De l'origine des Américains précolombiens : Mémoire presenté au XXème Congrès International des Américanistes réuni á Rio de Janeiro, le 20 Août 1922

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De l'origine des Américains précolombiens : Mémoire presenté au XXème Congrès International des Américanistes réuni á Rio de Janeiro, le 20 Août 1922

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.DE L'ORIGJNE DES ftMÉRICftlNS PRÉCOLOMBl.EN5

Presenté au XXeme Congres lnternational des Américanistes

Réuni a Rio de Janeiro, Le 20 Aoüt 1922 PAR

TOUNG-DEKlEN Délégué d1J Gou vernement Chinois, Secrétaire de la Légati on . de Chine a Rio de Janeiro

RIO DE· JANIEIRO Typ. BE$'.\'Aíl D FRtn Es - 1~O, R11a P.u~11os Ai rrs - Telc ph. :\"ur le !'260 ' . 1923

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lNTR~DUeTieN

Le probleme ethnographique ·des races amen caines est t'un des plus mystérieux de l'anthropologie. Soluble pour les uns, insoluble pour les autres, je n'ai nullement la prétention de trancher la question. Désireux de répondre a la confiance de mon gouvernement., qui m'a délégué aupres ctu . xxe Congres des Américanistes, je me suis efforcé de rechercher consciencieusement !'origine des races précolombiennes en présentant ma modeste contribution a cette conférence scientifique et humanitaire. Ma tache a été singulierement facilitée par les dé~ couvertes des grands savants occidentaux qui ont fourni d'indiscutables arguments en parfait accord avec les documen.fs historiques de mon pays. Pour étudier !'origine des Anciens Américains il est indispensable d'éclaircir d'abord l'origine du genre humain, qui doit etre a son tour constatée clairement a_ux lueurs de la tradition, de Ja parent_é des langues et de l'identité des civilisations; c'est l'objet des quatre premiers chapitres de ce travail. Puisqu'on admet en príncipe !'origine commune des anciens peuples · des deux mondes, il faut 1 echercher aussi les traces, histoti"que, géographique et géologique de -la migration des Américains Pré ·

colombiens vers le Nouveau Monde . C'est l'objet des. trois chapitres suivants. De ces étu.des antérieures découle la conclusion directe et naturelle contenue dans le dernier chapitre. ]'y rends respectueusement hommage aux grands apotres de l' Humanité et de la conscience humaine en m'élevant au-dessus des religions et des doctrines particulieres.

TABLE DES MATIERES

1NTRODUCTION. Discours prononcé a l'ouverture du xxeCon- . gres lnternational des Américanistes a Rio de janeiro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 CttAPITRE 1- Origine commur:ie du genre hu· main ..... ... . ..... . .. ·... .. . ... .. . .. . ..

5

CttAPITRE 11- Tradition de la Création du monde et du déluge .. .. .... .... . .. . : . . . .

17

CttAPITRE 111.- Parenté des Langues 'sé mitique , basque, mongole, chinoise et américaines .

32

CttAPITRE IV - Hiéroglyphes, peintures, scülptures et gravures. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

45

CttAPITRE V - Migration naturelle de 1' Asie Orientale par le détroit de Behring. ... . . . .

61

CttAPITRE VI -Nation Tche-Yeou, fousang et introduction du Boudhisme. . . . . . . . . . . . . .

73

CHAPITRE VII - f mmigration isolée et aventuriere ·de tous les peuples de l 'Ancien Monde ... . . ... . .... . .. ... ... .. . ·... .. .. . 98 CHAPITRE VIII - L' uni o~ du genre humain . et l'amour de l'Humanité. . . .. .. . . . . . . . . . . . . 116

Oiscours prononcé a rouverture ÓU xxeme Congres lnternafionai óes Bméricanistes a liO óe Janeiro le 20 nout 1922 Monsieur le Président , Mesdames ef Messieurs : C ' est un grand honneur pour mo! de repr~sen­ ter mon Pays en prenant part a ceHe Conférence lnternationale des Américanistes au milieu de3 illustres Sa\iants présents. L'invitation faite a la Chine par le Brésil el par vofre congres est beaucoup plus significative au fond qu'en apparence. Sa s ignification ne m 'a pas échappé: la paren té des races et la civilisation commune entre les Américains r'récolombiens ef les Asiatiques Ürientaux sont plus évidentes encare qu ' entre les premiers et les a u tres peuples du monde. En juin dernier, l'illuslre Prés ident, Mr. le Dr. Simoens da Silva m' a particulierement honoré en m'invitant a présenter au Congres un Mémoire s ur !'Origine des Américains Préco lombiens; je me suis• fait un devoir de lui accord er mon humble contriLution. Grace aux recherches de gra nds savanls et aux données hisíoriques de mon Pays , je crois avoir un peu contribué a la- solution de ce probleme dans l'Asie Ürientale . Mais , comme mes connaissances

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s on{ naturellement tres incomple{es, je soumets mon travail a la bienveillané:e des illusfres conférenciers en les priant de vouloir bien m' aider de leurs précieux enseignements eí de leurs lm:1ineuses indicaíions, · Au nom de mon Gouvernemení eí .de mon Days. j' ai l'honneur de yrésenter a Monsieur le Drésidení eí a la Conférence les vceux les plus ardents que je forme pour le meilleur succes de votre Congres. ·

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CHAPITRE 1

ORIGINE COIVIMUNE DU GENRE HUMAIN Avant d'étudier l'origine des Américains pré- . colombiens, nous devons tout d 'abord parler de la . souche commune du Genre Humain, dont tous les peuples du monde sont issus. est de !' Asie Centra le, berceau et patrie commune, que sont sodies toutes les nations du monde les unes apres les autres. C'est de la aussi qu'émigrerent vers l'est les races Américaines. e F.n remontan{, dit Humboldt , aux temps les plus reculés, " l'histoire nous indique plusieurs centres de civilisalion dont nous ne connaissons pas les rapports mutuels, tels que Méroé, l'Egypte, les borcls de l' Euphrate, l'Indoustan et la Chine. D'autres foyers de lumiere, encare plus anciens. étaient placés peut-etre sur le pbtea u de I' Asie Centra le ; et c 'est au reflet de ces derniers ·que !' on est tenté d' aHribuer le commencement de la civilisaion Américaine ,, . L 'histoire, les légendes. les ves ti ges des migrations des peuples, tout prouve que !' universalité des nations descend d' une meme source et d ·un couple unique. Si l'on a quelque doufe , ce r.e peu{



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efre que sur !'origine des Africains, parce qu 'ils on{ quiHé I' Asie Centra le avant les quatre anciennes nations, au moment ou il n'y existait qu'une civilisatio~ rudimenfa!re. et qu'ils menaient une vie primitive el isolée, comme l'homme des époques géologiques. Ouant a la couleur de la peau et a la conformation du crane, si différentes des nólres, tout cela s 'explique indubitablement par l'influence du clima t. des rayons solaires et par la déformation de certaines parties du corps qu'on observe encare un peu parlout, me me en Europe. ( 1) Hippocrale déclarait déja que les races d 'hom mes sonl filies du climaL Un grand historien de l'Antiquilé (2) a dit des Arcadiens: «Le climat triste et froid de l' Arcadie donne aux habitants un caradere dur et austere , parce qu ·¡¡ est nafurel que les hommes, par leurs mc:eurs, leur figure , ieur couleur et leurs insfüutions, ressemblent au climaf,,. Il faul sans do ute y ajouter le concours d ' un grand nombre de circonstances morales et physi(1) Précis d' Anthropologie, par Hovelacque et Hervé , pgs. 612, 613, 614. A. Préhistoriqu~ du Marquis de Nadaillac, pgs. 490-491. (2) Polyb., Hist. lib. IV, ~ 80.

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ques. O' a pres Geoffro y Saint-Hilaire, la variabilité des es peces est limitée; mas la

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soleil ¡our feu »

rouge

11 y a bien d'aufres L~ngues Américaines c;ui conserven{ I' origine su mérique. O' a pres le fableau ohonétique précédenL les Chinois cqnservent assez bien la racine sumérique du mof feu et I' appellen.f hou. Or, le mot rouge vienf de la. meme racine , les Araucos !' appellenf cum et les Chinois I' appellent hun, avec le nieme changemen{ de k en h, Les Mixes appellent. le soleil zeuh, venant de racine gub et les Chino is l' appellent geu. Les Mixfecos appellenf la !une yoo venanf de la meme racine et les Chinois !' appellenf geo . Comme en Sumere bar, c'est cinq et gad, main, a la meme valeur, et qu'ils ont des variantes phonétiques communes felles que mar, et mor, ·har et hor et ses dérivés; nous choississons un grourc:;

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des langues américaines dérivées de la meme racine auquel apparlienf la langue chinoise: Mixteco T ututepec Maya Ouiché Poconchi Zotzil Mame Cacchiquel Popoluca T zutuhil Chinois

cmq » » > >

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hoho ho ho ov, ob oob, oom hoe vuvo voo voo voo

En assyrien dil est habilafion, comme en Sumere du est demeure. Voici un groupe des langnes a méricaines. ses dérivées, auquel appadient la langue chinoise : T erra va Su mere Chinois Lule Allentiac Mosquito Aimará Mutsun Araucanien

ma1son

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u u u ou ou uya uf, utu uHla uta rukka ruka

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11 y a un aufre groupe de la meme racine: sho > chi-nits » chi » chi Poco~chi » chi Cacchiquel » SI-mi Kechua » Slm Sekumne » s1ms Kwakiool » chigué lroquois muk-si Uro cigarrele bouche Uro coca= her be== bouche cha e-si Tesuco Pi:na Quiché

bouche

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En Chinois le mot zi ou Keo si gnifie la houche. Le mot Si ne se. frouve point isolé avec ce sens dans la langue des Uros. Mu est une plante en sumere , corrime l 'est aussi cha. En Chinois le mot cha signifie une ¡:,lante a boire. Nahuatl Bribri C a béca r· Tiri b i Kechua Aima rá Koggaba G ua maca

bouche

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ou vedure bouche " .

ka-matl ku kú- a kámo ka kaa kahka ko hká

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Atacamien bouche Binlukua ,. Su mere ,. Chinois bouche ou ouvedure

khaipe Kahka ka keo ou ku

En Kechua, ce n 'est qu'en composiiion qu'on lrouve ka, bouche. 11 esl clair que les mofs cha, café, caa et chicha sonl tous venus de la meme origine et ont le meme usage. Cha, ceHe herbe dont l'infusion est si agréable au palais des Chinois, est mainlenant universellement appréciée ; il en est de meme du kahwa ou kawe ou kaffe d 'abord connu des Arabes, et rnoinfenant aussi répandu que le Cha; Kaa ou Caa erronémenl appelé hcrbemaHe ei chicha sonl aussi deux planles de boisson tres appréciées chez les Parag uayens et les Péruv1ens.

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Su mere Kechua Kechua Huasfeca

couper couleau couper couper

Kud Kuchuna kutui co{oi

En Chinois on appelle couper en deux cofa in.

Les croix sonl employées dans quelques {ribus algonquines et chez les Chinois avec la valeur n umérique dix. Cela provient, je crois, de ce que, comme le signe baru q:, se lit har, cinq, l'ancien mol chinois X signifie aussi cinq; pour écrire le

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dix on a du doubler le signe, ef ensuile. avec le temps, le simplifier, mais en restan{ foujours pour dix. Au-dessus, ce sont des exemples succinds que nous cilons pour montrer l 'exi3{ence évidente d' une paren té entre les Sémiles, les Chinois et les Américains. Nous avons dit qu 'il exislail aussi une parenté· entre ceux-ci et les aulres anciens peuples de l'Europe. Oue penser des singulieres affinilés que l'on signale entre l'Eskuara, celte langue primitive, conservée chez les . Basques Espagnols ou frarn;ais, et les divers idiomes améri..: cains? ( 1) M. de Charencey. un de ceux qui ont le mitux étudié la question , n'hésite pas a dire: Nous croyons que par ! 'ensemble de ses caracteres, le Basque se raltache diredement aux dialedes canad:ens et par eux a tous les idiomes du Nouveau Monde; car ils ont a peu pres tau s la meme physionomie grammaticale, s'ils different énormément entre eux par le vocabulaire •. «

Les ressernblances des noms de personnes e.t de lieux aux Canaries et a Ha"iti ne peuvent elre absolument fortuites. (2) (1) Bladé, Etudes sur origine des Basques. Bandri· mont, Hist. des Basques ou Escualduns primitifs. (2) Berthelot, Híst. des Canaries .

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Le mot Vofan ou Wodan amencain, parall de la meme famille que les Wods ou Odins des Goths et des peuples d ' ori.gine celtique. On frouve auussi les noms de Bandwar, wodans-dag (Wednes-day) et \tVotan, désigner, dans l'lnde, en Scandinavie et au Mexique, le jour d 'une pelite pé..: riode. Le mol ali ou ale/ se retrouve dans l'est de l'Europe. O'apres l 'observafion de frédéric Schlegel. le pays hahité par les Madjares, avant la conquete de la Hongrie, porfait le nom d 'Atelkusu. Cette dénomination désignait la Moldavie, la Bessarabie el la W ala chie, trois provinces limitrophes .de l' embouchure du Da nube qui podaiL de m.e me que le Wolga, le nom de grande eau, ale/. L'hiéroglyphe mexicain de l'eau, a!I, indique, par les ondulations de plusieurs lignes paralleles, le mouvement des vagues, et rappelle le caractere phénicien de l'eau, mem qui a passé dans l'alphabet grec et péu a peu dans celui de tous les peuples occidenfaux. ( 1) Les dénominations des jours tolteques, tels que Mox, lgh, Tox, Baz , Hix et Chic, ne paraissent ' pas apparfenir a !' Amérique, mais a cette partí e de l' Asie Orienlale qui est habitée par des peuples dont les langues sont monosyllabiques. (2)

(l) M. Hug, Sur l'intention des lettres, 1801, pg. 30. (2) Bo.turini, Idea de una Historia Generel ds Nueva España, pg. 118.

. - 43 ..; Nous observons, dit Humboldt. a ceHe occasion, que la terminaison chinoise en fsin se retrouve dans un grand nombre de noms propres mexicains, par exemple dans T onantsin, Acamaoitsin , Coanacotsin, Cuitlahuats in, el T zilacatsin ... ( 1). Dans ce meme ouvrage, Humboldt dit: "' En généraL · sur quafre-ving t-trois langues américaines cifées par le savanl Vat~r et par M. Barton, de Philadelphie , on n'a reconnu jusqu'a ce jour que cent trente sept racine5 qui se trouvent dans les langues de I' Asie el de l'Europe ; savoir dans celles des T arfare~. Mandchoux , des Mongols, des Celtes. des Basques et des Esthoniens. Ce résulfat cmieux paraH prouver ce que nous avons avancé précédemm ent en parlan{ de la mythologie des Mexicains: on ne s aurait douter que la majeure parlie des indigenes de ¡·Amérique n'appad ienne a une race d'hommes qui, des le berceau du monde, séparée du reste de l'espece humaine, offre, dans la nalure el la diversité de ses langues, cornme dans ses frails el la conformalio n de son crane, des preuves incontestab les · d 'un long et parfait isolém enl ». (2)

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(1) Humboldt, Monuments des Peuples Indigenes,

pg. 499. (~)

Dans le meme ouvrage, pg. 455,

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A pres {an{ d ' études des savants du d ern ier siecle jusqu 'aujourd 'hui, nous pou vons affirmer la. parenté des langues , ·non seulement entre I' assyrienne, la Chinoise el les Amérícaines, mais aussi entre· la Basque, la Celte, la Mongole, la l arlare d les Américaines ;. e ' esf. une autre preuve indis.:. cutable·de l' origine commune de ces anciens peupl es et qui marque la date la plus proche de leur émi gration entre eux. De plus, les paroles ingéníeuse s du s{lvant Allemand montrent déja la date probable de I' émi gralion d 'anciens Américains el leur long iso. lement; . c'est ce que nous · préfendons prou ver d 'a pres l'histoire Chinoise da ns ce mémoire.

CHAPITRE IV

HIÉROGL YPHES, PEINTURES, SCULPTURES ET GRAVURES Nous avons déja dit qu 'i l existai! une nation commuhe, plus ou moins civilisée, de laquelle se son{ séparés successivemenf, apres quelques cataclysmes naturels, les Khamites , les Sémites. les Iberes, les Celfes et les lndi.~ns d' un coté et les Lapons, les Américains, les Océaniens, les /\!\ongols et les Chinois de l'autre . Apres ceHe séparation, chaque peuple com plefe:nent isolé des aulres vi vaíl en conservant quelques fragmen{s de !a civilisation commune qu'il modifiait de {emps en feinps. Ávant les hiéroglyphes, e' élaient sans doule des cordes nouées. qui servaient de représentations graphiques. Les peuples de l'Orienl cornme ceux de l 'Occident les conserverent apres leur émigration. Ces nceuds , chez les Chinois, furent inventés, sui van{ les uns, par Louei J en, suivant les auíres par Chen Noung. Nous les reírouvons daos l'inscripbon de RoseHe, dans l'intérieur de l 'Afrique, en 1 adarie, au Canadá. au Mexique eí au Pérou. ( 1) (1) Humboldt, Monument;. des Peuples fncl igenes, . 'pg. 382.

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Vers 2941 ans awrnt Jés:.:s-Christ, I' empereur chinois fou Iii , les rempla~a par des tableHes sur lesquelles on écrivait el in venta huit trigrammes com-posan{ I'écrifure. Les autres peuples voisins ou tribulc:.:i1res de la Chine , tels que les Thibétains, les Miaofseus du Kouei T cheau, anciennes nations chinoises de la Ké publique , conservaient et conservent enco::e cetfe ancienne tradition. Les futurs Américains éfaient encore en Chine et conservaie-nt j' ancien sysleme d' écrifure, a pres leur émigration en Amérique. De la I' usa ge des cordelet!es nouées, fres général chez les Anciens Américains, avari.l l'infrodudion de .la peinture hiéroglyphique; les peuples d' Anahuac se servaienl de _c es n~uds et de ces fils a plusieurs couleurs, que les Péruviens appellenf quipos et que I'on relrouve chez les Canadiens. Le ch evalier Bofurini a été en- core assez heureux d~ se procurer de vraís quipos mexicains ou nepohualtzitzin , frouvés dans le pays - des Tlascalteques ( 1). Ce qui est ceda in, e' est qu' au X y¡ eme si~cle les Pérnviens ne connaissaient presque aucun systeme d'écriture, soit hiéroglyphique, soif phonétique, au cun mode de numéralion. lis se servaienC pour les usages de la vie, de quipos, cor-

(1) Lafitau, Mceurs des Sauvages; T. 1, pgs. 233, 503. Hist-oire Oénérale -des Vo-yages, T. f, Iivre X, ch. VIII. Boturini, Nueva H istoria de la America Septentrional, pg. 85, Sematsien, Les Annales.

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deleHes de longueur tres variable, porfanf un cerfain nombre de fils aftachés par des nreuds. La couleur des fils. le nombre et la distance des nreuds avaient une signification tant6f historique, tant6t mafhémafique. Garcilaso rapporfe que les quipos , qui relataienf l'hisfoire des Incas ; éfaient soigneusement conservés par I~ Quipo Camayol (le Gardien des Quipos). Le plus grand nombre fut défruif par quelques moines fonatiques, comme des monument~ d 'idolatrie; mais leur perle n' esi pas importante . pour l'hisfoire, puisque aucune fradifion , aucune éfude n 'onf permis d 'inferpréter ceux qui resten t. e·était au moyen de ces quipos, que les Incas transmeHaient leurs instrudíons. ( 1) Nous parlerons main{enant un peu de l'in·,1e n{ion du trigramme de fou Hi; puisque les Mayas et les Nahuas conservaient quelques fragments de ces hiéroglyph es comme caracteres dans leurs peintures hiéroglyphiques sans savoir peut-etre l 'idée franscendentale et métaphysique de l' auteur. Ce systeme de trigrammes est mere de la philosophie chinoise contenue dans le Yi King, livre de-s changemenís , ef a éfé représeníé par des diagrammes. Quelquefois on s 'esf contenté des trois pouvoirs de la nafm;e : Ciel, Terre, Homme, indiqués par un 6. Les deux príncipes primitifs so~t marqués, l'un par une ligne (t) L' Amerique Préhistorique, Marquis de Nadaillac, pg. 458-459. Historia da America, Barros Aranha, pg. 25.

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droite qui. correspond au Yang , par conséquent au princip e Male, a la lumiere et au Ciel ; l'autre p_ar une ligne brisée - - . qui correspond au Yin , par conséquent a u príncipe femelk, aux ténebres et a la T erre. On en a déd uit les quatre fi g ures suivantes :

1º. T' ai Yang, male exfrem ~ , gra nd , qui correspond au Soleil, la Chaleur, l'In telligence, aux Yeux, etc. 2 °. T' aí Yin , femelle extreme, grande , qui cor~ respond la Lune, au froíd, áux Passions, aux Oreilles, _etc . 3°. Chao Yang, male moyen, jeune , qui correspond aux Etoiles , a l 'Aurore, a la Form e, au Nez, etc. 4°. Chao Yin, femelle moyenne , jeune, qui correspo nd aux pla netes , la NuiL la f orme Humaine , á la Bouche, etc . Ces qualre fi gures secondaíres form ent les huit trigra mmes ou Pa f(ou a de Pou Hi. C es hu it {ri gra mm es so nt les fig ure s s uivantes:

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3 º - 4 º -...l o_,,_ ? º""""'""""" ~, _..;...- , 7° ==::=, 8º - 6 ° ----=-a.

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1 º. Le Ciel : les lign es éfonf pleines, ce fri-

gramme marque le príncipe ma le pur; 2º . La Vapeur , les Exhala_is ons· aqueúses, les lacs ;

3°. Le Feu, la Chaleur, la Lumiere; 4°. Le Ton nere; 5°. Le Vent; 6 °. L'Eau ; 7 °. Les Montagnes; 8°. La T erre. Les lignes élant brisées, ce lrigramme marque le príncipe femelle _pur. L'idée de l' a uleur semblait ;7.0ntrer déja dans le premier frigramme l'ex.islence de plusieurs sys lemes c¿lesles; maís chacun est complet. Pour le hu itieme trigramme il voulait probablement ind íquer la d iv ision de la Terre en six continents. Chen Noung, le second des cinq souverains , passe pour avoir multiplié par hui{ les trigrammes de Fou Hi, pour en faire 64:

--

. Ces 64 figures mul-

lipliées par 6 en donnent 384, chiffre maximutn oénéralement cherché . o . Or, dans les peintures hiéro glyphiques azteques du manuscrit de Dresde , dont le grand savant Humboldt a publié une copie du fragment dans son ouvrage ( 1), nous avons la satisfadion de rencontrer dans les hiéroglyphes simples le souvenir évidenl des trigrammes de la C~ in e; par -exe mple : • • ' , _ ,_ , ,_ , , _, _:... _, •• •• • _,.:_ ..:.:... t d , 't bl son e ven a r.s tn.grammes ou fragmenls des trigrammes dégradés .

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( 1) Monuments des Pe ples Indigenes, pg. 380 • .

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Les autres hiéroglyphes de fi~ures sont presque tous écrits avec ces trigrammes a coté comme caracteres. Nous les refrouvons dans un 5pécimen de l 'Amérique Centrale, sur un bas-relief découvert . par M. M~ler aupres de Palenque, sur un aulre du Palais de Palenque ef sur une stafue prove- · nant de Palenque ( 1). Nous sommes convaincus que les Mayas et les Nahuas, un des noyaux des races américaines, étaient encare en Chine apres l'invention des huil trigrammes de fou Hi. Les hiéroglyphes chinois furent inventés plus tard. peuf-etre inspirés par quelques idées, ou quelques traces de l' ancienne nation commune. est vers 2697 avant Jésus-Chtist que l'empereur de Chine Houang Ti ordonna a. Tsang Kié de travailler a la composition des mots en imifant les vestiges d'oiseaux et d'animaux. On en forma uinsi 540, appellés plus tard Niao fse wen, mots des vestiges d 'oiseaux ou encore K' o fea u wen, figures de tétard. Oepuis lors on décidait six sens pour invenfer les mots: 1º. fi gures cies choses nafurelles; 2q. Signes conventionnels ; 3 °. lcéogrammes ; 4°. Mots des sons empruntés ; 5 °. Mots phonétiques avec signiflcations ; 6 °1 Mots du sens· figuré.



(1) L'Amérique Préhistorique, Marquis de Nadaillac,

pgs. 265, 321 , 326, 327.

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Tous son{ des hiéroglyphes el

des signes. S 'il existe des hiéroglyphes identiques chez les anciens Egyptiens et Chinois, tels que

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le Soleil ....V

la Monfa:;ne, la plupart des hiéroglyphes égyptiens sont plus semblables aux objets que les chinois. Les hiéroglyphes de l' Amérique Cenfrale étaient sans doute dérivés de la meme idée ancienne ; mais ils étaienl aussi, excep{é les caraderes des frigrammes, une transformation ou invention .ultérieure et particuliere et plus massifs et plus grossiers que les deux précédents. O' a pres Humboldt, les peintures mexicaines qui se sont conservées jusqu'a nos jours offrent une grande ressemblance, non avec l 'écriture hiéroglyphique des Egyp!iens, mais bien avec les rouleaux de papyrus trouvés dans I' enveloppe des momies, et que I' on doif aussi considérer comme des peintures d ' un genre mixte, parceque les caracteres symboliques et isolés y sont ajoutés a la représenlation d' une .a dion: on reconnalt dans ces papyrus des imifalions, des sacrifices", des allusions a l'état de !'ame apres la mort, des tribufs payés aux vainqueurs, les effets . bienfaisanls de l'inondation du Ni! et"les travaux de l'agriculture; parmi un grand nombre de figures re présenfant !' histoire nationale ou ce lle de leurs r~p­ ports avec les peuples voisins, on observe de vrais hiéroglyphes accompagnés de-caracteres isolés qui

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appadenaient a I' écriture. Mais ce n ' est pas seulement sur les papyru s et sur les enveloppes de momies, c' est sur les obélisques memes que l' on trouve des traces de ce genre mixle, qui réunít la peinture aux hiéroglyphes; la padie inférieure et la pointe des obélisques égypfiens présenfenf généralement · un groupe de deux figures accouplées, et que l' on ne doit pas confondre avec les caracteres isolés de i'écriture symbolique. En co'llposant les peinfures mexicaines avec les hiéroglyphes qui ornaienl les temples, les obélisques, peut-elre les pyramides de l'Egypte; en réfléchissant sur la mar::::he progressive que !'esprit humain paralt avoir suivie dans l'invention des moyen's graphiques propres a exprimer des :dées, on voit que les peuples d 'Amérique étaient bien éloignés de ceHe perfection qu'avaif aHeint les Egyptiens: en effet, les Azteques ne connaissaient encore que tres peu d 'hiéroglyphes simples; ils en avaient pour les éléments comme pour les rapporls du temps et des lieux; or, ce n'est que par le grand nombre de ces caracteres suscepíibles d 'efre employés isolément, que la peinture des idées devient d'un usage facile, et qu'elle se rapproche de l'écriture. { 1) Humboldt cherche en vain sur le plafeau de l'-Asie Centrale, ou plus au nord et a l'est, des peu(1) Humboldt, Monuments des Peuples Indigenes, pags . 290-291.

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ples qui aíenl fai{ usage de ceHe peinfure hiérogly~ phique que l'on observe dans le pays d ' Anahuac depuis la fin du VIIeme siecle : les Kamtchadales . les Tongouses ef d 'au{res tribus de la Sibérie. drcriles par Strahlenberg, peignent des fi gures qui rappellent des faifs hisloriques. "' Sous foutes les z0nes , dit-il. nous l'avons observé ~lus haut l' on trouve des nations plus ou moins adonnées a ce genre de peinture, mais il y a bien loin d 'une planche chargée de quelques caraderes , a ces manuscrits mexicains qui sont taus composés d'apres un sysleme uniforme, et que I' on peut considérer comme les annales de Fempire. Nous ignorons si ce sysleme de peinture · hiéroglyphiqt1e a été inventé dans le nouveau continent ou s'il est du a l' émigralion de quelque tribu {arfare qui connaissait la durée exade de 1'année, el dont la civilisation était aussi ancienne que chez les Oighours du Platea u de ·T urfon ". ( 1) "'Est-il certain, dit le 1'Aarquis ·de Nadaillac, apres avoir étudié les p-einfures hiéroglyphiques mexicaines, que les Tolteques, ce peuple lahorieux et enlreprenant qui offre plusieurs fraits de ressemblance avec les (1) Dan s le me me oi: vra g c, p g$ . 297-¿98 .

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T chouds ou anciens habifanfs de la Sibérie, onl les premiers iníroduit la peinlure? Ou bien les Cuiflalteques el les Olmeques, qui habitaient le plafeau d' Anahuac avant l'irruption des peuples d 'Aztlan, et auxquels le savanl Siguenza atfribua la conslrudion des pyramides de T eotihuacan, auraient-ils consigné leurs annales el leur mythologie dans des recueils de peinlures hiéroglyphiques? Nous n 'avo ns pas assez de données pour répondre a ces questions importantes, car les tén ebres qui enveloppent !'origine des peupl es mongols et tartares paraissent s'éfendre sur toute l' hisfoire du nouveau continent " . Ce.3 deux savanls ont déja trouvé le mayen de résoudre la question de I'origine ·des anciens Américains-. Nous voyons clairement que les américains, le gros de l'ancienne tribu tartare et des autres peuples vais ins, mangals ou non mongals, élaient encare en Chine depuis !' usage des cardes nouées jusqu'apres l 'invenlian des lrigrammes de fau. Hi; mais qu 'ils émigraienf ou cammenc;aienl a émigrer vers I' Amérique a pres l'usage de l'inventian de Tsang Kié. Ce qu ' ils conservaie nt au canservenl encare est peul-etre dérivé d' une ancienne civilisatian cammune. _N ous prélendans prouver ces fails da ns ce mémoire, d 'a pres des dannées que sollicifoit le Marquis de Nadaillac.

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Chez les Déruviens. branche tres importante des races Américaines, la peinture hiéroglyphique était aussi en usage. A pres avoir parlé des hiéroglyphes mexicains, le Dere García ajoute: Au commencement de la conquete, les lndiens du· Dérou se confessa:ent par des peintures_ et des caracteres qui indiquaient les dix mandements et les péchés commis contre ~es mandemants. On peut conclurt de la que les Péruviens faisaient usage de peintures symboliques, mais que celles -ci étaient plus grossieres que les hiéroglyphes des mexicains, et que gé néralement le peuple se servait de nceud s ou de e

qwpos ,,. La maniere d ' écrire de droite a gauche est la meme chez tous les anciens peuples: les Egyptiens, les Assyriens, les Phéniciens, les Arabes , les Malais, les Américains el les Chinois, ele. ( 1): On sait que ce sont les Grecs qui, apres l 'introdudion des alphabets phéniciens en Europe, on{ changé le mode d 'écrire de gauchc a droite. Les Mexicains pliaient leurs ma nuscrits en zig-zag, d' une maniere particuliere, a peu pres com(1) Monument s des Peuples lndigenes, Humboldt, pg. 243. O Brasil e a Oceania, A. Gon~alves Días, pg. 262, etc. ·

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me le papier ou !' éloffe de nos éven{ails: deux fableltes d ' un bois lége r élaient collées aux exfrémités, ! 'une par-dessus , l' autre par~dessous ; de sorte qu' avant de d éve loo per la peinlure, ! 'ensemble offre la plus padaite ressemblance avec nos livres reliés. Chez les Chinois on employail la meme mélhode depuis un temps tres reculé: on la conserve jusqu ' a nos jours, limitée seulement aux modeles de belle éc~ilure. Les manuscrits Siamois étaient arrangés de la meme maniere. Comme nous ne savon s quand on a _adopt é chez nous cetle méthode d e reliure, nous ignorcíns aussi si son inlrodudion chez les mexicains esl anlérieure ou ultérieure a leur émi• gration. Nous allon·s. apres les Mexicains el les Péruviens, parler des autres anciens peuples de I' Amérique qui, bien qu'issus de branches plus faibles ef moins avancées en civilisalion que les deux peuples précédenls, conservaient 'JU conserven{ encare les sculptures et . gravures primilives de leur ancienne . tradition. Nous frouvons qüe les rochers qui entourent le grand Lac Salé, aupres d'Utah , la capitale aduelle des Mormons, s onl couverts de sc ulptures qui rappellent celles de 1' Egyple. Ouelques- une s sonl des _figures humaines, de grandeur naturelle, entaillées dans un granil bleu tres dur, a plus de frente pieds au dessus du sol. On a co ns{a{é sur le .: > rochers de l'Ohio et du Wioming , de se mblables gravures. Ces gra vures ou peintures se frouvent

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aussi sur les rochers d 'Arizona et de Californie, dans foute l'Amérique Cenlrale, sur l'Isfhme de Da- . rien, dans les Etats-Unis de Colombie, le Venezuela, sur les bords de l'Orénoque. Les pintados ou gravures et sculplures se renconfrent aussi fréquemment sur les roches grani!iques de la chaine des Ande :: , depuis le Pérou jusqu'au Chili et a I' Argentine. Les soliludes du Dará et du Piauhy au Brésil renferment des sculptures en creux appelées pedras pinfadas ou pidographies. Ce sont des animaux, des oiseaux, des hommes dans les attih.1des les plus variées. Dans l'Etat de Ceará et l'intérieur des autres Etats du Brésil, du Paraguay, des ~ochers rappellent par les gravures dont ils sont couverls, ceux de la Scandinavie. Ces pedras pintadas se renconfrent au sud comme au nord, au Chili et nu Pérou comme da ns I' Arizona et le Nouveau Mexique; partoul elles présentent une analogie remarquable. CeHe constante disposition, qui ne se rencontre au meme degré, chez aucune des autres populations du Globe, est un caradere de race difficile a méconnaltre. On ne saurait nier, dit Humboldt, que ies peuples montagnards du Mexique n' appartiennent a une race d 'hommes qui, semblable a plusieurs hordes lartares et mongols, se plalt a imiter la forme des objets. Partout a la Nouvelle Espagne comme «

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a Ouilo el au

Dérou on voit des lndiens qui savent peindre et sculpter; ils parviennent a. copier servilement ce qui s' offre a leur vue,,. ( 1) Mais rien n' est plus curieux que de comparer aux essais des anciens Américains les gravures exécutées par les Boschimens a !'extreme sud de I' Afrique ou celles qui sont gravées sur les rochers de l' Algérie. CeHe ressemblance dans tous les temps et dans tous les pays des goGts, des instinds, du génie de l'homme, est la meilleure preuve que l'on puisse invoquer pour le raHacher a une souche commune. (2) 11 faut remarquer qu 'a pres l'invenlion des caracteres de T sang Kie, il y a peu de ressemblance entre les mots chinois et américains ou chinois el égyptiens; mais qu 'il. existe une grande ressemblance entre la méthode d' écrire de Tsang Kié et celle des cunéiformes assyriens; T errien de Lacouperie a lá meme opinion; de plus les anciens Groenlandais et les Chinois, apres f ihvention des caracteres de T sang Kié , ont eu quelque relation . O' a pres l'auteur de la América (Historia de s u Colonisacion, dominacion e independe~ ci a) , une pierre écrite en carac'(l) Monum ents des Peuples Indi ge nes, pg. 295 . (2) L' Amérique Préhist orique , pgs . 255, 257, 471 et 47?.

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teres runiques, trouvée dans J'·i!e Kin gi kforsoak par Graah, se trou ve aduelle ment au Musée des A nfiquités de Copenh ague . Mais ces car.a deres comme

IJ: }l ,

sont de véritables anciens mots chinois.

Chez les chinois le premier carad ere si gnifie de bas en haut ;. le deu xieme , une poi gnée, le troi- · sieme, un couteau. Dans les caracteres Chypriofes dont I' origine n' est pa s bien connue jus qu ' a nos jours, nous trou vons des anciens mots. chino is identiques et semblables ; par exe mple: les caracteres :

t . I . /\ T t

I

1\\

sont lous d 'anciens

mots chinois sans le moindre ch a nge menl ; le premier signifie deviner , le second .. ou vra ge , le froi sieme , homm e , le qualri eme, en bas o u descendre , le cinquieme, di x, le sixie me, roí, le s eptie me. un mof asfronomique , nom de li eu, s ignifie aussi correspondant; il y en a beauco up d 'aulres tres semblables . Nous frou von s au ssi un bon no mbre d 'anciens mots chinois dans l'a lph a het a rcha·ique de Thera, !' a lph abet phrygien, I 'a lph ~ b et lyc:ie..n et dans I' alph abet élr us qu e: les caracteres

o . t1. fl1 . ~ .

cf. ).

1.

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sont tous d ' anciens mo{s chinois; sans com pter les autres caraderes se mblab les . Si T sa ng Kié ne les a pas imporfés de \ 'Asie M ineure en C hine et sí les Sémiles ne les ont pas impodés non plus de Chine

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vers l'Occident. e 'est la sans doute une aufre preuve d' une civi lis.alion com mune dont Íous les anciens possédaient quelques fragments. Tandis que les Groenlandais connaissaient les signes précités·. les Américains n'avaient connu que les anciens hiéroglyphes égyptiens, les cordes nou ées e1 les trigrammes de la Chine. Cela monlre que leur émigration vers le nouveau confinen{ éfait antérieure a ceHe derniere invention de la Chine et des Pays Occidentaux.

CHAPITRE V

MIGRATION NATURELLE DE L'ASIE ORIENTALE PAR LE DÉTROIT DE BEHRING T ant de découvelfes des savan{s et font de faits cités dans les précédents chapifres ei qui prou- · vent indiscutablement la souche commune des ciens peuples des deux M ondes, meHent hors de doute que les anciens américains sont aussi des émigrants de l' Asie . Mais depuis quand ont-ils abandonné leur habitat primitif? Par ou sont-ils venus dans le Nouveau Monde? C' est aussi grace aux ingénieuses éfodes de grands savants et de l' histoire de la Chine que nous espérons donner a ces questions si importantes quelques réponses plus ou moins satisfaisantes. 11 est certain que l' existence de l'homme sur le continent américain date des temps les plus reculés , de ces temps auxquels la géologie a donné le nom de quaternaire, l'a rchéologie celui d'age de pierre. (1) Le Marquis de Nadaillac avait raison de dire:

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(1) Lettre a Rafn, Lund, pg. 5; L' AmériQue Pré· historique , .M arquis de Nadaillac, pgs . 28-46. 573 .

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«Si nous nous refusons a admeHre, . quant a présenf. l' existence de l'homme sur le sol américain durant l' époqu e tertiaire, il est difficile de méconnaHre les longs siecles qui se sont écoulés depuis les temps ou ces hommes inconnus vivaient au milieu d' ani-: m·aux non moins inconnus qu' eux. e· est, . dans l' état aduel de la science préhislorique, la_seule conclusion possible ». Les Kjokkenmoddings trouvés pado_ut dans l' Amérique du Nord el les Sambaquis dans !'Amérique du Sud son{ probablement des traces de ces anciens américains inconnus qui, d' apres le Mar. quis de Nadaillac, seraient les ancetres des Esqui. maux au Nord et des Bofocudos , des Pafagons, au Sud, refoulés comme les Basques et les finnois sl)r l' ancien continent par des vainqueurs étranger:;. Si ceHe hypothese et la date de leur émigralion ne sont pas cedaines, rien ne nous empeche de conclure que les Esquimaux, prédécesseurs et anciens ra_rents des Américains aux témps les plus reculés, appartien.nent a la meme branche que les Lapons. les finnois, les Kalmouks. les Samoyedes, les T oungous~s. les Thoukhis et les T artares de la race mongole et passerent en Amérique par le Détroit de Behring. ( 1) (1) The Living Race of Manl