancien français bauch, poutre, issu du francique *balk de même sens. Ce mot s’est conservé dans son dérivé débaucher, disperser (fin XIIe), détourner de ses devoirs (1469) et entraîner à l’inconduite (XVe). Le bre­ ton aurait repris ce sens en l’appliquant à la racine du mot. Baochal {baochal, 1992), v., faire le facétieux, de baoch + -al. Baocher {baocher, 1992), s. m., facétieux, de baoch + -er. Baod {baut, 1499), adj. quai., large, et adv., largement, certes, est un emprunt à l’ancien français balt, gai, plein d’ardeur (1080), puis hardi, hautain, vain, issu du ger­ manique bald, audacieux. Baodrez {baudre, 1732), s. m. ou coll., algue en lanière ; séneçon commun, est un emprunt à l’ancien français baudrier {V587), dérivé de baldre{\ 160) lequel est issu

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du germanique balt latinisé en balteus, bande, baudrier. Baodrezeg (baodrezeg, 1992), adj. quai, et s. f., (lieu) abondant en algues à lanière, de baodrez + -eg.

Baojer (bauge, arche, 1744 ; baujér, 1919), s. m., dalot, varaigne (de marais salant), est un emprunt possible par dérivation à l’ancien français bauche, tavaillon, esseau, issu du francique *balk, poutre.

Baom (bomm, 1632 ; baum, 1659), s. m., baume ; menthe, est un emprunt au moyen français baume issu de l’ancien balme, lequel procède du grec balsamon par le latin balsamum. Baomin (baumein, 1732), v., em­ baumer, de baom + -in. Ambaomin (embaumi, 1659), v., embaumer, de am+ baom + -in. Baos (baus, 1732), s. f., litière (de cour de ferme), est un emprunt à l’ancien français bose, bouse (1204), que l’on rattache au verbe *bovoser, de bœuf, bovos- donnant *boos par chute du -v- intervocalique. Baosiadenn (baosiadenn, 1992), s. f, litière (de cour de ferme), de baos+ -iadenn. Baosian (baosian, 1992), v., faire de la litière, de baos + -ian. Baot (baut, 1499), voûte ; tortue, est un emprunt à l’an­ cien français volt, voûte (1250), issu du bas latin volta. Baotan (bauta, 1732), baotin (veutein, 1723), v., bom­ ber, de baot+ -an/-iii, procède sans doute de l’ancien français volter, courber, voûter. Bapeur (bapeur, 1992), s. f, vapeur, ferry ; batteuse à vapeur, est un emprunt tardif au français vapeur avec fausse régression de la syllabe initiale, l’emprunt ayant gardé le même genre que le mot emprunté. Bapeuriad (bapeuriad, 1992), v., battre (à la vapeur), de bapeur + -iad. Bar (barr, 1557), s. m., accès, paroxysme, se retrouve comme radical des mots vieux bretons bara, baran, et correspond au gallois bâr, fureur, colère, au vieil irlan­ dais barett au gaulois bar(i)o-, colère, fureur, passion. Ces mots seraient issus de la racine du latin ferio. Barad (barat, 1723), s. m., accès (de), coup (de), de bar+ -ad Baradin (barradein, 1919), v., (se) perturber (en parlant du temps), de bar + -ad + - in. Baroweg (baraoueg, 1992), adj. quai., perturbé, de bar+ -ow + -eg. Barowin (baraouin, 1992), v., tomber en averses, de bar + -ow + -in. Skilvar (skilvar, 1992), s. m., léger grain, de skil- + bar. Trevari (treuari, délire, déb. XVIe), s. m., déraison, de tre+ bar + -i, est à rapprocher du gallois tryfar, rage folle. Trevarian ( *trevaria sous la forme adoucie drevaria, 1718), trevariin (trevariin, 1992), v., déraisonner,

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(s’)émotionner ; catastropher, de tre- + bar + -i + -an / -in.

Bara (bara, 1499), s. m., pain, a pour correspondants le comique bara, le gallois bara et l’irlandais bàirin (vieil irlandais bairgeri) ; tous supposent un celtique *baragque l’on rapprochera du latin farrago, dragée, mélan­ ge de divers grains pour le bétail. Baraa (baraa, 1821), v., chercher du pain, de bara + -a. Baraeg (baraek, 1958), adj. quai., qui donne du pain, de bara + -eg. Baraer (baraer, panetier, 1499), s. m., panetier, de bara + -er, est rendu à tort par “boulanger” dans les dic­ tionnaires du XVIIe siècle et suivants. Baraerczh (baraérez, 1821), s. £, boulangerie, de bara + -erezh. Barain (baraein, paner, 1919), v., panifier, de bara + -in. Arvara (arvara, 1732), s. m., reste de pain, de ar- + bara.

Barados (baradoes, déb. XVIe; barados, 1659), s. m., paradis ; reposoir, est une forme savante refaite sur le bas latin *paradesus, du latin paradisus, tout comme le gallois paradwys ; le comique paradys est un emprunt à l’anglais.

Barakenn (barakenn, 1992), s. f., baraque, est un em­ prunt au français dont le mot, attesté vers la fin du XVe siècle, procède de l’italien baracca, lui-même issu de l’espagnol barraca, hutte en torchis. Barat (barat, fraude, 1499), s. m., baraterie ; dol, est un emprunt à l’ancien français barat, ruse, tromperie, four­ berie ; confusion, tapage (1160), déverbal de barater, tromper, mot méditerranéen donné d’origine obscure. Ce mot est cependant à rapprocher du comique bras, tricherie, trahison, perfidie, embûche, du gallois brad, fraude, tromperie, tricherie, du moyen irlandais brath (vieil irlandais mratlj) et du gaélique d’Écosse brath. Baratan (barataff, 1499), v., faire de la baraterie, de barat + -an, équivaut au gallois bratàu et à l’irlandais brath, trahir, tromper, mais procède de l’ancien français barater, frauder, tromper (XIIe). Barater (barater, 1499), s. m., faiseur de baraterie, est issu de l’ancien français barateor, fripon, trompeur (fin XIIe).

Barazh (baraz, “barate”, 1499), s. f, baquet, est un em­ prunt au bas latin ^baratta, issu du Scandinave barâtta, combat, tumulte. Barazhad (barazad, 1931), s. £, baquet (de), de barazh + -ad Barazher (barazer, 1821), s. m., tonnelier, de barazh + -er, est attesté comme nom de per­ sonne depuis 1449 sous la variante léonaise Barazeur. Barb (barb, 1992), coll., barbes, aiguilles (de pin...), est un emprunt au français dont le mot, attesté au XIe siècle, procède du latin barbe. Barbed (barbet, 1633), s. m., barbet, emprunté à l’ancien français barbet, barbu

(1080). Barber {barber, 1499), s. m., barbier, de barb + -er, a pour correspondant le gallois barbwr issu du moyen anglais barbour. Barbistell {barbistell, 1992), barbustell {barbustel, 1919), s. £, barbiche, procède du français avec évolution du groupe -ch- à -st- et adjonc­ tion du suffixe diminutif -elL

Barazoes {barazoes, 1499), s. m., paradis, attesté plus anciennement dans le nom de lieu Barazoes (1464) en Langui an (56), procède directement du bas latin *paradesus.

Barbar {barbar, 1732), s. m. et adj. quai., barbare, et adv., follement, est un emprunt à l’ancien français bar­ bare (1308), issu du latin barbarus. Barbot {barbot, 1992), s. m., bavard, est un emprunt au déverbal du verbe ancien français barboter, grom­ meler, marmotter (fin XIIe), dérivé de barbe (XIe). Barbotai {barbotai, 1992), barbotin {barbotein, 1919), v., bavarder, de barbot + -al / -in. Barboter {borboter pour barboter, 1633), barbotour {barbotour, 1992), s. m., bavard, de barbot + -er / -our, procède du fran­ çais barboteur, celui qui marmotte, qui parle entre ses dents ; calomniateur. Barboterezh {barbotereh, 1919), s. m., bavardage(s), de barbot + -erezh. Barbouilh {barbouilh, 1992), s. m. et adj. quai., jaseur, est un emprunt récent au français barbouille (1904). Barbouilhad {barbouilhad 1992), v., jaser, de barbouilh + -ad

Barbow {barbou, 1557 ; barbaou, 1659), s. m., croquemitaine, a été emprunté à l’ancien français barbeu, loup-garou (1204) d’origine obscure.

Bardach {bardach, 1992), s. m., bardage, est un em­ prunt au français dont le mot est un dérivé de barde (fin XIIIe), issu de l’arabe barda a, bât d’âne.

Bardell {bardell, 1732), s. £, bardeau, rebord ; batar­ deau, réservoir, est un emprunt à l’ancien français bardellequel donne bardeau, batardeau, dès 1358. C’est comme le précédent un dérivé de barde. Bardellachow {bardellaj, batardeaux, 1919), s. pl., boniments, de bar­ dell + -ach+ -ow. Bardellad {bardellad 1992), s. £, bar­ deau (de) ; batardeau (de), de bardell + -ad. Bardellan ( bardella, 1821), bardellad ( bardellat, 1919), v., barder ; bonimenter, de bardell + -an / -ad. Divardellan {divardellan, 1958), divardellad {divardellad, 1992), v., enlever le batardeau, le rebord, de di+ bardell + -an / -ad.

Baretenn {barrette, 1751), s. £, barrette, est un emprunt au français avec adjonction du suffixe -enn. C’est un diminutif de barre, mot attesté à la fin du XIIe siècle et

issu du latin populaire *barra, emprunté lui-même au gaulois *barro-, extrémité, sommet.

Bargainad ( *bargaignat, d’après la forme adoucie vargaignat, 1709), v., barguigner, est un emprunt à l’an­ cien français bargaignier, marchander, issu du francique *borganjan croisé avec *waidanjan, gagner. Le comique bargenya et le gallois bargeinio sont des emprunts à l’an­ glais bargain. Barged {barguet, 1499), s. m., buse, procède du vieux breton barcot, sorcier ; c’est un composé de bar-, mot apparenté au vieil irlandais bergg-, butin, pillard, et au gallois bery, oiseau de proie, et de -ged issu de -cot qui se montre dans le gallois cudyll, faucon et apparenté à l’anglais kite, milan. À ce mot correspondent le comique bargos, busard, et le gallois barcut, milan. Bargedenn {barguedenn, 1732), s. £, nuage sur le soleil, de bargued + -enn. Bargedin {bargédi, 1821), v., planer, de barged + -in. Bargeder {bargéder, 1821), s. m., badaud, musard, de barged + -er.

Barilh {barill, 1499, barilh, 1732), s. £, baril, est un em­ prunt, avec mouillure de la finale, à l’ancien français baril (fin IXe), issu du latin populaire *barriculum d’ori­ gine obscure. Le gallois baril procède de l’anglais barreL Barilhig {barilhig, 1931), s. £, barillet, de barilh + -ig. Barilhad {barilhad 1732), s. £, baril (de), de barilh + -ad Barilher {barilher, 1992), s. m., fabricant de barils, de barilh + -er, est un emprunt à l’ancien fran­ çais bariUier, tonnelier ; lui correspond le gallois barilwr.

Baristellaj {baristellaj, 1992), s. m., fatras (d’objets), est apparenté à l’ancien français bareteles, objets de luxe qui trompent, qui séduisent. Bark {barc, “nef des marchans”, 1499), s. m., barque, procède de l’ancien français barque (fin XIIIe), avec chan­ gement de genre. Ce mot provient du provençal barca, lui-même du latin impérial barca (IVe). Barkad {barkad 1992), s. m., barque (de), de bark + -ad. Barkig {barquic, 1633), s. m., barquette, de bark+ -ig. Ambarkamant {ambarkamant, 1992), s. m. embar­ quement, emprunté à l’ancien français. Diambark {diambark, 1992), adj. quai., débarqué, de di- + am- + bark. Diambarkamant {diambarqamand, 1732), v., dé­ barquement, de di- + am- + bark+ -amant. Diambarkin {diambarqui, 1659), v., débarquer, de di- + am- + bark + -in. Disambark {disambark, 1992), adj. quai., débarqué, de dis- + am- + bark. Disambarkamant {disambarkamant, 1992), s. m., débarquement, de dis+ am- + bark + -amant. Disambarkin {disambarkin, 1992), v., débarquer, de dis- + am- + bark + -in. 93

Barlenn {varlen, 1499), s. £ verveine, est un emprunt au français avec fausse régression par restitution assez tardive de la consonne supposée initiale, vu que le mot a gardé le même genre. Il est possible que l’altération par dissimilation v //soit due à l’attraction de son ho­ monyme barlenn (voir sous barr et lenn). Le gaélique d’Ecosse présente aussi cette régression dans bearbhain. Le français procède du latin verbena. Bam {bam, 1499), s. £, jugement ; magistrature, a pour correspondants le gallois bam et l’irlandais bam, juge ; tous sont issus du celtique *bam-, racine que l’on trou­ ve également dans le mot gaulois bamaumon, juge. Bam {bam, 1499), bamin {bamein, 1723), de bam + -in, que l’on rapprochera du gallois barnaf, barnu de même sens. Bamadenn {barnadenn, 1931), s. £, juge­ ment, critique, de bam + -adenn. Bamadurezh {barnadurezh, 1992), s. £, jurisprudence, de bam + -adurezh. Bamedigezh (bamediguez, 1623), s. £, jugement, verdict, de bam + -edigezh, auquel correspond le gal­ lois bamedigaeth. Bamer {bamer, 1499), bamour {barnour, 1732), s. m., juge, de bam + -er/-our, ce dernier ayant pour équivalent le gallois bamwr. Bamerezh {barnerez, 1931), s. m., jugement, de bam + -erezh. Advarner {advamer, 1931), advarnour {advarnour, 1931), s. m., assesseur (de juge), de ad- + bam -er / -our. Desvam {dezvam, 1958), s. £, analyse, et v., ana­ lyser, de des- + bam. Disvam {disvam, 1931), v., dé­ juger, de dis- + bam. Divam {divam, 1860), adj. quai., sans jugement, de di- + bam. Divar {divam, 1992), divamin {divamin, 1992), v., déjuger, de di- + bam + -in. Ragvam {ragyam, 1931), s. £, préjugé, de rag+ bam, emprunté au gallois rhagfam de même sens. Treusvam {treuzvam, 1931), s. £, préjugé, et v., pré­ juger, de treus- + bam.

Baron {baron, 1499), s. m., baron ; bouvreuil, est un em­ prunt à l’ancien français baron (Xe), issu du francique ★barone. Le gallois barwn procède du moyen anglais barun. Baroniezh {baroniez, 1499), s. £, baronnie, de baron + -iezh, a pour correspondant le gallois barwniaeth.

Barod {barrot, 1723), s. m., barrot ; caque, est un em­ prunt au moyen français dont le mot est attesté en 1323 avec le sens de “petit baril”. Barodad {barrodad, 1732), s. m., barrot (de) ; caque (de), de barod + -ad Barodenn {barodenn, 1992), s. £, de même sens, de barod + -enn.

Barouilh {baroüil, 1723), barouilhig {barouilhig, 1992), barouilhad {baroüilhad, 1732), voir barilh. Barr {barr, sommet, 1499), s. m., sommet, surface, et adj. quai, comble, procède du vieux breton barr, som­ met ; il a pour correspondants le comique bar, sommet, 94

le gallois bar, sommet (moyen gallois barr) et l’irlandais barr, sommet (vieil irlandais barr, pointe, bout, cime). Tous, ainsi que le gaulois barros, tête, hauteur, que l’on retrouve comme élément des noms propres Cunobarrus et Vendubarri, procèdent du celtique *barsos. Barran {barra, 1659), barrin {barrein, 1744), v., combler, de barr + -an / -in. Barreg {barrek, 1931), adj. quai., comble, capable, apte, compétent, paré, de barr + -eg. Barregezh {barregezh, 1958), s. £, capacité, aptitude, compétence, de barr + -egezh. Barrekaad {barrekaat, 1958), v., (se) perfectionner, de barr+ -eg+ -aad Barrer {barrer, 1958), barrour {barrour, 1992), s. m., batteur au fléau, de barr + -er / -our. Disvarr, s. m., remous ; pente très douce, de dis- + barr. Divarran {divarran, 1958), divarrin {divarrin, 1992), v., racler le bord, de di- + barr + -an / -in. Divarreg {divarrek, 1923), adj. quai., incompétent, incapable, de di- + barr + -eg. Divarregezh {divarregez, 1931), s. £, incapacité, incompétence, de di- + barr + -egezh. Divarrekaad {divarrekaat, 1958), v., rendre ou devenir incompétent, de di- + barr + -eg + -aad. Barlenn {barlen, 1499), s. £, giron, tablier ; margelle, de barr + lenn, a pour correspondant le comique bar­ len, giron. Barlennad {barlennad, 1732), s. £, giron (de), de barr + lenn + -ad. Barlennan {barlenna, 1931), v., barlennin {barlennein, 1919), v., sont attestés plus anciennement par leur part, passé barlennet, 1912), v., rapiécer aux genoux, rapiécer le devant ; tenir sur ses genoux, de barr + lenn + -an / -in. Ils ont pour correspondant le comique barlenna. Barlennata {barlennata, 1958), v., tenir sur ses genoux, de barr+ lenn + -ad + -a.

Barr {barr, 1499), s. m., branche ; essaim, procède du vieux breton barr, branche, et a pour correspondant le gallois bar (vieux et moyen gallois barr). Il se pourrait que ce mot ait la même origine que le précédent. Barrad {barrad, 1992), s. m., branche (de), essaim (de), de barr + -ad Barradur {barradur, 1931), s. m., ramure, de barr + -adur. Barran {barra, 1732), v., se poser (sur une branche en parlant d’un essaim), de barr+ -an. Barreg {barrée, 1732), adj. quai., branchu, de barr+ -eg. Barrig {barric, 1723), s. m., grappillon, de barr+ -ig. Divarr {divar, 1919), s. m., ébranchage, de di- + barr. Divarrachow {divarrachoù, 1992), s. pl., émondes, de di-+ barr+ -ach + -ow. Divarradur {divaradur, 1919), s. m., ébranchement, de di- + barr + -adur. Divarran {diuarraff, 1499), divarrin {divarrein, 1723), v., ébrancher, émonder ; (s’)essaimer, de di- + barr + -an / -in. Divarrer {divarrer, 1931), divarrour {divarrour, 1732), s. m., émondeur, élagueur, de di- + barr + -er / -our.

Divarrerezh {divarrerezh, 1992), s. m., émondage, de di-+ barr + -erezh. Divarransan {divarransan, 1992), v., émonder, de di- + barr+ -ans + -an. Iselvarr {isél-varre, 1723), s. m., gui, de isel+ barr, pro­ cède du vieux breton hisael barr. Uhelvarr {ehuël var, déb. XVIIIe; uhel-varr, 1732), s. m., gui, de uhel+ barr, correspond au comique ughelvarex au gallois uchelfar.

Barrenn {barrenn, 1499), s. f., barre, est un emprunt à l’ancien français bare (fin XIIe), issu du bas latin *barra d’origine gauloise, de barros, extrémité, sommet. Barrennan {barrenna, 1821), barrennin {barrennein, 1919), v., fermer, barricader, de barrenn + -an. Divarrennan {diuarrenna, 1659), divarrennin {divarrénein, 1723), v., débarrer, ôter la barre, de di- + bar­ renn + -an / -in. Barrik {barrique, 1723), s. £, barrique, est un emprunt au moyen français dont le mot, attesté vers le milieu du XVe siècle, est issu du gascon barrico d’origine latine, *barriculus. Barrikenn {barriquenn, 1633), s. £, bar­ rique, de barrik + -enn. Barrikad {barrikad, 1919), s. f, barrique (de), de barrik + -ad Barrikennad {barrikennad, 1902), s. £, barrique (de), de barrik + -enn + -ad.

Bars {barz, 1744), s. m., bar (poisson), est un emprunt au français dialectal bars issu du moyen néerlandais baerse, barse.

Baruellad {baruellad, 1992), v., vaciller, voir bad. Barv {barff, 1499 ; baru, 1633), s. m., barbe ; lichen, est un emprunt par le vieux breton barb au latin barba. À ce mot correspondent le comique barfet le gallois ¿¿^Barvenn {baruen, 1633), s. £, tranchant, de barv + -enn. Barveg {barfuec, 1499 ; baruec, 1633), adj. quai, et s. m., barbu, de barv + -eg, est à rapprocher du cornique barvekei du gallois barfog. Barvennin {barùennein, 1919), v., se couvrir de poils, de barv + -enn + -in. Barver {barver, 1732), barvour {barvour, 1992), s. m., barbier, de barv + -er / -our, dont les correspondants sont, en comique, barver et, en gallois, barfivr. Barvouskenn {barvouskenn, 1876), s. £, perruque, de barv + -ousk + -enn. Divarv {divarv, 1732), adj. quai., imberbe, de di- + barv, équivalant au gallois difarf. Divarvan {divarva, 1732), divarvin {divarüein, 1723), v., ébarber, de di- + barv + -an / -in. Barz {barz, 1499), s. m., barde, poète, est attesté com­ me nom propre depuis 1384. Le -zh- final que l’on relève dans les graphies surunifiée et interdialectale n’est pas éty­ mologique comme le montrent le gallois bardd (moyen gallois bardau XIIe), l’irlandais bard, le brittonique bardos

et le gaulois bardo-, élément du nom Bardomagus. L’ajout du -h vient du fait que le -z est aspiré en vannerais. Le cornique, qui note toujours le son dur en finale, écrit barth mais fait ses dérivés en bardh- Barzes {barzez, 1876), s. £, poétesse, de barz+ -es. Barzig {barzig, 1931), s. m., mé­ nestrel, de barz+ -ig. Barzaj {barzhaj, 1992), s. m., poé­ sie, de barz+ -aj. Barzas {barzas, 1839), s. m., recueil poétique, de barz + -as, équivalant au gallois barddas. Barzeg {barzek, 1931), adj. quai., bardique, poétique, de barz + -eg, auquel correspond le comique bardhek, bardique. Barzegezh {barzegez, 1931), s. £, poétique, de barz+ -egezh. Barzel {barzel, 1931), adj. quai., bardique, poétique, de barz+ -el, équivalant au gallois barddolàe même sens. Barzelezh {barzelez, 1931), s. £, poétique, de barz+ -elezh. Barzoneg {barddoneg, 1732), s. £, poè­ me, de barz + -on + -eg, que l’on rapprochera du gal­ lois barddoneg, poésie, art poétique, poème. Barzonian {barzonia, 1944), v., faire de la poésie, de barz + -oni + -an calqué sur le gallois barddoni, poésie. Barzoniezh ( *barzoniezsQ\ss la forme adoucie varwniez, 1912), s. £, poésie, de barz + - oniezh auquel correspondent le cornique bardhonyeth et le gallois barddoniaeth de même sens. Divarzonian {divarzonia, 1931), divarzoniin (divarzhoniin, 1992), v., dépoétiser, de di-+ barz+ oni + -an / -in.

Bas {bas, 1557), adj. quai., peu profond, superficiel, et s. m., basse, est un emprunt tardif au latin ¿¿шшгоиг comme le sont le comique basez le gallois bas de même sens. Basad, s. m., terre superficielle, de bas + -ad. Basadell {bazadel, 1919), s. £, baissière, de bas+ -ad+ -elL Basadur {bazadur-, 1919), s. m., brisant (de basse), de bas + -adur. Basenn {bazenn, 1958), s. £, base (de pêche), haut-fond, de bas + -enn. Basin, v., sonder la profondeur, de bas + -in. Basano {basano, 1992), v., rabibocher, usité en haut cornouaillais, est un emprunt au moyen français basaner, donner la couleur bistre (XVIe), issu de l’ancien bazenne, peau de mouton (1160). Celui-ci procède de l’arabe bitana, doublure, par l’espagnol badanaet le pro­ vençal bazana.

Bask {bask, 1992), adj. quai., basque, emprunté au moyen français basque. Baskeg {baskeg, 1992), adj. quai., (langue) basque, de bask+ -eg. Baskig {basquicq, 1633), s. m., scrofulaire, procéderait du latin verbascum, bouillon-blanc, avec aphérèse de la syllabe initiale ou serait construit sur le modèle du fran­ çais bassinet, l’élément bass- évoluant à bask- et le suf­ fixe -rt remplacé par son équivalent breton -ig.

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Baskinenn (baskinenn, 1992), s. £, basquine, est une bretonnisation du français attesté en 1534 sous la for­ me vasquineempruntée à l’espagnol basquina, jupe bas­ quaise. Baskulenn (baskulenn, 1992), s. £, bascule, emprunté au français moderne, le moyen ayant le mot bassecule (1549) refait sur bas issu de bacule (1466), composé de battre et cuL

Basow (basoù, 1992), s. pl., bas, collants, est un em­ prunt au français bas (v. 1500), par ellipse de bas-dechausses.

Bass (bacc, 1499), s. m., bât, emprunté à l’ancien fran­ çais ¿¿zrt(1268), issu du latin populaire *bastum. Bassan (bacza, 1732), bassin (bassin, 1992), v., bâter, de bass + -an / -in. Divassan (divacza, 1732), divassin (divassein, 1744), v., débâter, de di- + bass + -an / -in.

Bass (bacc, 1499), s. m., pâte à crêpes, est un emprunt à l’ancien français basse, vase en bois dans lequel on préparait vraisemblablement la pâte. Bassan (basa, 1821), bassin (bassin, 1992), basso (basso, 1992), v., battre (du lait, des œufs, la pâte), de bass + -an / -in / -o. Basser (bosser, 1992), s. m., batteur, de bass+ -er. Basseres (baserez, 1958), s. £, couteau à rogue, de bass + -eres. Bassed (bassette, 1723), s. m., siège, établi, est un em­ prunt à l’ancien français basset, tablette ou pierre d’un lavoir, diminutif de bas. Bassin (bacin, 1499), s. £, bassin, bassine ; sas d’écluse, est un emprunt à l’ancien français bassin (1175), issu du la­ tin populaire *baccinum. Bassinad (baczinad, 1732), s. £, bassine (de), de bassin + -ad Bassinan (¿¿««¿^“heaulmer”, déb. XVIe), bassinin (bassinin, 1992), v., casquer (d’un bassinet), de bassin + -ah I -in. Bassined (bacinet, heaume, 1499), s. m., bassinet, procède directement de l’ancien français bassinet (1190), diminutif de bassin. Bassiner (bassiner, 1992), s. m., rétameur, de bassin + -er.

Bast (bast, 1992), adj. quai., suffisant, correspond au déverbal de l’ancien français baster, suffire, être suffisant, issu de l’italien bastare. Bastant (bastant, 1732), adj. quai., suffisant, procède du participe présent de ce ver­ be. Bastan (basta, 1732), bastin (bastein, 1732), v., suf­ fire, pourvoir, de bast + -ah / -in. Bastans (bastancz, 1732), s. £, suffisance, de bast+ -ans. Bastard (bastart, 1499), s. m., bâtard, connu comme nom propre depuis 1069, est un emprunt à l’ancien français dont le mot n’est attesté qu’en 1190. C’est un dérivé à valeur péjorative de bast, bât (1268). Bastardes

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(bastardes, 1499), s. £, bâtarde, de bastard + -es. Bastardin (bastardiff, 1633), v., (s’)abâtardir, de bastard + -in. Bastardiaj (bastardyaich, 1732), s. m., bâtardise, de bastard + -iaj. Bastardiezh (bastardiez, 1821), s. £, bâtardise, de bastard + -iezh.

Bastilh (bastill, 1552, dans le nom de lieu Bastille en Santec, 29), s. £, bastille, est un emprunt à l’ancien fran­ çais bastille, 1327, issu du provençal bastidaavec chan­ gement de suffixe.

Bastoc’hin (bastochin, 1992), v., saloper, usité au cap Sizun, est une variante de boustoc’hin (voir stoc’h). Batailh (bataill, 1530), s. £, bataille ; alarme (de cloche), est un emprunt à l’ancien français (1160), dérivé du verbe bataillier(\ 160), lequel est issu du latin populaire *battere, battre. Batailhon (batailloun, 1847), s. m., bataillon, procède directement du français. Batailhan (bataillaff, déb. XVIe), batailhin (battailliff, 1633), v., batailler, de batailh + -ah / -in.

Bateliad, s. m., jantille d’aube, est un dérivé en -iad&z l’ancien français batel, partie d’un vaisseau (1140), mot dérivé de l’ancien anglais bât, bateau. Batelier (batelier, 1499), batellour (batellour, 1464), s. m., bateleur, est un emprunt à l’ancien français dont le mot est dérivé de baastel, tour d’escamoteur (xme).

Batimant (batymant, bâtiment, édifice, 1633), s. £, na­ vire, est un emprunt à l’ancien français dont le mot était, en 1160, bastiment, construction, dérivé de bastir (déb. XIIe), lui-même emprunté au francique *bastjan formé sur bast, écorce. Le sens de “navire” n’est attesté, en breton, qu’en 1732 et donné par Grégoire de Rostrenen, batymand, bâtiment, navire. Batimantad, s. £, cargaison, de batimant + -ad. Batiss (bâtis, 1958), s. m., bâtisse, est un emprunt au moyen français dont le mot est attesté en 1636. Batissan (batissa, 1633), batissin (batissein, 1744), batisso (batisso, 1992), v., bâtir, emprunté au français mais for­ mé sur le radical du verbe conjugué ou de batiss + -ah / -in / -o.

Batorellin (batorellin, 1958), v., étourdir, sonner (quelqu’un), est apparenté à l’ancien français bateler, battre, sonner, duquel il procède par métathèse avec adjonction de la désinence verbale -in. Divatorellin (divatorellin, 1958), v., reprendre ses sens, de di- + batorellin.

Batouilhad (bafouilla, 1716), v., bafouiller, procède vrai­ semblablement du français patouiller avec adoucisse­ ment de la consonne initiale.

Batrouss (batrouz, 1958), s. m., patouille, procède du verbe français battre avec suffixation en -ouss (du fran­ çais -ousse). Batroussan (batrouzan, 1958), batroussin (batroussin, 1992), v., patouiller, de batrouss + -an! -in. Divatroussan (divatroussan, 1992), divatroussin (divatroussin, 1992), v., débarbouiller, de di- + -bastrouss + -an / in.

Batuler (batulér, 1897), s. m., battoir, est un dérivé de l’an­ cien français batel, battant d’une cloche, et est apparenté à bateleur, sonneur de cloches. Batuleriad (batuleriad 1992), v., battre (au battoir), de batuler + -iad Bavetenn (bavetenn, 1992), s. £, bavette, est un em­ prunt français dont le mot, attesté au XIIIe siècle, est un dérivé de bave (avant 1450) issu du latin populaire baba d’origine onomatopéique.

Bavitell (baùitel, 1931), s. £, bave, est un emprunt au français avec suffixation en -itell. Baw (bau, 1557), adj. quai., gourd, et s. m., engour­ dissement, est different du gallois baw, sale, crasseux, infect ; mesquin ; avare, chiche, et reste d’origine in­ certaine. Bawadur (baùadur, 1919), s. m., engourdis­ sement, de baw+ -adur. Bawan (bava, 1732), bawin (baouein, 1744), bawo (bawo, 1992), v., engourdir, de baw + -an / -in /-o. Baweg (baùek, timide, maladroit, 1919), adj. quai., engourdi, de baw + -eg. Bawentez (bauanté, timidité, déb. XVIIIe), s. £, engourdissement, de baw + -entez. Bawidig (bavédikou bavidik, 1821), adj. quai., gourd, de baw + -idig. Bawoni (baùoni, 1919), s. £, couardise, de baw + -oni. Divaw, adj. quai., non engourdi, de di- + baw. Divawan (divava, 1732), divawin (divavi, 1659), v., (se) dé­ gourdir, de di- + baw + -an / -in. Divawadur (divaùadur, 1919), s. m., dégourdissement, de di- + baw + -adur. Bawdoemm (bau duem, 1919), adj. quai., tiédasse, de baw + toemm.

Bawer (bawer, 1992), s. m., substance gluante (du varech), mot en usage à Ouessant (29), est apparenté au gallois baw, saleté, crasse, gadoue, ordure ; crotte, bouse, excrément, ainsi qu’au gaulois baua, boue, duquel procède le français boue. Bazailh (bazailh, 1931), s. m., bâillement, est apparenté à l’ancien français baail de même sens, déverbal de baaillier issu du bas latin *bataculare, lui-même de *batare, ouvrir la bouche. Le mot est un possible em­ prunt à une variante dialectale *badail de baail dès le moyen breton précoce, d’où la variante badailh. Bazailhad (bazaillat, 1499), v., bâiller, de bazailh + -ad

Bazailhadenn (bazailhadenn, 1931), s. £, bâillement, de bazailh + -adenn. Bazailherezh (bazailherez, 1931), s. m., bâillement(s), de bazailh + -erezh.

Bazh (baz, 1499), s. £, bâton ; barreau, procède du vieux breton bath, bâton, gourdin, et correspond au cornique bath (vieux comique bai), pièce de monnaie, au gallois bath, pièce de monnaie ; forme, espèce, genre, impression, et au gaulois latinisé bata duquel est issu le français batte. Le mot est un emprunt à un bas latin *batto issu du celtique *batta par le gaulois. En breton, il a conservé le sens initial d’objet qui sert à battre alors qu’en comique et en gallois, il a pris le sens de “produit obtenu par la frappe”. Bazhad (bazat, 1659), s. £, coup de bâton ; critique, de bazh + -ad Bazhadenn (bazaden, 1716), s. £, bastonnade, de bazh+ -adenn. Bazhan (bazaff, 1499), bazhin (bazhin, 1992), v., garnir de bar­ reaux ; taller, de bazh + -an!-in, a pour correspondants le comique bathy et le gallois bathu, battre monnaie. Bazhata (bazata, 1659), v., rosser, bastonner, de bazh + -ad+ -a. Bazhataer (bazataer, 1821), s. m., donneur de coups de bâton, de bazh + -ad + -a + -er. Bazhataerezh (bazhataerezh, 1958), s. m., fait de ros­ ser, de bazh + -ad+ -a + -erezh. Bazhoul (bazoul, déb. XVIe), s. m., battant (de cloche), de bazh + -oui, suffixe diminutif. Bazhoulenn (bazoulen, 1659), s. £, pousse (d’oseille), de bazh + -oui + -enn. Bazhoulan (bazhoulan, 1992), bazhoulin (bazouli, 1931), v., for­ mer des pousses d’oseille, de bazh + -oui + -an / -in. Bazhoulla (bazoula, 1931), v., chercher des pousses d’oseille, de bazh + -oul+ -a. Bazhourell (bazhourell, 1992), s. £, fourche à foin, de bazh + -our + -ell. Divazhian (divazhian, 1992), divazhin (divazhin, 1992), v., éplucher (en parlant d’un arbre), émonder, de di- + bazh + -ian / -in. Divazhoulenn (divazoulenn, 1911), adj. quai., (cloche) sans battant, de di- + bazh + -oul+ -enn. Etrebazhin (attesté en 1499 par son part, passé entrebazet), n., interposer, de etre- + bazh + -in. Bazhkanvian (bazhkanvian, 1992), v., mettre sur un tré­ teau funèbre, de bazh + kanv + -ian. Bazhvalan (baz valan, 1633), s. m., marieur, entremetteur, de bazh + balan de banal par métathèse. Bazhyewan (bazyeoa, 1931), bazhyewin (bazhyewin, 1992), v., subjuguer, soumettre, attesté par son part, passé bazieoeten 1913, de bazh + yew + -an / -in. Divazhyewan (divayyeoa, d’après la forme adoucie zivayyeoa, 1944), divazhyewin (divazhyewin, 1992), v., (se) débarrasser du joug, de di+ bazh + yew + -an / -in. Gwoivazh (golfaz, 1499), s. £, battoir, de gwolch + bazh. Krennvazh (crénn-vaz, 1732), s. £, bâton court, de krenn + bazh.

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Bazre (bazre, 1732 ; baré, 1821), coll., séneçon, pro­ cède d’un ancien *mazre\ai substitution de la consonne initiale comme l’attestent le comique modere, séneçon, et l’irlandais madra, garance. Ces mots ont même ori­ gine que l’ancien français masdre, madre, veiné. Be (be, 1821), s. m., bêlement, est un mot d’origine onomatopéique. Bead (beiat, 1659), beiañ (béia, 1821), v., bêler, de be + -ad / -iañ. Beerezh (béiérez, 1821), s. m., bêlement(s), de be+ -erezh. Beaj (veag, 1499 ; beaeh, 1623), s. f., voyage, est un em­ prunt à l’ancien français voiage, chemin, voie, passage (1080), issu du latin viaticum, voyage. Féminin en bre­ ton, le mot s’est vu restituer à tort une consonne initiale. Beajad (vaygeat, 1723), s. f., voyage, de beaj + -ad Beajadur (beajadur, 1911), s. m., viatique, de beaj + -adur. Beajer (beajer, 1931), beajour, s. m., voyageur, de beaj + -er/-our. Beajiñ (veagi, 1659), v., voyager, de beaj + -iñ. Adveaj (adveaj, 1992), s. f., itération, de ad- + beaj. Kenveajer (kenbeacher, 1889), kenveajour (kenveajour, 1934), s. m., compagnon de voyage, de ken- + beaj + -er / -our.

Bechad (bechad, 1992), s. m., petit bout ; mégot ; tape (de bonde), beched (beched, 1992), s. m., de mêmes sens, becheg (bechek, 1922 ; attesté par le nom de personne Bechec en 1300), bechenn (bechenn, cornette, 1499), s. £, houppe, et son dérivé en bechenneg, attesté comme nom de personne Bechennec en 1540 à Plomeur (29), sont tous des dérivés formés sur la racine française bech-, de bec (voir beg). Bec’h (bech, 1499 ; bech, 1659), s. m. ou £, faix ; affairement, conflit, démêlés, difficultés, efforts, grandpeine, a pour correspondants le comique begh, charge, fardeau, le gallois baich de même sens, issus d’un brittonique *ba$ki-, et le moyen irlandais base. Ces mots sont à rapprocher du latin fascis, fardeau, faix. Bechadenn, s. £, effort (de traction), de bech + -adenn. Bec’hiad (beaichyad, 1732), s. m., faix, de bech+ -iad. Bec’hiañ (bichyaff, 1499 ; bechia, 1659), bec’hiñ (béhiein, 1919), v., charger, (s’)efforcer, peiner, accabler, fourguer, ont pour correspondants le comique beghya, charger, accabler, oppresser, et le gallois beichio de même sens. Bec’hiata, v., transborder, de bech + -iad + -a. Bechius (béchiuz, 1821), adj. quai., accablant. Divec’h (dibech, 1659), s. m., décharge, délivrance, et adj. quai., déchargé, délivré, de di- + bech. Divechiañ (divechia, 1821), divec’hiñ (divehein, 1723), v., dé­ charger, délivrer, de di- + bech + -iañ / -iñ. Dreistbech (dreist-vech, 1931), s. m., surcharge, de dreist + bech. Dreistbechiañ (dreist-bechia, 1931),

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dreistbec’hin (dreistbechin, 1992), v., surcharger, de dreist + bech + -ian / -in. Soulvec’h (soul bech, 1689), s. m., surcharge, de soul- + bech. Bec’holo (becholo, 1992), s. m., tas de paille, de bech + kolo. Skanvec’h (skaiivech, 1927), s. m., charge trop légère (à l’avant), de skanv + bech.

Bed (bet, 1499), s. m., monde, procède du vieux bre­ ton bit, monde, nature. Comme le comique bys (vieux comique bit), le gallois byd, l’irlandais bith (vieil irlan­ dais byth), le gaulois bitu-, ce mot est tiré du celtique *bitu-, Bedel (bedel, 1958), adj. quai., mondain, de bed + -el, emprunté au gallois bydoL Bedis (bedis, 1623), s. pl., humains, de bed+ -is. Ebed (en bet, XVIe), adj. indéf, aucun, de e + bed, cor­ respond à l’irlandais ar bith. Erbed (er bet, 1633), adj. indéf., aucun, de er + bed. Gwennvidig (guennuidic, 1499), adj. quai, et s. m., bienheureux, béat, àegivenn + bed + (id)ig, équivalent du gallois gwynfydedig for­ mé avec le suffixe -edig. Gwennvidigezh (guenuidigaez, 1464), s. £, béatitude, àtgwenn + bed+ (idjigezh, dont le correspondant gallois est gwynfydedigaeth. Gwennnvidikaad (guennuidicat, 1499), v., béatifier, de gwenn+ bed+ -(id)ig+ -aad Meurbed (meurbet, 1499), adj. quai., extrême, immense, de meur + bed Ollved (hollved, 1931), de oll+ bed, calqué sur le gallois hollfyd auquel il a été emprunté. Ollvedel (hollvedek 1944), adj. quai., universel, de oll+ bed+ -eL Rannved (rann-ved, 1923-25), s. m., partie du monde, de rann + bed.

Bed (bet, 1499), prép., jusque, procède du vieux bre­ ton bit, jusque, et correspond au gallois bed (vieux gal­ lois behet, bihii}. Beta (bet hac, 1530 ; béta, 1723), prép., jusqu’à, de bed + ha. Bete (bede, 1530 ; bete, 1650), prép., jusqu’à, de bed + he. Beteg (bedec, XVIe ; beteg, 1659), prép., jusqu’à, apparaît comme la forme mo­ derne, après métathèse, du vieux breton bicit, issu de bit cit, cit restant de sens obscur. La variante trégoroise beked est issue directement de la variante ¿z£#rdu vieux breton. Bedell (bedell, 1732), s. m., bedeau, est un emprunt à l’ancien français bedel, officier municipal subalterne (1169), issu du germanique *bidil, crieur public.

Beg (bec, 1499), s. m., bec, bouche ; pointe, embou­ chure, est un emprunt à l’ancien français bec (1120), issu du gaulois *beccoslatinisé en beccus. Begad (begat, 1659), s. m., becquée, bouchée, de beg + -ad. Begadenn (bégaden, 1958), s. £, bouchée ; pointe, de beg+ -adenn. Begadin (begadi, 1732), v., embecquer ; poindre. Begailh (bégaille, 1744), s. m., pâton ; aviron, de beg+ -ailh. Began (bega, 1821), begin (begin, 1992),

v., appointer, sommer (quelque chose), de beg + -an/ -in. Begant (beaigantt, 1744), adj. quai., pointu, aigu, de beg+ -ant. Begaod (bégaud, 1904, adj. quai., qui a la mâchoire proéminente ; dupe, de beg+ -aod. Begar (begar, 1732), s. m., mélisse, de beg + -ar. Begata (begata, 1931), v., répliquer, (la) ramener, de beg+ -ad + -a. Begataer (begataer, 1992), begataour (begataour, 1992), s. m., personne qui la ramène, de beg + -ad + -a + -er / -our. Begechenn, s. f., haut du sac, de beg + -ech+ -enn. Begeg {beguec, “beschu”, 1499), adj. quai., pointu ; indiscret, de beg+ -eg. Begell, s. f., pointe (en toponymie), de beg+ -elL Begenn (béguen, 1697, dans le nom de lieu Botbéguen en Plonévez-Porzay, 29), s. f., pointe ; cordée (de pêche) ; élite, de beg + -enn. Begenned (begennet, 1958), part, passé, formant pointe, de beg+ -enn + -ed. Beges, s. f., persifleuse, de beg+ -es. Diveg (diveg, 1992), s. m., écrêtement ; signe avantcoureur, de di- + beg. Divegad, s. m., épointage ; ré­ partie ; dessus du panier ; de di- + beg + -ad. Divegan (divega, 1732), divegin (diveeguein, 1723), v., épointer ; (s’)écrêter, de di + beg + -ah / -in. Divegal (divegal, 1958), v., répartir, mal répondre ; roter, de di- + beg + -al. Divegamant, s. m., répartie, sortie, de di- + beg + -amant.

v., bêler ; balbutier, de begel + -iad. Begeliadenn (begeliadenn, 1931), s. f., bêlement, de begel + -iadenn. Begelier, s. m., personne qui balbutie, bêlante, de begel + -ier. Begelierezh (bégélierez, 1821), s. m., bêlement(s), de begel + -ierezh.

Beglemman (beglemman, 1992), beglemmin (beglemmin, 1992), v., tailler en pointe, de beg+ lemm + -ah / -in. Begsec’han (begsec’han, 1992), begsec’hin (begsec’hin, 1992), v., sécher du bout (en parlant des arbres), de beg+ sec h + -ah / -in. Pilbegad (pilbegad, 1992), s. m., prise de bec, dérivé en -ad de pil-beg, bavard (1910).

Bei (bey, 1790), adj. quai., stupide, est apparenté au gal­ lois bai, faute, défaut, imperfection (moyen gallois bei)Beiadur (beiadur, 1958), s. m., bévue, stupidité, de bei + -adur. Beied (beiet, 1992), part, passé, ébahi, de bei + -ed.

Begassenn (begassenn, 1992), s. f., péronnelle, est un emprunt au français bécasse attesté au XIIe siècle, avec lénition interne. On comparera le nom de personne Bégasse présent à Quimper (29) aux XVIIe et XVIIIe siècles, nom qui pourrait être la traduction de Queffélec (voir kéféleg). Begel (beguel, 1499), s. m., nombril, et s. f., cordon om­ bilical ; zeste (de noix), procède du vieux breton becel d’origine incertaine. L’explication par le latin buccella est impossible car ce terme aurait donné *bochell, *bechellen breton. A ce mot correspondent le comique begel nombril ; bosse, protubérance, et le gallois bogaiL Begelîad (begheliat, 1716), s. m., bedaine, de begel + -iad Begelieg (begelyecg, pansard, 1732), adj. quai., bedonnant, de begel + -ieg.

Begel (baeguel, 1499), s. m., bêlement, est un mot d’origine onomatopéique. Begeliad (baeguelat, 1499),

Begiad (beghiat, 1716), v., bêler, correspond au cornique begy, ahaner, au gallois beichio, mugir, meugler, et à l’irlandais beccim, je beugle. Ce mot a été tiré d’un celtique *baik-io ou *baikk-io. Il est fort possible qu’il soit à l’origine de la variante beiad par palatalisation du -g- (voir be). Begin (begin, 1790), s. m., deuil, est un emprunt à l’an­ cien français béguin, de même sens (1387), dérivé du vieux néerlandais *beggen, bavarder. Beginenn (beginen, 1919), s. f., crêpe, mante, ruban (de deuil), de begin + -enn. Beginin (beginein, 1919), embéguiner ; mettre en deuil, de begin + -in.

Behin (bihin, 1723), s. m., adiposité, procède du vieux breton mehin attesté dans le nom de lieu Caer Mehin (IXe) aujourd’hui Kervéin en Peumerit (29). Celui-ci a pour correspondants le comique mehyn (vieux comique mehin) et le gallois mehin, lard, gras. Behineg (beninec, pour *behinec, 1633), adj. quai., adipeux, est à rap­ procher du gallois mehinog, gras.

Beilh (beilh, 1732), s. f. ou m., veille, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1155, procède du latin ecclésiastique vigilia. Beilhadeg (beilhadecg, 1732), s. f., veillée, de beilh + -adeg. Beilhadenn, s. f., veillée, de beilh + -adenn. Beilhan (beilla, 1659), beilhin (beilhein, 1732), v., veiller, surveiller, de beilh + -ah / -in. Beilher (beilhèr, 1732), beilhour (beilhour, 1732), s. m., veilleur, de beilh + -er ! -our. Beilherezh, s. m., (ensemble de) veillées, de beilh + -erezh. Beiz (beiz, 1709), s. m., audace, procède du vieux bre­ ton bidy élan, bond, audace, et correspond au gallois baidd défi (moyen gallois beidd). Beizig (beizik, 1872), adj. quai., possessif, ombrageux, de beiz+ -ig, apparenté au gallois beiddiog, audacieux, téméraire, hardi. Bej (bej, 1992), adj. quai., beige, écru, de jute, est un emprunt au français noté bege en 1220 et d’origine obscure.

Bek (bek, 1992), s. m., rot (de bébé), bruit sourd, est d’origine onomatopéique.

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Bek {baec, 1464), adj. quai, et s. m., bègue, est un em­ prunt à l’ancien français begue (déb. XIIIe), déverbal de beguer(xivj, verbe issu du néerlandais *beggen, bavar­ der. C’est ce mot qui explique le nom de personne Le Bec attesté dès 1540. Bekal {beaical, 1744), bégueter, de bek + -al. Bekerezh {beaiquereah, 1744), s. m., béguètement, de bek + -erezh.

Bekard {bekard, 1992), s. m., bécard, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1540, est un dérivé de bec.

Beked {becquet, 1633), s. m., brochet, est un emprunt à l’ancien français bequet{\ 125), dérivé lui aussi de bec.

Beketal {becqetal, 1732), v., becqueter, picorer, est un emprunt au moyen français becqueter (1451). Belbet, coll., bricole, est un emprunt à l’ancien fran­ çais beubelet, bibelot, joyau (1190) ; le mot a subi la contraction à *beublet puis la métathèse de -bl- à -lb-. Belbetad, v., bricoler, de belbet + -ad. Belbeterezh, s. m., bricolage, de belbet + -erezh. Belbetus, adj. quai., fastidieux, de belbet + -us.

Belbi (belbi, 1992), s. m., (retomber en) enfance, est un mot d’origine onomatopéique et rappelle le geste fait avec le doigt passé sur les lèvres pour amuser les toutpetits. Belbiaj (belbyaich, 1732), s. m., enfantillage, de belbi + -aj. Belbian (belbiah, 1958), belbiin (belbiin, 1992), v., déraisonner ; s’amuser à des riens, de belbi + -ah / -in. Belbich (belbich, 1958), adj. quai., enfan­ tin. Belbicherezh (belbicherezh, 1992), s. m., enfan­ tillages (s), de belbich + -erezh.

Belc’h (belch, 1716), coll., baies de lin ; aiguilles de pin, mot usité en Léon selon Le Gonidec, est une variante de bolc’h (voir ce mot). Beler (beler, 1499), s. m., cresson, procède du vieux bre­ ton beror et correspond au comique beler, au gallois berwr, à l’irlandais biolar (vieil irlandais bilor, biror), au gaélique d’Ecosse biolaire. C’est du gaulois latinisé en berula que sont issus le français berle, le provençal berlo et l’espagnol berro de même sens. Tous ces mots trou­ vent leur origine dans le celtique *ber-uro-. Belerid, s. £, cressonnière, attesté sous la graphie Belerit comme nom de lieu en 1686, de beler + -id. Belereg (belereg, 1931), s. £, cressonnière, de beler + -eg auquel correspond le comique belerek. Beli (belly, puissance, 1557), s. £, autorité, juridiction, ressort, est un emprunt à l’ancien français baillie, tutelle (1080), pouvoir, domination, empire (XIIIe), puis juri­ diction, administration, mot dérivé de baile issu du la­ tin bajulus, chargé d’affaires. Beli (belli, 1464), s. m.,

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bailli, est attesté en 1422 comme nom de personne sous la forme adoucie Velli ; le v- initial pour un substantif de genre masculin viendrait probablement de la confusion entre le sens de chaque homonyme ; celuici procède de l’ancien français baillif, gouverneur d’une place fortifiée (XIIe), également dérivé de baile. Beliezh (beliez, 1931), s. £, bailliage, de beli + -ezh, calqué sur le gallois beliaeth, et qui a chassé l’ancien beliaj (beliaj, 1659), de beli + -aj, qui rappelait trop le mot français d’origine. Anveli (anveli, 1992), s. £, anarchie, de an- + beli. Anveliour (anveliour, 1992), s. m., anarchiste, de an+ beli + -our. Diveli (diveli, 1931), adj. quai., sans autorité, et s. £, absence d’autorité, anarchie, de di- + beli. Divelian (divelian, 1958), v., priver d’autorité, de di- + beli + -ah. Ollveliour (ollveliour, 1992), s. m., totalitaire, de oll+ beli + -our. Ollvelouriezh (ollvelouriezh, 1992), s. £, totalitarisme, de oll + beli + -ouriezh.

Belk (belk, 1821), s. m., bout de chevron, est un em­ prunt probable à l’ancien français baie, poutre, essieu, tavaillon (déb. XIIIe), issu du francique *balk, poutre. Belkad (belkad, 1992), s. m., bloc (de), de belk+ -ad.

Bell {beli, 1499), s. £, guerre, est, comme le comique beli, un emprunt au latin bellum. Bellan (bellaff, batailler, 1499), bellin, v. faire la guerre, de bell+ -ah / -in. Beller (beller, 1499), bellour (bellour, 1519), s. m., belligérant, stratège, de beli + -er / -our. Bellerezh (bellerezh, 1992), s. m., stratégie, de bell + -erezh. Bellus (bellous, 1464 ; bellus, 1499), adj. quai., belliqueux, de beli + -us. Arvell (aruel, déb. XVIIIe), s. £, noise, provocation, de ar- + belL Arvellad (arvellat, 1919), v., provoquer (par des paroles), de ar- + beli + -ad Arveller (arveller, 1992), arvellour (aruellour, ergoteur, déb. XVIIIe), s. m., pro­ vocateur, de ar- + beli + -er / -our. Belo (belo, 1975), s. £, vélo, est un emprunt au fran­ çais avec modification du genre du fait du -v- à l’ini­ tiale qui a fait supposer que le mot s’était adouci sous l’influence de l’article, d’où la fausse régression. Belouer (belouer, 1992), s. m., poêle (à frire), est un em­ prunt au français pelloir, dérivé de pelle, au sens de “par­ tie d’une charrue en forme de pelle”.

Belusenn (belusenn, 1992), s. £, blouse (noire portée par un homme), est un emprunt au français proba­ blement antérieur à 1788, date à laquelle est attesté le moderne blouse. Issu du latin bullosa, gonflé, proposé comme origine du mot, il a pu donner *belouse dans un premier temps.

Ben {ben, 1992), s. m., taille, procède du vieux breton ben apparenté à l’irlandais ben-, frappe. Benadur {benadur, 1499), s. m., taillage, de ben + -adur. Benaj {benaj, 1992), s. m., entourage (de pierres de taille), de ben + -aj. Benan {benaff', 1499), bénin {binein, 1744), v., tailler (la pierre, la vigne, etc.), de ben + -an / -in. Bener {bener, 1499), benour {binour, 1732), s. m., tailleur de pierre, de ben + -er / -our. Benerezh {bénerès, 1659), s. m., (pierres de) taille, de ben + -erezh. Benus {benus, déb. XVIe), adj. quai., taillable, de ben + -us. Diven {diven, 1931), adj. quai., non taillé, de di+ ben. Kemenan {kemenan, 1992), kemenin {kemenin, 1992 ; attesté par la forme conjuguée quemenasen 1557), v., tailler, de kem- + ben + -an / -in auxquels correspond le gallois cymynafi Kemener {quemener, 1499), kemenour {qemenour, 1732), s. m., tailleur, de kem- + ben + -er / -our, que l’on tire d’un ancien *com-bener. Kemenerezh {quemeinnereah, 1744), s. m, couture, taillerie, de kem+ ben + -erezh. Kemenerin {kemenerin, 1992 ; attesté par son part, passé kemeneretzn 1931), v., s’asseoir en tailleur, de kem- + ben + -er + -in. Ben {ben, 1992), s. £, femme, mot disparu, correspond au gaulois bena, femme, et au vieil irlandais ben de même sens ; ce mot se présente sous des formes déri­ vées dans le comique benen, femme, et dans le gallois benyw. On le relève en composition dans le néologis­ me benel {benel, 1992), adj. quai., féminin, et dans eben {eben, déb. XVIe ; heben, 1709), pron. indéf, l’autre, de e+ ben, au sens littéral de “sa compagne (à lui)” et qui s’est figé sous la forme non adoucie alors qu’on atten­ drait V ven. Benessa {benessa, 1992), v., être en chaleur, de ben + -es + -a.

Bendell {bendel, 1633), s. m., moyeu, procéderait d’un ancien *bedell avec insertion de la nasale -n- ; celui-ci serait issu d’un emprunt au latin populaire *butellus, di­ minutif de butta, d’origine gauloise bottos, alors que le gallois both, de même sens, s’est formé sur la forme butta.

Benefians, en composition dans a-venefians, adv., tout exprès, est issu de l’ancien français *benefiance, variante de benefice. Benefiss {benefice, 1499), s. m., bénéfice, est un em­ prunt à l’ancien français bénéfice, issu du latin beneficium, bienfait.

Beni {benny, 1499), s. £, bobine, et s. pl., musette, dé­ riverait de *ban, corne, par affection vocalique due au suffixe pluriel -i. Beniad {beniad, 1821), s. m., bobine (de), de béni + - ad. Biniow {binyou, 1732 ; beniou, 1799), s. m., biniou, cornemuse, de béni + -ow.

Biniowach, s. m., biniouserie, de béni + -ow + -ach. Biniower {binyaouër, 1732), biniowour {biniaouour, 1992), s. m., joueur de biniou, de cornemuse, de béni + -ow+ -er/-our. Biniowin {binyaouï, 1732), v., jouer du biniou, de béni + -ow + -in. Benivolans {beniuolancc, 1499), s. £, bienveillance, est un emprunt à l’ancien français benevolance, bien­ veillance, amitié (1265), dérivé en -ance de benevole (fin XIIIe), celui-cHssu du latin benevolus, bienveillant.

Bennag {bennac, 1633), adj. indéf, quelconque, quelque, procède du vieux breton pennac, encore noté ainsi en 1499, et composé de pe, quel, et de nac, quelque. Ce mot a pour correspondants le comique pynaket le gallois bynnag (vieux gallois pinnac, moyen pynnac). Bennigan {biniguajfi, déb. XVIe), bennigin {béniguein, 1732), bennigo {bennigo, 1992), v., bénir, est un em­ prunt au latin populaire *bendicere issu du latin clas­ sique benedicere avec assimilation du -d-. Celle-ci ne s’est pas faite en gallois qui conserve le groupe -nd- dans bendigo. Bennigadenn {benigadenn, déb. XVIe), s. £, bénédiction, de bennig- + -adenn. Benniger {biniguer, 1565, d’après le nom de personne Biniguer attesté à Pédernec, 22), bennigour {bennigour, 1992), s. m., bénisseur, de bennig- + -er / -our. Bennigidigezh {binidiguez, déb. XVIe, pour *binigidiguez), s. £, béné­ diction, de bennig + -idigezh. Divennigan {divinniga, 1890), divennigin, v., ne pas bénir ; profaner, de di- + bennig- + an/-in. Bennozh {benoez, déb. XVIe ; benos, 1659), s. £ ou m., bénédiction, est un emprunt au latin benedictio par la forme *bendectio, tout comme ses correspondants cornique bennath et gallois bendith, celui-ci ayant conservé le -d- initial. Drougvennozh {drouk-vennoz, 1847), s. m., malédiction, de droug+ bennozh.

Benoni {benoni, 1931), s. m., benjamin, est une alté­ ration probable du français. Bens {becc, 1464 ; bencç, 1659), s. m., est un emprunt à l’ancien français vecce (fin XIIe), issu du latin vicia. Le mot présente le renforcement de la consonne initiale et la nasalisation de la voyelle.

Bensel {bensel, 1992), variante par nasalisation de bessel (voir ce mot).

Bentonig {bentônic, 1716), s. £, bétoine épiaire, voir betonig. Benveg {benhuec, 1499), s. m., outil, instrument ; ap­ pareil, organe, est un emprunt au latin beneficium par

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*benficium. Le vieux comique présentait le mot binfic et le gallois moderne a évolué à benthyg, prêt, par alté­ ration du moyen benflygissu du vieux binfic. Benvegan {binvia, benviacha, 1931), benvegin {benvegin, 1992), v., outiller, instrumenter, de benveg + -an / -in. Benviachow {benviachou, 1931), s. pl., outillage, de benv(eg) + -iach + -ow. Beogal {beogal, 1931), v., mugir, blatérer ; gueuler, est de formation onomatopéique et est apparenté au radical du français beugler, buglerau XIIe siècle, dérivé de l’an­ cien français bugle, bœuf. Beogadenn {beogadenn, 1931), s. £, beuglement, de beog- + -adenn. Beol {beaul, 1499), s. £, cuveau, correspond au moyen comique baiolex. au gallois baeolde même sens. Tous les trois procèdent du bas latin bajula. Beoliad {béaulad, 1732 ; beoliad, 1821), s. £, cuveau (de), de beol + -iad Beolian {béolya, 1732), beolin {beolin, 1992), v., encuver, de beol+ -ian / -in.

Beon {beon, 1732), s. m., étrape, est apparenté à l’an­ cien français beer, ouvrir. Beonin {béonnein, 1919), v., couper à l’étrape, de beon + -in. Ber {ber, 1499), s. m., broche, a pour correspondants le comique ber, le gallois ber, l’irlandais bior, aiguillon (vieil irlandais bi(u)r) et le gaélique d’Ecosse bior. Tous procèdent d’un celtique *gweru- par *beru- et sont ap­ parentés au latin vera, broche. Beriad {bèryad, 1732), s. m., broche (de), de ber + -iad. Berian {bérya, Y732), v., embrocher, de ber+ -ian, que l’on rapprochera du comique berya. Beriowin {beraouian, 1958), v., em­ brocher, de ber + -iow + -in. Diverian {diveria, 1931), v., débrocher, de di- + ber + -ian.

Ber, s. m., égout, et adj. quai., coulant, se présente com­ me le déverbal du verbe beran ; il est attesté dès le vieux breton sous cette graphie. Berad {berat, 1689), s. m., goutte (de), de ber + -ad. Beradenn {beraden, 1659), s. £, coulée, gouttelette, de ber + -adenn. Beradin {beradin, 1958), v., goutter, de ber+ -ad+ -in. Beraj, s. m., égouttage, de ber+ -aj. Beran {beraff, 1499), berin {berin, 1992), bero {bero, 1992), v., (s’)égoutter, couler, de ber + -an / -in / -o, auxquels correspondent le comique beraet le gallois beru. Berer {berer, 1992), s. m., effluent, et adj. quai., coulant, de ber + -er. Bererezh {bererezh, 1958), s. m., effluent, de ber + -erezh. Beridigezh {bèridiguez, 1732), s. £, fluidité, de ber+ -idigezh. Berus {berus, 1633), adj. quai., fluide, de ber + -us. Aber {aber, 1633), s. £, estuaire, embouchure, de a- + ber, procède du vieux breton aper, lui-même issu d’un

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celtique *ad + ber, comme le comique aber, embou­ chure, confluent, le gallois aber (vieux gallois aper], l’ir­ landais inbhear (vieil irlandais inber), le gaélique d’Ecosse abar (moyen abbor). Aberin, v., confluer, de a- + ber+ -in, calqué sur le gallois aberafi aberu. Diver {diuer, 1499), s. m., écoulement, lactation, de di- + ber. Diverachow {diverachou, 1889), s. pl., traînée, de di+ ber + -ach+ -ow. Diverad {divérad, 1919), s. m., cou­ lée, émanation ; dérivé, de di- + ber + -ad auquel cor­ respond le gallois diferiad, égouttement, égouttage. Diveradenn {diuareden, 1633, pour *diueraderi), s. £, sécrétion ; dérivée, de di- + ber + -adenn. Diveradur {diueradur, 1633), s. m., coulure, de di- + ber + -adur. Diveradurezh {diveradurez, 1923-25), dérivation ; éty­ mologie, de di- + ber - adurezh. Diveran {diuerajfi 1499), diverin {diverein, 1723), v., (s’)écouler, couler, sécréter, découler, dériver (de), de di- + ber + -an /-in, auxquels correspond le gallois diferu, goutter, dégout­ ter. Diverus {diveruz, 1821), adj. quai., qui coule, qui tombe goutte à goutte, de di- + ber + -us. Gouver {gouher, déb. XVIe ; gouuer, 1659), s. m., ruisseau, de gou+ ber, identique au gallois gofier de même sens. Gouverenn {goueren, 1659), s. £, ruisseler, de gou-+ ber + -enn. Gouveradenn {gouveradenn, 1992), s. £, ruis­ seau, de gou- + ber + -adenn. Gouveriad {goueriad, 1925), s. £, ruisseau (de), de gou- + ber + -iad Gouverian {goueria, 1927), gouverin {gouverin, 1992), v., ruisseler, irriguer, de gou- + ber + -ian /in. Kemper (attesté vers 1084-1112 comme nom de paroisse sous cette graphie), s. m., confluent, de kem- + ber, auquel correspondent le gallois cymer et le moyen irlandais commar. Kemperan {kemperan, 1992), kemperin {kemberi, 1931), v., confluer, de kem-+ ber+ -an/-in.

Bered {bered, 1992), s. m., béret, est un emprunt au français moderne dont le mot, attesté en 1819, est issu du béarnais berret, lui-même du bas latin birrum, capote à capuchon, par le biais de l’ancien provençal berret. Berjer {berger, déb. XVIe), s. m., berger, est un emprunt à l’ancien français bergier, lui-même de berchier (déb. XIIe), issu du latin populaire *verbecarius (VIIIe) dé­ rivé de berbex, brebis.

Berjez {bergez, 1464), s. £, verger, est un emprunt à l’ancien français vergfir{\№tà), issu du latin viridiarum, jardin planté d’arbres. Le mot présente un b- initial par fausse régression due au changement de genre. Berjin(es) {berjinez, 1958), coll., aubergine(s), est un emprunt récent au français dont le mot est attesté en 1750. Celui-ci procède d’un emprunt au catalan alberginia d’après l’arabe al-badinjan.

Berlanch {berlanch, 1992), adj. quai., panaché, est un emprunt au français mélange avec modification de la consonne initiale et apparition d’un -r- épenthétique. Berlanchenn {berlanchenn, 1992), s. £, algue couver­ te de bryozoaires, de berlanch + -enn. Berlanchan {berlanchan, 1958), v., panacher, de berlanch + -ah. Berlinj {berlej, 1904 ; berlinj, 1931), panaché ; tiretaine, est un doublet du précédent ; il est apparenté au gallo belinge. Berlinjan {berlinjan, 1904) v., panacher, de berlinj + -ah. Berliton {berliton, 1919), s. m., mirliton, et coll., tresses de velours, est un emprunt au français mirliton (1716) dont le mot rappelle un ancien refrain ; il n’est pas sans rapport avec le moyen français mirely, mélodie (XVe).

Berlo {berlo, 1992), s. m., benêt, est apparenté au moyen français berlue (1536), issu de l’ancien bellue, menterie, conte en l’air (XIIIe), dérivé du verbe belluer, éblouir, tromper, ruser. Berlobi {berlobi, 1876), s. m., déraison, formé par croisement de berlo et de belbi. Berlobiaj {berlobiaj, 1919), s. m., fait de déraisonner, de berlobi + -aj. Berlobian {berlobian, 1958), berlobiin {berlobiein, 1919), v., déraisonner, de berlobi + -ah / -in. Berlobiour {berlobiour, 1919), s. m., personne qui déraisonne, de berlobi + -our. Diverlobian {diverlobian, 1992), diverlobiin {diverlobiin, 1992), v., cesser de déraisonner, de di- + berlobi + -ah / -in. Bem {bem, 1499), s. m., tas, a pour correspondants le comique bem, tas, monceau, amas, et le gallois bwm de même sens. Tous trois sont tirés du celtique *bergen-. Bernad {bemad, 1992), bemiad {bemiad, 1931), s. m., stock (de), de bem + -(i)ad Beman {berna, 1659), bemian {bergnaff, 1499), bemin {bemyein, 1732), v., entasser, stocker, accumuler, de bem + -ah / -ian / -in. Bemiadur {bemadur, 1732 ; bemiadur, 1821), s. m., entassement, de bem + -iadur. Bemidigezh {bernidiguez, 1732), s. £, entassement, de bem + -idigezh. Bemier {bemier, 1958), bemour {bemour, 1919), s. m., personne qui entasse, de bem + -ier / -our. Divernian {divernia, 1914), divernin {divernein, 1919), v., étaler (un tas), de di- + bem + -ian /-in. Bilbern {bilbem, 1992), s. m., amas, de bil- + bem. Bilbemian, v., amasser, de bil- + bem + -ian. Eilbemian {eilbernian, 1992), v., reformer des tas, de eil+ bern+ -ian.

Bem {bem, 1992), s. m., importance, correspond au comique bem, intérêt, souci ; rapport, relation, et est apparenté au gallois brwyn, tristesse, souci, et à l’irlan­ dais bron, tristesse. Le breton et le comique présentent

donc la métathèse d’un ancien *bren, issu de *broen par réduction de la diphtongue. Tous postulent pour un cel­ tique *brugno-, La forme *broen pourrait expliquer le nom de Brouennou, village en Landéda (29) et an­ cienne paroisse partagée entre Landéda et Lannilis ; le nom serait alors un hagionyme devenu nom de lieu et rappelle celui du saint gallois Brwyno. Bernoud {bemout, 1732), bemin {bemein, 1732), v., importer ; concerner, a même origine que le gallois brwyn(i)af, brwyn(i)o, faire de la peine, peiner, faire mal, chagriner. Berr (vieux breton berr), adj. quai., court, à court, de court, bref, a pour correspondants le comique ber, le gallois byr{berau féminin), l’irlandais ber ex. le gaélique d’Ecosse beàrr ; tous sont tirés du celtique *berso-. Berraad {berrhat, 1530), v., raccourcir, de berr+ -aad auquel se rattachent le comique berheex le gallois byrhau de même sens. Berradenn {berradenn, 1931), s. £, rac­ courcissement, de berr + -adenn. Berradur {berradur, 1659), s. m., abréviation, de berr+ -adur. Berradurezh {bérradurez, 1732), s. £, abrégé, sommaire, de berr + -adurezh. Berraj {berraj, 1958), ébarbure, déchet, de berr+ -aj. Berran, berrin {berrein, 1723), v., raccour­ cir, abréger, de berr+ -ah/-in. Berraod {berraud, 1919), adj. quai., courtaud, de berr + -aod. Berrded {bêrdet, 1723), s. £, concision, de berr+ -ded Berrder {berrder, 1499), s. m., brièveté, de berr+ -der, identique au cornique berderet au gallois byrder. Berreg {berrecq, 1732), adj. quai., à court, de court, de berr + -eg. Berreg {berreg, 1919), s. m., bécasseau, troglodyte, de berr + -eg. Berregezh {berregezh, 1992), s. £, pénurie, de berr+ -egezh. Berrenn {berren, 1919), s. £, pénurie, de berr+ -enn. Berrentez {berrentez, 1790), s. £, brièveté ; embarras, gêne, de berr+ -entez. Berridigezh {berridiguez, 1732), s. £ brièveté, de berr+ -idigezh. Berrour {berrour, 1732), s. m., abréviateur, de berr+ -our. Diverr {diverr, 1992), s. m., récréation, de di- + berr. Diverradenn, s. £, condensé, de di- + berr + -adenn. Diverradur {divérradur, 1732), abrègement, de di- + berr+ -adur. Diverradurezh {deuerradurez, 1659), s. £, contraction, de di- + berr + -adurezh. Diverramant {diuerramant, 1659), s. m., passe-temps, récréation, di­ vertissement, de di- + berr + -amant. Diverran {diuerraff, 1499), diverrin {deverrein, 1744), diverraad {diuerraat, 1659), v., (s’)abréger, (se) raccourcir, résu­ mer ; (se) distraire, de di- + berr+ -ah / -in / -aad, équi­ valant au gallois difyru. Diverrans {devairrance, 1744), s. £, distraction, de di- + berr + -ans. Diverrer {divérrèr, 1732), s. m., abréviateur, de di- + berr + -er. Diverrus {deværruss, 1744), adj. quai., distrayant, de di + berr + -us, identique au gallois difyrus.

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Emberr (en berr, 1530), adv., tantôt, bientôt, de e(n) + berr. Berranal (berr-halan, 1633), adj. quai., essoufflé, et s. m., essoufflement, de berr+ ¿«¿/auquel corres­ pond le comique ber-anal. Berranaleg (bérr-alanecq, 1732), adj. quai., asthmatique, de berr+ anal+ -eg, de même formation que le gallois byranadlog. Berranalin (beralani, 1659), v., (s’)essouffler (avec l’asthme), de berr+ anal+ -in. Berrbad (berr-bad, 1931), adj. quai., éphémère, de courte durée, de berr + pad. Berrbadus (berr-badus, 1931), adj. quai., qui dure peu, de berr + pad + -us. Berrblousow, (berrblousowAVyï), s. pl., éteules, de berr + pious + -ow. Berrbouell (berrboëll, 1732), s. m., versatilité, et adj. quai., versatile, de berr + pouell équivalant au gallois byrbwylL Berrbouelleg, (berrbouelleg, 1992), adj. quai., inconsidéré, de berr + pouel+ -eg, identique au gallois byrbwyllog. Berrbouellig (berboellic, 1659), adj. quai., inconstant, volage, im­ patient, de berr+pouell+ -ig. Berrbouellin, (berrboellin, 1992), v., devenir distrait, de berr + pouell + -in. Berrgebr (berrqebr, 1732), s. m., coyau, de berr+ kebr. Berrhoali (berrhoazly, XVe), s. £, brève existence, de berr + hoal+ -i, auquel correspond le gallois byrhoedleddavec un suffixe différent. Bernd (berrid, 1931), s. m., al­ longe, plissure, de berr+ rid Berridan (berridan, 1992), berridin (berridin, 1992), v., plisser, de berr + rid + -an / -in. Berrjaved (berrjaved, 1958), adj. quai., prognathe, de berr + javed. Berrioer (berrloer-, 1931), s. £, chaus­ sette, mi-bas, de berr+ loer. Berrsae (berrsae, 1992), s. £, jupe courte, de berr + sae. Berrskrivadur (berrskrivadur, 1931), s. m., sténographie, de berr+ skriv + -adur. Berrskrivan (berrskrivan, 1958), v., sténogra­ phier, de berr + skriv + -an. Berrskriver (berr-skriver, 1931), s. m., sténographe, de berr + skriv + -er. Berrsolian (berrsolian, 1992), v., rehausser la semelle, de berr+ sol+ -ian. Berrsolennin (berrsolennin, 1992), v., de même sens, de berr + sol+ -enn + -in. Berrvanch (berrvanch, 1992), s. m., manche courte, poignet de vêtement, de berr+ manch. Bervoss (berr-vos, 1931), s. m., bas-relief, de berr+ boss. Berrwel (berr-wél, 1821), adj. quai., myope, de berr+ gweL Berrweled (berr-velled, 1732), s. m., myopie, de berr+ gwel+ -ed Berrwisk (berrwisk, 1992), s. m., pagne, de berr + gwisk.

Bers (bers, 1499), adj. quai., interdit, férié, et s. m., interdit, interdiction, prohibition, avertissement, in­ jonction, mise en garde, est un emprunt au latin bersa, clôture. Bersan (bersaff, 1499), bersian (berzian, 1992), bersin (berzein, 1723), v., interdire, prohiber, avertir, enjoindre, mettre en garde, de bers + -an!-ian/ -in. Bersius (berzus, 1931), adj. quai., prohibitif ; éner­ vant (à force d’interdire), de bers + -ius. 104

Kilvers (qiluers, 1659), adj. quai, et s. m., insurgé, de kil- + bers. Kilversin (kilverzi, 1931), v., s’insurger, de kil-+ bers+ -in. Pennvers (pennvers, 1732), adj. quai., opiniâtre, de penn + bers.

Bertaod (bertaud, 1919), s. m., tonneau à vin, est un emprunt au français et présente la même racine que l’ancien français vertel, bondon, bouchon, couvercle de tonneau (XIIIe), issu du latin verticulum.

Bertim (bertim, 1919), s. £, garenne, tanière, est un em­ prunt à l’ancien français bertine, sorte de pierre. Bertimin (bertimin, 1992), v., (se) terrer, de bertim + -in. Divertimin, (divertimin, 1992) v., débusquer, de di- + bertim + -in. Berw (beru, 1499 ; bero, 1633 ; berw, 1716), adj. quai., bouillant, bouilli, et s. m., bouillon, ébullition, fer­ mentation ; verve, a pour correspondants le comique berowet le gallois berw ; tous trois sont issus du celtique *beru- apparenté au latin fervere, bouillonner. Berwadenn (bervadenn, 1821), s. £, ébullition, de berw + -adenn. Berwadur (bervadur, 1732), s. m., bouillis­ sage, décoction, de berw + -adur. Berwant (beruant, XVIIe), bouillant, bouillonnant, de berw + -ant. Berwassenn (berwassenn, 1992), s. £, personne excitée, de berw+ -assenn. Berwder (bervder, 1931), s. m., fer­ veur, brio, de berw + -der. Berwenn (bervenn, 1876), s. £, liquide en ébullition ; écume, de berw + -enn. Berwidant (berhuidant, 1723), adj. quai., fervent, exal­ tant, de berw + -idant. Berwidanted (berùidanded, 1919), s. £, ferveur, vivacité, de berw+ -idant + -ded. Berwidig (bervidik, 1821), adj. quai., ardent, efferves­ cent, exalté, de berw + - idig, auquel correspond le gal­ lois berwedig. Berwidigezh (birvidigezh, 1732), s. £, ardeur, effervescence, exaltation, de berw + -idigezh. Berwin (biruiff, 1499), v., bouillir, grouiller, vibrer, de berw + -in équivalant au comique berwi, au gallois berwi et à l’irlandais beriu. Berwus (bervus, 1958), adj. quai., plein de verve, de berw + -us. Rollverwin (roll-virvi, 1927), v., bouillir (en roulant), de roll + berw + -in. Berzh (berz, 1530), s. m., prospérité, succès, et adj. quai., prospère, procède du vieux breton berth, beau, et correspond au gallois berth, perfection, beauté. Drougverzh (drouc-berz, malheur, 1732), s. m., in­ succès, revers, de droug + berzh.

Besiw (beziù, 1919), adj. quai., décontenancé, est à rap­ procher des verbes anciens français beser, s’effaroucher (en parlant des vaches piquées par les taons), courir çà et là (XIIe), et besiller, tourmenter, maltraiter, blesser, massacrer (XIIe). Un rapprochement avec le vieux breton

betiu-, coupé, sacrifié, formé sur une racine bat, éga­ rement, peur, frénésie, épidémie, est à rejeter, ce mot aurait donné *beziwen breton moderne pour une pro­ nonciation vannetaise [behiq]. Besiwin {besiwin, 1992), v., décontenancer, de besiw + - in.

Besk {besch, v. 1163-86 dans le surnom an Besch ; besq, 1499), adj. quai., tronqué, écourté,sans queue ; dé­ cousu, serait formé du préfixe dépréciatif bes-, issu du latin bis, au sens de “faux, contrefait”, suivi du k- de kom, d’autant plus que le sens ordinaire de besk est celui qu’a dû avoir le latin *bis-caudatus. Beskan {besqa, 1732), beskin {besqi, 1732), v., tronquer, écourter, de besk+ -an/ -in. Beskell {besqell, 1732), s. £, sillon tron­ qué (et oblique), de besk + -ell. Beskellan {beskella, 1821), beskellin {beskellein, 1919), v., obliquer, de besk + -¿7/+ -an/-in. Beskelleg {besqellec, 1732), adj. quai., biscornu, de besk+ -ell -eg. Beskellerezh {beskellereh, 1919 ; beskellerez, 1931), s. m., obliquité, de besk + -ell + -erezh. Beskodenn {beskodenn, d’après beskod, 1931), s. f, sillon oblique, de besk+ -od+ -enn.

Diveskell {dibeskel, 1857), adj. quai., sans obliquer, de di-+ besk + -ell. Diveskellan {diveskella, 1931), diveskellin {diveskellih, 1992), v., obliquer, de di- + besk + -ell + -ah / -in. Beskerw {besk-ero, 1931), s. f, sillon oblique, de besk + erw. Beskgwazhiow {beskgwazhioù, 1992), s. pl., rigoles obliques, de besk + gwazh + -iow. Beskorn (bescom, 1732), adj. quai., sans corne, et s. m., épissoir, de besk + kom. Beskoman {beskoma, 1876), beskomin (bescomi, 1732), v., écorner (les bovins), de besk+ kom + -ah / -in. Beskenn {besquen, 1464), s. £, dé (à coudre) ; cupule ; beskennad {beskennad, 1931), s. £, dé (de), doigt (de) ; voir bis.

Beskoul {bizioul, 1659, pour *bizcoul), s. £, panaris, présente une certaine analogie avec le moyen breton bes, d’où son évolution à biskoulpar étymologie populaire. La comparaison avec le gallois bystum, bystwn, emprunté à l’anglais dialectal bustion, issu du français apostume, semble indiquer que le mot proviendrait de la variante aposture, infection, de ce mot par aphérèse du a- ini­ tial et adoucissement de la consonne comme cela s’est produit dans le mot anglais, et évolution du groupe -st- à -sk-. Bessel {vessel, 1499), s. m., récipient, est un emprunt à l’ancien français vaissel, vase, récipient (1155), issu du bas latin vascellum, diminutif de vas, vase. Le faux rétablissement du b- initial est récent car, en 1732, on avait encore le v-, veczeL Besseliad {besseliad, 1992),

s. m., récipient (de), de bessel + -iad. Besselier {besselier, 1992), s. m., vaisselier, de bessel + -ier.

Bestl (uestl, déb. XVIe), s. £, bile, fiel, procède du vieux breton bistl, bile, humeur noire, et correspond au cornique bystelex. au gallois bystl-, tous trois sont tirés d’un celtique *bistlo-o\x *bistli-.

Besu {bezu, 1904), s. m., dorade noire, est apparenté à l’italien besugo. Bet {bet, 1919), s. m., plate, prame, est un emprunt au provençal bette, bateau à voile. Beterabes {beterabes, 1992), coll., betterave(s), est un emprunt au français, lui-même formé de bette + rave (1600) ; voir boetrabes.

Betes {baetes, 1499 ; beotez, 1633 ; betes, 1732), coll., bette(s), est un emprunt à l’ancien français bette (XIIe), issu du latin beta. Le gallois betys procède du moyen anglais betes.

Betoen {betoena, 1633 ; betoin, 1744), s. £, bétoine épiaire, procède du moyen ancien français betoesne (1542), issu du latin betonica. Béton {béton, 1992), s. m., béton, est un emprunt au français dont le mot, attesté à la fin du XIIe siècle sous la forme betun, boue, gravois, est issu du latin bitumen. Betonan {betonan, 1992), betonin {betonin, 1992), v., bétonner, de béton + -ah / -in. Betoneres {betoneres, 1992), s. £, bétonnière, de béton + -eres.

Betonig {betonic, déb. XVIIIe), s. £, bétoine épiaire, semble être un emprunt tardif au latin betonica duquel procède aussi le français.

Beuch {beuch, 1992), adj. quai., emprunté, asymé­ trique, est un emprunt au français argotique bûche, mal­ adroit. Beuchin {beuchin, 1992), v., se déformer ; frire, de beuch + -in.

Beuf {beuf, 1876), s. m., bouvreuil, est un emprunt au terme dialectal français de l’Ouest bœuf{\745), qui désigne le bouvreuil, anciennement bouvreur{\7W5). Beufig-lann {beufig, 1992), s. m., traquer pâtre, de beuf+ -ig.

Beug {beug, 1958), s. m., rot (d’enfant), est d’origine onomatopéique. Beugal {beugal, 1992), v., roter, de beug + -al. Beugeussal {beugeussal, 1992), beugeussin {beugeussin, 1992), v., roter, de beug+ ess {eusspar conta­ mination) + -al/-in. Beugissad {beugissad, 1992), v., roter, de beug+ -iss + -ad. Beugissadenn {beugissadenn, 1992), s. £, rot, de beug+ -iss+ -adenn. Disveugal {disveugal, 1992), v., vomir (en se forçant), de dis- beug+ -al. Diveugal {diveugal, 1992), v., éruc­ ter, de di- + beug + -al. 105

Beulke {beulké, 1821), adj. quai., nigaud, est apparenté au moyen breton beulquyn (XVIe), que Ton rapproche­ ra de l’ancien français boulequin, petite boule.

Beuls {beulgeow beulje, 1732), adj. quai., bête ; inopi­ né, et s. m., personne bête, est attesté plus anciennement par le nom de personne Beulx relevé dans un acte de 1614 à Scaër (29). Il est apparenté à l’ancien français bus, niais (1220), et radical de buse. Le breton présente donc un -/-épenthétique. Beulseg {beuzeg, maladroit, nigaud, 1904), adj. quai., bêtifiant, de beuls + -eg. Beulserezh {beulserezh, 1992), s. m., bêtise(s), de beuls + -erezh. Beulsin {beulsin, 1992), v., bêtifier, de beuls + -in. Beultin {beultin, 1992), s. m., bulletin, est un emprunt au français dont le mot, attesté dès le début du XVIe siècle, procède de l’italien bollettino, cédule, billet, diminutif de bolla, boule.

Beuneg (mot cité par Loeis Herrieu), adj. quai., maus­ sade, semble apparenté au français benêt par substitu­ tion de finale. Beure {heure, 1499), s. m., matin, a pour correspon­ dants le comique bora, le gallois bore, l’irlandais màrach (vieil irlandais imbàracty et le gaélique d’Écosse maireach, demain. Tous postulent pour un celtique *barego-. Beureaad {beureaat, 1931), v., rendre ou devenir plus matin, de beure + -aad. Beureeg {beûréek, 1821), adj. quai., matineux, de beure + -eg. Beurewezh {beûrevez, 1821), s. m., matinée, de beure + -wezh. Diaveure {diaveure, 1992), adv., jamais encore, de di+ a- + beure. Diveurein {diveûréi, 1821), v., faire la grasse matinée, de di- + beure + -in. Beurleug {beurleug, 1992), s. m., tacaud, est apparenté au français béluga (1519) emprunté au russe bieluha, dérivé de bielyi, blanc. Beurleugenn {beurleugenn, 1992), s. £, mollasse, de beurleug + -enn. Beurleugeuss {beurleugeuss, 1992), coll., renvois, rots, reste de formation expressive et est apparenté à beug (voir ce mot). Beurleugeussad {beurleugeussad, 1992), v., avoir des renvois, de beurleugeuss + -ad.

Beus {beus, 1499), coll., buis, procède du vieux breton ¿wj-emprunté au latin buxum. Beuseg {beuzeek, \ÏÏ7G), s. f., boissière, de beus + -eg. Beusenneg {beûzennek, 1821), s. £, boissière, de beus + -enn + -eg. Beusid {busitt, v. 1050 ; beusit, 1499), s. £, boissière, de beus + -id Beussa (beusa, 1931), v., chercher du buis, de beus + -a. Beus {beuz, 1732), s. m., grimaud, procède de l’ancien français beuse, méchanceté (XIIIe), issu de l’allemand bose, méchant, mauvais. 106

Beusel {beuzel, 1732), coll., bouse, voir bousel.

Beuz {beuz, 1992), adj. quai., fameux, procède du vieux breton bud, gain, profit ; avantage, victoire. Ce mot est attesté comme nom de personne sous la graphie Le Beux en 1503 à Bannalec (29). Comme le comique büdh, le gallois hudd, bénéfice, il provient du brittonique *boudi- et est apparenté à l’irlandais bùaid, vic­ toire.

Beuz, attesté uniquement dans dour-beuz {dour-beuz, 1871), s. m., déluge, a pour correspondant le gallois bawdd (moyen gallois bawd), noyade, immersion, inon­ dation. Tous deux sont tirés d’un celtique *bad-. Beuzadeg {beuzadeg, 1931), s. £, noyade, de beuz + -adeg. Beuzadenn {beuzadenn-, 1847), s. £, noyade, de beuz+ -adenn. Beuzeg {beuzecq, 1732), adj. quai., sujet aux inondations, de beuz+ -eg. Beuzer {beuzer, 1958), beuzour {beuzour, 1992), s. m., noyeur, de beuz+ -erl -our. Beuzerezh {béereh, 1919 ; beuzerez, 1931), s. m., noyade(s), immersion, de beuz + -erezh. Beuzidigezh {beuzidigez, 1931), s. £, noyade, de beuz + -idigezh. Beuzin {beuziff, 1499), v., (se) noyer, inonder, de beuz + -in, auquel correspondent le comique büdhyet le gal­ lois boddi. Diveuz {diveuz, 1958), adj. quai., émergé, et s. m., émergence ; montée en épis, de di- + beuz. Diveuzin {diveuzi, 1931), v., émerger, de di- + beuz+ -in.

Bever {bever, 1992), s. m., castor, procède du vieux bre­ ton beueret correspond au gaulois bebros présent dans plusieurs noms propres. Ce dernier est passé en latin po­ pulaire sous la forme beber, bebrum à l’accusatif, duquel sont issus l’ancien français bievre et l’anglais beaver. Le comique beferct le gallois befersom empruntés à l’an­ glais. La mention bieuzr (1633) - à lire *bievzr- est un emprunt à l’ancien français. Bevaezh {bévez, 1821), s. m., aubaine, procède du latin benefactum par un bas latin *benfactum évolué à *benvaez en moyen breton.

Bevez {beuez, 1499), coupable, procède du vieux breton bibidàe même sens, auquel correspond le vieux gallois bibid. Bevezan, bevezin {bévezi, 1732), v., consommer, dissiper, de bevez + -ah / -in. Bevezer {bévézer, 1821), bevezour, s. m., consommateur, de bevez + -er / -our. Bew {beu, 1499), adj. quai., vivant, vif, procède du vieux breton biu et correspond au comique bew, au gal­ lois byw, au vieil irlandais béo, au gaulois *biuo-, tous tirés du celtique *biuo-s. Bewaad {biùat, 1919 ; bevaat, 1931), v., ranimer, raviver, vivifier, de bew + -aad.

Bewabl (bewabl, 1992), adj. quai., vivable, de bew + -abL Bewan (beuaff 1499), bewin (beüein, 1732), bewo (bewo, 1992), v., vivre ; nourrir, de bew + -an / -in / -o, Bewans (bevance, XVIe), s. m., vivres, alimentation, subsistance, de bew + -ans, apparenté au comique bewnans. Bewata (bewata, 1992), v., vivoter, de bew+ ad + -a. Bewder (beoder, 1732), s. m., vivacité, auquel cor­ respondent le comique bewder et le gallois bywder. Bewenn (beuen, 1426), s. f., lisière ; pansement, de bew + -enn. Bewennan (bevenna, 1931), bewennin (biùennein, 1919), v., border ; panser, de bew + -enn - + -an / -in. Bewer (bewer, 1992), s. m., viveur, de bew + -er. Beweres (beverès, 1732), s. £, vive ; reprise. Bewidig (bividicq, 1732), adj. quai., viable, de bew+ -idig, iden­ tique au gallois bywedig. Bewidigezh (beuidiguez, 1499), s. f., viabilité, de bew + -idigezh. Bewigennin (biuegennein, 1919), v., vivoter, de bew + -ig+ -enn + -in. Bewîkaad (biùekat, 1919 ; biwekat, 1931), v., raviver, vivifier, de bew+ -ig+ -aad Bewoniel (bewoniel, 1992), adj. quai., biologique, de bew + -oni + -el. Bewoniezh (bevoniez, 1931), s. f., biologie, de bew + -oniezh. Bewoniour (bevoniour, 1931), s. m., biologiste, de bew + -oni + -our. Bewus (biùus, 1919 ; bevus, 1931), adj. quai., vivifiant, de bew+ -us. Advewan (adveva, 1931), advewin (advewin, 1992), v., revivre, de ad- + bew + -an / -in. Damvewin (darnviùein, 1919), v., vivoter, de dam + bew + -in. Divewenn (divevenn, 1935), adj. quai., sans bordure, de di- + bew + -enn. Divewennan (divevenna, 1931), divewennin (divewennin, 1992), v., déborder ; chanfreiner, de di- + bew + -enn + -an / -in. Kenvewan (kenveva, 1876), kenvewin (kenvewin, 1992), v., cohabiter, de ken- + bew + -an /-in. Peusvew (peus-veo, 1732), adj. quai., à moitié vif, depeus- + bew. Treusvewin (treuzveva, 1944), v., transmigrer, de treus- + bew + -in. Kedvewin (kedvewin, 1992), s. v., symbiose, de ked + -bew + -in.

Bewin (beuyn, 1499), s. m., (viande de) bœuf ; maigre (viande, magret), procède d’un emprunt au latin bovinum de même que le gallois bywyn, moelle, cœur. Bez (bez, 1499), s. f, tombe, tombeau, sépulcre, cor­ respond au comique beth, au gallois bedd ; tous trois sont tirés du celtique *bed-o-, fosse. C’est du gaulois *bedo-, canal, fosse, qu’est issu le français biefpai le biais du latin populaire *bedum, canal, fossé. Beziad (bezhyad 1732 ; bésiad, 1821), s. f, sépulture, de bez + -iad Beziadur (beziadur, 1931), s. m., sépulture, in­ humation, de bez + -iadur. Bezian (bezhya, bezin, (bezin, 1992) v., donner une sépulture, de bez+ -ian!

-in. Bezzaad (bezhat, 1499), v., mettre au tombeau, de bez+ -aad. Divezian (divesia, 1847), divezin (divezin, 1992), v., ex­ humer, de di- + bez + -ian / -in. Bered (bezret, v. 1565-68), s. £, cimetière, de bez+ red auquel correspond le gallois beddrod.

Bezan (bezaff, 1499), v., être, exister, présente un radical bez- que l’on retrouve en gallois sous la graphie bydd. Bezans (bezançz, 1732), s. £, présence, de bez- + -ans. Bezant (besant, 1732), adj. quai., présent, de bez- + -ant. Bezoud (bezout, 1876), s. v., existence, de bez- + -oud Darvezan (darvézout, 1821), v., arriver, survenir, se pro­ duire, est attesté dès le vieux breton sous la forme conjuguée darued de dar- + bez- + -an. Didalvez (didaluez, sans valeur, 1499), adj. quai., vain ; fainéant, oisif, et s. m., vanité ; fainéantise, de di- + ta/+ bez. Didalvezan (didalueza, 1659), didalvezin (didalvezin, 1992), v., fainéanter, de di- + tal + bez- + -an / -in. Didalvezedigezh (didalvedigueh, 1723), s. £, oisiveté, de di- + tal + bez- + -edigezh. Didalvezzaad (didaluezhat, déb. XVIe), v., devenir vain, (se) dévaloriser, de di- + tal + bez- + aad. Digenvez (digenvez, 1883-86), adj. quai., solitaire, et s. m., solitude, de di- + ken- + bez. Divezoud (divezout, 1929-30), n. m., non-exis­ tence, de di- + bez- + -oud. Esvezan (esuezaff, 1499), v., s’absenter, de es- + bez- + -an. Esvezans (ezvezancz, 1732), s. £, absence, de es- + bez- + -ant. Esvezant (ezvezand 1732), adj. quai., absent, de es- + bez- + ant. Falvezan (falvezout, 1876), v., falloir, prétendre, de fall- + bez- + -an. Gouvezan (gouvezan, 1992), v., savoir, de gou- + bez- + -an. Gouvezoud (gouvezoud 1992), variante du précédent, de gou- + bez + -oud. Kenvezan (kenveza, 1927), v., coexister, de ken- + bez+ -an. Kenvezans (kenvezans, 1931), s. £, coexistence, de ken- + bez- + -ans. Ollvezans (ollvezans, 1992), s. £, omniprésence, de oil + bez- + -ans. Ollvezant (ollvezant, 1992), adj. quai., omniprésent, de oil + bez + -ant. Talvezan (talveza, 1732), v., valoir, de tal+ bez+ -an. Teurvezan (deuruout, 1499 ; deruezout, vouloir, 1659), v., condescendre, dai­ gner, est formé avec teur-, deuren moyen breton, iden­ tique au comique der- et au gallois dawr, élément de nymtawr, peu m’importe. Pezsonj (pessonj, 1992), interj., sache(-le bien), de (az)pezsonj.

Bezenn (bezenn, 1943), s. £, phalange, procède du vieux breton bodin, armée, troupe, et a pour correspondant le gallois byddyn, armée. Bezhin {bezin, 1499), coll., algues, proviendrait d’un ancien *guoethin disparu et formé du préfixe dépréciatif

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gou- et de ethin, attesté en vieux breton au sens ¿’“ajonc”, mot que l’on rapprochera du gallois moderne eithin, bruyère, plante épineuse, et de l’irlandais aiteann (vieil irlandais aitenn). Il y aurait eu substitution de la syllabe initiale. Bezhinad (behinad 1919), s. m., récolte d’algues, de bezhin + -ad. Bezhinadeg (bezhinadegy 1992), s. £, récolte d’algues, de bezhin + -adeg Bezhineg (behinegy 1919 ; bezineg, 1931), s. f., gisement d’algues, de bezhin + -eg. Bezhiner (béziner, 1732), bezhinour {béhinour, 1732), s. m., goémonier, de bezhin + -er / -our. Bezhinerezh (bézinérezy 1732 ; béhinereh, 1732), s. m., action de récolter les algues, de bezhin + -erezh. Bezhinna (bézinOy 1732), v., récolter les algues, de bezhin + -a. Bezhinus (bezhinuSy 1992), adj. quai., abon­ dant en algues, de bezhin + -us. Gourvezhin (gourvezhin, 1992), coll., algues magiques, de gour- + bezhin. Bezw {bezuy 1499), coll., bouleau(x), procède du vieux breton bedu. Comme le comique besow (vieux comique bedew-Y le gallois bedwy l’irlandais beith (vieil irlandais beithejy le gaulois betuOy tous remontent à un celtique *betu-. Bezwenneg (bezvennecy 1732), s. f., boulaie, de bezw+ -enn + -eg. Bezwid (bezvity 1540), s. f., boulaie, de bezw+ -id. Bezwoed (bezuety 1442), s. f., boulaie, de bezw + -oed. Bibich (bibich, 1992), adj. quai., bigleux, et s. m., mi­ nou, procède vraisemblablement du français bibiche (1840) avec redoublement du groupe initial bi-. Bibl (Bibk 1499), s. m., bible, est un emprunt à l’an­ cien français bible (XIIe), issu du latin ecclésiastique bibliad’origine grecque, bibliay les livres (sacrés). Le gal­ lois Beibl procède directement du latin.

Biched (bichedy 1992), s. m., poche, est un emprunt à l’ancien français bichety mesure de grains (XIIe), issu du latin populaire *bicariumy lui-même du bas latin becarius d’origine grecque.

Bid {bidy 1821), s. m., as ; point (aux dés), pourrait se rattacher au radical du verbe ancien français bidery trot­ ter, à sens péjoratif. Bidan {bidany 1633, comme nom de personne à Landerneau, 29), s. m., roitelet, de bid + -an. Bidanell (bidanell 1992), s. £, girouette (en par­ lant d’une personne), de bid + -an + -ell est attesté comme nom de personne sous la graphie Bidanel en 1670 à Plouvien (29). Bidanellad (bidanellady 1992), v., déblatérer, de bid+ -an + -ellл- -ad Bided {bidety âne, 1534), s. m., bidet, emprunté directement au français. Bidedus (bidedusy 1958), adj. quai., jaloux, de bided+ -us. Bidennow {bidennoù, 1992), s. pl., vannes (au sens d’histoires), de bid+ -enn + -ow. Bidi (bidiy 1992), s. m.,

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bouc, de bid+ -i. Bidies (bidiezy 1958), s. f., chevrette, de bid+ -i + -es. Bidoch (bidochy 1992), s. m., bidet, de bid + -ochy suffixe à valeur péjorative. Bidochenn (bidochenny 1992), s. f., femelle du bidet, de bid+ -och + -enn. Bidoc’h (bidoh, 1919), s. m., chevreau, de bid + -och. Bidoc’hig (bidochig, 1992), s. m., benjamin, dernier-né, de bid + -och + -ig. Bidoc’haj (bidohajy 1919), s. m., gaudriole, de bid+ -och+ -aj.

Bidew (bideauy 1633), gaffe, perche, est apparenté à l’ancien français bedoil bâton ferré. Bidewian (bidéviOy 1821), bidewin (Jridewin, 1992), gaffer, de bidew + -ian! -in. Bidiad (bidiady 1992), v., sectionner, procède du vieux breton bitat dont le radical bit- est apparenté au gallois bidy haie taillée, et à l’irlandais bithy blessure. À ce ver­ be correspond le gallois bidioy tailler une haie. Bidon {bidony 1732), s. m., bidon, est un emprunt au moyen français (XVe), issu soit du Scandinave bida, vase, soit du grec médiéval pithôny tonneau. Bidoniad (bidonady 1931), s. m., bidon (de), de bidon + -ad.

Biell (biek 1821), s. f., vielle, est un emprunt au fran­ çais avec fausse régression de la consonne initiale, suite au genre féminin maintenu, le v- étant assimilé à un badouci après l’article. Le mot viele en 1130 est une variante de viole (XIIIe), issu de l’ancien provençal viola. Biellan (bieUa, 1821), v., jouer de la vielle, de biell + -an. Bieller (bieller, 1821), s. m., joueur de vielle, de biell + -er. Bier (byery 1633), s. m., bière, est un emprunt au moyen français biere (1429) issu du néerlandais bier. Bierer (bierer, 1992), bierour (bïeroury 1931), s. m., brasseur, de bier+ -er /-our. Biererezh {bïererezy 1931), s. m. et f, brasserie, de bier+ -erezh.

Biez (biezy 1992), s. m., bief, est un emprunt à l’ancien français biezy variante de bief, issu du latin populaire *bedum d’origine gauloise (voir bez). Bigalenn {bigalenriy 1927), s. £, dame-jeanne, dérive d’un emprunt à l’ancien français biguey longue pièce de bois.

Bignes (bingneseny 1633, au sing. ; bignèsy 1732), coll., beignets, est un emprunt à l’ancien français buignez (XIIIe), dérivé de buyney bosse provoquée par un coup (1378), mot à l’origine du moyen bigne (XVIe) et du mo­ derne beigne. Bigod {bigody 1732), adj. quai, et s. m., bigot, est un emprunt à l’ancien français bigot (1155), surnom in­ jurieux donné aux Normands et issu d’un juron bî Gody par Dieu, en ancien anglais, et qui prendra le sens de

“dévot” au XV siècle. Bigodaj {bigodaich, 1732), s. m., bigoterie, de bigod + -aj, calqué sur le français. Bigoderezh {bigoterez, 1709 ; bigodérez, 1732), s. m., bigoterie, de bigod + -erezh.

Bigod {bigod, 1992), s. m., picotin, est un emprunt à l’ancien français bigot, piquet, cheville. Bigodad, s. m., picotin (de), de bigod + -ad.

Bigoloss {bigoloss, 1992), coll., palourdes, pourrait pro­ venir du français bigleux avec adjonction d’une voyel­ le épenthétique.

s’amenuiser, diminuer, de bihan + -aad. Bihanniver {bihanniver, 1958), s. m., minorité, de bihan + niver.

Bijoutier {bijoutier, 1992), s. m., bijoutier, est un em­ prunt récent au français dont le mot est attesté en 1701 au sens de “marchand de bijoux”. Bijoutierezh {bijoutierezh, 1992), s. m. et £, bijouterie, de bijouti(er) + -erezh. Bijoutiri {bijoutiri, 1992), s. £, bijouterie, em­ prunté directement au français mais avec modification du suffixe -erie en -iri. Biken {biquen, 1659), adv., jamais, voir *bizh.

Bigoudenn {bigouden, 1833), adj. quai, et s. £, bigoudène, est un dérivé en -enn de l’ancien français bigot, pointe, cheville, surnom donné à la coiffe puis à la fem­ me qui la portait, en raison de la petite pointe que la coiffe présentait à l’arrière de la tête, à l’origine. Bigputaer {bigouter, 1992), s. m., Bigouden, de bigoud + -a + -er, substantif formé sur un verbe *bigouta3M sens possible de “courir la Bigoudène”.

Bil {bizl-en 1285 dans le dérivé Bizlac, lieu-dit en SaintAndré-des-Eaux, 44), s. m., pointe, hauteur, est vrai­ semblablement apparenté au gaulois bilio-, arbre, élément de plusieurs noms de lieux, au vieil irlandais bile, arbre de grande taille.

Bigr {bigr, 1919), s. m., vilain animal, est un emprunt au français bigre, variante par transformation euphé­ mique de bougre, mot issu du bas latin Bulgarus (VIe).

Bilboch {bilboch, 1992), s. m., sac en bandoulière, s’ex­ plique par les mots bilh avec perte de la mouillure, et poch emprunté au français, soit le sens de “poche qui pend”.

Bigrian {bigria, 1931), bigrin {bigrin, 1992), v., bra­ conner, de bigr+ -ian / -in, procède du moyen français garde qui entretient les ruchers ; ce mot, issu du latin médiéval bigrius (xir), que l’on explique par le fran­ cique *bîkeri, pourrait n’être qu’un emprunt au vieux breton bigr, forestier, braconnier, latinisé qui désignait à l’origine “celui qui s’occupait des abeilles”. Bigrier {bigrier, 1931), s. m., braconnier, de bigr+ -ier.

Bilbod {billibot, 1919), s. m., quignon, balle (du jeu de crosse), gros poupon, se décompose vraisemblablement en ¿//-emprunté au français bille(1164) avec perte de la mouillure et en podadouci à l’initiale.

Bihan {bihan, 1499), adj. quai., petit, insuffisant, mo­ dique, procède du vieux breton bican, becan ; il a pour correspondants le comique byghan (moyen comique byhari}, le gallois bychan (vieux gallois bichari), l’irlan­ dais beagàn (vieil irlandais beccàri) ; tous sont formés sur un radical bih-, bich- encore en usage en gallois bych, en irlandais beaget en gaélique d’Écosse ¿^auquel on a adjoint le suffixe diminutif -an. Ces mots remonte­ raient au celtique *bekko. Bihanadur {bihannadur, 1927), s. m., diminution, de bihan + -adur. Bihanded {byhandet, XVIe), s. £, petitesse, petite quantité, de bihan + -ded. Bihander {biander, 1709), s. m., petitesse, de bihan + -der, auquel correspond le gallois bychander. Bihanentez {bihanentez, 1992), s. £, insuffisance, di­ sette, de bihan + -entez. Bihanez {bihannez, 1499), s. £, modicité, misère, de bihan + -ez. Bihanidigezh {bihanidiguez, 1499), s. £, amoindrissement, de bihan + -idigezh. Bihanikaad {bihannikaat, 1927), v., minimiser, de bihan + -ig + -aad. Bihannaad {bihanhat, 1499), v.,

Biketenn {biketenn, 1992), s. £, biquette, est un em­ prunt au français (1570), diminutif de bique, altération de biche sous l’influence de bouc.

Bilen {bilen, 1499), s. m., vilain, est un emprunt à l’an­ cien français vilain (XIe), issu du latin villanum, habi­ tant d’une villa. Le comique bylen, vilain, personne mauvaise, (le) Malin, et le gallois bilaen sont des em­ prunts au moyen anglais vilain, vileyn, issu lui-même de l’ancien français.

Bilgod {bilgod, 1992), coll., bigorneaux, pourrait se dé­ composer en bil- ci-dessus et kod adouci à l’initiale. Bilgota {bilgota, 1992), v., pêcher des bigorneaux, de bilgod + -a.

Bilh {bill, 1723), bâillon ; fausset, est un emprunt à l’an­ cien français bille, petite boule (XIIe), supposé d’origi­ ne francique *bikkiL> dé, ou peut dériver de bille, tronc d’arbre (voir le suivant). Bilhard {bilhard, 1732), s. m., billard, emprunté directement au français. Bilhbilhan {bilhbilhat, 1958), bilhbilhin {bilhbilhin, 1992), v., cou­ ler au compte-goutte, de bilh + bilh + -an / -in formé d’après le composé bilh-bilh, au compte-goutte. Bilhin {billein, 1723), v., bâillonner ; tirer au sort, de bilh + -in. Bilh {bilh, 1732), s. m., bille (de bois), mandrin, est un emprunt à l’ancien français bille, tronc d’arbre (XIIe)

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d’origine gauloise par le biais du latin populaire *bilia. Bilhes (bilhes, 1992), s. f., nana, de bilh + -es. Bilhetes (bilhetes, 1992), colL, billettes, emprunté directement au français. Bilhiñ (billein, 1919), v., mandriner, de bilh + -iñ. Ambilh (ambill, 1876), adj. quai., en tandem ; de tête, de am- + bilh. Divilh, adj. quai., en pendant, et s. m., pendentif, de di- + bilh. Divilhal ( ^divignal, 1924), de di- + bilh + -al. Divilhon (diuilloun, 1633), s. m., pendillon, de di- + bilh + - on. Ispilh (ispilh, 1732), adj. quai, et s. m., pendant, de es- + bilh. Ispilhañ (ispilha, 1931), ispilhiñ, v., pendre, de es- + bilh + -añ / -iñ. Istribilh (istribilh, 1732), adj. quai., accroché, et s. m., acrobate, fantaisiste, de es- + tre- + bilh. Istribilhañ (istribilla, 1716), istribilhiñ (istribilhiñ, 1992), v., accrocher, de es- + tre- + bilh + -añ / -iñ. Istribilhon (istribilhon, 1992), s. m., breloque, pendeloque, de es+ tre- + bilh + -on. Distribilh (distribilh, 1732), adj. quai., accroché, présente un ¿/-prosthétique à l’initiale. Distribilhañ (distribuía, 1659), distribilhiñ (distribil­ hiñ, 1992), v., décrocher, de d- + istribilh + -añ / -iñ. Dizivilhañ (dizivilha, 1732), dizivilhiñ (dizivilhiñ, 1992), v., dégrafer, de di- + di- + bilh + -añ / -iñ.

Bilhon (bilhon, 1992), s. m., ivraie, ray-grass, est un em­ prunt au français billón, qui avait, au XVIIIe siècle, le sens de “crête entre deux sillons”. Francis Vallée traduit le français par ero bihan, petit sillon. L’évolution séman­ tique est probablement due au fait que l’ivraie poussait sur la crête du sillon. Le français billón, issu de l’ancien français au sens de “morceau, débris”, est un dérivé de bille, tronc d’arbre. Bilhongerc’h (bilhongerch, 1992), coll., folle avoine, de bilhon + kerch.

Bili (bilienn au sing., 1499 ; bily, déb. XVIe), coll., ga­ lets, est à rapprocher du comique bulyet du gallois bùl, de même sens. Tous procèdent d’un ancien *bul, pierre ronde, le -i final étant la marque du pluriel. C’est sous l’influence de ce suffixe que bili a subi la contamina­ tion de sa voyelle initiale. Employé en tant que collec­ tif, le mot initial s’est perdu au profit du singulatif bilienn. Bilieg (biliec, 1440, dans le lieu-dit Brenbiliec, aujourd’hui Brambillec en Kervignac, 56), s. £, lieu abondant en galets, de bili + -eg. Bilim (velim, 1723), coll., boutons (de peau), est un emprunt, avec fausse restitution de la consonne initia­ le et dissimilation, à l’ancien français venim (1119), issu du latin populaire *veninem d’un classique venenum. Bilimadur (velimadur, envenimure, 1723), s. m., infection, de bilim + -adur. Bilimañ (bilima, 1927), 110

bilimin (velimein, 1723), v., s’infecter, de bilim + -an / -in. Bilimus (bilimus, 1992), adj. quai., infectieux, vireux, de bilim + -us. Divilim (divilim, 1992), adj. quai., anti-infectieux, de di+ bilim. Diviliman (diviliman, 1992), divilimin (divilimin, 1992), v., désinfecter, de di- + bilim + -an / -in.

Bindedow (bindedou, 1633), s. pl., trébucher, d’origi­ ne incertaine, est formé sur un singulier binded(Y751'}, guère usité. Bindedan (bindeda, 1732), bindedin (bin­ dedin, 1992), v., peser avec le trébucher, de binded + -ah / -in. Bindeder (bindeder, 1927), bindedour (bindedour, 1992), s. m., personne pointilleuse, de bin­ ded + -er / -our. Bined (bined, 1992), s. m., binette, est un emprunt, avec adoucissement de la finale, au français dont le mot est attesté en 1651. Binetenn (binetenn, 1992), s. f, bi­ nette, procède du même mot mais avec adjonction du suffixe -enn. Binetad (binetad, 1992), v, biner, de binet+ -ad. Binetesin (binetesin, 1992), v., biner, est formé sur une variante *binetes + -in.

Binim (bénin, déb. XVIe ; binim, 1633), s. m., venin, em­ prunté à l’ancien français venim (1119) avec fausse ré­ gression v- / b-. Binimadur (binymadur, 1732), s. m., envenimement, de binim + -adur. Biniman (binima, 1659), binimin (binimi, 1659), v., envenimer, de binim + -in. Binimus (venimus, déb. XVIe ; binymus, 1732), adj. quai., venimeux, vénéneux, de binim + -us. Divinim (divinim, 1992), adj. quai., anti-vénéneux, anti-venimeux, de di- + binim. Diviniman (diviniman, 1992), divinimin (divinimin, 1992), v, désenvenimer, de di- + binim + an / -in. Binot (binot, 1919), s. m., ruche (en paille), est diffe­ rent du français binot, petite charrue à faire le binage, d’origine picarde. Binoter (binotér, 1919), s. m., roitelet, de binot + -er.

Bins (viçc, 1633 ; vins, 1659 ; bins, 1732), s. f, vis ; escalier à vis, est un emprunt par nasalisation à l’ancien français vis (fin XIe), issu du latin vitis, vrille de la vigne. Le comique bynsa pris le sens de “étau”. Binsad (bin­ sad, 1992), s. f, gnon, de bins + -ad. Binsan (binsa, 1927), binsin (binsin, 1992), v., visser, de bins + -an / -in. Binsellin (binsellin, 1992), v., vriller, de bins+ -ell + -in. Divins (divins, 1992), adj. quai., mauvais, méchant, de di- + bins. Divinsan (divinsa, 1914), divinsin (divin­ sin, 1992), v., dévisser, de di- + bins + -an / -in. Bintan (bintan, 1992), bintin (bintin, 1992), v., se cam­ brer, a probablement la même origine que le français

bander (XIIIe), emprunté au francique *bindjan que l’on rapprochera de l’allemand binden, lier, et de l’anglais (te) bind de même sens.

Bioc’henn (bioheny 1919), s. f., tumulte, suppose une forme initiale * berwochenn, composée de berw (voir ce mot) et des suffixes -oc h et -enn.

Bioned (bioned, 1992), coll., vigneau, vignot, se pré­ sente comme une altération de ce dernier et suppose une évolution avec métathèse par *biogned puis perte de la mouillure. Bionenn (bionenny 1821), s. £, tirelire, dérive du pré­ cédent par sa forme singulative.

Biorc’h (biorchy 1821), s. m., cervoise, procède du fran­ çais bière par substitution par la finale -orch à valeur péjorative du groupe -ère. Bir (¿/r, 1659), s. m., flèche ; grosse vis, reste d’éty­ mologie inconnue.

Birbilhad (birbilhad, 1992), v., jacasser, est un emprunt au français babiller avec changement de préfixe. Birbilher (birbilher, 1992), s. m., jacasseur, de birbilh+ -er. Birbilherezh {birbilherezhy 1992), s. m., jacasserie(s), de birbilh- + -erezh. Birous (birouSy fluide, 1723), adj. quai., chassieux, est un dérivé en -ous de ber (voir ce mot). Birousaj {birouzaj, 1919), chassie ; fluide, de birous + -aj.

Birviken (bizhuiqueny 1499), adv., jamais, voir *bizh. Birvilh {birvilhy 1927), s. m., animation, enthousias­ me, est un dérivé en -ilh de berw (voir ce mot) avec contamination de la voyelle initiale. Birvilhan (birvilha, 1927), birvilhin {birvilhihy 1992), v., animer, émoustiller, enthousiasmer ; frémir (en parlant de l’eau), de berw+ -ilh + -an/ -in. Birvilher (birvilher, 1992), s. m., personne enthousiaste, de berw + -ilh + -er. Birvilhus (birvilhuSy 1992), adj. quai., enthousiasmant, de berw + -ilh + -us.

Bis (vizey 1744 ; bizy 1843), s. f, visée, point de mire, est un emprunt, avec fausse régression, au déverbal du verbe viser. Le français est issu du latin populaire visare. Bisadur (bisadur, 1732), s. m., visée, action de viser, de bis + -adur. Bisan (visaffy 1499 ; bisay 1659), bisin (viseiny 1723), v., viser, de bis + -an / -in. Biser (bizery 1931), s. m., viseur, collimateur, de bis + -er. Biserezh (visereahy 1744 ; bizerez>y 1931), s. m., action de viser, de bis + -erezh. Bis (bisy 1499), s. m. ou f, nord-est, est un emprunt à l’ancien français bisey vent du nord-est (déb. XIIe), issu du francique *bisia équivalant à l’ancien haut allemand

bisa. Bisin (bisifiy 1992), v., virer au nord-est, de bis + -in. Bis (besy bisy 1499), s. m., doigt, procède du vieux bre­ ton besy bis. Il a pour correspondants le comique bys (vieux comique bes) y le gallois bySy le moyen irlandais biss. Tous ces mots sont tirés du celtique *bissi-. Bisad (bizad, 1927), bisiad (biziady 1927), s. m., doigt (de), mal au doigt, de bis + -(i)ad. Biseg {bizeky 1931), adj. quai., digité, et s. m., digitigrade, de bis + -eg. Bisour (bisourry 1744), s. m., bijou, de bis+ -our. Bisow (besoin 1499 ; bisouy 1633), s. m., bague, bijou, de bis+ -owy identique au vieux comique bisou. Bisowed {biseuéty 1723), s. m., bague, de bis + -ow + -ed. Bisowier (besouyery 1499), s. m., bijoutier, de bis + -ow + -ier. Bissaad (bésaty 1919), v., nourrir au doigt, de bis + -aad Dowviseg (daou-vézeky 1821), adj. quai., didactyle, à deux doigts, de dow+ bis+ -eg. Pempis (pempeSy 1499), s. m., œnanthe, de pemp + bis. Tribiseg (trybisecqy 1633), tridactyle, à trois pointes, de tri + bis + -eg. Enves (envezy 1716), s. m., virole, procède du vieux bre­ ton inuesy innbisy ennbisy virole, et se compose du pré­ fixe en- et de bes. Besprenn (brepeenëy 1723), s. m., bâton à bouillie, de bes + prenn. Besquen (besqueny 1464), s. f, dé (à coudre) ; cupule, de bes + ken. Beskenad (beskennad, 1931), s. f, dé (de), doigt (de), de bes + ken + -ad

Bisaj (visaigy 1464 ; bisagy déb. XVIe), s. m., visage, est un emprunt à l’ancien français visage (1080), dérivé de vis (XIe), lui-même issu du latin visum. Bisajenn (bisajenn, 1992), s. f, visière, visagère, de bisaj + -enn.

Bisibul (bizibuly 1927), s. m., jeu du tison enflammé, se présente comme une altération du nom Belzébuth. Bisibulan (bizibulay 1927), v., jouer au jeu du tison, de bisibul + -an. Bisigard (bisigardy 1992), s. m., encorbellement, se présente comme un composé possible de bis-y issu du français vis par fausse régression, et de regard sous une forme altérée. Bisit (bisit, 1623), s. m., visite (médicale), consultation, est un emprunt au moyen français visite (1556) y déverbal du verbe viseter(y?)y issu du latin visitare. Bisitan (uisitaffy 1499 ; bisydtOy 1732), bisitin (visiteifiy 1732), bisito (bisito, 1992), v., visiter, faire passer une visite, ausculter, de bisit + -an /-in /-o. Bisiter (bisydter, 1732), bisitour (bisydtoury 1732), s. m., visiteur, de bisit + -er/-our.

Bisk (bisky 1958), qui apparaît dans l’expression ober bisk, faire bisquer, est un emprunt au français moderne bisquey colère (v. 1850), déverbal du verbe bisquer issu 111

probablement du provençal bisca, faire enrager. Biskan (biskan, 1992), biskin (biskin, 1992), v., endêver, rous­ péter, de bisk + -an I-in. Biskenn (biskenn, 1992), s. £, chose regrettable, de bisk + -enn. Biskennad (biskennad, 1931), s. f., bisque (de), de bisk+ enn + -ad.

Bitaklaj (bitaklaj, 1992), s. m., trucs, de bitakl + -aj. Bitrak (bittracq, cage, 1633), s. m., bricole, gadget, bibelot, est une variante avec épenthèse et réduction du groupe final -kl de bitakl. Bitrakerezh (bitrakerezh, 1992), s. m., diverses bricoles, de bitrak + -erezh.

Biskinenn (biskinenn, 1958), s. £, bisquine, emprun­ té au français avec adjonction du suffixe -enn.

Bitous (bitous, 1992), adj. quai, et s. m., minus, est ap­ parenté au gallois bitw issu de pitw, tout petit, minus­ cule, par adoucissement de la consonne initiale. Ce mot dérive de *bit, morceau, petit tas (voir bitad). Bitousig (bitousig, 1992), s. m., petite algue, de bitous + -ig. Bitousenn (bitousenn, 1992), s. £, bitte, de bitous + -enn.

Biskot (biskot, 1992), coll., biscottes, est un emprunt au français moderne (1807) issu de l’italien biscotto, deux (fois) cuit. Biskoul (bescoul, 1464), coll., chenilles, présenterait un -/final par analogie avec le mot prenv ar chaol (preffan cauk 1499), chenille. Le mot aurait un rapport avec la variante aposture, infection, de apostume. Biskouled (biskoulet, 1992), part, passé, attaqué, envahi par les che­ nilles, de biskoul + -ed. Diviskoulan (diviskoula, 1931), diviskoulin (diviskoulin, 1992), v., écheniller, de di- + biskoul + -ah / -in.

Bispid (bispit, 1633), coll., biscuits, est un emprunt, avec réduction de la diphtongue et substitution de la consonne sonore, à l’ancien français biscuit (XIIIe), for­ mé de bis-, deux fois, et cuit. Bispu (bispu, 1992), coll., biscuits, se présente comme une variante de bispid ; c’est un emprunt plus tardif avec également réduction de la diphtongue et substi­ tution de la consonne sonore.

Bissig (bissig, 1992), s. m., chaton, est un emprunt à l’ancien français bisse, issu du latin populaire *bestia, bête. Bitad (bitad, 1919), s. m., petit tas, semble un dérivé en -ad d’un emprunt à l’ancien français bite, pierre grossièrement équarrie dont l’une des faces est à vive arête, et s’apparente à l’anglais bit, morceau, tas. Bitadin (bitadein, 1919), v., faire des petits tas, de bitad + -in.

Bitailh (uitaill, bitaill, 1499), est un emprunt à l’ancien français vitaille, victuailles (1138), issu du latin victualis. Le mot présente une fausse régression v- / b- comme beaucoup d’emprunts de la période du moyen breton. Le gallois bitail et l’irlandais béotaille proviennent du moyen anglais vitaile. Bitailhan (bitaillaff, 1521), bitailhin (bitailhin, 1992), v., (se) ravitailler, de bitailh + -ah / -in. Bitailher (bytailhèr, 1732), bitailhour (vitaillour, 1744), s. m., vivandier, de bitailh + -erl-our. Bitakl (bitacle, 1744), s. m., habitacle, est un emprunt, par aphérèse de la syllabe initiale, au français habitacle (1120), issu du latin habitaculum, petite maison. 112

Bitum (bituma, 1732), s. m., bitume, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1549, est issu du latin bitumen. Bituman (bituman, 1992), bitumin (bitumin, 1992), v., bitumer, de bitum + -an/ -in.

Bivak (bivak, 1992), s. m., bivouac, est un emprunt, avec réduction de la diphtongue, au français dont le mot procède de l’alémanique Bîwacht, patrouille sup­ plémentaire de nuit. Bivakin (bivakin, 1992), v., bivouaquer, de bivak + -in. Biwig (bivik, 1876), s. m., coccinelle, de beu>+ -ig, par affection vocalique.

Bizies (bihays, 1732), adj. quai, et coll., biais, est un em­ prunt au français d’origine provençale, lui-même issu du grec epikarsios, oblique. Biziesin (biésal, 1732), v., biaiser, de bizies + -in.

*Bizh, disparu en breton, correspond au comique byth, au gallois byth et à l’irlandais bith tous de même sens, “jamais”. Il entre cependant en composition dans biken (biquen, 1659), adv., jamais, de *bi(zh) + ken, dans birvikén (bizhuiquen, 1499), adv., jamais, de bizh (évolué à bir- par rhotacisme) + mui + ken, apparenté au comique bys vycken, dans bitez (bité, XVIIe), adv., (dès) aujourd’hui, de bizh + dez, dans bizkoazh (bezeoaz, 1576), adv., jamais, de bizh + choazh, dans hivizhikén (heuiziquen, 1499), adv., dorénavant, de he+ bizh+ mui + ken, et sous la forme *bezh dans dalbezh (dalbéh, 1904), adv., toujours, constamment, de dalch + -bezh. Bizkoazh, adv., jamais, voir *bizh. Blagan (blagan, 1992), blagin (blagih, 1992), v., cau­ ser, est un emprunt récent au français moderne blaguer (1808), dérivé de blague (déb. XVIIIe), et emprunté au néerlandais blagen, se gonfler. Blagadenn (blagadenn, 1992), s. £, causette, de blag- + -adenn. Blagerezh (blagerezh, 1992), s. m., blague(s), sujet de la causette, de blag- + -erezh. Blagourachow (blagourachoù, 1992), s. pi., blagues, de blag- + our + -ach + -ow.

Blam (blam, 1499), s. £, blâme, est un emprunt à l’an­ cien français attesté en 1080 sous la graphie blasme, dé­ verbal de blasmer, verbe issu du latin blastemare. Blaman (blammajf, 1499), blamin (blamein, 1744), v., blâmer, de blam + -an / -in. Blamus (blamus, déb. XVIe), adj. quai., blâmable, de blam + -us. Divlam (diblam, 1650 ; divlam, 1659), adj. quai., ir­ répréhensible, de di- + blam. Divlaman (divlam, 1557), diviamin (divlamin, 1992), v., dédouaner, de di- + blam + -an / -in. Blank (blank, 1821), adj. quai., faible, débile, délicat, est un emprunt au français blanc au sens métaphorique de “blanc comme un linge”. Blankaad (blankaat, 1927), v., (se) débiliter, de blank + -aad. Blankter (blankder, 1927), s. m., débilité, de blank + -der. Blank (blancq, 1732), s. m., sou, est un emprunt au français blanc d’après la couleur de la pièce de monnaie. Blankad (blancad, 1856), s. m., sou (de), de blank+ -ad Blankowier (attesté par le nom de personne Blancouyer en 1540), s. m., marchand de sous, de blank + -ow+ -ier.

Blas (blas, 1499), s. m., goût, a pour correspondants le comique blas, le gallois blas et l’irlandais blas (vieil irlandais mlas) ; tous sont tirés du celtique *mlasto. Blasan (blazajf, déb. XVIe), blasin (blazein, 1744), blaso (blaso, 1992), v., avoir du goût, goûter, de blas + -an / -in / -o, identiques au comique blasa et au gal­ lois blasu. Blasenn (blazenn, 1931), s. f., sapidité, (mauvaise) odeur, de blas+ -enn. Blaser (blazér, 1927), adj. quai., odorant, qui sent fort, de blas + -er. Blaserezh (blazérez, 1821), s. m., (mauvaises) odeurs, de blas + -erezh. Blasera (blaseta, 1931), dé­ rivé en -a du part, passé blased, v., déguster. Blasetaer, s. m., dégustateur, de blas + -ed + -a + er. Blassaad (blashat, 1499), v., goûter, avoir une odeur, flairer, de blas+ -aad. Blasus (blazus, 1958), adj. quai., goûteux, qui a du goût, emprunté au gallois blasus. Blisig (blisic, 1499), adj. quai., délicat (de goût), de blas affecté en blis- + -ig. Divlas (dyblas, XVIe ; dyulas, 1650), adj. quai., insipide, de di-+ blas. Divlasadur (divlasadurr, 1744), s. m., in­ sipidité, fadeur, de di- + blas + -adur. Divlasamant (moyen breton divlasamani), s. m., affadissement ; ré­ pulsion, de di- + blas + -amant. Divlasan (divlasa, 1732), divlasin (divlasin, 1992), v., (s’)affadir, (se) dé­ goûter, de di- + blas + -an / -in. Divlasted (diblasdet, 1557), s. £, infamie, de di- + blas + -ded. Divlaster (dyufflaster, 1650), s. m., dégoût, infamie, de di-+ blas + der. Divlasus (divlazus, 1958), adj. quai., affadissant,

de di- + blas + -us. Gouvlasan (gouvlasan, 1992), gouvlasin (gouvlasin, 1992), v., perdre le goût (en parlant des pommes de terre qui se refroidissent), de gou- + blas + -an / -in. Blasc’hoarz (blashoarh, 1732), s. m., sourire, de blas + choarz. Blasc’hoarzin (blashoarhein, 1732), v., sourire, de blas + choarz + -in.

Blasfem (blasphem, 1499), s. m., blasphème, est un em­ prunt à l’ancien français dont le mot, attesté à la fin du XIIe siècle, est issu du grec blasphêmein par le latin chrétien blasphemare. Blasfeman (blasphemaff, 1499), blasfemin (hlasphemi, 1659), v., blasphémer, de blas­ fem + -an/-in. Blasfemer (blafemeur, 1709), s. m., blas­ phémateur, de blasfem + -er. Blawach (blaouach, 1931), s. m., terreur, épouvante, voir brawae’h.

Blech (blech, 1919), adj. quai., brute, acariâtre, procè­ de du moyen breton bleç, péché (1689) ; c’est un em­ prunt au déverbal du verbe blecier, amollir en battant, mettre en pièces, issu du germanique blettjan, meurtrir. Blechad (bléchat, 1919), v., maltraiter, prendre en traître, de blech + -ad. Blechard (blechard, 1919), s. m., brute, de blech + -ard. Blecher (blecher, 1992), s. m., personne brute, de blech + -er. Blein (blein, 1744), adj. quai., venant en premier ; de flèche, et s. m., extrémité, flèche, procède du vieux bre­ ton blein, sommet, extrémité. Il a pour correspondants le comique blyn, le gallois blaen, sommet, bout, fin, l’ir­ landais bléin, groin ; cavité. Tous postulent pour un cel­ tique *blekno ou *blakno. Une forme blaen a existé en vieux breton, attestée par le lieu castrum Blaen men­ tionné en 1018. Bleinan (blénaou blénia, 1821), bleinin (bleinin, 1992), v., conduire, guider, de blein + -an / -in, identiques au comique blynya et au gallois blaenu. Bleiner (bléner ou blénier, 1821), bleinour (bleinour, 1992), s. m., conducteur, guide, de blein + -er / -our, auxquels correspond le gallois blaenwr. Bleinerezh (blénérezow blénierez, 1821), s. m., conduite, guidage, de blein + -erezh. Bleinenn (bleynenn, 1499), s. £, som­ mité, sommet, faîte, de blein + -enn. Divleinin (divleinein, 1919), v., écimer, de di- + blein + -in. Pellvleinan (pellvleinan, 1992), peilvleinin (pellvleinin, 1992), v., téléguider, de pell+ blein + -an I -in.

Bleiz (bleiz, 1499), s. m., loup, procède du vieux bre­ ton bleid et correspond au comique blyth (vieux cornique bleit), au gallois blaiddet au vieil irlandais bled, baleine ; tous sont tirés du celtique *bled-yo. Bleizaj (bleiaj, 1919), s. m., gens effrontés, pillards, de bleiz + 113

-aj. Bleizan {bleiza, 1732), bleizin {bleiein, 1919), v., louveter ; incendier (d’injures), de bleiz + -an / -in. Bleizes {bleizes, 1499), s. £, louve, de bleiz + -es, de même formation que le comique blydhes. Bleizig {bleizicq, 1732), s. m., louveteau, de bleiz + -ig. Gandeiz {garvleiz, 1992), s. m., aigle de mer, de gar- + bleiz Krennvleiz {crenn-vleiz, 1732), s. m., louvet, de krenn + bleiz Morvleiz {mor-vleiz, 1732), s. m., squale, de mor + bleiz, auquel correspondent le comique morvlyth, squale, requin, et le gallois morflaidd, bar, poisson-chat. Blej {blej, 1867), s. m., limaçon ; beuglement, est de formation onomatopéique. Blejadeg {blejadeg, 1931), s. f, beuglante, de blej + -adeg. Blejadenn {blejadenn, 1931), s. £, beuglement, de blej + -adenn. Blejal {bleugai, 1633 ; blegeal, 1659), v., beugler, brailler, chialer, gueuler, de blej + -ai Blejer {blejer, 1992), blejour {blejour, 1992), s. m., braillard, chialeur, gueulard, de blej + -er / -our. Blejerezh {blegérez, 1732), s. m., beugle­ ments), braillement(s), de blej + -erezh. Blemmow {blemmoù, 1958), s. pl., encastelure, appa­ raît comme le pluriel de blém (1732), blême, emprunté au français mais qui a gardé le sens du verbe ancien fran­ çais blesmir, rendre livide, meurtrir, blesser (fin XIIe).

Blench {blinchen, au sing., 1659 ; blenchou, au pl., 1709), s. m. ou coll., extrémité, (menu) branchage ; rin­ ceaux, reste d’étymologie controversée. Blenchad {blenchad, 1992), s. m., botte (de), de blench + -ad. Blenchan {blenchan, 1992), v., botteler, de blench + -an. Blenchenneg {blénchennek, 1931), adj. quai., qui a de menues branches, de blench + -enn + -eg. Blenchowa {blénchoua, 1927), v., chercher des brin­ dilles, de blench + -ow + -a. Divlenchan {divlencha, 1857), v., écimer, de di- + blench + -an.

Bless {blecc, 1557), s. m., blessure, est un emprunt au déverbal de l’ancien français blecieriys'j. Blessadur {bleczadur, v. 1565-68), s. m., plaie, de bless + -adur. Blessan {bleczaff, déb. XVIe), blessin {bleçzein, 1732), v., blesser, de bless + -an / -in. Bleud {bleui, 1499), s. m., farine, poudre, et coll., corps farineux, procède du vieux breton blot. Il a pour cor­ respondants le comique blés (vieux comique bioh, le gal­ lois blawd, et est apparenté à l’irlandais blàith, tendre, délicat. Toutes ces formes postulent pour un celtique *mlato. Bleudan {bleuda, 1732), bleudin {bledein, 1744), v., fariner, enfariner ; blettir, de bleud + -an / -in. Bleudeg {bleudecq, 1732), adj. quai., farineux, farinacé, féculent, de bleud + -eg. Bleudenneg {bleudennek, 1870), adj. quai., farineux, de bleud + -enn + -eg.

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Bleudennin {bleudenni, 1927), v., se réduire en farine, de bleud + -enn + -in. Bleuder {bleuder, 1732), bleudour, s. m., personne qui vend de la farine, de bleud + -erl-our, équivalant au gallois blodiwr. Bleudus {bleudus, 1927), adj. quai., qui produit de la farine, de bleud + -us. Bleuta {bleuta, 1927), v., chercher ou mendier de la farine, de bleud + -a, auquel correspond le gallois bio­ ta même sens. Bleutaer {bleutaer, 1992), bleutaour {blêttaourr, 1744), s. m., minotier, de bleud + -a+ -erl -our. Bleutaeri {bleutaeri, 1992), s. f, tamis à farine, de bleud + -a + -eri. Bleukad {bleukad, 1992), v., donner des bourrades, ap­ paraît formé sur beuk avec un -/- épenthétique. Bleukad {bleukad, 1992), s. m., bourrade, de bleuk-+ -ad Bleukenn {bleukenn, 1992), s. £, nana, de bleuk- + -enn. Bleuniow {bleunyou, déb. XVIIIe), s. pl., fleurs, florilè­ ge, procède du suivant par dénasalisation. Bleuniadur {bleuniadur, 1931), s. m., inflorescence, de bleun- + -iadur. Bleunian {bleûni, 1821), v., fleurir, s’épanouir, de bleun- + -ian. Bleuniowa {bleuniaoua, 1958), v., chercher des fleurs, de bleun- + iow + -a. Bleunieg {bleuniek, 1931), adj. quai., fleuri, de bleun- + -ieg. Advleunian {advleunia, 1931), v., refleurir, de ad- + bleun + -ian. Divleunian {divleûni, 1821), v., défleu­ rir, de di- + bleun + -ian.

Bleunv {bleuzff, 1464 ; bleuzu, 1633 ; bleunzv, 1659), coll., fleurs ; menstrues, procède du vieux breton bloduu par nasalisation et lénition interne ; il correspond au comique blejyow (vieux comique biodon ; moyen bledzhari), au gallois blodau {blawdau sing.), au gaulois blato-. Gts formes remontent au celtique *blat-. Bleunvadur {bleunvadur, 1931), s. m., effloraison, de bleunv + -adur. Bleunveg {bluzuec, 1464 ; bleuecq, 1633), adj. quai., fleuri, et s. £, massif fleuri, de bleunv + -eg, à rapprocher du comique blejyowek et du gallois blodeuog. Bleunvidig {bleunvidig, 1992), adj. quai., ef­ florescent, de bleunv + -idig. Bleunvidigezh {bleunvidigez, 1931), s. £, efflorescence, épanouissement, de bleunv + -idigezh. Bleunvin {bleuzuaff, déb. XVIe ; bleunvi, 1732), v., fleurir, s’épanouir, de bleunv + -in. Bleunvus {bleunvus, 1931), adj. quai., florifère, de bleunv + -us. Advleunvin {advleuiïvi, 1931), v., refleurir, de ad- + bleunv + -in. Divleunv {divleunv, 1944), adj. quai., dé­ fleuri, et s. m., défloraison, de di- + bleunv. Divleunin {divlehuein, 1732 ; divleûnvi, 1821), v., défleurir, de di+ bleunv + -in.

Bleup {bleup, 1992), adj. quai., niais, bête, est vrai­ semblablement d’origine onomatopéique. Bleupaj

{bleupaj, 1992), s. m., bêtise, de bleup + -aj. Bleuperezh {bleuperezh, 1992), s. m., bêtise(s), de bleup + -erezh. Bleupin {bleupin, 1992), v., bêtifier, de bleup + -in. Divleupan {divleupa, 1931), divleupin {divleupin, 1992), v., déniaiser, rouler (un homme), de di- + bleup + -ah / -in. Divleupesan {divleupezan, 1958), v., dé­ niaiser (une femme), de di- + bleup + -es + -an.

Blevin {bleuin, 1557), adj. quai., ingambe, voir bliv. Blew {bleau, 1499), s. m. et coll., chevelure, cheveux, poils, robe (d’animal), procède du vieux breton bleu et correspond au comique blew (vieux comique bleu), au gallois blew ; tous trois sont tirés du celtique *blowi-. Blewa {bleoa, 1931), v., chercher des cheveux (à acheter), de blew + -a. Blewad {bleoad, 1941), s. m., chevelure (de), de blew+ -ad. Blewaj {blewaj, 1992), s. m., chevelure, de blew+ -aj. Blewata {bléoata, 1732), v., crêper le chignon, de blew + -ad + -a. Bleweg (vieux breton bleoc-, blehuec, 1499), adj. quai., chevelu, iden­ tique au comique blewak et au gallois blewog. Blewenneg {blevennek, 1927), adj. quai., poilu, velu, de blew + -enn + -eg, auquel correspond le gallois blewynnog. Blewennin {blevenni, 1931), v., se couvrir de poils, de blew + -enn + -in, à rapprocher du gallois blewynna, brouter. Blewier {bleoier, 1902), s. m., marchand de cheveux, de blew+ -ier. Blewus {blewus, 1992), adj. quai., pileux, de blew + -us. Azblew {azbleo, 1927), s. m. et coll., duvet, de az- + blew. Disview {disvlev, 1958), adj. quai., qui a perdu ses cheveux, de dis- + blew. Disvlewin {disvlevet, part, passé, 1871), v., épiler ; se dégarnir, de dis- + blew + -in. Divlew {dibleu, déb. XVIe ; divleau, 1723), adj. quai., sans cheveux, de di- + blew. Divlewan {dibleuaff, déb. XVIe ; divlevay 1732), divlewin {dibleuiff, 1499 ; divléüein, 1723), v., (s’)épiler, de di- + blew + -ah / -in. Divlewer {dibleuer, déb. XVIe), s. m., celui qui épile, de di- + blew + -er. Marblew {mar bleu, 1633), coll., du­ vet (de poil), bourre, de mar- + blew, auquel corres­ pondent le comique manview, duvet, cheveux fins, et le gallois manflew de mêmes sens. Marbleweg {marblevek, 1931), adj. quai., duveteux, de mar- + blew + -eg. Minvlew {minvlew, 1992), coll., moustache nais­ sante, de min + blew. Morblew {morblew, 1992), s. m., duvet (de poil) ; anatife, de mor- + blew.

Blez {blé, délicat, faible, mou, débile, 1821), adj. quai., étiolé, correspond au comique blüth et au gallois blydd, tendre, juteux, moelleux. Blezaad {bleaat, 1927), v., (s’)étioler (davantage), de blez+ -aad. Blezan {blezan, 1992), v., (s’)étioler, de blez+ -ah, auquel correspond le comique blüdhya, s’affaiblir.

Tamblezad {dambléat, 1927), v., mâchonner (avec pei­ ne et dégoût), de tamm + blez + -ad.

Blez {blé, 1723), s. m., an, procède du vieux breton blid, année. Blezad {blaiatt, 1744), s. m., année ; récolte, de blez+ -ad. Blezadenn {bléadenn, 1927), s. £, bête d’un an, de blez+ -adenn. Blewezh {bléüeh, 1732), s. m., an­ née, de blez + -wezh. Blizen (vieux breton bliden ; blizen, 1650), s. m., an, de blez+ -en auquel correspond le comique bledhen. Gourvlez {gourvlez, 1992), adj. quai., (âgé) de plus d’un an, de gour- + blez. Dowvlezin v., devenir suranné, de dow + blez + -in. Kantvlezad {cant-vlaiad, fin XVIIIe), s. m., siècle, de kant + blez+ -ad. Blim {blim, 1716), adj. quai., dispos, procède du cel­ tique *bli-mo- avec -i- bref.

Blin {blin, 1732), adj. quai., harassé, procède du vieux breton blin, mou, incertain, négligent ; vexant, irritant, pénible, et correspond au gallois blin, fatigué. Tous deux proviendraient soit du celtique *mleno- ou *mlino-, soit de g”lin-. Blinan {blinan, 1992), blinin {blinin, 1992) et blino {blino, 1992), v., harasser, déprimer, de blin + -ah / -in / -o, identiques au gallois blino, se fatiguer. Blinder (vieux breton blinder, mollesse, négligence), s. m., harassement, de blin + -der, équivalant au gallois blin­ der. Blinderas {blinderas, 1958), adj. quai., harassant, de blin + der+ -us. Blinnaad {blinaat, 1931), v., (se) dépri­ mer, auquel correspond le gallois blinhau. Blinus {blinus, 1992), adj. quai., harassant, déprimant, de blin + -us.

Blink {blink, 1919), adj. quai., bigleux, procède du moyen breton bigl (1499) par métathèse et mouillure du -g-. C’est un emprunt à l’ancien français bigle. Blinkadell {blinguadeell, 1744), s. £, clignotement, de blink + -adelL Blinkal {blingueal, 1732), blinkin {blinguein, 1732), v., bigler, clignoter, de blink + -al/ -in. Blinkell {blinkell, 1992), s. £, clignotant, de blink + -elL Blinkerezh {blingereh, 1904), s. m., action de cli­ gner, de blink + -erezh. Blinkour {blinguour, 1744), s. m., celui qui cligne de l’œil, de blink + -our. Blinv {bliù, déb. XVIIIe ; blyou, 1732), adj. quai., réjoui, vif, est une variante de blim mais elle est issue du cel­ tique bli-mo- avec -z-long. Blinvaad {blinvaad, 1992), v., (se) réjouir, de blinv + -aad.

Blioust {blious, 1716), s. m., écorce d’avoine, reste d’éty­ mologie incertaine. Blisig {blisic, 1499), adj. quai., délicat (de goût), voir blas. Blizen (vieux breton bliden ; blizen, 1650), s. m., an, voir blez.

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Bloaz {bloez, bloaz, 1499), s. m., an, correspond au cornique blothçx. au gallois blwyddez suppose un celtique *bleido. Bloaziad {bloazyat, 1499), s. m., récolte de l’an, millésime, de bloaz + -iad, identique au gallois blwyddiad. Bloaziadenn {bloaziadenn, 1931), s. f., bête d’un an, de bloaz + -adenn. Bloazian (¿Z?æzzæw,1992), v., suranner, de bloaz + -ian. Bloaziataer (bloaziataer, 1992), s. m., annuaire, de bloaz + -iad + -a + -er. Bloazieg {bloazyec, 1732), adj. quai., annuel, de bloaz + -ieg Bloawezh {bloazuez, déb. XVIe), s. m., année, de bloaz + -wezh, auquel correspond le comique blodwyth. Divloaz {divloaz, 1958), adj. quai., “sine anno”, de di+ bloaz. Gourvloaz {gourvloaz, 1931), adj. quai., (âgé) de plus d’un an, de gour- + bloaz. Dowvioaziad {daou-vloasiad, 1821), adj. quai., bisan­ nuel, de dow + bloaz + -iad. Dowvloazian (daouvloazian, 1992), v., devenir suranné, de dow + bloaz + -ian. Dowvloazieg {daouvloaziek, 1927), adj. quai., bisan­ nuel, de dow + bloaz + -ieg. Kantvloaziad {kant vloasiad, 1867), adj. quai, et s. m., centenaire, de kant + bloaz + -iad Tribloaziad {try bloazyat, 1499), adj. quai., triennal, trisannuel, de tri + bloaz + -iad.

Blochad {blochad, 1992), s. m., petit tas, procède d’une variante chuintée du français bloc emprunté au XIIIe siècle au néerlandais bloc, tronc abattu.

Bloch {bloch, 1659), adj. quai., en bloc, entier, et s. m., bloc, correspond au gallois blwch, petite caisse, boîte, souche, que l’on rapprochera du vieil haut allemand bioh. Blod {blot, 1659), adj. quai., mou, moelleux, souple, fondant, et coll., mollet, tendron, blanchaille, a même origine que le vieux breton blot, farine, mais s’en dis­ tingue par la quantité de sa voyelle, c’est-à-dire un -o bref à l’origine. À ce mot correspond l’irlandais blàith de même sens. Si l’un postule pour un celtique *mlo-ti-, le second réclame un celtique *mla-ti-. Blodad {blodad 1992), s. m., fourmilière, de blod+ -ad. Blodadur {blôdadur, 1821), s. m., ramollissement, de blod+ -adur. Blodan {bloda, 1659), blodin {blodein, 1723), v., ra­ mollir, de blod+ -an / -in. Blodeg {blodeg, 1931), s. f, mollusque, de blod+ -eg. Blodenn {bloden, 1919), s. f., partie molle du pain de blod + -enn. Blotaad {blotat, 1723), v., s’amollir, tiédir (en parlant du temps), de blod + -aad. Blotaj {blotaj, 1992), s. m., fretin, de blod + -(a)aj. Bloter {blôdder, 1821), s. m., mollesse, tendre­ té, de blod+ -der. Blotow {blotoù, 1992), s. pl., rebut, de blod+ -ow. Blogom {blougorn, 1732), s. m., bouvillon ; personne trapue, de blod + korn. 116

Blok {blok, 1992), s. m., bloc, est un emprunt au fran­ çais lui-même issu au XIIIe siècle du néerlandais bloc, tronc abattu. Blokad {blokat, 1876), s. m., bloc (de), grappe (de), de blok + -ad. Blokard {blokard 1992), s. m., partisan du bloc (des gauches), de blok + -ard. Bloneg {blonec, 1499), s. m., abdomen, procède du vieux breton blonec attesté au pluriel avec le sens de “en­ trailles, intestins”. Il a pour correspondants le comique blonek (vieux comique blonec), le gallois bloneg(moyen gallois blonec) et l’irlandais blonag, bien que celui-ci puisse avoir été emprunté au brittonique. Blonegenn {blonneguen, 1659), s. f, saindoux, axonge ; méduse, de bloneg + -enn, duquel on rapprochera le gallois blonegen.

Blons {blonç, 1716), s. m., meurtri, bleu, est un em­ prunt à l’ancien français bloste, motte de terre ; bouton, tumeur (1220), issu du germanique bluyster, ampou­ le. Blonsad {blossat, 1723), blonsin {blocein, 1723), v., meurtrir, contusionner ; émotter, verbe qui rappelle le sens initial de l’emprunt, de blons + -ad / -in. Blonsadenn {blonsadenn, 1931), s. f, contusion, de blons + -adenn. Blonsadur {blonçadur, 1659), s. m., meurtrissure, de blons + -adur. Blonserezh {blonsérez, 1821), s. m., action de meurtrir, de blons + -erezh.

Blont {blont, 1499), adj. quai., blond, est un emprunt à l’ancien français blond (1080), issu du germanique *blund Blontan {blondaff, déb. XVIe), v., blondir, devenir blond, de blont + -an. Blonteg {blontec, 1716), s. m., loche, de blont + -eg. Bloskenn {bloskenn, 1992), s. f, pièce (de terre, de ma­ çonnerie. ..) effondrée, procède vraisemblablement de l’ancien français bloste, motte de terre (1220), avec mo­ dification de la consonne finale.

Blouc’h {blouch, dans le nom de personne Le Blouch, 1427), adj. quai., glabre, imberbe, est attesté comme nom de personne sous la forme Bluch dans une charte du début du XIe siècle. Le mot a été présenté comme une évolution du bas latin *piluccare, épiler, issu du latin classique pilare. Bloue {plouë, 1732 ; blouhe, 1716), s. m., peloton (de fil, de laine), et sa variante bloued sont empruntés à l’an­ cien français ploi, pli, contour, ordre, ligne (1190), dé­ verbal deploier, issu du latin plicare. Blouean {blouéa, 1821), v., mettre en pelote, de bloue + -an.

Blouk {blouk, d’après le pl. bloukou, 1876), s. m., boucle, procède de l’emprunt boukl par métathèse ; voir ce dernier. Bioukan {blouka, 1931), bloukin {bloukein, 1919), v., boucler, de blouk + -an ! -in. Divioukan

{divloukan, 1992), divloukin {divloukin, 1992), v., dé­ boucler, de di- + blouk + -an / -in. Bloukard {bloukard, 1992), s. m., grosse houe à deux dents, est un emprunt, avec épenthèse, au français bocard marteau à écraser (1741). Boas {boas, déb. XVIe), s. m. ou f., habitude, et adj. quai., habitué, habituel, a pour correspondants le gallois moes, l’irlandais béas (vieil irlandais bés} et le gaulois bessu-. Ces mots postulent pour un celtique *bend-tu-. Boasamant {boazamant, 1944), s. m., pratique, tradition, de boas + -amant. Boasan {boasa, 1659), boasian {boasian, 1992), v., (s’)habituer, de boas + -an / -ian. Boasetaad {boazetaat, 1931), v., s’habituer, de boas + -ed + -aad. Boasieg {boaziek, 1931), adj. quai., habituel, de boas +

Advoas {advoaz, 1931), s. f., survivance de coutume, de ad- + boas. Amboas {amboaz, 1931), s. m., inten­ tion, de am- + boas. Divoas {divoas, 1732), adj. quai., déshabitué, inhabituel, de di- + boas, identique au gal­ lois difoes, sans mœurs. Divoasan {divoasa, 1732), divoasian {divoasian, 1992), v., (se) déshabituer, de di- + boas + -an / -ian. Bob {bob, glas, 1919), s. m., personne qui dodeline, est un emprunt à l’ancien français bobe, moue, tromperie (1306), d’origine onomatopéique. Bobin {bobein, 1723), v., sonner le glas ; dodeliner, de bob + -in. Bobelan {bobelan, 1919), s. m., papillon ; roitelet, d’emploi local, rappelle l’ancien français bobelin, nigaud, fat, insolent (1220), dérivé de bobe (voir bob).

Bobinad {bobinad, 1992), s. m., bobine (de), est un em­ prunt au français dont le mot est attesté en 1410. C’est aussi un dérivé de la racine bob- d’origine onomato­ péique. Bobion {bobion, 1919), s. m., personne bavarde, est un emprunt, avec dérivation en -ion, à l’ancien français bobe ; ce mot est apparenté au dérivé boban, jactance, arrogance (1160). Bobionad {bobionad, 1992), v., faire le bavard, de bobion + -ad. Bobionaj {bobionaj, 1992), s. m., bavardage, de bobion + -aj. Bochad {bochat, 1659), s. m., massif (d’arbres), masse (de) ; hydromel, est un emprunt à l’ancien français bosche, touffe d’herbe (XIIIe), issu du bas latin *bosca, d’une racine *bosc- d’origine germanique, de laquelle procède aussi l’anglais bush. Bochenn {bogen, 1659), s. f., bouquet (d’arbres), de boch- + -enn. Bochennad {bochennad 1904), s. £, bouquet (de), de boch- + enn + -ad Bochenneg {bochennecq, 1732), adj. quai., touffu, de boch- + -enn + -eg.

Boc’h {boch, 1499 ; boch, 1659), s. f., joue, correspond au comique bogh et au gallois boch ; tous trois procèdent du latin bucca, cavité bucale. Boc’hat {bochat, déb. XVIe), s. £, gifle, de boch + -ad Boc’hata {bochata, 1732), v., gifler, de boch+ -ad+ -a. Boc’hataer {bochatàer, 1732), s. m., souffleteur, de boch + -ad + -a + -er. Boc’heg {bochecq, 1732; mais attesté en 1513 Bohec, comme nom de personne), adj. quai., joufflu, et s. m., tacaud, de boch + -eg, auquel correspondent le comique boghek et le gallois bochog. Boc’hegeta {bochegeta, 1992), v., pê­ cher le tacaud, de boch + -eg + -ed + -a. Boc’helleg {bochelleg, 1992), s. m., lutraire, de boch + -¿7/+ -eg. Stamboc’h {stambouch, stamboh, 1732), adj. quai., re­ plet, et s. m., ballonnement, indigestion, de stank + boch. Stamboc’hadur {stambohadur, 1919), s. m., réplétion, de stank + boch + -adur. Stamboc’han {stamboucha, 1732), stamboc’hin {stanbouhein, 1904), v., ballonner, encombrer, de stank + boch + -an / -in. Stamboc’heg {stambocheg, 1992), adj. quai., bourratif, de stank + boch+ -eg. Stamboc’her {stambocher, 1992), stambouc’hour {stambochour, 1992), s. m., personne replète, de stank + boch + -er/-our. Stamboc’hus {stavnbouchus, 1732), adj. quai., bourratif, indigeste, de stank + boch + -us. Distamboc’h {distambouch, 1958), adj. quai., digeste, jamais rassasié, de di- + stank + boch. Pour la composition de ces mots, on se référera au part, pas­ sé stancbochet, celui qui remplit trop sa bouche en man­ geant, de sorte qu’il ne peut parler (1716) ; pour le sens, on comparera le gallois bochio, engloutir, engouffrer, être gonflé (en parlant de la joue). Bod {bot, 1659 ; mais bod-, 1426, au pl. dans Bodou, lieu-dit en Bannalec, 29), s. m., rameau, touffe, a pour correspondant le comique bos ; il est apparenté au gallois bid, haie, buisson, et à l’irlandais blth. D’origine celtique, le mot reste cependant inexpliqué, faute de répondant dans d’autres langues. Bodad {bodat, 1723), s. m., touffe (de) ; réunion, de bod + -ad. Bodadeg {bodadeg, 1931), s. £, assemblée, de bod + -adeg. Bodadenn {bodadenn, 1931), s. £, convention, de bod + -adenn. Bodan {boda, 1876), bodin {bodein, 1927), v., (se) réunir, de bod+ -an /-in. Bodeg {bodec, 1744), adj. quai., rameux, de bod+ -eg. Bodell {bodel, 1919), s. £, gerbier (de sarrasin), de bod + -elL Bodellan {bodellan, 1958), bodellin {bodellein, 1919), v., mettre en gerbier, de bod + -ell + -an / -in. Bodenn {boden, 1659), s. £, buisson, gerbier ; banc de poissons, de bod + -enn. Bodennad {bodennad, 1992), s. £, buisson (de), gerbier (de), ramée, de bod + enn + -ad. Bodennan {bodennan, 1992), bodennin {bodenni, 1931), v., s’as­ sembler, s’attrouper, (se) rallier, (se) ramifier, de bod+

-enn + -an I -in. Bodenneg (bodennecq, 1732), adj. quai., buissonneux, touffu, de bod + -enn + -eg. Divodan (divoda, 1931), divodin (divodin, 1992), v., (se) dissoudre, (se) désassembler ; démobiliser, de di- + bod+ -an I-in. Emvod (emvod, 1931), s. m., réunion, meeting, de em- + bod.

Bodlec’h (bodlechy 1931), s. m., lieu de réunion, de bod + lech. Bodskawin (bodskawin, 1992), v., pousser com­ me un sureau, de bod + skaw + -in. Gwezvoud (guezuouty 1499), coll., chèvrefeuille, de gwez + body auquel correspond le gallois gwyddfid. Bod (bot, 861 ; parfois Vot en toponymie), s. £, asile, demeure, a pour correspondants le comique bos, le gal­ lois bod, résidence, et l’irlandais both, hutte, cabane. De genre féminin, ils remontent au celtique *buta. Ce mot a donc une origine differente de bod, touffe. Kombod (combouty 1499), s. m., case, compartiment ; lacune (de sabot de cheval), de kem- + bod, procède du vieux breton compot, camboty cumbotet a conservé le pré­ fixe sous sa forme originelle, en position inaccentuée ; il est de même formation que le gallois cwmwd (de cym+ bod). Kombodan (kombodafiy 1992), kombodin (kombodin, 1992), v., distribuer (les pièces), de kem- + bod+ -an /-in. Kombodeg (kombodek, 1948), adj. quai., à case, emprunté au gallois cymydogy voisin. Tric’hombod (tricombout, 1499), s. m., habitation triloculaire, de tri + kem- + bod. Gwilivoud (gueleuout, déb. XVIe), s. m., couche, gwele + bod, est de formation identique au comique gwelyvos et au gallois gwelyfod. Gwilivouder (guéléouder, gwilioudery 1821), s. m., accoucheur, obstétricien, de gwele + bod+ -er. Gwilivouderezh (gulvoudereah, 1744), s. m., obstétrique, de gwele + bod + -erezh. Gwilivoudin (guilioudiy 1659), v., accoucher, gwele+ bod+ -in. Hanvod (hanjjhouty 1427), s. £, lieu d’estive, de hanv+ body au­ quel correspondent le comique havosex. le gallois hafod.

Bodoc’h (bodochy 1992), s. m., barbouillage, présente vraisemblablement le vieux breton ochy porc, comme second élément. Bodoc’han (bodochahy 1992), bodoc’hin (bodochin, 1992), v., barbouiller, de bodoch + -an / -in. Bodocher (bodochery 1992), s. m., bar­ bouilleur, de bodoch + -er.

Bodriell (bodriery 1633), s. £, baudrier, est un emprunt, avec dissimilation de la consonne finale, au moyen français issu de l’ancien *baudriel\ss\i de baldreel (Y2№) y d’origine incertaine. Bodreer (bodreery 1633), s. m., corroyeur, de bodre- + -er. Boem (boemy 1499), s. m., sillon retourné, a pour cor­ respondant le comique bomy fracas, claquement, bruit

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sec, coup strident, et le vieil irlandais béim. Ces divers mots se réclament du celtique *bei-smen-. Devoem (divoemy 1904), devoemin (dtvoemmein, 1904), v., ouvrir un sillon, de de- + boem + -in.

Boem (boem, 1919), s. £, chose qui ébahit, égare, fascine ; charme, mirage, procède du français bohème. Boemadur (boemadury 1931), s. m., ébahissement, de boem + -adur. Boeman (boema, 1927), boemin (boëmiy 1732), v., éba­ hir, fasciner, de boem + -an/-in. Boemer (boemery 1927), boemour (boemoury 1992), s. m., fascinateur, de boem + -er/-our. Boemerczh (boemeréz, 1919), s. m., fascination, de boem + -erezh. Boemison (boemijenn, 1992), s. £, sorte de vertige, de boem + -ison. Boemus (boémuSy 1919), adj. quai., fascinant, de boem + -us. Divoem (divoem, 1925), adj. quai., dégrisé, et s. m., dé­ grisement, de di- + boem. Divoeman (divoemahy 1992), divoemin (divoemiiï, 1992), v, (se) dégriser, de di- + boem + -an / -in.

Boes (boéz, 1927), s. £, habitude, variante vannetaise de boas. Boesin (boézein, v., (s’)habituer, de boes + -in.

Boesson (boëson, 1914), s. m., alcool ; alcoolisme, est un emprunt au français dont le mot, attesté au XIIIe siècle, procède du bas latin bibitio (VIIe). Boessonian (boessonian, 1992), boessonin (boessonin, 1992), v., (s’)alcooliser, de boesson + -ian / -in. Boessoner (boessoner, 1992), boessonier (boessoniery 1992), s. m., alcoolique, de boesson + -er / -ier. Divoesson (divoesson, 1992), adj. quai., abstinent, de di- + boesson. Divoessonian (divoessonian, 1992), divoessonin (divoessonin, 1992), v., désintoxiquer (quelqu’un), de di- + boesson + -ian / -in. Boest (boesty 1992), adj. quai., bête, procède du vieux breton boest-, bête, attesté par le dérivé boestoly bestial, et correspond au comique bestex au gallois bwyst. Tous trois ont été empruntés au latin bestia. Boeteü (boüettell, 1633), s. £, botte, est un emprunt, avec diphtongaison de la première syllabe, à l’ancien français botely diminutif de ¿0#(fin XIIe), issu du moyen néerlandais bote, touffe de lin. Boetellad (boetellad, 1992), s. £, botte (de), de boetell+ -ad Boetellan (boüetella, 1732), v., botteler, de boetell+ -an. Boeteller (boetellery 1992), s. m., botteleur, de boetell+ -er.

Boetrabes (boëtrabèsy 1732), coll., betterave(s), est un emprunt au moyen français avec diphtongaison de la syllabe initiale inversement de beotez (1633), issu du français bettes. Bog (bog, 1919), s. £, vogue, apogée, climax, culmi­ nation ; forte fatigue, est un emprunt, avec fausse

régression, au français vogue (1559), issu de l’italien voga. Bogin (bogein, 1919), v., culminer ; épuiser, érein­ ter, de bog + -in. Divog (divog, 1992), s. m., débordement, et adj. quai., en débordement, de di- + bog Divogan (divogan, 1992), divogin (divogin, 1992), v., déborder (au plein), de di- + bog + -an / -in. Bogod (bogod, 1927), s. m., louche de.bois, et coll., dé­ tournement (de l’argent du ménage), est apparenté au comique boghosek, pauvre, indigent. Bogodan (bogoda, 1876), bogodin (bogodi, 1860), v., détourner (de l’argent), de bogod + -an /-in. Bogoder (bogoder, 1992), s. m., concussionnaire, de bogod + -er. Bogoderezh (bo­ goderezh, 1992), s. m., concussion, de bogod + -erezh. Bojardin (bojardin, 1992), v., estomaquer, est attesté par le part, passé bojardetcn 1925. Il procède de l’ancien français boisiart, trompeur (fin XIIe), dérivé du verbe boisier, tromper, trahir (1160), issu du francique *bausjan.

Boked (boucquet, XVIe ; bocquet, 1633), s. m., fleur (des champs), bouquet, corbeille ou gerbe (de fleurs), est un emprunt au moyen français ¿0«gw#qui, au XVIe siècle, a pris le sens de “bouquet de fleurs”. Le mot procède du dialecte normando-picard et dérive du germanique bosk, bois. Bokedan (bokedan, 1992), bokedin (boke­ din, 1958), v., décorer (de fleurs), de boked + -an /-in. Boku (bocu, 1733), s. m., niquedouille ; petit cormo­ ran, se retrouve sous la variante plus ancienne *bokou comme nom de personne, Bocou en 1628 à Audierne. Est-il d’origine onomatopéique, comme on l’a proposé, ou provient-il du français beau cou ?

Boi (bol, 1978), s. f., bol, est un emprunt du dialecte vannerais au français Zw/dont le mot a été emprunté à l’anglais bowlcn 1653. Bolad (bolad, 1904), s. £, bolée, de bol+ -ad. Bolenn (bolenn, 1927), s. f., bol, de bol + -enn. Bolennad (bolennad, 1958), s. f., bolée, de bol + -enn + -ad Boligad (boligad, 1992), s. f., bolée, de bol + -ig+ -ad. Boleg (boloc, 1733), s. m., ablette, de bol + -eg, le suffixe -oc dénonçant un mot d’emploi léonard. Bolc’h (bolc’h, 1732), coll., bogue(s), cosse(s), et s. m., creux de voile, procède du vieux breton bole, bolg, pus­ tule, enflure, poche gonflée, ventre ; il correspond au comique bolgh, graine, sac, ventre, au gallois bola, ventre, gloutonnerie, désir sensuel, à l’irlandais bolg sac, outre, et au gaulois bulga, sac de cuir. Ils postulent pour un celtique *bolk-. Le mot gaulois est à l’origine de l’ancien français bolge, sac de cuir (XIIe). Bolc’hadenn (bolc’hadenn, 1992), s. f., travail du lin, de bolch + -adenn. Bolc’han (bolc’han, 1992), bolc’hin (bolc’hin,

1992), v., envelopper (d’une bogue, d’une cosse...), de bolc’h + -an / -in. Dispolc’hin (dispolc’hin, 1992), v., déboguer, de dis + bolc’h + -in. Ruzvolc’hin (ruzvolc’hin, 1992), v., rougir (en parlant des cosses de lin), de ruz + bolc’h + -in. Bole (bole, 1732), s. m., carillon, est un emprunt, avec fausse régression, au français volée dont le mot est at­ testé en 1191. Bolead (bolead, 1732), s. m., volée (de cloches), de bole + -ad. Bolead (boleat, 1732), bolein (bolei, 1732), v., carillonner, de bole+ -adI -in. Boled (boled, 1919), s. f., volet, est un emprunt, avec fausse régression, au français au sens actuel de “panneau de bois se fermant sur une fenêtre” attesté en 1611. Bolod (bolot, 1633), s. m., balle (de fusil) ; pilule, est un emprunt, par adoucissement de la consonne initiale et contamination de la voyelle initiale, à l’ancien fran­ çais pelote (déb. XIIe). Bolodad (bolodad, 1992), s. m., balle (de), de bolod + ad. Bolodin (bolodi, 1821), v., jouer à la balle, de bolod + -in.

Bolontez (volante, 1499 ; bolante, 1732), s. £, volonté, est un emprunt, avec fausse régression, à l’ancien fran­ çais voluntez (980), issu du latin voluntas. Bols (bols, 1499), s. £, voûte, buse, caveau, dôme, est un emprunt à l’ancien français vols, courbé en voûte (1160), issu du latin populaire *volsus, part, passé de volvere, rouler, faire avancer en roulant. Bolsadur (bolsadur* 1992), s. m., voussure, de bols+ -adur. Bolsan (boisa, 1732), Bolsin (bolzein, 1744), v., voûter, buser, de bols+ -an/-in. Bolsard (bobard, 1992), s. m., avançon cintré, de bols+ -ard. Bolseg (bolzec, 1744 ; mais attesté en 1616 comme nom de personne, Bolzec), adj. quai., voûté, en forme de dôme, de bob + -eg. Bolsenn (bobenn, 1659), s. £, arche, renflement de lézarde, de bob+ -enn. Bolsennadur (bolzennadur, 1958), s. m., renflement, convexité, de bob + -enn + -adur. Bolsennan (bobennan, 1992), bolsennin (bobenni, 1659), v., se renfler (en se lézardant), de bob + -enn + -an / -iii. Bolsenneg (bobennecq, 1732), adj. quai., renflé, de bob + -enn + -eg. Bolsennus (bolzennus, 1927), adj. quai., bouffant, de bob + -enn + -us. Boiser, s. m., fabricant de voûtes, de bob + -er, est at­ testé comme nom de personne, Le Bolzer, en 1673. Divols (divolz, 1928), adj. quai., non voûté, de di- + bob. Bomb (bomb, 1992), s. m. ou coll., bombe, est un em­ prunt au français dont le mot, attesté en 1640, est issu de l’italien bomba, lui-même du latin bombus. Bombell 119

{bombell, 1958), s. £, bombe, de bomb + -ell. Bombardan {boumbarda, 1732), bombardin {bom­ bardin, 1992), v., bombarder, de bomb + -ard+ -an / -in. Bombes {boumbès, 1732), colL, bombe(s), em­ prunté au pluriel français du mot. Bombesadeg {bombezadeg, 1931), s. £, bombardement, de bombes* -adeg. Bombesadenn {bombezadenn, 1958), s. £, bombarde­ ment, de bombes* -adenn. Bombesan {bombeza, 1927), bombesin {bombesin, 1992), v., bombarder, de bombes + -ann/ -in. Bombeser {boumbeser, 1732), s. m., bom­ bardier, de bombes + -er.

Bonduin {bonduin, 1958), v., dissiper, gaspiller, est ap­ parenté au français bonde, trou d’écoulement.

Bombans {boubancc, 1499 ; bombance, 1521), s. £, bombance, grande vie, est un emprunt à l’ancien fran­ çais bobance, faste, pompe, luxe (1160), dérivé de bobe, d’origine onomatopéique. Bombansal {bobançal, 1732), bombansin {bombanci, 1732), v., faire bom­ bance, de bombans* -al/-in. Bombanser {bombanser, 1992), s. m., personne aimant faire bombance, de bom­ bans + -er. Bombansus {bobansus, 1904), adj. quai., pimpant, de bombans + -us.

Bonik {bonik, 1992), s. m., bonite, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1525, est issu du latin bonito par le biais de l’espagnol bonito.

Bombard {bombart, 1499), s. £, bombarde, est un em­ prunt à l’ancien français dont le sens d’instrument de musique est attesté en 1342 ; c’est un dérivé du latin bombus, bruit sourd. Bombarder {bombarder, 1927), s. m., joueur de bombarde, de bombard + -er. Bombardin {bombardi, 1821), v., jouer de la bombar­ de, de bombard + -in. Bomissan {vomissa, 1659 ; bomissa, 1709), v., vomir, est un emprunt, par fausse régression, au français attesté en 1190 et issu du latin vomere. Bomissadenn {bomissadenn, 1992), s. £, vomissement, de bomiss- + -adenn. Bomissadur {bomissadur, 1992), s. m., vomissure, de bomiss-* -adur. Bomisserezh {bomisserezh, 1992), s. m., vomissement(s), de bomiss- + -erezh.

Bomm {bom, 1499), s. m., sillon retourné ; extrait, trait (de parole), est une variante de boem par réduction de la diphtongue. Bommad {bommad, 1992), s. m., sillon (de), trait (de), de bomm + -ad. Bomman {bomman, 1992), bommin {bommin, 1992), v., retourner (un sillon), de bomm * - an/-in. On notera cependant l’an­ cien français boeme, entrait de charpentier.

Bon {bon, 1992), s. m., base, tronc, procède du vieux breton bun et correspond au gallois bon, base, racine, tronc, au moyen irlandais bun, base, souche, partie pos­ térieure, et au gaulois bona, village, fondation. Tous sont issus du celtique *bonus. Bondilh {bondill, 1733), coll., trembles, peupliers noirs, de bon + -tilh. 120

Boned {bonet, bonnet, 1499), s. m., bonnet, béret, est un emprunt à l’ancien français bonet, étoffe à faire des ornements de tête (1160), issu par aphérèse du latin mé­ diéval abonnis d’origine germanique. Le gallois boned procède de l’anglais bonnet. Bonedad {bonetad, 1904), s. m., bonnet (de), de boned* -ad. Boneder {boneder, 1633), bonedour {bonetour, 1904), s. m., bonnetier, de boned* -er/-our. Bonederezh {bonetereh, 1904), s. m., bonneterie, de boned + -erezh.

Bonjour {bon iour, déb. XVIe), s. m., bonjour, est un em­ prunt à l’ancien français attesté au Xlir siècle. Bonjourin (attesté sous la forme conjuguée vonjourevers 1868-74), v., saluer (d’un bonjour), de bonjour* -in.

Bonn {bonn, 1499), s. m. ou coll., est un emprunt à l’an­ cien français bone, borne (xir), issu du latin populaire bodina, borne frontière (XIe), lui-même d’origine gauloise. Bonnan {bonnaff, 1499), bonnin {bonnein, 1723), v., borner, délimiter, de bonn + -an / -in. Bonner {bonner, 1992), s. m., jalonnent, de bonn + -er. Bonnerezh {bonnerez, 1931), s. m., bornage, de bonn + -erezh.

Bonn {bonn, 1992), s. m., grue, procède du vieux bre­ ton bonn et correspond au gallois bwn (moyen gallois bun), butor, et à l’irlandais bonnàn, bunnàn. Ce nom d’oiseau serait apparenté au latin bombus et à l’anglais bump. A présent inusité, on le relève cependant en com­ position dans bondraskl {bondresk, 1723), s. m., grive musicienne, de bonn + draskl, et dans bongors {boungors, 1633), s. m., butor, de bonn + kors.

Bonom {bonom, 1992), s. m., bonhomme, mannequin, est un emprunt au français. Bonomig {bonomig, 1992), s. m., petit homme, de bonom + -ig. Bont {bont, 1499), s. m., bonde, bouchon, est un em­ prunt à l’ancien français bonde (1373), issu du gaulois *bunda, sol, fond. Bontad {bontad, 1992), s. m., bonde (de) ; doigt (de vin), de bont* -ad. Bontan {bounda, 1732), bontin {bondein, 1876), v., boucher (d’une bonde) ; constiper (en parlant des bêtes), de bont* -an/-in. Bontenn {bontenn, 1992), s. £, bonde ; prise (de courant), de bont* -enn.

Divont {divont, 1992), adj. quai., sans bonde, de di+ bont. Divontan {dibontaff, 1499), divontin {divondein, 1723), v., débonder, déboucher, de di- + bont* -an / -in. Divonter {divonter, 1992), s. m., tire-bonde ; ouvre-

boîte, de di- + boni + -er. Divonterezh (divondereh, 1904), s. m., action de débonder, de di- + boni+ -erezh.

Bornier (bornier, 1992), s. m., personne qui éborgné, de born + -ier.

Bontez (bontez, 1519), s. f., faveur, procède d’un plus ancien bunted dans Guegun Bunted, nom d’un témoin de la charte LXXII du cartulaire de Quimperlé datée de vers 1107-1112. C’est un emprunt au latin bonitatis par le bas latin *bontitas.

Borod (borod 1733), s. m., radotage, fadaise, niaiserie, semble apparenté à l’irlandais buaidhirt, trouble, et au gaélique d’Écosse buaidheam, caprices. Ce mot reste cependant d’étymologie incertaine.

Bord (bord déb. XVIe), s. m., bord, est un emprunt à l’ancien français bord(\ 112), issu du francique *bord de même sens. Bordaj (bordaj, 1919), s. m., objets échoués sur la côte à la suite d’un naufrage, de bord + -aj. Bordan (borda, 1659), bordin (bordein, 1732), v., border, de bord + -an I -in. Bordenn (bordenë, 1723 ; bordenn, 1876), s. f., margelle d’un puits, de bord л-enn. Bordeür (bordeur, 1464), s. m., bordure, em­ prunté directement au français. Abord (abord 1992), s. m., abord, de a- + bord Abordaj (abourdaich, 1732), s. m., abordage, de a- + bord+ -aj. Abordan (abordan, 1992), abordin (abordin, 1992), v., aborder, de a- + bord+ -an / -in. Divord (divord 1732), s. m., débord, et adj. quai., sans bord, de di- + bord Divordamant (dibordemant, 1732), s. m., débordement, de di- + bord + -amant. Divordan (divorda, 1732), divordin (divordein, 1723), v., déborder, détourer.

Bordead (bordead 1732), s. m., bordée, est un emprunt au français bordée (1546) avec adjonction du suffixe -ad. Bordeal (bourdeal, 1732), v., tirer des bords, de borde- + -al.

Bordell (bordell, 1499), s. £, bordel, boucan, est un em­ prunt à l’ancien français bordel, maison de prostitution (v. 1200), du sens ancien de “cabane, petite ferme” (XIIe), dérivé de borde, cabane de planches (1138). Bordellan (bordellan, 1992), bordellin (bordellin, 1992), v., faire du bruit, de bordell + -an /-in. Bordeller (bordeller, “fré­ quentant bordel”, 1499), s. m., personne qui fait du bruit, de bordell + -er. Bordellerezh (bordeleres, d’après la forme renforcée (ho) pordeleres, XVIir), s. m., débauche, ribouldingue, de bordell + -erezh.

Boidilh (bordilh, 1927), s. m., grouillement, multitude, dérive du français bord avec suffixation en -ilh. Bordilhan (bordilla, 1876), bordilhin (bordilhin, 1992), v., grouiller, fourmiller, de bordilh + -an I -in. Bom (born, 1499), adj. quai., borgne, et s. m., as (aux cartes), est attesté en 1480 comme nom de personne, Le Borne. Ce mot est un emprunt à l’ancien français borgne (1160), issu d’une racine prélatine *bom, trou. Boman (borna, 1732), bomian (bomea, 1733), bomin (bomein, 1732), v., éborgner, de bom + -an / -ian ! -in.

Borzevelleg (borzevellecg, 1732), s. m., grosse grive, pro­ cède du bas latin *bortivellum, lui-même du latin popu­ laire *vertabellum. On comparera le français bartavelle (1740), emprunté au provençal bartavèloAe même origine. Bos (boz, 1927), s. £, creux de la main, est attesté sous sa forme duelle divos au XVIIIe siècle. Il a pour corres­ pondants le gallois bos (vieux gallois bos), paume, et l’ir­ landais bos (vieil irlandais boss) de même sens. Tous trois procèdent du celtique *bossa, de *bosta. Bosad (bosad 1927), s. £, jointée, bonne quantité (de), de bos+ -as. Bosadenn (bozadenn, 1958), s. £, certaine quantité, de bos+ -adenn. Boseg (boseg, 1992), s. m., tacaud, de bos + -eg, est attesté sous la forme ¿wfWÉ-du moyen breton comme nom de personne, Bozeuc, en 1384. Boselleg (boselleg, 1992), s. m., tacaud, de bos+ -ell+ -eg, se no­ tait Boselec en 1597 comme nom de personne à Lampaul-Ploudalmézeau (29). Bossac’h (bosachenn, sing., 1931), coll., fondrière ; gran­ diloquence, de bos + sach.

Boskard (boscart, 1716), s. m., tique, semble apparen­ té à l’ancien français bosche, touffe d’herbe, issu du latin populaire *bosca, avec suffixation en -ard. Boskon (boscon, 1733), s. m., criblure, pourrait être for­ mé sur la même racine latine que le précédent.

Boss (bocc, 1499), s. m., bosse, bouton (de peau), nœud (d’arbre), est un emprunt à l’ancien français boce, bosse ; bouton de la peste (1160), issu probablement du fran­ cique *bôtja, coup. Bossaad (boezât, 1732), v., devenir bossu, de boss+ -aad Bossan (boeza, 1732), bossin (bossin, 1992), v., bosser, boutonner, embosser, faire une bosse, mettre en tas (le goémon), de boss + -ann / -in. Bosseal (boseal, 1895), v., émotter, de boss+ -eaL Bosseg (bossecq, 1633), adj. quai., bossu ; boutonneux, de boss + -eg. Bossenn (bocenn, 1499), s. £, peste ; (petite) bosse, de boss+ -enn. Bossenneg (bossenneg, 1992), adj. quai., bossu ; boutonneux, de boss + -enn + -eg. Bossennin (bosenni, 1927), v., empester, de boss + -enn + -in. Bossennour (bosennour, 1919), s. m., pestiféré ; per­ sonne qui fait du raffut, de boss + -enn + -our. Bossennus (bocènnus, 1790), adj. quai., pestilentiel, em­ pesté, de boss + -enn + -us. Bossigell (bossigell, 1992), s. £, bosselure, de boss+ -igell. Bossigellan (bossigellan,

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1992), bossigellin (bossigellin, 1992), v., bossuer, de boss + -igell+ -an / -in. Bossigem (boçzigem, 1732), s. m., bosselage, de boss + -igenn (évolué à -igern par dissimi­ lation). Bossigeman (bossigernan, 1992), bossigemin (bocziguemi, 1732), v., bosseler, de boss + -igenn + -an/ -in. Bossour (bossour, 1992), s. m., tique, vairon, de boss + -our. Bossus (bosuz, 1821), adj. quai., qui donne la peste, de boss + -us. Bolbossan (bolbosa, 1931), bolbossin (bolbossiîï, 1992), v., cabosser, de bol- + boss + - an /-in. Bolbosseg (bolbosek, 1958), adj. quai., cabossé, de bol- + boss + -eg. Divossan (divosa, 1857), divossin (divossin, 1992), v., (s’)émotter, de di- + boss + -an / -in. Divosseneres (divosseneres, 1992), s. f., décuscuteuse, de di-+ boss + -er+ -es. Divossigeman (divossigeman, 1992), divossigemin (divossigemin, 1992),v., débosseler, de di-+ boss + -ig+ -em + an/-in. Peurvoss (peurvoss, 1992), s. m., bosse ronde, de peur- + boss. Boskamin (boskamin, 1992), v., cabosser, de boss+ kam + -in. Berrvoss (berr-vos, 1931), s. m., bas-relief, de berr+ boss. Iselvoss (izelvos, 1927), s. m., bas-relief, de isel+ boss. Bosser (bocer, 1499), s. m., abatteur, boucher, est un emprunt à l’ancien français bochier, boucher (fin XIIe), dérivé de boc, bouc. Bossan (bosan, 1958), v., abattre (des animaux), de boss- + an. Bosserezh (bocerez, 1659), s. m., abattage, et s. £, boucherie, de boss- + -erezh.

Bostad (bostad, 1904), s. f, multitude, foule, reste d’ori­ gine incertaine. Bot (bod, 1927), s. f., cuve, foudre, est un emprunt à l’ancien français bote, outre (XIIIe), issu du latin *buttem, petit vase. Botad (bodad, 1931), s. f., cuve (de), foudre (de), de bot+ -ad. Botenn (botenn, 1958), s. £, tonne, cuve, de bot+ -enn. Botennad (botennad, 1992), s. £, cuve (de), tonne (de), de bot + -enn + -ad.

Bot (bot, 1732), s. £, botte, chaussure, est un emprunt au français bote attesté à la fin du XIIe siècle mais d’ori­ gine obscure. Botes (botes, 1499), s. £, chaussure ; sabot (des bêtes) ; patin, semelle, de bot+ -es. Botesad (botezad, 1958), s. £, botte (de), de bot + -es+ -ad Botesaj, s. m., sabotage, de bot + -es + -aj. Botesan (botesan, 1992), botesin (botesin, 1992), v., saboter, de bot+ -es + -an + -in. Botesata (botesata, 1992), v., botter le der­ rière, de bot + -es + - ad + -a. Boteseg (boteséc, bossu, montueux, déb. XVIIIe), adj. quai., lourdaud, de bot + -es+ -eg. Botesenn (botesenn, 1992), s. £, bottillon, de bot+ -es+ -enn. Botesenneg (bottesennecq, 1633), adj. quai., (pied) bot, de bot + -es + -enn + -eg. Botin (botin, 1992), v., botter, de bot + -in. Botinell (botinell,

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\ÏÏ7G), botte, sabot, du français bottine auquel on a ad­ joint le suffixe -elL Botines (botines, 1499), s. £, botti­ ne, emprunté au français sous sa forme plurielle. Botour (botour, 1876), s. m., bottier, sabotier, de bot + -our. Botower (bouteier, 1659 ; botaouër, 1732), s. m., chaus­ seur, sabotier, de bot + -ow + -er. Botowerezh (botaouerezh, 1992), s. m., saboterie, (le travail de la) chaus­ sure, de bot+ -ow + -erezh. Botowin (boutaoui, 1659), v., botter, de bot + -ow + -in. Divot (divotte, 1744), adj. quai., déchaux, déchaussé, de di- + bot. Divotan (divotan, 1992), divotin (divottein, 1723), v., (se) déchausser, de di- + bot + -an / -in. Divotesan (divotesan, 1992), divotesin (divotesin, 1992), v., (se) débotter, de di- + bot + -es + -an / -in. Divotow (divoutou, 1732), adj. quai., déchaux, dé­ chaussé, de di- + bot + -ow. Divotowin (divotaoui, 1732), v., (se) déchausser, de ¿¿- + bot+ -ow + -in. Botelenn (bottelleen, 1732), s. f, botte, est un emprunt, avec adjonction du suffixe -enn, à l’ancien français botel, diminutif de bote (fin XIIe), issu du moyen néerlandais bote, touffe de lin. Botellin (boteellein, 1744), v., botteler, de botell-+ -in. Botellour (botellour, 1744), s. m., botteleur, de botell- + -our.

Boubou (boubou, 1732), s. f. ou coll., murmure ; frou­ frou, est un emprunt au français bobo (1440), d’origi­ ne onomatopéique. Bouboual (bouboual, 1927), v., murmurer, bourdonner, de boubou + -al. Bouch (bouch, 1659), s. m., bise, est un emprunt au français bouche issu du latin bucca, joue, bouche. Bouchad (bouchet, 1659), bouchan (bouchan, 1992), bouchin (bouchein, 1732), v., embrasser, de bouch + -ad / -an / -in.

Bouch (boug, 1499 ; bouch, déb. XVIe), s. m., touffe, et s. £, chèvre (sans corne) ; dame-jeanne, est un emprunt à l’ancien français bousche, touffe d’herbe, de paille, issu du latin populaire *bosca, dérivé de bosc, bois. Bouchad (bouchatt, 1744), s. m., touffe (de), paquet (de), de bouch + -ad Boucheg (bouchoc, 1733 ; bouchek, 1821), adj. quai., à touffe, huppé, de bouch + -eg. Boucherai (bouchen, 1919), s. £, touffe (de chiffon, de paille) ; maillot (d’enfant) ; enseigne (de cabaret), de bouch + -enn. Bouchennin (bouchennein, 1919), v., emmaillo­ ter ; torchonner, de bouch + -enn + -in. Parbouchad (parbouchad, 1992), s. m., mornifle, de par- + bouch + -ad. Bouchon (bouchoun, 1633), s. m., bouchon (de bouteille, de chiffon), emprunté directement au français attesté à la fin du XIIIe siècle et dérivé du précédent. Bouchonan (bouchonan, 1992), v., boucher, de bouchon + -an.

Bouc’h {bouch, 1499 ; bouc h, 1659), s. m., bouc ; mas­ caret, et adj. quai., (temps) lourd ; obtus, peu maniable ou perméable, a pour correspondants le comique bogh (vieux comique boch), le gallois bwch (moyen gallois buch) et le vieil irlandais bocc. Le français bouc procède du gaulois *bucco-. Tous sont issus du celtique *bukko-s. Bouc’ha (boucha, 1992), v., demander le bouc, de bouch + -a. Bouc’haad {bouchaat, 1927), v., s’alourdir (en parlant du temps), de bouc h + -aad. Bouc’han {boucha, 1927), bouc’hin {bouchin, 1992), v, caler, s’ar­ rêter, de bouc h + -an / -in. Divouc’han {divouchan, 1992), v., (se) dégager), de di+ bouc h + -an. Kilbouc’had {kilbouchad, 1992), v., saloper, de kil + bouch + -ad. Bouc’hrevr {bouchrevr, 1992), s. m., per­ sonne obtuse, de bouch* -revr. Bouc hyorc’h {bouiorh, 1919), s. m., chevreuil mâle ; personne vive et légère, de bouch + yorch. Boustoc’h {boustoch, 1931), s. m. et adj. quai., lourdaud, de bouc h + stoch. Boustoc’hin {boustochin, 1992), v., vandaliser, de bouc h + stoch + -in. Boustoc’her {boustocher, 1992), s. m., vandale, de bouc h + stoch + -er. Bouc’hal {bouhazl, 1499), s. £, cognée, hache, a pour correspondants le comique bol (vieux comique buhell et moyen boelt), le gallois bwyall (vieux gallois bahell), l’irlandais biailet le vieil allemand bihal (moderne Beil). Ces mots supposent un celtique *bei-ali-. Bouc’halan {bouchalo, 1876), bouc’halin {bouchalin, 1992), v., équarrir, de bouchai + -an / -in. Bouc’halerezh {bouchalerezh, 1958), s. m., art du charpentier, de bouchai* -erezh. Bouc’halian {bouchalia, 1927), v., ha­ cher.

Boud {bout, 1623), v., être, exister, procède du vieux breton bot, but, être, et correspond au comique bos, au gallois bod. Boudig {boudik, 1821), s. m., petit être ; nymphe, et s. f., fée, de boud* -ig. Darvoud {darvout, 1821), v., intervenir (incidemment), et s. m., incident, de dar- + boud. Devoud {devoud, 1992), s. m., fait, de de- + boud, est un néologisme for­ mé sur le gallois dyfod, venir, devenir ; le vieux breton présente la forme debei, 3e personne du subjonctif im­ parfait du verbe *dobut. Devoudan {devodan, 1992), devoudin {devoudin, 1992), v., provoquer, causer, de de+ boud* -an /-in. Devouder {devouder, 1992), s. m., facteur, de de- + boud* -er. Divoud {divout, 1530), s. m., propos, de di- + boud, se montre comme élément de la locution prépositionnelle a-zivoud {a zivoud, 1790), à propos de, concernant. Dizarvoud {dizarvoud, 1929-30), adj. quai., sans incident, de di- + dar- + boud

Gouzoud {gouzuout, 1499), v., savoir, de gou- + boud, procède du vieux breton gudbutet correspond au cornique gothvos et au gallois gwybod (voir aussi sous gou­ zoud et ses dérivés). Hamboud {hambout, 1557), v., provenir, de ham-, forme labialisée du vieux breton han, autre que, different de, hors de, et boud ; ce verbe a pour correspondant le gallois hanfod de même sens. Hevoud {hevoud, 1931), s. m., bien-être, de he-* boud emprunté au gallois hyfod&e même sens. Kendarvoud {quenderuot, 1612), s. m., événement, de ken- + dar+ boud. Peurvoud {peurvoud, 1931), s. m., absolu, de peur- + boud Argantvoud {argantvoud, 1992), v., percevoir, de ar+ kant + boud, est un emprunt récent au gallois arganfod (de ar-cant-bod), malgré l’attestation du verbe en vieux breton *arcantbut, percevoir, noter, sous la forme conjuguée ercentbidi à la 2e personne du singu­ lier du subjonctif présent. Didalvoud {didalvoud, 1821), adj. quai., oiseux, inutile, sans valeur, insolvable, et s. m., non-valeur, de di- + tal* boud. Didalvoudeg {didaluoudec, déb. XVIe), adj. quai., oiseux, inutile, sans valeur, de di- + tal + boud + -eg. Didalvoudegezh {ditaluoutdeguez, déb. XVIe), s. f, inutilité ; parasitisme, insolvabilité, de di- + tal + boud + -egezh. Didalvoudekaad {didalvoudecqât, 1732), v., dévaluer, de di- + tal + boud + -eg + aad. Gwirvoud {gwirvoud, 1931), s. m., réalité, de gwir + boud. Gwirvoudel {gwirvoudel, 1989), adj. quai., réaliste, Ac gwir* boud + -eL Gwirvoudelezh {gwirvoudelezh, 1989), s. £, réa­ lisme, degwir* boud* -elezh. Talvoud {taluout, 1499), v., valoir, de tal* boud. Talvoudeg {taluoudec, 1499), adj. quai., valable, utilitaire, de tal + boud + -eg. Talvoudegezh {taluoudegaez, 1499), s. £, valeur, patrimoine, de tal + boud + -egezh. Talvoudekaad {talvoudekaat, 1931), v., valoriser, réévaluer, de tal* boud* -eg* -aad. Talvoudus {talvoudus, 1733), adj. quai., utile, valable, de tal* boud* -us. Talvoudussaad {talvoudussaad, 1992), v., devenir, rendre utile, de tal + boud* -us* -aad.

Boud {boud, 1733), adj. quai., (son) sourd, bourdon­ nant, grave, abasourdi ; en panne, est d’origine onomatopéique. Boudai {boudai, 1499), v., bourdonner, de boud* -al Bouder {bouder, 1821 ; mais attesté plus an­ ciennement comme nom de personne, Bouder, en 1570), s. m., sonneur de cor, de bourdon, de corne de brume ; personne assommante, de boud* -er. Bouderes {bouderes, 1633), s. £, bourdon (insecte), de boud* -er + -es. Bouderezh {boudérez, 1732), s. m., bourdonne­ ment, de boud + -erezh. Bouderig {bouderie, 1499), s. m., huppe, de boud* -er* -ig. Boudinell {boudinell,

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1931), s. f., tintement, de boud+ -in + -elL Boudiennin (boudienni, 1732), v., bourdonner, de boud+ -ienn + -in. Boudinellad (boudinélia, 1876), v., tinter, de boud + -in + -ell+ -ad. Boudoniezh (boudoniezh, 1931), on­ tologie, de boud+ -oniezh. Boudus (boudus, 1931), adj. quai., bourdonnant, de boud+ -us. Hirvoud (hyruout, 1519), s. m., mélancolie, ennui, de hir+ boud. Hirvoudenn (hirvoudene, 1723), s. £, gé­ missement, de hir+ boud+ -enn. Hirvoudeg (hirvoudecq, 1732), adj. quai., gémissant, ennuyant, de hir + boud + -eg. Hirvouder (hirvouder, 1732), hirvoudour (hirvoudour, 1904), s. m., personne gémissante, de hir + boud + -er. Hirvoudin (hirvoudif, XVIe ; mais hiruoudaff, 1499), v., s’ennuyer, de hir + boud + -in. Hirvoudus (hiruoudus, 1557), adj. quai., monotone, ennuyeux, de hir + boud + -us.

Boue (boe, 1927), s. m., bouée, est un emprunt au fran­ çais dont le mot, attesté à la fin du XIVe siècle, procède de la racine germanique bauk-. Bouead (bouead, 1992), s. m., étendue (de), de boue-h- -ad. Boued (boet, 1499), s. m., aliment, procède du vieux breton boit et correspond au comique bos (vieux cornique buii), au gallois bwyd (moyen gallois bvid) et à l’irlandais biadh (vieil irlandais biad). Tous ces mots sont issus du celtique *bei-t-. Bouedad (bouidad, 1919), s. m., substance (du lait), de boued + -ad. Bouedaj (bouidaj, 1919), s. m., menues espèces (de poissons), de boued + -aj. Bouedan (bouedein, 1927), v., alimen­ ter, engrener (une machine à battre), fournir ; former de la moelle ou de la pulpe, de boued + -an, identique au comique bosaex. au gallois bwydo. Bouedeg (boedec, 1499), adj. quai., charnu, moelleux, pulpeux, sub­ stantiel, et s. f, fourragère, de boued + -eg. Bouedel (vieux breton boitol, nourrissant), adj. quai., alimentaire, de boued + -el. Bouedenn (boedenn, 1499), s. f, appât, chair (de poisson), moelle, pulpe, substance, de boued + -enn. Bouedenneg (boedennec, 1723), adj. quai., plein de substance, de moelle, de boued + -enn + -eg. Boueder (boueder, 1992), bouedour (bouedour, 1992), s. m., engreneur, fournisseur (d’une machine), fourrageur, de boued + -erl-our. Bouederezh (bouederezh, 1992), s. m., menu fretin, de boued + -erezh. Bouedus (boedus, 1927), adj. quai., substantiel, de boued + -us. Boueta (boeta, 1499), v., (se) nourrir, (se) ravitailler, appâter, amorcer, alimenter, engrener, fournir, de boued + -a, de construc­ tion identique au gallois bwyta, manger. Bouetaad (boetat, 1927), v., fourrager, paître, de boued + -aad. Bouetadeg (bouetadeg, 1958), s. f, engrènement, de boud + -adeg. Bouetadenn (bouitadenn, 1919), s. f,

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nourriture, bonne pâture, de boued + -adenn. Bouetadur (bouetadur, 1992), s. m., amorce (de pêche), de boued + (-a) + -adur. Bouetadurezh (bouetadurez, 1931), s. £, diététique, de boued + (-a) + -adurezh. Bouetaer (boetaer, 1927), bouetaour (bouetaour, 1992), s. m., nourrisseur, ravitaillent ; engreneur, de boued + -a + -er / -our, identique au gallois bwytawr, mangeur. Bouetaj (bouitaj, 1849), s. m., alimentation (du bétail), de boued + (-a) + -aj. Darvoued (deroueden, 1659, au sing. ; darvoët, 1716), coll., dartres, de dar- + boued Darvouedenneg (darvoédennek, 1821), adj. quai., dartreux, de dar- + boued + -enn + -eg. Darvouedennin (darouedennein, 1927), v., se couvrir de dartres, de dar- + boued + -enn + -in. Disvoued (disvoued, 1958), adj. quai., privé de nourriture, et s. m., dénutrition, inanition, de dis- + boued. Disvouedan (disvouedan, 1958), disvouedin (disvouedih, 1992), v., (se) priver de nourriture, (s’)affamer, de dis- + boued + -ah / -in. Divoued (divoëd, 1732), adj. quai., sans nourriture, désappâté ; écervelé, et s. m., diète, de di- + boued, ana­ logue au gallois difiuyd Divouedan (divoëda, 1732), divouedin (divouidein, 1744), v., évider, dépulper, dévita­ liser, creuser, dégager le trop-plein, (se) mettre à la diète, de di- + boued + -ah / -in. Divoueder (divoëder, 1732), s. m., évidoir, affament, de di- + boued + -er. Divoueta (divouitat, 1919), v., cesser d’alimenter, enlever l’appât, désa­ morcer, de di- + boued-h- -a. Divouetaer (divouetaer, 1992), s. m., lieu juvénile, de di- + boued + -a + -er. Elboued (elboet, XVe), adj. quai., mal nourri, et s. m., sous-nutrition, de el+ boued, mot duquel on rapprochera l’ancien français herbot, famine, disette (XIIIe), d’origine incertaine. Dielboued (dielboued, 1931), adj. quai., sans appétit, et s. m., inap­ pétence, anorexie, de di- + el- + boued Gavrvoued (gevr-vouid, 1919), s. m., chèvrefeuille, de gavr+ boued.

Bouest (boest, 1499), s. £, boîte, urne, est un emprunt à l’ancien français boiste (XIIe), issu du latin populaire buxida. Bouestad (boéstat, 1821), s. £, boîte (de), urne (de), de boest + -ad. Divouestan (divoëstla, 1732), divouestin (divouestin, 1992), v., (se) déboîter, de di+ bouest + -an I -in. Ambouestan (enboesta, 1931), ambouestin (ambouestin, 1992), v., emboîter, enchâsser, emprunté au français mais avec bretonnisation. Ambouestadur (ambouestadur, 1992), s. m., emboîte­ ment, enchâssement, de am- + bouest + -adur. Ambouestaj (ambouestaj, 1992), s. m., mise en boîte, de am- + bouest + -aj. Bouesur (bouesur, 1992), s. m., cheminée, est un em­ prunt à l’ancien français boisure, morceau de bois.

Bouezh {boueh, 1723), s. £, voix, est un emprunt, avec faux rétablissement, à l’ancien français voiz (980) issu du latin vox. Bouezhin {boéhiein, 1910), v., (s'expri­ mer, de bouezh + -in. Bouezhiour {boéhiour, 1910), s. m., suffragant, de bouezh + -iour. Bouf {bouf, 1927), s. m., gonflement ; vanité, est un emprunt au français bouffe, gonflement des joues (1611), d’origine onomatopéique et attesté dès la fin du XIIe siècle par la verbe bouffer, souffler en gonflant ses joues. Boufad {boufad 1992), s. m., bouffée (de), de bouf + -ad. Boufan {boufa, 1927), boufin {boufin, 1992), v., bouffer, gonfler, de bouf + -an / -in. Boulant {boufant, 1992), adj. quai., bouffant, emprunté au part, présent du verbe français. Boufantig {boufantik, 1876), s. m., vaniteux, de boufant + -ig. Boufeg {boufeg, 1992), adj. quai., bouffi, de bouf+ -eg. Boufed {boufet, 1992), adj. quai., bravache, de bouf+ -ed. Pennboufan {pennboufan, 1992), pennboufin {penbouffi, 1732), v., (se) renfrogner, de penn + bouf+ -an / -in.

Boufon {bouffon, 1633), s. m., capitan, et adj. quai., brutal, est un emprunt au moyen français bouffon at­ testé en 1530 et emprunté à l’italien bouffone. Boufonaj {boufonach, 1821), s. m., bravade, de boufon + -aj. Boufoner {boufoner, 1709), s. m., bouffon, fier-à-bras, de boufon + -er. Boufonerezh {boufonerez, 1709), s. m., bouffonnerie(s), de boufon + -erezh. Boufonin {bouffonni, 1732), v., bafouer, brutaliser, de boufon + -in. Boufonus {bouffonnus, 1732), adj. quai., bouffonnesque, de boufon + -us.

Boug {boug, 1709), adj. quai., mou, douillet, procède du vieux breton boc, bocc, et correspond à l’irlandais bog, mou (vieil irlandais bocc, mou, tendre) ; tous deux sont issus du celtique *buko-. Bougenn {bouguenn, 1732), s. £, joue ; endroit mou, trou de pêche, de boug+ -enn. Bougennad {bouguennad 1732), s. f., coup sur la joue, soufflet, de bougenn + -ad. Bougenneg {bouguennec, 1723), adj. quai., mafflu, de boug+ -enn + -eg. Boukaad {bouqueat, déb. XVIIIe), v., (s’)amollir, de boug+ -aad. Boukter {bougder, 1732), s. m., mollesse, de boug + -der. Bouktraezh {boueg-treaz, 1732), coll., sables mouvants, de boug+ traezh. Boui {bouli, 1733), coll., taon(s), procède du vieux bre­ ton guohi ; le passage de gu- initial à b- est dû à la lénition de la consonne initiale après l’article : ur vouienn, de *un uohien avec faux rétablissement d’un b- à la place d’un gw- ancien. Ce mot a pour correspondants le cornique guhy (vieux comique guhien au sing.), le gallois

gwychi et le vieil irlandais foich. Ges mots supposent un celtique *uops-. Bouiennan {bouiennan, 1992), bouiennin {bouiennin, 1992), v., moucher (les vaches), de boui + -enn + -an / -in.

Bouilh {boyII, 1499), adj. quai., pétillant, et s. m., gaillard ; bulle (pétillante), pétillement, jet (d’un liquide), bouffée, est un emprunt au déverbal de l’ancien français bolir, bouillir (1080). Bouilhaad {bouilhaat, 1927), v., (se) ragaillardir, de bouilh + -aad Bouilhad {bouillad, 1876), s. m., bulle (pétillante), pétillement, jet (liquide), bouffée (de), de bouilh + -ad. Bouilhan {bouilha, 1927), bouilhin {bouillein, 1744), v., pétiller, de bouilh + -an / -in. Bouilhans {bouilhans, 1992), bouilhons {boüilhonçz, 1732), s. m., bouillon, consommé, de bouilh + -ans / -ons, emprunté au français avec adjonction d’un -5 final. Bouilhant {bouilhant, 1992), adj. quai., pimpant, du français bouillant. Bouilhard {bouillartt, 1744), s. m., grain, ondée, de bouilh + -ard Bouilhardus {bouillardus, déb. XVIIIe), adj. quai., (temps) à grains, de bouilh + -ard + -us. Bouilhass {bouillac, 1702 ; bouillass, 1733), coll., gemmation, gemme(s), de bouilh + -ass. Bouilhassan {bouillaza, 1876), bouilhassin {bouilhassin, 1992), v., gemmer, de bouilh + -ass + -an / -in. Bouilhded {bouilldœtt, 1744), s. £, effervescen­ ce, vivacité, de bouilh + -ded. Bouilhouer {bouyllouer, 1499), s. m., couvercle percé de baratte ; bouilloire, de bouilh + -ouer, emprunté à l’ancien français boleor après mouillure du -/-, le moderne bouilloire n’étant attesté qu’en 1740. Bouilhus {bouilhus, 1732), adj. quai., effervescent, emporté, de bouilh + -us. Bouilhenn {bouillen, boue, 1659), s. £, bourbe, bour­ bier, est un emprunt, avec dérivation en -enn, à l’ancien français bouille, bourbier, marais, dérivé de boe, boue, (fin XIIe), issu du gaulois *baua. Bouilhassenn {bouilhassenn, 1992), s. £, bouillasse, emprunté récent au fran­ çais dont le mot est attesté à la fin du XIXe siècle, avec suffixation en -enn. Bouilhennan {bouilhennan, 1992), bouilhennin {bouilhennein, 1927), v., salir de boue, for­ mer de la bourbe, de bouilhenn + -an / -in. Bouilhenneg {bouilhennek, V)27), adj. quai., bourbeux, de bouilhenn + -eg. Bouilhennus {bouilhennus, 1927), adj. quai., boueux, fangeux, de bouilhenn + -us. Stribouilhenn {stribouilhenn, 1992), s. £, gadoue, résulte d’un croisement entre le verbe stribouilhan et bouilhenn.

Bouj {bouj, 1958), s. £, vouge, emprunté au français avec faux rétablissement de la consonne initiale, vu que le mot est du genre féminin. 125

Boujarenn {boujarenn, 1992), s. £, rasade, est un em­ prunt à l’ancien français boujaron, mesure de capacité de 1/15e de litre.

Boujedenn {bougeden, 1623), s. £, bourse ; budget, est un emprunt au moyen français bougette, sac, valise, bourse, issu de l’ancien français bolgete, sac, valise (XIIe), diminutif de bolge (XIIe), d’origine gauloise, bulga.

Boujienn {boujienn, 1992), s. £, bougie, est emprun­ té au français avec suffixation en -enn.

Boukailh {boukailh, 1992), s. m., brouillasse, semble rappeler l’ancien français boucaille, cuir de bouc, appeau. Boukl {boucl, 1499), s. m., boucle, est un emprunt à l’ancien français boucle, anneau métallique, issu du latin buccula, petite joue, par bocle, bosse de bouclier (XIIe). Bouklan {boucla, 1732), bouklin {bouclein, 1744), v., boucler, de boukl + -an / -in. Divouklan {divoucqla, 1732), divouklin {divouclein, 1723), v., déboucler, dégrafer, de di- + boukl + -an / -in. Boulc’h {bouleh, 1659), s. m., entame, et adj. quai., en­ tamé ; qui a un bec-de-lièvre, a pour correspondants le comique bulgh, brèche, le gallois bwlch, brèche, et le vieil irlandais balg, fente ; tous procèdent du celtique *bolko-. Boulc’had, s. m., amorce (de quelque chose), de boulc’h + -ad Boulc’hadenn {boulhaden, 1919), s. £, entamure, de boulc’h + -adenn. Boulc’han {bouleha, 1659), boulc’hin {boulhein, 1723), v., entamer ; effleurer, déflorer, de boulc’h + -an / -in, auquel corres­ pondent le comique bulgha et le gallois bylchu. Boulc’heg {boulc’hek, 1821), adj. quai., qui a un becde-lièvre, de boulc’h + -eg. Boulc’higenn {boulc’higenn, 1931), s. £, baisure (du pain), de boulc’h + -ig+ -enn. Boulc’higennin {boulc’higenniiï, 1992), v., donner une baisure, de boulc’h + -ig + -enn + -in. Divoulc’h {divoulc’h, 1732), adj. quai., non entamé ; pucelle, de di- + boulc’h, identique au gallois difiulch.

Bouled {boulet, 1633), s. £, boulet (de canon) est un emprunt, avec changement de genre, au français, diminutif en -et de boule. Le gallois bwled est issu du moyen anglais. Bouliod {boulioden, au sing., 1919), coll., pouliot (s) ; davier, est un emprunt au français avec lénition de la consonne initiale.

Boulj {boulge, 1723), s. m., mouvement, est un em­ prunt au déverbal du français bouger (1150), avec épenthèse d’un -1-. Bouljadur {bouljadur, 1904), s. m., mou­ vement ; frémissement, de boulj + -adur. Bouljal

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{boulgeal, 1790), bouljin {boulgein, 1723), v., bouger, de boulj + -al / -in. Bouljant {boulgeant, 1723), adj. quai., bougeant, en forme, de boulj + -ant. Bouljantaad {bouljantaad, 1992), v., se porter mieux, de boulj + -ant + -aad Bouljerezh {bouljereh, 1904), s. m., remuement, de boulj + -erezh. Bouljus {bouljus, 1904), adj. quai., mouvant, de boulj + -us. Boull {boull, 1733), adj. quai., clair, espacé, rare, reste d’étymologie incertaine. Boullaad {boullaat, 1931), v., clarifier, (s’)espacer, (se) raréfier, de boull + -aad. Boullder {boulder, 1821), s. m., transparence, de boull + -der. Boullienn {boullienn, 1992), s. £, crible, caboche, de boull + -ienn. Divoull {divoull, 1931), adj. quai., opaque, et s. m., fait de ramender, de di-+ boulL Divoullin {divoullin, 1992), v., ramender, de di- + boull + -in. Divouller {divouller, 1992), s. m., ramendeur, de di- + boull + -er.

Boull {boul, 1499), s. £, boule, est un emprunt à l’an­ cien français attesté en 1250 sous la forme bole d’ori­ gine obscure. Le gallois bwl est issu du moyen anglais boule. Boullad {boullad, 1992), v., se mettre en boule, de boull + -ad. Boulleg {boullek, 1931), adj. quai., glo­ buleux, de boull + - eg. Boullenn {boulen, 1732), s. £, globe ; orbe, de boull + -enn. Boullig {boullig, 1927), s. £, globule ; macareux, de boull + - ig. Boulloweg {boullaouek, 1958), adj. quai., garni de boules, de boull + -ow+ -eg. Boulowenn {boulaouenn, 1992), s. £, boule, de boull + -ow + -enn. Amboulad {amboulaat, 1910 ; enboulla, 1931), v., rou­ ler entre les doigts, est un emprunt au français dialec­ tal embouler, mettre en boule. Boulltous {boulltous, 1992), s. m., baudroie, de boull+ tous. Boullskaw {boulscav, 1732), coll., hièble, de boull + skaw. Boullva {boullva, 1992), s. m., boulodrome, de boull + ma. Boulom {boulom, 1904), s. m., bonhomme, est un em­ prunt au français avec dissimilation n / m. Boulomig {boulomig, 1904), petit homme, de boulom + -ig. Boulon {boulon, 1992), s. £, boulon, est un emprunt au français. Boulonin {boulonin, 1992), v., boulonner, de boulon + -in. Divoulonan {divoulonan, 1992), divoulonin {divou­ lonin, 1992), v., déboulonner, de di- + boulon + -an / -in.

Boulonjer {boulounger, 1633 ; boulonger, 1732), s. m. boulanger, est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1120 sous la forme bolenger, dérivé de l’an­ cien picard boulenc, qui fabrique du pain en boules. Boulonjerezh {boulonjerezh, 1992), s. m., boulange, et

s. f., boulangerie, de boulonj-* -erezh. Boulonjeri {bouloungery, 1633 ; boulongery, 1732), s. f., boulangerie, emprunté au français dont le mot est attesté en 1314.

Boulouard {boulouart, 1499), s. m., boulevard, est un emprunt à l’ancien français dont le mot, attesté en 1350 sous la forme boulever, avait à l’origine le sens de “rem­ part de terre et de madriers” puis de “place forte” jus­ qu’au XVIIe siècle. Le sens moderne n’apparaît qu’au XVIir siècle. Ce mot est un emprunt au néerlandais bolwerc, ouvrage de madriers.

Boulvers {boulvers, 1992), s. m., chamboulement, est un emprunt au déverbal du français bouleverser, ren­ verser (1557). Boulversin {boulversin, 1992), v., cham­ bouler, de boulvers + -in. Bouls {bours, 1732), s. £, escarcelle, est un emprunt au français bourse, issu de l’ancien français borse, petit sac de cuir (fin XIIe), lui-même du bas latin bursa. Boulsenn {boulsenn, 1992), s. f., escarcelle, de bouls + -enn. Boulsenneg {boulsenneg, 1992), adj. quai., à l’es­ carcelle, de bouls + -enn + -eg. Divoulsan {divoulsan, 1992), v., débourser, de di- + bouls* -an. Bou(n)t {bou(n)t, 1992), s. m., poussée, et s. f., pous­ se, bouture, est un emprunt à l’ancien français boute, issu de bot, coup (1160), déverbal de bouter, heurter, pousser (1190), tiré d’un germanique *botun, frapper. Bou(n)tad {boutât, 1723 ; bou(n)tad, 1931), s. m., poussée, bouffée, de bou(n)t+ -ad Bou(n)tadeg {bountadeg, 1927), s. f., poussée, de bou(n)t + -adeg. Bou(n)tadenn {bountadenn, 1927), s. f., poussée, de bou(n)t + -adenn. Bou(n)tadur {bou(n)tadur, 1992), s. m., bouture ; poussée (de constipation), de bou(n)t + -adur. Bou(n)tan {boutaff, 1499 ; bunta, 1659), boutin {bouttein, 1723), bouto {bouto, 1992), v., pousser, bouter, bouturer, fourrer ; rancir (en parlant du beurre), de bou(n)t + -an / -in / -o. Bounter {boutér, 1904), boutour {bouttourr, 1744), s. m., pousseur, de bou(n)t + -er / -our. Bou(n)terezh {bountérez, 1821), s. m., coups de boutoir, de bou(n)t+ -erezh. Divou(n)tan {divou(n)tan, 1992), divoutin {divouttein, 1723), v, dégermer, supplanter, de di- + bount+ -an I-in.

Bout {bourr,

1633), s. m., bourre, partie du pain mou et mal cuit, et adj. quai., mal cuit, est un emprunt au fran­ çais bourre issu de l’ancien français borre, bourre, laine gros­ sière (1175), lui-même du latin tardif *burra. Bouradeg {bouradeg, 1992), s. f, bourrage, de bour + -adeg. Bouradenn {bouradenn, 1992), s. £, bourrage ; motif bro­ dé de fougère, de bour+ -adenn. Bouran {bouran, 1992), bourin {bourrein, 1904), v., bourrer, de bour* -an! -in.

Bourans {bouras, 1821), s. f., cartilage, emprunté au français bourras (fin XIIIe) avec nasalisation de la fina­ le. Bouransus {bourasuz, 1821), adj. quai., cartilagineux, de bourans + -us. Bourlass {bourlançz, 1732 ; bourlas, 1821), coll., cartilage, est une variante du précédent avec épenthèse d’un -/- ou dissimilation d’un -r-. Bourlassus {bourlançzus, 1732 ; bourlasuz, 1821), adj. quai., car­ tilagineux, de bourlass + -us.

Bourbell {bourbell, 1659), s. £, orbite (oculaire), reste d’origine incertaine. Bourbelleg {bourbellec, 1716), adj. quai., aux yeux exorbitants, de bourbell + -eg. Dispourbell {disbourbell, 1633), adj. quai., écarquillé, de dis- + bourbell. Dispourbellan {dispourbellaff, 1499), dispourbellin {dispourbellin, 1992), v., écarquiller, de dis- + bourbell + -an / -in. Dispourbelleg {dispourbellec, 1659), adj. quai., écarquillé, de dis- + bourbell* -eg. Brasbourbell {brasbourbell, 1958), adj. quai., (œil) à grosse orbite, de bras + bourbelL Bourbon {bourbounen, pustule, 1659), coll., boutons, est un emprunt, sous une forme altérée, au français bu­ bon (1372), issu du grec boubôn, tumeur à l’aine. Bourbonennin {bourbounenna, 1821), v., boutonner, de bourbon* -enn* -in. Bourbonin {bourbonein, 1919), v., boutonner, de bourbon + -in.

Bourbouilh {bourbouilh, 1927), coll., bouillonnement, clapotement, est un emprunt au français bourbouille, attesté en 1726 et formé du croisement de bourbe (XIIe), issu du gaulois *borva, et de bouille, et correspondant à l’ancien provençal borbolhar. Bourbouilhad {bourboulla, 1733), v., bouillonner ; barboter, gargouiller, de bourbouilh + -ad. Bourbouilhadeg {bourbouilhadeg, 1992), s. £, gargouillis, de bourbouilh + -adeg. Bourbouilhadenn {bourbouilhadenn, 1992), s. £, gar­ gouillement, de bourbouilh + -adenn. Bourbouilher {bourbouilher, 1992), bourbouilhour {bourbouilhour, 1992), s. m., barboteur, de bourbouilh* -erI-our.

Bourbout {bourbout, 1992), coll., bruit sourd ; per­ sonne bavarde, est un emprunt au français dialectal bourbeter, variante de barbeter, grommeler, marmotter (XIIIe), dérivé de barbe. Bourboutal {bourboutat, bourboutein, 1876 ; bourboutal, 1927), v., marmotter, de bourbout* -al. Bourbouter {bourbouter, 1876), s. m., marmotteur, de bourbout* -er. Bourbouterezh {bourboutereh, 1927), s. m., marmottement (s), roule­ ment^), de bourbout* -erezh. Bourc’h {bourch, 1499), s. £, bourg, est attesté plus anciennement sous la forme diminutive et lénifiée uuorchic vers 1114-1131 ; ce mot procède du germanique *burg

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par le latin burgus. Le comique borgh et le gallois bwrch sont des emprunts au moyen anglais burgh. Bourc’hadenn {bourgaden, 1659), s. f., bourgade, de bourch + -adenn. Bourc’his {bourchis, déb. XVIe), s. m., bourgeois, attesté comme nom de personne Bourhis en 1448 à Rédéné (29), de bourch + -is. Bourc’hiselezh {bourchizelez, 1927), s. £, bourgeoisie,de bourch + -is + -elezh. Bourc’hisiezh {bourchiziez, 1931), s. £, bour­ geoisie, de bourch + -is + -iezh. Le breton prémoderne usait du mot bourchiséguez (1732), ce qui se traduirait par bourc hisegezh. Divourc’hisan {divourc’hisan, 1992), divourc’hisin {divourhizein, 1904), v., (se) désembourgeoiser, de di+ bourch + -is + -an/ -in. Kenvourc’his {quenvourchis, 1659), s. m., concitoyen, de ken- + bourch + -is.

Bourd {bourt, tour, finesse, 1659), s. m., bourde, blague, boutade, et adj. quai., en panne, est un emprunt au français borde, plaisanterie (XIIe) ; ce mot est la forme contractée de behourde, déverbal de *bihurder, plai­ santer, issu du francique *bihurdan. Bourdal {bourdal, 1499), bourdin {bourdein, 1744), v., (s’)arrêter court, (s’)embourber ; blaguer, feinter, de bourd + -al / -in. Bourdellachow {bourdellachoù, 1958), s. pL, blagues, de bourd + -ell+ -ach+ -ow. Bourder {bourder, 1499), s. m., blagueur, de bourd + -er. Bourderezh {bourderez, 1868), s. m., fait de blaguer, de bourd + -erezh. Bourdigellad {bourdigellat, 1958), v., faire des farces, de bourd+ -igell+ -ad Bourdus {bourdus, 1723), adj. quai., facétieux, de bourd + -us. Divourdan {divourdan, 1992), divourdin {divourdin, 1992), v., dépanner, de di- + bourd + -an / -in. Divourder {divourder, 1992), s. m., dépanneur, de di+ bourd + -er. Bourdigenn {gourdigen, crevasse dans un chemin, déb. XVIe ; bourdiguenn, 1732), n. £, bourbier, pourrait pro­ venir d’un ancien *bourbigenn avec substitution de consonne, mot emprunté au français bourbe avec suf­ fixation en -igenn. Bourdach {bourdach, 1992), coll., bordé, est un em­ prunt au français bordage (XVe), dérivé de bord. Bourdachin {bourdachin, 1992), v., border (un bateau), de bourdach + -in. Bourdilhon {bourdillon, 1919), s. £, bourriche, pour­ rait procéder de l’ancien français borde, maison cham­ pêtre, chaumière (1210), issu du germanique *borda avec suffixation en -ilhon.

Bourdon {bourdon, déb. XVIe), s. m., bourdon, bâton de pèlerin, est un emprunt à l’ancien français bordon (1265), dérivé de borde, brandon, bûche, poutre,

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d’origine obscure. Bourdoneg {bourdoneg, 1992), adj. quai., muni d’un bourdon, est attesté comme nom de per­ sonne sous la forme Bordonec en 1565 à Guingamp (22).

Bourdonenn {bourdounenn-, 1709), s. £, bourdon, est un emprunt au français avec suffixation en -enn. Bourdonad {bourdonad, 1992), attesté sous la forme lé­ nifiée vourdounaten 1709, v., bourdonner, de bourdon+ -ad', le breton prémoderne bourdonnein (1732) avait le sens de “tinter”. Bourdonerezh {bourdonnerez, 1633), s. m., bourdonnement, de bourdon- + -erezh.

Bourell {bourell, 1732), adj. quai., rembourré, et s. £, rembourrure, capiton, collier rembourré, emprunté à l’ancien français borrel, bourrelet que les chevaliers por­ taient sur leur casque (1170), et dérivé de borre, bourre (1175) - voir bour. Bourellad {bourella, 1732), v., rem­ bourrer, capitonner, de bourell + -ad. Bourelenn {bourlenn, 1931), s. £, collier (rembourré), rebord (de chapeau) ; corvée, de bourel+ -enn. Boureller {boureller, 1732), s. m., bourrelier, de bourell + -er. Bourellerezh {bourellerez, 1931), s. m., bourrelerie, de bourell + -erezh. Bourled {bourled, 1732), coll., bour­ relet (de haut de jupe), emprunté au français sous une forme contractée que l’on comparera à l’ancien français bourlee de même sens. Divourellad {divourella, 1732), v., débourrer, de di- + bourell + -ad. Bourk {bourg, déb. XVIIIe), s. m., bourg, est un emprunt à l’ancien français bore, place fortifiée (1080) - voir aussi bourc’h. Bourka {bourka, 1992), v., vendre dans les bourgs, de bourk + -a. Bourkad {bourkad, 1992), s. m., bourg (de), de bourk + -ad. Bourker {bourker, 1992), s. m., habitant d’un bourg, de bourk + -er. Bourlass {bourlançz, 1732 ; bourlas, 1821), coll., car­ tilage, voir bour.

Bouron {bouron, 1744), adj. quai., rebondi ; glabre, de bour + -on, voir bour. Bouroneg {bourounek, 1927), adj. quai., goulu, ventru, de bouron + -eg. Bouronin {bourounni, 1927), v., (se) gaver, s’empiffrer, de bou­ ron + -in. Bourouan {bouroua, 1927), v., bruire, faire du bruit comme le vent, est un mot d’origine onomatopéique. Bourouell {bourouell, 1927), adj. quai., criard, soûlant, de bourou- + -elL Bourouellad {bourouellat, 1927), v., criailler, importuner, rebattre les oreilles, de bourou- + ell + -ad. Bouroueller {bouroueller, 1927), s. m., im­ portun, raseur, de bourou-+ -ell+ -er. Bourouellerezh {bourouellerez, 1931), s. m., action d’importuner, de bourou- + -ell + -erezh.

Bourrabl (bourapl, 1849), adj. quai., agréable, est un dérivé en -abl de l’ancien français bor, bur, bien, heu­ reusement (XIe), d’origine incertaine. Bourraplted (bourapted, 1904), s. f., agrément, de bourrabl + -ded. Divourrabl (divourabl, 1904), adj. quai., désagréable, déplaisant, de di- + bourrabl.

1744), s. m., plat-bord, de formation hybride, de pla-, plat, et bourz Stribourz (strybourz, strybourh, 1732), s. m., tribord, également de formation hybride, le pre­ mier élément stri- présentant un s- prosthétique. Stribourzis (stribourhiss, 1744), s. m., tribordais, de 5- + tri + bourz + -is.

Bourran (bourra, 1876), bourrin (bourrein, 1723), v., se complaire, se délecter à, apprécier, jouir, de bourr+ an/-in (voir le précédent). Bourrus (bourrus, 1927), adj. quai., complaisant, jouissant, jovial, de bourr- + -us. Bourrusted (bourrusted, 1927), s. f., jouissance, de bourr- + -us + -ded. Divourrin (divourra, 1931), v., (se) déplaire, de di- + bourr- + -in. Divourrus (divourus, 1904), adj. quai., rebutant, déplaisant, de di- + bourr- + -us.

Bousel (beauselenn, 1499 ; bouzel, 1732), coll., bouse, est apparenté non seulement au français mais aussi au comique busel, à l’irlandais et au gaélique d’Écosse buachar. Le français procède de l’ancien français bose (1204), d’origine incertaine. Bousella (bousella, 1992), v., chercher de la bouse, de bousel + -a.

Bourrew (bourreau, 1499 ; borrév, 1732), s. m., bour­ reau, est un emprunt au français issu d’un ancien bourrel (1302) d’origine incertaine. Bourreweri (bourreuery, 1557), s. £, supplice, de bourrew + -eri. Bourrewiadur (bourevadur, 1931), s. m., supplice, de bourrew + -iadur. Bourrewian (bourrévya, 1732), bourrewin (bourréüein, 1732), v., supplicier, torturer, attesté plus anciennement par son part, passé bourreuaet (1557), de bourrew + -ian / -in. Bourrewierezh (boureverez, 1931), s. m., torture, de bourrew + -erezh.

Boursikod (bourçicot, 1732), s. m., boursicot, est un emprunt au français attesté en 1296 sous la graphie bourseco et à finale inexpliquée ; c’est un dérivé de bourse issu du bas latin bursa d’origine grecque.

Bourz (bourz, 1732), s. m., bord (de bateau), est un emprunt du prémoyen breton au germanique bord ; le gallois bwrdd(burth, XIIe), table, bord, procède du vieil anglais bord, lui aussi d’origine germanique. Bourzell (boursell, 1931), s. f., franc-bord, de bourz + -ell. Bourziad (bourziad, 1931), s. m., bordée, de bourz + -iad. Bourziadan (bourzhiadan, 1992), v., tirer un bord, de bourz + -iad + -an. Bourzian (bourzhian, 1992), bourzin (bourzhin, 1992), v., border (un bateau), de bourz + -ah /-in. Bourziata (bourzhiata, 1992), v., tirer des bords, bourz + -iad + -a. Abourz (abourzh, 1992), s. m., abord, est un terme hy­ bride formé du préfixe français a- et du breton bourz Abourzaj (abourhage, 1744), s. m., abordage, de a- + bourz + -aj. Abourzin (abourzhin, 1992), v., aborder, de ¿-+ bourz + -in. Babourz (babourh, 1723), s. m., bâbord, présente aussi la traduction du second élément de l’em­ prunt par le breton bourz Kalbourz (kalbourzh, 1992), s. m., bordé de cale, de kal+ bourz Lambourz (lambourz, 1633), s. m., sabord, de lam + bourz Plabourz (plabourh,

Boussell (boucel, 1723), s. f., joue, est un emprunt à l’ancien français bochel, petite bouche, dérivé de boche, issu du latin bucca, joue, bouche. Boussellad (boucellad, 1732), s. f., gifle, de boussel+ -ad Bousselleg (boucellecq, 1732), adj. quai, et s. m., mouflet, de bousell + -eg.

Boussolenn (boussolenn, 1992), s. f., boussole, est un emprunt au français avec adjonction du suffixe -enn. Noté bussolleen 1527, il est issu de l’italien bussola, pe­ tite boîte. Boussouin (bouczouyn, 1499), s. m., bosco, est un em­ prunt à l’anglais boatswain.

Bout (bout, 1919), s. m., poussée, et s. f, pousse, bou­ ture, et ses dérivés, voir bou(n)t.

Boutailh (boutaill, 1499), s. f., bouteille, est un emprunt au français dont le mot, boteleen 1160, est issu du bas latin butticula, diminutif de buttis, tonneau (vie). Le gallois potel procède du moyen anglais botel avec ren­ forcement de la consonne initiale par suite d’un faux rétablissement, le comique maintenant le b- dans botteL Boutailhad (boutaillat, déb. XVIe), s. f., bouteille (de), de boutailh + -ad. Boutailhan (boutailhan, 1958), v., mettre en bouteille, de boutailh + -ah. Boutailher (boutailher, 1732), boutailhour (boutailhour, 1992), s. m., bouteiller, sommelier, de boutailh + -er / -our. Bouteg (boutée, 1499), s. m., panier plat ; personne po­ telée, est issu d’un emprunt à l’ancien français boute, outre, avec suffixation en -eg. Boutegad (bouteccat, 1659), s. m., panier plat (de), de bouteg + -ad. Bouteger (bouteguer, 1732), s. m., vannier, de bouteg+ -er. Boutegerezh (boutegerez, 1931), s. m., gabionnage, de bouteg + -erezh. Boutegeri, attesté sous la graphie Boteguery en 1534 comme nom de lieu en SaintThonan (29), s. f., chantier de vannier, de bouteg + -eri.

Boutell (boutel, 1659), s. f., botte ; pointe (en couture), est un emprunt à l’ancien français botel, petite botte, 129

dérivé de bote (fin XIIe), issu du moyen néerlandais bote, touffe de lin. Boutellad, s. f.» botte (de), de boutell + -ad. Boutellan (boutellan, 1992), boutellin (botellein, \73Î),n., botteler, de boutell+ -an /-in. Bouteller (bouteller, 1732), s. m., botteleur, de boutell + -er. Bouteilerezh (bouteilerezh, 1992), s. m., bottelage, de boutell + -erezh. Boutikl (boutick 1623), s. £, boutique, bazar, est un em­ prunt à l’ancien fiançais boticle, boutique (XIVe), issu du bas grec apothéképài le biais possible du provençal botica.

Boutin (boutin, 1519), adj. quai., banal, commun, et s. m., indivis, procède de l’ancien français butin (XIVe), emprunté au moyen bas allemand büte, partage, duquel est issu l’allemand moderne Beute, proie. Boutinan (boutina, 1931), boutinin (boutinin, 1992), v., mettre en commun, vivre en commun, de boutin + -an / -in. Boutinelezh (boutinelez, 1931), s. £, banalité, de bou­ tin + -elezh. Boutinded (boutinded, 1931), s. £, com­ munauté, de boutin + -ded. Boutinnaad (boutinaat, 1931), v., (se) banaliser, de boutin + -aad. Divoutin (divoutin, 1929-30), adj. quai., non indivis, apparié, solidaire, non commun, de di- + boutin. Divoutinan (divoutinan, 1992), divoutinin (divoutinin, 1992), v., partager des biens indivis, de di- + bou­ tin + -an / -in.

Boutisell (boutizell, 1927), tas (en cône), s. £, cône, est un emprunt à l’ancien français boutisele, petit tonneau, petit baril, dérivé de bote, botte (fin XIIe), mot issu du moyen néerlandais bote, touffe de lin. Boutisellad (boutisellad, 1992), s. £, tas (de), cône (de), de boutisell + -ad. Boutisellan (boutizellan, 1927), boutisellin (boutizelli, 1927), v., mettre en tas, en cône. Bouton (boutoun, 1633), s. m., bouton, est un emprunt au français dont le mot dérive du verbe bouter, pous­ ser. Boutonan (boutouna, 1876), boutonin (boutonnein, 1744), v., boutonner, de bouton + -an/-in. Boutoner (boutonér, 1904), s. m., marchand de boutons, de bouton + -er. Divouton (divouton, 1992), adj. quai., non boutonné, sans boutons, de di- + bouton. Divoutonan (divoutôna, 1732), divoutonin (divouttonnein, 1723), v., (se) dé­ boutonner, de di- + bouton + -an / -in. Boutouilher (boutoiller, 1499), s. m., bouteiller, som­ melier, formé sur la variante boutouilh de boutailh (voir ce mot). Bouzar (bozar, 1464), adj. quai, et s. m., sourd, a pour correspondants le comique bodhar, le gallois byddarct l’irlandais bodhar (vieil irlandais bodar) ; tous procèdent

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du celtique *bodaro-. Bouzaradenn (bouzaradenn, 1992), s. £, assourdissement, de bouzar + -adenn. Bouzaran (bouzaraff, 1499), bouzarin (boüarein, 1732), v., assourdir, casser la tête à, de bouzar + -an /-in, aux­ quels correspondent le comique bodhara, le gallois byddaru et l’irlandais bodhraigh. Bouzarded (bouzardet, 1499), s. £, surdité, de bouzar + -ded, identiques au cornique bodharsys et au gallois byddardod. Bouzarenn (bouzarenn, 1992), s. £, personne tuante, de bouzar + -enn. Bouzargeneg (boaregenneg, 1931), adj. quai., sourdingue, de bouzar + ken + -eg. Bouzarraad (bouzarât, 1732), v., rendre ou devenir sourd, de bouzar + -aad, équivalant au comique bodharhe. Bouzarus (bouzarus, 1931), adj. quai., assourdissant, de bouzar + -us. Bouzell (bouzel, 1659), s. £, fondement intestinal, est un emprunt au préroman *bodel, issu du latin botellus, petite saucisse. Bouzelleg (bouzelleg, 1992), adj. quai., bedonnant, de bouzell + -eg. Bouzellenn (bouzellenn, 1499), s. £, boyau, de bouzell + -enn. Bouzellow (bouzellov, 1464), s. pl., intestins, de bouzell + -ow. Bouzellowad (bouzellaouad 1992), s., £, ventrée (de), de bouzell + -ow + -ad. Disvouzellan (disvouzellaii, 1992), disvouzellin (disvouzellin, 1992), v., évider, étriper, de dis + -bouzell + -an I -in. Divouzellan (diuouzellaff, 1499), divouzeilin (divoêllein, 1723), v., éviscérer, étriper, de di- + bouzell + -an / -in. Pennbouzell (pennbouzell, 1992), s. m. et coll., culbu­ te, de penn + bouzell. Pennbouzellan (pennbouzellan, 1992), pennbouzellin (pennboelli, 1931), v., culbuter, de penn + bouzell + -an / -in. Pennbouzellenn (pimpoellenn, 1931), s. £, pirouette, depenn + bouzell + -enn. Pennbouzellennin (pimpoellenni, 1931), v., pirouetter, de penn + bouzell + -enn + -in. Penbouzellennad (pimpoellennad, 1931), s. £, pirouettement, de penn + bouzell + -enn+ -ad Pennbouzelieres (pennbouzelleres, 1992), s. £, baratte culbuante, de penn + bouzell + -eres.

Boz (boz, 1992), s. m., satisfaction, procède du vieux breton bod, contentement, faveur, satisfaction ; il est at­ testé comme nom de personne Boz en 1060. Inusité en breton moderne, ce mot est resté vivant en gallois bodd satisfaction, plaisir, volonté, désir ; le comique le note bothavec les sens de “inclination, penchant, consente­ ment, assentiment”. Bozenn (bozennenn, 1499), coll., chrysanthème des champs, est à comparer au gallois byddon, bétoine, aigremoine, tous deux tiré du celtique *bou-sso-. Bozenneg (bozenneg, 1992), adj. quai., abondant en

chrysanthèmes, et s. m., terrain où abondent ces fleurs, de bozenn + -eg.

Brabans {brabans, 1867), s. m., fanfaronnade, est un emprunt à l’ancien français, attesté sous le dérivé bra­ bançon, passé également en moyen breton, brabanczon, en 1557. Brabansal {brabançal, mil. XDC ; mais brabanci, 1659), v., fanfaronner, se vanter, de brabans + al. Brabanser {brabanser, 1867), s. m., fanfaron, de bra­ bans + -er. Brabanserezh {brabanserez, 1902), s. m., fan­ faronnade^), de brabans + -erezh. Brabant {brabant, 1992), s. m., brabant, est un em­ prunt au français ; le mot apparaît au début du XIXe siècle pour désigner ce type de charrue fabriquée à l’ori­ gine dans la province belge du Brabant. Brae {brae, déb. XVIe), s. f., broie (à lin), est apparenté au gallois brau, tendre, fragile, et à divers mots en brcomme briser, brechenzn allemand ou break en anglais. Braead {brœat, 1659), v., broyer, accidenter gravement, de brae+ -ad Braeadeg, s. £, broiement, de brae+ -adeg Braeadur {braéadur, 1821), s. m., broiement, action de broyer, de brae+ -adur. Braeer {braéer, 1821), braeour, {breiour, 1897), s. m., broyeur, de brae + -er / -our. Braeerezh {braéérez, 1821), s. m., broyage, de brae + -erezh. Brae {brae, 1732), s. m., brai, est un emprunt au fran­ çais dont le mot est attesté à la fin du XIIe siècle ; le sens de “goudron” apparaît en 1309. Le mot est issu du gau­ lois *bracu. Brag {brag, 1992), s. m., parure, est un emprunt à l’an­ cien français brague (1308), issu du provençal brago, de même origine que le suivant. Bragadenn {bragaden, 1919), s. f, visite et repas (de fiançailles) ; pavane, de brag+ -adenn. Bragal {bragal, 1659), v., se pavaner, faire la fête, de brag+ -al-, le gallois bragio, se vanter, se glo­ rifier, procède de l’anglais (to) brag. Brager {bragéer, 1821), s. m., personne qui se pavane, de brag+ -er. Bragerezh {braguerezou, s. pl., 1659), s. m., pavane, de brag+ -erezh. Brageriss {braguerisse, 1723), s. m., parure, de brag+ -eriss. Bragerissour (bragerissour, 1992), s. m., parurier, joaillier, de brag + -eriss + -our. Brages {bragues-, 1633), s. m., culotte, est un emprunt au bas latin braca d’origine gauloise, braca de même sens. Bragesad {bragesad, 1992), s. m., culotte (pleine de), de brages + - ad. Bragesan {bragéza, 1821), v., culotter, de brages + an. Bragesenn {braguesen, 1633), s. f., culotte longue, de brages + -enn. Bragesenneg {bragezennek, 1927), adj. quai., en culotte longue, de brages + -enn + -eg. Brageser {brageser, 1992), s. m., culottier, de brages + -er. Bragow {bragou, 1659), s. m., pantalon,

de brag- + -ow. Bragowad {bragaouad, 1931), s. m., pantalon (plein de), de brag- + -ow + -ad. Divrages {divragez, 1821), adj. quai., sans culotte, de di- + brages. Divragesan {divragueza, 1732), v., décu­ lotter, de di-+ brages + -an. Divragow {divragou, 1931), adj. quai., sans pantalon, de di- + brag- + -ow. Bragez {braguez, déb. XVIe), s. m., germe (de grain), est apparenté au comique brag, malt, au gallois brag, malt, grain d’orge, et à l’irlandais mraich, braich, ainsi qu’au gaulois bracis, malt, grain pour faire la bière. Ces mots sont à rapprocher du latin marcere, faner, flétrir, ou du latin fraces, marc d’olive ; ils remontent à un radical *merq-. Bragezan {bragueza, 1732), bragezin {braguezi, 1732), v., germer, de bragez + -an / -in, auxquels cor­ respondent le comique bragy et le gallois bragu.

Brak {brak, 1992), s. m., braque, est un emprunt au français attesté en 1235, et issu de l’italien braccoon du provençal brae. Brakan {brakan, 1992), brakin {brakin, 1992), v., se prélasser, se vautrer, de brak + -an / -in. Brail {brail, 1633), branle, ébranlement ; glacis, est un emprunt, par assimilation, à l’ancien français branle (XIIe), issu de brandele, position branlante (1180), et dé­ rivé de brant, bran, fer de l’épée, du germanique brand, tison. Brallan (bra(n)laff 1499), brallin {branliff, 1633 ; brallein, 1723), v., branler, faire pencher, de brail + -an / -in. Braller {brader, 1927), brallour {brallour, 1992), s. m., branleur, vantard, de brail + -er / -our. Brallus {brellus, 1919), adj. quai., branlant, de brail + -us. Divrall {divrall, inébranlé, 1931), adj. quai., inébran­ lable, de di- + bralL

Bramm {bram, 1499), s. m., pet, a pour correspondants le comique bram, le gallois bram, l’irlandais broim et le gaélique d’Ecosse braim ; ils remontent au celtique *brag-smen-, éclat. Brammadenn {brammadenn, 1931), s. £, pétarade, de bramm + -adenn. Brammad {bramet, 1499), bramman {brama, 1732), bramin {bramein, 1723), v., péter, de bramm + -ad/-an /-in. Brammellad {brammellat, 1927), v., pétarader, de bramm + -ell+ -ad Brammer {brammer, 1633), s. m., péteur, de bramm + -er. Brammerezh {brammérez, 1732), s. m., fait de pé­ ter, de bramm + -erezh. Brimminiad {bri(m)inyat, 1464), adj. quai., péteux, de bramm affecté en brimm- + iniad

Bran {bran, 1499), s. £, corbeau, corneille, procède du vieux breton bran, corbeau ; il a pour correspondants le comique bran, le gallois bran, issus comme lui du vieux brittonique brano-, l’irlandais bran et le gaulois branos. Tous procèdent du celtique *gwrana. Morvran {morbran, 1716), s. £, cormoran, provient du vieux breton morbran, de mor + bran, identique au 131

comique morvran, au gallois morfran et à l’irlandais muirbran. Branchan (branchan, 1992), branchin (branchin, 1992), v., brancher (un appareil), est un emprunt au français. Ambranchamant (ambranchamant, 1992), s. m., em­ branchement, emprunté directement au français. Divranchin (divranchin, 1992), v., débrancher, de di + -branch- + -in. Branell (branell, 1499), s. f., béquille, taquet, tourni­ quet, procède du mot bran ci-dessus avec suffixation en -ell Branellan (branellan, 1992), branellin (branellin, 1992), v., béquiller, fermer au taquet, de branell + -an / -in. Branellad (branellat, \87G), v., jouer au tourniquet, de branell + -ad Branelleg (branellek, 1821), adj. quai., béquillard, de branell + -eg, est attesté sous la graphie Branellec en 1594 comme nom de personne à Plounévez-Lochrist (29).

Brank (brancq, 1633), s. m., branche ; bois (de cervi­ dé) ; pale (d’hélice), est un emprunt possible au bas latin branca mais plus probablement au dialecte normand branque. Brankad (brankad, 1931), s. m., branche (de), grappe (de), de brank + -ad Brankan (branka(n), 1927), brankin (brankin, 1992), v., fourcher, (s’)appuyer (à), de brank + -an/-in. Brankenn (brankenn, 1992), s. f, vertèbre (placée avant la queue des bovins), de brank + -enn. Brankigenn (brankigenn, 1992), s. f., olive, de brank + -igenn. Brankodin (brankodin, 1992), v., s’arcbouter, de brank + -W+ -in, est attesté en 1902 par son part, passé brankodet.

Ambrankow (ambrankoù, 1992), s. pl., ouïes, de am(du français em-} + brank + -ow. Divrankadur (divrankadur, 1992), s. m., ébranchage, ébranchement, de di-+ brank + -adur. Divrankan (divrancqa, 1732), divrankin (divranquein, 1744), v., ébrancher, de di- + brank + -an / -in. Bransell (brancel, 1464), s. f., balancelle, berceau sus­ pendu, procède de l’ancien français balance, emprunté sous la forme *brans par contraction et dissimilation favorisée par l’attraction du verbe branler, et suffixation en -ell ; le français balancelle n’apparaît qu’au début du XXe siècle. Bransellad (brancellat, 1499), v., (se) balan­ cer, de bransell + -ad Branselladeg (branselladeg, 1992), s. f., balancement, de bransell + -adeg. Branselladenn (branselladenn, 1992), s. f., balancement, de bransell+ -adenn. Branseller (branseller, 1992), s. m., personne qui se balance, balancier, de bransell + -er. Bransigell (bransigel, 1821), s. f, balançoire, escarpolette, de brans+ -igelL Bransigellad (bransigella, 1821), v., (se) balancer, de brans- + -igell + -ad. 132

Branskell (branskell, 1931), variante de bransell (ci-dessus) ; branskellad (branskellat, 1931) ; branskedilhan (branskedilhan, 1992), v., tituber, de bransk- + edilh- + -an.

Braog (braocq, 1633), s. m., bar, procéderait d’un an­ cien *£nzA-0cdont le radical brah serait issu de ¿rax-que l’on retrouve dans le latin labrax, bar.

Braos (brauz, 1919), coll., jonc marin, n’a de cor­ respondant ni en comique ni en gallois ; un rapprochement avec l’ancien français braios, boueux, fangeux, dérivé de brau, boue, fange, reste conjectural. Braoseg (brauzeg, 1919), adj. quai., couvert de jonc marin, et s. f., vasière couverte de jonc, jonchère, de braos + -eg. Braossa (braosa, 1931), v., couper du jonc marin, de braos + -a. Divraosan (divraosan, 1992), divraosin (divraosin, 1992), v., ôter le jonc, de di- + braos + -an / -in.

Bras (bras, 1499), adj. quai., grand, a pour correspon­ dants le comique bras (vieux comique bras) de même sens, le gallois bras, épais, gros, gras, corpulent, l’irlandais bras, grand, fort ; tous procèdent du celtique ★g^ret-so-, duquel est également issu le latin grossus. Brasentez (brazanté, 1919), s. £, grandeur ; froissement d’amour-propre, de bras + -entez. Brases (brases, 1499), adj. quai., grosse, enceinte, de bras + -es, mot qui a conservé le sens originel. Brasesan (brazeza, 1927), brasesin (brasesi, 1659), v., engrosser, de bras л-es + -an /-in. Brasested (brazézded, 1821), s. f., gros­ sesse, de bras+ -es+ -ded. Brassaad (brossât, 1499), v., agrandir, grandir, augmenter le coefficient, de bras + -aad, identique au gallois brasau, grossir. Brassoni (brassonny, 1557), s. f., suffisance, de bras+ -oni. Brassoniaj (brassoniaj, 1992), s. m., mégalomanie, conflit de pré­ éminence, de bras+ -oni + -aj. Brassoniezh (brazouniez, 1732), s. f., infatuation, de bras+ -oniezh. Brassonius (brazonius, 1931), adj. quai., suffisant, de bras + -oni + -us. Brasted (brastêt, 1723), s. f., grandeur, grandesse, de bras+ -ded. Braster (brasder, 1499), s. m., gran­ deur, de même sens que le comique braster, grandeur, splendeur, majesté, orgueil, et de même formation que le gallois brasder, obésité. Divras (divraz, 1910), s. m., ébauche, de di- + bras. Divrasadur (divrasadur, 1744), s. m., ébauche, de di+ bras + -adur. Divrasan (divrasa, 1732), divrasin (divrazein, 1744), v., ébaucher, de di- + bras + -an / -in. Divraser (divrazér, 1919), s. m., ébaucheur, de di+ bras+ -er. Divrasouer (divrazouér, 1919), s. m., ébauchoir, de di- + bras + -ouer. Peurvrassan (peurvrassan, 1992), adj. quai, sup., (grande) majorité, depeur-+ bras + -an.

Brasbourbell {brasbourbell, 1958), adj. quai., (œil) à grosse orbite, de bras + bourbelL Brased {bras-œth, 1633 ; braset, 1716), s. m., méteil, de bras + ed. Brasgwriad {bras-wriat, 1931) v., faufiler, de bras + gwri + -ad. Braskannan {braskannan, 1958), braskannin {braskannin, 1992), v., durcir (le sol), de bras + kann + -an / -in. Braskontan {bras-konta, 1931), braskontin {braskontin, 1992), v., compter en gros, de bras + kont+ -an / -in. Braslenn {braslenn, 1931), v., parcourir (en lisant), de bras+ lenn. Brasober {brazober, 1958), v., faire à peu près, de bras+ ober. Brasparedin {brasparedin, 1958), v., cuire grossièrement, de bras + pared + -in. Brasplegan {brasplegan, 1992), brasplegin {brasplegih, 1992), v., plier provisoirement, de bras + pleg+ -an/-in. Braspoazhad {braspoazhan, 1958), v., cuire grossièrement, de bras + poazh+ -ad. Brastress {bras-tress, 1931), s. m., schéma, diagramme, de brass + tress. Brastressan {bras-tresa, 1931), brastressin {brastressih, 1992), v., dessiner sché­ matiquement, de bras + tress + -ah / -in. Brasouer {brasoüer, 1633), s. m., brasero, est un em­ prunt à l’ancien français *brasoire, dérivé de braser, embraser, consumer (1155), issu du germanique *brasa, feu.

Brasseled {brasselet, 1633), s. m., bracelet, est un em­ prunt à l’ancien français bracelet {\\7 5), dérivé de bras. Le gallois brasled attesté au XVIe siècle, procède de l’an­ glais bracelet.

Bratell {bratell, 1499), s. £, traquer de moulin, est un emprunt, avec -r- épenthétique, à l’ancien français bâte/ cliquet d’un moulin. Bratellad {bratellat, 1499), v., tra­ hir, tromper, duper, de bratell + -ad. Brav {brau, 1557), adj. quai., beau, agréable, commo­ de, correct, joli, satisfaisant, correspond au comique braf, beau, magnifique, au gallois braf, beau, et à l’ir­ landais breà, beau, excellent ; tous procèdent de l’an­ cien français brave, attesté en 1379, mais dont le sens de “excellent” n’apparaît qu’au XVIIe siècle. Bravaad (bravaat, 1821), v., embellir, de brav + -aad. Bravadenn {braoadenn, 1931), s. f., embellie, amélioration passa­ gère, de brav+ -adenn. Braventez {braoentez, 1709), s. f, beauté, et s. m., amabilité, de brav + -entez Braveri {braueri, 1659), s. f., toilette, de brav + -cri. Bravig {braùig, 1919), s. m., joaillerie, et {braoik, 1927), adj. quai., joli, de brav + -ig. Bravigell {braoigell, 1931), s. f., jouet, joujou, de brav + -igell. Bravigellerezh {bravigellerezh, 1958), s. m., bimbeloterie, de brav+ -igell+ -erezh. Bravikaad {braùikat, 1919), v., rendre un peu plus joli, de brav+ -ig+ -aad. Bravite {braùité, 1849), s. f., beauté, de brav + -ite.

Brawac’h {braouach, 1931), s. m., terreur, épouvante, correspond au comique brawagh, terreur, et au gallois brawych, effroi, peur ; ces mots sont formés sur un ra­ dical braw présent en gallois sous la même graphie braw (moyen gallois brau), épouvante, effroi, anxiété. Brawac’hin {braouachi, 1931), v., terrifier, de brawaeh + -in, identique au comique braweghy et au gallois brawychu. Brawac’hus {blanhoehus, 1849 ; braouachus, 1931), adj. quai., terrifiant, effarant, de brawach + -us, de même formation que le gallois brawychus.

Bre {bre, 1992), s. m., mont, se montre en composi­ tion le plus souvent comme élément de noms de lieux ; il correspond au comique bre, au gallois bre, à l’irlan­ dais bri ; tous remontent, comme le gaulois briga, au celtique *briga, et sont apparentés à l’allemand Berg. Bre {bre, 1716), s. m., peine, difficulté, déplaisir, tour­ ment, est apparenté au gallois braidd, durement, avec difficulté, à peine. Breal {brea, 1927), v., travailler, tour­ menter, de bre + -al. Ambren {ambren, 1659), s. f., divagation, et {ambren, 1732), v., divaguer, broyer du noir, de am- + bre+ -(e)n. Les variantes ambrenan {ambrenan, 1992) et ambrenin {ambreni, 1716) sont dues à de fausses étymologies. Ambreadenn {ambreadenn, 1992), s. f., élucubration, de am + bre + -adenn. Ambreer {ambrener, XVIIe), s. m., personne qui broie du noir, de am- + bre + -er. Rambre {rambre, 1557), s. m., rêvasserie, chimère, extravagance, de r- + am- + bre. Rambreal {rambreal, 1659), v., rê­ vasser, extravaguer, radoter, de r- + am- + bre + -aL Rambreer {rambreèr, 1732), rambreour {rambreour, 1732), s. m., rêvasseur, de r- + am- + bre + -er / -our. Rambreerezh {rambrerez, 1659), s. m., rêvasserie(s), ra­ dotage, de r- + am- + bre + -erezh. Rambreüs {rambreüs, 1659), adj. quai., qui radote, de r- + am- + bre+ -us. Hunvre {hunure, 1499), s. m., rêve, de hun + bre. Hunvreachow {hunvreachoù, 1992), s. pl., rêveries, de hun + bre + -ach + -ow. Hunvreadell {évreinnadeell, 1744), s. £, rêverie, de hun + bre + -adelL Hunvreadenn {hunvreadenn, 1958), s. £, rêverie, de hun + bre + -adenn. Hunvreal {hunvreal, 1659), hunvrean (hunureaff, 1499), hunvrein {hunvréi, 1732), v., rêver, de hun + bre + -al / -in. Hunvreer {hunvréeur, 1732), hunvreour {hunvreour, 1723), s. m., rêveur, de hun + bre + -er / -our. Hunvreus {hunvreüs, 1931), adj. quai., rêveur, de hun + bre + -us. Kammambre {kamambre, 1890), s. m., façons, grimaces ; cajoleries, de kamm + am- + bre. Digammambre {digamambre, 1931), adj. quai., sans façons, sans manières, de di- + kamm + am+ bre.

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Breanig (breannig 1919), s. m., bruant, est un emprunt à l’ancien français breant, bruant (1378), d’après le verbe bruire.

Breant (breant, 1992), s. m., trachée-artère, procède du vieux breton brehant, gorge, a pour correspondants le comique bryansen et le gallois breuant, tous deux ayant le sens de “gorge, trachée, gosier”. Ces mots sont apparentés à l’irlandais brage, cou, gorge. Brech (brech, 1919), s. m., siège, est à rapprocher de l’ancien français brechet, pied (d’un objet), appui, tré­ teau.

Brechan (brechan, 1992), brechin (brechein, 1723), v., (s’)ébrécher, est un emprunt à l’ancien français breche (1119), issu de l’ancien haut allemand brecha, fractu­ re ; il correspond à l’allemand moderne brechen, briser. Brec’h (brech, déb. XVIe), s. £, variole ; vaccin, a pour correspondants le comique bregh et le gallois brech, vérole, éruption, maladie vénérienne. Ces mots sont tirés du celtique *mrk-ko-.

Brec’h (brech, 1499 ; brech, 1659), s. £, bras, correspond au comique bregh et au gallois braich ; tous trois pro­ cèdent du bas latin braccia, pluriel neutre de bracchium pris pour un féminin singulier. Brec’had (brehat, 1723), s. f., brassée, souvent altéré en briad (briat, 1659), s. f, mal au bras, de brech + -ad Brec’hadal (brihadal, déb. XVIe), v., embrasser, de brech + -ad + -al. Brec’hata (briata, 1659 ; brehatat, 1723), v., ceinturer, étreindre, embrasser, de brech+ -ad+ -a. Brec’hataerezh (brehatereah, 1744), s. m., étreinte(s), embrassement(s), de brech+ -ad+ -a + -erezh. Brec’henn (brechenn, 1927), s. f, bielle, ramification, bras ; brancard ; brassard, de brech+ -enn. Brec’hied (brechyet, déb. XVIe), part, pas­ sé, ayant les bras (gros, minces), de brech + -ied. Arvrec’h (arvrech, 1931), s. f, avant-bras, de ar- + brech. Divrec’han (divrechan, 1992), divrec’hin (divrechin, 1992), v., amputer (du bras), de di- + brech + -ah /-ih.

Bred (bred, 1992), s. m., psyché, procède du vieux bre­ ton bret, brit, et correspond au comique brys, au gal­ lois bryd, esprit, disposition, désir, vœu, au vieil irlan­ dais bred), jugement, et au gaulois bretos. Ces mots sont issus du celtique *brit-. Bredoniel (bredoniel, 1992), adj. quai., psychologique, de bred+ -oni + -eL Bredoniezh (bredoniezh, 1992), s. f, psychologie, de bred+ -oniezh. Bredoniour (bredoniour, 1992), s. m., psychologue, de bred + -oni + -our.

Bregass (bregasse, 1723), s. m., rot, est la variante vannetaise de breugeud (voir ce mot). Bregassour (bregasour, 1919), s. m., personne qui rote, de bregass 134

+ -our. Bregassiñ (bregaseiñ, 1732), v., roter, éructer, avoir des renvois, de bregass + -ih. Bregenn (bregenn, 1958), s. f, écrémeuse, est d’origine obscure.

Brehagn (brahaign, brahaing, 1499), adj. quai., (femelle) stérile, est un emprunt à l’ancien français brehaigne, stérile, qui ne peut engendrer ou concevoir (XIIIe), évolué de baraigne (1155), d’origine obscure. Brehagnder (brechainder, 1659), s. m., stérilité de la femelle, de brehagn + -der. Brein (brein, 1499), adj. quai., pourri, en mauvais état, inculte, a pour correspondants le comique bryn, pourri, carié, le gallois braen, putride, corrompu, pourri, gâté, le moyen irlandais brén. Ces mots sont tirés du cel­ tique *mrakno-. Breinadur (breinadur, déb. XVIe), s. m., pourriture, de brein + -adur. Breinadurezh (breinadurez, 1732), s. £, pourriture, corruption, de brein + -adurezh. Breinaj (breinaj, 1992), s. m., pus, de brein + -aj. Breinañ (breinaff, 1499), breiniñ (breinein, 1723), v., pourrir, putréfier, (se) corrompre, (se) décomposer, identiques au comique bryna et au gallois braenu. Breinar (breinar, 1992), s. m., terre inculte, formé com­ me le gallois braennar et l’irlandais branar, de brein + ar. Breinder (breinder, 1499), s. m., pourriture, de brein + -der. Breinentez (breinnaté, 1744 ; breinante, 1927), s. £, putréfaction, de brein + -entez. Breiner (breiner, 1992), breinour (breinour, 1992), s. m., corrupteur, de brein + -er / -our. Breinidigezh (breinidigezh, 1992), s. £, pourrissement, de brein + -idigezh. Breinerezh (breinereh, 1927), s. m., pourrissage, de brein + -erezh. Breinus (breinus, déb. XVIe), adj. quai., putrescible, de brein + -us. Breinusted (breinusted, 1931), s. £, putrescibilité, de brein + -us + -ded. Divrein (divrein, 1992), adj. quai., imputrescible, de di+ brein. Divreinañ (divreinah, 1992), divreiniñ (divreinein, 1919), v., ôter le pourri, de di- + brein + -ah / -ih. Divreinus (divreinus, 1931), adj. quai., im­ putrescible, de di- + brein + -us. Divreinusted (divreinusted, 1931), s. £, imputrescibilité, de di-+ brein + -us + -ded. Peurvreinañ (peurvreinah, 1992), peurvreiniñ (peurvreinih, 1992), v., terminer de pourrir, de peur- + brein + -ah / -ih.

Breizh (Breiz, 1499), n. pr., Bretagne, procède d’un cel­ tique *Brittia. Breizhad (breyzad 1732), s. m., Breton, de Breizh + -ad. Breizhadelezh (breizhadelezh, 1958), s. £, bretonnité, de breizh + -ad + -elezh. Breizheg (breizek, 1931), adj. quai., breton, de breizh + -eg. Divreizheg (divreizhek, 1955), adj. quai., non breton d’origine, anti-breton, de di- + breizh + -eg.

Brekin {brekin, 1919), s. f., vilebrequin, est un emprunt au français avec aphérèse des deux syllabes initiales. Ce mot procède du moyen néerlandais wimmelkjin, dérivé de wimmel, tarière.

le français bemicle. Brennika {brenniga, 1821 ; brennika, 1927), v, ramasser des patelles, de brennig + -a. Brennikaer {brenniger, 1821 ; brenniker, 1927), s. m., chercheur de patelles, de brennig + -a + -er.

Brelinsad {brelinsat, 1927), v., doucher, éclabousser, reste d’origine obscure. Brelinsadenn {brelinsadenn, 1958), s. f., douche, de brelins- + -adenn. Brelinsadur {brelinsadur, 1927), éclaboussure, de brelins-+ -adur.

Breol {breoll, 1732), s. m., collet (d’essieu), est un em­ prunt à l’ancien français braiel, ceinture (1125), issu du latin bracale, bandage.

Brell {brell, 1732), adj. quai., brouillon, écervelé, a pour correspondants le gallois bral, lambeau, loque ; galopin, écervelé, et l’irlandais breall, gaffeur, maladroit. Brelladur {brelladur, 1821), s. m., brouillage, de brell + -adur. Brellan {brella, 1659), brellian {brellian, 1992), brellin {brelhein, 1927), de brell + -an /-ian / -in. Brelled {brelled, 1992), s. m., sansonnet, de brell + -ed. Brellentez {brellentez, 1992), s. f, caractère brouillon, de brell + -entez. Brellerezh {brellerezh, 1192), s. m., brouillage, de brell + -erezh.

Brell {brell 1464), s. m., perche, a été tiré du celtique *bres-l-. Brem {brem, 1633), s. m., brème, est un emprunt au français noté braismeau XIIe siècle et issu du francique *brahsima. Le gallois brêm procède de l’anglais bream. Bren {bren, 1992), s. m., mamelon, entre en compo­ sition dans de nombreux lieux-dits ; il est issu du vieux breton bren, colline, colline boisée. Il a pour corres­ pondants le comique bryn et le gallois bryn, colline.

Brenk {brenc, 1499), s. m., branchies, ouïe, est un em­ prunt au latin branchia. Brenkan {brenka, s’accouder, s’appuyer, 1927), brenkin {brenkin, 1992), v., aller par la bande (aux boules), de brenk + - an / -in. Brenkeg {brenkeg, 1992), adj. quai., à branchies, de brenk + -eg. Brenn {brenn, 1499), s. m., son, a pour correspondants le gallois bran emprunté à l’anglais bran, le gallo bran. Ce mot est issu de l’ancien français bren, son (XIIe), avec variante bran, tiré du latin populaire *brennum d’origine gauloise probable. Brennan {brennan, 1992), brennin {brennin, 1992), v., enrober de son, de brenn + -an / -in. Brenneg {brennec, 1633), adj. quai., friable ; (pain) complet, de brenn + -eg. Brennenn {brennenn, 1732), s. f., particule de son, de brenn + -enn. Brenner {brenner, 1992), s. m., marchand de son, de brenn + -er, est attesté comme nom de personne Le Brenner en 1464.

Brese {breze, 1927), s. m., rot, est un mot d’origine onomatopéique. Bresel {bresel, 1499), s. m., guerre, procède du vieux breton bresel, fréquent dans les noms de baptême ; ce mot est tiré du celtique *brest-elo. Il a pour correspon­ dants le comique bresel et l’irlandais breasaL Breseleg {breselec, déb. XVIe), adj. quai., belliqueux, de bresel + -eg, est issu du vieux breton breselocet identique au cornique breselek. Breselekaad {breselequat, 1499), v., guer­ royer, de bresel + -eg+ -aad. Bresellaad {breselhat, déb. XVIe), v., guerroyer, de bresel + aad Breseier {breseier, 1499), équivalant au comique breseier, breselour {breselour, 1732), s. m., guerrier, combattant, de bresel + -erl -our. Breselerezh {brezelerez, 1927), s. m., bellicisme, de bresel + -erezh. Breseliad {bresellyad 1732), s. m., guerrier, de bresel + -iad, identique au comique breselyas. Breselin {brésellein, 1723), v., guerroyer, faire la guerre, de bresel + -in, équivalant au comique bresely. Breselius {brezellius, 1927), adj. quai., belliqueux, de bresel + -ius. Divresel {divrezel, 1944), adj. quai., sans guerre, (pays) neutre. Kenvreseler {kenvreseler, 1992), kenvreselour {kenvrezelour, 1923), sous la forme adoucie à l’initiale et plurielle genvrezelourieri), s. m., compagnon d’armes, cobelligérant, de ken- + bresel + -er / -our.

Bresig {bresig, 1992), adj. quai., précipité, est formé sur un radical *bres identique au gallois brys, hâte, et issu du celtique *bresto- ; il a pour correspondant le gallois brysiogàe même sens. Bresidig {brezidik, 1931), adj. quai., empressé, de bres + -idig, correspond au gallois brysedig, précipité, empressé, hâté.

Brennid et ses dérivés, voir bronn.

Bresk {bresq, 1499), adj. quai., fragile, cassant, a pour cor­ respondant l’irlandais briosc, cassant, fragile, friable ; ces mots sont issus du celtique *bres-ko-. Breskaad (1992), v., fragiliser, de bresk + -aad Breskadurezh (breskadurez, 1723), s. f., fragilité, de bresk + -adurezh. Breskted {bresqded 1732), s. f., fragilité, de bresk + -ded Breskter {breschder, déb. XVIe), s. m., fragilité, de bresk + -der.

Brennig {brennic, 1716), coll., patelles, a pour corres­ pondants le comique brennyk, le gallois brennig, l’ir­ landais bàimeach. De ce mot procèdent le gallo bemic,

Breskenn {bresquign, 1659 ; bresqenn, 1732), breskennan {breskenna, 1821), breskennin {bresquennein, 1744), v., s’affoler, s’exciter, s’emballer, dérive d’un 135

radical *bresk dont le correspondant est le gallois brisg, alerte, vif, emprunté à l’anglais brisk, d’origine Scandinave. Breskenn {breskenn, 1992), s. f., excitation. Breskenner {bresquigner, 1659), breskennour {breskennour, 1992), s. m., excité, de breskenn + -er/-our. Breskennerezh {bres­ kennerezh, 1992), s. m., emballement, de breskenn + -erezh.

Breugin {breugui, 1732), v., braire, bramer, suppose un primitif *brak-, variante possible de *brag-, radical expressif d’origine gauloise apparenté au verbe irlandais braigh, crépiter, craquer (vieil irlandais braigim). Breugerezh {breuguérez, 1732), s. m., braiment, de breug- + -erezh.

Bress {bres, 1927), s. m., brassage, brassin ; pâte à far, est un emprunt à l’ancien français brais, orge broyée pour faire de la bière (1247), issu du latin braces, épeautre, lui-même du gaulois bracis, malt, grain pour faire la bière. Bressan {breçza, 1732), bressin {bressin, 1992), v., brasser ; saccager, de bress + -an / -in. Bresser {bresser, 1633), s. m., brasseur ; saccageur, de bress + -er. Bresserezh {breçzérez, 1732), s. m. et f., brasserie, de bress + -erezh. Divressan {divresan, 1992), divressin {divressiii, 1992), v., saccager, de di- + bress + -an / -in.

Breun {breyen, déb. XVIe ; bryenen, au sing., 1732), coll., brins (de filasse, de lin), bribes, correspond au comique brewyon et au gallois briwion et suppose une forme ini­ tiale *brewion. Ce mot apparaît comme un dérivé de brew (voir ce mot) auquel est adjoint le suffixe pluriel -ion évolué à -ien dès le début du XVIe siècle, et syncope du -w- médian.

Brete {brete, 1927), s. m., rixe, procède d’un emprunt au français *brettee, dérivé du mot brette (XVIe), issu du latin populaire *brittus, épée de Bretagne.

Bretell {bretell, 1992), s. f, bretelle, est un emprunt au français apparu à la fin du XIIIe siècle et issu de l’ancien haut allemand brittil, rêne, bride. Breud {breut, 1499), s. m., litige, cause, discussion, a pour correspondants le comique brüs, le gallois brawd et l’irlandais breith (vieil irlandais brùath), jugement. Ces mots sont issus du celtique *bra-to-. Breudow {breudoù, 1992), altéré en [brosu], s. pl., débats, au­ diences, discussions ; assises, session, de breud + -ow. Breutaad {breutat, 1499), v., plaider, débattre, discuter, de breud + -aad. Breutadenn {hreutadenn, 1931), s. £, plaidoirie, de breud + (-a) + adenn. Breutaenn {breutaenn, 1931), s. f, plaidoirie, de breud + (-a) + -enn. Breutaer {breutaer, 1623), breutaour {breutaour, 1499), s. m., plaideur, de breud + -a + -er / -our. Breutaerezh {brentereh, 1723 ; breudtaërez, 1732), s. m., ratiocination, de breud + -a + -erezh. Breutaus {breutaus, déb. XVIe), adj. quai., litigieux. Breugeud {breuguedenn, déb. XVIe), s. m., rot, est tiré du celtique *brak-ato- de forme expressive. Breugeuder {breugeuder, 1992), s. m., personne qui rote, de breu­ geud + -er. Breugeudin {breugedijf, déb. XVIe), v., roter, éructer, avoir des renvois, de breugeud + -in. Breugeuss {breugeus, 1732), s. m., rot, est une variante du précédent. Breugeusser {breugeusser, 1992), s. m., personne qui rote, de breugeuss + -er. Breugeussin {breugueusat, 1732), v., roter, éructer, avoir des renvois, de breugeuss + -in.

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Breur {breuzr, 1499), s. m., frère, procède du vieux bre­ ton brodr ; il a pour correspondants le comique broder, le gallois brawd, l’irlandais bràthairex. le gaulois brater-, identique au brittonique *brater. Breudeuriaj {brederaj, 1919), s. m., confraternité, de breud + -eur+ -iaj. Breudeuriezh {breudeuriez, 1927), s. f., fraternité, frairie, de breud + -eur + -iezh, identique au gallois brodoriaeth. Breureg {brerec, 1723 ; breûrek, 1821), s. m., beau-frère, de breur + -eg. Breuriezh {breuzriez, 1499), s. f., confrérie, association, de breur + -iezh. Kedbreur {quetbreuzr, 1499), s. m., confrère, de ked+ breur. Kenvreur {qen-vreuzr, 1732), s. m., confrère, de ken- + breur, est de formation identique à son ho­ mologue français. Kenvreuriezh {kenvreuriez, 1927), s. £, congrégation, de ken- + breur + -iezh. Lesvreur {lesvreur, 1992), s. m., demi-frère, de les + breur, auquel correspond le gallois llysbrawd. Breus {breuz, 1931), s. £, drège, peigne (de cardeur), Breusad {breuzad, 1931), s. £, retirons, de breus + -ad. Breusad {breuzat, 1876), v., peigner, de breus + -ad. Breuser {breuzer, 1931), s. m., peigneur (de lin), de breus + -er. Breuserezh {breuzerez, 1931), s. m., pei­ gnage, de breus + -erezh.

Breved {breuet, 1499), s. m., brevet, est un emprunt au français dont le mot est attesté au XIIe siècle sous la graphie brievet, écrit, lettre (1220), dérivé de ¿râ^bref, lui-même issu du latin brevis. Breviel {breuial, 1499 ; brevyel, 1732), s. m., bréviaire, est issu du français avec dissimilation de la consonne fi­ nale. Le mot, dérivé de bref, est issu du latin brevarium, abrégé.

Brevier {breuier, 1623), s. m., bréviaire, est un emprunt au français.

Brew {brew, 1992), adj. quai., brisé, éreinté, recru (de), et s. m., bris, éreintement, a pour correspondants le

comique brew, cassure, coupe, blessure ; brisé, blessé, le gallois briw, blessure, peine, meurtrissure ; cassé, bri­ sé, fracturé, et l’irlandais bruigh, meurtrissure. Brewadenn {brewadenn, 1992), s. f., brisement, de brew + -adenn. Brewadur {brévadur, 1821), s. m., brisure, de brew + -adur. Brewin {brevi, 1732), brewo (brewo, 1992), v., briser, éreinter, vanner, de brew + -in / -o. Brewion {bryen, 1732), coll., miettes, de brew+ -ion ; voir aussi breun. Brewus {brevus, 1927), adj. quai., éreintant, de brew + -us.

Brew {brou, 1499 ; bréo(u), 1821), s. f., broyeur, mou­ lin à bras, a pour correspondants le comique brow, moulin à main, moulin à bras, le vieil irlandais brào, bro ; tous sont issus du celtique *brauo ; le gallois breuan, moulin à main, moulin à bras, meule, procède du cel­ tique *braun. Brewlim {breulim, 1464), s. f., meule (à aiguiser), de brew + lemm. Brewliman {breulimaff, 1464), v., meuler, émoudre, de brew + lemm + -ah. Brewlimer {breolymer, 1732), s. m., meulier, émouleur, de brew + lemm + -er. Brezhon {brezon, 1931), adj. quai., breton, est la for­ me savante du mot breton calqué sur le comique Brython et le gallois Brython. Brezhoneg {brezonec, 1623), adj. quai., breton (langue), de brezhon + -eg, identique au comique brythonek, brittonique. Brezhonegan {brézonéka, 1821 ; brezonega, 1927), brezhonegin {brezhonegih, 1992), v., bretonner, de brezhon + -eg+ -an/-in. Brezhoneger {brezoneger, 1927), brezhonegour {brezonegour, 1927), s. m., bretonnant, de brezhon + -eg+ -er I -our. Brezhonegva {brezhonegya, 1958), s. m., zone bretonnante, de brezhon + -eg+ ma. Brezhonekaad {brezonekaat, 1927), v., bretonniser, de brezhon + -eg + -aad. Brezhonekadur {brezonekadur, 1927), s. m., bretonnisme, de brezhon + -eg+ (-a) + -adur. Brezhonekadurezh {brezonekadurez, 1927), s. f., bretonnisation, de brezhon + -eg+ (-a) + -adurezh. Divrezhoneg {divrezhonek, 1955), adj. quai., non bre­ tonnant, contre la langue bretonne, de di- + brezhon + -eg. Divrezhonegan {divrezonega, 1931), divrezhonegin (divrezhonegin, 1992), v., débretonniser, de di- + brezhon + -eg + -ah / -in. Divrezhonekaad {divrezonekaat, 1931), v., débretonniser, de di- + brezhon + -eg+ aad. Henvrezhoneg {henvrezonek, hen-vrezoneg, 1944), adj. quai, et s. m., vieux breton, de hen + brezhon + -eg. Krennvrezhoneg {krennvrezonek, 1927), adj. quai., moyen breton, de krenn + brezhon + -eg. Brezhell {brezell 1499), s. m., maquereau, a pour correspondants le comique brythel (vieux comique

breithil), maquereau, et le gallois brithyll truite ; on rapprochera de ces mots le moyen français bresil hareng, et le vieil irlandais brecc, truite. Ces mots supposent un celtique *brik-tilo-, pour *mrk-tilo-, marbré, tacheté. Brezhellia {brizilia, 1927), v., pêcher le maquereau, de brezhell + -ia. Enbrezhell {enbrezhell 1992), s. m., ale­ vin, de en- + brezhell

Bri {bri, 1919), s. f., hauteur (de rivage), admet pour dérivés briell {briel, 1919), s. f., de bri + -ell et brienn {brien, 1919), s. f., de bri + -enn, tous deux au sens de “berge”. Ce mot semble être une variante de bre, mont (voir ce mot), comme en attestent les noms de lieux. Il correspond à l’irlandais bri, colline, côte. Bri {bry, 1557), s. m., dignité, honneur, procède du vieux breton bri, importance, poids, autorité, et cor­ respond au comique bry, dignité, honneur, importance, valeur, au gallois bri, honneur, renom, prestige, digni­ té, pouvoir, autorité, à l’irlandais bri, force, vigueur (vieil irlandais brig), et au gaulois brigo-, force, vigueur. Briaad {bryhat, 1650), v., honorer, de bri + -aad Brient {brient, 1992), s. m., privilège, prérogative, procède du vieux breton brient, prééminence, privilège, de bri + -ent, identique au gallois braint (vieux gallois bryeni) de même sens. Brientin {brientin, 1992), s. m., privilégié, est issu du vieux breton brientin, personne de rang éle­ vé, homme libre, auquel correspondent le moyen cornique brentyn, bryntyn et le gallois brenin, roi (moyen gallois breenhyri} ; ces mots procèdent du brittonique *brigantinos apparenté au gaulois brigant-, présent dans le nom de peuple Brigantes. Devri {devry, 1530), adj. quai., sérieux, résolu, de de+ bri. Divrian {divrian, 1958), divriin {divriin, 1992), v., couvrir d’indignité, de di- + bri + -ah / -in. Membri {me en bry, 1519), adv., certes, de me + hen + bri-. Briad, briadal, briata, voir brec’h dont elles dérivent par palatalisation de la spirante vélaire -ch. Brichin {brichin, 1927), s. m. et adj. quai., niais, sot, benêt, procède de l’ancien français briche, piège, ruse, jeu d’attrape (1150), d’origine obscure. Brichinan {brichina, 1927), v., faire le benêt, de brichin + -ah. Brichinerezh {brichinerez, 1931), s. m., niaiserie(s), de brichin + -erezh.

Brid {brit, 1499), s. m., bride, est un emprunt au fran­ çais dont le mot, attesté au Xlir siècle, est issu du moyen haut allemand bridel, rêne. Bridan {bridaff, déb. XVIe), bridin {bridein, 1732), v., brider, de brid+ -ah / -in. Divridan {divrida, 1732), divridin {divridein, 1723), v., débrider, de di- + brid + -ah ! -in. 137

Brif {brif, 1919), s. m., mangeaille, pitance, correspond au déverbal du verbe ancien français brifer, manger voracement (XIIIe), d’origine obscure. Brifan {brifal, 1732 ; brifa, 1821), brifift {brifin, 1992), v., bouffer, manger goulûment, de brif+ -ah /-in. Brifaod {brifaut, 1659), s. m., goulu, glouton, est une variante vocalisée de l’ancien français brifalt, glouton (XIIIe). Brifer {brifer, 1958), s. m., goulu, glouton, de brif+ -er, cor­ respond au français brifeur (1611). Brigadenn {brigaden, 1732), s. £, brigade, est un em­ prunt au français dont le mot, attesté en 1360, est issu de l’italien brigata, troupe de personnes. Brigadennin {brigadenna, 1931), v., embrigader, de brigadenn + -in. Brigadier {brigadèr, 1732 ; brigadier, 1877), s. m., bri­ gadier, procède directement du français, attesté en 1649.

Brigant {brigand, 1633), s. m., brigand, se montrait comme nom de personne Brigant en 1477 à Vannes (56) ; c’est un emprunt à l’ancien français brigand soldat à pied (1350), lui-même issu de l’italien brigante. Brigantaj {brigandage, 1723 ; briganttage, 1744), s. m., brigandage, issu directement du français. Brigantenn {bringantin, 1732), s. f., brigantin, procède de l’ancien français brigandin (1360). Brignon {bringhon, 1464), coll., gruau, est un emprunt à l’ancien français brignon, pain pour les chiens, dérivé de bren, son. Brignonennin {brignonennin, 1992), v., former des gruaux, de brignon + -enn + -in.

Brigons {brigohs, 1992), coll., bribes, semble apparenté à l’ancien français bringuete, brindilles. Brigons {brigous, déb. XVIIIe ; brigons, 1927), brigonsal {brigonsal, 1992), v., courir comme les vaches, fringuer, procède, par lénition interne, de l’ancien français bricon, fou (XIe), d’origine obscure ; pour le -s final, on comparera les emprunts en -ons aux mots français ter­ minés en -on comme citron, melon, salon, etc. Brigonsadenn {brigonsadenn, 1992), s. £, course folle, frasque, de brigohs + -adenn. Brigonser {brigonser, 1992), s. m., brigonsour {brigonsour, 1927), s. m., per­ sonne qui court comme les vaches, de brigohs + -er / -our. Brigonserezh {brigonsereh, 1927), s. m., course fol­ le, de brigohs + -erezh.

du XIIe siècle avec le sens de “morceau”, procède du moyen néerlandais bricke. Brikailh {bricaille, 1744), adj. quai., grivelé, et s. m., bariolure, grivelure, de brik + -ailh. Brikailhad {bricaillein, 1744), v., barioler, bigarrer, de brik+ -ailh+ -ad. Brikan {brikan, 1992), brikin {brikein, 1919), v., briquer, poncer, barioler, de brik + -ah / -in, est un emprunt récent au français dont le verbe n’est attesté qu’en 1850 avec le sens de “net­ toyer à la brique”. Brikenn {briqen, 1732), s. f, brique ; pichet, de brik + -enn. Briker {briker, 1992), s. m., ponceur, de brik+ -er. Brikenner {bricqennèr, 1732), s. m., briquetier, de brik + -enn + -er. Brikerezh {bri­ querez, 1633), s. m., briqueterie, de rik + -erezh. Brikemardin {brikemardin, 1958), v., décorer à l’excès, tarabiscoter, attesté par son part, passé brikemardet en 1919, est formé sur brik. Brikes {brikez, 1931), coll., rutabaga(s), procède du bre­ ton abrikes, abricot(s), par aphérèse de la syllabe ini­ tiale, probablement assimilée au résidu a- de l’article. Le passage de “abricot” à “rutabaga” est dû à la chair jau­ ne de celui-ci qui rappelle celle de l’abricot. Brikeval {brikeval, \%7G), s. £, brinquebale, tape-cul, est un emprunt au français, au mot de formation expressive, par dénasalisation de la syllabe initiale et adoucissement de la finale. Brikol {bricol(ou), 1732), s. m., bricole (de harnais), bre­ telle, est un emprunt au français ; attesté en 1360 sous la forme brigole, machine de guerre, le mot bricole prend en 1680 le sens de “courroie de machine” ; il est issu de l’italien briccola, machine de guerre. Brikolenn {brikolenn, 1992), s. £, est une variante du précédent avec suffixation en -enn.

Brikoli {brikoli, 1992), coll., brocoli, est un emprunt récent au français avec affection de la syllabe initiale. Apparu en 1560, le mot français est issu de l’italien broccoli, pousses de chou. Brikow {brikoù, 1978), s. pl., braies, pantalon, reste d’origine obscure, à moins qu’il ne désigne à l’origine un pantalon fait de morceaux ; en ce cas, il procéderait de l’ancien français brique, morceau. Le mot peut avoir été emprunté au gallo briques.

Brigouilhad {brigouilhad 1992), v., bafouiller, bredouiller, est un emprunt sous une forme altérée au français bredouiller, mot attesté en 1564. Brigpuilher {brigouilher, 1992), s. m., bredouillent, de brigoulh- + -er.

Brilhan {brilla, 1659), brilhin {brilhin, 1992), v., briller, est un emprunt au moyen français dont le mot est attesté en 1559 ; il est issu de l’italien brillare, s’agiter, briller.

Brik {bricq, 1633), coll., briques, aggloméré, parpaings, est un emprunt au moyen français dans son sens actuel apparu à partir du XVIe siècle ; le mot, attesté à la fin

Brimbrailh {brimbailh, 1992), adj. quai., brouillon, est une variante par mouillure de la finale du radical du mot suivant.

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Brimbrallan (brinbalat, 1659 ; brimbalai, 1732), brimbrallin (brimballin, 1992), v., brinquebaler, brimbaler, est un emprunt à ce dernier, attesté en 1440, avec modification de la syllabe médiane probablement par attraction avec le verbe brallan, brallin (voir sous brall). Brimbrallerezh (brinbalerez, 1876), s. m., brimbalement, de brimball- + -erezh. Briniskenn (briniskenn, 1927), s. £, attache du collier (d’un cheval),

Brins (brins, 1992), coll., brindilles, est attesté, en 1723, au singulatif sous la forme adoucie (ur) vrincenë-, ce mot procède du français sous sa forme plurielle. Bris (bris, 1557), s. m., bris ; tan brisé, son d’avoine, est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1413 ; celui-ci apparaît comme le déverbal du verbe briser (1080), issu du latin populaire *brisare. Brisan (brisan, d’après la forme adoucie vrisan, XVIIIe), v., bri­ ser, de bris + -an.

Brisilhan (brisilhan, 1992), brisilhin (brisilhin, 1992), v., brésiller, pulvériser, est un emprunt au français, bresillier en 1346, dérivé de bresil, brasier (1190). Brisilherezh (brisilherezh, 1992), s. m., pulvérisation, de brisilh- + -erezh. Brisilhon (brisilhon, 1992), s. m., clochette, de brisilh + -on. Brisilhonan (brisilhonan, 1992), brisilhonin (brisilhonin, 1992), v., mettre en pièces, atomiser, de brisilh + -on + -an / -in. Brizh (briz, 1499), adj. quai., tacheté, pie, moucheté, grège, a pour correspondants le comique bryth, le gal­ lois brith, l’irlandais breac (vieil irlandais brecht), tous de mêmes sens que le breton. Ces mots procèdent du celtique *mrikto-. Brizh (brizh, 1958), s. m., emporté, déraisonnable, violent, sens que l’on note également en gallois. Brizhadenn (brizhadenn, 1992), s. £, tache de rousseur, de brizh + -adenn. Brizhadur (brizadur, 1927), s. m., moucheture, marbrure, de brizh + -adur. Brizhan (briza, 1821), brizhin (bréhat, 1723), v., moucheter ; déraisonner, de brizh + -an / -in, équivalant au comique brytha et au gallois brithaf, britho. Brizhard (brizhard, 1992), s. m., personne ayant des taches de rousseur, de brizh + -ard. Brizheg (brihec, déb. XVIIIe), adj. quai., chiné, de brizh + -eg, identique au gallois brithog. Brizhell (brizell, 1931), s. £, tavelure, de brizh + -elL Brizhelladur (brizelladur, 1732), s. m., tacheture, de brizh + -ell+ -adur. Brizhellan (brizella, 1927), brizhellin (brihellein, 1919), v., tacheter, taveler, de brizh + -ell+ -an / -in, sont attestés en 1732 par leur part, pas­ sé brizellet. Brizhelleg (brizellek, 1931), adj. quai., (per­ sonne) tavelée, de brizh + -ell+ -eg. Brizhenn (brizenn, 1732), s. £, tache sur le corps, de brizh + -enn, identique

au comique brythen. Brizhennadur (brizennadur, 1732), s. m., tavelure, de brizh + -enn + -adur. Brizhenneg (brizennek, 1927), adj. quai., qui a des taches de rousseur, de brizh + -enn + -eg, identique au comique brythennek. Brizhennus (brizennus, 1732), adj. quai., sujet aux taches de rousseur, de brizh + -enn + -us. Brizherezh (brizérez, 1821), s. m., emporte­ ments), violence, de brizh + -erezh. Brizhaotrow (brizhaotroù, 1992), s. m., monsieur de pacotille, de brizh + aotrow. Brizhc’hoant (brizchoand, 1732), s. m., velléité, de brizh + choant. Brizhc’houlow (brizhchouloù, 1992), s. m., lumière vague, de brizh + goulow. Brizhdiot (brizhdiot, 1992), s. m. et adj. quai., abruti, de brizh + diot. Brizheol (bréhhiaol, 1927), s. m., pénombre, clair-obscur, de brizh + heoL Brizheolian (brizheolian, 1992), brizheolin (brizheolin, 1992), v., jeter un clair-obscur, de brizh + heol + -ian /-in. Brizhfaout (briz-faout, 1931), s. m., fêlu­ re, de brizh + faout. Brizhfaoutan (briz-faouta, 1876), brizhfaoutin (brizhfaoutin, 1992), v., fêler, de brizh + faout + -an / -in. Brizhgoulow (brizhgouloù, 1992), s. m., lumière vague, de brizh + goulow. Brizhkanan (brizhkanan, 1992), brizhkanin (brizhkanin, 1992), v., chanter vaguement, de brizh + kan + -an / -in. Brizhkig (briz-kig, 1931), s. m., viande entrelardée, de brizh + kig, identique au gallois brithgig. Brizhkontan (brizhkontaii, 1992), brizhkontin (brizhkontin, 1992), v., compter sommairement, de brizh + kont + -an / -in. Brizhkredenn (briz-kredenn, 1931), s. f., superstition, de brizh + kredenn. Brizhlabourad (brizhlabourad, 1992), v., travailloter, de brizh + labour + -ad. Brizhlarjezan (briz-laijeza, 1927), brizhlardezin (brizhlardezin, 1992), v., barder de lard, de brizh + lard + -ez+ -an /-in. Brizhovn (briz-aon, 1931), s. m., appréhension, sentiment d’insécurité, de brizh + ovn. Brizhplegan (brizhplegan, 1992), brizhplegin (brizh­ plegin, 1992), v., plier sommairement, de brizh + pleg + -an I-in. Brizhsec’h (brizhsech, 1992), adj. quai., pas tout à fait sec, de brizh + sech. Brizhsod (briz-sod, 1927), adj. quai., un peu fou, folichon, de brizh + sod. Brizhvezw (briz-vezo, 1931), adj. quai., gris, un peu ivre, de brizh + mezw. Bro (bro, 1499), s. f., pays, a pour correspondants le cornique bro, pays, région, le gallois bro, région, pays, voisinage, l’irlandais brugh (vieil irlandais mruig, bruigf demeure, manoir, hôtel particulier, et le gaulois brog(i)-, territoire, région, frontière, marche. Tous ces mots pro­ cèdent du celtique *mrog-i- apparenté au latin margo, bord, marge. Broa (broha, 1499), v., retourner dans son pays, de bro + -a. Broad (brôad, 1821), s. f, nation, de 139

bro + -ad. Broad (broad 1992), s. m., indigène, au­ tochtone, attesté par son pluriel usuel brois au début du XVIe siècle, de bro + -ad. Broadel (broadek 1927), adj. quai., national, de bro + -ad+ -eL Broadelan (brôadela, 1931), broadelin (broadeliüy 1992), v., nationaliser, de bro+ -ad+ -el+ -an!-in. Broadeler (broadeler, 1941), broadelour {broadelour, 1931), s. m., nationaliste, de bro+ -ad+ -el+ -erl-our. Broadelezh (broadelez, 1927), s. f., nationalité, de bro+ -ad+ -elezh. Broadelouriezh (brôadelouriezy 1931), s. f., nationalisme, de bro + -ad + -¿7 + -ouriezh. Broel (broel 1992), adj. quai., abori­ gène, de bro + -el procède du vieux breton brool du pays. Broella (broella, 1992), v., rapatrier, et s. v., céré­ monie du rapatriement de l’âme d’un naufragé, de bro + -el+ -a. Brogar (brogar, 1931), adj. quai., patriote, de bro + kar. Brogarantez (brogarantezy 1931), s. f., patrio­ tisme, de bro + kar + -ant + -ez Brogarour (brogarour, 1931), s. m., patriote, de bro+ kar+ -our. Broian (broian, 1992), broin (broein, 1919), v., migrer, de bro + -ian! -in. Broier (broies 1992), broour, (brooury 1992), s. m., migrant, de bro+ -ierl-our. Broierezh (broierezh, 1992), s. m., migration(s), de bro + -ierezh. Disvro (disvrOy 1992), adj. quai., immigré, de dis- + bro. Disvroan (disvroan, 1958), disvroin (disvroin, 1992), v., (s’)expatrier, immigrer, de dis- + bro + -an / -in. Disvroer (disvroer, 1992), s. m., immigré, de dis- + bro + -er. Divro (divroy 1716), adj. quai., apatride, de di+ bro, identique au gallois difro. Divroad (divroad 1732), s. m., émigré, étranger, de di- + bro + -ad. Divroadeg (divrôadeg 1931), s. f., émigration, de di+ bro + -adeg. Divroadelin (divrôadela, 1931), v., dé­ nationaliser, de di- + bro + ad + -el + -an. Divroadenn (divroadenn, 1931), s. £, émigration, de di- + bro + -adenn. Divroan (divroa, 1868), divroin (divroi, 1716), v., émigrer, de di- + bro + -an / -in, correspon­ dant au gallois difroi. Divroer (divrôery 1931), divroour (divrooury 1919), s., m., émigrant, de di- + bro + -er / -our. Divroerezh (divrôerezy 1931), s. m., émigration, de di-+ bro + -erezh. Divroidigezh (divrôidigeZy 1931), s. f., exode, de di- + bro + -idigezh. Donvro (doun-vro, 1925), s. f., hinterland, de don+ bro. Enbroad (enbrôad 1931), s. m., immigré, de en- + bro + -ad. Enbroadeg (enbroadegy 1981), s. f., immigration, de en- + bro+ -adeg. Enbroan (enbrôa, 1931), enbroin {enbroin, 1992), v., immigrer, de en- + bro + -an / -in. Enbroer (enbroery 1981), s. m., immigrant, de en- + bro + -er. Etrevroadel (etrebrôadel 1931), adj. quai., international, de etre- + bro+ -ad+ -eL Etrevroadelan (etrebrôadeloy 1931), etrevroadelin (etrevroadelihy 1992), v., internationaliser, de etre- + bro + -ad + -el + -an ! -in. Etrevroadeler 140

(etrebroadeler, 1931), etrevroadelour (etrebrôadeloury 1931), s. m., internationaliste, de etre- + bro + -ad + -el + -er /-our. Etrevroadelezh (etrebrôadelezy 1931), s. f., internationalisme, de etre- + bro + ad + -elezh. Kenvroad (qen-vroad 1732), s. m., compatriote, concitoyen, de ken- + bro + -ad. Kammvro (kammvroy 1992), s. f., arrière-pays, de kamm + bro. Keinvro (keinvrOy 1992), s. f., hinterland, de kein + broy de même formation que le gallois cefnwlad. Liesvroadel (liesvroadel 1992), adj. quai., multinational, de lies + bro + -ad + -el. Rannvro {rannvroy 1931), s. f., région, de rann + brOy identique au comique ranvro. Ranvroel (rannvrôel 1931), adj. quai., régional, de rann + bro + -el. Rannvroeladur (rannvroeladury 1992), s. m., régionalisation, de rann + bro+ -el+ -adur. Rannvroelan (rannvroelaüy 1992), rannvroelin (rannvroeliiïy 1992), v., régionaliser, de rann + bro + -f/+ -an/-in. Rannvroelour (rannvrôelour, 1931), s. m., régionaliste, de rann + bro + -el + -our. Rannvroelouriezh (rannvrôeleuriezy 1931), s. f., régio­ nalisme, de rann + bro + -el+ -ouriezh. Uhelvro (uhelvro, 1992), s. f., haut pays, de uhel + broy néologisme construit sur le modèle du comique ugheldyrei du gal­ lois ucheldir. Broch (brochy 1919), s. m., broche, fiche, ardillon, est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1190. C’était à l’origine la forme féminine de broCy cruche (1380), issu du latin brocchumy saillant. Brochai {bro­ chai 1992), brochan (brocha, 1659), brochin {brocheur, 1744), v., brocher, embrocher, encorner ; tricoter ; attiser (le feu) ; inciter, de broch + -al / -an / -in. Brochenn (brochenn, 1499), s. f„ broche ; aiguille à tri­ coter, de broch + -enn. Brochennad {brochennatty 1744), s. £, broche (de) ; point (de tricot), de broch + -enn + -ad Brochennad {brochennaty 1927), brochennin (brochenneiny 1744), v., tricoter, de broch + -enn + -ad/ -in. Brochennerezh {brochennerehy 1744), s. m., (art du) tricot, de broch + -enn + -erezh. Brochennour {brochennoury 1744), s. m., tricoteur, de broch + -enn+ -our. Brocher (broëchery 1732), brochour {brochoury 1992), s. m., brocheur ; tricoteur, de broch + -er / -our. Brocheres (brocheres, 1992), s. £, sarcleur, de broch + -er + -es. Divrochan {divrochahy 1992), divrochin {divrochifîy 1992), v., débrocher, de di- + broch + -an / -in.

Broch (brochy 1499), s. m., blaireau, a pour corres­ pondants le comique brogh, le gallois brochy l’irlandais broc (vieil irlandais brocc) et le gaulois broccos. Tous pos­ tulent pour un celtique *brokko-. Brocheta {brochetOy 1931), v., chasser le blaireau, de broch + -ed + -a.

Broc’hika {brochika, 1992), v., chasser le blaireau, de broc h + -ig + -a. Broc’h {broch, 1992), s. m., brouille, est identique au gallois broch, fâcherie, colère ; il a la même origine que le précédent mais présente un sens métaphorique avec l’idée de pointe, de museau allongé comparable à ce­ lui du blaireau. Broc’hadeg {brochadek, 1895), s. £, mésintelligence, de broch + -adeg. Broc’hadenn {brochadenn, 1992), s. f., brouillerie, de broch + -adenn. Broc’han {brocha, 1927), broc’hin {brochin, 1992), v., (se) brouiller, de broch + -an / -in, identique au comique brogha, rager, s’agiter, se tourmenter, et au gallois brochi, se fâcher, s’irriter. Divroc’hadenn {divrochadenn, 1931), s. £, réconcilia­ tion, de di- + broch + -adenn. Divrochan {divrocha(n), 1931), divrochin {divrochin, 1992), v., (se) réconcilier, de di- + broch + -an / -in. Brodan {brouda, 1732), brodin {brondein, 1744), v., broder, est un emprunt au français brosderau début du XIIe siècle, issu du francique *brozdon. Le gallois brodio procède soit du français, soit de l’anglais broider. Brodadenn {brodadenn, 1992), s. £, pièce brodée, de brod-+ -adenn. Brodadur {brondadur, 1744), s. m., bro­ derie, de brod- + adur. Brodenn {brodenn, 1927), s. £, cancan, on-dit, de brod- + -enn. Brodennad {brodennat, 1927), v., broder ; cancaner, de brod- + -enn + -ad Brodennour {brodennour, 1927), s. m., brodeur ; can­ canier, échotier, de brod+ -enn + -our. Broder {brouder, 1633), brodour {brondour, 1744), s. m., brodeur, de brod+ -erl-our. Broderezh {brodereh, 1723), s. m., broderie, de brod-+ -erezh. Broderiss {broderis, 1927), s. m., broderie, de brod- + -eriss. Brodeür {brodeür, 1709), s. £, broderie, de brod- + eür.

Broed {broued, 1821), s. m., lice ; aiguille à tricoter ; tricot, a pour correspondants le comique bros, dard, ai­ guillon, le gallois brwyd, métier à broder, broderie, poin­ te, broche. Broedan {broueda, 1927), broedin {broedi, 1927), v., tricoter, identique au comique brosya, bro­ der, et au gallois brwydo, broder, onduler. Embroed {enbroüet, 1732), s. m., porte-lame, de en- + broed. Broen {broennenn, 1499, au sing. ; broüen, 1633), coll., jonc, procède du vieux breton broin et a pour corres­ pondants le comique bron (vieux comique brunn-^ et le gallois brwyn (moyen gallois bruyri) ; ces mots sup­ posent un celtique *brugno-. Broenna {broenna, 1927), chercher du jonc ; joncer, de broen + -a, identique au gallois brwyna. Broeneg {broennec, 1499), s. m., jonchère, et adj. quai., abondant en joncs, de broen + -eg,

équivalant au comique bronnek et au gallois brwynog. Divroenan {divroenna, 1931), divroenin {divroenin, 1992), v., enlever le jonc, de di- + broen + -an / -in. Kilvroen {kilvroenn, 1931), coll., jonc des landes, de kil+ broen. Skilvroen {skilvroen, 1992), coll., jonc de lan­ de, petite prêle, de skil- + broen. Broew {brôeÔQw brôev, 1821), s. £, charrette longue (à barriques), est un emprunt au français *broue duquel dérive le diminutif brouette, issu du bas latin birota. Broewad {broewad, 1992), s. £, charretée (de), de broew + -ad.

Brog {brog, 1919), s. m., anse, branche tronquée, est un emprunt à l’ancien français broc, bourgeon, nœud d’une tige ; le gallois broc, épave, débris, bois flotté, pro­ cède du moyen anglais broc, broke, fragment, morceau. Brogenn {brogenn, 1927), s. £, de même sens, de brog + -enn. Brogan {brogan, 1992), brogin {brogin, 1992), v., tronquer ; titiller, de brog+ -an / -in. Brogon {brogon, 1723), coll., fulguration, reste d’éty­ mologie incertaine. Brogonin {brogonein, 1821), v., fulgurer, de brogon + -in. Brok {broc, 1499), s. m., broc ; goulet de casier (de pêche), est un emprunt à l’ancien français broc, cruche (1380), issu du latin brocchus, proéminent. Brokad {brocqad, 1732), s. m., broc (de), de brok + -ad Brokadenn {brokadenn, 1931), s. £, coup hasar­ deux, spéculation, de brok + -adenn. Brokan {broka, 1931), brokin {brokin, 1992), v., hasarder, spéculer, de brok + -an / -in. Brokenn {brokenn, 1992), s. £, per­ sonne peu sûre de ses coups, de brok + -enn. Broker {broker, 1992), s. m., spéculateur, de brok+ - er, iden­ tique au gallois brocer emprunté à l’anglais broker. Brokus {brokuz, 1876), adj. quai., généreux, de brok + -us. Brokusted {brokusted, 1931), s. £, générosité, de brok+ -us+ -ded.

Brokard {brocard, 1732), s. m., brocard ; gros râteau de fer ; brocart, est un triple emprunt au moyen français, le premier sens venant de brocart, brocard, cerf ou che­ vreuil d’un an (1432), le second dérivant de broque, broche, en dialecte picard, et le troisième de brocart (1519), altéré de l’italien broccato, tissu broché. Brokardell {brocardell, 1732), s. £, brocatelle, de bro­ kard + -elL Brokardin {brokardin, 1992), v., brocarder ; passer le râteau, de brokard + -in. Brom {brom, 1931), s. m., brome, est un emprunt au français forgé en 1826 à partir du grec brômos, puanteur, à cause de sa mauvaise odeur. Bromur {bromur, 1992), s. m., bromure, emprunté directement au français.

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Bron (bron, 1876), s. m., saignée (de porc), est appa­ renté à l’ancien français broion, sorte de piège pour prendre les animaux, dérivé de broi, piège. Brondu (brondu, 1716), adj. quai., tuméfié, meurtri, cramoisi, et s. m., ecchymose, de bron + du. Bronduadur (bronduadur, 1821), s. m., tuméfaction, hématome, de bron + du + -adur. Bronduin (brondua, 1732), v, (se) tu­ méfier, (se) violacer ; (se) piquer (en parlant du linge), de bron + du + -in.

Bronn (bronn, 1499), s. £, sein, mamelle ; saillant, pro­ cède du vieux breton bronn, sein, mamelon ; il a pour correspondants le comique bron, le gallois bron, le gaulois bronnio- de même sens, et l’irlandais broinn, uté­ rus. Tous se réclament du celtique *brond-a-. Bronnaad (bronnat, 1723), v., donner le sein, de bronn + -aad, identique au gallois bronhau. Bronnad (bronnad, 1958), s. £, contenu de la mamelle, de bronn + -ad. Bronnan (bronna, 1659), bronnin (bronnein, 1919), v., donner le sein, allaiter, de bronn + -an /-in dont l’équi­ valent comique est bronna. Bronneg (bronnecq, 1732), adj. quai., mamelu, et s. m., mammifère, de bronn + -eg, correspondant au gallois bronog. Divronn (divronn, 1992), adj. quai., à la poitrine plate, de di- + bronn. Bronnegenn (bronnegen, 1876), s. £, saindoux, grais­ se de porc, de bronn + -eg + -enn. Brennid (brennyd, 1852), s. £, décolleté, jabot, de bronn affecté en brenn-+ -id Brennidad (brennidad, 1821), s. £, contenu du décolleté, du jabot, de bronn + -id+ -ad. Brennidan (brennida, 1821), brennidin, v., jaboter, de bronn + -id+ -an / -in. Brennidenn (briniden, 1857), s. £, plastron, soutien-gorge, de bronn + -id+ -enn.

Brons (bronç, 1699), coll., bourgeons, gourmands, est un emprunt, par nasalisation, à l’ancien français bros, pousse, germe, bourgeon, variante de brost, lui-même déverbal de broster, bourgeonner (1160), issu du fran­ cique brustjan de même sens. Bronsadur (bronsadur, 1821), s. m., bourgeonnement, de brons + -adur. Bronsan (brouczaff, 1499), bronsin (broncein, 1723), v., bourgeonner, de brons + -an / -in. Divronsan (divrouçza, 1732), divronsin (divronsin, 1992), v., ébourgeonner, abîmer, de di- + brons + -an / -in. Divronserezh (divrouçzérez, 1732), s. m., action d’ébourgeonner, de di- + brons + -erezh. Brotikin (brotiquin, déb. XVIe), s. m., brodequin, est un emprunt au français issu par altération de broissequin (1316), du néerlandais broseken, diminutif de brosen, souliers. Brotikinan (brotiquinaff, déb. XVIe), brotikinin (brotikinin, 1992), v., chausser des brodequins, de brotikin + -an / -in. 142

Broud (brout, 1659), s. m., braise, et adj. quai., brûlant, procède du vieux breton brot, zèle, ardeur, chaleur, ani­ mation ; il a pour correspondants le gallois brwd, chaud, brûlant, ardent, ensoleillé (vieux gallois brui), le cornique bros, très chaud ; grande chaleur (vieux comique bred-) et l’irlandais bruth, chaleur vive, éruption. Tous postulent pour un celtique *bru-tu-. Broudan (broudan, 1958), broudin (broudin, 1992), v., brûler, de broud + -an/-in, identique au gallois brydio. Broutac h (broutac h, 1716), s. m., canicule, chaleur (d’orage), de broud + -ach. Broutac han (broutacha, 1716), broutac’hin (broutachin, 1992), v., gâter (par la chaleur), de broud + -ach + -an / -in. Broud (brout, 1499), s. m., aiguillon, semence, clou ; pointe, a pour correspondants le comique bros, pointe, dard, aiguillon, piqûre, et l’irlandais brod de mêmes sens ; le gallois brwyd, broche, leur est apparenté. Ces mots sont issus du celtique *brot-o-, piquant. Broudadur (broudadur, 1927), s. m., picotement, colique, de broud + -adur. Broudan (broudaff, 1499), broudin (broudein, 1723), broudo (broudo, 1992), v., aiguillonner, piquer, pousser, stimuler, de broud + -an/ -in /-o. Brouder (brouder, 1633), s. m., stimulateur, de broud + -er. Brouderes (brouderez, 1927), s. £, taon, de broud + -er + - es. Brouderezh (broudérez, 1821), s. m., stimulation (s), de broud + -erezh. Broudus (broudus, 1723), adj. quai., stimulant, de broud + -us. Divroudan (divroudan, 1958), divroudin (divroudein, 1919), v., poindre, sortir de terre, de di- + broud + -an / -in. Imbroud (imbroud, 1927), s. m., recherche en es­ prit, imagination, de in- + broud. Imbroudadenn (imbroudadenn, 1931), s. £, investigation, de zw-+ broud + -adenn. Imbroudadur (imbroudadur, 1931), s. m., investigation, de in-+ broud + -adur. Imbroudan (imbrouda, 1927), imbroudin (imbroudi, 1927), v., s’avi­ ser, de in- + broud + -an /-in. Imbroudeg (imbroudek, 1931), adj. quai., curieux, investigateur, de in-+ broud + -eg. Imbrouder (imbrouder, 1931), s. m., investiga­ teur, inventeur, de zw- + broud + -er. Imbrouderezh (imbrouderez, 1931), s. m., investigation (s), de zw- + broud + -erezh. Imbroudus (imbroudus, 1931), adj. quai., sug­ gestif, spéculatif, de in- + broud + -us. Minvroud (minvrout, 1716), s. m., pointe de fer, de min + broud. Minvroudan (minvrouda, 1821), minvroudin (minvroudin, 1992), v., museler, de min + broud + -an / -in. Brouez (brouez, 1659), coll., indignation ; vie, a été rap­ proché du gallois brwth, tumulte mais il serait plutôt apparenté à l’irlandais bruith, bouillant. Brouezeg

(brouezek, 1821), adj. quai., irascible, de brouez+ -eg. Brouezegezh (brouezegez, 1931), s. f., vivacité, de brouez + -egezh. Brouezan (broueza, 1659), v., (s’)indigner, de brouez -an.

Brouilh (brouill, 1723), s. m., grabuge, différend, scène (de ménage), est un emprunt au français brouille attesté en 1619. Brouilhan (broillaff, 1499), brouilhin (brouilhein, 1919), v., (se) brouiller ; (se) barbouiller ; régurgiter, de brouilh + -an /-in. Brouilhed (broüillet, 1633), s. m., brouillon, de brouilh + -ed Brouilherezh (brouillerez, 1633), s. m., bordereau(x), de brouilh + -erezh. Brouilheiss (broüilleiç, 1689), s. m., brouille, fâ­ cherie, de brouilh + -eiss. Divrouilhin (divrouillein, 1723), v., débrouiller, de di+ brouilh + -in.

Broust (broust, 1732), s. m., brande, hallier, lierre ; bros­ se, procède de l’ancien français broce, broussaille, plant touffu, bouquet d’arbres (XIIe) et brosse (1265), issu du latin populaire *bruscia. Un croisement avec le vieux breton brost, entrelacs, hallier, ou avec l’ancien français brost, pousse, germe, bourgeon (XIIe), explique le -t final. Brousta (brousta, 1927), v., chercher du lierre, de broust + -a. Broustan (brousta, 1659), broustin (broustin, 1992), v., former une brande, un hallier ; brosser ; drosser, rouer (de coups), de broust + -an / -in. Brousteg (broustek, 1821), adj. quai., (endroit) à bran­ de, à lierre, de broust + -eg. Brouster (brouster, 1992), s. m., brossier, de broust + -er. Divroustan (divroustan, 1992), divroustin (divroustin, 1992), v., débroussailler (un hallier), de di- + broust + -an / -in. Brousgwez (brousguez, 1732 ; mais brus-guezen, 1633, au sing.), coll., arbuste(s), de broust + gwez. Brouskaol (brouçz-caul, 1732), coll., brocoli(s), de broust + kaol. Brouskoad (broscoat, 1659), s. m., hal­ lier, de broust + koad. Brouskon (brouscoun, 1633), coll., drageon, turion (d’asperge), de broust + kon. Brouskonan (brouskonan, 1992), v., drageonner, de broust + kon + -an. Brouskonennin (brouskonennin, 1992), v., drageonner, de broust + kon + -enn + -in. Broustailh (broustail, 1659), s. m., repousse, de broust + tailh.

Browed (brouet, 1499), s. m., potion, est un emprunt à l’ancien français brouet, diminutif de brou, ancien­ nement breu, bouillon, écume, boue, issu de l’ancien haut allemand *brod, évolué à broth en anglais. Brozh (broz, 1499), s. £, jupe ; crépine, procède du vieux breton broth, élément de brothrac, vêtement riche ; ce mot est à rapprocher de l’irlandais brot, brat,

manteau, grande cape. Le gallois bros est un emprunt tardif (1782) au breton. Le vieux breton brothrac, dis­ paru en breton moderne, a pour correspondants le gal­ lois brodre, brotre, vêtement riche, grande cape, robe, et le vieil irlandais brothrach, brotreg. Brozhad (brozhad 1992), s. f, colère, de brozh + -ad. Brozheg (brozheg, 1992), s. m., jupier, est attesté par le nom de person­ ne Brozec.

Bruant (bruant, 1633), s. m., bruant, est un emprunt au moyen français issu de l’ancien breant, dérivé de bruire.

Bruch (bruch, bréchet, 1716), s. m., jabot, sternum, est un emprunt à l’ancien français bruche, élément de bruchedoset variante de bru, tronc, buste, poitrine de fem­ me (1155), que l’on rapprochera de l’allemand Brust, poitrine. Bruched (bruchet, 1927), part, passé, au beau poitrail, de bruch + -ed. Bruched (bruchet, 1633), poitrine, bréchet, apparaît comme un croisement entre le français brechet (XIVe), issu de l’anglais brisket, hampe d’un animal, et de bruch ci-dessus. Bruchedad (bruchédad, 1821), s. m., poitri­ ne (pleine de), de bruched + -ad. Brucheta (brucheta, 1821), v., se battre à la manière des coqs en se heurtant la poitrine, de bruched + -a. Divruchedan (divrucheda, déb. XXe), divruchedin (divruchedin, 1992), v., décolleter, de ¿¿'- + bruched + -an/ -in. Brud (bruit, 1576 ; brut, 1623), s. m., bruit, chronique, geste, et s. f, rumeur, réputation, célébrité, prospérité, est un emprunt à l’ancien français bruit, bruit (XIIe), renommée, réputation, gloire (fin XIIe), déverbal de bruire, issu du latin populaire *brugere. Brudan (bruda, 1659), brudin (brudi, 1659), v., (s’)ébruiter, de brud + -an/-in. Bruded (brudet, 1902), part, passé, réputé, célèbre, de brud+ -ed Brudellad (brudellat, déb. XVIIIe), v., colporter, répandre des rumeurs, de brud + -ell + -ad. Brudellerezh (brudellerezh, 1992), s. m., colpor­ tage de rumeurs, de brud + -ell + -erezh. Brudennin (brudennein, 1723), v., bruire, de brud + -enn + -in. Bruder (bruder, 1931), brudour (brudour, 1931), s. m., propagateur, de brud+ -er/-our. Bruderezh (braderez, 1931), s. m., publicité, propagation, de brud+ -erezh. Brudidigezh (brudidiguez, 1931), s. f., propagation, de brud+ -idigezh. Divrud (divrud, 1923-25), adj. quai., ignoré, et s. m., dé­ considération, discrédit, de di- + brud Divrudan (divruda, 1732), divrudin (divrudin, 1992), v., (se) déconsidérer, discréditer, de di- + brud + -an / -in. Emvrud (emvrud, 1931), s. £, amour-propre, de em- + brud Soulvrudin (soulvrudin, 1992), v., surestimer, attesté par son part, passé soulbrudet en 1922, de soûl- + brud+ -in.

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Brug (brucqy 1633), s. m., bruyère, procède du gaulois latinisé brucaissu du gaulois uroica. Le comique grük, le gallois grug, le vieil irlandais froïch, froech sont, comme le gaulois, issus du celtique *wroicos, *wrucos. Brugenn (bruguenn, 1732), s. f., brin (de bruyère), couche de bruyère, de brug + -enn. Brugeg (brugueg, 1732), adj. quai., couvert de bruyère, de brug + -eg. Divrugan (divrugity 1821), divrugin (divrugin, 1992), v., arracher la bruyère, de di- + brug + -an / -in. Gourvrug (gour-vruky 1890), coll., bruyère royale, de gour- + brug.

Bruglann (bruglann, 1992), s. m., ajonc nain, de brug + lann. Bruilh (bruilh, 1992), s. m., breuil, fréquent en topo­ nymie, est un emprunt à l’ancien français brueily bois, taillis, forêt (1080), issu du latin *brogilum, lui-même d’origine gauloise brogilosy petit bois.

Brukad (bruka, 1927), brukin (brukin, 1992), bruko (bruko, 1992), v., se gâter (en parlant du bois) ; cor­ rompre, semble apparenté à l’ancien français bruecy marais, bourbier (fin XIIe), d’origine obscure. Brukadur (brukadur, 1992), s. m., corruption, de bruk+ -adur. Brulu (bruluenn, burluenn, 1499, au sing.), coll., di­ gitales, procède du vieux breton bribluy rose. Ce mot a pour correspondants bryluen, rose, en comique et brialluy primevères, en gallois. Si le second élément semble être le vieux breton lu, plante, le premier bribreste obscur. Le gallo a emprunté ce mot sous la forme berlu. Brulueg (brulueg, 1992), s. f, endroit où abon­ dent les digitales, est attesté en 1682 sous la graphie Bruluec comme nom de lieu en Lopérec (29).

Brum (brum, 1499), s. m., nuage de brume, est un em­ prunt à l’ancien français brume, hiver (1260), issu du latin brumay hiver. Brumachenn (brumachenn, 1992), s. £, brumasse, procède du français avec suffixation en -enn. Brumachennin (brumachennin, 1992), v., bru­ masser, de brumachenn + -in. Brumeg (brumek, 1927), adj. quai., embrumé, de brum + -eg. Brumenn (brumen, 1723), s. f., brume, de brum + -enn. Brumennaj, s. m., miettes, particules, de brum + -enn + -aj. Brumenneg (brumennek, 1927), adj. quai., bru­ meux, de brum + -enn + -eg. Brumennin (brumennein, 1723), v., brumer, de brum + -enn + -in. Divrumenn (divrumenn, 1958), adj. quai., sans brume, de di- + brum + -enn.

Brun (brun, 1499), adj. quai., marron, rouquin, blond, est un emprunt à l’ancien français brun, brillant (1080), puis, sombre, obscur, issu du germanique *brun duquel 144

procèdent aussi l’allemand braun et l’anglais brown. Brunnaad (brunat, 1919), v., rendre ou devenir mar­ ron, de brun + -aad. Arvrun (arvrun, 1992), adj. quai., brunâtre, de ar- + brun. Parbrun (parbrun, 1992), adj. quai., poil-decarotte, de par- + brun. Brundu (brundu, 1992), adj. quai., marron foncé, de brun + du.

Brusk (brusq, 1732), adj. quai., brusque, cassant, crous­ tillant, est un emprunt au français attesté au XIV siècle avec le sens de “âpre”, le sens moderne n’apparaissant qu’au XVIe siècle. Ce mot procède de l’italien bruscOy âpre. Bruskenn (brusquenu, 1499), sing., grigne, rayon (de miel), de brusk + -enn. Bruskennin (brus­ kennin, 1992), v., devenir croustillant, de brusk + -enn + -in. Bruskerezh (brusquereh, 1723), s. m., brusque­ rie, de brusk + -erezh. Brusk (brusque, 1723), s. m., thorax, poitrine, est ap­ parenté à l’allemand Brusty à l’anglais breastet à l’ancien français bru, tous trois admettant le sens de “poitrine”. L’origine de ces mots reste cependant obscure. Bruskan (bruskan, 1958), bruskin (bruskin, 1992), v., s’appuyer sur la poitrine, de brusk + -an /-in. Bruskeg (bruskek, 1958), adj. quai., fort de poitrine, de brusk + -eg.

Brusun (brusunen, 1709, au sing.), coll., miettes, est à rapprocher du gallois brywsiony variante de brywion et d’un breton *brewion à l’origine de breun (voir ce mot) ; le mot gallois note le pluriel en -ion de bryw(y)Sy miet­ te, fragment, pièce, qui correspond à un breton *brewes pour un pluriel *brewesion, altéré en brusun. Brusunabl (brusunabl, 1992), adj. quai., qui s’émiette, friable, de brusun + -abL Brusunablentez (brusunablentez, 1992), s. £, friabilité, de brusun + abl + -entez. Brusunadow (brusunadou, 1633), s. pl., bribes, de brusun + -ad + -ow. Brusunadur (bruzunadur, 1931), s. m., émiette­ ment, de brusun + -adur. Brusunan (brusuna, 1659), brusunin (brusuni, 1659), v., (s’)émietter, de brusun + -an / -in. Brusunus (bruzunaüs, 1931), adj. quai., friable, de brusun + -us.

Brutug (brutuguenn, 1499, au sing.), coll., immondices, est à rapprocher du gallois brwnty sale, noirci, crasseux, immonde, fétide, odieux, et son dérivé bryntog de mêmes sens. Ce mot peut procéder d’un ancien *bruntoc avec syncope du -n- et contamination de la finale -oc, évoluée à -eue en moyen breton. Bu (¿w, 1821), s. £, bête à cornes, est issu du vieux bre­ ton bu, cheptel ; ce mot, à présent inusité, entre en com­ position dans plusieurs dérivés. Bues (bues, 1992), s. £, vacherie, de bu + -es, provient du vieux breton bues (pour

*buches), étable à bœuf, enclos à bovins, auquel corres­ pond le gallois buches. Buoc’h {buch, 1499 ; byeuch, déb. XVIe), s. £, vache, de bu + -oc h, a pour correspondants le comique bugh (vieux comique buch), le gallois buwch (vieux gallois buch) ; tous trois procèdent du brittonique *¿0«¿&zqui évolue en buch, graphie attestée jusqu’au XIIIe siècle en gallois, la forme bywch apparaissant au siècle sui­ vant. La prononciation [bœh-x], majoritaire en basse Cornouaille et en est-Vannerais, note l’évolution du mot ancien bûcha beuch{cf.\es graphies beuch, 1732 ; beuh, 1919), sous-dialectes qui n’ont pas développé la finale. Buoc’hig {buochig, 1927), s. £, coccinelle, de bu + -oc h + -ig, identique au comique bughik de même sens. Bugelenn {buguelenn, déb. XVIe), coll., fragon épineux, de bu + kelenn. Bugelenneg {buguelennecq, 1732), adj. quai., (lieu) à fragon, de bu + kelenn + -eg. Bugen {buken, 1716), s. m., peau de vache, de bu + ken, équivalant au comique bughken. Buoc’hken {buhken, 1919), s. m., peau de vache, de bu + -och + ken. Buorzh {huorzh, 1958), s. m., enclos à bovins, de bu + gorzh, procède du vieux breton buorth attesté également dans le nom de lieu Buorz en 1467 à Lanhouarneau (29) ; ce mot a pour correspondants le comique büarth et le gallois buarth (de bu + garth) et tous trois s’expliquent par le celtique *bou-gort. Buorzherezh {buorzherezh, 1992), s. m., bouverie, de bu + gorzh + -erezh. Buorzhiñ {huorza, 1931), v., mettre à l’enclos, de bu + gorzh + -iñ, est identique au gallois buartho. Morvuoc’h {morvuoch, 1931), s. f, vache marine, de mor+ bu + -oc h, équivalant au comique morvugh, morse, et au gallois morfuwch, sirène, vache marine, morse. Bual {bual, 1732), s. m., buffle, se montre comme élé­ ment de Penbual en 1322, lieu-dit en Rosporden (29) ; il a pour correspondants le comique büalet le gallois bual de même sens. Tous trois procèdent du latin bubalus. Buan {buan, 1499), adj. quai., vite, rapide, et s. m., be­ lette, est attesté dès la période du vieux breton sous la forme plurielle buenion. Il a pour correspondants le cornique bilan et le gallois buan. Buanded {buandaitt, 1744), s. f., vitesse, promptitude, de buan + -ded. Buander {buhander, 1732), s. m., vitesse, célérité, de buan + -der, équivalant au gallois buander de même sens. Buaneg {buanec, 1499), adj. quai., irritable, de buan + -eg. Buanegezh {buaneguez, 1499), s. f., irrita­ bilité, courroux, de buan + -egezh. Buanegezh {buane­ guez, 1499), v., (se) courroucer, de buan + -eg+ -ezh. Buanekaad {buanecaat, 1499), v., (s’)irriter, de buan + -eg+ -aad Buanekaus {buanequaus, déb., XVIe), irritable, de buan + -eg+ -a + -us. Buannaad {buanaat, 1821),

v., (s’)accélérer, de buan + -aad, identique au gallois buanaf. Buannaer {buanaer, 1931), s. m., accélérateur, de buan + -a + -er. Buanred {bu(h)aret, 1716), s. m., vent solaire, de buan + red, équivalant au gallois buanred, course rapide. Buch {buch, 1992), s. m., bûche, est un emprunt au fran­ çais attesté en 1188 et issu du germanique *busk, baguette. Buchan {buchan, 1992), buchin {buchein, déb. XVIIIe), bucho {bucho, 1992), v., bûcher, de buch + -an / -in / -o. Buched {buchet, XVIIIe), s. m., bûcher, de buch + -ed Bûcher {bûcher, 1992), s. m., bûcheron, de buch+ -er. Bufed {buffet, 1632), s. m., buffet, est un emprunt au français dont le mot, attesté dans son sens actuel en 1268, reste d’origine obscure.

Bugad {bugat, 1659), s. m., ostentation, jactance, cor­ respond au gallois bugad, bruit confus, beuglement, mugissement, loquacité, vocifération, et procède du cel­ tique *bouk-ato-, bourdonnement. Bugadin {bugadi, 1659), v, se targuer, se vanter, de bugad + -in, identique au gallois bugadu. Bugan {buga, 1732), bugin {bugin, 1992), v., compri­ mer, fouler, procède du bas latin bucare, issu du germanique bukon ; de celui-ci provient également l’allemand bauchen, lessiver. Bugad {bugât, 1723), s. m., buée, lessive, de bug- + -ad, suppose un bas latin bucato-. Bugadenn {bugaden, 1716), s. £, petite lessive (avec du savon), de bug- + adenn. Bugader {bugadèr, 1732), s. m., buandier, de bug- + -ad+ -er. Bugaderes {bugaderéz, 1919), s. £, buandière ; lessiveuse, de bug- + -ad + -er+ -es. Bugaderezh {bugadérez, 1732), s. m., lessi­ vage, de bug+ -ad+ -erezh. Bugaderi {bugadery, 1732), s. £, buanderie, de bug- + -ad+ -eri. Bugadin {bugadein, 1723), v., lessiver, de bug+ -ad+ -in. Bugerezh {bugérez, 1821), s. m., foulage, pressage, de bug+ -erezh. Bugel {buguel, 1499), s. m., enfant, correspond au cornique bilgel, pâtre, au gallois bugail, berger, et à l’ir­ landais buachaill, enfant, vacher ; tous se réclament du celtique *boukolios formé de bouk-, bovin, et d’un se­ cond terme au sens de “conduire”. Le sens originel du mot était berger, sens qui s’est conservé dans la variante bugul {bugul, 1744) ; cette évolution sémantique est due au fait que la garde des bêtes était régulièrement confiée aux enfants. Bugalead {bugalead, 1992), v., en­ fanter, de bugale, pluriel de bugel, + -ad. Bugaleadur {bugaleadur, déb. XVIe), s. m., enfantement, de bugale + -adur. Bugaleaj {bugaleaich, 1732), s. m., enfance, enfantillage, de bugale + -aj. Bugaleerezh {bugaleerez, déb. XVIe), s. m., enfance, de bugale + -erezh. Bugeleg {bugeleg, 1992), adj. quai., enfantin, de bugel + -eg.

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Bugelian (bugelia, 1927), v., garder les bêtes, de bugel + -iahy identique au comique bügelya et au gallois bugeiliaàe même sens. Bugeliezh (bugeliezy 1931), s. £, enfance, de bugel + -iezh. Divugel (divugek 1955), adj. quai., sans enfant, de di+ bugeL Divugale {divugaky 1923-25), adj. quai., sans enfants, de di- + bugale. Lesvugel {lesvugaley 1732), s. m., enfant d’un autre lit, de les- + bugel. Krennvugel {krennvugely 1992), s. m., pré-adolescent, de krenn + bugel. Bugulgan (bugulgariy 1931), s. m., bucolique ; idylle, de bugul+ kan. Buhez {buhez 1499), s. £, vie, correspond au gallois buchedd'y tous deux dérivent de buchy vache, animal, qui était le principal moyen de subsistance, sens qui était aussi celui du gallois. Buhezeg {buhezecqy 1732), adj. quai., vital, plein de vitalité, de buhez + -eg. Buhezegezh (buhezeguezy 1659), s. £, vitalité, existence, subsistance, de buhez + -egezh. Buhezekaad (buhezekaaty 1958), v., (se) revitaliser, (s’)animer, de buhez + -eg+ -aad Buhezian (buhezay 1931), buhezin {buhezihy 1992), v., écrire la vie de, vivre (quelque chose), de buhez + -ian / -in. Advuhez (advuhezy 1923), s. £, seconde vie, de ad- + buhez Divuhez (divuhez 1923), adj. quai., sans vie, de di- + buhez Kenvuhez (kenvuhez 1927), s. £, coexistence, vie commune, de ken- + buhez Treusvuhez (treuz-vuhez 1931), s. £, métempsycose, de treus- + buhez Buhezskrid (buhezskrid, 1958), s. m., biographie, de buhez + skrid.

Buk (buky 1992), s. m., but, est une altération de but (voir ce mot) par modification de la consonne finale. Un rapprochement de l’ancien français bucy tronc, bus­ te du corps (1080), issu du francique buky ventre, tronc, reste conjectural. Bukal (buka, 1931), v., pointer, bra­ quer, de buk+ -al Buker (bukery 1931), s. m., pointeur ; pinnule, de buk + -er.

Bulsun (bulsun, 1499), s. £, navette (de tisserand), est issu de l’ancien français bolzoriy espèce d’aune de fer ser­ vant à mesurer les laines (XIIe), donné avec doute d’ori­ gine germanique.

Bultur (bultury 1732), s. m., vautour, buse, correspond au gallois fivlturmais celui-ci est un emprunt à l’anglais vulture. Le mot breton est un emprunt tardif au latin populaire *vultorem avec fausse restitution de la consonne initiale ; l’ancien français usait de voltor (1160) avec accentuation de la seconde syllabe. Buns (bunçCy 1633), s. m., muid, serait un emprunt, par substitution de la consonne initiale, à l’ancien français moiy muiy mesure de grains, issu du latin modiumy une 146

grande mesure de blé. Bunsad (bunçzady 1732), s. m., muid (de), de buns + -ad.

Bunt (bunty 1716), s. m., marque sur le sol, butée, est une variante de but avec épenthèse d’un -n- (voir ce mot). Buntan (buntOy 1716), buntin (buntihy 1992), v., buter, heurter, choquer, de bunt + -ah I-in. Bunter (buntery 1992), s. m., buteur, de bunt+ -er. Burbu (bulbuenriy 1464 ; burbuenriy déb. XVIe), coll., pus­ tules, acné, procède vraisemblablement de l’ancien fran­ çais bube, bouton, pustule (v. 1230), issu du latin médiéval bubo. Le mot présente alors 1 epenthèse de sa syllabe ini­ tiale et la contamination de la seconde. Burbuenneg (burbuenneky 1927), adj. quai., couvert de pustules, de burbu + -enn+ -eg. Burbuennin (burbuenni, 1931), v., se couvrir de pustules, de burbu + -enn + -in. Bured (burety 1499), s. £, fiole, biberon, est un emprunt à l’ancien français burette (1360), diminutif de buirey flacon (1195). Buredad (buredad 1992), s. £, fiole (de), biberon (de), de bured + -ad Buredenn (buredenny 1876), s. £, burette ; roupie, de bured + -enn. Buredenneg (buredenneky 1931), adj. quai., qui a la rou­ pie, de bured + -enn + -eg. Burell (burell 1499), s. m., bure, est un emprunt à l’an­ cien français burel drap grossier de couleur brune (1138), dérivé de buire, d’un brun foncé, mot issu du latin populaire *buriumy altéré de burruSy roux foncé. Bureller, s. m., marchand de bure, de burell + -ery est attesté par le nom de personne Bureller.

Burew (buréauy 1732), s. m., bureau, est un emprunt au français dont le mot, attesté au XIVe siècle avec le sens de “meuble à écrire”, découle de la vocalisation du -/ final de burel. Burewer (bureviad 1931), s. m., bureaucrate, de burew + -er. Burewerezh (bureverez 1931) s. m., bureaucratie, de burew + -erezh. Burewin (bureviahy 1958), v., (se) faire enregistrer, passer le conseil de révision, de burew + -in.

Burezh (burehy 1919), s. £, vapeur, air réchauffé, reste d’origine obscure. Burezhin (bulahein, 1919), v., exhaler (de la vapeur), de burezh + -in. Burin (buriny 1633), s. £, burin, est un emprunt au moyen français dont le mot, attesté en 1420, est issu de l’ancien italien burino. Burinan (burinOy 1732), burinin (burinih, 1992), v., buriner, de bum + -ah /-in.

Burluin (burliy 1716), v., éberluer, avoir la berlue, est un emprunt au moyen français berlue (1536), avec contamination de la syllabe initiale. D’un ancien bellue (XIIIe), déverbal de belluery éblouir (XIIIe), ce mot reste d’origine obscure.

Burlutan (burlutan, 1992), burlutin (burlutein, 1744), v., éblouir, a même origine que le précédent mais pré­ sente un -t final de composition. Burluterezh (burlutereah, 1744), s. m., éblouissement, de burlut+ -erezh. Burlutus (burlutus, 1927), adj. quai., éblouissant, de burlut+ -us. Burluteg (breluttéc, 1723), adj. quai., qui a la berlue, de burlut + -eg. Burtul (burtul, 1499), s. m., vautour, buse, est une va­ riante par métathèse de bultur (voir ce mot). Burut (burutte, 1744), s. m., blutoir, est un emprunt, avec dissimilation et contamination de la seconde syllabe, au déverbal de l’ancien français buleter, bluter (fin XIIe), issu du moyen néerlandais buitelen de même sens. Buruteli (burtel, 1499), s. £, bluterie, de l’ancien français buletel, blutoir (xir). Burutellad (burutellat, 1732), v., bluter ; critiquer, de buruteli + -ad. Burutelladur (burutelladur, 1931), s. m., blutage, de buruteli + -adur. Burutelladenn (burutelladenn, 1958), critique, de buruteli + -adenn. Buruteller (buruteller, 1958 ; attesté par le nom de personne Bruteller), burutellour (burutellour, 1992), s. m., personne qui blute ; critique, de buruteli + -er / -our. Burutellerezh (burutellérez, 1732), s. m., blutage ; criticisme. Burzhud (burzut, 1448, dans Croazburzut, lieu-dit en Goulven, 29 ; berzut, 1499), s. m., merveille, miracle, est un emprunt à l’ancien français vertut (xiIe) avec faux rétablissement de la consonne initiale. La composition berzh-hud possible aurait conduit à *bersut par provection en moyen breton. Burzhudeg (berzudec, déb. XVIe), adj. quai., merveilleux, de burzhud+ -eg. Burzhudin (burhudein, 1919), v., hâbler, de burzhud + - in. Burzhudour (burzudour, 1931), s. m., thaumaturge, de burzhud + -our. Burzhudus (burzudus, déb. XVIe), adj. quai., mer­ veilleux, miraculeux, fantastique, de burzhud + -us.

Busore (buzore, 1876), adj. quai., niais, badaud, est à rapprocher de l’ancien français bus, niais (1220), et du verbe buser, tromper, d’origine incertaine. Bussell (bucell, 1499), s. m., fait de beugler, procède du vieux breton butsill, trompette, cor. Bussellad (bucellat, 1499), v., beugler, barrir, de bussell + -ad. Busselladenn (bucelladen, 1732), s. £, beuglement, de

bussell + -adenn. Busellerezh (buceellereah, 1744), s. m., beuglement(s), barrissement(s), de bussell + -erezh.

But (but, 1464), s. m., but, butée, est un emprunt à l’ancien français but, souche, billot ; cible, but de flèche (1190), issu vraisemblablement du francique *but, souche. Butan (butta, 1732), butin (butin, 1992), v., mesurer le point (aux boules), de but + -an /-in. Butour (butour, 1992), s. m., buteur, de but+ -our. Divutan (divuta, 1732), divutin (divutin, 1958), v., chasser (une boule au jeu), débuter. Butum (butum, 1723), s. m., tabac ; butumin (butumein, 1732), v., fumer (du tabac) ; butumour (butumour, 1732), s. m., fumeur, voir butun.

Butun (butun, 1659), s. m., tabac, est un emprunt au moyen françaispetun (1555), issu du portugaispetum, lui-même importé du tupi petyma. Butunad (butunat, 1732), butunin (butunein, 1723), v., fumer, de butun + -aii / -in. Butunadenn (butunadenn, 1992), s. £, fumerie, de butun + -adenn. Butunalenn (butunalenn, 1931), s. £, bavette (de tablier), de butun + -alenn. Butuner (butuner, 1732), butunour (butunour, 1723), s. m., fumeur, de butun + -er / -our. Butunerezh (butunerez, 1876), s. m., tabagisme, de butun + -erezh. Butunouer (butunoüer, 1732), s. m., tabatière, de butun + -ouer. Divutun (divutun, 1992), adj. quai., sans tabac, de di+ butun. Buzhug (buzuguenn, 1499, au sing. ; buzug, 1659), coll., vers de terre, est d’origine obscure. L’hypothèse d’un singulatif initial *burzugen par -z- dur issu de burtugenn, tas de fumier (brutuguenn, 1499), reste conjec­ turale. Buzhugennan (buzhugennan, 1992), buzhugennin (buzhugennin, 1927), v., flâner, lambiner, de buzhug + -enn + -an / -in. Buzhugenner (buzugenner, 1931), s. m., flâneur, lambin, de buzhug + -enn + -er. Buzhuka (buzhuka, 1992), v., chercher des vers, de buz­ hug + -a. Buzhukaer (buzhukaer, 1992), s. m., cher­ cheur de vers, de buzhug + -a + -er. Morvuzhug (morvuzhug, 1992), coll., vers de sable, de mor+ buzhug. Morvuzhukaer (morvuzhukaer, 1992), s. m., gravelot, de mor+ buzhug + -a+ -er.

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Chabistr (chabistr, 1499), s. m., chapitre, est un emprunt fait en ancien français au mot chapitre mais avec épenthèse d’un -s- devant le groupe de consonnes -tr. Chabistran (chabistraff, déb. XVIe), chabistrin (chabistrein, 1744), v., chapitrer, de chabistr + -an/-in. Chabistrel (chabistrel, 1931), adj. quai., capitulaire, de chabistr + -el.

Chabl (chapl, 1499), s. m., cable de navire, est un em­ prunt à l’ancien français chable, grosse corde (1190), issu du bas latin capulum.

Chabouss (chabous, 1876), s. m., chamaille, procède du moyen français garbuge (XVIe), variante de garbouil (XVe), issu de l’ancien français garbouler, discuter, par croisement avec la finale -ugeAe déluge (grabuge en français moder­ ne). Chaboussad (chabousat, 1931), v., chamailler ; chasser (les poules), de chabouss + -ad. Chabousser (chabousser, 1992), chaboussour (chaboussour, 1992), s. m., chamailleur, de chabouss + -er/ -our. Dichabouss (dichabous, 1931), adj. quai., sans se cha­ mailler, de di- + chabouss. Chaboutad (chaboutat, 1919), v., chasser (les chèvres, les moutons), est formé sur chabout, cri par lequel on les chassait, mot de formation expressive. Chadenn (chaden, 1499), s. f., chaîne ; filon, est un em­ prunt à l’ancien français mais antérieur à 1080, le latin catena étant déjà altéré en chaeine. Chadennad (chadennad, 1927), s. £, chaîne (de), filon (de), de chadenn + -ad. Chadennadur (chadennadur, 1931), s. m., en­ chaînement, de chadenn + -adur. Chadennan (chadenaff, 1499), chadennin (chadennein, 1723), v., enchaîner, s’ag­ glutiner, de chadenn + -an /-in. Chadenner (chadenner, 1992), chadennour (chadennour, 1992), s. m., chaînent, chaînier, chaîniste, de chadenn + -er / -our.

Dichadennan (dichadenna, 1659), dichadennin (dichadennin, 1992), v., (se) déchaîner, désenchaîner, sauter, de di- + chadenn + -an / -in. Dichadennadur (dijadennadur, 1732), s. m., déchaînement, de dichadenn + -adur. Chafodin (chajfodein, 1732), v., échafauder, voir le sui­ vant.

Chafot (chaffault, 1499), s. m., échafaud, écha­ faudage, est un emprunt à l’ancien français chafautïssw de chaafalt (1160), lui-même du latin populaire ^catafalicum. Chafotaj (chaffodaich, 1732), s. m., écha­

faudage, de chafot + -aj. Chafotin (chafotin, 1992), v., échafauder, de chafot + -in. Chafoul (chafoul, 1992), s. m., entraînement (à faire mal, à s’attarder), est formé du préfixe cha- (variante de ¿7Z-), expressif, et du français foui radical du verbe fouler. Chafoulad (chafoulad, 1992), v., entraîner, de chafoul + -ad. Chafouler (chafouler, 1992), s. m., boute-entrain, de chafoul + -er. Dichafoul (dichafoul, 1992), adj. quai., sans en­ combre, décontracté, de di- chafoul. Dichafoulan (dichafoulan, 1992), dichafoulin (dichafoulin, 1992), v., (se) décontracter, apparenté au français (se) défouler.

Chafoutrean (chafoutrean, 1992), chafoutrein (chafoutrein, 1992), v., faire le jean-foutre, note le composé jean-foutre sous forme altérée avec adjonction des désinences verbales -an ou -in. Chafoutreer (chafoutreer, 1992), chafoutreour (chafoutreour, 1992), s. m., jeanfoutre, de chafoutre + -er / -our. Chafiransin (chafraiisin, 1958), v., ravauder, raccom­ moder, est probablement formé du préfixe cha-, de frans- du français frange et de la désinence verbale -in. Chafren (chafren, 1992), s. m., chanfrein, est un em­ prunt au français avec dénasalisation de la syllabe ini­ tiale. Chag (chag, 1732), adj. quai., croupi, et s. m., crou­ pissement, procède du français sac emprunté avec un sens équivalant au breton sac h. Chagan (chaga, 1732), chagin (chaguein, 1744), v., croupir, de chag+ -an / -in.

Chagell (chaguell, 1732), s. f., mâchoire, présente un radical chag, variante par adoucissement de la conson­ ne finale de chak (voir ce mot). Chagellad (chaguellad, 1732), s. £, soufflet, de chagell + -ad. Chagellad (chagellat, 1876), chagellin (chagellin, 1992), v., mâcher, de chagell + -ad/-in. Chagelleg (chaguellec, déb. XVIIIe), adj. quai., (dent) mâchelière ; aux fortes mâchoires, de chagell + -eg. Chagin (chaguein, 1723), v., mâcher, est formé sur le même radical chag- que le précédent.

Chagrin (chagrin, 1709), s. m., chagrin, est un emprunt au moyen français dont le mot est attesté au XVIe siècle sous la forme sagrin issu du turc çâgri avec influence de grain. Chagrinan (chagrina, déb. XVIIIe), chagrinin (chagrinein, 1744), v., chagriner, de chagrin + -an / -in. Chagrinus (chagrinus, 1709), adj. quai., chagrinant, de chagrin + -us. Dichagrin (dizagrin, 1868), adj. quai., non chagriné, de di- + chagrin. Dichagrinan (dichagrinan, 1992),

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dichagrinin (dichagrinin, 1992), v., passer le chagrin à, consoler, de di- + chagrin + -ah / -in. Chagud (chagud, 1732), s. m., ciguë, est un emprunt à l’ancien français antérieur au XIIe siècle qui présentait le mot cegue 'ïss\i du latin cicuta. Chagudin (jagudi, 1716), v., monter (en tige et en graine), de chagud + -in.

Chaj (chas, 1499 ; chaj-, 1897), s. m., châsse (de mé­ tier à tisser), est un emprunt à l’ancien français chasse, coffre (fin XIIe), issu du latin capsa, coffre. Chajell (chagek 1723), s. £, mâchoire, de chaj + -ell. Chajellad (chagellad, 1732), s. £, soufflet, de chaj + -ell + -ad. Enchajadur (enchajadur, 1992), s. m., enclavement, de en- chaj + -adur. Enchajin (inchagein, 1744), v., enclaver, confiner, claquemurer, de en- + chaj + -in.

Chak (chak, 1958), s. m., ordinaire (à mâcher) ; cha­ maille, dispute, est un emprunt au déverbal de l’ancien français saker, secouer, bousculer (fin XIIe), dérivé de sac, issu du latin saccum. Chakad (chacqak 1732 ; chaka, 1876 ; chakat, 1927), v., mâcher ; froisser, (se) cha­ mailler, (se) tracasser, de chak + -ad. Chakailhan (chakailhan, 1992), v., coupailler, de chak + -ailh + -an. Chakellad (chaquellein, 1723 ; chakellat, 1876), mâ­ chouiller, de chak+ -ell+ -ad. Chakellerezh (chaquellereah, 1744), s. m., action de mâcher, de chak+ -ell+ -erezh. Chaker (chaker, 1931), chakour (chakour, 1992), s. m., personne qui mâche ; chamailleur, de chak + -er/ -our. Chaketa (chaketa, 1992), v., chamailler, de chak + -ed+ -a. Chakoniad (chakoniat, 1919), v., coupailler, hachurer, mâchurer, de chak + -on + -iad. Chakoniow (chakonioù, 1958), s. pl., aspérités, hachures, mâchures, de chak + -on + -iad. Chakouss (chakous, 1958), adj. quai., chamailleur, de chak + -ouss. Dichakan (dichakan, 1992), v., défroisser, de di- + chak + -ah. Chai (chale, 1723), s. m., flux, est issu de son dérivé dichal, s. m., variante par chuintement de dishal (voir halan), par fausse perception du dérivé lui-même. Dichal (dichale, 1723), jusant, reflux, de di- + chai. Dichaladur (dichaladur, 1958), s. m., laisse (de basse mer), de di- + chal+ -adur. Dichalan (dichala, 1931), dichalin (dichalin, 1992), v., refluer, se retirer, de di- + chai + -ah / -in. Chai {chak 1876), s. m., tourment, inquiétude, est un emprunt au déverbal de chaloir, préoccuper (Xe), issu du latin calere, être chaud. Chalan (iala, 1659 ; chala, 1716), chalin (chalin, 1992), v., tourmenter, (se) lamenter, (s’)embourber, de chai + -ah / -in. Chalus (ialus, 1716 ; chalus ou jalus, 1821), adj. quai., impa­ tient, de chai + -us

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Anchal (anchak 1992), adj. quai., inconscient, de an+ chaL Dichal (dichak 1958), adj. quai., insouciant, in­ différent, de di- + chaL Trechal (trechak 1927), s. m., alarme, de tre- + chai. Trechalan (trechala, 1944), trechalin (trechalin, 1992), v., (s’)alarmer, (s’)impatienter, de tre- + chai + -ah / -in. Trechaler (trechaler, 1992), s. m., alarmiste, de tre- + chal+ -er. Trechalerezh (trechalerez, 1931), s. m., tracas, alarmisme, de tre- + chai + -erezh. Trechalus (trechalus, 1931), adj. quai., alar­ mant, de tre- + chai + -us.

Chalami (chalami, 1499), s. m., chalumeau, est un em­ prunt à l’ancien français chalemek flûte champêtre (XIIe), issu du latin impérial calamellum dérivé de calamus, roseau. Chalamian (chalamiaff, 1499), chalamiin (chalamiin, 1992), v., jouer du chalumeau, de chalami + -er /-our. Chalamier (chalamier, 1499), chalamiour (chalamiour, 1992), s. m., joueur de chalumeau, de cha­ lami + -er / -our.

Chalantis (chalantiz, 1958), s. £, douceurs, caresses, est un emprunt à l’ancien français chalandise, relations amoureuses (fin XIIIe), dérivé de chalant, part, présent de chaloir, avoir de l’intérêt.

Chalbot (chalbot, 1992), s. m., charroi, reste d’origine obscure. Chalbotad (chalbotat, 1904), v., charroyer, camionner, de chalbot + -ad Chalboter (chalboter, 1904), chalbotour (chalbotour, 1992), s. m., roulier, camionneur, de chalbot + -er/-our. Chalboterezh (chalboterez, 1927), s. m., camionnage, de chalbot + -erezh. Chalkan (chalkan, 1992), chalkin (chalcein, 1723), v., grumeler, digérer, est un emprunt à l’ancien français chalchier, fouler aux pieds, piétiner, pressurer (1120), issu du latin calcare, presser. Chalkenn (chaillen, déb. XVIIIe; chalqenn, 1732), s. £, grumeau ; vêtement (de fillette), de chalk- + -enn. Chalkennad (chalchennatt, 1744), s. £, grumeau (de), de chalk- + enn + -ad.

Chalm (chalm, 1732), s. m., charme, est un emprunt par dissimilation au français dont le mot est attesté à la fin du XIIe siècle. Chalmant (chalmant, 1732), adj. quai., charmant, emprunté directement au français. Chalmer (chalmer, 1732), chalmour (chalmour, 1904), s. m., charmeur, de chalm + -er/-our. Chalmin (chalma, chalmi, 1732), v., charmer, de chalm + -in. Dichalmin (dicharmi, 1659 ; dichalmi, 1732), v., désen­ sorceler, de di- + chalm + -in. Chaloni (chaloni, 1499), s. m., chanoine, est un em­ prunt par dissimilation à l’ancien français *chanoni, issu de cabunie (1080), lui-même du latin canonicus. Chaloniaj (chalounyaich, 1732), s. m., canonicat, de

chaloni + -aj. Chaloniezh {chaloniez, 1927), s. £, canonicat, de chaloni + -ezh.

Dichanch {digeing, 1709), élément du composé chanchdichanch, adj. quai., changeant, de di- + chanch.

Chalotes {chalottes, 1633), coll., échalotes, est un em­ prunt au moyen français eschalote (1514) issu de l’an­ cien français escaluigne (déb. XIIe), lui-même du latin ascalonia, (oignon d’)Ascalon (ville d’Israël).

Chane {channai, 1744), s. m., ennui, correspond au ra­ dical du verbe /¿’ww^rpris comme un tout. Chanein {channaiein, 1744), v., ennuyer, de chane + -in. Chaneüs {channaiuss, 1744), adj. quai., ennuyeux, de chane + -us.

Chalpiz {chalpy, 1633 ; chalpis, 1659), s. £, charpie, est un emprunt, par dissimilation, au français dont le mot, attesté en 1120, est un dérivé du verbe charpirtyl'), issu du latin populaire *carpire, de carpere, couper. Chalu {chalu, 1992), s. m., chalut, est un emprunt récent au français. Attesté en 1783, le mot procède du verbe dialectal chaler, sortir sa tête, se sauver, d’origine inconnue. Chaluin {chaluin, 1992), v., pêcher au cha­ lut, de chalu + -in. Chalutier {chalutier, 1992), s. m., chalutier, emprunté directement au français dont le mot est cité en 1866 dans le Larousse.

Chalvaj {chalvaj, 1992), s. m., polissonnerie, est un em­ prunt à l’ancien français salvage, sauvage, féroce (1175), issu du bas latin salvaticum altéré de silvaticus. Chalvant {chalvant, 1958), s. m., polisson, de chalv- + -ant. Chalvantaj {chalvantaj, 1992), s. m., polissonnerie(s), de chalv- + ant + -aj. Chalvantad {chalvanti, 1931), v., polissonner, de chalv- + -ant + -ad.

Chambarlank {chambarlanc, 1499), s. m., portique, porche ; chambellan, est un emprunt à l’ancien fran­ çais chamberlenc, valet de chambre, maître d’hôtel (XIe), dérivé de chambre, mot issu du latin caméra, voûte. Champad {champad, 1992), s. m., gros bout, est un dé­ rivé en -adàe champ emprunté au français. Champalad {champalat, 1931), v., trépigner, se trémousser, de champ + -al+ -ad. Champilha {champilha, 1992), v., jeter de l’argent aux enfants (à la sortie d’une messe de mariage), de champ + -ilh + -a. Chanan {chana, 1931), chanin {chanin, 1992), v., (s’)embourber, rester en panne, se présente comme une variante par dissimilation du verbe chalan (voir ce mot sous chai).

Chanch {chang, 1499 ; chench, 1732), s. m., change, changement, est un emprunt à l’ancien français change (XIIe), déverbal de changier (fin XIIe), issu du latin cambiared’origine gauloise. Chanch {chang, 1499 ; seinch, 1689), v., changer. Chanchamant {sengeamant, 1689 ; cenchamand, 1732), s. m., changement, de chanch + -amant. Chancher {chancher, 1499), s. m., changeur, de chanch + -er. Chanchidigezh {chenchidiguez, déb. XVIe), s. f, changement, métamorphose, de chanch + -idigezh. Chanchus {chaingus, 1519), adj. quai., changeant, de chanch + -us.

Chanenn {chanenn, 1992), s. f, châle, est un emprunt par dissimilation au français dont le mot apparaît au milieu du XVIIe siècle sous la graphie chai, puis chaaletn Y772.

Chanissin (channisein, 1919), v., dépérir, procède de l’ancien français chanes, cheveux blancs, vieillesse (déb. XIIe), issu du latin canas, de canus, blanc. Chans {chance, 1499), s. f, chance, hasard, imprévu, probabilité, est un emprunt à l’ancien français attesté à la fin du XIIe siècle et issu du latin populaire cadentia, de cadere, tomber. Le gallois siawnstsi un emprunt au moyen anglais chaunce. Chansadenn {chansadenn, 1992), s. £, coup de chance, de chahs + -adenn. Chansan {chansan, 1958), chansin {chansin, 1992), v., arriver (par hasard), de chans + -ah / -in. Chansus {chançus, 1519), adj. quai., chanceux, de chahs + -us. Dichans {dichans, 1889), adj. quai., peu chanceux, vi­ vant seul, de di- + chahs. Dichansan {dichansan, 1958), dichansin {dichansi, 1931), v., arriver par (un malen­ contreux) hasard, de di- chahs + -ah / -in. Dichansus {dichansus, 1904), adj. quai., malencontreux, porte-mal­ heur, de di- + chahs + -us. Mechans {mechancc, 1499), adv., sans doute, est un emprunt à l’ancien français mescheance, malheur, infortune (1160), formé de mes+ chance. Drougchans {drouc chançc, 1659), s. £, malchance, de droug+ chahs. Drougchansus {drougchansus, 1992), adj. quai., malchanceux, de droug + chahs + -us. Dizrougchansan {dizrougchansan, 1992), dizrougchansin {dizrougchansin, 1992), v., supprimer la mal­ chance, de di- + droug+ chahs + -ah / -in. Drougchansus {droucqchançzus, 1732), adj. quai., malchanceux, de droug + chahs + -us. Emichans {emichans, 1876), adv., sans doute, de e- + mechans. Pechans {péchans, 1911), adv., vraisemblablement, depe+ chahs.

Chantelew {chanteleo, 1659), s. m., chœur (d’église), est un emprunt par dissimilation à l’ancien français chanterel, livre de messe, dérivé de chant.

Chantell {chantel, 1723), s. £, chanteau, est un emprunt à l’ancien français chantel, côté, coin, rebord (1160), dérivé de chant (XIIe) issu du latin canthum. Chantellad 151

{chantellad, 1192), s. £, chanteau (de), de chantell + -ad Chantellad {chantellad, 1992), v., couper (du pain en chanteau), de chantell+ -ad, Chantellenn {chantellen, 1919), s. £, chanteau, de chantell + -enn. Chantellennad {chantellennad, 1919), s. £, chanteau (de), de chantell + -enn + -ad,

Chantenn {chantenn, 1732), s. £, chanteau, coin, par­ tie retranchée, est une variante du précédent avec sub­ stitution de suffixe ou un emprunt au français chant avec adjonction du suffixe -enn. Chanter {chanter, 1732), s. m., chantier, est un emprunt au français dont le mot est attesté sous cette forme à la fin du XIIIe siècle avec le sens de “support de tonneau”, celui de “lieu où l’on dépose les matériaux” n’appa­ raissant qu’en 1690. Ce mot procède du latin canterius, mauvais cheval ; étai. Chantournan {chantournan, 1992), chantournin {chantoumin, 1992), v., chantourner ; chavirer, est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1611.

Chao {jau, 1723), s. m., monture, équipe (de travail) ; grabuge, est un emprunt à l’ancien français^ jau, coq (Xe). Chaoad {jauat, 1919), v., faire équipe, s’entre­ mettre, de chao + -ad, Chaodell {jaudek 1499), s. £, bouillon maigre, est un emprunt à l’ancien français chaudel, dérivé en -el de chaud.

Chaodenn {chaodenn, 1992), s. £, lut, dérive comme le précédent du français chaud. Chaodouron {chaudouron, 1499), s. m., chaudron, est un emprunt, par contamination interne, à l’ancien fran­ çais chauderon (XIIe), dérivé de chaud avec suffixation en -on. Chaodouronad {chaodouronad 1992), s. m., chau­ dron (de), de chaodouron + -ad.

Chaok {chaoc, 1633), s. m., mâchement, est un em­ prunt au moyen français choc, heurt (1523), déverbal de choquer, heurter (1230), issu du moyen néerlandais schockenàe même sens. Chaokad {iaoegat, 1633 ; chocat, 1659), v., mâcher, mastiquer, croquer, faire du bla­ bla, de chaok + -ad. Chaokadenn {chaokadenn, 1992), s. £, mastication, de chaok + -adenn. Chaokadur {jaogadur, 1633), s. m., mastication, de chaok + -adur. Chaoker {jaoger, 1927 ; attesté par le nom de person­ ne Le Choquer en 1669 à Plouvorn, 29), chaokour {chaokour, 1992), s. m., masticateur, croqueur, faiseur de bla-bla, de chaok + -er / -our. Chaokerezh {chaokerez, 1931), s. m., mâchement, bavardages, de chaok + -erezh. 152

Chaoss {chauçc, 1633), s. m., chausse ; souche, emplanture (de mât), est un emprunt à l’ancien français chauce, bas (1138), issu du latin populaire *calcea, de calceus, soulier. Chaossan {chaossan, 1992), v., chaus­ ser, enchausser ; satisfaire, de chaoss + -an. Chaosseg (attesté par le nom de personne Le Chaucec en 1540 àTreffiagat, 29), adj. quai., en chausses, de chaoss + -eg. Chaossetenn {chaossetenn, 1992), s. £, chaussette, em­ prunté au français avec suffixation en -enn. Chaosson {chaussonnou, au pl., 1633), s. m., chausson, emprun­ té directement au français. Chaossoner {chaossoner, 1992), chaossonour {chaossonour, 1992), s. m., fabri­ cant de chaussons, de chaosson + -er / -our. Dichaoss {dichaoss, 1992), adj. quai., déchaux, de di+ chauss. Dichaossadenn {dichaossadenn, 1992), s. £, déchaussage, de di- + chaoss + -adenn. Dichaossan {dichaossan, 1992), dichaossin {dichaussein, 1744), v., (se) déchausser, dégarnir, arracher, essoucher, de di- + chaoss + -an / -in.

Chaosser {chaucer, 1499), s. £, chaussée, digue, est un emprunt à l’ancien français chaussée (XIIIe), issu de chauciee{\ 160) lui-même du latin populaire *calceata (via), voie, chaussée. Chaosserian {chauçzerya, 1732), chaosserin {chausserin, 1992), v., endiguer, de chaosser + -ian / -in.

Chaotran {chaotra, 1927), chaotrin {chaodrin, 1992), v., monter (en graine), procède de l’ancien français chaudier, faire sentir la chaleur, dérivé de chaud. Chaou {chaou, doucereux, 1927), adj. quai., benoît, est un emprunt par dénasalisation à l’ancien français chaon, petit chien.

Chaparlank {chaparlanc, 1499), s. m., chambellan ; por­ tique, est une variante par dénasalisation et renforce­ ment de la consonne -b- en -p- de chambarlank (voir ce mot). Chapel {chapel 1499), s. £, chapelle, est un emprunt au français capelleen 1080, dérivé de chape, manteau, du bas latin cappa, capuchon. Chapeliad {chapeliad 1992), s. £, chapelle (pleine de), de chapel + -iad. Chapalan {chapalen, 1499), s. m., chapelain, note la for­ me bretonnisée du mot attesté en 1155. Chapalaniezh {chapalany, 1732 ; chapalaniez, 1931), s. £, chapelle­ nie, de chapalan + -iezh. Chapeled {chapelet, 1530), s. m., chapelet, emprunté à l’ancien français dont le mot s’est spécialisé au XIVe siècle au sens de “couronne de fleurs” pour désigner la couronne de la Vierge. Chapeledad {chapeledad 1929), s. m., chapelet (de), de chapeled+ -ad. Chapeledin {chapeledin, 1958), v., dire son chapelet, de chapeled + -in. Chapeletaer {chapeledter,

1732), chapeletaour {chapeletour, 1904), s. m., fabri­ cant ou marchand de chapelets, de chapeled* -a + -er I -our. Char {char, 1992), s. m., jus, est un emprunt à l’ancien français char, chair (1080), issu du latin camem, chair. Charigell {changed, 1931), adj. quai., titubant, de char+ -igell Charigellan {charrigellat, 1927), charigellin {charigellin, 1992), v., tituber, aller de travers, de char + -igell + -ah / -in. Charaou {charaou, 1992), interj., haro !, voir haraou. Charaouin {charaouin, 1992), v., chasser, de charaou + -in

Charke {charké, 1904), s. m., cercueil, est un emprunt à l’ancien français sarqueu (1083), issu du bas latin sarcophagus.

Charkuter {charkuter, 1992), s. m., charcutier, est un emprunt au français attesté sous la forme chaircuitier en 1464 et jusqu’au XVIIIe siècle, mot composé de chair, cuit et -ier. Charkuteri {charkuteri, 1992), s. £, char­ cuterie, emprunté directement au français. Charcuteriaj {charkuteriaj, 1992), s. m., charcuterie, de charkuter* -iaj. Charkutin {charkutin, 1992), v., charcuter, de charkut- + -in. Cham {cham, 1992), s. £, charogne, est un emprunt à l’ancien français cham, chair, viande (1080), issu du ladn camem, chair. Charnel {charnel, 1499), s. m., char­ nier, emprunté directement mais avec dissimilation. Chameliad {chameliad, 1992), s. m., charnier (de), de charnel* -iad.

Charons {charronce, 1464), s. m., jarosse, gesse, est un emprunt à l’ancien français jarosse (1326), issu du pré­ roman *gerg. Charonsad {charonchat, 1732), v., grin­ cer (des dents), de charons + -ad. Charonserezh {charonchereah, 1732), s. m., grincement(s) de dents, de charons* -erezh.

Charre {charre, 1659), s. m., charroi, manche (de faux, de fléau) ; animation, est un emprunt à l’ancien fran­ çais charee, contenance d’un char (xir), dérivé de char issu du latin carrum lui-même du gaulois carros, cha­ riot. Charread {charreat, “charreer”, 1499), v., charrier, de charre + -ad. Charread {charread, 1931), s. m., charroi ; bon coup, de charre* -ad. Charreadeg {charreadeg, 1931), s. f, convoi, de charre + -adeg. Charreadenn {charreadenn, 1931), s. f, charroi, de charre* -adenn. Charreer {charreer, 1931), charreour {charreour, 1992), s. m., charroyeur, transporteur, de charre* -er/-our. Charreerezh {charreerez, 1931), s. m., charrois, déménagement, de charre + -erezh. Charreter

{charreter, 1464), charretour {charretour, 1904), s. m., charretier, emprunté directement au français charetier (1175) puis bretonnisé en -our. Charreterezh {charreterezh, 1992), s. m., convoyage, de charret- + -erezh.

Charrouer {charrouère, 1744), s. m., charrier, est un em­ prunt à l’ancien français dérivé de charree, eau employée pour nettoyer (fin XIIIe), d’origine obscure. Chartan {chartan, 1992), chartin {chartein, 1927), charto {charto, 1992), v., croupir, être longtemps ; tiquer, est un emprunt à l’ancien français chartrer, gar­ der dans un lieu renfermé (déb. XIVe), dérivé de chartre, prison (Xe), issu du latin carcerem, prison. Charterezh {charterezh, 1958), s. m., tics, grimaces, de chart- + -erezh.

Chasplous {chacheplousen, au sing., 1732), coll., che­ nilles, est un emprunt à l’ancien français chatepelose, chenille (XIIIe), dont le mot s’est conservé dans le gallo chapelouse de même sens. Chass {chacç, 1519), s. pl„ chiens, est un emprunt à l’ancien français chace, chasse (XIIe), par déviation sé­ mantique, les chiens étant dressés pour la chasse. Chasse {chasse, 1633), s. m., chasse, suppose un ancien fran­ çais *chassee. Chasseadenn {chaseadenn, 1958), s. £, par­ tie de chasse, de chasse + -adenn. Chasseal {chasseal 1633), v., chasser, de chasse + -al. Chasseer {chasseür, 1709), chasseour {chaçzeour, 1732), s. m., chasseur, de chasse + -er / -our. Chast {chast, déb. XVIe), adj. quai., chaste, est un em­ prunt à l’ancien français chaste (1138), issu du latin ecclésiastique castus. Chasted {chasdet, 1499), s. £, chas­ teté, de chast + -ded.

Chastran {chastran, 1992), chastrin {chastrin, 1992), v., être privé de nourriture, est un emprunt au déverbal de l’ancien français chastrer, châtrer, issu du latin castrare. Chastrenn {chastrenn, 1992), s. £, bête ou personne pri­ vée de nourriture, de chastr- + -enn.

Chastre {chastre, 1927), s. m., embarras, inconvénient, est un emprunt, avec épenthèse d’un -r-, au déverbal de l’ancien français chastier, empêcher, corriger, amen­ der (fin XIIe), issu du latin castigare. Chastrean {chastrea, 1931), chastrein {chastrein, 1992), v., embarrasser, de chastre + -an / -in. Chastreüs {chastreüs, ХЭТ7), adj. quai., embarrassant, de chastre* -us. Dichastre {dichastre, 1958), adj. quai., peu encombrant, sans encombre, de di- + chastre. Chatal {chatal 1499), s. m., bétail, progéniture, est un emprunt à l’ancien français chatel bien, patrimoine, possessions (fin XIe), duquel procède aussi le moderne

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cheptel, le -/>- ayant été ajouté au XVIIe siècle d’après le latin capitale. Chatalad (chatalat, 1927), v., élever des bestiaux, de chatal+ -ad Chataleg (chatallek, 1927), adj. quai., bestial, de chatal + -eg. Chatalegezh (chatallegez, 1927), s. £, bestialité, de chatal + -egezh. Chatalerezh (chatalerez, 1659), s. m., élevage de bes­ tiaux, de chatal + -erezh.

Ched (ched, 1927), s. m., gîte, est un emprunt au fran­ çais, ancien part, passé du verbe gésir substantivé au féminin. Cheta (cheta, 1992), v., gîter, repairer, de ched* -a. Dichedan (dichedan, 1958), dichedin (dichedin, 1992), v., sortir du gîte, de di- + ched + -an / -in. Cheftal (cheftal, 1992), s. m., cafetière, est un emprunt par altération du mot français. Cheftalenn (cheftadenn, 1958), s. f., cafetière, de cheftal + -enn. Chek (chec, 1871), s. m., ornière, se rattache-t-il au fran­ çais jzrou procède-t-il de l’ancien français eschec, échec ? Ce mot présente un certain rapport avec l’un des sens du verbe eschequier, mettre à mal, pêcher, renverser.

Chekenn (chekenn, 1931), s. f, chèque, est un emprunt au français, lui-même issu de l’anglais check repris au français échec. Chekennoweg (chekennaoueg, 1992), s. f, chéquier, de chekenn + -ow + -eg. Cheleog (cheleog, 1992), s. m., pétrel, semble formé à partir du radical ancien français jal, coq, affecté.

Chelp (chalp, 1732), s. m., serpe, est un emprunt par dissimilation au français dont le mot procède du latin populaire *sarpa, issu du verbe sarpere, tailler, émonder. Chelpenn (chelpenn, 1992), s. £, garçonne, de chelp + -enn. Chelpeta (chelpeta, 1992), v., courir, de chelp + -ed* -a. Chelpetaer (chelpetaer, 1992), s. m., coureur, de chelp + -ed + -a + -er. Dichelpan (dichelpan, 1992), dichelpin (dichelpin, 1992), v., (s’)époumoner, de di- + chelp + -an / -in.

Chemitesenn (chemitezenn, mil. XIXe), s. £, chemiset­ te ; guimpe, est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1220. Chenjenn (cheingeen, 1732), s. £, chaîne, est un em­ prunt à l’ancien français chaaine, chaîne, avec mouillure du -n-, chaaign-, présente dans les dérivés, par une forme *chaing-. Chenjennin (cheingennein, 1732), v., enchaîner, de chenjenn + -in. Dichenjennin (dichengennein, 1723), v., déchaîner, de di- + chenjenn + -in.

Cher (cher, 1499), s. £, chère ; mine, est un emprunt à l’ancien français chere, visage, sens en usage jusqu’au 154

XVIIe siècle, et “manière de traiter les convives”, sens at­ testé dès le XIIIe siècle ; ce mot procède du bas latin cara, visage, tête (vie). Chered (cheret, 1992), part, passé, à la mine de, de cher* -ed Chervad (cher mat, 1633 ; cher vat, 1659), s. £, bonne chère, de cher + mad. Chervadenn (chérvaden, 1904), s. £, festin, de cher + mad+ -enn. Chervadin (chérvadein, 1790), v., (se) ré­ galer, de cher + mad + -in. Dicherin (dicherin, 1992), v., défigurer, de di- + cher + -in. Cher (cher, 1732), s. £, câlin, caresse, est un emprunt à l’ancien français cher, aimé, précieux (XIe), issu du la­ tin carum. Cherabl (chérabl, 1904), adj. quai., câlin, de cher+ -abL Cherentez (cherentez, 1992), s. £, câlinerie, de cher+ -entez Cherus (cherrus, déb. XVIIIe), adj. quai., câlin, de cher + -us.

Cherissan (cherissa, 1659), cherissin (cheriçzein, 1732), v., chérir, câliner, est un emprunt au radical du verbe français chérir attesté au XIe siècle, et dérivé de cher. Cherisser (cheriçzer, 1732), s. m., personne qui caresse, de cheriss + -er. Cherissow (cherissoù, 1992), s. pl., câlins, de cheriss + -ow. Cherissus (cherrissuss, 1744), adj. quai., câlin, de cheriss* -us. Chet (chet, 1992), s. m., jet, jeton, est un emprunt au français jet avec renforcement de la consonne initiale. Chetadeg (chetadeg, 1992), s. £, lancer, de chet* -adeg. Chetadenn (chetadenn, 1992), s. £, jeté, de chet* -adenn. Chetan (chetan, 1992), chetin (chetin, 1992), v., jeter, lancer ; tomber (un vêtement), de chet* -an / -in. Cheter (cheter, 1992), s. m., lanceur, de chet* -er. Dichetan (dichetan, 1992), dichetin (dichetin, 1992), v., rejeter, jeter, de di- + chet* -an /-in. Rechetadenn (rechetadenn, 1992), s. £, rendu, vomi, de re-* chet* -adenn. Rechetadur (rechetadur, 1992), s. m., rendu, vomi, de re+ chet* -adur. Rechetin (recheti, 1992), recheto (recheto, 1992), v., rendre, vomir, de re- chet* -in/-o. Cheuc’h (cheuch, 1958), adj. quai., chic, distingué, pourrait résulter d’un emprunt à l’ancien français seur, confiant, certain, sûr (1080), avec substitution de la consonne finale.

Chevans (cheuancc, 1499), s. £, richesse, est un emprunt à l’ancien français chevance, accomplissement, profit (av. 1250), dérivé du verbe chever (1260), issu du latin po­ pulaire *capire, pour capere, prendre, saisir, s’approprier. Chevanser (chevanser, 1992), s. m., personne riche, de chevans* -er. Chevin (chevin, 1992), s. m., échevin, est un emprunt au français avec aphérèse de la syllabe initiale. Le mot,

eschevin en 1175, procède du francique *skapin, juge. Chevinaj (chevinaj, 1992), s. m., échevinage, de chevin + -aj.

Chevr (chéf, 1919 ; sing. chévren, 1904), coll., crevettes (roses), est un emprunt au français chèvre ; crevette est la variante en dialecte normando-picard du français che­ vrette attesté avec ce sens en 1552. Son nom vient du fait que la crevette fait de petits sauts comme la chèvre en liberté. Chevrenn (chevrenn, 1958), s. £, belle fille, de chevr + -enn. Chevra (chevra, 1992), v., pêcher la cre­ vette, de chevr + -a. Chevred (chevred 1992), s. pl., crevettes, emprunté au français chevrette, voir le précédent. Chevreta (chevreta, 1927), v., pêcher la crevette, de chevred + -a. Chevretaer (chevretaer, 1992), s. m., pêcheur de crevettes, de chevred + -¿ + -er. Chevretes (chevretes, 1992), coll., crevettes, emprunté au pluriel de chevrette. Chevretesa (chevretesa, 1992), v., pêcher la crevette, de chevretes + -a.

Chiboud (chiboud piquette, boisson de marc, 1904), s. m., courbette, (faire le) beau ; pesade (du cheval), est un dérivé de l’ancien français giber, gigoter, s’agiter (XIIe), d’origine incertaine.

Chidouarn (chidhouam, 1931), s. m., chaudron, est une altération de chaodouron, la finale ayant été assimilée à houam, fer. Chidouamad (chidouamad 1992), s. m., chaudron (de), de chidouarn + -ad. Chidourennad (chidourennad 1992), s. £, chaudron (de), est formé sur une prononciation dialectale de chao­ douron avec suffixation en -ad. Chif (chiff, 1716), s. m., chagrin, est un emprunt au moyen français chiffe (1611), pris au sens figuré. Chifal (chiffal, 1732), chifin (chiffein, 1723) v., (se) chagriner, chiffonner, ulcérer, de chif+ -al / -in. sont attestés en 1716 sous la variante chiffa. Chifoni (chifoni, 1904), s. £, fait d’être offusqué, 1904, de chif+ -oni. Chifus (chiffiis, 1723), adj. quai., chagrinant, choquant, affli­ geant, de chif+ -us. Dichifan (dichifa, 1931), dichifin (dichifin, 1992), v., cesser de chagriner, défâcher, de di- + chifл- -an / -in. Chifokin (chiffocquin, XVIIIe), v., offusquer, choquer, est un emprunt sous une forme altérée au français suffo­ quer.

Chifrodenn (chifrauden, 1659), s. £, chiquenaude, est une variante par altération de chiquenauden (1659), em­ prunté au moyen français chicquenode (1530). Chifrodennan (chifrodenna, 1927), chifrodennin (chifrodennin, 1992), v., donner une chiquenaude, de chifrodenn + -an ! -in.

Chik (chik, 1992), s. m., chique ; crépi, est un emprunt au français chique (VIVE}, issu du provençal chico, mor­ ceau, lui-même du latin cicca, et dont le sens initial était “boule à jouer” (1573). Chikad (chikad 1992), s. m., chique (de), biscuit détrempé, de chik + -ad Chikadenn (chikadenn, 1992), s. £, chique, de chik + -adenn. Chikadur (chikadur, 1904), s. m., crépissage, de chik + -adur. Chikan (chika, 1633), chikin (chikein, 1821), v., chiquer, écrabouiller ; crépir, ravaler, de chik+ -an/ -in. Chiker (chiker, 1992), s. m., jointoyeur, ravaleur, de chik + -er, est attesté comme nom de personne Chiquer en 1674 à Plouyé (29). Chikerell (chiquerelle, 1744), s. £, trappe, piège, de chik + -er + -ell. Chikerezh (chiquereah, meurtrissure, 1723), s. m., ravalement ; écrabouillage, de chik + -erezh. Chikan (cican, 1732), s. m., chicane, querelle, est un emprunt au moyen français chicane (1582), déverbal de chicaner (\(A 1), dérivé possible de chiquer, donner un petit coup. Chikanal (sicana, 1732 ; chicanein, 1732 ; chicannale, 1744), v., (se) chicaner, (se) quereller, de chikan + -al Chikaner (chicquaner, 1633), chikanour (chicanour, 1732), s. m., chicaneur, querelleur, de chikan + -er / -our. Chikanerezh (cicanérez, ; chicannereah, 1744), s. m., chicanerie(s), de chikan + -erezh. Chikanus (chikanus, 1992), adj. quai., chicanier, querelleur, de chikan + -us.

Chikorc (chikoré, 1904), s. m., chicorée, est un emprunt récent au français dont le mot est attesté au XIIIe siècle, voir sikorea. Chilp (chilip, 1716), s. m., moineau, est une altération par substitution de la consonne initiale de filip (voir ce mot). Chilpad (chilpat, 1499), v., japper, glapir ; claquer des dents, est de formation onomatopéique ; ce verbe est ap­ parenté à l’anglais (to) yelp issu de l’anglo-saxon gilpan et au vieil islandais gjàlpa. Chilpadeg (chilpadeg, V)27), s. £, jappement(s), de chilp + -adeg. Chilpadenn (chilpaden, 1716), s. £, jappement, de chilp + -adenn. Chilper (chilper, 1716), s. m., jappeur, de chilp + -er. Chiiperezh (chilpérez, 1821), s. m., jappement(s), de chilp + -erezh. Chilpeta (chilpeta, 1931), v., japper, de chilp + -ed+ -a. Chilpetaer (chilpeter, 1931), s. m., jappeur, de chilp + -ed + -a + -er. Chilpion (chilpion, 1821), s. m., chevalier, alouette des mers, de chilp + -ion. Chilpus (chilpus, 1732), adj. quai., qui manque de patience, de chilp + -us.

Chinan (chinan, 1992), chinin (chinin, 1992), v., chi­ ner, vendre au porte à porte, est un emprunt au fran­ çais apparu en 1844 avec le sens de “travailler” ; le mot procède du verbe échiner par aphérèse de la syllabe ini­ tiale. Chinadeg (chinadeg, 1992), s. £, vente au porte

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à porte, de chin- + -adeg. Chiner (chiner, 1992), chinour (chinour, 1992), s. m., chineur, de chin- + -er / -our. Chinerezh (chinerezh, 1992), s. m., chine, porteà-porte, de chin- + -erezh.

1732), s. m., chipotage(s), de chipot + -erezh. Chipoteri (chipoteri, 1904), s. £, mesquinerie, de chipot + -eri. Dichipot (dichipot, 1931), adj. quai., sans vergogne, écervelé, désinvolte, de di- + chipot.

Chink (chic, 1659), s. m., menton, est un emprunt au moyen français chique, boule à jouer (1573), issu du pro­ vençal chico, lui-même du latin cicca. Chinkeg (chicqecq, 1732), adj. quai., au fort menton, de chink + -eg. Chinkell (chinkell, 1992), s. f., mentonnière, de chink + -elL

Chiron (chiroun, Fucus vesiculosus, 1958), s. m., Ascophyllum nodosum, est un emprunt au français giron, pan coupé en pointe (déb. XIIe), issu du francique *gêro, pièce d’étoffe en pointe.

Chinkad (chincat, 1633), v., aboyer ; chinkadenn (chin­ kadenn, 1958), s. £, aboiement, de chink- + -adenn ; chinker (chinqer, 1732), s. m., aboyeur, de chink- + -er', chinkerezh (chinqérez, 1732), s. m., aboiement, de chink- + -erezh, voir chintal.

Chinkin (chinkin, 1992), s. m., capelan, est attesté com­ me nom de personne Sincquyn en 1547 à Cléden-CapSizun (29). Chintal (chintal, 1732 ; chita ou chinta, 1821), v., piailler, est un emprunt au français geindre, attesté sous cette graphie au XIIIe siècle et issu du latin gemere. Chinter (chinter, 1732), s. m., piailler, de chint- + -er. Chinterezh (chitérez, 1821), s. m., piaillement(s), de chint- + -erezh.

Chip (chip, 1927), adj. quai, et s. m., égrillard, paillard, est un emprunt à l’ancien français chipe, mot qui s’ap­ pliquait à une sorte de jeu, ou apparenté à l’ancien français chipoe, façons qui manquent de sincérité, d’origine obscure. Chipadenn (chipadenn, 1992), s. £, mollard, de chip + -adenn. Chipan (chipan, 1992), chipin (chipin, 1992), chipo (chipo, 1992), v., quémander, est un emprunt au français chiper, prendre (déb. XVIIIe), dérivé de l’ancien français chipe, chiffon (fin XIIIe). Chiper (chiper, 1992), chipour (chipour, 1992), s. m., quémandeur, de chip-+ -erl -our.

Chipilinenn (chipilinenn, 1992), s. £, capeline (de deuil), procède du français *chapeline, variante de ca­ peline, par affection vocalique et suffixation en -enn. Chipot (chipod, 1876), s. m., petite boîte (à sel, à fari­ ne), est un emprunt au français *chipot, dérivé de chipe, chiffon (fin XIIIe), de même origine que le moyen anglais chip, petit morceau. Chipotad (chipotât, 1723), v., chi­ poter, barguigner, vétiller, emprunté au moyen français attesté en 1546 avec le sens de “s’arrêter à des bagatelles”. Chipotadeg (chipotadeg, 1992), s. £, chipotage, de chipot + -adeg. Chipotaj (chipotaj, 1904), s. m., chipotage, em­ prunté directement au français. Chipoter (chipoter, 1732), chipotour (chipotour, 1904), s. m., chipoteur, vétilleux, de chipot + -er!-our. Chipoterezh (chipotérez,

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Chit (chit, 1992), interj., chut !, est d’origine onoma•topéique. Chitad (chitad, 1992), v., dire chut, faire taire, de chit + -ad.

Chivous (chivous, 1992), adj. quai., sadique, est appa­ renté à l’ancien français civele, sangle, bande de cuir (XIIe), et civeler, sangler avec des bandes de cuir (XIIIe), d’origine obscure. Chivousted (chivousted, 1992), s. £, sadisme, de chivous + -ded. Choan (sing. choanenn, 1499), coll., miche (de pain blanc), est un emprunt à l’ancien français choine, (pain) blanc (1342), d’origine obscure. Choas (choas, déb. XVIe), s. m., choix, est un emprunt à l’ancien français chois (1155) déverbal de choisir (AA>. XIIe), issu du germanique kausjan, goûter. Choas (choas, 1576), choasan (choasa, 1659), v., choisir, de choas + -an. Dichoas (dichoas, 1992), s. m., dernier choix, de di- + choas. Choberd (jobert, 1499), s. m., joubarde ; rhume, est un emprunt, avec renforcement de la consonne initiale, au français joubarde. Choberdin (choberdein, 1919), v., s’enrhumer, de choberd + -in.

Choes (choiss, 1744), s. m., choix, variante vannetaise de choas. Choesin (choasiff, 1633), v., choisir, de choes + -in.

Chogron (hogan, hogro, 1732), coll., cenelles, d’origi­ ne obscure. Chok (jog, 1879 ; chok, 1992), adj. quai., froissable, et s. m., froissement, coup sec, est un emprunt au fran­ çais choc, déverbal de choquer attesté en 1230 avec le sens de “heurter” et issu du moyen néerlandais schocken, heurter. Chokad (chocat, 1716), chokin (chokein, 1904), v., froisser, donner du mou, de chok + -ah /-in. Chokad (chokad, 1992), s. m., froissure, coup (de pied) sec, de chok+ -ad Chokenn (chokenn, 1992), s. £, coup, de chok+ -enn. Chokinan (chokina, 1931), choldnin (chokinin, 1992), v., chiffonner, de chok + -in + -ah /-ih. Chokolad (chocolat, 1732), s. m., chocolat, est un em­ prunt au moyen français chocolaté (1598), issu du natuatl du Mexique par l’espagnol chocolaté. Le gallois siocled procède de l’anglais chocolaté. Chokoladerezh

{chokolaterez, 1931), s. m. et f., chocolaterie, de chokolad+ -erezh.

Chol {choL 1992), s. m. et adj. quai., coquin, est apparenté à l’ancien français jaeL jaaL vénal, d’origine obscure. Cholenn {cholenn, 1992), s. f., coquine, de chol+ -enn. Cholan {chola, V)27), cholin {cholin, 1992), v., faire paître ses moutons dans le champ d’autrui, de chol + -an / -in. Cholbenn {cholbenn, 1992), s. f., concubine, est une variante par dissimilation de *chorbenn (voir chorb).

Cholori {jolori, 1530), s. m., chahut, bruit (joyeux) ; al­ cool fort, est un emprunt, par altération, à l’ancien fran­ çais chalivali, charivari (1320), d’origine incertaine. Cholorial {choloriaL 1992), v., chahuter, de cholori + -al Cholorier {cholorïer, 1931), choloriour {choloriour, 1992), s. m., chahuteur, de cholori + -erl-our. Cholorius {cholorïus, 1931), adj. quai., chahuteur, de cholori + -us. Cholpad {cholpad 1876), s. m., beigne, coup, est un emprunt, avec épenthèse d’un -/-, à l’ancien français choper, heurter, buter (1175), d’origine obscure. Cholpata {cholpata, 1927), v., donner des coups à, de cholpad + -a. Dicholpan {dicholpan, 1992), v., arracher (un morceau de), de di- + cholp- + -an.

Chom {chom, 1499), v., rester, habiter, séjourner, est un emprunt au déverbal de l’ancien français chômer, se reposer (1156), ne pas travailler (XIIIe), issu du latin populaire *caumare, dérivé du bas latin cauma, chaleur. Chomabl {chomable, 1723), adj. quai., sédentaire, de chom + -abL Chomach {chômage, 1723), s. m., domi­ cile, bâtiment, dépendance, de chom + -ach. Chomadenn {chomadenn, 1499), s. £, séjour, de chom + -adenn. Chomadur {choumadur, reste, surplus, 1821), s. m., domiciliation, de chom + -adur. Chomel {chommeL v. 1565-68 ; chemeL 1659, par affection vocalique), v., rester, demeurer, de chom + -eL Chomidigezh {chommidiguez, déb. X\T), s. f., stationnement, de chom + -idigezh. Chomus {chomus, 1927), adj. quai., perma­ nent, de chom + -us. Chomlech {chomlech, 1927), s. m., domicile, de chom + lech. Chop {chop, 1992), s. m., somme, est issu du déverbal du fiançais choper, arrêter (1800), variante de chiper avec influence de chopper ; ce sens se retrouve également dans le gallo chopèter, sommeiller. Choped, part, passé, mal réveillé, de chop + -ed. Dichopan {dichopan, 1992), v., déniaiser (après un somme), de di- + chop + -an. Dichoper {dichoper, 1992), s. m., joueur de tours, de di- + chop + -er.

Chopin {chopin, 1732), s. m., chopine ; clapet (de pom­ pe) ; isolateur (de clôture), est un emprunt à l’ancien français chopine (fin XIIe), d’origine germanique et ap­ parenté à l’allemand Schoppen. Chopinad {chopinat, 1659), s. m., chopine (de), pot (à boire), de chopin + -ad. Chopinata {chopinaL chopinat, 1732), v., bibe­ ronner, de chopin + -ad + -a.

Chorb {chorb, 1927), coll., litière, procède du français sorbe par analogie d’aspect ; ce mot est emprunté à l’an­ cien provençal sorba (XIIIe), issu du latin sorbum. Chorbadenn {chorbadenn, 1992), s. f., concubine, de chorb + -adenn. Chorbin {chorbin, 1992), v., vivre en concubinage, de chorb + -in. Chorgell {chorgelL 1931), s. m. et adj. quai., dandin, et s. f, sabot fendu, reste d’origine obscure. Chorgellad {jorgellat, 1948), v., (se) dandiner ; faire le bruit d’un sabot fendu, de chorgell + -ad. Chorgeller {chorgeller, 1931), chorgellour {chorgellour, 1992), s. m., personne qui se dandine, de chorgell + -er / -our. Chorgellerezh {chorgellerezh, 1992), s. m., dandinement, de chorgell+ -erezh.

Chou {chou, 1919), interj., cri pour écarter les oiseaux, chasser les poules, est d’origine onomatopéique. Chouadenn {chouadenn, 1992), s. £, chuintement ; fris­ son, de chou + -adenn. Choual {choual, 1958), v., crier (pour chasser les poules) ; chuinter ; draguer, de chou + -aL Chouer {chouer, 1992), s. m., gueulard, dragueur, de chou + -er. Dachou {dachou, 1992), interj., cri pour chasser les poules, de da + chou. Dachoual {dachouaL 1992), v., chasser la volaille, de da + chou + -aL Dichou {dichou, 1927), interj., cri pour chasser la volaille, les oiseaux, de di- + chou. Dichoual {dijoual, 1857), v., chasser les poules, les oiseaux, de di- + chou + -aL Tarchoual {tarchouak 1992), v., expulser (les oiseaux), de tar- + chou + -aL

Chouan {chouan, 1847), s. m. et adj. quai., chouan, est un emprunt au français dont le mot a été repris en 1795, au surnom de Jean Cottereau dit Jean Chouan, chef des insurgés d’Anjou. Chouanad {chouannat, 1904), v., chouanner, de chouan + -ad. Chouaner {chouaner, 1992), s. m., personne ayant chouanné, de chouan + -er. Chouanerezh {chouanerez, 1927), s. m., chouannerie, de chouan + -erezh. Chouchenn {souchen, 1895 ; chouchen, 1919), s. £, hy­ dromel, est un dérivé en -enn de souch, action de tirer en arrière ; le nom a été donné à cette boisson d’après le fait quelle tirait en arrière, voire quelle faisait tom­ ber à la renverse sur le dos celui qui en consommait.

Chouk {chouk, 1931), adj. quai., bourré, bien enfoncé, est un emprunt au français socque, sabot, issu du latin soccus, soulier, base, socle. Choukan {choukan, 1895), choukin {chouquein, 1723), chouko {chouko, 1992), v., bourrer, (se) serrer (de près), garnir (un sabot), s’asseoir, de chouk + -an /-in /-o. Choukenn {choukenn, 1931), s. £, panoufle, de chouk + -enn. Choukennad {chou­ kennad, 1992), s. f, panoufle (de), de chouk + -enn + -ad. Chouker {chouker, 1931), s. m., personne qui bourre, qui fourre, de chouk + -er. Dichoukan {dichoukan, 1992), dichoukin {dichoukin, 1992), v., enlever, casser le dessus du sabot, de di- + chouk + -an!-in. Dichoukenn {dichoukenn, 1992), adj. quai., sans coussinet, de di- + chouk + -enn. Chouk {chouc, 1499), s. m., nuque, haut du dos, est un emprunt à l’ancien français chouque, souche d’une che­ minée, variante par métathèse de souche, issu du gau­ lois *tsukka. Choukad {choucat, 1499), s. m., coup sur la nuque, chute sur le dos, choc ; fardeau, de chouk + -ad. Choukadal {choucatal, 1499), choukadin {soucadein, 1790), v., frapper sur la nuque, de chouk + -ad+ -al/-in. Choukan {choukan, 1992), choukin {choukin, 1992), chouko {chouko, 1992), v., lever sur le haut du dos, (se) voûter, de chouk + -an / -in / -o. Choukata {choukata, 1876), v., transbahuter, de chouk + -ad + -a.

Chourrik {chourik, 1821), adj. quai., grinçant, et s. m., grincement, est un mot d’origine onomatopéique. Chourrikadenn {chourikadenn, 1958), s. £, grincement, de chourrik + -adenn. Chourrikal {chourica, 1716 ; chourriquein, 1723 ; chourikal, 1876), v., grincer, de chourrik + -al. Chourrikerezh {chouricqereh, 1732), s. m., grincement(s), de chourrik + -erezh.

chuchu + -in. Chuchumuchad {chuchumuchad, v., faire des chuchoteries, de chuchu + much + -ad. Chuchumuchu {chuchumuchu, 1927), adv., en chu­ chotant, de chuchu + much + -u.

Chufere {chufere, 1895), s. f, hydromel, note la variante de *kufere, dérivé de kuferpour *kurefa\ie l’on rapprochera du comique ¿wr^du gallois cwryf, du vieil irlandais ciurm et du gaulois curmi, tous ayant le sens de “bière”.

Chug {chug, 1904), s. m., jus, est une variante chuintée à l’initiale de sug {sug, 1732), mot identique au cornique 'sügan, au gallois sugçr à l’irlandais sug, empruntés tous les quatre au latin sucus. Chugal {chugal, 1904), chugin {chuguein, 1723), v., juter, presser, de chug + -al/-in. Chugellad {chugellad, 1992), chugellin {chuguellein, 1744), v., épreindre, exprimer (le jus de), de chug+ -ell + -ad / -in. Chuger {chuger, 1992), s. m., suceur, de chug+ -er. Chugerezh {chuguereah, 1744), s. m., sucement, de chug + -erezh. Chugon {chugon, 1723), s. m., coulis, chyle, de chug + -on. Chugoni {jigoni, 1919), s. £, jus de réglisse, de chug + -oni. Chugonus {chuguonnuss, 1744), adj. quai., juteux, de chug + -on + -us. Dichugan {dichugan, 1992), dichugin {dichugin, 1992), v., presser, de di- + chug+ -an / -in. Chup {chupe, 1744), s. m., huppe, est un emprunt au fran­ çais huppe {\ 549), issu du latin populaire upupa. Chupad {chupad, 1992), s. m., huppe (de), de chup + -ad

Chuch {chuch, 1992), interj., voyons !, est un mot d’ori­ gine onomatopéique. Chuchal {chuchal, 1931), v, qué­ mander ; renifler, chuinter, de chuch + -al. Chucher {chucher, 1927), s. m., quémandeur ; renifleur, de chuch + -er. Chucherezh {chucherezh, 1992), s. m., chuinte­ ments), de chuch + -erezh.

Chupenn {iupen, jaquette, 1659 ; chupen, 1821), s. £, veste, est un emprunt, avec suffixation en -enn, à l’an­ cien français jupe, vêtement d’homme, tunique, sorte de pourpoint très ajusté (XIIe), issu de l’arabe djubba. Chupennad {chupennad, 1992), s. £, couche (de), de chupenn + -ad. Chupennan {chupennan, 1992), chupennin {chupennin, 1992), v., casser du sucre sur le dos, de chupenn + -an / -in. Dichupennan {dichupenna, 1931), dichupennin {dichupenni, 1931), v., tirer sa veste, de di- + chupenn + -an / -in.

Chuchu {chuchu, 1992), adj. quai., cucul, est un mot de formation expressive calquée sur son équivalent fran­ çais. Chuchuenn {chuchuen, 1821), s. f, chochotte, de chuchu + -enn. Chuchuer {chuchuer, 1821), s. m., lam­ bin, de chuchu + -er. Chuchuerezh {chuchuerezh, 1992), s. m., action de lambiner, de chuchu + -erezh. Chuchuin {chuchui, 1931), v., lambiner, musarder, de

Chut {chut, 1927), s. m., action de sucer ; tétine, est un emprunt au déverbal du français juter, dérivé de jus. Chutai {chutan, 1958 ; chutai, 1992), v., sucer, de chut + -al. Chutell {chutell, 1927), s. £, tétine, de chut + -ell. Chutellad {chutellad, 1927), v., suçoter, aspirer, de chut+ -ell+ -ad Chuter {chuter, 1992), s. m., suçoir, de chut + -er.

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Le confesseur punissant Corentin O. Perrin. Coll. part.

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C’hoant {hoant, 1499 ; choant, 1659), s. m., désir, en-

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vie, procède du vieux breton В huuant, uuant, passion, désir. ■ Il a pour correspondants le | comique whans, le gallois chwant, l’irlandais saint et le gaélique d’Ecosse sannt. Ces mots sont tirés du celtique swand-ito-. C’hoantaad {hoantat, 1499 ; choantaat, 1659), v., désirer, envier, de c hoant+ -aad identique au comique tvhansaex. au gal­ lois chwantaf. C’hoantabl {choantapk 1732), adj. quai., désirable, enviable, de choant + -abl. C’hoantadenn {choantaden, mil. XIXe), s. f., envie, de choant + -adenn. C’hoantaus {c’hoantaus, 1659), adj. quai., envieux, de choant + -ai -us. C’hoanteg {hoantec, 1557), adj. quai., avide, cupide, équivalant au comique whansekex. au gal­ lois chwannog. C’hoantegezh {chodnteghez, 1716), s. f., avidité, cupidité, de choant + -egezh. C’hoantidig {choantidig, 1992), adj. quai., concupiscent, de choant + -idig. C’hoantidigezh {hoantidigaez, 1499), s. f., concupiscence, de choant + -idigezh. C’hoantus {hoantus, déb. XVIe), adj. quai., désireux, de choant + -us. Damc’hoant {dam-c hoant, 1931), s. m., velléité, de dam-+ choant. Damc’hoantus {damc’hoantus, 1992), adj. quai., velléitaire, de dam-+ choant + -us. Dic’hoant {dyhoant, 1519), adj. quai., dégoûté, sans désir, de di+ choant, identique au gallois dichwant. Dic’hoantaad {dic’hoantât, 1732), v., faire le dégoûté, de di- + choant + -aad. Dic’hoantadenn {dic’hoantadenn, 1992), s. f., déconvenue, de di- + choant + -adenn. Dic’hoantan {dic’hoanta, 1931), dic’hoantin {dihoantein, 1904), v., dégoûter, blaser, de di- + choant + -an / -in. Dic’hoanteg {dic’hoantec, 1689), adj. quai., blasé, sans goût, de di + choant + -eg. Dic’hoantegezh {dic’hoantegez, 1862), s. £, désintérêt, dégoût, de di- + choant + -egezh. Disc’hoantan {disc’hoantan, 1992), disc’hoantin {disc’hoantin, 1992), v., passer l’envie, de dis- + choant + -an/-in. Kenc’hoantegezh {qen-c’hoantéguez, 1732), s. f., concurrence, de ken- + choant + -egezh. Brizhc’hoant {briz-c’hoand 1732), s. m., velléité, de brizh + choant. Drougc’hoant {drouc-c’hoant, 1732), s. m., convoitise, de droug+ choant. Drougc’hoantaad {droukc’hoantaat, 1958), v., convoiter, de droug+ choant + -aad. Drougc’hoantegezh {droukchoantegez, d’après e zroukc’hoantegez, 1932), s. f., convoitise, de droug + c’hoant + -egezh. ИГ H |

C’hoar {hoar, 1499 ; choar, 1659), s. f., sœur, procè­ de du vieux breton guoer et correspond au comique whor (vieux comique huir}, au gallois chwaer et à

l’irlandais siùr. Ces mots sont issus du celtique *swesoridentique au latin soror. C’hoareg {houairec, 1723), s. f., belle-sœur, de choar + -eg. Adc’hoar {adc’hoar, 1944), s. f., sœur adoptive, de ad+ choar. Lesc’hoar {les-c’hoar, 1931), s. f., demi-sœur, de les- + choar. C’hoari {hoari, 1499 ; c’hoari, 1659), s. m., jeu, procède du vieux breton guari, huari, jeu, et correspond au cornique gtuary et au gallois chwarae (vieux gallois guaraî) de même sens. Ces mots seraient apparentés à l’irlandais fuirech, retard, distraction ; tous sont tirés du celtique *swer-o-. C’hoari {hoari, 1499 ; choari, 1659), v., jouer, sans désinence verbale, identique au comique gwary et au gallois chwaraeaf. C’hoariad (vieux breton huariai), s. m., joueur, de choari + -ad C’hoariadeg {c’hoariadeg, 1958), s. f., jeu collectif, concours, tournoi, de choari + -adeg. C’hoariadenn {c’hoariadenn, 1927), s. f., jeu ; récital, de choari + -adenn. C’hoarieg {hoariec, 1570), adj. quai., joueur, de choari + -eg. C’hoarieli {c’hodriel, 1716), s. f, jouet, de choari + -elL C’hoariellad {c’hoariella, 1927), v., batifoler, folâtrer, de choari + -¿7/+ -ad C’hoarielleg {c’hoarielleg, 1992), adj. quai., jouasse, de choari + -ell+ -eg. C’hoarielier {choarieller, 1992), s. m., batifoleur, folâtre, amateur, de choari + -ell + -er. C’hoariellerezh {c’hoariellerezh, 1992), s. m., batifolage, folâtrerie, amateurisme, de choari + -ell + -erezh. C’hoarier {hoarier, 1499 ; choarier, 1716), c’hoariour {hoariour, 1723), s. m., joueur, de choari + -er, équiva­ lant au comique givaryer et au gallois chwaraewr. C’hoarierezh {c’hoarierezh, 1992), s. m., concours, ludisme, de choari + -erezh. C’hoarius {c’hoaryus, 1732), adj. quai., ludique, de choari + -us. Adc’hoari {adc’hoari, 1931), v., rejouer, reprendre (au théâtre), de ad- + choari. Dic’hoari {dihoàri, 1716), s. m., fin de jeu, et {dihoariein, 1919), v., cesser de jouer, de di- + choari. Ragc’hoari {ragehoari, 1931), s. m., pré­ lude, et v., préluder, de rag- + choari. C’hoaridi {c’hoaridi, 1931), s. m., opéra, théâtre, de choari + ti, emprunté au gallois chwaraedy. C’hoarigàerad {c’hoarigàerad 1992), v., faire la vie, de choari + kàer+ -ad C’hoarigan {c’hoarigan, 1931), s. m., opéra, de choari + kan. C’hoarilec’h {c’hoarilec’h, 1920), s. m., odéon, de choari + lec’h. C’hoariva (vieux breton guarimd), s. m., lieu de jeu, théâtre, de choari + ma. Pennc’hoarier {pennehoarier, 1992), s. m., principal joueur, acteur principal, de penn + choari + -er. Reusc’hoari {reuschoari, 1992), s. m., mélodrame, de reus + choari. Talc’hoari {talchoari, 1992), s. m., remueménage, embarras, de tal + choari. 161

C’hoarvezan (choarvezafi, 1992), c’hoarvezo (choarvezoy 1992), c’hoarvezoud (oaruezouty 1659 ; c’hoàrvezout, 1716), v., survenir, arriver, advenir, sont issus du moyen breton hoaruouty “auenir” (1499). Il correspond au comique wharfos de même sens ; le gallois chwarafy chwaru reste apparenté au vieux breton guaru- attesté sous la forme conjuguée guaruu, (il) arriva, se produisit, advint. Tous trois présentent un préfixe choar- wharou chwar- issus du celtique *suar-y le breton étant for­ mé sur le verbe bezan, boud (par l’extension bezoud) et le comique sur l’équivalent bos. C’hoarvezadenn (c’hoarvezadenny 1958), s. £, événement, éventualité, de choar+ bez- + -adenn. C’hoarvoud (c’hoàruouty 1716), s. v., survenance, de choar- + boud. C’hoarvoudenn (choarvoudenn, 1992), s. £, survenance. C’hoarz (c’hoars, 1659), s. m., rire, correspond au cornique warth et au gallois chwardd ; tous trois remon­ tent au celtique *swer-d-o-. C’hoarzad (choarzhady 1992), s. £, risée, de choarz + -ad, identique au gallois chwarddiad C’hoarzadeg (c’hoarzadeg, 1912), s. £, rire (collectif), de choarz + -adeg. C’hoarzadenn (c’hoarzaden, 1821), s. £, éclat de rire, de choarz + -adenn. C’hoarzer (c’hoarzèr, 1732), c’hoarzour (hoarhour, 1732), s. m., rieur, de choarz + -er. C’hoarzerezh (c’hoarzérez, 1732), s. m., rire(s), de choarz + -erezh. C’hoarzidig (c’hoarzidik, 1876), adj. quai., risible, ridicule, de choarz + -idig, correspondant au gallois c’hwarddedig, risible, riant. C’hoarzigell (c’hoarzigell, 1931), s. £, farce, comédie, de choar + -igelL C’hoarzin (huerzin, 1499), v., rire, de choarz + -zX équivaut au comique werthyn et au gallois chwerthin. C’hoarzus (c’hoarzus, 1732), adj. quai., risible, riant, de choarz + -us, identique au comique warthüs et au gallois chwarddus. Dic’hoarz (dic’hoarz, 1821), adj. quai., sérieux, grave, de di- + choarz. Dic’hoarzin (dihoarhein, 1919), v., cesser de rire, reprendre son sérieux, de di- + choarz + -in. Mousc’hoarz (mus-huerz, 1632), s. m., sourire, de mous- + choarz. Mousc’hoarzin (mus-huerzin, 1632), v., sourire, de mous- + choarz + -in. Blasc’hoarz (blashoarh, 1732), s. m., sourire, de blas + choarz. Blase hoarzin (blashoarhein, 1732), v., sourire, de blas + choarz + -in. Glasc’hoarz (glas-c’hoarz, 1931), s. m., rire forcé, de gals + choarz. Glasc’hoarzin (glosehwerziny 1716), v., rire en se forçant, de glas + choarz + -in. Gwenc’hoarz (guenn houarhy 1723), s. m., sourire, de givên + choarz. Gwenc’hoarzin (gwenc’hoarzin, v. 1925), v., sourire, Aegwên + choarz + -in. Minc’hoarz (min houarhy 1723), s. m., sourire, minauderie, de min + choarz. Minc’hoarzin (minhoarheihy 1732), v., 162

sourire, minauder, de min + choarz + -in. Minc’hoarzer (minc’hoarzher, 1992), minc’hoarzour (minc’hoarzhour, 1992), s. m., personne qui minaude, de min + choarz + -er / -our. C’hoazh (hoazy 1499 ; c’hoaz, 1659), adv., encore, de nouveau, correspond au comique whath, au gallois chwaith et à l’irlandais fis ; l’origine reste controversée : il est tiré de gwezh, fois, ou de chwaithy goût (breton c’hwezh, odeur) avec déviation sémantique à “morceau”. Arc’hoazh (arhoaz, 1499), adv., demain, de ar+ c’hoazh. Bizkoazh (bezcoazy 1576), adv., jamais, de bizh + c’hoazh. Warc’hoazh (oarhoazy 1519), adv., demain, de war + c’hoazh.

C’houep (c’hwep, 1992), s. m., gouape, arnaqueur, pro­ cède du français gouape (1867), avec lénition de la consonne initiale. C’houepan (c’hwepan, 1992), v., choper, arnaquer, de c’houep + an. C’hwalad (hoaleiny 1904), v., disperser, répandre, pro­ cède du vieux breton huelimy identique au gallois chwaluy disperser, semer, et à l’irlandais scaoilim de même sens. Ce verbe est issu du radical vieux breton hualy dispersion.

C’hwaw (c’hoaoy 1931), adj. quai., (temps) clair, serein, correspond au gallois chwa (chwaw, 1707), brise, coup de vent, souffle, bouffée.

C’hwec’h (huechy 1499 ; c’huec’h, 1659), adj. num. card., six, procède du vieux breton hue ; ce nombre correspond au comique whegh, au gallois chwech (chween compo­ sition dans chwechanty six cents) et à l’irlandais sé. Ces formes remontent au celtique *sweks équivalant au latin sex et au gotique saihs duquel dérive l’allemand sechs. C’hwec’hved (huechuet, déb. XVIe), adj. num. ord., sixiè­ me, de c’hwec’h + -ved, équivalant au comique wheghves et au gallois c’hwec’hed. C’hwec’hvedenn (c’houec’hvedenn, 1931), s. £, sixième, de c’hwec’h + -ved+ -enn. C’hwegpnt (c’hwegont, 1958), adj. num. card., soixante, de c’hwec’h + *kont. C’hwezeg (huezec, 1499), adj. num. card., seize, de c’hwec’h + deg, identique au comique whetek mais pas au gallois chwedegy soixante. C’hwec’hzegved (c’huezecvet, 1709), adj. num. ord., sei­ zième, de c’hwec’h + deg + -ved. C’hwec’hzegvedenn (c’houezekvedenny 1931), s. £, seizième, de c’hwec’h + deg+ -ved+ -enn. Triwec’h (try chuechy 1632), adj. num. card., dix-huit, de tri + c’hwec’h. Triwec’hved (triwachvet, xviir), adj. num. ord., dix-huitième, de tri + c’hwec’h + -ved.

C’hwed (huydy 1732), s. m., vomissement, procède du vieux breton huit, de même sens. Il correspond au

gallois chwydes. à l’irlandais scéith&un radical celtique *sqei-. C’hwedadenn (huedadenn, 1499), s. f., vomis­ sement, de chwed + -adenn. C’hwedalenn (c’houidolen, 1927), s. f., petite plaie, furoncle, procède du vieux bre­ ton huital, verrue, pustule, et correspond au gallois chwydalen, pustule, marque d’un coup de fouet. C’hwedalennan (c’hwidolennan, 1958), c’hwedalennin (c’hwidolennin, 1992), v., se couvrir de furoncles, for­ mer des anthrax, de chwed + -al + -enn + -ah / -in. C’hwedan (huedaff, 1499), c’hwedin (huediff, déb. XVIe), v., vomir, de chwed+ -ah /-in, identique au cornique wheja et au gallois chwydaf, chwydu. C’hwedenn (c’hueden, 1732), s. £, nausée, remous, de chwed + -enn. C’hweder (c’hweder, 1958), c’hwedour (c’hwedour, 1992), s. m., personne qui vomit, de chwed + -er/-our. C’hwederezh (c’houederez, 1931), s. m., vomisse­ ments), de chwed + -erezh. C’hwediad (vieux breton huitiat, vomisseur), s. m., vomitif, de chwed + -iad. C’hwedus (c’huydus, 1732), adj. quai., vomitique, émé­ tique, de chwed + -us.

C’hweg (huec, 1499 ; c’hwec, 1716), adj. quai., délicieux, exquis, suave, correspond au comique whek et au gallois chweg ; tous trois remontent au celtique *suek-. C’hwegded (c’houekted 1927), s. £, douceur, exquisité, suavité, de chweg + -ded C’hwegder (c’hueqder, 1732), s. m., délicatesse, douceur, de chweg+ der, identique au comique wkekter. C’hwegenn (c’hwegenn, 1992), s. £, délice, de chweg+ -enn, équivalent du comique whegyn. C’hwekaad (chouékaat, 1821), v., s’adoucir, s’édulcorer, de chweg+ -aad C’hwekaus (c’houekaüs, 1931), adj. quai., adoucissant, de chweg + -a+ -us. C’hwel (vieux breton hoel, huel, tour, changement), interj., en voilà, correspond au gallois chwêl et au vieil ir­ landais sel', tous procèdent du celtique *suel-o-. C’hwelan (c’hwelian, 1992), c’hwelin (c’hwelin, 1992), v., tourner, de chwel+ -ah /- in, représenté en vieux breton par le ver­ be conjugué hoeliom, nous tournons, changeons. Trec’hwelian (trehollia, 1876), trec’hwelin (treüelet, part, passé, déb. XVIIIe; troc’hwalin, 1992), v., verser, cha­ virer, retourner, de tre- + chwel- + -ian/-in. Korc’hwel (korc’hwil, 1992), s. m., tourbillon, de kor- + chwel. Korc’hwelan (korc’hwilan, 1992), korc’hwelin (korc’hwilin, 1992), v., (s’)entortiller, de kor-+ chwel + -an! -in. C’hweldroin (c’hweldroin, 1992), v., faire une rotation, de chwel + tro+ -in, est un emprunt au gallois chwyldroi.

C’hwen (chuen, 1633), élément du composé a-c’hwen, loc. adv., à la renverse, est apparenté à l’irlandais fèen et suppose un celtique *swino-. C’hwenian (c’houenia,

1821), chwenin (chwenin, 1992), v., (se) renverser (sur le dos), de c’hwen + -ian / -in. Torc’hwenial (torc’hwenial, 1716), v., se vautrer, de tor + c’hwen + -iaL C’hwenn (hoannenn, au sing., 1464 ; chuen, 1633), coll., puces, procède du vieux breton vuenn et corres­ pond au comique whyn et au gallois chwain. C’hwenneg (c’hoënnecq, huënnecq, 1732), adj. quai., plein de puces, de c’hwenn + -eg. C’hwennus (c’hoennus, 1732), adj. quai., sujet aux puces, de c’hwenn + -us. Dic’hwennan (dic’huënna, 1732), dic’hwennin (dihuënneein, 1732), v., épucer, de di + c’hwenn + -ah / -in. Dic’hwenner (dic’hewenner, 1992), s. m., coureur de jupons, de di- + c’hwenn + -er. Morc’hwenn (mor-c’huënn, 1732), coll., puces de mer, de mor + c’hwenn.

C’hwenn (c’hwenn, 1992), s. m., sarclage, est identique au comique when, mauvaises herbes, et au gallois chwyn de même sens. C’hwennach (huennaj, 1904), s. m., sarclure, de c’hwenn + ach. C’hwennad (c’huënnat, 1732), s. m., sarclage, de c’hwenn + -ad C’hwennad (huennat, 1499 ; c’huennat, 1659), v., sarcler ; décimer, censurer, de c’hwenn + -ad. C’hwennadeg (c’huënnadecg, 1732), s. £, sarclage, de c’hwenn + -adeg. C’hwennadenn (c’houennadenn, 1931), s. £, sarclage, de c’hwenn + -adenn. C’hwennadur (c’houennadur, 1821), s. m., sarclure, de c’hwenn + -adur. C’hwenner (chuënner, 1732), c’hwennour (huennour, 1723), s. m., sarcleur, de c’hwenn + -er/-our. C’hwennenezh (c’houennérez, 1821), s. m., sarclage, de c’hwenn + -erezh. Damc’hwennan (damc’hwennan, 1992), damc’hwennin (damc’hwennin, 1992), v., sarcler à peu près, de dam+ c’hwenn + -ah / -in. C’hwennglow (huenn-glou, 1464), s. m., sarcloir, de c’hwenn + klow ; la variante c’hwengk attestée en 1732, est due à une fausse perception de ce mot pris à tort pour un pluriel comme le montrent les mentions c’huëngl, pl. c’huënglou (1732). C’hwerw (hueru, 1499 ; c’hwerw, 1716), adj. quai., amer, correspond au comique wherow, au gallois chwerw et à l’irlandais searbh de même sens. Tous pro­ cèdent du celtique *swer-wo-. C’hwerwaad (hueruhat, 1499 ; c’huërvaat, 1732), v., rendre, devenir amer, de c’hwerw + -aad. C’hwerwded (c’hwervded 1958), s. £, amertume de chwerw + -ded. C’hwerwder (hueruder, 1499 ; c’huervder, 1659), s. m., amertume, de c’hwerw + -der, identique au comique wherowder et au gallois chwerwder. C’hwerwentez (hueruentez, 1499), s. £, amertume, de chwerw + -entez. C’hwerwision

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{c’hwervisson, 1716 ; chuervison, 1732), s. f., dent-delion, de chwerw + -ision. C’hwerwoni {huerüoni, 1723), s. f., amertume, de chwerw + -oni. C’hwerwus {chwerous, 1958), adj. quai., aigri, bougon, grincheux, sectaire, de chwerw+ -us. Damc’hwerw {dem-c’huero, 1860), adj. quai., à peu près amer, de dam- + chwerw.

C’hwes {hues, 1499 ; c’huès, 1659), s. m., sueur, cor­ respond au comique whes et au gallois chwys, trans­ piration, sueur. Tous trois remontent au celtique *swit-so- d’un radical *swit- présent également dans le latin sud-are (de *svoid-areprobablement), et dans l’allemand Schweiss et l’anglais sweat. C’hwesadenn {c’huësadenn, 1732), s. £, suée, corvée, de c’hwes + -adenn. C’hwesadur {c’houezadur, 1927), s. m., transpiration, suintement, de c’hwes + -adur. C’hwesenn {huiseenn, Y7'15 ; c’huësenn, 1732), s. f., sueur, crise, de c’hwes + -enn. C’hweser {c’houesaer, 1927), c’hwesour {c’hwesour, 1992), s. m., personne qui sue, de c’hwes + -er!-our. C’hwesan {huesaff, 1499), c’hwesin {c’huesi, 1659), v., suer, transpirer, suinter, de c’hwes + -an / -in, équivalant au comique whesa et au gallois chwysu. C’hwesor {c’hwesor, 1992), s. m., suage, sudation, de c’hwes + -or. C’hwesus {c’houezus, 1821), adj. quai., sudorifique, de c’hwes + -us. Dic’hwesan {dihuesaff, 1464), dic’hwesin {dichguisiff, 1633), v., exsuder, éponger (la sueur), de di- + c’hwes + -an / -in. Dic’hwesorin {dic’hwesorin, 1992), v., des­ suinter, de di- + c’hwes + -or + -in. Dourc’hwes {dourc’hwez, 1958), s. m., sueur, de dour + c’hwes. Dourc’hwesenn {dour-c’houezenn, 1933), s. f., sueur, de dour+ c’hwes + -enn. Dourc’hwesin (dourchwesin, 1992), v., transsuder, de dour + c’hwes + -in. Morc’hwes {morc’hwes, 1992), s. m., légère brume de mer, de mor + c’hwes. Morc’hwesin {morc’hwesin, 1992), v., suer légèrement, suinter, de mor+ c’hwes + -in. C’hwesigenn {huysiguenn, 1499), s. f., vésicule, procè­ de du vieux breton huisic, ampoule, cloque, emprunté au latin vesica. Le c’hw- initial que l’on relève également dans le comique whesygen et dans le gallois chwysigen est vraisemblablement dû à l’influence de c’hwez (voir ce mot) qui suppose un vieux breton *hued ; on se serait plutôt attendu à une forme ancienne *guisic pour un moderne *gwesigenn, forme qui correspondrait alors au comique gusygen, doublet du précédent, et au gallois gwysigen. C’hwesigennin {c’houezigenna, 1821 ; c’houezigenni, 1931), v., rendre, devenir vésiculeux, de c’hwesigenn + -in.

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C’hwevrer {hueurer, 1499 ; c’huevrer, 1659), s. m., février, correspond au comique Whevrer et au gallois Chwefror ; tous trois procèdent du latin Fehruarius.

C’hwez {c’huëz, 1732), s. m., gonflement ; vanité, sup­ pose un vieux breton *hued ; il a pour correspondants le comique wheth et le gallois chwydd, tous deux ad­ mettant le sens de “enflure, grosseur, tuméfaction”. Ils sont apparentés à l’irlandais siat de même sens. C’hwezad {c’hwezad, 1992), s. m., protubérance, de c’hwez + -ad. C’hwezadenn {c’hwezadenn, 1992), s. f., gonflage, enflure, de c’hwez + -adenn. C’hwezadur {c’huezhadur, 1732), s. m., bouffissure, enflure, de c’hwez + -adur. C’hwezan {c’hueza, 1659), c’hwezin {huehein, 1919), v., gonfler, bouffir, se dilater, de c’hwez + -an / -in, correspondant au gallois chwyddo. C’hwezer {c’hwezer, 1992), c’hwezour {c”hwezour, 1992), s. m., gonfleur, de c’hwez + -er / -our. C’hwezed {c’houezet, 1876), part, passé, enflé, bouffi, gonflé, de c’hwez + -ed. C’hwezigellaj {c’hwezhigellaj, 1992), s. m., enflure, de c’hwezh + -igell+ -aj. C’hwezus {c’houezus, 1927), adj. quai., gonflant, de chwez+ -us. Adc’hwezo {adc’houeza, 1931), v., regonfler, de ad- + c’hwez + -o. Dic’hwez {dic’hwez 1992), adj. quai., dégonflé, crevé, et s. m., dégonflement, crevaison, de di-+ c’hwez Dic’hwezan {dichoueza, 1931), dic’hwezo {dic’hwezo, 1992), v., (se) dégonfler, (se) déballonner, crever, de di- + c’hwez + -an / -o. Dic’hwezegezh {dic’hwezegezh, 1992), s. £, dégonflement, de di- + c’hwez+ -egezh. C’hwezpenneg {c’hwezpennec, 1713), adj. quai., à la tête enflée, de c’hwez + penn + -eg.

C’hwezh {huez, 1499 ; c’huez, 1659), s. m., souffle, pro­ cède du vieux breton huid et correspond au comique wheth, au gallois chwyth et au vieil irlandais sét. Tous re­ montent au celtique *swiddo-. C’hwezhad {c’hwezhad, 1992), s. m., souffle (de), de c’hwezh + -ad, équivalant au gallois chwythad. C’hwezhadenn {c’huëzaden, 1732), s. £, souffle, soufflement, de c’hwezh + -adenn. C’hwezhadennin {c’hwezhadennin, 1958), v., spirantiser, de c’hwezh + -adenn + -in. C’hwezhadur {c’hwouezadur, 1931), s. m., soufflure, mouchure, de c’hwezh + -adur. C’hwezhan {huezaff, 1499 ; c’hueza, 1659), c’hwezhin {huehein, 1732), v., souffler, identique au comique whetha et au gallois chwythu. C’hwezher {c’huezèr, 1732), c’hwezhour {huéhour, 1723), s. m., souffleur, de c’hwezh + -er / -our, correspondant au comique whetherex. au gallois chwythwr. C’hwezheres {c’huezerés, 1659), s. £ soufflet (à feu), de c’hwezh + -er + -es. C’hwezherezh {huéhereah, 1744), s. m., soufflerie,

de chwezh + -erezh. C’hwezhigell {huezeguell, 1499), s. £, vessie, de chwezh + -igell. C’hwezhus {chuëzus, 1732), adj. quai., soufflant, de chwezh + -us. Damc’hwezh {damc’hwezh, 1992), s. m., risée, de dam+ chwezh. Dic’hwezh {dichwez, 1992), s. m., absence de souffle, et adj. quai., sans souffle, de di- + chwezh. Dic’hwezhadenn {dichouezadenn, 1932), s. f., exhalation, de di-л- chwezh + -adenn. Dic’hwezhan {dichuëza, 1732), dic’hwezhin {dic’hwezhin, 1992), v., exhaler, respirer fort, (ne pas) souffler mot, de di- + chwezh + -an / -in. Korc’hwezh {korc’houez, 1931), s. m., bourrasque, ty­ phon, de kor- + chwezh + -ad Korc’hwezhad {korc’houezad 1923-25), s. m., tourbillon, de kor+ chwezh + -ad. Sourc’hwezh {sourc’hwezh, 1992), s. m., rugissement (de la tempête), de sour- + chwezh. Sourc’hwezhan {sourc’h­ wezhan, 1992), sourc’hwezhin {sourc’hwezhin, 1992), v., rugir (en parlant du vent), de sour- + chwezh + -an /-in. Tarc’hwezhan {tarc’houeza, 1927), v., hésiter, de tar- + chwezh + -an. Trec’hwezh {tréc’houez, 1821), s. m., essoufflement, de tre- + chwezh. Trec’hwezhan {trec’hwezhan, 1992), trec’hwezhin {trechwezi, 1716), v., s’es­ souffler, manquer de souffle, de tre- + chwezh + -an / -in. C’hwezhken {huehquenn, 1723), s. m., vessie, de chwezh + ken. C’hwezh {huez, 1499 ; c’huez, 1659), s. m., odeur, cor­ respond au gallois chwaeth, goût, saveur. Tous deux pro­ cèdent du celtique *suekto-. C’hweshaad {c’huesaat, 1659), v., flairer, de chwezh + aad, identique au gallois chwaethu, goûter, savourer. C’hweshadenn {c’houesadenn, 1927), s. £, reniflement, de chwezh + (-a) + -adenn. C’hweshaer {c’huëçzaer, 1732), c’hweshaour {c’hweshaour, 1992), s. m., flaireur, de chwezh + -a + -er/-our. C’hweshata {c’houeseta, 1927), v., renifler, de chwezh + (a)ad+ -a. C’hwezhan {c’hueza, 1659), v., sen­ tir, de c’hwezh + -an. C’hwezhenn {c’hwezhenn, 1992), s. £, senteur, de c’hwezh + -enn. C’hwezherezh {c’huëczérez, 1732), s. m., action de flairer, de chwezh + -erezh.

Dic’hwezh (dichouez, 1821), adj. quai., inodore, de di+ chwezh, équivalant au gallois dichwaeth, sans goût. C’hwier {huére, 1723), s. m., ventouse ; barbacane ; égout, procède de l’ancien français euwier, évier (XIIIe), issu du latin aquarium. C’hwi {hui, 1744), s. m., éva­ cuation, a été perçu comme le radical du précédent qui en dériverait par suffixation en -er.

C’hwi {huy, 1499), pron. pers., vous, procède du vieux breton hui et correspond au comique whyet au gallois chwi, réduit à chi, ainsi qu’au vieil irlandais si. Ces formes supposent un celtique *suis. C’hwial {chouial, 1931), v., vouvoyer, de chwi + -al.

C’hwiban {huyban, 1499 ; chuiban, 1659), s. m., sif­ flement, admet pour correspondant le comique whyban et le gallois chwiban de même sens. Ces mots dérivent d’un radical chwib encore attesté en comique sous la graphie whyb, pipeau, flûte, tube, et en gallois chwîb, aux sens équivalents. C’hwibanad {huybanat, 1499 ; c’huibannat, 1659), v., siffler, de chwiban + -ad, présentait des variantes chwibana (1716), huibanal {1904) et hùibannein {1744) ; ce verbe a pour équi­ valents le comique whybana et le gallois chwibanu. C’hwibanad {c’huybanad, 1732), s. m., coup de sifflet, de chwiban + -ad. C’hwibanadeg {c’houibanadeg, 1927), s. £, concert de sifflets, de chwiban + -adeg. C’hwibanadenn {c’huybanadenn, 1732), s. £, siffle­ ment, de chwiban + -adenn. C’hwibanata {chouibanata, 1931), v., siffloter, de chwiban + -ad + -a. C’hwibanell {c’hwibanell, 1992), s. £, sifflet, de chwiban + -ell, identique au comique whybonel. C’hwibaner {chuybanèr, 1732), c’hwibanour {huybanour, 1732), s. m., siffleur, de chwiban + -er/-our, aux­ quels équivalent le comique whybanor et le gallois chwibanwr. C’hwibanes {chouibanez, 1931), coll., ca­ rottes sauvages, de chwiban + -es. C’hwibed {huibbét, 1723), coll., moucherons, corres­ pond au comique gwybes et au gallois gwybed ; ces mots sont issus d’un ancien *guidbet (moyen gallois gwydbed) par chute du -d- (d ). On comparera l’ancien fran­ çais wibet, moucheron, moustique (1120), que l’on donne d’origine incertaine mais qui postule vraisem­ blablement pour une origine gauloise ou un emprunt au moyen breton. C’hwibes {chwibez, 1958), coll., pa­ rasites, callosités, de chwib- + -es. C’hwibu {c’hwebu, chwibu, 1716), coll., moucherons, de chwib + -«est une variante du précédent par substitution du suffixe. C’hwibua {c’houibua, 1931), v., chasser les moucherons, de chwibu + -a.

C’hwibon {chouibon, 1927), s. £, cigogne, correspond au comique whybon et au gallois chwibon (id. en 1592). Non attesté auparavant car on ne relève que les formes cigoüignen 1732 et cigoignnen 1744 issues du français, ce mot apparaît comme un emprunt au gallois. C’hwibonig {c’hwibonig, 1992), s. m., cigogneau, de chwibon + -ig. C’hwil {huyk 1499 ; chwil, 1716), s. m., coléoptère ; coquin, déluré, loustic, admet pour correspondants le comique whylet le gallois chwib, ces mots sont issus du celtique *sueil-o-. C’hwilan {c’hwilan, 1992), c’hwilin {c’hwilin, 1992), v., sauter (quelqu’un), de chwil + -an / -in. C’hwiler {chwiler, 1992), s. m., sauteur ; as, de

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chwil + -er. C’hwileta (chwilletta, 1716), v., chercher des coléoptères, de chwil + -ed + -a, équivalant au cornique whylessaet au gallois chwilota. C’hwiletaer {c’h­ wiletaer, 1958), c’hwiletaour {c’hwiletaour, 1992), s. m., chasseur de coléoptères, de chwil + W+ -a + -er/ -our, auxquels correspond le gallois chwilotwr. C’hwiliores {c’hwiliores, 1716), s. f., frelon, de chwil+ -ior+ -es, identique au gallois chwiliores mais diffère du comique whymores. C’hwilostad {chouilostat, 1927), v., flâner, vaguer ; faire l’importun, de chwil + lost + -ad. C’hwiloster {c’hwiloster, 1992), s. m., importun, de chwil + lost л-er. C’hwiltous {c’houiltouz, 1931), s. m., gamin, mou­ tard, de chwil + tous. Lowitous {laouitous, 1992), s. m., roitelet, poussinet, de low + chwil + tous.

C’hwilian {c’hwilia, 1716), v., fouiller, correspond au comique whylasex. au gallois chwiliaf, chwilio, chercher, examiner, essayer, dérivé de chwil, recherche, enquête. C’hwilier {huillérr, 1744), s. m., boîte à aiguilles, est un emprunt, par aphérèse de la syllabe initiale, au français aiguillier de même sens.

C’hwip {chwip, 1992), s. m., escroc ; sarcloir, est un mot d’origine onomatopéique. C’hwipan {c’hwipan, 1192), c’hwipin {c’hwipin, 1992), v., chaparder, escroquer ; sarcler, de chwip + -an / -in. C’hwiper {c’hwiper, 1992), s. m., chapardeur ; sarcleur, de chwip + -er. C’hwipetaad {c’hwipetaad, 1992), v., chaparder, de chwip + -ed + -aad. C’hwipetaour {chwipetaour, 1992), s. m., chapardeur, de chwip + -ed + -a + -our. C’hwirinad {c’huirinnat, 1659), c’hwirinial {c’houirinal, 1927), v., hennir, procède, par dissimilation, du vieux breton guerguiriat, hennir. Il correspond au cornique gryghyas et au gallois gweryru. Ces trois mots proviendraient d’un commun *uor-gari et seraient ap­ parentés à l’irlandais fergaigim, je suis en colère. C’hwirinadeg {c’houirinadeg, 1923-25), s. £, hen­ nissement, de chwirin- + -adeg. C’hwirinadenn {c’huyrinadenn, 1732), s. £, hennissement, de chwirin- + -adenn. C’hwiriner {c’hwiriner, 1992), s. m., bête qui hennit, de chwirin- + -er. C’hwirinerezh {huirhinereh, 1732), s. m., hennisse­ ments), de chwirin + -erezh.

C’hwist {c’houist, 1927), s. m., battant de fléau, est ap­ parenté au mot c’hwezh, souffle, avec suffixation en -st. C’hwistad {c’houistad, 1927), s. m., coup cinglant ; distance ou quantité appréciable, de chwist + -ad. C’hwistan {chouista(n), 1927), c’hwistin {c’hwistin,

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1992), v., cingler, se hâter, de chwist + -an / -in. C’hwistata {chouistata, 1927), v., cingler, corriger, rosser, de chwist + -ad+ -a. C’hwistell {c’hwistell, 1992), s. £, sifflet, de chwist + -ell. C’hwistellad {c’hwistellad, 1992), v., siffler, de chwist + -ell + -ad. C’hwister {c’houister, 1927), s. m., fonceur, de c’houist + -er. C’hwistoc’h {c’houistoc’h, 1927), coll., claques ; matefaim, de chwist + -oc’h. C’hwistoc’hennan {c’hwis­ toc’hennan, 1992), c’hwistoc’hennin {c’hwistochennin, 1992), v., coquiller, de chwist + -oc’h + -enn + -an/-in. Dic’hwistan {dic’hwistan, 1992), dic’hwistin {dic’h­ wistin, 1992), v., bousiller, malmener ; se ramener, de di- + chwist + -an / -in. C’hwitan {c’hwita, 1716), c’hwitin {c’hwitin, 1992), v., échouer, rater, reste d’étymologie inconnue. C’hwitadeg {c’hwitadeg, 1992), s. £, fiasco, de chwit- + -adeg. C’hwitadenn {c’hwitadenn, 1958), s. £, échec, de c’hwit+ -adenn. C’hwitans {c’hwitans, 1992), s. £, déchéance, de chwit- + -ans. C’hwites {c’hwites, 1992), s. £, pré­ tentaine, de chwit- + -es. Dic’hwitan {dic’hwitan, 1992), dic’hwitin (dihuytein, 1732), v., déchoir, de di- + chwit- + -ah / -in. C’hwitell {c’huitel, 1659), s. £, sifflet, apparaît comme une variante par apocope de c’hwistell ; un rappro­ chement avec le gallois chwythell, sifflet, reste incertain, celui-ci étant un dérivé de chwyth, souffle. C’hwitelladeg {c’houitelladeg, 1931), s. £, sifflement, de c’hwitell + -adeg. C’hwitelladenn {c’hwitelladenn, 1716), s. £, sifflement, de c’hwitell + -adenn. C’hwitelleg {huitellek, 1927), s. m., titi, de c’hwitell + -eg. C’hwiteller {c’huytellèr, 1732), c’hwitellour {huittellour, 1723), s. m., siffleur, de c’hwitell + -er / -our. C’hwitelleres {c’houitellerez, v. 1926-29), s. £, sirène, de c’hwitell + -er + -es. C’hwitellerezh {huytellereah, 1732 ; c’houitellerez, 1927), s. m., sifflement(s), de c’hwitell + -erezh. C’hwitellus {chouitellus, 1931), adj. quai., sifflant, de c’hwitell + -us. Morc’hwitellad (morvitellat, 1732), v., dormir pro­ fondément, de mor + c’hwitell + -ad Morc’hwitellerezh {morvitellérez, 1732), s. m., sommeil profond, de mor + c’hwitell + erezh. C’hwiton {c’hwiton, 1992), s. m., sterne naine, est attesté comme nom de personne sous la graphie Chuiton en 1594 à Locmaria-Plouzané (29). Un rap­ prochement avec l’ancien français guiton, page, valet, d’origine obscure, reste aléatoire. C’hwitous {c’houitouz, 1926-27), s. m., moutard, est une variante de c’hwiltous par chute du -/- (voir chwil).

Da (¿¿z, 1029), prép., à, pro­ cède du vieux breton do et cor­ respond au vieux gallois di et au moyen dy (moderne /), au comique dhe, à l’irlandais do et au gaélique d’Ecosse do. Tous sont issus d’un celtique de­ venu *do-. Davet {daved, 1530), prép., pour (rejoindre), de da + met (voir metow), mot que l’on rapprochera du moyen breton da(-m) mettou, vers (XVIe). Dawid (moyen bre­ ton daguyt), prép., pour (chercher), de da + ewid. Dazoned {dazonet, 1499), s. m., futur, avenir, de da + doned. Dober {da-ober, d’obér, 1732), s. m., besoin, de da + ober. Dotu {dotu, 1716), s. m., (jeu de) crosse ; as­ sommoir. et adj. quai., sonné, de da + ho + tu. Dotuan {dotua(n), 1927), dotuin {dotuin, 1992), v., jouer à la crosse ; cogner, de dotu + -an / -in. Penndaiostenn {penndalostenn, 1992), s. £, tête-à-queue, de penn + da + lost + -enn. Penndalostennad {penndalostennad, 1992), v., faire un tête-à-queue, de penn + da+ lost + -enn + -ad. Penndarevrin {pendereurein, déb. XVIIIe), v., culbuter, jeter cul par-dessus tête, de penn + da+ revr + -in.

Da (zzz, 1499 ; da, 1557), adj. poss., ton, ta, tes, est issu d’un ancien ta par adoucissement de la consonne ini­ tiale ; ce mot correspond au comique the, au gallois dy et au vieil irlandais do. Tous ont pour forme initiale le celtique *to(u) apparenté au latin tuus.

Da (¿¿z,1716), adj. quai., agréable, satisfaisant, procède du vieux breton da, bon, et correspond au comique da, bon, au gallois da, bon, à l’irlandais dea (vieil irlandais dag), bon, et au gaulois dago-, bon. Daw {da eo, 1716 ; daô, 1821), adj. quai., bien obligé de, de da + ew. Enta {enta, 1530), adv., donc, de ent + da, identique au galloisyntè. Eta {eta, 1689), adv., donc, est une variante du précédent. Keta, interj., n’est-ce pas, est une forme contractée de (new) kedeta. Dabon {dabon, 1904), s. m., raccord, rustine, a pour correspondant le gallo dabon. Le mot procède de l’an­ cien français tapony tampon, avec adoucissement de la consonne initiale et lénition interne. Dabonin {dabonein, 1904), v., rapiécer, rapporter (une pièce), de da­ bon + -iii.

Daden, s. m., pétrel, puffin, est attesté comme nom de personne Daden en 1690 à Plozévet (29). Dàe {daëy 1732), s. m., défi, est apparenté à l’ancien français deshaity malheur, malédiction (fin XIIe), dérivé de hait, bonne humeur, santé. Dàeadenn {daeadenn.

1958), s. f., challenge, de dàe + -adenn. Dàean {daëa, 1732), dàein {daeihy 1992), v., défier, de dàe + -an / -in. Dàeer {daeer, 1992), dàeour {daeour, 1992), s. m., challengeur, de dàe + -er / -our.

Dàel {daëly 1732), s. f., débat, procède du vieux breton dadlet correspond au comique dathely au gallois dadl et à l’irlandais dàil, assemblée, réunion. Tous sont issus d’un celtique *da-tla-. Dàelan {daéla, 1821), dàelin {dàelin, 1992), v., débattre (en assemblée), de dàel + -an / -in, identiques au comique dathla et au gallois dadlau. Dàeldi, s. m., curie, de dàel+ ti, est issu du vieux breton dadlt(i) et rappelle le gallois dadleudy. Dàeler {dàeler, 1992), dàelour {dàeloury 1992), s. m., dialecticien, de dàel + -er I -our. Dàelerezh {dàelerezhy 1992), s. m., dialectique, de dàel + -erezh, équivalant au gallois dadleuaethy polémique. Kendàel {kendàel, 1992), s. f., colloque, de ken-+ dàel, identique à l’irlandais comdàlet proche du gallois cynhadledd (de cyn- + dadl + -edd). Rendàel {rendaëly 1732), v., polémiquer, de ren + dàeL

Dàer {dazr-y 1499 ; daër-, 1732), s. m., larme, procè­ de du vieux breton dacr- et correspond au comique dager et au gallois dagr et s’apparente à l’irlandais deoir. Ces mots ont pour origine le celtique *dakru équiva­ lant au latin *dacruma duquel est issu le classique lacruma. Dàerenn {dàerenn, 1992), s. f., larme, est le singulatif du précédent ; il a pour équivalent le comique dagren. Dàerowenn {daëraouënn, 1732), s. f., larme, est un singulatif formé sur le pluriel dàerow, de dàer + -ow. Dàerowin {dazrouiff, 1499), v., larmoyer, de dàer + -ow+ -in. Dàerowus {dazroueus, déb. XVIe; daêraouuz, 1821), adj. quai., larmoyant, auquel correspondait le vieux breton dacrlony de dacr+ Ion, forme ancienne de leun (voir ce mot). Dàererezh {dàererezh, 1992), s. m., larmoiement, de dàer+ -erezh. Dàerin {daereiny 1723), v., larmoyer, de dàer+ -in, identique au comique dagry. Dàere (moyen breton dazre', daërey 1732), s. m., éta­ le (de basse mer), est formé de daz- + re (voir re).

Daes {daesy 1499), s. m. ou f, dais, corniche, pavois, est un emprunt à l’ancien français tardif dais évolué de dois, table ronde (1160), issu du latin discum. Dafar {daffar, 1557), s. m., matériau, correspond au comique dafar, provision, matériau, fourniture, et au gallois daffar, préparation ; ces mots sont issus d’un brittonique *do-ad-par, d’un radical par, faire. Dafarachow {dafarachoù, 1992), s. pl., fatras, de dafar + -ach+ -ow. Dafarer {daffarer, 1821), s. m., manutentionnaire, de dafar + -er. Dafarin {daffari, 1821), v., manutention­ ner, approvisionner, de dafar + -in.

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Dag (dac, 1499 ; dag, 1519), s. m., dague ; pièce de bor­ dé, est un emprunt à l’ancien français dague (déb. XIIIe), issu du provençal daga. Dagin (dagui, 1732), dago (dago, 1732), v., frapper avec une dague, de dag+ -in / -o. Dager (dager, 1821), s. m., celui qui frappe avec une dague, de dag + -er.

Dalc’h (dalch, 1633 ; dale h, 1659), s. m., maintien, retenue, tenue, tenure ; contenance, constance, em­ prise, prise, procède du vieux breton dalg et corres­ pond au comique dalghen, tenue, prise, étreinte, et au radical gallois dal. Dalc’habl (dalhabl, 1790), adj. quai., tenable, de dalc’h + -abl. Dalc’had (dalehad, 1931), s. m., contenu (de), de dalc’h + -ad, identique au gallois daliad. Dalc’hadur (dalchadur, déb. XVIe ; dalc’hadur, 1732), s. m., ténacité, de dalc’h + -adur. Dalc’hamant (dalhemant, 1904), s. m., retenue, consigne, de dalc’h + -amant. Dalc’hans (delc’hans, 1914), s. £, consistance, insistance, de dalc’h + -ans. Dalc’heg (dalc’heg, 1992), adj. quai., persévérant, de dalc’h + -eg. Dalc’hegezh (dalc’hegez, 1931), s. £, per­ sévérance, persistance, de dalc’h + -egezh. Dalc’hel (dalc’hel, 1992), adj. quai., féodal, de dalc’h + -el. Dalc’helezh (dalc’helez, 1931), s. £, féodalisme, de dalc’h + -elezh. Dalc’hen, dalc’hin (dalc’hein, 1732), v., tenir, de dalc’h + -en /-in. Dalc’her (dalc’her, 1927), dalc’hour (dalc’hour, 1992), s. m., tenant, tenancier ; contenant, distributeur, de dalc’h + -erl -our, identique au gallois daliwr, tenant. Dalc’hiad (dalc’hiad, 1958), s. m., teneur, mainteneur ; adepte, partisan, de dalc’h + -iad. Dalc’hidigezh (dalhedigueh, 1723), s. £, ré­ tention, assujettissement, de dalc’h + -idigezh. Dalc’hus (dalchus, 1499), adj. quai., tenace, constant, insistant, de dalc’h + -us, équivalant au gallois dalus, durable. Dalc’husted (dalc’husted, 1927), s. £, constance, in­ sistance, ténacité, de dalc’h + -us + -ded. Addalc’hen (addalc’hen, 1992), v., retenir ; redistri­ buer, resservir, de ad- + dalc’h + -en. Dizalc’h (dizalc’h, 1821), adj. quai., libre, déchaussé, inconsistant, et s. m., inconsistance, indépendance, de di- + dalc’h. Dizalc’hen (dizalc’hen, 1992), v., libérer, déchausser, (se) désengager, (se) dessaisir, relaxer, de di + dalc’h + -en. Dizalc’hidigezh (dizalc’hidigez, 1821), s. £, désengagement, relaxe, de di- + dalc’h + -idigezh. Dizalc’hour (dizalc’hour, 1992), s. m., indépendan­ tiste, de di- + dalc’h + -our. Dizalc’hus (didalchus, déb. XVIe), adj. quai., non retenu, de di- + dalc’h + -us. Emzalc’h (emzalc’h, 1924), s. m., retenue, réserve, attitude, comportement, de em + dalc’h, identique au gallois ym-ddal, endurance. Endalc’h (endalc’h, 1931), s. m., contenu, de en- + dalc’h. Endalchen

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(endalchen, 1992), v., contenir, de en- + dalc’h + -en. Endalc’her (endalc’her, 1958), s. m., récipient, contenant, de en- + dalc’h + -er. Kendalc’h (kendalc’h, 1716), s. m., continuation, continuité, constance, persévérance, poursuite, congrès, de ken- + dalc’h, équivalant au gallois cynnaL Kendalc’hen (candalhein, 1744 ; kendalc’hen, 1992), v., continuer, persévérer, poursuivre, de ken- + dalc’h + -en. Kendalc’her (kendalc’her, 1931), s. m., continuateur, de ken- + dalc’h + -er. Kendalc’hiad (kendalc’hiad, 1931), s. m., congressiste, de ken- dalc’h + -iad. Kendalc’hus (kendalc’huz, 1866), adj. quai., persévérant, de ken- + dalc’h + -us. Kendalc’husted (kendalc’husted, 1927), s. £, persévérance, de ken- + dalc’h + -us + -ded. Diemzalc’h (diemzalc’h, 1923), adj. quai., immodeste, et s. m., immodestie, de di- + em- + dalc’h. Digendalc’h (digendalc’h, 1958), adj. quai., incohérent, et s. m., incohérence, de di- + ken- + dalc’h. Dalbezh (dalbéh, 1904), adv., toujours, constamment, de dalc’h + -bezh (voir *bizh). Dalc’hmad (dalhmat, 1904), adv., constamment, de dalc’h + mad Penndalc’h (pendalc’h, 1732), s. m., fief principal, de penn + dalc’h. Peurzalc’hen (peur-derc’hel, 1732), v., tenir complète­ ment, accomplir, de peur- + dalc’h + -en.

Dale (dale, 1659), s. m., délai, retard, est un emprunt au moyen français délai, mot attesté dès 1172 et déri­ vé du verbe ancien laier, laisser. Daleadenn (daleaden, 1659), s. £, retardement, de dale + -adenn. Daleadur (daleadur, 1521), s. m., remise, de dale+ -adur. Dalean (dalea, 1732), dalein (dalaiein, 1723), daleo (daleo, 1732), v., tarder, s’attarder, retarder (quelqu’un), de dale + -an / -in / -o, ne comportaient pas de désinence ver­ bale en moyen breton, dale (1499). Daleer (daleeur, 1732), daleour (daleour, 1904), s. m., personne qui tarde, retardataire, de dale + -erl -our, est à rapprocher de l’ancien français delaieur&e même sens. Daleerezh (daléerez, 1821), s. m., tardiveté, de dale + -erezh. Daleidigezh (daleydiguez, déb. XVIe), s. £, manœuvre dilatoire, de dale+ -idigezh. Daleüs (daleüs, 1732), adj. quai., dilatoire, de dale+ -us. Dizale (dizale, 1931), adv., bientôt, de di- + dale. Seizhdalean (seizhdalean, 1992), seizhdalein (seizhdalein, 1992), v., laisser en reste, de seizh + dale + -an / -in, attestés par leur part, passé seizhdaleet en 1931.

Daliv (daliff, 1732), adj. quai., posthume, suppose un suffixe -iv issu du français -ifet par suite un radical dalissu vraisemblablement de dale ci-dessus. L’accentuation de la syllabe -le- de *daleiv aurait amené la réduction de la diphtongue -ei- à -i-.

Dali (dall, 1499), adj. quai., aveugle ; émoussé ; sans issue, procède du vieux breton dallez correspond au cornique dall, au gallois dall, à l’irlandais dall, au gaélique d’Ecosse dall et au gaulois -dallo-, tous de même sens. Ils ont pour celtique commun *dal-no-. Dallaj (dallaj, 1992), s. m., bêtises (méchantes), de dall+ -aj. Dallañ (dallaff, 1499), dalliñ (dallein, 1723), v., aveugler ; (s’)émousser, obstruer, de dall + -añ / -iñ. Dallentez (dallentez, 1716), s. £, cécité, de dall+ -entez. Daller (daller, 1992), s. m., personne qui obstrue, de dall + -er. Dallezh (dalléh, 1732), s. f., aveuglement, de dall + -ezh. Dallidigezh (dallidiguez, déb. XVIe), s. £, aveu­ glement, de dall+ -idigezh. Dallison (dalligeñ, 1732), s. £, cécité, opacité, de dall+ -ison. Dallus (dallas, 1931), adj. quai., aveuglant, de dall+ -us. Dizall (dizall, 1958), adj. quai., lucide, et s. m., luci­ dité, de di- + dad. Dizallañ (dizalla, 1821), dizalliñ (dizallein, 1904), v., dessiller, de di- + dall + -añ / -iñ. Peurzallañ (peurzallañ, 1992), peurzalliñ (peurzalliñ, 1992), v., achever d’aveugler, d’enivrer, de peur- + dall + -añ /-iñ. Peusdall (peus-dall, 1732), adj. quai., presque aveugle, de peus- + dall. Findallañ (findalla, 1927), findalliñ (findalliñ, 1992), v., aveugler complètement, de fin + dall + -añ / -iñ. Penndallañ (pendallañ, 1931), penndalliñ (penndalliñ, 1992), v., aveugler ; déconcentrer, depenn + dad+ -añ / -iñ.

et maniaque, de damant + -er / -our. Damantus (damantus, 1659), adj. quai., ménager (de), de damant + -us. Dizamant (dizamant, 1876), adj. quai., sans ménage­ ment, implacable, de di- + damant. Dizamantus (dizamantus, 1882), adj. quai., inexpiable, de di- + damant + -us.

Dallod (attesté en 1732 sous une forme pl. dalogeoü), s. m., dalot, est un emprunt au français dont le mot est un diminutif en -otie dalle.

Damesell (damesell, 1732), s. £, damoiselle, coquette, est un emprunt à l’ancien français damoisele (Xe), for­ me féminine de damoisel(YA\j, issu du latin populaire *domonicellum.

Daltoneg (daltoneg, 1992), adj. quai., daltonien, est un emprunt au français avec substitution de suffixe. Daltonegezh (daltonegezh, 1992), s. £, daltonisme, de dalton- + -egezh. Damani (damani, XVIe), s. £, domaine, puissance, sou­ veraineté, est un emprunt tardif au latin populaire *domanium, l’ancien français ayant demaine dès la fin du XIe siècle. Damaniañ (damania, 1716), damaniiñ (damaniiñ, 1992), v., (s’)attrister, de damani + -añ / -iñ. Kendamani (kendamani, 1992), s. £, condomi­ nium, de ken- + damani. Damant (damant, 1659), s. m., ménagement, com­ plaisance, égard, plainte, difficulté, est un emprunt à l’ancien français dement, lamentation, plaintes, sanglots, cris de désolation, déverbal du verbe dementer (1080), issu du latin dementare. Damantañ (damantañ, 1992), damantiñ (demantein, 1723), v., (se) ménager, tenir (à), de damant+ -añ / -iñ. Damanter (damanter, 1992), damantour (damantour, 1992), s. m., personne soigneuse

Damask (damas, 1659), s. m., damas, est un emprunt à l’ancien français damasque (1352), mot qui désignait ce type d’étoffe produit dans la région de Damas. Le gallois damasg procède de l’anglais damask. Damaskan (damaskan, 1992), damaskin (damaskin, 1992), v., da­ masser, de damask + -an / -in. Damaskinan (damaskina, 1931), damaskinin (damaskinin, 1992), v., damas­ quiner, est issu du français lui-même dérivé de damasquin, de l’italien damaschino. Damer (damier, 1659 ; damer, 1732), s. m., damier, est un emprunt au moyen français dont le mot est attesté en 1548. Damerin (dameri, 1931), v., jouer aux dames, de damer + -in.

Dames (dam, 1732 ; dames, 1815), s. £, dame, est un emprunt au pluriel du mot. Damessa (damessa, 1992), damessaad (damesaat, 1923-25), v., dompter, mater, de dames + -al-aad. Damessaer (damesaer, 1931), s. m., dompteur, de dames + -a + -er. Damessaerezh (damessaerezh, 1992), s. m., domptage, de dames + -a+ -erezh.

Dameuzh (dameuh, déb. XVIIIe), s. m., réflexion, réfraction, correspondrait à un gallois *damwth, de *doam-givth formé sur le radical gwth, poussée, souffle. Dameuzhan (dameuchan, 1958), dameuzhin (dameuhein, déb. XIIIe), v., (se) réfléchir, réverbérer, de dameuzh + -an / -in. Dameuzher (dameucher, 1958), s. m., réflecteur, de dameuzh + -er. Dan (dan, 1927), prép., sous, procède du vieux breton tan et correspond au comique dan et au gallois dan, tous deux variantes adoucies à l’initiale de tan. Dindan (dindan, déb. XVIe), prép., sous, et adv., dessous, de di- + dan avec épenthèse d’un -n-. Dindaner (dindaner, 1931), s. m., dessous de plat, de di(n)- + dan + -er. Dindannaad (didanhat, 1499), v., tirer de dessous, de di(n)- + dan + -aad. Dizan (didan, déb. XVIe), prép., sous, de di- + dan. Edan (edan, 1716), prép., sous, et adv., dessous, de e + dan. Endan (endan, 1499) est une variante du précédent.

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Danevell (danevel, 1659), s. £, narration, récit, est une variante par dissimilation de *dazrevelk formé du pré­ fixe daz- et du radical revell, révélation (voir ce mot). Danevellan (danevellaf, déb. XVIe), danevellin (danevellein, déb. XVIIIe), v., narrer, relater, de danevell + -ah / -in. Danevelladenn (danevelladenn, 1923-25), s. f., récitation, version, de danevell + -adenn. Daneveller (danevelèr, 1732), danevellour (danevellour, 1944), s. m., narrateur, récitant, de danevell + -er / -our. Danevellerezh (danevellerezh, 1992), s. m., (art de la) narration, de danevell + -erezh.

Danjer (doanger, 1499 ; danger, 1623), s. m., danger, est un emprunt au français dont le mot procède du la­ tin populaire *dominiarium, dérivé de dominum, pro­ priété. Danjerus (dangerus, 1623), adj. quai., dangereux, de danjer + -us, identique à l’ancien français dangeros (1277). Danjerusted (danjerusted 1992), s. £, dange­ rosité, de danjer + -us + -ded. Dizanjer (dizanger, 1854), adj. quai., inoffensif ; im­ puissant ; en sûreté, et s. m., impuissance, de di- + danjer. Dizanjerus (dizanjerus, 1992), adj. quai., peu ou pas dangereux, de di- + danjer + -us. Dans (danç, d’après le pl. dançou, 1519), s. £, danse, est un emprunt à l’ancien français dance (XIIe), déver­ bal de dancier, issu du francique *dintjan, se mouvoir de-ci de-là. Dansabl (dansabk 1992), adj. quai., dan­ sable, de dans+ -abL Dansadeg (dansadeg, 1992), s. £, suite de danses (traditionnelles), farandole, de dans + -adeg. Dansadur (dançzadur, déb. XVIe), s. m., choré­ graphie, de dans + -adur. Dansai (danczal, 1499), v., danser, de dans + -al. Danser (danczer, v. 1565-68), dansour (dansour, 1904), s. m., danseur, de dans+ -erl -our. Danserezh (dansérez, 1821), s. m., danses, saute­ rie, de dans + -erezh.

Dansead (danzeat, 1716), adj. quai., gras, bien en chair, replet, procède du français dense (XIIIe), issu du latin densum. Danseer (danzeer, 1903), s. m., préparateur, de danse + -er. Dansen (danzen, 1900), dansein (danzein, 1992), v., (se) disposer (à), (s’)élaborer, de danse + (e)n/-in. Dant (dant, 1499), s. m., dent, a pour correspondants le comique dans, le gallois dant ex. est apparenté à l’ir­ landais déad Tous supposent un celtique *dant- équi­ valant au latin dentem. Dantad (dantad 1895), s. m., cran, de dant+ -ad. Dantadur (dantadur, 1723), mor­ sure ; brûlé, de dant+ -adur. Dantan (dantaff, 1499), dantin (dantein, 1723), v., denter, cranter, mordre, de dant + -ah / -in. Danteg (dantec, 1499), adj. quai., denté, de dant + -eg. Dantenn (danten, 1821), s. £, denticule, cran (d’arrêt), de dant+ -enn. Dantennan 170

(dantennan, 1992), dantennin (dantennin, 1992), v., édenter, ébrécher, de dant + -enn + -ah / -in. Danter (danter, 1821), s. m., mordeur ; fer, de dant + -er. Danterezh (danterezh, 1992), s. m., indentation, de dant+ -erezh. Dizant (disant, 1732), adj. quai., édenté, de di- + dant. Dizantan (dizantaff, 1499), dizantin (dizantein, 1723), v., édenter, de di- + dant + -ah /-in. Ragdant (ragdant, 1992), s. m., prémolaire, de rag- + dant. Kildant (quildant, 1499), s. m., molaire, de kil+ dant, identique au comique kytthans et au gallois cilddant. Tridant (tridant, 1659), s. m., trident, de tri + dant, identique au gallois tridant. Tridanteg (tridantec, 1499), adj. quai., tridenté, de tri + dant + -eg. Daniel (dantel, 1904), s. £, dentelle, est un emprunt au français dentelle. Danteladur (danteilladur, 1723), s. m., dentelure, de dantel + -adur. Danteleg (dantellek, 1904), adj. quai., garni de dentelle, dentelé, de dantel + -eg. Dantelin (dantellein, 1723), v., denteler, de dantel- + -in.

Dantelezh (dantelez, 1659), s. £, dentelle, est une va­ riante de dantel avec suffixation en -ezh. Dantelezhan (danteleset, part, passé, 1911), v., denteler, de dantelezh + -ah. Dantelezher (dantelezher, 1992), s. m., dentel­ lier, de dantelezh + -er. Dantelezheg (dantelezek, 1876), adj. quai., garni de dentelle, de dantelezh + -eg. Danter (dantér, 1723), s. m., tablier, est une variante de devanter (devantér, 1904) par contraction, mot em­ prunté au français devantier. Dantez (dantez, 1992), s. m., en est une variante par rhotacisme. Danteriad (danteriad 1992), s. m., tablier (de), de danter + -iad.

Danvad (dauat, 1499 ; danvat, 1716), s. m., mouton, correspond au comique davos, au gallois dafad tous issus du celtique *dama-to-, apprivoisé, doux. La for­ me *dama- se retrouve dans l’irlandais damh, bœuf. Danvadenn (deveden, 1864), s. £, brebis, de danvad + -enn. Danvades (danvadez, 1821), s. £, brebis, de danvad+ -es. Mordanvad (mordanvad 1992), s. m., étrille, de mor + danvad.

Danvez (danuez, 1464 ; daffnez, 1557), s. m., matière, denrée, étoffe ; fortune ; sujet (de quelque chose), correspond au comique defhyth, au gallois defnydd et à l’irlandais damhna (vieil irlandais damnaè} ; tous se réclament du celtique *dam-nyo-. Danvezan (danvezan, 1992), danvezin (danvezin, 1992), v., s’étoffer, se ma­ térialiser, de danvez -ah ! -in, identique au gallois defnyddio, utiliser. Danvezeg (danveziek, 1931), adj. quai., étoffé, de danvez + -eg. Danvezel (danvezel, 1931), adj.

quai., matériel, de danvez+ -el, équivalant au gallois defnyddol, utile, avantageux, pratique. Danvezelezh {¿lanvezelez, 1931), s. f., matérialité, de danvez + -elezh. Danvezelour {danvezennour, 1931), s. m., matérialis­ te, de danvez + -el + -our. Dizanvez {didanuez, 1659), adj. quai., dépourvu, de di+ danvez. Dizanvezel {dizanvezel, 1958), adj. quai., immatériel, de di + -danvez + -el. Dizanvezennin {dizanvezennin, 1992), s. v., dématérialisation, de di + danvez + -enn + -in.

Darbod {darbod 1904), s. m., droit du seigneur, cor­ respond au gallois darbod provision, préparation, in­ tention, considération. Darboder {darboder, 1732), s. m., intercesseur (de mariage), de darbod + -er, équi­ valant au gallois darbodwr, prévoyant, économe. Darboderezh {darboderezh, 1992), s. m., intercession (en vue de mariage), de darbod + -erezh. Darbodin {darbodi, 1732), v., mettre au point, intercéder, de darbod + -in, identique au gallois darbodi, prendre soin, pré­ voir, considérer, examiner.

Daof (¿¿«//d’après daufeu, s. pl., 1723), s. m., calem­ bredaine, turlupinade, reste d’origine obscure. Daofennour {daofennour, 1958), s. m., conteur de turlupinades, de daof+ -enn + -our.

Darc’han {darchaffi, 1732), v., asséner, cogner, claquer, distribuer (des coups) ; pousser, croître, se développer, a pour correspondants le comique derevel, drehevel, élever, construire, et le gallois dyrc’hafu, élever, aug­ menter, et dyrchaf, assaut, coup de poing. Ces mots se réclament d’un brittonique *do-are-gab, formé à par­ tir d’un radical celtique *gab, prendre. Ce verbe présente les variantes darc’ha {darhau, 1659), darc’howin {d’arc’haoui, 1821 ) et darc’ho {darc’ho, 1716).

Daofin {¿iaulphin, déb. XVIe; daofin, 1732), s. m., dau­ phin, est un emprunt à l’ancien français daufin (XIIe), issu du bas latin dalphinus (VIIIe). Daon {¿laon, 1931), s. m., dam, est un emprunt au la­ tin damnum, dommage. Daonabl {daunapl, 1732), adj. quai., damnable, de daon + -abL Daonassion {daffnacion, 1519), s. £, damnation, de daon + -assion, for­ mation hybride. Daoned {damnet, v. 1565-68 ; daonet, 1689), part, passé subst., damné, de daon + -ed. Daonedigezh {daonidigez, 1821), s. £, damnation, de daon + -idigezh. Daonin {dampnaff, 1499 ; dafihy, 1519), v., damner ; réprouver, de daon + -in. Findaonin {findaonin, 1958), v., casser, bousiller, de fin + daon + -in. Difindaonin {difindaonin, 1992), v., dé­ mancher, de di- + fin + daon + -in.

Daoust {daoust, 1576), prép., malgré, présente un -t final dû à la liaison avec la préposition da dans l’ex­ pression daoust da. Ce mot suppose un ancien *dius identique au vieil irlandais duùs, dûs, qui s’employait dans les interrogations indirectes ; il procède de dofhius, issu d’un celtique *do-vissu, lui-même de *do-wid-tu. Le breton se réclame d’une évolution *dewis, *deuss, à partir de *do-viss-. Diaoust {diaoust, 1992), interj., diantre, de di- + daoust. Diaoustegezh {diaoustregezh, 1992, avec épenthèse d’un -r-, phénomène courant en dialecte léo­ nais), s. £, diablerie(s), de di- + daoust + -egezh.

Dar {dar, 1499), s. £, dalle ; évier, est un emprunt, par dissimilation, de l’ancien français dale (déb. XIVe), issu du néerlandais dal, planche. Le gallo présente le même phénomène ou procède du breton même. Darad {dara, 1931), v., daller, de dar+ -ad. Darbed {darbet, déb. XVIIIe), part, passé du verbe darboud {darbout, 1821), faillir, être sur le point de, com­ posé de dar- + boud

Dard {dart, 1499), s. m., dard, est un emprunt à l’an­ cien français dart, aiguillon (1080) ; le gallois dart pro­ cède de l’anglais dart. Dardan {dardait, 1992), dardin (dardi, 1659), v., darder, de dard + -an / -in. Darder {¿larder, 1992), dardour {dardour, 1732), s. m., per­ sonne qui darde, de dard + -er / -our. Dared {¿laret, 1633), s. m., trait, javelot, est une variante du précédent formé à partir de l’ancien français darde même sens avec suffixation en -et issu du francique *darod Daredenn {dareden, 1716), s. £, fulguration, de dared + -enn. Daredin {daredi, 1659), v., darder, fulgurer, de dared + -in. Daredus {¿laredus, 1992), adj. quai., fulgurant, de dared + -us.

Darempred {darempret, 1716), s. m., fréquentation, relation, contact, est un composé de d-, issu du brit­ tonique do-, et de arempred, forme évoluée du vieux breton *arimret, courir autour, s’activer autour, servir, supposé à partir de la forme conjuguée arimrot. Ce sub­ stantif admet pour correspondants le comique daromres et le gallois ¿larymred. Darempreder {darempreder, 1927), s. m., personne qui fréquente, de darempred + -er. Daremprederezh {daremprederes, 1854), s. m., re­ lations, contact, commerce (avec), de darempred + -erezh. Darempredin {¿iarempredijf, 1499), v., fréquenter, desservir, de darempred + -in, identique au gallois darymredaf. Darempredus {darempredus, déb. XVIe), adj. quai., fréquentable, de ¿larempred+ -us. Dizarempred {dizarempredet, 1821 ; dizarempred, 1931), adj. quai., peu fréquenté, isolé, de di- + ¿larempred.

Darew {darè, 1633), adj. quai., à point, mature, ayant peine à, en bonne voie de, bien parti pour, imminent ; mourant, a pour correspondant le gallois deryw, derw, forme conjuguée, avec inflexion, du verbe darfyddaf, darfbd, s’achever, finir, conclure, terminer, cesser, expirer, mourir, décliner, périr. Ce verbe se compose du préfixe dar- et du verbe byddaf, identique au breton bezan, ou bod, breton boud. Darew est formé, par suite, de ce même préfixe et de la forme conjuguée ew de bezan / boud. Darewin {dareui, 1659), v., venir à point, à ma­ turité, cuire, concocter, de darew + -in. Darewaad {darewaad, 1992), v., arriver à maturité, de darew + -aad Darewder {darevder, 1931), s. m., maturité, de darew + -der. Darewidigezh {darevidigez, 1931), s. £, maturation, de darew + -idigezh. Dizarew {dizarev, 1927), v., “décuire”, de di- + darew.

Dargud {dargut, 1716), adj. quai., assoupi, indolent, et {dargud, 1732), s. m., assoupissement, indolence, pré­ sente le préfixe d-, de da- par élision, et *argudattesté par le verbe argudi (1659), lui-même composé du pré­ fixe ar- et d’un radical *kud> attesté par le dérivé kudenn. Dargudin {dargudi, 1659), v., (s’)assoupir, de dargud + -in. Dam {dam, 1499), s. m., darne, fragment, partie, et adj. quai., partiel, admet pour correspondants le comique dam et le gallois dam de mêmes sens. Tous remontent au celtique *dar-na. Daman {dama, 1716), damian {damian, 1992), darnin {darnein, 1790), v., fragmenter, ébrécher, écourter, de dam + -an / -ian / -in. Damenn {damenn, 1927), s. £, tranche, de dam + -enn. Damer {damer, 1821), s. m., distributeur, de dam + -er. Damow {damou, 1557), adj. quai., rompu, roué, de dam + -ow. Damower {damaouer, 1821), s. m., distributeur, de dam + -ow + -er. Damowin (moyen breton damouaff-, damaoui, 1659), v., (se) rompre, de dam + -ow + -in. Damowus {damaouuz, 1821), adj. quai., divisible, que l’on peut diviser, partager, de dam + -ow + -us. Dambare {dam-baré, 1919), s. £, équipe incomplète (au battage), de dam + pare. Damdeodeg {dar(n)deadek, 1927), adj. quai., souffrant de dyslalie, de dam + teod+ -eg. Dameud {damed, 1897), s. m., échevette (de fil), de dam + neud Damgoll {dam goll, 1876), s. m., perte in­ complète, de dam + kolL Damij {damij, 1821), s. m., volettement, de dam + nij. Damijal {damigeal, 1659), v., voleter, de dam + nij + -aL Damvewin {damviùen, 1904), v., vivoter, vivre de façon végétative, de dam + bew + -in. Darbod {dam-pod, 1732), s. m., tesson, de dam + -pod Darbodad {darbodad, 1992), s. m., tesson, de

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dam + pod+ -ad Dargreis {darcreiz, 1659), s. m., taille, de dam + kreis. Daigrcisad {dargreizad, 1958), s. m., coup (et mal) à la taille, de dam + kreis + -ad.

Dars {dars, 1499), s. m., dard ; vandoise, est un em­ prunt à l’ancien français dars (1193) issu du bas latin darsus d’origine gauloise. Dates {dates, 1992), coll., dattes ; alose feinte, est un emprunt au français dont le mot attesté au XIIIe siècle procède du latin dactylum par le provençal datil. Dave {davé, 1904), s. m., envoi, renvoi, référence, est un composé du préfixe da- et de me, adouci à l’initiale et issu de l’ancien français maie, huche, pétrin. Davein {davéein, 1821), v., envoyer, renvoyer, (se) référer, différer, retarder, de dave + -in.

Davied {dauièt, 1633), s. m., outil à goémon, davier, est un emprunt au moyen français daviet (1540), di­ minutif de david, outil de menuisier (XIVe). Celui-ci pro­ cède du nom de baptême David. Daviedan {daviedan, 1992), v., soulever, tirer, de davied + -an.

Dazkiriad {dazquilyat, 1499 ; dasquiriat, 1659), v., ru­ miner, est formé du préfixe daz- et du radical kir- de kil, revers, mais que l’on rapprochera -pour le sens du vieil irlandais cir, du gaélique d’Ecosse nret du manxois keeil, bouchée que remâche un animal qui rumine, et du suffixe verbal -iad. Dazkor {dazcor, 1659), dazkorin {dascorri, 1716), v., restituer, livrer, est un composé du préfixe daz- et d’un radical cor inusité mais issu du vieux breton cor, mettre, placer, jeter. Ce verbe est identique au comique dascor de même sens.

Dean {dean, 1499), s. m., doyen, est un emprunt à l’an­ cien français deien (fin XIIe), issu du latin decanus. Deanaj {deanag, 1499), s. m., doyenné, de dean + -aj. Deanded {deandet, 1464), s. £, doyenneté, de dean + -ded. Deanelezh {deanelez, 1927), s. £, doyenné, de dean + elezh. Deaniezh {deaniez, 1927), s. £, doyenneté, de dean + -iezh. Deaog {deaoc, 1499), s. m., dîme, correspond au cornique dega mais n’est qu’apparenté au gallois degwm qui est un emprunt savant au latin decuma. Eu égard à la forme comique, le breton deaoc procéderait, suite à métathèse, d’une forme initiale *decao, pour *decau, issu d’un latin tardif *decavum. Deaogan {deaugaff, 1499), deaogin {déauguein, 1723), v., lever la dîme, de deaog + -an/ -in. Deaoger {deauguer, 1732), deaogour {deaugour, 1732), s. m., décimateur, collecteur de la dîme, de deaog + -er / -our, est attesté comme nom de per­ sonne Le Deauguer en 1573 àTrébabu (29).

Debailh {debaill, 1557), s. m., mauvais traitement, est un emprunt au déverbal de l’ancien français debaillier, jeter hors de l’enceinte, découvrir, mettre à nu (1227), et dérivé de bail, palissade, enceinte. Debailhan {debaillaff, 1557), debailhin {debailhin, 1992), v., mal­ traiter, de debailh + -an ! -in. Debailher, s. m., personne qui maltraite, de debailh + -er, est attesté comme nom de personne Debailler en 1601 à Guingamp (22).

Debarkamant {divarquemantt, 1744), s. m. débar­ quement, est un emprunt au français. Debarkin (¿/zbarquein, 1744), v., débarquer. Debarrass {debarrass, 1922), s. m., débarras, est un emprunt au français. Debarrassin {debarrassin, 1922), v. (se) débarrasser, de debarrass + -in. Tous deux ne figurent dans aucun dictionnaire avant la date cidessus. Débat {débat, 1499), s. m., débat, contentieux, est un emprunt à l’ancien français débat, attesté en 1247 mais au sens de “discussion, querelle” plus tardif et repris par le moyen breton. Debatan {debataff, 1499), debatin {debatiff, 1519), v., débattre, de débat + -an / -in aux­ quels correspond le comique debatya. Debater {debater, 1992), s. m., débatteur, de débat + -er. Débattis {debatus, déb. XVIe), adj. quai., contentieux, de débat + -us. Débit {débit, 1992), s. m., débit, est un emprunt au français dont le mot apparaît en 1338, issu du latin debitum. Debitan {debitan, 1992), debitin {debitin, 1992), v., débiter, de débit + -an / -in.

Deboch {dibauch, 1732), s. m., séduction, et adj. quai., séduisant, est un emprunt au français débauche, attes­ té en 1499 et déverbal de débaucher (1306) dérivé de bauch, poutre. Debochan {dibaucha(n), 1732), debochin {dibauchein, 1732), debocho {dibocho, 1732), v., aguicher, débaucher, séduire, de deboch + -an / -in / -o. Debocher {dibaucher, 1732), s. m., aguicheur, débau­ chent, séducteur, de deboch + -er. Debocherezh {debocherez, 1633), s. m., débauche, (art de la) séduction, de deboch + -erezh. Debord {debord, 1992), s. m., stupre, est un emprunt au français débord attesté en 1558 et dérivé de bord. Debordadenn {debordadenn, 1992), s. f., personne (trop) expansive, de debord + -adenn. Debordamant {debardamant, 1633, à lire ^debordamant), s. m., dé­ bordement, mauvaise vie, de debord + -amant emprunté directement au français. Debordan {debordan, 1992), debordin {dibordein, 1919), v., (se) débaucher, de debord + -an / -in. Deborded {debordet, 1710), part, passé, dissolu, de debord + -ed.

Déboutait {deboutaff, 1499), deboutin {debouti, 1732), v., débouter, expulser, est un emprunt au français attesté sous la graphie deboter, repousser, rebuter, au Xe siècle et dérivé de bout. Débouter {débouter, déb. XVIe), s. m., personne qui expulse, de debout- + -er. Debr {debr, 1992), s. m., manducation ; discorde, ex­ ploitation, est le déverbal de debrin (voir ci-après). Debrabl {débrapl, 1732), adj. quai., mangeable, de debr + -abL Debradur {debradur, déb. XVIe), s. m., mangeure ; prurit ; élision (de), de debr+ -adur. Debradus {debradus, 1958), adj. quai., comestible, de debr+ -adus. Debraig {debraig, 1922), s. m., dînette, de debr+ -a + -ig. Debraj {debraj, 1992), s. m., mangeaille, de debr + -aj. Debrennus {debrennus, 1992), adj. quai., qui se mange, de debr + -enn + -us. Debrer {debraer, déb. XVIe), debrour {débrour, 1732), s. m., mangeur, de debr + -er/-our. Debrerezh {deabreres, déb. XVIe), s. m., mangerie, de debr+ -erezh. Debriad {dibriat, 1499 ; debriat, 1659), s. m., (gros) mangeur, de debr+ -iad. Debrin {dibriff, 1499), debro {debro, 1992), v., manger ; dis­ siper, procède du vieux breton diprim composé du pré­ fixe di- (moderne de-) et du radical *prim équivalant à l’irlandais *crim-, élément de crimog, morceau, issus d’un celtique *qrim ou *qnim. A ce verbe correspond le comique dybbry de même sens. Debron {debruan, 1499 ; debronn, 1633), s. m., démangeaison, de debr + man. Debronin {debrannein, 1919), v., démanger, de debr + man + -in. Debronus {debronus, 1992), adj. quai., qui démange, de debr + man + -us. Debrus {debruz, 1821), adj. quai., mangeable, de debr+ -us. Peurzebrin {peur-zibri, 1732), v., finir de manger, de peur- + debr + -in. Ollzebrer {hollzebrer, déb. XXe), s. m., omnivore, de oll + debr+ -er. Debrouilh {debrouilh, 1992), s. m., débrouille, est un emprunt au français populaire. Debrouilhan {de­ brouilhan, 1992), debrouilhin {debrouilhin, 1992), v., débrouiller, de debrouilh + -an / -in. Debuked {debuket, 1927), adj. quai., convalescent, ap­ paraît comme le part, passé d’un verbe *debukan, em­ prunté vraisemblablement au français dialectal *débuquer, variante de débucher, sortir de cachette (1131).

Deche {deche, destruction, 1499), s. m., déchet, déchéance, est un emprunt à l’ancien français dechiet, chute, dimi­ nution, déchet (fin XIIIe), dérivé du verbe cheoir. Dechein {dichei, 1876), v., déchoir, de deche + -in. Decheus {decheus, 1499), adj. quai., caduc, de deche + -us. Dec’h {dech, 1499 ; dech, 1659), adv., hier, a pour correspondants le comique de (vieux comique doy), le

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gallois doe, l’irlandais anné (vieil irlandais in-dé), le gaé­ lique d’Ecosse an-dé. Tous procèdent du celtique *ges-iapparenté au gotique gis-tra à l’origine de l’allemand gestem et de l’anglais yesterday.

Dedi {dedi, 1710), s. m., dédicace, est un emprunt au déverbal de l’ancien français dedier (fin XIIe) issu du la­ tin dedicare, consacrer, dédier. Dedian {dediaff, 1499), dediin {dédiein, 1744), v., dédier, de dedi + -an / -in. Dedians {dedians, 1992), s. £, consécration (à), de dedi + -ans. Dediansan {de diansan, 1992), dediansin {dediansin, 1992), v., dédicacer, de dedi + -ans + -an I -in.

Défi {defy, 1732), s. m., défi ; personne provocante ou acerbe, est un emprunt au moyen français défi (fin XVe) dérivé du verbe fier. Defiadeg {difiadeg, 1869), s. £, pro­ vocation, de défi + -adeg. Défiai {défiai, 1659), defio {defio, 1992), v., défier, provoquer, de défi + -aL Defius {difyus, 1732), adj. quai., défiant, de défi + -us.

Defot {deffault, 1464), s. m., défaut, est un emprunt à l’an­ cien français defaut (XIIIe), dérivé du verbe faillir. Defotach {defotach, 1992), s. m., provisions (faisant défaut), de defot + -ach. Defoter {defoter, 1992), s. m., personne faisant défaut, de defot + -er. Defotin {defotin, 1992), defoto {defoto, 1992), v., faire défaut, attestés au XVIIIe siècle par la forme conjuguée dejfot, de defot + -in / -o. Defotus {defotus, 1710), adj. quai., en défaut, de defot + -us. Defoul {deffoul, 1519), s. m., défoulement, est un em­ prunt à l’ancien français defol, oppression (XIIe), dérivé du verbe fioler. Defoulan {deffoulaff, 1499), defoulin {defoulin, 1992), v., se défouler, de defoul + -an / -in.

Deg {dec, 1499), adj. num. card., dix, et s. m., dizaine, procède du vieux breton dec et correspond au comique dek, au gallois deg à l’irlandais deich et au gaulois decan ; ccs formes supposent un celtique *dekn- équivalant au latin decem. Degad {degad, 1931), s. m., dizaine (de), décade, de deg+ -ad. Degenn {degenn, 1992), s. £, di­ zaine, de deg+ -enn. Degved {decuet, 1499), adj. num. ord., dixième, de deg+ -ved, procède du vieux breton decmet et correspond au comique degves et au gallois degfed Degvedenn {degvedenn, 1927), s. £, dixième, de deg+ -ved+ -enn. Degvedennin {degvedenni, 1927), v., diviser par dix, de deg + -ved + -enn - in. Degveder {dekveder, 1958), s. m., dixième, de deg+ -ved + -er. Degvedin {dekvedi, 1931), v., décimer, de deg+ -ved+ -in. C’hwezeg {huezec, 1499), adj. num. card., seize, de chwech + deg, identique au comique whetek mais pas au gallois chwedeg, soixante. C’hwechzegved {chuezecvet, 1709), adj. num. ord., seizième, de chwech + deg + -ved. C’hwec’hzegvedenn {chouezekvedenn, 174

1931), s. £, seizième, de chwech + deg+ -ved+ -enn. Dowzeg {douzec, 1499), adj. num. card., douze, de dow + deg, procède du vieux breton doudecet correspond au deudhek et au gallois deuddeg. Dowzegved {daouzecqvet, 1732), adj. num. ord., douzième, de dow + deg + -ved, identique au comique deudhegeves et au gallois deuddegfed. Eiteg {eizdec, 1499), adj. num. card., dixhuit, de eizh+ deg. Naonteg {nauntec, 1499), adj. num. card., dix-neuf, de naw nasalisé + deg, procède du vieux breton naudec, dix-neuf, et correspond au comique nawnjek. Naontegved {nontecuet, 1623), adj. num. ord., dix-neuvième, de naw + deg + -ved, est issu du vieux breton naudecmet ; il est équivalent au comique nawnjeges. Pewarzeg {peuarzec, 1499), adj. num. card., qua­ torze, de pewar + deg, équivalant au comique peswardhek. Pewarzegved {peuardecuet, 1499), adj. num. ord., quatorzième, depewar + deg+ -ved, identique au comique peswardhegves et au gaulois petrudecametos. Pemzeg {pempzec, 1499), adj. num. card., quinze, de pemp + deg, correspondant au comique pymthek. Pemzegved {pemzecvet, 1689), adj. num. ord., quinzième, de pemp + deg + -ved. Pemzektez {pemzecdez, 1623), s. m., quinzaine, de pemp+ deg+ deiz. Pemzekteziad {pemzekteziad, 1992), s. m., quinzaine (de), depemp + deg+ deiz+ -iad Seiteg {seizdec, 1499 ; séïttec, 1632), adj. num. card., dix-sept, de seizh + deg, identique au comique seytek. Seitegved {seizdecuet, 1623), adj. num. ord., dix-septième, de seizh + deg + -ved, correspondant au comique seytegves. Disseitegan {diseitega, 1931), disseitegin {diseitegin, 1992), v., dé­ niaiser, de di(s)- + seizh + deg+ -an /-in. Trizeg {trizec, 1499), adj. num. card., treize, de tri + deg, identique au comique tredhek. Trizegved {trizecuet, déb. XVIe), adj. num. ord., treizième, de tri + deg+ -ved, équivalant au comique tredhegves. Unneg {unnec, 1499), adj. num. card., onze, de un + deg, répondant au comique ünnek et au moyen gaulois undec. Unnegved {unnecuet, déb. XVIe s.), adj. num., ord., onzième, de un + deg + -ved. Unnegvedenn {unnekvedenn, 1927), s. £, onzième, de un + deg + -ved + -enn. Degatin {degatin, 1992), v., causer des dégâts à, est un emprunt au français dégât avec adjonction de la dési­ nence verbale -in.

Dégourdi {dégourdi, 1992), adj. quai., dégourdi, em­ prunté au français. Degourdiaad {degourdiaad, 1992), v., se dégourdir, de dégourdi + -aad.

Dehell {dehel, 1931), adj. quai., orienté (vers la droi­ te), a pour correspondant l’irlandais deiseal, côté droit. Ce mot est un dérivé en -elldu. vieux breton deh-, droite.

Dehellad (dihellad, 1992), s. m., gaffe, mauvais coup, de dehell + -ad. Dehellan (dihellan, 1992), dehellin (dehellein, 1931), v., (s’)orienter (à droite), virer, di­ verger, de dehell+ -an / -in. Deheller (diheller, 1992), s. m., orientateur, de dehell+ -er.

Dehow (deho, 1499 ; dechou, déb. XVIe), adj. quai., droit ; sud, procède du vieux breton dehou, dérivé de deh-, droite. Ce mot correspond au comique dyghow, au gallois de(h)au (moyen gallois deheu), de mêmes sens, et à l’irlandais deis ; issu du celtique *deks-owo-, il est apparenté au latin dexter. Dehowiad (dehouyat, déb. XVIe), s. m., droitier, de dehow + - iad. Dehowbarzh (dehoubarzh, 1992), s. m., zone sud, pro­ cède du vieux breton dehou parthet équivaut au gallois deheubarth. Deil, dizeil, voir del. Deiz (dez 1499 ; deyz déb. XVIe), s. m., jour, procède du vieux breton dedex présente un -i- épenthétique. Ce mot correspond au comique deth, au gallois dydd, à l’ir­ landais dia ; tous sont issus du celtique *diyes. Deiziad (deisiad, 1821), s. m., jour (de), date, datage, de deiz + -iad, identique au gallois dyddiad. Deiziadan (deisiada, 1876), deziadin (deziadin, 1992), v., fixer (un jour), de de(i)z + -iad+ -an /-in. Deiziadennow (deiziadennou, 1931), s. pl., certains jours, de deiz+ -iad + -enn + -ow. Deiziader (deiziader, 1992), s. m., com­ posteur, de deiz + -iad + -er. Deiziadur (deiziadur, 1927), s. m., calendrier, de deiz+ -iadur, équivalant au gallois dyddiadur. Deizian (deizia, 1927), dezin (dezin, 1992), v., dater, de de(i)z+ -an / -in. Deiziataer (deiziataer,\331l), s. m., agenda, de deiz+ -iad+ -a+ -er. Gourdeziow (gourdeziou, 1732), s. pl., douze premiers jours de l’an, de gour- + dez + -iow. Ragdeizian (rakdeizia, 1931), ragdezin (ragdezin, 1992), v., antidater, de rag- + de(i)z + -ian / -in. Deizlevr (deizlevr, 1931), s. m., journal intime, de deiz + levr. Demad (dez mad, 1530), s. m. et interj., bon­ jour, de dez+ mad. Demata (demata, 1928), v., saluer (d’un bonjour), de dez + mad + -a. Derc’hent (dez quent, 1464), s. m., veille, de de(i)z+ kent. Bitez (bité, XVIIe), adv., (dès) aujourd’hui, de bizh + dez, de formation quasiment identique au comique byteweth. Feteiz (vetez, 1557 ; veteiz, 1659), adv., ce jour, semble être un composé de *bith et deiz, variante de bit­ ez, avec adoucissement de *bith en *veth-. Pemdez (moyen breton pep dez ; pemdez, 1499), adj. quai, et s. m., quotidien, familier, usuel, de peb + dez. Pemdezieg (pemdiziec, déb. XVIe), adj. quai., journalier, quotidien, de peb + dez+ -ieg Pemzektez (pemzegdeiz,

1931), s. m., quinzaine, de pemp + deg + dez Pemzekteziad (pemzekteziad, 1992), s. m., de pemp + deg+ dez+ -iad Pezez (pedeiz, 1948), pr. interr., quand, quel jour, de pe + de(i)z Trideziad (tridezyat, déb. XVIe), adj. quai., de trois jours, de tri + dez + -iad. Dewezh (dezuez, 1499), s. m., journée, de dez+ -wezh. Dewezhiad (dervesiad, 1859), s. m., journée (de), de dez + -wezh + -iad Dewezhian (devezia, 1927), v., aller à la journée, de dez+ -wezh+ -ian. Dewezhiata (deveziata, 1876), v., travailler à la journée, de dez + -wezh + -iad + -a. Dewezhiataer (deweziataer, 1931), s. m., tra­ vailleur à la journée, tâcheron, de dez + -wezh + -iad+ -a + -er. Dewezhiennow (derveziennou, 1931), s. pl., certains jours, quelques jours, de dez + -wezh + -ienn + -ow. Dewezhier (devejer, 1845), dewezhour (deüéhour, 1723), s. m., journalier, de dez+ -wezh + -er / -our. Dewezhouran (dewezhouran, 1992), dewezhourin (dewezhourin, 1992), v., faire le journalier, de dez + -wezh + -our + -an / -in. Addewezh (addewezh, 1992), s. m., journée supplé­ mentaire, de ad- + dez + -wezh. Eizhtewezh (eizhtevezh, 1958), s. m., huitaine (de), de eizh + dez + -wezh. Eizhtez (eizdez, 1732), s. m., huit jours, de eizh + dez Eizhteziad (eih-déyad, 1790), s. m., huit jours (de), de eizh + dez + -iad Goprdewezhour (gopr-devezour, 1732), s. m., salarié à la journée, àegopr + dez + -wezh+ -our. Kreistez (creisdez, 1499), s. m., midi, sud, de kreis + dez Kreistewezh (kreistevez, 1931), s. m., période de midi, de kreis + dez + -wezh. Kreistewezhiad (kreistewezhiad, 1992), s. m., période de midi, de kreis + dez + -wezh + -iad Penndewezhian (penndewezhian, 1992), v., travailler à la demi-journée, de penn + dez + -wezh + -ian. Tridewezhiad (tri dezguizyat, déb. XVIe), adj. quai., de trois jours, de tri + dez + -wezh + -iad

Dejan (dejan, 1904), s. m., persiflage, est un emprunt possible à l’ancien français *dechant, dérivé de chant, avec assimilation de la consonne finale. Dejanal (dejannal, 1904), dejanin (dejandein, dejanein, 1723), v., persifler, de dejan + -ail-in. Dejaner (dejaner, 1992), dejanour (dejannour, 1876), s. m., persifleur, de dejan + -er I-our. Dejanerezh (dejanerezh, 1992), s. m., per­ siflage^), de dejan + -erezh. Dejanus (dejanus, 1723), adj. quai., railleur, trompeur, de dejan + -us. Dekadi (décadi, 1913, d’après son pl. decadioù), s. m., dé­ cadi, est un emprunt au français. Dekalog (dekalog, 1992), s. m., décalogue, emprunté également au français. Dekardin (dekardin, 1992), v., écarter les doigts pour apprécier l’heure au soleil, semble se composer de deg + kard+ -in.

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Dekor {dekor, 1992), s. m., décor, est un emprunt ré­ cent au français dont le mot reste rare jusqu’au XVIIIe siècle et qui procède du latin decoris, ornement. Dekoran {dekoran, 1958), dekorin (décoré 1732), v., décorer, de dekor+ -an/ -in. Dekorans {decorans, d’après le pl. décoranso, XVIIIe), s. f., décorum, de dekor + -ans.

Dekred {decret, 1499), s. m., décret, est un emprunt à l’ancien français dont le mot, attesté en 1190, est issu du latin decretum, décision, sentence. Dekredin {decreti, 1659 ; decredi(n), 1732), v., décréter, de dekred + -in. Del {del, 1557), coll., feuillage, présente la variante deil avec un -i- épenthétique issu de ses dérivés. Ce mot procède du vieux breton dol, feuille, et correspond au comique del, au gallois dail, à l’irlandais duilleet au gau­ lois *do(u)la. Tous supposent un celtique *dulla. Deliadur {deliadur, 1923-25), s. m., feuillaison, de del + -iadur. Delian {delyaff, 1499), v., feuillet, de del + -ian, identique au comique delya. Deliaj {delyaich, 1732), s. m., feuillage, de del+ -iaj. Delieg {delyecq, 1732), adj. quai., feuillu, folié, de del+ -ieg, équivalant au comique delek. Delienn {delyenn, 1499), s. £, feuille, équivalant au comique delen et au gallois deilen, de del + -ienn. Deliennan {deliennan, 1992), deliennin {delienni, 1931), v., feuillet, de del + -ienn + -an / -in. Delienneg {delyennecq, 1732), adj. quai., feuillu, folié, de del+ -ienn + -eg. Deliodenn {deliodenn, 1992), s. f., foliole, de del+ -iod+ -enn. Deliowa {deliaoua, 1931), v., chercher des feuilles, de del + -iow + -a. Deliowan {dellyouaff, déb. XVIe), deliowin {deliaoui, 1821), v., feuillet, de del + -iow + -an / -in, auxquels correspond le comique delyowa. Delioweg {deliaoueg, 1927), adj. quai., feuillé, et s. £, feuillée, de del+ -iow + -egde même formation que le comique delyowek. Deliowenn {deliaoueenn, 1744), sing. formé sur le pluriel deliow de delienn. Deliowus {delyavus, 1732), adj. quai., feuillu, de del + -iow + -us. Dizeil {dizél, 1919), adj. quai., effeuillé, et s. m., effeuillaison, de di- + deiL Dizelian {diselia, 1659), dizelin {dizélein, 1919), v., effeuiller, défeuiller, défolier, de di+ del + -ian / -in. Dizeliennan {dizelienna, 1931), v., effeuiller, de di- + del + -ienn + -ah. Dizeliowan {dizeliaoua, 1931), dizeliowin (disehaouein, 1744), v., effeuiller, de di- + del + -iow + -ah / -in. Mildelienn {mildelyen, 1732), s. £, mille-feuille, de mil + del + -ienn. Pederdelienneg {pederdeliennek, 192325), adj. quai., à quatre feuilles, depeder+ del+ -ienn + -eg. Teirdeliennan {teir-delienna, 1876), teirdeliennin {teir-delienni, 1931), v., former trois feuilles, de teir + del + -ienn + -ah ! -in. Teirdelienned 176

{teirdeliennet, 1992), part, passé, trifolié, de teir+ del + -ienn + -ed.

Delc’her {delcher, déb. XVIe), v, tenir, procède du vieux breton delgim avec substitution de désinence verbale ; ce verbe est construit sur la forme infléchie delch de dalc’h (voir ce mot) ; il est apparenté au gaulois delgu, je contiens. Derc’hel {derchel, 1464 ; derchel, 1732), v., est une variante du précédent par métathèse. Addelc’her {adderchel, 1958), v., retenir ; redistribuer, resservir, de ad-+ delcher. Enderc’hel {enderchel, 1958), v., contenir, de en- + delch + -er. Kenderc’hel {quenderchell, 1499), v, continuer, persévérer, poursuivre, de ken-+ delch + -er. Peurzerc’hel {peur-derchel, 1732), v., tenir complètement, accomplir, de peur- + delch + -er. Deltu {deltu, 1992), s. m., ténacité, dynamisme, de delch + tu.

Dele {dele, 1633), s. £, vergue, antenne, procède du vieux breton dele- et correspond au comique dele et à l’irlandais deil Tous sont issus d’un radical *dher, *dhel, tenir. Delegan {deleguaff, déb. XVIe), delegin {delegin, 1992), v., déléguer, est un emprunt à l’ancien français attesté au début du XIVe siècle et issu du latin dèlegare. Delege {delege, 1992), s. m., délégué, emprunté directement au français. Delegad {delegat, 1499), s. m., délégué, de deleg- + -ad.

Delikat {délicat, déb. XVIe), adj. quai., délicat, exquis, raffiné, agile, est un emprunt au moyen français dont le mot est attesté en 1492 et issu du latin delicatus. Delikateri {delikateri, 1992), s. £, délicatesse, de delikat + -eri. Delin {delin, 1723), s. £, briquet, est un emprunt au déverbal de l’ancien français delimer, user par le frot­ tement de la lime, avec modification de la consonne finale ; ce mot présente, par ailleurs, la variante delim (1904). Delinsin {delinsein, 1919), v., battre le briquet.

Delissius {delicius, 1499), adj. quai., délicieux, est un emprunt à l’ancien français delicios, délicat (1190), dérivé du verbe delicier (1120) issu du latin populaire *delictare. Delissiussaad {deliciussat, 1499), v., rendre, devenir délicieux, de delissius + -aad. Delissiusted {delicyusded, 1732), s. £, délices, de delissius + -ded.

Delivr {delivr, 1710), adj. quai., délivré, et s. m., déli­ vrance, est un emprunt à l’ancien français delivre, délivrance (1160), dérivé du verbe délivrer (fin XIe), issu du bas latin deliberare. Delivran {diliuraff, 1464), delivrin {delivrein, 1904), v., délivrer, de delivr + -an/ -in auxquels correspond le comique delyfra. Delivrans

{dilivrancz, 1732), s. f., délivrance, de delivre -ans. Délivrer {diliuurer, déb. XVIe), delivrour {delivrour, 1992), s. m., libérateur, de delivr + -er / -our. Dellez {dellez, v. 1565-68), s. f, mérite, correspond au comique deleth et au gallois derllydd- ; le breton et le comique présentent tous deux l’assimilation du -r- par rapport au mot gallois. Ces mots supposent une forme celtique *do-ro-sli-. Dellezan {dellezaff, 1464), dellezin {deléein, 1904), v., mériter, de dellez + -an/ -in, présen­ taient la variante dellezouten 1659. Dellezeg {dellezek, 1847), adj. quai., méritant, de dellez + -eg. Dellezus {dellezus, 1732), adj. quai., méritoire, de dellez + -us. Dizellezeg {dizellezek, 1923-25), adj. quai., immérité, de di- + dellez + -eg. Dellid {délit, v. 1565-68), s. m., mérite, correspond au gallois dyrllid ; tous deux supposent un celtique *do-rosli-tu-. Comme son synonyme dellez, dellid présente l’assimilation du -r-par -/-. Dellidus {delliduz, 1821), adj. quai., méritoire, de dellid + -us. Dizellid {dizellid, 1944), adj. quai., immérité, indigne, et s. m., indigni­ té, de di- + dellid. Delt {delt, 1499), adj. quai., moite, a pour correspon­ dants l’irlandais dealt, rosée, et le gaélique d’Ecosse dealt de même sens. Ces mots se réclament du celtique *del­ ta-. Deltan {deltaff, 1499), deltin {deltin, 1992), v., devenir, rendre moite, de delt + -an / -in. Deltoni {deltonny, 1499), s. f, moiteur, de delt+ -oni.

Delw {delw, 1992), coll., statutaire, est un emprunt au gallois delw, image, statue, portrait, alors que ce mot existait en vieux breton sous la graphie deluu. Ils ont pour correspondants le comique delow, l’irlandais dealbh (du vieil irlandais deliï) et supposent un celtique com­ mun *delua. Delwenn {delwenn, 1927), s. f, statue, de delw+ -enn. Delweg, adj. quai., statutaire, correspond au vieux breton deluoc, apparaissant, semblant. Demesell {demesel, 1499), s. £, demoiselle ; bécasse ; li­ bellule, est un emprunt à l’ancien français damoisele. Demeuran {demeuran, 1992), demeurin {demeurin, 1992), v., demeurer, est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1080 sous la forme demoureret est issu du latin populaire *demorare. Demeurons {demeurançc, 1633), s. f, demeure, résidence, de demeur+ -ans. Demorant {demorant, 1530), s. m., demeure, restant, excédent, qui correspond au part, présent du verbe ancien français au sens de “restant”.

Demez {dimez, 1847), s. m., fiançailles, mariage civil, procède du celtique *do-am-wed-. Demezabl {demezabl, 1464), adj. quai., mariable, nubile, de demez + -abL

Demezadeg {dimezadeg, 1992), s. f, mariage, de demez + -adeg. Demezadenn {dimezadenn, 1992), s. f., fian­ çailles, de demez + -adenn. Demezenn {dimen, 1723), s. f., fiançailles, de demez + -enn. Demezer {demezer, 1464), s. m., épouseur, de demez + -er. Demezin {dimiziff, 1499), v., (se) fiancer, (se) marier, de demez + -in, identique au comique demedhy et au gallois dyweddïo. Addemezin {addimezi, 1931), v., (se) remarier, de ad+ demez + -in. Azdemezin {azdimezi, 1931), v., (se) remarier, de az- + demez + -in. Dizemez {dizemez, 1499), adj. quai., célibataire, et s. m., célibat, de di- + demez. Dizemezin {diziméein, 1723), v., (se) démarier, divorcer, de di- + demez + -in. Drougzemezin {drougzimezin, 1992), v., (se) mésallier, de droug+ demez + -in. Eildemezin {eil-zimezi, 1876), v., (se) marier une seconde fois, de eil+ demez + -in. Demm {dem, 1499), s. m., daim, est un emprunt à l’an­ cien français dont le mot est issu du bas latin damum. Demmgen {demmgenn, 1928), s. m., peau de daim, de demm + ken.

Demokrat {demokrat, 1958), adj. quai., démocrate, em­ prunté au français contemporain. Demokratel {demokratel, 1992), adj. quai., démocratique, de demokrat + -eL Demokratelezh {demokratelezh, 1992), s. f., dé­ mocratie, de demokrat + -elezh. Demokratiezh {demokratiezh, 1958), s. £, démocratie, de demokrat + -iezh, calqué sur le gallois democratiaeth.

Demorant, voir demeuran. Den {den, 1499), s. m., homme, mari ; personne, a pour correspondants le comique den, le gallois dyn, l’irlandais duinett le gaélique d’Écosse duine. Ces mots procèdent du celtique commun *don-yo-. Denel {denel, 1927), adj. quai., humain, de den + -el, équivalant au gallois dynoL Denelezh {denielez, 1464), s. f, humanité, de den + -elezh, identique au gallois dynoliaeth. Dengar {déngar, 1931), adj. quai., humanitaire, de den + kar, emprun­ té au gallois dyngar. Dizenel {dizenel, 1992), adj. quai., inhumain, de di- + den + -eL Dizenelezh {dizenelezh, 1992), s. f., inhu­ manité, de di- + den + -elezh. Dizenellaad {dizenellaad, 1992), v., déshumaniser, de di- + den + el + -aad. Gouzen {gour-zen, 1732), s. m., pygmée, deg#z/-+ den. Denjentil {denjentil, 1499), s. m., gentilhomme, de den +jentiL Dreistden {dreistdén, 1931), s. m., surhomme, de dreist + den. Krennden {krenn-dén, 1821), s. m., jeune personne, adolescent, de krenn + den. Loenden {loenden, 1992), s. m., forçat, bûcheur, de loen + den. Morzen {morzén, 1919), sirène, de mor+ den. 177

Denan {denaff, 1499), denin {dénein, 1904), v., téter, correspond au comique dena, au gallois denaf, denu et au vieil irlandais dinim, je tète ; ces mots procèdent du celtique *de-n-o-. Denadenn {denadenn, 1931), s. f., tétée, de den- + -adenn. Dener {dener, 1992), denour {denour, 1992), s. m., personne qui tète, de den- + -er / -our. Deneres {deneres, 1992), s. f., personne qui tète ; téterelle, de den- + -er + -es. Denonsian {denunsiaff, 1499), denonsin {denonsin, 1992), v., dénoncer, est un emprunt à l’ancien français denoncier (1190), issu du latin denuntiare, faire savoir. Denonsier {denuncieur, déb. XVIe), denonsour {denonsour, 1992), s. m., dénonciateur, de denons-+ -er/-our.

Denv {denv, 1857), s. m., bille, calot, apparaît formé sur le pluriel denved avec suppression du final pris comme suffixe pluriel d’un radical denv, par le fait que les enfants se servaient des vertèbres des moutons pour jouer aux osselets. Denvedeg {denvedeg, 1992), adj. quai., moutonneux, est formé sur le pluriel denved de danvad avec suffixa­ tion en -eg. Denveder {denveder, 1992), s. m., mou­ tonnier, de denved + -er. Denveta {denveta, 1992), v., chercher les moutons, de denved + -a.

Deol {deol, 1716), adj. quai., pie, pieux, est apparen­ té au gallois duwiol de même sens ; il procède d’un moyen breton *doeel\Mi métathèse, dérivé de doe, dieu, comme le gallois l’est de duw, dieu. Deoliezh {deoliez, 1876), s. £, piété, de deol + -iezh apparenté au gallois duwiolaeth. Dizeoi {dizeol, 1992), adj. quai., impie, de di- + deoL Dizeoliezh {dizeoliezh, 1958), s. £, impiété, de di- + deol + -iezh. Peurzeoliezh {peurzeoliez, 1931), s. f., piétisme, de peur- + deol + -iezh. Depandans {depandancc, 1499), s. £, penchant, est un emprunt à l’ancien français dépendance, pente (XIIIe), dé­ rivé du verbe dépendre, pendre, être suspendu.

Depantan {depantaff, 1499), depantin {depantin, 1992), v., dépendre, est un emprunt à l’ancien français (voir le précédent). Departamant {departamand, 1732), s. m., département, est un emprunt au français dans le sens de “entité territoriale”, au sens initial de “gens en groupe détaché”.

Depech {depech, XVIIIe), s. m., dépêche, est un emprunt au moyen français dont le mot, attesté en 1464, est le déverbal de l’ancien français despeechier (1225) qui prend le sens de “envoyer en mission” en 1498. Depech {depech, 1659), depechin {depechaff, 1499), v., (se) dépêcher, de depech + -in.

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Depegn {depeign, d’après le pl. depeignou, 1879), s. m., reproduction (d’un tableau), est un emprunt au radi­ cal du verbe dépeindre.

Deplor {deplor, déb. XVIIIe), s. m., déploration, est un emprunt au déverbal de déplorer (fin XIIe) ou antérieur à l’ancien français depleur, pleur, lamentation (1335), dérivés tous deux de plorer, pleurer. Deploriñ {deplori, déb. XVIIIe, d’après le groupe dazeplorî), v., déplorer, de deplor + -iñ. Déport {déport, 1623), s. m., antichambre, salle d’at­ tente, est un emprunt à l’ancien français déport {\ 160) aux sens plus tardifs de “ménagement, délai, dispen­ se”. Déport {déport, 1659), deportiñ {deportiñ, 1992), v., patienter, attendre ; déporter, de déport + -iñ. Deportassion {deportassion, 1992), s. £, déportation, emprunté directement au français contemporain. Depouilh {despoil, 1464 ; depoill, 1499), s. m., dépouille, est un emprunt à l’ancien français despoille, action de dé­ pouiller, dépouilles (1190), déverbal de despoillier (1277), issu du latin ¿¡espoliare. Depouilhadeg {depouilhadeg, 1992), s. £, dépouillement, de depouilh + -adeg. Depouilhaj {depouilhaj, 1992), s. m., issues, bas mor­ ceaux, de depouilh + -aj. Depouilhamant {depouilhamant, 1992), s. m., dépouillement, de depouilh + -amant, mais emprunté directement au français. Depouilhañ {depouilhañ, 1958), depouilhiñ {depouilhiñ, 1992), v., dépouiller, de depouilh + -añ / -iñ, sont attestés plus an­ ciennement par leur part, passé depouilleten 1519.

Deputañ {deputañ, 1992), deputiñ {deputi, 1659), v., députer ; chasser (au jeu de boules), sont attestés dès 1557 par leur part, passé, deputet, en 1557. Député {député, 1889), s. m., député, est un emprunt au part, passé du verbe français députer substantivé ; en 1732, Grégoire de Rostrenen signalait la forme deputet issue du verbe breton.

Derc’h {derch, 1557 ; derch, 1716), adj. quai., pur, dur, et s. m., cœur (du bois), procède du vieux breton derch, regard, aspect, apparence, apparenté au gallois dyrch-, à l’irlandais dearc (vieil irlandais derc), œil, et au gaulois derco-, de même sens. Ceci suppose un celtique *derk-. Dizerc’hañ {dizerchañ, 1992), dizerc’hiñ {dizerchein, 1927), dizerc’ho {dizercho, 1927), v., déboiser (les ta­ lus), de di- + derch + -añ / -iñ / -o. Gouzerc’h {gouzerch, 1890), s. £, (grande) dorade, de gou- + derch. Derc’hel, voir delc’her.

Dere {dere, 1557), adj. quai., amène, séant, et s. m., position sociale, procède du vieux breton deri, tout

droit, juste, composé du préfixe de-et du radical ri(g), re(g), fait de mettre droit, d’étendre, de mener. Il ad­ met pour correspondants le gallois dyre. Deread {dereat, XVIe), adj. quai., convenable, de dere + -ad, est attesté comme nom de personne en 1541 sous la graphie Le Dereat. Dereadegezh {dereadeguez, 1499), s. £, conve­ nance, de dere + -ad + -egezh. Dereadekaad {dereadecat, 1499), v., convenir (de mieux en mieux), de dere + -ad + eg+ -aad. Derean {derean, 1992), derein {derein, 1992), dereoud {dereout, 1716), v., convenir, de dere + -an /-in /-oud. Dercataad {dereataad, 1992), v., conve­ nir (de mieux en mieux), de dere + -ad + -aad. Deren {diren, 1499), v., ramener, différer, a pour correspon­ dant le gallois dyreaf, dyrain ; ce verbe est un dérivé en -en de dere ci-dessus. Derener {dereer, 1499), derenour {derénour, 1904), s. m., personne qui ramène, traînard, de dere + (e)n + -er / -our. Amzere {amdere, 1557 ; amsere, 1689), adj. quai., incongru, de am- + dere. Amzeread {amdereat, 1557 ; amzereat, 1732), adj. quai., inconvenant, malséant, de am-+ dere+ -ad Amzereadegezh {amzereadéguez, 1732), s. £, inconvenance, de am- + dere + ad + -egezh. Amzereoud {amzereout, 1732), v., messeoir, de am- + dere + -oud. Dizeread {dizereat, 1931), adj. quai., incorrect, malhonnête, de di- + dere + -ad. Dizereadegezh {dizereadegez, 1931), s. £, incorrection, malhonnêteté, de di + dere+ -ad+ -egezh. Kendere {kendere, 1876), adj. quai., de même condition, de même milieu, compatible, et s. m., compatibilité, de ken- + dere. Kenderean {kenderean, 1992), kenderein {kenderein, 1992), kendereoud {kendereout, 1931), v., être de même condition, de même milieu, être compatible, de ken- + dere+ -an / -in / -oud. Kenderen {kandrén, 1919), v., ramener de concert, de ken + dere + -(e)n. Kenderenour {kandrénour, 1919), s. m., meneur d’attelage, de ken- + dere + -(e)n + -our.

Derez {degrez, 1499 ; derez, 1633), s. m., degré, est un emprunt à l’ancien français degret, escalier, marche (1050), issu du latin gradus, échelon avec préfixe de ren­ forcement.

Derow {dezrou, 1499 ; dehrou, 1716), s. m., début, aube (de), origine (de), procède du vieux breton dechrou et correspond au comique derow et au gallois dechrau, ori­ gine, commencement ; ces mots restent d’étymologie inconnue. Derow {dezrouff, 1464), derowin {dezraoüi, 1732), v., débuter, étrenner, inaugurer, de derow + -in, équivalant au gallois dechrau. Derower {deraouer, 1992), derowour {deraouour, 1992), s. m., débutant, initiateur, de derow + -erl-our. Derowus {dezrous, déb. XVIe), adj. quai., débutant, de derow + -us.

Derw {deru, УА16 ; derw, 1716), coll., chêne(s), pro­ cède du vieux breton daeru et correspond au comique derow et au gallois derw ainsi qu’au gaulois deruos ; tous sont issus du celtique *derw- par le brittonique derv-. Derwenn {deruenn, 1499), sing., chêne, de derw+ -enn, identique au comique derowen et au gallois derwen. L’irlandais dair- a même origine que le vieux breton dar et le gallois dâr, de même sens. Derwenneg {dervennecq, 1732), s. £, chênaie, et adj. quai., abondant en chênes, de derw + -enn + -eg. Linderw {linderw, 1992), coll., plante de pré, de lin + derw.

Deserzh {deserz, 1499), s. m., désert, solitude, est un emprunt au latin chrétien desertum (IVe). Ce mot cor­ respond au gallois dyserth. Desev {deso, 1732), s. m., dessein, a pour équivalent le gallois deisyf, demande, requête. Desev {desev, 1992), desevoud (deseuout, 1499), v., avoir pour dessein de, de desev + -oud correspondant au comique desevos, pré­ sumer, supposer, imaginer, penser, et au gallois deisyf, deisyfü, désirer, implorer.

Desfailh {defaill, 1464 ; desfaill, 1499), s. m., contu­ mace, est un emprunt à l’ancien français défaille, défaut, manque, action de faire défaut. Desfailhan {desfaillaff, 1499), desfailhin {desfailhin, 1992), v., défaillir, de desfailh + -an!-in. Desfailher {desfailher, 1992), s. m., défaillant, de desfailh + -er. Désir {désir, 1499), s. m., désir, est un emprunt à l’an­ cien français dont le mot est attesté en 1175. Desiran {desiraff, 1499), desirin {desirein, 1744), v., désirer, de désir + -an / -in, avaient une autre variante, desirout, 1623. Desirus {désireux, 1623), adj. quai., désireux, de désir + -us.

Deskin {disquiff, 1499), desko {desko, 1992), v., ap­ prendre, éduquer, (s’)instruire, a pour correspondants le comique dysky et le gallois dysgu ; tous trois procè­ dent du latin discere. Desk {desk, 1927), s. m., ins­ truction, a pour correspondant le gallois dysg ; c’est le déverbal de deskin. Deskadur {deskadur, 1923-25), s. m., culture (intellectuelle), de desk + -adur. Deskadurezh {desquadurez, 1923), s. m., éducation, ins­ truction, de dek + -adurezh. Deskamant {dissquemantt, 1744), s. m., bagage (intellectuel), de desk + -amant. Deskard {deskard, 1931), s. m., apprenti, de desk+ -ad. Desker {desker, 1958), deskour {deskour, 1992), s. m., élève, de desk + -er / -our, identique au gallois dysgwr, apprenti. Deskerezh {deskerezh, 1958), s. m., appren­ tissage, de desk+ -erezh. Deskibl {desquibl, 1659), adj. quai., docile, de desk+ -ibl Deskidig {disquidic, 1659), 179

adj. quai., apprenant, de desk + -idig. Deskoni {desqouny, 1732), s. £, initiation, de desk + -oni. Deskus {deskuz, 1821), adj. quai., instructif, de desk+ -us. Addeskin {addeski, 1931), v., réapprendre, rééduquer, (se) recycler, de ad- + desk + -in. Amzesk {amzesqu, 1723), adj. quai., cancre, de am- + desk. Dizesk {dizesk, 1889), adj. quai., ignorant, ignare, et s. m., anal­ phabétisme, de di- + desk. Dizeskin {didisqui, 1659 ; dizisquein, 1723), v., désapprendre, de di- + desk + -in. Peurzeskin {peurzeskin, 1957), v., apprendre complè­ tement, repasser (une leçon), de peur- + desk + -in.

Despailh {despaill, 1659), adj. quai., urgent, à temps, et s. m., grand temps (de), semble un emprunt au déverbal du moyen français pallier, lui-même issu du latin palliare. Despailhan {despailha, 1732), v., tarder, presser. Despes {despez, v. 1565-68), s. m., mépris, dépit, est un emprunt au déverbal de l’ancien français despisier, mépriser, traiter avec mépris, issu du latin populaire *despectiare. Despesus {despezus, déb. XVIe), adj. quai., méprisable, de despes + -us. Le sens de “dépit” est sans doute dû à une déviation sémantique car un emprunt direct au latin despectus aurait donné *despeizh. Despet {despit, 1499 ; despet, 1659), s. m., dépit, est un emprunt à l’ancien français despit, issu du latin despec­ tus. Despetal {despital, 1659), despetin {despetiff, 1623), v., (se) dépiter, de despet + -al I -in, sont attes­ tés en 1499 sous la variante despitaff, soit une forme mo­ derne *despitan. Despetus {despetus, 1732), adj. quai., regrettable, de despet + -us. Drougzespet {drouc-esped, 1732), élément de la conjonction en drougzespet da, nonobstant, de droug + despet.

Dessed {decet, 1557), s. m., décès, est un emprunt au déverbal de ¿/^¿¿r (1460), verbe issu du latin decedere. Dessedan {decedaff, 1499), dessedin {decedi, 1659), v., décéder, de dessed + -an / -in.

Dessepsion {déception, tromperie, 1499), s. £, décep­ tion, est un emprunt à l’ancien français attesté au XIIe siècle avec le sens de “tromperie” et ce jusqu’au XVIe siècle, et issu du latin deceptio (IVe). Desserkl {deserkl, 1992), s. m., débroussaillage, semble être un emprunt au déverbal du français *dessarcler.

Dessev {deceff, 1499), v., désappointer, présente diverses variantes avec désinence verbale : deceuaff{A&. XVIe), deceuout (1659) et decevi (1732). Ce verbe est un em­ prunt au déverbal de l’ancien français décevoir (1175), issu du latin populaire decipere. 180

Dessidan {dessidan, 1992), dessidin {dessidin, 1992), v., décider, est un emprunt populaire au français.

Destin {detin, déb. XVIe), s. m., destin, est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1160 comme dé­ verbal de destinerai 160), verbe issu du latin destinare. Destinabl {destinabl, déb. XVIe), adj. quai., fatal, de destin + -abL Destinadur {destinadur, 1732), s. m., desti­ née, prédestination, de destin + -adur. Destinadurezh {destinadurez, 1732), s. £, destination, de destin + -adurezh. Destinan (destinaff, 1499), destinin {destinein, 1904), v., destiner, prédestiner, de destin + -an /-in, pré­ sentaient la variante destinouten 1732. Destiner {des­ tiner, déb. XVIe), s. m., oracle, de destin + -er. Destinus {destinus, 1732), adj. quai., qui appartient au destin, de destin + -us.

Detailh {detailh, 1732), s. m., détail, est un emprunt au français dont le mot est attesté en 1262 et dérivé du verbe ancien taillier. Detailhan {détailla, 1732), detailhin {detailhin, 1992), v., détailler, de detailh + -an / -in. Detir {detir, 1992), detirin {detirin, 1992), v., détirer, délivrer, est un emprunt populaire au français. Detri {detry, 1519), adv., tout à fait, est un emprunt à l’ancien français detri, délai, retard (fin XIIe), déverbal de détrier (XIIe) issu par dérivation du latin tricare, sus­ citer des embarras, chercher des faux-fuyants. Deunv {deuff, 1499), s. m., gendre, procède du vieux breton daum et correspond au comique ¿/«/(vieux cornique dofi, au gallois dawf (vieux gallois dauu), à l’irlandais damh (vieil irlandais dàrri) et au gaélique d’Ecosse daimh ; tous remontent au celtique damo-.

Deur {deur, 1958), s. m., tracas, ennui, est un emprunt au gallois dawr, auquel correspond le comique dür, il semble, il doit. Ils sont issus du celtique *daro-. Ce mot entre également en composition dans le verbe teurvezoud {teuruout, “voloir”, 1499). Dev {dev, 1927), adj. quai, et s. m., brûlé, procède du vieux breton deuu et correspond au gallois deif, tous deux issus du radical celtique *deb-. Devadenn {devadenn, 1931), s. £, brûlure, de dev + -adenn. Devadur {dévadur, 1732), s. m., combustion, de dev + -adur. Dever {dever, v. 1926), s. m., brûleur, identique au gal­ lois deifiwr, journée torride, de dev + -er. Devin {deuiff, 1499), devo {devo, 1992), v., brûler, sont attestés, en vieux breton, au part, passé sous la graphie deuuet- ; ils sont identiques au comique dywy et au gallois deifio. Deval {deval, 1723), s. m., descente, est un emprunt à l’ancien français deval, bas (1306), issu du verbe devaler

(1155), dérivé de vaL Devalenn (devaleenn, 1744), s. £, descente, de devais -enn. Deval (deval, 1904), devalin (devalein, 1723), v., dévaler, descendre, de deval + -in. Devaler (devaler, 1962), s. m., dévalement, de deval + -er. Dever (dever, 1530), s. m., devoir, conscience profes­ sionnelle, est un emprunt à l’ancien français dont le mot, attesté à la fin du XIIe siècle, est issu du latin debere. Deverin (deuerin, XVIIIe), v., donner les derniers sacre­ ments à, extrêmiser, de dever + -in. Dizever (dizever, 1958), adj. quai., inoccupé, de di- + dever. Kendever (qendever-, 1732), s. m., devoir mu­ tuel, de ken- + dever.

Devn (moyen breton deffn), s. m., fond, est une variante par inflexion de don ; elle correspond au gallois dyfn. Ces mots procèdent du brittonique dumno- issu du cel­ tique *dubno-. Devnan (dannein, 1919), v., mettre un fond, de devn + -an. Dizevn (disëun, 1732), adj. quai., sans fond, de di- + devn. Dizevnin (disëunyeihy 1732), v., défoncer, de di+ devn + -in. Devod (deuot, 1623), s. m. et adj. quai., dévot, dévoué, est d’un emprunt antérieur puisque attesté en 1439 sous la forme lénifiée -z^widans Kerzevot, lieu-dit en ErguéGabéric (29) ; le mot, issu du latin devotus, dévoué, ap­ paraît en ancien français en 1190 dans son sens religieux puis en 1277 avec le sens de “dévoué” conservé en bre­ ton. Devodes (devodès, 1732), s. £, dévote, de devod+ -es. Devossion (deuotion, 1623), s. £, dévotion, em­ prunté directement au français attesté en 1160. Devotamant (deuotamant, 1623), adv., dévotement, emprunté également au français. Dizevod (disevot, 1732), adj. quai., indévot, de di-+ de­ vod Indevod (indeuot, 1519), adj. quai., impie, de in+ devod.

Dewez (dewez, 1992), s. m., parturition, correspond au gallois dyuyddy mot composé du préfixe dy-, équivalant au breton de-, et du radical gwydd, correspondant du bre­ ton gpuez, présence (voir ce mot). Dewezenn (devezenn, 1958), s. £, vache sur le point de vêler, de dewez + -enn. Dewezan (devezan, 1992), dewezin (dewezin, 1992), v., augmenter de volume, de dewez + -ah / -in. Dewezh, voir deiz. Dewr (dewr, 1992), adj. quai., brave, procède du vieux breton deurret correspond au gallois dewr\ tous deux se réclament du celtique *dego-uiro-s. Dezrevell (dezreuell, 1499), dezrevellin (disreueli, 1659), v., imiter, rapporter, réciter, procède d’un ancien

*dazrevell que l’on décomposera en daz- + rev + -ell', le radical *reva été rapproché du gallois rhif, numéro, d’un celtique *rim-o- Le correspondant gallois dadrhifo a le sens de “recompter, relaxer, dispenser de”. Dezrevelladenn (dezrevelladenn, 1992), s. £, imitation, récitation, de dezrevell + -adenn. Dezreveller (dezreveller, 1958), s. m., imitateur, conteur dramatique, de dezre­ vell + -er.

Dezv, s. £, décret, procède du vieux breton dedm et cor­ respond au gallois deddf; tous deux sont issus du cel­ tique *dedma-. Di (dy, 1519), adv., y, a pour correspondants le comique thyex. le vieil irlandais di. Tous se réclament du celtique -de-. Diabolig (dyabolic, déb. XVIe), s. m., diabolo, est un em­ prunt au français ; d’abord appelé diable en 1825, ce jeu va prendre ensuite l’équivalent latin, probablement sous l’influence de l’italien diavolo.

Diagon (diagon, 1732), s. m., diacre, est un emprunt au latin diaconus *, attesté en 1628 à Quimper (29) com­ me nom de personne Diagon, ce mot a pour corres­ pondants le comique diagon et le gallois diagon. Diagoniezh (diagonaich, 1732), s. £, diaconat, de diagon + -iezh. Arc’hdiagon (archdiagon, 1499), s. m., archidiacre, de arc h- + diagon, mot à l’origine du nom de personne Lardiagon. Arc’hdiagonded (archdiagondet, 1499), s. £, archidiaconé, de arc h- + -diagon + -ded.

Diakr (diacr, 1499), s. m., diacre, est un emprunt à l’an­ cien français dont le mot, attesté en 1283, procède du latin diaconus par la forme diacne (1170). Diakran (diakran, 1992), diakrin (diakrin, 1992), v., ordonner diacre, de diakr + -ah / -in, est attesté au début du XVIe siècle par son part, passé diacret. Dial (dial, 1958), s. m., vengeance, est un emprunt au gallois diak vengeance, revanche, punition, dont les correspondants sont le comique dyalet le vieil irlandais digaL Ce mot est un composé du préfixe privatif di- et du radical gzz/attesté en vieux breton avec le sens de “acte violent, activité, passion”. Dialan (dialan, 1958), v., ven­ ger, de dial + -ah. Dialer (dialer, 1992), dialour (dialoury 1955), s. m., vengeur, de dial+ -er /-our.

Diamant (dyamant, 1464), s. m., diamant, est un em­ prunt à l’ancien français dont le mot, attesté en 1170, est issu du bas latin diamas par croisement avec adamantisy fer très dur. Diamantan (diamantan, 1992), diamantin (diamantin, 1992), v., diamanter, de dia­ mant + -ah ! -in. Diamanter (diamanter, 1992),

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diamantour (diamantour, 1904), s. m., diamantaire, de diamant + -er / -our.

Petiaoul (petiaoul, 1992), interj., que diable, de ped+ diaoul.

Diametr (diametr, 1992), s. m., diamètre, est un em­ prunt au français, lui-même issu du grec diámetros par le latin diametrus.

Dias (dyas, XVIe), s. m., base, partie basse et inclinée, pro­ cède du vieux breton dias, (bord) déprimé, incliné, mot qui glosait le latin deuexo. Diasenn (diazen, 1974), s. £, pente, vallée ; embase, de dias + -enn.

Diamorsiñ (diamorsi, v. 1910), v., désamorcer, est construit sur un radical *amors emprunté au français amorce avec préfixation en di-.

Diangajiñ (diangagein, 1732), v., dégager, se présente comme un composé de di- + *angajiñ, celui-ci em­ prunté au français engager. Diank (diancq, 1519), s. m., manque, et adj. quai., égaré, manquant, procède du vieux breton dianc, fait de s’en aller, de s’échapper ; ce mot qui a pour correspon­ dant le comique dyank est composé du préfixe privatif di- et de ank issu du vieux breton anc, radical verbal au sens de “aller”. Diank (dianc, 1499), diankañ (dianca, 1659), diankiñ (dihanquein, 1723), v., (s’)égarer, s’ab­ senter, s’échapper, disparaître, de diank + -añ / -iñ, admettaient la variante dyancqouten 1732 ; ils ont pour équivalents le comique dyank et le gallois dianc, dihangaf. Diankachow (diankachou, d’après e ziankachou, 1912), s. pl., provisions manquantes, de diank + -ach + -ow. Diankadell (diankadell, 1992), s. £, absence de souffle, de diank + -adelL Diankadenn (diankadenn, 1923), s. £, défection, disparition, absence, de diank + -adenn.

Diantech (dianteg, “non entache de mal ou de pechie”, 1499), adj. quai., innocent, est un emprunt à l’ancien français desentechie, dégagé d’une chose mauvaise, com­ posé du préfixe privatif des- et du part, passé entechie du verbe entechier, tacher, gâter, vicier (fin XIe), dérivé de teche, tache. Diantechezh (diantegez, 1847), s. £, in­ nocence, de diantech + -ezh. La proposition de graphie en -egàc dianteg, diantegezh provient d’une fausse lec­ ture du mot dianteg()A99). Ces mots sont de la même famille que tech et ses dérivés (voir ce mot). Diaoul (dyaoul, 1499), s. m., diable, triqueballe ; œufs de raie, est, comme le comique dyawlex. le gallois diafok un emprunt du latin ecclésiastique diabolus. Diaoulad (diaoulat, 1927), v., faire le diable ; travailler la terre avec un diable, de diaoul + -ad Diaouleg (diaulecq, 1732), adj. quai., diabolique, de diaoul + -eg. Diaoulegezh (diaoulegez, 1927), s. £, diablerie, de diaoul + -egezh. Diaoulerezh (diaoulereh, 1723 ; diaulérez, 1732), s. m., diableries, de diaoul + -erezh. Diziaoul (diziaoul, 1992), adj. quai., qui ne croit pas au diable, de di- + diaoul.

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Dibab (dibab, 1732), s. m., sélection, tri, choix, as­ sortiment ; élite, reste d’origine obscure. Dibab (dibab, 1499), dibabin (dibabein, 1904), v., sélectionner, trier, choisir, de dibab + -in. Dibabed (dibabed d’après le s. pl. e zibabidi, 1955), part, passé subst., sélectionné, de dibab + -ed Dibaber (dibaber, d’après le pl. dibaberien, 1847), dibabour (dibabour, 1992), s. m., sélectionneur, trieur, de dibab + -er / -our. Dibaberezh (dibaberez, 1927), s. m., triage, sélectivité, de dibab + -erezh. Dibabus (dibabus, 1958), adj. quai., sélectif, de dibab + -us.

Dibidouilhan (dibidouilhan, 1992), v., défaire (un nœud), est un emprunt au français argotique bidouiller avec préfixe privatif di-. Diboubow (diboubou, déb. XVIe), s. pl., bourre, suppose un singulier *diboub, composé sans doute de *poub issu du latin pupa, mot à l’origine du français poupée (de chanvre) ainsi défini en 1732 par l’abbé Grégoire de Rostrenen : portion préparée de lin ou de chanvre suf­ fisante pour une quenouille. Dibouban (dibouban, 1958), diboubin (diboubin, 1992), débourrer ; dé­ pouiller (quelqu’un au jeu), de diboub- + -an / -in. Dibouchan (diboucha, d’après da ziboucha, 1867), v., dibouchin (dibouchin, 1992), v., déboucher, déboîter (en voiture), est un emprunt au français déboucher (1567), dérivé de bouche.

Diboufan (dibouffa, 1732), v., débusquer, s’esquiver, se décompose en di- + pouf+ -ah, dans lequel le radical ^«/procède du moyen françaispouf(\49ty. Diboukan (dibouka, d’après o tibouka, 1941), diboukin (diboukein, 1904), v., apparaître brusquement, surgir, est un emprunt au français débouquer dont le ver­ be est une variante de déboucher. Dibr (dibr, 1499), s. m., selle, procède du vieux bre­ ton dipr attesté d’après son pluriel diprou. Ce mot qui a pour correspondants le comique dyberet le gallois dibr est d’origine inconnue. Dibran (dibra, 1659), dibrin (dibrein, 1904), v., seller, de dibr+ -ah /-in. Dibrer (dibrer, 1499), dibrour (dybrour, 1732), s. m., sellier, de dibr + -er / -our. Dibrerezh (dibrerezh, 1992), s. m., sellerie, de dibr+ -erezh. Dizibr (disibr, 1732), adj. quai., (monter) à cru, de di- + dibr. Dizibran (dizibra, 1659),

dizibrin (dizibrein, 1723), v., (se) desseller, de ¿/z- + dibr + -an / -in.

Dibuskin {dibusquein, déb. XVIIIe), v., débusquer, chasser (une boule), est un emprunt au français dé­ busquer, mettre en fuite (XVIe) mais attesté en 1636 avec son sens moderne.

Dichafrantan {dichafranta, 1659), dichafrantin {dichafranti, 1659), v., démantibuler, déchiqueter, est un composé de di- et d’un radical *chafrant- issu du moyen français chanfraindre (déb. XIVe), dérivé de l’ancien fran­ çais fraindre, briser. Dichafrantadur {dichafrantadur, 1732), s. m., action d’arracher, de déchiqueter, de dichafrant- + -adur. Dichafranter {dichafrantèr, 1732), s. m., arracheur, celui qui déchiquette, de dichafrant + -er.

Dichek {dichec, 1659), adj. quai., insolent, ne semble se rattacher à aucun mot français attesté. Dichekadenn (dichekadenn, 1992), s. f., insolence, défi, de dichek + -adenn. Dichekal {dichekal, 1862), v., défier, de dichek +-al. Dichontran {dichontran, 1958), dichontrin {dichontrin, 1992), v., épargner, arracher (une branche), est une variante par altération de dichafrantan (voir ce mot). Dichontradenn {dichontradenn, 1992), s. £, branche arrachée, de dichontr- + -adenn.

Dic’hrad {dichrad, 1928), adj. quai., dégradant ; désa­ gréable, est un emprunt au déverbal du français dégrader. Dic’hradan {dichradan, 1992), dic’hradin (dichradin, 1992), v., dégrader, de di- + grad+ -an I-in. Didu {deduyt, 1499 ; didui, 1716), s. m., diversion, loi­ sir, dérivatif, est un emprunt à l’ancien français déduit, divertissement, plaisir (1160), dérivé du verbe déduire, passer, flâner ; réjouir, divertir, issu du latin deducere. Diduadenn (diduadenn, 1958), s. £, amusement, diversion, de didu + -adenn. Didual (didual, 1992), v., divertir, de didu + -al, est attesté sous les variantes deduyaff( 1519) et didua (1927). Diduamant (diduamant, 1958), s. m., divertissement, de didu + -amant. Diduans (diduans, 1992), s. £, attraction, de didu + -ans. Diduant (diduant, 1958), adj. quai., divertissant, emprunté à l’ancien français deduiant, agréable, charmant (fin XIIe). Diduell (diduéll, 1732), s. £, amu­ sement, de didu + -ell. Diduellan (diduella, 1732), diduellin (diduelli, d’après en em ziduelli, 1927), v., amuser, de didu + -e!l+ -an/-in. Diduer (diduer, 1992), s. m., amuseur, de didu + -er, est attesté comme nom de personne Le Deduyer en 1548 à Lesneven (29) ou Le Diduer en 1673 à Quimper (29).

Died (diet, déb. XVIe), s. £, breuvage, a pour corres­ pondants le comique dewas (vieux comique dioi), le gallois diodet le moyen irlandais deoch. Ces mots sup­ posent un celtique *di-ati-s. Dieta (dieta, 1958), v., donner à boire, de died + -a, identique au gallois diota.

Dieg (diec, 1499), adj. quai., paresseux, procède du vieux breton diocei correspond au comique dyekex au gallois diog. Tous trois sont issus du celtique *di-aco-. Diegi (dieguy, 1499), s. £, paresse, nonchalance, ré­ pugnance, de dieg+ -i, est issu du vieux breton diochi ; il a pour équivalents le comique dyegyez le gallois diogi. Diegus (diegus, 1659), adj. quai., paresseux, nonchalant, indécis, de dieg+ -us. Diegussaad (diegussaat, 1710), v., devenir, rendre paresseux, de dieg+ -us + -aad Diekaad (diecat, 1499), v., paresser, de dieg+ -aad. Diell (dihell, 1716), s. £, document, archive, serait un emprunt à l’ancien français title, titre, acte juridique (mû. XIIe), issu du latin titulum, inscription, marque, par une évolution *titel, puis *tihelet enfin dihell lénition de l’initiale. Diellan (diellan, 1992), diellin (diellin, 1992), v., archiver, de diell + -an / -in. Dieller (dyeller, 1732), diellour (diellour, 1927), s. m., docu­ mentaliste, archiviste, de diell + -er / -our. Diellerezh (diellerezh, 1958), s. m., documentation, articles divers, de diell + -erezh.

Dien (dyen, 1557), adj. quai., clair, serein, et adv., certes, est identique au gallois dien, clair, serein, et équivalant au comique dyen, entier, parfait, complet, au vieil irlandais dian, rapide, et au gaélique d’Ecosse dian, agi­ le, fougueux, violent.

Dienes (dieznez, déb. XVIe), s. £, dénuement, misère, besoin, regret, aurait pour correspondant le moyen gallois *diadnes, composé des préfixes di- et ad- et du radical nés d’après adnes, secours. Dienn (dyen, 1633), s., m., crème, a pour correspon­ dant le comique dehen de même sens. Diennan (dienna, 1716), diennin (diennein, 1904), v., écrémer, de dienn + -an / -in. Dienneg (diennek, 1931), adj. quai., cré­ meux, de dienn + -eg. Dienneres (dienneres, 1992), s. £, écrémeuse, de dienn + -eres. Gourdienn (gourdien, 1919), s. m., seconde crème, de gour- + dienn.

Difaman (diffamaff, 1499), difamin (difamein, 1723), v., souiller, déshonorer, est un emprunt à l’ancien fran­ çais difamer, déshonorer (1268), issu du latin diffamare. Difarabouilh (difarabouilh, 1992), adj. quai., débraillé, décoiffé, est issu du croisement des verbes français dépareiller et barbouiller.

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Difaragouellan (difaragoella, 1876), difaragouellin (difaragouellin, 1992), v., dégringoler, est un composé des verbes français déferler et breton kouezel avec adjonction de la désinence verbale infinitive.

Difilhennaj (difiennaj, 1927), s. m., effilage, de difilh + -enn + -aj. Difilher (difilher, 1992), s. m., effileur, de difilh + -er. Difilheres (difilheres, 1992), s. £, effileuse, défileuse, de difilh + -eres.

Difenn (difenn, 1499), s. m., défense, adj. quai., dé­ fendu, et v., défendre, correspond au comique dyfen et au gallois difjyn ; ces mots résultent d’un emprunt au latin defendere. Difennabl (diffennabl, 1519), adj. quai., défendable, de difenn + -abL Difennadeg (difennadeg, 1931), s. £, défense, de difenn + -adeg. Difennadur (difennadur, déb. XVIe), s. m., défense, de difenn + -adur. Difenner (diffenner, 1499), difennour (dihuennour, 1723), s. m., défenseur, redresseur, de difenn + -er! -our, identiques au comique dyfennor et au gallois difjynwr. Difennerezh (difennerez, 1931), s. m., défense, de difenn + -erezh. Difennin (dijfenni, 1716 ; dihuennein, 1723), v, défendre, de difenn + -in. Difennus (difennus, 1931), adj. quai., défensif, de difenn + -us. Dizifenn (dizifenn, 1931), adj. quai., sans défense, de di- + difenn. Emzifenn (emzifenn, 1944), s. m., auto­ défense, de em- + difenn.

Difissil (difficil, 1499), adj. quai., difficile (à satisfaire), est un emprunt à l’ancien français dont le mot est attesté au début du XIVe siècle.

Difer (differ, XVIIIe), adj. quai., distinct, différentiel, spé­ cifique, et s. m., délai, est un emprunt au déverbal du français diferer (1314), issu du latin differre, être dissemblable, éloigner dans l’accomplissement. Diferadeim (diféraden, 1919), s. £, réserve, stipulation, de difer + -adenn. Diferan (differajf, 1499), diferin (differy, 1689), v., différer, de difer + -an / -in. Diferans (diferanç, 1519), s. £, distinction, spécificité ; délai, de difer + -ans. Diferansan (diferansan, 1958), diferansin (differancifu, 1576), v., (se) différencier, de difer + -ans + -an / -in. Diferant (différant, déb. XVIe), adj. quai., distinct, de difer + -ant. Diferassion (difeurasion, 1925), s. £, spécification, de difer + -assion. Difet (diffaet, 1530), adj. quai., difforme, est un em­ prunt au français issu de l’ancien français desfait, malade, impotent, dérivé du verbe desfaire (1080). Difetan (difetan, 1992), difetin (difetin, 1992), v., défigurer, de difet + -an / -in.

Difezh (diffeth, XIIIe ; diffez, XIVe), adj. quai., inculte, a pour correspondants le comique dyfyth et le gallois diffaith ; tous trois sont issus d’un emprunt au latin defectus.

Difilh (difi, 1927), s. m., droguer, est un emprunt au déverbal de l’ancien français défiler, enlever fil à fil (1268). Difilhenn (difienn, 1927), s. £, effilement, fil cassé (dans la trame), défilement, de difilh + -enn. Difilhadur (difiadur, 1931), s. m., défilement, de difilh + -adur. Difilhan (difilhan, 1992), difilhin (difiliein, 1744), v., défiler, effiler, de difilh + -an / -in.

184

Difistur (difestu(r), 1904), adj. quai., bien fait, sans défaut, est un composé du préfixe privatif di- et d’un radical festu(r), qui rappelle l’ancien français festu, paille, brin (déb. XIIe), issu du latin populaire festucum, pour festuca, brin d’herbe. Difluk (difluk, 1927), s. m., éclosion, jaillissement, et adj. quai., éclos, se compose du préfixe privatif di- et d’un radical ^¿équivalant à l’ancien français floc, petite houppe, issu du latin floccus, flocon de laine. Difiukan (difluka, d’après о tifluka, 1912), diflukin (diflukin, 1992), v., éclore, surgir, de difluk + -an /-in.

Difoc’h (difoch, 1927), adj. quai., débraillé, dépenaillé, dé­ fait, reste d’étymologie obscure. Difoc’han (difocha, 1927), difoc’hin (difochin, 1992), v., défaire, allonger ; gaspiller (le pain), de difoch + -an /-in. Difoc’her (difocher, 1927), s. m., celui qui gaspille le pain, de difoch + -er.

Difoupan (difoupa, 1927), difoupin (difoupin, 1992), v., débusquer, sortir brusquement, jaillir avec force ; dénicher, est bâti sur l’onomatopée foup. Difouper (difouper, 1958), s. m., dénicheur, de difoup- + -er. Difrae (diffrae, 1557), adj. quai., diligent, et s. m., di­ ligence ; formalité, est un emprunt au moyen français défiai (1403). Difrae (dijfre, 1659), difraean (difrœa, 1732), difraein (difréein, 1904), v., (se) dépêcher, de difrae + -an / -in, sont attestés plus anciennement par leur part, passé diffraet en 1557. Difraeüs (difrœus, 1732), adj. quai., diligent, de difrae + -us.

Difrenselian (difrenselian, 1992), difrenselin (difrenselin, 1992), v., dételer, semblent se composer du préfixe pri­ vatif di- et d’un radical frenselapparenté à l’ancien fran­ çais fresteler, parcourir en galopant, courir au galop, d’origine incertaine. Difurlu (difurlu, 1992), adj. quai., débraillé, apparaît comme une variante de difarle (1732) et de diferlenk (1904), également de même sens ; voir sous farlean.

Dig (dig, 1557), adj. quai., zélé, exact, semble apparenté au gallois dig, amer, indigné, courroucé, mais ce mot a été tiré de l’ancien français juridique emprunté sous la graphie iuridic contracté en iurdicen moyen breton puis à ¿/zg-par aphérèse.

Dig {dig, d’après le pl. digou, 1633), s. m., digue, est un emprunt à l’ancien français diic (1303) puis digue (1360), issu du moyen néerlandais dijc.

et s. m., entrebâillement, de kom + digor. Komzigorin {kom-zigeri, 1876), v., entrebâiller, de korn + digor + -in.

Diglokedan {diglokedan, 1992), diglokedin {diglokedin, 1992), v., (se) déboîter, représente la forme altérée du français disloquer, attesté en 1549, avec le sens de “dé­ boîter” et issu du latin médiéval dislocare.

Digostin {digostin, 1992), v., se dégager, s’éclaircir, pour­ rait procéder de l’ancien français decoste, à côté de, de côté (1175).

Digogassin {digogassin, 1992), v., (se) réveiller, apparaît dérivé du français cocasse (1739), variante péjorative de coquard. Digonsert {digonsert, 1992), s. m., consternation, est un emprunt au déverbal du français déconcerter, attesté à la fin du XVIe siècle avec le sens de “troubler”. Digonsertin {digonsertin, 1992), v., consterner, de digonsert + -in. Digor {dygor, 1519), adj. quai., ouvert, et s. m., ou­ verture, accès, entrée, est apparenté au vieux breton icor, ouvert, au comique ygor et au gallois agor. Ce mot est un composé du préfixe di- et d’un radical cor, possible parent de l’irlandais eochair, clé. Digoradur {digoradur, 1723), s. m., ouverture, introduction, de digor + -adur. Digoraj {digoraj, 1919), s. m., apprêt, cérémonial, de digor + -aj. Digorans {digorans, 1992), s. £, présenta­ tion, de digor + -ans. Digorded {digueordœd, fin XVlir, d’après a zigueordad), s. £, ouverture, amplitude, de digor + -ded. Digorentez {digorentez, 1992), s. £, envergure, de digor + -entez. Digorer {digorer, 1992), digorour {digorour, 1992), s. m., ouvreur, de digor + -er / -our. Digoridigezh {digoridiguez, 1732), s. £, ouverture, vernissage, de digor + -idigezh. Digorin {digueriff, 1557), v., (s’)ouvrir, se fendre (aux boules), accélérer à, de digor + -in. Addigorin {addigorin^ 1992), v., réouvrir, de ad- + digor + -in. Damzigor {damzigor, 1927), adj. quai., entrou­ vert, de dam- + digor. Damzigorin {damzigeri, 1924), v., entrouvrir, de dam- + digor + -in. Dizigor {dizigor, 1958), adj. quai., non ouvert, de di- + digor. Gouzigor {gourzigor, 1860), adj. quai., entrouvert, deg»w-+ digor. Gouzigorin {gourzigeri, 1876), v., entrouvrir, de gou+ digor + -in. Morzigor {morzigor, 1992), adj. quai., en­ trouvert, de mor- + digor. Digorglun {digorklun, 1919), adj. quai., déhanché, et s. m., déhanchement, de digor + klun. Digorglunin {digorklunein, 1919), v., (se) déhancher, de digor + klun + -in. Digorles {digorles, 1992), adj. quai., dé­ hanché, et s. m., déhanchement, de digor + les. Digorlesan {digorlesan, 1992), digorlesin {digorlesin, 1992), v., se déhancher, de digor + les + -an / -in. Kornzigor {korn-zigor, 1876), adj. quai., entrebâillé,

Digrutan {digrutan, 1992), v., (se) réduire, pourrait être un emprunt par altération au français gruger, écraser, égruger (xvr). Dihailh {dihailh, 1992), adj. quai., dépenaillé, mal fa­ goté, est formé du préfixe dépréciatif di- et du radical hailh emprunté au moyen français issu du moyen haut allemand hadel, lambeau. Dihailhan {dihailhan, 1992), v., mal fagoter ; abîmer, de dihailh + -an.

Dihan {dihan, 1919), s. m., halte, est un composé du préfixe privatif di- et d’un radical han équivalant au gallois han, origine, essence, descendance. Dihanan {dihanan, 1992), dihanin {dihannein, 1919), v., cesser, de dihan + -an / -in. Dizihan {dizehan, 1923), adj. quai., ininterrompu, de di- + dihan. Diharag {diharak, 1904), adj. quai., affreux, méchant ; débraillé, mal mis, semble apparenté à l’ancien français haire, misère, douleur, peine (XIIe), issu du francique *haija, vêtement de poil.

Diheian {diheian, 1992), diheiin {dihaiein, 1744), v., détériorer, dégrader ; éplucher, pourrait être formé du préfixe privatif di- et du français haie. Diheiadenn {diheiadenn, 1992), s. £, détérioration, dégradation, de dihei- + -adenn. Diheier {diheier, 1992), diheiour {dihaiour, 1744), s. m., personne qui détériore ; éplu­ cheur, de dihei- + -er / -our.

Dihell {dihei, 1919), dihellin {dihellein, 1919), voir dehell. Dihod {dihod, 1904), adj. quai., érectile, et s. m., érection, action de monter en épi, comprend le même radical que le gallois hodi, monter en épi, former des épis. Dihodan {dioda, 1732), dihodin {dihodein, 1723), v., monter en épi ; (se) mettre en érection, de dihod + -an/-in. Dihoded {dihodet, 1992), part, passé, tumescent, de dihod + -ed.

Dihostal {dihostal, 1904), v., respirer fort, être essouf­ flé, geindre, est formé à partir de l’ancien français oster, ôter, enlever (1119), issu du latin populaire obstare, em­ pêcher, retenir. Dihosterezh {dihosterezh, 1992), s. m., essoufflement, de dihost- + -erezh.

Dihust {dihust, 1958), s. m., charade, admet pour variante dihustell {dihustell, 1958). 185

Dihuz (moyen breton dihuz!), s. m., commodité, pro­ cède du vieux breton dihud, commodité, réconfort, et correspond au gallois dyhuddàe. même sens. Dihuzed {dihued, 1912), s. m., diversion, divertissement, de dihuz + -ed, identique au gallois dyhudded consolation, satisfaction, réconfort. Dihuzedin {dihuedi, 1923-25), v., (se) divertir, de dihuz + -ed + -in. Dihuzan (dihuzaff, 1499), dihuzin {dihuzin, 1992), v., consoler, de dihuz + -an / -zw, équivalant au gallois dyhuddaf, dyhuddo, apaiser, réconcilier, pacifier, consoler, conforter.

Dija {de ia, déb. XVIe), adv., déjà, est un emprunt à l’an­ cien français dès jà formé de jà, maintenant (980). Dijeran {digeraff, 1499), dijerin {digeri, 1732), v., digérer, est un emprunt au français dont le sens de “faire la digestion” apparaît au XIVe siècle ; ce mot est issu du latin digerere, distribuer. Dijuni {deguny, 1633), s. m., petit déjeuner, est un em­ prunt à l’ancien français desjeunee, (1164), dérivé jeun. Addijuni {addijuni, 1992), s. m., casse-croûte du ma­ tin, de ad- + dijuni. Dijunan {deiunajf, 1499), dijunin {diiuniff, 1557), v., prendre le petit déjeuner, sont formés sur le radical dijun attesté en 1499, deiun. Azzijun {azejun, 1919), s. m., casse-croûte (du matin), est un dérivé avec préfixe az- formé sur ce radical.

Diktan {diktan, 1992), diktin {diktin, 1992), v., dic­ ter, sont attestés en moyen breton par leur part, passé dictet emprunté au moyen français dicter (XVe), forme refaite d’après le latin dictare. Diktadur {diktadur, 1958), s. m., dictée, de dikt- + -adur. Dikton {diton, dicton, 1659), s. m., dicton, emprunté directement au français. Diktatour {diktator, 1931), s. m., dictateur, de diktat+ -our. Diktatouraj {diktatouraj, 1992), s. m., dictature, de diktat- + -our + -aj. Diktatouriezh {diktatoriez, 1931), s. f., dictature, de diktat- + -ouriezh.

Dilatan {dilataff, différer, 1519), dilatin {dilatin, 1992), v., dilater, est un emprunt à l’ancien français dilater {\5GY), issu du latin dilatare. Le comique dylatya procède également de l’ancien français.

Dilenn {dilenn, 1927), s. m., option, tri, procède du vieux breton diclin, recherche, triage ; comme son équi­ valent gallois dichlyn, ce mot est issu du celtique *do-eksglenn. Dilenn {dilen, 1659), dilennin {dilennein, déb. XVIIIe), v., opter, trier, élire ; éplucher, de dilenn + -in, identique au gallois dichlyn, dichlynaf. Dilennad {dilennad, v. 1929-30, d’après daou zilennad), s. m., délégué, élu, de dilenn + -ad. Dilennadeg {dilennadeg, 186

1931), s. f., élection, de dilenn + -adeg. Dilenner {dilenner, 1821), dilennour {dilennour, 1931), s. m., électeur, de dilenn + -er / -our. Dilennidigezh {dilennidigez, 1931), s. f., élection, de dilenn + -idigezh. Dilennus {dilennus, 1931), adj. quai., éligible, de dilenn + - us. Dilennusted {dilennusted, 1931), s. f, éligibili­ té, de dilenn + -us + -ded. Diles {diles, 1992), adj. quai., authentique, et s. m., au­ thenticité, procède du vieux breton diles, certain, digne de foi, sûr, et correspond au gallois dilys, certain, sûr, à l’irlandais dileas, propre, sauf Le radical les, llys en gal­ lois, se retrouve également dans le breton lesanw et dans le gallois llysenw. Le sens premier du mot serait “sans reproche, sans objection”. Dilhad {dillat, 1499), s. m., vêtements, habits, a pour correspondants le comique dyllas, le gallois dillad, l’irlandais diallait (vieil irlandais dillat) et le gaélique d’Écosse diallaid, selle. Tous ces mots dérivent du radical celtique *dili-, séant, duquel procédait le vieil irlandais dil, agréable. Dilhaderezh {dilladerez, 1900), s. m., confection de dilhad + -erezh.

Dilijans {diligancc, 1499), s. £, diligence, est un em­ prunt à l’ancien français attesté au XIIe siècle avec le sens de “soins empressés”, celui de “rapidité” n’apparaissant qu’au siècle suivant ; ce mot est issu du latin diligentia. Dilijant {diligant, 1464), adj. quai., diligent, est em­ prunté directement à l’ancien français.

Dillo {dillo, 1876), adj. quai., prompt, et s. m., promp­ titude, procède du celtique *dis-lo- par *dihlo-. Dilloenter {dilloenter, 1464), v., délier, de dillo + -en­ ter. Dilloüs {dilloüs, 1931), adj. quai., expéditif, de dillo + -us. Diloaz {diloèu, 1927), coll., dépôt (de trempage), est bâti sur un radical loue, mauvaise odeur (1876), issu du vieux breton loed, stagnant, sale ; stagnation, apparen­ té au gallois Uoedd, immobilité, tranquillité. Diloaziadur {diloaiadur, 1910), s. m., défécation (chimique) de diloaz + -iadur. Diloazian {diloaian, 1992), diloazin {dilouein, 1876), v., (se) déposer, déféquer, de diloaz + -ian / -in. Diluj {dilug, 1499), s. m., déluge, est un emprunt à l’an­ cien français dont le mot, attesté en 1175, est issu du latin diluvium.

Dimesell {dimezel, 1877), s. £, demoiselle, procède du moyen breton ¿¿w^W(1499), emprunté à l’ancien fran­ çais damoisele (Xe).

Diminu {diminu, 1633), s. m., diminution, est le dé­ verbal du verbe diminuan {diminuaff, 1499), diminuin

(diminuiff, 1633), v., diminuer, de diminu + -ah / -zX emprunté à l’ancien français diminuer (1308), issu du latin diminuere.

Din (¿/zX 1499), adj. quai., digne, est un emprunt à l’ancien français digne avec perte de la mouillure ; ce mot, attesté au XIe siècle, est issu du latin dignus. Dinentez (dinitez, 1732), s. £, dignité, de din + -entez, Indin (indin, YJ32), adj. quai., indigne, révoltant, est un emprunt direct au français du fait du maintien du pré­ fixe in-, Indinian (indinian, 1992), indinin (indinin, 1992), v., indigner, révolter, de indin + -ian /-in, Indinded (indinded 1732), s. £, indignité, de indin + -ded Indinder (indinder, 1732), s. m., indignité, de indin + -der. Din (¿¿X 1992), s. m., fort, forteresse, procède du vieux breton din, forteresse, et correspond au comique dyn, colline fortifiée, et au gallois din, cité, fort, forteresse ; ces mots sont issus du brittonique *duno- apparenté à l’irlandais dùn et au gaulois dunon latinisé après la conquête romaine en -dunum dans les noms de lieux. Dinamit (dinamit, 1992), s. m., dynamite, est un em­ prunt au français dont le mot apparaît en 1866, formé à partir du radical grec dunamis, force. Dinamitan (dinamitan, 1992), v., dynamiter, de dinamit + -ah. Dinamiter (dinamiter, 1992), dinamitour (dinamitour, 1992), s. m., dynamiteur, de dinamit + -er / -our.

Diner (diner, 1499), s. m., denier, est, comme le cornique dynar, un emprunt au latin denarius. Dinerad (dinerat, 1659), s. m., (pour un) denier (de), de diner + -ad. Dinerus (dinerus, déb. XVIe), adj. quai., plein de deniers, de diner + -us.

Dins (dicc, 1499), s. m., dé (à jouer), cube, est un em­ prunt à l’ancien français dez, issu du latin datum. Dinsal (dinsal, 1732), v., tinter, de dins + -al, avait une variante *dinsin d’après dinsein (1723). Dinserezh (dinserez, 1821), s. m., tintement, de dins+ -erezh. Diogel (dioguel, 1499), adj. quai., sûr, sécurisant, et s. m., sécurité, a pour correspondants le comique dyogelex le gallois diogelde mêmes sens. Ces mots pro­ cèdent du brittonique *di-uo-cel, formé sur le radical cel attesté dans le vieux gallois celu, cacher, emprunté au latin celere, voiler, cacher. Diogelan (diogela, 1931), diogelin (diogelin, 1958), v., sécuriser, de diogel + -ah / -in, équivalant au gallois diogelaf, diogelu. Diogeler (diougeller, 1876), s. m., protecteur, de diogel + -er. Diogellaad (diouguelhat, déb. XVIe), v., rendre plus sûr, de diogel + -aad équivalant au gallois diogelhau. Diogelroez (diouguelroez, 1499), s. £, sécurité, de diogel + -roez, de même formation que le gallois diogelrwydd, de même sens.

Diot (dyot, XVIe), adj. quai, et s. m., idiot, est un em­ prunt à l’ancien français avec aphérèse de la syllabe ini­ tiale ; ce mot est issu du latin idiota, sot, lui-même du grec idiotes, particulier. Diotaad (diotaat, 1659), v., idiotifier, de diot + -aad. Diotach (diotaich, 1659), s. m., idiotie, de diot + -ach. Diotal (diotal, 1904), v., faire l’idiot, de diot+ -aL Diotiezh (diotiez, 1847), s. £, abê­ tissement, de diot+ -iezh. Diotis (diotisse, 1723), s. £, idiotie, de diot + -is. Amziot (amziot, 1992), adj. quai, et s. m., hystérique, de am- + diot. Arziot (arziot, 1992), s. m. et adj. quai., hystérique, de ar- + diot. Diziotin (diziotein, 1723), v., déniaiser, de di- + diot + -in. Brizhdiot (brizhdiot, 1992), s. m. et adj. quai., abruti, de brizh + diot. Diougan (dyougan, XVe), s. m., prédiction, correspond au gallois dyogan ; ces mots sont issus du brittonique *do-uo-can-, lui-même du celtique *to-wo-kan-. Diouganadenn (diouganadenn, 1923), s. £, diagnos­ tic, de diougan + -adenn. Diouganan (diouganan, 1992), diouganin (diougani, 1659), v., prédire, augu­ rer, diagnostiquer, pronostiquer, de diougan + -ah / -zX sont attestés plus anciennement par leur part, passé diouganet (déb. XVIe). Diouganer (diouganer, 1821), diouganour (diouganour, 1992), s. m., augure, oracle, pronostiqueur, de diougan + -er / -our. Diouganerezh (diouganerez, 1931), s. m., pronostic, prévision, de diougan + -erezh. Drougziougan (drouch djougan, XVIIe), s. m., mauvais présage, de droug + diougan.

Diouver (diovér, 1723), s. m., privation, absence, manque, perte, indigence, correspond au gallois diofer composé du préfixe privatif di- et du radical ofer, vain, inutile, futile, identique au comique üferex au breton euver (voir ce mot). Diouvered (dioueret, 1530), diouverin (dioueri, 1659), diouvero (diouvero, 1992), v., (se) priver, être privé de, s’abstenir, (se) démunir, manquer de, renoncer à, de diouver + -ed! -int -o, équivalant au gallois dioferaf, dioferu. Diouverans (diouerahs, 1958), s. £, privation, renonciation, de diouver + -ans. Diouverded (diovérded 1904), s. £, dénuement, pri­ vation, de diouver + -ded. Diouvererezh (diovérereh, 1904), s. m., abstinence, de diouver + -erezh. Diouverezh (diouverezh, 1992), s. £, perte (par décès), de diouver + -ezh. Diouveridigezh (diouëridiguez, 1732), s. £, privation, de diouver + -idigezh. Diouverus (diouerus, 1927), adj. quai., superflu, de diouver + -us. Diziouverus (diziouerus, 1931), adj. quai., indispen­ sable, de di- + diouver + -us. 187

Dipit (dépit, 1650), s. m., dépit, est un emprunt au moyen français issu de l’ancien français despit(\ 175), déverbal de despiter (1272), issu du latin despectare, regarder de haut. Dipital (dipita, déb. XVIIIe), v., (se) dépiter, de dipit + -al Dipitus (depitus, 1633), adj. quai., malveillant, regrettable, de dipit + -us.

Diplom (diplom, 1958), s. m., diplôme, est un emprunt au français dont le sens de “acte officiel” apparaît en 1732. Le mot procède du grec diplôma par le latin diploma. Diplomed (diplomet, 1992), part, passé, diplômé, de diplom + -ed.

Diplomat (diplomad, 1958), s. m., diplomate, direc­ tement du français. Diplomateg (diplomatek, 1958), adj. quai., diplomatique, de diplomat + -eg. Diplomaterezh (diplomaterezh, 1992), s. m., diplo­ matie, de diplomat + -erezh.

Dipton (dipton, 1499), s. f., diphtongue, est un em­ prunt à l’ancien français ditongue (1220), la forme ac­ tuelle ayant été refaite en 1690 sur le latin diphtongus. Le gallois présente également le mot dipton attesté au XIVe siècle sous la graphie diptonn. Diptonin (diptonin, 1992), v., diphtonguer, de dipton + -in. Dir (dir, 1499), s. m., acier, a pour correspondants le comique düret le gallois dur-, ces mots sont emprun­ tés au latin durum, (métal) dur. Direnn (diren, 1659), s. £, objet en acier, briquet, fusil (de boucher), de dir + -enn. Diran (dira, 1732), dirin (direin, 1723), v., acérer, garnir d’acier, de dir + -an / -in. Direr (direr, 1992), s. m., métallurgiste, de dir + -er, est attesté par le nom de personne Direr en 1688 à Locmélar (29). Diraes (diraes, 1499), v., atteindre (à), et s. v., attein­ te, a pour correspondant le comique drehedhesie même sens, forme qui suppose une forme initiale bretonne *dirhaezes évoluée à diraes par chute du -z- intervocalique ; la désinence verbale -s, rare en breton, se retrouve également dans le verbe gortos. Tous deux supposent un composé celtique *to-ro-sid- ; le radical -aes, hedh est attesté en vieux breton sous la forme haid-, atteinte, mérite, et en gallois sous haidd. Diraezus (diraezus, 1931), adj. quai., accessible, réalisable.

Dirapan (dirapan, 1992), dirapin (dirapin, 1992), v., déraper, est un emprunt au français dont le mot prend son sens moderne en 1896. Direnn (diren, 1659), s. f., rayon (de miel) est à rap­ procher du singulatif gallois dilen de même sens.

Diridign (diridign, 1992), s. m., cliquètement, est un mot de formation expressive. Diridignad (diridignat, 1958), v., cliqueter, de diridign + -ad, est attesté en 1902 sous la forme conjuguée a ziridigne.

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Dirig (dirik, 1890), adj. quai., en chaleur, remonte au vieux breton -dar-, rage, affecté en dir- par le suffixe -ig. Dirigezh (dirigaez, 1464), v., être en chaleur, de dirig + -ezh. Dirijan (dirijan, 1992), dirijin (dirijin, 1992), v., diriger, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1495, est issu du latin dirigere. Dirijamant (dirijamant, 1992), s. m., consigne (militaire), de dirij-+ -amant.

Dirojan (dirogea, 1732), dirojin (dirojin, 1992), v., déroger, est un emprunt au français attesté sous cette graphie au XVIe siècle (desroguer, 1361) et dont le mot est issu du latin derogare. Dirojans (dirogeançz, 1732), s. £, dérogation, de diroj- + ans. Disalbad (disalbade, déb. XVIIIe), s. m., sac, saccage, et adj. quai., saccageur, a été rapproché du provençal sabatar, vexer, et du dialecte poitevin ensalbatai, ensorceler, comprenant tous deux le radical sabat, du français sabbat. Disalbadin (dizalbadein, 1723), v., sac­ cager, de disalbad + -in. Disalbadour (dizalbadour, 1723), s. m., saccageur, de disalbad + -our.

Disanv (dizan, 1958), adj. quai., dépéri, périmé, et s. m., dépérissement, est à rapprocher du gallois di-saf, infir­ me, agité, tombant, (personne) sur qui l’on ne peut pas compter. Disanvian (disanvian, 1992), v., passer l’envie, est un em­ prunt au français envier précédé du préfixe privatif dis-. Disatin (dizatin, 1958), v., perdre la raison, devenir fou sous l’effet de la boisson, est attesté en 1904 par son part, passé dizatet. Ce mot semble être un composé de di- et d’un radical sat que l’on rapprochera de l’ancien français .w^issu d’un latin satus, au sens de “satanique, diabolique”.

Disenes (dizenes, 1659), s. £, dizaine, procède du fran­ çais dont le mot, attesté sous la graphie dizeineen 1515, a été emprunté dans son sens religieux. Diserian (diseria, 1716), diserin (diserin, 1992), v., dépérir, est un emprunt à l’ancien français desairier, mal­ traiter, détruire, dérivé de aire. Diseriadur (diseriadur, 1992), s. m., cachexie, de diser- + -iadur. Diserier (diserier, 1992), s. m., ver gris, de diser- + -ier.

Disertan (disertan, 1992), disertin (disertein, 1732), v., déserter, faire le mur, est un emprunt au français dont le mot, attesté avec ce sens au XVIIe siècle, a été repris à l’italien. Diserter (deserter, 1732), disertour (disertour, 1732), s. m., déserteur, de disert- + -er / -our. Diserterezh (dizerterezh, 1958), s. m., désertion, de disert- + -erezh. Disertidigezh (disertidiguez, 1732), s. £, désertion, de disert- + -idigezh.

Disk {disk, \751), s. m., disque, est un emprunt récent au français mais ce mot avait encore en 1752 le sens de “plat rond, vaisseau” qu’avait déjà le vieux breton dise issu du latin discus, palet circulaire. Disker {disker, 1992), diskour {diskour, 1992), s. m., disquaire, de disk + -er / -our. Diskoweg {diskaoueg, 1992), s. £, disco­ thèque, de disk + -ow + -eg. Diskartin {diskartin, 1992), v., (s’)écarter, est un em­ prunt au français avec substitution de préfixe. Diskenn {disquenn, 1499), diskennin {diskenni, 1716), v., descendre ; débarquer ; verser, est, comme le gallois disgyn et le comique dyskynna, un emprunt au latin descendere. Diskenn {disquenn, 1659), s. m., descente ; débarquement. Diskennad {diskennad, d’après le pl. diskennidi, 1923), s. m., descendant, de diskenn + -ad. Diskennadur {disquennadur, déb. XVIe), s. m., des­ cendance, de diskenn + -adur. Diskenner {diskenner, 1992), diskennour {diskennour, d’après e ziskennourien, 1912), s. m., descendeur, de diskenn + -er / -our. Diskennidigezh {disqennidiguez, 1732), s. f., descen­ dance ; action de descendre, de diskenn + -idigezh. Addiskenn {addiskenn, 1992), v., redescendre ; rever­ ser, de ad- + diskenn. Azdiskenn {azdiskenn, 1992), v., redescendre, de az- + diskenn. Diskibl (disquibl, 1499), s. m., disciple, admet pour cor­ respondants le comique dyskybelex le gallois disgybl ; ces mots sont un emprunt latin populaire *discipïus issu du latin classique discipulus. Kendiskibl {kendiskibl, 1931), s. m., condisciple, de ken- + diskibl.

Disklaerian {disclaeryaff, 1499), disklaeriin {disclaryein, 1732), v., déclarer, dénoncer, indiquer, commenter, est un emprunt à l’ancien français desclarier, éclaircir, expliquer, adapté du latin declarare avec influence de cler, clair. Disklaeriadenn {diskleriadenn, 1931), s. f., éclaircissement, explication, de disklaeri- + -adenn. Disklaeriadur {disklériadur, 1821), s. m., déclaration, de disklaeri- + -adur. Disklaerier {disklérier, 1821), disklaeriour {diskleriour, 1929), s. m., déclarant, dénon­ ciateur, de disklaeri- + -erl -our. Disklaerius {disclœryus, 1732), adj. quai., déclaratoire, de disklaeri + -us. Diskonfied {disconfiet, 1567), adj. quai., déconfit, est un emprunt au part, passé du verbe ancien français desconfire, briser, abattre (1080), dérivé de confire, pré­ parer, achever. Diskour {discour, 1732), s. m., discours, procède du moyen français ; on notera que l’emprunt est antérieur à 1534, date à laquelle le -s final a été rajouté par

réfection sur cours. Diskourer {diskourer, 1992), s. m., discoureur, de diskour + -er. Diskourin {discourein, 1732), v., discourir, de diskour + -in. Diskouransal {diskouransal, 1992), v., pérorer, s’écouter, semble for­ mé sur un ancien français *discourance.

Diskourle {diskourlé, 1904), adj. quai., (fille) déver­ gondée ; (bois) mal travaillé, apparaît comme un dérivé en dis- de l’ancien français gorle, fin, rusé.

Diskuilhan {disculia, 1659), v., révéler, dénoncer, dévoiler, divulguer ; confier, épancher, semble être un emprunt à l’ancien français descuidier, changer d’avis, avec modification de la finale. Diskuilh {diskuil, 1868), s. m., révélation, dénonciation, en est le déverbal. Diskuilhadeg {diskuliadeg, 1931), s. f, épanchement, de diskuilh + -adeg. Diskuilhadenn {diskuliadenn, 1931), s. £, révélation, de diskuilh + -adenn. Diskuilhadur {disculyadur, 1732), s. m., divulgation, révélation, de diskuilh + -adur. Diskuilhadurezh {diskuliadurez, 1821), s. £, déclaration, dénonciation, de diskuilh + -adurezh. Diskuilher {disculyer, 1732), s. m., dénonciateur, divulgateur, révélateur, de diskuilh + -er.

Diskulpan {diskulpan, 1992), diskulpin {diskulpin, 1992), v., disculper, est un emprunt au français posté­ rieur à 1674, date à laquelle le mot apparaît sous cette graphie, refait d’après le latin culpa, faute, sur l’ancien français descoulper (XIIe). Diskurlu {di(sk)relu, 1927), voir grullu.

Diskutal {diskutal, 1992), v., discuter, est un emprunt au français.

Disleber {disleber, 1659), adj. quai., laid, défait, défi­ guré, difforme, peut s’expliquer par un radical brittonique *lip-ero- dérivé du celtique *liq, corps, forme, racine que l’on trouve dans l’irlandais àlic, agréable. Ce radical se retrouve également dans le mot heveleb. Disleberans {disleberançz, 1732), s. £, difformité, de disleber + -ans. Disleberded {disleberded, 1732), s. £, dif­ formité, de disleber + -ded Disleberer {disleberer, 1992), s. m., décatisseur, de disleber + -er. Disleberidigezh {disleberidigez, 1931), s. £, déformation, enlaidissement, àedisleber + -idigezh. Disleberan {dislebera, 1732), disleberin {disleberi, 1732), v., décatir, déformer, dénatu­ rer, de disleber + -an + -in. Dislevin (gen) {disguelyguen, 1521 ; disleuyguen, 1633), v., bâiller, est à rapprocher du gallois dylyfu (gên), se lécher les babines, donner un coup de langue. Le mot se décomposerait en *di-slib, formé sur slib, glisser.

Dismeg {dismeg, 1878), adj. quai., lâche, et s. m., op­ probre, a pour correspondant le gallois dirmyg, mépris, 189

dérision, dédain. Tous deux sont formés sur un radical meg, issu du vieux breton mec, mic, fait de briller, de pa­ raître. Dismegañ (dismega, 1931), dismegiñ (dismegiñ, 1992), v., maltraiter, mépriser, de dismeg + -añ / -iñ. Dismeger (dismeger, 1992), dismegour (dismegour, 1992), s. m., contempteur, de dismeg + -er / -our. Dismegus (dismegus, 1878), adj. quai., contemptible, méprisant, de dismeg + -us. Dismegañs (dismegancç, 1659), s. £, outrage, de dismeg + -añs. Dismegañsañ (dismegañsañ, 1992), dismegañsiñ (dismegansi, 1927), v., outrager, dédaigner, de dismeg + -añs + -añ / -iñ. Dismegañser (dismeganser, 1931), s. m., contempteur, de dismeg + -añs + -er. Dismegañsus (dismegansus, 1878), adj. quai., outrageant, méprisant, de dismeg + -añs + -us.

Dismuniañ (dismuniañ, 1992), dismuniiñ (dismuniein, déb. XVIIIe), v., ameublir (la terre) ; dépérir, diminuer, est un emprunt au français diminuer, mot issu du latin diminuere avec modification de la syllabe initiale prise pour le préfixe privatif di-. Dismuniabl (dismuniabl, 1919), adj. quai., friable, de dismuni- + -abl.

Dispafalad (dispafalat, 1633), v., agiter (des ailes), com­ prend le préfixe dis- et un radical -pafalat, renforcé à l’initiale d’un *bavalad\ss\i du moyen français bavoler, de bas + voler.

Dispalu (dispalu, 1958), s. m., bas-côté, dégagement, semble formé du préfixe dis- et d’un radical palu que l’on rapprochera de l’ancien français palu, souillé, d’ori­ gine obscure. Dispañs (dispancc, 1499), s. f., dispense ; impense, est un emprunt à l’ancien français attesté au XVe siècle et déverbal de ¿&/>¿71kt(1283), issu du latin dispensare, dis­ tribuer. Dispañs (dispañs, 1992), dispañsañ (dispansaff, 1499), dispañsiñ (dispensi, 1659), v., dispenser, de dispañs + -añ / -iñ. Dispañser (dispanseur, déb. XVIe), s. m., dispensataire ; dispensaire, de dispañs + -er. Disparbuilh (disparbuilh, 1732), adj. quai., débraillé, dépenaillé, pourrait se composer du préfixe privatif dis­ es. d’un radical -parbuilh, renforcé de *barbuilh, mot emprunté au français barbouille. Disparbuilhañ (disparbuilha, 1732), v., (se) débrailler, de disparbuilh + -añ. Dispenn (dispenn, 1499), dispenniñ (dispenniff, 1557), dispenno (dispenno, 1992), v., (se) défaire, (se) démo­ lir, dépecer, débiter, déchiqueter, dissiper, est un em­ prunt à l’ancien français despaner, déchirer, mettre en pièces, dépouiller (XIe), dérivé de pan duquel est aussi issu le français dépenaillé. Dispenn (dispenn, 1924), s. m., décomposition (en morceaux). Dispennadenn

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(dispennadenn, 1958), s. f., déchiquetage, de dispenn + -adenn. Dispennadur (dispennadur, 1723), s. m., déchiqueture, de dispenn + -adur. Dispenner (dispenner, 1821), dispennour (dispennour, 1992), s. m., déchiqueteur, dépeceur, de dispenn + -er/-our. Dispennerezh (dispennérez, 1821), s. m., action de mettre en pièces, de découper, de dispenn + -erezh. Peurdispenn (peurzispenn, 1924), v., achever de dé­ molir, de peur- + dispenn. Pizhdispenn (pizhdispenn, 1992), v., disséquer, depizh + dispenn. Dispign (disping, 1499), s. m., dépense, gâchis, est un emprunt au bas latin dispendium ; la mouillure du -nprovient du -i- du suffixe pluriel -iow. Ce mot est un em­ prunt au latin dispendium. Dispign (disping, 1499), dispignin (dispignein, 1723), v., dépenser, gâcher, de dispign + -in, présentaient deux autres variantes en 1732, dispigna et dispignout. Dispigner (dispigneur, 1732), dispignour (dispignour, 1904), s. m., dépensier, de dispign + -er/-our. Dispigneiezh (dispignerezh, 1992), s. m., habitude de dépenser, de dispign + -erezh. Dispignus (dispingneus, 1464), adj. quai., dispendieux, de dispign + -us. Dizispign (dizispign, 1877), adj. quai., économe, de di+ dispign. Drougzispign (drougzispign, 1992), s. m., folle dépense, de droug + dispign.

Dispos (dispos, 1633), adj. quai., dispos, détendu, éveillé, est un emprunt au moyen français attesté en 1465 et issu de l’italien dispoto, en bonne disposition. Disposait (disposait, 1992), disposin (disposi, 1732), v., disposer, est attesté en 1650 sous la forme conjuguée a disposo ; ce verbe est un emprunt au français attesté en 1180 et adapté du latin disponere d’après poser. Disposer (disposer, 1992), s. m., déposant, de dispos + -er. Disposidigezh (disposidiguez, 1732), s. £, disposi­ tion, arrangement, de dispos + -idigezh. Disposadur (disposadur, 1732), s. m., disposition, arrangement, de dispos + -adur. Disput (dispud, 1732), s. £, controverse (chantée et rimée), est un emprunt au français. Disputan (disputaff, 1499), disputin (disputenn, 1576), disputo (dispute, 1992), v., disputer, de disput + -an / -in / -o, avaient une quatrième variante disputai (1732). Disputer (disputeur, déb. XVIe), disputour (disputeur, 1732), s. m., controversiste, de disput + -er / -our.

Dissimulait (dissimulaff, 1499), dissimulin (dissimulifu, n. 1565-68), v., dissimuler, est un emprunt à l’ancien français attesté en 1360 et dérivé du verbe simuler

(1330). Dissimuler (dissimuler, 1499), s. m., dissimu­ lateur, de dissimul- + -er. Dissimulañs (dissimulancc, déb. XVIe), s. f., feinte, trahison, de dissimul- + añs. Dissiplin (diciplin, 1557), s. £, discipline, est un em­ prunt à l’ancien français dont le mot, attesté en 1080, avait les sens de “punition corporelle, châtiment” ; ce mot est issu du latin disciplina. Dissiplinañ (diciplinaff, déb. XVIe), dissipliniñ (diçziplinem, 1732), v., discipli­ ner, faire de la discipline, de dissiplin + -añ / -iñ. Dissiplinañs (disciplinancc, 1499), s. £, discipline, de dissiplin + -añs.

Dissivoud (dissiuout, déb. XVIe), s. m., secte, dissiden­ ce, réforme, est un ancien verbe substantivé, disiuout (déb. XVIe) ; il semble formé sur le radical *dissid- du français dissidence avec adjonction de ^«¿/adouci à l’ini­ tiale. Dissivoudañ (dissivoudañ, 1992), dissivoudiñ (disivoudiñ, 1958), v., entrer en dissidence, opiner, de dissivoud+ -añ / -iñ. Dissivouder (diçzivouder, 1732), dissivoudour (disivoudour, 1931), s. m., dissident, réformateur, de dissivoud + -er / -our. Dissolviñ (diçzolvi, 1732), v., dissoudre, est un emprunt au radical dissolv-à\i français dissoudre issu du latin dissolvere. Dissolvañs (diçzolvançz, 1732), s. £, dissolution, solution (chimique), de dissolv- + -añs.

Disteñgañ (distingaff, 1499), disteñgiñ (disteñgiñ, 1992), v., distinguer, est un emprunt à l’ancien français dont le mot apparaît au milieu du XIVe siècle. Distilh (distil, 1723), s. m., articulation, diction, énon­ cé, est un emprunt au français mais dans un sens figuré. Distilhañ (distillaf, 1633), distilhiñ (disstillein, 1744), v., articuler, énoncer, de distilh + -añ / -iñ. Distilher (distilher, 1992), distilhour (disstillour, 1744), s. m., personne qui articule, personne diserte, de distilh + -er / -our.

Distribuañ (distribuaff, 1499), distribuiñ (distribuí, 1732), v., distribuer, est un emprunt à l’ancien français dont le mot est attesté en 1355 ; il procède du latin distribuere. Distribuer (distribueur, 1499), s. m., dis­ tributeur, de distribu- + -er.

Distrig (distrig, d’après le pl. distrigou, 1847), s. m., dis­ trict, est un emprunt au français par modification de la finale ; le mot, issu du latin districtus, désignait dès le début du XVe siècle une circonscription administra­ tive puis, à partir de 1789, une subdivision du dépar­ tement.

Distruj (distruget, 1499), adj. quai., défait, détruit, et (distrug déb. XVIe), s. m., défaite, destruction, est un em­ prunt au part, passé du verbe destruiré (1080), issu du

latin populaire destrugere. Distrujadur (distrujadur, 1904), s. m., suppression, de distruj + -adur. Distrujamant (distrugemand, 1744), s. m., destruction, de distruj + -amant. Distrujañ (distrugaff, 1499), distrujiñ (distrugein, 1723), v., détruire, supprimer, sui­ cider, de distruj + -añ / -iñ. Distrujer (distruger, déb. XVIe), distrujour (distrugeour, 1744), s. m., destructeur, exterminateur ; destroyer, de distruj + -er / -our. Distrujerezh (distrugereah, 1744), s. m., suppression ; éclaircissage (des plants), de distruj + -erezh. Distrujidigezh (distrujidigez, 1925), s. £, extermination, de distruj + -idigezh. Distrujus (distrugus, déb. XVIe), adj. quai., destructif, de distruj + -us. Dizistruj (dizistrujus, 1931), adj. quai., indestructible, de di-+ distruj. Emzistruj (emzistruj, 1992), s. m., sui­ cide, de em- + distruj.

Dius (dius, 1499 ; diwis, 1716), s. m., discernement, choix, correspond au comique dewys, choix, élection, sélection, préférence, et au gallois dewis, choix, option, sélection, tous trois issus de la racine celtique *geus. Dius (dius, déb. XVIe), diusañ (diusaff, déb. XVIe), v., discer­ ner, distinguer, choisir, élire, de dius + -añ. Diuser (diuser, 1732), s. m., électeur, de dius+ -er. Diuserezh (diuserezh, 1992), s. m., éclectisme, de dius + - erezh. Diusabl (diusapl 1732), adj. quai., éligible, de dius + -abl.

Divalaw (moyen breton dyvalau}, adj. quai., laid, mé­ diocre, grossier, indécent, vulgaire, suppose un préfixe di- associé à un radical -valaw sous une forme lénifiée. Celui-ci a été rapproché d’un qualificatif disparu *malaw, issu du celtique *mal-awo-, mou. Divalawaad (divaloaat, 1931), v., (s’)enlaidir, décliner, de divalaw + -aad. Divalawaj (divalawaj, 1992), s. m., grossière­ tés, de divalaw + -aj. Divalawamant (divaloamant, d’après divaloamanchou, 1710), s. m., atrocité, acte in­ décent, de divalaw + -amant. Divalawded (divaloded, 1931), s. £, laideur, de divalaw + -ded. Divalawerezh (divalaverezh, 1958), s. m., vulgarités, indécences, de divalaw + -erezh.

Divarbead (divarbeaat, 1958), v., ébarber, est formé sur le radical *barbe adouci, emprunté à l’ancien français barbe, barbu (1080). Diveg, s. m., avanie, procède du vieux breton dimic, mépris (voir sous dismeg). Dimegañs (divegañs, 1958), s. £, affront, de diveg + -añs.

Divergont (diuergont, v. 1565-68), adj. quai., effron­ té, est composé du préfixe privatif di- et de -vergont, emprunté à l’ancien français vergonde, honte, déshon­ neur (1160), issu du latin verecundia. Divergontadell

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(divergondadel, 1904), s. £, dévergondée, de divergont + -adell. Divergontaj (divergondagë, 1723), s. m., dé­ vergondage, de divergont + -aj. Divergontan (diver­ gontan, 1992), divergontin (divergondein, 1723), v., (se) dévergonder, de divergont* -an/-in. Divergpntis (diuergontis, 1659), s. f., dévergondage, de divergont* -is. Divertissan (devertiçza, 1732), divertissin (devertiçzein, 1732), v., divertir, est un emprunt fait au radical divertiss- du verbe français conjugué. Divertissamant (divertiçzamand, 1732), s. m., divertissement, emprunté directement au français.

Divi (divi, 1923), adj. quai., épuisé, est un emprunt au latin populaire dificium ; le comique dyfyk, manque, dé­ faut, échec, et le gallois dijfyg, manque, besoin, défaut, correspondent plus exactement à la variante divig de ce mot. Diviadur (divïadur, 1931), s. m., épuisement, de divi + -adur, admet pour variante divigadur (dihuigiadur, 1904). Divian (deffiaff, XVIe), divigin (dihuiguein, 1723), v., (s’)épuiser, de divi(g) + -an / -in. Divians (difianç, 1718), divigans (divigans, 1992), s. £, épuisement, de divi(g) + -ans. Drougzivian (drouzivia, 1931), drougzivigin (drougzivigin, 1992), v., mal dépenser, gaspiller, de droug* divi(g) + -an / -in. Divin (diuin, 1499), adj. quai., divin, est un emprunt à l’ancien français divin (1361), issu du latin classique divinus. Divin (diuin, déb. XVIe), s. m., divination. Divinerezh (divinereah, 1744), s. m., divination, magie, de divin + -erezh. Divinus (diuinus, déb. XVIe), adj. quai., divinateur, de divin + -us.

Divinadell (diuinadell, 1499), s. £, devinette, de divin + adell, est formé sur la variante devin (1119) de l’an­ cien français issu du latin populaire devinus. Divinadelleg (divunadellek, 1931), adj. quai., énig­ matique, de divin + -adell* -eg. Divinadur (diuinadur, déb. XVIe), s. m., divination, de divin + - adur. Divinan (diuinaff, 1499), divinin (dihuénein, 1732), divinoud (divinout, dihuinout, 1732), v., deviner, de divin + -an/ -in / -oud ; le gallois dewino est emprunté directement au latin. Divinates (divinates, 1992), s. £, énigme, de divin + -aies. Diviner (diuiner, 1499), divinour (deuinour, 1659), s. m., devin, de divin + -er /-our.

Divis {devis, 1530), s. m., devis, convention, disposi­ tion, condition, décision, dialogue, et adj. quai., intel­ ligible, est un emprunt à l’ancien français devis, division, partage (fin XIIe), propos, devis, plan (fin XIIe), dont le féminin devise admettait les sens de “dessein, conven­ tion”, “entretien, conversation” conservés en breton. Divisadeg (divizadeg, 1936), s. £, conversation, de divis 192

+ -adeg. Divisadur (divizadur, 1958), s. m., stipulation, de divis* -adur. Divisamant (divisamant, 1992), s. m., chose convenue, de divis + - amant. Divisañ (deuisaff, déb. XVIe), divisiñ (devizein, 1904), v., stipuler, condi­ tionner, deviser, s’entretenir, décider, diviser, de divis + -añ / -iñ. Diviser (deuiseur, déb. XVIe), divisour (devizour, 1904), s. m., personne qui devise, décideur, de divis + -er / -our. Dizivis (diziviz, 1931), adj. quai., sans condition, in­ déterminé, de di- + divis. Emzivis (emziviz, 1923), s. m., entretien, de em-* divis. Kendivis (kendivis, 1992), s. m., interview, de ken-* divis. Kendiviser (kendiviser, 1992), s. m., interlocuteur, de ken- + divis + -er. Divoeañ (diuoeaff, 1519), divoeiñ (divoieiñ, 1992), v., vouer, est un emprunt à l’ancien français devoer, faire le vœu, vouer (1250), dérivé de voer. Divors (divors, 1992), s. m., divorce, est un emprunt au français. Divorsad (divorsad 1992), s. m., divorcé, de divors + -ad. Divorsadenn (divorsadenn, 1992), s. £, divorcée, de divors* -adenn. Divorsañ (divorsañ, 1992), divorsiñ (divorsiñ, 1992), v., divorcer, de divors* -añ/-iñ.

Divoursañ, divoursiñ (divoursein, 1904), v., débourser, est un emprunt au français mais sous une forme bretonnisée ; ce verbe est formé du préfixe privatif di-, du radical bours adouci à l’initiale (voir bouts) et du suf­ fixe verbal -añ ou iñ. Divourserezh (divoursereh, 1904), s. m., déboursement, de di- + bours* -erezh. Divrailhañ (divrailhañ, 1992), divrailhiñ (divraillein, d’après em zivraillein, 1790), v., (se) débrailler, est un emprunt au français mais avec lénition interne.

Divreiih (divreilh, 1958), s. m., débrouillardise, et adj. quai., débrouillard, comprend le préfixe privatif ¿¿-et un radical -vreilh lénifié à l’initiale et que l’on rappro­ chera de l’ancien français breil, piège, issu du germa­ nique britl, lacet. Divulgañ (diuulgaff, 1499), divulgiñ (divulgiñ, 1992), v., divulguer, emprunté à l’ancien français attesté au XIVe siècle et issu du latin divulgare. Diw (diu, 1499), adj. num. card., deux, procède du vieux breton diu ; il admet pour correspondants le cornique dyw, le gallois dwy et l’irlandais di. Diwved (diouvet, 1927), adj. num. ord., deuxième, de diw* -ved. Diwaskelleg (diùaskellek, 1904), adj. quai., ailé, bi­ penne, et s. m., diptère, de diw + askell + -eg. Diwaskelliñ (diouaskella, 1876 ; diwaskelli, 1931), v., battre des (deux) ailes, de diw* askell* -iñ. Diwc’hariñ (diwc’hariñ, 1992), v., écarter les jambes, de diw + gar + -iñ. Diwc’harzh (diuharh, d’après en niuharh,

1919), s. £, chemin creux (entre deux haies), de diw + garzh. Diwesker (diuesquer, 1557), s. pl., jambes, de diw + esker, du vieux breton esceir. Diwrannañ (diouranna, 1944), diwranniñ (diwranniñ, 1992), v., diviser en deux, de diw + rann + -añ / -iñ. Diwranner (diwranner, 1992), s. m., bissectrice, emprunté au gallois dwyrannydd Diwreizh (divreizh, 1958), adj. quai., bi­ sexué, de diw + -reizh. Diwrod (diwrod 1992), s. £, deux-roues, de diw + rod Diwsilabenneg (divsilabennek, 1958), adj. quai., dissyllabique, de diw+ silabenn. Diwvac’h (diuach, 1499), s. £, croc à deux dents, de diw + bac h. Diwvac’hata (divachata, 1992), v., travailler au croc, de diw + bac h + -ad + -a. Diwvogalenn (divvogalenn, 1958), s. £, diphtongue, de diw + vogalenn. Diwvogalenniñ (diwvogalennata, 1931), v., diphtonguer, de diw + vogalenn + -iñ. Diwwem (diwwem, 1992), s. £, deux-mâts, de diw + gwem. Diwyezheg (diouyezek, 1931), adj. quai., bilingue, emprunté au gal­ lois dwyieithog, de diw + yezh + -eg. Diwyezhegezh (diouyezegez, 1941), s. £, bilinguisme, de diw + yezh + -egezh. Diwzremmed (diou-zremmet, 1944), adj. quai., à deux visages, tranchant, de diw + dremm + -ed.

Diwez (diuez, 1499), s. m., fin, final, procède du vieux breton diuedet correspond au comique deweth, au gal­ lois diweddet au vieil irlandais dead diad', ces mots sont composés du préfixe di- et du radical *gwez issu de la racine celtique *uedh-. Diwezad (diuezat, 1499), adj. quai., tard, tardif ; demeuré, de diwez + -ad que l’on rapprochera du comique dewedhes. Diwezañ (diuezaff, 1499), adj. quai, superl., dernier, final, de diwez + -añ, analogue au comique dewetha. Diwezañ (diwezañ, 1992), diweziñ (diweziñ, 1992), v., s’empresser, de diwez + -añ / -iñ, équivalant au comique dewedha et au gallois diweddaf, diweddu. Diwezataad (diwezataad 1992), v., ajourner, reporter ; se faire tard, de diwez + -ad + -aad. Diwezel (diuezol, 1519), adj. quai., définitif, eschatologique, de diwez + -el, identique au gallois diweddoL Diwezouriezh (diwezouriezh, 1992), s. £, eschatologie, de diwez + -ouriezh. Diziwez (diziwez, 1924), adj. quai., interminable, de di- + diwez. Drougziwez (drouc-diuez, 1659), s. m., débâcle, de droug + diwez. Drougziwezañ (drougziwezañ, 1992), drougziweziñ (drougziweziñ, 1992), v., défaire, mettre en déroute, de droug + diwez + -añ / -iñ, sont attestés en 1938 par leur part, passé drouziwezet.

Dizon (dizon, 1914), adj. quai., sevré, frustré, et s. m., sevrage, est composé du préfixe privatif di- et du radi­ cal don et suppose un vieux breton *didomn-.

Dizonadenn (dizonadenn, 1958), s. £, sevrage, de dizon + -adur. Dizonadur (dizonadur, 1927), s. m., sevrage, de dizon + -adur. Dizonan (dizonaff, 1499), dizonin (disônein, 1732), v., sevrer, désintoxiquer ; frustrer, de dizon + -an / -in, identique au gallois dyddyfnaf, diddyfnu. Dizonidigezh (dizonnidigaez, 1464), s. £, sevrage, de dizon + -idigezh. Die (die, 1499), s. m., dette, débit, passif, et adj. quai., dû, redevable, est à rapprocher du gallois dly- et de l’ir­ landais dligheadh (vieil irlandais dlighead) ; tous trois sont issus du celtique *dlig-o-. Dleabl (deléabl, 1790), adj. quai., redevable, de dle + -abL Dlead (dleat, 1732), s. m., devoir, de dle+ -ad Dlean (dlea, 1659), dleoud (dleout, 1499), dlein (deliéin, 1723), v., devoir, de die + -ah / -in / -oud identiques au gallois dlyaf, dlyu. Dleantour (dleantour, 1992), s. m., débiteur, de dle + -ant + -our. Dleoniezh (dleoniezh, 1992), s. £, déon­ tologie, de dle+ -oniezh. Dleour (dleour, d’après dleouryen, n. 1565-68), s. m., débiteur, créancier, de dle + -our. Dleus (dleüs, 1732), adj. quai., redevable, obligé, de die + -us. Dizle (disk, 1732), adj. quai., sans dette, libre d’hypo­ thèque, de di- + die. Dizlean (dislea, d’après em zislea, 1871), dizlein (dizlein, 1992), v., (se) désendetter, rem­ bourser, de di-+ die + -an!-in. Kendlead (kendlead 1927), s. m., devoir mutuel, de ken- + die+ -ad Kendleour (kendleour, 1910), s. m., codébiteur, de ken- + die + -our. Dleizhenn (dleizen, 1659), s. £, pêne (de serrure), pro­ cède du vieux breton dlit, fermeture, et s’apparente au vieux comique delehid crampon ; il a pour corres­ pondant le gallois dylaith, serrure, barre, pêne, verrou (delehidau Xe) et l’irlandais dlùth, fermé, compact.

Dluzh (dluz, 1499), s. m., truite ; (personne) godiche et gluante, procède comme le comique trüth du latin trutta mais en diffère par la lénition de sa consonne ini­ tiale et la dissimilation du -r- en -/-. Dluzhaj (dluzhaj, 1992), s. m., mouchetis, de dluzh + -aj. Dluzhan (dluza, 1821), dluzhin (dluzhin, 1992), v., (se) moucheter, de dluzh + -an / -in. Dluzhed (dluhet, 1904), part, passé, truité, tigré, de dluzh + -ed. Dluzheta (dluzeta, 1931), v., pêcher la truite, de dluzh + -ed + -a. Dluzhetaer (dluzhetaer, 1958), dluzhetaour (dluzhetaour, 1992), s. m., pêcheur de truites, de dluzh + -ed + -a + -er l -our. Dluzhus (dluzus, 1941), adj. quai., (endroit) à truites, de dluzh + -us. Doan (doan, 1659), s. £, chagrin, a pour correspondant le comique duwen ; tous deux supposent un celtique *do-wen. Doanian (doanyaff, déb. XVIe), doanin (doanin, 1992), v., (se) chagriner, de doan + -ian ! -in.

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Doanig {doanik, 1912), adj. qual., chagrin, craintif, de doan + -ig. Doanius {doanyus, 1718), adj. quai., cha­ grinant, de doan + -ius. Dizoan {dizoan, 1847), s. m., consolation, et adj. qual. console, de di- + doan. Dizoanian {didoanian, XVIIe), dizoanin {dizoanin, 1992), v., (se) consoler, de di- + doan + -ian I -in. Dizoanius {disoanyus, 1732), adj. qual., consolant, de di- + doan + -ius.

Dogan {dogan, 1499), s. m., cocu, est un euphémisme pour désigner celui qui entendait dowgan, c’est-à-dire deux chants. Doganan {doganaff, 1499), doganin {doganin, 1992), v., cocufier, de dogan + -an / -in. Doganiezh {doganyez, 1732), s. £, cocuage.

Doare {doare, XVIe), s. m. manière, genre ; comporte­ ment, convenance ; nouvelle, renseignement, a pour correspondant le gallois dwyre ; ces mots supposent un brittonique *do-were. Dare, adv., absolument (pas), en est une variante par réduction de la diphtongue. Doarean {doarea, 1927), doarein {doarein, 1992), v., qualifier, de doare + -an! -in. Doareata {doareata, 1992), v., colporter des nouvelles, de doare + -ad + -a. Doareatellad {doareatellad, 1992), v., colporter des nou­ velles, de doare + -ad + -ell + -ad. Doareenn {doareenn, 1958), s. £, attribut ; modalité, qualificatif, de doare + -enn. Doareer {doareer, 1992), doareour {doéréour, 1904), s. m., déterminant ; nouvelliste, de doare + -er / -our. Dizoare {dizoaré, 1821), s. m., indécence, et adj. quai., indécent, de di- + doare. Dizoarean {dizoaran, 1958), dizoarein {dizoarein, 1992), v., rendre indécent, de di+ doare + -an / -in. Kendoare {kendoare, 1927), syn­ drome, de ken- + doare. Liesdoare {lïes-doare, 1931), adj. quai., divers, varié, de lies + doare. Mendare {mendare, 1992), adv., j’ignore, je me demande, se décompose en m’hen doare. Petore {petore, d’après a before, XVIIIe), pron. interr., quel, de ped + doare.

Dogm {dogrn, 1992), s. m., dogme, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1580, est issu du latin ecclésiastique dogma. Dogmatik {dogmatik, 1992), adj. quai., dogmatique, et dogmadst {dogmatist, 1992), s. m., dogmatiste, sont empruntés directement au français.

Dober, voir ober. Doc’h {doh, 1723), prép., à, contre, d’après, est une variante de och avec adjonction d’un d- à l’initiale ; celui-ci procède du vieux breton oc(h) apparenté au moyen gallois ach, près de. Doc’h, s. m., cochon, attesté par son diminutif dochig en 1931, est un mot d’origine onomatopéique formé sur hoc’h (voir ce mot). Doc’hal {dochal, 1633 ; dochal, 1732), v., grogner, de doc h + -al Doc’hellad {dochellat, 1958), v., grogner, de doch + -ell+ -ad. Doc’her {docher, 1992), s. m., grognard, de doc h + -er. Doezh {doezh, 1992), adj. quai., exercé, procède du vieux breton doeth, sage, habile, et correspond au cornique doth, prudent, discret, raisonnable, et au gallois doeth, sage, avisé. Tous trois proviennent du latin doctus, instruit, cultivé, habile, adroit. Ce mot, peu usité, a sur­ vécu comme nom de personne sous la graphie Le Doz, attesté en 1544 à Plouzané (29). Doezhin {doezhin, 1992), v., s’exercer, de doezh + -in.

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Dog {dogue, 1723), s. m., dogue ; bigorneau noir, est un emprunt au moyen français dogue (1398) d’origine an­ glaise. Doges {dogues, 1547), s. m., dogue, de dog+ -es.

Doker {doker, 1992), s. m., docker, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1899, est un dérivé de dock, issu du néerlandais docke par l’intermédiaire de l’anglais dock. Doktor {doctor, déb. XVIe), s. m., docteur, est un em­ prunt à l’ancien français doctor, attesté en 1160 et issu du latin doctor. Doktoraj {doctoraich, 1732), s. m., doc­ torat, de doktor + -aj. Doktorelezh {doktorelez, 1931), s. £, doctorat, de doktor + -elezh. Doktrin {doctrin, 1499), s. £, doctrine, est un emprunt à l’ancien français dont le mot est attesté en 1160 ; celuici est issu du latin doctrina. Doktrinan {doctrinaff, 1499), doktrinin {deutrinein, 1723), v., endoctriner, de doktrin + -an /-in. Dizoktrin {didotrin, déb. XVIe), adj. quai., non doctrinaire, non sectaire, de di- + doktrin. Dol {dol, 1732), s. £, terre basse, polder, méandre, cor­ respond au comique dol, vallon, prairie, et au gallois dol, prairie, champ, pâture, vallée ; ces mots sont issus du celtique *dola. Peu usité, ce mot est présent dans plu­ sieurs noms de lieux et, en particulier, dans le nom de Dol (35). Dolan {dolan, 1992), dolin {dolin, 1992), v., former une roulure, de dol + -an / -in.

Dolant {dolant, XVIe), adj. quai., dolent, est un emprunt à l’ancien français dolent (XIe), dérivé du verbe doloiri^), issu du latin dolere. Dolfin {delfin, 1732), s. m., dauphin, est un emprunt au latin delphinuswec croisement probable avec le dou­ blet daofin (voir ce mot).

Dolmin {dolmin, 1992), v., pourrir (en parlant du bois), est attesté en 1904 par son part, passé dolmet. Le radi­ cal dolm- ne se rattache à aucun terme connu et reste donc d’origine obscure. Dolor {dolor, XVIe), s. £, douleur, est, comme le gallois dolure.1 l’ancien français dolor {Ç\n XIe), un emprunt au

latin dolorem. Dolorus (dolorus, 1790), adj. quai., dou­ loureux, de dolor + -us, correspond à l’ancien français doloros (1080) et au gallois dolurus, et procède comme eux du latin dolorosus.

don. Peusdon (peusdon, 1992), adj. quai., relativement profond, de peus- + don. Donvor (dounvor, 1732), s. m., haute mer, de don + mor. Donvro (doun-vro, 1925), s. f, hinterland, de don + bro.

Domaj (doummag, 1464 ; domaig, déb. XVIe), s. m., dommage, est un emprunt à l’ancien français tardif issu de ¿¿7/72^^(1080) par croisement avec dongier, danger. Domajan (doumagaff, 1499), domajin (doumaichi, 1732), v., endommager, de domaj + -an / -in. Domajus (dommaigeux, déb. XVIe ; domagus, 1689), adj. quai., dommageable, de domaj + -us. Dizomaj (dizomag, 1464), adj. quai., sans dommage, de di- + domaj. Dizomajin (disoumaichi, 1732), v., dédommager, de di- + domaj + -in.

Doned (donet, 1499 ; dont, 1716), v., venir, procède du vieux breton diminet, formé du préfixe di- et du verbe minet, aller. L’évolution de diminet à doneds’est faite par *devenet, puis *devonet, forme justifiée par le comique devones, par contamination probable avec le verbe *devout duquel est issu le gallois dyfod, lui-même réduit à dod. Donedigezh (donediguez, 1633), s. f., venue, avè­ nement, de doned + -idigezh. Addoned (addont, 1925), v., revenir, de ad- + doned. Addonedigezh (addonedigezh, 1992), s. f., réapparition, de ad- + doned + -idigezh. Dazoned (dazonet, 1499), s. m., futur, avenir, de da + doned. Donemad (donèt en mat, “a bien venir”, déb. XVIe), s. m., bienvenue, de doned + en + mad. Donemonea (donemonea, 1934), s. m., aller et retour, va-et-vient, de doned + moned + -a.

Dominan (domina, 1576), dominin (dominin, 1992), v., dominer, est un emprunt au français lui-même issu du latin dominare.

Domino (domino, 1732), s. m., domino ; ce mot s’est d’abord appliqué au camail des prêtres (déb. XVIe), puis à une robe à capuchon avec loup (1665), avant de désigner le jeu lui-même (1771). Son origine reste incertaine mais rappelle le latin domino, seigneur. Don (don, 1499), adj. quai., profond, creux, (air) gra­ ve, procède du vieux breton dumn, lui-même issu du brittonique dumno-. Ce mot a pour correspondants le comique down, le gallois dwfn et l’irlandais domhain. Donded (doundét, 1723), s. £, profondeur, de don + -ded Donder (donder, 1499), s. m., profondeur, de don + -der, identique au comique doumder et au gallois dyfhder. Donentez (donentez, 1992), s. f, profondeur, de don + -entez. Donez (donez, 1992), s. f, profondeur, de don + -ez, équivalant au gallois dyfnedd. Donnaad (dounhat, déb. XVIe), v., (s’)approfondir, de don + -aad, analogue au comique downhe et au gallois dyfhhau. Dizon (dizoun, 1923), adj. quai., peu profond, de di+ don. Endon (endoun, 1931), s. m., fond, de en- + don. Endonadur (endonadur, 1958), s. m., approfondisse­ ment, enfouissement, de en- + don + -adur. Endonan (endouna, 1927), endonin (endouni, 1927), v., effon­ drer, enfouir, de en- + don + -an ! -in. Endoner (endoner, 1992), s. m., enfouissent, de en- + don + -er. Gourdon (gourdon, 1744), adj. quai., entraîné, habitué, rompu à, de gour- + don. Gourdonad (gourdonnat, 1919), v., (s’)entraîner, (s’)aguerrir, de gour- + don + -ad, identique au gallois gordyfnu. Gourdoner (gourdoner, 1992), s. m., entraîneur, de gour- + don + -er. Gourdonerezh (gourdonerez, 1931), s. m., entraîne­ ment, de gour- + don + -erezh. Kondon (condon, 1557), s. m., couche profonde (de terre), sous-sol, de kon- +

Doneson (donaeson, 1499), s. f., don, est un emprunt à l’ancien français donoison (1264), dérivé du verbe ¿¿wît(842), issu du latin donare. Donesonan (donaesonaff, 1499), donesonin (donaesony, déb. XVIe), v., faire don, faire une donation, douer (de), de doneson + -an / -in. Donesoner (donaesonner, 1464), s. m., donateur, de doneson + -er. Kendoneson (qen-dounézon, 1732), s. f, don mutuel, de ken- + doneson.

Donjer (donger, 1659), s. m., dégoût, est un emprunt à l’ancien français dongier, variante de dangier, issue du la­ tin populaire ^dominiarium, lui-même du latin dominium, propriété, souveraineté. Le dialecte roman de HauteBretagne ou gallo a conservé ce mot sous la graphie donger. Donjerin (donjerin, 1992), v., (se) dégoûter, de donjer+ -in ; en 1732, le père Grégoire de Rostrenen proposait l’expression rei donger pour rendre ce verbe. Donjerus (dongerus, 1530), adj. quai., dégoûtant, de donjer + -us. Dizonjer (dizonjer, 1992), s. m., répulsion, de di- + donjer. Dizonjerin (dizonjerin, 1992), v., débecter, de di- + donjer + -in.

Donv (doff, déb. XVIe), adj. quai., domestique ; (femme) facile, correspond au comique dof, apprivoisé, gentil, au gallois dof, apprivoisé, domestique, et à l’ir­ landais dam- ; ces mots sont issus du celtique *dom-aapparenté au latin domo. Donvaad (dônvaat, 1659), v., (s’)apprivoiser, de donv+ -aad, équivalant au comique dojhêex. au gallois dofhau. Donvabl (donvabl, 1992), adj. quai., apprivoisable, domptable, de donv + -abl. 195

Donvadur {donvadur, 1958), s. m., apprivoisement, de donv+ -adur. Donvaer {donvaer, 1923), donvour {donvour, 1992), s. m., dompteur, de donv + -a + er /-our. Donvan {doffaff, 1464), donvin {dônvi, 1659), v., do­ mestiquer, de donv + -ah / -in, identique au comique dova et au gallois dofi. Dizonv {dizonv, 1923), adj. quai., indompté, inapprivoisé, de di- + donv. Dizonvus {dizonvuz, 1821), adj. quai., indomptable, de di- + donv + -us.

Dor {dor, 1499), s. f., porte, correspond au comique dor ex. au gallois dor, tous trois apparentés à l’irlandais doras et issus du celtique *dura. Dorikell {oriquell, par fausse coupe, 1723 ; doriguell, 1732), s. £, portière, de dor+ -ikelL Dorikelled {dorikellet, 1992), adj. quai., à portière, de dor + -ikell + -ed. Amzor {amzor, 1958), s. f. dormant (de porte), de am+ dor. Dordal {dordal, 1716), s. m., portail, de dor + taL Dorlech {dorlech, 1499), s. m., huisserie, de dor+ lech.

Doreenn {doreenn, 1978), s. f., poêle à frire, est un em­ prunt par dérivation en -enn au français doré.

Dorifor {dorifor, 1958), s. m., doryphore, est un em­ prunt au français au sens de “coléoptère”, qui apparaît en 1827 d’après les bandes noires des élytres ; le mot procède du latin doryphorus. Dorlo {dorlo, 1732), s. v., manipulation, massage, cor­ respond au gallois darllaw, brasser. Ces mots procèdent du brittonique *do-ro-lom- formé sur le radical lom, main. Ce mot aurait donné le moyen breton *loffex. un moderne *lonv. Dorloin {dorlôi, 1821), v., manipuler, masser ; concocter, de dorlo + -in.

Dorlotan {dorlota, 1659), dorlotin {dorlottein, 1723), v., dorloter, est un emprunt à l’ancien français dérivé de dorelot, boucle de cheveux. Dorloter {dorloter, 1821), dorlotour {dorlotour, 1992), s. m., personne qui dor­ lote, de dorlot- + -er / -our. Dorlotenezh {dorlotereh, 1904), s. m., dorlotement, de dorlot- + -erezh. Dorlotas {dorlotus, 1958), adj. quai., dorlotant, de dorlot- + -us. Dom {domn, 1464), s. m., main, poing, poignée, pro­ cède du vieux breton dum, équivalant au comique dom, au gallois dwm, de mêmes sens, à l’irlandais dom, poing et au gaélique d’Ecosse dom ainsi qu’au gaulois dumos présent dans le nom de personne Durnacos. Tous re­ montent au celtique *dur-no-. Domad {domat, 1499), s. m., poignée (de), coup (de la main), de dom + -ad, identique au comique domas et au gallois dymaid. Domadeg {domadeg, 1914), s. £, battage, de dom + -adeg. Domaj {domaj, 1992), s. m., battage, de dom + -aj. Doman {domaff, 1499), domin {doumein, 1723), 196

domo {domo, 1992), v., battre ; débiter, de dom + -an / -in / -o, identique au comique doma et au gallois dymaf, dymu. Domata {domata, 1732), v., boxer, faire le coup de poing ; dauber (sur), de dom + -ad+ -a. Domataer {domataer, 1958), domataour {domataour, 1992), s. m., dresseur de poignées (de lin) ; pugiliste, de dom + -ad+ -a+ -er/-our. Domeg {domec, 1499), adj. quai., aux fortes mains, équivalant au nom gaulois Durnacos. Domell {doumell, 1821), s. £, manette, hampe, de dom + -elL Domer {domer, 1732), domour {doumour, 1723), s. m., batteur, de dom + -er/-our, identique au gallois dwmwr. Domerezh {¿tournerez, 1876), s. m., batterie, de dom + -erezh. Domed {domet, 1847), part, passé, adroit, de dom + -ed. Domikell {doumikell, 1821), s. £, maneton, manivelle, de dom + -ikell. Addom {aldôm, 1732 ; addom, 1992), s. m., poignet, de ad- + dom. Addoman {addoman, 1992), addomin {attomein, 1919), addomo {addomo, 1992), v., rebattre (le blé) de ad- + dom + -an / -in / -o. Xrzjom {arzomn, 1464), s. m., poignet, de ar- + dom, identique au gal­ lois arddwm. Astom {astom, 1992), s. m., poignet, de az-+ dom. Dizom {dizomet, 1499 ; dizom, 1659), adj. quai., sans main, de di- + dom. Dizoman {dizoman, 1958), dizomin {dizomin, 1992), v., amputer (de la main) ; destituer, limoger, de di- + dom + -an / -in. Maltom {maltom, 1992), s. m., malformation des pieds, de mal- + dom. Maltomin {maltomin, 1992), v., mal se tenir (en parlant des chevaux), de mal- + dom + -in. Pastomeg {pastomeg, 1992), adj. quai., maladroit, de pas- + dom + -eg. Peurzom {peur-zoum, 1890), s. m., fin de battage, de peur- + dom. Peurzoman {peur-zôma, 1732), peurzomin {per-domein, 1732), v., finir de battre, de peur- + dom + -an / -in. Dowom {douzom, déb. XVIe ; daouam, 1716), s. pl. (duel), mains, de dow+ dom. Dowoman {daouaman, 1992), dowomin {daouamin, 1992), v., manipuler, de dow + dom + -ah / -in. Domgen {domguenn, 1499), s. m., anse, poignée, de dom + ken. Domibil {dom-ibil, 1958), s. m., cheville de brancard, de dom + ibiL Domle {domle, 1992), s. m., garde (d’épée), procède du vieux breton dumle, lieu du poing, garde d’épée, et corres­ pond au comique domla et à l’irlandais domchla. Domskrid {doumskrid, 1923), s. m., manuscrit, de dom + skrid Domskrived {domskrivet, 1992), part, passé, manuscrit, holographe, de dom + skriv + -ed Kildom {kilan dom, 1716), s. m., revers (de la main), de kil+ dom. Kildomad {qil-dômad, 1732), s. m., coup du re­ vers (de la main), de kil+ dom + -ad.

Dortouer {dortoüer, 1732), s. m., dortoir, est un emprunt au français dont le mot est attesté à la fin du XIIe siècle.

Doss (doss, 1992), s. m., tape, est un emprunt à l’an­ cien français dos dont le dérivé dossee avait le sens de “coup sur le dos” (1250). Dossañ (dossañ, 1992), dossin (dossein, 1864), v., taper ; bosser, de doss + -añ / -zñ, ont gardé le sens de l’ancien français dosser, frap­ per sur le dos, attaquer par-derrière. Dosser (dosser, 1992), dossour (dossour, 1992), tapeur ; bosseur, de doss + -er / -our. Dosser (docer, déb. XVIe), s. m., dossière (de cheval), de doss+ -er. Dossier (dossier, 1992), s. m., dossier, emprunté directement au français.

Douaren (doüaren, 1716), s. m., descendant, est attesté sous une forme francisée douarrain en 1540. Le mot suppose un brittonique *do-u>ero-, formé du préfixe doet d’un radical *wero- disparu mais attesté en gallois sous la forme wyr, petit-fils.

Douar (douar, 1499), s. m., terre, domaine, procède du vieux breton doiarei admet pour correspondants le cornique dorez le gallois daear. L’origine de ces mots reste incertaine. Douarad (douarad, 1958), s. m., terrain (de), de douar + -ad. Douaradur (douaradur, 1931), s. m., atterrissage, de douar + -adur. Douaraj (doüaraich, 1732), s. m., atterrissage, de douar + -aj. Douaramant (douaramant, 1912), s. m., enterrement, de douar + -amant. Douarañ (douara, 1659), douarra (doüarein, 1723), v., terrer, couvrir de terre, butter (les plants), inhumer ; atterrir ; débarquer, de douar + -añ / -iñ, iden­ tique au gallois daearaf, daearu. Douareg (doüarecq, 1732), adj. quai., terrestre, et s. f., terrier, de douar + -eg, équivalant au gallois daearog, terrestre, terreux. Douarel (douarel, 1923), adj. quai., terrestre, de douar + -el, analogue au gallois daearol, terrestre. Douarenn (douarenn, 1927), s. f., terrier, lopin de terre, de douar + -enn, est attesté, en 1639, au pluriel dans Douarinou, lieu-dit en Ploéven (29). Douarer (douarer, 1992), s. m., butteur ; buttoir, de douar + -er / -our. Douarerezh (douarérez, 1821), s. m., enterrement, de douar + -erezh. Douaridigezh (douaridigez, 1923), s. f, inhumation, de douar + -idigezh. Douaroniezh (douaroniez, 1931), s. £, géographie, de douar + -oniezh. Douaroniour (douaroniour, 1931), s. m., géographe, de douar + -oni+ -our. Douarour (douarour, 1931), s. m., géologue, de douar + -our. Douarouriezh (douarouriez, 1931), s. f., géologie, de douar + -ouriezh. Douarowa (douaraoua, 1958), v., acquérir des terres, accaparer des terres, de douar + -ow+ - a. Douarra (moyen breton douarhd), v., acheter des terres, acquérir des terres, de douar + -a. Douarus (douarus, 1499), adj. quai., terreux, de douar + -us. Dizouar (dizouar, 1931), adj. quai., sans terre, de di+ douar. Dizouarañ (dizouara, 1659), dizouariñ (dizoüarein, 1723), v., déterrer, exhumer ; appareiller, de di- + douar + -añ / -iñ. Kreisdouar (kreizdouar, V)27}, adj. quai., méditerra­ néen, de kreis + douar.

Doubl (doubl, 1499), adj. quai., double ; (cordage) dor­ mant ; trapu, et s. m., doublé, doublure, est un emprunt à l’ancien français doble (fin XIe), issu du latin duplum. Le gallois dwblesi un emprunt au moyen anglais double. Doubladenn (doubladenn, 1992), s. f., doublé, de doubl + -adenn. Doubladur (doubladur, 1732), s. m., dou­ blure, double, de doubl + -adur. Doublaj (doublaich, 1732), s. m., doublage, doubleau, de doubl + -aj. Doublant (doublaff, 1499), doublin (doublein, 1744), v., doubler, redoubler, de doubl + -an / -in. Doubled (dou­ blet, 1904), s. m., avant-toit, auvent, de doubl + -ed Doubledenn (doubledenn, déb. XVIe), s. f., surcot, de doubl + -ed+ -enn. Doublerai (doublenn, 1732), s. f., doublet, doublon, duplex ; sillon double ; miche double, de doubl + -enn. Doubler (doubler, 1992), s. m., re­ doublant, de doubl + -er. Doublera (doubleür, 1633), s. f., comble, de doubl + -eür. Douplaad (douplaad, 1992), v., rendre ou devenir trapu, de doubl + -aad. Azdoublan (azdoubla, 1931), azdoublin (azdoublin, 1992), v., redoubler, de az- + doubl -an / -in. Dizoubl (dizoubl, 1992), adj. quai., simple, de di- + doubL Doublsoliari (dousolia, 1659), Doublsolin (doublsolin, 1992), v., ressemeler, de doubl + sol+ -ian/-in. Tridoubl (tridoubl, 1499), adj. quai., triple, de tri + doubL Tridoublan (tridoublaff, 1499), tridoublin (tridoublin, 1992), v., tripler, de tri + doubl + -ah / -in. Tridoublder (tryzoublder, 1732), s. m., triptyque, de tri + doubl + -der.

Doubler (toupyer, déb. XVIe), s. f., nappe, napperon, est un emprunt à l’ancien français doblier, nappe, serviette, linge de table (1180), dérivé de double. Doubierer, s. m., fabricant de nappes, n’est attesté que par le nom de personne Le Doubierer (XVe).

Doue (doe, 1499), s. m., dieu, a pour correspondants le comique dew (vieux comique duy), le gallois duw (duiù, v. 1100), le vieil irlandais dàa et le gaulois deuos ; tous ces mots remontent au celtique *deiw-o-. Douead (douead, 1931), s. m., déiste, de doue + -ad. Doueadegezh (doueadegez, 1931), s. f., déisme, de doue + -ad+ -egezh. Douean (douea, 1931), douera (douein, 1992), v., déifier, diviniser, de doue+ -an! -in. Doueel (doeel, 1499), adj. quai., divin, de doue+ -el, identique au gallois duwoL Doueelezh (doelez, 1464), s. f., divi­ nité, de doue+ -elezh. Doueoni (doueoni, 1992), s. f., théologie, de doue + -oni. Doueoniezh (doueoniez,

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1924), s. £, théologie, de doue + -oniezh. Doueüs {doueus, 1927), adj. quai., pieux, de doue + -us. Doueüsted {doueüsted, 1924), s. £, dévotion, de doue + -us + -ded. Annoue {anaoue, 1659), s. m., anathème, de an- + doue, équivalant au gallois annuw, païen, athée, impie ; le pas­ sage de annoue \ anaoue dans la langue orale a peut-être été influencé par les deux premières syllabes du français anathème, Annoueah {anaouean, 1992), annouein {anaouein, 1992), v., anathématiser, de an- + doue + -aii / -in, sont attestés en 1847 par leur part, passé anaoueet. Dizoue {dizoue, 1847), adj. quai., sans dieu, athée, et s. m., athéisme, de di- + doue. Atoue {ach Doe, 1557), interj., pardi, par Dieu, de ach + doue. Divallozhdouein (divallozhdouein, 1992), v., déglinguer, de di- + mallozh + doue + -in. Drandoue (moyen breton dran doe], interj., crénom, de dre+ an + doue. Fidamdoue est un juron composé de feiz + da + ma + doue. Ollzouead {hollzouead, 1931), s. m., panthéiste, de oll + doue + -ad. Ollzoueadelezh {hollzoueadelez, 1931), s. £, panthéisme, de 0//+ doue + -ad+ -elezh.

Douer {douer, 1958), s. m., douaire, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1130, est issu du latin médiéval dotarium. Doueroures {douerourez, 1958), s. £, douairière, de douer + -our+ -es.

Doues {does, 1519), adj. quai., dense, intense, a pour correspondant le gallois dwys, grave, intense ; tous deux procèdent du latin densusyax le latin populaire *desus. Douester {douester, 1958), s. m., densité, de doues + -der, est un emprunt au gallois dwyster. Douet {douet, 1992), s. m., lavoir, a pour correspon­ dant le gallo douet. Tous deux procèdent de l’ancien français doue, douve. Douet {doet, 1519), s. m., doute, présomption, est un emprunt à l’ancien français dote (XIe) avec diphtongai­ son. Douetan {doetaff, 1499), douetin {doueti, 1659), v., douter, soupçonner, de douet + -an!-in. Douetans {doetancc, 1499), s. £, doute, soupçon, de douet + -ans. Douetig {douetig, 1992), adj. quai., doutant de soi, de douet + -ig. Douetus {doetus, 1464), adj. quai., douteux, de douet + -us.

Doug {doue, 1633), s. m., penchant ; portée (d’une arme) ; porte, et adj. quai., portatif, procède du vieux breton duc- ; il correspond au comique deg-, au gallois dug, à l’irlandais thug. Dougen {doen, 1499 ; douguen, 1633), v., porter, de doug+ -en, identique au comique degy, au gallois dygaf, dygu, dwyn. Douger {douguer, 1499), dougour {dougour, 1904), s. m., porteur, de

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doug+ -erl-our, équivalant au gallois dygivr. Dougeres {dougueres, XVIIIe), s. £, fourche-fière, et adj. quai., enceinte, de doug+ -er+ -es. Dougerezh {douguerez, déb. XVIe), s. m., portage, de doug + -erezh. Dougidigezh {dougidigezh, 1958), s. £, portement, inclinaison, de doug+ -idigezh. Dougus {dougus, 1732), adj. quai., por­ table, de doug + -us. Addoug {addoug, 1992), s. m., report, de ad- + doug. Addougen {addougen, 1992), v., reporter, de ad- + doug + -en. Dezougadur {dezougadur, 1992), s. m., ache­ minement, de de- + doug + -adur. Dezougen {dizjoen, 1499 ; dizouguen, 1557, d’après le part, passé dizougueï), n., acheminer, de de- + doug + -en. Dizoug {dizoug, 1958), s. m., prévention, de di- + doug. Dezouged {diouguet, 1499), part, passé, déporté, de de- + doug + -ed. Hezoug {hezoug, 1931), adj. quai., portable, trans­ portable, de he- + doug. Douilhes {douilhes, 1992), s. £, gueuse, est un emprunt à l’ancien français doille, tonneau, cage (XIIIe).

Douiltouilan {douiltouilan, 1992), douiltouiiin {douiltouilin, 1992), v., susurrer, dérivé de douill-douill, glou­ glou (1876) de formation expressive.

Douj {douj, 1847), s. m., respect, se présente comme le déverbal du verbe doujan. Doujabl {doujabl, 1992), adj. quai., respectable, de douj + -abl Doujamant {doujamant, 1992), s. m., respect, respectabilité, de douj + -amant. Doujan {dougaff, 1499), doujin {dougein, 1723), v., respecter, redouter, déférer, décliner (en par­ lant d’un astre), de douj + -an /-in, suppose une forme première *doudiafftn évolution romane et dérivée du français douter. Doujans {dougancc, 1530 ; dougeanez, 1576), s. £, déférence, de douj + -ans. Doujansus {dou­ jansus, 1958), adj. quai., déférent, de douj+ -ans+ -us. Doujus {dougus, 1499), adj. quai., respectueux, de douj + -us. Dizouj {dizouje, 1723), adj. quai., irrévérencieux, de di+ douj. Dizoujan {disouchâ, 1732), dizoujin {dizoujin, 1992), v., ne pas révérer, ne pas craindre, de di- + douj + -an / -in. Dizoujans {disoujançz, 1732), s. £, irrévérence, de di- + douj + -ans. Dizoujus {disoujus, 1732), adj. quai., qui ne craint pas, irrévérencieux, de di- + douj + -us. Dour {dour, 1499), s. m., eau ; larmes, salive, sève, sueur ; infusion (de), procède du vieux breton duur issu du brittonique dobro-, mot identique au gaulois *dubron. Il a pour correspondants le comique dowr, le gallois dwfr et l’irlandais dobhar. Tous remontent au celtique *dub-ro-. Dourad {dourad, 1958), s. m., lac­ tosérum, de dour+ -ad. Douraj {douraj, 1992), s. m., abreuvoir, de dour+ -aj. Douran {douraff, 1633), dourin

{deurein, 1723), v., (s’)abreuver, arroser, irriguer, de dour + -ah / -in. Dourassenn {dourasenn, 1931), s. £, suin­ tement, de dour + -assenn. Dourassenneg {dourasennek, 1958), adj. quai., dégoulinant, suintant, de dour + -assenn + -eg. Dourassennin {dourasennin, 1958), v., dégouliner, suinter, de dour + -assenn + -in. Doureg {dourec, déb. XVIe), adj. quai., aqueux ; à chaudes larmes, à grosses gouttes, de dour + -eg. Doureka {doureka, 1992), v., pleurnicher, de dour + -eg+ -a. Dourenn {deurenn, 1904), s. f., liquide, de dour + -enn. Dourennan {dourennan, 1958), dourennin {deurennein, 1904), v., (se) liquéfier, (s’)humecter, (s’)hydrater, sali­ ver, de dour+ -enn + -an / -in. Dourenneg {dourennek, 1821), adj. quai., liquide, de dour+ -enn + -eg. Dourer {dourer, 1958), s. m., arroseur, de dour+ -er. Dourra {deurra, fin XVIIIe), v., chercher de l’eau, de dour+ -a, équivalant au comique dowrhe et au gallois dyfrhau. Dourraer {douraër, 1732), dourraour {deuraour, 1904), s. m., porteur d’eau, arrosoir, de dour+ -a + -er I -our. Dizour {dizour, déb. XVIe), adj. quai., sans eau, déshy­ draté, et s. m., excrétion, écoulement, de di- + dour. Dizouran {dizouraff, déb. XVIe), dizourin {dizeurein, 1904), v., (se) déshydrater, drainer, égoutter, excréter, sor­ tir de l’eau, uriner, de di- + dour + -an / -in. Dizoureg {dizourecq, 1732), adj. quai., déshydraté, de di- + dour + -eg. Dizourennin {dizourennin, 1992), v., (se) concen­ trer ; saliver, de di- + dour+ -enn + -ift Dizourer {dizourer, 1464), s. m., drain, canal de drainage, de di- + dour + -er. Dizourerezh {dizourerezh, 1992), s. m., drainage, de di- + dour + -erezh. Dizourus {dizourus, déb. XVIe), adj. quai., (miel) fluant, de di + dour + -us. Gourdouran {gourdouran, 1985), gpurdourin {gourdourin, 1992), v., immerger, de gour- + dour + -an ! -in, sont attestés en 1925 par leur part, passé gourdouret. Gouzouran {gouzouran, 1992), gouzourin {gouzourin, 1992), v., (s’im­ biber, de gou- + dour+ -an / -in. Gouzoureg {gouzoureg, 1992), adj. quai., imbibé, de gou- + dour + -eg. Dic’houzouran {dichouzouran, 1992), dic’houzourin {dichouzourih, 1992), v., (se) déshydrater, perdre son trop d’humidité, de di- + gou- + dour+ -an/-in. Dourbil {dour-bill, 1871), s. m., forte averse, de dour + piL Dourbont {dourbont, 1931), s. m., aqueduc, de dour + pont, identique au comique dowrbons. Dourchwes {dourchwez, 1958), s. m., sueur, de dour + chwes. Dourc’hwesenn {dour-chouezenn, 1933), s. £, sueur, de dour+ chutes + -enn. Dourc’hwesin {dourchwesin, 1992), v., transsuder, de dour + chutes + -in. Dourerc’h {dour-erch, 1927), s. m., neige fondue, de dour+ -erch, identique au comique dowrergh. Dourgafe {dour-kafe, 1958), s. m., jus de chaussettes, de dour +

kafe. Dourgi {dourqui, 1499), s. m., loutre, de dour + -ki, équivalant au comique doutrgy, au gallois dwrgi, dyfrgi et à l’irlandais doborchù. Dourlaezh {dour-laez, 1732), s. m., lactosérum, lait mouillé, de dour + laezh, est attesté dès 1633 mais sous une forme altérée courbaez {sic). Dourlec’h {dourlech, 1732), s. m., point d’eau, abreuvoir, de dour + lech. Dourliwan {dourliwah, 1992), dourliwin {dourliwin, 1992), v., pâlir, de dour + liw + -ah/-in. Doursistr {dour-sistr, 1931), piquette, de dour+ sistr. Dourvarc’h {dourvarch, 1925), s. m., hippopotame, de dour+ march, identique au comique doutrvargh. Dourvel {dour-mek 1633), s. m., hydromel, de dour+ meL Dourwad {dourwad, 1931), s. m., sérum, de dour + gutad. Dourwin {dour guin, 1689), s. m., vinasse, de dour + gwin. Gwlandour {glandour, gloan-dour, 1716), s. m. ou coll., conferve, de gwlan + dour. Gwlandoureg {glandoureg, 1992), adj. quai., à conferves, de gutlan + dour + -eg. Gwlandourennin {glandourennih, 1992), v., glander, de gutlan + dour + -enn + -in. Tommdourennan {tommdourennan, 1992), tommdourennin {tommdourennin, 1992), v., dorloter, de tomm + dour + -enn + -ah / -in. Tommdourenner {tommdourenner, 1992), s. m., per­ sonne qui dorlote, de tomm + dour + -enn + -er.

Douss {douce, 1464), adj. quai., doux, est un emprunt à l’ancien français dous (1190), issu du latin dulcem par la forme dulz (1080). Damdouss {dem-douçz, 1732), adj. quai., douceâtre, de dam- + douss. Doussaad {douzeat, 1499), v., (s’)adoucir, de douss + -aad Doussadur {douçzadur, 1732), s. m., douceur, de douss + -adur. Doussamant {doussamant, XVIIIe), adv., doucement, de douss + -amant, emprunté directement au français. Dousserus {douserus, 1958), adj. quai., doux, plein de dou­ ceur, de douss + -er+ -us, calqué sur le français doucereux. Doussesig {doucesic, 1464), s. £, doucette, mâche, de douss + -es+ -ig. Doussetes {doussetes, 1992), s. £, mâche, dou­ cette, emprunté au mot français sous sa forme plurielle. Doussetin {doussetin, 1992), v., flirter, formé sur un fran­ çais *douceter. Doussidigezh {doussidigezh, 1992), s. £, adoucissement, de douss + -idigezh. Doussision {doussision, 1992), s. £, douceur, de douss + -ision. Doussoni {douçzony, 1732), s. £, redoux, de douss + -oni. Douster {douccder, 1557), s. m., douceur, de douss + -der. Azdouss {azdouçz, 1732), adj. quai., douceâtre, de az+ douss. Peusdouss {peus-douçz, V751), adj. quai., dou­ ceâtre, depeus- + douss. Skildouss {skildouss, 1992), adj. quai., aigre-doux, de skil- + douss. Doussenn {doucen, 1659), s. £, douzaine, est un em­ prunt à une variante dialectale *doussaine de l’ancien 199

français dozaineiyilX). Cette variante est attestée sous les graphies dossin, dussen en moyen anglais à l’origine du gallois dwsin. Doussennad (douséniat, 1904), s. f., douzaine (de), de doussen + -ad Douves (doues, 1633), s. £, douve, est un emprunt à l’ancien français dove, fossé (1160), issu du latin im­ périal doga, récipient. Andouv (andouf, 1900), s. £, douve, de an- + douv. Dow (dou, 1499), adj. num. card., deux, procède du vieux breton dou et correspond au comique deu, au gal­ lois dau, à l’irlandais do (de dou} ; le vieux breton est issu de *dwou par *dwau et *dau. Dowad (daouad, 1931), s. m., binôme, duo, de dow + -ad Doweg (daoueg, 1992), adj. quai., dichotome, de dow + -eg Dowegezh (daouegezh, 1992), s. £, dichotomie, de dow + -egezh. Dowel (daouel, 1958), adj. quai., dual, de dow + -eL Dowelezh (daouelez, 1931), s. £, dualité, de dow + -elezh. Dowin (daoui, 1842), v., mettre en deux, de dow + -in. Dowved (daouvet, XVIIIe), adj. num. ord., deuxième, de dow + -ved. Dowzeg (douzec, 1499), adj. num. card., douze, de dow + deg, procède du vieux breton doudecet correspond au comique deudhek et au gallois deuddeg. Dowzegved (douzecuet, déb. XVIe), adj. num. ord., douzième, de dow + deg + -ved identique au comique deudhegeves et au gallois deuddegfed. Dowbennan (daoubennan, 1958), dowbennin (daoubennin, 1992), v., mettre en deux, en double ; bousculer, contrarier, de dow + penn + -ah / -in. Dowbenneg (doupennec, 1499), adj. quai., à deux bouts, mis en épis, bicéphale, marcotté, de dow + penn + -eg, identique au gallois deupeinog. Dowbleg (daoubleg 1732), s. m., position pliée en deux, de dow + pleg, équivalant au comique deublek et au gallois deublyg. Dowblegan (daou-blega, 1732), dowblegin (deublégein, 1904), v., plier en deux, ployer, de dow + pleg+ -an / -in. Dowbosteg (deubostek, 1904), adj. quai., à deux montants, de dow + post + -eg. Dowdaol (daoudaol, 1992), adj. quai., dicote, diphasé, de dow + taoL Dowdaolan (daoudaolan, 1992), dowdaolin (daoudaoli, 1927), v., sonner deux coups ; parler par à-coups, de dow+ taol+ -an/ -in. Dowdortan (daoudortan, 1992), dowdortin (daoudortin, 1992), v., crouler (sous), de dow + tort+ -ah/-in. Dowdoullan (daoudouUan, 1958), dowdoulin (daoudoullin, 1992), v., creuser deux fois, de dow + toull + -ah / -in. Dowdroadeg (daou troadec, déb. XVIe), adj. quai., bipède, de dow + troad + -eg. Dowdroc’han (daoudrochan, 1992), dowdroc’hin (daoudrochin, 1992), v., couper en deux, de dow + troch + -ah / -in. Dowdueg (daoudueg, 1992), adj. quai., biface, bilatéral, de dow + tu + -eg. Dowejon (daouejen,

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1992), s. d., attelage de bœufs, de dow + ejen. Dowelinan (daoüilina, 1732), dowelinin (daouilinin, 1992), v., s’accouder, de dow + -ilin + -ah / -in. Dowfarzh (daouphars, 1732), s. m., deux tiers, de dow + parzh, procède du vieux breton douparth. Dowfroman (daoufroman, 1992), dowfromin (daoufromin, 1992), v., émotionner doublement, de dow + from + an/ -in, sont attestés en 1930 par leur part, passé daoufromet. Dowgromm (daougromm, 1931), adj. quai., recourbé, et s. m., recourbure, de dow+ kromm. Dowgromman (daougromma, 1927), dowgrommin (deugromein, 1904), v., (se) courber en deux, de dow + kromm + -ah /-in. Dowhanter (douhanter, 1499), adj. quai., mixte, mi-parti, de dow+ hanter. Dowhantereg (deuhantereg, 1904), adj. quai., coassocié ; bissecteur, de dow + hanter + -eg. Dowhanteran (daouantera, 1659), dowhanterin (daouhanteri, 1732), v., (se) scinder (en deux), partager, travailler à deux, de dow + hanter + -ah / -in. Dowhualin (daouhuali, 1927), v., entraver deux fois, de dow + huai + -in. Dowlamm (daou-lamm, 1732), s. m., galop, de dow + lamm. Dowlammad (daoulampat, 1913), v., aller au petit galop ; se précipiter, de dow + lamm + -ad. Dowlammadenn (daoulammadenn, 1992), s. £, galo­ pade, de dow + lamm + -adenn. Dowlinan (douglinaff, 1499 ; daoulina, 1659), dowlinin (deuhlinein, 1904), v., (s’)agenouiller, de dow + glin + -ah / -in. Dowom (douzom, déb. XVIe ; daouam, 1716), s. pl. (duel), mains, de dow + dom. Dowoman (daouaman, 1992), dowomin (daouamin, 1992), v., manipuler, de dow + dom + -ah /-in. Dowselled (daouselled, 1992), v., regarder à deux fois, de dow + sell + -ed Dowsonjal (daousonjal, 1931), v., rester perplexe, de dow + sonj + -aL Dowstouan (daoustouan, 1992), dowstouin (daoustouin, 1992), v., (se) pencher, (se) plier en deux, de dow + stou + -ah / -in. Dowviseg (daou-vézek, 1821), adj. quai., didactyle, à deux doigts, de dow + bis + -eg. Dowvisieg (daouviziek, 1958), adj. quai., bimestriel, de dow + mis + -ieg. Dowvlezin, v., devenir suranné, de dow+ blez+ -in. Dowvloaziad (daou-vloasiad, 1821), adj. quai., bisannuel, de dow + bloaz + -iad. Dowvloazian (daouvloazian, 1992), v., devenir suran­ né, de dow + bloaz + -ian. Dowvloazieg (daouvloaziek, 1927), adj. quai., bisannuel, de dow + bloaz + -ieg. Dowwenneg (daouwenneg, 1992), s. m., pièce de deux sous, de dow + gwenn + -eg. Dowzrailhan (daouzrailhan, 1992), dowzrailhin (daouzrailhin, 1992), v., hacher en deux, de dow + drailh + -ah / -in. Dizowblegan (dizaoublegan, 1958), dizowblegin (dizaoublegin, 1992), v., (se) déplier (en se levant), de di

+ dow + pleg + -an / -in. Dizowlinan (dizaoulinan, 1958), dizowlinin (dizaoulinin, 1992), v., (se) relever d’une position agenouillée, de di- + dow + glin + -an / - in. Etredowin (etredaouin, 1958), v., mitiger, tergi­ verser, de etre + dow + -in. Penndowlin (penndaoulin, 1992), s. pl., genoux ; allonge de bouchain ; genouillère, de penn + dow + glin., identique au comique pendeulyn. Penndowlinan (pendaoulinan, 1992), penndowlinin (penndaoulinin, 1992), v., s’agenouiller, de penn + dow + glin + -an / -in. Dozw (dozw, 1992), s. m., ponte, procède du celtique *tosw-. Dozwadenn (dozvadenn, 1927), s. f., ponte, de dozw+ -adenn. Dozwadur (dozvadur, 1927), s. m., acte ou produit de la ponte, de dozw + adur. Dozwer (dozver, 1958), dozwour (dozwour, 1992), s. m., pondeur ; pondoir, de dozw+ -erl -our. Dozweres (doverez, 1919), s. f, pondeuse, ovipare, de dozw+ -er+ -es. Dozwerezh (dovereh, 1904 ; dozverez, 1927), s. m., pondaison, de dozw+ -erezh. Dozwin (dezuiff, 1499 ; dozwi, 1716), v., pondre, frayer, mettre bas, de dozw + -in. Addozw (addozw, 1992), s. m., nichet, de ad-+ dozw. Azdozw (azdozw, 1992), s. m., nichet, de az- + dozw. Draen (dren, 1499), s. m., épine, arête, piquant ; pivot, détente (d’arme) ; garrot (de cheval), procède du vieux breton drain et correspond au comique dren, au gallois draen et à l’irlandais draighean (vieil irlandais draigeri). Ces mots remontent au celtique *drag-ino-. Gouzraen (gourdren, 1716), s. m., crochet d’hameçon, de gou- + draen.

Draf (draffl, 1464 ; draff, 1499), s. m., barrière, est un emprunt possible à une forme dérivée de l’ancien fran­ çais tref, poutre, solive, issu du latin trabem. Drafan (drafan, 1992), v., (se) mettre en arrêt (en parlant d’un chien), de draf+ -an, est donné par son part, passé drafet en 1958. Drafer (drajfer, 1732), s. m., guichetier, de draf+ -er. Endraf (endraf, 1992), s. m., barrière, guichet, de en+ draf. Drag (drag, 1732), s. m., drague, est un emprunt au moyen français drague (mil. XVIe), lui-même issu de l’an­ glais drag. Dragal (dragal, 1744), dragan (draga, 1732), dragin (dragein, 1904), v., draguer, de drag+ -al/-an + -in. Drager (drager, 1992), dragour (dragour, 1992), s. m., dragueur, de drag+ -er I -our.

Dragpn (dragoun, 1464), s. m., dragon, est un emprunt à l’ancien français dont le mot, attesté en 1080, est issu du latin draconem. Le gallois dragon procéderait direc­ tement du mot latin. Dragonadeg (dragonadeg, 1931),

s. f, dragonnade, de dragon + -adeg. Dragonerezh (dragonérez, 1732), s. m., dragonnade, de dragon + -erezh. Dragpnesenn (dragonezenn, 1931), s. f., dragonnier, de dragon + -«+ -enn. Dragonin (dragouni, 1732), v., dragonner, de dragon + -in.

Drailh (draill, d’après le pl. draillou, 1499), s. m., casse ; carnage ; sillage, tangage, clapotis, semble provenir d’un croisement entre le breton druilh et le français taille. Le mot drailleures, employé par Jehan Lagadeuc en 1499 pour traduire le breton draillou, n’est pas attesté en an­ cien français. Drailhad (draillad, d’après tri zraillad, 1857), s. m., débris, retaille, de drailh + -ad Drailhadeg (drailhadeg, 1992), s. f, massacre, de drailh + -adeg. Drailhadenn (drailhadenn, 1958), s. f., hachage, cho­ se hachée, de drailh + -adenn. Drailhadur (drailladur, 1723), s. m., hachure, rognure, de drailh + -adur. Drailhaj (draillage, 1723), s. m., débris, lambeau, re­ taille ; clapotis, de drailh + -aj. Drailhan (draillaff, 1499), drailhin (draillein, 1723), v., hacher, (se) dé­ chiqueter, (se) déchirer, détériorer ; écorcher (une langue), marmonner ; massacrer, de drailh + -an / -in. Drailhassenn (drailhassenn, 1992), s. f., débris, de drailh + -assenn. Drailhenn (draillen, 1659), s. f, coupon, lam­ beau, sarment, de drailh + -enn. Drailher (drailher, 1958), drailhour (drailhour, 1919), s. m., casseur, fendeur de bois ; marmonneur, de drailh + -er / -our. Drailherezh (draillereh, 1723), s. m., hachement ; mar­ monnement, de drailh + -erezh. Drailheür (drailheür, 1992), s. f., hachure, rognure, correspond à la traduc­ tion drailleures ci-dessus. Drailhouer (drailhouer, 1910), s. m., découpoir, de drailh + -ouer. Peurdrailhan (peurdrailhan, 1992), peurdrailhin (peurdrailhin, 1992), v., démolir complètement, de peur- + drailh + -an / -in. Drailhkousked (drailhkousked, 1992), v., dormir d’un sommeil haché, de drailh + kousk + -ed. Dowzrailhan (daouzrailhan, 1992), dowzrailhin (daouzrailhin, 1992), v., hacher en deux, de dow + drailh + -an!-in. Mordrailh (mordrailh, 1992), s. m., clapotis de mer, de mor + drailh.

Drajez (drage, 1633), coll., dragées ; cendrée, chevro­ tine, grenaille, est un emprunt à l’ancien français dragee, mélange de graines qu’on laisse croître pour le fourrage (1268), issu du latin *dravocata, lui-même d’origine gauloise. Drama (drama, 1931), s. m., drame, est un emprunt au gallois drama, lui-même issu de l’anglais. Dramaer (dramaer, 1992), dramaour (dramaour, 1958), s. m., dramaturge, de drama + -er ! -our. Dramaerezh 201

{dramaerezh, 1992), s. m., dramaturgie, de drama + -erezh.

Dramm {dram, 1723), s. f., ingrédient, drogue, potion, est un emprunt à l’ancien français drame (1256), qui s’écrira drachme, par réfection sur le latin, au XVIe siècle ; ce mot procède du latin médiéval dragma, variante du latin classique drachma. Drammaj {drammaj, 1992), s. m., dopage, de dramm + -aj. Dramman {dramman, 1958), drammin {drammin, 1992), v., doper, droguer, de dramm + -an / -in. Drammer {drammer, 1931), drammour {drammour, 1821), s. m., droguiste, de dramm + -er / -our. Dramm {dram, 1464), s. £, javelle, botte (de faix), est issu du celtique *dreg-smo- comme ses correspondants irlandais dream et gaélique d’Écosse dream. Dramman {dramma, 1927), drammin {drammein, déb. XVIIIe), v., javeler, de dramm + -an / -in. Dizramman {dizramman, 1992), dizrammin {dizrammin, 1992), v, déjaveler, de di- + dramm + -an / -in. Endramm {endramm, 1992), s. m., quantité enjavelée, de en-+ dramm. Endramman {endramma, 1821), endrammin {endrami, 1716), v., enjaveler, de en- + dramm + -an / -in, étaient usités sans désinence infinitive comme l’atteste le verbe endram en 1659. Endrammer {endrammer, 1889), s. m., enjaveleur, de en-+ dramm + -er. Landrammeg {landrammek, 1927), adj. quai., difficile à engerber, de lan- + dramm + -eg. Landrammus {landrammus, 1931), adj. quai., volu­ mineux, difficile à remuer, de lan- + dramm + -us.

Drant {drant, 1547), adj. quai., gai, enjoué, jovial, ap­ paraît comme la forme contractée de l’ancien français drillant, sautillant, étincelant, part, présent du verbe driller, encore attesté en breton prémoderne sous la forme drilhant{Y751'). Dranted {dranded, 1732), s. £, enjouement, de drant + -ded, est à rapprocher de drilhanded (1732) de même sens. Drantis {drantiz, 1912), s. £, gaieté, jovialité, de drant + -is. Drapenn {drapenn, 1464), s. £, drapeau ; torchon, dra­ per {draper, 1659), s. m., drapier, et draperezh {draperez, 1659), s. £, draperie, dérivent tous trois de l’ancien fran­ çais drap attesté en 1175 et issu du latin drappum d’ori­ gine gauloise.

Draskl {drasql, 1732), s. £, grive ; godiche, procède du vieux breton tra(s)cl issu comme le comique traskel et le gallois tresglen du celtique *trosdl-. On rapprochera de celui-ci l’anglais thrush. Draskladenn {draskadenn, 1944), s. £, crépitation, de drask(l) + -adenn. Draskal {drascak 1659), drasklan {drascla, 1821), v., crépiter, de drask(l) + -al/-an. Draskler {draskler, 1958), drasklour 202

{draskour, 1992), s. m., personne tapageuse, de draskl + -er/-our. Drasklerezh {draskerezh, 1992), s. m., cré­ pitement, de draskl + -erezh. Bondrasld {bondresk, 1723), s. m., grive musicienne, de bonn + draskl. Drast {drast, 1938), s. m., ravage, se rattache au verbe ancien français drosser, battre le blé, d’origine obscure, et présente un -t final épenthétique. Drastadenn {drastadenn, 1992), s. £, catastrophe, de drast + -adenn. Drastan (moyen breton drastaffi, drastin {drastein, 1904), v., ravager ; (se) décarcasser, de drast + -an/-in. Draster {draster, 1923), drastour {drastour, 1992), s. m., ravageur, casseur, de drast + -er/-our. Drasterezh {drasterez, 1924), s. m., dévastation, catastrophe, de drast + -erezh. Drastus {drastuz, 1895), adj. quai., ravageur, dé­ vastateur, catastrophique, de drast + -us. Dizrast {dizrast, 1958), adj. quai., intact, (qui vit) sans peine, de di- + drast. Draweg {draoc, 1716 ; dreaucq, 1732), s. m., ivraie, brome, procède du latin tardif dravoca issu du gaulois *drauoca. Ce mot a pour correspondants le comique drewk, le gallois drewg, tous deux empruntés à l’anglais drawk, l’ancien français drave (XIIIe) auquel se rattachent le wallon draweex. le gallo dréu. La finale [-wk] dans la prononciation est due au - e- atone. Dre {dre, 1499), prép., par, procède du vieux breton trei et a pour correspondants le comique dre, le gallois drwy (vieux gallois truî), l’irlandais tria ; tous sont issus du celtique *trei. Dregantad {dregantad, 1958), s. m., pourcentage, de dre + kant+ -ad. Kentre {quent dre, 1519), prép., aussitôt, dès, de kent + dre. Drein {drein, 1499), s. pl., épines, arêtes, voir draen. Dreineg {dreynec, 1499), adj. quai., épineux, et s. £, lieu épineux, de drein + -eg, équivalant au comique drenak. Dreineg {drenec, 1633), s. m., hérisson ; loup, bar, bar­ beau, de drein + -eg, identique au gallois draenog, hé­ risson. Dizrein {disrœn, 1732), adj. quai., sans épines, sans arêtes, de di- + drein. Dizreinan {dizreinaff, 1499), dizreinin {disrœinein, 1732), v., ôter les épines, les arêtes, de di- + drein + -an / -in. Dreist {dreist, 1633), prép., par-dessus, par-delà, outre, et adj. quai., supérieur, est un dérivé secondai­ re de dre (voir ce mot). Dreisted {dreisted, 1958), s. £, supériorité, de dreist + -ded. Dreistelezh {dreistelez, 1924), s. £, suprématie, de dreist + -elezh. Dreistamser {dreistamzer, 1958), s. £, heure supplé­ mentaire, de dreist + amser. Dreistbec’h {dreist-vech,

1931), s. m., surcharge, de dreist+ bec h. Dreistbec’hian {dreist-bechia, 1931), dreistbec’hin {dreistbechin, 1992), v., surcharger, de dreist + bec h + -ian / -in. Dreistden {dreistdén, 1931), s. m., surhomme, de dreist + den. Dreisdammad {dreistlammat, 1958), v., franchir, de dreist + lamm + -ad Dreistniver {dreist niver, 1931), s. m., surnombre, de dreist + niver. Dreistpae {dreistpae, 1931), s. m., surpaie, de dreist + pae. Dreistpaean {dreist-paea, 1931), dreistpaein {dreistpaein, 1931 ), v., surpayer, de dreist+pae+ -an/-in. Dreistpoblan {dreist­ poblan, 1958), dreistpoblin {dreistpoblin, 1992), v., sur­ peupler, de dreist + pobl + -an / -in, sont attestés par le part, passé dreist-pobleten 1931. Dreistpris {dreistpris, 1992), s. m., surestimation, de dreist+pris. Dreistprisan {dreistprizan, 1958), dreistprisin {dreistprisin, 1992), v., surestimer, de dreist+pris + -an/-in. Dreistweler {dreist­ weler, 1931), s. m., voyant, de dreist + gwel + -er.

Dremedal {dromeder, 1499 ; dremedal, 1732), s. m., dromadaire, est un emprunt à l’ancien français dro­ madaire (mil. XIIe), issu du latin dromedarius (IVe) par dissimilation et affection secondaire. Dremm {drem, 1499), s. f., visage ; tranchant, cadran, chanfrein, procède du vieux breton drem (v. 1050). Ce mot a pour correspondants le comique trem, vue, re­ gard, et le gallois drem, trem, vue ; tous sont issus du celtique *drik-sma-. Dremmadur {dremmadur, 1958), s. m., visagisme, de dremm + -adur. Dremman {drema, 1716), dremmin {dremmin, 1992), v., donner un vi­ sage, de dremm + -an / -in. Dremmel {dremmel, 1927), adj. quai., qui a le regard vif, de dremm + -el. Dremmour {dremmour, 1992), s. m., visagiste, de dremm + -our. Aidâmes {ardamez, 1870), s. £, emblème, insigne, pro­ cède de ardremmes, s. f., aîtres, configuration, tenants, aboutissants, de ar- + dremm + -es. Ce mot s’apparen­ te au gallois ardrem, vue. Ardremmesans {ardremmesans, 1992), s. f., signalement, de ar- + dremm + -es + -ans. Ardremmesin {ardamezi, 1944), v., repérer les aîtres ; servir d’emblème, de ar- + dremm + -es + -in. Dizremm {dizremm, 1992), adj. quai., sans tranchant, de di-+ dremm. Dizremman {dizremman, 1992), dizremmin {dizremmin, 1992), v., chanfreiner, de di- + dremm + -an / -in. Dremmskeud {dremmskeud, 1992), s. m., silhouette, de dremm + skeud Dremmwel {drém-vell, 1732), s. m., horizon, de dremm + gwel. Diwzremmed {diou-zremmet, 1944), adj. quai., à deux visages ; tranchant, de diw + dremm + -ed.

Drenenn {drenenn, 1992), s. f., cormoran, est un em­ prunt au moyen français draine, grive (XVIe), écrit drenne

en 1755. Ce mot serait d’origine gauloise ou germa­ nique. Dres {dres, 1633), coll., ronce(s), procède du vieux bre­ ton dris et correspond au comique dreys, au gallois drys, à l’irlandais dris et au gaélique d’Écosse dris. Tous se ré­ clament du celtique *drits-. Dreseg {drezecg, 1732), adj. quai., plein de ronces, et s. f., ronceraie, de dres + -eg, procède du vieux breton drisoc par le moyen dreseuc (1543) attesté par le nom de lieu Dreseuc en LocmariaPlouzané (29) ; ce mot est identique au comique dreysek, au gallois drysogex. à l’irlandais dreasach. Dresenn {dresen, 1633), s. f, crémaillère, de dres + -enn. Dresenneg {drezennec, 1716), s. £, ronceraie, de dres + -enn + -eg. Dresid, s. £, ronceraie, ne se montre qu’en toponymie et apparaît sous la forme Dresit en 1628. Azdresenn {azdrezenn, 1931), s. £, crémaillon, de az+ dres+ -enn. Dizresan {disreza, 1732), dizresin {diz­ resin, 1992), v., défricher (les ronces), de di- + dres + -an / -in. Mordres {mordres, 1992), coll., gorgone, de mor + dres. Dress {dreçz, 1732), s. m., dressage ; position dressée ; correction, réparation, est un emprunt au moyen fran­ çais issu de l’ancien français drecier, diriger, ajuster (XIe), lui-même du latin *directiare, dérivé de directus, droit. Dressabl {dressabl, 1992), adj. quai., réparable, de dress + -abL Dressan {dressa, 1659), dressin {dressein, 1723), dresso {dresso, 1992), v., dresser, redresser ; réparer, ra­ vauder ; rebouter, corriger, de dress + -an / -in / -o, se montraient employés comme part, passé dreceten 1530. Dresser {dresser, 1992), dressour {dresseur, 1992), s. m., dresseur, réparateur, ravaudeur, rhabilleur ; rebouteux, de dress + -erl-our. Dresserezh {dresserezh, 1992), s. m., réparation(s), de dress + -erezh. Dressouer {dressoüer, 1633), s. m., dressoir, de dress + -ouer, mais emprunté ainsi au français. Addressan {addressan, 1992), addressin {addressin, 1992), addresso {addresso, 1992), v., redresser, retaper, de ad- + dress + -an / -in / -o. Dizressan {dizressan, 1992), dizressin {dizressin, 1992), v., défaire (le lit...), de di+ dress + -an / -in. Drevezh {divrès, Х7У1), s. m., toc, procède du vieux breton daureth, defreth, horrible, hideux ; ce mot correspond au comique dyfreth, faible, impuissant, et s’apparente au gallois efiydd, échec, insuccès. C’est une variante par métathèse de difraezh-, voir sous fraezh. Drevezhadenn {drevezadenn, 1958), s. £, simulacre, imitation, de drevezh + -adenn. Drevezhadur {drevezadur, 1931), s. m., pastiche, de drevezh + -adur. Drevezhan {dreveza, 1927), drevezin {drevesin, 1992),

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v., simuler, imiter, pasticher, de drevezh + -ah / -in. Drevezher {drevezer, 1931), s. m., simulateur, pasti­ cheur, imitateur, de drevezh + -er. Drevezherezh {drevezerez, 1931), s. m., simulation (s), de drevezh* -erezh. Drew {dreu, 1530), adj. quai., gai, hilare, a pour cor­ respondants le gallois dryw, roitelet, et l’irlandais dreoilin de même sens ; ces mots remontent au celtique *driwo-. Drewaad {dreoaat, 1927), v., (s’)égayer, de drew + -aat. Drewded {dreôded, 1821), s. f„ gaieté, ivresse légère, de drew* -ded Drewennig {drewennig, 1992), s. m., roitelet, de drew + -enn + -ig. Drewidigezh {drevidigez, 1927), s. f., hilarité, de drew* -idigezh. Drew {dréau, 1732), s. m., coqueluche, a pour corres­ pondant le gallois trew, éternuement, l’irlandais triuch, coqueluche, et le gaélique d’Écosse triuthach de même sens. Tous se rattachent à la racine strew par chute de la consonne initiale. Le mot drew se montre toujours précédé de l’article an ; il se peut qu’il représente un sub­ stantif trew dont la consonne initiale t- a subi la lénition.

Dribilh {drihilh, 1992), adj. quai., sémillant, est à rap­ procher de l’ancien français debel, plaisir, volonté ; il pré­ senterait donc un -r- épenthétique et la mouillure de la finale. Driked {dricqed, 1732), s. m., loquet, apparaît comme une variante de kliked (voir ce mot). Drikedan {drikéda, 1821), drikedin {drikedin, 1992), v., loqueter, de driked + -ah / -in. Drilhaod {drillaud, 1919), s. m., massue ; gamin, est un dérivé en -aodàe. l’ancien français drilles sautiller, se sauver promptement, déguerpir à la hâte ; briller, étinceler. Driss {driçz, 1732), s. f., drisse, est un emprunt au moyen français drisse, attesté en 1639 et issu de l’italien drizza. Driv {diriff, 1732), s. £, dérive, est un emprunt, par contraction, au français dérive, déverbal de dériver. Drivai {driuaff, 1499), v., dériver, de driv* -aL Driver {driver, 1992), drivour {drivour, 1992), s. m., dériveur, de driv * -er / -our. Droch {droch, 1927), adj. quai., sot, écervelé ; bizarre, cocasse, apparaît comme un emprunt au français drôle avec substitution de la consonne finale à valeur péjo­ rative. Drochenn {drochenn, 1958), s. f., fille écervelée, sotte, de droch + -enn. Drochan {drocha, 1927), drochin {drochin, 1992), v., bâcler l’ouvrage, de droch + -ah / -in. Drocherezh {drocherezh, 1992), s. m., sabo­ tage (d’un travail), de droch + -erezh.

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Droed {droet, 1723), s. m., droit, est un emprunt au français droit (1080), issu du latin populaire *drectum, lui-même de directum par contraction.

Drog {drog, 1904), s. m., drogue, est un emprunt au français dont le mot est attesté au XIVe siècle et issu du néerlandais droog, chose sèche. Drogaj {drogaj, 1992), s. m., drogue, de drog* -aj. Drogan {drogan, 1992), drogin {drogein, 1904), v., droguer, de drog* -an/-in. Droger {drogeër, 1732), drogour {drogour, 1732), s. m., droguiste, de drog + -er / -our. Drogerezh {drogerezh, 1992), s. m. ou f., droguerie, de drog* -erezh. Droged {droguet, 1659), coll., droguer, est un emprunt au français droguet, étoffe de laine de bas prix (1554), lui-même dérivé de drogue au sens figuré de “chose de peu de valeur”. Drogedenn {drogedenn, 1876), s. £, brassière (sans manches), de droged* -enn.

Droilhenn {droüillenn, 1723), s. £, rombière, procède du français drôle avec mouillure du -/-et adjonction du suffixe -enn fréquent dans les mots empruntés et de genre féminin. Drol {drol, 1992), adj. quai., drôle, drolatique, est un emprunt au français dont le mot apparaît à la fin du XVe siècle sous la graphie drollewec le sens de “plaisant, coquin”. Ce mot est issu du néerlandais drol, petit bon­ homme. Drolaj {drolaj, 1992), s. m., drôlerie, de drol + -aj. Drollaad {drollaad, 1992), v., devenir ou rendre drôle, de drol + -aad.

Droug {drouc, 1499), adj. quai., méchant, en colère, et s. m., mal, méchanceté, a pour correspondants le cornique drog, le gallois drwg, l’irlandais droch et le gaélique d’Ecosse droch. Tous ces mots postulent pour un cel­ tique *druko- ou *drukko-. Drougiezh {droueguiez, déb. XVIe), s. £, malice, méchanceté, de droug* -iezh, iden­ tique au gallois drygedd Drougiezhus {drouhgéahus, 1790), adj. quai., malicieux, pernicieux, de droug* -iezh* -us. Drougus {drougus, 1732), adj. quai., mali­ cieux, de droug* -us. Droukaad {drouchat, déb. XVIe), v., devenir, rendre méchant, de droug* -aad Dizroug {dizroug, 1889), adj. quai., inoffensif, de di+ droug, équivalant au gallois diddrwg. Dizrougan {dizrouga, 1931), dizrougin {dizrougin, 1992), v., déco­ lérer, de di- + droug* -ah /-in. Dizrougiezh {dizrougiezh, 1992), s. £, caractère inoffensif, de di- + droug* -iezh. Drougael {drouc ael, 1633), s. m., ange déchu, de droug + aeL Drougakuisitan {drougakuisitan, 1992), drougakuistin {drougakuisitin, 1992), v., mal acquérir, formé avec droug- préfixé, sont attestés plus anciennement par leur part, passé drout acquisitet{\GYÎ}. Drougali {drouc aly, 1689), s. m., mauvais conseil, de droug + ali.

Drouganw {drouchanfi 1464), s. m., mauvais renom ; appellation, de droug+ anw. Drouganwin {drouganwihy 1992), v., mal nommer, de droug + anw + -in. Drougavis {drougavisy 1992), s. m., mauvais œil, de droug + avis. Drougavisan {drougavisahy 1992), drougavisin {drougavisihy 1992), v., jeter un sort à, de droug + avis + -an /-in. Drougaviser {drougaviser 1992), s. m., jeteur de sort, de droug+ avis + -er. Drougawel {droucq aveL, 1732), s. m., mauvais vent, maléfice, de droug + aweL Drougchans {drouc chançcy 1659), s. £, mal­ chance, de droug + chahs. Dizrougchansan {dizrougchansahy 1992), dizrougchansin {dizrougchansihy 1992), v., supprimer la malchance, de di- + droug + chahs + -ah / -in. Drougchansus {droucqchançzuSy 1732), adj. quai., malchanceux, de droug+ chahs + -us. Drougc’her (drougcher, 1992), s. m., impropriété, em­ prunté au gallois drygair. Drougc’hoant {drouc-choanty 1732), s. m., convoitise, de droug + choant. Drougc’hoantaad {droukchoantaaty 1958), v., convoi­ ter, de droug + choant + -aad. Drougc’hoantegezh {droukchoantegezy d’après e zroukchoantegez> 1932), s. f., convoitise, de droug + choant + -egezh. Drougc’hrass (drouc-chraçZy 1732), s. £, disgrâce, défaveur, de droug + grosse équivalant au comique drog-gras. Drougc’hwraer (droucgraer, 1530), s. m., malfaiteur, de droug + gwra + -er. Drougentent (droucq-èntenty 1732), v., (se) méprendre, et s. v., malentendu, de droug + entent. Drougeur {drouc eur, 1530), s. f., adversité, de droug + eur. Drougeurus {droug-eiirusy 1732), adj. quai., malheureux, de droug + -eur + -us. Drougfazi {drouk-faziy 1955), s. m., erreur, méprise, de droug + fazi. Drougfinwezh {drouk-finvezy 1910), s. f, malemort, de droug+fin + -wezh. Drougfiz {droukfi 1919), s. m., méfiance, de droug + fiz. Drougfizian {drougfiziahy 1992), drougfizio {drougfizio, 1992), v., se méfier, de droug+fiz + -ian/ -io. Drougfizians {drougfiziansy 1992), s. f., méfiance, de droug + fiz + -ians. Droughanval {droughanvaly 1992), adj. quai., dissem­ blable, de droug + hanvaL Droughenvel {droughehvek 1992), adj. quai., dissemblable, de droug + henveL Droughimezh {droug-himezy 1931), s. f., mélancolie, de droug + hir+ -nezh. Drougifomian {drougifomiahy 1992), drougifomin {drougifomih, 1992), v., mal en­ fourner, de droug + -i(n) + fom + -ian / -in. Drougijin {drougijiny 1992), s. m., mauvais génie, de droug+ -ijin. Drougimplij {droug-implijy 1744), s. m., mauvais usa­ ge, abus, de droug + -implij. Drougimplijan {drougimplijahy 1992), drougimplijin {drougimplijihy 1992), v., abuser (de), de droug + -implij + -ah / -in. Drougistim {drouk-istimy 1910), s. m., mésestime, de

droug + istim. Drougistiman {drougistimahy 1992), drougistimin {drougistimih, 1992), v., mésestimer, de droug + -istim + -ah / -in. Drougkejin {drougkejihy 1992), drougkejal {drougkejaly 1992), v., confondre, de droug + kej + -in / -aL Drougkemer {drouc quemer, 1689), v., prendre à tort, à mal, de droug + kemer. Drougkempenn {droucq-qempehy 1732), v., maltraiter, de droug + kem- + penn. Drougkennig {drouc kinnigy 1839), s. m., tribut, de droug + kennig. Drougklemm {drougklemm, 1992), v., récriminer, et s. v., récrimina­ tion, de droug + klemm. Drougklemmer {drougklemmery 1992), s. m., récriminateur, de droug + klemm + -er. Drougldewed {drougklewed, 1992), v, mal entendre, de droug + klew+ -ed Drougkoms {drouccomps, 1464), v., médire, de droug + koms. Drougkoms {drouc compSy 1716), s. £, médisance, de droug + koms. Drougkomser {drouc comseTy déb. XVIe), s. m., médisant, de droug + koms+ -er. Drougkontan {drougkontah, 1992), drougkontin {drougkontihy 1992), v., mal compter, de droug + kont + -ah / -in. Drougkontant {drouc contanty 1659), adj. quai., mécontent, de droug+ kon­ tant. Drougkontantin {drouc contentiy 1659), v., mé­ contenter, de droug + kontant + -in. Drougkustum {drouccustumy 1464), s. m., mauvaise coutume, mau­ vaise habitude, de droug + kustum. Drouglamm {drouc lanty 1519), s. m., défaite, infortune, mésaven­ ture, de droug + lamm, identique au comique droklam et au gallois dryglam. Drouglans (droulançz, 1732), s. f., rancune, de droug + lans. Drouglansus {droukransusy 1932), adj. quai., rancunier, de droug + lans + -us. Drouglavar {drouk-lavary d’après son pl. drouk-lavaroùy 1955), s. m., médisance, de droug+ lavar. Drouglavared {drouc lavarety v. 1565-68), v., médire, de droug + lavar + -ed. Drouglavarer {drouc lauarery déb. XVIe), drouglavarour {drouglavaroury 1992), s. m., médisant, de droug + lavar + -er/-our. Drouglaz {drouk-lazy 1925), s. m., assassinat, de droug+ laz. Drougjazan {drouk-laza, 1931), drouglazin {drouglazihy 1992), v., assassiner, de droug + laz+ -an/-in. Drouglazer {drouklazer, 1927), s. m., assassin, de droug + laz + -er. Drouglenn {drouglenny 1992), dyslexie, de droug + lenn. Drouglenner {drouglennery 1992), s. m., dyslexique, de droug + lenn + -er. Drougliwan {drougliwahy 1992), drougliwin {drougliwihy 1992), v., blêmir, de droug + liw + -ah / -ihy attestés en 1821 par leur part, passé drouk livet. Drouglousow {drouc-losoy XVIIIe), s. pl., mauvaises herbes, de drouk + lous+ -ow. Drouglowen {drouk (-) laouen, 1927), adj. quai., pas content, de droug + lowen. Drougneuz {drouk-neuzy 1876), s. f., dégaine ; dys­ morphie, de droug + neuz. Drougober {drouc obery 205

1499), v., mal agir, mal faire, de droug + ober. Drougober {droucq-ober, 1732), s. m., délit, méfait, de droug + ober. Drougoberer {drouc obérer, déb. XVIe), drougoberour {drouc oberour, 1659), s. m., malfaiteur, de droug + ober + -our. Drougobererezh {drougobererez, \9T7), s. m., malfaisance, délits, de droug+ ober + -erezh. Drougoberius {droucq-oberus, 1732 ; droug ôberiuz, 1821), adj. quai., malfaisant, délictueux, de droug + ober+ -ius. Drougpedenn {drouc pedenn, 1659), s. £, imprécation, de droug + ped + -enn. Drougpeder {drouk-peder, 1821), s. m., personne qui lance des im­ précations, de droug + ped + -er. Drougpedin {drouc pidi, 1659), v., dire des imprécations, maudire, de droug + ped + -in. Drougpleg {drouk-pleg, d’après droukplegiou, 1924), s. m., dysfonctionnement, de droug + pleg. Drougplijan {drougplijan, 1992), drougplijin {drougplijin, 1992), v., ne pas plaire, de droug + plij + -an / -in, attestés par ailleurs par la forme conjuguée ne zroukplijo en 1960. Drougprezeg (moyen breton drouc prezec), s. m., dénigrement, de droug + prezeg. Drougprezegin {droueprezee, d’après da zroueprezee, déb. XVIIIe ; drouk-prézégi, 1821), v., dénigrer, de droug + pre­ zeg + -in. Drougprezeger {drougprezeger, 1718), drougprezegour {drougprezegour, 1992), s. m., détracteur, calomniateur, de droug + prezeg + -er / -our. Drougprezegerezh {drouc-prezeguerez, 1718), s. m., dénigrement, calomnie, de droug + prezeg + -erezh. Drougrans {droug-ranç, 1716), s. £, malveillance, de droug + rans. Drougransus {droukransus, 1932), adj. quai., malveillant, de droug + rans + -us. Drougreson {drougreson, 1992), s. £, mauvaise objection, de droug + reson. Drougretred {drougatred, 1927), s. m., dérou­ te, de droug + retred. Drougroin {drougroin, 1992), v., livrer (quelqu’un), de droug + ro + -in. Drougsamman {drougsamman, 1992), drougsammin {drougsammin, 1992), v., terrasser (quelqu’un), de droug + samm + -anl -in. Drougsant {droucsant, 1723), s. m., épilepsie ; pres­ sentiment, instinct, de droug + sant. Drougsantin {droucsantein, 1723), v., pressentir, de droug + sant + -in. Drougskriv (drougskriv, 1992), drougskrivan {drougskrivan, 1992), s. v., dysgraphie, de droug+ skriv+ -an. Drougskrivadur {drougskrivadur, 1992), s. m., dysor­ thographie, de droug + skriv + -adur. Drougskwer {drouc scuezr, 1519), s. £, scandale, de droug + skwer. Drougskwerian {drougskoueria, 1927), v., scandaliser, de droug + skwer+ -ian. Drougsonj {droug-sonj, d’après le pl. drouc-sonjou, 1860), s. m., mauvaise pensée, de drouc + sonj. Drougsonjal {droug-sonjal, d’après da zroug-sonjal, 1869), v., penser à mal, méjuger, de droug + sonj + -al. Drousonjer {droucsonger, déb. XVIe), s. m.,

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mauvais esprit, de droug + sonj + -er. Drougspered {drouc speret, 1519), s. m., malin, démon, de droug + spered Drougstumman {drougstumman, 1992), drougstummin {drougstummin, 1992), s. v., dysplasie, de droug + stumm + -an / -in. Drougtamall {drouktamall, 1958), s. m., accusation mensongère, et v., accuser à tort, de droug + tamalL Drougtizhan {drougtizhan, 1992), drougtizhin {drougtizhin, 1992), v., atteindre gravement, de droug + tizh + -an / -in, attestés au XVIIIe siècle par leur part, passé drouctiet. Drougtretan {drouc tretaf, 1530), drougtretin {drougtretin, 1992), v., maltraiter, de droug + tret + -an / -in. Drougtunan {drouktuna, 1931), drougtunin {drougtunin, 1992), v., faire du chantage, de droug + tun + -an / -in. Drougtuner {drouk-tuner, 1931), s. m., maître chan­ teur, de droug + tun + -er. Drougvagan {drougvagan, 1992), drougvagin {drougvagin, 1992), v., mal nour­ rir, de droug + mag + -an / -in. Drougvallozh {drouc vallos, déb. XVIIIe), s. £, malédiction, de droug + mallozh. Drougvennozh {drouk-vennoz, 1847), s. m., ma­ lédiction, de droug+ mennozh. Drougverzh {drouc-berz, 1732), s. m., insuccès, revers, de droug + berzh. Drougveskan {drouk-veska, 1944), drougveskih {droug­ veskih, 1992), v., confondre, de droug + mesk+ -an ! -in. Drougwelans {drouk-welans, 1910), s. £, pessi­ misme, de droug + gwel + -ans. Drougwelour {droukwelour, 1910), s. m., pessimiste, de droug + gwel+ -our. Drougwiskan {droukwiska, 1927), drougwiskin {drougwiskin, 1992), v., (s’)affubler, de droug + gwisk+ -an / -in. Drougyoull {drouc-ioull, 1557), s. m., mauvais ins­ tinct, passion déréglée, ressentiment, de droug + youlL Drougzemezin {drougzimezin, 1992), v., (se) mésallier, de droug + demez + -in. Drougzespet {drouc-esped, 1732), élément de la conjonction en drougzespet da, nonobstant, de droug + despet. Drougziforc’h {drougziforch, 1992), s. m., ségrégation, de droug + di- + fore h. Drougziougan {drouch djougan, XVIIe), s. m., mauvais présage, de droug+ diougan. Drougzispign {drougzispign, 1992), s. m., folle dépense, de droug + dispign. Drougzivian {drouzivia, 1931), drougzivigin {drougzivigin, 1992), v., mal dépenser, gaspiller, de droug + divi(g) + -an / -in. Drougziwez {drouc-diuez, 1659), s. m., dé­ bâcle, de droug + diwez Drougziwezan {drougziwezan, 1992), drougziwezin {drougziwezin, 1992), v., défaire, mettre en déroute, de droug + diwez + -ah / -in, sont attestés en 1938 par leur part, passé drouziwezet. Kildroug {kildrouk, 1931), adj. quai., sournois, de kil + droug.

Drouin {drouin, 1716), s. m., havresac, est un emprunt à l’ancien français drouine.

Drouiz (drus, 1732 ; drouiz, 1923), s. m., druide, pro­ cède du vieux breton dorguid, devin, issu du brittonique *do-ro-wid II correspond au comique drewith, au gal­ lois derwydd et s’apparente à l’irlandais draoi (vieil ir­ landais drui, druide, sorcier). Drouizes (druses, 1732), s. £, druidesse, de drouiz + -es. Drouizel (drouizel, 1958), adj. quai., druidique, de drouiz + -el Drouizelezh (drouizelezh, 1958), s. f., druidisme, de drouiz + -elezh. Druilh (druill, 1557), s. m., masse, profusion, ribam­ belle ; ergot (du seigle), est un emprunt à l’ancien français dru, en quantité, issu du gaulois drutos, fort ; le gallois drud, vaillant, brave, furieux ; cher, coûteux, précieux, procède de l’équivalent brittonique *drutos. Druilhad (druillad, XVIIIe), s. m., masse (de), profusion (de), de druilh + -ad. Druilhan (druilla, 1716), druilhin (druilhin, 1992), v., battre (fort) ; rendre er­ goté, de druilh + -an / -in. Druilhata (druilhata, 1992), v., manier en masse, massifier, de druilh + -ad + -a. Druilhenneg, adj. quai., massif, de druilh + -enn + -eg, est attesté en 1578 comme nom de personne, Le Druillennec.

Drujal (drugeal, 1723), v., folâtrer, marivauder, est un emprunt à l’ancien français drugier, se jouer, tromper, prévariquer, dérivé de dru. Drujer (drujer, 1958), drujour (drujour, 1876), s. m., personne folâtre, badin, de druj-+ erl-our. Drujerezh (drujerec’h, 1876), s. m., ma­ rivaudage, de druj- + -erezh. Druz (druz, 1633), adj. quai., gras, dru, fertile, serait un emprunt à une forme romane *drudo issue du gau­ lois drutos. Druzadenn (druzadenn, 1992), s. f., touf­ fe grasse, de druz+ -ad+ -enn. Druzan (druza, 1732), druzin (druhein, 1723), v., graisser, fertiliser, de druz + -an / -in. Druzder (druzder, 1914), s. m., état gras, cellulite, de druz + -der. Druzennegezh (druzennegezh, 1992), s. f., graisse liquide, de druz + -enn + -egezh. Druzig (druzig, 1992), s. m., motelle, de druz + -ig. Druzoni (druzoni, 1659), s. £, graisse, fertilité, de druz + -oni. Dizruzan (didruza, 1732), dizruzin (dizrùein, 1723), v., dégraisser, de di- + druz + -an / -in. Dizruzer (dizruer, 1732), dizruzour (dizruour, 1732), s. m., dé­ graisseur, de di- + druz + -er ! -our.

Du (du, 1499), adj. quai., noir, procède du vieux bre­ ton du ; comme le comique du, le gallois du, l’irlandais duhh et le gaélique d’Ecosse dubh sans oublier le gau­ lois dubus, ce mot procède du celtique doub-o-. Duaad (duhat, déb. XVIe), v., devenir ou rendre plus noir, de du + -aad, identique au comique duhê. Duad (duat, 1464), noir (de fumée, de seiche) ; charbon (du

blé) ; toile à briquet, de du + -ad. Duadenn (duadenn, 1931), s. £, noirceur ; nimbus, de du + -adenn. Duadur (dùadur, 1723), s. m., noircissure, noir de fumée, de du + -adur. Duaj (duaj, 1919), s. m., noircissure, de du + -aj. Duan (duan, 1716), s. m., noir de fumée, et coll., charbon (du blé), de du + -an. Duanenn (duanên, 1716), s. £, foulque, de du + an + -enn. Duan (duaff, 1499), duin (dùein, 1723), v., noircir, calaminer, niel­ ler ; dépérir, (s’)éreinter ; (se) pocher, de du + -an / -in. Duard (duart, 1659), adj. quai, et s. m., noiraud, de du + -ard Duardell (dùardel, d’après urzùardel, 1723), s. £, noiraude, de du + -ard + -ell. Duardenn (duardenn, 1931), s. £, noiraude, de du + -ard+ -enn. Duder (du­ eler, 1499), s. m., noirceur, de du + -der, équivalant au comique duder et au gallois duder. Duenn (duen, 1919), s. £, vache noire ; nuage noir (de pluie), de du + -enn. Duennin (duennin, 1958), v., se noircir (en parlant du temps), de du + -enn + -in. Duer (duer, 1958), duour (duour, 1992), s. m., noircisseur ; calomniateur, de du + -er / -our. Duerezh (duerez, 1927), s. m., noircisse­ ment ; calomnie(s), de du + -erezh. Duienn (duienn, 1992), s. £, charbon (du blé), de du + -ienn. Duig (duig, V)27), s. m., dorade noire, de du + -ig. Arzu (arzu, 1931), adj. quai., noirâtre, de ar- + du. Azdu (azdu, 1732), adj. quai., noirâtre, de az- + du. Damzu (demzu, 1732), adj. quai., noirâtre, de dam- + du. Dizuan (dizuaff, déb. XVIe), dizain (disuein, 1732), v., débronzer ; réhabiliter, de di- + du + -an / -in. Dizuennin (dizuennin, 1992), v., décalaminer, de didu + -enn + -in. Kerzu (querzu, 1499), s. m., décembre, de ken- + du. Peusdu (peus-du, 1732), adj. quai., noi­ râtre, de peus- + du. Duaod (duaut, 1269), s. £, ubac, de du + aod, auquel correspond le gallois duallt. Dugen (dugen, 1931), adj. quai., à la peau noire, de du + ken. Dukard (dukard, 1992), s. m., brunet, mat, de du + kard. Dukardenn (dukardenn, 1992), s. £, brunette, de du + kard+ -enn. Galdu (galdu, 1716), s. m., macreuse noire, gai + du. Brondu (brondu, 1716), adj. quai., tuméfié, meurtri, cramoisi, et s. m., ecchymose, de bron + du. Bronduadur (bronduadur, 1821), s. m., tuméfaction, hématome, de bron + du + -adur. Bronduin (brondua, 1732), v., (se) tuméfier, (se) violacer, (se) piquer (en par­ lant du linge), de bron + du + -in. Brundu (brundu, 1992), adj. quai., marron foncé, de brun + du. Glasdu (glas-du, 1927), adj. quai., bleu foncé, de glas + du. Melendu (melendu, 1992), adj. quai., ocre, de melen + du, de même formation que le gallois melynddu. Pennduenn (pen duèn, 1632), s. £, massette, de penn + du + -enn, procède du vieux breton penduan et a pour 207

correspondant le comique penduen, jonc. Pennduig {penduic, 1716), s. m., mésange à tête noire, de penn + du + -ig, équivalant au comique pendu, à la tête noi­ re, et au gallois penddu, de même sens. Pennduienn {pennduienn, 1992), s. f., charbon (du blé), depenn + du + -ienn. Pennduian (pennduian, 1992), pennduin {penduin, 1992), v., charbonner, biser, de penn + du + -ian / -in. Persdu {pers-du, 1927), adj. quai., violacé, turquin, depers + du. Persduadur (persduadur, 1931), s. m., endroit violacé, meurtrissure, de pers + du + adur. Persduan (persdua, 1931), persduin (persduin, 1992), v., (se) violacer, meurtrir, de pers + du + -an /in. Rousdu (rousdu, 1992), adj. quai., brun, de rous + du. Ruzdu (ruzdu, 1992), adj. quai., marron, de ruz + du. Dual (duvell, 1732), s. m., duel, est un emprunt au français duel ( 1539), issu du latin duellum, forme ar­ chaïque de bellum, guerre. Dube {dûbe, 1716), s. m., pigeon, est un emprunt d’ori­ gine germanique comme le montrent l’anglo-saxon düfe à l’origine de l’anglais dove, le néerlandais duif et l’allemand Taube. Dubeer (dubeer, 1992), dubeour (dubeour, 1931), s. m., colombophile, de dube+ -er / -our. Dubeerezh (dubeouriez, 1931), s. f., colombo­ philie, de dube + -erezh. Dudi (dudy, 1718), s. m., charme, délice, intérêt de, procède de didu par métathèse. Dudian (dudïa, 1931), dudiin (dudiin, 1992), v., charmer, intéresser, de dudi + -an /-in. Dudius (dudiuz, 1821), adj. quai., charmant, intéressant, attachant, attirant, riant, de dudi + -us.

Duilh (duyll, 1499), s. m., botte, fagot, gerbe, corres­ pond au vieil irlandais dùal, boucle de cheveux, fran­ ge, tressage, et au gallois dull, natte, tresse, plissement, froissement, ondulation ; ces mots se réclament du cel­ tique *dok-lo-. On notera que le mot breton a subi la mouillure de sa consonne finale, ce qui laisserait croi­ re à un emprunt roman. Duilhad (duillad, 1876), s. m., botte (de), de duilh + -ad. Duilhan (duilha, 1931), duilhin (duilhin, 1992), v., botteler, de duilh + -an /- in.

Duk (duc, 1499), s. m., duc, est un emprunt à l’ancien français duc (1080), issu du latin ducem. Le comique dükex. le gallois duc procèdent du moyen anglais duk, duke. Dukaj (dugaich, 1732), s. m., duché, de duk + -aj. Dukel (dugel, 1931), adj. quai., ducal, de duk + -el Dukelezh (dugelez, 1927), s. f., duché, de duk + -elezh. Dukes (dugues, 1732), s. f., duchesse, de duk + -es. Dukiezh (dugiez, 1927), s. f, dignité de duc, est un emprunt au gallois dugiaeth, duciaeth.

Dumed (dum, dumet, 1633 ; dumet, 1659), s. m., du­ vet, est un emprunt au moyen français dumet issu par dérivation de l’ancien français dum (1170) d’origine Scandinave. Dumedin (dumedein, 1919), v., (se) cou­ vrir de duvet, de dumed + -in. Durc’haad (durchaad, 1992), v., (s’)exposer, est attes­ té en 1919 par son part, passé durheit-, ce mot corres­ pond au gallois dyrchafaf, dyrcha, pousser, prospérer, s’élever, augmenter, et au comique drehevel de même sens. Durc’hadur (durchadur, 1992), s. m., exposition (au nord...), de dure h- + -adur. Durenn (durenn, 1992), s. f, frilmar, est un possible emprunt au français dur avec suffixation en -enn.

Homme assis sur une barrique. O. Perrin.

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E (f, 1499), adj. poss., son, sa, ses, et pron. pers., le, procède du vieux breton i et admet pour correspondants le cornique y, le gallois ei (vieux gal­ lois z) et l’irlandais a ; tous remontent au celtique *esio. Eben {eben, déb. XVIe ; heben, 1709), pron. indéf., l’autre, de e + ben, au sens littéral de “sa compagne (à lui)” et qui s’est figé sous la forme non adoucie alors qu’on attendrait V ven ; il correspond au comique yben. Egile {heguile, 1499), pron. indéf., l’autre, de e + kile, auquel correspondent le comique y gyla, l’autre, le gallois i gilydd et l’irlandais a chéile de même sens.

E {en, 1499 ; e, déb. XVIe), prép., en, dans ; à, procède du vieux breton z, in, et correspond au comique yn, au gallois yn. Ebed {en bet, XVIe), adj. indéf., aucun, de e + bed, cor­ respond à l’irlandais ar bith. Emberr {en berr, 1530), adv., tantôt, bientôt, de e(n) + berr. Empenn {empenn, 1716), s. m., cerveau, de e(m) + penn. Erbed {er bet, 1633), adj. indéf., aucun de er+ bed. Torrimell {torimeü, 1992), s. £, roulade, roulement, de torr+ e + melL Torrimellad {torrimellat, 1732), v., (se) rouler à terre, se vautrer, de torr + e + mell + -ad.

E {e, 1659, devant [h-], k-, s-, t-, v-), pan. verb. et conj. sub., que, voir ez.

E {e, 1723), prép., au sens de “en train de” usitée dans l’expression de la forme progressive en dialecte vanne­ rais, correspond au gallois yn. Eal {eal, 1716), s. m., petit poulain, petite pouliche, a pour correspondants le comique eal, tête de bétail, bête, jeune bœuf, le gallois ael, portée (de cochons) ; ces mots remontent au brittonique *aglo- et s’apparentent au vieil irlandais àl, couvée, portée. On comparera aussi le gaé­ lique d’Écosse alaich, se multiplier. Ealan {ealan, 1732), v., pouliner, de eal + -an.

Ebat {ebat, 1499), s. m., partie de plaisir, et adj. quai., plaisant, réjouissant, est un emprunt à l’ancien français ebat (déb. XIIIe), dérivé du verbe batre. Ebatal {ebatal, XVIIIe ; mais ebataff, 1499), v., s’amuser, de ebat+ -aL Ebatus {ebatus, 1650), adj. quai., aimant s’amuser, de ebat-\- -us. Eben {ebena, 1732 ; eben, 1992), s. m., (bois d’)ébène, est un emprunt au français dont le mot, attesté en 1130, est issu du latin ebenus, lui-même emprunté au grec ebenos. Ebenenn {ebenenn, 1732), s. m., ébénier, de eben

+ -enn. Ebener {ebener, 1732), ebenour {ebenour, 1732), s. m., ébéniste, de eben + -er / -our.

Eb, s. m., cheval, est un terme disparu mais qui se montre en composition dans keneb {qeneb, 1732), adj. quai., (jument) pleine, de ken- + eb, identique au gal­ lois cyfeb, et dans keneban {keneban, 1992), kenebin {kenebin, 1992), v., inséminer, de ken- + eb+ -an/-in, attestés en 1876 par leur part, passé kenebet, et équi­ valant au gallois cyfebu, féconder. Ce mot procède du vieux breton ep issu du brittonique *epos correspon­ dant au gaulois epos, tous deux remontant au celtique *ekwo- duquel est aussi issu le vieil irlandais ech. Ebeul {ebeul, 1464), s. m., poulain, pouliche, suppo­ se un vieux breton *epol d’après le comique ebol et le gallois eboL Tous trois postulent pour un brittonique *ep-alo- et dérivent de ep. Ce mot s’est figé en moyen breton ; l’évolution aurait dû se poursuivre à *ebek for­ me attestée par le dialecte vannerais, ebél( 1919), et par les lieux-dits Kerébel en Guipronvel (29), Kerebel en 1648, et Lézébel en Ergué-Gabéric (29), Lesebel en 1448. Ebeulian {heubeulya, 1732), ebeulin {hebelein, 1732), v., pouliner. Diebeulan {diebeulan, 1992), diebeulin {diebeulin, 1992), v., (se) débarrasser de son poulain, de di- + ebeul + -an / -in. Ebrel {ebrell, 1499), s. m., avril, admet pour corres­ pondants le comique Ebrel et le gallois Ebrill, tous trois issus du latin aprilis. Ebreleg {ebrellecq, 1836), adj. quai., d’avril, et s. m., limicole, mot attesté par le nom de per­ sonne Ebrellec en 1620 à Ploudalmézeau (29). Echalot {echalod, 1919), coll., échalotes, est un emprunt du dialecte vannerais au français (voir chalotes).

Echedow {eschedou, 1633), s. pL, échecs, est un em­ prunt au moyen français eschet, chose qui arrive, déri­ vé de escheoir. Echeve {écheùé, 1919), adj. quai., de caractère difficile, est un emprunt à l’ancien français eschif, rétif, farouche (1155), issu du germanique skiuh, farouche. Echevead {echeveat, 1958), v., être de caractère difficile, de mau­ vaise humeur, de echeve + -ad. Diechevead {diechevead, 1992), v., faire le caractère à, de di- + echeve + -ad.

Ec’hoaz {ehoaz, 1519), s. m., sieste, méridienne, cor­ respond au comique ewha et au gallois echwydd, aprèsmidi, fin du jour ; tous deux postulent pour un celtique eks-sed-o-. Ec’hoazan {ehoazaff, 1499), v., faire la mé­ ridienne, de ec’hoaz+ -an. Echoaziad {echoaziad, 1992), s. m., méridienne (de), de ec’hoaz + iad 209

Ec’hweder {ec’hweder, 1716), s. f., alouette, est une va­ riante par rhotacisme de ec’hwedez ci-après.

de efront+ -ed Efrontiri {efrontiri, 1992), s. £, effron­ terie, emprunté directement au français.

Ec’hwedez {ehuedez, 1499), s. £, alouette, a pour correspondants le comique awhesyth (vieux comique evidiî) et le gallois ehedydd.

Egar {egar, 1871), s. m., égarement, furie, est un em­ prunt au déverbal du français égarer, issu d’un ancien esgarer (XIe), dérivé de garer. Egarin {egari, 1876), v., s’égarer, entrer en furie, de egar + -in.

Ed {et, 1464 ; yd, XVIe), s. m., blé, céréale, correspond au comique ys, au gallois yd et à l’irlandais iodh (vieil irlandais z’zA). Ces mots procèdent du celtique *itu. Edeg {edeg, 1923), adj. quai., à emblave, et s. f., emblave, de ed+ -eg, identique au gallois ydog. Edenn {edenn, 1732), s. f., plant, tige de blé, de ed+ -enn. Edus {eduz, 1821), adj. quai., fertile en blé, de ed + -us. Eta {eta, 1992), v., chercher ou mendier des céréales, de ed + -a. Etaer {etaer, 1992), s. m., céréalier, de ed+ -a + -er. Brased {bras-ath, 1633 ; braset, 1716), s. m., méteil, de bras + ed.

Edifîan {ediffiaff, 1499), edifiin {edifiin, 1992), v., édi­ fier, est un emprunt à l’ancien français edefier (déb. XIIe), issu du latin aedificare. Edifiss {edeficc, 1499), s. m., édi­ fice, emprunté directement au français. Edifissour {edifissour, 1992), s. m., personne qui édifie, de edifiss + -our. Edifius {edifius, déb. XVIe), adj. quai., édifiant, de edifi- + -us.

Efed {effet, 1530), s. m., effet, est un emprunt à l’an­ cien français attesté au XIIIe siècle et issu du latin effectus, résultat, effet. Efedin {efedi, 1931), v., agir, faire de l’effet, de efed+ -in. Efedus {effedus, 1732), adj. quai., efficace, de efed+ -us. Efedusted {efedusted, 1931), s. f, efficacité, de efed + -us + -ded. Diefed {dieffed, 1732), adj. quai., sans effet, vain, de di+ efed. Diefedus {dieffedus, 1732), adj. quai., ineffica­ ce, de di- + efed+ -us. Diefedusted {diefedusted, 1931), s. £, inefficacité, de di- + efed+ -us + -ded. Kenefedin {kenefedi, 1931), v., conjuguer les efforts, de ken- + efed + -in. Efloud {efflout, 1633), s. m., mort-aux-chiens, col­ chique, aurait même origine que le mot evl avec suf­ fixation en -oud.

Eged {eguet, 1519), prép., que, procède du vieux bre­ ton hacet, plus que, plutôt que ; c’est un dérivé en -et de hac (voir ha). Estreged {estreguet, 1718), prép., autre que, de estr+ eged. Neged {négit, 1974), adv., plus que, de ne+ eged, est analogue au moyen gallois nogyt. Egin {eghin, 1716), s. m., germe, correspond au cornique egyn et au gallois egin ; tous trois postulent pour un celtique *ak-ino-. Eginad {eghinat, 1716), s. m., ger­ me (de) ; étrennes, de egin + ad, équivalant au gallois eginad, ge